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Université Mohammed V -Rabat

Ecole Supérieure de Technologie


-Salé -
Département Techniques de
Management
Filière : MBF

Le droit boursier

Réalisé par  :

P A. Mohammed BOULGHALAGH

Année universitaire 2015-2016

Introduction
La législation boursière est définie comme étant l’ensemble des lois régissant la bourse. A
préciser que la loi comprend au sens strict du terme les règles émanant du pouvoir législatif (le
Parlement). Au sens large du terme, elle s’étend au-delà pour comprendre les textes et décisions
prises par les Autorités compétentes, dont les Dahirs pris par le Roi, les décrets édictés par le Roi et
le Chef du Gouvernement et les arrêtés pris par les membres du Gouvernement.

Le terme ‘’ bourse’’ est accessible de plusieurs définitions. Il est perçu comme étant «  un
petit sac dans lequel on met les pièces de monnaie ». Dans un autre contexte, il est perçu comme
étant la pension qu’on accorde à un étudiant.

Au sens économique et financier qui nous intéresse, une bourse est une institution privée ou
publique, qui permet de réaliser des échanges de biens ou d'actifs standardisés et ainsi d'en fixer le
prix. On distingue :

 les bourses de commerce, où sont échangées des marchandises ;


 les bourses de valeurs, où transitent des titres d'entreprises.

L’article premier de loi 1-93-211 définit la Bourse des Valeurs comme étant un marché
réglementé sur lequel sont publiquement négociées les valeurs mobilières1.

Sont considérées, au sens de l’article 2 de la loi précitée comme valeurs mobilières :

• les actions et autres titres ou droits donnant ou pouvant donner accès, directement ou indirectement,
au capital et aux droits de vote, transmissibles par inscription en compte ou tradition.
• les titres de créance représentant un droit de créance général sur le patrimoine de la personne morale
qui les émet, transmissibles par inscription en compte ou tradition, à l’exclusion des effets de
commerce et des bons de caisse.

Le terme « bourse », dans son sens actuel est apparu au début du XIVe siècle, à Bruges en
Belgique. Le rassemblement des marchands qui désiraient régler le volet financier d'une affaire
quelconque sur la place portant le nom de la famille Van der ‘’ Burse ‘’, lui a valu cette appellation.

Influencés par cette idée, les Hollandais, ont été les premiers à utiliser la Bourse pour
financer les entreprises, et ce, depuis le début du XVIIe siècle. Quant aux Britanniques, ils ont
commencé en 1688 à coter les actions et obligations.

Les Français, pour leur part, ont ajouté une pierre à l’édifice En 1774 avec l’introduction de
l’obligation de criée des cours, afin d'améliorer la transparence des opérations. C'est la création du
Parquet.

À partir des années 1970, on a assisté à la dématérialisation des titres échangés en bourse
grâce à la révolution informatique. Dès 1971, le NASDAQ est le premier marché de cotations
informatisées. En France, la dématérialisation fut effective à partir du 5 novembre 1984.

1
Dahir portant loi n° 1-93-211 du 21 septembre 1993 relatif à la Bourse des Valeurs modifié et complété par les lois n° 34-96, 29-00,
52-01, 45-06.

2
Au Maroc, l’Office de compensation des Valeurs Mobilières a été créé en 1929. Depuis, il a
connu plusieurs réformes. Entre autres phases capitales dans le processus de son développement, la
création en 1948 de l’office de Cotation des Valeurs Mobilières, suivie de la création de la Société de
Bourse des Valeurs de Casablanca « SBVC» en 1993. En l’année 2000, la Société de la Bourse des
Valeurs de Casablanca «SBVC» a changé de dénomination pour devenir Bourse de Casablanca
(Société anonyme).

Certes, l’objet de notre étude est la législation boursière, qui traite donc toutes les lois qui
régissent la bourse. Toutefois, afin d’appréhender les différents aspects liés à la bourse et à ses
rapports avec son environnement on sera amené à examiner les différentes dispositions aussi bien
législatives, que réglementaires et jurisprudentielles qui relèvent, en fait, du droit boursier. Celui-ci
est constitué de l’ensemble des normes régissant les marchés financiers, les intervenants en
bourse et leurs rapports.

Ceci dit, plusieurs questions nous interpellent concernant les sources du droit boursier, ses
caractéristiques, ses acteurs, ses techniques et son champ d’application.

On tentera dans un chapitre préliminaire de mettre l’accent sur les fondements du droit
boursier marocain et ses caractéristiques, avant d’aborder successivement dans les titres, qui suivront
les différentes questions intéressant l’organisation et le fonctionnement de la bourse, les enjeux de
l’entrée en bourse, les indices boursiers, quelques techniques boursières et le contentieux boursier.

Chapitre préliminaire : Fondements du droit boursier marocain.


Les fondements du droit boursier résident dans ses caractéristiques, ses sources et ses
principes.

Section 1 : Les caractéristiques du droit boursier.

Le droit boursier marocain est un droit nouveau, complexe, pluridisciplinaire, évolutif et


d’ordre public.

§1. Le droit boursier est un droit récent.


Le Maroc n’a pas une tradition boursière ancienne. D’ailleurs, la bourse de Casablanca n’a
été créée qu’en 1929. Quant aux textes juridiques, ils n’ont été forgés que récemment, plus
particulièrement à partir du début des années 1990.

§2. Le droit boursier n’est pas un droit autonome


Le droit boursier marocain ne constitue pas une branche autonome, puisqu’il fait appel à des
dispositions juridiques et techniques de nature comptable, financière et monétaire et met en

3
application les dispositions du code de commerce, du code des obligations et contrats (droit civil), du
droit des sociétés, du droit de la protection du consommateur, du droit de la concurrence et même du
droit pénal. C’est un droit à cheval entre les sciences économiques, le droit public et le droit privé.
C’est aussi un droit pluridisciplinaire. Il constitue un creuset ou se réunissent plusieurs disciplines.

