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LES SUBDIVISION DES MATERIAUX ET LES FLUIDS

Elaboré par Encadré par :


Ossama EL Bakkari Pr. Taoufique Geudira

Année Universitaire : 2020 – 2021


1
SOMMAIRE

Chapitre 1 : Subdivision Des Matériaux

Historique

1. Définition ………………………………………………………………………………….
2. Généralités
2.1. Introduction…………………………………………………………………………
2.1.1 Définitions d’un Matériau………………………………………………………….
3. Les grandes classes de matériaux
3.1. Les métaux…………………………………………………………………………….
3.1. 1. Alliages à base de fer……………………………………………………………….
3. 1. 2. Alliages non ferreux………………………………………………………………..
3. 2. Polymères : matières plastiques………………………………………………………
3.3. Céramiques……………………………………………………………………………
3. 3. 1. Les verres………………………………………………………………………….
3. 3. 2. Quelques applications des Céramiques…………………………………………….
3. 3. 2. a. Céramiques dans l’automobile…………………………………………………..
3. 3. 2. b. Céramiques pour les outils de coupe……………………………………………
3.3. 2. c. Céramiques en biomécanique……………………………………………………
3. 3. 2. d. Céramiques dans le
nucléaire……………………………………………………
3. 4. Matériaux composites………………………………………………………………...
4. Quelques données économiques sur le marché des céramiques…………………………...
5. Classification des produits céramiques……………………………………………………..
6. classement, utilisations et températures de cuisson des produits céramiques
7. Modes de fabrication…………………………………………………………………………
8. Quelques exemples de compositions céramiques…………………………………………..
9. Les produits céramiques dans la construction……………………………………………...
10. Leur Utilisation……………………………………………………………………………
11. Applications des céramiques……………………………………………………………….
12. Conclusion…………………………………………………………………………………..

Chapitre 2 : Les Fluides


2
1. Introduction………………………………………………………………………………..
2. Généralité sur les Fluides
2.1 Définition d’un fluide………………………………………………………………….
2.2 Propriété d’un fluide………………………………………………………………………

2.2.1 La masse volumique «  » …………………………………………………………………………………………..

2.2.2 La densité « d »……………………………………………………………………………

2.3.1 La viscosité …………………………………………………………………………………


3. Propriété Rhéologique…………………………………………………………..

4. Comportement Rhéologique Des Matériaux………………………………….

4.1 LA Viscoélasticité …………………………………………………………………………

5. Conclusion……………………………………………………………………………………..
Bibliographie

3
Chapitre 1 : Subdivision Des Matériaux

Historique

Poterie datant du Néolithique (entre -5000 et -3000), Chine

Les céramistes disent par autodérision qu’ils pratiquent le plus vieux métier du monde : les poteries font
partie des plus anciennes traces d'activité humaine. Historiquement, les céramiques, terres cuites, ont été
utilisées :

 pour la facilité de mise en œuvre : façonnage de la terre glaise (poterie) et cuisson ;


 pour leur dureté, leur résistance à l'abrasion : carrelage et mosaïques de sol ;
 pour leur résistance mécanique en compression : briques ;
 pour leur résistance aux températures élevées : fours, pots de cuisson ;
 pour leur couleur : émaux ;
 pour leur résistance chimique : tuiles.

Leur usage a été limité par leur fragilité, leur faible résistance aux chocs (faible résilience, faible ténacité).

Dans l’industrie moderne, les céramiques prennent de plus en plus d'importance, soit pour des applications
spécifiques, soit en remplacement d'autres matériaux. On a vu un engouement pour les céramiques à usage
mécanique au début des années 1980 avec le projet de « moteur céramique », qui n'a jamais abouti et a
débouché au contraire sur un scepticisme. L'effort de recherche sur ce projet a toutefois permis un grand
développement des applications mécaniques des céramiques [1].

1. Définition :
Les Céramiques sont définies selon le Larousse comme étant « Art de fabriquer les poteries, fondé sur
la propriété des argiles de donner avec l’eau une pâte plastique, facile à façonner, devenant dure, solide
et inaltérable après cuisson ». La société américaine ASTM (American Society for Testing and
Matériels) définit une Céramique comme : « un article ayant un corps vitrifié ou non, de structure
cristalline ou partiellement cristalline, ou de verre, dont le corps est formé de substances
essentiellement inorganiques et non métalliques, et qui est formé par une masse en fusion qui se
solidifie en se refroidissant, ou qui est formé et porté à maturité, en même temps ou ultérieurement, par
l'action de la chaleur. » Les Céramiques sont des matériaux inorganiques, non métalliques, nécessitant
de hautes températures lors de leur fabrication. Il s'agit en général d'oxydes métalliques, et plus
généralement de métaux oxydés, mais pas uniquement. Les céramiques ont en général une structure
cristalline, parfois associée à une phase amorphe. Lorsque la majorité est amorphe, on parle de
vitrocéramique ; lorsque la totalité est amorphe, on parle du verre [1].

2. Généralités
2.1. Introduction
Les Matériaux sont omniprésents dans notre quotidien. Il n'est pas de structures, d'infrastructures sans
matériaux. Il n'est pas de transport ni de production d'énergie sans Matériaux. On les dit aujourd'hui nano
structurés, architecturés ou bien encore intelligents. Ils occupent une place fondamentale dans l'activité
économique mondiale et sont également l'objet d'une attention particulière de la part des acteurs
académiques qui n'ont de cesse de les améliorer, de les adapter et de les optimiser pour répondre aux
exigences technologiques, environnementales et sociétales croissantes.
2.1.1 Définitions d’un matériau
Un Matériau est tout produit (naturel ou artificiel) qui peut être utilisé pour fabriquer des objets.
C’est aussi toute substance, ou matière pouvant destinée à être mise en forme. Il peut être:

D’origines naturelles comme :


• les minéraux : ils sont extraits du sol (eau, terre, sable…)
• les organiques d’origine végétale (bois, coton, lin…)
• les organiques d’origine animale (laine, viande, lait, corne…)
D’origines artificielles : Ils n’existent pas dans la nature ; il faut donc un travail
humain ou animal pour transformer des Matériaux naturels afin de créer de
nouveaux matériaux. C’est ce qu’on appelle les Matériaux de synthèse.
• les métaux que l’on extrait à partir des minéraux (cuivre, zinc, argent, aluminium,
plomb...)
• les alliages qui sont des mélanges de plusieurs métaux (bronze, laiton, zamac…)
• les plastiques que l’on crée à partir d’éléments naturels comme le bois, le charbon et le
pétrole... (PVC, caoutchouc, polystyrène, polyamide, Nylon…) [1].
Ces matériaux peuvent être regroupés en grandes familles selon l’organigramme suivant:
Figure 1.1 : Les grandes familles des Matériaux

Figure 1.2: Classification des Matériaux


Le choix d’un matériau, dans une utilisation, dépend de plusieurs critères :
Figure 1.3:Conception- Choi des Matériaux
 Caractéristiques mécaniques : limite élastique, dureté, résilience, ténacité, ductilité…
 Caractéristiques physico-chimiques : masse volumique, point de fusion, conductibilité électrique
et conductibilité thermique, comportement à la corrosion, vieillissement…
 Caractéristiques de mise en œuvre : usinabilités, soudabilité, trempabilité…
 Caractéristiques économiques : prix, disponibilité, expérience industrielle
Le classement entre grandes familles de matériaux repose en grande partie sur le type de liaison entre les
atomes. Il faut le considérer comme indicatif, le passage d’une catégorie à l’autre pouvant se faire en
fonction de la composition chimique et des conditions de mise en œuvre (exemple des verres métalliques).
Le tableau 1 donne une indication des principales propriétés usuelles des polymères, des céramiques et des
alliages métalliques [2].
Tableau 1.4 : Quelques propriétés usuelles des grandes familles de
matériaux
Famille de matériaux Métaux Polymères Céramiques
et et
élastomèr verres
es
Densité Elevée Faible faible
Rigidité Elevée Faible élevée
(module d’Young)
Coefficient de Moyen Elevé faible
dilatation
thermique
Dureté Elevée faible à élevée élevée
(fibres)
Ductilité élevée élevée sauf à faible et
(déformation à la rupture) (plasticité) l’état aléatoire
vitreux
Conductivité Elevée faible (isolants) électrique :
électrique, faible
thermique thermique :
élevée
Résistance à corrosion Faible en général élevée élevée

Température Elevée faible très élevée


max. (toujours
d’utilisation < 200°C)
Mise en forme Facile très facile difficile
(moulage) (frittage)

Les composites réalisant généralement une combinaison de ces différentes propriétés,


optimisée selon l’emploi du matériau considéré. La figure 1.3 montre quelques possibilité ou
combinaisons pour l’obtention des matériaux composites [2].

Figure 1.5: Les différentes possibilités d’obtention des matériaux composites.

3. Les grandes classes de matériaux


Les matériaux peuvent être classés, selon leurs natures, en plusieurs classes.

3.1. Les métaux :


Les métaux sont des matériaux dont les éléments chimiques ont la particularité de
pouvoir former des liaisons métalliques et perdre des électrons pour former des cations
(exemple : Fe → Fe2+ ou Fe3+). Ils peuvent être caractérisés aussi bien de manière physico-
chimique que de manière électronique.
Les métaux se caractérisent par plusieurs particularités physiques. Ils sont de bons
conducteurs électriques, cette caractéristique se mesure soit grâce à la conductivité soit grâce
à son inverse, la résistivité. Ils sont aussi de bons conducteurs thermiques et possèdent un
éclat lumineux.
Ils sont généralement paramagnétiques voire ferromagnétiques. Leur température de
fusion et de vaporisation sont en général élevées. Les métaux sont pour la plupart ductiles et
relativement tenaces et l’association de leur ténacité et de leur ductilité est un atout majeur
pour leur mise en forme. Par contre, après mise en forme, on peut facilement donner aux
alliages métalliques une bonne résistance mécanique par des traitements thermiques appropriés
grâce à la précipitation de phase durcissant (durcissement structural). Du fait de leur plasticité,
leur tenue à la fatigue peut poser des problèmes et ils sont de plus souvent sensibles à la
corrosion. Enfin, les métaux sont en général des matériaux lourds et denses ce qui est parfois
un handicap [2].
Du point de vue mécanique, ils se caractérisent par des propriétés telles que leur
module d'élasticité (généralement élevé, de l'ordre de plusieurs GPa), leur dureté, leur
ductilité, etc.
Sur Terre, on ne trouve quasiment les métaux que sous forme d'oxydes. Cependant,
ils sont peu utilisés sous cette forme (sauf dans le domaine de la microélectronique). On
préfère les utiliser purifiés (exemples du cuivre et de l'aluminium) ou sous forme d'alliages.
L'aluminium est le métal le plus abondant dans la croûte terrestre, suivi du fer, qui est très
souvent utilisé sous forme d'acier ou de fonte après ajout de carbone.
Du point de vue économique, on note deux secteurs extrêmement importants, celui de
l'acier et celui de l'aluminium. En 2007, la production mondiale d'acier s'élevait à 1,3
milliard de tonnes soit une augmentation de 5,4 % par rapport à 2006. Ce secteur est
actuellement dominé par l'entreprise Mittal Steel.
Le secteur de l'aluminium est quant à lui dominé par Rio Tinto Alcan. En 2008, la
production d'aluminium s'est élevée à 3,1 millions de tonnes soit une augmentation de 11,5
% par rapport à 2006.
Certains matériaux s’associent pour former des alliages.

