Vous êtes sur la page 1sur 6

Département Sc.

Economiques et Gestion Année universitaire 2020 – 2021


Semestre 2 Toutes les sections
Algèbre linéaire
TD – Fiche 1

 
Exercice
 1  Montrer que les vecteurs :
1) (3, 0, −1), (−1, 7, 3) , (0, −2, 5) et (−1, 2, 4) ne sont pas linéairement indépendants dans R3 .
2) (2, 1), (−3, 0) et (−1, 1) forment une famille génératice de R2 .
3) (1, 3, 0), (−1, 4, 1) et (0, 2, −1) forment une base de R3 , et déterminer les composantes du vecteur
(4, −1, 0) dans cette base.

 
Exercice 2  Vérifier si les ensembles suivants sont des R−espaces vectoriels ou non. Si oui, en donner
une base puis calculer la dimension.

F = {(x, y) ∈ R2 ; 2x + y = 0}
G = {(x, y, z) ∈ R3 ; −x + y + 3z + 2 = 0}
H = {(x, y, z) ∈ R3 ; 5x − y + 3z = 0}

 
Exercice
 3  Soient u1 = (2, −1, 3), u2 = (1, 0, −2), w1 = (3, −2, 8) et w2 = (5, −1, −3) quatre vecteurs
de R3 . On note par F = Vect(u1 , u2 ) et G = Vect(w1 , w2 ).

1) Calculer la dimension de chacun des deux sous-espaces vectoriels F et G.


2) Calculer 2u1 − u2 et u1 + 3u2 .
3) En déduire que F = G.

 
 Soient l’ensemble défini par A = {(x, y, z) ∈ R /x − 3y + 2z = 0} et le sous-espace de R
Exercice 4 3 3

donné par B = Vect{(1, −1, −2), (3, −1, −3)}.
Répondre successivement aux questions suivantes :
1) Montrer que A est un sous espace vectoriel de R3 et calculer sa dimension.
2) Calculer la dimension de B.
3) Le vecteur (−7, 1, 5) appartient-il à l’espace B? Justifier.
4) Montrer que B ⊂ A et déduire que A = B.

 
Exercice
 5 
1) Calculer le rang du système de vecteurs {(−2, 4, −6), (1, −2, 3), (0, 3, −1)} et en déduire la dimension
du sous-espace de R3 engendré par ces trois vecteurs.
2) Même question pour la famille {(−1, 2, −3), (2, −4, 6), (1, −2, 3)}.
Algèbre - 2020-2021
CORRIGE – Fiche TD n◦ 1
 
Exercice 1 
1. On pose: P = {(3, 0, −1), (−1, 7, 3), (0, −2, 5), (−1, 2, 4)} ⊂ R3 . On a Card P = 4 > dim R3 = 3,
donc d’après le théorème fondamental, la famille P n’est pas libre.

2. L’idée : Comme on est dans R2 , si on arrive à montrer qu’une sous-famille est libre, elle sera
une base et par suite génératrice. On pourra ensuite conclure aisément.
Considérons la sous-famille {(2, 1), (−3, 0)}. Elle est libre puisque les deux vecteurs ne sont pas
colinéaires. (sinon on peut le justifier en écrivant : α(2, 1) + β(−3, 0) = (0, 0) et en en déduisant que
α = β = 0).
Comme de plus Card {(2, 1), (−3, 0)} = 2 = dim R2 , Cette sous-famille est une base de R2 d’après le
théorème fondamental.
Soit X ∈ R2 quelconque. Puisque la famille {(2, 1), (−3, 0)} est une base de R2 , il existe α, β ∈ R
tels que
X = α(2, 1) + β(−3, 0) = α(2, 1) + β(−3, 0) + 0(−1, 1)

Ceci prouve que tout vecteur X ∈ R2 s’écrit comme combinaison linéaire des vecteurs (2, 1), (−3, 0)
et (−1, 1). Par conséquent, ces trois vecteurs forment une famille génératice de R2 . (En fait, toute
sur-famille d’une famille génératrice est une famille génératrice)

3. Posons P = {(1, 3, 0), (−1, 4, 1), (0, 2, −1)}.


On a Card P = 3 = dim R3 . Donc d’après le théorème fondamental, pour que P soit une base de R3 ,
il suffit de montrer que P est une famille génératrice ou libre.
Montrons que P est une famille libre.

