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3.

THÉORIE DE LA PLAQUE ANISOTROPE


19
go L~ ch":ge agit perpendiculairement à la surface de la plaque
Les equations d'équilibre pour l'état de tension plane sont, en~, li-
3. Théorie de la plaque anisotrope ge~nt les composantes de tension dans le sens transversal, (suivant l'h eg -
these 5) · · ypo
aax arxy
àx +ay-~o
pour Œz = 0, Txz = 0, Tyz = O. 3.1
a~"" àav
ax-+ ày =0
La troisième équation de condition se déduira de la déformation de l' 'l ·_
ment Comme , li la d' . ee
· l'h ?n neg ge eformatton perpendiculaire au plan de la dalle
(se1on ypothese 5), on a ·

Sx=!_u_
àx ,
s
y
=~
ày , 0xy -_élu+
~
àv
ax 0 3.2

Dans l'étude de la plaque anisotrope, on introduit certaines hypothè- . La co_nnection entre les tensions et les déformations peut s'ex rimer
smvant la loi de Hooke, à l'aide des modules d'élasn'ci'te' E E pd 1,
ses et limitations, qui ne portent pas seulement sur la plaque elle-même ik = ki ont e
et le matériau dont elle est constituée mais aussi sur le comportement de la z
dalle sous charge. Le plus souvent, on se sert de la théorie de Poisson-
Kirchhoff définie par les hypothèses suivantes:
l o Le matériau dont la plaque est faite est parfaitement élastique et
suit la loi de Hooke et son comportement est toujours le même sous une
charge quelconque; y
zo La plaque est en matériau homogène;
3° La plaque a une épaisseur constante; elle est mince, c'est-à-dire
son épaisseur est faible par rapport à ses autres dimensions;
4o Les éléments de normale au plan moyen restent, même après la
déformation, rectilignes et perpendiculaires au feuillet moyen déformé;
5o La plaque est incompressible dans le sens perpendiculaire au
feuillet moyen; on néglige donc les tensions normales perpendiculaires à ce Figure 3-1
feuillet;
6° Les déformations w du plan médian de la dalle sont d'un ordre nombre s'élève à six dans le cas général d'une plaque anisotrope. On obtient
plus fàible que l'épaisseur de la dalle d et, par conséquent, la courbure dans · <fx = Ens, + EI2By + El40xy,
un sens quelconque est donnée par la dérivée seconde de la déformée w Œy = Ez1ex + Ezzey + E 24 èJxy, 3.3
dans ce sens; rxy = E41ex + E4zev + E440:xy.
7o La tension dans le plan moyen de la dalle est nulle. Par cette
l' Si l'on ne considère pas le poids mort et la charge extérieure et que
supposition, les déformations sont limitées beaucoup plus sensiblement que
fooncti:xprrmF(e les tensions comme dérivées partielles secondes d'rme certaine
par la précédente; . n on x,y),
go Les composantes des forces de volume sont négligées; s'il y a lieu de
considérer des forces de volume uniformes, on peut les inclure dans la charge; ( a,= oF(x,y)
2
o'F(x,y) r _ o 2F(x,y)
• ""'
VJ , <Jy = OX 2 xy-- àxoy 3.4
20 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 3. THÉORIE DE LA PLAQUE ANISOTROPE
21

on peut arriver, en combinant les équations 3.3 et 3.2 et effectuant quelques Selon l'hypothèse 4 et en tenant compte de ce que les inclinaisons de
transformations, à l'équation fondamentale d'une plaque anisotrope non la normale au plan moyen après déformation sont relativement petites
chargée sous forme d'une équation bipotentielle de la fonction de tension on peut écrire, d'après la figure 3-2, '
1 à•F(x,y) _1_ à4F(x,y) + 1 à4F(x,y) . aw aw u
En ày• 2El4 àx ày 3 (2E12 + E<<) àx 2 ày 2 tg ax ...:__ ax = - z'
1_ ar~xày) + _1_ 4
à ~(x,y) 3.8
___ =o. 3.5 t àw ~ àw =-'li_
2Ez< x y Ezz x4 gay-ay z'
d'où
Pour une dalle anisotrope ou orthotrope, on trouvera, d'une manière
analogue, l'équation àw àw
u=-z-- et v=-zay·
ax 3.9
_1_ i)4F(x,y) + (-1- _ 2'T}x) o<F(x,y)
2
1 o4 F(x,y) _ O
3.6 A l'aide des expressions 3.2, on obtient
Ex ày 4 Gxy Ex ox oy' +Ev ox4 -

