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Histoire du Jazz 601

Première année : Débuts à 1940


Deuxième année : 1940 à 1960
Troisième & Quatrième années : 70's, 80's, 90's, plus de réflexion

Cours = connaissance + réflexion


Dans notre musique : éléments historiques + notre apport

1800's – Negro Spirituals

1er grand réveil (1730-1750) : Negro Spirituals


Musique vocale basée sur l'ancien testament et « intemporelle ».
N'appartient pas à une mode musicale particulière, on ne connait pas forcément le compositeur.
2e grand réveil  (1800-1830)
La musique est anonyme et fonctionelle : libérer un peuple.
Condition d'esclave au sens premier. Plus factuel, moins d'espoir que dans le Gospel.
3e grand réveil (1850-1900)
L'accès au culte était illicite pour les esclaves noirs, qui devaient se réunir clandestinement.
Ils créent entre eux leur propre Eglise, qui sera toujours inspirée des religions blanches,
particulièrement du protestantisme.

1850's – Gospel

Le Gospel mêle musique populaire et chant sacré initialement non-Africain.


Les compositeurs sont contractés par l'église.
Plus urbain, toujours vocal. Inspiré du nouveau testament. Inscrit dans son époque, signé et non
anonyme. Professionnalisation.
Plus d'espoir. Condition d'esclave au sens de pécheur ?

1865 : Guerre de Sécession, fin de l'esclavage


La lutte contre l'esclavage est en partie un prétexte : la libération des esclaves avantage le Nord qui
est dans un processus d'industrialisation, alors que le Sud dépend des esclaves pour l'agriculture.
Une fois affranchis, les esclaves sont livrés à eux-mêmes.
L'asservissement cède la place à la ségrégation.

Toutes les religions afro-américaines découlaient du protestantisme.


Les Noirs Jamaïcains étaient très fiers car non soumis.
La sous-condition d'esclave (jamaïcains ou continentaux??) rendit les cultures noires insulaire et
continentale différentes.
(NY 1940's : rencontre entre Be-Bop et musique Afro-Cubaine qui réunit des populations de
cultures différentes. Dizzy Gillespie
Cf. Reportage de David Murray à Cuba, Soxo, sur le mélange des deux cultures)

Q° : Pourquoi les Noirs américains se convertissent-ils au christianisme  ?


– Besoin de spiritualité mais ont perdu leurs dieux Africains
– Cherchent une religion avec un dieu fort
Certains maîtres veulent les convertir pour justifier la hiérarchie et leurs souffrances ;
D'autres maîtres refusent de les convertir car « les Noirs n'ont pas d'âme ». Sinon, sont des humains
à part entière et ne peuvent être esclaves !
– La seule chose qu'il leur reste, c'est l'immatériel : une vie spirituelle qui donne du sens
– Chants de travail et chants religieux
Les chants africains

– Call & Response (se retrouvera dans chants spirituels)


– Mantra qui augmente en rythme
– Chansons de deuil
– Voix + Percussions. Pas de structure définie . Polyrythmie africaine (cf. Monk)
Rapport au corps différent de l'Europe : danse, transe, rythme intrinsèquement lié au
mouvement du corps. Le placement rythmique est premier, une fausse note est d'abord rythmique
En Europe, l'harmonie est première (système tonal), une fausse note est d'abord harmonique.

Les chants de travail (Work songs)

Rosie : tube de chant de travail. Un homme demande à sa femme de l'attendre pendant son séjour en
prison.

– Call & Response


– Cris
– Avec l'outil de travail qui donne le rythme. Si le geste est dangereux, il doit être répétitif.

Utilité :
– Fonctionnels
– Synchronisation et rendement dans le travail : permet une moyenne collective
– Fonction identitaire
– Fonction psychologique de supporter une occupation répétitive qui n'a ni début ni fin
– Donne du sens à une existence qui n'en a plus ; absence de projet

Geste : si dangereux, doit être répétitif. Donne rythme à la musique.


Dans l'esclavage, le travail devient l'existence même de la personne.
Geste presque chorégraphié.
Rim shot : Outil (hache) vécu comme instrument de musique, utilisé pour rythmer la danse le soir
En Afrique aussi, le travail était réalisé en chantant.

Par le chant de travail, les esclaves se donnent une nouvelle identité. Le chant rend le travail plus
efficace et est donc accepté par les maîtres.
Cf. Livre  : Le Peuple du Blues
Africains qui ont connu leur terre natale : but = retour en Afrique
Afro-Américains esclaves nés aux USA : but = acquérir la liberté
Noirs Américains libres mais ségrégés : but = lutter pour l'égalité
A chaque moment, la musique est influencée par le type de problème rencontré.

Field Hollers  : Chant rural. Cris de travail. Est individuel (=/= Work songs collectives)
Champs de coton, canne à sucre, tabac, maïs

Le Blues (?)
Cakewalk, Minstrel Shows & Ragtime (Musiques « syncopées ») (1898-1916)

Au 19e siècle se rencontrent les musique noires et blanches.


