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La fiscalité boursière

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La Bourse de Casablanca : Présentation et Régime fiscal boursier

Introduction
La bourse est un marché ou sont échangées les valeurs mobilières .Ce marché a ses
mécanisme spécifiques et un régime fiscal qui lui est propre. Dans cet exposé ne nous prétendons pas
cerner le sujet dans tous ses aspects et ce qui est évidement au delà de notre capacité, mais nous vous
promettons d’essayer de clarifier certains aspects fondamentaux et nécessaire qui vont vous initier à
l’étude du sujet. Le présent exposé apporte des réponses à des questions fréquemment posées telle que :
c’est quoi d’abord la bourse ? Quelle est sa structure ? Quels sont les acteurs sur ce marché ?...En plus
nous allons apporter un éclairage sur le système fiscal appliqué dans la bourse.
Pour traiter ses points et autres nous vous proposons le plan suivant :

Plan
Axe : 1 Présentation de La bourse de Casablanca
a) Bref aperçu historique
b) La structure de marché :
c) Le rôle de la bourse des valeurs dans le financement des E/ses :
d) Les principaux intervenants :
Axe 2 : Régime fiscal

I- Taxation des profits/ a) Champs d’application :


b) La base imposable :
c) Les prix d’acquisition
d) Les taux des commissions :
e) Les taux de la TPCVM
f) Modalités de déclaration et de versement
g) Exemple d’application :
h) Des précisions pour le calcul du profit net
i) Les exonérations
II- Taxation des revenus :
a)-la taxe sur les produits des actions et produits assimilés (TPA)
b)-La taxe sur les produits des placements a revenus fixes
(TPPRF) :
Conclusion

I- Les personnes physiques soumises à l’ IGR :

Axe1 : Présentation de La bourse de Casablanca

Bref aperçu historique


La bourse de Casablanca ou la bourse des valeurs mobilière est une institution qui a vu le jour au
Maroc en 1929 sous la dénomination de « l’Office de Compensation des Valeurs Mobilières » qui a
pris par la suite la dénomination « Office de Cotation des Valeurs Mobilières de Casablanca ».

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Conscients de rôle que pouvait jouer la bourse dans le développement du marché financier et dans la
collecte de l’épargne, les pouvoirs publics ont réorganisé l’office de cotation des valeurs mobilières de
Casablanca qui a pris par la suite la dénomination de « Bourse des Valeurs de Casablanca ».
C’est donc un lieu d’échange qui mobilise l’épargne nationale pour le financement de l’économie.

La structure de marché :
On distingue deux compartiments sur le marché boursier :

Le marché Central : C’est le marché des nouvelles émissions. La nouvelle structure du


marché de la bourse de Casablanca confère au marché central un rôle pilote. Ainsi, toute
transaction sur une valeur mobilière cotée à la bourse de Casa doit passer par ce marché.

Le marché de blocs : En raison de l’absence de contrepartie suffisante sur la feuille de


marché au moment où ils sont présentés, certains ordres d’investisseurs institutionnels du
fait de leur importance, ne peuvent être exécutés totalement sur le marché central. Donc le
marché volumineux et des E/ses de grandes tailles.

Le rôle de la bourse des valeurs dans le financement des E/ses :


Le rôle du marché boursier est fondamental à tout développement économique. Le rôle donc de
la bourse dans le financement de l’économie en général, et dans le financement des E/ses en particulier
apparaît à travers trois idées clés :

La bourse permet une utilisation efficace de l’épargne : il est important de comprendre


des titres émis par les personnes morales, la gestion de portefeuilles et le conseil qu’il ne
suffit pas de dégager une épargne assez importante pour que l’économie d’un pays se
développe, il faut absolument que l’épargne disponible puisse atteindre les promoteurs
détenteurs de projets rentables et socialement souhaitables.