§3. Le droit boursier est un droit évolutif.


Le droit boursier est un droit qui accompagne l’évolution des marchés financiers, des
techniques utilisées et des nouvelles technologies introduites aussi bien au niveau national
qu’international.

§4. Le droit boursier est complexe.


C’est une matière très technique et très compliquée que régit le droit boursier. Les difficultés
tiennent aux spécificités même du droit applicable, puisque plusieurs aspects sont gérés par le droit
spécial, en l’occurrence le droit boursier, tandis qu’en l’absence d’un texte spécial on fait appel au
droit commun.

§5. Le droit boursier d’ordre public.


Le droit boursier est un droit d’ordre public. Autrement dit, il concerne les intérêts
fondamentaux de l'Etat et de la collectivité, qui impliquent des lois impératives sur le territoire
national, auxquelles on ne peut déroger .

Section 2  : Sources du droit boursier marocain.

Le droit boursier est constitué des lois et règlements régissant les sociétés cotées, les titres
cotés, les marchés financiers et les intervenants sur les marchés financiers, ainsi que la jurisprudence
correspondante et autres.

Les sources du droit boursier marocain sont de différentes natures. On distingue d’une part
les sources internes et d’une autre les sources externes.

§ 1. Sources internes du droit boursier marocain.


Le droit boursier marocain est formé de règles de nature législative et celles à caractère
réglementaire, outre les sources secondaires, dont la jurisprudence, la doctrine et la coutume.

La force obligatoire de ces diverses sources varie selon l’autorité dont elles émanent.

I. Les sources de nature législative.

Les sources de nature législative sont constituées des lois, lesquelles représentent une source
très importante des dispositions boursières. Leur place se consacre de plus en plus au fil du temps.
Entre autres lois les plus importantes régissant le domaine boursier figure :

4
- le dahir portant loi n° 1-93-211 du 4 rabii II 1414 (21 septembre 1993) relatif à la Bourse des
valeurs
- la loi n°1-93-212 du 21 septembre 1993 relative au conseil déontologique des valeurs mobilières et
aux informations exigées des personnes morales faisant appel publique a l’épargne modifie et
complété.
-Dahir n° 1-04-21 du 1er rabii I 1425 (21 avril 2004) portant promulgation de la loi n°26-03 relative
aux offres publiques sur le marché boursier.
-Dahir n° 1-13-21 du 1er rabii I 1425 (21 avril 2004) portant promulgation de la loi n°03-26 relative
aux offres publiques sur le marché boursier.

II. Les sources de nature réglementaire.

Les sources du droit boursier d’ordre interne sont aussi de nature réglementaire.

Les sources du droit boursier de nature réglementaire comprennent les dahirs, les décrets et
les arrêtés ministériels pris pour l’application de la loi bancaire.

1- Les Décrets.

Les décrets sont des actes réglementaires émanant du Chef du Gouvernement. Ils sont
connus aussi sous l’appellation de ‘’décrets gouvernementaux’’. On cite, à titre d’illustration le
Décret n° 2-93-689 du 27 Rebia II 1414 (14 Octobre 1993) pris pour l’application du Dahir relatif au
CDVM ;

2- Les arrêtés ministériels.

Les arrêtés ministériels sont des textes réglementaires pris par les membres du
gouvernement, les Ministres et rarement le Chef du Gouvernement. La plupart des arrêtés régissant la
matière boursière sont pris par le Ministre chargé des finances. On cite à titre d’illustration :

- Arrêté du ministre des finances et des investissements n° 3826-94 du 14 novembre 1994 fixant le capital social
minimum de la société gestionnaire de la bourse des valeurs
- Arrêté du ministre des finances et des investissements n° 3827-94 du 14 novembre 1994 fixant le montant minimum du
capital des sociétés de bourse.
- Arrêté du ministre des finances et de la privatisation n° 1234-04 du 13 rabii II 1425 (2 juin 2004) abrogeant l'arrêté du
ministre des finances et des investissements extérieurs n° 1648-95 du 15 moharrem 1416 (14 juin 1995) fixant le seuil de
variation à la hausse ou à la baisse du cours d'une valeur mobilière pendant une même séance de bourse.
- Arrêté du ministre des finances et des investissements extérieurs n° 2821-95 du 24 chaabane 1416 (15 janvier 1996)
fixant le taux maximum de la commission perçue par la société gestionnaire de la bourse des valeurs

III. La jurisprudence, la doctrine et la coutume.

Dans toutes les disciplines juridiques, la jurisprudence est facilement admise comme étant
source du droit. Il en est autrement lorsqu’il s’agit de la coutume et la doctrine. Cependant, en
pratique leurs rôles s’avèrent très importants.

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A- La jurisprudence.

La jurisprudence (‫ )االجتهاد القضائي‬est l’ensemble des décisions de justice rendues (notamment


par les hautes instances) au sujet d’une question en l’absence d’un texte juridique servant de
précédents et d’exemples, qui illustrent comment un problème juridique a été résolu.

B. La coutume.

La coutume est un usage juridique oral, consacré par le temps et accepté par la population.
Ces usages qui sont développés par la pratique quotidienne permettent en fait de combler les vides
juridiques.
C- La doctrine.

On désigne par ‘’doctrine ’’ l’ensemble des textes, circulaires, instructions de service, notes
ministérielles, réponses ministérielles aux questions écrites des parlementaires et d’autres documents
d’ordre intérieur publiés pour faire connaître officiellement l’interprétation qu’on donne des règles
législatives et réglementaires.

