Vous êtes sur la page 1sur 68

REF : XXX/XXX AU : 2017-2018

Université de Sousse

Ecole Nationale d’Ingénieurs de Sousse

Laboratoire de Mécanique de Sousse

Mémoire de Projet de Fin d'Études

Présenté en vue de l’obtention du diplôme de

Mastère de recherche en Ingénierie et mécanique des systèmes

Analyse de la correction OTV du tibia


(Ostéotomie Tibiale de Valgisation)

Réalisé par : Samia NOUIRA

Ingénieure en mécatronique

Soutenu le 02/11/2018 devant le jury


Président : M. Abdelfattah MLIKA, ENISo
Rapporteur : M. Sami BENNOUR, ENISo
Encadrant Académique : M. Tarek HASSINE, ENISo
Dédicace
Je voudrais en premier lieu dédier ce projet de fin d’étude :

A mon père Riadh et ma mère Houda pour tous leurs sacrifices, leur

patience à me supporter durant ces années d’études. Aucune dédicace ne saurait

bien pour le soutien qu’ils me portent.

A mon cher fiancé Rami pour tout l’encouragement qu’il m’a donné.

A mes sœurs Ibtissem, Amira, Malek et Imen et A mon frère Mohammed

Amine pour leur soutien et leur amour profond.

A mes grandes mères Bchira et Habiba

A mes oncles, mes tantes, mon beau-père et ma belle-mère , mes belles sœurs,

mes cousin(e)s, mes amies et tous les membres de ma famille.


Remerciement
Avant d'aborder ce rapport, il m’y est agréable de présenter mes sincères

remerciements et ma profonde gratitude à mon encadrant M. Tarek HASSINE

pour l’aide qu’il m’a apportée lors des différents suivis, pour sa disponibilité,

pour le temps qu’il m’a consacré tout au long de cette période, pour son soutien

et ses conseils précieux et ses remarques pertinentes qu’il m’a prodigués durant

mon travail de recherche.

Enfin mes vifs remerciements au membre de jury M. Abdelfattah MLIKA et

M.Sami BENNOUR d’avoir accepté de juger mon travail.


Résumé
La déformation du membre inferieur est une maladie assez répandue dans le monde, considérée une
véritable cause de l’arthrose au niveau de l’articulation du genou. Cette dernière est une pathologie
dégénérative. Elle touche les cartilages articulaires et impose un fardeau considérable en matière de
santé et d’économie dans le système socio-économique. L’Ostéotomie Tibiale de Valgisation (OTV)
est une intervention chirurgicale trouvée afin de retarder la progression de l’arthrose et d’éviter dans
certains cas l’implantation d’une prothèse. Cette opération a pour but d’aligner le membre inferieur
afin de transférer les contraintes cumulées dans le compartiment atteint vers le compartiment ayant des
cartilages sains. L’objectif de ce travail est de réaliser au début un modèle EF d’un genou sain
susceptible d’être adoptée comme référence pour analyser par la suite les contraintes cumulées dans un
genou en anomalie. De plus, nous nous sommes intéressés par une comparaison des différents cas
simulés, pour évaluer l’effet du poids corporel et l’effet de l’angle de déformation chez un genu varum
sur la distribution des contraintes dans les cartilages articulaires et déterminer, en outre, l’effet
biomécanique de l’ostéotomie de fermeture externe sur la redistribution des charges. Dans ce contexte,
nous avons développé un modèle EF de l’articulation qui était validé par des résultats de la littérature.
En s’aidant de ce modèle, nous avons préparé un modèle du genou pathologique avec une déformation
de 12°, pour simuler l’effet du poids sur la distribution des contraintes pour un genu varum ainsi que
pour un genou sain. Par ailleurs, nous avons réalisé deux OTV sur le genu varum sans et avec
hypercorrection de 3° dans le but d’étudier l’effet de l’angle de valgisation choisie. Les résultats ont
montré que toute augmentation du poids corporel et de l’angle fémoro-tibiale entrainent, d’une part,
une augmentation des contraintes dans la partie médiale du genou et d’autre part, une diminution dans
la zone latérale. Ces contraintes diminuent dans la partie médiale et augmentent dans celle latérale
lorsque l’axe mécanique du membre inferieur subit une déviation latérale suite à l’OTV. Finalement,
d’après notre travail, nous avons trouvé qu’une hypercorrection réduit de plus les contraintes cumulées
au niveau des cartilages médiaux du genou.

Mots clés :Genou, Cartilage, Analyse par Eléments finis, Contraintes, Arthrose, OTV.

Abstract
Deformation of the lower limb is a fairly widespread disease worldwide, considered a real cause of
osteoarthritis in the knee joint. The latter is a degenerative pathology, affects the articular cartilages
and imposes a considerable burden in terms of health and economy in the socio-economic system.
High Tibial Osteotomy (HTO) is a surgical procedure found to delay the progression of osteoarthritis
and to avoid prosthesis implantation in some cases. This operation aims to align the lower limb to
transfer the accumulated stresses in the compartment reached to the compartment with healthy
cartilage. The objective of this work is to realize at the beginning a model EF of a healthy knee likely
to be adopted as reference to analyze later the cumulative constraints in an anomaly knee. In addition,
we were interested in a comparison of the different simulated cases, to evaluate the effect of body
weight and deformity angle in a genu varum on the stress distribution in articular cartilages and to
determine, in addition, the biomechanical effect of external closure osteotomy on the redistribution of
charges. In this context, we developed an EF model of the joint that was validated by literature results.
Using this model, we have prepared a pathological knee model with a deformation of 12 °, to simulate
the effect of weight on the stress distribution for a genu varum as well as for a healthy knee. In
addition, we performed two HTO on genu varum without and with hypercorrection of 3° in order to
study the effect of the chosen valgation angle. The results showed that any increase in body weight
and femoro-tibial angle resulted, on the one hand, an increased stresses in the medial part of the knee
and, on the other hand, a decrease in the lateral area. These stresses decrease in the medial part and
increase in the lateral one when the mechanical axis of the lower limb undergoes a lateral deviation
following the HTO. Finally, based on our work, we found that hypercorrection further reduced the
cumulative stresses in the medial cartilages.

Keywords: Knee, Cartilage, Finite element Analysis, Stress, Osteoarthrits, HTO


SOMMAIRE
Introduction générale.................................................................................................................. 1
Chapitre 1 : Etat de l’art ............................................................................................................. 4
Introduction ......................................................................................................................... 4
Partie A : Structure et histologie du genou humain : La partie anatomie ....................... 4
1. L’histologie de l’os............................................................................................... 4
1.1 La classification osseuse ............................................................................... 4
1.2 Description du tissu osseux ........................................................................... 5
1.2.1 L’os cortical compact ............................................................................... 5
1.2.2 L’os spongieux ......................................................................................... 6
2. Le remodelage osseux .......................................................................................... 7
3. Référentiel relatif au corps humain et vocabulaire utilisé en anatomie ............... 8
4. Le squelette du membre inférieur ......................................................................... 9
5. L’articulation de genou ........................................................................................ 9
5.1 Le fémur ...................................................................................................... 10
5.2 Le tibia ........................................................................................................ 10
5.3 La fibula ...................................................................................................... 11
5.4 La patella ..................................................................................................... 11
5.5 Les surfaces d’articulation .......................................................................... 11
5.5.1 Les surfaces articulaires de l’extrémité distale du fémur ....................... 12
5.5.2 Surfaces articulaires proximales du tibia ................................................ 12
5.5.3 Le ménisque médial et latéral ................................................................. 12
5.5.4 La surface articulaire de rotule ............................................................... 12
5.5.5 Les ligaments (ligaments passifs) ........................................................... 12
5.6 Mécanisme articulaire de genou ................................................................. 13
5.6.1 Mouvement flexion-extension ................................................................ 13
5.6.2 Rotation .................................................................................................. 14
5.7 Les muscles du genou ................................................................................. 15
5.7.1 Les muscles extenseurs ........................................................................... 15
5.7.2 Les muscles fléchisseurs ......................................................................... 15
5.7.3 Les muscles rotateurs.............................................................................. 15
Partie B : Pathologies du genou humain ....................................................................... 16
1. Les lésions méniscales ....................................................................................... 16
2. L’entorse............................................................................................................. 16
3. Les anomalies angulaires ................................................................................... 17
3.1 Gonarthrose sur le plan coronal (frontal) .................................................... 17
3.2 Gonarthroses sur le plan sagittal ................................................................. 18
4. L’arthrose (la gonarthrose) ................................................................................. 19
4.1 Définition .................................................................................................... 19
4.2 L’Ostéotomies Tibiale de Valgisation (OTV) ............................................ 20
4.2.1 Ostéotomie tibiale curviplane ................................................................. 20
4.2.2 Ostéotomie tibiale d’addition interne ..................................................... 20
4.2.3 Ostéotomie tibiale de valgisation par soustraction et fermeture externe 20
Partie C : Approche par éléments finis du genou .......................................................... 21
1. La méthode des éléments finis ........................................................................... 21
2. Les propriétés mécaniques de l’OS « Fémur – Tibia – Fibula » ........................ 21
2.1 Le comportement mécanique de l’os cortical ............................................. 22
2.2 Le comportement de l’os spongieux ........................................................... 23
3. Les propriétés mécaniques du cartilage ............................................................. 23
Conclusion ........................................................................................................................ 24
Chapitre 2 : Modélisation de genou par la méthode des éléments finis .................................. 25
Introduction ....................................................................................................................... 25
1. Conception de l’articulation du genou ............................................................... 25
2. Maillage de modèle ............................................................................................ 28
3. Les propriétés mécaniques des matériaux adoptées ........................................... 29
4. Solution numérique ............................................................................................ 30
5. Scénarios des simulations................................................................................... 31
Conclusion ........................................................................................................................ 39
Chapitre 3 : Résultats et discussions ........................................................................................ 40
Introduction ....................................................................................................................... 40
1. Validation du modèle de genou sain .................................................................. 40
2. Distribution des contraintes sur les cartilages d’un genu varum d’angle 12° .... 43
3. L’effet du poids corporel sur les cartilages articulaires ..................................... 45
4. L’effet de l’angle fémoro-tibiale sur les cartilages ............................................ 47
5. L’effet de l’opération de l’ostéotomie tibiale de valgisation (OTV) sur un genu
varum de 12°.............................................................................................................. 49
6. Effet de l’hypercorrection sur le comportement des cartilages .......................... 52
Conclusion ........................................................................................................................ 53
Conclusion générale ................................................................................................................. 54
Bibliographie ............................................................................................................................ 57
Liste des figures

Figure 1 : Classification des formes des os ................................................................................ 4


Figure 2: La structure d'un os long : (a) os long, (b) os spongieux, (c) os compact (cortical) et
moelle osseuse ............................................................................................................................ 5
Figure 3: répartition de l’os ........................................................................................................ 6
Figure 4 : Axes et plans anatomiques principaux [www.sci-sport.com] ................................... 8
Figure 5 : Articulation de genou [www.doctissimo.fr] .............................................................. 9
Figure 6 : La face antérieure du fémur [ESPACE-MUSCULATION.COM] .......................... 10
Figure 7 : Articulation du genou droit avec les surfaces articulaires, 4 est le ligament patellaire
[21] ........................................................................................................................................... 10
Figure 8 : vue des ménisques [kinesitherapie24] ..................................................................... 12
Figure 9: Présentation des mouvements flexion-extension de genou : direction de mouvement
(a), flexion active (b), flexion passive(c), extension(d) et hyperextension (f)
[http://www.thierryaimard.fr]................................................................................................... 14
Figure 10: Les muscles du membre pelvien [1] ....................................................................... 15
Figure 11 : Différents types de lésions méniscales [22]........................................................... 16
Figure 12: Les types d'entorse du genou [6] ............................................................................ 17
Figure 13: Les déformations du genou sur le plan frontal [allomonpied.wordpress.com] ...... 18
Figure 14:Les anomalies sur le plan sagittal [allomonpied.wordpress.com] ........................... 18
Figure 15 : illustration de la gonarthrose [www.sante21.ma] .................................................. 19
Figure 16: Ostéotomie tibiale curviplane ................................................................................. 20
Figure 17: Ostéotomie d'addition interne ................................................................................. 20
Figure 18:Ostéotomie tibiale de fermeture externe .................................................................. 20
Figure 19 : Conception de l'articulation du genou humain ...................................................... 27
Figure 20: Maillage du modèle ................................................................................................ 28
Figure 21: La forme elliptique des surfaces transversales du fémur, de tibia et de fibula ....... 31
Figure 22 : Répartition de fémur [CHANZY.N] ...................................................................... 32
Figure 23: Les conditions aux limites du premier scenario ..................................................... 33
Figure 24 : Conception du tibia d'un genu varum .................................................................... 33
Figure 25 : les conditions aux limites adoptées pour le 2éme scénario ................................... 35
Figure 26 : Ostéotomie latérale de soustraction avec lame -plaque en col de cygne ............... 36
Figure 27 : Les angles de valgisation à modéliser ................................................................... 36
Figure 28 : La géométrie avant et après OTV sans hypercorrection ........................................ 37
Figure 29: Les différentes étapes de l'OTV .............................................................................. 38
Figure 30: Les résultats de la distribution des contraintes pour un genou sain ........................ 41
Figure 31: Une référence des résultats de répartition de contraintes (Trad et al.) ................... 42
Figure 32: Cas réel d'un cartilage fémoral endommagé [ DR.Rouxel.Y] ................................ 43
Figure 33: La distribution des contraintes pour un genu varum avec α=12° ........................... 44
Figure 34:Effet de variation du poids corporel sur les contraintes au niveau de l'articulation
synoviale................................................................................................................................... 45
Figure 35: Effet de la force du poids sur la pression de contact entre les cartilages ................ 46
Figure 36: Effet de la force du poids sur les cartilages tibiaux pour un genou sain et un genu
varum ........................................................................................................................................ 46
Figure 37: L'effet du poids sur les cartilages fémoraux pour un genou sain et un genu varum46
Figure 38: Résultats de l'analyse par EF des contraintes dans l'articulation du genou pour une
force corporel F égale à 740N .................................................................................................. 48
Figure 39 : Répartition des contraintes après OTV .................................................................. 50
Figure 40 : Distribution des contraintes dans les cartilages tibiaux pour un modèle du genou
sain, genu varum et après opération ......................................................................................... 51
Liste des tableaux