α1 (1, 3, 0) + α2 (−1, 4, 1) + α3 (0, 2, −1) = (0, 0, 0) ⇒ (α1 − α2 , 3α1 + 4α2 + 2α3 , α2 − α3 ) = (0, 0, 0)


 α1 − α2 = 0

⇒ 3α1 + 4α2 + 2α3 = 0



α2 − α3 = 0



 α1 = α2
⇒ 3α2 + 4α2 + 2α2 = 0



α3 = α2
⇒ α1 = α2 = α3 = 0

Donc P est une famille libre et par conséquent c’est une base de R3 .
Déterminons maintenant les composantes du vecteur X = (4, −1, 0) dans cette base. Il s’agit de calculer
α1 , α2 , α3 ∈ R tels que

(4, −1, 0) = α1 (1, 3, 0) + α2 (−1, 4, 1) + α3 (0, 2, −1)

Cette relation est équivalente à




α1 − α2 = 4

3α1 + 4α2 + 2α3 = −1



α2 − α3 = 0
Ce qui est équivalent à



 α1 = α2 + 4
3(α2 + 4) + 4α2 + 2α2 = −1



α3 = α2
On en déduit que


α1 = 23/9

α2 = −13/9



α3 = −13/9
Vérification:
23 13 13
(1, 3, 0) − (−1, 4, 1) − (0, 2, −1) = (4, −1, 0)
9 9 9

 
Exercice 2 
1. F = {(x, y) ∈ R2 ; 2x + y = 0}
Puisque F ⊂ R2 et R2 est un espace vectoriel sur R, pour vérifier si F est également un R-espace
vectoriel, il est équivalent de vérifier si F est un sous espace vectoriel de R2 .
On a 0R2 = (0, 0) ∈ F puisque 2 · 0 + 0 = 0.
De plus , on peut écrire

F = {(x, y) ∈ R2 ; y = −2x}
= {(x, −2x) ; x ∈ R}
= {x(1, −2) ; x ∈ R}
= Vect{(1, −2)}

Donc F est un sous espace vectoriel de R2 , engendré par le vecteur (1, −2) et par conséquent F est
lui-même un R-espace vectoriel.
Pour déterminer une base de F , on a déja une famille génératrice constituée d’une seul vecteur : P =
{(1, −2)}. Comme (1, −2) ̸= (0, 0), la famille P est libre et par conséquent elle constitue une base de F .
En conslusion, dim F = Card P = 1.
2. G = {(x, y, z) ∈ R3 ; −x + y + 3z + 2 = 0}?
Remarquons ici que 0R3 = (0, 0, 0) ̸∈ G puisque −0 + 0 + 3 · 0 + 2 = 2 ̸= 0. Donc G n’est pas un
R-espace vectoriel.
3. H = {(x, y, z) ∈ R3 ; 5x − y + 3z = 0}?
Puisque H ⊂ R2 et R3 est un espace vectoriel sur R, pour voir si H est aussi un R-espace vectoriel,
il est équivalent de vérifier si H est un sous espace vectoriel de R3 .
On a 0R3 = (0, 0, 0) ∈ H puisque 5 · 0 − 0 + 3 · 0 = 0.
De plus , on peut écrire :

H = {(x, y, z) ∈ R3 ; y = 5x + 3z}
= {(x, 5x + 3z, z) ; x, z ∈ R}
= {x(1, 5, 0) + z(0, 3, 1) ; x, z ∈ R}
= Vect{(1, 5, 0), (0, 3, 1)}

