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15.

CONSTRUCTIONS DONT LES POUTRES SONT À MOME NTS D' I NERTIE VARIABLE 193

Les diverses entretoises prennent des déformées identiques au facteur g(x)


près. Comme elles sont identiques entre elles, il faut nécessairement que
les réactions qu'elles subissent de la part des poutres, soient proportion-
15. Constructions dont les poutres sont à moment nelles à g(x). D'autre part,- la formule 15.4 nous montre que ces réactions
• d'inertie variable sont aussi proportionnelles à f(y). On peut donc poser
d2 1
q~.;(x) = Bio dx 2 [h(x) g"(x)]f(y) = G g(x)f(y )

et la constante Ck n'est rien d'autre que la rigidité de l'appui constitué par


la poutre k. On en déduit
d2 1
dx 2 [h(x) g" (x)] - CdJ!~ g(x) = O. 15.5
Cette équation, complétée par les conditions d'appui
g(x) = g" (x) = 0 pour x = 0 et x = l, 15.6
détermine entièrement la fonction g(x).
Considérons un grillage sans torsion (Cl. = 0) où les poutres, tout en L'équation 15.5 est toute semblable à celles des vibrations propres
restant identiques entre elles, ont un moment d'inertie variant avec x selon d'une des poutres à inertie variable supposée isolée. On peut s'inspirer de
la loi cette remarque pour déterminer une valeur approché de la constante 1 / C~.Bio
I (x) = Io h (x). 15.1 par la méthode Rayleigh-Ritz de la même façon qu'on détermine la première
L'hypothèse simplificatrice que nous avions faite au chapitre 6 nous fréquence propre d'une poutre en théorie des vibrations. On adopte pour
avait conduit à montrer que le pont chargé suivant une bande longitudinale la déformée de la poutre une série de la forme
d'une charge linéraire harmonique prenait une déformée d'équation . rcx . 2-;-;-x
g(x) a1 sm - - + a 2sm - - + .. .
= 15.7
1 1
w(x, y) = f(y) sin ~x 15.2
qui satisfait aux conditions d'appui 15.6.
où les variables x, y sont séparées. L'énergie potentielle de la poutre a pour expression
1
Dans le cas des poutres à moment d'inertie variable, nous sommes conduits
à charger le pont suivant une bande longitudinale de façon telle que la
séparation des variables se maintienne, c'est-à-dire que le pont prenne la
V = E;o J
0
h(x) [g" (x)F dx.

déformée
Le travail des forces extérieures p = gC(x) vaut
w(x,y) = f(y)g(x). 15.3 k
1

2 ~k J[g(x)]2 dx.
Dans le cas particulier où l'inertie des poutres est constante, l'hypo-
thèse 15.3 se réduit à fhypothèse 15.2, qui en est ainsi un cas particulier. 'b =
L'équation d'équilibre d'une poutre quelconque d'indice k s'écrit 0
à présent Le théorème de Clapeyron nous apprend que V = 'b , relation d'où l'on tire
d 2 M~.; a2 a2w) 1
q~.;(x) =- ----c.fX2 =
(
ax2 Eh ax2 .
En introduisant dans cette formule les expressions 15.1 de I et 15.3 de w, 1
J
0
h(x) [g"(x)F dx

1 15.8
on obtient CŒio
J2 J[g(x) F d.\
q~.;(x) = Bio dx 2 [h(x)g" (x)]f(y). 15.4
0
194 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES

De plus, on sait que l'énergie totale


E= V - 'b
doit être minimum pour la déformée réelle de la poutre.
Introduisant l'expression 15.7 de g(x) dans V et 'b, nous détermi- 16. Constructions continues et autres systèmes
nero~s les coefficients arbitraires a1, a 2, . . . , par les conditions de minimum
(} (j'
-- =
a1
o,. -(}az(j'"'-
- - 0,
.

Généralement, la poutre est symétrique et la variation de son moment


d'inertie est suffisamment bien représentée par une loi de la forme
. 1tX
h(x) = ho + (hM - ho ) sm - - , 15.9
1
où les constantes ho et hM sont définies par les égalités
lM
ho = 1 et hM = To ,
Les formules du coefficient de répartition transversale, établies pour
qui donnent les moments d'inertie aux extrémités et au milieu de la poutre, les constructions simplement appuyées, perdent leur validité en cas de con-
respectivement. structions continues ou élastiquement ou rigidement encastrées. Cela est
En pratique, le premier terme dû au fait que si, par exemple, une travée d'une poutre continue est soumise
g(x) = a1 sm
.
-r
1tX
15.10 à un chargement, les flèches de cette travée sont plus faibles que celles d'une
poutre simplement appuyée et de même moment d'inertie. Il en résulte
de la série 15.7 donne des résultats suffisamment approchés. En remplaçant une autre répartition transversale.
g(x) par sa valeur 15.10 dans 15.8, on trouve Dans le cas d'un grillage sans résistance à la torsion (CJ. = 0), on peut
1 _ n1ho (l + __!__
CkEio -
4

3n
4
hM - ho) .
hM
généraliser la méthode comme au chapitre 15, en partant de l'hypothèse
que le pont continu prend une déformée
Si la poutre était prismatique et de moment d'inertie I, on aurait trouvé, w = f(y)g(x) 16.1
à variables séparées.
avec h(x) = 1, Comme au chapitre 15, on trouve que l'équation d'une des poutres
(supposées identiques et prismatiques, donc h(x) = 1) est
d4g 1
En identifiant les deux expressions ci-dessus, on voit que le moment d'inertie dx4 - CEl g = O. 16.2
équivalent (à introduire dans le calcul de paramètre d'entretoisement) vaut
L'équation 16.2 est tout à fait semblable à celle des vibrations propres
- 8 15.11
l = la + (IM - Io)h. de flexion d'une des poutres supposée isolée, qui s'écrit
d4g oSp 2
Si l'on avait calculé le moment d'inertie moyen de la poutre à partir dx4 - ~g = O
de la loi de variation 15.1, on aurait trouvé
2 en appelant p = 2nf la pulsation du mouvement vibratoire, o la densité
/moyen = la + (lM- la) - 7t , du matériau et S la section droite de la poutre. On réalise l'identité complète
des deux équations si l'on pose
qui est moins exacte que l'expression 15.11 en ce qui concerne le calcul
16.3
du paramètre d'entretoisement.

