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ISSN 0249-6224

JB/JRO ISBN 2-85755-139-8


EN 01 / Santé - Environnement

Les huiles « bio » pour


le démoulage des
produits en béton

Réf. DDE 37
décembre 2003

par
Jacques BRESSON
© CERIB – 28 Épernon
DDE 37 – décembre 2003 - ISSN 0249-6224 - ISBN 2-85755-139-8
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représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement
de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de
l’article 40).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit,
constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du
Code pénal.
SOMMAIRE

Résumé.................................................................................................................. 5

1. Synthèse de l’étude .......................................................................................... 7

1.1 Objectifs ................................................................................................................ 7

1.2 Résultats ............................................................................................................... 7

1.3 Intérêt pour l’industrie du béton ......................................................................... 8

2. Les démoulants ................................................................................................ 9

2.1 Effets et fonctions recherchés............................................................................ 9

2.2 Performances et caractéristiques demandées aux démoulants...................... 10

3. Les huiles et lubrifiants ................................................................................... 12

3.1 Les huiles de base ............................................................................................... 13


3.1.1 Les huiles végétales................................................................................................ 13
3.1.2 Les huiles minérales................................................................................................ 13
3.1.3 Les huiles à base synthétique ................................................................................. 14

3.2 Les solvants.......................................................................................................... 15

3.3 Les additifs ........................................................................................................... 15

4. Les démoulants et huiles bio .......................................................................... 16

4.1 Les caractéristiques écologiques....................................................................... 16

4.2 Les caractéristiques toxicologiques .................................................................. 18

4.3 Les fiches de données de sécurité (FDS) .......................................................... 18

4.4 La biodégradabilité + essais et classifications ................................................. 19


4.4.1 Caractéristiques et méthodes d’essais de la biodégradabilité................................ 19
4.4.2 Classification des substances biodégradables ....................................................... 22
4.4.3 Classifications spécifiques aux démoulants............................................................ 22
4.4.4 Labels environnementaux pour les démoulants ..................................................... 23

4.5 Les démoulants bio proposés sur le marché .................................................... 24

5. L’utilisation des démoulants bio..................................................................... 25

5.1 Préparation des moules....................................................................................... 25


5.2 Application des huiles bio................................................................................... 26

5.3 Conditions d’hygiène sécurité et de protection de l’environnement .............. 29

5.4 Synthèse des remarques et expériences ........................................................... 30

6. Conclusion ........................................................................................................ 31

7. Bibliographie..................................................................................................... 34

8. Annexes............................................................................................................. 37

8.1 Extrait de l’arrêté du 20 avril 1994 ...................................................................... 37

8.2 Exemple de fiche de données sécurité .............................................................. 41

8.3 Classification SYNAD des agents de démoulage.............................................. 45

8.4 RAL UZ 64 « Ange bleu »..................................................................................... 46

8.5 Liste de fournisseurs de démoulants (liste non exhaustive) ........................... 55

8.6 Tableaux des caractéristiques des huiles bio ................................................... 56


Résumé
La gamme des démoulants proposés par les fournisseurs spécialisés comprend
maintenant des huiles « bio » à base végétale naturelle ou de synthèse. L’utilisation
de ces démoulants procure des avantages techniques et écologiques importants.

Ce rapport propose une synthèse des informations disponibles sur le sujet. Il


permettra à l’industriel d’effectuer un choix raisonné des produits de démoulage en
tenant compte à la fois des caractéristiques techniques et des apports pour
l’environnement et la santé liés à leur bonne biodégradabilité ultime.

Summary
The release agents offer from specialist suppliers nowadays includes « bio » oils
made from vegetable oils or synthetic esters bases. The use of these « bio » release
agents brings on major technical and ecological benefits.

This reports provides a synthesis of the available information on the subject. It will
enable industrialists user’s of release agents to make a sensible choice taking
account of both their technical characteristics and their ultimate biodegradability for
the environmental and health benefits.

-5-
1. Synthèse de l’étude

1.1 Objectifs La gamme des démoulants destinés à la production d'éléments en


béton comprend depuis quelques années plusieurs huiles
qualifiées de « bio » par les fournisseurs spécialisés. Ces huiles
bio, à base végétale naturelle ou de synthèse, sont présentées
comme ayant des avantages techniques et surtout écologiques
importants.

Cependant leurs coûts (prix de vente au litre) sont nettement


supérieurs à ceux des produits de démoulage traditionnels à base
d'huiles minérales.

Les arguments avancés concernent l'amélioration des fonctions de


base (faible adhérence, meilleure protection des moules), les
conditions de travail (faible toxicité et risques réduits) et la
réduction de l'impact sur l'environnement (biodégradabilité
importante, faible toxicité).

L'objectif visé par cette étude est de fournir des informations


objectives sur les caractéristiques et les performances réelles de
ces huiles bio, en particulier vis-à-vis de leur impact
environnemental et de leurs apports sur l'amélioration des
conditions de travail. Ces informations concernent aussi les
conditions d'utilisation des huiles de démoulage dont les méthodes
habituelles d'emploi peuvent être améliorées.

1.2 Résultats Un inventaire exhaustif des fonctions demandées aux démoulants


a conduit à leur classement en quatre domaines : le béton, le
moule, la mise en œuvre, les conditions de travail-environnement.
Cet inventaire (tableau 1) permet de mieux définir les
performances et caractéristiques à demander aux démoulants.

La synthèse des informations disponibles sur les différentes


catégories d'huiles de base (tableau 2) apporte une meilleure
connaissance sur la constitution des démoulants et sur l'origine de
leurs divers composants. Cette connaissance est nécessaire pour
comprendre les termes et données techniques figurant dans les
fiches techniques des fournisseurs.

Pour les huiles de démoulage « bio » les données écologiques et


toxicologiques de ces fiches techniques sont souvent complétées
par celles contenues dans les fiches de données sécurité (FDS)
qu’il convient donc d’examiner.

La classification des huiles de démoulage « bio » proposée par le


SYNAD (annexe 8.3) permet une bonne appréciation de l'impact
environnemental et des risques pour la santé des travailleurs liés à
l'utilisation des divers types de démoulants proposés.

Les informations apportées par le tableau de synthèse


(annexe 8.6) des données techniques relatives aux huiles « bio »
recensées sur le marché français, constituent une base de
données utile dans une démarche de choix raisonnée. Cette
démarche est concrétisée en fin de rapport sous la forme d'un

-7-
guide pour le choix des huiles « bio » pour le démoulage des
bétons.

Moyennant des conditions d'utilisation optimisées ainsi que des


règles d'application bien définies et respectées par les opérateurs,
il apparaît que l'emploi des huiles « bio » peut dans de nombreux
cas constituer de réels apports positifs. Ces apports, concernant
aussi bien les aspects techniques qu'écologiques ou humains
(conditions de travail), apparaissent économiquement réalistes.

1.3 Intérêt pour Les meilleures connaissances apportées par la présente étude sur
l’industrie du béton les huiles utilisées pour le démoulage des bétons, en particulier
sur leur constitution et leurs propriétés essentielles (dont la
biodégradabilité), permettent de définir des bases de choix
objectives dépassant les argumentaires commerciaux. Les
conclusions et le guide proposé pour le choix des huiles « bio »
facilitent la bonne prise en compte de tous les paramètres
concernés, évitant ainsi de nombreux essais préalables ou des
choix inadaptés.

-8-
2. Les démoulants

2.1 Effets et Les démoulants sont des produits destinés à être appliqués sur les
fonctions surfaces des moules pour aider le démoulage des éléments en
réduisant fortement l’adhérence entre le moule et le béton.
recherchés Cette fonction principale des démoulants est nécessaire aussi bien
en démoulage immédiat qu’en démoulage différé et pour tous les
types de moules (acier, bois, plastique…).

Les démoulants ont toujours un effet (favorable ou défavorable)


sur les surfaces ou la peau des bétons, notamment sur :
- l’aspect et la durabilité par la modification de la porosité de
surface affectant l’uniformité des teintes, la présence éventuelle
de tâches, la formation ou non de phénomènes de farinage ou
d’efflorescences ;
- la rugosité et l’aptitude à recevoir un revêtement ultérieur en
raison d'une modification de l’état de surface du béton (apporté
par le blocage ou le cheminement des bulles d’air ou de l’eau
de ressuage).

Les démoulants ont aussi toujours un effet sur les surfaces des
moules en particulier sur leur :
- aptitude ou facilité de nettoyage, qui est fortement dépendante
de l’adhérence du béton (frais ou durci) et des phénomènes
d’encrassement par le béton lors des démoulages successifs ;
- durabilité, qui peut être affectée par les phénomènes de
corrosion (moule en acier), de ramollissement (moule
élastomère), de pourriture (moule en bois) ou d’abrasion (en
particulier dans le cas du démoulage immédiat).

Les démoulants doivent donc, en plus de leur fonction


fondamentale d’aide au démoulage, remplir les fonctions
principales suivantes :
- amélioration des aspects de surface des bétons (réduction des
défauts, tâches, bullage, farinage, efflorescences) ;
- réduction des arrachements superficiels de la peau des
bétons ;
- réduction de l’encrassement des moules et aide à leur
nettoyage ;
- amélioration de la durabilité des surfaces des moules
(protection contre la corrosion en particulier).

L’importance de chacune de ces fonctions dépend du type et des


conditions de production ainsi que du produit fabriqué. Ainsi, par
exemple, la production de poteaux de clôture en démoulage
immédiat par retournement, nécessite de privilégier la réduction de
l’encrassement des moules (car ce phénomène est cumulatif).
Pour la production de prédalles avec étuvage, la protection contre
la corrosion devient fondamentale car la sous-face des prédalles
doit être bien lisse et exempte de taches de rouille.

-9-
Cela explique la diversité des démoulants proposés par les
fournisseurs qui peuvent modifier certains de leurs produits pour
les adapter aux fonctions principales demandées.

Des produits comparables aux démoulants sont de plus en plus


utilisés dans les usines pour éviter que le béton n'adhère aux
matériels tels que bennes, tables vibrantes, malaxeurs. Ces
produits appelés « produits de protection » remplissent la même
fonction principale que les démoulants et apportent les mêmes
effets que ceux recherchés pour les moules, c'est-à-dire faciliter le
nettoyage et protéger contre la corrosion. Bien entendu, les effets
sur le béton sont quasiment inexistants dans la mesure où la
quantité de produit entraîné dans le béton reste négligeable
(même pour les premières gâchées).

