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L'histoire de l'Algérie 

s'insère dans l'histoire plus large du Maghreb et remonte à des


millénaires. Dans l'Antiquité, le territoire algérien connaît la formation des royaumes
numides avant de passer sous la domination partielle des Romains, des Vandales,
des Byzantins et des principautés berbères indépendantes1.
Le VIIe siècle marque le début de l'islamisation puis l'arabisation partielle de la population.
Le Maghreb central connaît alors plusieurs dynasties locales : Rostémides (767-
909), Zirides (972-1148), Hammadides (1014-1152), Zianides (1235-1556) et des périodes
d'intégration dans des groupements impériaux plus
larges : Omeyyades (au VIIIe siècle), Fatimides (au Xe siècle), Almoravides (au XIe siècle), Almohad
es (au XIIe siècle)L 1.
L'Algérie contemporaine commence à se constituer territorialement au début de la régence
d'Alger, soit au XVIe siècle. La colonisation française va lui permettre de s'étendre aux confins
du Sahara et va bouleverser la formation sociale existante. L'émergence, au début du XXe siècle,
d'un mouvement national mène au déclenchement de la guerre d'Algérie en 1954, une
insurrection armée qui s'achève par l'indépendance du pays en 1962, et la constitution de l'État-
nation actuel
Il existe en Algérie, un des premiers berceaux de l'humanité, plusieurs sites ont été découverts,
dans le Sahara qui était alors moins sec et où s'étendaient de vraies savanesL 2.
Au Nord du pays, il existe de nombreux sites représentatifs du Paléolithique inférieurL 3, tel que
celui d'Aïn El Ahnech, près de Sétif, où les plus anciens restes d'hominidés en Afrique du
Nord ont été attestés. Le site est considéré comme le plus ancien
gisement archéologique d'Afrique du Nord. L'âge des vestiges est évalué
par archéomagnétisme à 1,8 million d'années, coïncidant avec la période présumée de
l'apparition de l'Homo habilis2,3. Toutefois en 2018 sont mis au jour les gisements de pierre
taillées les plus anciens d'Algérie sur le site d'Aïn Boucherit, au sud-est d'Alger, gisements vieux
de 1,9 million d'années à 2,4 millions d'années4.
Le site acheuléen de Tighennif, dans la wilaya de Mascara, a livré des vestiges dont l'âge est
évalué entre 800 000 et 400 000 av.J.-C. Parmi ces vestiges, composés essentiellement
d'ossements d'animaux et d'objets de pierre taillée, les archéologues ont découvert les
ossements d'un Hominidé qui ont conduit à la définition de l'Atlanthrope (homme de l'Atlas),
aujourd'hui considéré comme un Homo erectus5,6,7. L'homme de Tighennif est considéré comme
le plus ancien représentant connu du peuplement de l'Afrique du Nord8.

Peinture rupestre du Tassili n'Ajjer datant d'environ 10 000 ans.


L'Atlanthrope vivait de la cueillette et de la chasse et se déplaçait fréquemment dans sa quête de
nourriture. Il a occupé le Maghreb central durant plusieurs millénaires et fabriquait des bifaces et
des hachereaux ainsi que plusieurs autres types d'outils9. Homo erectus disparaît vers 250 000
av. J.-C., après près de 2 millions d'années de présence. L'Algérie est alors exclusivement
peuplée d'Homo sapiens, originaires de la corne de l'Afrique, qui occupent le Maghreb central
pendant 150 siècles, de 250 000 à 50 000 av. J.-C., soit jusqu'à la fin du Paléolithique moyen. À
partir de - 50 000 et jusqu'à - 20 000 av. J.-C., l'Acheuléen cède la place à l'Atérien10,11.
Le Paléolithique supérieur révèle des restes de la culture de l'Atérien et de celle de
l'IbéromaurusienL 3. L'Atérien a été défini à partir de vestiges mis au jour dans le
site éponyme de Bir el-Ater, dans la wilaya de Tébessa. Il s'étend jusqu'à la
révolution néolithique vers 7 500 av. J.-C. Durant cette période, vers 20 000 av. J.-C., de fortes
pluies tombent au Sahara et au Nord de l'Algérie, qui connaissent alors un climat très humide
favorisant le développement des populations d'éléphants, de girafes, de rhinocéros et autres, que
les Atériens chassent en grand nombre12.
Vers 20 000 av. J.-C., apparaît la culture dite parfois de « l'homme de Mechta Afalou » qui
s'épanouit surtout sur la côte et dans la zone tellienneL 2. Pour désigner la même réalité humaine,
et pour la même époque, on a parfois parlé de culture « ibéro-maurusienne » parce qu’on avait
pensé trop hâtivement qu’elle chevauchait entre l'Espagne et le Maghreb et parfois de Oranien
puis MouillieL 4.