3.1. 1 Alliages à base de fer


Les alliages à base de fer (aciers et fontes) ont un rôle capital sur le plan technologique. Ils
constituent en masse près de 90 % de la production mondiale de matériaux métalliques.
Plusieurs facteurs expliquent cette importance : les alliages ferreux se prêtent facilement à une
production en masse, ils sont bon marché et on peut les acquérir sous des formes très variées
grâce à la diversité des traitements thermiques et des éléments d’addition. Ils ont un fort
module d’élasticité et une forte limite élastique. On peut distinguer :
 les aciers d’usage général,
 les aciers de traitement thermique,
 les aciers à outils,
 les aciers inoxydables,
 les fontes.
L’acier est un alliage de fer et de carbone renfermant au maximum 2,1 % de ce dernier
élément. La fonte contient, quant à elle, de 2,1 à 6,69 % de carbone. Contrairement à cette
dernière, l’acier est un métal ductile : il peut subir des changements de forme par compression
ou extension à chaud ou à froid.

Il est caractérisé par une propriété fondamentale : il «prend la trempe», c’est-à-dire qu’il est
susceptible d’acquérir une grande dureté lorsqu’il est chauffé à une température suffisamment
élevée et refroidi à une vitesse assez grande.

Un des défauts majeurs des aciers ordinaires est l’altération par l’action de l’atmosphère
et, plus encore, par l’action des divers produits au contact desquels ils peuvent se trouver. La
rouille est la première manifestation de cette altération, mais des attaques beaucoup plus
profondes peuvent se produire par l’action de gaz ou de liquides plus réactifs [3].

3.1.2 Alliages non ferreux


Ils ne représentant que 10 % des matériaux métalliques utilisés dans l’industrie, mais
ils les n’en restent pas moins utilisés pour certaines de leurs propriétés spécifiques : masse
volumique faible, propriétés électriques, résistance à la corrosion et à l’oxydation, facilitée de
mise en œuvre. Ces avantages l’emportent dans certaines applications, malgré le coût de
revient plus élevé de ces alliages [3].

3.2 Polymères : matières plastiques


Un polymère est une substance composée de macromolécules organiques (ou parfois
minérales)5. Les macromolécules sont constituées d’un enchaînement répétitif d’au moins un
type de monomère. Les monomères sont reliés entre eux par des liaisons covalentes. Les
chaînes de polymères interagissent entre elles avec des forces plus faibles comme les liaisons
de van der Waals.
Les propriétés des polymères dépendent notamment du type de monomère(s), de la
nature de leur assemblage et du degré de polymérisation.
On distingue les polymères naturels, les modifiés (polymères artificiels) et les
synthétiques. On peut aussi les classer selon leur architecture. On distingue par exemple les
polymères linéaires, branchés (avec des ramifications) ou non, les dendritiques
(ramifications dans les trois dimensions) et les réticulés ou tridimensionnels qui forment un
réseau.
Les polymères peuvent être fabriqués de diverses façons. On peut citer :
 les homopolymères : fabriqués avec le même monomère ;
 les copolymères : fabriqués avec des monomères différents.
Un autre type de classification des polymères est aussi selon leurs propriétés
thermomécaniques. On distingue :
 les polymères thermoplastiques : ils deviennent malléables quand ils sont chauffés, ce qui
permet leur mise en œuvre et les recycler ;
Dans ces polymères linéaires, ou ramifiés, obtenus par addition, les macromolécules ne
sont liées entre elles que par des liaisons de faible intensité (liaisons de Van der Waals). Le
comportement global du matériau dépend alors de la mobilité des chaînes les unes par
rapport aux autres et de la rotation autour des liaisons C-C. L’élévation de température
facilite le déplacement des chaînes les unes par rapport aux autres, le comportement d’abord
vitreux, devient caoutchoutique entre la température de transition vitreuse (Tg) et la
température de fusion Tf. La réversibilité de comportement permet la mise en forme de ces
matières à l’état fondu ou caoutchoutique
 les polymères thermodurcissables : ils durcissent à chaud et/ou par ajout d’un durcisseur
en faible proportion. Ce durcissement est en général irréversible qui les rendent non
recyclables
Ces matières plastiques obtenues par condensation de monomères sont constituées d’un
réseau tridimensionnel de macromolécules. Ce sont des matériaux amorphes et infusibles, il
ne peut y avoir aucun déplacement de chaînes les unes par rapport aux autres. Lorsque la
température augmente, le matériau ne devient pas visqueux, mais il conserve sa rigidité
jusqu’au moment où il se dégrade. On appelle ces plastiques thermodurcissables car, en
général, une élévation de température favorise la réaction de polymérisation et le degré de
réticulation, donc la rigidité.

 les élastomères : ils présentent en général un allongement réversible très important et


une Température de transition vitreuse inférieure à l’ambiante. Ils sont des matériaux aux
propriétés bien particulières. Ce sont des polymères de haute masse moléculaire et à
chaînes linéaires. Le déplacement de leurs chaînes les unes par rapport aux autres n’étant
limité que par une légère réticulation, on peut obtenir de grandes déformations élastiques
totalement réversibles. Lorsque la contrainte est nulle, ces matériaux sont amorphes, leurs
chaînes tendant toutefois à s’aligner au cours de la déformation, il se produit une
augmentation de la rigidité. Pour obtenir un tel comportement, il faut utiliser ces matériaux
à une température supérieure à leur température de transition vitreuse.
Malgré un ralentissement dû aux effets des chocs pétroliers et à la récession économique qui
s’en est suivie, la production mondiale de matières plastiques n’a cessé de croître. Ce
domaine demeure porteur On peut classer les polymères en deux types, en fonction de leur
comportement à la chaleur et sous
Pression :
 Les thermoplastiques se trouvent à l’état fondu (état fluide ou déformable) s’ils sont portés à une
température suffisante, et sont donc susceptibles de s’écouler sous l’action d’une contrainte. Cela
permet leur mise en forme par les techniques d’extrusion, d’injection, de thermoformage, etc. C’est
le cas des polyoléfines (PE, PP, PMP, etc.), du PVC, du polystyrène, etc. ;
 Les thermodurcissables durcissent par réaction chimique. On peut citer les résines phénoplastes,
poly époxydes, certains polyuréthanes.
Du fait de leurs propriétés intéressantes, les polymères ont peu à peu envahi les industries et la vie
quotidienne en remplaçant les matériaux traditionnels [3].

3.3 Céramiques
Celles-ci sont composées d'éléments métalliques et non métalliques. Elles sont généralement des
oxydes, des nitrures, ou des carbures. Le groupe des céramiques englobe une vaste gamme de
matériaux, comme les ciments, les verres, les céramiques traditionnelles faites d'argile, etc.
La structure cristalline des céramiques est plus complexe que celle des métaux, car au moins deux
éléments chimiques différents sont présents. Il existe des céramiques ioniques, composées d'un métal
et d'un non-métal (par exemple: NaCl, MgO) et les céramiques covalentes, composées de deux non
métaux ou d'éléments purs (diamant, carbure de silicium, etc.). La structure des joints de grain est
également plus complexe car des interactions électrostatiques entraînent des contraintes d'équilibre
supplémentaires. Les ions de signes contraires ne doivent donc pas se toucher. C'est pourquoi la
céramique présente une certaine porosité (environ 20 % en volume) [4].
Elles sont caractérisées par des liaisons fortes, ce qui se traduit dans la pratique par une très bonne
tenue en température et une excellente rigidité élastique. La faible tendance à la plasticité qui en
résulte rend ces matériaux fragiles, peu tenaces, peu ductiles, mais en revanche, résistants à l’usure.
Ces matériaux ont de hauts points de fusion et une bonne résistance à la corrosion. Les céramiques
techniques de qualité ont tendance à être chères
Les céramiques ont de nombreux avantages :
 propriétés mécaniques : elles présentent, comme les métaux, un module de Young bien défini,
c'est-à-dire que le module reste constant pendant l'application d'une charge (contrairement au polymère
dont l'élasticité n'est pas linéaire). De plus, elles ont la plus grande dureté de tous les matériaux, et sont
d'ailleurs utilisées comme abrasifs pour couper (ou polir) les autres matériaux ;
 résistance aux chocs thermiques en raison d'un faible coefficient de dilatation ;

 bonne résistance chimique ;

 résistance à la corrosion ;

 isolations thermique et électrique.


Par contre, leur principale faiblesse est d'être prédisposée à rompre brutalement, sans déformation
plastique en traction (caractère fragile) ; les porosités « affaiblissent » le matériau en entraînant des
Concentrations de contrainte à leur voisinage. La fragilité des céramiques rend impossible les
méthodes de laminage ou de forgeage utilisées en métallurgie [5].

3.3.1 Les verres :


Ils sont essentiellement des solides obtenus par figeage de liquide surfondu. Les quatre principales
méthodes de fabrication du verre sont le pressage, le soufflage, l'étirage et le fibrage.
Les verres sont des silicates non cristallins qui contiennent d'autres oxydes (CaO, par exemple) qui
en modifient les propriétés. La transparence du verre est l'une de ses propriétés les plus importantes.
Ceci est dû à sa structure amorphe et à l'absence de défauts de taille supérieure à la fraction de
micromètre. L'indice de réfraction d'un verre est d'environ 1,5. Pour ce qui est de leurs propriétés
mécaniques, les verres sont des matériaux fragiles, mais des traitements thermiques ou chimiques
peuvent y remédier [5].

3. 3. 2. Quelques applications des céramiques

3. 3. 2. a. Céramiques dans l’automobile

Cette utilisation se réduit à des composants du moteur. Leurs buts sont d’améliorer l’isolation
thermique, la résistance à l’usure par frottement, d’alléger les pièces en mouvement. L’isolation
thermique est l’un des points forts des céramiques, ainsi la préchambre de combustion (moteur diesel),
la tête de piston et les soupapes d’échappement sont revêtues d’écrans thermiques en céramique. Pour
améliorer le rendement du turbocompresseur, certains fabricants ont envisagé la conception du conduit
d’échappement ainsi que la turbine en céramique.
On utilise pour ces applications des inserts en zircon (ZrO 2) et de titanate d’aluminium (Al2TiO5).
La résistance à l’usure par frottement est une des propriétés remarquables des céramiques. Ainsi les
culbuteurs, les guides et les sièges de soupapes sont en céramique (association de zircone et de nitrure
de silicium (Si3N4)). Par souci d'allègement des masses en mouvement, on peut utiliser du nitrure de
silicium pour les axes des pistons, les soupapes [5].

3. 3. 2. b. Céramiques pour les outils de coupe

Dans ce cas, on utilise principalement les propriétés de dureté et de tenue à haute température.
Ainsi l’usinage des fontes, des aciers et des superalliages à base de nickel et de cobalt peuvent être
exécutés avec des plaquettes en céramique. Pour les premiers, on utilisera l’alumine (Al 2O3), pour les
seconds, le nitrure de silicium. Le taux d’enlèvement est nettement amélioré (2 à 5 fois par rapport aux
plaquettes carbures) même si le volume enlevé reste du même ordre. Le tournage continu est résolu par
l’utilisation des céramiques mais le fraisage pose le problème des chocs [5].

