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Le 

gouvernement français utilise un prétexte (le « coup d'éventail » de 1827) pour entreprendre


la conquête d'Alger (1830)L 149. En fait, le gouvernement ultra du prince de Polignac, espérait
renouer avec les conquêtes militaires de Napoléon et consolider l'influence française dans le
bassin occidental de la MéditerranéeL 149.
Lors de la bataille de Staoueli (19 juin 1830)44, les troupes françaises prennent l'avantage sur
l'armée ottomane.

Bombardement d'Alger par mer le 3 juillet 1830. La Provence (à droite) montée par l'amiral
Duperré participe à la manœuvre.

Le 5 juillet, les Français occupent Alger45 et, le jour même, le dey Hussein signe l'acte de
capitulation46. Les caisses de l'État seront pillées. Les janissaires d'Alger sont expulsés pour
l'Asie Mineure. La France accapare toutes les terres du Beyliks (propriétés publiques)L 150.
Après la prise d’Alger par les Français, l’effondrement du pouvoir ottoman dans le beylik de
l'ouest ouvre une période d’anarchie. Les habitants de Tlemcen sollicitent la protection du sultan
marocain Abd ar-Rahman, qui envoie son beau-père Moulay Ali ibn Sulayman ainsi qu’Idris al-
Jirari, le gouverneur d’Oujda. Cependant, ils n'arrivent pas à unir les deux factions rivales de la
ville, l'élite citadine pro-marocaine et les Kouloughlis47.
Le 1er décembre 1830, Louis-Philippe nomme le duc de Rovigo chef du haut-commandement en
Algérie. Celui-ci réussit à s'emparer de Bône et met en œuvre activement la colonisation. La
violence de ses actions choque tant qu'il est rappelé en 1833. Le 15 décembre 1830, un arrêté
du général en chef Clauzel prononce la déchéance de Ahmed, bey de Constantine48 ; celui-ci
contrôle la majeure partie du beylicat de Constantine jusqu’à la prise de la ville en 1837.

Conquête coloniale et résistances populaires[modifier | modifier le


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Article détaillé : Conquête de l'Algérie par la France.

Carte chronologique de la conquête française.

Cette période marque la fin de la domination ottomane et le début de la domination française.


Une conquête limitée[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Siège de Constantine (1836) et Siège de Constantine (1837).

L'expédition de Constantine, 1836.

Au retour d'une expédition contre les Smalas, le 4 février 1834, après avoir battu Abd El-Kader,
le général Desmichels signe avec ce dernier un traité aux termes duquel la France reconnait
l'autorité de l'émir sur l'Oranie, en contrepartie de la reconnaissance de la présence française
dans les villes du littoral.
Mostafa ben Smaïl refuse de reconnaître l'autorité d'Abd El-Kader. Ce dernier, avec l'aide de ses
alliés français, est victorieux de Mostafa ben Smaïl le 13 juillet 1834. Le 22 juillet, l'ex-Régence
d'Alger devient « Possession française d'Afrique du Nord ». La « convention du figuier » est
signée, en juin 1835, entre la France et les tribus des Douaïr et des Zmela qui deviennent alors
« des sujets français ».
Abd El Kader attaque des tribus alliées de la France et bat le général Trézel dans les marais de
la Makta près de son fief de Mascara, dans l'Ouest algérien. Il encercle la ville voisine d'Oran
pendant 40 jours. Arrivé en renfort de métropole, le général Bugeaud inflige une défaite à Abd El
Kader.
Le 13 janvier 1836, le général Clauzel décide la reprise des hostilités. Il s’empare
de Mascara (décembre 1835) puis de Tlemcen où il installe une garnison. Puis il soumet les
tribus du Cheliff en mars 1836 et chasse le représentant de l’émir à Médéa, déserté par sa
population le 4 avril 1836. Considérant que la menace est conjurée à l’ouest, il destitue le bey de
Constantine et nomme à sa place le chef d’escadron Youssouf, qui s’établit provisoirement
à Bône49.
En 1836, différents combats ont lieu entre Abd el-Kader et les troupes françaises50.

La prise de Constantine, par Horace Vernet, 1837.