1
196 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES
16. CONSTRUCTIONS CONTINUES ET AUTRES SYSTÈMES 197

Par conséquent, les déformées propres des poutres w = g(x) coïncident avec Le paramètre d'entretoisement f} est proportionnel à C- 1 14 • On a donc
leurs déformeés vibratoires propres. {}z = ( ~ )1/4 = 3,927 = 1,25. 16.5
On peut développer la méthode sur ces bases, ce qui a été fait par 81 Cz 71:
Rowe [137, 138]. Malheureusement, ces développements ont peu d'intérêt, Pour obtenir le moment fléchissant maximum au milieu d'une travée,
comme il a été montré par on doit charger au maximum la travée en question et pas du tout l'autre
a) A~ Massonnet. travée, comme cela ressort de l'allure de la ligne d'influence de ce moment,

1 1
~.
1
Pour fixer les idées, représentée à la figure 16-1 c).
1 considérons (figure 16-1) Si l'on tient compte de ce que le poids propre agit dans les deux tra-
1
1 ' un pont continu sur 3 ap- vées, on constate que la déformée du pont pour ce cas a une allure inter-
1 puis à poutres prismati- médiaire entre celles des deux pre-
1
.1 b) 1 1 ques dont les deux travées mières déformées propres.
1~
1 ~
1
' ~: '
1
sont égales. Les deux pre- Par contre, pour obtenir le
1
1
1 1 mières déformées propres moment fléchissant maximum sur
1 1
1 : 1 ont l'allure représentée aux l'appui médian, on doit charger
1 ;
1 figures a) et b). au maximum les deux travées du
1
1 Dans la première défor- pont, comme l'indique la ligne
1
1 mée propre, les travées d'influence correspondante (figure
sont sans influence l'une 16-ld), et la déformée du pont est
C)
~~~~lU~~~~--------------71
1
sur l'autre; chaque travée alors très semblable à la deuxième
1 se déforme donc en sinu- déformée propre (figure 16-lb).
1
1 soïde comme si elle exis- L'analyse qui précède mon-
1 1 1
dl 1 1B 1 tait seule et le paramètre tre clairement qu'il n'existe pas de

~
d'entretoisementvautcom- param,ètre d'entretoisement défini Figure 1 d-2
me au paragraphe 5.5 couvrant tous les cas de charge
4
dangereux d'un pont à poutres continues. Dès lors, l'emploi de défor-
f
1h =
(}E
}Y_
16.4V-(}P . mées propres devient une complication inutile, surtout que la méthode ne
Figure 16-1 peut de toutes façons s'appliquer qu'aux grillages sans torsion (Ct. = 0).
Dans la deuxième
Il vaut mieux se contenter d'adopter une valeur moyenne adéquate
déformée propre, la tangente sur l'appui médian reste horizontale par symétrie,
du paramètre d'entretoisement comprise dans l'intervalle
de sorte que chaque travée se comporte comme si elle était appuyée-encastrée.
La théorie des vibrations rious apprend que les pulsations P1 et P2
des deux premiers modes normaux de vibration sont données par les
formules
{)1 = -~
f
v4

(}P
(}E
< {) < 1,25 }Y_
f
v
4

(!P
(!E
{h, 16.6

Pour trouver cette valeur, il est logique de remplacer la poutre conti-


et P2 =
3,927 2
f2
EI
as · V
D'après la formule 16.3, les coefficients de rigidité des poutres, correspon-
nue réelle de moment d'inertie IJ par une poutre fictive à une travée, de
longueur l, posée sur deux appuis simples, qui ait une rigidité I ; augmentée
de façon à obtenir dans les deux cas la même flèche au milieu de la travée,
dant à ces deux déformées propres, sont donc dans le rapport pour un chargement déterminé. Leonhardt [74] et Sattler [142] proposent
4 de réaliser l'égalité des flèches pour une charge concentrée au milieu d'une
p~
Pi
-
(
3,;27
) des travées. Par ce procédé simple, il est possible d'étendre le domaine
198 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 16. CONSTR UCTIONS CONTINUES ET AU TRES SYSTÈMES 199

d'emploi des tableaux et diagrammes pour les coefficients K, p, r, s, v, x Comme lignes d'influence des moments longitudinaux Mo pour la
à d'autres systèmes de constructions à poutres multiples.
Si la déformée d'une poutre continue au milieu de la travée est charge unitaire _I_ , on emploiera les lignes d'influence de la poutre continue.
2b
1 /3 Dans quelques cas 'spéciaux, on peut procéder par une autre méthode
ws =c Elp 16.7 en tenant compte du théorème de Maxwell. Pour une charge symétrique
P = 1 (appliquée sur l'axe de la construction du pont dans la section trans-
sous une charge unitaire appliquée en cet endroit (figure 16-2)
versale recherchée) on calcule le grillage par une autre méthode (sans tenir
et la déformée d'une poutre simplement appuyée et idéalisée au milieu de la
compte de la torsion) et on détermine les coefficients de répartition de la
portée sous une charge P = 1 est
charge dans différentes positions actives. Par le diagramme des valeurs de
1 /3 Ko, on détermine ensuite,
w11 = 48 BI; ' 16.8
pour la répartition ainsi trou-
on obtient, en égalant les deux valeurs = w11 , vée, la valeur correspondante
Ws
x
de{}* pour la charge moyen- ·-·-·- ·---r----
\1

1; = ~ ]p = v]p, 16.9 ne; les coefficients de réparti- 1


1
tion pour toutes les charges
où t,
excentriques suivantes peu-
vent être calculés déjà en lY
vertu du théorème de Max- Figure 16-3
avec
well à l'aide de tableaux de
(!p* = 'Ji(!p.
cette valeur du paramètre d'entretoisement 0·*. On peut de même déter-