Tableau 1 : Ordre de grandeurs des dimensions des ligaments passifs de genou .................... 13
Tableau 2 : Propriétés élastiques anisotropes de l’os cortical humain [REILLY et al, 1975]. 22
Tableau 3: La contrainte à la rupture de l'os cortical pour les deux directions [Reilly et al.
1975]......................................................................................................................................... 22
Tableau 4: La liste complète des paramètres élastiques orthotropes de l'os cortical ............... 22
Tableau 5 : Les propriétés mécaniques de l'os spongieux de tibia ........................................... 23
Tableau 6 : Différents résultats de revue en littérature des propriétés mécaniques d'os du
genou ........................................................................................................................................ 23
Tableau 7 : Revue de littérature de propriétés mécaniques de cartilage pour une loi de
comportement élastique linéaire............................................................................................... 24
Tableau 8 : Résumé sur les types et le nombre d'éléments de maillage ................................... 29
Tableau 9 : Les propriétés mécaniques utilisées ...................................................................... 30
Tableau 10: Les différentes valeurs des forces pour chaque angle .......................................... 34
Tableau 11: Comparaison de la contrainte de von Mises dans deux points précis sur les
cartilages articulaires ................................................................................................................ 52
INTRODUCTION GENERALE

La biomécanique est une science assez large utilisée dans plusieurs secteurs comme ;
la médecine, la robotique, la biomédecine et encore la biomécanique. Cette science pourrait
être exploitée sur le corps humain afin de définir ses comportements et les relations entre ses
différentes structures. En effet, elle cherche principalement à expliquer et comprendre les lois
de la mécanique tout en les appliquant pour analyser le comportement complexe des
différents membres du corps. Par conséquent cette application aboutira à obtenir des
indicateurs qui permettront d’améliorer les performances des prothèses et prédire les
anomalies.

Afin d’atteindre ces objectifs, il est indispensable d’abord d’étudier l’anatomie du


membre inférieur ainsi que sa pathologie. Etant donné que cette partie inférieure du corps
humain est le moteur du mouvement, de la marche, celle-ci, vulnérable, est la plus exposée
aux risques, les pathologies dégénératives et les déformations axiales et angulaire suivant les
trois plans anatomiques (sagittal, horizontal et frontal).

En effet, l’arthrose, nommée aussi le rhumatisme dégénératif ou la gonarthrose,


présente la pathologie la plus fréquente. Elle concerne 28% chez les sujets de plus de 40 ans
en Tunisie, d’après l’enquête réalisée par LITAR. Elle touche aussi 40% des sujets âgés de
plus de 60 ans dans les pays occidentaux. Cette pathologie augmente avec l’âge et
endommage le tissu cartilagineux au niveau de genou ce qui crée un déséquilibre entre la
résistance de ce dernier et les sollicitations mécaniques qu’il doit supporter. De plus cette
pathologie excite dans les genu varum, où il y a une déviation de l’axe mécanique qui relie le
fémur et le tibia. Ainsi cette déviation provoque un déséquilibre entre l’axe de chargement et
la charge elle-même.

Bien que cette maladie soit assez répondue de nos jours, aucun traitement ne semble
efficace pour la soigner. Toutefois, s’il en existe, ils ne sont que des apaisants de douleur, à
savoir ; les comprimés anti-inflammatoires, les anti-arthrosiques ou aussi les injections à
l’intérieur d’articulation. Dans les cas les plus graves, la gonarthrose détruit l’articulation
jusqu’à la disparition complète de tissu cartilagineux, ce qui augmente hyperboliquement le
frottement entre le fémur et le tibia. Dans le cas où l’articulation devient non fonctionnelle,
une difficulté de mouvement se présente, une intervention chirurgicale sera inévitable tel que

Samia NOUIRA 1
le remplacement de l’articulation par une prothèse, ou l’ostéotomie qui consiste à amputer une
partie du tibia afin de modifier son axe et rétablir l’équilibre de genou.

En effet, à travers ses procédures chirurgicales, on cherche à redistribuer d’une part les
charges sur les cartilages et diminuer d’autre part la résultante des forces ou de pression qui
agissent sur le genou lors d’une activité ou d’un debout simple.

Pour les genoux affectés par l’arthrose du compartiment médial, les ostéotomies Tibiales de
Valgisation (OTV) à partir d’une fermeture externe est l’une des procédures chirurgicales
utilisées pour corriger l’angle fémoro-tibiale dans le plan frontal.

Les chercheurs travaillent sur ce processus pour retarder le maximum possible la


progression de l’arthrose d’une façon générale et de bien repartir les charges sur les
compartiments et diminuer le maximum possible les douleurs dans les cas des genu varum
avec l’OTV.

Sur le plan expérimentale, plusieurs études prédisent la correction de l’angle fémoro-tibiale


dans le plan frontal tout en utilisant des cadavres. Sur un autre plan, les méthodes des analyses
par éléments finis sont souvent utilisées afin d’étudier la distribution des contraintes sur les
tissus cartilagineux tibiaux et fémoraux sous différents scénarios de chargement mécaniques.

La méthode des analyses par éléments finis (EF) fait l’objet de ce projet, qui consiste à
étudier la répartition des contraintes dans un genou sain, comprendre le comportement
biomécanique de cette articulation et en plus étudier l’effet de l’OTV par fermeture externe
sur la redistribution des contraintes dans les cartilages. Cette étude nous aide à optimiser
l’hypercorrection adéquate pour l’OTV.

Ce travail comporte trois Chapitres. Le premier est consacré à un état de l’art qui rappelle
l’histologie, la description du tissu osseux, l’anatomie du membre pelvien et plus précisément
de l’articulation synoviale ainsi qu’une description des différentes pathologies qui l’affectent.
A la fin de ce chapitre, un état de l’art repose sur la régénération osseuse et les différents
comportements mécaniques de l’os.

Le deuxième chapitre a pour objet la conception géométrique des différents constituants de


l’articulation. Par la suite, la modélisation de la réponse mécanique de genou soumis à un
chargement simulant le poids d’une personne. Il comporte une description détaillée de
maillage et des différents paramètres mécaniques de tissu osseux et cartilagineux.

Samia NOUIRA 2
Les différents scénarios de simulations ont été détaillé au niveau de cette partie afin d’étudier
par la suite l’effet du poids corporel et l’effet de l’angle d’inclinaison sur la distribution des
contraintes. La fin de ce chapitre décrit les différentes étapes pour la modélisation de
l’Ostéotomie Tibiale de Valgisation ainsi que le scénario adopté par cette étude.

Le troisième chapitre s’achèvera, en premier lieu, sur les résultats numériques issus de nos
analyses par éléments finis de la répartition des contraintes au niveau des cartilages de genou
sain ainsi que leur validation à partir de la littérature. En second lieu, sur les résultats de
l’étude de variation de la distribution des contraintes et la pression de contact dans les
compartiments médiaux et latéraux pour le cas d’un genu varum de 12° soumis à cinq forces
issues du poids corporels. A la fin, sur les résultats de l’analyse de l’effet de l’angle
d’hypercorrection sur la répartition des contraintes.

A la fin de notre travail, une conclusion générale résume les atouts de ce projet, et une
évaluation qui met l’accent sur les limites du travail en envisageant des perspectives.

Samia NOUIRA 3
Chapitre 1 : Etat de l’art
Introduction
Ce chapitre commence par la présentation de l’anatomie du membre pelvien ainsi que
la structure du genou humain. La partie, détaillant cette articulation, englobe une description
des ligaments, tendons et des muscles. Ensuite, une seconde partie est consacrée pour définir
les pathologies existantes du genou, tout en focalisant notre intérêt sur l’arthrose.
Par la suite, une revue bibliographique est consacrée pour la description de la régénération
osseuse et les différentes lois de comportement mécanique de l’os.

Partie A : Structure et histologie du genou humain : La partie anatomie


1. L’histologie de l’os
1.1 La classification osseuse
Le tissu osseux est un tissu conjonctif vivant, se renouvelle et se répare en cas de
blessure. Les sels minéraux (le calcium) le rendent un élément dur et rigide.
Le squelette d’un sujet adulte regroupe 206 os articulés. Ses os se répartissent en 4
catégories (Fig1) :
 Les os courts : sont des os ayant une forme plus au moins cubique ou aussi arrondie.
Ce type facilite la flexibilité des articulations. (Poignet et de la cheville).
 Les os plats : sont des os plus au moins minces, ayant comme fonction de protéger
certains organes. Citons comme exemple le crâne et le sternum.
 Les os longs : ses sont des os de formes allongées tubulaires comme ceux du bras
(Humérus) ou de la jambe (fémur, tibia et péroné).
 Les os irréguliers : ont une forme et une taille variable comme les vertèbres le bassin.

Figure 1 : Classification des formes des os

Samia NOUIRA 4
La macro architecture de l’os long est un peu complexe. En effet, ce type de tissu
osseux est constitué de plusieurs éléments (Fig2.) : la diaphyse, les épiphyses et les
métaphyses.
Cette diaphyse est évidée à l’intérieur par un canal médullaire. Ce dernier est rempli de
moelle jaune et entourée d’une membrane nommée périoste, riche en vaisseaux nutritifs qui
participent à l’ossification. De plus, les épiphyses, recouvertes de tissu cartilagineux, sont
formées de tissu spongieux. Enfin, les métaphyses ou cartilages de croissance connectent la
diaphyse à chaque épiphyse et sont les sièges de la croissance de l’os. Cette forme complexe
d’os long le donne sa résistance aux sollicitations mécaniques comme la traction le
cisaillement et aussi la compression. [23]

Figure 2: La structure d'un os long : (a) os long, (b) os spongieux, (c) os compact (cortical) et moelle
osseuse

L’os est un élément vivant, cette caractéristique rend sa structure en évolution au cours du
temps. En effet, à la naissance le squelette est formé de tissu osseux et cartilagineux flexibles.
Et après la maturation de l’être humain, plusieurs cartilages sont remplacés par des os. C’est
en fait la croissance des os appelé ostéogenèse (ossification). Ce processus est caractérisé par
la minéralisation du tissu cartilagineux lors de la croissance. Les cellules constituantes le
cartilage se multiplient de façon à le faire allonger. Cette partie se transforme par la suite en
os dur. Cette ossification concerne les personnes de moins de 20 à 25 ans. [23]

1.2 Description du tissu osseux


1.2.1 L’os cortical compact
L’os compact également appelé l’os cortical, forme la coque externe du tissu osseux. Ce
type d’os est faiblement poreux, de 5 à 10%. Il s’agit d’un os rigide et assez dense. L’os

Samia NOUIRA 5
cortical est formé par des ostéons de forme cylindriques comprenant autour d’un canal de
Havers nourricier une demi-douzaine de lamelles osseuses concentriques. Ses lamelles sont
provenant d’ostéons plus anciens résorbés, ce qui donne une structure compacte et hétérogène
à l’os (Ashman et al. 1989).

Figure 3: répartition de l’os

Source : (http://aikidopurbalingga.blogdetik.com/category/kesehatan/)
1.2.2 L’os spongieux
Il s’agit d’un os moins dense et moins rigide que celui le compact dont sa porosité est
entre 50 et 90 %. L’os spongieux est formé par un réseau de trabécules osseuses délimitant
une multitude d’espaces libres. Ces cavités renferment des vaisseaux et de la moelle osseuse
rouge. Dans cette moelle se produisent et se régénèrent les cellules sanguines et se stockent
les minéraux. Le tissu osseux trabéculaire forme généralement les épiphyses des os longs et le
diploé des os plats et des os courts.

Les travées osseuses sont fournies par des fibres dont leurs dispositions s’édifient selon la
force mécanique que doit subir l’os (des fibres ayant le même sens de force de traction et de
pression exercées).
a. Périoste
Le périoste est une membrane fibreuse qui a pour but la vascularisation et la croissance de
l’os, notamment en épaisseur. C’est grâce au périoste que se produisent les cals osseuses pour
la néoformation osseuse qui soude deux parties d’un os fracturé (la consolidation des
fractures).

