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Les 

Romains conquirent la péninsule au IIe siècle av. J.-C., conséquemment à leur victoire


sur Carthage lors de la Deuxième guerre punique. En -197, ceux-ci divisent les territoires
ibériques qu'ils viennent de conquérir en deux provinces : l'Hispanie citérieure au nord, avec
l'ancienne cité égéenne puis ibère de Tarraco (Tarragone), devenue un campement et une
colonie romaine, comme capitale, et l'Hispanie ultérieure au sud, avec Corduba (Cordoue), un
ancien site de peuplement ibère devenu une place forte punique, pour capitale. Ils romanisent les
plus importants centres urbains préexistants de la côte méditerranéenne qu'ils ont conquis, et
fondent des colonies romaines ex-nihilo (par exemple, Italica dès -206 pour des vétérans de
la deuxième guerre punique). La Celtibérie est conquise à partir de -181, grâce à l'appui d'un
peuple rival, installé plus au nord dans les régions pyrénéennes, les Vascons, mais l'avancée des
Romains et de leur culture s'y révèlera plus lente, en raison de la résistance et des révoltes
fréquentes des Celtibères (comme en témoigne la guerre contre Numance de -153 à -133), ne se
terminant qu'en 19 av. J.-C. avec Auguste. La péninsule Ibérique est également l'un des terrains
de bataille des guerres civiles de la fin de la République romaine : notamment lors de la guerre
sertorienne opposant les partisans de Caius Marius alliés aux Ibères sous le commandement
de Quintus Sertorius à Rome désormais contrôlée par Sylla, de -83 à -72 ; c'est également
en Hispanie que se joue en partie la guerre civile entre César et Pompée, les deux provinces
étant initialement fidèles à ce dernier et où Jules César mène deux campagnes victorieuses,
la première en -49 et la seconde après la mort de Pompée, contre les derniers chefs des
Républicains (le fils de Pompée, Pompée le Jeune, et un ancien lieutenant de César, Titus
Labienus), de -46 à -45. Lors de la réorganisation de la gestion de l'empire par Auguste en -27,
celui s'attribue les trois nouvelles provinces qu'il vient de créer en Hispanie, qui deviennent ainsi
des provinces impériales, afin de parachever la conquête puis la pacification de la péninsule (ce
qui est fait en -19 après une campagne contre les peuples celtibères des Cantabres et
des Astures au nord).

L'Hispanie romaine sous Dioclétien.

L'Hispanie citérieure ou Tarraconaise, du nom de sa capitale Tarraco, la plus étendue, au nord et


à l'est, est celle où se concentre l'effort de conquête puis de pacification des Celtibères. Elle est
dirigée par un légat d'Auguste propréteur de rang consulaire et six légions y sont initialement
implantées pour la conquête (la Legio II Augusta jusqu'en -19, la Legio I Germanica jusqu'en -16,
la Legio  III  Macedonica jusqu'à 43, la Legio VI Victrix jusqu'en 68, la Legio IX Hispana jusqu'en -
13, la Legio X Gemina jusqu'en 63). Après la victoire d'Auguste en -19 et la fin des campagnes,
trois légions y sont laissées en garnison : la Legio IV Macedonica peut-être à Pisorica (Herrera
de Pisuerga) ; la Legio VI Victrix à Legio (León) ; la Legio X Gemina à Petavonium (Rosinos de
Vidriales). Après 63 et jusqu'à la chute de l'Empire romain, il n'en reste plus qu'une, en garnison
à Legio : la Legio VI Victrix vite remplacée par la Legio VII Gemina fondée en 68. Auguste a
également fondé dans la province plusieurs colonies romaines pour vétérans : par
exemple, Caesaraugusta (Saragosse), qui se mêle ainsi à la population ibère déjà installée dans
la cité préexistante de Salduie. L'essor économique de cette province est assuré par l'exploitation
de l'étain dans les Asturies et par la production de blé, de vin et d'huile d'olive, denrées exportées
vers Ostie depuis les ports de la côte orientale dont surtout Tarraco et Carthago
Nova (Carthagène). À la suite de la réorganisation de l'empire menée par Dioclétien entre les
années 284 et 305, cette province d'Hispanie citérieure est la seule de la péninsule ibérique à
connaître des modifications territoriales en étant divisée en trois :
la Tarraconaise avec Tarraco au nord-est, correspondant plus ou moins aux communautés
actuelles de Catalogne, d'Aragon, de Navarre et du Pays basque, conservant Tarraco comme
capitale ; la Gallaecia ou Gallécie au nord-ouest, avec les communautés autonomes actuelles
de Galice, des Asturies et les provinces espagnoles actuelles de León et de Zamora, ainsi que le
nord du Portugal, avec Bracara Augusta (Braga) comme capitale et qui conserve l'unique légion
d'Hispanie ; la Carthaginoise, au centre et à l'est de la péninsule, sur les territoires actuels de
la communauté valencienne, de l'est de l'Andalousie, de la Murcie et d'une grande partie de
la Castille, avec Carthago Nova (Carthagène) comme capitale.

Vestiges du temple d'Auguste de Barcino (Barcelone).

La Bétique, qui tire son nom du fleuve Betis (aujourd'hui le Guadalquivir), correspondant plus ou


moins à l'actuelle Andalousie au sud, avec Corduba pour capitale. Pacifiée et déjà largement
romanisée, avec un réseau dense de cités (175, dont neuf colonies, du temps de Pline l'Ancien13),
elle est rétrocédée par Auguste au « peuple romain » vers -16 ou -13, devenant ainsi
une province sénatoriale gouvernée par un propréteur. Aucune légion n'y est jamais implantée, et
cette province n'a connu que peu de troubles jusqu'au Ve siècle, à l'exception d'une expédition
de Maures révoltés venus d'Afrique du Nord vers 180. Elle est également riche sur le plan
économique, avec l'essentiel des ports intégrés au commerce impérial, et grâce à l'exploitation
minière ou encore la production et l'exportation du garum (par exemple à Baelo Claudia).
La Lusitanie, à l'ouest, correspondant en grande partie à l'actuel Portugal et à certaines régions
du León et de l'Estrémadure espagnol. Elle est dirigée par un légat d'Auguste propréteur de rang
prétorien, chargé à l'origine de pacifier et de contrôler les Lusitaniens, mais sans disposer
d'aucune légion. La province reste pour autant paisible jusqu'à la chute de l'Empire romain
d'Occident, et connaît, comme la Bétique voisine, une certaine prospérité économique grâce à
l'exploitation minière (notamment du cuivre et de l'argent, par exemple avec la mine
de Vipasca à Aljustrel) ou à la production et à l'exportation du garum. La colonie de vétérans.

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