En matière boursière, les professionnels sont soumis aux décisions et recommandations


émanant de l’autorité de tutelle et du CDVM, qui concernent notamment les conditions de gestion et
de fonctionnement. Parmi, les circulaires appliquées dans le domaine boursier, l’on note ce qui suit :

- Règlement Général de la Bourse des Valeurs approuvé par l’arrêté du Ministre de


l'Economie et des Finances n°1268-08 du 7 juillet 2008 modifié et complété par l’arrêté du Ministre
de l'Economie et des Finances n° 1156-10 du 7 avril 2010
- Circulaire du CDVM du 1er octobre 2013
- Circulaire relative aux modalités de mise en œuvre des opérations de rachat en bourse par
les sociétés anonymes de leurs propres actions en vue de régulariser le marché Février 2011

Dans ce sillage, l’article 4-2 (CDVM) précise que pour l’exécution de ses missions, le
CDVM peut édicter des circulaires qui s’appliquent aux divers organismes ou personnes qu’il est
amené à contrôler, visés à l’article 4-1 ci-dessus. Ces circulaires fixent :
 les règles de pratique professionnelle qui s’appliquent aux organismes et personnes précités, dans le
cadre des relations entre eux, ainsi que dans le cadre de leurs relations avec les épargnants;
 les règles déontologiques permettant d’éviter les conflits d’intérêt et d’assurer le respect des
principes d’équité, de transparence, d’intégrité du marché, et de primauté de l’intérêt du client.

§ 2. Sources internationales du droit boursier.

Les sources du droit boursier marocain sont aussi de nature conventionnelle. A titre
d’illustration, l’on note :
 la Convention entre la bourse de Casablanca et la bourse d’Egypte de 2004.

6
 les conventions signées le 17 juin 2014, entre le "London Stock Exchange" et la Bourse de
Casablanca.

A souligner, par ailleurs, que dans le préambule de la constitution de 2011, l’Etat marocain
s’engage à ‘’accorder aux conventions internationales dûment ratifiées par lui, dans le cadre des
dispositions de la Constitution et des lois du Royaume, dans le respect de son identité nationale
immuable, et dès la publication de ces conventions, la primauté sur le droit interne du pays, et
harmoniser en conséquence les dispositions pertinentes de sa législation nationale’’.

Section 3: Principes du droit boursier marocain.

Les principes fondamentaux consacrés par le droit commun trouvent leur application dans le
domaine du droit boursier marocain. Certains parmi ces principes sont consacrés par les lois spéciales
régissant les marchés financiers et les autorités agissant en la matière.

Les principes appliqués dans le domaine boursier, qui sont destinés essentiellement à la
protection des particuliers sont développés ci-après.

1. L’égalité.

Le principe d’égalité est prévu par l’article premier de la loi relative au conseil
déontologique des valeurs mobilières, qui dispose que ‘’ le CDVM contrôle que l’information devant
être fournie, par les personnes morales faisant appel public à l’épargne, aux porteurs de valeurs
mobilières et au public est établie et diffusée conformément aux lois et règlements en vigueur et
s’assure de l’égalité de traitement des porteurs de valeurs mobilières.

Le principe d’égalité de traitement exige la fourniture de la même information donnée à


tous, en même temps et avec les mêmes moyens.

2. La légalité.

Le principe de la légalité ressort de la lecture de l’Article 4-1 relative au CDVM, qui dispose
que cet organisme s’assure que, les personnes ou organismes faisant appel public à l’épargne
respectent les dispositions légales et réglementaires qui leur sont applicables.

3. L’intégrité du marché.

La négociation des valeurs mobilières et la réalisation des différentes transactions requièrent


la réunion de certaines conditions à même de protéger l’intégrité du marché et partant les droits et
intérêts des différentes parties. Il en découle que, l’information fournie aux différents intervenants
doit être exacte, précise et sincère, afin de prévenir toute atteinte à la transparence des opérations
réalisées et tout acte ou tentative dilatoire ou délictuel. L’intégrité du marché est un signe et un gage
de crédibilité.

4. La transparence.
La transparence est l’un des principes de base en matière de bourse, qui vise à préserver les
droits des différentes parties. Il conditionne, d’ailleurs, le respect des autres principes et la

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préservation du droit à l’information. L’article premier de la loi relative au CDVM stipule que, cet
organisme veille au bon fonctionnement des marchés de valeurs mobilières et en particulier s’assure
de l’équité, de la transparence et de l’intégrité de ces marchés.

5. Principe de primauté de l’intérêt du client.

Ce principe est consacré par l’article 4-2 de la loi relative au CDVM. Il consiste à accorder
la primauté à la protection du client en cas de litige. Plusieurs mécanismes sont instaurés pour la
prévention des risques de conflits d’intérêts et pour l’amélioration de la qualité des prestations
offertes au client.

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Titre 1 : Organisation et fonctionnement de la bourse des valeurs de Casablanca.
On se focalisera dans le cadre de ce Titre sur l’analyse de l’arsenal juridique régissant
l’organisation, le fonctionnement, les intervenants en bourse des valeurs de Casablanca, les
opérations qui s’y déploient et les rapports qui s’établissent entre les différentes parties, et ce dans un
premier. Dans un second temps, on mettra l’accent sur les rôles et enjeux de l’entrée en bourse.

Chapitre 1  : Organisation et fonctionnement de la bourse.

