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Chapitre 2 

: Rôles et enjeux de l’entrée en bourse.


Le présent chapitre se focalisera sur les rôles et enjeux de l’entrée en bourse.

Section 1: Les rôles de la Bourse de Casablanca.


Telle que définie, une bourse est une institution qui permet de réaliser des échanges de
biens ou d'actifs standardisés et ainsi d'en fixer le prix, d’où la distinction entre les bourses de
commerce, où sont échangées des marchandises et les bourses de valeurs, où transitent des titres
d'entreprises, qui constitue l’objet de cette étude.

Cette bourse des valeurs constitue en fait un lieu de financement et de placement. Elle
permet également l’allocation et la liquidité des titres.

§1. Le financement des entreprises et autres personnes morales.


De par sa vocation, une bourse draine des capitaux qui y sont placés soit par des personnes
physiques ou morales à la quête de profits. Aussi, elle attire les demandes de financement exprimées
par d’autres acteurs soit pour l’augmentation de capitaux, soit pour l’investissement. Il va sans dire,
que par ce jeu, elle met en contact l’offre et la demande de capitaux. A ce titre, elle joue un rôle
d’intermédiaire entre les porteurs et les demandeurs de capitaux.

En concentrant les capitaux de tous les horizons, elle offre la possibilité aux entreprises
d’avoir accès aux capitaux pour investir et accroitre leurs activités ou à faire face à des situations de
déficit ou de crise.

Cette fonction est ancienne. Les premières bourses sont nées à la renaissance (du XIVe au
XVIe siècle en Europe). Grace à la collecte et la concentration de fonds, il a été permis de réaliser les
grandes expéditions maritimes, les réseaux ferrées et autres.
Cette fonction n’a pas changé. A l’heure actuelle, les entreprises qui ont des besoins de
capitaux recourent au marché boursier pour se financer au moindre coût en évitant le recours à
l’emprunt auprès des banques. Dans ce sillage, elles disposent de différents moyens.

Ainsi, par l'introduction en Bourse ou par les augmentations de capital, les entreprises ont
accès à des ressources financières supplémentaires. Les bourses ont permis aux entreprises de grandir
et donc de développer des projets qu'un individu seul n'aurait pu financer.

Une entreprise n'obtient de nouvelles ressources, qu’à travers l'émission d'actions ou


d'obligations achetées par des investisseurs.

§ 2. L’incitation à l’épargne.
La bourse joue un rôle prépondérant en matière d’incitation à l'épargne et à
l’investissement. De la sorte, toutes les personnes ayant une capacité d’épargne positive peuvent
devenir les associés des plus grandes entreprises privées industrielles et commerciales par le biais des
actions ou devenir les créanciers de ces sociétés et des collectivités publiques. Ils peuvent investir
soit à l'occasion d'augmentation de capital ou d'introduction en bourse sur le marché primaire, ou
s'orienter sur le marché dit secondaire sur lequel sont négociés les titres déjà émis, et ce à l’effet de
rentabiliser leurs capitaux.

Dans cette optique, la Bourse permet la mobilisation de l'épargne et partant une meilleure
allocation des ressources vers les projets d'investissements les plus profitables. En facilitant l'accès à
l'épargne, les Bourses contribuent au développement de l’économie.

Pour permettre à leurs clients d'investir en Bourse, les banques ont créé des organismes de
placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM): les Sicav et les fonds communs de placement
(FCP). Chaque Sicav ou FCP peut regrouper l'épargne de plusieurs milliers de personnes, confiée à
un gérant professionnel.

§3. La liquidité des titres.


La liquidité d’un actif mesure la vitesse de sa transformation en monnaie. La notion de
liquidité est la principale différence entre les produits d’épargne et ceux de l’investissement.
L’épargne est considérée comme liquidité dans la mesure où vous pouvez récupérer votre argent à
tout moment et sans perte de valeur. Si, par exemple, vous avez un compte d’épargne dans une
banque de la place, vous pouvez retirer à tout moment cette épargne sans problème et sans perte de
valeur. L’investissement en valeurs mobilières ou fonds d’investissement collectifs OPCVM est
également liquide. Vous pouvez toujours vendre vos investissements en instruments financiers à
travers les intermédiaires financiers. La différence avec l’épargne, c’est la probabilité de perte de
valeur à la vente.

La bourse permet la négociabilité des titres. Cette facilitation de la sortie permet d'attirer un
plus grand nombre d'investisseurs et explique pourquoi les sociétés de capital-risque souhaitent que
les entreprises dans lesquelles elles ont investi s'introduisent en bourse.

Section 2 : Les enjeux de l’entrée en bourse.