Si nous remplaçons, dans la formule 5.31, {}par sa valeur de l'équation pré- miner les autres coefficients p , r etc. Par comparaison avec la valeur réelle
cédente, il vient de{}, on peut calculer v par la formule 16.10 et a* de l'équation 16.11. En-

et de l'égalité 5.27 pour a,


{}* = -b
f
v-*
4

!!.!:____ =
(!E
{}v;
4 16.10
suite, on continue de la façon ordinaire.
Si le moment d'inertie des poutres principales est variable, on peut
procéder approximativement de façon analogue à celle du cas précédent.
On détermine d'abord le moment constant et idéal d'inertie de la poutre
* -- YP + YE (/.
(/.
2V(!;(!E -
- lv;- 16.11 1; , éventuellement la rigidité e;, pour lesquels sous une charge P = 1
on a la même flèche au centre de la travée que pour la poutre réelle dont le
A l'aide de ces valeurs nouvelles {}* et a*, on peut, des tableaux et diagram- moment d'inertie est variable. Pour 1; ou e;, on trouve {}*, œ* et on
mes précités, déterminer immédiatement les coefficients pour le calcul des continue de la façon ordinaire.
différentes quantités statiques. Dans les constructions continues possédant
des travées de différentes longueurs, il vient, naturellement, une autre valeur Exemple 13
de {}, œ pour chaque travée et, par conséquent aussi de 0* et œ*. Si nous Soit à déterminer les moments fléchissants longitudinaux au point
recherchons le mode de répartition transversale de la charge dans une travée
non chargée de la construction continue, nous pouvons a,dmettre, de manière x = ~1 , y = 0 d'une travée chargée, dans un grillage continu d'après la
approchée, le principe suivant: dans les constructions ne présentant aucune figure 16-3. Soient 0· = 0, 7, œ = 0,2, ft = /2 = =8
10 rn, 2b rn, charge-
rigidité torsionnelle, la répartition est la même que dans une travée sous z b
charge; dans les constructions rigides à la torsion et ayant une poutre ment dû à la charge concentrée P = 10 t en x = 2, Y = 4 ·
rigide au-dessus d'appui, par contre, la sollicitation est uniforme sur toute Flèche de la poutre continue due à une charge concentrée au milieu
la largeur quelle que soit l'excentricité de la travée chargée. (figure 16-2):
200 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTR OPëS 16. CONSTRUCTIONS CONTINUES ET AUTRES SYSTÈMES 20 1

= 66,795 = 1 3916 d'où 4


c = 66 ' 795 ' v 48 ' ' 134' 641 ' v = __:__ =
134 6
' ±.!._ = 2 805 {)* = V2,8o5 . -{) = o,724.
c = 48 48 ' '
4
v; = 1,088 v;= 1,180. Dudiagrammefigure7-3 .poury = Ü,e = Oet 8* = 0,724 résulte Ka = 1,72.
Dans la seconde méthode, on part d'un système une fois hyperstatique
Paran1ètres réduits:
{) * = 1,088. {} = 0,762,

'l.* = 1 ~80 = 0,1695,


'
3{)* = 2,285, v(/.* = o,411.
Pour trouver les coefficients Ka et K1, on se sert des diagrammes figure s ' ~~l----------~~20,~0----------+
" 7-6 et 7-12:
2 . 10
K oo) = 1,62 p(x ) (l) = l ü . 1 . 1 = 2
Ko(3) = 1,76 p(x)(2) = 0 x,. f
2 . 10 d, , ).( / "''
K1(1) = 1,20 p(x) (3) = lü .- 1 . - 1 = 2 . . s~+ .f e
L 'i .
K l(3) = 1,69
(K 1 - Ka)(l) = - 0,42,
(K1- Ko)(3) = - 0,07
1/ Cl.* (K1- K o)o ) = - 0,1725
a)
1/CI.* (K 1- K a)(3) = - 0,0288
K u(J ) = 1,4475
K u(2) = 1,73 12 ------ ~ ~~- - -----
10 2 102
Mx = 2 .
2 • 4 • ït 2
• 1,4475 + 2.
2.4 • ït 2 • 9
. 1,7312 =

= 3,66 + 0,487 = 4,147 tm/m ' Li


---- -~
t -#,5
Exemple 14 h)
Soit à déterminer les coefficients de répartition Ka pour une con- Figure 16-4
struction en portique d'après la figure 16-4 [142], d'une part par la méthode
et de moments d'après fig . 16-4b simplement :
du cas précédent et, d'autre part, par un procédé utilisant le théorème de ' Ô1a
.Maxwell. Pour simplifier, les 5 poutres ont été remplacées par une seule de (.JpÔ n = 90,372, QpÔla = -47,533, x l=- -
bn
-= + 0 526,
moment d'inertie l E= 5h = 0,05/p. Largeur active 2b = 3ba = 7,50 rn;
l = Ka(O.O) = 1 0 - 2 0,526 = 0 579 K a(a,a) = 1,737.
{) = 0,56; (/. = o. tl n ' · 2,50 ' '
La flèche au centre du portique est Pour cette valeur de Ka, on trouve au diagramme figure 7-S pour y = 0,
10 - [3 /3 e = 0, le -{)-* correspondant; à l'aide de celui-ci et des autres tableaux on
QpW = 2 () . ),0(2 . 2,855- 2,145) = 59,4 16 f3 = , (, détermine toutes les autres valeurs nécessaires.
134 64
202 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES

Exemple 15
Soit à déterminer les coefficients de répartition Ka pour la travée
centrale d'une construction continue à poutres multiples à trois travées
(figure 16-5). Soient bo = 2,5 rn, l2 = 30 rn, h = !3 = 20 rn, 2b = 7,5 rn, 17. Constructions précontraintes

---------ffi
1~: ~
1 1 1 1 l 1
1 ---------

k 20,0 JO,O 20,0

Figure 16-5
4
lE 7,5
/p = 0,02, {} = 60
v--:1:-::Sc-
50 2,5 = 0,521, Cl.= o,I71, v;:;= o,414. Ces dernières années, on rencontre de plus en plus souvent des ponts
possédant différents éléments précontraints. La plupart ont le caractère de
La flèche au centre de la travée est constructions à poutres multiples (par exemple constructions à poutres pré-
za contraintes préfabriquées et à entretoises en béton armé, la mise en pré-
f!PW = , , de sorte que c = 99,834, contrainte transversale ayant lieu après montage) ou directement d'une dalle
99 834
99 34 orthotrope (par exemple constructions constituées de poutres posées tout
