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Les IFRS en français facile

Par Serge GONTCHO

RICOTECH
Chapitre I. Rappels sur la comptabilité et le métier bancaire

I. Valeur temps de l’argent

Principe : Un même montant d’argent n’a pas la même valeur aujourd’hui et demain.

Nous comprenons et pratiquons ce principe intuitivement dans la vie de tous les jours.
Exemple : Siyo vend des pagnes à ses amies et leur dit : si vous payez maintenant c’est
18 000 FC, mais si c’est à la fin du mois, ce sera 22 000 FC. Lorsque nous parlons de l’argent,
nous devons faire attention à l’instant sous-jacent : est-ce maintenant, ou dans une année,
ou encore il y a une année ? C’est cette question qui a donné lieu au concept de valeur-
temps de l’argent. Les institutions financières, comme la CADECO, sont familières avec cette
notion et avec les calculs qui en découlent.

Nous pouvons aussi poser à l’envers l’équation du vendeur de pagnes : Siyo considère que
Ngolela lui doit 22 000 FC à la fin du mois. En jargon de financier, on dirait qu’elle détient
une créance sur Ngolela. Si Siyo devait les avoir aujourd’hui, quelle valeur serait-ce ? Ce
serait 18 000 FC. On en tire le principe qu’une dette, ou une créance évaluée à une échéance
(date future) a une valeur actuelle (valeur aujourd’hui) inférieure à sa valeur nominale.

Pour introduire ces notions de valeur-temps de l’argent, nous avons utilisé des cas
particuliers, en l’occurrence, les dettes. Nous généralisons en parlant désormais de flux, qui
peut être un flux de trésorerie entrant comme sortant.

1. Le calcul actuariel

Puisque l’argent n’a pas la même valeur a tout instant, que vaut l’argent à une date
donnée ? Le calcul de la valeur de l’argent à une date donnée s’appelle « calcul actuariel ». Il
permet de déterminer la valeur future, actuelle ou passée d’un flux. Voici quelques
scénarios :

- J’ai 1 000 FC aujourd’hui, ça vaut combien dans 3 mois ?


- J’ai 1 000 FC aujourd’hui, c’était combien il y a 3 mois ?
- Je promets de donner 1 000 FC dans trois mois. Combien ça serait si je le fais
aujourd’hui ?

Le calcul actuariel prend le nom particulier d’actualisation lorsque l’instant considéré est
l’instant présent. On peut actualiser des flux futurs tout comme des flux passés. Dans l’autre
sens, le calcul de la valeur future d’un flux perçu aujourd’hui s’appelle accumulation.

Le calcul actuariel est d’application générale et ne se limiterait pas, comme on pourrait le


penser, aux prêts et aux emprunts.
Nous allons maintenant découvrir et présenter les paramètres (les éléments qu’il faut
prendre en compte) en tout calcul actuariel. Les tout premiers sont évidemment le flux
initial (montant) et le temps. Dans la question « que valent mes 1000 FC dans 3 mois ? », le
flux est 1000 FC et le temps 3 mois. La réponse peut être 1300 FC, ou 1400 FC, ou 1800 FC.
La formule suivante permet de répondre à la question :

Fn = F0 * (1 + t * n),

- n = le nombre de périodes écoulés. La période (unité de mesure du temps) peut être


l’année, le mois, le trimestre, la quinzaine …
- t = le taux d’intérêt, exprimé en pourcents. Le taux et la période doivent être
cohérents. Si la période est l’année, il faut utiliser le taux annuel. On peut aussi avoir
le taux mensuel, ou le taux par quinzaine, etc.
- F0 = le flux initial. Appelons le capital
- Fn est le flux après n périodes
- Dans notre exemple, si le flux nominal est 1000 et le taux d’intérêt 4 % mois, le flux
après 3 mois sera 1 120 FC. En effet

1000 * (1 + 0.04 * 3) = 1 120 FC.

Cette formule a été utilisée sans trop se poser des questions sur son origine, pour introduire
subrepticement la notion de taux d’intérêt. Nous aurions peut-être dû commencer par là.
Mais qu’est-ce que l’intérêt ? L’intérêt est ce que rapporte le placement après un temps
donné. Il est normalement exprimé en fraction de la mise ou capital, ce qui s’appelle taux
d’intérêt. Dans notre exemple, l’intérêt est de 120 FC

I = F0 * t * n

= 1 000 * 0.04 * 3 = 120

Maintenant une question. D’où vient cette formule de calcul de l’intérêt ? Cette formule est-
elle universelle ? La réponse est non. Il en est du calcul des intérêts comme de celui de la
paie. Chaque structure peut avoir sa formule, mais avec la pratique, la concurrence, les
formules se rapprochent, apportent des résultats proches. Ainsi, il existe deux ou trois
grandes philosophies du calcul des intérêts, les plus connues étant la philosophie des
intérêts simples et celle des intérêts composés. La formule que nous avons utilisée dans
notre exemple correspond à la définition des intérêts simples. Nous allons parler maintenant
de l’autre grande approche : les intérêts composés.

Dans l’approche des intérêts simples, l’intérêt à la fin de chaque période est calculé comme
une fraction du capital initial F0 qui reste constant tout au long du temps. Dans l’autre
approche, les intérêts calculés à la fin de la période sont ajoutés au capital du mois
précédent, ce qui s’appelle capitalisation des intérêts. Ensuite l’intérêt de la période suivante
est calculé comme la fraction non du capital initial mais comme celle du capital réel
constitué par le capital initial augmenté des intérêts successifs. L’interprétation
mathématique de cette conception nous amène à la formule suivante de la valeur future
d’un flux actuel par l’approche des intérêts composés

Fn = F0 * (1 + t)n

Remarque importante : dans l’approche des intérêts simples, l’intérêt à la fin de chaque
période est constant, tandis que dans l’approche des intérêts composés, l’intérêt varie de
période en période, dans le sens de l’augmentation, parce que le capital sur lequel le taux
s’applique est majoré des intérêts de la période précédente.

Exercice 1 : soit une valeur actuelle de 1000 FC et un taux d’intérêt mensuel de 4 %.


Calculer les intérêts et les nouvelles valeurs successives du flux sur une période de 6 mois.

INTERETS SIMPLES INTERETS COMPOSES


intérêt V.A. intérêt V.A.
1 000.00 1 000.00
1 40.00 1 040.00 40.00 1 040.00
2 40.00 1 080.00 41.60 1 081.60
3 40.00 1 120.00 43.26 1 124.86
4 40.00 1 160.00 44.99 1 169.86
5 40.00 1 200.00 46.79 1 216.65
6 40.00 1 240.00 48.67 1 265.32

2. Le facteur d’actualisation
Nous venons de voir la formule pour évaluer la valeur d’un flux après n périodes,
connaissant le taux. Généralement c’est la formule des intérêts composés qui est utilisée,
quand les intérêts sont capitalisés, comme nous l’avons vu au paragraphe précédent. Pour
rappel, la valeur du flux après n périodes Fn est :

Fn = F0 * (1 + t)n

Inversement on peut poser la question : un flux évalué au temps n à une valeur Fn vaut
combien aujourd’hui, connaissant le taux (t) ? Il suffit de résoudre l’équation précédente et
extraire F0, soit :

1
F0 = ∗ Fn
(1 + t)n
1
Le facteur (1 + t)n
qui, multiplié par le flux futur Fn donne sa valeur actuelle est appelé
Facteur d’actualisation.
Exemple : j’attends un montant de 12000 FC dans 3 mois. Le taux du marché est de 4 %.
Quelle est la valeur actuelle de ce flux ?

Réponse : 12 000 FC dans 3 mois équivalent à 10 667.96 FC actuels.


1
F0 = (1 + 0.04)3 ∗ 12000 = 10667.96

II. La comptabilité
1. définition de la comptabilité
Toute personne partie prenante à une entreprise commerciale ou financière a toujours
besoin de quelques informations sur l’état de l’entreprise et son évolution.

Parlons d’abord de l’entreprise. Elle peut être de toute taille, d’un simple étal de vente de
cahiers et des stylos à une multinationale avec des filiales aux quatre coins du monde. En
fonction de celle-ci, et de sa nature, les informations donnant l’état de l’entreprise peuvent
être plus ou moins nombreuses, plus ou moins complexes. Le propriétaire du petit étal peut
par exemple juste vouloir savoir combien il a d’argent dans son tiroir, quelle quantité de
marchandise est en stock, combien d’argent ses clients lui doivent. Pour exprimer ces
différents postes (quantité d’argent dans le tiroir, marchandise en stock, dettes des clients
…), l’homme a eu l’idée de leur donner des codes appelés comptes : compte client, compte
caisse, compte marchandises en stock, etc. Au fil du temps, cette pratique s’est révélée fort
commode pour gérer son affaire et une technique s’est développée dans la foulé qui est
reconnue aujourd’hui comme la comptabilité. La première tâche de la comptabilité est donc
de donner l’état du business en évaluant la valeur de ses différents comptes d’état qui
deviendra, par la suite, le bilan.

Notre vendeur de cahiers et de stylos ne veut pas seulement connaître l’état actuel de son
affaire, mais aussi comparer le comparer à la situation antérieure pour savoir s’il y a eu
évolution (enrichissement) ou régression (appauvrissement) globale. Là aussi la comptabilité
a eu recours à un type de comptes rassemblés dans un tableau appelé tableau du résultat,
qui permet de savoir s’il y a eu bénéfice ou perte.

En résumé, la comptabilité est née pour permettre de

- donner la situation de l’entreprise à un instant donné : c’est le tableau du bilan


- comparer les situations entre deux instants donnés et évaluer s’il y a eu
enrichissement ou appauvrissement : c’est le tableau du résultat.

Pour manipuler plus aisément ces différents comptes, il leur a été assigné des numéros
attribués dans une logique de classification par nature.
La comptabilité est une technique universelle. Nous voulons dire par là qu’elle est d’usage
universel par rapport à des métiers spécifiques : le commerce (ventes de marchandises),
l’administration médicale, la gestion des sports, la fonction publique, les régies financières,
les assurances, les banques et institutions d’épargne et de crédit … tous ces métiers
recourent à la comptabilité, presque à la même comptabilité de base.

Avec le temps, l’on s’est aperçu que les certains métiers n’étaient pas à leur aise dans le plan
général comptable qui était en usage, le Plan comptable général congolais (PCGC). Pour y
répondre, la Banque Centrale et le Conseil Permanent de la Comptabilité au Congo (le CPCC)
ont élaboré un Plan comptable spécialement adapté qui fut l’objet d’un Guide Compte des
Etablissements de Crédit (GCEC). Ainsi, pendant que d’autres continuaient d’utiliser le plan
comptable général, les établissements de crédit (notamment les banques) ont basculé vers
une comptabilité GCEC pendant une dizaine d’années.

2. du GCEC au GCEC-IFRS
Nous venons de voir que la comptabilité a été créée pour fournir l’information au
propriétaire du commerce. Maintenant il y a une double question : quelle information et à
qui ?

En effet, si pour expliquer l’origine de la comptabilité nous avons pris un cas simpliste d’un
vendeur de stylos et de cahiers, l’utilité de la comptabilité s’étend à des entreprises de
grande taille et ayant plusieurs personnes intéressées à avoir des informations. Par
exemple :

- les propriétaires, dans le cas d’une entreprise ayant plusieurs actionnaires


- l’Etat, pour percevoir l’impôt
- l’Etat, à travers les ministères de l’économie
- les investisseurs qui voudraient placer l’argent, donc prendre des risques
- …

Chacun de ces protagonistes a besoin d’un type particulier d’information. En conséquence,


la comptabilité est construite de manière à répondre le mieux possible aux préoccupations
des uns et des autres. De là est parti le besoin de normaliser (édicter des normes), ou encore
standardiser la présentation de l’information. Et comme la présentation de l’information
passe par la comptabilité, la normalisation de la présentation de l’information n’est pas sans
conséquence sur le plan comptable. Les deux sont liés, et la modification de l’un appelle
l’adaptation de l’autre.

3. cadre conceptuel de l’information financière


Le cadre conceptuel de l’information financière est en ensemble de règles générales pour les
états financiers. Il est maintenant question de mettre ces règles en œuvre effectivement
dans les états financiers. Ceux-ci comprennent, comme on le sait de la comptabilité de base,
divers composants tels que les immobilisations, les stocks, la clientèle, les prêts et emprunts,
le personnel, les charges, les produits, le résultat … Chacun de ces composants doit être
comptabilisé selon des règles uniformes codifiées par les IFRS. Ces normes (ou standards en
anglais) sont créées ou modifiées au fur et à mesure que le besoin se présente.

Les premières règles de normalisation, ou normes, ont été élaborées dans le cadre de la
« Norme internationale de la comptabilité » (International Accounting Standard – IAS). Après
l’élargissement de l’objet de la normalisation, qui est passé de la Comptabilité aux Etats
Financiers, le cadre est devenu la « Norme Internationale des Etas Financiers » (International
Financial Reporting Standard – IFRS). Les normes créées ont été identifiées par un numéro
précédé du sigle IAS ensuite du sigle IFRS après le changement d’appellation. Voici quelques
exemples : IAS 1 (Etats financiers), IAS 7 (Etats de flux de trésorerie), IFRS 9 (Instruments
financiers), IAS 10 (Etats financiers consolidés), etc. il existe au moins une ou plusieurs
normes pour chaque information présentable dans les états financiers. La maîtrise des IFRS
consiste à comprendre et mettre en œuvre ces différentes IFRS.

Il convient d’avoir à l’esprit que les normes sont mises à jour régulièrement, avec comme
conséquence que certaines des IFRS ou IAS deviennent obsolètes par leur remplacement par
d’autres, portant de nouveaux numéros.

Les normes ne comprennent pas que les IAS et les IFRS mais aussi des interprétations de
celles-ci, respectivement les SIC (Standard Interpretation Committee) et les IFRIC
(International Financial Reporting Interpretation Committee).