Toute personne qu’elle soit physique ou morale détenant des capitaux pourrait être tentée par
l’accès à la bourse et partant bénéficier des profits qu’elle procure. Néanmoins, le bon sens nous
interpelle quant aux avantages de la bourse et ses inconvénients, qui constituent les deux axes
principaux autour desquels s’articule cette étude.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un effort de définition s’impose. Ainsi, l’on peut admettre
que l’'introduction en bourse d'une entreprise peut être définie comme ‘’ la mise sur les marchés
financiers d'une fraction de son capital ‘’.

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La procédure d'introduction vise à répartir ces titres dans le public en les allouant aux
souscripteurs en fonction de leur demande. Elle permettra, par ailleurs, de fixer le prix auquel sera
faite l'opération et débouchera sur une première cotation.

§1. Les avantages de l’entrée en bourse.


Les raisons qui poussent les entreprises à réaliser une introduction en bourse sont très variées.

I- Consolider la notoriété et améliorer de l’image de marque


L’introduction en bourse est une aubaine pour les entreprises pour donner autant d’éclat à
leur image et de rayonnement auprès du public, aussi bien au niveau interne qu’international, grâce à
la campagne médiatique et publicitaire qui précède et accompagne l’opération d’introduction dans
ses différentes phases. Ce faisant, l’entreprise gagne en notoriété.

Aussi, la cotation en bourse est à même d’accroitre l’intérêt accordé à l'entreprise à


travers l'attention régulière portée à son évolution et à ses résultats par les medias. De même, en tant
que conseillers, les intermédiaires en bourse se font les relais de l'image de l'entreprise auprès de
leurs clients.

Cet état de fait impacte positivement l’image de l’entreprise qui augmente les chances et
les opportunités d’avoir d’autres partenaires ou de nouveaux clients et d’autres débouchés
commerciaux.

De surcroit, la cotation constitue un gage de crédibilité auprès des différents partenaires,


dont les banques et autres.

Sur un autre plan, la communication financière complétée par une bonne information
périodique via les médias joue un rôle important dans cette dynamique pour sensibiliser tous les
opérateurs.

II- Lever des capitaux.


Pour faire face à une situation de déficit ou de difficulté financière ou dans le cas
contraire augmenter ses capacités d’investissement et de réalisation de nouveaux projets, une
entreprise dispose de différentes alternatives, dont le recours à l’emprunt auprès des établissements
de crédits, ou le recours à la bourse qui demeure moins couteux, en raison de la dispense des intérêts
de la dette.

Cette opération financière demeure la principale motivation de toute introduction, elle fait
de la bourse une source de financement alternative.
Aussi, l'introduction en bourse permet de dégager des fonds qui viendront éponger la
dette de l'entreprise et assainir sa situation financière. Ce faisant, elle accroit sa capacité
d'endettement future.

De même, l'introduction en Bourse évite, à la société, tout éclatement ou dissolution suite


au départ de l'un de ses actionnaires majoritaires ou bien dans certains cas de successions. Aussi, elle

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facilite l'entrée de nouveaux actionnaires, dont la société pourrait avoir besoin au cours de son
développement, ces derniers pourront par la suite sortir à leur guise par le biais de la Bourse.

III- Offrir la liquidité aux actionnaires actuels


L'introduction en bourse contribue à la fluidité des titres financiers existants,
puisqu’elle permet à l’investisseur de revendre à tout moment un titre qu’il vient d’acquérir. Aussi,
elle permet aux actionnaires de réaliser des plus-values en revendant tout ou partie de leurs parts. Ce
faisant, elle répond à la fonction première des marchés financiers en permettant aux entreprises de
trouver les capitaux nécessaires à leur développement et aux actionnaires de céder facilement leurs
participations s'ils le souhaitent et trouver un éventuel recours au marché pour un placement futur.

Il en résulte que l'introduction en bourse a plus d'intérêt pour les anciens actionnaires que
pour les nouveaux. On saisit mieux cet aspect lorsque l'on se penche sur le prix d'introduction des
titres. Il est clair que les anciens actionnaires ont intérêt à ce que le placement se fasse au prix le plus
élevé, tandis que plus le prix est bas, plus les souscripteurs ont de chances de voir leur investissement
se valoriser.

IV. Bénéficier des avantages fiscaux.


En s’introduisant en bourse, la société bénéficie d'exonérations fiscales importantes, dont
une réduction de l'Impôt sur les Sociétés (IS), accordée pendant trois années consécutives, à compter
de l'exercice qui suit celui de son inscription à la cote à savoir : une réduction de 50% si elle est
introduite en bourse par augmentation de capital d'au moins 20% avec abandon du droit préférentiel
de souscription, ainsi qu’une réduction de 25% si l’introduction en bourse se fait par cession de titres.

Pour les anciens actionnaires, le produit de la vente de leurs actions lors de l'introduction
est exonéré de tout impôt.

§2. Les inconvénients de l’entrée en bourse.


