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Master

Management Bancaire
Faculté de Sciences Juridiques,
et Finance Internationale
Economiques et Sociales - Salé

La micro-finance

Réalisé par : -Mohamed AMANZOUL


-Nabil KARKACH

Encadré par le Professeur Khalid HAMMES

Année universitaire 2019/2020

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Plan

Introduction

I. L’historique de la micro-finance

II. Les approches en micro finance

1. Approche minimum ;

2. Approche maximum.

III. Les enjeux de la micro finance

1. Micro finance, miracle ?

2. Micro finance, désastre ?

IV. Le système de micro finance au Maroc

1. Le secteur informel au Maroc ;

2. Les perspectives de développement du secteur de la

micro finance au Maroc.

Conclusion

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Introduction

La microfinance, définie comme « la fourniture d’un ensemble de produits


financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier formel», va au-delà du
microcrédit. Elle inclut l’épargne, les services d’assurance et de transfert d’argent,
La différence principale, par rapport au crédit classique, est qu’il est orienté vers
une cible nouvelle : les pauvres et les exclus. Il reconnaît leurs talents, leurs
besoins et leur capacité à rembourser les prêts. Au lieu de les éliminer, par avance,
de la clientèle du crédit, parce que les méthodes, les critères et les garanties ne sont
pas adaptés à leur situation, il invente des méthodes et des garanties qui leur
conviennent. Au lieu de leur imposer l’objet de leur prêt, il est à l’écoute de leurs
besoins.

Il permet ainsi de découvrir que les gens exclus du crédit bancaire sont, comme les
autres, dotés de l’esprit d’entreprise, de la capacité de jugement, et qu’au surplus
ils remboursent plutôt mieux que les riches. Produits financiers adaptés aux
besoins et à la réalité des familles pauvres en Afrique, en Amérique latine ou en
Asie, mais aussi en Europe ou aux Etats-Unis. La Campagne du Sommet du
Microcrédit dénombre plus de 3 000 institutions spécialisées, appelées institutions
de microfinance (IMF), desservant plus de 92 millions de personnes. La croissance
du secteur est impressionnante : la même campagne dénombrait lors de son
lancement, en 1997, à peine 8 millions de clients.

Ce phénomène est par ailleurs appelé à se développer : certains estiment la


demande potentielle à plus de 500 millions de personnes !
I. L’historique de la micro-finance

Les spécialistes considèrent que la microfinance a démarré avec la Banque


Grameen au Bangladesh, fondée par le P. Muhammad. Yunus, directeur de la
Faculté de sciences économiques de l’Université de Chittagong. Les théories
économiques qu’il enseignait lui parurent décalées face à la réalité. Cela le poussa
à rechercher une solution concrète aux problèmes quotidiens des pauvres. Au
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contact d’une artisane qui lui expliqua sa dépendance de l’usurier pour acheter sa
matière première, il se rendit compte que la majorité du bénéfice de son travail
allait à l’usurier et non à elle même ou à sa famille. Ainsi décida-t-il de contacter
les banques locales pour octroyer de petits crédits. Suite à leur refus, il décida de
prêter sur ses propres économies. A l’échéance du remboursement, l’ensemble des
femmes se sont acquittées de leur dette. Ainsi commençait ce qui est devenu la
banque Grameen, desservant plus de 3,7 millions de clients.

Ce développement de la microfinance ne doit pas faire oublier que d’autres


systèmes fondés sur le même principe existent depuis longtemps en Europe. Suite
à une augmentation de la pauvreté au 16éme siècle, la première « banque des
pauvres » fut fondée en Hollande en 1618. A partir du début du 18éme siècle,
certaines associations de bienfaisance spécialisées en crédits s’ouvrent en Irlande.
Ces crédits sans intérêts, destinés aux pauvres, utilisaient –comme la banque
Grameen– la méthodologie groupale utilisant la pression solidaire en cas de retard
de paiement. Au 19éme siècle, ces associations prennent le nom de Loan Funds.
Elles peuvent demander des intérêts et récolter l’épargne. En 1840, on en
dénombrait 300, qui ensemble atteignaient 20% des familles irlandaises. En 1843,
le gouvernement irlandais décide d’instaurer un taux d’intérêt plafond, mettant en
difficulté ces Loan Funds et entraînant, à terme, leur disparition. En 1950, le
dernier Loan Fund est liquidé. Sous l’influence irlandaise, la ville de Hambourg
lance, en 1801, les premières caisses d’épargne sur le continent européen. Ces
caisses ne se limitaient pas seulement à l’épargne, elles octroyaient aussi des
crédits. Au milieu du 19éme siècle, sous l’impulsion de Frédéric Guillaume
Raiffeisen, se développa peu à peu l’idée de coopérative, pour parvenir à la
création de la première coopérative Raiffeisen, en 1864. De 1885 à 1914, en
Allemagne, le nombre de coopératives rurales basées sur ce modèle est passé de
245 à plus de 15 000. Ce modèle correspond au prototype des sociétés de crédit
agricole, qui existent encore sous une forme à peine remaniée. Suivant le P Seibel,
51,4 % de l’ensemble des actifs bancaires en Allemagne sont aujourd’hui gérés par
d’anciennes institutions de microfinance.
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En Afrique, en Asie et en Amérique latine aussi, la microfinance existe depuis
longtemps, via, entre autres, les tontines. Ce système traditionnel regroupe des
amis ou connaissances qui décident d’épargner régulièrement un montant fixe.
Chacun à son tour a alors le droit d’utiliser cet argent.

