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Faculté des Sciences juridiques, Économiques et Sociales

-KENITRA-

Finances publiques :
Conceptions théoriques

La version d’essai

A.BENSBAHOU
Plan
I. Définition et champ d'application des finances

publiques

II. La distinction entre finances publiques et finances

privées

III. Finances publiques: Evolution des conceptions

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I- Définition et champ d'application des finances publiques

Définition juridique: Les finances publiques correspondent


à « l’étude des moyens par lesquels l’Etat se procure les
ressources nécessaires à la couvertures des dépenses
publiques, et répartit la charge entre tous les citoyens »
Gaston jèze (1912)
Définition économique: Les finances publiques est «
l’étude des moyens par lesquels l’Etat cherche à réaliser,
en même temps la couverture des dépenses publiques
par des ressources publiques, des interventions dans le
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domaine économique et social »


I- Définition et champ d'application des finances publiques

Deux façons d’analyser les finances publiques:


La conception classique: Les finances publiques sont
l’ensemble des recettes et des dépenses des personnes
publiques.
La conception dynamique: Les finances publiques sont un
instrument des politiques publiques

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I- Définition et champ d'application des finances publiques
A- La conception classique : Les recettes et les dépenses
des personnes publiques

Les finances publiques sont les recettes et les dépenses


des différentes personnes publiques.
Ces personnes publiques sont au nombre de trois:
- L'Etat
- Les collectivités territoriales (communes, régions….
- Les établissements publics (entreprises publiques,
organismes publics…
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I- Définition et champ d'application des finances publiques

Dans un régime concentré, les finances publiques


permettent aux personnes publiques d'agir sur la société.
Dans une telle situation, les finances publiques sont les
finances de l'Etat, et accessoirement des collectivités et
des établissements publics.
Cette définition est considérée comme un peu trop
simple, trop statique, et ne raconte que très partiellement
ce que sont les finances publiques au moins pour deux
raisons:
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I- Définition et champ d'application des finances publiques

- D’abord, Il est un peu simple aujourd'hui, de considérer


que les finances publiques seraient uniquement et
prioritairement les finances de l'Etat. Il y a eu
d'importantes réformes de décentralisation. En
conséquence, les compétences des communes,
départements, régions, se sont élargies. De ce fait, les
budgets des collectivités ont connus une très forte
croissance.
- Ensuite, on affirme classiquement, que les budgets des
finances publiques sont les budgets des personnes
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publiques. Or il y a une distinction nette à faire entre les


personnes publiques et les personnes privées.
I- Définition et champ d'application des finances publiques

- La conception classique est trop statique: Jusqu'aux


années 1950, on a considéré que les finances publiques
c’est d’écrire les budgets publics et les règles qui
permettent de les adopter (discussion, amendement, vote...

C/c: Les finances publiques sont avant tout un moyen d'expression


politique décidée par les personnes publiques, et parfois privées.
A travers le budget on comprend la ou les politiques qui ont été

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décidées par les personnes publiques.
I- Définition et champ d'application des finances publiques
B- Une conception plus dynamique: L'instrument des politiques
publiques.
1/ Importance et diversité des budgets publics
Les finances publiques ne sont pas simplement la description et
l'analyse des recettes des dépenses et des règles qui
permettent de les adopter.
Mais également, la façon dont sont décidées les différentes
politiques publiques.
Etudier les finances publiques, c'est étudier la façon dont les
personnes publiques, et parfois aussi les personnes privées,
réalisent leurs politiques. Ceci conduit à une conception
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beaucoup plus large du champ d'application des finances


publiques.
I- Définition et champ d'application des finances publiques

On pourrait considérer que les finances publiques


concernent principalement 4 grands secteurs:
1- L'Etat.
2- Les collectivités locales, territoriales et les
établissements publics.
3- Les organismes à caractère industriel et commercial.
4- La protection sociale

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I- Définition et champ d'application des finances publiques

1- L'Etat. Le budget principal, le plus important. Il est le


décideur lorsqu'il s'agit de créer des impôts et de les
supprimer. L'étude des finances publiques reste
prioritairement l'étude du budget de l'Etat.
2- Les collectivités locales, territoriales et les
établissements publics. Dotés d'une parfaite autonomie
financière, une commune, un département, une région
vote son budget, fait ses choix et emprunte auprès du
système bancaire.
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I- Définition et champ d'application des finances publiques

3 - Les organismes à caractère industriel et commercial.


