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Matière : Charpente métallique CM

Niveau : 3ème LMD (GC+ TP)

Chapitre II. Notions de base et de sécurité

II.1) Aspect réglementaire et notion de sécurité :


Le C.C.M.97 aujourd’hui en vigueur dans notre pays, constitue le premier règlement algérien
de conception et de calcul de structures métalliques, en plus de la réglementation européenne
(Eurocode 3). La sécurité est définie comme l’absence du risque dans le domaine de la
construction. Un ouvrage en acier doit être conçu et calculé de manière à présenter une
sécurité liée à l’existence et à l’utilisation de cette construction. En général les risques sont :
- La ruine de l’ouvrage ou de l’un de ses éléments,
- Un comportement anormal susceptible d’affecter la durabilité,

II.2. États limites :


Pour dimensionner une structure ou un élément de structure, il faut se fixer des limites en
dessous desquelles il faut rester. Lorsqu'on atteint ces limites, appelées états limites, la
structure ou l'élément ne sont plus aptes à remplir leurs fonctions.
Les états limites sont classés en :
- États limites ultimes,
- États limites de service.

a- États limites ultimes (ELU)


Un état limite ultime est atteint lorsqu'il y a ruine ou la rupture de la structure ou d'une partie
(perte de stabilité/ Perte d'équilibre). C’est une menace pour la sécurité des personnes.

b- États limites de service (ELS)


Les états limites de service sont associés à l’esthétique de la structure (fissuration nuisible) et
au confort des occupants (déformations excessives et vibrations). Donc ELS Les sont atteints
lorsque la structure est inapte à remplir les fonctions pour lesquelles elle a été conçue.

II.3 Actions et sollicitations:

 Actions F : On appelle action (F), les forces et les charges appliquées à la structure. On
distingue 3 types d’actions:

1
 Charges permanentes G
- Poids propre de tous les éléments constituant l’ouvrage terminé.
- Action de la précontrainte,
 Les actions variables Q
- Les charges d’exploitation, Qe (Personnes, meubles déplaçables)
- Action du vent, QW
- Action de la neige, QS
- Action des gradients thermiques QT (variation de la température de –33°à +25°).

 Les actions accidentelles A


- Explosion,
- Séisme,
- Chocs de véhicules

 Sollicitations S :
Les sollicitations sont les efforts internes (compression, traction, cisaillement) et des moments
internes (flexion, torsion) dus aux actions.

II.4) Combinaisons d’actions :


Pour déterminer les sollicitations, on utilise les combinaisons d’actions proposées par le
CCM.97. Ces combinaisons utilisent le principe de pondération des charges aves des
coefficients multiplicateurs.

 Combinaisons d’actions à L’ELU :


La combinaison fondamentale s’écrit en fonction des actions permanentes Gi et de n actions
variables Qi. Soit Q1 l’action variable de base choisie avec sa valeur nominale et Qi les
actions variables d’accompagnement avec leurs valeurs

 j
Gi.Gi +Q1. Q1 + 
i 1
Qi. iQi

: Coefficients partiels de sécurité partiels 


0 , 1, 2 : Coefficients qui tiennent compte de la possibilité de la simultanéité des actions.

Cas Gi Qi Combinaison

Effet défavorable Général 1.35 1.5 1.35 Gi + 1.5Qi


Effet favorable Rare 1 0 Gi

2
n
Combinaisons d’actions accidentelles :  j
Gi.Gi +Q1. Q1 + 
i 1
Qi. iQi + A

Accidentelle Gi Qi A Combinaison

1ère Situation 1 1 1 Gi + Qi+A


2ème Situation 1 1 1.2 Gi + Qi+1.2 A
3ème Situation 0.8 0 1 0.8 Gi + A

 Combinaisons d’actions à L’ELS :

Elles servent exclusivement pour le calcul et la vérification des déformations (flèches et


n
déplacements). La combinaison fondamentale s’écrit :  j
G + 0,9 
i 1
.Qi

Cette combinaison peut être remplacée par :


n
Combinaison rares :  j
Gi + Q1 + 
i 1
iQi
n
Combinaisons fréquentes :  j
Gi + Q1 +  i 1
.iQi
n
Combinaisons quasi-permanentes :  j
Gi + 
i 1
.iQi

Généralement la combinaison s’écrit : Gi + Q1

 Une action variable se présente de plusieurs façons qui dépendent de la durée


d’application et de sa fréquence.
Valeur de combinaison 0.Q
Valeur fréquente : 1.Q
Valeur quasi-permanente : 2.Q