et pour une dalle isotrope _ azw a2w a2w


ex-- z ax 2 , ey = - z ay 2 , bxy = - 2z àx iry 3.10
a•F(x,y) + 2 o4F(x,y) + o4F(x,y) =
0 3.7
ox4 ox 2 oy2 oy< En introduisant les expressions 3.10 dans les éqwitions 3.3, on trouve pour
ou bien Œx, ayet r!Xy les valeurs ·
v'v'F(x,y) =o. -- aw
2
aw
2 à'w
ax -Enz - a - E,,z - a - 2E14z - -
Aux endroits où la plaque n'est soumise à aucune charge, la fonction x2 y2 axay'
· de déformation satisfait à cette équation bipotentielle. _ E azw • azw azw
av - - 21Z~-Ez2z-a 2
-2Ez.z-- 3.11
ux y ax ay '
- o2w a2w a2w
3.1 Equation aux dérivées partielles d'une plaque anisotrope Txy - - E41Z
x y
az-
E.,z - a 2 - 2E•• z - -
axay'
La déformation de la dalle est donnée par les déplacements u, v, w, où E,. sont les modules d'élasticité.
dans les sens X, Y et Z. En vue de faciliter les calculs ultérieurs, on exprimera La distribution de ces tensions est linéaire sur l'épaisseur de la dalle.
les déformations u et v au moyen de w. Pour respecter l' éq~ilibre de_ l'élément de dalle soumis à une charge, il
faut, outre ces tenswns, appliquer aussi des tensions de cisaiUement rxz
et Ty" dont la distribution est parabolique (figure 3-3).

+-t-·f-=t·-+ ~ 1 d',.
4--~!---~~-=t-+2 1
1 d",.
Par intégration de ces tensions, on obtient des moments de flexion
et de torsion Mx, My et Mxy:
d
~
1
1
1
1
K 1 / Mx= J
+2

a.zdz=
1 1 1 / 3.12
d
2
d
+2

u ,1 My= f d
<lyZdz = 3.13
Figure 3-2 2
22 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES ,THÉORIE DE LA PLAQUE ANISOTROPE 23

d d
2 +2 3.16
Mxy = - J
d
TxyZ dz = - Myx = J
d
TyxZ dz =
Nous avons ainsi exprimé toutes les inconnues statiques à l'aide de w.
+z -z De la condition d'équilibre dans le sens vertical, il suit
2
à2 w o2 w + + p(x,y) =
= ( Q41 ax• + Q42 ày' + 2Q44 àxà wày ) ' 3.14 àQx
àx
oQy
ay
0 3.17

où l'on appelle Q<k = t~ E,. les rigidités de la plaque anisotrope.


Les efforts tranchants s'obtiennent à partir des conditions d'équilibre
de moment par rapport aux axes X et Y passant par le centre de gravité de :r·''
1
1

1- dx

Figure 3-4

et, en remplaçant Qx et Q. par leurs valeurs 3.15 et 3.16, on obtient l'équation


recherchée aux dérivées partielles d'une plaque anisotrope
a•w a•w a•w
Figure 3-3
[-en -ax• - 4e,• àx" iry - 2(elz + 2e••) àx' ày' -
3.18
l'élément de la dalle (figure 3-4). De la condition par rapport à l'axe Y, il -
a•w
4g,, àx ày' - e•• à'ày'w] + p (x, y) = O.
suit, si l'on néglige des quantités différentielles· d'ordre supérieur, que
àMx oMyx [ o3w . o3w
Qx = ---a,;- + a;- = - Qn àx' - (Q12 + 2e••) àx ày' 3.2 Equations aux dérivées partielles des dalles orthotrope
3.15 et isotrope
à3w
e•• àày"w]_ .
3
- 3Q41 àx' ày - !.,
1
L'équation aux dérivées partielles d'une dalle orthotrope s'obtient
De façon analogue, de la condition par rapport à l'axe X, on déduit 'i d'une façon analogue à l'équation 3.18. La seule différence consiste en ce
Qv _ oMy _ àMxy _ qu'on exprime la loi de Hooke sous une forme simplifiée.
-ay ax- A présent, nous allons supposer que le matériau de la dalle possède
24 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 3. THÉORIE DE LA PLAQUE ANISOTROPE 25