y= 4~ = 2,08, V2,08 = 1,442, V2,08 = 1,2, près l'une à l'autre, scellées au mortier de ciment et précontraintes trans-
versalement).
{}* = 0,521 . 1,2 = 0,625, (/.* = ~:!~; = 0,118, Déterminer la valeur de la précontrainte longitudinale n'est pas
o,343. V(/.*= difficile; elle résulte directement des calculs des valeurs statiques dans le
Les coefficients de répartition Ka sont donc: sens longitudinal selon les chapitres précédents. Par contre, pour ce qui est
de la précontrainte transversale, les avis sur sa valeur et la méthode de calcul
{},a IJ*, a* diffèrent parfois considérablement et souvent on commet des erreurs en
y=O
e=b e=O projetant la valeur de la précontrainte transversale; parfois on la choisit
faible, mais d'habitude forte. En général, la précontrainte transversale doit
Ko 1,25 1,01 0,78 0,52 1,57 1,41 1,03 0,65 0,23 être d'une valeur telle qu'on élimine les tensions de traction dans l'entre-
K1 1,09 1,00 0,93 0,86 1,21 1,13 0,98 0,88 0,78 toisement (dans les entretoises et surtout aux assemblages d'entretoises et
(K1 -Ko) -0,24 -0,16 -0,01 0,15 0,34 i --0,36 --0,28 -0,05 0,23 0,55 poutres) jusqu'à la charge utile maximum. Si la précontrainte transversale est
V~(K1-Ko) -0,10 --0,071 0 1 0,06 0,14 1--0,12 0,08 0,19 faible, des fissures peuvent naître au droit des moments transversaux néga-
-0,101--0,021
Ka 1,27 1,181 1,011 0,84 0,66 1,45
1
1,31 1,01 0,73 0,42 tifs, ce qui entraîne un affaiblissement de l'entretoisement. Si, au contraire,
i
la précontrainte transversale est grande, on court le risque de rupture pré-
Ce tableau fait ressortir la grande différence entre les coefficients de réparti- maturée par glissement de la poutre.
tion pour la travée centrale d'une construction considérée comme un pont Dans les ponts assemblés et à faible rigidité de torsion la poutre de
simplement appuyé et ceux pour la travée centrale d'une construction rive peut, pour une précontrainte transversale excessive, être sollicitée
continue réelle. encore par des moments négatifs, si la charge se trouve de l'autre côté du
204 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 17. CONSTRUCTIONS PRÉCONTRAI NTES 205

pont. Par la précontrainte transversale d'un pont assemblé, on augmente Les câbles droits ne produisant aucune réaction verticale sur la lon-
notable~e~t .1~ rigidité dans. le sens transversal. On augmente aussi légère- gueur, on peut remplacer l'effet de la précontrainte transversale excentrique
ment la ngidtte totale de torswn du pont, même dans les constructions mono- du pont par la somme de la tension normale, produite par l'effort de précon-
lithiques à poutres multiples. trainte S agissant centriquement sur la surface d'entretoisement F, c'est-à-
' L'ordre de succession des travaux de précontrainte transversale est
très important. Si, par exemple, dans un pont à entretoises et dalle on bé- dire la tension ; , et des tensions produites par l'action de moments
tonne d'abord (ou enrobe) et précontraint les entretoises et ensuite la dalle M m sin m7~- le long des deux bords où la valeur de M m dépend de la répar-
il peut se produire une surtension des entretoises et une soustension de 1~
dalle. tition des efforts de précontrainte (câbles) et de leur excentricité.
, C'~st pour cette raison que nous allons nous occuper surtout du projet L ' eaet
cr d es moments d e nve
· M 111 sm
· mrr:x · que1conque
- a' un pomt
precontnunt transversalement. 1
de la section transversale du pont peut être déterminé directement à partir
des courbes données aux diagrammes fig. 14- 3 et 14-4 et par la formule
17.1 Projet de précontrainte transversale d'interpolation 14.7 des coefficients 1p o et 1p 1 au chapitre 14. Le momen t
transversal dû à la précontrainte excentrique est donc donné, pour un pont
Les valeurs maxima possible des moments fiéchissants transversaux quelconque, par l'expression
positifs dans une section quelconque d'une construction de pont sont con- M ~= !Tl
ra
M 111 Sin
. -1/lrr:X
- , 17.1
sidérab~e~ent supérieures aux moments maxima possible négatifs. Dans des 1
cas ordmaires, les valeurs des moments négatifs ne représentent qu'environ où lJ' est le coefficient dépendant de {), (/. et de la position de la section dans le
10 % de ce.lles des moments positifs. Il s'ensuit qu'il ne serait pas économiqu~ sens transversal dans lequel on recherche l'effet. La valeur de M m dépen d
de se servir, pour reprendre ces moments, d'une précontrainte transversale de la position des câbles transversaux et
uniforme. M0 (par unité de longueur)
de l'effort de précontrainte. D'habitude,
Les efforts de précontrainte agissants doivent égaliser les tensions il est plus avantageux de laisser constan- f1 11111111 11ml 1 111lill 11111111 1 I l~ Ill~
dues aux moments maxima positifs à tous les points de la section d'entre- tes la force de précontrainte et l'excentri-
toisement, ce qui, en cas de précontrainte uniforme, a souvent pour consé- cité et de ne modifier que l'entredistance
quence de très petites entredistances des câbles de précontrainte. Cette des câbles. L'expression de M 111 peut être, Figure 17-1
situation s'améliorera notablement en disposant les câbles excentriquement dès lors, exprimée, en fonction des mo-