Il convient de noter que les fonctions principales demandées aux


démoulants ne peuvent être correctement satisfaites que si les
conditions de mise en œuvre et de manipulation sont adaptées
aux pratiques et aux conditions climatiques courantes des usines.

2.2 Performances Les performances demandées aux démoulants sont directement


et caractéristiques liées aux fonctions à remplir et aux résultats recherchés. Elles
dépendent donc de leur domaine d’utilisation (type de béton, de
demandées aux durcissement, de démoulage, d’aspect…) qu’il faut absolument
démoulants bien connaître avant de choisir tel ou tel type de démoulant. Ces
performances dépendent aussi largement des conditions pratiques
de stockage et d’application sur les moules. En effet la nature de
ces démoulants (le plus souvent à base d’huiles) implique des
caractéristiques adaptées pour réduire les risques vis-à-vis de
l’environnement et de la santé, en relation avec les conditions
pratiques de stockage et d’application. Elle implique aussi des
caractéristiques adaptées pour satisfaire aux exigences de facilité
d’emploi et de qualité de travail (application uniforme aisée avec
des conditions climatiques variables).

Les performances ou caractéristiques demandées aux démoulants


peuvent donc être définies par rapport à quatre domaines :
Le béton, le moule, la mise en œuvre, les conditions de travail
et l’environnement. Le tableau ci-après dresse un inventaire le
plus exhaustif possible de celles-ci, pour la plupart des domaines
d’application concernant l’industrie du béton.

Pour les produits de protection des matériels, on retrouve les


mêmes besoins de performances pour les trois domaines autres
que le béton.

- 10 -
- 11 -
3. Les huiles et lubrifiants

Un lubrifiant est un produit généralement liquide ou pâteux qui,


inséré entre des surfaces, facilite leurs mouvements relatifs. Dans
le cas des produits de démoulage, souvent appelés huile de
démoulage, le lubrifiant est chargé de réduire l’adhérence entre les
surfaces des moules et celles du béton.

Cette réduction d’adhérence doit permettre un démoulage aisé


sans risques d’arrachements des surfaces du béton. Elle doit aussi
permettre de garder les moules propres ou de faciliter leur
nettoyage pour pouvoir les réutiliser rapidement.

Les huiles, les graisses, les cires ou les paraffines ont été utilisées
depuis très longtemps comme agents démoulants en raison de
leurs propriétés lubrifiantes et de protection des surfaces de
moules (contre l’encrassement et la corrosion des moules
métalliques).

Les huiles de démoulage sont souvent des produits complexes, en


général constitués d’une huile de base, de solvants et d’additifs
(voir tableau 2).

1 Huiles de base
- huiles d’origine végétale (triglycérides naturels), colza,
soja, tournesol…
- huiles minérales (paraffiniques, naphténiques, naphténo-
aromatiques…)
- huiles hydroraffinées ou hydrocraquées (semi-
synthétiques)
- huiles blanches traitées à l’hydrogène (vaseline)
- huiles usagées reraffinées
- huiles synthétiques
- hydrocarbures synthétiques (polyalphaoléfines hydrogénées
PAO)
(polyoléfines internes PIO)
(polybutènes et polyisobutène
PIB)
- esters organiques issus de la pétrochimie
(diesters) issus des huiles végétales
- polyglycols (oxydes d’éthylène)
- huile silicones

2. Solvants
- hydrocarbures volatils (white spirit, naphta, glycérine)
- eau
- alcools et glycols

3. Additifs
- antioxydants, antirouille, tensio actifs…

Tableau 2 : les différents composants des démoulants

- 12 -
3.1 Les huiles de Elles peuvent être d’origine naturelle végétale, minérales extraites
base du pétrole ou synthétiques.

3.1.1 Les huiles Les huiles et graisses végétales ont été largement utilisées au
végétales 19e siècle pour l'éclairage et la lubrification. Cependant
l'avènement des huiles minérales au 20e siècle a réduit leur rôle à
celui d'additif. Depuis quelques années les huiles et graisses
végétales font un « retour » important poussé par l'intérêt
grandissant pour les aspects environnementaux et par la
recherche de l'efficacité.

Les huiles végétales sont des triglycérides naturels facilement


biodégradables et possédant un bon pouvoir lubrifiant. Cependant
leur stabilité à la chaleur, à l'eau et à l'oxydation est limitée.
L’utilisation des huiles végétales, notamment les huiles de colza ou
de tournesol, est de plus en plus fréquente pour les formulations
d’huiles de démoulage ou d’huiles de graissage perdues (chaînes
de tronçonneuses) en raison de leur bonne biodégradabilité. Pour
les applications avec des conditions plus sévères (moteurs
2 temps, transmissions hydrauliques), l’oxydation rapide des huiles
végétales est un gros handicap. On utilise alors des esters
synthétiques (issus ou non de corps gras naturels).

3.1.2 Les huiles Les huiles minérales proviennent essentiellement de la distillation


minérales du pétrole brut. Ce sont des mélanges complexes d’un grand
nombre d’hydrocarbures contenant de petites quantités
d’impuretés résiduelles oxygénées, azotées et soufrées. Selon le
type de pétrole brut utilisé, les huiles de base sont dites à
tendance : « paraffinique », « naphténique », « naphténo-
paraffinique » ou « naphténo-aromatique ».

Les huiles de base paraffiniques sont caractérisées par leur


stabilité à l’oxydation et une viscosité stable aux variations de
température (indice de viscosité élevé). Par contre elles ont un
pouvoir solvant limité.

Les huiles de base naphténiques sont moins stables à l’oxydation


et sont agressives vis-à-vis des élastomères, mais leur pouvoir
solvant est meilleur.

Les composés aromatiques plus ou moins présents dans de


nombreuses huiles de base minérale sont des produits denses
peu stables à l’oxydation et très agressifs vis-à-vis des
élastomères. Ces composés aromatiques sont dangereux pour la
santé (toxiques, mutagènes) et pour l’environnement (car
difficilement biodégradables). On recherche donc leur élimination
maximale lors des raffinages. Seules les huiles dites « blanches »
traitées à l’hydrogène sont totalement exemptes d’hydrocarbures
aromatiques ou naphténiques lourds.

Certains traitements de raffinage particuliers comme par exemple


l’hydroraffinage ou l’hydrocraquage conduisent à des huiles de
base minérale à faible teneur en composés aromatiques, soufre ou
azote. Un traitement d’hydro-isomérisation des paraffines conduit à
des huiles encore plus pures ne contenant que de très faibles
quantités d’hydrocarbures aromatiques (0,1 %) et de soufre.

- 13 -
Les huiles usagées nécessitent des traitements de re-raffinage
poussés pour éliminer les impuretés et additifs présents dans les
huiles récupérées.

3.1.3 Les huiles à base Les huiles à base synthétique sont obtenues par synthèse
synthétique chimique (addition, polymérisation, estérification) de composants
provenant de la pétrochimie, de la carbochimie, de la lipochimie et
de la chimie organique.

Elles comprennent principalement les sous-familles suivantes :


a. les hydrocarbures de synthèse PAO, PIO ;
b. les esters, diesters et esters de néopolyols ;
c. les polyglycols ;
d. les huiles silicones ;
e. les composés organiques halogénés.

a. Les huiles à base d’hydrocarbures de synthèse sont très


variées, mais peu sont utilisées de façon industrielle. Les plus
courantes sont les polyalphaoléfines hydrogénées (PAO), issues
de la transformation de l’éthylène. Elles sont caractérisées par une
absence totale de composés aromatiques et d’impuretés et une
très grande résistance à l’oxydation. À viscosité égale leur volatilité
est très inférieure à celle des huiles minérales. Leur caractère très
apolaire leur confère une bonne désémulsion et une neutralité vis-
à-vis des élastomères et des peintures. Les polyoléfines internes
(PIO) issues de la transformation des paraffines extraites lors du
déparaffinage des gazoles ont des propriétés comparables aux
PAO mais une biodégradabilité supérieure.
Les polybutènes de faible viscosité sont largement utilisés, en
particulier pour les moteurs à essence 2 temps et dans les huiles
de démoulage.

b. Les esters constituent une famille importante dans les huiles de


synthèse.
Obtenus par estérification de produits issus de la pétrochimie
(minéraux) ou de produits organiques (en particulier des huiles
végétales), les esters sont totalement dépourvus de composés
aromatiques et d’impuretés soufrées ou azotées.
Grâce à leur faible volatilité ces esters peuvent être utilisés pour
élaborer des solvants à faible pression de vapeur limitant ainsi la
formation de COV (Composés Organismes Volatiles). Leur indice
de viscosité élevé à caractère multigrade apporte une bonne
stabilité de la viscosité à la température évitant ainsi la nécessité
d'additifs.
Du fait de leur bonne aptitude à la biodégradabilité, les esters sont
de plus en plus utilisés pour la formulation d’huiles pour moteurs
2 temps, pour le graissage perdu (chaînes de tronçonneuses par
exemple) et les huiles de démoulage. Pour certaines leur
biodégradabilité (selon le test CEC L-33A-94) dépasse 95 %.

Par opposition aux précédentes huiles synthétiques, les esters


présentent souvent une forte polarité qui leur procure une bonne

- 14 -
aptitude à se fixer sur certaines surfaces métalliques améliorant
aussi l’efficacité de leur pouvoir lubrifiant.

c. La famille des polyglycols regroupe plusieurs huiles de


synthèse fabriquées à partir de l’oxyde d’éthylène ou de propylène.
Ils sont essentiellement utilisés pour la préparation de liquides de
freins automobiles et de liquides de refroidissement de moteurs.
De manière générale, ils possèdent un bon pouvoir lubrifiant et un
pouvoir réfrigérant élevé ; ils sont peu toxiques et facilement
biodégradables s'ils contiennent une forte proportion d’oxyde
d’éthylène. Cependant leur affinité pour l’eau (solubilité élevée)
peut entraîner des corrosions de métaux, des attaques des
peintures et élastomères, ainsi que des difficultés de récupération
en cas de pollution du milieu naturel.

d. Les huiles silicones ou polysiloxanes sont des huiles de


synthèse présentant une très grande stabilité à la fois thermique et
chimique, mais leur pouvoir lubrifiant vis-à-vis des métaux est
faible. Celui-ci est, par contre, excellent pour les surfaces
plastiques ou élastomères d’où leur utilisation comme agents
démoulants pour les moules constitués de ces matériaux.

e. Les composés organiques halogènes comprennent en


particulier les PCB (polychlorobiphényles) plus connus sous la
marque commerciale « Pyralène ». Ils possèdent d’excellentes
propriétés de résistance au feu et diélectriques d’où leur utilisation
dans les transformateurs. Cependant, les risques de formation de
dioxines et de furannes en cas d’incendie ont entraîné l’interdiction
de leur emploi.