III. Les notions fondamentales du métier bancaire


La comptabilité est une chose, la banque une autre. Toutes les entreprises ont une
comptabilité, relevant généralement de la Direction Financière, et toutes les entreprises ont
leur raison sociale, représentée par la Direction Technique. La Direction Technique est un
terme générique, que l’on retrouve dans toutes les entreprises. Certaines ont opté pour une
désignation plus spécifique. Ainsi, la CADECO autrefois parlait de la Direction de l’Epargne.
Dans certaines entreprises, comme l’OCPT, il y a plusieurs directions techniques, chacune
chapeautant un volet important de la raison sociale. C’est comme si, à la CADECO, on avait
une Direction de l’Epargne, une Direction des Crédits, une Direction de la Clientèle … Mais
peu importe ici, pourvu que toutes les activités de la raison sociale soient gérées au mieux.

1. le compte bancaire
Trois concepts autour du terme « compte »

Tous les métiers de la banque mettent en jeu deux acteurs : le client et l’entreprise. Le client
est identifié par un identifiant appelé « le compte ». Un client n’interagit avec l’entreprise
qu’à travers le compte. Le premier concept, le concept originel porté par le terme
« compte » l’identification univoque du client. Toute entreprise qui offre des services à des
clients le fait toujours à travers un identifiant approprié. Pour l’hôpital c’est le numéro de la
fiche, pour la sécurité sociale c’est le numéro de la sécurité national, pour l’université c’est le
numéro matricule, pour l’état civil c’est le numéro de la carte nationale d’identité, ou le
passeport, ou la carte d’électeur, etc. A la banque, c’est le numéro de compte.

Le deuxième concept associé au numéro de compte est le type d’activité passé avec le
client : un dépôt à terme, un crédit, un plan d’épargne, etc. On introduira généralement dans
le compte, en préfixe, suffixe ou quelque part au milieu du numéro, un élément (lettre,
chiffre …) qui renseigne sur sa nature. La raison première cette classification est, on s’en
doute, est de reconnaître au premier coup d’œil les comptes de même nature afin de leur
apporter les traitements appropriés, à l’exclusion des autres. Par exemple, un détenteur
d’un compte d’épargne ne peut pas se servir de celui-ci pour effectuer des paiements à des
tiers, contrairement au compte courant.

Le troisième concept associé au compte client est celui de panier où l’on peut trouver de
l’argent disponible. Penser au compte comme à un panier où l’on a va vérifier s’il y a de
l’argent disponible pour nous. Ce disponible, c’est ce que l’on appelle le solde.

Nous résumons. Le terme compte (bancaire) est lié à trois concepts :

- identifiant du client. Un code qui permet de distinguer de manière univoque un client


d’un autre.
- le type d’activité permis au client. Il y a des comptes courants, des comptes
d’épargne …
- le disponible. Combien d’argent y a-t-il présentement dans mon compte ?

Documentation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Types_de_d%C3%A9p%C3%B4ts_bancaires

Les types de comptes

Le terme compte bancaire mène souvent à des confusions parce qu’il est voulu polysémique
(porteur de plusieurs sens), confusions de définition, avec comme conséquence confusion
dans les traitements associés. Nous voulons ici souligner la confusion entre le compte en
tant que panier où l’on regarde s’il y a de l’argent disponible dans l’immédiat, et certains
types d’avoirs ou de dettes qui portent malheureusement le terme de compte et
contribuent à la confusion. Allons-y progressivement, en partant du cas le plus simple.

1) Compte à vue. Je me fais client de la CADECO. Je dois ouvrir un compte. J’y dépose de
l’argent (on dit je fais un dépôt). Cet argent est mon avoir. Je conviens de pouvoir retirer cet
argent à tout moment (ou presque). On parle de compte à vue. L’argent est disponible dans
mon panier à tout moment, je peux le retirer comme je veux.
Informations supplémentaires, pour définir complètement le compte à vue : pour retirer
l’argent, je peux utiliser un chèque. Pour cette raison, le compte à vue est aussi appelé
compte-chèques, ou encore compte courant.

Corollaire : le chèque est un moyen de paiement. Il peut être en mon nom, ou au nom d’une
autre personne. Le compte à vue peut servir aussi de support de paiement à un tiers, que ce
soit par chèque ou par virement.

2) Compte d’épargne. Reprenons le même scénario que ci-haut. J’ouvre mon compte et y
fait un dépôt, avec la latitude de faire des retraits à tout moment, sauf que je ne peux pas
faire des paiements. J’ai un compte à vue, certes, mais aux avantages limités en termes de
paiement. Ce compte correspond à ce qui a été appelé compte d’épargne. Comme je ne
peux pas faire des paiements, je n’utiliserai pas de chèque, mais quoi à la place ? Un livret.
Le compte d’épargne est aussi appelé compte sur livret, parce qu’à l’époque on utilisait un
livret personnel. Aujourd’hui, avec l’informatique, le compte d’épargne peut se passer du
livret.

2. Les opérations avec la clientèle


D’aucuns seraient étonnés de ne voir que deux éléments dans la liste des types de comptes
bancaires… et pourtant c’est bien là la vérité. Nous allons voir maintenant les opérations
avec la clientèle et on se rendra compte que nombre de confusions sont nées du fait de la
confusion entre opération avec clientèle et compte.

Quelles opérations le client fait-il avec la banque ? Fondamentalement trois :

- dépôt à vue. Je dépose mon argent à la banque et je peux le retirer à tout moment.
- Prêt. Je prête mon argent à la banque pour une durée déterminée. On parle d’un
dépôt à terme. Pour constituer un dépôt à terme, rien de plus simple : je conviens
avec la banque de convertir une partie de mon dépôt initialement à vue en prêt ou
dépôt à terme. Cela veut dire que la banque peut utiliser cet argent pour la durée
convenue puis me le remettre, toujours avec un intérêt calculé à échéances
régulières. La partie de mon dépôt convertie en dépôt à terme n’est plus disponible.
Je n’aurai accès qu’à la différence. Donc, dans mon compte à vue ne restera que la
différence après soustraction du montant prêté à la banque.
- Emprunt. C’est l’inverse de l’opération précédente ; la banque n’emprunte plus mais
me prête de l’argent pour une durée déterminée, avec remboursements progressifs
selon un échéancier convenu. On parle de crédit. L’argent que la banque me prête
est versé aussitôt dans mon compte à vue et je peux l’utiliser à tout moment.

Le crédit et le dépôt à terme sont ce qu’on appelle des « instruments financiers », c.-à-d. que
1) ils créent un actif chez une partie et en même temps, en miroir, un passif chez l’autre
partie, et 2) ils sont caractérisés par des flux de trésorerie à échéances régulières dans le
temps.
Des confusions qui ont empoisonné la vie aux gestionnaires et aux comptables provenaient
du fait que l’on voulait créer des comptes spéciaux pour gérer des crédits. La solution est de
savoir gérer un instrument financier en tant que tel et non comme compte à part.
L’instrument financier naît et meurt à l’échéance, contrairement à un compte. L’instrument
financier est une entité caractérisée par un capital nominal, un taux d’intérêt et une durée.
Les techniques modernes de la programmation permettent de gérer le crédit sans aucune
difficulté.
Chapitre II. Les états financiers (IAS 1, IAS 7)

La Norme IAS 1 prescrit la base de présentation des états financiers à usage général.

1. Définition et objet des états financiers


Les états financiers sont un ensemble d’informations économiques structuré permettant de
connaître principalement :

- La situation financière de l’entité, à une date donnée (fin, début d’une période)
- Sa performance, sur une période
- Le résultat de la gestion des ressources mises à la disposition de l’entité.

Un jeu complet des états financiers comprend :

- Un état de la situation financière (financial position) à la fin de la période


- Un état du résultat (income statement) global de la période
- Un état des variations des capitaux propres
- Un état de flux de trésorerie (cash-flow)
- Des notes

Dans certaines situations, un état de la situation financière au début de la période,


notamment dans les cas suivants :

- Application d’une méthode comptable de façon rétrospective


- Retraitement rétrospectif d’éléments de l’état de la situation financière
- Reclassement d’éléments dans les états financiers

Exception faite des informations relatives aux flux de trésorerie, les états financiers sont
établis sur la base de la comptabilité d’engagement, c.-à-d. que les transactions sont
comptabilisées quand elles surviennent, et non nécessairement quand intervient le
versement ou la réception de trésorerie ou d’équivalent de et trésorerie y relatif.

2. Caractéristiques qualitatives de l’information financière


L’information financière doit répondre aux quatre exigences de :

- Intelligibilité. Facile à comprendre immédiatement


- Pertinence. Il ne faut donner que les informations réellement utiles à la prise de
décisions économiques. Une information dont l’omission n’influence en rien la prise
de décisions économiques est insignifiante peut être omise sans conséquence.
- Fiabilité. L’information doit être exempte d’erreurs significatives, de sorte qu’elle
fournisse une image fidèle de l’entreprise. Une présentation non fiable refroidit les
investisseurs.
- Comparabilité. Les états financiers doivent permettre de comparer l’entreprise par
rapport à elle-même à travers le temps, et de comparer des entreprises différentes.
3 Eléments des états financiers
Quels sont les éléments qui interviennent dans ces différents états ?

- Pour l’Etat de la Situation Financière : les actifs (assets), les passifs (liabilites) et les
capitaux propres (equity)
- Pour l’Etat de la rentabilité : les produits (incomes) et les charges (expenses)
- Pour l’Etat de la variation de la situation financière : mélange des éléments des deux
catégories précédentes.

Nous pouvons mieux le voir dans un tableau

Type d’information Eléments


Etat de la situation financière Actifs, Passifs, Capitaux propres
Etat de la performance Charges, Produits
Etat de variation de la situation financière Mélange des éléments des
catégories précédentes

Nous allons définir ces termes tels qu’entendus dans le concept IFRS.

Actif. Ressource contrôlée par l’entreprise dont des avantages économiques futurs sont
attendus. C’est un élément présentant la capacité de générer directement ou indirectement
un flux de trésorerie ou équivalent au profit de l’entreprise.

Il s’agit d’une ressource contrôlée effectivement, et non celles par exemple dont l’usage
échappe à l’entreprise. Un véhicule acheté par l’entreprise mais dont un directeur s’est
accaparé et peu susceptible de revenir au garage de l’entreprise n’est pas comptabilisé
comme un actif.

Passif. Obligation actuelle dont l’extinction se traduira par une sortie de ressources
représentatives d’avantages économiques. Un passif doit être obligatoirement une dette, ou
obligation vers un tiers bien identifié. Le passif doit être distingué de l’engagement et de la
provision.

- L’engagement est la décision libre de l’entreprise de sortir de la trésorerie à l’avenir,


sans que cela soit une obligation. Elle peut donc l’abandonner sans conséquence,
contrairement à l’obligation (le passif). Le passif est exécutoire, l’obligation non.
- La provision est un passif dont le montant est déterminé avec un degré d’estimation
important. On sait que la dépense aura lieu, mais on ne sait pas le montant. Par
exemple, provision pour des soins de santé des agents au cours de l’année. Le passif
naît de faits passés et la provision de faits futurs, attendus. Ainsi, à ce titre, certaines
provisions qui étaient considérées comme des passifs dans la comptabilité
traditionnelle sans qu’il y ait une obligation envers un tiers, ne sont pas permises la
norme IFRS.
Capitaux propres. Ce sont les intérêts résiduels après la déduction entre les actifs et les
dettes.

Capitaux propres

Actifs Passifs

Produits. Les produits sont les accroissements des avantages économiques au cours de
l’exercice sous forme d’augmentation d’actifs ou de diminution de passifs qui ont pour
résultat l’augmentation de capitaux propres autres que les apports des participants aux
capitaux propres.

Charges. Les charges sont les diminutions des avantages économiques au cours de l’exercice
sous forme de diminution d’actifs ou d’augmentation de passifs qui ont pour résultat le
diminution de capitaux propres autrement que par la distribution aux participants aux
capitaux propres.

Produits et charges sont utilisés pour calculer le résultat, lequel est souvent utilisé
comme mesure de la performance de l’entreprise. Le rendement sert de base à son
tour de base pour d’autres mesures de performance telles que le rendement des
placements, le résultat par action …

4 Evaluation et comptabilisation des éléments des états financiers


* La comptabilisation est le processus qui consiste à incorporer un article dans un bilan ou
dans un compte du résultat. Pour que l’article soit comptabilisé, il doit d’abord correspondre
à la définition de l’un des éléments des états financiers définis au paragraphe précédent
(actif, passif, capital propre, produit ou charge). Il doit ensuite satisfaire à deux exigences :

- Il est probable que les avantages économiques lié à l’article iront à l’entreprise ou en
sortiront. Lorsque, par exemple, il devient peu probable qu’une créance donnée soit
payée, il ne faut plus la comptabiliser en tant qu’actif.
- L’article doit pouvoir être évalué de manière fiable. Evaluer c’est déterminer la valeur
d’un article. Celle-ci est dans de nombreux cas connue avec exactitude, mais il arrive
aussi très souvent qu’elle ne soit qu’estimée, autrement dit, affectée d’une valeur
approximative. L’approximation ne nuit pas à la fiabilité, pourvu qu’elle soit
raisonnable.

Comptabilisation des actifs

- Un actif remplissant les conditions de comptabilisation est enregistré au bilan.


- Un actif dont la probabilité que les avantages économiques aillent à l’entreprise est
faible est enregistré comme charge.

Comptabilisation des passifs

- Un passif remplissant les conditions de comptabilisation est enregistré au bilan.

Comptabilisation des produits

- Un produit qui remplit les conditions de comptabilisation est enregistré au compte


du résultat. Un produit est en fait toujours enregistré en même temps avec soit une
augmentation d’actif, soit avec une diminution de passif.
- La norme IFRS impose que le produit ne soit comptabilisé que quand il est acquis.
Ceci a pour but de ne comptabiliser que des produits présentant un degré suffisant
de certitude. C’est le cas des intérêts sur un crédit. En IFRS, ils ne sont pas
comptabilisés avant échéance et paiement effectif.