La Bourse des Valeurs est ‘’un marché réglementé sur lequel sont négociées les
valeurs mobilières’’, dont:
Les actions: titres de propriété négociables, représentatifs d'une fraction du capital de
l'entreprise émettrice, qui confère à leurs possesseurs la qualité d'actionnaires et leur donne un droit
proportionnel sur la gestion de l'entreprise, sur les bénéfices (dividendes : parts des bénéfices
réalisés par une société distribuées à la fin d’un exercice aux associés ) réalisés et sur l'actif social.
Le prix d'une action dépend directement de l'offre et de la demande, qu'elle soit cotée en bourse ou
non. (Quand on achète une action on devient associé ou actionnaire)

Les obligations: représentent une créance sur l'émetteur qui donne droit à son détenteur au
paiement d'un intérêt et au remboursement du capital. L'obligataire n'a pas de droit politique (il ne
participe pas aux assemblées comme l’actionnaire), sauf en cas de changement de structure de la
société. (Lorsqu’on souscrit une obligation on devient créancier de la société).

A préciser que l’article 2 de la loi relative à la bourse considère comme étant des valeurs
mobilières :

• les actions et autres titres ou droits donnant ou pouvant donner accès, directement ou
indirectement, au capital et aux droits de vote, transmissibles par inscription en compte ou tradition ;

• les titres de créance représentant un droit de créance général sur le patrimoine de la


personne morale qui les émet, transmissibles par inscription en compte ou tradition, à l’exclusion des
effets de commerce et des bons de caisse ;

Une autre catégorie de titres assimilés aux valeurs mobilières (article 3) sont échangés au
niveau de la bourse. Il s’agit:

• des parts de fonds communs de placement prévus par le dahir portant loi n° 1-93-213 du 4 rabii II
1414 (21 septembre 1993) relatif aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières ;
• des parts de fonds de placements collectifs en titrisation (FPCT), tels que définis par la loi 10-98
relative à la titrisation de créances hypothécaires ;
• des parts d’organismes de placement en capital risque, tels que définis par la législation relative aux
organismes de placement en capital risque.

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Section 1. Organisation de la Bourse de Casablanca.

La bourse de Casablanca comprend diverses composantes ou sont émises et négociées des


valeurs mobilières, ainsi qu’une structure de marché où sont confrontées les offres et les demandes de
capitaux et où les cours sont établis suivant un rapport d’équilibre à l’aide d’un système électronique
centralisé.

La cotation est définie comme étant l’opération ‘’ d’évaluation de la valeur par


confrontation de l’offre et la demande sur un marché. Il en résulte le cours qui équilibre au mieux
les ordres d’achat et de vente ‘’.

Dans le passé, la cotation se faisait à la criée, qui constituait ‘’ un mode de cotation


effectuée par des personnes physiques prenant des ordres d’opérateurs présents sur place et
s’exprimant de manière codifiée, à la voix et par gestes, pour indiquer leurs offres et leurs
demandes selon le cours affiché ‘’. Cette technique a été abandonnée et remplacée par la cotation
électronique réalisée à l’aide de l’outil informatique.

Toutes les valeurs mobilières cotées à la Bourse de Casablanca sont négociées, sur le
système de cotation électronique à partir des stations de négociation mises à la disposition des
sociétés de bourse. Les ordres de bourse saisis par les négociateurs des sociétés de bourse sont
automatiquement classés et exécutés selon deux règles de priorité :
- priorité par rapport au prix d'abord
- puis priorité par rapport au temps de réception de l'ordre.

§1. Composantes du marché boursier.


Le marché boursier est constitué d’un marché primaire où sont crées et émises les valeurs
mobilières et d’un marché secondaire, où sont négociées les valeurs mobilières.

I- Le marché primaire des valeurs mobilières.


Le marché primaire est le marché de l'émission de titres, communément appelé marché du
neuf. Le marché primaire est celui sur lequel les nouveaux titres financiers sont émis, on y procède
donc aux augmentations de capital ou au placement d'emprunts obligataires. En fait, c’est le marché
où ont lieu les premières cotations en bourse (introductions) et où l'entreprise vend directement ses
actions à des actionnaires.

Ce marché joue un rôle très important, celui de contribuer au financement de l'économie,


dans la mesure où il permet aux entreprises, aux banques, aux établissements financiers, aux
collectivités locales, etc… de se procurer les ressources nécessaires à la couverture de leurs besoins
de financement auprès des agents dégageant un excèdent de financement.

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II- Le marché secondaire des valeurs mobilières.
Le marché secondaire pourrait être assimilé à un marché d'actions d'occasion. C’est un
marché où les actionnaires se revendent les actions des sociétés.

Par la fonction secondaire, les investisseurs peuvent à tout moment négocier leurs titres,
cette fonction secondaire est indispensable à la fonction primaire dans la mesure où elle permet
d'assurer la liquidité et la mobilité des placements. En effet, un investisseur n'acceptera de s'engager
sur le long terme que s'il peut se désengager quand il le désire.

§2. Structure du marché boursier

Il comprend un marché central, où sont confrontés l’ensemble des ordres de vente et


d’achat pour une valeur mobilière inscrite à la cote de la Bourse des Valeurs, et un Marché de Blocs
où peuvent être négociées par entente directe les opérations sur des valeurs mobilières inscrites à la
cote et qui portent sur des quantités supérieures ou égales à la taille minimum de blocs selon des
conditions de cours issues du Marché Central.

A- Le marché central.
Le  Marché Central est un marché centralisé et dirigé par les ordres. La cotation d’une valeur
sur ce marché se fait selon le mode de cotation du continu ou du fixing et selon la liquidité de la
valeur. C’est le marché où doit transiter toute transaction sur une valeur mobilière cotée à la bourse,

Une séance de cotation se compose de plusieurs phases qui s'enchaînent. Chaque phase
intervient selon les horaires définis par la Bourse de Casablanca pour chaque groupe de cotation.

B- Le marché de blocs.
C’est le marché où sont exécutées certaines opérations portant sur de grands montants et qui
n'ont pas trouvé de contrepartie importante sur le marché central. Les transactions de blocs se
font par ententes directes (de gré à gré) et sont soumises à plusieurs conditions.