3.2 Les solvants Les solvants ajoutés, en particulier aux huiles de démoulage, sont
destinés à les rendre plus fluides lors de leur application en
formant une dispersion du lubrifiant dans le fluide solvant. Ce
fluide solvant est constitué, le plus souvent, par des hydrocarbures
très volatils (white spirit, naphta, glycérine…), de l'eau, des alcools
et glycols (isopropyliques…), des acétates d'éthyle…

3.3 Les additifs Les additifs sont largement utilisés dans de nombreuses huiles de
démoulage. On retrouve certains additifs traditionnels des huiles
de moteurs ou de transmission, tels que par exemple :
- des agents antioxydants ;
- des additifs antirouille ;
- des agents d'adhérence ;
- des agents abaisseurs du point d'écoulement ;
- des épaississants.

Certains de ces additifs peuvent présenter des caractères de


toxicité ou d'écotoxicité importants ou de faible biodégradabilité,
comme par exemple les antioxydants phénoliques.

- 15 -
4. Les démoulants et huiles bio

L’intérêt grandissant et le développement récent des huiles ou


produits de démoulage dit « bio » sont liés à leurs compositions
particulières à base d’huiles végétales qui leur confèrent des
propriétés favorables vis-à-vis de l’environnement et de la santé,
sans compromettre de façon notable leurs performances
techniques.

Par rapport aux démoulants traditionnels à base d’huiles


minérales, les « démoulants bio » permettent de réduire à la fois
les impacts environnementaux et l’impact sanitaire. En effet, ces
démoulants, souvent mis en œuvre dans des conditions
défavorables (excès, écoulements sur le sol, entraînement dans
les eaux de lavage pulvérisation en espaces non ventilés…),
peuvent être à l’origine de problèmes de pollution (du sol, des
eaux, de l’air…) ou de santé pour les opérateurs (irritations,
eczéma), ceci dès que leurs constituants de base ou leurs
solvants et additifs sont potentiellement polluants ou nocifs.

Les impacts environnementaux ou sanitaires des produits de


démoulage sont évidemment directement liés à leurs
caractéristiques écologiques et toxicologiques, mais aussi à leurs
conditions d’emploi (stockage, manipulation, application).

4.1 Les Les caractéristiques écologiques d’un produit permettent d’évaluer


caractéristiques son comportement ou son devenir probable dans l’environnement,
ainsi que ses effets possibles sur les diverses composantes de
écologiques l’environnement. Elles font partie des informations que l’on peut
trouver dans les fiches de données de sécurité (FDS) rendues
obligatoires pour tous les produits chimiques dangereux définis par
la directive 91/155/CEE du 5 mars 1991. Le tableau 3 ci-après
précise les propriétés concernées par ces informations
écologiques.

- 16 -
Propriétés
Propriétés Grandeurs caractéristiques
génériques
- volatilité (aptitude à l’évaporation) - constante de henry
en milieu aqueux - pression de vapeur P
ou à partir du sol si P ≥ 100 pa le produit est volatil à
partir du sol
- adsorption/désorption - coefficient de partage n-octanol/eau
Mobilité échanges - coefficient d’adsorption du carbone
possibles entre eau, organique
air, sol solubilité dans l’eau
- précipitation - densité par rapport à l’eau
- tensioactivité - tension superficielle (T)
si T < 50 mn/m à la concentration de 1 g/l
le produit est considéré comme
tensioactif
- « comportement cible » : milieu ultime
Affinité vers lequel le produit à tendance à
migrer
- hydrolyse (aptitude à réagir avec l’eau)
(dépend du pH)
- photolyse (dégradation sous l’action de demi-vie (en j) = durée nécessaire à la
Dégradabilité la lumière en milieu aérien ou aqueux) dégradation de la moitié du produit
- oxydoréduction
- neutralisation (par le gaz carbonique)
- biodégradabilité aérobie primaire
(disparition de la molécule de départ
par des microorganismes utilisant de
l’oxygène)
- biodégradabilité aérobie ultime
Biodégradabilité (biodégradation en CO2 et H2O) % de biodégradation après x jours
- biodégradabilité anaérobie
(transformation par organismes
n’utilisant pas d’oxygène)
- persistance (existence d’un produit
dans le temps)
- bioaccumulation de substances - coefficient de partage n-octanol/eau
chimiques non ionisables Poe
Bioaccumulation - rapport de concentration dans le si Log Poe ≥ 3 produit potentiellement
(accumulation dans les poisson bioaccumulable
organismes vivants) - bioamplification (aptitude à
s’accumuler dans les chaînes - facteur de bioconcentration : BCF
alimentaires) si BCF ≥ 100 produit considéré comme
bioaccumulable
- effets sur les organismes aquatiques toxicité aiguë sur daphnies, poissons ou
- effets sur les organismes du sol (par algues
Écotoxicité ex. : vers de terre) concentration létale CL50
- effets sur la flore terrestre concentration efficace CE50
- effets sur la faune terrestre concentration létale CL50/j en mg/kg
- potentiel d’appauvrissement de la - activité bactériostatique
couche d’ozone - activité bactéricide g/l
- potentiel de formation d’ozone - demande biochimique en oxygène
Effets nocifs divers photochimique (DBO)
- potentiel de réchauffement global - demande chimique en oxygène (DCO)
- effets sur les installations de traitement
des eaux résiduaires

Tableau 3 : Propriétés écologiques d'un produit


(extrait de la section 12 des textes normatifs ou réglementaires définissant les FDS)

- 17 -
4.2 Les Les caractéristiques toxicologiques d’un produit permettent
caractéristiques d’obtenir une description complète des différents effets d’un
produit (pour la santé des utilisateurs).
toxicologiques
Ces effets néfastes observables lorsque l’utilisateur entre en
contact avec un produit chimique comprennent :
- la toxicité aiguë ;
- les effets locaux ;
- la sensibilisation ;
- la toxicité chronique ;
- les effets spécifiques (cancérogènes, mutagènes…).

Ces effets néfastes peuvent être liés à différents types de contacts


(par inhalation, contact avec la peau, ingestion) ou d’expositions
(unique, répétée, continue) et peuvent se manifester sous la forme
d’effets immédiats, différés ou spécifiques (par ex. : cancérogènes,
mutagènes…).

Les phrases types de la section 11 des fiches de données de


sécurité (FDS) décrivent les caractéristiques toxicologiques
connues d’un produit et précisent les effets observés en fonction
des différentes voies d’exposition.

Par exemple : « 1122-R-900 À forte concentration, les vapeurs


peuvent provoquer une irritation des voies
respiratoires »
« 1135-R-651 Le contact répété ou prolongé peut
provoquer une sensibilisation de la peau (dermite,
rougeur…) »

4.3 Les fiches de Ces caractéristiques écologiques et toxicologiques font partie des
données de sécurité informations accessibles dans les fiches de données de sécurité
qui comprennent également des données physico-chimiques et
(FDS) réglementaires applicables à un produit chimique. Obligatoire en
France depuis le 1er avril 1988 pour les produits chimiques classés
dangereux, la fourniture d’une fiche de donné sécurité est
maintenant intégrée dans le processus commercial de nombreux
produits et en particulier les produits de démoulage.

L’information apportée par un fournisseur à l’utilisateur de produits


chimiques est basée sur une réglementation européenne
transposée en droit français dont l’essentiel est inclus dans l’arrêté
du 20 avril 1994 « relatif à la déclaration, la classification,
l’emballage et l’étiquetage des substances ».

Cette information comprend plusieurs niveaux :


- l’information immédiate par l’étiquetage des produits et leur
signalisation ;
- l’information complète apportée par la fiche de données
sécurité qui s’adresse principalement aux spécialistes de la
prévention ;
- l’information adaptée apportée par la fiche de poste de travail
qui doit apporter une synthèse des informations précédentes.

- 18 -
L'étiquetage doit nécessairement comprendre les indications de
danger, les phrases de risques (R) et les conseils de prudence (S)
définis par l'arrêté du 20 avril 1994 (voir annexe 1). Le contenu des
fiches de données sécurité doit être conforme à la norme
homologuée NF ISO 11014-1 (voir en annexe 2 un exemple de
FDS d'un démoulant pour béton).

La fiche de données sécurité (FDS) est donc l’élément essentiel de


l’information disponible sur un produit donné. Elle doit en principe
permettre d’évaluer les impacts environnementaux et sanitaires
d’un produit. Cependant, elle ne reflète que le niveau des
connaissances du fournisseur et peut se révéler insuffisante pour
bien évaluer ces impacts.

4.4 La En général le terme « bio » intégré dans l’appellation du produit ou


biodégradabilité dans sa fiche technique constitue un premier élément d’information
sur le caractère amélioré des caractéristiques écologiques et
+ essais et toxicologiques de ce produit. Ce terme « bio » recouvre à la fois des
classifications critères de composition et des caractéristiques de biodégradabilité. Il
peut concerner l’huile de base et éventuellement le solvant ainsi que
les additifs intégrés à l’huile. Il est donc aussi important de savoir
dans quelles conditions, avec quelles méthodes d’essais et sur
quels produits les caractéristiques de biodégradabilité ont été
déterminées (en particulier si les essais ont été réalisés sur le
démoulant prêt à l’emploi ou sur son huile de base) que de connaître
ces caractéristiques.