Samia NOUIRA 6
b. La moelle
Elle s’agit d’un tissu situé à l’intérieur des os pour combler les porosités des structures
osseuses. Il existe deux types de moelles osseuses :
 La moelle rouge : se présente dans les plats et petits os. Elle contient des cellules
souches ayant pour but de synthétiser les éléments sanguins.
 La moelle jaune : présentée dans les os longs, et remplit leurs canaux médullaires chez
l’adulte. Cette moelle joue un rôle primordial dans la réserve d’énergie.
2. Le remodelage osseux
Le remodelage osseux nommé aussi le remaniement. C’est par définition le renouvèlement
cyclique de la substance osseuse pour tous types d’os mature (os cortical ou os spongieux). Ce
phénomène de résorption suivi de la formation illustre la dynamique de ce tissu en
régénération permanente. Ainsi malgré ce remaniement, la structure et la composition
demeurent constantes. Le vieil os est périodiquement détruit et éliminé tandis qu’un nouveau
matériau osseux est fabriqué sur le même site. L’observation du tissu osseux de son
élimination à sa formation du nouveau amène à la conception une unité fonctionnelle de
remodelage dont les deux phénomènes ne sont plus distincts. En effet, cette unité est formée
de deux équipes de cellules ostéoblastes et ostéoclastes dont leurs activités sont associées
dans l’espace et dans le temps. Le cycle de remodelage dure à peu près 4 mois chez l’adulte.
La phase de formation est plus longue que celle de résorption. Plusieurs facteurs
s’interviennent dans le remodelage comme l’intervention de la parathormone (hormone règle
l’équilibre calcique de l’organisme) ou aussi la vitamine D. [23]

Le remodelage osseux s’effectue selon les phases suivantes :

 La première phase d’activation : cette phase fait intervenir les ostéoclastes qui sont
sous l’action de facteurs ostéo-résorbant. Il y a une action sur les cellules bordantes
qui se rétractent de façon à laisser accessibles une zone de résorption.
 La deuxième phase de résorption du tissu osseux par fixation de l’ostéoclaste sur la
matrice. Au début, ces cellules dissolvent par acidification la composante minérale de
la matrice osseuse. Par la suite, la matrice organique se dégrade sous l’effet des
enzymes.
 La troisième phase d’inversion : elle s’agit d’un remplacement des ostéoclastes par
d’autres cellules qui ont pour but lisser l’intérieur de la lacune crée.

Samia NOUIRA 7
 La quatrième phase de formation : au cours de cette étape, il y en a une formation de la
matrice extra-cellulaire par les cellules ostéoblastiques et avec l’effet de la vitamine D
et autres substances de croissance.

3. Référentiel relatif au corps humain et vocabulaire utilisé en anatomie


Bien que l’on puisse accorder aux mouvements du corps humain plusieurs plans et
différents axes, les anatomistes simplifient la règle de repérage. On s’en tienne alors dans le
système de référence d’espace à trois plans principaux associés à trois axes orthonormés
(Fig.4). [9]

 Le plan frontal (ou plan coronal) : c’est tout plans parallèles au front et divise le
corps en une partie avant et une autre partie arrière.
 Le plan sagittal : c’est tout plan vertical et perpendiculaire au plan frontal qui divise
le corps en deux moitiés droite et gauche.
 Le plan horizontal (ou transversal) : c’est tout plan axial et horizontal qui divise le
corps en une partie supérieure et inférieure.

Figure 4 : Axes et plans anatomiques principaux [www.sci-sport.com]

Dans la suite de rapport, on utilise la description des orientations suivantes :

o Antérieur : pour décrire ce qui est placé en avant.


o Postérieur : pour décrire ce qui est placé en arrière.
o Latéral : ce qui est externe c’est-à-dire placé vers le côté.
o Médial : ou interne, situé vers le centre et proche du plan médian.
o Distal : éloigné de centre et situé vers l’extrémité, c’est le terminal de l’organe.

Samia NOUIRA 8
o Proximal : le contraire de distal, désigne ce qui est proche et placé vers le centre de
l’organe.
4. Le squelette du membre inférieur
Le squelette humain est composé de deux parties :
o Le squelette axial est constitué de la tête, rachis et la cage thoracique.
o Le squelette des membres inferieur et supérieur nommé squelette appendiculaire.

Les membres de Pelviens ou membres inferieures comportent 60 os. Afin d’assurer la stabilité
de l’être humain le membre inférieur supporte le poids du corps
Chacun de ces membres comprend quatre segments.
 La hanche qui relie le membre supérieur à la cuisse.
 La cuisse qui relie la hanche et la jambe est formée par l’os de fémur et par deux
régions antéro-latérales, et postérieures.
 La jambe relie la cuisse au pied et comprend les deux os le tibia et la fibula.
 Le pied qui est formé par le tarse (cheville), les phalanges (orteils) et le métatarse.

Afin d’assurer une certaine mobilité de corps, la partie distale de fémur et celle proximale de
tibia forment une région distincte : c’est en fait le genou.

5. L’articulation de genou
Le genou relie la cuisse et la jambe, c’est l’articulation la plus diarthrose du corps humain.
Elle possède des ligaments, rotule, cartilage, de membrane synoviale pour assurer sa
lubrification et des extrémités osseuses. Cette articulation comprend en fait trois sous
articulations : l’articulation fémoro-patellaire et deux articulations fémoro-tibiales.

Figure 5 : Articulation de genou [www.doctissimo.fr]

Samia NOUIRA 9
Le genou comporte trois os le fémur, le tibia et la rotule. Une description détaillée se présente
ci-après.

5.1 Le fémur
Le fémur est le plus long et asymétrique os. Sa forme oblique est claire dans la station
debout. Il est formé d'une extrémité proximale et autre distale.
L’extrémité proximale ou l’épiphyse supérieure comprend une surface articulaire
arrondie appelée la tête de fémur. Cette saillie est lisse, recouverte de cartilage. La tête est
supportée par le col de fémur. Ces derniers se réunit da la partie externe à une saillie appelée
le grand trochanter et la partie interne c’est le petit trochanter. Les deux tubérosités fémorales
petit et grand sont reliées en avant par une ligne inter trochantérienne. [1]

Figure 6 : La face antérieure du fémur [ESPACE-MUSCULATION.COM]

L’épiphyse inférieure du fémur nommé aussi


l’extrémité distale, est divisée en deux saillies articulaires,
en avant s’articule avec la rotule et en bas les condyles
fémoraux s’articulent avec l’épiphyse proximale du tibia.
La surface patellaire se situe dans la gorge trochléenne
entre deux joues saillantes une médiale et l’autre latérale.
Figure 7 : Articulation du genou droit avec les
surfaces articulaires, 4 est le ligament patellaire [21]
5.2 Le tibia
Le tibia est un os long, qui forme avec le péroné la jambe. Il est asymétrique, son
extrémité en bas est peux volumineuse au contraire de celle du haut qui englobe l’épiphyse
tibiale, recouvert du cartilage.

Samia NOUIRA 10
Cet os présente 3 facettes ; interne, médiale et postérieure.
La face médiale est lisse et sous cutanée. Ces champs postérieur et antérieur englobent les
sites d’insertion de ligaments et de muscles respectivement. A l’intérieur de la face
postérieure, le muscle tibial s’insère, et en dehors, on trouve le contact avec la fibula. La
partie proximale de tibia est volumineuse, constituée de deux condyles en contact avec les
condyles fémoraux.
La partie distale est moins volumineuse, et divisée en deux surfaces articulaires l’une est en
contact avec la fibula sans cartilage, la surface articulaire tibio- fibulaire, et l’autre à la gorge
de la trochlée du talus. [1]

5.3 La fibula
La fibula ou le péroné est aussi un os long. Il forme avec le tibia la jambe. En haut, il
comporte une surface articulaire de la tête fibulaire qui s’articule avec le tibia seul. Le long de
cet os et dans la partie antérieure de la face médiale s’insère les muscles extenseurs des orteils
et le long muscle extenseur de l’hallux. Et la partie postérieure relie la fibula et le tibia par le
muscle tibial postérieur. L’extrémité proximale de fibula s’articule d’une part avec le tibia
sans la présence d’un cartilage et d’une autre part avec le talus. Ainsi la fibula bien qu’il soit
considéré un os dans l’articulation de genou, il n’a pas un rôle dans la transmission des efforts
et de poids, il assure par contre la stabilité de cheville. [1]

5.4 La patella
La patella ou la rotule est un os sésamoïde aplatie et très épais. Elee est maintenue en
haut par le tendon de quadriceps de la cuisse et en bas par le ligament rotule.
La rotule coulisse dans une poulie qui est la gorge trochléenne dans le cartilage
fémorale. Son cartilage est très épais par rapport aux autres tissus cartilagineux de genou. Cet
os joue d’un côté un rôle important pour protéger le tendon de l’usure et augmente de l’autre
côté la puissance et l’efficacité de quadriceps. La patella diminue les forces de frottement en
extension et en flexion et par la suite la réduction de l’usure de cartilage. En peu dire
finalement que la patella est une vraie protection de genou. [1,3]
5.5 Les surfaces d’articulation
Ces surfaces sont osseuses. Elles sont formées par les surfaces de l’extrémité inferieur
ou distale du fémur, la surface articulaire de rotule, les surfaces de l’extrémité proximale de
tibia et aussi de deux ménisques articulaires. [1,3]

Samia NOUIRA 11
5.5.1 Les surfaces articulaires de l’extrémité distale du fémur
Sur l’extrémité distale convexe du fémur existe deux surfaces articulaires revêtues d’une
couche de cartilage ; une surface en avant unit les condyles fémoraux et autres sur la partie
antérieure nommée la surface patellaire. [1]

5.5.2 Surfaces articulaires proximales du tibia


Le couple os fibula et tibia forme le squelette de la jambe. Il s’articule en sa partie
haute avec le fémur et en bas avec le talus. Sa fonction est de transmettre le poids du corps
aux pieds.
En effet, la face supérieure des condyles du tibia est constituée par deux surfaces latérales
proximales et un espace intercondylaire.
5.5.3 Le ménisque médial et latéral
Leur fonction est d’assurer l’adaptation entre
les surfaces articulaires du fémur et du tibia. C’est
une formation fibro-cartilagineuse, prismatique
triangulaire ayant la forme de croissant entre les
articulations.
La forme du ménisque médial constitue un C ouvert
par contre le latéral est plus petit et qui a la forme
Figure 8 : vue des ménisques [kinesitherapie24]
d’un O presque complet.
5.5.4 La surface articulaire de rotule
C’est un os plat, situé sur la face antérieure du genou. Elle a la forme triangulaire avec
des bords curvilignes. Sa surface d’articulation forme le ¾ de sa face postérieure qui est en
contact avec le fémur.
5.5.5 Les ligaments (ligaments passifs)
Les ligaments ont un rôle primordial pour assurer la stabilité du genou et la liaison entre
deux os dans l’articulation. Ils sont des bandes de tissu fibreux élastiques de couleur blanc et
caractérisés par une grande résistance. Il y a trois types de ligaments dans l’articulation du
genou :
 Ligaments collatéraux tibial (ou latéraux internes LLI) tissu conjonctif, ils
s’insèrent, en haut, sur la partie distale du fémur et en bas, sur la partie proximale du
tibia. Sa partie, en avant, est considéré comme libre et individuel, où il y a des fibres
longues fémoro-tibiales ; par contre sa partie, en arrière, est constituée par des fibres
courtes.

Samia NOUIRA 12
 Ligaments collatéraux fibulaires (ou latéraux externes LLE) : en les comparant
avec les LLI ; les ligaments externes sont plus courts et de faibles épaisseurs. Sur la
partie latérale de l’extrémité du fémur, s’implantent ces ligaments et de dessous ils
s’insèrent sur la fibula plus précisément sur le muscle gastrocnémien.
 Ligaments croisés : il existe deux types ; antérieure et postérieur, et constituent deux
cordons fibreux, courts et très épais.
 Ligament croisé antérieur (ou antéro-externe ou intra-capsulaire) :
se situe au milieu de l’articulation. Sa fonction est de freiner le
glissement de tibia vers l’avant (appelé le mouvement de tiroir). Il
s’insère à la partie antérieure d’inter-ménisque en bas et à la partie
postérieure du condyle latéral en haut.
 Ligament croisé postérieur : il est plus court et plus puissant que celui
antérieurs fonction est de freiner le glissement du tibia vers la partie
postérieure de genou (appelé mouvement piston). Il est attaché à la
partie postérieure du condyle interne au niveau de fémur et à la partie
postérieur des condyles tibiaux.
Le tableau ci-dessous donne les dimensions des quatre ligaments de genou :
Tableau 1 : Ordre de grandeurs des dimensions des ligaments passifs de genou

Ligaments Ligaments Ligament Ligament


collatéraux collatéraux croisé antérieur croisé
tibial fibulaires postérieur
Longueur 60 45 40 35
(mm)
Section (mm²) 15 8 50 40

5.6 Mécanisme articulaire de genou


Cette articulation intermédiaire du membre inférieur admet deux degrés de liberté, le
premier est celui le principale, le mouvement flexion-extension et le second est la rotation de
la jambe autour de son axe longitudinal et qui est impossible en extension.