Comptabilisation des charges

- Une charge qui remplit les conditions de comptabilisation est enregistrée au compte
du résultat, en même temps avec soit une diminution d’actif, soit avec une
augmentation du passif.

* Si la comptabilisation est l’inscription d’un élément des états financiers dans le bilan ou au
compte du résultat, il faut encore indiquer le montant correspondant. C’est cela l’évaluation
de l’élément des états financiers : inscrire la valeur à laquelle l’élément est comptabilisé. Il
existe un certain nombre de conventions pour évaluer un élément financier, qu’il importe de
comprendre et de distinguer :

Coût historique. C’est le prix qu’a coûté l’actif lors de son acquisition ou le passif à sa
création. C’est la convention la plus utilisée et la plus simple d’application. Mais elle n’a pas
que des avantages. Par exemple, une parcelle achetée il y a dix ans à 10 000 $ vaut-elle
réellement le même prix aujourd’hui ? Certes non.

Coût actuel. La parcelle de l’exemple précédent coûterait aujourd’hui 15 000 $. C’est ça le


coût actuel pour l’actif. Et pour un passif, le coût actuel le montant qu’il faudrait sortir pour
éteindre la dette aujourd’hui.

Valeur de réalisation. C’est le prix que l’on retirerait de la vente volontaire de la parcelle de
notre exemple aujourd’hui. La différence entre le coût actuel et le coût de réalisation c’est
que dans le premier cas on se place au point de vue de la création de l’actif (achat de la
parcelle) et dans le second à celui de la cession de l’actif (vente de la parcelle). Il est possible
que les deux coûts soient égaux (prix d’achat = prix de vente) mais ce n’est pas toujours le
cas. La valeur de réalisation pour le passif, c’est pratiquement la même définition que son
coût actuel.
Valeur actuelle. La valeur actuelle d’un actif est la valeur actualisée des flux futurs de
trésorerie nets que générerait le cours normal de l’actif. De même, la valeur actuelle d’un
passif est la valeur actualisée des flux futurs de trésorerie nets nécessaires pour éteindre le
passif. Il est bon de procéder par différenciation d’avec le coût actuel pour bien comprendre
ce concept. Nous pouvons noter trois points essentiels qui font différence :

- Le coût actuel ramène les valeurs du passé à leur équivalent présent tandis que la
valeur actuelle ramène les valeurs futures vers le présent.
- La valeur actuelle traite des valeurs de trésorerie nette.
- La valeur actuelle provient non de la cession d’un actif mais des flux de son
exploitation à travers le temps. C’est donc une situation où on peut évaluer des flux
de trésorerie entrants ou sortants, date après date. Ça peut être le cas d’un
échéancier pour flux entrant ou sortant), ou de l’exploitation d’un véhicule de
transport durant sa durée de vie.

5. L’état de la situation financière.


L’Etat de la situation financière permet d’évaluer la capacité de l’entreprise à générer de la
trésorerie (information sur les ressources), ainsi que leurs échéances et leur certitude. C’est
cette capacité de générer de la trésorerie qui détermine la capacité de payer son personnel
et les fournisseurs, payer les impôts, les propriétaires.

L’état de la situation financière correspond à notre traditionnel bilan, comprenant d’un côté
les actifs, et de l’autre les dettes (passifs) et les capitaux propres.

IAS 1 : Article 54 : Au minimum, l’état de la situation financière doit présenter les postes
suivants : immobilisations corporelles, immeubles de placement, immobilisations
incorporelles, actifs financiers, les stocks, les clients et autres débiteurs, la trésorerie et les
équivalents de trésorerie, les fournisseurs et autres créditeurs, les provisions, les passifs
financiers, les passifs et actifs, le capital émis et les réserves attribuables …

IAS 1 ne prescrit aucun ordre ou format de présentation des éléments des états financiers
susdits. Toutefois, dans le cas de la RDC, la BCC a prescrit des modèles pour les institutions
financières (GCEC-IFRS Volume 2).

6. L’état du résultat net et des autres éléments du résultat global


L’état du résultat global mesure la performance via le « résultat », qui à son tour permet de
calculer la « rentabilité ». L’information sur la performance est fournie dans un compte du
résultat. Elle permet d’évaluer :

o la capacité à générer des flux de trésorerie sur base des ressources existantes
o l’efficacité avec laquelle l’entreprise pourrait employer des ressources
supplémentaires
L’état du résultat global est la variation des capitaux propres au cours d’une période. Les
éléments du résultat sont les produits et les charges.

Il comprend deux parties :

- Toutes les composantes du résultat net (total des produits diminué des charges, sauf
pour les autres éléments du résultat global).
- Les autres éléments du résultat global (OCI1). Ce sont des produits et des charges qui
ne sont pas repris dans l’état du résultat net, sur directive expresse de certaines IFRS.
C’est le cas par exemple des variations de l’excédent de réévaluation.

Le GCEC-IFRS préconise de présenter tous les éléments du résultat global dans un état
unique dit de résultat global.

IAS 1 : article 82 : l’état du résultat global doit comporter les postes suivants au titre de la
période : les produits des activités ordinaires, les profits ou pertes résultant de la
décomptabilisation d’actifs financiers évalués au coût amorti, les charges financières, profit
ou perte résultant du reclassement d’un actif financier pour qu’il soit évalué à la juste valeur,
la charge d’impôt sur le résultat, les autres éléments du résultat global qui ne seront pas
reclassés ultérieurement en résultat net, ceux qui le seront …

Voici l’ordre de détermination du résultat net selon GCEC-IFRS

Intérêts Nets Produits des activités principales


Produit bancaire net augmenté des (1) produits commissions de prestations de
services (2) gains/pertes nets de change et sur placements
financiers et (3) produits sur autres activités bancaires.
Résultat d’exploitation Diminué de charges du personnel, dotation aux amortissements
et autres charges générales d’exploitation,
Augmenté du produit des activités non bancaires.
Résultat avant impôt Augmenté des gains/pertes sur actifs immobilisés
Résultat net Diminué de l’impôt sur bénéfice

Y ajouter les autres éléments du résultat global pour avoir le tableau complet.

7. L’état des variations des capitaux propres

8. L’état des flux de trésorerie


Deux questions liées sont à la base de l’état des flux de trésorerie :

- Quelle trésorerie a été générée par l’entité, et

1
Other Comprehensive Income
- Comment l’entité a-t-elle utilisé cette trésorerie générée ?

Pour répondre à la première question : trésorerie générée

En parlant de trésorerie dans ce contexte, on entend aussi bien (les comptes 55 - 58,
mais avec ou sans 559 intérêts courus non échus ?)

- Les caisses et les dépôts à vue. Il s’agit des dépôts de l’entité auprès d’autres
institutions, par exemple auprès d’une banque.
- Les équivalents de trésorerie. Ce sont des placements à court terme, très liquides,
avec un très faible risque de perte de valeur.

La question porte, non sur la trésorerie, mais la trésorerie générée durant l’exercice,
autrement dit, la variation de trésorerie entre la clôture et l’ouverture.

Et pour répondre à la deuxième question : utilisation

La variation de trésorerie concernée ici est celle en rapport avec les trois activités de
l’entreprise suivantes : l’exploitation, l’investissement et le financement.
Flux de trésorerie

Exploitation

Investissement

Financement

Les activités d’exploitation sont les principales activités génératrices de produits de l’entité.
Pour les institutions financières de RDC, il s’agit

- des opérations avec les établissements de crédit (classe 52),


- des opérations avec la clientèle (classe 3),
- des autres opérations affectant les actifs ou passifs financiers, et
- des autres opérations affectant les actifs ou passifs non financiers.

Les activités d’investissement sont

- l’acquisition et la sortie d’actifs à long terme, et


- les autres placements qui ne sont pas inclus dans les équivalents de trésorerie

Les activités de financement quant à elles, apportent des modifications dans le montant du
capital apporté et des emprunts (classe 1, toute ou partie ?)

2
Cela ne veut pas dire que toutes les opérations avec la classe sont des opérations d’exploitation. Par exemple,
les emprunts bancaires de longue durée (pas les découverts) sont considérés comme des opérations de
financement
Les activités d’exploitation

Les flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation sont essentiellement issus des
principales activités génératrices de produits. On les retrouve parmi les activités participant
au résultat net. Ce sont, par exemple

- les entrées de trésorerie provenant de la vente des marchandises et la prestation de


services ainsi que les sorties de trésorerie liées au paiement des fournisseurs
- les entrées de trésorerie provenant des commissions et d’autres produits
- les sorties de trésorerie pour les membres du personnel
- les sorties de trésorerie et remboursements d’impôts sur le résultat
- …

En bref, il faut étudier tout mouvement de trésorerie, vérifier s’il est impliqué dans la
production d’u profit ou d’une perte, et le classer dans la catégorie idoine.

L’état des flux de trésorerie liés aux opérations d’exploitation peut être présenté soit avec la
méthode directe, soit avec la méthode indirecte.

- Méthode directe : à partir des enregistrements comptables (journal des opérations),


en groupant selon les grandes catégories
- Méthode indirecte : on partirait du résultat net et l’ajuster pour tenir compte de
diverses grandeurs telles que les variations dans les stocks et dans les créances et
dettes d’exploitation, les effets sans trésorerie, etc.

L’IAS 7 recommande aux entités d’utiliser la méthode directe, mais le GCEC-IFRS a adopté la
méthode indirecte quant à lui.
Chapitre III. Effets des variations des cours des monnaies étrangères
(IAS 21)

1. Champ d’application
Il arrive souvent qu’une entité soit confrontée à manipuler plus d’une monnaie dans sa
comptabilité. C’est le cas notamment lorsque

- L’entité a des filiales à l’étranger. Comment intégrer les états financiers des filiales
dans les états financiers de l’entité lors de consolidation ou de la mise en
équivalence ?
- Dans un même pays, le contexte fait que des prix soient libellés en plusieurs
monnaies. Comment comptabiliser les transactions et les soldes en monnaies
étrangères ?
- Il faut convertir le résultat et la situation financière de l’entité en une autre monnaie
de présentation

La Norme IAS 21 a pour objet de répondre à ces questions.

Notez bien : la Norme IAS 21 ne s’applique pas à la présentation des flux de trésorerie
provenant des transactions en monnaies étrangères. Se référer à « l’IAS 7 – Tableau des flux
de trésorerie » pour ce.

2. Définition de la monnaie étrangère


Quelques définitions s’imposent, afin de comprendre la norme.

Monnaie étrangère est l’opposé de … monnaie fonctionnelle, qu’il ne faut pas confondre
avec monnaie légale.

La monnaie légale est la monnaie officielle du pays. Pour la RDC, c’est le franc congolais
(CDF). En revanche, la monnaie fonctionnelle est la monnaie qui sied le mieux à
l’environnement économique particulier d’une activité. Ainsi, le franc cfa ou le dollar
peuvent être des monnaies fonctionnelles dans certaines activités. Les prix des biens et
services, le coût de la main d’œuvre, sont généralement en monnaie fonctionnelle.

Chaque entité doit déterminer sa monnaie fonctionnelle en fonction de son environnement


économique.

Est qualifiée dès lors d’étrangère toute monnaie autre que la monnaie fonctionnelle. Ainsi, le
CDF peut être monnaie étrangère pour une entreprise qui tient sa comptabilité en USD.

La Norme IAS 21 s’applique à deux niveaux :


- Lors de la préparation des états financiers. La Norme prescrit les règles de
comptabilisation initiale des transactions et des soldes, de comptabilisation lors de
chaque clôture ultérieure et de comptabilisation des écarts de change.
- A la présentation des états financiers. Comment faire pour présenter les états
financiers en une monnaie autre que la monnaie fonctionnelle ?

Nous développons les deux cas dans les paragraphes suivants.

3. Règles de comptabilisation des transactions en monnaies étrangères


* Article 21 : Une transaction en monnaie étrangère doit être enregistrée, lors de sa
comptabilisation initiale, dans la monnaie fonctionnelle, en appliquant au montant en
monnaie étrangère le cours de change au comptant entre la monnaie fonctionnelle et la
monnaie étrangère à la date de la transaction (article 21).

Il peut être pratique d’appliquer un cours moyen à l’ensemble des transactions d’une
période, sauf si les fluctuations sont jugées trop importantes.

* Article 23 : A chaque clôture,

- Les éléments monétaires en monnaies étrangères doivent être convertis au cours de


clôture.
o Les écarts de change résultant du règlement d’éléments monétaires ou de la
conversion d'éléments monétaires à des cours différents de ceux auxquels ils
ont été convertis lors de leur comptabilisation initiale sont comptabilisés en
résultat net (article 28).
- Les éléments non monétaires en monnaies étrangères, qu’ils soient évalués au coût
historique ou à la juste valeur, doivent être convertis au cours de change de la date de
la transaction ou de l’évaluation de la juste valeur.
o Les écarts de change liés à un élément non monétaire sont comptabilisés soit
en résultat net, soit en autres éléments du résultat global selon que les
normes IFRS prescrivent pour ce type particulier d’enregistrer ses profits et ses
pertes en résultat net ou en autres éléments du résultat global (article 30).

On appelle éléments monétaires les éléments de l’actif ou du passif qui sont soit des
monnaies (caisse, banque …) soit des éléments qui imposent à l’entité de sortir ou lui
confèrent le droit d’encaisser de la trésorerie. Font partie des éléments monétaires,
entre autres, les retraites et avantages du personnel en numéraire, les provisions qui
vont se dénouer en numéraires, les prêts … En sont exclus les immobilisations, les
montants payés d’avance pour des biens et des services, les stocks …

Exemple 1 :

Une entité met un montant de 200 $ à disposition pour le change au taux de 900. (900 FC
pour 1 $). S’ensuivent les opérations suivantes
- Vente de 50 $ à un client de passage au taux de 920
- Vente de 100 $ à un client de l’agence au taux de 915
- Achat à un client de passage au taux de 890
- Réapprovisionnement au taux de 900
- Taux de clôture 910

Faites la comptabilité de ces opérations.