4.4.1 Caractéristiques La biodégradabilité est la capacité d’une substance à subir une


et méthodes d’essais biodégradation, c’est-à-dire une métabolisation (destruction
de la biodégradabilité partielle ou totale de la substance par des micro-organismes, qui
s’en servent comme source de carbone et/ou d’énergie). La
biodégradation peut se faire en milieu aérobie (les organismes
respirent de l’oxygène) ou en milieu anaérobie, (les organismes
n’utilisent pas l’oxygène dans leur système respiratoire).

a. La biodégradation aérobie catalysée des micro-organismes


utilisant l’oxygène se fait selon la réaction suivante :
Produit + O2 → produits de biodégradation* + CO2 + H2O
+ éléments N, P, S **

* Les produits de biodégradation peuvent être :


- des constituants cellulaires utilisables par les micro-organismes ;
- des substances à leur tour biodégradées selon le même schéma ; des
substances non biodégradables et donc persistantes.
** Les éléments N, P, et S sont oxydés en sels minéraux.

b. La biodégradation anaérobie se fait par des micro-organismes


n’utilisant pas l’oxygène dans leur système respiratoire. La
réaction de biodégradation est la suivante :
Substance → Produits de biodégradation + CO2 + CH4

La biodégradabilité primaire correspond à l’élimination de la


molécule de départ. Cette biodégradation est évaluée par mesure de
la disparition de la molécule de départ, étudiée par une méthode
analytique spécifique. On ne tient pas compte à ce stade de la
nature des « produits de biodégradation » de la réaction, bien qu’il

- 19 -
puisse y avoir des sous-produits persistants. Les résultats sont
indiqués en % de biodégradation pour une durée exprimée en jours.

La biodégradation ultime correspond à la biodégradation complète


de la substance en CO2 et H2O. Cette biodégradation est évaluée :
- soit par mesure de la disparition du carbone organique dissout
(COD) lorsque le produit est soluble dans l’eau aux
concentrations testées ;
- soit par la mesure « respiromètrique » de la production de
CO2 ;
- soit par la mesure « respiromètrique » de la consommation
d’oxygène.

Les quantités ainsi consommées (oxygène ou COD) ou produites


(CO2), après une durée déterminée (en jours), sont comparées à
celles nécessaires à une dégradation de 100 % de la molécule
pour exprimer un pourcentage de biodégradabilité ultime.

Les méthodes d’essais utilisées pour évaluer la biodégradabilité


primaire ou ultime des composés organiques sont précisées dans
le tableau 4 avec les références des normes ou directives
correspondantes.

Essais de biodégradabilité primaire (primary)

1 CEC L-33-A-93 Méthode d’essai de biodégradabilité dans l’eau des huiles de


moteurs hors-bord deux temps
ou
CEC L-33-A-94/NFT 60-198 Évaluation de la biodégradabilité primaire par
spectrophotométrie infrarouge
Essais de biodégradabilité aérobie ultime (ultimate)

2 - NF EN ISO 9439/NFT 90-306 (2000-09) - OCDE 301 B, (1) C4C


Essai de dégagement de dioxyde de carbone (essai STURM modifié)
3 - NF EN ISO 9408/NFT 90-309 (1999-10) - OCDE 301 F, (1) C4D
Essai de demande en oxygène dans un respiromètre fermé
4 - MITI I (Japon) - OCDE 301 C (1) C4F
Essai de demande en oxygène modifié
5 - NF EN ISO 10707/NFT 90-321 (1998-04) - OCDE 301 D, (1) C4E
Méthode par analyse de la demande biochimique en oxygène (essai en fiole
fermée)
6 - NF EN ISO 7827/NFT 90-312 (1996-02) - OCDE 301 A, (1) C4A
Méthode par analyse du carbone organique dissout (COD)
Essais de biodégradabilité intrinsèque (inhérent)

7 - NF EN ISO 9888/NFT 90-316 (1999-09) - OCDE 302 B, (2)


Essai statique méthode Zahn-Wellens (carbone organique dissout)
8 - NF EN ISO 9887/NFT 90-314 (1995-02) - OCDE 302 A, (2)
Méthode semi-continue par boues activées (méthode SCAS)
9 - MITI II (Japon) - OCDE 302 C, (2)
Essai de demande en oxygène
10 - CONCAWE biodégradation test ISO 14593 modifié
Essai de dégagement de CO2 avec inoculum modifié sur une durée prolongée
(1) directive CEE 92/69
(2) directive CEE 87/302

Tableau 4 : Méthodes d’essais de biodégradabilité

- 20 -
Les essais utilisés pour déterminer la biodégradabilité ultime
peuvent, selon le cas, être réalisés :
- dans des conditions (milieu aérobie) de faible biodégradation
(ensemencement microbien à faible concentration), on parle
alors de biodégradation facile (ready biodégradation) ;
- dans des conditions plus favorables (boues activées comme
source de micro-organismes), la biodégradation est alors
qualifiée d’intrinsèque (inhérent biodégradation).

Les méthodes d’essais le plus souvent utilisées et citées comme


référence pour la biodégradabilité des huiles de démoulage,
correspondent aux repères 1,2 et 3 du tableau 4.

La méthode 1 développée pour évaluer les huiles de moteurs hors-


bord ne permet de mesurer que la biodégradabilité primaire, c’est-
à-dire la destruction partielle des molécules d’origine (sans
possibilité d’évaluation de produits organiques persistants).

Les méthodes 2 et 3 correspondent à la biodégradabilité ultime,


c’est-à-dire la destruction totale des molécules organiques en CO2
H2O, sels minéraux. Cependant, l’essai de demande en oxygène
(essai 3) est plus facile à réaliser que l’essai de dégagement de
CO2 (essai 2).

Les essais de biodégradabilité ultime (repères 2 à 6 du tableau 4)


sont quelquefois considérés comme trop rigoureux avec comme
conséquence la sous-estimation de la biodégradabilité réelle de
certains produits. Aussi les essais de biodégradabilité intrinsèque
(repères 7 à 10 du tableau 4) apparaissent, pour certains
spécialistes, comme beaucoup plus réalistes. Parmi ces essais, il
convient d’éliminer les essais basés sur la détermination du
carbone organique dissout car de nombreuses huiles sont très peu
solubles dans l’eau. L’essai CONCAWE (repère 10 du tableau 4) a
été développé récemment pour la détermination de la
biodégradabilité intrinsèque des huiles, mais son utilisation n’est
pas encore suffisamment répandue pour servir de référence.

Il apparaît donc, en conclusion de cette analyse, que la méthode


qui présente à la fois une bonne applicabilité aux huiles, une
bonne diffusion, un coût raisonnable et un caractère sélectif
suffisant, est la méthode n° 3 basée sur l'essai de demande en
oxygène selon NF EN ISO 9408 – OCDE 301F.

- 21 -
4.4.2 Classification Les produits peuvent être qualifiés de facilement, intrinsèquement,
des substances partiellement ou non biodégradables.
biodégradables
Les critères de classement de base pour la biodégradabilité sont
ceux définis par les directives de la CEE et repris en droit français
par les textes réglementaires relatifs à la classification et à
l’étiquetage de substances (arrêté du 20 avril 1994). Ils sont
définis dans le tableau 5 ci-après.

Essai de biodégradation Essai de biodégradation


Classification
facile intrinsèque
≥ 70 % disparition COD
ou
Facilement ≥ 60 % production CO2
Non concerné
biodégradable ou
≥ 60 % consommation O2
et t ≤ 10 jours
< 70 % disparition COD
ou
Non facilement
< 60 % production CO2 Non concerné
biodégradable
ou
< 60 % consommation O2
Intrinsèquement ≥ 70 % disparition COD
biodégradable ou
≥ 70 % disparition COD ou
(totalement biodégradable ≥ 60 % production CO2
DCO
dans un essai de ou
t ≤ 28 jours (durée totale)
biodégradation ≥ 60 % consommation O2
intrinsèque) et t > 10 jours
< 70 % et ≥ 20 %
Partiellement
Non concerné disparition COD ou DCO
biodégradable
t ≤ 28 jours (durée totale)
< 20 % disparition COD ou
Non biodégradable Non concerné DCO
t ≤ 28 jours

Tableau 5 : Critères CEE de classement des substances pour leur biodégradabilité


aérobie ultime

4.4.3 Classifications Diverses classifications ou labels basés sur la biodégradabilité et


spécifiques aux la toxicité ont été créés pour informer les utilisateurs et promouvoir
démoulants le développement des démoulants « bio ». Ils intègrent plusieurs
critères, en particulier : biodégradabilité, toxicité, caractères
dangereux.

• La plus importante et la plus utile est la classification des


produits de démoulage élaborée par la commission technique
du SYNAD (SYndicat National des ADjuvants pour bétons et
mortiers). L’édition 2004 de cette classification est reproduite
en annexe 8.3.
Celle-ci combine une appellation bien définie (pur végétal, à
base végétale, émulsion d’huile végétale, pure synthèse,
synthèse…) et des critères d’information sur la sécurité feu, la
santé et l’environnement. Les critères d’informations classées
de 1 à 5 prennent en compte des caractéristiques de
composition (par exemple concentration en huile ou solvant
végétal), l’absence « d’étiquetage sécurité » ou de composés

- 22 -
dangereux et le niveau de biodégradabilité ainsi que celui de
leur point éclair (pour ce qui concerne le critère sécurité feu).

Pour ce qui concerne la biodégradabilité, l’essai retenu est


l’essai de biodégradabilité ultime effectué sur le démoulant, prêt
à l’emploi par la mesure de la demande en oxygène selon
NF EN ISO 9408-OCDE 301F (repère 3 du tableau 4). Le seuil
retenu correspond à celui du « facilement biodégradable »
défini par les directives de la CEE (voir tableau 5).

• Une classification simplifiée, proposée par certains fournisseurs


de produits de démoulage, est basée sur la composition de
l'huile de démoulage. Elle distingue, en particulier, les huiles bio
et semi-bio à partir des critères de composition.

Selon cette classification, les huiles « bio » sont à base d’huiles


végétales ou d’ester de synthèse et sont exemptes de solvant.
Les « huiles semi bio » peuvent contenir des solvants à base
de paraffines ou de distillats légers.

Cette classification, basée sur la composition, a été reprise


dans le programme de recherche VERA (VEgetable oil based
Release Agent) sur le comportement des huiles de coffrage à
base végétale financé par l'Union Européenne [SUMOVERA].