En contrepartie des avantages procurés par l’entrée en bourse, une société cotée se trouve
assignée à une série d’obligations et de contraintes d’information auprès du marché boursier, de
communications financières régulières et de règles de transparence. Pis encore, ces réglementations
changent régulièrement. 

Aussi, l’entrée en bourse qui ne se fait pas sans frais présente d’autres inconvénients,
dont la dilution du pouvoir décisionnel et de contrôle et la levée d'un certain nombre de secrets
professionnels et stratégiques au niveau commercial et financier, et une pression accrue sur les
résultats à court terme.

I- Le cout de l’opération.
Les coûts sont difficilement chiffrables, mais ils doivent être pris en considération car
pouvant peser sur les charges de l'entreprise.

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Il s'agit de tous les coûts liés à la mobilisation des dirigeants de l'entreprise qui vont
décider, suivre et gérer tout le processus de l'introduction en bourse. A cela, s'ajoute les coûts liés à la
diffusion obligatoire de l’information avant et après l’introduction (Rapport annuel, prospectus,
compagne publicitaire...) et la rémunération des experts, conseillers et intermédiaires en bourse.

II- La perte de direction et de contrôle.


L’ouverture du capital d’une société quelconque à travers l’émission d’actions ou
obligations lui permet de lever les fonds nécessaires pour financer la réalisation de ses projets. A
l’opposé, il offre à l’acquéreur un certain nombre de droits dont celui du vote, qui peut influencer ses
orientations, et pire encore lorsqu’il s’agit de grand acquéreur qui peut prétendre à la prise de son
contrôle, compte tenu de sa part au sein du capital de la société.

III- La perte de confidentialité.


Les entreprises cotées doivent pratiquement tout dévoiler. Les informations sur les ventes de
la société nouvellement cotée, ses marges, ses salaires, ses projets d'avenir seraient accessibles à tous.
Cela signifie que ses concurrents, clients, fournisseurs, et employés auraient accès toutes les données
y compris celles considérées comme étant confidentielles.

IV- Une pression accrue sur les résultats à court terme.


L'aspect le plus frustrant de l'introduction en bourse serait l'importance accordée par les
actionnaires aux performances à court terme. L'entreprise cotée serait obligée de communiquer des
résultats trimestriels et annuels. Les marchés financiers ainsi que les banques d'affaires et les
actionnaires seraient très déçues si l'entreprise cotée enregistrait un mauvais trimestre et le ferait
savoir. Ceci peut être d'autant plus frustrant que la baisse des résultats trimestriels ou annuels peut
résulter des décisions intelligentes et stratégiques d'investissement à long terme, dont les effets ne se
feront ressentir que plus tard.

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Titre 2 : des techniques boursières.

Le présent titre sera articulé autour de deux axes traitant respectivement des indices
boursiers et des risques boursiers.

Chapitre 1 : les indices boursiers.


On entend souvent parler d’indices boursiers tels que Dow Jones, NASDAQ, CAC40,
MADEX et autres, dont les valeurs sont diffusées sur les différents médias sans percevoir leur
signification réelle. D’où la nécessité de définir ce concept, qui demeure déterminant en matière de
bourse .

Il est admis communément qu’un indice boursier est ‘’ une valeur calculée par
regroupement des titres de plusieurs sociétés, qui sert à représenter un marché boursier ou un
secteur de marché particulier ’’.

Les indices boursiers résument par un seul nombre le comportement d'ensemble d'un marché
ou d'un compartiment particulier d'une place, dans la mesure où une hausse ou une baisse des cours
affecte, en général simultanément, la plupart des actions qui y sont cotées. A souligner que, plus ce
nombre est important, plus l'indice est représentatif de la performance du marché dans son ensemble.

Section 1. Les indices les plus célèbres.


Toutes les places boursières du Mondes ont leurs indices, qui demeurent suivis avec
attention par les investisseurs, auxquels ils fournissent des références pour mesurer la performance de
leurs portefeuilles ou les indications nécessaires à certains types de gestion. De manière plus
générale, ils intéressent aussi les économistes, qui trouvent dans le comportement des marchés des
informations sur l'état de l'économie d'un pays.

Les principaux indices boursiers seront exposés ci-après à titre indicatif.

§1- Au niveau national


Au Maroc, il a été procédé en 1986 à la création de l'Indice Général Boursier (IGB). En
2002, l’on a créé les deux indices boursiers MASI et MADEX qui succède à l’IGB et persistent à ce
jour, et ce, afin de se doter d'instruments de mesures performants et dans le souci de fournir des
outils de références adaptés à une approche dynamique de la gestion collective aux standards
internationaux.

