Vous êtes sur la page 1sur 5

Guerre d'Algérie (1954 à 1962)[modifier 

| modifier le code]
Article détaillé : Guerre d'Algérie.

« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la guerre le 1er novembre
1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche et Mohamed
Boudiaf. Assis : Belkacem Krim à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.

Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa


Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation à la suite du
détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis,
en direction du Caire (Égypte).

Le terme de « Révolution algérienne » est utilisé en Algérie pour désigner ce que la France


appelle la « guerre d'Algérie » (et appelait officiellement évènements d'Algérie jusqu'en 1999). Un
vaste mouvement de révoltes naît au fil des ans. L'Algérien sujet, sans droit politique, de
la France devient citoyen français par la loi du 20 septembre 194787 et peut désormais circuler
librement entre l'Algérie et la métropole88,89. L'action armée va venir du CRUA (Mohamed
Boudiaf, Mostefa Ben Boulaïd, etc). Le déclenchement de la révolution algérienne est décidé
dans la Casbah d'Alger et à Batna sous la présidence du Batnéen Mostefa Ben Boulaïd lors de la
réunion des 22 cadres du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA)90. Le CRUA se
transformera en Front de libération nationale (FLN). Les six chefs du FLN qui décident la
« révolution » le 1er novembre 1954 sont Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad
Didouche, Mohamed Boudiaf, Belkacem Krim et Larbi Ben M'hidi. La Déclaration du 1er
novembre 1954 est émise par radio depuis Tunis. La nuit du 1er novembre 1954, appelée par les
historiens français (Toussaint rouge), considérée comme le début de la guerre d'Algérie, voit se
dérouler soixante-dix attentats dans différents endroits du pays et est marquée par la mort de
quatre soldats français, d'un caïd et d'un couple d'instituteurs.
Les autorités françaises répondent par des mesures policières, des militants du MTLD sont
arrêtés (fin décembre, 2 000 arrestations en Algérie et en métropole), militaires (augmentation
des effectifs) et politiques (projet de réformes présenté le 5 janvier 1955). François
Mitterrand déclare : « L'Algérie, c'est la France ». Il déclenche la répression dans les Aurès.
L'Armée de libération nationale se développe néanmoins. Au départ, de 500 hommes, après
quelques mois, 15 00086,91. Plus tard, ils seront plus de 400 000 pour toute l'Algérie.
100 000 soldats français sont affectés dans les Aurès.
Les massacres du Constantinois des 20 et 21 août 1955, notamment à Philippeville (Skikda) par
leur cruauté du côté des insurgés comme par la terrible répression du côté français sont une
étape supplémentaire dans la guerre92. La même année, l'affaire algérienne est inscrite à l'ordre
du jour à l'Assemblée générale de l'ONU. À noter aussi la mort de Mostefa Ben Boulaïd,
de Zighoud Youcef, etc. Plusieurs chefs sont emprisonnés.
Des intellectuels français vont aider le FLN. La plupart d'entre eux proviennent du monde
médiatico-intellectuel, rassemblant chrétiens de gauche, trotskistes, syndicalistes ou
communistes dissidents à l'instar du réseau Jeanson93. Ils agissent principalement en collectant
et en transportant fonds et faux papiers.
Les heurts armés se poursuivent en 1955 et 1956 notamment en Kabylie. Près de Palestro, à
70 km à l'Est d'Alger, le 18 mai 1956, 19 soldats du contingent sont tués dans une embuscade.
La presse se fait l'écho de cet accrochage sanglant. Au même moment Guy Mollet envoie de
nombreux appelés en Algérie. L'émotion est intense en métropole. Le conflit apparaît sous un
jour nouveau. L'Algérie n'est plus comme l'Indochine, un conflit lointain mené par des
professionnels mais une affaire intérieure française. Du coup, l'opinion métropolitaine devient
potentiellement l'acteur principal du drame.
Après la condamnation de Larbi Ben M'hidi et après le déroulement du Congrès de la
Soummam (20 août 1956). Plusieurs partis algériens adhèrent à la cause du FLN: le Front de
libération nationale (FLN) et l'Armée française tiennent le même langage (« Ceux qui ne sont pas
avec nous, sont contre nous »91.

Portrait du président Charles de Gaulle en 1961.