Il peut s'agir d’établissements publics à caractère
industriel et commercial (EPIC) gérés comme des sociétés
privées, alors que ce sont des personnes publiques.
Dans ce secteur il y a aussi des sociétés anonymes où
l'Etat détient une partie du capital.
Des institutions financières très importantes contrôlées à
100% par l'État, et qui constituent le bras armé financier
de l'Etat pour les plans de relance (rôle économique et
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social)
I- Définition et champ d'application des finances publiques

4 - La protection sociale. De façon classique on considère


que ces dépenses ne sont pas à classer dans les
« finances publiques », car les dépenses sociales, de santé
et de retraite, ne sont pas financées par l’impôt mais par
des cotisations sociales des employeurs, des salariés.
Donc gérés par les "partenaires sociaux".

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I- Définition et champ d'application des finances publiques

Cependant ces dépenses sociales, ont connues un très


fort accroissement (augmentation des dépenses de santé, des
retraites…). Donc on a tendance à financer les dépenses
sociales au sens large par de la fiscalité, ce qui les faits
entrer dans les finances publiques.
De ce fait là, on a une conception beaucoup plus large
des finances publiques.

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II- La distinction entre finances publiques et finances privées

§ Il y a un nombre important de personnes publiques,


établissements publics industriels et commerciaux
essentiellement (EPIC) qui pour leur fonctionnement obéissent
bien au droit public. Mais une bonne partie des règles de
gestions ou de comptabilité sont des règles de droit privé.
§ Au sein des EPIC, l'objectif de rentabilité est devenu
prioritaire. On est à mis chemin entre les finances publiques et
les finances privées.
§ Les modes de gestions sont privées mais les capitaux sont
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publics, un régime mixte qui obéit au droit public.
II- La distinction entre finances publiques et finances privées

§ Il y a des personnes privées, qui sont totalement


soumises au droit privé et commercial, au droit des
affaires. Mais à un moment donné peuvent recevoir des
aides publiques (subventions). Par conséquent il y aura
un contrôle sur le bon usage de ces aides au travers la
cour des comptes, l'inspection des finances…
§ L'ensemble des organismes de sécurité sociale et de
retraites, sont désormais financés de façon plus
importante par l'impôt que par les simples cotisations.
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Donc désormais les parlementaires examinent les
comptes de la sécurité sociale.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

Si aujourd'hui tout le monde admet bien que le budget


est un moyen d'intervention et qu’il a des effets sur
l’économie, cela n'a pas toujours été le cas;
A la période classique, on souhaitait qu'il y ait une
neutralité budgétaire. Par contre, aujourd’hui, la loi de
finance est devenue un moyen d'agir pour relancer
l'économie ou pour la stabiliser.
La neutralité budgétaire n’est plus à l’ordre du jour. On est
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passé d’une définition juridique à une définition


économique des finances publiques.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

Quant on dit que le budget est un moyen d'intervention; cela


veut dire quoi?
v Tout d'abord un budget exprime toujours le choix d'une
politique, il n'y a pas de budget neutre. Mais Il y a des
objectifs qui sont privilégiés au moment de sa préparation.
C'est pour cela que le débat d'orientation budgétaire est
important pour connaitre les grands choix que le
gouvernement s'apprête à proposer. L’arbitrage entre les
choix possibles exprime une politique volontaire.
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III- Finances publiques: Evolution des conceptions

v Il n'y a pas que ces choix. Par elles mêmes les recettes
et les dépenses ne sont pas neutres:
• Chaque impôt a ses propres conséquences
économiques: l'augmentation ou la baisse d’un impôt ou
d’une taxe aura des effets économiques sur le comportement des
agents économiques.
Donc l’Etat peut utiliser la fiscalité pour relancer
ponctuellement certains secteurs ou pénaliser d’autres
(incitations, exonérations, défiscalisations, sur-
taxations…).
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III- Finances publiques: Evolution des conceptions

• Chaque dépense, par sa quantité et sa qualité a


des effets sur l'économie; décider de faire des grands
travaux peut aider quelques grandes entreprises (cas
des marchés publics); privilégier des dépenses en terme
de recherche peut apporter un soutien à d'autres
types d'activités; augmenter les traitements des
fonctionnaires, peut leur donner un nouveau pouvoir
d'achat.
Chaque dépense aura une signification et donc un
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effet économique.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