II. Les approches en micro finance

1. Approche minimum

Le microcrédit c’est aider chaque personne à atteindre son meilleur potentiel. Il


n’évoque pas le capital monétaire mais le capital humain. Le microcrédit constitue
avant tout un outil qui libère les rêves des hommes et aide même le plus pauvre
d’entre les pauvres à parvenir à la dignité, au respect et à donner un sens à sa vie
Les activités de micro crédit ont commencé au Maroc au milieu des années 1990.
Après une expansion rapide, 12 institutions de micro crédit touchaient plus d’un
million de clients fin 2019. Dans leur phase de développement et d’efforts pour
atteindre la durabilité financière, la cible principale de l’intervention des
institutions de micro finance (IMF) était des petites entreprises informelles dans les
zones urbaines et semi urbaines. La plupart des IMF reproduit le modèle de la
Grameen Bank en utilisant la méthodologie de groupe solidaire, une garantie de
groupe se substituant à la garantie individuelle d’usage dans les contrats de crédit
conventionnels.
A la suite de son expansion rapide, le secteur du micro crédit a diversifié de
manière significative ses produits (crédits individuels, crédit logement) et sa
clientèle, et il est aujourd’hui plus présent dans les régions rurales et les zone
rurales dispersées.
Une des mesures du succès du micro crédit au Maroc repose dans sa faculté à
atteindre une population importante exclue des institutions financières classiques.
Si ce succès est attesté dans les régions accessibles, les spécificités des zones
rurales dispersées compliquent l’intervention : les activités agricoles sont par
essence exposées à des risques covariants, les populations ne sont pas habituées

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aux systèmes de crédit formels, et il y a des coûts de transaction importants liés à
l’emprunt. Ces zones rurales sont en effet caractérisées par un manque de crédit
formel et un secteur informel qui fournit généralement des crédit de faibles
montants, ne couvrant pas les besoins des activités productives. Ainsi, les ménages
ont des chances d’être contraints sur le marché du crédit.
Al Amana, qui est la plus grande institution de micro crédit au Maroc, est en train
d’étendre ses activités de manière significative en zone rurale. L’association a
ouvert, plus de 100 agences dans des communes rurales. Les communes rurales du
Maroc sont généralement organisées avec un petit centre et entre 10 et 40 villages
autour, souvent difficiles d’accès. Al Amana fournit des crédits allant de 2000 à
7000 Dhs pour un premier prêt, et pouvant atteindre, en cas de remboursement
satisfaisant, jusqu'à 20 000 Dhs lors du cycle de prêts suivant, un cycle durant
environ un an avec des remboursements mensuels. Comme expliqué
précédemment, les données de l’enquête initiale ont été collectées en Mai 2019
auprès des ménages de 16 villages dans 7 communes rurales, juste avant
l’intervention d’Al Amana. Cela offre un cadre original dans lequel nous pouvons
mesurer la situation des ménages avant la mise en œuvre du programme, et
observer leur « réponse » à un tel programme dans un environnement relativement
limité en crédits formels. En général, un telle analyse est menée après la mise en
œuvre du programme, ce qui fait que certaines variables expliquant la participation
peuvent avoir été influencées par la participation elle-même.
Depuis que l’intervention a commencé, on dispose d’une information
hebdomadaire sur les ménages qui s’inscrivent au programme de micro crédit dans
les villages. Après un an d’intervention, le niveau de pénétration d'Al Amana,
défini en référence aux ménages qui ont au moins un membre qui a rejoint le
programme, s’élève à 17% des ménages. On voit donc que même si les ménages
sont probablement contraints sur le marché du crédit de manière significative, ils
ne se pressent pas vers le nouveau programme de micro-crédit. La proportion de
ménages clients est presque la même dans les villages traitement (17%) que dans
l’ensemble des communes rurales (18%). Donc, le taux d’emprunt faible n’est pas