4. Etats financiers et monnaies de présentation


Chapitre IV. Les instruments financiers (IAS 39, IFRS 9)

1. Définition
Définition 1 : Un instrument financier est un contrat créant un actif financier pour une entité
et un passif financier ou un instrument de capitaux propres pour une autre entité.

Définition 2 : Un actif (respectivement un passif ou un élément de capitaux propres) de l’état


de la situation financière est un instrument financier si son existence est rattachée à
l’existence d’un passif ou d’un instrument de capitaux propres (respectivement un actif) dans
une autre entité.

De ces deux définitions, il ressort que le terme actif financier peut désigner, soit au contrat,
liant un actif financier et sa contrepartie (c’est la définition 1), ou chacun des éléments du
contrat (la définition 2)

Tous les actifs ne sont pas financiers. Par exemple, un mobilier payé cash est un actif, mais
pas un instrument financier, car il n’y a de dette nulle part, le mobilier ayant été payé cash.
De même pour un passif financier.

Exemples :

- La CADECO octroie une avance en compte à un agent de l’ONATRA. L’avance est un


actif pour la CADECO et serait un passif pour le membre du personnel si celui-ci
tenait une comptabilité. Il s’agit donc d’un instrument financier.
- La MET Bank prend des actions dans le capital de la CADECO. Il y a deux entités.
L’action sera inscrite à l’actif de MET Bank et en instrument de capitaux propres pour
la CADECO.
- Sont également des instruments financiers les prêts et créances émis par l’entreprise,
les créances de clients, les emprunts, les dettes aux fournisseurs, les instruments
dérivés et les dérivés incorporés …

Il existe aussi des instruments financiers composés, avec une composante de capitaux
propres et une autre de passifs financiers.

2. Classification des instruments financiers


La norme IAS 39 classait les instruments financiers en quatre types d’actifs et deux types de
passifs, mais la norme IFRS 9, plus récente, réduit le nombre de types du passif de quatre à
deux.

La classification des instruments influence :

1. Le mode de l’évaluation à l’origine de l’instrument financier,


2. Le mode de détermination de l’évaluation ultérieure,
3. La comptabilisation, pour le cas échéant, de la variation de la juste valeur
4. Les tests de dépréciation, le cas échéant.

En tout, voici les quatre types d’instruments financiers, selon la norme IFRS 9 :

1. Actifs évalués ultérieurement au - actif inscrit dans un modèle économique dont


coût amorti. l’objectif est de détenir des actifs afin de recevoir
des flux de trésorerie contractuels
- les modalités contractuelles prévoient de recevoir
à des dates spécifiées à des flux de trésorerie
correspondant uniquement à des remboursements
de principal et à des intérêts sur le principal restant
dû.
- dans ce modèle, il n’y a aucun risque de gain ou
de perte relatif à la juste valeur, sauf en cas de
dépréciation due à l’insolvabilité du débiteur3.
2. Actifs évalués ultérieurement à - Actif financier détenu à des fins spéculatives.
la juste valeur. - Ses variations affectent directement le compte du
résultat.
- N’est pas sujet à dépréciation
3. Passifs financiers à la juste - passifs encourus à des fins de transaction.
valeur par le biais du compte - passifs volontairement comptabilisés à la juste
résultat. valeur (sous conditions).
4. Autres passifs financiers. Passifs qui n’entrent pas dans la catégorie
précédente.

Une entité classera un actif financier en actif évalué ultérieurement au coût amorti s’il réunit
les deux conditions indiquées dans le tableau ci-dessus. Toutefois, nonobstant la satisfaction
de ces conditions, l’entité peut décider de classer le même actif en actif évalué
ultérieurement à la juste valeur par le biais du résultat net si ce classement peut aider à
éliminer certaines incohérences de comptabilisation.

3. Evaluation des instruments financiers


Evaluation initiale

Tout instrument financier, actif, passif ou instrument de capitaux propres, est évalué à
l’origine par sa juste valeur

- Minorée des coûts directement liés à l’acquisition si c’est un actif


- Majorée des coûts directement liés à la transaction si c’est un passif

3
Dans ce cas, la dépréciation doit être constatée. Nous verrons plus loin comment le faire.
- Sauf s’il s’agit d’un instrument financier à la juste valeur par le biais du compte de
résultat (dans ce cas, les frais de transaction ne modifient pas la juste valeur mais
sont repris directement dans le compte du résultat).

Juste Valeur + ou - Frais de transaction Condition : l’instrument n’est pas


évalué par la juste valeur par
résultat net

Les frais de transaction sont les coûts marginaux imputables à l’acquisition ou à l’émission de
l’actif ou du passif, et qui n’auraient pas été encourus autrement. Ils peuvent être au profit
ou au désavantage de l’entreprise.

Un nouveau terme fait son apparition ici, la « juste valeur ». IFRS 13 la définit comme suit :
« la juste valeur est le prix qui sera reçu pour vendre un actif, ou payé pour transférer un
passif dans une transaction normale entre des intervenants du marché à la date de
l’évaluation ». Cette définition contient beaucoup d’éléments auxquels il faut prêter
attention :

- Il s’agit de céder un actif (vendre) ou un passif (transférer) et non de le supprimer. En


effet, l’instrument financier est toujours l’objet d’un contrat et tant que celui-ci est
en cours, parler d’acquérir un actif ou d’éteindre une dette n’a pas de sens. Dans la
circonstance, on ne peut que céder l’actif ou le passif objet du contrat.
- On parle de transaction normale et non, par exemple, une transaction de détresse
comme vendre sa voiture rapidement pour hospitaliser un malade. Le prix anormal
d’une transaction correspondrait au « prix mangondo » des Kinois, qui n’a rien à voir
avec le prix dans les conditions normales.
- Parler d’un prix normal suppose l’existence d’un marché qui détermine ce prix
normal en fonction de l’offre et la demande.
- A la date de l’évaluation. Il ne s’agit donc pas d’un prix historique, ni futur, mais un
prix réel à l’instant.

Dans les conditions normales, la meilleure indication sur la juste valeur d’un instrument
financier lors de sa comptabilisation initiale est le coût de la transaction, non inclus les frais
de transaction.

Evaluation ultérieure

Nous disions précédemment que la classification d’un instrument financier déterminait sa


comptabilisation initiale et ultérieure. Voici les règles à appliquer pour l’évaluation
ultérieure :

Type d’instrument Evaluation Impact


Actifs évalués ultérieurement Méthode du coût amorti avec Résultat
au coût amorti, Autres Passifs taux d’intérêt effectif
(dettes)
Passifs à la juste valeur Juste valeur Résultat
Actifs à la juste valeur Juste valeur Résultat ou OCI, selon
l’option

Nous voyons apparaître dans ce tableau un terme nouveau : l’impact. Le remboursement


d’une dette s’accompagne d’intérêts (reçus par le prêteur / payés par l’emprunteur).
L’intérêt est un enrichissement pour le prêteur et une diminution de richesse pour
l’emprunteur. Le tableau dit que l’impact est enregistré dans le résultat pour les deux
premières catégories. Autrement dit il est comptabilisé comme produit en cas
d’accroissement, ou comme charge, dans le cas inverse. C’est pour cela qu’on le considère
comme résultat, car celui-ci est manipulé à travers les comptes de produit (classe 7) et ceux
de charge (classe 6).

A la différence, pour les actifs disponibles à la vente, l’impact est comptabilisé dans les
autres éléments du résultat global (OCI, classe 8), lesquels sont reversés, à la clôture de
l’exercice, non dans le compte du résultat (classe 13) mais dans celui des autres éléments du
résultat global (classe 12).

Certaines pratiques voulaient comptabiliser les intérêts comme acquis dès l’émission de
l’instrument financier. IFRS proscrit cette pratique et impose d’étaler cet intérêt sur la durée
de vie de l’actif. Ainsi des fragments de l’intérêt sont répartis sur chaque échéance de sorte
que chaque flux comporte une composante Remboursement du capital et une composante
Intérêts.

4. Méthode du coût amorti


L’évaluation ultérieure des instruments financiers fait mention de deux méthodes : celle de
la juste valeur, et celle du coût amorti avec le taux d’intérêt effectif. La juste valeur a déjà
été définie. Nous allons maintenant aborder la seconde.

1) Définition

La méthode du coût amorti est une méthode qui permet de déterminer la valeur d’un
instrument financier à un moment donné (t) sur son cours de vie, en tenant compte

- des remboursements effectués


- du principe de l’étalement des intérêts sur la durée de vie de l’instrument financier et
- des dépréciations éventuelles de l’instrument financier

La question que l’on se pose est celle-ci : avec une valeur initiale Vo, quelle est la valeur
(ultérieure) V1 d’un instrument financier après un total de remboursement Rb et une
dépréciation Δp ? Réponse :

V1 = V0 ± Ʃ(Δm) - Δp
- V1. C’est l’encours, la valeur de l’instrument financier à un instant (une échéance) t de sa
vie. Cette valeur en principe évolue vers la baisse, car l’instrument financier est appelé à
s’éteindre avec le temps.

- V0. C’est la valeur initiale de l’instrument, valeur déterminée lors de sa comptabilisation


initiale, à son émission (création).

- Δm. L’amortissement. A chaque échéance, il y a un remboursement de capital et une production


d’intérêts. Pour rappel, en IFRS, les intérêts ne sont pas comptabilisés une fois pour toute à la
création de l’instrument financier, mais ils sont étalés sur la durée de vie de l’instrument financier et
sont comptabilisé à leur encaissement effectif lors des remboursements. Donc, à chaque échéance, il
y a d’une part remboursement de capital, qui diminue la valeur de l’instrument financier, et la
production des intérêts, qui a l’effet contraire. La différence entre les deux est ce qui s’appelle
amortissement.

- Δp. C’est la dépréciation de l’instrument financier.

Le taux d’intérêt effectif

Dans le calcul de l’amortissement, nous avons parlé du taux d’intérêt effectif. Il s’agit d’un
taux de rentabilité interne dont la détermination repose sur un calcul actuariel. Le taux
d’intérêt effectif diffère du taux d’intérêt nominal par le fait qu’il intègre toutes les
commissions reçues ou données lors de la création de l’instrument financier.

Il n’y a pas de méthode simple pour le calcul du taux d’intérêt effectif ; il faut recourir à des
approximations successives. L’application Excel d’Office peut aider avec sa fonction intégrée
TRI (Taux de rendement interne) à déterminer le TIE avec une précision satisfaisante. Pour
les solutions informatiques, il existe quelques méthodes numériques pour résoudre le
problème, notamment l’algorithme de dichotomie et l’algorithme de Newton-Raphson
(présentée en annexe, pour les informaticiens intéressés de développer leurs propres
programmes de calcul du TIE). Dans les exercices suivants, nous allons montrer la fonction
TRI d’Excel.

Exercice 1 : Soit une créance de client de 100 $ à payer dans deux ans. Le taux d’intérêt
effectif est de 5 %. Présentez la situation à l’origine et à la fin de la première année.

Le facteur d’actualisation (voir page 3) est Fk = 1 / (1 + 0.05)2. La valeur actuelle de la créance


est 90.70 $.

A la fin de la première année, la créance augmente de 90.70 * 0.05 soit 4.53 $

an 0 an 1 an 2
90.70 95.24 100.00
Exercice 2 : La société Udiadia Wadia Tshibi Mmatandu (UWTM sarl) achète un titre de
10 000 $ sur lequel elle reçoit une commission de 2 % pour un intérêt nominal de 6 %
remboursable in fine dans 3 ans. Dressez le tableau des flux de trésorerie jusqu’à
l’échéance et calculez le taux d’intérêt effectif (TIE).

* l’acquisition d’un titre constitue un actif pour la BWTM sarl, et en même temps un passif
pour l’entité vendeuse. C’est donc un instrument financier.

* Il est demandé d’utiliser la méthode du TIE. Celle-ci exige que l’instrument financier soit
évalué à sa valeur effective, c.-à-d. intégrant les commissions et les primes positives ou
négatives liées à l’instrument. Ici la commission de 2 % sur une valeur nominale de 10 000
donne 200 $. L’actif financier est comptabilisé à l’origine à la valeur de 9 800 $.

* le taux d’intérêt nominal est de 6 %. Cela veut dire que l’entité émettrice du titre va verser
à UWTM sarl chaque mois des intérêts de 600 $, pendant trois ans. Le capital est remboursé
in fine, donc à la fin de la dernière année, en plus des intérêts de 600 $, l’entité émettrice va
restituer à UWTM sarl son capital (1 000 $). Ceci nous permet de tracer l’échéancier des flux
de trésorerie.

* la différence entre les intérêts générés et le flux de trésorerie entrant constitue


l’amortissement qui vient corriger l’encours de l’actif en s’inscrivant au débit de l’actif, pour
une différence positive, ou au crédit dans le cas contraire. La valeur actuelle calculée selon
cette démarche (utilisation du TIE) prend le nom de « Coût amorti » de l’actif.

Tous ces calculs sont triviaux, mais il nous manque un élément : le TIE. Nous allons utiliser
Excel ici pour le déterminer.

- En jaune, au début de la colonne, la valeur effective à amortir, précédée du signe


« moins »
- En orange, dans l’ordre, les flux de trésorerie attendus, y compris le remboursement
du capital, lequel peut être progressif ou final (in fine, cas de notre exemple).
- En bleu, une cellule où l’on va appliquer la fonction TRI en prenant soin d’indiquer
correctement la plage des cellules : ici de la cellule D6 à la cellule D9.
- La figure à droite. Une fois validée (touche Enter par exemple), le TIE est affiché : ici
6.76 %.
Le TIE est de 6.76 %.

Exercice 3 : Connaissant le TIE, complétez le tableau de l’exercice précédent avec les


intérêts perçus périodiquement, les amortissements et l’encours.