Le MASI (Moroccan All Shares index): est un indice nu, de capitalisation. De type


transversal, il intègre toutes les valeurs de type actions, cotées à la Bourse de Casablanca. Il est ainsi
un indice large, permettant de suivre de façon optimale le développement de l'ensemble de la
population de valeurs de la côte. Le MASI a pour objectif de présenter l'évolution du marché dans
son ensemble et de fournir une mesure de référence à long terme, pour la gestion de portefeuilles
actions.

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Le MADEX (Moroccan Most Active Shares Index), indice compact, est composé des
valeurs les plus actives de la côte, en terme de liquidité mesurée sur le semestre précédent, intégrant
donc les valeurs cotées en continu sur la place casablancaise. Ce dernier se révèle ainsi un
instrument particulièrement adapté à la gestion de portefeuille.

Contrairement au MASI qui comprend toutes les sociétés cotées à la bourse de Casablanca,
le MADEX est composé des valeurs ( environ 62 valeurs de Accor-Risma, Addoha Douja Promotion,
Afriquia Gaz, Atlanta Assurance, Attijariwafa bank … et autres) les plus actives de la côte, en terme
de liquidité mesurée sur le semestre précédent.

Au niveau national, le MADEX demeure l'indice boursier qui donne une image sur
l'évolution du marché boursier marocain.

§2- Au niveau international


L’on dénombre au niveau international plusieurs indices boursiers. A titre
d’illustration l’on mettra l’accent sur ceux jugés les plus célèbres, dont :

Pays Indices
États-Unis Dow Jones Industrial Average,
Nasdaq, Nasdaq-100, S&P 500
Allemagne DAX, Xetra DAX
Japon Nikkei 225, Topix
Australie All Ordinaries
France CAC 40, CAC Next 20, CAC Mid 100
Espagne Madrid SE, Ibex 35, Latibex

FICHE D'IDENTITÉ de CAC 40


Nom : CAC 40
Définition Cotation Assistée en Continu (système électronique de transaction)
Place de cotation Paris
Date de lancement 15 juin 1988
Base de départ 1 000 points le 31 décembre 1987
Plus haut historique 6 922,33 (en clôture) le 4 septembre 2000
Plus bas historique 893,32 (en clôture) le 29 janvier 1988
Fréquence de diffusion Toutes les 30 secondes
Horaire de cotation Entre 9 heures et 17 heures 30
Méthode de calcul Indice pondéré par les capitalisations boursières
Institution responsable Conseil scientifique composé de 9 membres
Critères de sélection Parmi les 100 premières sociétés les plus actives, selon la capitalisation boursière, la liquidité et le

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secteur économique. Les titres étrangers, cotés à Paris, peuvent figurer dans l'indice.
Les autres indices SBF 80, SBF120, SBF 250, Midcac, Second Marché, Nouveau Marché

Section 2. Les caractéristiques d'un bon indice.


Un indice boursier correspond à une sommation pondérée des cours de bourse d'un certain
nombre de valeurs, sensées être représentatives d'un marché boursier.

A chacune de ces actions est associé un poids, qui multipliera le cours. La somme des cours
multipliés par leur poids respectif donne la valeur de l'indice, exprimée en points.

§1- Nombre de valeurs de l'indice:


Le nombre de valeurs d'un indice est l'une de ses caractéristiques essentielles. Un indice
avec trop peu de valeurs expose l'investisseur à un ‘’ tracking error ‘’ élevé entre l'indice et les titres
qui forment l'univers auquel il appartient.

Cependant, une des leçons les plus importantes de la théorie moderne de portefeuille est
qu'une diversification permet de réduire considérablement le risque d'un portefeuille d'actions. Même
si toutes les valeurs du portefeuille sont sujettes aux fluctuations de marché (appelé le risque
systématique), de nombreuses études ont montré que le risque qui n'est pas systématique (le risque
diversifié) - résultant d'un évènement particulier touchant une entreprise, un secteur ou un pays -
diminue de manière considérable lorsque le nombre de titres dans le portefeuille est proche de 12, et
est presque éliminé dès lors que le portefeuille contient au moins 30 valeurs réparties sur
suffisamment de secteurs différents.

§2- Critères de sélection et pondération :


En principe les valeurs sont choisies pour leur représentativité (du marché ou de leur
secteur). Sur une même place il existe plusieurs indices. Le plus large comprend le maximum de
valeurs cotées, tous secteurs et tous compartiments de la cote confondus. Toutefois, d'autres indices
plus particuliers sont calculés : l'indice d'un compartiment de la cote (second marché en France, ...)
ou l'indice d'un secteur (pétrole, automobile, chimie ...).

Chaque indice a des critères et des choix du mode de pondération.

Les titres inclus dans l'indice peuvent être sélectionnés parmi les valeurs de la bourse ou
bien toutes les valeurs de la bourse.