5.6.1 Mouvement flexion-extension


Ces mouvements se réalisent dans le plan sagittal selon l’axe transversal qui passe par
les condyles. La flexion est le fait de plier progressivement la jambe pour rapprocher sa face
postérieure à la face postérieure de la cuisse. Par contre l’extension, en éloigne cette face, elle
tend à mettre le tibia dans le prolongement du fémur c’est-à-dire la position de référence.

Samia NOUIRA 13
On parle d’une flexion active lorsque l’amplitude de passage de l’extension à la
flexion varie entre 120° et 140°, et d’une flexion passive quand on a une amplitude talon-fesse
de 150° à 170°. L’angle d’hyper extension chez un sujet sain va de 5 à 10 degrés (Fig. 9).

(a)

(b) (c)

(d) (f)
Figure 9: Présentation des mouvements flexion-extension de genou : direction de mouvement (a), flexion
active (b), flexion passive(c), extension(d) et hyperextension (f) [http://www.thierryaimard.fr]

5.6.2 Rotation
Cette articulation possède aussi des mouvements de rotation d’axe longitudinal dans le
plan horizontal. Ces mouvements de rotation du plateau tibial sous le fémur sont la
conséquence de la non symétrie des condyles fémoraux par rapport au plan sagittal. Alors le
mouvement d’extension s’accompagne d’une rotation externe d’environ 40 degrés et la
flexion s’accompagne d’un mouvement de rotation moins important d’amplitude 30 degrés.
Lors d’une extension complète de genou aucune rotation n’est possible, on parle dans ce cas
de la position de verrouillage.

Samia NOUIRA 14
5.7 Les muscles du genou
5.7.1 Les muscles extenseurs
L’extension du genou est faite par le muscle quadriceps fémorale. Ce dernier est divisé
en 4 parties dont leur insertion est au niveau de la patella et le tibia par le ligament patellaire
et le réticulum patellaire. La stabilisation du genou en extension est maintenue grâce au
tenseur de fascia lata.

5.7.2 Les muscles fléchisseurs


Au cours de la flexion, le muscle Sartorius se manifeste. Ce muscle prend son origine
sur la face externe sur l’Iliaque (bassin), rubané, il se dirige en bas médialement et en arrière
et se termine sur la face médiale du tibia. Il s’agit d’un muscle fléchisseur, abducteur et
rotateur latéral de la cuisse et aussi fléchisseur rotateur médial de la jambe. Au cours d’une
hyper extension, il joue son rôle de stabilisation du genou.

5.7.3 Les muscles rotateurs


La rotation interne du tibia sur le fémur est assurée par le muscle biceps fémoral.
Par contre la rotation médiale est déterminée par le muscle Sartorius. Le semi-tendineux et le
semi-membraneux.

Figure 10: Les muscles du membre pelvien [1]

Samia NOUIRA 15
Partie B : Pathologies du genou humain
Le genou est la plus vulnérable articulation dans le corps humain à différentes
pathologies. La fragilité de cette articulation est évidente puisque cette dernière est la base du
système locomoteur et de la marche, de surcroit elle supporte la majorité du poids.
Généralement la douleur est le signe principal des pathologies du genou. Parmi ces
pathologies on peut citer :
 Des blessures ou des ruptures qui causent des atteintes traumatiques comme les lésions
méniscales ou l’entorse.
 Des pathologies dégénératives comme l’arthrose.
 Des pathologies dues à des anomalies ou des déformations du membre inférieur.
Ces différentes maladies seront expliquées ci-après.
1. Les lésions méniscales
Les lésions méniscales sont des lésions assez fréquentes du genou. Elles se résultent soit
d’un faux mouvement du genou ou d’un traumatisme par rotation, lors d’une torsion en pivot
ou en accroupissement. Alors non seulement les personnes âgées sont vulnérables à cette
pathologie mais aussi les gens qui travaillent à une position accroupie.
Les ménisques sont des fibrocartilages, ils sont très sensibles. Ainsi un mauvais mouvement
de flexion, résulte une grande pression sur les ménisques par la suite une déchirure de ces
derniers. [3]

Figure 11 : Différents types de lésions méniscales [22]

2. L’entorse
La stabilité du genou est assurée par 4 ligaments. La lésion ou l’usure d’un ou plusieurs
ligaments cause un déséquilibre dans cette articulation. Cette pathologie est l’entorse du
genou. L’entorse survient suite à une chute ou traumatisme direct du genou, surtout chez les
footballeurs ou les skieurs. Une douleur insupportable, un craquement au moment de

Samia NOUIRA 16
l’accident ou une instabilité au niveau de l’articulation ou aussi un gonflement peut être un
signe clair d’une lésion ligamentaire. Cette lésion peut être parfois bénigne, il s’agit dans ce
cas un simple étirement au niveau du ligament. Ou une lésion moyennement grave lorsqu’il
s’agit d’une rupture de quelques fibres ligamentaires. Dans d’autres cas on la considère, une
lésion grave si on a une rupture complète d’un ou plusieurs ligaments. [2,3]

Figure 12: Les types d'entorse du genou [6]

3. Les anomalies angulaires


Les anomalies angulaires ou aussi les gonarthroses sur le plan architectural peuvent se
diviser en deux catégories ; des anomalies sur le plan coronal et des anomalies sur le plan
sagittal. Ces derniers vont être développés ci-dessous.
3.1 Gonarthrose sur le plan coronal (frontal)
Les gonarthroses sur ce plan comportent le genu varum et le genu valgum.
 Le genu varum ou varus est appelée encore en langage courant, les jambes en ‘’O’’. Il
s’agit en fait d’un espacement entre les jambes supérieur à 3cm. Jusqu’aujourd’hui
cette pathologie est considérée juste une malformation congénitale sans connaitre sa
vraie cause. Chez les enfants de moins de deux ans, la déformation du membre
inferieur est normale, mais pour un enfant plus âgé, ça peut être due au rachitisme.
(Fig.13). [3]
 Le genu valgum ou valgus ou appelé encore les jambes en ’’X ‘’, constitue aussi une
désaxation du genou, mais dette fois vers l’extérieur au contraire de varum. Ce cas de
déformation est considéré normal pour les enfants jusqu’à l’âge de 2 à 3 ans. (Fig.13)

Samia NOUIRA 17
Toute déformation et désaxation des jambes provoque certainement une grande pression soit
sur le côté interne ou externe selon le cas (genu valgum ou genu varum) ce qui entraine par la
suite l’apparition de la gonarthrose. [3]

Figure 13: Les déformations du genou sur le plan frontal [allomonpied.wordpress.com]

3.2 Gonarthroses sur le plan sagittal


Sur ce plan, il existe en fait deux types d’anomalies ; le genu recurvatum et le genu flexum.
 Le genu recurvatum : c’est une déformation du genou bénigne qui disparait avec l’âge.
Sa cause principale est l’hyperlaxité des ligaments. Cette pathologie est caractérisée
par l’existence d’un angle ouvert en avant entre la jambe et la cuisse. [3]
 Le genu flexum : dans ce cas le genou reste toujours en flexion, et ne peut pas
atteindre l’extension complète. Cette anomalie peut être due parfois à une
immobilisation trop longtemps à une position de flexion. [3]

Figure 14:Les anomalies sur le plan sagittal [allomonpied.wordpress.com]

Samia NOUIRA 18
4. L’arthrose (la gonarthrose)
4.1 Définition
La gonarthrose est l’arthrose du genou, c’est le plus fréquent rhumatisme dégénératif qui
atteint les cartilages des articulations du corps humain. Mécaniquement parlant, la
gonarthrose résulte un déséquilibre entre la résistance du cartilage et la résultante des forces et
des moments que doit subir le genou. D’un côté biologique, cette pathologie dégénérative est
le résultat d’un déséquilibre entre la synthèse et la dégradation du tissus cartilagineux et des
extrémités de l’os d’articulation. Au début le tissu cartilagineux est sain et de structure
normale mais la dégénérescence du cartilage se fait sous l'effet d'augmentation des contraintes
qui peut résulter de plusieurs facteurs par exemple ;
o Articulation instable.
o Surcharge pondérale.
o Désaxation ou une déformation au niveau du membre inferieur.
o Malformation osseuse : augmentation de surcharge dans une partie de l’articulation.

Le maître symptôme de la gonarthrose est une douleur du type mécanique. Autrement dit
cette souffrance est provoquée par un mouvement ou la mise d’une surcharge de l’articulation
et disparait généralement au repos. Cette gonalgie s’accompagne d’un craquement et d’un
froid assez remarquable au niveau du genou. Dans le cas de présence de cette pathologie, le
patient doit agir rapidement afin de ralentir sa progression. Les interventions sont variantes et
différent selon le cas. Par exemple, la perte de poids, l’utilisation d’une canne ou semelles, les
traitements pharmacologiques avec éducation. Des médicaments anti-inflammatoires ou les
anti-arthrosiques pour le soulagement. Ou aussi les injections intra-articulaires de
corticostéroïdes. Dans d’autre cas plus grave, il faut intervenir par une opération Comme
l’ostéotomie tibiale de valgisation qui consiste à retirer une partie d’os de tibia ce qui permet
de corriger le trouble architectural causé par l’arthrose ou carrément le remplacement de
genou par une prothèse. [3]

Figure 15 : illustration de la gonarthrose [www.sante21.ma]

Samia NOUIRA 19
4.2 L’Ostéotomies Tibiale de Valgisation (OTV)
Généralement la cause de l’arthrose pour un sujet moins de 40 ans, est un défaut d’axe du
membre inferieur ; On parle alors d’un genou varum. Le traitement adéquat dans ce cas est
l’opération chirurgicale de l’ostéotomie tibiale de valgisation afin de corriger le défaut de
l’axe du membre inferieur. Cette intervention médicale modifie l’axe mécanique pour retarder
ou éviter carrément le remplacement total ou partiel du genou par une prothèse. Grâce à cette
opération les charges se répartissent de nouveau pour soulager le compartiment médial. Les
différents types des ostéotomies tibiales sont décrits ci-après.
4.2.1 Ostéotomie tibiale curviplane
Cette opération est assez complexe, elle
consiste à faire une coupure au niveau de
l’extrémité proximale du tibia et une autre plus
loin pour le péroné. La fixation est assurée par un
fixateur externe en cadre. La consolidation des os
pour ce cas est rapide. Le risque de ce type
d’opération est d’avoir des infections sur les
broches.
Figure 16: Ostéotomie tibiale curviplane

4.2.2 Ostéotomie tibiale d’addition interne


Cette technique est considérée la plus simple, car la
fibula ne sera pas touché puisque le nerf fibulaire n’est
pas touché. Par contre, cette opération peut causer des
allongements de membre ou des retards de
consolidations. Les chirurgiens créent une ouverture
avec une pince. Par la suite le comblement est mis en
place. Il peut être osseux, ciment ou céramique.
Figure 17: Ostéotomie d'addition interne

4.2.3 Ostéotomie tibiale de valgisation par


soustraction et fermeture externe
Elle s’agit d’une technique simple avec un bon résultat
de consolidation qui dure quelque semaine. A l’aide de
scie, on prélève une partie de proximal de tibia et de
fibula. Par la suite, on les fixe par une lame plaque.

Figure 18:Ostéotomie tibiale de fermeture externe


Samia NOUIRA 20
Partie C : Approche par éléments finis du genou
1. La méthode des éléments finis
La méthode des éléments finis est une technique numérique, utilisée pour chercher une
solution approchée d’un problème, tout en se plaçant dans un espace de fonctions tests locales
finie. L’hypothèse principale de cette méthode est l’existence et l’unicité d’une solution
exacte du problème. Cette méthode contient, plusieurs étapes. Au début, une discrétisation du
domaine en un maillage est faite. Ce dernier contient des éléments connectés entre eux par des
nœuds dont leurs déplacements sont les inconnues Par la suite, il y aura une analyse de
chaque élément à part, en formant sa matrice de rigidité et son vecteur de chargement. Après,
ces matrices seront assemblées en une matrice de rigidité globale. On obtient alors une
équation matricielle qui relie les déplacements aux chargements dans les nœuds. A la fin, la
résolution de cette équation tout en prenant en considération les conditions aux limites, ainsi
on trouve les déplacements nodaux et la déformation du modèle. Ce qui intéressent plus les
chercheurs et les ingénieurs, les contraintes produites. Elles peuvent être déduites à partir des
déformations déjà trouvées et la loi de Hooke.
Après la préparation d’un modèle géométrique « 2D ou 3D », il faut générer le maillage.
C’est l’étape la plus importante et la plus couteuse en temps. Puis arrive l’étape de définition
des matériaux et des lois de comportement mécanique pour chaque partie du modèle. Dans
notre étude le choix de comportements mécaniques associées à chaque composant de genou
est selon les études déjà publies en littérature.
2. Les propriétés mécaniques de l’OS « Fémur – Tibia – Fibula »
La structure de l’os est unique et complexe. Grâce à cette structure organisée ils assurent
plusieurs fonctions tel que :

- Résister aux contraintes subit (pression, tractions et compression)


- Protéger les organes comme les poumons ou le cœur.
- Participer à la formation des cellules sanguines avec la moelle osseuse rouge.
- Réserver les sels minéraux et le calcium pour l’organisme.

Dans la littérature, ce matériau vivant est décrit comme un matériau élastique (Zheng et al.
2014) ; viscoélastique (Guèdes et al. 2006) ; spongieux (Smit et al. 2001).