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du aux spécificités des villages, sélectionnés en dehors des centres des communes
rurales.
2. Approche maximum

La question de savoir si les objectifs sociaux des institutions de microfinance sont


atteint, abordée dans cette étude est d'une importance capitale. La plupart des IMF
sont confrontée à une dynamique de pérennité. Il découle donc de ce fait,
qu'aujourd'hui les IMF octroient difficilement des crédits aux microentreprises à
cause de leur faible capacité de remboursement qui met en péril la pérennité et la
rentabilité de l'institution. Or ces microentreprises, ne pouvant pas s'adresser
directement aux banques, se retrouvent dans des situations précaires surtout
lorsqu'il s'agit d'une activité contribuant à la survie de l'individu. Cependant les
rapports d'activité de l'ACEP indiquent que la structure répond considérablement
aux besoins des microentreprises surtout en matière d'octroi de crédit.

Notre étude trouve donc son intérêt dans ce constat car selon : Le livre Bleu des
Nations Unies « Construire des secteurs financiers accessibles à tous » ne fait que
conforter l'intérêt du sujet en affirmant que « l'un des premiers constats effectués
en matière de microcrédit est que les pauvres remboursent leurs prêts et sont des
clients solvables. Les stratégies d'atténuation du risque adoptées par les micro
prêteurs ont démontré que le remboursement dépendait essentiellement de facteurs
situés sous le contrôle de l'institution ». Autrement dit il n'y a pas de mauvais
clients mais il y a de mauvais prêts.

Les IMF doivent pour cela, prendre toutes les mesures appropriées afin d'améliorer
les conditions d'octroi de crédit susceptibles de créer des impayés. Elles doivent
aussi éviter de mettre en péril la pérennité de leurs activités tout en diversifiant
leurs activités.

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Il s'agira alors, pour nous d'analyser l'impact du financement des microentreprises
par les IMF, à partir des procédures d'octroi de crédit, pour une pérennité certaine à
travers l'atteinte des objectifs poursuivis dans le cadre de la présente étude.

III. Les enjeux de la micro finance

1. Micro finance, miracle ?

1-Outil efficace de lutte contre la pauvreté très médiatisé qui bénéficie d’une
double légitimité au niveau international (Prix Nobel) et local (success stories).

2-Des services de qualité et diversifiés (microcrédit, épargne, microassurance)


répondant aux réels besoins des microentrepreneurs et des populations exclues des
systèmes financiers traditionnels.

3- Une cible réellement atteinte : femmes, personnes à faible revenu, jeunes, petits
producteurs, etc.

4- Effet de levier de l’inclusion financière permettant souvent une inclusion plus


globale au niveau économique et social.

5-Emancipation et indépendance des populations, et rupture progressive des liens


de dépendance vis-à-vis de l’Etat, des fournisseurs, des usuriers, etc.

2. Micro finance, désastre ?

Pour l’avenir, la préoccupation principale paraît être la maîtrise d’un accroissement


substantiel des risques portés par le secteur. Il s’agit en quelque sorte du « revers
de la médaille » de la réussite. En effet, sa forte expansion et la prolifération
d’interventions ayant peu ou pas d’avenir, conjuguées à la faiblesse des capacités
de supervision, de prévention et de contrôle du secteur dans un grand nombre de
pays, constituent un risque systémique dont l’ampleur croît avec celle du secteur.

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Au-delà de cette préoccupation, les nouveaux enjeux du secteur paraissent
déterminants dans quatre directions au moins.