trois plans de symétrie par rapport à ses propriétés élastiques. On peut De la condition d'équilibre des forces dans le sens vertical, on déduit l'équa-
prouver que, dans ce cas, les modules intervenant dans l'équation 3.3 valent tion aux dérivées partielles d'une dalle orthotrope sous la forme
Ex E. E 12 "'xEy o"w a•w a•w
En~
1 -1]x'Y}y
, E22 =
1- ~~.
.,..,., ' -- -""---"'---
-,1 -7)x'Yjy ' ex ox' + 2H ox• ày• + e. oy• - p(x,y) ~ 0, 3.24

'f/yEx _où
Ez1 ~
l - 'f/,;Yjy '
E,, ~ G et E,, ~ E41 ~ Ez• ~ E•z ~ 0, 3.25
a•
où /h, Eu sont les modules d'élasticité longitudinale dans les sens X, Y, -;;2co
4(,.1-=--"'-x"'-•') [Ex"'z + Ey'f/y + 4G(1 - 'f/z'f/y)].
G représente le module de cisaillement] et "1<> "1• sont les coefficients de
Poisson. Pour une dalle isotrope, les expressions citées sont encore plus simples.
En portant l'expression 3.10 dans l'équation 3.3 transformée de ma- Comme
nière ci-dessus, on obtient E
G ~ 2(1 + "!)'
E,~E.~E, 'f/x~'f/.~"1
Ex iJ2w "'xEy
<1x ~ - z ~1~="1-x"'-.- ox 2 - z 1 - "'x'f/y on trouve, de façon analogue aux cas précédents, successivement les tensions
sous la forme
'f/yE, o
2w E. ow
2
<1y ~ - Z 1 - "'x'f/y -O-X-
2 - z -;1,----'-'f/-x'f/_y_ oyz ' 3.19
<1x ~ -
ooxw
E ( o w) '
2 + "1 oy 2
. 1 - "1" z
2 2

oxo woy .
2
Txy ~ - z 2G E (aaw o"w)
Œy ~- 1-?' z oy 2 + 'f/ OX 2 > 3.26
Si nous introduisons d'après Betti
aaw E a•w
By'Yjx = Bx'Yjy, 3.20 Tzy~- 2 Gz oxoy ~--1+--;Jz oxoy'
il vient des moments
les moments et efforts tranchants

e ( oox•w + "1 o"w)


2
Mx ~ - oy" ,
3.21 o2w o2w)
'1 Mv ~ - e ( ayz" + "1 ax•
o2w
M •• ~ (1 - "!) e ax• , 3.27

Gd3 Q.~-e o(v"w),
ex ~ 12(1 - "'x'f/y) ' e. ~ 12(1 - "'x'f/y) ' Yzy ~ --yz- · 3.22 OX
A l'aide des expressions 3.21, on évalue aussi les efforts tranchants - o(\7 2w)
Q.--e ay
a•w ] et, enfin, l'équation différentielle de la dalle isotrope
ax ay• ' 3.23
aaw ] o"w + 2 o"w + a•w ~ p(x,y) 3.28
ox 2 oy . ox4 ox 2 oy 2 oy4 e

i
1'
i
26 LB CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES BT DALLES ORTHOTROPES

ou, sous forme condensée,


1
v•w = - p(x,y), 3.28a
e
avec 4. Revue de différentes méthodes de calcul de l'équation
Ed 3 différentielle de la plaque orthotrope
e = "",--------,"
12(1- '12)
Les relations 3.18, 3.24 ou 3.28 sont ce qu'on appelle les équations fonda-
mentales des dalles.
Une fois trouvée l'équation fondamentale de la dalle, c'est-à-dire la
fonction de la déformée w(x,y) pour une charge donnée p(x,y), le problème
est complètement déterminé. Les autres quantités résultent, selon les rela-
tions 3.12 à 3.16, éventuellement 3.21 et 3.23 ou 3.27, des dérivées de la
fonction trouvée w(x, y).