L’étude de comportement mécanique du genou, nécessite indispensablement une


définition de comportement de l’os de l’articulation ; son module d’Young, sa densité et aussi
son coefficient de poisson. Dans la revue de littérature, les biomécaniciens recourent à

Samia NOUIRA 21
plusieurs essais, afin de déterminer ses propriétés mécaniques. Plusieurs ont considéré l’os de
cette articulation, un os spongieux et d’autre, un os cortical.

2.1 Le comportement mécanique de l’os cortical


Dans la littérature, plusieurs ont considéré l’os anisotrope vue l’anisotropie de sa
microstructure. La résistance de l’os cortical est plus importante lorsqu’il est chargé
longitudinalement que radialement ou transversalement (tab2).

Tableau 2 : Propriétés élastiques anisotropes de l’os cortical humain [REILLY et al, 1975].

Propriétés Valeur
Module élastique longitudinal (GPa) 17.9
Module élastique transversal (GPa) 10.1
Module de cisaillement (GPa) 3.3
Coefficient de poisson longitudinal 0.4
Coefficient de poisson transversal 0.62

De plus pour les biomécaniciens, l’os cortical est isotrope transversalement. Et il est plus
résistant en compression qu’en traction.

Tableau 3: La contrainte à la rupture de l'os cortical pour les deux directions [Reilly et al. 1975]

La direction Sollicitation Valeur en MPa


En traction 135
Longitudinalement En compression 205
En traction 53
Transversalement En compression 131

En 2002 Pithou et al. ont représenté les propriétés élastiques orthotrope de l’os cortical.

Tableau 4: La liste complète des paramètres élastiques orthotropes de l'os cortical

Propriétés E1 E2 E3 G12 G13 G23 ν12 ν13 ν 23

Val (GPa) 19.65 21.7 29.1 2.95 2.9 4.15 0.19 0.185 0.245

Samia NOUIRA 22
2.2 Le comportement de l’os spongieux
Les mesures des caractéristiques mécaniques de l’os spongieux s’avèrent très difficiles à
cause de dimensions et des structures des trabécules osseuses.
Ashman et al. [ASHMAN et al, 1987] et Turner et al. [TURNER et al. 1990] ont identifié les
modules d’Young et le module de cisaillement de l’os spongieux. Dans leurs essais sur des
échantillons de tibia, ils ont considéré l’os trabéculaire orthotrope. Le tableau ci-dessous
illustre les résultats des mesures des modules d’élasticités.

Tableau 5 : Les propriétés mécaniques de l'os spongieux de tibia

Les modules en MPa E1 E2 E3 G12 G13 G23

D’après Ashman et al. 346 457 1107 98 132 165

D’après Turner et al. 292 359 784 81 67 144

Le tableau ci-dessous résume les propriétés mécaniques de tissu osseux

Tableau 6 : Différents résultats de revue en littérature des propriétés mécaniques d'os du genou

Reference Méthode L’os étudié Hypothèse d’un Hypothèse


adopté macroscopiquement os spongieux d’un os
cortical
E(Gpa) ꭒ E(Gpa) ꭒ
Reilly et al. Essais de Fémur 17.4 -- 17.9 --
1971 traction
Zysset et al. en Nano- Fémur 25.5 -- 16.4 --
1998 indentation
Bayraktar et Traction et Fémur 19.9 -- 18 --
al.2004 flexion
Subit et al. Essais traction Tibia 11.3 < E <17.5 -- -- --
2004
Zheng en 2014 Tomographie Fémur, Tibia et -- -- 8 0.3
fibula

3. Les propriétés mécaniques du cartilage


Au niveau du genou, le cartilage recouvre les surfaces articulaires ; le tibia de son côté
proximal et les condyles fémoraux. Microscopiquement, le cartilage est essentiellement
constitué d’une phase solide et d’un autre fluide, Dont leurs proportions varient selon la
pression subit par le genou comme si on a un matériau composite poreux dont ses pores sont
remplis de fluide synovial et en agissant sur ce matériau le fluide se déplace dans
l’articulation ce qui influence les propriétés mécaniques de ce tissu. A l’échelle
macroscopique, le cartilage est constitué des fibres qui ne sont pas tous orientés dans la même
direction, d’où le nom de fibrocartilage. Ainsi les biomécaniciens caractérisent le cartilage
par un matériau fibreux, non linéaire, anisotrope et viscoélastique.

Samia NOUIRA 23
Cette définition du cartilage est souvent simplifiée dans les études du comportement
mécanique de l‘articulation du genou. Les biomécaniciens ont toujours considéré le tissu
cartilagineux comme un matériau élastique linéaire étant donné que la viscosité du fluide
synovial est grande ce qui rend son mouvement très lent. Par la suite la phase solide du
cartilage est la plus active. Dans ce cas le tissu cartilagineux est assimilé à un matériau
homogène élastique linéaire er incompressible. Le tableau suivant présente un échantillon des
résultats trouvés dans la littérature concernant les propriétés mécaniques du cartilage.

Tableau 7 : Revue de littérature de propriétés mécaniques de cartilage pour une loi de comportement
élastique linéaire

Réference Module d’Young (Mpa) Le coefficient de poisson


1980 Kempson 10.35 0.4
Setton e tal. 1993 10 0.4
Carter 2003 5.2 0.46
Izaham et al. 2012 et Zheng 5 0.46
et al. 2014

Conclusion
La biomécanique cherche généralement les relations entre les constituants de
l’articulation et leurs fonctions. Il s’est avéré clair, après cet état de l’art, l’anatomie, les
comportements mécaniques des différents constituants du genou et leurs pathologies. Des
complexités ont été signalées, exigeant des approches analytiques pour modéliser le
comportement de cette articulation. De ce fait, une étude descriptive ci-après sera considérée
pour analyser le comportement et déduire les contraintes d’une part, d’un genou sain soumis à
une pression lors d’une extension complète, et d’un autre part, la redistribution des contraintes
d’un genu varum avant et après opération d’ostéotomie, en s’appuyant sur la méthode des
éléments finis.

Samia NOUIRA 24
Chapitre 2 : Modélisation de genou par la
méthode des éléments finis
Introduction
L’analyse de comportement mécanique du genou nécessite une bonne analyse du modèle
en utilisant la méthode des éléments finis. Le deuxième chapitre comporte une description de
la conception des différents constituants de genou pour le cas d’une géométrie réelle. Par la
suite, une description est consacrée pour les propriétés mécaniques choisis et le maillage des
différentes pièces. En plus ce chapitre contient la modélisation de genou ainsi que les
conditions aux limites et les scenarios de chargement adoptés.

1. Conception de l’articulation du genou


La première partie de cette étude porte sur la reconstruction 3D des éléments osseux de
l’articulation du genou et leurs modélisations sur Abaqus (le maillage et la définition des
propriétés mécaniques). Cependant, comme la géométrie est très complexe, la plupart des
biomécaniciens recourent à l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), pour obtenir une
géométrie parfaite du genou.

En fait, la technique d’IRM a une grande importance dans le domaine biomécanique ;


puisqu’elle permet de visualiser les organes et tous les types du tissu avec une très grande
précision. Dans le cas du genou, elle permet non seulement d’avoir une géométrie exacte du
tissu osseux mais également elle donne des informations sur les lésions ligamentaires et
cartilagineuses, ce diagnostic est impossible avec les scanners.

Tout un processus est nécessaire pour avoir un modèle en 3D à partir des IRM. Ce
processus peut être résumé en 3 étapes :

 L’acquisition des donnés


 Segmentation IRM
 Modélisation 3D – CAO

Un modèle CAO obtenu peut être utilisé, pour l’extraction des implants prothétiques, pour
l’analyse des contraintes et pour l’assistance en chirurgie orthopédique.

En fait chaque étape de processus précédemment cité nécessite encore l’utilisation d’un ou
plusieurs logiciels afin d’être accomplie.

Samia NOUIRA 25
D’abord pour l’acquisition des données, il est nécessaire de scanner l’articulation du genou
dans une machine IRM pour produire des séquences d’images prises à partir des coupes 2D.
Ses images sont de format DICOM (Digital Imaging and Communications in Medecine). Un
logiciel nommé RadiAnt nous a permis de lire les images IRM d’un genou sain d’une patiente
obtenue d’un centre médicale.

Ensuite, la segmentation permet de définir les bords et les contours des structures
anatomiques. Faute de logiciels spécialisés dans la segmentation, cette démarche n’a pas été
appliquée. Quelques logiciels sont utilisés pour cette étape comme Amira software et le
ScanIP (simpleware, UK), mais ils sont couteux. Cependant grâce à des recherches effectuées
sur internet, nous avons trouvés des fichiers surfaciques sous format STL révélant les résultats
de cette étape.

Enfin l’étape de la modélisation CAO est obtenue à l’aide des plusieurs logiciels. Elle est
faite en deux principaux moments, la première est la construction géométrique 3D et la
deuxième le maillage des différents constituants.

Dans ce contexte nous avons travaillé sur un modèle réel du genou sain et nous avons
aussi obtenu un modèle en anomalie angulaire. Une description ci-après détaillée de notre
travail.

En effet, ce chapitre comporte une partie concernant la conception d’un genou droit d’un
corps humain anonyme. Cette partie est sensée mettre en œuvre une interface d’échange de
données afin d’obtenir un modèle 3D du genou, en utilisant les fichiers STL du fémur, du
fibula et du tibia. Ce modèle peut être utilisé dans diverses application telles que ; l’extraction
des implants prothétiques, l’analyse des contraintes à l’articulation du genou, comme dans
notre cas, et pouvant même servir d’aide à la chirurgie. Il permet également de prédire le
comportement de ses implants vis-à-vis les forces agissant sur les articulations du genou.
L’utilisation directe de ses fichiers STL était limité dans l’analyse de comportement du
genou, puisqu’ils sont considérés sur Abaqus comme des coques « Shell » et non pas des
solides. De ce fait une problématique s’impose, est de trouver un processus qui nous
permettrait de remplir ces pièces et avoir un modèle 3D d’un genou.
En effectuant cette tâche, nous avons affronté un grand problème celui de la
compatibilité entre les logiciels à utiliser et un grand temps perdu pour trouver un processus
convenable. Le nôtre se présente sous forme d’un logiciel open source nommé Meshlab pour
le traitement et l’édition de maillage. Il fournit un ensemble d’outils pour l’édition, le

Samia NOUIRA 26
nettoyage, l’inspection, la comparaison des modèles et le remaillage. Ainsi, ce logiciel nous a
aidé à supprimer les données parasites et les défauts de scan dans ses fichiers et de simplifier
le nombre de petites surfaces créés et aussi remplir les trous de maillage. Après leurs
enregistrements encore une fois en STL, on les importe sur Meshmixer.
Il s’agit en fait d’un logiciel open source utilisé généralement pour l’impression 3D. Il nous a
permis d’avoir des pièces solides exportés en STL.
Pendant la conception de certain modèle, le genu varum, nous avons rencontré un problème
de remplissage des pièces déformées avec Meshmixer. Dans ce cas nous avons utilisé un autre
logiciel nommé Geomagic Design X. De plus ce logiciel nous a permis de simplifier le
maillage et réduire par la suite la taille des autres fichiers alors gagner du temps de travail.
Geomagic Design X est conçu spécialement pour convertir des données de numérisation 3D
en modèles de CAO par élément de haute qualité. Il permet la simplification.
Par la suite ses fichiers sont importés sur SOLIDWORKS où nous avons fait leur
assemblage. Le modèle assemblé exporté de SOLIDWOKS comporte des surfaces
fractionnées, leur état nécessite leur combinaison sur ABAQUS avant d’entamer l’étape
suivante, le maillage.

Figure 19 : Conception de l'articulation du genou humain

L’obtention de ce processus n’était pas facile dans notre étude, en effet, après la définition de
la succession des tâches à faire, nous étions obligés de chercher à chaque fois un logiciel
accomplit la tâche désiré, gratuit et avoir une extension compatible avec l’extension que la
précède.

Samia NOUIRA 27
Une fois le modèle est généré, le maillage est effectué par la suite sur Abaqus pour diviser les
différents constituants en nombre fini d’éléments. Le prétraitement de l’MEF englobe
l’attribution de comportements mécaniques aux tissus, les conditions aux limites et les
charges. Cette analyse finie par la solution numérique qui définit les contraintes de Von Mises
sur les cartilages tibiaux et fémoraux.

2. Maillage de modèle
Le maillage est une étape primordiale dans l’étude des éléments finis et dans l’analyse du
comportement d’un mécanisme. Les résultats de simulation dépendent de la qualité de
maillage de modèle. Il est considéré non seulement l’étape la plus importante mais également
la plus coûteuse en temps. Sa laideur peut entrainer des dégâts pour le chercheur.
Dans cette étape, nous avons exporté le modèle de SOLIDWORKS sur Abaqus. Le fichier
comporte un nombre des surfaces fractionnées, ce qui nous oblige de es combiner sur
ABAQUS avant de commencer le maillage.
En effet, ce processus nous a permis d’améliorer la qualité de maillage qui pourrait être
contrôlé librement sur Abaqus : le type et la taille des éléments sont définis selon la pièce et
sa fonction.