de fa_ço~ ~ue la tension maximum de compression n ~ soit produite qu'à la ments agissants en réalité (par unité de longueur), par la série de Fourier. Pou r
face mfeneure et que la section entière ne soit pas soumise à une tension une valeur constante du moment par unité de longueur (figure 17-1), on a
inutilement grande. Dès lors, l'effort nécessaire de précontrainte se réduira
.
ce qm permettra d'augmenter considérablement l'entredistance des câbles
de précontrainte. L'excentricité maximum possible résulte de la condition
' A.
1v.1m -
_ -
4Mo
-
rr:
2 -
1 sm
m
. 2-
mn:
2
- 17.2
m= l
de tension nulle à la surface supérieure d'entretoisement; ici, ordinairement, et le moment transversal
le~ tensions de traction dues aux moments négatifs par action de la charge
utile ne seront pas supérieures à 10 kg/cmz. M '_
v _ tu
:~.- a
4Mo
rr:
2-1-. m
sin 2 mn: sm
2
. mrr:x ,
1
17. 3
Vu les difficultés qu'entraîne la mise en place de câbles transversaux m= l
et vu les grandes pertes de précontrainte dues au frottement les câbles droits ce qu'on peut écrire plus simplement
sont ordinairement plus économiques en pratique. C'est pou~quoi nous allons
nous occuper surtout de l'effet de précontrainte transversale par câbles droits M~,
t
= 'Pa 4M-o "/ .- l .
- - ( 111 -- 135
sm -m-.rx , ,
)
....
l ~/.4
d'excentricité constante e0 • ;-: L-t m 1
111 =--=1
206 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 17. CONSTRUCTIONS PRÉCONTRAINTES 207

Pour une valeur constante du moment par unité de longueur seule- s - ITf 4Mo . TIX
MY - ra - T I - sm-l-, 17.4a
ment dans la partie médiane de la portée d'après la figure 17-2, on a
4Mo . TIC . TIX 17 6
4Mo L
M sy .
tp
a ·--;- sm -l- sm -z- , .a
Mm = -- - s mmTic
1 . mTI
.
- - sm-- 17.5

et le moment transversal vaut


TI
m=l
m l 2
M~ = Pa ! sin ~x [ Moz +(Mol- Moz) sin ~c] . 17.8a

00
Les moments transversaux M~ dus à la charge utile se détermineront par la
4Mo ' \ ' 1 . mTIC . mTI . mTï.X méthode précitée au moyen des coefficients fla (chapitre 8).
M sy =
m
ra-- / -
7t ~m
sm -z- sm-- sm--
2 l · 17.6 La tension produite par ces moments devrait être égale à la somme
nz=l
de la tension due aux moments M~ et de la tension uniforme ; causée
par la précontrainte. Pour déterminer la longueur c d'après la fig. 17-2, il
suffit, ordinairement, de trouver les moments fiéchissants transversaux
maxima en peu de points de la longueur, par exemple en x= ; , ; , ~ .
Ayant choisi une certaine longueur c, nous pouvons, pour le moment
Figure 17 ~ Figure 17-3 transversal M~1 dû à la charge utile au milieu de la portée (x1 = ; ) et pour
Si, enfin, dans la partie médiane les câbles ont des entredistances celui M~z en xz = (; - c) , écrire les équations exprimant l'égalité des
plus petites que vers les extrémités (figure 17-3), on peut écrire tensions dans les sections transversales suivantes:
M~1
00

Mm =
4MozL - 1 sm2
--
. -mTï.
- + - - =· -
nvl
4Pa
-
nv1TI
[M oz + (M 01 - M oz) sm--
. TIC]
z
m 2 17.9
TI
m=l
00 17.7 = 4eoPa
U7 TI
1
[s 2 (S1 -S) . ~]
2 sm l +~
p , 1
4(Mol - Moz) L 1 . mTï.c . mTï.
+ -sm
m sm- ; M:z = 4Pa [Moz . TIC] Sz
TI
m=I
2 U7z U7zn (Mol- Moz) sm -l- + Pz =
17.10
le moment transversal est
4eoPa
U7zn [ Sz . -l-
+ (S1- Sz) sm nc] + Sz , ( xz l )
= Pz =
2- c ,
M s, ITf 4 L Moz sm
. 2-
mn . mnx
- sm-- +
y
= ra-
7t
--
m 2 l où Mo1, Moz sont les valeurs des moments dus à la précontrainte par unité
m=l

(Mol - Moz) . mTï.c . mTï.X . mTï.


17.8 de longueur dans la partie ( ; - c) < x :'S ( ; + c) ou 0 ;;:; x :S; ( ; c)
--'----n----=-- sm
1
sm sm - - .
2 et ( ; + c)
x l, :S;

De façon analogue, on pourrait déduire les expressions des moments trans- S1, Sz efforts de précontrainte par unité de longueur correspondant
versaux pour toute allure différente de moments de bord due à une distri- aux moments Mo1, Moz,
bution non-uniforme des câbles sur la longueur. nvl, nvz valeurs du module de flexion de la section transversale

D'habitude, il suffit de ne considérer dans les calculs que le premier par unité de longueur en x1 et xz,
terme de la série. Les expressions des moments transversaux selon les for- P1, Pz valeurs de l'aire de section transversale par unité de longueur,
mules 17.4, 17.6, 17.8 prendront, dès lors, la forme eo valeur constante de l'excentricité des câbles transversaux.
208 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 1 Î, CONSTRUCTIONS PRÉCONTRAINTES 209
Les valeurs des modules de flexion de la section W1 et Wz et de la diminuent avec la valeur croissante du coefficient 0. Elles sont nulles si la
surface transversale F 1 et F 2 sont ordinairement identiques entre elles, valeur de {} est comprise entre 1,1 et 1,2; la précontrainte excentrique ne
c'est-à-dire W1 = Wz = W, F1 = F2 = F. présente donc aucun avantage par rapport à la précontrainte uniforme. Pour
La valeur de e0 se déterminera de façon qu'une tension dangereuse les valeurs plus faibles de {}, qui sont plus fréquentes dans la pratique, les
,de traction ne se produise pas au bord de la section. Cette valeur ne sera tensions de flexion au centre de la section transversale du pont sont plus
donc pas beaucoup supérieure à la distance entre le centre de gravité et le grandes, si la valeur du paramètre de torsion a est faible.