La guerre contre l'occupant est doublée par le conflit qui oppose certains chefs du mouvement
insurrectionnel. La guerre éclate entre les chefs kabyles (Belkacem Krim, Ouamrane, etc) et les
chefs chaouis et aussi entre les chefs chaouis des Aurès et les chefs chaouis de Nemencha94.
Abdelhai et Abbès Laghrour seront condamnés à mort par les partisans du Congrès de la
Soummam et le Comité de coordination et d'exécution (CCE). La Tunisie est notamment le
théâtre d'affrontement entre les différents chefs.
La Délégation des principaux dirigeants du FLN (Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït
Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) est arrêtée, à la suite du détournement,
le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en
direction du Caire (Égypte)95.
L'opération d'intoxication de la bleuite (1957-1958) menée par les services secrets français
réussit plus particulièrement auprès du colonel Amirouche Aït Hamouda qui met en place des
purges internes dans la Wilaya III. Les purges font plusieurs milliers de morts dans les différentes
wilayas et éliminent notamment de nombreux officiers haut gradés, des ex-médecins-chefs, des
pharmaciens, des ex-étudiants et aspirants sanitaires96. Lorsque le commandement français
décide de déclencher les grandes opérations prévues par le plan Challe (1959-1961), les maquis
sont déjà considérablement affaiblis par ces purges internes.
L'arrivée du général Charles de Gaulle à la tête du pouvoir français stabilise la situation du point
de vue politique. Il engage une lutte contre les éléments de l'armée de libération nationale
algérienne et il apporte les réformes attendues pour donner davantage de droits aux Algériens.
Le référendum du 28 septembre 1958 est approuvé par 96 % des Algériens, Européens et
musulmans, soit 75 % des 4 412 171 électeurs inscrits, en dépit des appels en faveur du
boycottage lancé par le FLN. Il s'agit du premier scrutin auquel les femmes algériennes
participent97,98.
L'Armée française élimine presque tous les réseaux de l'Armée de libération nationale en Kabylie
et dans quelques régions sensibles lors de différentes opérations. 26 000 « combattants » sont
tués, 10 800 prisonniers capturés, 20 800 armes récupérées. Le plan Challe a entraîné, en
quelques mois, la suppression de la moitié du potentiel militaire des wilayas. Les
colonels Amirouche Aït Hamouda et Si El Haouès sont tués lors d'un accrochage avec les
éléments de l'Armée française. Le FLN très amoindri appelle les éléments de son armée à tenir
jusqu'au bout.
En 1959, Messali Hadj sort de prison, il est assigné à résidence surveillée en France99. Les
Algériens en France organisent des attentats et des manifestations en France en faveur du FLN.
Début 1960, la semaine des barricades à Alger fait 22 morts algériens et des centaines de
prisonniers. Le général de Gaulle annonce la tenue du référendum pour l'indépendance de
l'Algérie. Les Algériens sont tenus à se prononcer. Certains généraux français se rebellent contre
l'autorité du général lors du coup d'État du 13 mai 1958 et du putsch des généraux en avril 1961
qui reste sans lendemain. Le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) est
proclamé. Ferhat Abbas décline l'invitation française. Le colonel Houari Boumédiène est alors le
chef de Armée de libération nationale.
En 1960, l'ONU annonce le droit à l'autodétermination du peuple algérien. Le côté français
organise des pourparlers avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne.
Le Référendum sur l'autodétermination en Algérie a lieu dès janvier 1961, en France
Métropolitaine et en Algérie française à la fois. Au total, 76 % des Français ont voté et 75 % ont
dit oui l'autodétermination, même si le « Non » est majoritaire dans la ville d'Alger, peuplée de
nombreux Européens.
Plusieurs réunions à l'extérieur du pays vont aboutir aux accords d'Évian (18 mars 1962). Le
colonel Houari Boumédiène refuse que les pieds-noirs restent en Algérie. Sur le terrain, les
accords d'Évian, loin d'apporter aux populations la paix attendue, inaugurent une période
de « violence extrême »100 : pour les rendre inapplicables, l'OAS intensifie les attentats,
provoquant des réactions de l'ALN qui dépassent « par leur ampleur le stade des
représailles »101 ; les enlèvements d'Européens et les massacres de harkis et de notables pro-
français se multiplient101. Un million de Français (pieds-noirs, harkis, Juifs, etc.) doit quitter
l'Algérie en quelques mois, principalement d'avril à juin 1962. Le massacre d'Oran (5 juillet 1962)
précipite encore les départs.
Une partie de la population d'Algérie s'oppose à la Révolution algérienne. Les figures majeures
de ce mouvement anti-indépendantiste sont le bachaga Saïd Boualam (communauté
musulmane) ainsi que le général Edmond Jouhaud et Jean-Jacques Susini (communauté
européenne).
Le référendum d'autodétermination (1er juillet 1962) confirme les accords d'Évian avec 99,72 %
des suffrages exprimés.
Le bilan des pertes algériennes est sujet de nombreuses controverses. Les recherches les plus
récentes avancent des chiffres entre 250 000 et 300 000 morts102,103,104. La guerre fratricide entre le
FLN et le MNA, mouvement de Messali Hadj fait 4 300 tués et 9 000 blessés en France et
environ 6 000 tués et 4 000 blessés en Algérie105. Le FLN est responsable, entre 1954 et le 19
mars 1962, de la mort de plus de 16 000 civils algériens et d'environ 13 000 disparus105. Quant au
nombre de harkis massacrés après le cessez-le-feu, les estimations varient entre 15 000 et
100 000 personnes106,107.
Les conflits nés pendant la guerre d'Algérie et marqués par des luttes des clans au sein du Front
de libération nationale (FLN) se poursuivent. Deux factions revendiquent le pouvoir : d'un côté le
pouvoir civil et l'organe qui l'incarne, le GPRA appuyé par les wilayas III et IV, de l'autre côté le
pouvoir militaire à travers le « clan d'Oujda » et son « armée des frontières », dirigée par Houari
Boumédiène.