Alors que la fonction F(x, y) dans les équations 3.5 et 3.6 ou 3. 7 est
une fonction de tension (fonction de tension d'Airy), la quantité w(x,y)
intervenant dans les équations fondamentales des dalles 3.18, 3.24 ou 3.28
est purement géométrique.
Bien que les sens de ces équations diffèrent ainsi considérablement,
on peut tirer avantage, pour les calculs, de leur similitude formelle. Aux
endroits où aucune charge n'est appliquée, la surface de flexion de la dalle
w(x, y) est aussi une fonction bipotentielle.
En généra~ on peut classer toutes les méthodes de calcul de l'équation
différentielle de la dalle en deux groupes.
Dans le premier groupe, on part de la fonction satisfaisant à l'équation
fondamentale de la dalle, mais qui ne remplit que quelques-unes ou aucune
des conditions aux limites. Dans l'étape suivante de calcul, on cherche une
fonction complémentaire qui satisferait, en commun avec la première, tant
à l'équation générale de la dalle qu'à toutes les conditions aux limites.
Dans le second groupe, on procède de manière inverse. Partant de la
fonction qui satisfait aux conditions aux limites mais pas à l'équation
fondamentale, on cherche ensuite une fonction complémentaire telle que
la fonction résultante w(x,y) remplit aussi l'équation fondamentale.
Une solution rigoureuse de l'équation différentielle de la dalle en
termes finis n'est possible qu'en un petit nombre de cas de chargement
simple sous conditions aux limites simples. En pratique, cependant, on peut
appliquer les méthodes approchées de calcul habituelles, dont quelques-unes
seront brièvement examinées ci-après.
1

1,
28 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 4. CALCUL DE L'ÉQUATION AUX DÉRIVÉES PARTIELLES DE LA PLAQUE ORTHOTROPE 29
4.1 Méthode des séries doubles de Fourier 4.2 Méthodes variationnelles

Une des solutions connues depuis très longtemps est celle de Navier, On prend la fonction fondamentale sous la forme
qui se sert des séries doubles de Fourier. On développe la charge p(x, y)
appliquée à la dalle en série double trigonométrique . w(x,y) = Ln anfn(x,y), 4.6
00 00

"".;' "".;' . mnx . nny en choisissantles fonctions fn(x, y) de façon qu'elles satisfassentrigoureuse-
(
px,y )= L Lamnsm--sm-b-. 4.1 ment aux conditions aux limites de la dalle. Les calculs se réduisent ainsi
1
m=l n=l à la détermination des constantes dans l'équation 4.6 de manière que
Les coefficients amn dépendent de la charge et sont de la forme l'équation générale de la dalle soit satisfaite au mieux. On déterminera les
1 b constantes inconnues par exemple à l'aide de la méthode des moindres
amn = 7i[4JJc )"
0 _,
mnx.
px, y sm-
1
- sm nny
-b- dx dy. 4.2
carrés, la méthode de Ritz du minimum d'énergie potentielle, celle de Gour-
sat des variables complexes, la méthode de Galerkine etc.