bord de l'âme de la section. Après remplacement des quantités choisies de Le projet de la distance des câbles transversaux, surtout en cas de
eo, W, F dans les équations 17.9 et 17.1 0, on en déduira les valeurs des
efforts de précontrainte S1 et Sz.
dalles très étroites (c'est-à-dire si ~ < -~) , doit être contrôlé à l'aide des
En choisissant ensuite la même force de précontrainte sur toute la relations établies par Filon [65]. La distribution de la tension Gy pour le
longueur, on déduit de ces valeurs les entredistances des câbles dans les zônes centre de la largeur (y = 0) dans une dalle précontrainte par un seul câble
[(~ - c) ;; x ;; ( ; c)] et [ 0 < x < ( ; - c) ,(; + c) < x ;; l] . droit est représentée à la figure 17-4. La valeur de Gy se réduit relativement
rapidement avec la distance croissante du point d'application de la force
Si l'on choisit la même force de précontrainte et la même distance
précontrainte transversale, et pour ~ = 1,348, elle change de signe. Le
des câbles sur toute la longueur du pont, la force de précontrainte S pour
une excentricité fixée se déduit de l'équation d'équilibre écrite, par exemple, domaine d'application des tensions de compression est donc un peu supé-
rieur à la largeur de la dalle, à savoir
pour le centre de la portée x = ~- ,
Xo = 2. 1,348b = 2,696b > 2b.
M" 4PaSeo , S 17.11
-w- w;-; 'p· Il est, par conséquent, nécessaire de distribuer les câbles sur la longueur
En analysant l'allure de la tension causé~ par la précontrainte trans- avec des entredistances maxima telles que la tension transversale de compres-
versale excentrique dans le pont (et déterminée à l'aide de courbes du coef- sion se répartisse, d'une manière approchée, uniformément sur la longueur
du pont. De la figure 17-5, il résulte que
4'fr hh <5 la distance approchée convenable est b.
s y

:T r 1
·r 10 \
Â
\

\
Dans de larges dalles ( ~ > ; ) , les mo-
ments longitudinaux maxima Mx(±b)
1 1 1 8 \\ peuvent être supérieurs aux moments

1!---~fll_
'f-0347:!
x ô longitudinaux maxima Mx(O) au milieu
de la largeur du pont. Le rapport de ces
4
1 1 moments dépend surtout du rapport des

:-- -~ -- ~
1 1 2 \
\
\
b
cotes T
A '
. p our f:atre
• vaner
• ces moments
o~+-~~~==~~~---- Figure 17-5
b-
J 1t t
Jr 'il 11( .!!. l'/( _}_J( 7r .K
8 7; 8 2 8 4 8 2b sur la largeur de la construction, il
faut modifier les rigidités des poutres ou la précontrainte longitudi-
Figure 17-4 nale ou bien la forme des câbles transversaux. Dans le premier cas
et à condition que la précontrainte longitudinale soit disposée conve-
ficient P), on constate que les tensions se réduisent rapidement depuis nablement, le diagramme des forces de précontrainte Sx sur la largeur
le bord jusqu'au centre de la section transversale du pont. Les tensions de ressemblera à celui des moments longitudinaux maxima Mx (figure 17-6).
flexion dues à la précontrainte au centre de la section transversale du pont Le rôle des câbles transversaux est limité ici seulement à la reprise des
210 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES
17. CONSTRUCTIONS PRÉCONTRAINTES
211
moments transversaux M y et des tensions transversales dues aux efforts S -c
La rigidité transversale de flexion variant, de même, de point en
(précontrainte transversale passive). . .,
point sur la largeur avec la valeur et la position de la charge, {}ne peut pas se
Dans le deuxième cas, on peut, par un chmx appropne de la forme
calculer exactement. La tension aux joints ressemble à celle d'une poutre
des câbles transversaux sur la largeur (parabolique par exemple) arriver à
fissurée, c'est-à-dire que la section est inhomogène, comme il résulte, par
une rèpartition uniforme des moments longitudinaux et, par là même, des
exemple, de la figure 17-7 représentant une construction à blocs unis assem-
câbles longitudinaux de précontrainte. Les câbles transversaux ne repren-
blés par précontrainte.
dront pas seulement les moments transversaux My et la tension transversale
Roesli et Walther [129] ont trouvé, sur la base d'essais expérimentaux,
dus aux Sx mais modifieront aussi la répar-
des fonctions empiriques selon lesquelles il est possible de déterminer les
tition de la précontrainte longitudinale (pré-
valeurs intermédiaires du paramètre d'entretoisement {)i et de celui de torsion
contrainte transversale active )1).
rb '1
b
/
Cl.' . Le paramètre d'entretoisement est défini, dans ce cas, par le rapport de 1:~
rigidité flexionnelle transversale à
la longitudinale
' 17.2 Dalles à éléments
1 {) ' = QE. 17.12
QP

-- l---=
·----
y Envisageons encore une construction
de pont à poutres précontraintes ou en béton
armé où ces dernières sont posées l'une
Le paramètre de torsion Cl. ' est
défini ici par le rapport du terme
contre l'autre et assemblées par rainures médian 2H de l'équation différen-
bétonnées ou par autres joints, puis trans- tielle de la dalle orthotrope à la rigi-
Figure 17-6 versalem~nt précontraintes ou, éventuelle- dité de flexion QP,
ment, seulement couplées. Nous avons déjà 1 2H
mentionné que ce type de construction avait le caractère d'une dalle ortho-