 La nécessité d’un développement plus structuré

Il doit succéder à une phase essentiellement consacrée à l’expérimentation et à la


multiplication des initiatives. Cette structuration doit se réaliser au moyen d’une
politique de développement du secteur définissant les ambitions, les conditions et
le cadre d’évolution du secteur, et ce pays par pays. Une telle politique doit
notamment prendre en compte la combinaison caractéristique du secteur,
conjonction d’un fonctionnement privé et d’une implication publique
particulièrement importante. Elle ne peut être élaborée que de façon consensuelle
si elle veut être efficace. Dans son contenu, outre la dimension de prévention et de
gestion des risques évoquée ci-dessus, cette politique doit traiter du rôle des
différents acteurs et, en particulier, de la puissance publique (au sens large). En
effet, à la différence du secteur financier classique, son rôle va au-delà de celui de
mise en œuvre d’un cadre sectoriel favorable et concerne le soutien direct aux
institutions. Or, cette dimension ne dispose pas, dans la grande majorité des cas,
d’une orientation et d’un principe clair de mise en œuvre. Une refonte des
conditions de ce partenariat entre le public et le privé est donc impérative.

 L’opportunité d’engager une diversification sécurisée des services


offerts et dans certains cas de la clientèle

Cette diversification, dangereuse au démarrage, semble désormais possible pour


des institutions viables et stabilisées sur leur marché. Elle est de fait «
naturellement » engagée par certaines pour mieux répondre aux besoins de leur
clientèle. Elle correspond le plus souvent, dans un premier temps, au
développement de nouveaux services d’épargne (logement, scolarité...) et de
produits de crédit (augmentation des montants et allongement du terme) mieux
adaptés au financement de petits investissements. Cette diversification devrait
également toucher d’autres aspects des services financiers fondés sur les avantages

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comparatifs de la microfinance, dont en particulier l’existence d’un réseau étendu,
construit et rentabilisé à partir de services simples. On peut ainsi théoriquement
envisager le développement de nouveaux services au « coût marginal » et sans
augmentation trop importante des risques portés par l’institution. On pense ici à
des services de monétique ou de transfert de fonds, notamment issus de la
migration. On peut également songer à des services plus complexes de micro-
assurance. Toutefois, cette diversification comporte des dangers importants. Il
s’agit bien entendu de la capacité de maîtrise d’une nouvelle activité. Celle-ci doit
en particulier respecter un rythme de croissance compatible avec celui de sa
professionnalisation et de la croissance globale de l’institution. La possibilité
d’améliorer l’impact économique et social de la microfinance En s’intéressant à
des domaines essentiels pour la croissance économique et le développement social
(investissement des entreprises, logement...), la diversification recèle un potentiel
considérable d’accroissement de l’impact de la microfinance. La question est
désormais de savoir si cette diversification constituera une simple extension des
méthodes et principes utilisés avec succès pour la gestion de micro-crédits ou si
elle constituera une nouvelle étape de développement méthodologique permettant
d’assurer une meilleure adaptation des services aux objets financés et non
seulement aux capacités de l’emprunteur. Cette deuxième approche devrait offrir
des possibilités étendues d’accroître la clientèle des institutions de microfinance et,
surtout, d’améliorer leur valorisation des services financiers offerts. Elle induit des
besoins divers de financement de phases de conception, d’expérimentation, voire
de structuration financière ou organisationnelle pour permettre le développement
sur de nouveaux marchés ou auprès d’une nouvelle clientèle. Elle devrait, en outre,
conduire à l’évolution de certains principes, notamment celui d’une plus grande
segmentation des conditions des financements offerts (en particulier des taux de
crédit) selon les objets financés. En effet, les conditions de taux élevés pratiquées à
juste titre dans une première phase de construction des institutions limitent de fait
l’intérêt des services offerts et leur impact. En outre, un principe d’uniformité ne

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pourrait convenir à certains domaines de la diversification (taux élevés sur des
crédits d’investissement).

 Une refonte des outils et des partenariats

Le financement de la croissance du secteur, sa diversification, ainsi que


l’accroissement de son impact se traduisent sur le plan financier par un besoin
accru de ressources financières, plus longues et plus stables et, sur le plan
technique, par des compétences et des outils de plus en plus sophistiqués. Les
questions soulevées sont de trois types :

• l’obtention de ressources longues de refinancement à des coûts compatibles


avec l’exploitation de l’institution et la nature de ses produits. Cette question
ne concerne d’ailleurs pas uniquement la microfinance dans des pays où la
disponibilité en ressources longues est souvent onéreuse du fait de leur rareté ;
• la consolidation des ressources stables. Ce point devient crucial pour
l’institution à mesure que sa taille augmente. Cela impacte plus
particulièrement sa structure financière et de coût. Or, les normes de fonds
propres usuellement employées dans le secteur bancaire semblent inadaptées
au risque du secteur et à son organisation. Elles devraient donc être
significativement relevées (de manière empirique de 20 à 30 % de leur total de
bilan). Par ailleurs, les ressources stables, dans la mesure où leur rémunération
est faible, peuvent avoir un effet de levier important sur l’accroissement de
l’impact ou de la qualité des services offerts (baisse des taux d’intérêt des
crédits moyens, croissance accélérée du secteur ou prise de risque accrue
auprès de certains clients) ;
• la diversification des partenaires des institutions de microfinance et, en
particulier, l’accroissement de l’intervention des investisseurs privés.