- huiles végétales pures


Composants
- esters synthétiques issus d'huiles végétales
de base
- eau pour les émulsions
Composants - solvants organiques dégageant des COV ou
interdits rendant le produit inflammable
- présence d'antigels, d'émulsifiants, d'inhibiteurs
Additifs de corrosion, d'antioxydants n'affectant pas
notablement la biodégradabilité
VERA : VEgetable oil based Release Agent

Tableau 6 : Principales exigences de la classification VERA

4.4.4 Labels Les critères de biodégradabilité constituent souvent la base de


environnementaux pour l'information ou de la justification du faible impact environnemental
les démoulants des huiles de démoulage. Cependant, comme précisé au début de
ce chapitre, l'impact environnemental dépend d'un ensemble de
propriétés (définies dans la section 12 des fiches de données
sécurité) qu'il convient d'examiner en détail pour connaître l'impact
réel. Cet impact environnemental réel dépend de nombreuses
propriétés telles que la mobilité (volatilité, adsorption,
tensioactivité), la dégradabilité (hydrolyse…, biodégradabilité,
bioaccumulation, écotoxicité) et des éventuels effets nocifs divers.

Des labels environnementaux ont été créés pour de nombreux


produits dans divers domaines. C'est le cas en particulier du label
allemand « Ange bleu » dont une section concerne plus
particulièrement les lubrifiants et huiles de démoulage rapidement
biodégradables RAL UZ 64 (voir en annexe 8.4 le texte complet de
ses spécifications).

- 23 -
Le tableau 7 ci-après précise les principales exigences de ce label.

Substances classées (voir en annexe les phrases de risque)


- T ou T + (toxique ou très toxique)
Composants - R40 (à effets réversibles par inhalation, ingestion, contacts avec la peau)
interdits - R45 et 46 (à effets cancérogènes ou altérations génétiques)
- substances dangereuses pour l'eau classées WGK2 ou 3 (1)
- composants allogènes (chlorés) ou azotés
- substances classées dangereuses pour la santé ou classées R34
Composants (provoque des brûlures) limitées à des teneurs ne dépassant pas 50 %
limités des teneurs limites fixées par les directives de la CEE
Composants de - biodégradabilité ultime selon essai OCDE 301 (A, B, C, D ou E) ≥ 80 %
base (à plus de ou
5 % du produit fini) - biodégradabilité primaire selon essai CEC L - 33 - A - 93 ≥ 70 %
- pas d'effets toxiques sur les organismes aquatiques
- pas d'effets de bioaccumulation ou de bioamplification dans les
organismes vivants
- pas d'effets tensioactifs, sauf si réputé comme n'ayant pas une
Additifs (< 5 %) écotoxicité à long terme
- biodégradabilité intrinsèque selon essai OCDE 302 B ≥ 20 %
- si additifs à base de polymères leur immobilité doit être vérifiée par une
solubilité dans l'eau < 1 mg/l
(1) Classification allemande des risques pour l'eau basée principalement sur l'écotoxicité, WGK 2 et WGK 3 sont les
classes dangereuses ou très dangereuses pour la qualité de l'eau

Tableau 7 : Principales exigences du label Ange bleu RAL - UZ 64

On peut noter que l’essai de biodégradabilité ne concerne pas les


additifs ou les solvants présents à moins de 5 % et que l’essai
pratiqué concerne le plus souvent la biodégradabilité primaire qui
ne permet pas d’évaluer l’éventuelle présence de produits
organiques persistants.

4.5 Les démoulants De nombreux démoulants bio élaborés à partir d'huiles végétales
bio proposés sur le ou d'esters synthétiques (issus ou non d'huiles végétales) sont
proposés sur le marché par les fournisseurs habituels de ces
marché produits (voir liste des fournisseurs avec adresses et sites web en
annexe 8.5). Des produits de protection bio sont aussi proposés
par certains de ces fournisseurs. Ces produits facilement
repérables par leur appellation comportant le terme « BIO » ou
« ECO » sont proposés pour la plupart des applications
courantes : démoulage différé avec ou sans étuvage, démoulage
immédiat, protection des matériels (malaxeurs, bennes, planches).

Les tableaux de l'annexe 8.6 reprennent les données des fiches


techniques ou des fiches de données sécurité (communiquées par
les fournisseurs ou issues des données disponibles sur leurs sites
web) relatives aux huiles bio connues rencontrées sur le marché
français. L'examen de ces tableaux montre que par rapport à la
classification du SYNAD on rencontre essentiellement les trois
catégories suivantes :
- pur végétal (95 % huile ou solvant végétal) ;
- à base végétale (50 % huile ou solvant végétal) ;
- émulsions d'huiles végétales (huiles végétales, avec additifs
tensioactifs et eau).

- 24 -
Les huiles de synthèse autres que les esters végétaux sont
essentiellement utilisées comme complément pour les huiles à
base végétale.
Il faut noter que les données sur la biodégradabilité ne sont pas
toujours fournies et qu'elles font référence à des méthodes
d'essais difficilement comparables (en particulier l'essai de
biodégradabilité primaire selon CEC L 33 et les essais de
biodégradabilité ultime selon norme NF EN ISO 9439 et 9408) et
que certains essais ne sont effectués que sur l’huile de base (sans
solvants ou addififs). Cela entraîne un fort risque de rencontrer des
différences importantes de biodégradabilité selon l'origine des
huiles de synthèse (hydrocarbures et esters de synthèse) ainsi
que des résultats différents selon les méthodes d'essais.

Il s'avère donc indispensable pour bien apprécier la qualité


environnementale d'une huile de vérifier si les essais de
biodégradabilité ont été réalisés selon une méthode de
biodégradabilité ultime et que le classement est bien conforme aux
critères CEE (tableau 5).
Dans le cas de l’essai NF EN ISO 9408 – OCDE 301 F retenu pour
la classification du SYNAD, cette biodégradabilité effectuée sur
l’huile de démoulage complète doit être au moins de 60 %.

5. L’utilisation des démoulants bio

Les performances des démoulants bio dépendent non seulement


de leurs caractéristiques intrinsèques, mais aussi de leurs
conditions pratiques d'utilisation. Un démoulant bio mis en œuvre
dans de mauvaises conditions techniques (application hétérogène,
avec excès), d'environnement (pollution du sol par excès d'huile)
ou d'hygiène (sans une bonne ventilation ou sans protections :
gants, lunettes…) peut conduire comme pour les démoulants
ordinaires à de graves inconvénients sur les résultats techniques
(bullage, taches…), sur l'environnement ou sur la santé des
opérateurs.

Les conditions d'utilisation diffèrent bien évidemment selon que les


démoulants sont sous la forme d'huiles pures, d'huiles avec
solvants ou d'émulsions aqueuses. Elles diffèrent aussi selon qu'ils
sont utilisés pour le démoulage immédiat ou le démoulage différé
(les émulsions aqueuses ne sont utilisées que pour le démoulage
différé ou la protection des matériels). Cependant des règles
générales s'appliquent pour tous les types de démoulants. Elles
concernent en particulier la préparation et le nettoyage des
moules, les modes d'application et les quantités appliquées.

5.1 Préparation des Dans tous les cas les moules doivent être propres, exempts en
moules particulier de poussières ou de restes de bétons (qui contribuent à
augmenter les consommations, à créer des hétérogénéités
d'application et à favoriser l'encrassement). Certaines huiles pures
végétales ont tendance à amplifier les phénomènes
d'encrassement, en particulier si les nettoyages ne sont pas bien
réalisés. Sur des moules neufs, il est utile de réaliser une première
application généreuse (pulvérisation poussée, suivie d'un
étalement avec chiffons imbibés) plusieurs jours avant l'utilisation.

- 25 -
Après démoulage différé, un nettoyage du moule sans délai et une
application d'huile pure végétale assurent une très bonne
protection contre la corrosion des moules métalliques.

5.2 Application des L'objectif principal de l'application des huiles bio est de
huiles bio former sur le moule un film d'huile le plus uniforme et le plus
mince possible afin de pouvoir profiter de la bonne efficacité
de ces démoulants et de compenser leur coût relativement
élevé.

Sur un moule métallique neuf, on peut (en théorie) viser


l'application d'un film uniforme de 10 µm d'épaisseur (soit une
consommation de 0,01 l/m2 ou un pouvoir couvrant de 100 m2/l).
En pratique, l'application d'un film de 20 µm d'épaisseur
(consommation de 0,02 l/m2 ou pouvoir couvrant de 50 m2/l) est
possible avec un bon système de pulvérisation et une huile peu
visqueuse (5 à 10 MPa.s ou 3 à 10 mm2/s). Sur un moule
légèrement encrassé cette consommation peut facilement doubler.
Les quantités appliquées dans la pratique dépendent très
largement du système de pulvérisation utilisé et de la méthode
d'application pratiquée par le personnel.

La pulvérisation est en général réalisée avec des systèmes sous


pression sans pulvérisation d'air (pour éviter les formations de
brouillards d'huile). Ces systèmes peuvent être des réservoirs
mobiles sous pression ou un réseau de distribution centralisé
alimenté par une pompe maintenant une pression constante
(photo 1). La buse de pulvérisation équipant la canne d'application
détermine, avec la pression, la taille et la répartition des
gouttelettes ainsi que le débit. Une buse à jet plat donne de très
fines gouttelettes uniformément réparties. Une buse à jet conique
plein donne de plus grosses gouttelettes, moins bien réparties,
mais dans le cas de pressions élevées limite le rebondissement
des gouttes à l'origine de la création d'un brouillard néfaste.

Photo 1 – Pompe pneumatique aspirant le produit du réservoir et


maintenant une pression dans un réseau de distribution

Il est fondamental d'éviter tout encrassement de la buse qui


modifie totalement le débit et l'uniformité du jet. Il faut donc exclure

- 26 -
tout choc sur la buse. Les buses en acier inoxydable sont
préférables aux buses en laiton, parce que plus résistantes aux
chocs, à l'usure et aux opérations de décrassement ou de
débouchage. Les buses en plastique sont à exclure. Un système
de montage-démontage rapide de la buse ou de la canne est
intéressant pour permettre un changement rapide en cas
d'encrassement ou d'obturation.

La plupart des buses ont un repérage numérique dans lequel les


deux premiers chiffres indiquent l'angle du cône de pulvérisation
(en degrés) et les suivants le débit en gallons/min (4,5 l/min).