Après l'abolition de l'esclavage, les Afro-américains travaillent comme domestiques ou dans le
monde du spectacle.

Lors du passage de l'esclavage à la domesticité, les Afram apprennent les habitus blancs.
Le Cakewalk se manifeste comme une caricature de la bonne tenue blanche. On y marche tout droit
avec un cake sur la tête. Il représente un début de possible émancipation et de regard critique grâce
à la connaissance des modes de vie, manières, cultures et habitudes blanches.
Les Minstrel Shows sont des caricatures racistes des Noirs par les Blancs (blackface). Cependant,
Cakewalk & Minstrel Shows marquent un début de porosité de la frontière entre les deux
communautés.
Ils sont d'abord interprétés en solitaires ; des troupes se forment ensuite et deviennent des
compagnies intégrant des Noirs par souci de crédibilité (les Blancs ne groovant et ne dansant pas
assez bien). Ceux-ci, dans une absurdité tragicomique « oncletomiste » où ils se moquent d'eux-
mêmes. L'effet secondaire de cette intégration est de leur ouvrir la porte du monde du spectacle et
de donner une visibilité relative de leur culture.
Ainsi, les deus cultures se contaminent mutuellement.
La première compagnie entièrement noire de Minstrel Shows date de 1865. (Fin de la Guerre de
Sécession)
Avant cette incorporation dans ces spectacles, la musique Afram est surtout vocale. Désormais, elle
incorpore le piano, la fanfare, ...

La musique Afro-américaine a donc des racines noires (Worksongs, blues, gospel) et des racines
blanches (Fanfare, ragtime), hybridation de musique savante et de musique populaire. Ces dernières
montrent un désir, pour certains Afram, de se distancer du passé d'esclave. Les deux mouvements
ont donc des développements et origines différentes tout en se chevauchant en cours de l'histoire.
Les cultures blanches et noires deviennent ainsi visibles l'une pour l'autre.

Le Ragtime est une musique syncopée (sans swing), écrite, sans improvisation, et thématique.
Cf. Scott Joplin (1868 – 1917)
AABBACCDD (le C souvent joué à la quarte?)
Registre médium du piano
Quatre croches sont jouées double-simple-double=simple-simple ( - séparé = lié )
Les mélodies sont simples, presque plates, et deviennent intéressantes grâce à l'accentuation et la
syncope. La musique ne se prête pas à l'improvisation : a début, milieu et fin. N'est pas cyclique.
Le Ragtime tombe vite en désuétude mais nourrit le jazz par son instrumentation et sa savantisation.

En Europe, la musique classique se « noirifie ».


Cf. Debussy : incorpore du Ragtime etc. (Golliwogg's Cake-Walk)
Est « exercice de style » d'intégration des musiques populaires dans sa musique savante.
(Cf. Bartok, Stravinsky avec musiques populaires blanches?)
Pour Scott Joplin, le Ragtime est sa vie, son âme.
Pour Debussy, ce n'est qu'un exercice.
Cf. « Art naïf » : mécompréhension des deux côtés.

Cf. John Philipp SOUZA (1854-1932) – Washington (Blanc)


A composé marches syncopées.

1er jazz le cul entre deux chaises, est plus de la marche : le blues n'y pas encore incorporé.
La musique de la Nouvelle-Orléans – Chicago – New-York

La Nouvelle-Orléans fut la première ville du jazz, suivie bientôt par Chicago puis New-
York.
Lieu de vie intense :
– Les musiciens prennent les opportunités de jouer à Storyville, le quartier des plaisirs, pour
les prostituées. Jelly Roll Morton jouait ainsi pour les plus huppées des maisons closes.
Jass : parfum utilisé par les prostituées ?
– A Congo Square, la population fait revivre les réminiscences de la culture africaine, faisant
de cet ancien marché aux esclaves un lieu d'émancipation. Sur toutes les places jouent les
fanfares et opéras ; les virtuoses organisent des duels en rue.
3 lieux clés : bordels, places (?), riverboats

Cornets trompettes bénéficient de l'apport de l'expressionnisme africain pour jouer une


musique noire profonde, comme le blues. Le jazz naît ainsi aux Etats-Unis comme musique
déshéritée, qui vient d'ailleurs et se mélange avec la musique européenne, sans le poids de sa culture
compétitive.

Le premier disque de jazz enregistré est celui de l'Original Dixieland Jass Band (1917) (avec
Nick la Rocca), à New-York. Avec la Première guerre mondiale et l'entrée des Etats-Unis dans le
conflit, le quartier de Storyville ferme. Les musiciens s'en vont ainsi chercher du travail ailleurs,
notamment dans les villes où l'on peut trouver des studios d'enregistrement.

Instrumentation : vient des fanfares : cornet, trompette, clarinette, trombone forment une section
mélodique qui improvise collectivement.
Section rythmique : Tuba pour les temps forts, Banjo joue tous les temps
Paraphrase des mélodies (à comparer avec le Be-bop où c'est la structure harmonique qui est
matrice d'improvisation)
Importance du timbre (Be-Bop : notes parlent d'elles-mêmes)
Style contrapuntique
Syncopé
Mélange des approches savantes et des approches basées sur le phrasé.

