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FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES DE TANGER

DEPARTEMENT DE PHYSIQUE
MASTER GENIE CIVIL

MINI-PROJET

Les Bétons à hautes performances

Présenté par :

Arhune Oumaima

El Bouydar Nissrine

L’Allali Sana

Laghdass Oumaima

Encadrant FST : Mr. Alaoui Adil

Année Universitaire: 2019/2020


Les Bétons à Hautes performances

Liste des tableaux


Introduction ................................................................................................................................ 1
1. Définition : ...................................................................................................................... 2
2. Historique : ...................................................................................................................... 2
3. La vie du béton : .............................................................................................................. 3
Matière première : ............................................................................................................... 4
Granulats : ....................................................................................................................... 4
Ciments : ......................................................................................................................... 4
Eau :................................................................................................................................. 5
Superplastifiants : ............................................................................................................ 5
Additifs : .......................................................................................................................... 6
Malaxage : ........................................................................................................................... 6
Fluidité et ouvrabilité : ........................................................................................................ 6
Prise : .................................................................................................................................. 7
Durcissement : .................................................................................................................... 7
Durabilité : .......................................................................................................................... 7
4. Propriétés physico-chimiques et mécaniques des BHP : ................................................ 9
• Résistances mécaniques :............................................................................................. 9
• Module d’élasticité : .................................................................................................. 10
• Retrait : ...................................................................................................................... 10
• Fluage : ...................................................................................................................... 10
5. Formulation : ................................................................................................................. 10
Défloculation des grains de ciments et réduction de la teneur en eau : ............................ 10
Optimisation du squelette et de l'empilement granulaire : ................................................ 11
6. Causes de dégradation : ................................................................................................. 11
La corrosion des armatures : ............................................................................................. 12
➢ La carbonatation :................................................................................................... 12
➢ L’action des chlorures : .......................................................................................... 12
L’alcali-réaction : .............................................................................................................. 13
La réaction sulfatique interne :.......................................................................................... 14
Conclusion ................................................................................................................................ 16
Bibliographie ............................................................................................................................ 17
Les Bétons à Hautes performances

Liste des figures

Figure1 : Histoire du BHP .......................................................................................................... 2


Figure2 : La vie du béton ........................................................................................................... 3
Figure3 : Gravillon en porphyre ................................................................................................. 4
Figure4 : Poudre de ciment CEM I ............................................................................................ 5
Figure5 : les super plastifiants .................................................................................................... 5
Figure6 : Fumée de silice Figure7 : Pouzzolane naturelle............................ 6
Figure8 : Relation entre le rapport E/C et la résistance .............................................................. 8
Figure9 : Propriétés du BHP ...................................................................................................... 9
Les Bétons à Hautes performances

Introduction
Le béton est l’un des matériaux très utilisé pour la réalisation de bâtiments et ouvrages de
génie civil. Les premiers bétons remontent à plus de 3.000 ans avant J. C. Ils étaient alors
composés d'argile, de sable, de gravier et d'eau et appelés bétons de terre ou torchis.
L'invention du « ciment romain » en 1796 puis du béton précontraint vont sceller le succès du
béton. C'est aujourd'hui le matériau de construction le plus utilisé au monde ; on estime sa
production à environ une tonne par habitant sur la planète.
Le béton est composé d'un mélange de granulats, de sable, et d'eau aggloméré par
un liant hydraulique (le plus souvent du ciment) qui sert de « colle ». On y ajoute
éventuellement des adjuvants et d'autres ingrédients pour modifier le comportement du
matériau.
Il existe plusieurs types de béton :
• Les bétons prêts à l’emploi.
• Le béton armé.
• Le béton fibré.
• Le béton précontraint.
• Les bétons à hautes performances.
• Le béton projeté.
• Les bétons autocompactant, autoplaçant et autonivelant.
• Les bétons caverneux, drainant et poreux.
• Le béton de ciment alumineux (ou béton fondu).
• Le béton décoratif.