Avec les pulvérisateurs manuels, il convient d'utiliser dans le cas


d'émulsions une buse de type à jet plat 800067 (angle 80°, débit
0,067 gal/min = 0,3 l/min) et dans le cas d'huiles pures, une buse à
jet plat 8001 (angle 80 °, débit 0,1 gal/min = 0,45 l/min).
Il est important de maintenir la pression dans les pulvérisateurs
manuels entre 2 et 3 bars (ce qui nécessite de « pousser fort » sur
la pompe). Pour des pressions plus faibles (1,5 bar), il convient
d'utiliser une buse LP 80015 (Low pressure jet plat 80°, débit
0,15 gal/min = 0,68 l/min). Une pression trop élevée réduit la taille
des gouttes mais augmente le débit. Il est fondamental de ne
remplir les réservoirs des pulvérisateurs manuels qu'à la moitié de
leur capacité de façon à éviter les chutes de pression trop rapides
par épuisement du volume d'air.

Le remplissage des réservoirs mobiles doit se faire avec


précaution pour éviter toute introduction de poussière, dépôts,
débris susceptibles d'obstruer la buse ou son filtre.

Pour les systèmes de pulvérisation centralisée à réservoir sous


pression d'air comprimé, on peut utiliser des pressions plus
élevées (6 à 8 bars). Il faut surtout maintenir une pression
constante indispensable à une application régulière. Une pression
trop élevée peut conduire, avec des buses à jet plat, à la formation
d'un brouillard d'huile par effet de rebondissement, ainsi qu'à une
augmentation notable du débit (+ 20 % de 6 à 10 bars). Cela
suppose donc de respecter des distances de pulvérisation plus
longues ainsi que des vitesses de passage plus rapides et
régulières (photo 2).

Photo 2 – Buse à jet plat à l’extrémité d’une canne alimentée par un


réseau sous pression

Dans le cas d'application automatisée, les systèmes sous pression


peuvent être avantageusement remplacés par des ensembles de

- 27 -
pompes à diaphragme et électrovannes pilotées, asservies au
déplacement des moules (photo 3). Un nouveau système de
pulvérisation sans pression utilisant un principe de projection de
gouttelettes par une tête rotative permet une application manuelle
très fine excluant toute formation de brouillard (photo 4).

Photo 3

Photo 4

Dans tous les cas la distance de la buse à la surface, l'orientation


du jet (perpendiculaire à la surface) et les mouvements
d'application doivent être réguliers et répétitifs, sans variations
notables, de façon à permettre une répartition régulière et
homogène de l'huile sur toute la surface.

Pour chaque type de moule, chaque système de pulvérisation,


chaque type d'huile, des essais préalables doivent être réalisés en
prenant comme base la quantité à appliquer pour une
consommation de 0,02 l/m2 (50 m2/l). Les durées et vitesses de
parcours doivent être adaptées en fonction des réglages (pression,
distance). Selon la quantité consommée (déterminée par exemple
par la pesée du réservoir dans le cas de systèmes portatifs) et les
résultats observés (éventuels excès ou manques), les paramètres
sont ajustés pour répondre à l'objectif d'une application uniforme

- 28 -
avec une consommation minimale. Il est important de faire réaliser
ces essais préalables par un opérateur expérimenté, puis ensuite
de former les autres opérateurs à une application méthodique en
respectant les réglages et conditions d'utilisation des matériels.

Après l'application uniforme et optimisée du film d'huile, il faut


évidemment être attentif à toute manipulation susceptible de
détériorer ce film et donc d'entraîner des défauts d'aspect ou des
adhérences (par exemple, lors de la mise en place des armatures
et inserts, les traces de pas, les pollutions par la poussière et
débris -calamine, chutes d'acier, débris de béton sciure de bois-).
Une mise en place trop brutale du béton (chute non guidée de
grande hauteur) peut aussi conduire localement à la détérioration
du film d'huile et être à l'origine d'adhérences localisées ou de
défauts d'aspect.

Bien entendu, dans le cas des émulsions aqueuses, il faut


respecter les délais préconisés par les fournisseurs (nécessaires à
l'évaporation de l'eau et à la formation du film d'huile). Lors des
applications réalisées relativement longtemps avant coulage du
béton et si l'application a été trop généreuse, il peut se produire
des accumulations d'huile dans certaines zones de moule. Ces
accumulations doivent absolument être éliminées avant la mise en
place du béton (par passage d'une raclette en élastomère et/ou
absorption avec un chiffon ou tissu absorbant).

5.3 Conditions Les règles de prévention habituelles doivent être appliquées lors
d’hygiène sécurité de l'utilisation des huiles réellement bio car malgré leur faible
toxicité et leur bonne biodégradabilité, une utilisation excessive et
et de protection de sans le respect des précautions de base peut entraîner des
l’environnement risques pour la santé des opérateurs (allergies, irritations, en
particulier en hiver) ainsi que pour l'environnement (pollution des
sols).

Il faut :
- éviter tout contact direct et répété de l'opérateur avec l'huile par
le port des protections adaptées, par exemple : gants,
vêtements protecteurs, lunettes, chaussures de sécurité
antidérapantes ;
- respecter les règles habituelles d'hygiène concernant les
interdictions de boire ou de manger sur les lieux de travail, afin
d'éviter en particulier tout risque d'ingestion par inadvertance ;
- respecter les règles de sécurité interdisant toute flamme ou
soudure dans les zones exposées à la pulvérisation ou sur les
récipients de stockage ainsi que l'interdiction de fumer ;
- assurer une bonne ventilation par aspiration dans les zones
confinées où se pratique la pulvérisation ; les courants d'air
incontrôlés rabattant les brouillards d'huile vers les opérateurs
doivent absolument être évités ;
- respecter les règles concernant la protection de
l'environnement en particulier équiper les zones de stockage et
de transvasement de « cuvettes de rétention » étanches ; les
eaux de lavage et les excédents d'huile issus des zones
d'application doivent pouvoir être récupérés ou traités (dans un
séparateur à hydrocarbure).

- 29 -
Une fiche de poste élaborée à partir des informations issues de la
fiche de données sécurité (FDS) du produit doit rappeler à
l'opérateur les risques éventuels et les principales règles à
respecter pour l'application, la sécurité et la protection de
l'environnement.

5.4 Synthèse des L'utilisation de démoulants à base d'huile bio est de plus en plus
remarques et fréquente dans la plupart des applications de l'industrie du béton.
expériences Les observations et remarques recueillies auprès des utilisateurs,
complétées par les synthèses d'expériences issues de la
bibliographie permettent de dresser le bilan suivant :

Concernant les résultats Principalement dans le cas de démoulages différés, l'utilisation


d’huiles « bio » pures ou d'émulsions bio a conduit : à une
sur le béton réduction des bullages, des teintes plus uniformes et une plus
faible adhérence du béton aux moules.
Les remarques défavorables concernent une tendance plus
marquée, dans certains cas, au farinage des surfaces de béton ;
cela semble être particulièrement le cas lors d'applications avec
excès d'huile.

Concernant les moules On peut noter une bonne aptitude de la plupart des huiles bio à la
protection contre la corrosion des moules en acier et la bonne
compatibilité avec les moules, matrices et joints en élastomères.
Une tendance à l'encrassement des moules et des aires de travail
(accumulation d'huile visqueuse et de poussières) est signalée
avec en particulier certaines huiles pures végétales ou émulsions
assez visqueuses.

Concernant la mise en Dans la plupart des cas la mise en œuvre des huiles bio ne
présente pas de difficultés particulières. La réduction des
œuvre consommations ne semble pas systématique, mais apparaît très
sensible avec certaines huiles ou esters à base végétale très
fluides. Seules les mises en œuvre par temps froid sont à l'origine
de remarques concernant des difficultés de pulvérisation liées à
l'augmentation notable de la viscosité de certaines huiles
végétales. Les conséquences de ces défauts sont une
consommation sensiblement plus forte que celle indiquée par le
fournisseur et la formation de « flaques » en fond de moules.

Des conditions plus restrictives sur les durées de conservation au


stockage des huiles bio ne semblent pas poser de problème.

Concernant les conditions C'est dans ce domaine que les commentaires sont les plus
favorables en faveur des huiles bio. L'absence d'odeur marquée et
de travail et d'irritations cutanées est bien entendu notée par les opérateurs. La
l’environnement bonne biodégradabilité des huiles bio rassure et élimine le plus
souvent toute objection sur le devenir des huiles à la surface des
bétons et dans les déchets (eaux, boues) issus de la production.
L'emploi d'huiles bio est un atout indispensable lors de la
réalisation d'éléments pour les opérations de construction sous le
label HQE (Haute Qualité Environnementale).

- 30 -
6. Conclusion

Les démoulants sont utilisés dans l'industrie du béton pour


répondre à la fonction fondamentale de réduction de l'adhérence
entre le béton et le moule lors des opérations de moulage-
démoulage. Cette fonction fondamentale doit s'accompagner
d'autres fonctions principales qui concernent les moules (facilité de
nettoyage, protection contre la corrosion) et le béton (amélioration
de l'aspect de surface, de la régularité des teintes et de la
durabilité de sa peau, réduction du bullage).

Parallèlement à ces fonctions, on demande aux démoulants des


performances ou des caractéristiques satisfaisantes, pour leur
mise en place par projection sur les moules sans inconvénient
pour les conditions de travail des employés et pour
l'environnement. Les démoulants traditionnels, d'origine pétrolière,
répondent correctement aux fonctions principales et aux objectifs
techniques, mais ils peuvent présenter des inconvénients majeurs
pour la santé des opérateurs et pour l'environnement. Ces
inconvénients liés à la présence de composés organiques volatils,
de composés aromatiques et à leur faible biodégradabilité, sont
mis en évidence dans les fiches de données sécurité (FDS). Ces
fiches, maintenant disponibles sur internet pour la plupart des
démoulants, doivent être examinées en détail lors du choix d'un
démoulant car elles apportent des informations importantes sur les
dangers et les risques pour la santé et l'environnement.

Le développement des actions visant à l'amélioration de la sécurité


et des conditions de travail, ainsi que la recherche de réduction des
impacts environnementaux ont conduit les fournisseurs de
démoulants à mettre sur le marché des huiles qualifiées de bio, à
base d'huiles végétales. Ces démoulants bio ont fait l'objet de
nombreuses expérimentations sur des productions industrielles,
mais les résultats de celles-ci ont rarement été synthétisées et n'ont
pas fait l'objet d'analyses approfondies. La présente étude intègre
les données disponibles sur les huiles bio et les produits de
démoulage correspondants ainsi que les résultats
d'expérimentations du terrain. Elle a permis de réaliser la synthèse
des connaissances sur le sujet.