Pour un appui simple sur mute la périphérie, c'est-à-dire pour les


conditions aux limites de Navier 4.3 Emploi des solutions particulières
W(x = 0; l) = Ü et (-a2w)
axz (x = 0; 1)
=0
, Il est relativement simple, dans certains cas, de déterminer
4.3
(a'w)
la déformée w(x, y) en tant que somme d'une intégrale particulière
W<Y- ±b) = 0 et --2 = 0, w 1(x,y) de l'équation fondamentale de la dalle ~t de la fonction addition-
ay (y- ±b) •
nelle w,(x, y), solution de l'équation homogène de la dalle, à savoir w(x, y) =
et si les coordonnées ont leur origine au milieu de la largeur, l'expression
du déplacement vertical peut être prise sous la forme
= w1(x,y) + w,(x,y). La fonction w,(x,y) ne satisfait pas, ordinairement,
à toutes les conditions aux limites; les fonctions w,(x, y) sont des expressions
00 00
bipotentielles, fonctions..,, ordinairement~ trigonométriques et hyperboliques,
"".;' "".;' . mnx . nny
(
wx,y ) ~~WmnSln--sm-b-. 4.4 fonctions exponentielles, fonctions logarithmiques, polynômes biharmoniqnes
=
1
m=l n=l ou leurs combinaisons appropriées. Il y a avantage à se servir, comme
Les valeurs Wmn se déduisent de l'équation fondamentale de la dalle où l'on solution particulière, de celle pour une bande sans fin ou une demi-bande,
remplace p(x,y) et w(x,y) par les expre~sions précédentes 4.1 et 4.4. laquelle peut s'écrire sous forme de série simple de Fourier. En choisissant
S'il s'agit d'une plaque type pont, c'est-à-dire appuyée seulement sur également la fonction additionnelle w,(x, y) et la charge sous forme de
ses deux extrémités opposées, on ne peut pas employer pour les termes série trigonométrique simple, la fonction résultante de déplacement vertical
renfermant dans l'équation 4.4la variable y, des fonctions trigonométriques prendra aussi la forme de série simple de Fourier.
simples. Les conditions aux limites pour y = ± b sont, dès lors, Par exemple, la solution particulière de l'équation fondamentale de la
dalle, donnée par la fonction de déplacement vertical d'tme bande chargée
(a'w)
ay' <Y- ±b) = o,
uniformément, coïncide avec la déformée d'une barre droite
4.5
~:~ + 2 (2Yxv + '1xev) aa:~y ]
4.7
Qy = [ev =O.
J x (y-±b)

Dans ce cas, on choisit pour les termes variables en y une fonction trigono- Cette charge satisfait, aux extrémités x = 0; l, aux conditions
métrique, élargie d'un polynôme. La forme de ce dernier s'obtient aisément w = 0 et Mx= O.
en se servant des conditions aux limites 4.5. Pour la charge p(x), nous nous servirons d'une fonction de la forme

1
1

L
30 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES
4. CALCUL DE L•ÉQUATION AUX DÉRIVJffis PARTIELLES DE LA PLAQUE ORTHOTROPE 31

ainsi exprimées dans l'équation fondamentale ·de la dalle 3.27 pour n points
:L
00

du réseau, nous trouverons un système de n équations à n déplacements w


p(x) = hm sin m7x . 4.8
inconnus.
m=l
Il est avantageux. de combiner la méthode des réseaux avec, par
La fonction additionnelle w,(x, y) s'obtient comme solution de l'équa- exemple, celle de séries simples.
tion homogène
à4w
+e•ay•=O, 4.9
4.5 Méthode des singularités
en exigeant que les conditions aux limites sur les deux autres bords soient
La méthode des singularités se prête surtout à une détermination
satisfaites. La solution, à nouveau, de la forme
relativement exacte de surfaces d'influence. Elle consiste à prendre comme

:L solution de l'équation fondamentale de la dalle, une fonction d'influence F


00

w 2(x,y) = Ym(y) sin 7 4.10 sous forme d'une somme de deux fonctions. L'une, la partie singulière Ft,
exprime la fonction d'influence d'une dalle de dimensions infinies, l'autre,
m=l
"!a partie régulière F,, complète la première de façon que la fonction globale
se trouve en résolvant l'équation différentielle homogène ordinaire pour
satisfasse à toutes conditions aux limites. On a donc
Ym(y); elle se présente sous la forme d'une fonction hyperbolique à quatre
constantes d'intégration que nous déterminerons à partir des conditions sur F(u, v; x, y)= E(u, v; x, y)+ F,(u, v; x, y), 4.12
l'extrémité y = ± b. En faisant la somme des valeurs Wt et w, ainsi calculées, où les coordonnées u, v se rapportent au point où nous cherchons la fonction
on obtient la solution finale de l'équation fondamentale de la dalle. d'influence ou auquel est appliquée la charge unitaire, x et y étant les coordon-
Il est possible de procéder aussi de la manière suivante : on résout nées d'un point quelconque de la dalle.
d'abord l'équation générale remplissant les conditions aux limites de Navier Pour déterminer la partie singulière, le mieux est de partir d'une dalle
et, ensuite, on décharge les deux extrémités opposées et on soumet les bords circulaire soumise au milieu à une charge concentrée. La partie régulière se
de la dalle aux réactions qui y étaient appliquées lors de son appui péri- détermine à l'aide des méthodes déjà citées, par exemple celle des différences,
phérique. semi-différences, séries simples etc.