IV. Le système de micro finance au Maroc

1. Le secteur informel au Maroc

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Une grande partie de la population marginalisée exerce des activités économiques
classées dans le secteur informel. Ce secteur, appelé également «économie
souterraine», est difficile à cerner et son intégration dans le tissu économique n’est
pas une chose aisée. Toutefois, continuer à l’ignorer reviendrait à faire fi de
richesses insoupçonnées. La preuve, les chiffres officiels du Haut Commissariat au
Plan. Selon les résultats de l’enquête nationale sur le secteur informel en 2019, le
nombre d’unités de production informelles s’est élevé à 1.550.274 unités..
Par milieu de résidence et comme cela a été relevé par l’enquête précédente, la
majorité des unités de production informelles sont localisées en milieu urbain. La
part des unités informelles exerçant en milieu rural a légèrement augmenté passant
de 28,4% en 2018 à 30,2% en 2019.
Le secteur informel est caractérisé par la prédominance de l’auto emploi : presque
les trois quarts (74,9%) des unités de production informelles sont réduites à une
seule personne, celles employant deux personnes constituent 17,7% et celles
employant trois personnes ne représentent que 4,5%. Quant à celles qui emploient
quatre personnes et plus, leur part reste faible (2,8%). Ainsi, La taille moyenne des
unités informelles est de 1,4 personne.
Les 1,55 millions d’unités de production informelles fournissent en 2017 un
effectif global de 2.216.116 postes d’emploi contre 1.901.947 personnes en 2018,
soit un taux d’accroissement global de 16,5%. Analysée selon le milieu de
résidence, la contribution du secteur informel à l’emploi non agricole reste plus
forte dans le milieu rural avec un taux de 49,4 % contre 34,0% dans le milieu
urbain, confirmant ainsi l’importance de l’activité informelle dans l’emploi non
agricole rural, malgré la légère baisse enregistrée par rapport à 2019.
Le recours aux micro-crédits reste faible (2,2%), mais représente tout de même le
double du recours aux crédits bancaires (1,1%). Il y a un potentiel énorme dans le
secteur national de l’informel que le secteur marocain du micro-crédit pourra bien
investir pour devenir son partenaire financier privilégié et incontournable dans
l’objectif d’un accompagnement vers la formalisation de ses unités de production
informelles.

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2. Les perspectives de développement du secteur de la
micro finance au Maroc.

Diligentée par le Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire,


l’étude sur les perspectives stratégiques du secteur de la Microfinance au Maroc a
été menée par le Cabinet Oliver Wyman. Elle vise principalement à donner de la
visibilité au secteur, élaborer une stratégie pour les 10 prochaines années et faire
du secteur national de la Microfinance, un acteur clé de lutte contre la pauvreté par
la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus, mais aussi performant,
pérenne et intégré dans les politiques du Royaume.
Ainsi, à l’horizon 2020, le secteur de la Microfinance, qui aura évolué vers les
meilleures pratiques financières et amélioré son efficacité, devra pouvoir servir
3,2M de bénéficiaires et créer 1,6 à 2,3M d’ETP (équivalents temps plein)
additionnels, notamment au travers d’une couverture géographique étendue et de
nombreux services de qualité.
1 - Projections stratégiques
L’objectif principal assigné au secteur est la création de plusieurs millions
d’emplois. Il est complété par des impératifs d’efficacité et de pérennité pour les
AMC qui sont de :
• Servir, à horizon 2020, 3,2 millions de bénéficiaires actifs, objectif ambitieux
nécessitant une couverture géographique étendue et des besoins mieux servis.
• Atteindre 2 millions d’ETP additionnels, poussant à améliorer la pérennité
des projets financés au travers d’un meilleur accompagnement et d’une offre
plus adaptée. Ceci signifie que l’encours passera de 5 milliards de Dhs
actuellement à 25 milliards de Dhs en 2020, soit 1,8% du PIB.
• Maintenir le coefficient d’exploitation au niveau des Best Practices, soit 65%.
• Ramener le PAR 30 en dessous de la moyenne mondiale (3,1%).
• Assurer la viabilité financière des AMC en assurant une rentabilité au niveau
de la moyenne mondiale qui est de 17%.
2 - Feuille de route