§3. Les systèmes de cotation.:

La cotation (confrontation des ordres d’achat et de vente pour la détermination du cours


d’échange) se fait par système électronique. L’on distingue à ce propos, d’une part, le fixing et le
multifixing et d’autre part le continu.

I. Le fixing  :

On distingue deux phases:

1. La phase de pré ouverture:

Durant cette phase, il y a transmission des ordres au système de la cotation de la bourse, et


leur saisie automatique sans provoquer de transaction.
Le cours théorique d'ouverture (CTO), est calculé selon trois critères:

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Ø Maximisation du nombre des titres échangés ;
Ø Minimisation des titres non servis ;
Ø Le plus faible écart par rapport au dernier cours de référence.

2. La phase de fixing:

Pour chaque groupe de valeurs, le système confronte automatiquement tous les ordres en
présence. Si cette confrontation le permet, il se dégage un cours d'ouverture dit, cours de fixing et les
transactions ont lieu à ce cours.
L'allocation des titres s'effectue en appliquant deux règles de priorité :
Ø prix
Ø temps.
Les ordres au prix du marché partiellement exécutés (non exécutés) sont maintenus sur la
feuille du marché stipulé à la limite du cours d'ouverture (au prix du marché) pour la confrontation
suivante.

II. La séance de cotation au multifixing  :

Elle applique la même méthode de cotation que le fixing avec, toutefois, une seule
différence : l'existence de trois ouvertures. Ceci peut donner lieu à trois cours d'ouverture au plus par
séance de bourse

III. La cotation des valeurs au continu  :

On distingue trois phases:

Ø Phase de pré ouverture

Ø Phase d'ouverture

Ø Phase de séance.

-Le pré ouverture :

Les ordres s'accumulent, et sont classés par limite de temps, sur la feuille de marché sans
qu'aucune transaction n'intervienne.
-L'ouverture  :

A l'heure fixée par la société gestionnaire, le système confronte automatiquement les ordres
présents. Le système électronique calcule un cours d'ouverture qui permet l'échange du plus grand
nombre de titres.

-La séance :

Le marché fonctionne en continu. De ce fait, l'introduction d'un nouvel ordre peut provoquer
immédiatement une ou plusieurs transactions, jusqu'à l'heure de clôture.

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Section 2 : Les acteurs de la Bourse de Casablanca.
On distingue plusieurs acteurs qui interviennent sur le marché boursier pour assurer soit son
fonctionnement, soit la réalisation des différentes opérations qui s’y déploient, soit pour veiller au
respect des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et la protection des intérêts des
différentes parties concernées.

§1. La Société gestionnaire ‘’ bouse de Casablanca ‘’.

I. Organisation de la société gestionnaire.

La gestion de la bourse de Casablanca est concédée à une société anonyme dite société
gestionnaire portant l’appellation de ‘’ bouse de Casablanca ‘’. Elle a été créée par la loi 1-93-211
sous la dénomination de Société de la Bourse des Valeurs de Casablanca «SBVC». En l’année 2000,
Elle a changé de dénomination pour devenir Bourse de Casablanca. Toutefois, cette société
gestionnaire en l’occurrence la ‘’ bourse de Casablanca ’’ ne doit pas être confondue avec le marché
boursier, qui porte la même appellation.
 
La Bourse de Casablanca disposait, au 31/06/2009, d’un capital social de 19 020 800 MAD
qui est détenu, à parts égales, par les 17 sociétés de bourse qui opèrent sur le marché.

La gestion du marché boursier est définie par un cahier de charge approuvé par le Ministre
chargé des finances, qui fixe notamment les obligations afférentes au fonctionnement de la Bourse
des Valeurs, à l'enregistrement et à la publicité des transactions ainsi qu'aux règles déontologiques
devant être respectées par le personnel de la société concessionnaire.

La Bourse de Casablanca est soumise à un double contrôle : celui du Ministère des Finances
et celui du CDVM. Un commissaire du gouvernement, nommé par le Ministre chargé des finances,
est placé auprès de la société gestionnaire pour veiller au respect, par cette société, des dispositions
de ses statuts et du cahier des charges qui régit son activité.

Le fonctionnement de la Bourse de Casablanca repose sur une structure hiérarchisée et


rationnalisée coiffée par un Directeur Général, qui est assisté de cinq directeurs. Ci-après
l’organigramme de la société gestionnaire de la bourse de Casablanca.

13
14
II. Missions de la société gestionnaire.

La Bourse de Casablanca est investie d'une mission générale consistant à gérer le marché,
développer ses infrastructures et promouvoir l'investissement en bourse. Plus précisément, elle est
chargée de :

A. La surveillance et le pilotage de la séance de cotation.

Les bourses de valeurs interviennent dans le processus de création d’une nouvelle valeur
mobilière dans le cadre de leur mission de protection des intérêts des investisseurs, qui leur impose
de formuler un certain nombre d’exigences aux sociétés souhaitant procéder à un appel public à
l’épargne (forme juridique de la société, capital minimum, etc.), et oblige les sociétés ayant des titres
cotés à procéder régulièrement à la publication de leurs comptes sociaux.

A souligner, par ailleurs, que préalablement à l’introduction en bourse, la société


gestionnaire intervient dans le cadre de l’assistance dans le choix de procédure de la première
cotation; l’émission de l’avis d’approbation de l’opération et la fixation du calendrier définitif de
l’opération.