3.3. 2. c. Céramiques en biomécanique

La chirurgie et l’art dentaire font de plus en plus appel aux nouveaux matériaux pour une bonne
biocompatibilité, une bonne tenue à la fatigue et une résistance élevée à la corrosion. Les céramiques
utilisées comme remplacement des tissus durs (os, dents) peuvent être classés en trois groupes selon
leur réaction avec le milieu physiologique :
 les céramiques inertes ou biodégradables (alumine)
 les céramiques bioactives (bio verres...) qui permettent une liaison entre le tissu et l’implant,
 les céramiques bio résorbables (phosphate de calcium) qui permettent la repousse des tissus [5].

3. 3. 2. d. Céramiques dans le nucléaire

Dans le nucléaire, les céramiques sont utilisées comme combustible : céramiques à base d’uranium,
produits remplaçant l’uranium métallique pour les réacteurs à haute puissance. On les utilise aussi
comme barre de contrôle. Matériau très absorbant neutronique, il sert à contrôler la réaction de fission
nucléaire. Les céramiques servent globalement à la protection thermique et neutronique[6].

3. 4. Matériaux composites
Un matériau composite est un matériau qui associe deux ou plusieurs matières différentes,
appartenant parfois à deux classes distinctes, pour obtenir une combinaison de propriétés qui tire
avantage de chacun. C’est aussi un mélange de deux matériaux (ou plus) de base, distincts à l'échelle
macroscopique, ayant des propriétés physiques et mécaniques différentes.
Ce mélange est effectué de manière à avoir des propriétés optimales, différentes et en général
supérieures à celles de chacun des constituants.
Un composite est constitué au moins d'une matrice (liant) et d'un renfort.
Les constituants sélectionnés (certains sont multifonctions) peuvent améliorer les propriétés suivantes :
rigidité, résistance thermomécanique, tenue à la fatigue, résistance à la corrosion, étanchéité, tenue aux
chocs, au feu, isolations thermique et électrique, allègement des structures, conception de formes
complexes.

 la matrice est un liant qui protège les fibres et transmet également les sollicitations aux fibres ;
 le renfort ou les fibres apportent la tenue mécanique et supportent les sollicitations ;
Les charges et additifs améliorent les caractéristiques du matériau. Les charges abaissent
souvent le coût de la matière (effet de dilution). Exemples d'additifs : anti-UV, fongicides,
antioxydants [6].
Figure 1.6 : Exemple de matériau composite
4. Quelques données économiques sur le marché des céramiques
Le génie civil consomme plus de 80 % du marché total des céramiques. En Europe à titre
d’exemple est de l’ordre de 30 milliards d’euros/an. Les secteurs les plus importants (Figure
II.1) sont l’industrie des carreaux de revêtement et de dallage (39 %), les tuiles et briques (24
%), les réfractaires (12 %), les céramiques techniques (10 %), les sanitaires (8 %), la vaisselle
et l’ornementation (6 %). La plus grande partie de la production a lieu en Allemagne, Grande-
Bretagne, Espagne et en Italie.

Figure 1.7 Répartition en chiffre d’affaires des céramiques en Europe par


secteur.
[Source : rapport ECORYS « FWC Sector Competitiveness Studies
Competitiveness of the Ceramics Sector » 2008]
5. Classification des produits céramiques
On peut classer les céramiques selon leur application, selon leur mode d'élaboration et la
forme finale et selon leur composition chimique :
Selon leur application :
1.1. céramiques traditionnelles, à usage alimentaire, pour le bâtiment ou l'ornementation :
poterie, vaisselle, faïence, porcelaine, carrelage, briques, tuiles ;
1.2. céramiques techniques ou industrielles :
1.2.1. céramiques électroniques (faibles courants), ou céramiques fonctionnelles :
céramiques diélectriques (isolantes), conductrices, magnétiques...ect
1.2.2. pour applications électrotechniques (fortes puissances),
1.2.3. céramiques réfractaires, pour applications thermiques,

1.2.4. pour les applications mécaniques : céramiques structurales, pour l'usinage :


abrasif (polissage), outils de coupe (plaquette de carbure),
1.2.5. pour les applications optiques : transparence, émission de lumière,
1.2.6. pour le nucléaire : combustible nucléaire.
Selon leur mode d'élaboration et la forme finale :
1.3. produits façonnés : pièce livrée sous sa forme définitive,
1.3.1. pièces frittée sous pression atmosphérique,
1.3.2. pièce frittée sous pression (HIP, hot isostatic pressing),
1.3.3. pièce électro fondue ;
1.4. produits non façonnés (PNF) :
1.4.1. produit livré sous la forme de mortier destiné à être coulé ou projeté puis
« Cuit » sur place,
1.4.2. protection thermique de céramique pour revêtir une pièce.
Selon leur composition chimique :
1.5. monolithiques :
1.5.1. oxyde :
1.5.1.1. produits siliceux (SiO2),
1.5.1.2. produits alumineux, avec 30 à 100 % d'alumine (Al 2O3) :
aluminosilicates (argile, mullite), alumine-oxyde de chrome-silice (ACS),
haute teneur en alumine,
1.5.1.3. produits basiques, à base de magnésie (MgO),
1.5.2. non-oxydes :
1.5.2.1. carbure,
1.5.2.2. nitrure,
1.6. composites : matrice céramique à renfort céramique, ou matrice céramique à renfort
métallique.
6.classement, utilisations et températures de cuisson des produits céramiques
obtenus par frittage

Basse température (≤ 500 °C)

Prothèse de hanche : tête céramique et cupule en polyéthylène

Bridge dentaire

Pièces de roulement en nitrure de silicium


Rubis d'horlogerie

Gilet pare-balles avec plaques de céramiques à insérer (en bas à gauche)

Plaquettes de robinet mitigeur

La position des plaquettes règle le débit relatif eau chaude/eau froide (arrivée par les triangles du
haut) ainsi que le débit total (sortie par le rectangle du bas). Le contact entre plaquettes est étanche,
supprimant le recours aux joints

Les propriétés de surface des céramiques permettent d'atteindre un excellent état de surface :
tolérance de sphéricité de quelques dizaines de nanomètres (quelques centièmes de micromètres)
pour une bille de 2 mm de diamètre, et une rugosité de quelques nanomètres. On réduit donc
considérablement l'usure de la pièce antagoniste, ce qui est capital dans le cas des prothèses : on
peut envisager d'implanter une prothèse à vie sur une personne jeune. Dans le cas d'une prothèse de
hanche par exemple, on crée une liaison rotule composée d'une tête sphérique de zircone
(remplaçant la tête du fémur) pivotant dans une cupule en polyéthylène. La stabilité chimique
(absence de dégradation dans le corps humain) et la biocompatibilité (pas de réaction de rejet de la
part de l'organisme) sont également primordiales.

On utilise également fréquemment des nitrures de silicium pour des roulements à billes ; ce sont en
général des roulements hybrides (billes céramiques, bagues métalliques). La grande rigidité permet
de réduire la résistance au roulement : celle-ci est provoquée par la déformation, « l'écrasement »
de la matière qui nécessite de franchir le « bourrelet de matière ». On peut donc réduire la
lubrification voire de la supprimer, ce qui est intéressant par exemple pour les roulettes de dentistes
qui doivent supporter la stérilisation, ou pour les pompes à vide (le lubrifiant étant un « polluant du
vide »).

On utilise également des paliers lisses (coussinets) en céramiques, ainsi que des garnitures de
pompes (joints dynamiques). L'utilisation de paliers lisses en céramiques remonte au début du
XVIIIe siècle avec les rubis d'horlogerie, le rubi étant un monocristal d'alumine (Al2O3).

La réduction de masse permet de réduire l'inertie. Moins d'inertie et moins de résistance au


roulement ou au pivotement, on a donc un couple de démarrage plus faible et une économie
d'énergie en fonctionnement. Par exemple pour les disques durs, on utilise des supports en
céramiques non magnétiques.

On a en outre un excellent résistance à la fatigue et à la corrosion. Ce dernier point permet


l’utilisation dans des environnement agressifs (aérospatiale, procédés chimiques).

Dans le domaine de l'usinage, les outils de coupe sont maintenant quasiment tous en céramiques,
essentiellement carbure de tungstène (WC) ; les outils en acier rapide ne sont quasiment plus
utilisés, mise à part pour les forets. On a en général un porte-outil métallique sur lequel on vient
fixer des plaquettes de carbure, mais les outils de petite taille peuvent être entièrement en
céramiques (carbure monobloc). Cela permet d'atteindre des vitesses de coupe très élevées, donc de
gagner en temps d'usinage, pour une usure de l'outil réduite, donc temps de maintenance réduit.
Ceci compense largement le surcoût du matériel. Notons que les températures atteintes en cours
d'usinage peuvent être importantes, le classement en « basse température » vient du fait que la
température environnante est la température « normale ». La dilatation est faible, ce qui permet
d'améliorer la précision de l'usinage (l'outil ne se dilate pas avec l'échauffement).

On utilise également des outils céramique pour l'emboutissage. Outre les avantages déjà cités
(stabilité dimensionnelle, faible usure, pas de collage avec la matière), on a un allègement des
pièces mobiles (-30 % par rapport à un outil métallique). On atteint ainsi des cadences de
production plus élevées avec un coût de maintenance réduit : la durée de vie est multipliée par 2 ou
3 par rapport à un outil métallique.

Si le moteur céramique n'a jamais abouti, de nombreuses pièces de moteur sont maintenant en
céramique, comme les joints de pomper à eau, les patins de culbuteur.

Certains blindage de véhicules et gilets pare-balles utilisent des plaques de céramique (SAPI :
small arms protective insert) en carbure de bore (B4C) et carbure de silicium (SiC). Ces tuiles et
plaques permettent d'arrêter des munition de calibre supérieur aux fibres de Kevlar qui constituent
le blindage de base.

Dans le domaine domestique, les vitrocéramiques sont largement utilisées pour les plaques de
cuisson. Les différentes phases de la plaque ont des coefficients de dilatation différents, certains
positifs, certains négatifs, ce qui permet d’avoir au final un coefficient de dilatation nul. La plaque
a également une faible conductivité thermique (elle n'évacue pas la chaleur vers l'intérieur) et est
bien transparente aux infrarouges (foyers halogènes). Les vitrocéramiques ont été initialement
développées pour les miroirs astronomiques. On utilise principalement des oxydes de lithium,
aluminium et silicium (LAS : Li2O⋅Al2O3⋅nSiO2).