Problématique :

Dans les années 1940, on sait que pour obtenir un bon béton il faut minimiser le pourcentage
des vides. Puis en 1980, on découvre le moyen de réduire ces vides avec l’ajout de
microparticules et d’adjuvants du type plastifiants, ainsi naissent les bétons à hautes
performances. Dans ce cadre s’inscrit notre mini-projet qui a pour objectifs :
✓ La vie du béton à hautes performances.
✓ Formulation.
✓ Causes de dégradation.

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Les Bétons à Hautes performances

1. Définition :
Les Bétons à Hautes Performances (BHP), sont des matériaux présentant une très haute
compacité, une haute résistance à la compression à 28 jours supérieure à 50MPa et un rapport
E/C inférieur à 0,40.

Leurs principales caractéristiques sont :

• Sur béton frais une maniabilité accrue.


• Sur béton durci :
✓ Une augmentation des caractéristiques mécaniques (compression,
traction, module d’élasticité) tant aux jeunes âges qu’à terme.
✓ Une plus grande imperméabilité à l’air et à l’eau, due à une compacité plus
élevée.
✓ Une plus grande résistance aux agents agressifs d’où une meilleure durabilité.
✓ Une meilleure tenue aux cycles de gel/dégel.

2. Historique :

Figure1 : Histoire du BHP

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Les Bétons à Hautes performances

Depuis la découverte du béton armé et les études ne font que se focaliser sur la recherche des
méthodes permettant de renforcer la résistance à la compression. Car cette dernière est
considérée comme la principale propriété qui caractérise le béton. Donc des progrès
considérables ont été enregistrés dans ce domaine au cours de ces dernières décennies. Aux
États-Unis, durant les années 1950, une résistance à la compression de 35 MPa était
considérée comme une résistance élevée. Dans les années 1970, la limite a été portée à 70
MPa, alors qu’on 1990 la notion du béton à haute résistance était réservée à un béton d’une
résistance à la compression comprise entre 80 et 100 MPa. Et cette évolution n’est pas
terminée, des résistances à la compression supérieure à 120 MPa ont été réalisées lors de
constructions récentes selon la norme européenne EN 206-1, le béton est considéré comme un
béton à haute résistance à partir d’une classe de résistance de C55/67.

3. La vie du béton :

Matière première
(granulat,eau,ciment,superplastifiant,additifs)

Malaxage

Fluidité et ouvrabilité

Prise
Durcissement
Vie en service
Durabilité

Figure2 : La vie du béton

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Les Bétons à Hautes performances

Matière première :

Granulats :
L’emploi de granulats de roche dure (par exemple porphyre) est recommandé pour la
formulation des BHP.

Figure3 : Gravillon en porphyre

Pour assurer le dosage en eau restreint du béton à haute résistance, on veillera


particulièrement à la propreté du sable. De même, le sable présentera de préférence une
granularité continue et de haute régularité ainsi qu’une faible teneur en fines.
Les granulats doivent aussi présenter les caractéristiques suivantes :
- Un rapport G/S (Gravier/Sable) élevé.
- Une forme tourmentée (de préférence concassée) améliorant l'adhérence
pâte/granulats.
- Un diamètre de l'ordre de 10 à 16mm.

Ciments :
Tous les types de ciments peuvent être utilisés. Ils sont généralement de type CEM I et de
classe 52,5. Les dosages sont compris entre 400 et 450 kg/m³.

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Les Bétons à Hautes performances

Figure4 : Poudre de ciment CEM I

Eau :
L'eau est un constituant très important du béton, car elle peut en influencer la qualité, en
fonction de sa qualité et de sa quantité.

L'eau destinée au gâchage du béton doit être propre et ne doit pas contenir d'impuretés qui
pourraient nuire à la qualité du béton (matières organiques ou chimiques...).

Il faut être attentif au dosage, car un excès d'eau nuit à la durabilité du béton et diminue la
résistance du béton durci. On calcule la quantité d'eau à partir du rapport E/C (masse d'eau /
masse de ciment) établi expérimentalement.

Superplastifiants :
Les dosages en Superplastifiants sont généralement élevés. Ceci permet de réduire fortement
la quantité d’eau et d’atteindre des E/C inférieurs à 0,40 et allant même jusque 0,25 - tout en
gardant une ouvrabilité importante. Ce haut dosage en superplastifiant s’accompagne
généralement d’une viscosité élevée et d’un comportement thixotrope du béton.