Pour le cas de sélection le problème qui se pose c'est qu’il y a beaucoup de critères
possibles :

 Valeur marchande totale

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 Volume moyen minimal
 Santé financière de l'entreprise
 Existence
 Localisation géographique de siège social ou des opérations principales.

Il y a aussi la sélection selon le rang, c'est le cas de Dow Jones Global Titans
50,
Un rang est affecté à chaque entreprise de la liste de sélection selon les critères
suivants :

 Capitalisation flottante
 Ventes / Chiffre d'affaires
 Bénéfice net

Pour chaque entreprise, un rang final est calculé en pondérant à 60% le rang de capitalisation
flottante, à 20% le rang du chiffre d'affaires, et à 20% le rang du bénéfice net (dans le cas de Dow
Jones Global Titans 50).

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Chapitre 2  : la gestion des risques boursiers.
Outre ses missions de financement de l’économie, d’incitation à l’épargne et à
l’investissement, de régulation et de contrôle, la bourse s’attèle à une tache aussi importante, en
l’occurrence la gestion des risques boursiers. Se pose alors la question de savoir quels sont les risques
encourus. La réponse à cette question nous guidera par la suite à l’étude des méthodes de gestion des
risques boursiers.

Section 1 : Les risques d’entrée en bourse.


Contrairement au prêteur de l’argent qui place ses fonds en préservant tant de garanties
de remboursement, l’actionnaire qui détient une part quelque soit sa taille du capital de l’entreprise
encourt plus de risques que son prédécesseur. Il demeure exposé à des résultats pervers et
imprévisibles dus à plusieurs facteurs, qui seront développés ci-dessous.

§1- Risque de change.

Au-delà du risque inhérent au choix d’un actif, les incertitudes des marchés financiers peuvent
provenir, entre autres, d’un investissement en devises étrangères, à moins que cet investissement ne soit
justement fait pour annuler un risque de change.

Ainsi, tout changement des cours de changes impacte la valeur des titres fonciers.

§2- Risque d'inflation.

La réduction du pouvoir d'achat varie selon les époques en réduisant constamment le


rendement réel des placements. L'enrichissement réel d'un investisseur est effectivement la différence
entre l'accroissement de valeur de son patrimoine et la réduction de pouvoir d'achat due à l'inflation.
Ceci conforte l'adage populaire qui veut que "pour être riche, il faille s'endetter". Il est
certain qu'un endettement élevé aujourd'hui sera moins conséquent dans 20 ans.

§3- Risque des taux d'intérêt.

En théorie, le rendement à l'échéance d'obligations d'un même niveau de risque, sont


égaux. En conséquence, toute hausse des taux d'intérêt pour une échéance d'obligations induit une
baisse des cours de ces obligations, donc un appauvrissement des porteurs d'obligations.
En pratique, l'efficience des marchés obligataires est imparfaite, ce qui crée la possibilité
d'arbitrages.

§4. Risque des marchés.

La tendance des marchés est essentiellement fonction des données économiques.


Cependant, tout marché est influencé par le comportement psychologique et les anticipations des
investisseurs. Un investissement particulier est encore plus influencé par ces éléments difficilement
pondérables.
Au moment où un intervenant veut opérer sur un marché, la liquidité de ce marché peut être
insuffisante.
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Après que la transaction a été effectuée, la contrepartie peut faire défaut.

§5- Risque de l'entreprise.


Un émetteur d'obligations peut devenir défaillant. Une entreprise évolue avec plus ou moins
de bonheur dans un secteur. Un contrat, une découverte, un accident, ... peuvent modifier la valeur
d'une entreprise.

Le marché cherche souvent à anticiper; ainsi l'annonce d'un événement majeur dans la vie
d'une entreprise, n'a pas toujours l'effet escompté sur le prix du marché.

§6- Risque politique.


Tout État est par essence souverain. Il peut donc unilatéralement dénoncer ses engagements.
(ex.: emprunts russes, pays d'Amérique du Sud ... ).

Section 2 : Les méthodologies de gestion des risques.


La gestion des actifs a pour objectif d’augmenter le « return » d’un portefeuille tout en
limitant ses risques. Pour ce faire, l’on recourt à divers méthodes pour l’évaluation des risques.

§1. Les méthodes de gestion traditionnelles, que ce soit l’analyse technique ou


fondamentale,

A . L'ANALYSE TECHNIQUE


L'analyse technique prend naissance avec Charles Dow en 1884. Cette approche
prévisionnelle part de l’idée que les marchés ont une mémoire et fait des prévisions à partir des seules
séries historiques.