Citons enfin les applications liées à l'eau, en particulier les robinets à mitigeur en alumine, pour
cuisine ou salle de bain, dans lesquels les pièces céramique ont supprimé l’utilisation de joint. Les
tables d'aspiration utilisées dans l’industrie papetière, pour aspirer l'eau de la pâte à papier et
permettre une séchage rapide, sont également en céramique. Les conduits d'évacuation des eaux
usées (égouts) sont fréquemment en grès vitrifié, qui présente de nombreux avantages par rapport
au béton : étanchéité, résistance à l'usure, résistance à la corrosion, poli de surface (moins de pertes
de charge), durée de vie

Moyennes températures (500 à 1 000 °C)

Les applications à moyenne températures concernent essentiellement les parties chaudes des
moteurs thermiques. Les céramiques sont utilisées pour les soupapes (nitrure d'aluminium, ou bien
sialon : oxynitrure de silicium et d'aluminium) et les roues de turbocompresseur ; on envisage son
utilisation pour les injecteurs à haute pression. La réduction de l'inertie et l'amélioration des
propriétés de contact permet une réduction de la consommation (3 à 7 %en 1995) et du bruit (-10 à
15 dB en 1995). La résistance à la corrosion de ces pièces permet de s'adapter à divers type de
carburant, en particulier le méthanol.

On retrouve aussi des céramiques dans des parties non mécaniques de la voiture : isolation de
l'échappement, pot catalytique, filtre à particules.

Hautes températures (≥ 1 000 °C)

Certaines partie du moteur thermique évoquées ci-dessus peuvent se retrouver dans ce domaine.
On y trouve également les chambres de précombustion.

Les céramiques s'utilisent également pour les moteurs à turbine (aéronautique, turbines
industrielles), avec comme conséquence un allègement et une maintenance réduite. L'allègement
est dû au fait que la pièce est plus légère (faible masse volumique), mais aussi au fait que l’on n'a
pas besoin de la refroidir (gain d'un circuit de refroidissement).

Les céramiques permettent également d'augmenter la température d’utilisation, et donc le


rendement de la turbine [2].

On utilise principalement du nitrure de silicium. Soit on a des aubes de turbine céramique sur un
stator ou un rotor métallique, soit un rotor céramique monobloc.

Support de catalyseur

Du fait de leur stabilité chimique, les céramiques sont utilisées comme support de catalyseur, pour
la catalyse hétérogène (catalyseur solide, réactants liquides ou gazeux) : elles n'interfèrent pas avec
la réaction chimique. Le catalyseur est alors déposé en couche mince sur la céramique. Afin
d’avoir une grande surface de contact avec le milieu, la céramique est sous forme de poudre, de
fritté poreux ou de pièce massive de forme complexe (nid d'abeille).

En effet, comme la réaction chimique se fait à la surface du catalyseur, il faut la plus grande
surface de contact possible, pour le moins de matériau possible en raison du coût du catalyseur
(fréquemment du platine, du palladium, du rhodium). Un matériau très fin n'aurait pas de tenue
mécanique suffisante, raison pour laquelle on le dépose sur un support inerte.

Applications optiques

Plaque de cuisson vitrocéramique, laissant passer les infrarouges mais conduisant mal la chaleur

Les oxydes métalliques ont été utilisés très tôt pour colorer les poteries. De nos jours, ils
permettent d’avoir des encres stables à haute température (marquage de pièces par exemple).

On peut aussi exploiter l'émission de lumière. Les oxydes de terres rares sont utilisés pour les
lampes à fluorescence (tubes de néon, ampoules fluocompactes dite « à basse consommation »,
diodes) et pour les luminophores des téléviseurs. Cela permet d’avoir diverses couleurs, et pour les
éclairages d'ambiance, d’avoir une lumière « chaude ». Ce sont aussi des manchons imprégnés
d'oxydes de terres rares (manchon Auer) qui émettent la lumière blanche des lampes à gaz utilisées
en camping ou d'anciens bec de gaz (éclairage public).

Pour les diodes, on utilise par exemple du carbure de silicium (SiC) pour le bleu ou le nitrure
d'aluminium (AlN) pour des ultraviolets. Pour les luminophores rouges des tubes cathodiques, on
utilise de l'oxyde d'yttrium (Y2O3).

Les céramiques permettent également de faire des fenêtres transparentes dans de larges domaines,
des infrarouges aux micro-ondes. Notons l'oxyde d'indium dopé au titane (ITO, induim tin oxide),
un composé conducteur et transparent utilisé pour les écrans de télévision à cristaux liquides, et les
plaques vitrocéramiques transparentes aux infrarouges (plaques de cuisson).
Combustible nucléaire

Pastilles de combustible nucléaire

Le combustible nucléaire se présente sous forme céramique : oxyde d'uranium (UO2) ou mélange
d'oxydes d'uranium et de plutonium (mox, UO2 et PuO2). La forme d'oxyde a été choisie en raison
de son inertie chimique, y compris à haute température et en contact avec de l'eau.

7. Modes de fabrication
Les céramiques sont élaborées selon l’ordre montré dans le tableau II.1 ci-dessous.

Famille de céramiques 1ère 2ème étape 3ème étape


étape
Céramiques Traitement
Poudre Mise en
traditionnelles thermique
forme
ou techniques
Traitement
Verres Poudre Mise en
thermique
forme
Traiteme
Liants minéraux Poudre Mise en
nt
forme
thermiqu
e

Tableau II.1 Ordre des étapes selon lesquelles sont élaborées les céramiques
Les trois modes d’élaboration mettent en œuvre quasiment les mêmes opérations mais
intervenant dans un ordre différent.
La matière premières est obtenue par des argiles résiduelles (Produit de l’altération des roches
initialement formées) ou sédimentaires (Transportées par l’eau et peuvent contenir du
calcaire, de sable, etc.) La fabrication des céramiques d’une manière générale part d'une
poudre. Pour les céramiques traditionnelles, il s'agit de matières premières naturelles (terre

Glaise, argile, kaolin). Pour les céramiques techniques, ce sont des poudres micrométriques
obtenues par synthèse chimique ; on parle souvent de « céramiques fines ». Toutefois et
bien que les deux types de céramiques soient différents, ils ont en commun le fait de mettre
en œuvre le même schéma de fabrication [6].

Poudres  prétraitement  mise en forme séchage 

Traitement thermique (frittage)  produit fini.

Dans la plupart des cas, on met en forme cette poudre avant de la « cuire » :

1.7. soit on travaille la poudre sous forme de pâte, en y ajoutant un peu d'eau ou un liant
organique qui sera éliminé lors de la cuisson ; cette pâte peut être travaillée à la main
(poterie traditionnelle) ou injectée dans un moule ;
1.8. soit on la travaille sous forme de barbotine, c'est-à-dire d'une suspension dans l'eau, en
ajoutant beaucoup d'eau et un dé floculant (silicate de sodium) ; ce liquide est versé dans
un moule absorbant l'eau (par exemple en plâtre) et forme une couche mince sur les
parois que l'on peut démouler après séchage ;
1.9. soit on remplit un moule de poudre sèche.
La cuisson est appelée frittage. Au cours de cette opération, les grains se soudent entre eux,
sans qu'il y ait un passage par une phase fondue. Le frittage « simple » laisse une grande
porosité : on conserve les espaces entre les grains.
Le frittage sous pression (HIP, hot isostatic pressing) consiste à mettre la poudre sous
pression (environ 1 000 bar, 100 MPa) pour que la porosité se referme. On utilise un gaz
inerte, en général de l'argon. On a une diminution des dimensions de 10 à 15 % linéaires (25 à
40 % volumique). Lorsque l'on a un mélange de poudres de compositions différentes, on a
parfois des réactions chimiques lors du frittage (frittage réactif).
Les produits non façonnés (PNF) sont des céramiques à usage essentiellement réfractaire,
utilisés pour protéger des pièces contre la chaleur, par exemple des parois de four. Ils sont
fournis aux clients en sac, prêt à l'emploi.
Sur des pièces métalliques, on peut recourir à la projection thermique pour créer un
revêtement de quelques dizaines de micromètres à plusieurs millimètres. La poudre est
injectée dans une flamme ou un plasma (gaz traversé par un arc électrique), le gaz de la
flamme ou du plasma projetant les gouttelettes sur la pièce à recouvrir. Les gouttelettes
s'écrasent et forment des plaquettes qui s’empilent. Grâce au refroidissement à l'air comprimé,
la température de la pièce reste modérée (de l'ordre de 100 °C). Du fait de la structure
obtenue, poreux et sous forme de plaquettes, le revêtement a une faible résistance mécanique,
mais présente une excellente isolation thermique et une bonne résistance aux chocs
thermiques.
Dans certains cas, la poudre est fondue et moulée. On utilise la fusion électrique : la chaleur
est obtenue en faisant passer du courant dans des électrodes de carbone, on parle de
céramiques électro fondues. La fusion à l'arc électrique est aussi utilisée pour l'acier de
recyclage (acier électrique) et l'aluminium, mais on atteint ici des températures beaucoup plus
élevées, entre 1 800 et 2 500 °C. La céramique est coulée dans un moule en sable (usage
Unique), en graphite (réutilisable plusieurs fois) ou en acier refroidit à l'eau (moule
permanent). On fait un refroidissement très lent en four, de 1 à 18 jours, appelé « recuisson ».
L'assemblage des céramiques est problématique. On procède souvent par brasage : « collage »
par un métal fondu, sans qu'il y ait fusion des matériaux pièces à assembler. On peut ainsi
assembler deux céramiques ou bien une céramique et un métal, et avoir une étanchéité. La
différence de coefficient de dilatation entre les matériaux (pièces et brasure) génère des
contraintes lors du refroidissement, contraintes qu'il faut maîtriser. Dans le cas d'un garnissage
réfractaire, on peut assembler les briques avec un mortier de jointement. Les assemblages
vissés sont possibles, mais la déformation élastique des pièces ainsi que l'adhérence de l'écrou
ou de la tête de vis sur la pièce sont importants pour assurer le serrage ; or, les céramiques se
déforment peu (module de Young E élevé) et ont en général un faible coefficient d'adhérence
avec les autres matériaux [6].
8. Quelques exemples de compositions céramiques :
Céramiques classiques :

Composition : Argil Kaoli Feldspat Cra Ta Quar


e n h ie lc tz
Grès 80 20
Faïence 50 20 (20) (2 30
0)
Porcelaine 3 42 25 5 25
dure
Vitréous 50 25 25

Produits électrotechniques :

Composition : Argil Kaoli Feldspat Cra Tal Alumin Carbonate de


e n h ie c e Ba
Stéatite 5 80 20
Porcelaine 3 42 25 5 25
Alumineuse
Produit alumineux 10 10 80
Vitréous 50 25 25
Produits réfractaires :

Compositio Argile Chamotte Cianite Talc Alumine Carbonat


n e
: de Ba
Silico 20 80 80 20
Alumineux
Mullite 80 20
Cordiérite 40 40 20

Verres :

Composition : Quartzit Carbonate Craie Borax Quartz pur


e de Na
Verre à vitre 60 20 20
standard
Pyrex 60 10 20 10
Verre de silice 100
9.
Les produits céramiques dans la construction
Les produits céramiques prennent une part importante dans le domaine de génie civil, car, suivant
leur mode de fabrication, ils ont des propriétés variées, bien différentes les unes des autres. A la
base de tous les procédés de fabrication, il y a l'argile, qui, mélangée à l'eau, donne une pâte dont la
propriété est de durcir à la chaleur. En faisant varier les différents composants de la pâte, la
quantité d'eau et le degré de chaleur, on modifie les caractéristiques du matériau, qui devient plus
ou moins dur, plus ou moins poreux, etc.
 Les terres cuites
Composé d'argiles légèrement calcaires, le mélange est cuit à une température relativement basse
(800 à 1000 °C). La terre cuite ainsi obtenue est un matériau ordinaire, peu dur et poreux, qui
résiste mal aux chocs. Elle est utilisée pour le gros œuvre sous forme de briques (pleines ou
creuses), de tuiles, de boisseaux de cheminée et autres éléments comme les hourdis de planchers et
de toitures. La terre cuite est un bon isolant. Ses teintes variées — dont les couleurs chaudes vont
du beige clair au brun-rouge — sont un atout majeur pour réaliser des revêtements de sols ou de
murs très décoratifs [6].
On utilise, pour ces revêtements, des carreaux ou des dalles de terre cuite, aux formes et aux
dimensions multiples (carré, hexagone, trèfle, losange...) qui permettent d'exécuter un carrelage
aux dessins réguliers. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que ce genre de revêtement se tache
facilement et qu'il n'a pas une grande résistance à l'usure.
Il est prudent de le protéger par un vernissage ou un encaustiquage permanent. De plus, les
carreaux de terre cuite étant poreux, ils craignent le gel. Leur utilisation à l'extérieur n'est donc pas
à envisager.