Traditionnellement on n’a pas toujours admis cette


évidence et on considérait que le budget de l'Etat devait
être neutre. On estimait que l‘Etat ne devait pas intervenir
sur l'économie on croyait que le budget de l'Etat ne
servait qu’à financer les pouvoirs publics sans , avoir
d'effet.
C'est la 1ère guerre mondiale qui a conduit un passage
des finances classiques (où le respect de la neutralité
budgétaire est une exigence), à celles d’aujourd’hui (où les
finances publiques jouent un rôle fonctionnel).
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III- Finances publiques: Evolution des conceptions

A- La période des finances publiques classique: la neutralité


budgétaire ( 1814 – 1ère Guerre Mondiale) : Etat gendarme

Les auteurs classiques estimaient que le budget ne doit pas


avoir d'effet sur l'économie. Ce serait dangereux que le budget
de l‘Etat modifie des effets sur le fonctionnement de
l'économie. Il faut veiller sur la neutralité du budget de l‘Etat.
On faisait confiance aux comportements individuels, et on
croyait que l'économie serait en quelque sorte organisée par
des lois naturelles: C'est la formule "laisser faire, laisser passer".
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Quatre caractéristiques fondamentales résultent de cette


vision:
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
A- La période des finances publiques classique: la neutralité
budgétaire ( 1814 – 1ère Guerre Mondiale) : Etat gendarme

1- La neutralité: L‘Etat ne doit pas intervenir dans le domaine


économique et social qui relève de l'initiative privée. Dans les
budgets de ce siècle, il n'y a pas de dépense correspondant à
une relance. Pas de réduction des inégalités, pas de
redistribution de la richesse…(voir Thomas PIKETTY: le capital du
21ème siècle)
2- Une limitation des dépenses: Puisqu'il n'y a pas de dépenses
d'intervention, de distribution de la richesse, les budgets de
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l'époque ne finançaient que les services publics essentiels tels


que l’ordre et la sécurité.
3 - Une limitation des ressources: fondées de façon quasi
exclusive sur l'impôt où le minimum d’impôt doit être la règle
car le prélèvement fiscal engendre une diminution de
l’épargne et de l’investissement.
Le rejet ou inexistence d’autres ressources possibles: Pas de
ressources domaniale; pas d’exploitation des forêts; pas de
location du domaine public; pas de recettes d'exploitations…
On se méfie de l'emprunt. On le considère comme dangereux
car il faudra le rembourser et présente le risque de la
banqueroute de l’Etat (cycle d’endettement)
On s'interdit aussi l'emprunt car l’Etat risque de capter des
moyens financiers qui devrait aller vers l'entreprise (Eviction et
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dysfonctionnements).
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
A- La période des finances publiques classique: la neutralité
budgétaire ( 1814 – 1ère Guerre Mondiale) : Etat gendarme

4- L'équilibre budgétaire: On estime que l'équilibre budgétaire


est une nécessité qu’il ne faut pas y déroger, car:
- L'équilibre budgétaire est une garantie de la neutralité,
- On raisonne un peu comme pour les finances privées car on
croit qu'il serait dangereux d'avoir un budget en déséquilibre
négatif.
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- Le risque que l‘Etat soit en faillite.


III- Finances publiques: Evolution des conceptions
B- L'EVOLUTION DU RÔLE ECONOMIQUE ET SOCIAL DE L'ETAT

Selon la théorie libérale de la « main invisible » d'Adam


Smith, la poursuite des intérêts individuels débouche sur le
bien être collectif dans le cadre d'une économie de
marché qui se régule automatiquement.
Dans ce cas, l'intervention de l'Etat dans l'économie doit
être limitée aux fonctions de « L’Etat minimal » ou de « l'Etat
Gendarme » : ces fonctions sont:

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III- Finances publiques: Evolution des conceptions
B- L'EVOLUTION DU RÔLE ECONOMIQUE ET SOCIAL DE L'ETAT

ü La protection des individus : Armée, Police, Justice.