La bourse permet le relais des capitaux : le rôle du marché boursier est de faciliter les
transactions sur les capitaux en général et sur les valeurs mobilières en particulier. Elle
permet donc l’instauration simple et efficace d’un relais permanant des capitaux c'est-à-
dire une circulation de ceux-ci entre les agents.

La bourse permet la transformation de petites épargnes en grands investissements : Les


valeurs mobilières qui sont des titres commerciaux permettent de segmenter le
financement et de le rendre ainsi à la portée de l’épargne modeste, sans toucher les
grands épargnants qui peuvent investir en souscrivant un plus grand nombre de titres.

Les principaux intervenants :


La réforme de 1993, complétée en 1996, a institué 5 intervenants :
La société gestionnaire : Sa mission principale est la gestion et le développement de
la bourse de Casablanca.

Les sociétés de bourses : Aujourd’hui est en nombre de 14, elles ont pour objet la
négociation en bourse, le placement des titres émis par les personnes morales, la gestion de
portefeuilles et le conseil de clientèle.

Les organismes de placement collectifs en valeurs mobilières (OPCVM) : Organisme


financier qui collecte l’épargne des agents en émettant des actions ou des parts. L’OPCVM
veille à assurer une gestion optimisée des fonds investis, selon une stratégie clairement
définie au moment de son agrément. Ils existent sous deux formes juridiques distinctes :
*La SICAV : Société d’Investissement à Capital Variable.
*Le FCP : Fonds Commun de Placement : est, quant à lui, une copropriété de
valeurs mobilières qui n’as pas de personnalité morale. Sa gestion est assurée par un
établissement de gestion de FCP agissant au nom des porteurs.

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Le conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) : joue un rôle important
auprès du ministère de finances.
*Il donne son avis sur le montant du capital minimum et les statuts de la Sté à qui
sera confiée la gestion de la bourse.
*Il donne son avis sur chaque agrément délivré par le ministre des finances à toute
Sté de bourse.
*Il intervient également quand 2 ou plusieurs sociétés veulent opter pour une fusion.

L’Association Professionnelle des Sociétés de bourse (APSB) : qui veuille au respect des
dispositions légales de ses membres et d’étudier les questions relatives à l’exercice de
le profession.

Axe 2 : le régime fiscal boursier.


(Le régime fiscal appliqué aux actionnaires et aux porteurs des parts)

La loi prévoit un ensemble de taxes qui frappent les revenus et les profits des
actionnaires et des porteurs de parts.
En premier lieu, il est important de clarifier et distinguer entre les notions revenus et profits :
- Sont considérés comme revenus :
* les produits des actions ou parts sociales et revenus assimilés distribués par les sociétés ayant
leur siège au Maroc et relevant de l’IS ;
* Les produits de placements à revenu fixe versés ou inscrits en compte des personnes
physiques ou morales (sociétés de personnes) qui n’ont pas opté pour l’IS et ayant au Maroc
leur résidence habituelle, leur domicile fiscal ou leur siège social.
- Sont considérés comme profits de capitaux mobiliers, les profits annuels réalisés par les
personnes physiques résidentes au Maroc, à l’occasion de la cession de valeurs mobilières et
autres titres de capital et de créance émis par les personnes morales de droit public ou privé,
ayant leur siège au Maroc ou à l’étranger, ainsi que les OPCVM.

Le législateur fait la distinction entre : les personnes morales soumise à l’IS et les
personnes physiques soumises à l’IGR.

