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Napoléon III 

essaye de transformer la conquête en un « royaume arabe » associé à la France et


dont il serait lui-même le souverain.
Dans les faits, Napoléon III adopte dès 1863 un sénatus consulte destiné à garantir les terres des
tribus. Dans les faits, le sénatus consulte constitue surtout une étape en vue de la francisation de
la propriété foncière.
En 1865, 225 000 colons, français ou européens possèdent environ 700 000 hectares65.
Le 14 juillet 1865, un sénatus-consulte laissant « le libre choix de la citoyenneté française aux
Algériens tout en leur assurant sans condition les droits civils des Français ». Ce texte est
considéré comme le plus libéral de la législation coloniale française 66. Les Juifs d’Algérie peuvent
obtenir leur naturalisation française s'ils la demandent.
Le 27 décembre 1866, un décret crée des conseils municipaux élus par quatre collèges séparés
français, musulman, juif et étrangers européens ; les Français disposent des deux tiers des
sièges ; dans les « communes de plein exercice », les maires ont des adjoints indigènes.
À la fin du Second Empire, la population algérienne est confrontée à partir de 1866-1868 à des
difficultés agricoles considérables qui génèrent la Famine algérienne de 1866-1868.
L'installation des colons européens et évolution démographique[modifier | modifier le
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Articles détaillés : Algérie française et Pieds-Noirs.

Les premiers colons sont les militaires français débarqués en 1830 et leurs familles.

L'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne après la guerre de 1870 entraîne un exode de


population qui viendra s'établir en Algérie : plus de 500 000 hectares furent confisqués après la
révolte de 1871 et attribués aux réfugiés. Le nombre des colons passe de 245 000 en 1872 à
plus de 750 000 en 1914. De son côté les indigènes voient leur nombre passer de 2 000 000 à
5 000 000 grâce, en partie, à l'action sanitaire de la colonisation 67.
Sous la Troisième République (1870 à 1940) [modifier | modifier le code]
Article détaillé : Révolte des Mokrani.
Décret no 137, la Naturalisation des Indigènes musulmans et des Étrangers résidant en Algérie.

L'avènement de la Troisième République provoque de grands troubles en Algérie, notamment


entre civils et militaires. La Troisième République mène une politique d'assimilation : francisation
des noms, suppression des coutumes musulmanes.
Le 24 octobre 1870, les décrets du Gouvernement provisoire mettent notamment fin au
gouvernement militaire en Algérie, pour le remplacer par une administration civile, et accordent la
nationalité française aux Juifs d'Algérie par le décret Crémieux68. La très ancienne communauté
juive d'Algérie se trouve séparée des musulmans et bientôt exposée à l'antisémitisme qui gagne
les colons. Le décret Crémieux permet la promotion d’une communauté en majorité pauvre et
augmente la population française d’Algérie de 37 000 nouveaux citoyens. Le décret Crémieux
(1870) en accordant aux juifs algériens le même statut que les Français d'Algérie divise les
autochtones car les musulmans ne tiennent pas, dans un premier temps, à ce statut de citoyen
français, surtout en raison de leur culture et religion. Plus tard, on accordera la citoyenneté
française aux musulmans qui le demanderont expressément. Globalement, la communauté
européenne et la communauté musulmane vivent ensemble mais sans se mélanger.
À la suite des décrets, de la défaite de la France en Europe dans la guerre franco-prussienne, de
la lutte que se livrent colons et militaires pour le pouvoir et à cause de la condition misérable des
indigènes favorisée par plusieurs années de sécheresse et de fléaux, la dernière grande révolte
d'Algérie a lieu en 1871. Elle débute au mois de janvier avec l'affaire des Spahis, s'aggrave en
mars avec l'entrée en dissidence de Mohamed El Mokrani, qui fait ensuite appel au Cheikh El
Haddad, le maître de la confrérie des Rahmaniya. Plus de 150 000 Kabyles se soulèvent et le
mouvement touche une grande partie de l'Algérie. La révolte est cependant rapidement et
sévèrement réprimée.
Les biens des insurgés ayant échappé à la destruction sont confisqués selon les mesures
préconisées par le général de Lacroix en décembre 1871. La loi du 21 juin
1871 attribue 100 000 hectares de terres en Algérie aux immigrants d'Alsace-Lorraine. Le 26
juillet 1873, est promulguée la loi Warnier visant à franciser les terres algériennes et à délivrer
aux indigènes des titres de propriété. La loi Warnier donne lieu à divers abus et une nouvelle loi
la complétera en 1887. Son application sera suspendue en 1890.
Le Code de l'indigénat est adopté le 28 juin 1881, le code distinguait deux catégories de
citoyens : les citoyens français et les sujets français. Les sujets français soumis au Code de
l'indigénat sont privés de la majeure partie de leurs libertés et de leurs droits politiques ; ils ne
conservent au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.
Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la soumission des Beni-M'zab
du Mzab (1852) et celle du Souf, reculent les limites de l'Algérie jusqu'au grand désert, territoire
autonome, non soumis aux Ottomans, et jusque-là contrôlé par une confédération de tribus
nomades touarègues, les Kel Ahaggar. À la suite de la bataille de Tit, le lieutenant Guillo Lohan
reçoit la soumission à la France des Kel Ahaggar en novembre 1902, dans le Hoggar69.
Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : 2e régiment de tirailleurs algériens, Zouaves et Première Guerre
mondiale.
Pour faire face aux pertes humaines de la Grande Guerre, la France mobilisa les habitants
des départements français d'Algérie : Musulmans, Juifs et Européens. Selon Gilbert Meynier, ce
recrutement fut relativement facile grâce au paternalisme des officiers et dans une indifférence
générale malgré quelques révoltes en 1914 et 1917 : la seconde fut peut être inspirée par l'appel
des Turcs70.
Au cours de la Première Guerre mondiale, les tirailleurs et spahis musulmans ont combattu avec
les zouaves (et parfois tirailleurs) européens et juifs d'Algérie. 249 000 Algériens furent mobilisés
(73 000 mobilisés dans la population française, et 176 000 dans la population « indigène ») et ils
ont laissé de 38 000 à 48 000 des leurs sur les champs de bataille d'Orient et d'Occident de la
Première Guerre mondiale (dont 12 000 à 22 000 « Français de souche » et « néos », et
26 150 musulmans)71. Les Algériens ont été de toutes les grandes batailles de l'armée française
de la Première Guerre mondiale. Ils se sont distingués notamment à la Bataille de Verdun, sur la
Somme en 1916, ou encore au chemin de Dames en 1917.

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