Les différents aspects concernant les démoulants bio traités dans


les chapitres successifs de cette synthèse permettent de dégager
les conclusions suivantes :
- Les fonctions demandées aux démoulants sont nombreuses et
variées. Elles dépendent du type de production (démoulage
immédiat ou différé) et des particularités de celle-ci liées à de
multiples facteurs (nature et état des moules, consistance du
béton, vibrations appliquées, par exemple). Ces fonctions
peuvent être exprimées sous la forme de performances
concernant quatre domaines : le béton, les moules, le stockage
et l'application, les conditions de travail et l'environnement, elles
sont résumés dans le tableau n° 1 page 11.
- La constitution des huiles de démoulage est complexe, car
réalisée à partir d'huiles de base souvent modifiées par des
mélanges avec d'autres huiles, des solvants et des additifs. Les
huiles de base d'origine végétale peuvent être constituées

- 31 -
d'huiles raffinées ou d'esters de synthèse obtenus à partir de
ces mêmes huiles. La combinaison de ces huiles à base
végétale avec des esters issus de la pétrochimie complique
encore l'identification de l'origine des huiles bio.
- Les informations apportées par les fournisseurs sur les
caractéristiques écologiques et toxicologiques des huiles bio
devraient être intégrées dans les fiches de données sécurité
(FDS) dont la réglementation européenne définit le contenu.
Cependant peu de FDS de démoulants bio apportent une
information suffisante dans ce domaine. Les informations
contenues dans les fiches techniques de ces produits sont
souvent plus complètes sur l'aspect biodégradabilité.
- La caractérisation de la biodégradabilité des huiles bio est le
plus souvent effectuée à partir de trois essais aux conditions
très différentes : l'essai de biodégradabilité primaire selon
CECL-33-A-93 ou l’un des essais de biodégradabilité ultime
selon NF ISO 9439 OCDE 301 B ou NF ISO 9408 OCDE 301 F.
Seul ce dernier répond aux objectifs d'une sélectivité suffisante
et d'une application suffisamment répandue pour comparer les
différentes huiles.
- La classification des huiles bio proposée par le SYNAD, basée
à la fois sur des informations de constitution des huiles, sur
certaines de leurs caractéristiques techniques (point éclair en
particulier), sur leur biodégradabilité ultime et sur l’absence
d’étiquetage de risques, apparaît la plus apte à permettre une
bonne appréciation de leurs avantages.
Dans le cas d’huiles « bio » se référant à d’autres
classifications ou labels par exemple le label « ange bleu »
allemand, une attention particulière doit être portée aux essais
de biodégradabilité utilisés pour s’assurer du réel caractère
biodégradable de l’huile de démoulage.
- Les données techniques obtenues auprès des fournisseurs de
démoulants, réunies sous la forme des tableaux de l'annexe 8.6,
constituent une base de données comparatives utile pour le choix
d'une huile bio parmi la quasi-totalité des huiles bio disponibles
sur le marché français en 2002. Ces tableaux reprennent les
informations techniques importantes et nécessaires au choix
d'une huile bio pour le démoulage des bétons.
- Les conditions d'utilisation des démoulants bio jouent toujours
un rôle considérable sur leur efficacité technique ainsi que sur
leur impact sur la santé et l'environnement. Les règles
d'application usuelles sur lesquelles les opérateurs doivent être
informés et formés doivent répondre à l'objectif suivant :
obtenir un film d'huile le plus uniforme et le plus mince
possible. Cela s'avère indispensable pour pouvoir compenser
le coût sensiblement plus élevé des démoulants bio. Cela
apparaît possible pour certaines huiles bio, compte tenu de leur
efficacité supérieure vis-à-vis de la réduction de l'adhérence et
de la protection des moules. De plus, dans de nombreux cas,
cela contribue à éviter certains défauts souvent attribués aux
huiles bio comme le farinage des surfaces de béton et
l'encrassement des moules.
- Globalement une huile bio utilisée dans de bonnes conditions
apporte des avantages notables en particulier pour ce qui
concerne la qualité des surfaces de béton obtenues en

- 32 -
démoulage différé et pour l’amélioration des conditions de
travail.
- Le choix d'une huile bio pour le démoulage de produits en
béton nécessite donc une bonne connaissance des conditions
de production, des objectifs et caractéristiques visés ainsi que
des données techniques précises des fournisseurs. Il peut être
facilité en suivant les étapes proposées dans le guide ci-après.

Guide pour le choix des 1re étape : Définir les paramètres de la production concernée
huiles bio pour le démoulage : type (immédiat, différé)
démoulage des bétons fréquence (n/jour)
délai (x heures)
moule : type de paroi (acier (calaminé, décapé,
embouti), bois, plastique…)
orientation des parois (horizontales
majoritaires, verticales, surplombs)
températures (au coulage, au
démoulage)
béton : type (produits fabriqués, béton apparent,
béton blanc…)
aspect (ordinaire, courant, soigné…)
traitement, revêtement ultérieur (lavé,
sablé, peinture, enduit…)
2e étape : Définir les caractéristiques essentielles demandées
au démoulant
dans le tableau 1 page 11 cocher et classer avec un n°
d'ordre les caractéristiques essentielles
3e étape : Sélectionner dans la panoplie des huiles bio
disponibles celles correspondant aux conditions
de production et aux caractéristiques essentielles
(à faire à partir des tableaux de l'annexe 8.6)
4e étape : Recueillir auprès des fournisseurs les dernières
fiches techniques et fiches de données sécurité
des produits sélectionnés ainsi que le classement de
ceux-ci par rapport à la classification du SYNAD (voir
annexe 8.3 page 45), s'assurer que l'essai de
biodégradabilité utilisé correspond bien à
NF EN ISO 9408 - OCDE 301 F.
5e étape : Affiner la sélection sur la base des données
précédentes et des coûts communiqués par les
fournisseurs.
6e étape : Réaliser des essais en production à partir
d'échantillons fournis, en prenant soin d'examiner les
conditions d'application et de les adapter en fonction
des informations du chapitre 5 ainsi que des données
des fournisseurs.
Recueillir les appréciations des opérateurs sur les
aspects techniques et les conditions de travail, relever
les consommations réelles nécessaires ainsi que les
résultats observés sur les bétons et les moules.
7e étape : Établir une fiche de synthèse réunissant les
données techniques et les éléments déterminants
pour la décision.

- 33 -
7. Bibliographie

A. DE RYCKE
« Concrete demoulding oils and the environnement »
Concrete for the Environnement Entrancement and Protection
1996 E & FN SPON London

AFB
« Recommandations professionnelles relatives à l'utilisation des
démoulants »
Cahier n° 99 de l'AFB, Annales de l'ITBTP n° 52 oct.1977

BM ANLAGENBAU
« spraying system within the concrete industry »
CPI Concrete plant international n° IX1998

CERIB
« Recommandations pour obtenir un bel aspect en démoulage en
démoulage différé »
CERIB Mémento Production fiche n° 78 - février 1995

CETIM
« L'intérêt des lubrifiants biodégradables utilisés dans les petites
centrales hydrauliques ».
CETIM informations n° 163 avril 1999

CIB
« Manuel de technologie coffrage - chap. 4-2 démoulants »
Rapport du CIB W29 publication n° 85 1983

CONCAWE
« À test method to assess the inhérent biodegradability of oil
products »
Concawe Brussels octobre 1999

DEUTSCHE BAUCHEMIE
« State of the art report-concrete release agents and the
environment »
BFT n° 11 - 2001
« Concrete release agents and the environment »
BFT-concrete precasting plant and technology n° 4 1997

G. BATY, R. REYNOLDS
« Release agents how they work »
Concrete international October 1997

H. HERIBERT
« Requirement on concrete release agents »
BFT concrete precasting plant and technology n° 11 1991

J. DE BRITO, R. DOS SANTOS, F. A. BRANCO


« Evaluation of the technical performance of concrete vegetable oil
based release agents »
RILEM - Materials and structures Vol 33 May 2000
« Do new release Agents works ? »
Concrete international May 1999

- 34 -
J. BRESSON
« Étude du processus d'adhérence entre béton frais et parois du
moule lors du démoulage immédiat par retournement »
CERIB rapport technique RT 80/12 août 1980

P. DE CARO
« Utilisation de bases végétales pour le démoulage des
matériaux »
Journée technique ADEME 10 mai 2001 Paris.
« Réalisation d'une campagne d'essais d'huiles de décoffrage
biodégradables d'origine naturelle, destinées au démoulage des
matériaux de construction »
Programme AGRICE convention n° 9801063 ENSCT Toulouse

PLAN CONSTRUCTION ARCHITECTURE


« Réduction des pollutions induites par les huiles de décoffrage »
Les chantiers verts 1996

RSG
« New barrier medium spraying equipment »
CPI concrete plant international n° 3 june 2001

SUMOVERA
« Application of vegetable-oil based concrete mould release
agents » state of the art document
« Vegetable oil based concrete release agents in concrete prefab
firms » a pratical guide
www.chem.uva.nl/cw

SYNAD
Projet de norme produits de démoulage
Novembre 1973
Classification des produits de démoulage
Décembre 2004

TBF
« L'adhérence du béton au coffrage »
Bulletin du ciment suisse n° 8 août 1970

- 35 -
8. Annexes

8.1 Extrait de Indications de dangers,


l’arrêté du 20 avril Phases de risques R et conseils de prudence S pour l’étiquetage
des substances
1994
Indications de danger :
- explosif : E ;
- comburant : O ;
- extrêmement inflammable : F + ;
- facilement inflammable : F ;
- inflammable : R 10 ;
- très toxique : T + ;
- toxique : T ;
- nocif : Xn ;
- corrosif : C ;
- irritant : Xi ;
- sensibilisant : R 42 et/ou R 43 :
- cancérogène : Carc. Cat (1) ;
- mutagène : Muta. Cat. (1) ;
- toxique pour la reproduction : Repr. Cat. (1) ;
- dangereux pour l'environnement : N et/ou R.52, R.53, R.59.

(1) La catégorie appropriée de la substance cancérogène, mutagène ou toxique


pour la reproduction (à savoir 1, 2 ou 3) est indiquée.

Phrases de risques R

R1 Explosif à l'état sec.


