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La conquête militaire arabe du Maghreb qui a duré de 641 à 711, est lente et difficile L 27.

La
résistance était plus marquée dans les Aurès et la région de Tlemcen, où
les Berbères s'organisent en structure étatiqueL 27. Les Arabes sont également repoussés par les
troupes du royaume des Djédars et les dernières garnisons byzantinesL 28. Les figures les plus
connues de ce conflit sont le prince guerrier Koceila, qui vainc Oqba Ibn Nafaa en 689, près
de BiskraL 29, puis la reine guerrière Kahena, appellation donnée par les Arabes signifiant
« devineresse » (Dehia de son vrai prénom), qui est à la tête des Berbères des Aurès L 29. En 693,
elle inflige près de Meskiana, une sévère défaite au corps expéditionnaire arabe de Hassan Ibn
Numan, qu'elle repousse jusqu'en TripolitaineL 30. Mais elle est vaincue par la suite.
Dans le Maghreb central, les kharidjites œuvrent efficacement à l'islamisation des territoiresL 31.
Au VIIIe siècle, les insurrections se multiplient contre les Omeyyades, en raison des impôts
imposés aux Berbères et qui sont, en principe, réservés aux non-musulmans L 27. L'Islam se diffuse
ensuite depuis les mosquées, les centres de savoir religieux tel que Tahert et Kairouan,
les ribats et les zaouïasL 32. La conversion définitive des Berbères s'achève au IXe siècle, mais des
ilots de christianisme subsistent jusqu'au XIIe siècleL 33.
Le processus de l'arabisation est plus long. La diffusion de la langue arabe est d'abord l'œuvre
des miliciens arabes qui s'installent notamment dans les forteresses byzantines
du Constantinois puis à partir des cités telles que Tahert et Tlemcen L 34. L'usage de cette langue
devient plus répandu avec l'arrivée des tribus des Arabes hilaliens dans les plaines, les hauts
plateaux et le désert. Plus tard, les immigrés andalous et les confréries religieuses contribuent à
d'autres avancées de l'arabisationL 34. Le berbère subsiste dans les massifs montagneux
notamment en Kabylie, les Aurès, le Dahra et l'OuarsenisL 34.

L'apogée du kharidjisme[modifier | modifier le code]


Articles détaillés : Kharidjisme, Rostémides et Royaume sufrite de Tlemcen.

La ville de Tlemcen dont la fondation est attribuée aux Banou Ifren au VIII  siècle.


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Après la conquête musulmane du Maghreb, les berbères se révoltent contre le


régime omeyyade, ses révoltes s'associent au milieu du VIIIe siècle au dogme kharidjite qui les
séduit par son puritanisme et son message égalitaire et gagnent une bonne partie du MaghrebL 35.
À partir du 741, le Maghreb central gagne son autonomie, sous l'emblème du kharidjismeL
36
. Abou Qurra, chef de la tribu des Ifren, fonde le royaume sufrite de TlemcenL 37. Mais l'entité
kharidjite la plus importante en Algérie est celle de la dynastie des RostémidesL 36. Dans le reste
du Maghreb deux autres dynasties s'installent : les Aghlabides sunnites de Kairouan et
les Idrissides chiites de FèsL 38.
En 760, Ibn Rustom, kharidjite d'origine perse installé en Ifriqiya, est attaqué et vaincu par le
gouverneur arabe d'Égypte. Il abandonne l'Ifriqiya aux armées arabes et se réfugie dans l'Ouest
algérien où il fonde Tahert en 761 qui devient la capitale du royaume rostémideL 39. Un
État théocratique réputé pour le puritanisme de ses dirigeants, le commerce florissant L 40, son
rayonnement culturel ainsi que sa tolérance religieuseL 41,23. Celui-ci, comme l'émirat de
Cordoue depuis sa création en 75624, conserve son indépendance du califat des Abbassides,
malgré les pressions diplomatiques et militaires ainsi que les pertes de territoires L 39.
En 767, le berbère Abou Qurra, uni aux kharidjites de Tahert et du djebel Nefoussa, lance une
expédition vers l'est. Ils cernent le gouverneur abbasside dans la forteresse de Tobna dans
le Hodna et gagne KairouanL 42. Cependant, le calife envoie de l'Orient une forte armée sous le
nouveau gouverneur Yazid ibn Hatim qui défiaient les kharidjites en Ifriqiya, mais le reste du
Maghreb échappent à l'autorité de BagdadL 43. De retour à Tlemcen, son pouvoir est battu en
brèche par les tribus berbères des MaghraouaL 36. Idris Ier négocie avec les Maghraouas la
remise de la ville de Tlemcen, et un de ses descendants, Muhammed b. Sulayman, crée dans la
région le « royaume sulaymanid », un État qui ne semble contrôler que les villes et qui prend fin
sous les Fatimides en 931L 44.
En 800, un gouverneur arabe du Zab, Ibrahim ibn al-Aghlab obtient le titre d'émir et fonde la
dynastie des Aghlabides, une dynastie qui, sans rompre avec les califes abbassides, demeure
indépendanteL 45. Cette dynastie a occupé la partie orientale du pays, cependant les Aurès et
la Kabylie leur échappentL 46.

El Atteuf, la plus ancienne ville du Mzab.

Tahert devient une riche cité commerçanteL 40 et un foyer culturel, ses bibliothèques renfermaient
des textes d'exégèse coranique et des manuscrits de médecine et d'astronomieL 41. Cette période
connaît également l'émergence du commerce transsaharien favorisé par la stabilité des pouvoirs
politiques. Les Andalous réaniment le commerce méditerranéen et établissent des colonies sur le
littoral : Ténès en 872 et Oran en 902L 47. Tlemcen devient une cité dont les liens avec la culture
arabe d'Al-Andalous vont croissantL 44.
En 909, en proie à des crises intérieures, l'État rostémide succombe aux premières
attaques fatimidesL 36. Sa capitale est ruinée par l'attaque
des berbères montagnards Kutama conduits par le « dâ`i » Abu Abd Allah ach-Chi'i. Ses
habitants sont massacrés ou exilésL 48. Les réfugiés fuient dans le désert. Ils s'établissent
à Sedrata, près d'Ouargla. Puis, ils atteignent le Mzab. Au XIe siècle, ils battissent plusieurs villes
dans la région : Ghardaïa, Melika, Beni Isguen, Bounoura et El Atteuf25. Le kharidjisme demeure
un temps, mais, après la révolte d'Abu Yazid, il n'y a plus de protestations affilées au kharidjisme.
Il est remplacé par le malikisme, mieux installé à Al-Andalous et à Kairouan. Les dynasties issues
du substrat berbère local : Zirides et Hammadides étaient malikitesL 49.

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