ü La protection des marchés : lois anti-trust, droit de
propriété…
ü La prise en charge des infrastructures (bien collectifs) non
rentables et indispensables à l'économie (routes, etc.) car :
• Leur consommation est collective. Aucun individu n'est prêt
à en payer le prix.
• Leur coût marginal est nul. On ne peut en déterminer le
prix.
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• Aucune entreprise privée n’est prête à les fournir (non


rentable) alors qu'elles dégagent des externalités positives.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
B- L'EVOLUTION DU RÔLE ECONOMIQUE ET SOCIAL DE L'ETAT

Etat
gendarme

Sécurité Sécurité Consommation


intérieure extérieure collective

Au cours du 19ème siècle, l'Etat s'est grandement conformé aux


principes préconisés par les libéraux. Son poids dans
l'économie reste faible et les dépenses publiques n'excèdent
pas 10 à 12% du PIB, soit un niveau inférieur de 3 à 5 fois au
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niveau actuel.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
B- L'EVOLUTION DU RÔLE ECONOMIQUE ET SOCIAL DE L'ETAT

La structure des dépenses publiques est restée bien


conforme aux fonctions de l'Etat Gendarme. La défense,
les pouvoirs publics, les transports représentent plus de la
moitié des dépenses publiques. Les interventions
économiques (hors poids de la dette) et sociales sont quasi
inexistantes.
Dépenses publiques en % du PIB

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III- Finances publiques: Evolution des conceptions
C- Les conceptions actuelles : La prise en compte des
conséquences économiques du budget : Etat providence
L’expression "État-providence" au sens étroit aurait été employé pour
la première fois Emile Ollivier en 1864, afin de dévaloriser la solidarité
nationale organisée par l’État par rapport aux solidarités
professionnelles traditionnelles:

Etat providence

Au sens large : Au sens étroit


toutes les interventions
La version d’essai l’intervention de l’État
économiques et dans le domaine social,
sociales de l'Etat. (système de protection
sociale).
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
C- Les conceptions actuelles : La prise en compte des
conséquences économiques du budget : Etat providence

Etat
providence

Redistribution des revenus Production de


Régulation de
et protection sociale services non
l’économie
marchands

Aujourd'hui on ne fait plus confiance dans les lois naturelles,


on attend de l‘Etat qu'il maintienne les grands équilibres
économiques.
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Pourquoi est-on passer d'un Etat neutre à un Etat principal


acteur de la vie économique?
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

D- Les causes d'une transformation des conceptions budgétaires:

q Les guerres mondiales


ü L'ensemble de la société, doit soutenir l'effort de guerre, et
donc toute l'économie et la production industrielle surtout a
travers la production des armes .
ü A l‘Etat qu'il revenait d'organiser cet effort, et de transformer
une économie de paix en une économie de guerre: définition
des productions, leurs rythme, choix de matériels, ... .
ü C'est à l‘Etat de remplacer la main d'œuvre masculine qui
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était au front par une main d'œuvre féminine a travers une
politique de réallocation du facteur travail.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

D- Les causes d'une transformation des conceptions budgétaires:

üC'est l‘Etat et les collectivités locales qui ont été amenés à


suppléer les entreprises défaillantes et d’assurer les transports le
ravitaillement…
ü L‘Etat a pris en charge l'essentiel de l'activité économique,(
passeur d'ordre, maintien des entreprises…)
ü C'est à l‘Etat qu'il est revenu d'apporter les aides nécessaires
à la reconstruction des dégâts, des aides aux veuves et aux
orphelins...
Dans cet environnement, le "laisser faire, laisser passer" n'a
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plus de sens. C’est à l‘Etat d’apporte tous les moyens


nécessaires au redémarrage de l'économie.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

D- Les causes d'une transformation des conceptions budgétaires:

q Les crises économiques: Les interventions de l‘Etat vont se


poursuivre parce qu’à peine l'effort de reconstruction est-il en
bonne voie, qu'intervient la crise de 1929 pour en limiter les
conséquences.
Selon A.T. Peacock et J. Wiseman « la crise de 1929 et les deux
guerres mondiales ont provoqué une hausse des prélèvements
et des dépenses publiques (« effet de déplacement ») que l'on
ne peut remettre en cause parce qu'ils sont entrés dans les
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mœurs (« effet de cliquet »).