B. La négociation.

Les bourses s’attèlent à l’organisation de la confrontation des ordres d’achat et de vente,


de façon à ce que les prix auxquels sont conclues les transactions reflètent le plus possible l’équilibre
du marché. Il s’agit assurément du rôle le plus critique attribué aux bourses de valeurs, dans la
mesure où celles-ci doivent s’attacher à assurer l'accès instantané et la transparence  du marché ainsi
que l’équité entre les différents intervenants, tout en poursuivant dans le même temps des objectifs de
compétitivité.

C. L’intervention lors du dénouement des transactions conclues entre les différents


intervenants et la garantie des mouvements en cas de défaillance d’un intermédiaire.

La bourse veille à  la concrétisation de la transaction, en organisant le transfert des espèces


et de titres entre l’acheteur et le vendeur. La bourse veille à la réunion des conditions nécessaires à
la mise en œuvre  d’un  système  de règlement-livraison efficace des transactions assurant la sécurité,
par la garantie que les acheteurs seront livrés et les vendeurs payés à date déterminée.

En marge de ce sui précède, il importe de souligner que la plage horaires de


fonctionnement de la bourse s’étale de 09H00 jusqu’à 15H 30, sauf pendant le mois de Ramadan où
l’on clôture les opérations à 13H30.

§2. Les Sociétés de bourse.

Les sociétés de bourse ont été créées en 1995 par le dahir portant loi n°1-93-211 du 21
septembre 1993 et sont agréées par le Ministère de l'Economie et des Finances.

Ces sociétés de bourse ont pour objet principal l'exécution des transactions sur les valeurs
mobilières. Elles se rémunèrent par la perception d'une commission de courtage et de droit de garde,

15
vu qu’elles assurent la garde des titres et la gestion de portefeuilles de valeurs en vertu d’un mandat
et animent le marché des valeurs mobilières inscrites à la cote.

Par ailleurs, lors des introductions en bourse, les sociétés de bourse assistent les personnes
morales faisant appel public à l’épargne dans la préparation des documents d’information destinés au
public, ainsi que dans la collecte des souscriptions.

ALMA FINANCE GROUP

ARTBOURSE

ATLAS CAPITAL BOURSE

ATTIJARI INTERMEDIATION

BMCE CAPITAL BOURSE

BMCI BOURSE

CAPITAL TRUST SECURITIES

CDG CAPITAL BOURSE

CFG MARCHES

CREDIT DU MAROC CAPITAL

EUROBOURSE

ICF AL WASSIT

MENA.C.P.

MAROC SERVICES INTERMEDIATION

SOGECAPITAL BOURSE

UPLINE SECURITIES

WAFA BOURSE

§3. Le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM).

Le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières est un établissement public qui jouit de la
personnalité morale et de l’autonomie financière. En tant qu’autorité du marché, il a pour vocation le
contrôle de l'information et la protection de l'épargnant. Aussi, il veille à l’information des
investisseurs en valeurs mobilières en s’assurant que les personnes morales qui font appel public à

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l’épargne établissent et diffusent toutes les informations légales et réglementaires exigées, au bon
fonctionnement du marché des valeurs mobilières en veillant à sa transparence, son intégrité et sa
sécurité et à la garantie du respect des diverses dispositions légales et réglementaires régissant le
marché financier.

Les fonctions du CDVM consistent à :

 Instruire les demandes d'agrément des OPCVM

 Effectuer des enquêtes auprès de personnes morales faisant appel public à l'épargne et des
sociétés de bourse

 Viser les notes d'information d'introduction d'actions ou d'autres titres à la cote officielle.

 Prononcer des sanctions pécuniaires à l'encontre de personnes en infraction avec ses


règlements.

 Publier chaque année un rapport sur les activités et sur les marchés placés sous son contrôle.

§4. Maroclear.

Maroclear ( ou le dépositaire central) est une société de droit privé dont le capital social est
de 20 millions de dirhams, détenu par les usagers de ses services : l'Etat, Bank Al-Maghreb, les
banques, les compagnies d'assurance, la CDG et la Bourse de Casablanca.

La dématérialisation des titres signifie le remplacement des titres imprimés détenus par
les acquéreurs de valeurs mobilières par une inscription en comptes courants informatisés.

Sa mission consiste à :

 conserver les comptes titres de ses affiliés et assurer leur circulation et leur
administration ;
 centraliser la conservation des titres dans des comptes courants ouverts
exclusivement au en l’occurrence, les banques, les sociétés de bourse et les émetteurs
;
 conserver les comptes titres de ses affiliés et assurer leur circulation et leur
administration ;
 simplifier l’exercice des droits attachés aux titres.

§5. L’association professionnelle des sociétés de bourse (APSB).

C’est l’association professionnelle qui regroupe l’ensemble des sociétés de bourse qui
opèrent sur le marché boursier marocain.

Sa mission consiste donc à représenter ses membres auprès des autres acteurs du marché et
des pouvoirs publics.

§6. Ministère de l'Economie et des Finances.

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Il représente l’instance de tutelle de la Bourse de Casablanca, sans pour autant participer
dans sa gestion. Il intervient dans la promulgation des lois relatives au marché boursier et il est
représenté par un commissaire du gouvernement, dans le tour de table de la Bourse de Casablanca.

Chapitre 2  : Rôles et enjeux de l’entrée en bourse.


Le présent chapitre se focalisera sur les rôles et enjeux de l’entrée en bourse.

Section 1: Les rôles de la Bourse de Casablanca.


Telle que définie, une bourse est une institution qui permet de réaliser des échanges de
biens ou d'actifs standardisés et ainsi d'en fixer le prix, d’où la distinction entre les bourses de
commerce, où sont échangées des marchandises et les bourses de valeurs, où transitent des titres
d'entreprises, qui constitue l’objet de cette étude.

Cette bourse des valeurs constitue en fait un lieu de financement et de placement. Elle
permet également l’allocation et la liquidité des titres.

§1. Le financement des entreprises et autres personnes morales.