Pour notre modèle, le type de maillage utilisé est tétraédrique vue sa grande flexibilité pour
mailler les géométries complexes. Aussi le type d’éléments est C3D10, c’est-à-dire 10 nœuds
tétraèdre quadratique.

Figure 20: Maillage du modèle

Samia NOUIRA 28
Tableau 8 : Résumé sur les types et le nombre d'éléments de maillage

Composant Type de Type d’élément Nombre d’éléments


maillage
Fémur Tétraédrique C3D10 6520

Tibia Tétraédrique C3D10 6400

Fibula Tétraédrique C3D10 5132

Cartilage fémoral médial Tétraédrique C3D10 7857

Cartilage fémoral latéral Tétraédrique C3D10 12720

Cartilage tibial médial Tétraédrique C3D10 4080

Cartilage tibial latéral Tétraédrique C3D10 5567

Le model complet 48 276

3. Les propriétés mécaniques des matériaux adoptées


La création des sections et leurs affections pour chaque composant est une étape assez
critique et importante. En effet, la définition des propriétés mécaniques du matériau reflète le
comportement de modèle et la solution finale d’analyse.

En se basant sur des études antérieures concernant le comportement mécanique du genou,


l’os est considéré toujours plus rigide de tissus cartilagineux donc son module d’Young est
plus élevé. Or notre étude met en valeur le comportement biomécanique des tissus
cartilagineux, alors nous avons négligé la différence entre l’os spongieux et celui cortical.
Plusieurs études considèrent l’os comme un matériau de rigidité infinie, mais pour notre cas,
le tibia, le fémur et le péroné sont des matériaux linéaires élastiques et isotropes, leur module
d’Young égale à 8Gpa et leur coefficient de poisson égale à 0.3. En outre, tout tissu
cartilagineux dans cette étude est considéré aussi comme un matériau élastique, linéaire et
isotrope de module d’Young 5Mpa et de coefficient de poisson égal à 0.46. La définition des
propriétés mécaniques des ligaments est un peu sensible puisque ces derniers ont un
comportement viscoélastique donc leurs propriétés varient au cours de temps ce qui nécessite
une implantation d’une loi de comportement sur Abaqus.

Samia NOUIRA 29
Donc nous étions obligés de les éliminer et les remplacer par des conditions aux limites.
Les hypothèses admises ont pour but de simplifier le travail.

Tableau 9 : Les propriétés mécaniques utilisées

Composant Module d’Young Coefficient de Densité (Kg/m³)


(Mpa) poisson

Os 8000 0.3 1600

Cartilages 5 0.46 1000

4. Solution numérique
Abaqus est un outil souvent utilisé dans les bureaux d’études et les laboratoires de
recherches, il est reconnu par ses bonnes performances dans l’obtention approximative des
solutions de simulation. Dans notre cas, nous travaillons en statique et tous les composants de
l’articulation du genou sont considérés comme des matériaux élastiques isotropes et linéaires,
la loi de Hooke en sera adoptée afin d’analyser et calculer toutes les contraintes existantes.

La modélisation du comportement du genou demande certainement la définition des


interfaces de contact, les interactions et les contraintes entre le fémur, le tibia, le fibula et les
cartilages. En effet, deux interactions sont modélisées entre les cartilages tibiaux et les
cartilages fémoraux, caractérisés par un model ‘’ hard contact’’. Ce model minimise la
pénétration des nœuds aux déplacements de contraintes de la part de deux surfaces esclaves
(slave) et maîtres (master), et il ne permet pas le transfert des contraintes de traction à travers
l’interface de contact. La méthode d’application de contraintes choisie pour cette propriété est
‘’Augmented Lagrange ‘’. Il s’agit d’un algorithme qui utilise la même méthode de pénalité et
augmente les itérations afin d’améliorer la précision de l’approximation.
En réalité, dans une articulation du genou saine, il n’existe pas un frottement remarquable
entre les cartilages grâce à la membrane synoviale qui assure la lubrification. Mais dans notre
cas, nous avons ajouté un effort tangentiel avec un faible coefficient de frottement égal à 0.03.
Cette hypothèse est adoptée pour remplacer les ligaments et garder la stabilité de genou au
cours de la simulation, par conséquent éviter le glissement de fémur sur le tibia.
Et dans l’étude de genu varum on n’a pas recouru à aucun coefficient de frottement.
Une contrainte de type ‘’Tie contact ‘’ a été identifiée entre le fémur et ses deux cartilages,
entre le tibia et ses cartilages, même entre le péroné et le tibia. Comme son nom l’indique,
cette contrainte lie deux surfaces (slave et master) formant une paire de contact pendant la
durée d’une simulation.

Samia NOUIRA 30
Dans notre projet, nous cherchons à chaque fois la distribution des contraintes sur les
cartilages suite à la pression repartie sur la partie distale de fémur et les parties proximales du
tibia et du fibula. La force appliquée est dû au poids corporel multipliée par la masse de
gravité. Elle sera par la suite appliquée dans le centre de ses surfaces qui sont assimilées à des
ellipses.
b Distale
fémur
a

Proximale tibia et
péroné

Figure 21: La forme elliptique des surfaces transversales du fémur, de tibia et de fibula

Cette force peut être par la suite représentée comme une force concentrée en un point ou
comme étant une pression.

Cette pression est calculée par la formule suivante.

𝐹 𝐹
𝑝= =4 (1)
𝑠 𝜋𝑎𝑏

Avec F est la force du poids corporel.

5. Scénarios des simulations


Le modèle géométrique obtenu a été utilisé pour simuler tous les scénarios, tout en
gardant le même maillage, les mêmes propriétés mécaniques des différents constituants.
Seules les conditions aux limites (BC) sont modifiées selon le cas d’étude. Notre projet
s’intéresse principalement au comportement des cartilages, ainsi nous avons gardé d’une part
le tiers inférieur du fémur (fig. 22) et d’une autre part la partie distale du tibia et de fibula,
pour diminuer le temps de calcul.

Samia NOUIRA 31
Figure 22 : Répartition de fémur [CHANZY.N]

Dans toutes les modélisations, les muscles de l’articulation du genou sont tous
négligés, car le travail que nous intéresse c’est celui de genou en état statique. La patella ou la
rotule est également négligée car nous travaillons en extension complète. Comme on a vu
précédemment cet os joue son rôle de stabilité au cours d’une extension ou d’une flexion. Les
ligaments sont remplacés par des conditions aux limites, bien qu’on les ait ajoutés parfois
pour voir leur comportement.
5.1 Premier scénario
Dans le premier cas de simulation, nous cherchons la distribution des contraintes au
niveau des cartilages tibiaux et fémoraux pour un genou sain, c’est-à-dire aucune anomalie ne
se présente. Cette distribution cherchée est le résultat de la force du poids corporel appliqué
sur le fémur.
En effet, pour ce scenario, une seule force axiale a été appliquée sur le fémur. Cette force a la
même valeur que celle adoptée par Zhgen en 2014 et Trad en 2016.Donc nous avons choisi
une personne de 74 Kg du poids, par la suite la force axiale totale appliquée au centre de
gravité du corps est Ftot= P*g = 74*9.8 = 725.2 N. Vue que la personne, objet de notre étude,
est en station debout donc la force va être équirépartie entre les deux genoux. Elle deviendra
F = Ftot/2= 725.2/2 = 362.6N. Comme assimilée précédemment, la surface transversale du
fémur est une ellipse dont les paramètres sont les mêmes pour les trois modèles ; a≈27 mm et
b ≈ 23 mm. Ainsi la pression repartie sur cette surface est d’après (1) :
𝐹 𝐹 362.6
𝑝= =4 =4∗ = 0.74 𝑁/𝑚𝑚²
𝑠 𝜋𝑎𝐵 𝜋 ∗ 23 ∗ 27
Concernant les conditions aux limites, nous avons encastré la partie distale du tibia et aussi la
partie distale du péroné. Tandis que le fémur a comme condition sur ses cartilages, une seule
liberté de déplacement sur son axe vertical (l’axe y).

Samia NOUIRA 32
Encastrement des
surfaces distales du
tibia et de fibula

Figure 23: Les conditions aux limites du premier scenario

5.2 Deuxième scénario


Au niveau de cette étude, nous nous sommes intéressés par l’effet de la force du poids
corporel ainsi que la variation d’angle d’inclinaison du genu varum sur la répartition des
contraintes sur les cartilages fémoraux et tibiaux. Durant notre travail, nous nous intéressons
par l’anomalie sur le plan frontal, plus précisément un genu varum. Du coup, cinq poids allant
de 50Kg à 148 Kg et deux angles d’inclinaisons α : 0 à 12° sont adoptés dans cette partie.
La conception du genu varum est obtenue sur SOLIDWORKS en utilisant le modèle sain. En
effet, nous avons créé une flexion géométrique de tibia et de fibula de l’angle désirée et nous
exportons par la suite le tibia déformé sur Meshmixer et puis sur Geomagic Design X.

Figure 24 : Conception du tibia d'un genu varum

Samia NOUIRA 33
Par la suite, la force sera appliquée au centre de la surface distale du tibia. L’angle de
déviation est entre l’axe mécanique de fémur et l’axe mécanique de tibia. Ainsi la force dans
ce cas est inclinée et elle se repartie en deux composantes suivant les relations présentées ci-
dessous.
 Projection sur l’axe ox, la force du poids F est :
𝐹𝑚 𝑥 = 𝐹 ∗ sin 𝛼𝑛
 Projection sur l’axe oy, la force du poids F est :
𝐹𝑚 𝑥 = 𝐹 ∗ cos 𝛼𝑛
Avec n= {1,2} et m = {1,2,3,4,5}
Ainsi pour chaque angle nous varions les forces pour voir l’influence du poids sur le genu
varum.
Un tableau ci-après résume les différents cas de simulations.

Tableau 10: Les différentes valeurs des forces pour chaque angle

α (°) 0 12
F(N)

250 F1(x) 0 51.97

F1(y) 250 244.53

370 F2(x) 0 76.92

F2(y) 370 361.91

400 F3(x) 0 83.16

F3(y) 400 391.2

500 F4(x) 0 103.95

F4(y) 500 489

740 F5(x) 0 153.8

F5(y) 740 723.8

Samia NOUIRA 34
Nous avons adopté comme conditions aux limites durant ce travail :
- Un encastrement de la surface transversale du fémur de tout degré de liberté.
- Les deux surfaces transversales de péroné et du tibia ont combinées
- Une force du poids est appliquée en un seul poids de ces surfaces couplées.

Encastrement de la surface
transversale du fémur

Couplage des surfaces


transversales du tibia et de fibula

Force du poids corporel

Figure 25 : les conditions aux limites adoptées pour le 2éme scénario

5.3 Troisième scénario


Au niveau de cette étape de notre travail, nous réalisons la technique de l’Ostéotomie
Tibiale de Valgisation (OTV) tout en adoptant deux valeurs d’angles de valgisation λ.
Au cours de ce travail, nous adoptons un seul cas d’un genu varum avec un angle de
déformation α égale à 12° pour une personne de 74 Kg. Ce scénario nous aide à déterminer
l’effet de cette opération sur la distribution des contraintes au niveau des cartilages tibiaux et
fémoraux. Par la suite, nous pouvons comparer les contraintes de Von Mises trouvées pour un
genou sain, un genu varum et un genou après OTV.
Dans ce cas, nous allons aussi comparer l’effet de l’hypercorrection sur le comportement tout
en variant l’angle de valgisation.

Samia NOUIRA 35
La technique de l’OTV choisie est celle des ostéotomies latérales de soustraction. En effet,
cette procédure chirurgicale contient une fermeture latérale par une lame externe après
soustraction d’une partie du tibia et de péroné.
Dans notre cas, nous n’introduisons pas la lame et nous considérons que l’opération est
effectuée avant des semaines et que nous avons obtenu la consolidation des os.

Figure 26 : Ostéotomie latérale de soustraction avec lame -plaque en col de cygne


[http://chirurgie-orthopedique-agen.fr]

Durant notre travail un seul angle d’hypercorrection est choisi 3° dans le but de voir la
différence entre la correction avec un angle de valgisation égale à celui de déformation et un
angle avec une hypercorrection.

Angle de
angle d'inclinaison
Hypercorrection valgisation
α
λ
0° 12°
12°
3° 15°

Figure 27 : Les angles de valgisation à modéliser

Par la suite, nous modélisons le genou après l’opération de l’OTV pour les deux angles. Nous
avons utilisé alors le modèle avec anomalie crée précédemment. En se référant de la
littérature, nous créons un trait de l’ostéotomie distant de 12.5mm de l’interligne tibiale et
faisant un angle de valgisation λ (Fig28.). Une fois le prélèvement est effectué, nous faisons la
fermeture de l’ostéotomie de deux parties du tibia.