III- Finances publiques: Evolution des conceptions
D- Les causes d'une transformation des conceptions budgétaires:

qLa transformation de la société


La transformation d'une société rurale à une société urbaine
et industrielle, nécessite un d’accompagner de la part de
l’Etat (construction des logements, mise en place du
transport public….) . Les individus ne pouvaient pas à eux
seuls supporter un tel effort.
q Les conséquences du progrès techniques
Le chemins de fer, l'énergie, l'électricité, nécessitaient des
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investissements lourds que les personnes privées ne


pouvaient pas les supporter.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
q Le développement économique. En 1867, dans ses «
Fondements de l’économie politique », Adolf Wagner explique
que « plus la société se civilise, plus l’État est dispendieux » (loi
de Wagner) c-à-d que la croissance de l'intervention de l'Etat
est liée au développement économique d’un pays. Car:
§ La complexité croissante de la société oblige l'Etat à
coordonner les activités économiques.
§ En s'enrichissant, les ménages modifient la structure de leur
consommation au profit des services non marchands
(l’éducation, les dépenses culturelles).
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§ La taille des investissements s'internationalise et nécessite des


capitaux publics (infrastructures d’accueil).
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
D- Les causes d'une transformation des conceptions budgétaires:

Plus précisément, l’élasticité des dépenses publiques par


rapport au revenu national devient supérieure à l’unité.
Si l’on a: G: dépense publique; ΔG: variation de cette
dépense publique; Y: revenu national et ΔY: variation de
ce revenu. L’élasticité est donnée de la manière suivante :
ΔG /G
>1
ΔY/Y

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Ainsi, si le PIB varie de 1 %, les dépenses publiques vont


varier de plus de 1 %.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

D- Les causes d'une transformation des conceptions budgétaires:

q Les insuffisances du marché. J.M.Keynes a montré que


le marché n'était pas capable d'aboutir spontanément
au plein emploi. L'intervention de l'Etat est donc
nécessaire. L’Etat doit gonfler la "demande effective"
pour relancer la production et l'emploi au travers les
politiques conjoncturelles surtout. Il a donc une fonction
de régulation du marché par l’Etat.
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III- Finances publiques: Evolution des conceptions

D- Les causes d'une transformation des conceptions budgétaires:

q Le développement de la protection sociale


Le développement économique et l’évolution des rapports
sociaux conduisent l’État à remplir une fonction de
régulateur social de plus en plus importante. Une
intervention qui complète celles des familles, des
associations de charité…

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III- Finances publiques: Evolution des conceptions

E- La théorisation des effets économiques du budget

Se sont les années 20 du siècle précèdent qui ont été les


plus fécondes pour théoriser une transformation des
conceptions en matière de finances publiques. Le
principal auteur c'est Keynes.
Néanmoins une critique s'est développée, par la suite à
l'égard de la conception de Keynes.

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III- Finances publiques: Evolution des conceptions

1/ L'apport de Keynes aux finances publiques


John Maynard Keynes (1883-1946) est considéré comme étant
une des figures marquantes de la science économie qui a le
mieux compris les relations entre les finances publiques et le
fonctionnement de l'économie.
Il a la particularité d'avoir été un théoricien, mais également un
praticien (haut fonctionnaire du ministère des finances).

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III- Finances publiques: Evolution des conceptions

1/ L'apport de Keynes aux finances publiques

Ses fonctions:
-1919: un des représentants de la Grande Bretagne à la
conférence de la paix.
- Il en a démissionné pour protester contre les réparations
financières imposées à l'Allemagne, en estimant que l'on allait
créer des difficultés financières.
- Gouverneur de la banque d'Angleterre,
- Il a participé à la création du FMI (Fond Monétaire
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International).
- Il a participé aux accords de Bretton-Woods.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

1/ L'apport de Keynes aux finances publiques

- Le premier à dire que le déficit budgétaire peut être bon et


préconise volontairement de mettre le budget en déséquilibre
négatif.
Si le budget est en déficit il y a donc plus de dépenses, donc
l’Etat va acheter davantage de matériels, il va réaliser
davantage de travaux, donc les entreprises vont devoirs
répondre à cette demande supplémentaire de l’Etat, vont
accroitre leur production, et donc réalisent un meilleur chiffre
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d’affaire et vont donc être amenées à embaucher…


III- Finances publiques: Evolution des conceptions

1/ L'apport de Keynes aux finances publiques


Il y aura donc de nouveau salariés et donc moins de
chômeur.
Les salariés, reprennent confiance, et à leur tour vont
consommer et vont avoir des effets sur la production des
biens de consommation.
Les entreprises vont davantage produire et proposer ces
biens.
Ces salariés qui auraient (sans intervention de l’Etat)
couté beaucoup, sont devenus salariés et vont rapporter
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des recettes par leurs impôts.