Figure5 : les superplastifiants

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Les Bétons à Hautes performances

Additifs :
Ces additifs permettent de compléter la granulométrie du béton et augmente sa compacité et
sa résistance mécanique.
Deux types d’ajouts sont utilisés dans la composition du béton :
a. Fumée de silice : se présente sous forme d’une poudre plus ou moins
grisâtre extrêmement fine dont les grains sont environ 100 fois plus petits
que ceux du ciment, leur diamètre moyen étant d’environ 0,1 micron. Leur
surface spécifique est de l’ordre de 200 à 250.000cm²/g, leur masse
volumique absolue étant comprise entre 2100 à 2300 pour les fumées de
silice de classe A (teneur en silice>85%), et entre 2100 et 2400 pour celles
de classe B (teneur en silice comprise entre 70 et 85%).
b. Pouzzolane naturelle : c’est une roche concassée sous forme de cailloux,
avec une surface spécifique Blaine de 4000 cm²/g (après le broyage).

Figure6 : Fumée de silice Figure7 : Pouzzolane naturelle

Malaxage :
Le malaxage c’est le temps nécessaire pour avoir l’homogénéité des composantes.
Généralement la durée de malaxage doit être prolongée par rapport à celle des bétons
courants.

Fluidité et ouvrabilité :

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Les Bétons à Hautes performances

▪ Fluidité :

Il faut préserver l’homogénéité du béton obtenue lors du malaxage au moment du coulage.

▪ Ouvrabilité :

La quantité importante de pâte et un dosage important de superplastifiant permettent d’obtenir


des bétons ayant une consistance importante. Des affaissements de 180 à 200 mm sont
courants pour ce type de béton.

Prise :

Le phénomène de prise correspond à l’accélération des réactions chimiques d’hydratation


durcissement. Ces réactions donnent naissance à des hydrates, qui sont des microcristaux
ayant la forme de fibres, de plaquettes ou d’aiguilles. Des ponts d’hydrates commencent à
relier les grains de ciment entre eux.
Le début de prise se traduit par une augmentation de la viscosité du béton.
La fin de prise correspond au moment où la pâte cesse d’être déformable et devient
un matériau rigide. Les grains de ciment sont tous solidarisés.

Durcissement :

La poursuite de l’hydratation se traduit par le durcissement. Résultat de la formation


progressive de cristaux dont l’enchevêtrement et la croissance assurent la cohésion des
différents grains du béton. La résistance mécanique continue à croître pendant très longtemps,
même après 28j.

Durabilité :

La durabilité de l’ouvrage consiste à conserver dans le temps cette fonction. Plus la fonction
de l’ouvrage est importante mieux sa durabilité devra être garantie, pour maintenir d’une part
la permanence de sa fonction et pour optimiser d’autre part le retour sur l’investissement
consenti.

Les chercheurs ont démonté qu’il existe un lien entre la durabilité et le rapport E/C. Ce
dernier a une relation directe avec la résistance à la compression qui sera montrée dans la
figure suivante :

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Les Bétons à Hautes performances

Figure8 : Relation entre le rapport E/C et la résistance

D’après la figure, on remarque qu’en fonction de l’augmentation ou de la diminution du


rapport E/C, la résistance du béton diminuera ou augmentera.
A partir d’un rapport E/C trop faible le béton ne peut plus être mis en œuvre.

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Les Bétons à Hautes performances

4. Propriétés physico-chimiques et mécaniques des


BHP :

Figure9 : Propriétés du BHP

• Résistances mécaniques :

Les BHP présentent des résistances en compression importantes aux jeunes âges, compte tenu
de la rapidité de la cinétique de montée en résistance, et très élevées à long terme (avec une
montée en résistance se poursuivant au-delà de 28 jours).

Un BHP de 60 MPa à 28 jours peut offrir des résistances mécaniques de 15 MPa à 24 heures,
voire davantage, et 40 MPa à 7 jours. Le gain est aussi important en termes de résistance en
traction ou au cisaillement.