Samia NOUIRA 36
Figure 28 : La géométrie avant et après OTV sans hypercorrection

Une fois les modèles géométriques sont prêts, nous les exportons vers Abaqus afin d’étudier
numériquement la répartition des contraintes de Von Mises sur les cartilages tibiaux et
fémoraux pour chaque cas et chaque scenario.
Et nous entamons alors l’étude par la méthode des éléments finis. Les conditions aux limites
sont les mêmes de deuxième scenario.
Étant donné que nous avons supposé que la période de consolidation après chirurgie est
acquise et que la plaque est enlevée, alors au niveau de la fermeture de l’ostéotomie nous
avons défini un contact complet « Tie contact » entre les deux surfaces de l’angle de
valgisation.
Dans ce cas de modélisation de l’effet de l’Ostéotomie Tibiale de Valgisation, nous avons
décidé d’appliquer une seule valeur du poids corporel égale à 74 Kg pour les deux différents
angles de valgisation λ : 12° et 15°. Cette force sera appliquée au centre des surfaces distales
du tibia et de péroné qui seront couplées. Les propriétés mécaniques ainsi que le type et la
taille de maillage seront les mêmes pour les différentes simulations.

Samia NOUIRA 37
Préparation de l’angle de valgisation λ Enlèvement de la partie osseuse
sur un genu varum sur SolidWorks

Obtention d’un genou après fermeture de Le maillage du modèle complet


l’ostéotomie sans hypercorrection sur Abaqus

Figure 29: Les différentes étapes de l'OTV

Samia NOUIRA 38
Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons évoqué le processus de travail pour obtenir un modèle
3D du genou à partir des images IRM (DICOM). De ce fait, nous avons utilisé un processus
basé sur différents logiciels pour obtenir un modèle d’un genou sain proche d’un genou réel.
Par la suite une description est portée sur le maillage, les paramètres mécaniques des
structures osseuses et cartilagineuses. De plus dans cette partie, nous avons détaillés les
différents scénarios des simulations à utiliser pour l’étude de la distribution des contraintes.
En outre, nous avons définis la méthode utilisée pour obtenir un genu varum à partir du
modèle sain. A la fin de ce chapitre, nous avons décrit les différentes étapes de l’opération de
correction ; l’Ostéotomie Tibiale de Valgisation par fermeture externe. Une présentation des
résultats des simulations et leurs analyses sera présentée dans le chapitre suivant.

Samia NOUIRA 39
Chapitre 3 : Résultats et discussions

Introduction
Ce chapitre présente les résultats de l’analyse par éléments finis de la répartition des
contraintes au niveau des cartilages de genou.

L’approche par éléments finis a été utilisé afin d’obtenir la répartition des contraintes
sur les cartilages articulaires du genou. Dans cette partie, nous avons obtenu, en premier lieu,
les contraintes de Von-Mises sur les cartilages d’un genou sain soumis à une force du poids
corporel et nous avons comparé nos résultats avec ceux trouvés dans la littérature dans le but
de valider notre modèle. En second lieu, nous avons cherché à déterminer les contraintes pour
un genu varum, dans cette perspective, nous avons varié les angles d’inclinaison ainsi que les
poids corporels. A la fin, nous avons fait la correction de l’ostéotomie tibiale de valgisation et
nous avons étudié par la suite l’effet de cette correction sur les contraintes de Von Mises.

1. Validation du modèle de genou sain


Plusieurs recherches, dans la revue de littérature, ont étudié par MEF la pression de contact
d’une charge axiale (charge du poids corporel) sur le tissu cartilagineux de l’articulation.
Dans notre cas une force du poids (personne de 74Kg) est appliquée pour déterminer les
contraintes résultantes. Tout d’abord avant d’entamer l’analyse des résultats obtenus par les
simulations, on note que nous nous intéressons aux contraintes de Von Mises apparues sur les
parties médiales et latérales de cartilages.

Après la conception du modèle sur SolidWorks, nous l’exportons sur Abaqus pour étudier
son comportement par la méthode des éléments finis. Le format du fichier à exporter est step.
Dans ce cas Abaqus n’arrive pas à déterminer le type de certaines pièces, à l’aide d’une
fonction sur Abaqus nous arrivons à les définir comme étant des pièces solides. En plus, les
surfaces de ces pièces sont divisées en un nombre des petites surfaces, nous les combinons
pour avoir une surface lisse. Nous définissons par la suite les relations entre les différents
composants de l’assemblage et leurs comportements mécaniques. Dans ce temps de travail,
nous utilisons les conditions aux limites indiquées dans le premier scenario. Les résultats de la
simulation numérique sont présentés ci-après.

Samia NOUIRA 40
Figure 30: Les résultats de la distribution des contraintes pour un genou sain

Samia NOUIRA 41
La distribution des charges dans l’articulation est proche des résultats des anciennes études
par MEF comme Zheng 2014 et Trad en 2016. Ainsi pour une personne de 74 Kg, en station
de debout, nous remarquons une distribution asymétrique des contraintes de Von Mises. Cette
répartition est à cause de la différence entre l’anatomie du compartiment latéral et médial du
genou. Nos résultats sont très proches surtout à ceux trouvés par Trad et al. (2016). Les
conditions dans lesquelles ils ont travaillé sont pareilles aux nôtres (personne de 74 du poids).

Figure 31: Une référence des résultats de répartition de contraintes (Trad et al.)

Dans notre cas, les cartilages fémoraux latéraux et médiaux supportent respectivement 1Mpa
et 0.839Mpa. Par contre les cartilages tibiaux médiaux et latéraux supportent respectivement
0.923Mpa et 0.669Mpa. Ces résultats sont légèrement différents à ceux obtenus par l’étude de
Zheng (Zheng 2014). Cet écart est dû d’une part à la différence de géométrie comme la
précision des différents constituants du genou issus d’un scanner. Et d’une autre part, la
présence des ménisques dans leur modèle. En effet, l’étude de Zheng présente au niveau du
cartilage fémoral une contrainte égale à 1.88Mpa et 3.06Mpa au niveau des cartilages tibiaux.

Samia NOUIRA 42
En outre, les résultats de notre travail s’approchent du cas réel. D’après les résultats de la
figure Fig.32 nous remarquons que la partie médiale de cartilage fémoral est plus vulnérable à
l’endommagement que celle latérale.

Figure 32: Cas réel d'un cartilage fémoral endommagé [ DR.Rouxel.Y]

2. Distribution des contraintes sur les cartilages d’un genu varum d’angle 12°
Au cours de cette partie, nous nous sommes intéressés par un tibia en flexion. En premier
lieu, nous appliquons la même force du poids corporel précédente, c’est-à-dire 370N pour une
personne de 74Kg. Donc les conditions aux limites de deuxième scénario sont utilisées. Cette
partie nous donne une idée sur la distribution des contraintes sur les cartilages tibiaux et
fémoraux pour un genou en anomalie angulaire.

Les figures ci-après illustrent bien les résultats des contraintes de Von Mises obtenus pour ce
cas.

Samia NOUIRA 43
Figure 33: La distribution des contraintes pour un genu varum avec α=12°

Samia NOUIRA 44
Le résultat de cette simulation montre que, dans le cas où nous avons une anomalie au
niveau de genou et pour le même poids, nous obtenons une augmentation des contraintes.
Donc pour un genou sain nous avons trouvé 5.656 Mpa par contre dans le cas du genu varum
avec un angle d’inclinaison 12°, nous avons trouvé 8.687 Mpa. Cela signifie l’effet de cette
anomalie sur la répartition des contraintes sur les cartilages surtout la partie médiale. Par la
suite, on peut affirmer que les genu varum sont assez vulnérables à l’arthrose.

3. L’effet du poids corporel sur les cartilages articulaires


Au cours de ces simulations, nous adoptons tous les conditions aux limites de deuxième
scénario. Ainsi pour chaque angle d’inclinaison, nous varions le poids afin de simuler son
effet sur la distribution des contraintes pour les genoux en anomalie et pour un genou sain.
Pour bien simuler cet effet, nous intéressons à la fois par la présentation des contraintes de
Von Mises ainsi que la pression de contact entre les cartilages tibiaux et fémoraux. Tous les
résultats obtenus seront illustrés sur les courbes ci-dessous.

Les contraintes de VonMises dans l'articulation


18
contrainte de VonMIses (Mpa)

16
14
12
10
8
6
4
2
0
250 350 450 550 650 750

Force du poids (N)

α=12° α=0°

Figure 34:Effet de variation du poids corporel sur les contraintes au niveau de l'articulation synoviale

Samia NOUIRA 45
La pression de contact entre les cartilages
2,5

Pression de contact(Mpa)
2
1,5
1
0,5
0
250 350 450 550 650 750

Force du poids (N)

α=12° α=0°

Figure 35: Effet de la force du poids sur la pression de contact entre les cartilages

Cartilage tibial latéral Cartilage tibial médial


2 3,5
contrainte de VonMises(Mpa)
Les contraintes de VonMises(Mpa)

3
1,5 2,5
2
1
1,5
0,5 1
0,5
0 0
250 350 450 550 650 750 250 350 450 550 650 750

Force du poids (N) Force du poids (N)

α=0° α=12° α=0° α=12°

Figure 36: Effet de la force du poids sur les cartilages tibiaux pour un genou sain et un genu varum

Carilage fémoral médial Cartilage fémoral latéral


2,5 2
contraintes de VonMises(Mpa)

contrainte de VonMises(Mpa)

2
1,5
1,5
1
1
0,5
0,5

0 0
250 350 450 550 650 750 250 350 450 550 650 750

Force du poids(N) Force du poids (N)

α=0° α=12° α=0° α=12°

Figure 37: L'effet du poids sur les cartilages fémoraux pour un genou sain et un genu varum

Samia NOUIRA 46
Les résultats obtenus montrent que, pour les deux valeurs d’angle d’inclinaison α = 0°
et α=12°, les pressions de contact et les contraintes au niveau du genou augmentent avec
l’augmentation du poids corporel. Dans le cas du genu varum 12°, et pour une force de 250N
à 740N, les contraintes dans l’articulation augmentent de 6.017Mpa à 17. 04Mpa. De plus, la
pression du contact entre les cartilages s’élève de 1.009Mpa jusqu’à 2.116Mpa. En détaillant
l’augmentation de cette pression, nous trouvons une augmentation de 0.66Mpa à 1.358Mpa
dans le cartilage tibial latéral, de 1.1Mpa à 2.97Mpa dans le cartilage tibial médial, de
1.04Mpa à 2.116Mpa dans le cartilage fémoral médial et de 0.799Mpa à 1.501Mpa dans le
cartilage fémoral latéral. Ces valeurs affirment, que le cartilage est très vulnérable à
l’endommagement en augmentant le poids.

Les mêmes variations sont aussi observées pour le cas d’un genou sain (α=0°). Donc
une augmentation du poids augmente la charge supportée par le membre locomoteur, et par la
suite une augmentation des pressions de contact et des contraintes dans les cartilages de
l’articulation.
Un surpoids ou une obésité est un facteur qui favorise indispensablement l’usure des
cartilages et par conséquence résulte la progression de l’arthrose. D’une façon générale,
l’arthrose touche les personnes de plus de 40 ans, mais dans le cas d’une obésité cette
anomalie dégénérative frappe même les jeunes âgés.
4. L’effet de l’angle fémoro-tibiale sur les cartilages
Les résultats précédents, nous aident à étudier davantage l’effet de l’angle fémoro-tibiale
sur la distribution des contraintes sur les cartilages. A travers les courbes observées, il est clair
que pour un angle d’inclinaison du genu varum qui augmente de 0° à 12°, le compartiment
médial de l’articulation endure des contraintes de Von Mises plus élevées que le
compartiment latéral. Cette augmentation est observée quel que soit la force du poids
corporel.

La figure 38 montre bien que distribution des contraintes de von Mises, est proportionnelle
non seulement à la variation de la force corporel mais également à l’état de cette articulation.
Pour bien simuler cet effet sur le cas sain et le cas d’un genu varum, nous avons fixé les
limites maximales et minimales de ses contraintes pour les deux modèles. Du coup les deux
différents modèles sont comparables. Les répartitions des couleurs clarifient la distribution
des contraintes sur les surfaces articulaires. En effet, la couleur bleue indique la concentration
des faibles contraintes et les zones en rouge indiquent les fortes contraintes.

Samia NOUIRA 47
La figure ci-après affirme alors l’effet du poids sur l’endommagement des cartilages
articulaires. De plus, cet endommagement est assez visible au niveau de la partie médiale du
cartilage fémoral ainsi que du tibiale. L’anomalie angulaire est une cause dangereuse de
l’arthrose.

Dans le cas du genu varum, une déviation de l’axe mécanique de la jambe vers
l’intérieur est provoquée. Pour ce fait, les chevilles se touchent aisément et les genoux
s’éloignent l’un de l’autre. Cette géométrie anormale provoque l’usure de la partie interne du
genou donc les cartilages se dégradent progressivement. En augmentant l’angle d’inclinaison,
la zone touchée devient de plus en plus sollicitée et se dégrade encore par contre la partie
normale du genou c’est-à-dire la zone latérale devient moins utilisé.

0° 12°

Les
cartilages
articulaires

Figure 38: Résultats de l'analyse par EF des contraintes dans l'articulation du genou pour une force
corporel F égale à 740N

Samia NOUIRA 48
5. L’effet de l’opération de l’ostéotomie tibiale de valgisation (OTV) sur un genu
varum de 12°
Durant cette partie, nous travaillons avec les conditions déjà notées dans le troisième
scénario.
Afin d’étudier l’effet de correction par OTV pour un genu varum d’un angle d’inclinaison
12°, nous avons besoin de comparer les résultats des contraintes d’un genou sain, un genu
varum et à la fin un genou après OTV. Lors de cette comparaison, nous définissons les mêmes
limites d’intervalle des contraintes pour les trois modèles sur Abaqus.