III- Finances publiques: Evolution des conceptions

1/ L'apport de Keynes aux finances publiques

Le budget de l’Etat va finalement s’équilibrer grâce à la


croissance. L’Etat aura un budget bien au dessus que ce
qui aurait été prévu sans ce déficit.
L’Etat relance l’économie, et évite le chômage. Pour que
les flux financiers soient efficaces, il faut des avantages
fiscaux.
Ce raisonnement de Keynes, va trouver son application
avec la crise de 29 (Politique de grands travaux de
Roosevelt) et durant les 30 années glorieuses.
La version d’essai
III- Finances publiques: Evolution des conceptions

/ La critique du Keynésianisme et les conceptions actuelles

- Il ne suffit pas que l’Etat augmente ses dépenses pour


qu’automatiquement l’économie soit relancée, encore
faut-il que les entreprises ont la capacité de répondre
rapidement sinon on ne provoquera que de l’inflation.
Sans réduire le chômage, (pas d’effet en cascade).
(critique du monétariste M. Friedman)
- On peut provoquer aussi un déséquilibre de la balance
des paiements, (risque d’acheter à l’étranger. et de
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provoquer une relance mais dans l’économie partenaire.


III- Finances publiques: Evolution des conceptions

/ La critique du Keynésianisme et les conceptions actuelles


- Pour que les entreprises embauchent, encore faut-il
qu’il y est des personnes bien formées aux tâches pour
lesquelles les entreprises souhaitent embaucher. Une
main d’œuvre qui dispose d’une capacité d’absorption:
autrement dit une main d’œuvre bien formée qui n’est
peut être pas immédiatement disponible)

La version d’essai
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

a) – Les trois fonctions de l'Etat-Providence


L'économiste Richard Musgrave fait, dans la « Théorie des
finances publiques » (1959), la synthèse entre la théorie néo-
classique et la théorie keynésienne. Il détermine les trois
fonctions principales de L'Etat : l’allocation (production), la
distribution et la régulation.

La version d’essai
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
- Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

a) – Les trois fonctions de l'Etat-Providence

La production (allocation) :
Affecter des moyens à la prise en charge de
certaines productions non marchandes que
le marché ne peut pas fournir ou mal fournir

La redistribution
Protéger les individus du risque et
assurer une certaine justice sociale.

La version d’essai La régulation


Prévenir les déséquilibres
macroéconomiques qui pourraient
dériver d’un « laissez-faire» excessif.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

v La fonction de production
La fonction de production des services non marchands
est devenue légitime à partir du moment où les
économistes libéraux ont reconnu que le marché pouvait
avoir trois types de défaillances :
v Les externalités,
v Les biens collectifs purs et
La version d’essai

v Les biens de club


III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de production
1ère défaillance :Le marché ne prend pas en compte les
externalités. Une externalité correspond à un avantage
(externalité positive) ou à un désavantage (externalité
négative) procuré à autrui par une activité économique
sans qu’il y ait compensation monétaire).
Dans ce cas, le rôle de l’Etat est d’internaliser dans le prix
du marché l’externalité produite par d’autres agents
La version d’essai

économiques (taxe d’incitation, des subventions ).


III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de production
2ème défaillance : Le marché est incapable de produire des
«biens collectifs purs».
Un bien collectif pur est un bien dont la consommation est
collective. Les individus ne sont pas en concurrence pour
l’obtenir (non rivalité). On ne peut interdire à quiconque d’y
accéder (non exclusion). Il est impossible de demander un prix
pour ce bien car il y aurait toujours des individus qui en
profiteraient sans payer (le « passager clandestin » (free rider)).
La version d’essai
Aucune entreprise privée n’est incitée à produire ce type de
bien alors qu’il répond à un besoin. C’est à l’Etat de le fournir.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de production
3ème défaillance : Le marché ne fournit pas de manière
satisfaisante les « biens de club »:(bien collectif dont on peut
interdire l’accès). Si l’exclusion est possible, des entreprises
privées peuvent le produire de façon rentable en
imposant un prix (ex. autoroute piscine municipale…).
L’Etat peut estimer qu’il doit soit produire lui-même le
bien soit le subventionner pour que tout le monde y ait
accès car il répond à des « besoins tutélaires » (besoins
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définis par l’Etat).