I- Les personnes physiques soumises à l’ IGR :


Dans ce cadre, nous distinguons la taxation des profits la taxation des revenus :
1) La taxation des profits de cession :

la spéculation est une activité boursière qui peut généré des profits en faveur des
personnes qui l’exerce .Les plus values réalisées à l’occasion de la cession des valeurs
mobilières est passible à la taxe sur les Profits sur Cession des Valeurs Mobilières (TPCVM).

a) Champs d’application :

La TPCVM est applicable aux profits nets annuels réalisés par les personnes physiques
résidentes sur les cessions de valeurs mobilières et autres titres de capital et de créance émis par
les personnes morales de droits public ou privé et les organismes de placement collectif en
valeur mobilière (OPCVM).

b) La base imposable :

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La base imposables est constituée pare le profit net de cession qui est calculé par
référence aux cessions effectuées sur chaque valeur ou titre. Il est constitué par la différence
entre :

- le prix de cession diminué, le cas échéant, des frais supportés par le cédant à l’occasion de
cette cession, notamment les frais de courtage et de commission ;

- le prix d’acquisition majoré, le cas échéant, des frais supportés à l’occasion de toute
acquisition, notamment les frais de courtage et de commission.

c) Les prix d’acquisition :

Nourdine Ben souda, directeur général des Impôts, est d’ailleurs clair sur cette
question: «la loi retient le prix d’achat comme base de taxation des plus-values réalisées sur
cessions de valeurs mobilières ou de parts d’OPCVM». L’Economiste.

Type de titre Prix d’acquisition


Les obligations et les autres titres de La plus forte valeur enregistrée
créances
Les actions cotés en bourse La plus forte valeur enregistrée en cote
Les titres d’OPCVM actions La plus forte valeur liquidative

Les frais de cession sont les frais de courtage, la commission dont les taux sont réglementés par
le ministre de finances comme il est indiqué dans le tableau ci après.

d) Les taux des commissions :

Action Obligation
Commissions Société de 0.60% (max) 0.30% (max)
Bourse (négociable)
commission Bourse de 0.10% 50DH par
Casablanca (fixe)
transaction
TVA sur la commission 7% 7%
Donc

Le profit net = (prix de cession - frais de cession) – (prix d’acquisition - frais d’acquisition)

A la base imposable ainsi déterminée en applique un taux de la TPCVM, ce taux dépend


de certain critère à savoir :

* Sources des profits


* Destination de l’investissement en permanence de l’actif net
* Pourcentage de l’investissement en permanence

e) Les taux de la TPCVM

TAUX Sources des profits Destination de Pourcentage de


l’investissement en l’investissement en
permanence de l’actif permanence
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net
10% cessions d’actions et actions et autres titres Au moins 60 %
autres titres de de capital
capital, ainsi que
d’actions ou parts
d’OPCVM
20% - cessions obligations et autres au moins 85 %
d’obligations et titres de créance ;
autres titres de
créance
- cessions des
actions ou parts
d’OPCVM

15% des cessions - -


d’actions ou parts
d’OPCVM
diversifiés

NB : Ces taxes sont retenues à la source et sont libératoires de l’IGR.


f) Modalités de déclaration et de versement :

Ces modalités et déclarations dépendent du type du titre en question, on distingue les titres
inscrits et les titres non inscrits :
 les titres inscrits : cette inscription se fait auprès d’un intermédiaire financier habilité
teneur de comptes de tires (OPCVM par exemple)
 les titres non inscrits : ce sont des titres dont la gestion est faite par le détenteur lui-
même.

Le tableau ci-dessous résume les modalités de déclaration ainsi que les mode de versement
selon le type de titre :

Type de titre Mode de versement Modalité de déclaration


Titres non inscrits Au même temps que la Déclaration annuelle faite par
déclaration le cédant (détenteur de titre)
Au plus tard le 31/mars de
N+1
Titres inscrits Retenue à la source La déclaration récapitulative
Le versement se fait par
l’intermédiaire dans le mois
qui suit le semestre au cours
duquel la retenue a été
effectuée.

g) Exemple d’application :