Maintenant que nous avons le TIE, appliquons-le pour générer le tableau suivant :

- Dans la ligne T0 (instant initial), nous avons le flux sortant (signe négatif) et la valeur
de l’instrument financier (encours initial) évalués à leur juste valeur, soit 9 800
- Dans la colonne des flux, nous reprenons les flux tels que calculés au point
précédent. Le flux correspondant pour l’échéance 1 est 600.
- Dans la ligne suivante, qui est l’échéance n° 1, la valeur initiale de l’actif financier est
de 9 800. Le
- Nous calculons les intérêts en multipliant l’encours initial par le TIE, ce qui donne
662.36
- Nous calculons un écart entre le flux et les intérêts. La différence est généralement
positive mais elle peut aussi être négative et représenterait alors une augmentation
de la valeur de l’actif plutôt qu’une diminution.

Le tableau demandé se présente ainsi :

encours début flux intérêts amortissement encours fin


T0 - 9 800.00 9 800.00
T1 9 800.00 600.00 662.36 - 62.36 9 862.36
T2 9 862.36 600.00 666.57 - 66.57 9 928.93
T3 9 928.93 10 600.00 671.07 9 928.93 0.00

5. Comptabilité des instruments financiers


Noter que nous intitulons ce paragraphe « comptabilité » et non « comptabilisation » des
instruments financiers. La comptabilisation consiste à enregistrer la valeur de l’instrument
financier dans l’état de la situation financière, en tant qu’actif, passif ou instrument de
capitaux propres. La comptabilité des instruments financiers, elle, concerne la prise en
compte de tous les mouvements comptables générés par la vie de l’instrument financier. Ces
mouvements s’articulent autour de trois entités comptables :

- L’instrument financier. Celui-ci est créé et change de valeur au cours du temps. L’état
de la situation financière (bilan) doit enregistrer, par le jeu des écritures au crédit et
au débit, les fluctuations de valeur de l’instrument financier.
- La trésorerie. Qu’il s’agisse de l’émission ou des remboursements, il est toujours
question de flux, c.-à-d. d’entrée ou de sortie de trésorerie, ou d’équivalent de
trésorerie. Ce mouvement doit aussi être enregistré en débit ou en crédit.
- Les intérêts. La raison d’émission des instruments financiers c’est de réaliser des
intérêts. Ceux-ci sont enregistrés, selon le type de l’instrument financier, dans le
compte du résultat ou dans les autres éléments du résultat global.
La comptabilité des instruments financiers signifie donc l’enregistrement simultané de
toutes les écritures comptables permettant de rendre la situation exacte liée à l’instrument
financier. Nous allons l’illustrer dans les exercices suivants.

Exercice 4 : Passez les écritures comptables de l’exercice 3, sachant que le compte 5081
représente les placements financiers au coût amorti, que 7180 représente les intérêts sur
titres de créance sur la clientèle et que 5850 est le compte pour les billets et monnaies
étrangers.

Nous devons passer des écritures simultanées sur l’actif financier, la trésorerie (ou
l’équivalent) et le résultat (intérêts). Il nous faut réfléchir un peu et résister à la tentation de
passer les écritures mécaniquement. Nous sommes dans le cas d’un actif financier.

- La création de l’actif financier se fait par une sortie de trésorerie, donc une
inscription au passif du compte de trésorerie, compensée par l’enregistrement à
l’actif de l’actif financier.
- Les remboursements sont toujours entrants, donc enregistrés au débit du compte de
trésorerie concerné.
- Les intérêts sont toujours inscrits au passif.
- Les amortissements, quant à eux, peuvent s’inscrire à l’actif ou passif selon qu’il s’agit
d’un accroissement (amortissement négatif) ou d’une diminution (amortissement
positif).
- Enfin, il faut passer ces écritures en s’assurant que le total des inscriptions au débit
sera le même que celui des inscriptions au crédit.

* A la création

encours début flux intérêts amortissement encours fin


T0 - 9 800.00 9 800.00

D C Libellé
5081 9 800 Actif financier
5850 9 800 à Trésorerie

* A la première échéance

T1 9 800.00 600.00 662.36 - 62.36 9 862.36


L’amortissement est négatif, donc il s’agit d’une augmentation de valeur de l’instrument
financier. L’inscription sera enregistrée à l’actif de l’actif financier

D C Libellé
5850 600 Trésorerie
5081 62.36 Actif financier
7180 662.36 à Produits financiers
* deuxième échéance

T2 9 862.36 600.00 666.57 - 66.57 9 928.93

Encore un amortissement négatif :

D C Libellé
5850 600 Trésorerie
5081 66.57 Actif financier
7180 666.57 à Produits financiers

* troisième et dernière échéance. L’amortissement est positif cette fois-ci, donc il y a


diminution de valeur de l’actif, soit une inscription au crédit de l’actif financier.

T3 9 928.93 10 600.00 671.07 9 928.93 0.00

D C Libellé
5850 10 600 Trésorerie
7180 671.07 à Produits financiers
5081 9 928.93 Actif financier

Exercice 5 : L’entreprise BANDUNDU DESCENDEZ, dont l’exercice court du 01/07 au 30/06,


acquiert le 01/07/N des obligations pour un montant global de 1 100 000 €. Les frais de
transaction s’élèvent à 20 000 €. Elle a l’intention de les détenir jusqu’à leur échéance. Ces
obligations ont été émises le 01/07/N – 1 au nominal de 1 000 000 € et sont remboursables
pour cette valeur le 30/06/N + 3. Le taux d’intérêt servi annuellement est de 10 %.

- Déterminons la nature de cet actif financier et sa méthode d’évaluation ultérieure


- Enregistrons les écritures comptables de la vie de l’actif, du placement au
remboursement du capital

Par définition, les obligations sont un placement en vue de percevoir des flux de trésorerie,
et il s’accompagne de remboursements de capital et de paiements d’intérêts. C’est donc un
actif à évaluation par le coût amorti.

L’actif est acquis à 1 100 000 €, qui est sa juste valeur. Il faut y ajouter des frais de 20 000 €,
on obtient sa valeur comptable initiale qui est de 1 120 000 €.
Les intérêts contractuels sont de 10 % l’an, soit 100 000 €, pendant trois ans. A la dernière
année, il faut aussi rembourser le capital en même temps que les intérêts de la dernière
période.

Le taux d’intérêt effectif est obtenu par la fonction Excel TRI et vaut : 5.55 %

Le tableau suivant donne toutes les étapes du calcul de l’encours de l’actif. On constate,
contrairement à l’exercice précédent, que les différences entre les intérêts perçus et le
remboursement de l’année sont négatives, ce qui a pour conséquence la diminution de la
valeur de l’actif. A la fin de la troisième année, on voit bien qu’après perception des intérêts,
le reste est de 1 000 000 €, soit le capital à rembourser.

date encours début flux intérêts amortissement encours final


01/07/N - 1 120 000 1 120 000
30/06/N + 1 1 120 000 100 000 62 139 37 861 1 082 139
30/06/N + 2 1 082 139 100 000 60 039 39 961 1 042 178
30/06/N + 3 1 042 178 1 100 000 57 822 1 042 178 -

Les écritures comptables correspondantes :

D C Libellé
5081 1 120 000 Actif financier
5850 1 120 000.00 à Trésorerie
5850 100000 Trésorerie
5081 37 860.59 à Actif financier
7180 62 139.41 Produits financiers
5850 100000 Trésorerie
5081 39 961.15 à Actif financier
7180 60 038.85 Produits financiers
5850 1 100 000 Trésorerie
5081 1 042 178.26 à Actif financier
7180 57 821.74 Produits financiers

6. Dépréciation d’actifs financiers


Un actif financier est susceptible de dépréciation s’il devient probable qu’il ne sera pas
recouvré en totalité, suite à certains évènements défavorables, par exemple, les difficultés
financières du débiteur, la probabilité croissante de faillite, la disparition d’un marché actif
pour un actif financier… Les entreprises doivent examiner, à chaque période de reporting
(par exemple, chaque mois), s’il existe une indication objective de dépréciation. La question
de la dépréciation d’actif ne concerne pas les actifs financiers à la juste valeur.

La détermination et la comptabilisation d’une dépréciation suivent les règles suivantes :

- le montant de la perte est égal à la différence entre la valeur comptable (l’encours) et


la valeur actuelle des flux de trésorerie attendus actualisée au taux d’intérêt effectif
d’origine de l’actif.
- La perte est comptabilisée en charge.
- Si le montant de la perte diminue au cours d’une période ultérieure, une reprise sera
enregistrée en résultat.

Le plan comptable GCEC-IFRS prescrit une démarche pour l’enregistrement de la


dépréciation. La créance est d’abord retirée de la liste des créances régulières pour être
inscrite dans celle des créances douteuses. Par exemple, pour une créance sur la clientèle
(rubriques 30 à 35), on crédite le compte "créance et on débite le compte 3910. Ensuite, on
débite le compte « dépréciations de créances sur base individuelle » en contrepartie du
compte « dotations aux dépréciations pour créances douteuses – clientèle » (6712).

Exercice 6 : Le 01/01/N, une créance client de 500 000 est encaissable le 31/12/N + 1. Le
taux d’intérêt effectif est par hypothèse de 8 %. Le 31/12/N, suite aux difficultés
financières du client, l’encaissement attendu n’est plus que de 250 000. Déterminez le
montant de la dépréciation.

La valeur comptable V0 de l’instrument financier est le flux attendu actualisé sur deux
exercices, soit

V0 = 500 000/(1.08)2 = 428 669

Le 31/12/N, soit une année avant l’échéance, la valeur actualisée des flux attendus est

Va = 250 000/1.08 = 231 481

La perte est la différence soit 428 669 - 231 481 = 197 187 à comptabiliser en charge.

Exercice 7 : Une créance clientèle d’encours 1000 est susceptible d’une dépréciation de
sorte que les flux attendus ne sont plus que de 500. Passez les écritures comptables
correspondantes.

La créance se transforme en créance douteuse : créditer le compte de la clientèle (30 à 35)


et débiter le compte Créances Dépréciées (391)
D C Libellé
3910 1000 Créances dépréciées
32 à 35 1000 à Prêts clientèle
6712 500 Dotations aux dépréciations
3990 500 à dépréciations de créances

Une reprise serait comptabilisée en résultat, selon l’écriture suivante

D C Libellé
3990 20 Dépréciations de créances
7712 20 Reprise sur dépréciation de Créance

Créances dépréciées : actualisation et désactualisation

Une créance dépréciée n’est pas une créance annulée ; elle continue à fonctionner comme
créance, et donc donne lieu à des remboursements partiels de capital et à des intérêts. A
travers une illustration, nous allons voir de plus près de quel type d’intérêts il est question
ici.

Exercice 8 : Une créance clientèle (supposons un crédit de financement de marché) avec un


taux d’intérêt effectif de 10 % est évaluée initialement à 1000 et est encaissable dans
quatre ans. Au bout de la première année, les flux attendus ne sont plus que de 700. On
suppose que la créance sera effectivement récupérée à l’échéance Passez toutes les
écritures comptables gérant ce problème.

créance début flux attendu encours début amortissement encours fin


T0 1 000.00 700.00 525.92

En début d’année 0, la valeur initiale est de 1000, mais à la fin on attend plus comme flux
que 700. Il y a dépréciation. De combien ? Il reste trois exercices à couvrir. Le montant
actualisé des flux attendus est de 700/1.13 = 525.92. C’est l’encours en fin de l’exercice T0. Il
faut enregistrer une perte de 1000 - 525.92 = 474.08

* A la fin de la première année (T0), les écritures sont les suivantes :

- Changement de la créance en créance dépréciée


- Enregistrement de la perte

D C
3910 1000 créances dépréciées
3051 1000 à crédit de financements de marchés
6712 474.08 dotations aux dépréciations
3990 474.08 à dépréciations de créances

* Fin de l’année T1. L’encours a été actualisé et présente une valeur en valeur absolue
inférieure au flux attendu. L’idée est qu’à chaque fin d’exercice, l’encours est augmenté d’un
intérêt technique avec le taux d’intérêt effectif (égal au taux d’intérêt à la création de la
création) appliqué à l’encours en début de l’exercice. Cet intérêt augmente l’encours
d’exercice en exercice jusqu’à atteindre, à l’échéance, le flux attendu. Ce phénomène est
connu comme effet de « désactualisation ». Il est dû au passage du temps. L’encours initial
augmenté de cet intérêt représente l’encours en clôture. Idem pour les périodes suivantes
T2 et T3.

créance encours
début flux attendu perte début amortiss encours fin
T0 1 000.00 700.00 474.08 525.92
T1 525.92 52.59 578.51
T2 578.51 57.85 636.36
T3 636.36 63.64 700.00

D C
3910 1000 créances dépréciées
3051 1000 à crédit de financements de marchés
6712 474.08 dotations aux dépréciations
3990 474.08 à dépréciations de créances
3990 52.59 dépréciations de créances
7199 52.59 à intérêts sur créances dépréciées
3990 57.85 dépréciations de créances
7199 57.85 à intérêts sur créances dépréciées
3990 63.64 dépréciations de créances
7199 63.64 à intérêts sur créances dépréciées

A l’échéance, en observant le tableau, on constate que la créance initiale de valeur


comptable 1000 a donné lieu d’abord à une dépréciation de 474.08 puis à des intérêts sur
créances dépréciées (amortissements) d’un total de 174.08 (52.59 + 57.85 + 63.64), ce qui
fait une dépréciation finale de 300 (= 474.08 – 174.08). La valeur comptable résiduelle est
1000 – 300, soit 700. C’était effectivement le flux attendu.

Il faut maintenant récupérer le flux en trésorerie. L’écriture comptable correspondante


mettra en jeu le compte de trésorerie et le compte de la créance dépréciée (3901).