Cette approche a fait l’objet de plusieurs développements :

-L’analyse graphique : Elle consiste à repérer des figures dont la signification est connue d’avance.
Le graphique le plus communément utilisé est le bar-chart, indiquant quotidiennement le plus haut, le
plus bas et le cours de clôture. L’objectif majeur de ces graphiques est de déterminer une tendance
( trend ). Ces graphiques sont analysés en y recherchant des successions de phases à travers des « pics
» qui tracent des lignes de résistance et des « creux » qui tracent des lignes de soutien ou supports. La
trajectoire du cours au milieu de ces lignes permet de déterminer les tendances et inversions de
tendance.

-L’analyse théorique s’attache à l’étude des cycles. Charles Dow et Elliot - suivis par d’autres - ont
cherché à établir des règles de constance dans l’évolution des cours. En simplifiant, on peut dire que
ces évolutions s’apparentent au mouvement des marées; il s’agit de déterminer si un mouvement
contraire à une tendance constitue une correction passagère ou un réel changement de tendance.

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-L’analyse statistique consiste à mettre en place des règles systématiques à partir d’indicateurs
auquels sont affectés des poids différents. Cette approche interdit l’interprétation personnelle,
l’analyste s’effaçant devant le modèle qu’il a mis au point sur base de l’analyse de l’historique des
cours.
L’analyse technique est beaucoup utilisée par le cambiste de banque pour les opérations de
trading ; le gestionnaire de portefeuille, qui doit avoir une vision à plus long terme, se sert davantage
des analyses économiques.

B.L’ANALYSE FONDAMENTALE.

Cette approche repose sur l’analyse économique et l’existence de relations causales


spécifiques. Il s’agit, à partir d’indicateurs d’activité : PIB, consommation, inflation, taux d’intérêt,
balance des paiements ...... , de déterminer les valeurs d’équilibre et d’anticiper l’évolution des cours.
Deux doctrines s’opposent :

L’approche Keynésienne développe sa théorie sur les balances commerciales et des


capitaux; elle s’intéresse donc aux raisons de leur déséquilibre et aux flux qui en découlent.

L’approche Monétariste, au contraire, part du principe que seule l’offre ou la demande


excédentaire de monnaie permet d’appréhender l’évolution des cours.

La difficulté vient de ce que chacune de ces approches aboutit à des anticipations


différentes. C’est le rôle de l’économiste de les départager, malgré leur logique interne, en fonction
des cycles de croissance et de ses propres convictions.

Autour de ces approches, sont venues se greffer des méthodes de calcul pour déterminer les
valeurs d’équilibre des cours de change. Les deux principales méthodes reposent sur la Parité des
Pouvoirs d’Achat et la Parité des Taux d’Intérêt.

Il faut noter que si ces analyses sont largement utilisées par les gestionnaires, il reste qu’elles
doivent être placées dans le contexte psychologique du moment. Ainsi, un mauvais résultat de la
balance commerciale américaine peut faire s’apprécier à court terme le dollar, si la structure du
chiffre est meilleure que prévu.

La démarche utilisée par le gestionnaire fondamental consiste donc à évaluer implicitement


des risques sur « return » et à se servir des analyses économiques et de ses intuitions pour prendre
position.

La gestion quantitative consiste, au contraire, à rendre explicite les risques sur « return » par
des valeurs mathématiques. Sur base de ces valeurs, il est possible de déterminer un portefeuille qui
optimise le rendement pour un risque donné.

II. LA GESTION QUANTITATIVE

La gestion quantitative nous vient des États-Unis, elle a été mise au point par les fonds de
pensions américains, il y a une vingtaine d’années, sur base des travaux de Markowitz et Sharpe.

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Cette approche de la gestion ne s’oppose pas nécessairement aux techniques traditionnelles
d’analyse, mais, dans l’approche quantitative, les anticipations sont plus généralement le résultat du
traitement statistique et probabiliste des variables financières.
Pratiquement, l’évolution historique d’un actif financier permet de déterminer un rendement
moyen et un écart-type, lequel écart-type est considéré comme une mesure du risque.
Cette technique de gestion par le risque conduit à une modélisation du processus
stochastique du rendement dès lors que l’on fait l’approximation que ces distributions suivent une loi
normale.
A partir de cette fonction mathématique, le risque est quantifié. De plus, pour chaque actif,
on connaît la probabilité que le rendement soit dans l’intervalle de confiance, soit :
rendement moyen +/- X fois l’écart-type.

Par ailleurs, l’avantage de la diversification est évident puisque l’écart-type d’un portefeuille
est inférieur à la moyenne pondérée de ses composantes. Bien plus, les corrélations entre les actifs
neutralisent une partie du risque du portefeuille, et ce dernier est d’autant plus réduit que les actifs
sont faiblement voire négativement corrélés.

Au-delà de ces considérations de base, l’apport principal de la gestion quantitative réside


dans sa capacité à déterminer un portefeuille optimal à partir d’un nombre donné d’actifs financiers.

Ces développements sont le résultat de la théorie du portefeuille dans les conditions du


marché parfait, soit dans un environnement d’efficience absolue.