Donc H est un sous espace vectoriel de R3 , engendré par les deux vecteurs (1, 5, 0) et (0, 3, 1).
Conclusion, H est lui-même un espace vectoriel sur R.
On vient de montrer que la famille P = {(1, 5, 0), (0, 3, 1)} est génératrice dans H et par suite il suffit
qu’elle soit libre pour constituer une base de H. Pour ce faire, on peut remarquer que les deux vecteurs
de P ne sont pas colinéaires. Cela suffit pour confirmer qu’ils sont linéairement indépendants.
On peut aussi procéder par la méthode classique, c’est à dire :

α(1, 5, 0) + β(0, 3, 1) = (0, 0, 0) ⇒ (α, 5α + 3β, β) = (0, 0, 0)





α = 0
⇒ 5α + 3β = 0



β=0
⇒ α=β=0

De ce fait, P = {(1, 5, 0), (0, 3, 1)} est une base de H et par suite dim H = Card P = 2.

 
Exercice
 3 
1. Par définition de F = Vect(u1 , u2 ), la famile de vecteurs P = {u1 , u2 } est génératrice dans F.
Il est facile de montrer que ces deux vecteurs sont linéairement indépendants (ne sont pas colinéaires).
D’où P est une base de F et par suite dim F = Card P = 2.
De la même manière que pour G on montre que P ′ = {w1 , w2 } est une base de G et que dim G = 2.

2. Un calcul simple donne :

2u1 − u2 = w1 et u1 + 3u2 = w2 (1)

3. D’après ce qui précéde, on a F et G sont deux sous espaces vectoriels de R3 et dim F = dim G.
Donc pour prouver que F = G, il suffit de montrer que l’un est inclus dans l’autre (d’après le théorème
fondamental).
Or, selon les relations (1), chacun des vecteurs w1 et w2 est une combinaison linéaire (CL) de u1 et
u2 . Donc w1 ∈ F et w2 ∈ F (puisque F = Vect(u1 , u2 )).
Soit X ∈ G quelconque. Par définition de G, X = CL(w1 , w2 ). Comme w1 , w2 ∈ F et F est un
espace vectoriel, toute combinaison linéaire de w1 et w2 appartient aussi à F . Autrement dit X ∈ F .
Ceci prouve que ∀X ∈ G, on a X ∈ F , c’est à dire G ⊂ F .
En conclusion F = G.

 
Exercice
 4 
1. On a

A = {(x, y, z) ∈ R3 ; x − 3y + 2z = 0}
= {(x, y, z) ∈ R3 ; x = 3y − 2z}
= {(3y − 2z, y, z) ; y, z ∈ R}
= {y(3, 1, 0) + z(−2, 0, 1) ; y, z ∈ R}
= Vect{(3, 1, 0), (−2, 0, 1)}

Donc A est un sous espace vectoriel de R3 , engendré par U1 = (3, 1, 0) et U2 = (−2, 0, 1).
Comme précédemment, on peut vérifier facilement que U1 et U2 sont linéairement indépendants.
Donc dim A = 2.
2. Posons V1 = (1, −1, −2) et V2 = (3, −1, −3). On a B = Vect{V1 , V2 }.
De la même manière, on montre facilement que P = {V1 , V2 } est une base de B et par suite dim B = 2.
3. Le vecteur W = (−7, 1, 5) appartient à B = Vect{V1 , V2 } s’il existe α, β ∈ R tels que W =
αV1 + βV2 . Or

W = αV1 + βV2 ⇔ (−7, 1, 5) = α(1, −1, −2) + β(3, −1, −3)


⇔ (−7, 1, 5) = (α + 3β, −α − β, −2α − 3β)


α + 3β = −7

⇔ −α − β = 1



−2α − 3β = 5

Après calcul simple, on trouve : α = 2 et β = −3. C’est à dire W = 2V1 − 3V2 .