 Les terres cuites vernissées

Ce sont des terres cuites de même composition que les précédentes, mais dont la surface est
recouverte d'un vernis ou d'un léger émaillage qui les protège contre l'humidité. Les carreaux
de terre cuite vernissée sont ainsi d'entretien plus facile, mais leur teinte naturelle est parfois
modifiée par le vernissage.

 Les terres cuites réfractaires

Par une addition de quartz au mélange de base, on obtient un produit résistant aux agents
chimiques et aux températures élevées. Les terres cuites réfractaires servent à la fabrication de
briques spéciales destinées aux revêtements intérieurs des foyers de cuisinières, fours ou
barbecues.

 La brique
La brique d'argile est l'un des plus anciens matériaux de construction connus. Servit-elle à édifier la
tour de Babel il y a 12 000 ans? La question reste posée, mais la brique servit en tout cas pour
construire Babylone 3 000 ans avant Jésus-Christ, puis les ouvrages colossaux des Romains, la
Grande Muraille de Chine et certaines cathédrales (Lubeck, Albi). Bien utilisée, elle défie les
siècles et les intempéries. De nos jours, la fabrication en est entièrement mécanisée : traitement de
la pâte (autrefois, les ouvriers piétinaient l'argile humide), façonnage, séchage (il durait jadis près
de deux ans) et cuisson.
Les fours modernes peuvent traiter jusqu'à trois millions de briques à la fois, à une température de
900 à 1000 °C, 1250 °C pour les briques vernissées. Parfois, la présence de sel dans l'atmosphère
de cuisson confère aux produits une légère glaçure. La brique bien cuite est lisse d'aspect et rend un
son clair ; la brique mal cuite est friable et rend un son sourd.
 Les faïences

Les faïences sont des terres cuites recouvertes en surface d'un émail qui les rend
imperméables aux liquides. La fabrication s'effectue en deux stades : d'abord établissement et
cuisson de l'objet, appelé alors "biscuit de faïence", puis émaillage et nouvelle cuisson pour
durcir le décor. Suivant la composition de la pâte et la nature de l'émaillage, on obtient des
faïences différentes. Elles servent à l'exécution de poteries culinaires, de vaisselle plus ou
moins décorée, d'appareils sanitaires ou de carreaux de revêtement.

Si par émaillage la faïence est rendue imperméable, elle reste toutefois fragile et sensible aux
brusques changements de température. C'est pourquoi les carreaux de faïence, qui offrent un
choix de couleurs et de motifs variés, ne sont utilisés qu'en revêtement mural. Faciles à
entretenir, ils ne sont pas attaqués par les acides et ne se rayent que difficilement. Ils sont
couramment employés pour protéger les murs des locaux humides (salles de bains, cuisines,
etc.) ou pour créer une note décorative sur une table ou sur un plan de travail. En principe, ils
résistent à la chaleur, veillez cependant à ne pas les exposer à une température trop élevée qui
ferait fissurer l'émail et enlèverait au carreau ses qualités d'étanchéité.

Les carreaux de faïence sont en général de forme carrée (150 mm x 150 mm ou 108 mm X
108 mm) ou rectangulaire (100 mm x 150 mm), et d'une épaisseur assez faible, de 4 à 6 mm.
Vous pourrez constater que, parmi les nombreuses fabrications présentées sur le marché, il
existe parfois une énorme différence de prix de vente. Cela provient du mode de fabrication
des carreaux qui peuvent être soit émaillés en continu sur une chaîne automatique (carreaux
unis, jaspés...), soit émaillés, puis décorés à la main un par un pour reproduire un motif donné.
Ce dernier procédé (encore utilisé de nos jours et dans la plus pure tradition artisanale) est
évidemment d'un coût plus élevé.

 Les grès

Ils sont composés d'une pâte argileuse, additionnée de minéraux riches en feldspath.Ce
mélange est cuit à une température voisine de 1300 °C, température à laquelle les fondants,

Ainsi que le feldspath, provoquent la vitrification de la pâte. C'est ce phénomène qui assure au
grès son imperméabilité, sa bonne résistance aux chocs et aux agents chimiques et sa très
grande dureté (il raye le verre).

Ces qualités permettent de l'employer dans l'équipement ménager (plats de cuisson, vases,
etc.), mais aussi dans l'équipement des habitations : tuyaux d'écoulement d'appareils sanitaires
ou revêtements de sols et de murs. Les grès se présentent sous différentes formes.

 Carreaux de grès ordinaire ou grès cérame

Étant donné sa dureté, un carrelage de grès cérame est pratiquement inusable. Sa non-porosité
le rend insensible aux taches, et, comme il n'absorbe pas l'eau, il ne craint pas le gel. Il peut
donc être utilisé à l'extérieur pour recouvrir une loggia, une terrasse ou même une piscine.
Employé surtout pour les sols, il peut revêtir les murs avec la même endurance ; son entretien
est pratiquement nul.

 Carreaux de grès émaillé

De même composition que le grès cérame, les carreaux de grès émaillé présentent une surface
émaillée comme s'il s'agissait d'un carreau de faïence. L'apport d'oxydes métalliques permet
d'obtenir des nuances variées qui n'existent pas dans le grès cérame naturel. La surface
émaillée est parfois trop lisse et trop brillante pour un emploi en revêtement de sol. On
préfère, dans ce cas, une utilisation murale, d'autant plus qu'il existe une très grande variété de
couleurs et de motifs sur le marché.

 Carreaux de demi-grès

La conception de base est la même que pour le grès cérame, mais la cuisson s'effectue à une
température plus basse (1100 °C), ce qui n'assure qu'une vitrification partielle de la pâte. Le
produit obtenu est légèrement moins dur qu'un grès cérame et il est parfois légèrement
poreux, c'est la raison pour laquelle il est préférable de ne pas l'utiliser comme revêtement
extérieur.

Les dimensions des carreaux de grès sont très variables. Suivant le type de revêtement à
exécuter (sol ou mur), on peut disposer de petits éléments de 1 à 2 cm de côté, de carreaux
ayant sensiblement les cotes d'un carreau de faïence, ou de dalles carrées ou rectangulaires
d'une surface plus imposante.

 Les mosaïques
Le terme "mosaïque" définit non pas un produit, mais un assemblage d'éléments de petites

Dimensions formant une fresque ou reproduisant un dessin. Par extension, on désigne par ce
terme les carrelages réalisés à l'aide de petits éléments de 1 à 5 cm de côté. Suivant la forme
de ces éléments, l'assemblage peut être :

1.10. une mosaïque simple, constituée à l'aide de ronds, de carrés ou de rectangles formant
des rangées symétriques et répétitives sur toute la surface ;
1.11. une "mosaïque de hasard", réalisée à l'aide de fragments de formes et de couleurs
variées, disposés sans tenir compte d'un motif précis.
En général, les revêtements mosaïques conviennent à la plupart des réalisations intérieures et
extérieures, car ils sont constitués à l'aide de carreaux de grès cérame, de pâte de verre ou de
fragments de marbre, matériaux qui supportent tous parfaitement les différences de
température. Les mosaïques en pâte de verre sont notamment très appréciées pour leurs
qualités décoratives et leurs très nombreux coloris. Composés en majeure partie de verre
opacifié, ces petits carreaux sont presque toujours translucides, parfois même transparents.

Afin de faciliter la pose de ces revêtements, certains fabricants proposent les mosaïques en
plaques préassemblées d'environ 30 cm de côté (8 ou 9 plaques couvrent 1 m2). Les différents
éléments sont collés soit sur une feuille de papier, soit sur un filet de Nylon, suivant un motif
ou une composition de couleurs choisis à l'avance pour être ensuite scellés aux murs ou sur le
sol comme un carrelage classique.

10. LEUR UTILISATION


 La mise en œuvre des produits céramiques

Les produits céramiques destinés aux revêtements des surfaces forment un assemblage
désigné par le terme classique de "carrelage".

Il faut tout de suite distinguer deux utilisations distinctes : le carrelage des sols, le carrelage
des murs. L'un et l'autre proviennent d'un assemblage de carreaux ou d'éléments similaires,
mais les matériaux et les produits utilisés sont parfois très différents, et il faut savoir les
reconnaître.

Le carrelage des sols

L'assemblage s'exécute traditionnellement à l'aide de mortier et de ciment. Chaque carreau est


scellé au support ainsi qu'au carreau suivant. Un carrelage de sol doit être résistant et
parfaitement plan. Cette planéité est obtenue en exécutant au préalable un support rigide sous
toute la surface à carreler : une chape de béton parfaitement dressée est, en général, la
meilleure solution. Ensuite, les carreaux sont disposés un à un sur le sol et scellés à l'aide d'un
mortier de pose. Utilisez un cordeau pour obtenir une surface parfaitement plane et laissez
bien, entre chaque carreau, l'écartement nécessaire aux joints, cet écartement étant fonction de
la surface des carreaux.

Tous les carreaux étant scellés, il faut ensuite combler les joints par un ciment liquide qui
assurera l'étanchéité entre chaque carreau et nettoyer la surface du carrelage pour enlever
l'excédent du ciment avant qu'il ne durcisse. Pour réussir un bon carrelage, il faut, sans doute,

De la patience, de l'ordre et de la méthode, et, si vous n'avez pas l'habitude, il vaut mieux faire
appel à un spécialiste, car il est difficile à un amateur de réussir du premier coup.

 Le carrelage des murs

Le procédé, sans être tout à fait différent, n'exige pas les mêmes impératifs de solidité. Le
carrelage doit cependant être plan et étanche, mais les carreaux utilisés sont moins
volumineux et moins difficiles à sceller. Il s'agit en général de carreaux de faïence ou de
mosaïque pouvant être scellés avec un ciment-colle ou une colle spéciale, procédé plus souple
d'utilisation et mieux adapté aux travaux d'amateur.