De par sa vocation, une bourse draine des capitaux qui y sont placés soit par des personnes
physiques ou morales à la quête de profits. Aussi, elle attire les demandes de financement exprimées
par d’autres acteurs soit pour l’augmentation de capitaux, soit pour l’investissement. Il va sans dire,
que par ce jeu, elle met en contact l’offre et la demande de capitaux. A ce titre, elle joue un rôle
d’intermédiaire entre les porteurs et les demandeurs de capitaux.

En concentrant les capitaux de tous les horizons, elle offre la possibilité aux entreprises
d’avoir accès aux capitaux pour investir et accroitre leurs activités ou à faire face à des situations de
déficit ou de crise.

Cette fonction est ancienne. Les premières bourses sont nées à la renaissance (du XIVe au
XVIe siècle en Europe). Grace à la collecte et la concentration de fonds, il a été permis de réaliser les
grandes expéditions maritimes, les réseaux ferrées et autres.
Cette fonction n’a pas changé. A l’heure actuelle, les entreprises qui ont des besoins de
capitaux recourent au marché boursier pour se financer au moindre coût en évitant le recours à
l’emprunt auprès des banques. Dans ce sillage, elles disposent de différents moyens.

Ainsi, par l'introduction en Bourse ou par les augmentations de capital, les entreprises ont
accès à des ressources financières supplémentaires. Les bourses ont permis aux entreprises de grandir
et donc de développer des projets qu'un individu seul n'aurait pu financer.

Une entreprise n'obtient de nouvelles ressources, qu’à travers l'émission d'actions ou


d'obligations achetées par des investisseurs.

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§ 2. L’incitation à l’épargne.
La bourse joue un rôle prépondérant en matière d’incitation à l'épargne et à
l’investissement. De la sorte, toutes les personnes ayant une capacité d’épargne positive peuvent
devenir les associés des plus grandes entreprises privées industrielles et commerciales par le biais des
actions ou devenir les créanciers de ces sociétés et des collectivités publiques. Ils peuvent investir
soit à l'occasion d'augmentation de capital ou d'introduction en bourse sur le marché primaire, ou
s'orienter sur le marché dit secondaire sur lequel sont négociés les titres déjà émis, et ce à l’effet de
rentabiliser leurs capitaux.

Dans cette optique, la Bourse permet la mobilisation de l'épargne et partant une meilleure
allocation des ressources vers les projets d'investissements les plus profitables. En facilitant l'accès à
l'épargne, les Bourses contribuent au développement de l’économie.

Pour permettre à leurs clients d'investir en Bourse, les banques ont créé des organismes de
placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM): les Sicav et les fonds communs de placement
(FCP). Chaque Sicav ou FCP peut regrouper l'épargne de plusieurs milliers de personnes, confiée à
un gérant professionnel.

§3. La liquidité des titres.


La liquidité d’un actif mesure la vitesse de sa transformation en monnaie. La notion de
liquidité est la principale différence entre les produits d’épargne et ceux de l’investissement.
L’épargne est considérée comme liquidité dans la mesure où vous pouvez récupérer votre argent à
tout moment et sans perte de valeur. Si, par exemple, vous avez un compte d’épargne dans une
banque de la place, vous pouvez retirer à tout moment cette épargne sans problème et sans perte de
valeur. L’investissement en valeurs mobilières ou fonds d’investissement collectifs OPCVM est
également liquide. Vous pouvez toujours vendre vos investissements en instruments financiers à
travers les intermédiaires financiers. La différence avec l’épargne, c’est la probabilité de perte de
valeur à la vente.

La bourse permet la négociabilité des titres. Cette facilitation de la sortie permet d'attirer un
plus grand nombre d'investisseurs et explique pourquoi les sociétés de capital-risque souhaitent que
les entreprises dans lesquelles elles ont investi s'introduisent en bourse.

Section 2 : Les enjeux de l’entrée en bourse.

Toute personne qu’elle soit physique ou morale détenant des capitaux pourrait être tentée par
l’accès à la bourse et partant bénéficier des profits qu’elle procure. Néanmoins, le bon sens nous
interpelle quant aux avantages de la bourse et ses inconvénients, qui constituent les deux axes
principaux autour desquels s’articule cette étude.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un effort de définition s’impose. Ainsi, l’on peut admettre
que l’'introduction en bourse d'une entreprise peut être définie comme ‘’ la mise sur les marchés
financiers d'une fraction de son capital ‘’.

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La procédure d'introduction vise à répartir ces titres dans le public en les allouant aux
souscripteurs en fonction de leur demande. Elle permettra, par ailleurs, de fixer le prix auquel sera
faite l'opération et débouchera sur une première cotation.

§1. Les avantages de l’entrée en bourse.


Les raisons qui poussent les entreprises à réaliser une introduction en bourse sont très variées.

I- Consolider la notoriété et améliorer de l’image de marque


L’introduction en bourse est une aubaine pour les entreprises pour donner autant d’éclat à
leur image et de rayonnement auprès du public, aussi bien au niveau interne qu’international, grâce à
la campagne médiatique et publicitaire qui précède et accompagne l’opération d’introduction dans
ses différentes phases. Ce faisant, l’entreprise gagne en notoriété.

Aussi, la cotation en bourse est à même d’accroitre l’intérêt accordé à l'entreprise à


travers l'attention régulière portée à son évolution et à ses résultats par les medias. De même, en tant
que conseillers, les intermédiaires en bourse se font les relais de l'image de l'entreprise auprès de
leurs clients.

Cet état de fait impacte positivement l’image de l’entreprise qui augmente les chances et
les opportunités d’avoir d’autres partenaires ou de nouveaux clients et d’autres débouchés
commerciaux.