D C
3910 1000 créances dépréciées
3051 1000 à crédit de financements de marchés
6712 474.08 dotations aux dépréciations
3990 474.08 à dépréciations de créances
3990 52.59 dépréciations de créances
7712 52.59 à reprise de dépréciations de créances sur la clientèle
3990 57.85 dépréciations de créances
7712 57.85 à reprise de dépréciations de créances sur la clientèle
3990 63.64 dépréciations de créances
7712 63.64 à reprise de dépréciations de créances sur la clientèle
5850 700 trésorerie
3910 700 à créance dépréciée

La dernière étape est de clôturer le dossier. Comment ? Il faut savoir que les comptes
« créances dépréciées » (3910) et dépréciations de créances (3990) sont des comptes de
transition pour suivre les variations de la valeur initiale de la créance saine sans modifier sa
valeur comptable initiale. A la fin du dossier, lorsque lesdites variations ont été prises en
compte par la trésorerie, ces comptes de transition doivent être soldés par les comptes
correspondants de coût du risque pour les charges (ici 6712) et pour les produits (ici 7712).

D C
3910 1000 créances dépréciées
3051 1000 à crédit de financements de marchés
6712 474.08 dotations aux dépréciations
3990 474.08 à dépréciations de créances
3990 52.59 dépréciations de créances
7712 52.59 à reprise de dépréciations de créances sur la clientèle
3990 57.85 dépréciations de créances
7712 57.85 à reprise de dépréciations de créances sur la clientèle
3990 63.64 dépréciations de créances
7712 63.64 à reprise de dépréciations de créances sur la clientèle
5850 700 trésorerie
3910 700 à créance dépréciée
6712 300 annulation
3910 300 à créance dépréciée
3990 300 annulation
7712 300 à dépréciations de créances

7. Prêts et créances
Les prêts et créances sont des actifs financiers avec un paiement à recevoir fixe ou
déterminable.
- La créance est un paiement du à une entité appelée de ce fait créancier. Celui qui
doit le payement, autrement dit le débiteur, dit qu’il a une dette. Donc, le même
montant dû est appelé dette, du côté du débiteur, et créance, du côté du créancier.
- Le prêt est une créance particulière caractérisée par un capital sur lequel on calcule
aussi un intérêt. Il donne lieu à des remboursements échelonnés.

Les éléments de leur calcul sont ceux qui ont été présentés pour les actifs financiers
comptabilisés selon la méthode du coût amorti. Il s’agit là d’une catégorie très importante
pour les établissements de crédit comme la CADECO.

Il convient de rappeler, en ce qui concerne leur coût nominal que :

- Il est augmenté de tous les coûts marginaux liés.


- Il est diminué de toutes les commissions perçues.

Il faut bien distinguer coûts et commissions. Les coûts sont des frais payés en marge de la
création de l’instrument financier alors que les commissions sont des entrées ou
augmentations de trésorerie.

Exemple type pour la CADECO : si le client doit payer des frais de formulaire afin d’obtenir un
crédit, ceux-ci doivent être retranchés du coût nominal du crédit lors de la comptabilisation,
car en réalité, la CADECO a accordé un crédit moindre que la valeur nominale qui sert de
base pour le calcul des intérêts.

Coûts marginaux et commissions doivent être uniquement liés à l’octroi du prêt. Il s’agit de
frais qui n’auraient pas été engagés si la transaction n’avait pas eu lieu. Ainsi, le transport ou
la collation octroyée aux agents chargés de ce service Prêts à la fin de la journée sont exclus
de cette considération.

Rappel sur l’élaboration du créancier pour un crédit

Le crédit est constitué par un capital initial. Viennent ensuite des paiements mensuels pour
un nombre de périodes déterminé qui sont le paiement des intérêts et le remboursement du
capital. Les paiements mensuels, appelés annuités même pour des périodes plus courtes que
l’année, sont calculés selon les trois philosophies principales ci-dessous :

- remboursement in fine
- remboursement à amortissement constant
- remboursement à flux constant

1. Remboursement in fine : le client ne paie chaque mois que les intérêts du capital et ne
rembourse ce dernier en une seule fois le dernier mois. Soit un crédit de 10 000 $ à 4 % de
taux d’intérêt pour 5 ans. L’échéancier se présentera comme suit :
2. Remboursement à amortissement constant : Sur les n périodes du crédit, chaque période
rembourse une fraction égale du capital. Le même exemple de l’exercice précédent avec
l’approche à amortissement constant :

3. Remboursement à flux constant : Ici, il est question de payer chaque mois le même
montant. Le calcul de ce flux se fait par la formule suivante, provenant de la manipulation
des suites géométriques (voir cours de math financière), où r est le taux et Vo le capital :

𝑟𝑉𝑜
𝐹=
(1 − (1 + 𝑟)− 𝑁 )

Dans notre exemple, la valeur de F sera de 2 246.27. De ce montant l’intérêt est le taux
multiplié par la valeur en début de la période, et la différence est l’amortissement du capital.
Le tableau correspondant à cette approche est ci-dessous :
8. Comptes et dépôts à terme
Le compte à terme fait partie de la famille des comptes de dépôt à terme, par opposition aux
comptes de dépôt à vue (appelés aussi comptes courants ou comptes chèques). L'expression « dépôt
à terme » est parfois utilisée pour le désigner. Il s'agit, comme son nom l'indique, d'un placement
financier à court ou moyen terme, rémunéré et sécurisé. C'est tout simplement un prêt d’argent que
vous accordez à une banque pour une durée fixe ou variable, selon un taux d’intérêt connu et
convenu à l’avance.

Le taux indiqué est un taux annuel. Les intérêts se calculent au prorata des nombres des jours allant
du jour de livraison inclus à celui précédent le remboursement. Il est considéré, dans le calcul des
intérêts, que l’année compte 360 jours. La formule pour le calcul des intérêts est :

Intérêts = Montant * nombre de jours * taux / 360

Exercice : un client souscrit le 17 janvier un dépôt à terme de 200 000 FC pour trois mois au taux de 4
%. Faire la comptabilité du dépôt à terme.

Ci-dessous le calcul des intérêts

nbr jrs int. Courus


janvier 15 333.33
février 28 622.22
mars 31 688.89
avril 16 355.56
2000.00

Et les écritures comptables :

D C Libellé
3710 200 000.00 Compte vue
3750 200 000.00 à Dépôts et Comptes à terme
6150 333.33 Intérêts sur Opération sur Dépôts à terme
3790 333.33 à Intérêts courus
6150 622.22 Intérêts sur Opération sur Dépôts à terme
3790 622.22 à Intérêts courus
6150 688.89 Intérêts sur Opération sur Dépôts à terme
3790 688.89 à Intérêts courus
6150 355.56 Intérêts sur Opération sur Dépôts à terme
3790 355.56 à Intérêts courus
3750 200000.00 Remboursement Principal
3790 20 000.00 Paiement intérêts
3710 22000.00 à Compte à vue
Chapitre V. Les avantages du personnel (IAS 19)

I. Définition
On appelle "avantages du personnel" toutes formes de contrepartie accordée à un agent
pour les services rendus par ce dernier ou pour une cessation d’emploi avant terme à
l’initiative de l’employeur. Deux remarques :

- L’avantage en question entend celui accordé directement aussi bien que celui
accordé à ses ayants droits.
- Aux fins de l’IAS 19, le membre du personnel peut travailler pour l’entité à temps
plein ou temps partiel, à titre permanent, provisoire ou temporaire. A ce titre, les
administrateurs et autres hauts dirigeants sont considérés comme des membres du
personnel (article 7).

Les avantages du personnel sont régis par la norme IAS 19, dont l’objectif est de prescrire le
traitement comptable des avantages du personnel. La première norme imposée par l’IAS est
d’inscrire :

- Au passif, la valeur d’un avantage lorsque le membre du personnel a rendu un service


qui sera payé dans l’avenir (plus ou moins proche), et
- En charge, la consommation la consommation de l’avantage économique
correspondant.

Exemple, l’enregistrement des salaires met en mouvement, en GCEC-IFRS le compte de


charges 6511 et le compte du passif 4240

D C Libellé

6511 200000.00 Charges du personnel


4240 22000.00 à Sommes dues au personnel

II. Types d’avantages du personnel


L’IAS 19 différencie quatre types d’avantages du personnel

- Les avantages à court terme. Ce sont les avantages dont le règlement intégral est attendu
dans les 12 mois suivant la clôture de l’exercice où la prestation a eu lieu. Cela veut dire que
le règlement peut intervenir dans l’immédiat ou dans un mois ou dans toutes les façons
avant douze mois. C’est le cas des salaires, des cotisations à l’INSS…
- Les avantages postérieurs à l’emploi. Ce sont les avantages payables seulement après la fin
de l’emploi. Par exemple : les pensions de retraite.
- Les indemnités de cessation d’emploi. Payables lorsque l’employeur prend la décision de
mettre fin à l’emploi avant l’âge normal de départ à la retraite, soit lorsque l’employé
accepte l’offre de cessation d’emploi présentée par l’employeur. A noter que la démission
volontaire du membre du personnel n’est pas concernée ici.
- Les autres avantages à long terme du personnel. Tout autre avantage qui n’entre pas dans les
trois catégories ci-haut.

L’IAS 19 prescrit des normes pour la comptabilisation des avantages pour chacune des quatre
catégories précitées.

Tout avantage du personnel fait partie de l’une de ces quatre catégories. Dès lors, il importe d’en
tenir compte à toute comptabilisation.

III. Avantages à court terme


Sont des avantages à court terme : les salaires et cotisations de sécurité sociale, les congés annuels
et les congés de maladie payés, les primes, les avantages non pécuniaires (assistance médicale,
logement …).

La comptabilisation des avantages à court terme consiste, en général, à inscrire le montant non
actualisé :

- Au passif, après déduction éventuelle des montants déjà payés. Au cas où le montant déjà
payé est supérieur au montant de l’obligation, on peut inscrire l’excédent à l’actif en tant que
charge payée à l’avance, qui sera annulé par une diminution des paiements futurs ou un
remboursement en trésorerie.
- En charge.

Concernant les absences de courte durée rémunérées, on notera qu’elles donnent lieu à deux types
de droits :

- Les droits cumulables. C’est le cas des congés payés ; ils sont reportables, c.-à-d. qu’ils
peuvent être reconduits lors de périodes futures s’ils n’ont pas été utilisés durant l’exercice
considéré. Ces droits naissent de la prestation de service. Par exemple, un agent qui a
travaillé pendant un certain temps a droit à un congé payé. Si ce congé n’est pas utilisé.
Lorsque ce droit se constate, une obligation se crée pour l’entreprise et se comptabilise
comme dit ci-haut. Si le droit n’est pas utilisé, il sera reporté à l’exercice suivant.
- Les droits non cumulables. Cas des congés maladie, congés de paternité... Par exemple,
chaque agent peut avoir droit à un congé maladie payé de 5 jours. Le droit se constate
uniquement si les absences se produisent. S’il n’y a pas de nouvelle naissance dans la famille
durant l’exercice, ces droits sont perdus.

IV. Avantages postérieurs à l’emploi


Les avantages postérieurs à l’emploi sont :
- Les prestations de retraite : on citera ici les pensions de retraite (payées périodiquement) et
les sommes forfaitaires données en une fois à la retraite.
- Les autres avantages éventuels, tels que l’assurance-vie, les soins de santé s’il y en a.

Les accords selon lesquels les avantages postérieurs à l’emploi sont accordés aux agents obéissent à
deux types de régime : les régimes à cotisations définies (Defined Contributions) et les régimes à
prestations définies (Defined Benefits).

- Les régimes à cotisations définies. L’obligation juridique de l’employeur se limite au montant


de la cotisation qu’il verse périodiquement pour le membre du personnel dans un Fonds
distinct de l’employeur (comme l’INSS). A la fin de l’emploi, c’est le fonds qui se chargera de
payer les avantages. Normalement, les fonds placés pour le compte du membre du
personnel sont capitalisés par le Fonds, d’où ils constituent des actifs dans les opérations de
placement effectuées par le Fonds. Il y a deux risques en perspective : le risque actuariel et le
risque de placement. Le risque actuariel est que les prestations soient moins importantes
que prévu. Le risque de placement est que les actifs placés s’avèrent insuffisants pour
assurer les prestations prévues. Dans le régime à cotisation définies, ces deux risques sont
supportés par le membre du personnel seul.
- Régimes à prestations définies. Ici, les prestations sont convenues à l’avance et l’employeur a
l’obligation d’en assurer le service à ses employés actifs et aux anciens. Donc, à la différence
du régime à cotisations définies, c’est l’employeur qui assume les risques actuariels et de
placement.

1. Comptabilisation pour les régimes à cotisations définies


La comptabilisation des régimes à cotisations définies est très simple. Il suffit d’enregistrer les
montants non actualisés au passif et en charge, exactement comme on l’a fait pour les avantages à
court terme. Ces montants sont en fait les cotisations périodiques.

2. Comptabilisation pour les régimes à prestations définies


La comptabilisation pour les régimes à prestations définies est complexe, ce pour trois raisons :

- Des hypothèses actuarielles sont nécessaires pour évaluer l’obligation et la charge ;


- Elle s’effectue sur une base actuarielle, contrairement au régime à cotisations définies, car
les prestations seront réglées plusieurs années après que le membre du personnel a rendu
les services correspondants ;
- Il y a pratiquement toujours des écarts actuariels résultant de la différence entre les
projections et l’expérience (les faits réels constatés) et qui nécessiteront un traitement
comptable correctif.

Faire tous ces calculs demande de :

- Adopter une méthode d’évaluation actuarielle. La norme impose "la méthode des unités de
crédits projetée", aussi appelée "Méthode de répartition des prestations au prorata des
services", ou encore "Méthode des prestations par année de service" ; chaque période
(année) de service donne lieu à une unité de droits à prestations additionnelle.
- Rattacher les droits à prestations aux périodes de service ;
- Faire des hypothèses actuarielles.
A cause de cette complexité de calcul, la Norme encourage, sans toutefois le leur imposer, les entités
à recourir à un actuaire (article 59). Le même article dispose que pour des raisons pratiques, il est
courant que les entités demandent une évaluation détaillée de l’obligation avant la fin de l’exercice
puis de la corriger avec les transactions et autres changements intervenus (changements de taux, de
prix du marché …) entretemps. Dans certains cas, des estimations, des moyennes, des calculs
simplifiés peuvent fournir une approximation fiable (article 60).