Le traité de Tafna est signé, le 30 mai 1837, entre le général Bugeaud et l'émir Abd el-Kader.
L'émir obtient les deux tiers du territoire de l'ex-régence (province de Titteri et province d'Oran, à
l’exception des villes d'Oran, d'Arzew et de Mostaganem). Il établit sa capitale à Mascara. Les
Français se chargent d'exiler ses propres opposants. Damrémont entre en contact avec le bey de
Constantine pour obtenir une Convention du même type, mais Ahmed rejette son ultimatum le 19
août51.
Abd el-Kader entreprend la réorganisation administrative de son territoire, qui est divisé en trois
califats, en respectant l’organisation politique tribale52. Il ne partage son pouvoir de décision avec
l'assemblée tribale qu’en ce qui concerne la conduite de la guerre sainte.
Le 13 octobre 1837, le Gouverneur général reçoit l'ordre de marcher sur Constantine avec
10 000 hommes. La ville est prise après sept jours de siège. Damrémont a été tué la veille d’un
coup de canon. Son successeur le général Valée s’attache à organiser la province de
Constantine, puis doit affronter Abd el-Kader51.

L'expédition des Portes de Fer menée par les troupes françaises en 1839 relance la guerre contre Abd el-
Kader.

L'armée française passe, en septembre 1839, les « Portes de fer » dans la chaîne des Bibans,
territoire que l'émir comptait annexer. Abd El-Kader, considérant qu'il s'agit d'une rupture du traité
de Tafna, reprend, le 15 octobre 1839, la guerre contre la France. Ses partisans pénètrent dans
la Mitidja, massacrent des colons européens et détruisent la plupart des fermes53. Valée reçoit
des renforts et se trouve à la tête d’une armée de 60 000 hommes, mais ses succès restent
limités en raison de la politique d'occupation restreinte, qualifiée de chimère par Bugeaud à la
Chambre des députés en janvier 1840. Abd el-Kader a constitué une armée régulière de
10 000 hommes instruits par les Turcs et des déserteurs européens. L'émir dispose d’une
fabrique d’arme à Miliana, d'une fonderie de canon à Tlemcen, et reçoit des armes européennes
par le Maroc.
Reddition d'Abd El-Kader (1847)[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Bataille de la Smala.

L’Émir Abd el-Kader, figure de la résistance Arabe à l'Armée d'Afrique.

Le 22 février 1841, Bugeaud, nommé gouverneur général de l'Algérie française, arrive à Alger (fin


en 1847)54. Il décide la reprise des hostilités en vue d’une conquête totale de l'Algérie. L’effectif
des troupes passe de 63 000 (1840) à près de 110 000 hommes. Par l’intermédiaire du « bureau
arabe », Bugeaud recrute des autochtones et pose les premières bases de l'armée d'Afrique. Il
encourage l’établissement de colonies. Abd el-Kader de son côté dispose de 8 000 fantassins,
2 000 cavaliers, 240 artilleurs, auxquels il faut ajouter les irréguliers (environ 50 000 cavaliers et
goumiers)51.
Le 25 mai 1841, l'armée française occupe Tagdempt, puis Mascara le 30 mai54 (la nouvelle et
l’ancienne capitale de l’émir), razziant les tribus favorables à l’émir et détruisant les récoltes et les
silos à grains. Abd el-Kader fait en vain appel au sultan ottoman51.
Le 23 août 1841, le Cheik el Kadiri, lors d'une réunion au Caire, publie une fatwa qui précise que
les tribus sont autorisées à ne pas obéir à Abd El-Kader et qu'il est insensé de faire la guerre aux
chrétiens, tant que ceux-ci laissent les musulmans exercer librement leur culte.
Le 16 mai 1843, Le duc d'Aumale attaque par surprise avec 600 cavaliers la smala d'Abd el-
Kader à la source de Taguin et fait 3 000 prisonniers55.

Prise de la Smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale: le lieutenant-colonel Louis-Michel Morris chargeant à


la tête du 4e régiment de chasseurs d'Afrique, par Horace Vernet.
Le 1er février 1844, la France crée une direction des Affaires arabes supervisant les bureaux
arabes locaux dans les provinces d'Alger, Oran et Constantine pour d'établir un contact avec la
population indigène54.
Le 30 mai 1844, des troupes marocaines attaquent les troupes françaises basées dans
l’Oranais et sont repoussées par le général Lamoricière56. Abd el-Kader, réfugié au Maroc devant
l’avance des troupes françaises, convainc le sultan Mulay Abd ar-Rahman, d’envoyer une armée
à la frontière algéro-marocaine. Les incidents de frontières qui se multiplient entre le Maroc et
l’Algérie obligent les militaires français à construire un fort à Lalla-Marnia au début de l’année. Le
sultan du Maroc proteste contre ce qu’il considère comme une violation de territoire et appelle à
la guerre sainte les tribus marocaines. Bugeaud, pour ne pas mécontenter la Grande-Bretagne,
entre en pourparlers avec le caïd d'Oujda mais les négociations sont interrompues par une
attaque de la cavalerie marocaine le 15 juin51. Le 14 août 1844, le général Bugeaud écrase
l'armée du sultan marocain à la bataille d'Isly. L'armée marocaine se replie en direction de Taza.
Le sultan s'engage alors à interdire son territoire à Abd el-Kader en traitant avec la France.

