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CHAP IV. Etude de l’adsorption physique et chimique


IV.1. Historique
Le phénomène d’adsorption, connu comme un phénomène de surface, a été
observé depuis le 18e siècle (rétention de gaz par le charbon de bois, rétention de la
matière colorante en solution par le noir animal).
Cependant, les recherches systématiques et la rationalisation de la théorie
d’adsorption n’ont pu être mises en place que durant le siècle dernier, entre autres,
par Polyani, Freundlich et J.W. Mc Bain en 1934. Brunauer et Mantel s’y sont
également intéressés dans les années 1940.
IV.2.1.Définition
L’adsorption est l’accumulation ou concentration à la surface d’un solide (ou liquide)
(adsorbant) soumis à une atmosphère gazeuse, d’ions ou molécules (adsorbat)
provenant de la phase vapeur et qui modifient les propriétés physiques et chimiques
de la surface solide.
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Ce phénomène physico-chimique, a été appelé " adsorption " du latin ad: sur et
sorber: absorber.
Les molécules de l’adsorbat peuvent se fixer à des positions d’équilibre bien définies
que l’on appelle " sites actifs " ou " centres actifs ", l’adsorption se déroule de façon
continue jusqu’à l’établissement d’un équilibre entre les molécules adsorbées et celles
en phase gazeuse ou liquide.
L’équilibre s’établit à une vitesse qui dépend de la température, de la pression et des
forces qui entrent en jeu entre l’adsorbat et l’adsorbant.

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IV.2.2. Mécanisme de l’adsorption
La connaissance de la cinétique de l’adsorption présente un intérêt pratique
considérable dans la mise en œuvre d’un adsorbant au cours d’une opération
industrielle. Elle permet de mettre en évidence les facteurs optimums pour
fabriquer ou améliorer un adsorbant conduisant à la cinétique la plus rapide
possible. Le processus dynamique de l’adsorption se divise en quatre étapes :
1- transport de l’adsorbat de la solution à la surface externe de l’adsorbant par diffusion
à travers la couche limite liquide ;
2- diffusion extra-granulaire de la matière: transfert massique interne par
diffusion dans les pores de la surface extérieure de l’adsorbant à la surface
interne de la structure poreuse ;
3- transfert intra-granulaire de la matière, transfert de la matière dans la structure
poreuse de la surface extérieure des grains vers les sites actifs;
4- adsorption de l’adsorbat sur les sites actifs sur la surface interne des pores.
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DIFFERENTES ETAPES DU PROCESSUS D’ADSORPTION
DANS UNE PARTICULE POREUSE

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IV.3. Caractéristiques des adsorbants
Tous les solides sur lesquels se produit une adsorption sont des corps poreux ou
pulvérulents, c’est-à-dire présentant une très grande surface par rapport à la masse,
celle-ci détermine la capacité d’adsorption qui à son tour permet d’évaluer la
qualité d’un adsorbant. De plus, il est nécessaire que cette capacité d’adsorption
soit accompagnée d’une cinétique assez rapide.
Un adsorbant présente une surface spécifique pouvant aller de 600 à 1500 m2/g.
Cette surface provient de la fragmentation intérieure et de la structure capillaire du
solide.
IV.4. Distribution de la taille des pores
Elle détermine la cinétique globale du processus d’adsorption, car elle renseigne
sur la facilité d’accès aux sites internes. Cet accès se faisant par un mécanisme de
diffusion.

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L’étude des la porosité des adsorbants naturels faite par V.T. BEKOR et NI
ZOLEYSKI limitèrent conventionnellement les rayons des pores aux valeurs
suivantes:
1) Les micropores: r ≈ 20 A°, ils constituent 95% de l’aire massique et leur surface
spécifique peut atteindre 600 à 1500 m2/g, c’est dans ceux-ci que se développe le
phénomène d’adsorption vraie.