Musiciens de renom : Buddy Bolden (trompette), Freddie Keppard (trompette, effet wah-wah),
King Oliver (cornet), Nick La Rocca (cornet), Sidney Bechet (clarinette), Kid Ory (trombone),
Jelly Roll Morton (piano), Johhny Dot (clarinette), Clarence Williams, Johnny St Cyr, Bud Scott,
Baby Dot, ...

Premiers arrangements : arrêts de l'orchestre avec solo du plus audacieux.


« Stop chorus » : le soliste joue avec la section rythmique, qui joue des accents sur les temps.
Cf. différences d'arrangements entre King Oliver et Jelly Roll Morton

Freddie Keppard, « This is... », 1924. Laughing style, « novelty », musique de variété
Kid Ory, « Ory's Creole Trombone », 1923. 4 faces, 37 morceaux
Original Dixieland Jass Band, « Lively Stable Blues », 1917 (Nick La Rocca, blanc)
Jelly Roll Morton, « Shreveport Stomps », 1924

Jelly Roll Morton (1885/1890)

Pianiste.
1919 : joue du ragtime à Storyville
1919 – 1922 : à Chicago
1926-1930 : Age d'or avec les Red Hot Peppers
Est plus intéressant comme compositeur et arrangeur que comme pianiste.

« Dead Man Blues »


Intro
Thème collectif
Solo clarinette (1 chorus)
Solo cornet (2 chorus)
Ensemble (3 clarinettes)
..
Coda

JRM est préoccupé par l'orchestration, qu'il a pu apprendre car venant d'une famille avec plus de
moyens ; il sait composer et écrire la musique. Est un des premiers à écrire le jazz.

Fletcher Henderson & His Orchestra (1920)

Créole, pianiste. Milieu bourgeois (comme Duke Ellington)


Ensemble de 3 trompettes, 3 anches, 1 trombone.
Avec lui, la logique du jeu de section se met en place.
Accompagnait beaucoup les chanteuses blues, repérait des musiciens.

Joe « King » Oliver

Cornettiste de la N-O puis de Chicago.


1922 : Creole Jazz Band avec les Dots Brothers (Baby & Johnny)
Inclut aussi le jeune Louis Armstrong, son ancien élève, pour le seconder. Les deux sont presque
devenus une section de deux cornets, improvisant ensemble, Armstrong complétant les phrases de
son maître comme s'il entendait à l'avance ce qu'il allait jouer. Grand succès.
Apprentissage par mimétisme : call & response. Armstrong réussit à être complémentaire.
1923 : 37 morceaux enregistrés
King Oliver est le premier musicien de jazz noir à enregistrer un corpus conséquent.

L'enregistrement est en effet très contraignant à l'époque :


– 3 minutes maximum sur un 75 tours
– Un nouvel instrument (batterie) ou plus grave (contrebasse) est plus difficile à enregistrer
– Le soliste doit se déplacer vers le micro
– Le Creole Jazz Band enregistrait à côté d'une gare et devait attendre que les trains passent
pour éviter les interférences des lignes à haute tension.

To Listen to : Just Gone, Snake Rag, Dippumouth Blues

Louis Armstrong (1901-1971)

Armstrong vient des classes populaires pauvres de la Nouvelle-Orléans (à comparer avec Duke
Ellington, d'une classe aisée)
Il commence la musique en chantant dans la rue.
En maison de correction pour avoir utilisé un pistolet d'alarme, il y apprend le cornet et entre dans
la chorale de la maison. Son talent s'épanouit et il intègre la fanfare, joue aussi du clairon.
C'est en 1922 qu'il débute avec King Oliver à Chicago.
Sa femme Lil Hardin, parfois pianiste du groupe, le pousse à prendre son indépendance et à devenir
leader.
Appelé en 1924 à New-York, il rencontre Coleman Hawkins (de l'orchestre de Fletcher Anderson).
De retour à Chicago en 1925, il y fonde les Hot Five (Piano, Banjo, vents), qui lui permet de
dépasser l'esthétique de la Nouvelle-Orléans.
Les 1920's sont ses années les plus créatives. Plus tard, il s'orientera de plus en plus vers le show.

Armstrong est le premier cas d'un musicien ayant une singularité claire par rapport aux autres – sans
même le vouloir. Son timbre, son placement rythmique, sont articulation sont sans pareil. Son jeu
est un des actes de naissance du swing.

Listen to : Come back, Sweet Papa (1926), Sweet Little Papa (1926)

Frank Trumbauer

Joue du Saxophone en do. Est blanc.


Le Jazz commence à se diviser en plusieurs scènes, se pose la question de l'authenticité du jazz
blanc : comment faire du jazz sans faire partie de la généalogie de la musique noire américaine ?

Bix Beiderbecke, ....

Le jazz orléanais un peu brut évolue vers quelque chose de plus recherché et maniéré.

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