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Les Bétons à Hautes performances

• Module d’élasticité :

Le module d’élasticité des BHP est supérieur à celui des bétons traditionnels.

• Retrait :

Le retrait total du BHP est globalement identique à celui d’un béton traditionnel mais avec
une cinétique différente (il se produit plus tôt et se développe principalement pendant les
premiers jours après le coulage).

• Fluage :

Les BHP présentent un fluage (déformation différée sous chargement permanent) plus faible
que les bétons traditionnels (surtout avec des formulations à base de fumées de silice). La
cinétique de fluage propre est très rapide (le fluage est accéléré et se manifeste dès les jeunes
âges du béton) et se stabilise plus vite.

5. Formulation :
La recherche des hautes performances passe par la réduction de la porosité du béton.
La limitation de la porosité implique essentiellement 2 conditions :
- Une très faible teneur en eau.
- Une granulométrie comportant des éléments fins en quantité suffisante pour remplir
les espaces entre les + gros granulats.
Deux voies sont généralement associées pour optimiser la formulation d'un BHP :

Défloculation des grains de ciments et réduction de la teneur en eau :


L'emploi des superplastifiants permet une réduction de la teneur en eau du mélange à
consistance égale (entraînant la suppression d'un volume important d'eau non mobilisée par
l'hydratation du ciment). Les rapports E/C sont de l'ordre de 0,35 au lieu de 0,45 à 0,50 pour
un béton usuel (soit une réduction de la teneur en eau de plus de 30 %).
Les superplastifiants s'opposent à la floculation des grains de ciment en suspension dans l'eau,
ce qui augmente leur réactivité, facteur de résistance à court terme. Ils permettent une

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Les Bétons à Hautes performances

réduction sensible de l'eau de gâchage (une partie de l'eau n'est plus piégée dans les flocs de
ciment) tout en garantissant une ouvrabilité satisfaisante, une amélioration de la fluidité et une
diminution très importante de la porosité du béton à l'état durci.

Optimisation du squelette et de l'empilement granulaire :


Chaque classe granulaire est adaptée afin d'obtenir un mélange à très haute compacité (les
éléments fins remplissant les espaces entre les plus gros granulats). Des mélanges optimums
de grains (s'appuyant généralement sur quatre niveaux de taille de grain) permettent d'obtenir
la porosité minimum du squelette granulaire.
Les performances des BHP peuvent encore être augmentées par l'optimisation du mélange
granulaire grâce à l'ajout de particules ultrafines, le plus souvent à caractère pouzzolanique.
Elles ont une action sur la granulométrie du mélange, en comblant les micro-vides
intergranulaires et en densifiant l'interface pâte de ciment-granulat. Elles augmentent la
compacité du mélange et améliorent sa rhéologie à l'état frais. Les ultrafines les plus utilisées
sont les fumées de silice. Elles présentent également une réactivité avec la chaux libre, liée à
leur caractère pouzzolanique ce qui accroît les résistances mécaniques.
Cette optimisation du squelette granulaire permet aussi de réduire la teneur en eau.

6. Causes de dégradation :
Il se trouve que les ouvrages ne vieillissent pas seulement du fait de l’exercice de leur
fonction, mais aussi du fait de l’action qu’exerce sur eux l’environnement dans lequel ils se
trouvent. L’ouvrage et son matériau doivent donc être adaptés à leur milieu. Le climat,
l’agressivité des eaux, des sols et de l’atmosphère sont donc des paramètres à prendre en
compte dès la conception du béton afin que celui-ci présente au final les caractéristiques
physico-chimiques adaptées à l’environnement dans lequel il s’insérera.
Parmi les phénomènes qui nuisent à la durabilité du béton :

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Les Bétons à Hautes performances

La corrosion des armatures :

La corrosion des armatures peut être initiée par deux facteurs distincts :

➢ La carbonatation :
De nombreuses études ont démontré que la durabilité des BHP vis-à-vis de la carbonatation
est très nettement supérieure à celle d’un béton traditionnel. En effet, le réseau poreux, peu
connecté limite la diffusion du gaz carbonique au sein de la matrice cimentaire. La faible
porosité initiale favorise le colmatage des pores lié à la formation des cristaux de calcite. La
progression de la carbonatation en profondeur est réduite, ce qui assure une meilleure
protection des armatures.