Il faut noter que pour chaque exercice, la comptabilisation des avantages postérieurs à l’emploi pour
un régime à prestations définies se font toujours en deux temps : en début d’exercice, pour
l’évaluation de l’obligation et la charge sur l’exercice, puis en fin d’exercice pour la réévaluation
portant sur les écarts actuariels et le rendement des actifs du régime.

01/01/200N 31/12/200N

Evaluation de l’Obligation générée par 200N


Evaluation de la charge sur l’exercice 200N
Réévaluation de l’obligation (écarts actuariels, …)

Au début de l’exercice on va

 Evaluer la valeur actualisée de l’obligation résultant de la prestation qui aura lieu durant
l’exercice considéré. Ensuite, déduire de cette valeur actuelle de l’obligation pour obtenir le
déficit. Ensuite ajuster éventuellement le déficit avec l’effet du plafond du régime pour
obtenir le Passif Net à inscrire au passif de l’Etat de la Situation Financière en tant que
Provision (compte 1850) et en charge (compte 6517).
 En utilisant la méthode des unités de crédit projetées, étaler la charge de l’obligation
calculée précédemment sur les exercices précédents la date de départ à la retraite. Ceci
permet de déterminer les coûts des services rendus pour chaque exercice futur, à inscrire en
résultat net.
 Déterminer les intérêts sur le Passif net, qui représentent le coût de la désactualisation du
passif.

En fin d’exercice

 Faire la réévaluation de l’Obligation, à comptabiliser dans les autres éléments du résultat


global.

On peut décomposer la comptabilisation des régimes à prestations définies en éléments constitutifs


suivants :

- Choix ou détermination des hypothèses actuarielles


- Evaluation et actualisation de l’obligation au titre des avantages postérieurs à l’emploi
- Evaluation du Passif Net (provision)
- Calcul des coûts de services de la période en cours et des services passés
- Traitement des écarts actuariels
- Traitement des actifs du régime

1) Choix des hypothèses actuarielles

Le but de l’IAS est d’anticiper les dépenses à venir et en faire une provision. Quelles sont les variables
qui concourent à la détermination du coût final des avantages postérieurs à l’emploi ? On peut en
citer quelques-unes, à adapter aux spécificités de chaque entité : âge de départ en retraite, taux de
mortalité (probabilité de survie), taux d’actualisation, salaire en fin de carrière, grade en fin de
carrière … ces valeurs, ne les connaissant pas d’avance, on peut en faire une estimation se basant sur
des statistiques personnelles, sur des informations diffusées par un organe régulateur, etc. Donc, on
fait des hypothèses, qui se vérifieront plus ou moins bien, sur la valeur de ces variables. On distingue
deux types d’hypothèses actuarielles :

- Les hypothèses démographiques. Ce sont des hypothèses sur le nombre d’agent à l’avenir,
l’évolution des effectifs, la probabilité de survie à la date de la retraite, la rotation du
personnel …
- Les hypothèses financières. Quel sera le salaire à la fin de la carrière pour tel agent, le taux
d’actualisation, le taux de rendement des régimes, etc.

Les hypothèses actuarielles sont toujours entachées d’incertitudes. Le tout est d’arriver à choisir les
hypothèses qui se rapprocheront le plus possible de la réalité. La norme définit les hypothèses
actuarielles comme étant les meilleures estimations faites par l’entité des variables qui
détermineront le coût final des avantages postérieurs à l’emploi (article 76). IFRS ne régit pas
spécifiquement les hypothèses, toutefois, elles doivent être établies sur base d’éléments statistiques
observés sur plusieurs années.

Voici un exemple d’hypothèses qui nous serviront pour des illustrations de l’IAS 19. Noter que ces
exemples se basent sur la norme IAS adaptée à l’Europe, pour nous permettre de comparer nos
résultats avec ceux fournis par la Norme, mais ils ne sont pas forcément transposables tels quels à la
réalité congolaise.

La convention collective prévoit le versement, au moment du départ en retraite de ses salariés, d’une
indemnité de 1.5 % du dernier salaire mensuel par année d’ancienneté. Seuls les agents présents dans
l’entreprise au moment de leur départ en retraite perçoivent cette indemnité. Pour l’agent Matala,
l’ancienneté au 31/12/N est de 10 ans. Le départ en retraite aura lieu le 31/12/N + 15. Le salaire
annuel de l’année N est de 2 200 $. La probabilité de départ avant l’âge de la retraite, mortalité et
rotation du personnel (turn-over) prises en compte, est de 35 %. Le taux moyen annuel
d’accroissement des salaires est de 1 % par an. Le taux d’actualisation est de 2% par an.

Dans ce problème, on voit

- Hypothèses démographiques : une seule hypothèse : la probabilité de départ avant l’âge de


la retraite,
- Hypothèses financières : le taux moyen annuel d’accroissement des salaires, et le taux
d’actualisation

Les autres informations personnelles sur l’agent Matala ne sont pas des hypothèses mais des
données individuelles qui ne sont pas sujettes à erreur.
TP : quels sont les avantages postérieurs à l’emploi de votre entreprise. Quelles sont les variables qui
déterminent sa valeur ? Quelles hypothèses pouvez-vous appliquer à ces variables ?

2) la détermination du passif net

Le Passif net est la provision à inscrire au passif de l’état de la situation financière. Voici les étapes
pour le déterminer :

- Evaluer l’obligation acquise par le membre du personnel : OBL.


- Obtenir la valeur actuelle de l’obligation (Defined Benefit Obligation) DBO en utilisant le
facteur d’actualisation.
- Calculer le déficit en déduisant les actifs du régime de la valeur actuelle de l’obligation DFC =
DBO - ACT.
- Ajuster le déficit par l’effet du plafonnement des actifs pour obtenir le passif net PN = DFC +
PLF.

Une prestation forfaitaire égale à 1 % du salaire de fin de carrière par année de service est payable au
moment du départ en retraite. On est au début de l’année N. Le salaire à la fin de cette année est de
10 000 $ et est présumé augmenter chaque année de 7 %. Les actifs du régime sont de 200, avec un
taux de rendement d’actif de 12 %.Le taux d’actualisation utilisé est de 10 % par an. Quelle est la
valeur de l’obligation si l’agent part en retraite dans 5 ans ?

Le salaire à la fin de la première année, c.-à-d. l’année N, est 10 000 $. Il va augmenter quatre fois,
pour passer aux années N + 1, N + 2, N + 3 et N + 4. Le salaire en fin de carrière sera

salaire_1 = salaire_0 * (1 + taux_accr)4 = 10 000 * (1 + 0.07)4 = 10 000 * (1.07)4 = 13 081.

Il est question de prendre 1 % par année de service. Il y a cinq années de service au moment de la
prestation, dont l’année en cours.

OBL = salaire_1 * 5 * 0.01 = 13 081 * 0.05 = 655

La valeur actuelle de l’obligation au titre de prestations définies est la valeur actualisée des
paiements futurs attendus, qui sont nécessaires pour éteindre l’obligation résultant des services
rendus au cours de la période en cours et des périodes antérieures, le tout avant déduction des actifs
du régime.

DBO = OBL/(1 + 0.1)4 = 655/(1.1)4 = 447

Le déficit est la différence entre la valeur actuelle de l’obligation et la juste valeur des actifs du
régime.

Pour financer les avantages postérieurs à l’emploi, les entités recourent souvent à l’investissement
dans des actifs particuliers qui peuvent être de deux ordres :

- Les actifs du régime. Leur caractéristique est d’être hors portée des créanciers et réservés
uniquement au paiement et à la capitalisation des avantages du personnel. Ils ont vocation
de générer des intérêts qui contribueront à payer les prestations. Pour cette raison, ils
n’apparaissent pas au bilan de l’entité. La seule manière de les prendre en compte est de
déduire leur juste valeur de la valeur actuelle de l’obligation. Les actifs du régime sont soit
des cotisations à un fonds d’avantages à long terme, soit des contrats d’assurance éligibles.
- Les autres actifs, associés au régime. Ils apparaissent au bilan comme tout autre actif.
Exemple : police d’assurance non éligible.

Actifs du régime et autres actifs sont évalués à leur juste valeur.

DFC = DBO - ACT = 447 - 200 = 227

On suppose ici qu’il n’y a pas d’effet plafond des actifs, donc le Passif net est égal au déficit

PN = DFC - PLF = 227 - 0 = 227

Ecriture comptable pour l’enregistrement du passif net :

6517 227 Charges sur avantages postérieurs à l’emploi et avantages à long terme
à 1850 227 Provisions pour avantages du personnel à long terme ou postérieur

Note très importante. Le passif est enregistré en tant que provision pour permettre la
comptabilisation dès maintenant de l’obligation. En effet, la Norme dispose que les états financiers
doivent permettre de connaître dès aujourd’hui les dettes à long terme ainsi que leur conséquence
sur le résultat. Il y a deux remarques cependant :

- La dette est enregistrée étant actualisée. Donc sa valeur comptable aujourd’hui n’est pas la
valeur effective qui sera payée à l’échéance. Pour avoir celle-ci, il faut chaque année
procéder à une désactualisation, qui aura pour effet d’accroître la valeur comptable
d’exercice en exercice.
- La dette est enregistrée dès maintenant mais c’est son règlement (qui se traduit par une
sortie d’avantages économiques) qui doit être étalé sur les exercices futurs. La méthode des
unités de crédits projetées permet de déterminer la charge supportée par chaque exercice.

3) la détermination des coûts des services rendus pendant la période

En prestant durant l’année N, l’agent a acquis une indemnité de 655 qui lui sera versée à la fin de N
+4. Le principe est que cette indemnité doit être étalée sur les cinq ans, soit 131 par année, et on fait
le cumul au début et à la fin de chaque exercice. On peut représenter ça comme suit :

année N N+1 N+2 N+3 N+4


cumul en début 0 131 262 393 524
avantage 131 131 131 131 131
cumul en clôture 131 262 393 524 655

Mais il y a un problème ! 131 dollars dans cinq ans ce n’est pas la même chose que 131 dollars
aujourd’hui. Il faut actualiser. Que valent 131 cinq ans plus tôt, quatre ans plus tôt, trois ans plus tôt
… ainsi de suite. En appliquant cette formule aux années précédant la retraite, on obtient les coûts
des services rendus pour chaque exercice.

année N N+1 N+2 N+3 N+4


cumul en début - 131 262 393 524
avantage 131 131 131 131 131
cumul en clôture 131 262 393 524 655

coût services rendus 89 98 108 119 131

Toujours dans cette partie actualisée, ajoutons les cumuls (actualisés) en ouverture et en clôture.
Ces cumuls actualisés sont connus comme les « valeurs actualisées de l’obligation ». En tant que
cumul, ils représentent la somme des services rendus les périodes antérieures. En ouverture, la
valeur actuelle est le report simple du cumul de la période précédente. En clôture, la valeur actuelle
à l’ouverture est augmentée du coût des services rendus sur la période. On constatera qu’il faut
toujours ajouter un autre terme pour atteindre l’égalité : ce terme est le produit de la valeur actuelle
à l’ouverture par le taux d’actualisation, on dit aussi que c’est le coût de la désactualisation.

année N N+1 N+2 N+3 N+4


Valeur actuelle obligation en ouverture - 89 196 324 476
intérêts - 9 20 33 48
coût services rendus 89 98 108 119 131
Valeur actuelle obligation en clôture 89 196 324 476 655

Nous constatons, en observant le tableau, qu’à l’échéance, le cumul des obligations actualisées est
bien égal au montant des indemnités acquises.

Nous constatons aussi que pour chaque période, valeur actuelle de l’obligation est augmentée en
cours de la période par d’une part le coût du service rendu, et d’autre part par le passage du temps
(intérêts sur le passif net, ou effet de la désactualisation).

4) Les variations du Passif Net

Attention. Nous parlons d’avantage postérieur à l’emploi, donc payable seulement après. Et en
même temps, nous disons que chaque exercice règle sa part, correspondant au coût du service rendu
pour la période. Comment ça ? Voici la réponse. L’entreprise va bien décaisser, mais cet argent ne
sera pas versé immédiatement au membre du personnel. L’approche généralement adoptée est que
l’argent ainsi décaissé est transformé en actifs du régime (ACT) générateur d’intérêts. L’actif
capitalisé permet de payer l’obligation capitalisée à l’échéance.

A la vérité, il est plus intéressant pour l’entreprise d’observer l’obligation et son règlement progressif
à travers plutôt que l’inverse. L’obligation et le règlement sont contenus implicitement dans un
élément unique qui est le Passif net (PN = OBL - ACT). Ce dernier devient donc une grandeur
intéressante à étudier pour nous.

Le passage du temps a deux effets de sens contraires qui influencent la valeur de la dette :

- Sur l’obligation. Le passage du temps amène la désactualisation et une augmentation de la


valeur actuelle de l’obligation, et donc une augmentation du passif net, à travers le taux
d’actualisation. Δdbo =dbo * taux_ACT
- Sur les actifs du régime. Le passage du temps génère des intérêts qui diminuent, non
l’obligation, mais le passif net, à travers le taux de rendement des actifs du régime. ΔInt =
ACT * taux_RdACT

Nous pouvons développer cette variation du Passif Net pour en tirer d’intéressantes informations :

Δ PN = dbo * taux_ACT - ACT * taux_RdACT


= dbo * taux_ACT - ACT * taux_ACT + ACT * taux_ACT - ACT * taux_RdACT
= (dbo - ACT)* taux_ACT - ACT * (taux_RdACT - taux_ACT)
= PN * taux_ACT - ACT * (taux_RdACT - taux_ACT)

La variation du Passif Net a deux composantes

 Les intérêts sur le Passif Net. On les obtient en multipliant le Passif Net en début de période par le
taux d’actualisation. Augmentation. PN * taux_ACT. Ce coût est pris en enregistré en résultat

6517 - Intérêts sur le Passif Net (coûts)


à 1850 - Provisions pour avantages du personnel à long terme ou postérieur

 Le rendement des actifs du régime. ACT * (taux_RdACT - taux_ACT). Comme le montre la formule,
c’est le rendement des actifs du régime à l’exclusion des montants pris utilisés pour le calcul des
intérêts sur le passif net. Diminution.Ce deuxième terme de la variation du PN est enregistré en
Autres Eléments du Résultat Global (OCI). Voici les écritures comptables correspondantes

1850 - Provisions pour avantages du personnel à long terme ou postérieur


à 8150 - Ecarts actuariels sur les régimes à prestations définies

5) les coûts des services

Nous parlerons de deux types services. D’abord, les services rendus durant la période, et les services
passés.