Néolithique[modifier | modifier le code]

Antinea, vers 4000-3000 av. J.-C.

L'Atérien disparaît vers 7 500 av. J.-C., lors de la révolution néolithique. L'Homme de
Néandertal a longtemps été considéré comme l'auteur de l'Atérien mais cette espèce est
désormais perçue comme exclusivement eurasiatique. Il est probable que des Homo
sapiens archaïques aient produit les outils atériens13.
Avec la révolution néolithique apparaissent des sociétés sédentaires qui produisent leur
nourriture grâce à l'agriculture et à la domestication. En Algérie, cette révolution débouche sur la
civilisation capsienne14,15. Cette culture aussi appelée « protoméditerranéenne » a laissé des
traces impressionnantes de dessins sur œufs d'autruches et céramiques, mais aussi de gravures
rupestres et de monuments funéraires dont la tradition s’étendra jusqu'à la Protohistoire et
l'AntiquitéL 3. On suppose que les Capsiens sont venus d’Orient, avec d’autres vagues humaines
qui les suivront et seraient à l'origine d'un substrat proto-berbère, refoulant plus vers l’ouest et le
sud ou les assimilant les communautés humaines préexistantesL 5.
Les Capsiens furent les premiers au Maghreb à domestiquer les ovicapridés et les bovidés16. Ils
se caractérisent par la présence sur leurs lieux d’habitat d'escargotières (ramadiyate), un
mélange de cendres et de résidus alimentaires dont des coquilles d'escargotsL 5.
Durant le néolithique, l'art se diversifie et s'affine dans les gravures rupestres de l'Atlas saharien,
mais parfois aussi plus au nord. Dans l'extrême Sud-Est saharien, au Tassili n'Ajjer, au climat
humide, contrairement au climat désertique de nos jours, on atteste sur les céramiques
modelées, des hommes de type négroïde. Des gravures rupestres, représentent, souvent en
grandes dimensions, des bubales ou autres animaux de la faune africaine, et également des
ânes sauvages, des chèvres, des gazelles et des poissonsL 2.
Au néolithique moyen, les représentations de troupeaux se font plus fréquentes et la croyance en
une voie initiatique scandée par deux temps, le solaire et le lunaire apparaît. Au Tassili, l'art s'y
fait narratif. Dans les mises en scène d'êtres humains, apparaissent des populations blanches,
venues vraisemblablement d'OrientL 2.

Peintures rupestres au Tassili n'Ajjer.

Le néolithique final marque la fin de la préhistoire. Les représentations animalières continuent à y


mettre en scène la faune africaine, mais l'éléphant et l'hippopotame ont disparu, signe d'un climat
devenu plus sec. Des animaux domestiques apparaissent, comme le chien et notamment le
cheval. Au même moment, et dans la même aire saharienne, commencent à apparaître les
caractères dits libyquesL 2.
La langue Capsienne est reconnue par les historiens linguistes comme étant l'ancêtre
des langues berbères en Afrique du Nord ; par ailleurs la décoration des poteries capsiennes
présente de grandes similarités avec celle des poteries berbères plus récentes. Peu de choses
sont connues de la religion des Capsiens. Toutefois, leurs pratiques funéraires (monticules de
pierres et peintures figuratives) suggèrent que ces derniers croyaient en une vie après la mort17.

Antiquité

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