Samia NOUIRA 49
Figure 39 : Répartition des contraintes après OTV

Les résultats de cette étude montrent que pour cette correction, la contrainte de Von
Mises dans le point le plus chargé au niveau des cartilages médiaux diminue contrairement
aux latéraux qui augmentent lors de la déviation de l’axe fémoro-tibiale.
Donc nous trouvons après OTV une diminution de presque 60% de cette contrainte tout en la
comparant avec un genu varum dont son axe mécanique est en déviation de 12°.

Samia NOUIRA 50
Genou sain Genu varum (12°) Genou après OTV Contraintes maximales
avant OTV (correction 0°) (Mpa)

Cartilage tibial médial

Cartilage tibial latéral

Figure 40 : Distribution des contraintes dans les cartilages tibiaux pour un modèle du genou sain, genu
varum et après opération

L’ostéotomie tibiale de valgisation a pour but de transférer les contraintes dans la partie
médiale vers les compartiments médiaux afin de diminuer les douleurs, ralentir ou même
freiner la progression de l’arthrose et par conséquence éviter l’implantation de la prothèse.
Cet effet est clair grâce aux résultats de la figure précédente (Fig40.).

Samia NOUIRA 51
Pour conclure, les résultats de notre étude dévoilent que les contraintes dans le compartiment
médial du genou diminuent lors de la déviation latérale de l’axe fémoro-tibial. De plus nos
résultats permettent de valider numériquement le principe de cette opération corrective.

6. Effet de l’hypercorrection sur le comportement des cartilages


Un autre résultat clé de ce travail a révélé qu’une répartition des contraintes plus au moins
équilibrée entre les deux compartiments était obtenue lorsque le tibia était coupé par 15°,
c’est-à-dire une hypercorrection de 3° pour un genu varum de 12°.Cette remarque pourrait
contribuer à la décision de choisir l'angle de correction optimal durant l’OTV. Cette
hypercorrection permet de redresser la déformation mécanique de l'axe du membre inférieur
et ramener le genou à son état normal. D’un côté biologique, cette hypercorrection est logique
vue la complexité dynamique de la régénération osseuse. D’ailleurs au cours de ce
phénomène, plusieurs facteurs s’interviennent ; l’âge, la nutrition…. Donc le patient peut
avoir un mal achèvement d’une des quatre phases. Pour cette raison, les biomécaniciens
recourent à une hypercorrection.

Tableau 11: Comparaison de la contrainte de von Mises dans deux points précis sur les cartilages
articulaires

Cartilage tibial Cartilage tibial Cartilage Cartilage


médial latéral fémoral médial fémoral latéral

Genou sain 2.095 0.858 1.130 1.008

Genu varum 3.253 0.533 1.717 0.498


α=12°

Genou après 2.191 0.6683 1.370 0.649


OTV(λ=12°)

Genou après 2.183 0.6658 1.406 0.528


OTV (λ=15°)

Samia NOUIRA 52
Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons présenté les résultats de simulations des modèles
éléments finis de l’articulation du membre inferieur. Nous avons réalisé dans cette partie
plusieurs essais et plusieurs scenarios afin d’étudier la répartition des contraintes de Von
Mises et sa variation en fonction de la force corporelle exécrée, l’angle d’inclinaison (genu
varum) et l’angle de valgisation de l’opération de l’ostéotomie tibial par fermeture externe.
Les résultats illustrent l’effet de ces paramètres sur la progression de l’anomalie dégénérative
des cartilages articulaires ; l’arthrose. Grâce aux différentes simulations, nous avons pu alors
identifier les contraintes sur les cartilages d’un genou sain. Puis nous avons pu définir
l’augmentation des contraintes tout en augmentant la force du poids pour un genou sain ainsi
que pour un genu varum. De plus nous avons comparé les contraintes cumulées au niveau des
cartilages après OTV. Les valeurs trouvées sont corrélées avec la réalité, de plus nous avons
pu comparer nos résultats avec ceux trouvés dans la littérature. Donc notre travail est validé.

Samia NOUIRA 53
CONCLUSION GENERALE

L’objectif de notre présent projet était la réalisation d’un modèle du genou sain assez
proche de la réalité et l’étude de son comportement mécanique suite à une application de la
force corporelle. Ce modèle servi par la suite comme une référence pour évaluer le
comportement mécanique des genoux en anomalies ou de plus nous permet d’étudier l’effet
du poids corporel et l’angle fémoro-tibial sur la répartition des contraintes au niveau des
cartilages de cette articulation. Ce modèle nous aide en particulier d’étudier l’effet de la
correction par l’Ostéotomie Tibiale de Valgisation (OTV) sur la redistribution des contraintes.

Nous avons commencé par une étude bibliographique, qui englobe des rappels de l’histologie
de l’os et la description du tissu osseux et son remodelage. De plus un rappel de l’anatomie du
membre inférieur du corps humain et en particulier la grande articulation synoviale, le genou.
Ces rappels comportent des parties descriptives des différents composants de cette articulation
ainsi que leurs propriétés mécaniques et les différents comportements mécaniques dans la
littérature. Ensuite, nous avons défini les pathologies qui peuvent toucher le genou et leurs
différents traitements, dans cette partie, nous nous sommes intéressés d’une part de la
déformation angulaire sur le plan frontal (les genu varum et valgum) et d’une autre part par
l’opération de l’Ostéotomie Tibiale de valgisation (OTV) pour la correction de cette anomalie.

Afin d’étudier le comportement de cette articulation, nous étions obligés, dans le deuxième
chapitre, d’avoir un modèle du genou pour achever les buts de notre projet. Par la suite, nous
avons réussi après différentes tentatives et difficultés à concevoir un modèle géométrique qui
s’approche de la réalité en utilisant des fichiers de scanner et des logiciels de segmentation
des images DICOM. Nous avons suivi un processus qui permet de transformer les fichiers
surfaciques, issus des images IRM, en des corps volumiques et les introduire directement dans
le logiciel Abaqus. En utilisant ce dernier, nous avons eu la possibilité d’étudier la réponse du
genou lorsqu’il est soumis à un chargement mécanique qui simule le poids d’un être humain.
Par la suite un modèle élément finis du genou a été développé. Sur Abaqus, les différents
constituants de l’articulation ont été considérés comme étant des matériaux linéaires,
élastiques et isotropes. Plusieurs scénarios ont été défini afin de simuler le comportement du
genou et de comparer les différents états (genou sain, genu varum et un genu varum après
OTV).

Samia NOUIRA 54
Cinq forces allant de 250 N à 740N et deux angles d’inclinaisons 0° et 12° ont été utilisés
pour étudier leurs effets sur la distribution des contraintes au niveau des cartilages articulaires.
Les biomécaniciens recourent dans leurs études à une hypercorrection dans l’OTV pour
diminuer encore les douleurs nées par l’arthrose. Dans cette optique un seul angle
d’hypercorrection de 3° a été utilisé pour voir son effet sur la distribution des contraintes de
Von Mises.

En se basant sur les anciennes études, qui ont analysé le comportement du genou sain en
extension complète, nous avons réussi, dans la première partie de troisième chapitre, à
validernos résultats numériques extraits des simulations. Ainsi cette validation nous a permis
de conclure que nous avons trouvé un modèle du genou sain proche de la réalité. Pour l’étude
des genoux pathologiques, les résultats obtenus ont montré que les contraintes de Von Mises
et les contacts de pression augmentent dans les cartilages tibiaux et fémoraux médiaux et
diminuent dans les cartilages latéraux tout en augmentant la force du poids corporel ainsi que
l’angle d’inclinaison (de l’état sain à l’état varum). Par la suite, les résultats d’autres
simulations ont montré que les contraintes de Von Mises subissent une diminution
médialement et une augmentation latéralement lors de la déviation latérale de l’axe
mécanique. La dernière partie de ce chapitre dévoile que l’hypercorrection de 3° réduit la
concentration des contraintes au niveau de compartiment médial tout en la comparant avec
une correction égale à l’angle d’inclinaison. En comparant nos résultats avec celles trouvées
dans la littérature, nous pouvons affirmer que les résultats de nos études sont bien corrélés aux
donnés dans la littérature.

Toutefois et malgré ces favorables résultats, plusieurs améliorations doivent être


apportées pour obtenir un modèle plus fiable et réaliste. Les différents types des muscles de
l’articulation négligés pourront être ajouté afin d’étudier leurs effets sur le comportement du
genou. En plus, le fait de prendre en considération les ménisques affectent certainement les
valeurs de contraintes dans les cartilages puisqu’ils jouent les rôles des amortisseurs et des
coussinets qui facilitent le glissement entre le fémur et le tibia grâce à la sécrétion du liquide
articulaire pour la lubrification du genou. En outre, prendre en considération tous les
ligaments et l’attribution de leurs propriétés mécaniques non linéaires et viscoélastiques,
présente un autre facteur d’amélioration de cette étude.

Samia NOUIRA 55
Malgré ces limites et la nécessité des améliorations, ce travail nous ouvre plusieurs
perspectives. Il peut servir à :

o Déterminer l’angle d’hypercorrection optimal pour chaque patient.


o Développer une procédure technique utile pour spécifier pour chaque patient la
planification préopératoire de l’OTV.
o Analyser la régénération osseuse.

Samia NOUIRA 56
BIBLIOGRAPHIE
[1] TRIAA H.,2008, Anatomie Humaine, Tome 2, membre pelvien. Première édition,
ADAM,Tunisie. Cours médecine. Faculté de médecine de Monastir.

[2] Nathalie B., Argatu D.,2013, Radiologie Imagerie, deuxième édition, med-LINE
Radiologie editions.

[3] Bargaoui N., Maladies de l’appareil Locomoteur, Rhumatologie 2017-2018,


Facultéde médecine de Monastir, niveau 4éme année médecine.

[4] Bayraktar, H.H. et al., 2004. Comparison of the elastic and yield properties of
human femoral trabecular and cortical bone tissue. Journal of biomechanics, 37(1), pp.27–35

[5] Carter, D.R. & Wong, M., 2003. Modelling cartilage mechanobiology. Philosophical
Transactions of the Royal Society of London B : Biological Sciences, 358(1437), pp.1461–147.
[6]Trad,Z. et al., 2016. Analyse tridimensionnelle par éléments finis des contraintes
appliquées dans le genou humain : problème de destruction.

[7] Guess, T.M. et al., 2010. A subject specific multibody model of the knee with
menisci. Medical engineering & physics, 32(5), pp.505–515.

[8]Izaham, R.M.A.R. et al., 2012. Finite element analysis of Puddu and Tomofix plate
fixation for open wedge high tibial osteotomy. Injury, 43(6), pp.898–902.

[9] Khammar, L. et al., 2014.Modelisation du mouvement du corps humain par la


méthode des éléments finis.

[10] Kempson, G.E., 1979. Mechanical properties of articular cartilage,Freeman MAR,


Adult articular cartilage, Kent. Pitmanmedical, pp.313–414.

[11] Subit.D. et al. 2005. Modelisation de la liaison Os-ligament dans l’articulation du


genou.
[12] Reilly, D.T., Burstein, A.H. & Frankel, V.H., 1974. The elastic modulus for bone.
Journal of biomechanics, 7(3), pp.271–275.

Samia NOUIRA 57
[13] Setton, L.A., Zhu, W. & Mow, V.C., 1993. The biphasic poroviscoelastic
behavior of articular cartilage: role of the surface zone in governing the compressive
behavior. Journal of biomechanics, 26(4), pp.581–592.

[14]DeFrate,LE ;Li,G ; 2007, The prediction of the stress-strain behaviour of


ligaments and tendons, The 51st Annual meeting of Orthopaedic Research Society.

[15] Zheng, K., 2014. The Effect of High Tibial Osteotomy Correction Angle on
Cartilage and Meniscus Loading Using Finite Element Analysis.
[16] Hayot,C., et al., 2010, Analyse biomécanique 3D de la marche
humaine :Comparaison des modèles mécaniques.
[17] Pierrat, B., et al., 2013. Caractérisation et modélisation des actions mécaniques
des orthèses du genou.
[18] M.Schumke,E.Shulte , U.Schumacher, traduit en francais par
J.M.Chevvallier.4éme edition ,2016.DeBoecksupérieur,Italie.
[19] Zysset, P.K. et al., 1999. Elastic modulus and hardness of cortical and trabecular
bone lamellae measured by nanoindentation in the human femur. Journal of biomechanics,
32(10), pp.1005–1012.
[20] Mahdia.Y. et al., 2014.Thèse : Etude Biomécanique de l’Articulation du Genou
Humain.
Caractérisation Mécanique et Modélisation de l’Ecoulement du Fluide
Synovial en Ecrasement lors d’un Cycle de Marche

[21] Clément. et al., 2015.Article:3D kinematic of healthy and osteoarthritic knee


during squat with multi-body optimisation performance of subject-specific joint.

[22] J.-N. RAVEY et al. (2014). ThéseMRIof menisco-ligamentous injuries of the


knee,

[23] Cours histologie générale du module Locomotion. Faculté de médecine de


monastir. Pr.LACHKAR H.

Samia NOUIRA 58

Vous aimerez peut-être aussi