De surcroit, la cotation constitue un gage de crédibilité auprès des différents partenaires,


dont les banques et autres.

Sur un autre plan, la communication financière complétée par une bonne information
périodique via les médias joue un rôle important dans cette dynamique pour sensibiliser tous les
opérateurs.

II- Lever des capitaux.


Pour faire face à une situation de déficit ou de difficulté financière ou dans le cas
contraire augmenter ses capacités d’investissement et de réalisation de nouveaux projets, une
entreprise dispose de différentes alternatives, dont le recours à l’emprunt auprès des établissements
de crédits, ou le recours à la bourse qui demeure moins couteux, en raison de la dispense des intérêts
de la dette.

Cette opération financière demeure la principale motivation de toute introduction, elle fait
de la bourse une source de financement alternative.
Aussi, l'introduction en bourse permet de dégager des fonds qui viendront éponger la
dette de l'entreprise et assainir sa situation financière. Ce faisant, elle accroit sa capacité
d'endettement future.

De même, l'introduction en Bourse évite, à la société, tout éclatement ou dissolution suite


au départ de l'un de ses actionnaires majoritaires ou bien dans certains cas de successions. Aussi, elle

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facilite l'entrée de nouveaux actionnaires, dont la société pourrait avoir besoin au cours de son
développement, ces derniers pourront par la suite sortir à leur guise par le biais de la Bourse.

III- Offrir la liquidité aux actionnaires actuels


L'introduction en bourse contribue à la fluidité des titres financiers existants,
puisqu’elle permet à l’investisseur de revendre à tout moment un titre qu’il vient d’acquérir. Aussi,
elle permet aux actionnaires de réaliser des plus-values en revendant tout ou partie de leurs parts. Ce
faisant, elle répond à la fonction première des marchés financiers en permettant aux entreprises de
trouver les capitaux nécessaires à leur développement et aux actionnaires de céder facilement leurs
participations s'ils le souhaitent et trouver un éventuel recours au marché pour un placement futur.

Il en résulte que l'introduction en bourse a plus d'intérêt pour les anciens actionnaires que
pour les nouveaux. On saisit mieux cet aspect lorsque l'on se penche sur le prix d'introduction des
titres. Il est clair que les anciens actionnaires ont intérêt à ce que le placement se fasse au prix le plus
élevé, tandis que plus le prix est bas, plus les souscripteurs ont de chances de voir leur investissement
se valoriser.

IV. Bénéficier des avantages fiscaux.


En s’introduisant en bourse, la société bénéficie d'exonérations fiscales importantes, dont
une réduction de l'Impôt sur les Sociétés (IS), accordée pendant trois années consécutives, à compter
de l'exercice qui suit celui de son inscription à la cote à savoir : une réduction de 50% si elle est
introduite en bourse par augmentation de capital d'au moins 20% avec abandon du droit préférentiel
de souscription, ainsi qu’une réduction de 25% si l’introduction en bourse se fait par cession de titres.

Pour les anciens actionnaires, le produit de la vente de leurs actions lors de l'introduction
est exonéré de tout impôt.

§2. Les inconvénients de l’entrée en bourse.


En contrepartie des avantages procurés par l’entrée en bourse, une société cotée se trouve
assignée à une série d’obligations et de contraintes d’information auprès du marché boursier, de
communications financières régulières et de règles de transparence. Pis encore, ces réglementations
changent régulièrement. 

Aussi, l’entrée en bourse qui ne se fait pas sans frais présente d’autres inconvénients,
dont la dilution du pouvoir décisionnel et de contrôle et la levée d'un certain nombre de secrets
professionnels et stratégiques au niveau commercial et financier, et une pression accrue sur les
résultats à court terme.

I- Le cout de l’opération.
Les coûts sont difficilement chiffrables, mais ils doivent être pris en considération car
pouvant peser sur les charges de l'entreprise.

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Il s'agit de tous les coûts liés à la mobilisation des dirigeants de l'entreprise qui vont
décider, suivre et gérer tout le processus de l'introduction en bourse. A cela, s'ajoute les coûts liés à la
diffusion obligatoire de l’information avant et après l’introduction (Rapport annuel, prospectus,
compagne publicitaire...) et la rémunération des experts, conseillers et intermédiaires en bourse.

II- La perte de direction et de contrôle.


L’ouverture du capital d’une société quelconque à travers l’émission d’actions ou
obligations lui permet de lever les fonds nécessaires pour financer la réalisation de ses projets. A
l’opposé, il offre à l’acquéreur un certain nombre de droits dont celui du vote, qui peut influencer ses
orientations, et pire encore lorsqu’il s’agit de grand acquéreur qui peut prétendre à la prise de son
contrôle, compte tenu de sa part au sein du capital de la société.

III- La perte de confidentialité.


Les entreprises cotées doivent pratiquement tout dévoiler. Les informations sur les ventes de
la société nouvellement cotée, ses marges, ses salaires, ses projets d'avenir seraient accessibles à tous.
Cela signifie que ses concurrents, clients, fournisseurs, et employés auraient accès toutes les données
y compris celles considérées comme étant confidentielles.

IV- Une pression accrue sur les résultats à court terme.


L'aspect le plus frustrant de l'introduction en bourse serait l'importance accordée par les
actionnaires aux performances à court terme. L'entreprise cotée serait obligée de communiquer des
résultats trimestriels et annuels. Les marchés financiers ainsi que les banques d'affaires et les
actionnaires seraient très déçues si l'entreprise cotée enregistrait un mauvais trimestre et le ferait
savoir. Ceci peut être d'autant plus frustrant que la baisse des résultats trimestriels ou annuels peut
résulter des décisions intelligentes et stratégiques d'investissement à long terme, dont les effets ne se
feront ressentir que plus tard.

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