Donc W ∈ B = Vect{V1 , V2 } .
4. On a dim A = dim B = 2. Pour monter que B = Vect{V1 , V2 } ⊂ A, il suffit de prouver que V1 et
V2 appartiennent à A.
• V1 ∈ A ?
On sait que
V1 ∈ A = Vect{U1 , U2 } ⇔ ∃α, β ∈ R : V1 = αU1 + βU2
Or

V1 = αU1 + βU2 ⇔ (1, −1, −2) = α(3, 1, 0) + β(−2, 0, 1)


⇔ (1, −1, −2) = (3α − 2β, α, β)


3α − 2β = 1

⇔ α = −1



β = −2

α = −1

β = −2

Ceci veut dire que V1 = −U1 − 2U2 et par suite V1 ∈ A.


• V2 ∈ A ?
De la même manière on montre que V2 = −U1 − 3U2 . Donc V2 ∈ A.
On sait que tout vecteur de X ∈ B = Vect{V1 , V2 } est combinaison linéaire de V1 et V2 . Comme
V1 , V2 ∈ A et A est un espace vectoriel, on a X ∈ A. Par conséquent B ⊂ A.
Puisque A et B sont deux sous espaces vectoriel de R3 , et que B ⊂ A, il s’ensuit que B est un sous
espace vectoriel de A. Et comme de plus dim B = dim A, il en résulte que B = A (selon le Théorème
fondamental).

 
Exercice 5 
1. Posons u1 = (−2, 4, −6), u2 = (1, −2, 3) et u3 = (0, 3, −1) et P = {u1 , u2 , u3 } ⊂ R3 .
Calculons rg P puis dim Vect{u1 , u2 , u3 }.
D’abord, on écrit :
1 ≤ rg P ≤ min(dim R3 , Card P )
Cela veut dire que
1 ≤ rg P ≤ 3
On sait que rg P est le nombre maximal de vecteurs linéairement indépendants dans P . Donc rg P est
égal à 3, sinon à 2, sinon à 1.
• Vérifions si rg P = 3. Autrement dit si P est libre.

α1 (−2, 4, −6) + α2 (1, −2, 3) + α3 (0, 3, −1) =(0, 0, 0)


⇒ (−2α1 + α2 , 4α1 − 2α2 + 3α3 , −6α2 + 3α2 − α3 ) = (0, 0, 0)


−2α1 + α2 = 0

⇒ 4α1 − 2α2 + 3α3 = 0



−6α1 + 3α2 − α3 = 0



α2 = 2α1
⇒ 4α1 − 4α1 + 3α3 = 0



−6α1 + 6α1 − α3 = 0

α2 = 2α1


⇒ α3 = 0



α3 = 0

Cela n’aboutit pas à la seule solution (α1 , α2 , α3 ) = (0, 0, 0) puisque (1, 2, 0) (par exemple) est aussi
solution de ce système. Donc P n’est pas libre et par suite rg P ̸= 3.
• Vérifions si rg P = 2, autrement dit si P contient 2 vecteurs linéairement indépendants.
Remarquons que u1 = −2u2 . Donc {u1 , u2 } est une famille liée.
Qu’en est-il pour {u1 , u3 }?

α(−2, 4, −6) + β(0, 3, −1) = (0, 0, 0) ⇒ (−2α, 4α + 3β, −6α − β) = (0, 0, 0)




−2α = 0

⇒ 4α + 3β = 0



−6α − β = 0
⇒ α=β=0

Donc {u1 , u3 } est libre et par conséquent rg P = 2.


Finalement, on sait que dim VectP = rg P , et par suite dim VectP = 2.

2. Notons par w1 = (−1, 2, −3), w2 = (2, −4, 6) et w3 = (1, −2, 3).


Comme précédamment, on a 1 ≤ rg {w1 , w2 , w3 } ≤ 3.
On peut remarquer aisément que w2 = −2w1 = 2w3 . Donc aucune des familles suivantes ne peut
être libre : {w1 , w2 , w3 }, {w1 , w2 }, {w1 , w3 }, {w2 , w3 }. Cela veut dire que rg {w1 , w2 , w3 } ̸= 3 et que
rg {w1 , w2 , w3 } ̸= 2.
Il en résulte que rg {w1 , w2 , w3 } = 1 et par conséquent dim Vect{w1 , w2 , w3 } = 1.