Ca(OH)2 + CO2→ CaCO3 + H2O

La carbonatation est dépendante de l'humidité relative. Elle est maximale pour une humidité
relative comprise entre 60 et 80 %. Au-delà de 80 %, la cinétique diminue rapidement pour
atteindre des valeurs extrêmement faibles lorsque les pores sont saturés d'eau, sachant que la
diffusion du CO2 dans l'eau est dix mille fois plus faible que dans l'air. A l'opposé,si un béton
est placé dans un environnement très sec, la quantité d'eau présente dans les pores est
insuffisante pour dissoudre le dioxyde de carbone. Lacinétique de carbonatation est donc
faible à très faible lorsqu'un béton estimmergé ou lorsqu'il est placé dans un environnement
très sec.

➢ L’action des chlorures :


La pénétration des chlorures dans le béton se fait en présence d’eau. En milieu saturé (béton
immergé), les ions chlorures pénètrent par diffusion dans le béton sous l’effet d’un gradient de
concentration. Le coefficient de diffusion des ions chlorures est une grandeur essentielle de la
durabilité des bétons exposés aux chlorures.
Pour les bétons soumis à des cycles d’humidification-séchage, comme les bétons en zone de
marnage ou exposés aux sels de déverglaçage, les chlorures pénètrent par absorption capillaire
puis migrent par convection avec la phase liquide. La progression s’effectue ensuite par
diffusion dans la zone saturée.

Les chlorures agissent par rupture du film passif des aciers (processus imparfaitement
compris) qui perd son caractère protecteur.

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Les Bétons à Hautes performances

Les chlorures sont rarement distribués de manière homogène à la surface de l’acier et le film
passif est lui-même variable selon l’endroit.

Les chlorures entraînent une corrosion qui est localisée (piqûres).

La résistance des BHP à la migration des ions chlorures est largement supérieure à celle des
bétons courants, grâce à sa microstructure plus dense. C’est un des points forts du BHP vis-à-
vis du risque de corrosion des armatures.

L’alcali-réaction :

L'alcali-réaction est une réaction chimique entre certaines formes de silice et de silicate
pouvant être présentes dans les granulats du béton, et les alcalins de la solution interstitielle.
Elle correspond à une attaque du granulat par la solution basique du béton et provoque la
formation d'un gel de réaction (silicate alcalin), dont l'expansion engendre, sous certaines
conditions, un ensemble de désordres.

Il existe trois grands types d'alcali-réaction : les réactions alcali-carbonate (dolomitisation),


alcali-silice et alcali-silicate. La réaction alcali-silice est la plus fréquente.

Conditions d'apparition de l'alcali-granulat :

Trois conditions doivent être simultanément remplies pour que ces réactions puissent avoir
lieu. Il faut que le granulat soit potentiellement réactif, que l'humidité relative excède 80 à
85% et que la concentration en alcalins dépasse un seuil critique.

▪ Alcalins :
L'établissement de la RAG nécessite la présence d'un certain pourcentage d'alcalins dans le
béton (essentiellement K2O et Na2O). Ces alcalins proviennent d'une part du ciment, et d'autre
part, des autres constituants du béton (granulats, eau de gâchage, adjuvants,..). Initialement,
ils sont présents à l'état diffus dans les phases anhydres, et ils se dissolvent à l'état basique
(K+OH-, Na+OH-) lors de l'hydratation.

▪ Silice :
La silice réactive, à laquelle on s'intéresse, prend son origine des granulats. Toutes les variétés
de silice sont pratiquement insolubles dans l'eau pure. Mais, en raison du caractère acide de

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Les Bétons à Hautes performances