III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de production
Certains biens, par nature, sont dits indivisibles, soit du côté
de l’offre, soit en ce qui concerne leur usage (demande).
Une indivisibilité de l’offre correspond à la situation où le coût
fixe est très élevé, et le coût marginal nul. Donc le prix sera
aussi, et aucune tarification n’est possible.
Une indivisibilité d’usage correspond à la situation dans
laquelle, on ne peut pas exclure un individu de l’utilisation du
produit concerné.
La version d’essai

L’État doit donc prendre en charge la production du bien ou


du service.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

v La fonction de redistribution
La fonction de redistribution des revenus, se justifie par des
impératifs de protection sociale et de justice sociale.
L’Etat-providence poursuit plusieurs objectifs:
§ Libérer l’homme du besoin: réduire, voire faire disparaître,
la pauvreté ;
§ Substituer une solidarité collective à la solidarité familiale.
La protection sociale relève désormais de la Nation et non
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des familles qui sont plus ou moins bien dotées en capital ou


en ressources suffisantes pour assurer cette fonction.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de redistribution
§ Enrichir les catégories qui ont une forte propension à
consommer. Cela va permettre à l’Etat de soutenir la
demande selon les principes keynésiens et de lutter contre le
chômage (politique de relance) ;
§ Réduire les inégalités économiques pour atteindre une
certaine forme de justice sociale garante de la cohésion
sociale ;
La version d’essai
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de redistribution
§ Couvrir un certain nombre de risques sociaux. Un risque
social est un événement qui peut survenir au cours de la vie et
qui provoque soit une augmentation des dépenses ( maladie,
handicap), soit une perte de revenus (chômage, vieillesse, les
accidents du travail). Ces risques comprennent :

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III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de redistribution
Ø Le risque maladie ou santé : d’une part la maternité, le
décès et l’invalidité, et d’autre part, le risque de santé lié
au travail : accident du travail, maladie professionnelle.
Ø Le risque vieillesse : les prestations accordées au titre
du risque vieillesse ont pour objectif de permettre la
cessation de l’activité professionnelle (retraite) et
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d’assurer un revenu décent lorsqu’un âge donné est


atteint (aides sociales pour la dépendance).
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de redistribution
ØLe risque famille : Il permet l’octroi de prestations
versées pour l’éducation des enfants ainsi que celles
correspondant aux diminutions de revenus lors de la mise
au monde d’enfants.
Ø Le risque emploi : il correspond à l’inadaptation
professionnelle (réinsertion) et au chômage.
Ø Le risque pauvreté : il s’agit de la protection sociale
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allouée aux personnes dont les ressources sont estimées


insuffisantes pour vivre normalement.
III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat
vLa fonction de régulation
La fonction de régulation ou de stabilisation, se justifie par
l’incapacité du marché à aboutir automatiquement à un
équilibre de plein emploi. L’Etat a donc le devoir d’agir pour
corriger cette insuffisance du marché en définissant une
politique économique pour améliorer la situation économique
à court terme et à long terme.
A court terme: Il s’agit de la politique conjoncturelle qui a
pour objectif de rétablir les grands équilibres macro-
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économiques ( carré magique de Nicolas Kaldor)


III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat

La fonction de régulation
A long terme: Il s’agit de la politique structurelle qui concerne
l'ensemble des interventions de l'Etat susceptibles de modifier
l'évolution à long terme des structures de l'économie
(structures sectorielles, structure des marchés).
Ce sont donc des politiques qui cherchent plus à influencer les
conditions d’offre que les conditions de demande.
Cette politique de régulation à LT vise grands objectifs :
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III- Finances publiques: Evolution des conceptions
3/ Les fondement économiques de l’intervention de l’Etat
La fonction de régulation
ØModerniser l'appareil productif afin d'assurer à l'économie
une compétitivité qui procurera au pays une forte
croissance sans inflation ni chômage (R&D, constitution de
grandes entreprises nationales…une politique industrielle .
Ø Rendre les marchés plus concurrentiels pour pousser les
firmes à innover et pour réduire les coûts de production afin
de rendre les firmes plus compétitives ce qui devrait
bénéficier au consommateur (produits innovants moins
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chers).

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