UN investisseur a acquis 400 actions à 150 DH chacune, qu’il a revendues à 200 Dh.
Le taux de la commission d’acquisition et de cession étant estimé à 0,3% toute taxe comprise.
- Prix d’acquisition des actions : 400 x 150 = 60.000 DH
- Total des frais d’acquisition : 60.000 x 0,3 % = 180 DH
- Prix de cession des actions cédées : 400 x 200 = 80.000 DH
- Frais de cession : 80.000 x 0,3 % = 240 DH
- Profit réalisé: (80.000 - 240) - (60.000 + 180) = 19.580 DH

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- Montant de l’impôt: 19.580 x 10 % = 1.958 DH

Le profit dégagé annuellement est exonéré d’impôt à hauteur de 20.000 DH. Le


dépositaire retient la TPCVM après chaque opération de vente d’actions. Ce n’est qu’en fin
d’année qu’il compense les plus-values et les moins-values réalisées par un client, applique le
plafond d’exonération de 20.000 DH et calcule l’impôt final.

NB :
- Par titres de même nature, il convient d’entendre les titres dont le profit est soumis au
même taux.

h) Des précisions pour le calcul du profit net

* L’imputation des plus values :


L’imputation des moins values sur les plus values ne peut avoir lieu que pour les titres
de même nature.
L’imputation se fait au cours d’un semestre et les plus values qui subsistent à la fin du
premier semestre sont imputables sur les plus values du deuxième semestre.
Les plus values qui subsistent à la fin de l’année ne sont pas imputables sur les plus
values de l’année suivante.

* Cas d’acquisition à prix multiples :


En cas de cession des titres de même nature acquis à des prix différents, le prix
d’acquisition à retenir est le prix moyen pondéré des dits titres.
Les personnes physiques non résidentes
k) La loi de finances 2006

La loi de finances 2006 a prévu la réinstauration de la TPCVM ce qui a déclenché tant


de débats et de va et viens .En fin, le ministre de fiances a décidé de ne pas appliquer
cette disposition pour cette année.
Donc jusqu’au l’instant les profits de cession des valeurs mobilières sont exonérés.
i) Les exonérations

Sont exonérés de l’IGR :


 le profit sur cessions de valeurs mobilières et autres titres de capital et de créance
correspondant au montant des cessions réalisées au cours d’une année civile, n’excédant
pas le seuil de 20.000 DH ;

 la donation de valeurs mobilières et autres titres de capital et de créance effectuée entre


ascendants et descendants, entre époux et entre frères et sœurs.

II- Taxation des revenus :

Comme nous avons signalé, sont considérés comme revenus :


* les produits des actions ou parts sociales et revenus assimilés distribués par les sociétés ayant
leur siège au Maroc et relevant de l’IS : il s’agit nomment des dividendes.

* Les produits de placements à revenu fixe versés ou inscrits en compte des personnes
physiques ou morales qui n’ont pas opté pour l’IS et ayant au Maroc leur résidence habituelle,
leur domicile fiscal ou leur siège social : il s’agit notamment des intérêts .
De ce fait, il y a deux taxes à appliquer selon la source des revenus distribués. Ces deux taxes
sont
- a) la taxe sur les produits des actions et produits assimilés (TPA)
quant aux personnes physiques non résidentes, les dividendes perçues par ces personnes
sont imposées à l’IGR catégorie des revenus mobiliers avec imputation de l’impôt
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éventuellement prélevé ou payé dans le pays de la source conformément aux dispositions
légales en vigueur.
En ce qui concerne les personnes physiques résidentes, les dividendes et revenus assimilés
sont imposés au titre de l’IGR par voie de retenue à la source au taux de 10%.
NB : Le législateur prévoit le même taux pour le produit des placements à revenu variable,
perçus par les personnes physiques quelle qu’elles soient résidentes ou non.
Pour

- b) La taxe sur les produits des placements a revenus fixes (TPPRF) :


La loi prévoit l’application du taux de 20% pour les revenus des intérêts perçus à
l’occasion des placements à revenus variables (les obligation et autres titres de créances)
Ce taux devient 30 % pour les personnes non soumises à la comptabilité.

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