Cette notion s’apparente à celle d’efficience des marchés, déjà présente dans l’analyse
fondamentale : elle implique que toutes les informations concernant un titre sont immédiatement et
totalement répercutées dans son cours, lequel fournit à tout instant, la meilleure expression de la
valeur du titre.

Ce postulat aberrant se justifie pleinement par la pratique. Il a des conséquences très


importantes en particulier pour déterminer la frontière efficiente.

La frontière efficiente est constituée par l’ensemble des portefeuilles efficients c'est-à-dire
pour les portefeuilles qui minimisent le risque pour un niveau de rendement (return) donné et
maximisent ce rendement pour un niveau de risque donné.

La frontière efficiente d’une série d’actifs risqués est une courbe convexe. En introduisant
un actif sans risque, cette dernière devient une droite dont la pente est le « ratio de Sharpe » de la
combinaison optimale des titres risqués.

Cette droite domine tous les portefeuilles du marché dans la mesure où chacun de ses points
est une combinaison d’actifs dont le rendement espéré est le plus élevé pour un risque donné.

Quel que soit notre degré d’aversion pour le risque, le choix du portefeuille se fera donc sur
cette droite, combinaison du titre sans risque et du portefeuille optimal des titres risqués.

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La gestion quantitative ne consiste donc pas à déshumaniser toute décision d’investissement,
mais elle a pour conséquence de ne pas être soumise aux sautes d’humeur ou à l’intuition de tel ou tel
opérateur.

La gestion quantitative rationnalise mathématiquement l’ensemble des anticipations et tend à


tirer le meilleur parti du potentiel de chacun des actifs financiers.

La gestion quantitative permet, d’une part, pour chaque actif financier considéré, de calculer
la probabilité d’atteindre un rendement, d’autre part, de déterminer une pondération optimale d’actifs
financiers choisis pour un objectif de risque donné.

Cette méthode, suivie avec discipline, permet d’avoir une vision objective de son exposition
au risque et de se garantir le meilleur rendement possible.

Pour être complet il convient de préciser qu’il importe de commencer par définir le cadre
choisi pour les investissements c’est à dire de coupler le modèle de gestion quantitative à un modèle
d’allocation d’actifs tenant compte de l’allocation géographique, de l’allocation sectorielle... en se
basant sur des données macroéconomiques fondamentales (PIB ...) de façon à choisir les actifs
financiers retenus.

Section 3. Les stratégies à adopter face aux risques boursiers.

I. Stratégie du "Père de famille" .


La stratégie dite du "père de famille" (car il ne peut pas se permettre de prendre trop de
risques) se caractérise par le choix des sociétés dans lesquelles l'investisseur va placer son argent.
Elle consiste à acheter les actions des sociétés saines qui augmentent régulièrement le niveau de leurs
bénéfices et de leurs dividendes. Ces sociétés sont généralement positionnées sur des marchés arrivés
à maturité. Mais ce ne sont pas des groupes qui vont connaître des croissances très importantes au
cours des prochaines années. En investissant dans ces sociétés, on procède en quelque sorte à un
investissement peu risqué. A titre d'exemple, on peut sélectionner les secteurs de l'agroalimentaire ou
de la pharmacie.
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II Jouer les valeurs de rendement

Cette stratégie consiste à acheter des actions présentant un rendement élevé. Le secteur le
plus concerné est l'immobilier où le taux de croissance est faible et les dividendes élevés. Les
rendements dépassent régulièrement les 6 %.

D'autres valeurs, indépendamment de leur secteur, peuvent offrir des rendements élevés. Il
faudra les traiter au cas par cas et s'interroger sur la stratégie de distribution de dividendes
(l'entreprise veut-elle soutenir un cours momentanément trop faible, ou bien a-t-elle un pay-out
traditionnellement élevé?).

Ces rendements peuvent être élevés pour deux raisons :

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 Le cours de bourse est faible car la société présente une stratégie peu claire ou bien affiche un
taux de croissance minimal.
 Le pay-out est élevé (c'est-à-dire que la société distribue une grosse partie de ses bénéfices).
.
III Jouer les restructurations

Cette stratégie est simple : elle consiste à acheter des valeurs appartenant à des secteurs en
restructuration. Les investisseurs anticipent en effet des rapprochements de masse (qui mettent
ensuite en place d'importantes synergies) et des opérations hostiles (qui font toujours monter les
cours de bourse).
La restructuration se joue de plus en plus au niveau européen. L'aéronautique, la défense, la
banque, le transport aérien mais également les télécommunications sont des secteurs appelés à la
consolidation.