Cl.. = = - . 17.13 Figure 17-7
Qp
trope et qu'on pouvait le calculer en tenant compte de ce fait. Ses _propri~tés
D'après les fonctions empiriques susdites, les paramètres {)i et (/.' dépendent
diffèrent cependant considérablement suivant la valeur de la precontramte
du rapport de la précontrainte totale à la charge concentrée appliquée et à la
transversale.
position de cette dernière, pour un chargement central sous la forme

v;0 '
Si la précontrainte est notable, de sorte qu'aucune traction ne naîtra 2

{)~ =
en aucun endroit de la section transversale et sous quelque charge que ce
soit, la construction peut être considérée comme parfaitement résistante 0,23 17.12a
pour un chargement de rive

'
à la torsion et ses rigidités flexionnelles sont les mêmes dans tous les deux
2
sens. S'il n'y a pas de précontrainte, nous avons la quasi-dalle à éléments
(où l'on suppose les joints n'étant pas capables .de. transmettre,des moments ·0 ~ = 0,10 v~ 17.12b
mais transmettant complètement les efforts de ctsalllement) et 1on peut donc et
regarder la rigidité flexionnelle d~ns le sens t~·ansv~rsal comme nul~e . e: ~a r~. ' = 3C(1 - D1 l ) + -{Ji , (h < b1) 17.13a
rigidité de torsion de la constructwn comme egale a la so~e des ~1~1~1tes ou
~21 )
2
torsionnelles des différentes poutres. Pour les valeurs mtermed1a1res, Cl. ' = 3C ( (1 - {)-'Î ) + -{)', (h < b1). 17.13b
c'est-à-dire pour différentes valeurs de la précontrainte transversale, _les
rapports des rigidités flexionnelles à la rigidité de torsion de la constructwn
S est l'effort total de précontrainte dans le sens transversal,
sont différents et varient dans les limites citées. Po la charge appliquée, dans le sens vertical, au milieu de la largeur
(y = 0),
1) Dans un tel cas, les efforts de précontrainte peuvent se calculer approximativement
d'après Kaufmann [65].
Pb la charge appliquée, dans le sens vertical, à l'extrémité de la
largeur (y = ± b),
17. CONSTRUCTIONS PRÉCONTRAINTES 213
212 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES

titio~ sont toujours plus grandes pour le chargement sur le bord que pour
C le coefficient numérique de torsion des sections rectangulaires, celm au centre. Par contre, au centre du pont, une plus grande concentration
dépendant du rapport des dimensions transversales de la poutre hfh [61, 152] des charges est possible que sur les bords; il est donc nécessaire d'étudier
d'après le tableau suivant: les deux cas. .
- -

1
------~

Si le pont est soumis aux charges dues à des véhicules, Po et Pb dans


h(bl 1 1 11,5 11,75 : 2 ; 2,5 3 1 4 6 i 8 Cf) les formules 17.12a et 17.12b ne représentent pas le chargement total mais
seulement la partie concentrée au sommet de la courbe de répartition des
-c----~~~~~~~~-;\~\~1 °~~~~~:~~~~- 3,0 3,0

Les formules citées sont valables à condition que


a) l'assemblage des poutres soit réalisé de telle façon que les points 2,5 1\
de contact des poutres voisines prennent la même déformée dans le sens
% vertical, ce qui empêche un déplacement
12,À
}:.·1\\
50 vertical réciproque de différentes pou- ?.0
1

\ tres; l'assemblage transmet donc les


efforts de cisaillement totaux; /1,>.
\ b) le nombre de poutres soit assez
~/f,; ~. \\
~
30 grand, c'est-à-dire la largeur des poutres
//
~ ....__ par rapport à la largeur totale soit fai- /, ~~
-- ~
.....
'20 -- ble, de sorte que la rigidité flexionnelle f,O
-- v -- ~-----
----- ? ~ ~--- - ---
10
(!E et celle de torsion, toutes deux étant
discontinues, puissent être remplacées :-==: --
' _
2
-!!._
4
S/P
6

Figure 17-8
8 10
par une valeur moyenne.
Des essais effectués par les au-
teurs mentionnés, il résulte que la sup-
position a) n'est pas toujours tout à fait
observée et que, pour déterminer les
0,5

0
----------
·b 0 b
4
b
2 b

moments longitudinaux, il faut augmenter le coefficient de répartition K. Figure 17-10


Le pourcentage d'augmentation dépend du rapport de l'effort total de pré-
contrainte à la charge appliquée et au mode moments. Dans la pratique, la charge concentrée agissante Po est, généra-
par lequel s'effectue la transmission des forces lem~nt.' égale à deux charges de roues tandis que la charge de rive Pb est
de cisaillement entre les différentes poutres. ordma1rement égale à une charge de roue.
Au diagramme figure 17-8 est donnée l'aug- Dans leur mémoire, les auteurs cités présentent, après détermination
mentation en % du coefficient de répartition K Figure 17-9 des paramètres initiaux, un procédé un peu différent de calcul. Ils détermi-
suivant la courbe A pour le cas de poutres unies nent, en fo?ction du rapport de la largeur b à la longueur z du pont et de la
(figure 17-7) et suivant la courbe B pour le cas d'un très bon assemblage, par large~r .b~ ~ la hauteur h de la section d'un élément et en fonction du rapport
exemple, au moyen de rainures bétonnées entre poutres selon la figure 17-9. des .ng1d1tes W dans les sens transversal et longitudinal, les ordonnées
Pour rechercher les moments longitudinaux, ordinairement, deux max1ma du coefficient de répartition transversale des moments longitudinaux
positions sont décisives: au centre du pont et à son extrémité. Dans le pont K"umax pour la section au centre et à l'extrémité de la largeur du pont