République algérienne, depuis 1962[modifier | modifier le code]


Article détaillé : Histoire de l'Algérie depuis 1962.

Période du parti unique[modifier | modifier le code]


Article détaillé : Crise de l'été 1962.

Population en liesse après la proclamation officielle de l'indépendance, le 5 juillet 1962.

L'indépendance en 1962 laisse le pays dans une situation difficile à la suite de la guerre, les
affrontements internes et le départ massif des Européens d'où provenait l'essentiel de
l'encadrement en place durant la période coloniale, ainsi que des rapports difficiles avec
la France et le Maroc voisin qui se traduit par le conflit de la guerre des Sables en 1963 puis la
crise entre les deux pays sur la question du Sahara occidental depuis les années 1970L 151.
Malgré un apaisement avec la signature du Protocole judiciaire franco-algérien du 28 août 1962,
l'armée française évacue ses dernières bases en Algérie qui constituent autant d'enclaves
autorisées par les accords d'Évian, Reggane et Colomb-Bechar (1967), Mers el-
Kébir (1968), Bousfer (1970) et B2-Namous (1978).
Le Gouvernement provisoire de la République algérienne est mis en échec par l'Armée de
libération nationale (ALN), qui place Ahmed Ben Bella à la tête du nouvel État, ce dernier va
ériger le Front de libération nationale (FLN) en parti unique et mène une
politique socialisante et populiste inspirée du modèle nassérienL 151. Le très faible taux de
scolarisation (environ 10 %) sous la période coloniale rend le pays démuni de cadres techniques
et administratifs. Il ne compte aucun architecte, seulement quelques dizaines d'ingénieurs et de
médecins et moins de 2 000 instituteurs108. Le 19 juin 1965, un coup d'État militaire va
placer Houari Boumédiène à la tête du pouvoir, il va continuer dans cette voie socialiste tout en
renforçant la planification de l'économie et la bureaucratie de l'ÉtatL 151.
Il entame une politique basée sur l'exploitation de la rente pétrolière pour la création d'une
industrie lourde « Révolution industrielle » au profit de la marginalisation de l'agriculture malgré la
« Révolution agraire »L 152. L'Algérie connait un développement économique et social important
sous son gouvernement. Entre 1962 et 1982, la population algérienne passe de 10 à 20
millions de personnes et, massivement rurale avant l'indépendance, est urbanisée à 45 %. Le
revenu annuel par habitant, qui n’excédait pas 2 000 francs (305 euros) en 1962, dépasse
11 000 francs (1 677 euros) vingt ans plus tard, tandis que le taux de scolarisation oscille de 75 à
95 % selon les régions, loin des 10 % de l'Algérie française. Cette scolarisation massive est
accompagnée sous le terme de « Révolution culturelle » d'une arabisation volontariste de
l'enseignement108.
Les possibilités agricoles étant significativement limitées par le désert, Boumédiène se tourne
vers le développement industriel. Un plan triennal est imaginé pour la période 1967-1969, auquel
succèdent deux plans quadriennaux (1970-1973 et 1974-1977). Ils s'accompagnent de grands
travaux, comme la Transsaharienne (ou « route de l'unité ») qui relie la Méditerranée à l'Afrique
noire ou le « barrage vert », forêt à planter en vingt ans pour empêcher l'avancée du désert108. Le
réseau routier est sensiblement étendu à l'intérieur du territoire algérien (le réseau développé
sous la colonisation restait circonscrit aux villes portuaires)L 152.
En 1979, Chadli Bendjedid devient le nouveau chef d'État. Il entame des réformes économiques
basées sur une libéralisation mal-gérée et alimentée par la corruptionL 152. L'effondrement des prix
des hydrocarbures en 1988, l'endettement de l'État et l'explosion démographique, vont accélérer
la crise du « modèle de développement algérien » et le système mis en place par le FLNL 152.
Le pouvoir doit aussi faire face aux premiers mouvements populaires depuis l'indépendance.
Face au Printemps berbère de 1980, puis aux émeutes de Sétif en 1986, il réagit par la
répression. Mais en octobre 1988, l'armée décide de tirer sur les émeutiers (plus de 500 morts).
Les autorités sont contraintes d'autoriser le multipartisme.

Vous aimerez peut-être aussi