Comme pour le carrelage d'un sol, la pose s'effectue sur un support plan et lisse, mais il n'est
pas impératif de réaliser un enduit au mortier.

On peut poser ce carrelage sur un mur de plâtre ou sur une cloison en briques dont la surface a
été préalablement enduite et lissée comme pour recevoir de la peinture ou du papier peint. (Il
peut tenir également sur une cloison en aggloméré de bois ou même sur le plateau d'une table,
pourvu que les matériaux servant de supports ne soient pas trop sensibles aux variations
atmosphériques.) Sur un support plan, vous pouvez poser vous-même un carrelage en utilisant
un mastic adhésif ou une colle spéciale, ce qui ne demande pas de connaissances techniques
particulières.

Prévoyez simplement un ordre de travail bien déterminé et commencez, si possible, par une
petite surface, afin de vous faire la main.

Voici une façon logique de conduire cette opération :

- Relevez les dimensions de la surface à carreler ainsi que celle de tous les objets qui s'y
trouvent (ce sont tous les éléments fixés au mur tels que lavabos, évier, etc.).

-Dessinez sur un papier, à échelle réduite, la position des lieux, puis, sur un autre papier
transparent, le quadrillage représentant le carrelage terminé.

- Superposez les deux plans pour étudier la disposition la plus logique et comptez le nombre
de carreaux utiles.

- En vous aidant du plan, tracez alors sur le mur une ligne horizontale et une ligne verticale
correspondant à la première rangée de carreaux horizontaux et à la première rangée de
carreaux verticaux. Utilisez un fil à plomb et un niveau pour que ces deux lignes soient
- rigoureusement perpendiculaires.

- Le long de la ligne horizontale, fixez momentanément au mur une règle en bois qui servira
de guide à la première rangée de carreaux.

- Ensuite, préparez vos carreaux, empilez-les en respectant l'ordre qu'ils doivent occuper, puis
encollez le mur.

- Étalez la colle à l'aide d'une spatule crantée, égalisez l'épaisseur du film de colle pour
qu'il soit partout identique (2 à 3 mm).

- Mettez en place la première rangée de carreaux horizontaux, puis la première rangée gauche
de carreaux verticaux. Travaillez avec soin, prenez le temps de vérifier la position de chaque
carreau, la colle ne sèche pas instantanément.

- Continuez en plaçant alternativement une rangée horizontale et une rangée verticale jusqu'à
ce que toute la surface soit carrelée.

11. Applications des céramiques

Céramiques électroniques

L'électronique est la principale débouchée des céramiques en volume. Les céramiques sont utilisées
pour plusieurs fonctions ; on parle d'ailleurs fréquemment de « céramiques fonctionnelles ». Elles
servent pour faire des composants passifs (R, L, C). Ce sont des poudres complexes, obtenues par
chamottage, c'est-à-dire par réaction à haute température d'oxydes simples.

Céramiques diélectriques

Les céramiques diélectriques, c'est-à-dire isolantes, sont utilisées comme support de circuits
(substrat, plaques de quelques dixièmes de millimètre d'épaisseur) ou comme boîtier. Elles sont en
cela concurrencées par les polymères (plastiques).

Du fait de leur prix, elles sont réservées aux applications de pointe, lorsque la puissance dissipée
est très élevée (résistance au claquage) ou que les conditions environnementales sont agressives
(température, humidité). On utilise principalement de l'alumine (oxyde d'aluminium Al2O3),
éventuellement associée à de la silice (oxyde de silicium, SiO 2) ou de la magnésie (oxyde de
magnésium, MgO), ou éventuellement du nitrure d'aluminium (AlN).
Dans les condensateurs de forte capacité utilisés à fréquence élevée (jusqu'à 100 MHz), on utilise
du titanate de baryum (BaTiO3) comme diélectrique. On a des couches minces de diélectrique, une
trentaine de micromètres, ce qui permet d’avoir des composants compacts.

Céramiques piézoélectriques

Principe de la piézoélectricité

La piézoélectricité, c’est lorsqu'une tension électrique crée une déformation d'un objet, ou à
l'inverse lorsque la déformation crée une tension électrique. Si l’on considère le cristal céramique
comme un cristal ionique, alors si le cristal n’est pas déformé, le barycentre des charges positives
et au même endroit que le barycentre des charges négatives ; on a une neutralité électrique.
Lorsque l’on déforme le cristal, les barycentres se décalent, ce qui crée une différence de potentiel.
À l'inverse, si l’on établit une tension aux bornes du cristal, cela décale les barycentres et donc
déforme le cristal.

Les cristaux piézoélectriques sont donc utilisés comme :

 actionneurs : ils permettent de faire des mouvements de faible amplitude mais très précis ;
 capteur : on peut détecter un mouvement, un effort.

Les applications sont multiples : sonars de sous-marins, cuves à ultrason, hauts-parleurs et


microphones compact (appareils portables), micro-moteurs, pilotage des microscopes à effet
tunnel, …

Cristal piézoélectrique capteur

Microphone piézoélectrique

Céramiques conductrices

Certaines céramiques sont semi-conductrices. On peut ainsi faire des composants qui sont isolants
ou conducteurs selon les conditions :

 isolants lorsque la tension appliquée est faible, conducteurs lorsque l’on dépasse une
« tension de claquage », par exemple pour protéger des circuits contre une surtension
(oxyde de zinc ZnO) ;
 dont la résistance varie avec la température, ce qui permet de mesurer celle-ci (titanate de
baryum BaTiO3, manganite de nickel NiMn2O4).

Mentionnons ici les céramiques supraconductrices qui n'ont pas à proprement parlé d'application en
électronique (pour l'instant). Lorsqu'elles sont refroidies, leur résistance électrique devient nulle ;
au-delà d'une certaine température, elles retrouvent une résistance électrique. Cela permet par
exemple de réaliser des électroaimants très puissants utilisé dans la résonance magnétique
nucléaire (RMN, IRM). Ces céramiques ont permis d’avoir des supraconducteurs à « haute
température critique », c'est-à-dire que la température de transition est supérieure à la température
de l'azote liquide, -196 °C… Les premières céramiques à haute température critique ont été
découvertes en 1986. Ce sont essentiellement des cuprates comme l'oxyde mixte de baryum de
cuivre et d'yttrium (YBCO, de formule YBa2Cu3O7).

Céramiques magnétiques

Transformateurs utilisés en électronique ; les céramiques sont utilisées pour le noyau cylindrique
ou torique

Ferrites (oxyde de fer) utilisées pour réduire les parasites électromagnétiques

Les oxydes de fer, ou ferrites, sont utilisées pour leurs propriétés magnétiques :

 ferrites doux (perméabilité magnétique élevée, on peut retourner facilement le champ


magnétique résiduel) :
o dans les inductances,
o dans les transformateurs,
o dans les circulateurs : composant permettant d'orienter le signal émis ou reçu par
une antenne, et ainsi d’avoir une antenne servant simultanément à l'émission et à la
réception ;
 ferrites durs (le champ magnétique résiduel peut difficilement s'annuler) :
o aimants permanents de moteurs électriques, de fermetures magnétiques,
o matériau absorbant les micro-ondes.

Certaines céramiques (par exemple les oxydes mixtes de zirconium, étain et titane (Zr,Sn)TiO 4)
permettent de faire des résonateurs de petites dimensions pour la détection d'ondes hyperfréquence,
par exemple réception de télévision par satellite ou pour les téléphones portables.

Céramiques réfractaires

Fourneau électrique garni de briques réfractaires et d'un joint de fibres céramiques

Fourneau pour tester la résistance au feu des colonnes de structure ; on voit le garnissage
réfractaire
Les réfractaires, c'est-à-dire les matériaux résistant à plus de 600 °C, sont le deuxième domaine le
plus important des céramiques.

La première application est l'isolation thermique, la protection de pièces contre la chaleur. Ce sont
les garnissages de fours et réacteurs, hauts-fourneaux, … pour les industries métallurgiques,
cimentières, verrières, pétrochimiques, … On utilisait historiquement les argiles (aluminosilicates)
et dolomies (carbonate de calcium et de magnésium CaMg(CO 3)2) extraites de la terre (briques
réfractaires en terre cuite). On utilise maintenant principalement des produits de synthèse,
essentiellement de l'alumine (Al2O3), du carbure de silicium (SiC), de la manésie (MgO) et du
zircon (ZrSiO4).

Les réfractaires isolants sont livrés sous forme de briques ou de tuiles à assembler, ou sous forme
de mortier à couler ou projeter. Il s'agit également de pièces statiques comme des brûleurs à gaz —
les pièces en mouvement sont-elles étudiées dans la partie Céramiques structurales et applications
mécaniques.

On peut aussi utiliser les céramiques comme conducteur de chaleur, par exemple dans un
échangeur thermique. Le carbure de silicium (SiC) par exemple présente une bonne conductivité
thermique (λ = 125 W⋅m-1⋅K-1, meilleur conducteur que le fer et le nickel, moins bon que
l'aluminium et le cuivre), on en fait donc des tubes et plaques d'échangeur.

Outre la tenue en température, les céramiques réfractaires doivent résister à leur environnement ;
en effet, à haute température, tous les produits deviennent réactifs, de nombreuses réactions
chimiques sont thermiquement activées et la diffusion d'éléments en phase solide, point capital des
réactions en phase solide, est également activée. On a des phénomènes similaire à ceux décrits dans
le chapitre sur la corrosion à chaud des métaux. On pense bien sûr à l'environnement gazeux — gaz
de combustion, mais même le dioxygène de l'air est agressif à haute température —, mais aussi les
matériaux fondu : sels fondus (provenant de l'air ou du combustible), eau liquide sous pression,
verre (industrie verrière), métal (métallurgie).

Céramiques électrotechniques
Isolateur électrique

Isolateur utilisé pour la tendre des câbles

L'électrotechnique représente une des principales utilisations des céramiques en volume. Les
céramiques sont utilisées comme isolants électriques, et ont permis le développement de
l'électrotechnique de puissance. On utilise essentiellement de la stéatite (talc, pierre à savon) et de
l'alumine.

Les céramiques sont concurrencées :

 par les polymères aux basses tensions ;


 par les verres aux hautes tensions.

Céramiques structurales et applications mécaniques

Du fait de leur fragilité, on ne peut pas utiliser les céramiques dans les applications soumises aux
chocs. Leur point fort se situe dans :
 la grande rigidité spécifique, qui permet d’avoir des pièces se déformant peu élastiquement
et très légères (donc baisse du coût de manutention et de fonctionnement) ;
 la grande dureté, pour les applications de contact (frottement) ; on peut avoir un état de
surface très bien maîtrisé et stable dans le temps ;
 la stabilité en température, en particulier résistance au fluage, pour les applications haute
température.

On utilise principalement :

 alumine (Al2O3) : c’est la principale céramique utilisée ;


 les nitrures de silicium (Si3N4) : la maîtrise du procédé de frittage (HIP) permet de former
des grains allongés au sein des grains « classiques », grains allongés qui jouent le rôle de
« fibres de renforcement » ;
 carbure de silicium (SiC) ; le
 zircone, en général stabilisée à l'yttrium (Y-TZP, tetragonal zirconia polycristals) :
excellente ténacité, mais présente une dégradation à basse température en milieu humide
(dégradation hydrothermale ou LTD, low temperature degradation), qui pose problème par
exemple pour les applications dentaires.