La reddition d'Abd el-Kader, le 23 décembre 1847 par Régis Augustin.

Si les troupes d'Abd El Kader sont victorieuses lors de la bataille de Sidi-Brahim (23 au 26


septembre 1845) engagée par le colonel Montagnac, celui-ci doit se rendre aux spahis (nomades
des régions steppiques de l'Algérie) du colonel Yusuf en décembre 1847. Placé en résidence
surveillée pendant quatre ans en France, l'émir est libéré par Napoléon III, puis réside le restant
de sa vie en Syrie.
Le 12 décembre 1848, la nouvelle Constitution française déclare l’Algérie partie intégrante du
territoire français57. Bône, Oran et d'Alger deviennent les préfectures de trois départements
français (Alger, Oran et Constantine). Les musulmans et juifs d'Algérie deviennent « sujets
français » sous le régime de l'indigénat.
Conquête de la Kabylie (1857)[modifier | modifier le code]

Lalla Fatma N'Soumer, figure de la résistance contre l'armée coloniale française.

Le territoire de l'ex-Régence d'Alger est donc officiellement annexé par la France, mais la région
de la Kabylie qui ne reconnaît pas l'autorité de l'émir Abd el-Kader, et donc sa soumission à la
France en 1847, résiste encore. L'armée française d'Afrique contrôle alors tout le nord-ouest de
l'Algérie. Les succès remportés par l'armée française sur la résistance d'Abd el-Kader, renforcent
la confiance française, et permettent de décréter, après débats, la conquête de la Kabylie qui doit
intervenir à l'issue de la guerre de Crimée (1853-1856) qui mobilise une partie des troupes
françaises. Napoléon III souhaite disposer d'une force suffisante pour permettre une conquête
durable de la Kabylie.
Le 26 novembre 1849, l'oasis de Zaatcha, dans le Sud algérien entre Biskra et Ouargla, dernier
îlot de résistance d'insurgés conduits par Bou Zian, ancien compagnon d’arme d’Abd el-Kader,
tombe aux mains des troupes françaises au bout de 53 jours de siège. Sur 7 000 soldats français
engagés, 1 500, dont 30 officiers, sont tués ou blessés, et 600 meurent du choléra58.
Entre 1849 et 1852, la domination française s'étend à la Petite Kabylie. Le 11 juillet 1857, le
dernier réduit de la résistance kabyle en Djurdjura est pris d’assaut par les troupes françaises. La
maraboute Lalla Fatma N'Soumer est capturée59. Avec la soumission de la Grande Kabylie, la
France met fin à la résistance algérienne.
Bilan de la conquête[modifier | modifier le code]
La population algérienne est estimée entre un et trois millions d'habitants par les observateurs
européens à la veille de la conquête française de 183060. Pour le démographe Kamel Kateb, la
population en 1830, peut être proche de quatre millions en partant de l’hypothèse qu’il existe un
équilibre entre ressources disponibles et population60.
La guerre, presque ininterrompue entre 1830 et 1872 a été extrêmement violente. Elle explique,
pour partie, le déclin démographique d'environ 875 000 personnes. Selon les travaux d'Olivier Le
Cour Grandmaison, cette diminution de l'« élément arabe » était considérée comme bénéfique
sur le plan social et politique, car il réduisait avantageusement le déséquilibre numérique entre
les « indigènes » et les colons61. La conquête entraîne la destruction d'un nombre important de
bâtiments dont l'objectif aurait eu pour but d'effacer l'identité culturelle et religieuse. Dans un
rapport adressé à Napoléon III, un des généraux français a résumé la détermination de
l'administration française à combattre les institutions culturelles algériennes en disant : « Nous
sommes tenus de créer des entraves aux écoles musulmanes… chaque fois que nous le
pouvons… En d'autres termes, notre objectif doit être de détruire le peuple algérien
matériellement et moralement »[réf. nécessaire]. On peut citer les 349 zaouias détruites[réf. nécessaire].
Selon Daniel Lefeuvre, cette différence de population entre 1830 et 1872 est également due aux
crises sanitaires (invasions de sauterelles en 1866 et 1868, hiver très rigoureux en 1867-1868),
occasionnant une grave famine suivie d'épidémies (de choléra qui ont eu lieu entre 1861 et
187262.
La population algérienne connaît ensuite une rapide augmentation grâce à la médecine
occidentale amenée par les Français63.

Politique coloniale
V

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