IV. Jouer des valeurs de croissance


Cette stratégie consiste à acheter, même si elles sont chères, des valeurs positionnées sur des
secteurs en forte croissance (télécommunications, environnement, informatique,...).
Certaines valeurs dites de croissance ne sont pas sur des secteurs spécialement porteurs mais
sont gérées par des managers de haut niveau qui ont su insuffler une dynamique remarquable. .
.
V Jouer des valeurs cycliques
Les valeurs cycliques ne rapportent pas forcément beaucoup sur la longue durée mais leur
cours de bourse augmente fortement en début de cycle de croissance économique (pour redescendre
ensuite). En se positionnant au bon moment, elles peuvent être de judicieux placements.

VI. Jouer les valeurs spéculatives.


Les secteurs les plus cycliques sont ceux du BTP, des matériaux de construction, de
l'automobile
Cette stratégie consiste à acheter les actions de sociétés réputées opéables ou "spéculatives"
(promises à un rapprochement certain).
Ainsi plusieurs valeurs de la cote font régulièrement l'objet de rumeurs d'OPA. Les raisons
de ces rumeurs sont diverses : les entreprises visées peuvent ne pas avoir la taille critique ou avoir un
actionnariat composé de familles divisées,... bref avoir de réelles chances de faire l'objet d'une OPA
hostile.

Section 4 : Les produits dérivés, moyens alternatifs.


Les produits dérivés sont des contrats dont la valeur dépend (ou dérive) de celle d’un actif
(actions, obligations ...).

Ces instruments sont utilisés pour couvrir 4 sortes de risques (marché, liquidité, contrepartie,
politique).

Les produits dérivés peuvent être regroupés en trois catégories. La première comprend les
produits dérivés optionnels, dont les options et le crédit default swap. La seconde catégorie englobe

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les produits à terme, dont le contrat à terme. La troisième catégorie contient les forwards ou contrats
de gré à gré.

I. Les produits dérivés optionnels.


A. Les options.

L'option est un instrument financier qui consiste dans la signature d'une « convention
asymétrique » entre deux parties. Ce contrat est qualifié d'asymétrique dans la mesure où à l'échéance
c'est l'acheteur de l'option qui décide ou non de l'exercer ; le vendeur, quant à lui, est tenu de
s'exécuter. Par exemple si l'acheteur s'est couvert par l'achat d'une option dollars et constate, avant
l'échéance de son contrat, que le dollar contrairement à ses craintes s'est déprécié (ce qui réduit sa
facture en dollars), il peut renoncer à l'exécution de son contrat.

Mais cette asymétrie dont bénéficie l'acheteur n'est pas gratuite car elle est compensée par
une prime que ce dernier paie au vendeur quoi qu'il arrive.

B. Le crédit Default Swap

Appelé aussi « couverture de défaillance », le Credit Default Swap est un contrat de


protection financière entre un acheteur et un vendeur. L'acheteur verse une prime annuelle au
préalable calculée sur le montant notionnel de l'actif au vendeur de protection qui promet de
compenser les pertes de l'actif de référence en cas d'événement de crédit précisé dans le contrat. Sur
le plan des flux financiers, c'est comme un contrat d'assurance.

La conclusion d'un contrat de Credit Default Swap (CDS) nécessite le consentement des
parties sur plusieurs points dont la définition des événements de crédit et le paiement contingent.

II. Les contrats à terme ferme

Un contrat à terme ferme est une opération symétrique dans laquelle l'acheteur et le vendeur
s'engagent de manière ferme à un prix et pour une date convenus à l'avance. Un opérateur qui craint
une chute de la Bourse peut, par exemple, acheter un contrat lui permettant de fixer aujourd'hui la
valeur et la date de liquidation de son portefeuille. Un importateur qui, dans trois mois, doit régler
une facture en dollars, et qui craint que sa facture ne soit accrue par l'appréciation de la devise, peut
négocier avec son banquier, ou acquérir sur un marché organisé, un contrat à terme qui l'engagera à
acheter du dollar à un cours et à une date fixés le jour de la signature du contrat.

III. Les forward contrats ou de gré à gré

Un contrat forward, appelé en anglais « forward agreement », est un produit dérivé. Il s'agit
d'un contrat d'acheter ou de vendre un actif à un prix et à une date future précisés dans le contrat. En
fait, la définition d'un forwad est identique à celle d'un contrat à terme. La différence entre les deux
types de produits est que le premier est négocié de gré à gré, entre banques et institutions financières,
alors que le second est négocié sur un marché organisé, localisé en un endroit bien précis.

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Par ailleurs, les contrats à terme ou futurs sont des contrats standardisés en termes de
montant et de date d'échéance, alors que les contrats de forwards sont des contrats à terme non
standardisés.

Le plus souvent, lors du dénouement, les deux contreparties procèdent au règlement de la


différence entre le prix négocié à l'avance et le prix du marché (procédure dite de cash settlement).
Très peu de contrats font l'objet d'une livraison.

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