4.4 Méthodes par différences 4.6 Méthodes directes de solution


Le principe des méthodes par différences consiste à transformer Ces méthodes sont fondées sur l'intégration directe de l'équation
l'équation différentielle de la dalle en une équation aux différences. Sur la fondamentale de la dalle. On cherche l'intégrale générale de l'équation fon-
dalle, on adopte un réseau aux intersections duquel les valeurs statiques damentale de la dalle en forme de série de Maurice Lévy
cherchées s'expriment comme combinaisons des différences de la déformée w.

:L
00

Nous exprimerons de manière approchée, les dérivées de la fonction


w(x,y) w(x,y) = Ym(y) sin ~x, 4.13
àw ) ~ Wk+l- 'Wk-1 •
4.11
m=l
( ax.- 2&x' où y m n'est qu'une fonction de y.
ce qui signifie qu'au lieu de l'inclinaison de la ligne élastique au point Chaque terme de la série satisfait aux conditions aux limites w = 0
émdié, nous définissons l'inclinaison de la corde joignant deux points voisins et - -
o2w
= 0 sur les bords appuyés x = 0 et x = l. Il nous reste seulement
àx2
du réseau de différences. D'une manière analogue, nous obtiendrions les
autres dérivées par rapport à x et, de même, à y. En portant les dérivées à determiner Y m(Y) sous une forme qui satisfasse tant aux conditions aux
32 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES

limites sur les bords non appuyés y = ±h qu'à l'équation de la dalle. On


exprime également le second membre de l'équation fondamentale de la dalle
sous forme d'une série analogue
00
5. Application de la théorie de la plaque orthotrope
p(x,y) = LPm(Y) sin m7x. 4.14 à des grillages
m=I

En remplaçant w et p dans l'équation fondamentale de la dalle pm: les


expressions ci-dessus, on trouve une équation différentielle linéaire ordinaire
de laquelle découle une équation caractéristique de la forme
r• + 2a,r 2 + a, = O.
La solution générale est de forme
Y m(y) = Y mo(y) + Y ml(Y)' 4.15
où Y mo(y) est la solution homogène de l'équation et Y ml(Y) la solution
particulière. Les constantes d'intégration se calculent ensuite à partir des Le grillage consiste en deux familles de poutres pouvant, en général,
conditions aux limites. se couper sous un angle quelconque. Ces familles sont ordinairement per-
En remplaçant Ym(Y) dans l'équation 4.13, on obtient la déformée w pendiculaires l'une à l'autre. De plus, l'une ou plus souvent toutes les deux
et, en dérivant cette expression, les valeurs des moments et efforts tranchants. sont solidaires d'une dalle constituant le platelage ou le tablier du pont.
Les poutres étant soit en béton armé ou précontraint, soit métalli-
ques et, dans les constructions modernes, souvent à section en caisson, elles
résistent toujours à la torsion. La dalle est fabriquée sans égard au matériau
des poutres, en général en béton armé ou précontraint. Elle est relativement
épaisse et il n'est pas possible de négliger son effet dans la transmission d'une
charge extérieure, en flexion ainsi qu'en torsion.
L'importance relative de ces deux éléments - familles de poutres et
dalle - varie selon les dispositions constmctives. Il éxiste ici une série con-
tinue de constructions à partir de grillages à dalle très mince (ou, éventuelle-
ment, sans dalle) ou à dalle épaisse jusqu'à la dalle d'épaisseur constante.
D'habitude, on rencontre des constructions formées de familles de poutres
et d'une dalle d'épaisseur moyenne, dont le comportement est intermédiaire
entre celui d'un grillage simple (sans dalle) et celui d'une dalle anisotrope.
Nous allons faire une brève comparaison entre les relations donnant
les déformations de ces deux systèmes fondamentaux et nous ne consi-
dérerons, dans la suite, que des constructions à familles de poutres per-
pendiculaires ou orthotropes.

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