La zircone (ZrO2) est utilisée pour renforcer d'autres céramiques (céramiques composites) :

 alumine renforcée par zircone (ZTA, zirconia toughened alumina) ;


 magnésie renforcée par zircone (Mg-PSZ, partially stabilized zirconia).

Dans les applications mécaniques, les céramiques viennent en remplacement d'un matériau, en
général métallique, elles sont donc en concurrence. La mise en œuvre d'une céramique à la place
d'un métal ne se fera donc que si les performances, en général en termes d'augmentation de la
cadence de production, de réduction de la consommation d'énergie et de diminution de la
maintenance, justifie le surcoût de la pièce. Par ailleurs, en raison des impératifs de fiabilité, le
développement des applications est en général long, plus d'une dizaine d'années.

On peut classer les applications selon le domaine de température. Curieusement, c’est aux basses
températures que l’on utilise le plus de céramiques.
12 - Conclusion

On distingue deux grands types de matériaux non métalliques: les polymères organiques et les
céramiques. De manière générale, ces matériaux ont une organisation atomique nettement plus
complexe que celle des métaux.

Il existe deux grands types de polymères organiques: les thermoplastiques qui sont constitués de
macromolécules de taille limitée, et les thermo durcis qui ont une structure réticulée. Ces
polymères réticulés constituent une seule macromolécule de taille macroscopique. À l’état solide et
en fonction de leur structure chimique, les polymères thermoplastiques existent sous une forme
vitreuse amorphe ou sous une forme semi cristalline. Par élévation de température, ces matériaux
passent à l’état liquide.

Les polymères thermo durcis sont des matériaux infusibles dont la structure est presque toujours
amorphe. On fait une distinction entre polymères thermo durcis à haut degré de réticulation, qui
sont des matériaux rigides, cassants et résistants à la température, et les élastomères (caoutchoucs)
caractérisés par des liaisons secondaires extrêmement faibles et un degré de réticulation beaucoup
moins élevé (environ une unité pontale pour 100 motifs). Ceux-ci peuvent subir des déformations
réversibles très importantes.

Les polymères organiques ont en général une résistance thermique et une résistance
mécanique nettement plus faibles que celles des métaux et des céramiques. Ce comportement
résulte de deux caractéristiques importantes:

• Dans les polymères organiques, les chaînes sont reliées entre elles par des liaisons secondaire 10
à 100 fois moins intenses que les liaisons covalentes qui relient les atomes de la chaîne entre eux.

• Les structures poly carbonées sont instables à température élevée (300-400 °C) surtout en
atmosphère oxydante.

Malgré leur résistance thermomécanique limitée, les matériaux organiques de synthèse se


développent à une cadence très rapide, en raison de leur légèreté et de leur mise en œuvre facile et
rapide. Les coûts énergétiques de leur production sont également beaucoup plus faibles que ceux
des métaux ou des céramiques qui sont fabriqués à des températures nettement plus élevées.

La structure des céramiques est également très complexe. On y trouve tous les types de
liaisons: liaisons ioniques, covalentes polaires et covalentes et beaucoup moins fréquemment des
liaisons métalliques et des liaisons secondaires. Un grand nombre de céramiques sont des oxydes
métalliques. Dans un certain nombre de céramiques (silicates par exemple), on rencontre des
structures polymères linéaires, bi- ou tridimensionnelles. Dans les céramiques, la liaison entre les
structures polymères est en général réalisée par des cations métalliques. Cette caractéristique
entraîne des propriétés mécaniques élevées. Beaucoup de céramiques sont chimiquement stables à
haute température (1000-1500 °C). Dans ces conditions, des réactions d’échange peuvent se
produire, ce qui rend possible la déformation plastique de certaines céramiques tridimensionnelles
comme la silice amorphe SiO2. Contrairement aux polymères organiques réticulés, ces céramiques
deviennent donc fusibles et formables à température élevée en dépit de l’existence d’un réseau
tridimensionnel.

On développe actuellement des céramiques techniques (nitrure, carbure de silicium, oxyde de


zirconium) qui ont une résistance thermique et mécanique très élevée et qui sont destinées à des
applications techniques à très haute température. Ces céramiques techniques se mettent en général
en œuvre par la technologie des poudres (frittage).

Les céramiques peuvent exister sous une forme cristalline (MgO) ou sous une forme amorphe
(verres minéraux) ou semi-cristalline (vitrocéramiques). À l’exclusion d’un certain nombre de
thermoplastiques, les matériaux non métalliques sont généralement des solides à rupture fragile
Chapitre 2 : Les Fluides

1 INTRODUCTION

Les trois états physiques de la matière tels qu'on les enseigne à l'école primaire sont le solide, le
liquide et le gaz. L'état fluide rassemble les deux derniers termes, en soulignant leur parenté.
Encore faut-il savoir que l'on parle du nom plutôt que de l'adjectif : une huile très visqueuse est
un fluide bien peu fluide ! De fait, c'est la capacité à s'écouler, qui ne veut pas dire absence
de viscosité, qui caractérise cet état, dont la frontière avec l'état solide est difficile à établir :
vingt-cinq siècles après Héraclite, on peut dire « tout s'écoule » (panta rhei). La rhéologie est la
science des écoulements de la matière, qui vont des mouvements très lents du manteau terrestre
aux écoulements turbulents de l'air atmosphérique !

En regardant s'écouler du sable entre les doigts ou se soulever une poussière, on peut
comprendre de façon simplifiée, comme les philosophes grecs classiques, l'origine
microscopique de la fluidité. Dans un solide usuel, les atomes (ou molécules) sont fortement
soudés par des liaisons chimiques. Dans un fluide, les molécules en contact entre elles qui
composent un liquide, ou celles beaucoup plus distantes d'un gaz, peuvent se déplacer les unes
par rapport aux autres. Il existe de plus une agitation permanente, liée à la température, qui
facilite ce mouvement relatif des molécules et transmet les mouvements.

2. Généralité sur les fluides


2.1 Définition d’un fluide :

Un fluide est un corps dont les molécules ont peu d'adhésion et peuvent glisser librement les
unes sur les autres (liquides) ou se déplacer indépendamment les unes des autres (gaz). Les
fluides n'ont pas de forme propre (à la différence des solides) donc ils se déforment facilement.
Quand vous introduisez un fluide dans un récipient, ce dernier en épouse les formes.

Généralement les fluides sont répartis en deux groupes :

- Les liquides : Corps peu compressibles et dont la masse volumique est importante (eau,
huile,…). Les liquides occupent des volumes bien définis et présentent des surfaces
libres.
Les gaz : corps très compressibles et même extensibles (dioxyde de carbone, Air,…). Les gaz se
dilatent jusqu’à occuper toutes les parties du récipient qui le contient.

Pour les liquides on distingue deux classes :

- Les fluides parfaits : un fluide parfait est un fluide dont les molécules glissent les unes sur les
autres sans aucun frottement.

- Les fluides réels : un fluide réel est un fluide dont les molécules glissent les unes sur les autres
sans avec frottement.

2.2 Propriété d’un fluide

2.2.1 La masse volumique «  » :


La masse volumique est le rapport entre la masse m d’une matière et son volume v.
généralement elle est exprimée en kg/m3.

Pour les liquides la masse volumique varie très peu


avec la pression, mais plus sensiblement avec la
température. Les liquides sont appelés des fluides
incompressibles.

Contrairement à celle des liquides, la masse volumique des gaz varie avec la pression et la
température. Les liquides sont appelés des fluides compressibles.

2.2.2 La densité « d » :
La masse volumique est le rapport entre la masse d’une matière et son volume.
Généralement elle est exprimée en kg/m3.

La densité d’un corps est le rapport entre la masse volumique de ce corps et la masse
volumique d’un corps de référence. Les deux masses volumiques étant déterminées dans les
mêmes conditions de température et de pression.
- Pour les liquides, cette définition se traduit par la relation suivante :

- Pour les gaz, cette définition se traduit par la relation suivante :


NB : à T=20°C et pression atmosphérique (p= 1.013 bar) on :

2.3.1 La viscosité :
On appelle viscosité la propriété qui traduit la résistance d’un fluide à l’écoulement. Elle
caractérise les frottements internes ou intermoléculaires à l’intérieur du fluide. Plus la fluidité
augmente (vitesse d’écoulement du fluide) plus la viscosité diminue et inversement.

On distingue deux types de viscosités, à savoir :

- La viscosité cinématique «  » : Exprimée en m2/s, Stocks (St) ou centiStocks (cSt).

Avec: 1 Stokes (St) = 100 CSt = 10-4 m2/s.

- La viscosité dynamique «  » : Exprimée en Pascal seconde (Pa.s), Poise (Po) ou


centiPoise (cPo).

Avec: 1 Po= 0,1 Pa.s et 1000 cP = 1 Pa.s.

3. PROPRIÉTÉS RHÉOLOGIQUES

La rhéologie est une branche de la physique qui étudie l’écoulement ou la déformation des corps
sous l’effet des contraintes qui leur sont appliquées, compte tenu de la vitesse d’application de
ces contraintes ou plus généralement de leur variation au cours du temps.

 La Viscosité :

La viscosité est définie comme la résistance à l’écoulement d’un liquide. Beaucoup de matériaux
utilisés par les dentistes passent de l’état liquide à l’état solide dans la bouche du patient. Leurs
propriétés à l’état liquide sont importantes à connaître afin d’ajuster leur comportement à leur
application. Sous l’influence de forces faibles, comme celle de la gravité, certains matériaux
vont pouvoir s’écouler : ce sont les liquides. La gravité a permis de rompre les forces liant les
molécules. Ces mêmes forces se rétablissent ensuite lorsque le système sera à nouveau en
équilibre. Parfois l’écoulement est très facile car les forces sont extrêmement faibles (l’eau, le
mercure, l’alcool…). Si ces forces sont plus importantes et plus nombreuses, alors l’écoulement
devient plus lent et la viscosité du liquide est plus élevée. D’après la théorie des écoulements
laminaires, les liquides sont considérés comme un empilement de couches de liquides. Chaque
couche est animée d’un mouvement relatif par rapport à la couche voisine. Des forces de
frottement F tangentielles apparaissent et sont appelées forces de cisaillement. Par définition, la
viscosité dynamique ou apparente est le rapport entre la contrainte de cisaillement sur le taux de
cisaillement. Le système le plus courant fait appel à la rotation d’un cylindre (principe de Searle)
dans le liquide dont on souhaite évaluer la viscosité. Il est possible de réguler soit le taux de
cisaillement, soit d’imposer la contrainte de cisaillement.
Dans le figure 2, une plaque se déplace tangentiellement à la surface d’un liquide de hauteur h
selon une force appliquée F. Son déplacement, conséquence de l’application de F, est de ΔL. La
surface d’application de la force correspond à l’aire de la plaque A. La contrainte de cisaillement
τ est donnée par la formule :

F étant la force appliquée tangentiellement à la surface du matériau (en Newton) A étant la


surface d’application (en m2) τ est alors exprimé en Pa.

