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L'histoire de l'Algérie dans l'Antiquité 

débute au milieu du Ier millénaire av. J.-C jusqu'à


la conquête musulmane du Maghreb. Cette période a constitué plusieurs éléments permanents
du pays, notamment son substrat linguistique originel et son organisation sociale, marquée par la
prévalence de communautés, fondées sur le patriarcat et l'endogamie. Une telle continuité est
rare pour un pays méditerranéenL 6.
Les influences méditerranéennes orientales notamment l’établissement des
comptoirs phéniciens sur le littoral, aboutissent à la constitution de confédérations tribales avec
émergence d’aristocraties marchandes et foncières dont certaines pourront fonder des États L 7.
Ainsi, des entités politiques apparaissent aux IVe – IIIe siècle av. J.-C. : le royaume
des Masaesyles, de la Mulucha (Moulouya) à l'embouchure de l'Ampsaga (oued-el-Kebir) ; et le
royaume des Massyles, situé entre le royaume des Masaesyles et les territoires contrôlés
par CarthageL 6.
Durant la deuxième guerre punique qui voit s'affronter Rome et Carthage, la Numidie couvrait la
quasi-totalité du nord de l’Algérie, à la suite de la conquête du royaume masaesyle par le
roi Massinissa. Le règne de ce dernier est marqué par une extension de la culture des céréales.
Le royaume de Numidie dont la capitale était Cirta, a eu sans doute la forme d'une confédération
de communautés. Les villes puniques du littoral, ont dû jouir d'une quasi-autonomie, et
les Gétules des Hautes Plaines et du Sud sont restés indépendantsL 6.

Mausolée royal maurétanien près de Tipaza, dénommé improprement le tombeau de la chrétienne.

Les influences culturelles puniques et grecques marquent davantage les villes que les
campagnes, et les sédentaires plus que les nomades. En Numidie, le punique a un statut de
langue semi-officielle, les rois et l'élite numides avaient également des connaissances en grec.
Toutefois, le berbère restait la langue du peupleL 6. Sur le plan de l'écriture, une
écriture libyque se maintient, mais les inscriptions en libyque sont nettement moins nombreuses
que celles en grec ou en punique. On atteste également plusieurs alphabets libyco-berbères ;
dont un occidental correspondant au royaume masaesyle et un alphabet oriental au royaume
massyleL 6.
La fin de la troisième Guerre punique et l’annexion par Rome du territoire de Carthage en 146 av.
J.-C., va ouvrir la voie à un interventionnisme romain pendant deux siècles dans les royaumes
berbèresL 8. Rome profite de la rivalité entre ces différents royaumes et les querelles de
succession, ainsi, en 105 av. J.-C, la Numidie est amputée de sa partie occidentale, cédée en
récompense à Bocchus Ier, roi de Maurétanie qui a livré son beau-fils et roi numide Jugurtha aux
Romains, et est partagée en deux États correspondant aux anciennes Massylies occidentale et
orientaleL 9. Puis, les Romains l'annexent, plaçant Juba II, le fils de son dernier roi à la tête de
deux Maurétanies de nouveau réunifiées (la Tingitane qui avait Tingis-Tanger comme capitale, et
la Césarienne qui tient son nom de Césarée-Cherchell), ce dernier fait de Yol-Cherchell sa
capitaleL 10. En 40 ap. J.-C, ils mettent fin au protectorat de la Maurétanie par son annexion. Toute
l'Afrique du Nord, jusqu'aux franges du Sahara sera désormais intégrée à l'Empire romainL 11.

Domination romaine[modifier | modifier le code]


Article détaillé : Afrique romaine.
L'empire romain au III  siècle.
e

Les territoires conquis par Rome et contenus dans les limites de l'actuelle Algérie étaient l'Africa
nova ou Numidie pour son tiers oriental et la Maurétanie (voire les Maurétanie — césaréenne et
sitifienne — selon les époques) à l'ouestL 12. Toutes ces provinces étaient rattachées au Diocèse
d'Afrique dont le siège était à CarthageL 13.
Elles font l'objet d'une politique de romanisation dont les foyers étaient les villes. Toutefois, en
Maurétanie et dans le Sud surtout, des confédérations tribales berbères continuent à vivre plus
ou moins en marge. La Numidie était plus urbanisée et romanisée que la Maurétanie L 12. Les
collectivités de base étaient constituées en communes dont le statut divergeait. Le statut social
était très différencié dans une société qui demeurait inégalitaire et esclavagiste, même s’il existait
une minorité de Berbères assimilés et ayant accès aux privilèges du système, comme c’était le
cas pour de nombreux notables et sénateurs, ou même quelques empereurs L 14. L'ascension
sociale pour la population dominée et l'accession à la propriété foncière étaient parfois possibles
pour ceux qui optaient pour la carrière militaire L 14.

Ruines de Djemila (Cuicul).

En Afrique romaine, l'agriculture et le pastoralisme vivriers prévalent d'abord. Puis, certaines


régions notamment la Numidie, puis la Maurétanie sitifienne deviennent rapidement des greniers
à blé pour Rome. La région devient également une grande productrice de vin et d'huileL 15.
L'art romano-africain représente des modèles romains prédominants, mais avec une originalité
où le substrat autochtone persiste. C'est en Afrique du Nord que l'on a retrouvé les plus riches
collections de mosaïques. À partir du IIe siècle, les ateliers locaux se
multiplièrent : Timgad, Lambèse, Sitifis (Sétif), Cuicul (Djemila), Caesarea (Cherchell)L 16. On
atteste également en Algérie, le plus grand nombre d’inscriptions latines que dans n'importe
quelle autre province du monde romainL 16.
La conquête de l'Afrique a couté cher aux Romains et les a obligé de mobiliser de
nombreuses légions. Les Africains se sont soulevés à plusieurs reprises pour remettre en cause
leur dominationL 17. Parmi les régions sensibles, certaines parties de la Maurétanie césaréenne, et
parfois le Sud constantinois et l'Aurès-NementchaL 12.
Le christianisme s'était développé en Afrique romaine à partir du IIe siècleL 18. Les premiers
chrétiens subissent des persécutions qui avaient pour enjeu l'adhésion de l'ensemble des
habitants de l'Empire romain au culte de l'empereur-dieuL 19. Au IIIe siècle, le martyrologe s'allonge
sur tout l'espace de l'actuelle Algérie L 18. Avec la conversion des empereurs eux-mêmes au
christianisme au IVe siècle, l'Église catholique, fera de plus en plus fonction de culte officiel, et
apparait comme l'instrument idéologique de la domination romaine. Le Donatisme émerge alors
comme une Église nationale à laquelle se rallient en grand nombre les Berbères, et dont
l'idéologie s'oriente vers un radicalisme social proche du millénarismeL 19. L'insurrection
des circoncellions, un mouvement social se réclamant du donatisme, marque la Numidie et la
Maurétanie aux IVe et Ve siècles. Ces soulèvements de déshérités facilitent l'invasion vandale et,
sur le moyen terme, de l'installation finale de l'islamL 18.

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