donné, les ordonnées maxima de la ligne d'influence du coefficient de répar-
214 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 17. CONSTRUCTIONS PRÉCONTRAI NTES 215
6,0
1

1
J,O
\\ J.. chargement au milieu

4-,0 '\\ 1 /! 2, SI----+--- ( e = o) 1---+--1---t---+-- J '


\,\ !
/; / !!t.h = 1.70
1
0

\\\ 1//
\\\
\ \ ///1
~ \\
\ ' ,"-.
j.V; 1/
2,0
~
'~ u v _/ /

----
- ~~
- '"""" -~ -
~ ~-·
;o...: -;--..-:::; P'" -
:;:..;-"'
-r---

1-:- ---- ·- ~----_:.... r::.:-=- -~ -


--
0 b b
-b -~ b -2 -ï; 0
b
~
b
2 ...:lb b
~'
Figure 17-11 "0 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
t'
b/{
3,0 v
Figure 17-13
0

chargementau milieu
( e • 0) 6,0 tf'
~5
~ . 1.00 0, 0
h 1

5,0
chargem ent o, f
'<
tl
E: o,r à l1 extrémité
2 0,2 4,0 (e = i:. b) 0, 5
-:.::.:1::;2,0
0, 3 b b1
o,ç. E ïi " f,OO f,O
-:s.J, O
0,5 ~-.::.
~0
1,5 2,0

f1 0

~0 0 O, f 0,2 0 0 O,f 0,2 O,J 0,4 0,5


O,J 0, 4 0, 5
b/l b/1
Figure 17-12 Figure 17-14
216 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES 17. CONSTRUCTIONS PRÉCONTRA I N TES 217

Exemple 16
Soit à déterminer la précontrainte transversale pour une dalle de
dimensions 1 = 10,0 rn, b = 4,0 rn, dans laquelle agit le moment trans-
versal MP ~ 0,480 tm/rn ,.; d = 0,50 rn, W = 0,042 m 3/m F = 0,5 m 2/m 1
,
1
,

{} = 0,72, rJ. = 0,49, l'excentricité de précontrainte transversale est


d
= 50 = 8,3 cm et la force de précontrainte constante sur toute la
6 6
longueur.
Selon les diagrammes figures 14-3, 14-4, on a pour
b
Y = 4, z = 0, {} = 0,72 ... Po = 0,510,
pour
00 0,1 012 0,3 0,.5
y = : ' (J. = 1, {} = 0,72 ... pl = 0,115.
b/l D 'après 14.7, on a
Figure 17-15
'Pa = 'Po + (P 1- 'Po) lf; = 0,510 + (-0,395) . 0,7 =
= 0,510 - 0,276 = 0,234.
(figures 17- 10 et 17- 11 ). Ils supposent de plus que l'allure de la courbe de Suivant 17.11, il vient
répartition transversale des moments ne dépend que de son ordonnée
480 4 . 0,234 . s . 0,083 s
maximum (figures 17- 12 à 17-15). A l'aide de quelques diagrammes, on
0,042
--~~~~ -~---
0,042 . 7t
+---
0,5
peut, dès lors, déterminer d'une ma-
lx 11 400 = 0,59S + 2,0S
i nière relativement simple l'allure des
moments longitudinaux dans le sens trans- Il 400 1
l S = , = 4450 kg/rn .
1 versal et leur valeur. Les diagrammes 2 59
1 ~ mentionnés sont construits pour un rap- Exemple 17
-?- -?- -?- -?-
i ' Soit à déterminer les moments fléchissants longitudinaux d'une
construction assemblée d'après la figure 17-16 pour un chargement médian
1
_L
--
-y
-'·•' par véhicules dont la pression de roues Pn = 10 t. Soit bfl = 0,5, b1/h = 1, 7,
l'effort total de précontrainte 20,0 t. Les poutres sont munies de rainures
de cisaillement bien bétonnées.
Selon 17.12a, on a
2b • 20m J 2
1 v --,;:2""'
0,-;::
0-- 23
Figure 17- 16 Fig ure 17-17
80 = 0,23 2 . 10,0 = 0, .
De la figure 17- 13 résulte la valeur maximum de K = 1,83.
port de la largeur à la hauteur de la section égal 1,0 et 1, 7. Pour d'autres La réduction de ce coefficient suivant la courbure B au diagramme
valeurs, on peut interpoler ou extrapoler linéairement. Les lignes d'influen- figure 17-8 donne K = ](. 1,055 = 1,83 . 1,055 = 1,93.
1

ce de la répartition transversale des moments fléchi ssants longitudinaux D'après la figure 17-10, on obtiendra, pour cette valeur maximum
une foi s trouvées, on continue les calculs de façon co.u rante (chapitre 7). de K la ligne d'influence des moemnts fléchissants au milieu de la largeur
1
,

(ligne des coefficients de répartition, figure 17-17).


218 LE CALCUL DES GRILLAGES DE POUTRES ET DALLES ORTHOTROPES

Le moment moyen dû au chargement donné est, au milieu de la


portée,

Mxo = ! 10. 10. ;O = 2,5 tm/m'. 18. Calcul des grillages de poutres appuyés sur leur
périphérie
Lemo~entfléchissantàlami-largeurest Mx= ~ Fn M.'tO __:__ ~ K~Mxo
~ an ~
= (1,93 + 0,90 + 0,96 + 0,76). 2,5 = 4,565. 2,50 = 11,40 tm/m '.
A la poutre médiane revient donc (m étant le nombre de poutres)
la charge équivalente produisant le même moment que celui produit dans
la constru..ction prise en bloc:
Mxh = p" L.K ;,, = 11,40 . 1,67 = 3,81 t.
1 m 1
4' 4.20

Pour les constructions simplement appuyées sur toute la périphérie,


telles que, par exemple, les tabliers mais aussi les planchers des bâtiments etc.,
on peut dans les cas courants et vu que 2b ~ l, calculer à l'aide de la relation
6.21 où les constantes Cm et Dm. sont données par les équations 6.22 et 6.24. ' Î )
Les moments fléchissants dans le sens x sont, dès lors,
02w m2rr:2
Mx = -ep ox 2 = (}p- -2 -
1
e -milY
[ _
Cm cos (rnty) +

+ v Dm
1
2
"
. (
sm mty
)] . mrr:x
. sm - 1- .
(
y "'
O)
18. 1

et les moments fléchissants dans le sens y

M, ~- e,m'"''' """ [ " ( C,,. cos (mty) +


v 1
2 C(
sin (m ty)) +

1/I- (C
+ C(
2
111 sin (mty) -
v
--:-=D=m= =- cos (mty))] sin _m_lrr:_x ,
1
2 C(

De cette façon, on peut déterminer assez exactement les valeurs


(y ~ 0).

18. 2

statiques nécessaires d'une construction appuyée sur toute la périphérie et


-:hargée à proximité du milieu de la largeur, si le rapport de la longueur à la
largeur est supérieur à l'unité. En particulier, les valeurs au voisinage de la

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