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Pour cela, le secteur doit s’appuyer sur les leviers à sa disposition. 7 leviers
stratégiques ont été identifiés :
• Environnement institutionnel et concurrentiel.
• Réglementation/cadre juridique.
• Gouvernance des AMC.
• Efficacité opérationnelle.
• Développement de l’offre.
• Ciblage client.
• Régionalisation.
Ces leviers sont déclinés en 48 actions et plusieurs garde-fous permettant de
sécuriser la réussite des objectifs sociaux du secteur.
3 - Moyens
L’étude a fait ressortir que chaque pilier, chantier ou projet nécessitera pour sa
réussite :
• Un leadership clairement affirmé, soit d’un acteur en charge du sujet (une
AMC, une organisation telle la FNAM ou le Centre Mohammed VI de Soutien
à la Microfinance Solidaire, …), soit d’une personne en charge du projet.
• Des moyens de contrôle, de suivi des objectifs et de contraintes en cas
d’écarts.
• Des financements adaptés.
• La mise en place de standards ou de normes communs à l’ensemble du
secteur.
• Des ressources ayant une bonne connaissance du domaine pour préparer les
standards et, le cas échéant, mettre en œuvre la mutualisation.
Par ailleurs, les besoins de financement du projet dès 2011 impliquent un soutien
de l’ensemble des partenaires dès le démarrage, notamment :
• Des financements d’appui sous forme de programmes d’assistance technique.
• Un fonds de garantie pour certains crédits, afin d’encourager les prêts à
destination de segments de bénéficiaires ou géographiques plus risqués. Dans

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ce cadre, la FNAM a pu obtenir de l’Agence de Partenariat pour le Progrès
qu’elle mobilise deux enveloppes conséquentes :
• 5,4 millions $ dédiés à l’assistance technique des différentes AMC.
• Et 4 millions de $ à l’appui à l’implémentation des nouvelles technologies :
scoring, mobile cash, nouveau SIG, … .
L’implémentation de cette importante stratégie nécessite la mise en place d’un
véritable programme de transformation et notamment des structures et des
Ressources Humaines au niveau de la FNAM organisés en Project management
office (PMO) qui auront à leur charge 5 grandes fonctions :
• Structuration claire et pilotage de projet.
• Ciblage des efforts et cadencement des initiatives.
• Mise en place d’une approche méthodologique.
• Mobilisation des ressources.
• Mise en œuvre d’indicateurs de suivi des inputs et outputs.
Un contrat programme avec l’Etat et une stratégie de communication ne peuvent
que renforcer et accélérer la mise en place de cette feuille de route indispensable au
développement du secteur. Il apparait clairement que le secteur du microcrédit au
Maroc peut constituer un levier incontournable dans la lutte contre la pauvreté et
l’amélioration des conditions de vie des populations cibles à travers la création des
emplois et des activités génératrices de revenu. De par ses acquis, son expérience
et sa proximité, il doit être contenu dans les différentes politiques du Royaume
(emploi, éducation, santé, infrastructures de base, …) visant le développement
socio-économique des régions défavorisées.
V. Conclusion

Les retombées positives de la microfinance sont actuellement identifiées et


confirmées, et présentent des progrès réels pour les clients en termes
d’augmentation de revenus, de réduction de vulnérabilité, d’accès aux soins, à
l’éducation, au logement, d’une hausse de la confiance et d’estime de soi…

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La microfinance reste cependant un outil financier. D’un tel instrument, on ne peut
raisonnablement pas attendre qu’il résolve le problème complexe et
multidimensionnel de la pauvreté. C’est une solution incomplète, qui suppose une
complémentarité, avec d’autres outils de développement. Ainsi, les investissements
dans le système scolaire et de santé ou dans les infrastructures restent bien
évidemment indispensables.

Sites de référence :
•Le site du CGAP : www.cgap.org
•Cerise : http://www.cerise-microfinance.org/
•Le MIX Market : http://www.mixmarket.org/
•Le Portail de la microfinance : www.lamicrofinance.org
•Le réseau européen de la microfinance:
•Le site de Jonathan Morduch, professeur à la NYU : http://www.nyu.edu/projects/morduch/
•Yunus Center : http://www.muhammadyunus.org/
•La campagne du Sommet du microcrédit : http://www.microcreditsummit.org

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