   
Charge d’exploitation Q Habitations, résidentiels et 0,7 0,5 0,3
bureaux
Commerces et lieux de réunions 0,7 0,7 0,6
Stockage 1 0,9 0,8
Charges dues à la neige H > 1000m 0,7 0,5 0,2
H < 1000m 0,5 0,2 0,0
Charges dues au vent sur les bâtiments 0,6 0,2 0,0
Température (hors incendie) dans les bâtiments 0,6 0,5 0,0

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II.5 Principes de vérification:
Les composantes horizontales d’une structure doivent avoir des flèches qui restent dans les
limites appropriées à l’usage d’utilisation de la construction. Pour respecter les conditions de
service, les flèches calculées doivent rester inférieures aux flèches admissibles. fca l ≤ f adm

Valeurs limites admissibles recommandées des déformations


Toitures en général L/200
Flèches
verticales Planchers en général L/250
Planchers supportant des L/400
poteaux
poteaux de portiques en général  L /300
Flèches
Horizontales
poteaux de portiques avec un pont roulant  L /500

Quels cas courants de flèche calculé des poutres sous des cas de chargement et des conditions
d’appuis.
Flèches calculés des poutres sur deux appuis
Schéma statique Flèche maximale δmax
P l3
48 EI

P a (3l²-4a²) /24.E.I

5q  l 4
384 EI

P l3
192 EI
q  l4
384  EI

q  l4
185  EI

4
7.P  l 3
768  EI

II.6 Classification des sections transversales :


Les parois des profilés de construction sont relativement minces comparées à leur largeur,
lorsqu'elles sont sollicitées en compression elles peuvent se voiler localement. On peut éviter
une ruine prématurée provoquée par les effets du voilement local en limitant le rapport
largeur/épaisseur des parois individuelles au sein de la section transversale. Ceci constitue la
base de l'approche par classification des sections transversales.

- Quatre classes de sections transversales sont définies allant de classe 1 (La plus
performante) à la section 4 (La plus fragile) :
Classe 1 : Sections transversales pouvant atteindre leur résistance plastique sans risque de
voilement (Grande capacité de déformation).
Classe 2 : Sections transversales pouvant atteindre leur résistance plastique sans risque de
violement (Capacité de déformation limitée).
Classe 3 : Sections transversales pouvant donner une résistance élastique, mais sans atteindre
une résistance plastique à cause du voilement local.
Classe 4 : Sections transversales ne pouvant même pas donner une résistance élastique à
cause de l’apparition prématurée du voilement durant cette phase.

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II.7 Étapes de la classification d’une section transversale :
La classification d’une section transversale doit d’abord passer par la classification de ses
parois localement comprimées.
 Âme comprimée (où une partie de l’âme comprimée) :
 S’agissant d’une paroi interne perpendiculaire à l’axe de flexion, il faut prendre la hauteur
de la partie droite de l’âme « d »

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 Calculer le rapport ε :  
fy (N/mm2)

 Calculer le rapport d/tw pour une comparaison avec la valeur limite fixée
 Classer l’âme en fonction du type de sollicitation (Flexion= colonne1, compression =
colonne 2 et flexion composé = colonne3).
 Pour les sections I et H laminées soumises une flexion composée autour de l’axe y-y, si
une distribution plastique des contraintes est adoptée sur la paroi âme, le rapport α peut

1 
 h  1 N sd  t f  r   1
être calculé avec la formule suivante :  
c
 2 2 2t w f y

 Si la valeur du rapport d/tw est supérieure à celle fixée pour la classe 3, alors la section de
l’âme est de classe 4.

 Semelle comprimée (où une partie de la semelle comprimée :


 En distinguant entre une paroi interne et une paroi en console.

Paroi en console
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Paroi interne

 IL faut respecter la similitude de la semelle avec une forme proposée dans les tableaux
pour mesurer les valeurs de b (paroi interne) où c (paroi en console) et tf

235
 Calculer le rapport ε :   étant calculé, il faut tenir compte du type de
fy

formage du profil (Laminé où Soudé) pour la classification.

 Retenir le type de la sollicitation dans la paroi pour calculer le rapport exigé


 Dans la colonne convenable, classer la semelle moyennement le rapport calculé
 Si la valeur calculé du rapport est supérieure à celle fixée pour la classe 3, alors la section
de la semelle est de classe 4.
 Les différentes parois comprimées d’une section (âme où semelle) souvent de classe
différentes. La classe de la section sera, en ce cas la plus haute.

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Tableau 1 : Classification des âmes

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Tableau 2 : Classification des parois internes de semelles

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Tableau 3 : Classification des parois de semelles en console

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