SiO2, certaines peuvent se dissoudre sous forme d'anions dans les solutions aqueuses
fortement basiques.
La présence d'une silice solubilisable provenant des minéraux sensibles pouvant réagir avec
les alcalins, est l'origine de la majorité des réactions alcali-granulats.
Le minéral le plus susceptible de réagir avec les alcalins est l'opale ayant comme formule
(SiO2, nH2O) ou une silice amorphe.
En général, la silice peut être rencontrée dans les roches et alluvions siliceuses, dans les
roches carbonatées (sous forme d'inclusions) et dans les roches ou alluvions silicatées
polyphasées.
▪ Environnement :
L'expérience montre que les conditions d'exposition sont à l'origine d'une évolution notable de
la RAG : l'humidité du sol sous l'ouvrage en contact, l'écoulement de l'eau...A titre illustratif,
on présente deux cas d’exposition :
L'exposition la plus favorisante de la RAG est lorsque les constructions sont soumises à des
cycles successifs d'atmosphère humide puis sèche. Même si le béton est maintenu dans des
conditions d'humidité nulle, l'alcali-réaction reste potentielle, mais dès la remise du matériau
en contact avec l'eau, la réaction se reproduit et les désordres auront lieu.
L'exposition des structures à des températures élevées accélère aussi le processus de la RAG.
En effet, les sections massives et larges du béton dissipent lentement la chaleur d'hydratation
produite par la prise du ciment, ce qui favorise l'apparition et le développement de la RAG.
Ainsi, une atmosphère chaude et humide est un facteur aggravant important.

La réaction sulfatique interne :

La Réaction sulfatique Interne est déclenchée et se développe par la conjonction de plusieurs


paramètres : la présence d’eau, la température du béton élevée au jeune âge, et la durée du
maintien de cette température initiale élevée ainsi que les teneurs en sulfates et en aluminates
du ciment et la teneur en alcalins du béton.
La RSI est une pathologie susceptible d’endommager les bétons. Elle est générée par la
formation différée d’ettringite dans un matériau cimentaire durci, plusieurs années après la
réalisation de l’ouvrage et sans apport de sulfate externe.
Cette réaction peut se produire à cause d’un échauffement important du béton (au sein de
pièces dites critiques pour lesquelles la chaleur dégagée par l’hydratation du ciment n’est que

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Les Bétons à Hautes performances

partiellement évacuée vers l’extérieur, ce qui conduit à une élévation importante de la


température du béton) au jeune âge (plusieurs heures ou plusieurs jours après son coulage).
Elle peut apparaitre aussi pour des ouvrages coulés en période de chaleur.
Elle provoque un gonflement interne du béton qui se manifeste par l’apparition à la surface du
béton d’une fissuration multidirectionnelle à maille de l’ordre de 10 à 30 cm.

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Les Bétons à Hautes performances

Conclusion

En guise de conclusion, ce travail aussi enrichissant nous a permis de statuer sur l’évolution
des différents types de béton au fil des années, et de traiter les étapes de la vie du béton à
hautes performances, ainsi que ses propriétés physiques, mécaniques et chimiques. On a
abordé ensuite la formulation du BHP et ses causes de dégradation.

D’après ce travail, on a conclu que le BHP comporte plusieurs points forts qui le caractérisent,
tels que sa résistance mécanique élevée, sa durabilité à long terme, sa rhéologie à l’état frais et
son esthétique de structure. Ainsi, et même avec l’ampleur et la diversité de ses
caractéristiques, la perfection reste toujours recherchée. C’est pour cela que l’évolution du
BHP ne s’est jamais arrêté jusqu’à son renforcement par des fibres. On obtient alors un béton
fibré ultra haute performance (BFUP) avec une résistance qui dépasse les 150 MPa.

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Les Bétons à Hautes performances

Bibliographie

▪ Cours des matériaux de construction de la FST de Tanger, Mr El Hafidi Alaoui Adil


▪ Livre « les bétons : formulation fabrication et mise en œuvre tome2 »
▪ Livre « la durabilité des bétons »
▪ Une application « cours génie civil »

Webographie :
▪ https://www.infociments.fr/betons/eau consulté le: 22-01-2020.
▪ https://www.toutsurlebeton.fr/le-ba-ba-du-beton/prise-et-durcissement-du-beton/
consulté le : 22-01-2020.
▪ https://www.memoireonline.com/09/08/1539/m_utilisation-cendres-volantes-
prevention-desordres-alcali-reaction2.html consulté le: 10-02-2020

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