Nous pouvons calculer la déformation :

Δ L est le déplacement (en m)

h est la hauteur du liquide (en m)


y est la déformation (sans unité)

Le taux de cisaillement est la déformation rapportée au temps :

La viscosité dynamique est donc établie par la formule :

µ = τ /. y = contrainte de cisaillement / taux de

Cisaillement

L’unité internationale est le Pascal-seconde, P.A.S.

Quelques exemples de viscosités sont donnés dans le tableau 4.

Comme le montre ces exemples, la variation de la viscosité varie par puissance de 10.

4. COMPORTEMENT RHÉOLOGIQUE DES MATÉRIAUX

Un corps Newtonien (Figure 1) est un liquide qui présente une viscosité constante (quel que soit
vitesse de cisaillement ou la contrainte appliquée). L’eau est un corps newtonien. Un corps non
Newtonien est un liquide dont la viscosité mesurée est apparente car elle dépend de la vitesse de
cisaillement ou de la contrainte appliquée. Une autre expression des caractéristiques
rhéologiques d’un liquide est obtenue par la formule : Contrainte de cisaillement = K (taux de
cisaillement)n où K et n sont des constantes (à température et pression fixes) Si n est égal à 1,
alors la contrainte de cisaillement est directement proportionnelle au taux de cisaillement. Dans
ce cas, la viscosité est constante. Le liquide possède alors un comportement Newtonien.

Les fluides rhé fluidifiants ou pseudo plastiques ont une viscosité qui diminue si la contrainte ou
si la vitesse de cisaillement augmente. Les suspensions de particules asymétriques ont souvent ce
comportement : plus on cisaille vite, plus ces particules s’orientent dans le sens de l’écoulement
et leurs interactions de frottement diminuent. C’est le cas du sang, des polymères liquides à
longue chaîne (figure 3). A l’inverse, les liquides rhé épaississants ou dilatants présentent une
viscosité qui augmente si la vitesse ou la contrainte de cisaillement augmente. Certains amidons
dans l’eau présentent ce comportement. Les liquides plastiques ne s’écoulent qu’à partir d’une
certaine contrainte appelée seuil d’écoulement. Ils sont caractérisés par une contrainte de
cisaillement seuil τ c en dessous de laquelle l’écoulement n’est pas possible. Autrement dit,
lorsqu’ils sont soumis à une contrainte très faible, leur viscosité est tellement forte qu’ils ne
peuvent pas s’écouler spontanément à une échelle de temps acceptable pour l’observateur. Une
pâte dentifrice présente ce type de comportement car il ne s’écoule pas spontanément. C’est la
contrainte de brossage qui lui permet de s’écouler. Un fluide est thixotrope si sa viscosité, à
vitesse de cisaillement constante, diminue au cours du temps à condition que ce phénomène soit
réversible. Si le phénomène n’est pas réversible, c’est une modification de structure qui est la
cause de la baisse de la viscosité en fonction du temps. Parmi les matériaux à application
dentaire, nous pouvons citer les ciments eugénate de zinc et les élastomères polyéthers. Afin de
comparer ces corps entre eux on mesure la viscosité limite vers une vitesse de cisaillement nulle.
En effet la plupart des liquides présentent un comportement newtonien aux faibles vitesses de
cisaillement (Figure 4). Figure 4 : Mesures de la viscosité de polysaccharides de différentes
masses moléculaires en solution aqueuse à 3 % en masse.
Mesures de la viscosité en fonction de la vitesse de cisaillement, réalisées à l’aide d’un
Rhéomètre Haake RS 300.

4.1 LA VISCOÉLASTICITÉ

De nombreux matériaux ont un comportement intermédiaire entre solide et liquide. Pour la


plupart des solides, la relation entre contrainte et déformation est indépendante du temps. La
déformation est quasi instantanée à l’application de la force. Quel que soit le temps d’application
de celle-ci, à l’instant où elle cesse d’agir, le retour est immédiat et complet. Ceci est un
comportement élastique. Un corps visqueux présente le comportement d’un liquide car il
présente une déformation permanente sous contrainte. L’énergie du système est dissipée. On le
caractérise à l’aide d’un rhéomètre. Un corps élastique est un solide, il se déforme
proportionnellement à la contrainte qui lui est appliqué. La déformation élastique est instantanée
et récupérable. L’énergie du système est conservée. On le caractérise par ses propriétés
mécaniques en traction, compression…. Un certain nombre de corps sont viscoélastiques car ils
présentent des propriétés visqueuses et élastiques. On les représente par des associations en série
ou en parallèle de ressort (propriétés élastiques, figure 5) ou d’amortisseurs (propriétés
visqueuses, figure 6).
Si, avec un matériau au comportement purement élastique, la déformation est instantanée et
immédiate, comme la récupération, en revanche avec un matériau plastique, la déformation est
progressive et lente après la mise en charge. Avec l’arrêt de la mise en charge, on observe une
conservation de la déformation. L’exemple le plus parlant est celui de la pâte à modeler qui
conserve l’empreinte d’un doigt. La viscoélasticité est une combinaison des deux phénomènes et
peut être expliquée simplement par deux modèles : Le modèle de Maxwell, ressort et
amortisseur en série, représente le comportement d'un matériau viscoélastique liquide. Il possède
un comportement totalement élastique sous un effort brutal (un choc par exemple) et présente
une déformation résiduelle permanente après arrêt de la contrainte.

Le modèle de Kelvin-Voigt, ressort et amortisseur en parallèle (Figure 7), représente le


comportement d'un matériau viscoélastique solide ne possédant aucune élasticité instantanée.
Sous une déformation brutale, les contraintes deviennent infinies. Après arrêt de la contrainte le
matériau retrouve sa dimension initiale.
Ce sont les élastomères après polymérisation qui, dans le domaine de l’odontologie, sont les plus
représentatifs du comportement viscoélastique. Les macromolécules, freinées par leur
encombrement et les liaisons secondaires qu’elles ont établies entre elles ralentissent la
déformation lors de la mise en charge (lors du franchissement d’une contre-dépouille, par
exemple). Elles retourneront à leur état d’origine après la fin de la sollicitation mécanique. Le
modèle de la figure 7 est cependant trop simple. En réalité, le mécanisme est plus complexe et il
est mieux décrit dans la figure 8.
Le modèle de la figure 8 permet de comprendre les déformations que vont subir les matériaux à
empreintes élastiques types silicones, polysulfures ou polyéthers lors de leur désinsertion après
prise, en présence de contre-dépouille. Lorsque l’on franchit cette contredépouille, le matériau se
déforme immédiatement, avec un comportement apparemment élastique (temps 1). Comme le
franchissement de la contre-dépouille est parfois difficile et prend un temps certain, le
comportement viscoélastique se manifeste, avec un déplacement des deux amortisseurs du
schéma, correspondant à la réorientation des macromolécules du polymère : elles s’orientent
progressivement parallèlement les unes par rapport aux autres (temps 2). Dès l’instant où la
contre-dépouille est franchie, nous observons une récupération immédiate mais partielle.
L’empreinte semble avoir globalement repris sa forme correcte, mais il demeure toujours une
déformation des macromolécules qui mettront plus de temps à récupérer un état
thermodynamique plus stable en se repliant sur elles-mêmes. La récupération n’est pas totale car
certaines des macromolécules ne retrouvent pas leur forme originelle. Cette déformation est
définitive : c’est la déformation permanente. De l’étude de ce modèle, il convient de retenir
essentiellement deux éléments pour améliorer la précision dimensionnelle du modèle issu d’une
empreinte réalisée avec un élastomère : Il est nécessaire d’attendre quelques minutes pour
obtenir la récupération différée, entre le temps deux et trois. Couler trop rapidement cette
empreinte après désinsertion conduit à enregistrer la distorsion des macromolécules avant que la
récupération ne puisse se produire. Le temps de franchissement de la contre-dépouille, donc le
temps total de désinsertion de l’empreinte doit être le plus bref possible afin de limiter au
maximum les déformations viscoélastiques visqueux qui majorent la déformation permanente.
On peut également mesurer le comportement viscoélastique de corps par des mesures
mécaniques en fonction du temps :

● La relaxation : On peut étudier la réponse d’un corps élastique, visqueux ou viscoélastique. On


détermine alors une relation entre la déformation imposée et la contrainte qui en résulte en
fonction du temps. Cette relation est dite fonction de relaxation et est notée G(t) pour une
déformation de cisaillement.

● Le fluage consiste à étudier la réponse en déformation en fonction du temps de fluides


viscoélastiques ou de solides viscoélastiques à l’application d’une contrainte. La réponse est dite
fonction de fluage J(t). Il est possible de distinguer deux comportements viscoélastiques
différents :

● Un solide viscoélastique montre une contrainte qui relaxe partiellement dans les premiers
instants puis se stabilise. Cette stabilisation est caractéristique du solide.

● Un liquide viscoélastique montre une relaxation totale de la contrainte. Le caractère liquide


s'affiche dans le fait que la relaxation est totale. le liquide viscoélastique présente un écoulement
(il n'y a pas de stabilisation de la déformation sous charge, ce qui caractérise un liquide). On
parle de fluage visqueux. On ne retrouve pas la dimension originale de l’objet. Il y a une
déformation permanente résiduelle caractéristique des liquides. Un grand nombre de corps
comme les polymères ont un comportement mixte, solide et liquide qui est souvent lié à l’état
physique ou chimique de la matière. Un monomère qui polymérise puis réticule passe de l’état
liquide visqueux à liquide viscoélastique puis solide viscoélastique avant d’être parfaitement
élastique. Ces comportements dépendent également de la température. Ces différentes propriétés
ne sont pas cliniquement visibles lors de la prise des matériaux. Il faut bien en connaître le
fonctionnement physico-chimique afin d’évaluer leur comportement clinique et d’éviter les
erreurs
5. Conclusion

Les fluides peuvent être classés en fluides parfaits (sans frottement), fluides réels (avec frottement),
fluides incompressibles (liquides) et fluides compressibles (gaz). Les fluides sont caractérisés par
les propriétés suivantes: la masse volumique, le poids volumique, la densité et la viscosité. Ces
propriétés seront utilisées ultérieurement.
Le comportement mécanique et les propriétés physiques des fluides compressibles et ceux des
fluides incompressibles sont différents. En effet, les lois de la mécanique des fluides ne sont pas
universelles. Elles sont applicables uniquement pour une classe de fluides donnée. Conformément
à la classification qui a été faite, les lois relatives à chaque type de fluides seront exposées dans la
suite du cours d’une façon indépendante.

Bébliographie

 BAILON JP., DORLOT JM. : Des matériaux, 3ème éd. Montréal, Presses Internationales
Polytechnique, 2000 [6].
 https://www.technologuepro.com/cours-mecanique-des-fluides-2/chapitre-1-generalites-sur-
les-fluides.pdf. [7]
● COUARRAZE G., GROSSIORD JL. : Initiation à la rhéologie, Lavoisier - tec & doc 1991,
Paris, France [8].
● COUSSOT P., GROSSIORD J.-L. : Comprendre la rhéologie, EDP sciences 2001, Les Ulis,
France [9].

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