 Le coût de services rendus durant la période. C’est la valeur actualisée de la fraction de l’obligation
que doit prendre en charge la période. La prise en charge consiste à effectuer un paiement de
cotisation aux actifs du régime. Ce paiement doit être égal au coût des services rendus pour la
période. On peut comparer ce versement au règlement progressif du capital pour un crédit. Les
versements ne sont pas arbitraires mais obéissent à un échéancier bien calculé. Il en est de même
avec le règlement des cotisations aux actifs du régime.

Le règlement se fait par une sortie de trésorerie et c’est une charge (d’où le terme de coût). Ecritures
comptables (à passer lorsque l’entreprise paie effectivement la cotisation par la trésorerie ou
équivalent):

6517 - Charges sur avantages postérieurs à l’emploi et avantages à long terme


à 5810 - Trésorerie
 Le coût de services passés. C’est la variation (positive ou négative) de la valeur actuelle de
l’obligation au titre de prestations définies pour les services rendus au cours des années antérieures
résultant de la modification d’un régime (instauration ou changement d’un régime à prestations
définies) ou de la réduction d’un régime (ex : diminution importante de l’effectif décidée par l’entité
…)

Le schéma comptable est le même que pour les services rendus au courant de la période.

6) les réévaluations du Passif Net

Les réévaluations du passif net comprennent les écarts actuariels et le rendement des actifs du
régime. Nous avons déjà parlé du rendement des actifs.

Les écarts actuariels sont les variations de la valeur actuelle de l’obligation dues aux ajustements liés
à l’expérience et au changement apportées aux hypothèses actuarielles. L’écart peut être une perte,
s’il augmente la valeur de l’obligation, ou un gain dans le cas contraire. On peut avoir autant d’écarts
actuariels qu’il y a des hypothèses ; leurs effets s’additionnant et se soustrayant selon le sens de
l’écart.

Les réévaluations sont enregistrées dans les autres éléments du résultat global, classe 8, poste 815
« écarts actuariels sur les régimes à prestations définies ». A la fin de l’exercice, elles peuvent être
maintenues dans une réserve distincte pour les réévaluations, laissées dans les autres éléments du
résultat global ou transférées dans les résultats non distribués, mais jamais dans le résultat net.

Résumé de la démarche

Nous résumons ci-dessous la démarche pour le traitement des avantages postérieurs à l’emploi pour
les régimes à prestations définies.

1) déterminer le passif net (PN) pour les avantages nés des services rendus durant l’exercice N.
Services rendus en N => obligation = coût des prestations N + coût prestations antérieures
Actualiser obligation => valeur actuelle obligation (DBO) et coût services rendus en N (CSR)
Déficit (DFC) = valeur actuelle obligation – juste valeur actifs régime (ACT)4
DFC = DBO - ACT
PN = DFC - ajustement plafond actifs régime (PLF)
PN = DFC - PLF
Le PN est enregistré en tant que Provision au passif, précisément au compte 1850 pour le plan
comptable GCEC - IFRS.
2) En résultat (compte 6517)
- coûts services rendus durant période N (CSR)
- coûts services passés (CSP)

4
Juste valeur à la date de la clôture
- intérêts nets sur le passif (INP) = passif net * taux actualisation
INP = PN * taux_Act
3) En autres éléments du résultat global
- écarts actuariels
- rendement actifs régime

3. Exercice récapitulatif : Migration de la CADECO à l’IAS 19


Un plan de pension prévoit 10 % du dernier salaire par année de service. L’agent a 45 ans aujourd’hui
(2015). L’ancienneté au 31/12/2015 est de 20 ans. L’âge de la retraire est 65 ans. On suppose
(hypothèses) que l’augmentation du salaire est de 4 % par an, que le taux d’actualisation est de 5.5 %
par an. Le salaire annuel au 31/12/2015 est de 75 000 $. La probabilité de survie à 65 ans est de 90 %.
Le taux de rendement des actifs du régime prévu est de 6 %. Au début de l’exercice, les actifs du
régime sont de 95 000.

Et en fin d’exercice, soit le 31/12/2016, on notera que le taux de rendement du régime a été de 7 % au
lieu de 6, et que le salaire était de 78 750 $, ce qui représentait une augmentation supérieure aux 4 %
prévus. Voici diverses étapes de calcul :

1. Détermination de la provision au bilan

La valeur actuelle de l’obligation au titre de prestations définies (defined benefit obligation, DBO)
est la valeur actualisée des paiements futurs attendus, avant déduction des actifs du régime, qui sont
nécessaires pour éteindre l’obligation résultant des services rendus au cours de la période en cours
et des périodes antérieures.

- Le nombre d’années prestées : 20 ans.


- Le salaire au départ à la retraire (Sf) s’obtient en multipliant le salaire actuel (S0) par (1 + t) à
la puissance 20 => Sf = S0 * (1 + 0.04)20 = 75 000 * (1.04)20 = 164 334 $. Ici, 20 est le nombre
d’années avant la fin de l’emploi. En effet, de 45 ans (l’âge actuel) à 65 ans (l’âge du départ à
la retraite) il y a bien 20 ans.
- La valeur à l’étape suivante est le dixième du salaire au départ à la retraite multiplié par le
nombre d’années : => val = 164 334*20/10 = 328 668 $.
- La probabilité de survie à 65 ans influence ce chiffre, la valeur suivante est
 val_na = 0.9 * val = 0.9 * 328 668 = 295 802 $.
- Pour avoir la valeur finale, le DBO recherché, il faut actualiser sur 20 ans à raison de 5.5 % par
an. On aura => DBO = val_na /(1 + 0.055)20 = 295 802/(1.055)20 = 101 380 $.

Les actifs du régime (plan assets) et déficit

Déficit = DBO - Actifs du régime = 101 380 – 95 000 = 6 380

Le déficit éventuellement ajusté par l’effet de la limitation au plafond de l’actif dû est connu sous le
nom de Passif Net, à inscrire au passif pour provision.

Passif Net = Déficit ajusté par effet de la limitation au plafond de l’actif du régime
Dans l’exercice, nous supposons que ces calculs sont effectués pour la première fois le 31/12/2015.
Par conséquent, il n’y aura pas de pertes-gains actuariels ni de coûts services passés.

Passif Net = 101 380 - 95 000 = 6 380.

Ecriture comptable

6517 6 380 Charges sur avantages postérieurs à l’emploi et autres avantages …


à 1850 6 380 Provisions pour avantages du personnel à long terme ou postérieur

2. Détermination des coûts de service

Le tableau suivant montre une vue partielle de la distribution de l’obligation sur les 20 années. La
démarche est la même que pour l’exercice semblable ci-haut.

N1 N2 N3 N4 N5 N6 N7
cumul en début - 5 348 11 284 17 857 25 118 33 125 41 936
intérêt - 294 621 982 1 382 1 822 2 306
Coût services rendus 5 348 5 642 5 952 6 280 6 625 6 989 7 374
cumul en fin 5 348 11 284 17 857 25 118 33 125 41 936 51 616

3. Réévaluation

Les écarts actuariels (pertes ou gains) des régimes à prestations définies sont enregistrés en tant que
autres éléments du résultat global dans le poste 125.

Les calculs effectués en début d’exercice s’appuient sur des hypothèses (démographiques et
financières) qui probablement ne pas se vérifieraient pas tous en fin d’exercice. Il y a donc des
corrections à faire. Cette partie des écritures se fait en fin d’exercice. L’écart qui en résulte, positif ou
négatif, sera enregistré en tant que autres éléments du résultat global dans le poste 125.

Pour l’exercice. Le salaire en fin d’exercice est de 78 750, soit une augmentation de 5 % (l’hypothèse
état de 4 %). Le taux de rendement du régime effectif a été de 7 % au lieu de 6.

1ère étape : évaluer ce qu’aurait dû être, selon les hypothèses de départ, la valeur actuelle de
l’obligation en fin d’exercice.

La valeur projetée c’est la valeur actuelle de l’obligation en ouverture + le coût de base (déjà
calculé ci-haut) val_projetée = 101 380 + 10 645 = 112 025

2ème terme : la valeur actuelle de l’obligation en fin d’exercice. Après calcul, on trouvera

La valeur actuelle en clôture = 113 382

3ème terme : la différence : la variation du taux de rendement de régime influe sur les résultats

L’écart additionnel = ActifRégime * (tauxRegime1 – tauxRégime2)


= 95 000 * (0.07 – 0.06) = 950
L’écart actuariel est 113 022 – 112 025 – 950 = 408
Annexes
1. calcul du tri par l’algorithme de dichotomie
L’algorithme de dichotomie est une approche itérative qui permet de calculer le taux de rentabilité
interne TRI correspondant au Taux d’intérêt effectif TIE des instruments financiers. En effet, il
n’existe pas de formule mathématique simple qui permette de calculer le TRI. Aussi recourt-on à des
méthodes itératives, lesquelles peuvent facilement être prises en charge par un des calculs
numériques effectués par l’ordinateur. L’algorithme de dichotomie est l’une de ces approches
numériques.

Avant de calculer le taux de rentabilité interne, il est nécessaire de définir un contexte comprenant
les éléments suivants :

- une mise initiale ou capital F0,


- une suite de flux Fk à recevoir (échéancier pour un emprunteur de crédit, p.ex)
- un nombre de périodes n (annuités, semestrialités, mensualités, quinzaines …) pour le
paiement de ces flux,
- et un taux d’intérêt r

On définit en mathématiques financières la valeur actualisée nette (VAN) comme la somme de la


suite suivante :
𝑛
𝐹𝑘
𝑉𝐴𝑁(𝑟) = ∑
(1 + r)k
𝑘=0

Selon la valeur du taux d’intérêt, la VAN peut être négative, ce qui correspond à un investissement
non acceptable, ou positive pour un investissement acceptable.

Les mêmes maths financières définissent le taux de rentabilité interne (TRI) comme un taux
particulier qui rend la VAN égale à 0. Au-delà de TRI l’investissement est acceptable, et en-deçà il ne
l’est pas. C’est ce taux de rentabilité interne que nous voulons calculer par l’algorithme de
dichotomie dont voici le principe.

On considère la fonction VAN continue sur l’intervalle [a,b] et deux valeurs d’initialisation r0 et
r1 de la variable r telles que a < r0 < r1 < b et VAN(r0).VAN(r1) < 0.

On évalue ensuite la fonction pour la valeur au centre rc = (r0 + r1)/2. Deux cas se présentent :

- si VAN(rc).VAN(r0) < 0, on pose r2 = rc et r1 = r0


- on pose r2 = r1 et r1 = rc

et on reprend les calculs, jusqu’à ce que l’écart la valeur absolue de VAN soit inférieure à une
valeur infinitésimale déterminée.

Cet algorithme peut être développé en programme dans n’importe quel langage de programmation.
2. la rotation du personnel
La rotation du personnel est la moyenne arithmétique des départs et des arrivées au cours d’une
période rapportée au total des effectifs au début de cette période.

Exemple : une entreprise de 50 personnes connait 10 entrées et 5 départs en une année. Le taux de
rotation du personnel est de (10 + 5)/2 / 50 = 15 %.

Le taux de rotation du personnel est une donnée importante dans la gestion des ressources
humaines. Il est notamment utilisé dans le calcul des avantages du personnel postérieurs à l’emploi.

Lien utile : http://www.compta-facile.com


Sommaire
Chapitre I. Rappels sur la comptabilité et le métier bancaire ................................................................. 2
I. Valeur temps de l’argent .................................................................................................................. 2
1. Le calcul actuariel ........................................................................................................................ 2
2. Le facteur d’actualisation ............................................................................................................ 4
II. La comptabilité ................................................................................................................................ 5
III. Les notions fondamentales du métier bancaire ............................................................................. 7
1. le compte bancaire ...................................................................................................................... 7
2. Les opérations avec la clientèle................................................................................................... 9
Chapitre II. Information financière et Comptabilité ........................................ Erreur ! Signet non défini.
1. Du GCEC au GCEC-IFRS .................................................................................................................... 6
2. Cadre conceptuel des IFRS .............................................................................................................. 6
3. Les normes IFRS : introduction ................................................................ Erreur ! Signet non défini.
4. Bref aperçu sur les états financiers ............................................................................................... 12
Chapitre III. Les instruments financiers (IAS 39, IFRS 9) ........................................................................ 12
1. Définition ....................................................................................................................................... 23
2. Classification des instruments financiers ...................................................................................... 23
3. Evaluation des instruments financiers .......................................................................................... 24
4. Méthode du coût amorti ............................................................................................................... 26
5. Comptabilité des instruments financiers ...................................................................................... 29
6. Dépréciation d’actifs financiers ..................................................................................................... 32
7. Prêts et créances ........................................................................................................................... 36
8. Comptes et dépôts à terme ........................................................................................................... 39
Chapitre IV. Les avantages du personnel (IAS 19) ................................................................................. 40
I. Définition ........................................................................................................................................ 40
II. Types d’avantages du personnel ................................................................................................... 40
III. Avantages à court terme .............................................................................................................. 41
IV. Avantages postérieurs à l’emploi ................................................................................................. 41
1. Comptabilisation pour les régimes à cotisations définies ......................................................... 42
2. Comptabilisation pour les régimes à prestations définies ........................................................ 42
3. Exercice récapitulatif : Migration de la CADECO à l’IAS 19 ....................................................... 50
Annexes ................................................................................................................................................. 53
1. calcul du tri par l’algorithme de dichotomie ............................................................................. 53
2. la rotation du personnel ............................................................................................................ 54