2) Les mésopores: 20A°r1000 A°, leur aire massique varie entre 20 et 70 m2/g,
ils jouent un rôle dans la cinétique car ils donnent accès aux micropores.

3) Les macropores: r 1000 A°, leur faible aire moléculaire (0,5 – 2 m2/g) fait
qu’ils ne jouent pas un rôle important dans l’adsorption, mais servent de couloir
permettant le passage des molécules vers les micropores et les mésopores.

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IV.5. Différents types d’isothermes d’adsorption

Existence de deux types d’adsorption

Adsorption physique ou physisorption: les forces mises en jeu entre les espèces
adsorbées et la surface sont faibles de type Van Der Waals c’est un phénomène
réversible et la réaction est généralement exothermique.

 Adsorption chimique: il s’établit entre l’adsorbat et l’adsorbant de


véritables liaisons chimiques c’est un phénomène irréversible et la
réaction est endothermique.

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IV.6. Différents types d’adsorbants
Ils sont soit d’origine minérale telles que les argiles, magnésies, bauxites, alumines
et gels de silice, soit d’origine organique, tels que le noir animal, les charbons
végétaux et les résines synthétiques.
IV.6.1. Charbon actif
Disponible en poudre ou en grains. Le charbon actif est obtenu par pyrolyse de
charbons naturels (anthracite, tourbe) ou artificiels (bois de coco carbonisé). Après
traitement, la surface spécifique atteint 500 à 1000 m2/g avec des pores de diamètre
variant entre 10 et 60 A°, et des propriétés adsorbantes et catalytiques.
• Utilisation:
 décoloration des jus sucrés et des graisses végétales;
 purification des produits alimentaires, pharmaceutiques et de l’eau;
 protection contre les gaz et vapeurs toxiques;
 récuperation de solvants, etc. 9
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IV.6.2. Gel de silice
Il se présente sous la forme de grains durs et poreux avec une surface spécifique
allant de 600 à 800 m2/g, avec une taille de pores variant entre 20 et 50 A°, il est
obtenu à partir de la réaction de l’acide chlorhydrique sur du silicate de sodium.
• Utilisation:
 déshydratation des gaz et liquides;
fractionnement des hydrocarbures.

IV.6.3. Alumine activée


Elle présente une surface spécifique allant de 200 à 500 m2/g, avec une taille de
pores variant entre 20 et 140 A°, elle résulte du traitement thermique de l’oxyde
d’aluminium précipité ou de la bauxite.
• Utilisation: séchage des gaz et des liquides.

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IV.6.4. Argiles activées (terres décolorantes)
Elles sont obtenues par addition d’eau à certaines qualités d’argiles (bentonite,
kaolinite), puis incorporation à la pâte ainsi obtenue d’une certaine quantité d’acide
chlorhydrique. L’opération est suivie d’un lavage et séchage à des conditions
déterminées.
• Utilisation :
 décoloration et purification des huiles minérales et végétales.
IV.6.5. Tamis moléculaires
Du groupe des aminosilicates cristallins, les tamis moléculaires appartiennent à la
famille des minéraux connue sous le nom des Zéolithes. Leur structure cristalline
présente des tétraèdres de SiO4 et AlO4, reliés entre eux par la mise en commun
d’atomes d’oxygène. Le diamètre effectif des pores est de 3 à 5 A° pour les tamis
moléculaires de type A et 8 à 11 A ° pour le type X.
• Utilisation :
 séparation des molécules d’un mélange d’après leur taille et leur forme.
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Pour tracer les isothermes d’adsorption ou les modèles, on représente soit:
 x (quantité adsorbée: volume à TPN, masse, ou nombre de moles ) = f (P/P0)
avec P  P0
 x/m (quantité adsorbée par gramme d’adsorbant) = f (P/P0)
En phase liquide: x/m = f (C), C: concentration de l’adsorbat à l’équilibre.

Influence de la température
sur l’adsorption de l’éthylène
sur le charbon actif

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