R2 Risque d'explosion par le choc, la friction, le feu ou d'autres
sources d'ignition.
R3 Grand risque d'explosion par le choc, la friction, le feu ou
d'autres sources d'ignition.
R4 Forme des composés métalliques explosifs très sensibles.
R5 Danger d'explosion sous l'action de la chaleur.
R6 Danger d'explosion en contact ou sans contact avec l'air.
R7 Peut provoquer un incendie.
R8 Favorise l'inflammation des matières combustibles.
R9 Peut exploser en mélange avec des matières combustibles.
R 10 Inflammable.
R 11 Facilement inflammable.
R 12 Extrêmement inflammable.
R 14 Réagit violemment au contact de l'eau.
R 15 Au contact de l'eau, dégage des gaz extrêmement
inflammables.
R 16 Peut exploser en mélange avec des substances
comburantes.

- 37 -
R 17 Spontanément inflammable à l'air.
R 18 Lors de l'utilisation, formation possible de mélange vapeur-
air inflammable/explosif.
R 19 Peut former des peroxydes explosifs.
R 20 Nocif par inhalation.
R 21 Nocif par contact avec la peau.
R 22 Nocif en cas d'ingestion.
R 23 Toxique par inhalation.
R 24 Toxique par contact avec la peau.
R 25 Toxique en cas d'ingestion.
R 26 Très toxique par inhalation.
R 27 Très toxique par contact avec la peau.
R 28 Très toxique en cas d'ingestion.
R 29 Au contact de l'eau, dégage des gaz toxiques.
R 30 Peut devenir facilement inflammable pendant l'utilisation.
R 31 Au contact d'un acide, dégage un gaz toxique.
R 32 Au contact d'un acide, dégage un gaz très toxique.
R 33 Danger d'effets cumulatifs.
R 34 Provoque des brûlures.
R 35 Provoque de graves brûlures.
R 36 Irritant pour les yeux.
R 37 Irritant pour les voies respiratoires.
R 38 Irritant pour la peau.
R 39 Danger d'effets irréversibles très graves.
R 40 Possibilité d'effets irréversibles.
R 41 Risque de lésions oculaires graves.
R 42 Peut entraîner une sensibilisation par inhalation.
R 43 Peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau.
R 44 Risque d'explosion si chauffé en ambiance confinée.
R 45 Peut causer le cancer.
R 46 Peut causer des altérations génétiques héréditaires.
R 48 Risque d'effets graves pour la santé en cas d'exposition
prolongée.
R 49 Peut causer le cancer par inhalation.
R 50 Très toxique pour les organismes aquatiques.
R 51 Toxique pour les organismes aquatiques.
R 52 Nocif pour les organismes aquatiques.
R 53 Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour
l'environnement aquatique.
R 54 Toxique pour la flore.
R 55 Toxique pour la faune.
R 56 Toxique pour les organismes du sol.
R 57 Toxique pour les abeilles.
R 58 Peut entraîner des effets néfastes à long terme pour
l'environnement.
R 59 Dangereux pour la couche d'ozone.
R 60 Peut altérer la fertilité.
R 61 Risque pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant.
R 62 Risque possible d'altération de la fertilité.
R 63 Risque possible pendant la grossesse d'effets néfastes pour
l'enfant.
R 64 Risque possible pour les bébés nourris au lait maternel.
R 65 (Arr. du 8 juin 1998, art. 6) Nocif : peut provoquer une
atteinte des poumons en cas d'ingestion.
R 66 (Arr. 27 juin 2000, art. 3) L'exposition répétée peut
provoquer dessèchement ou gerçures de la peau.
R 67 L'inhalation de vapeurs peut provoquer somnolences et
vertiges.

- 38 -
Phrases de conseils de prudence S

S1 Conserver sous clé.


S2 Conserver hors de la portée des enfants.
S3 Conserver dans un endroit frais.
S4 Conserver à l'écart de tout local d'habitation.
S5 Conserver sous… (liquide approprié à spécifier par le
fabricant).
S6 Conserver sous… (gaz inerte à spécifier par le fabricant).
S7 Conserver le récipient bien fermé.
S8 Conserver le récipient à l'abri de l'humidité.
S9 Conserver le récipient dans un endroit bien ventilé.
S 12 Ne pas fermer hermétiquement le récipient.
S 13 Conserver à l'écart des aliments et boissons y compris ceux
pour animaux.
S 14 Conserver à l'écart des… (matières incompatibles à indiquer
par le fabricant).
S 15 Conserver à l'écart de la chaleur.
S 16 Conserver à l'écart de toute flamme ou source d'étincelles -
Ne pas fumer.
S 17 Tenir à l'écart des matières combustibles.
S 18 Manipuler et ouvrir le récipient avec prudence.
S 20 Ne pas manger et ne pas boire pendant l'utilisation.
S 21 Ne pas fumer pendant l'utilisation.
S 22 Ne pas respirer les poussières.
S 23 Ne pas respirer les gaz/fumées/vapeurs/aérosols (terme(s)
approprié(s) à indiquer par le fabricant).
S 24 Éviter le contact avec la peau.
S 25 Éviter le contact avec les yeux.
S 26 En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et
abondamment avec de l'eau et consulter un spécialiste.
S 27 Enlever immédiatement tout vêtement souillé ou
éclaboussé.
S 28 Après contact avec la peau, se laver immédiatement et
abondamment avec… (produits appropriés à indiquer par le
fabricant).
S 29 Ne pas jeter les résidus à l'égout.
S 30 Ne jamais verser de l'eau dans ce produit.
S 33 Éviter l'accumulation de charges électrostatiques.
S 35 Ne se débarrasser de ce produit et de son récipient qu'en
prenant toutes précautions d'usage.
S 36 Porter un vêtement de protection approprié.
S 37 Porter des gants appropriés.
S 38 En cas de ventilation insuffisante, porter un appareil
respiratoire approprié.
S 39 Porter un appareil de protection des yeux/du visage.
S 40 Pour nettoyer le sol ou les objets, souillés par ce produit,
utiliser… (à préciser par le fabricant).
S 41 En cas d'incendie et/ou d'explosion ne pas respirer les
fumées.
S 42 Pendant les fumigations/pulvérisations porter un appareil
respiratoire approprié (terme(s) approprié(s) à indiquer par
le fabricant).
S 43 En cas d'incendie utiliser… (moyens d'extinction à préciser
par le fabricant. Si l'eau augmente les risques, ajouter « Ne
jamais utiliser d'eau »).
S 45 En cas d'accident ou de malaise consulter immédiatement
un médecin (si possible lui montrer l'étiquette).

- 39 -
S 46 En cas d'ingestion consulter immédiatement un médecin et
lui montrer l'emballage ou l'étiquette.
S 47 Conserver à une température ne dépassant pas… °C (à
préciser par le fabricant).
S 48 Maintenir humide avec… (moyen approprié à préciser par le
fabricant).
S 49 Conserver uniquement dans le récipient d'origine.
S 50 Ne pas mélanger avec… (à spécifier par le fabricant).
S 51 Utiliser seulement dans les zones bien ventilées.
S 52 Ne pas utiliser sur de grandes surfaces dans les locaux
habités.
S 53 Éviter l'exposition, se procurer des instructions spéciales
avant l'utilisation.
S 56 Éliminer ce produit et son récipient dans un centre de
collecte des déchets dangereux ou spéciaux.
S 57 Utiliser un récipient approprié pour éviter toute
contamination du milieu ambiant.
S 59 Consulter le fabricant ou le fournisseur pour des
informations relatives à la récupération ou au recyclage.
S 60 Éliminer le produit et son récipient comme un déchet
dangereux.
S 61 Éviter le rejet dans l'environnement. Consulter les
instructions spéciales/la fiche de données de sécurité.
S 62 En cas d'ingestion, ne pas faire vomir : consulter
immédiatement un médecin et lui montrer l'emballage ou
l'étiquette.
S 63 En cas d'accident par inhalation, transporter la victime hors
de la zone contaminée et la garder au repos.
S 64 En cas d'ingestion, rincer la bouche avec de l'eau
(seulement si la personne est consciente).

- 40 -
8.2 Exemple de
fiche de données
sécurité

- 41 -
- 42 -
- 43 -
- 44 -
8.3 Classification
SYNAD des agents
de démoulage

- 45 -
8.4 RAL UZ 64
« Ange bleu »

BASIC CRITERIA FOR THE AWARD OF THE ENVIRONMENTAL LABEL


Rapidly Biodegradable Lubricants and Forming Oils RAL-UZ 64

1 Preliminary Remarks :

1.1.
In cooperation with the Federal Minister for the Environment, Nature Conservation and Nuclear
Safety, the Federal Environmental Agency and considering the results of the expert hearings
conducted by RAL, the Environmental Label Jury has set up these Basic Criteria for the Award of the
Environmental Label.
RAL, reg. assoc., has been entrusted with the award of the Environmental Label.
Upon application to RAL and on the basis of a Contract on the Use of the Environmental Label to be
concluded with RAL the permission to use the Environmental Label may be granted for all products,
provided that they comply with the requirements as specified hereinafter.

1.2
Considerable amounts of lubricants or forming oils, usually on the basis of mineral oil, are used for the
lubrication of tracks, switches, block trains and in similar fields of application in which lubricant losses
(total-loss lubrication) may occur as well as for formwork.
This may cause serious pollution of water and soil, mainly due to a relatively poor biodegradability and
the water-endangering effect of certain ingredients.
Awarding the Environmental Label to environmentally acceptable alternative pro-ducts in the fields of
lubricants (oils and greases) as well as forming oils is to prevent or at least considerably reduce such
environmental burden.

2 Scope
These Basic Criteria apply to

2.1 Lubricants

2.1.1
Lubricating oils
2.1.2
Lubricating greases
For such fields of application in which lubricant losses (total-loss lubrication) may occur. Included are
only those lubricants which under normal usage enter into the environment for the most part, e.g.
switch and track lubricants as well as lubricants for open bearings, guidances and for insulation.

- 46 -
Excluded are hydraulic fluids and two-stroke engine oils.

2.2
Lubricants for the glass industry.

2.3
Forming oils for use during formwork.

3 Requirements and Compliance Verifications


The above-shown Environmental Label may be used for the marking of products under para. 2,
provided that they comply with the following requirements :

3.1
The products must not contain any substances 1) which

3.1.1
which are classified according to Section 4a of the German “Gefahrstoffverordnung” (Ordinance on
Hazardous Substances)2) in connection with Annex I to Directive 67/548/EEC – (List of hazardous
substances and preparations)3) and which according to Annex II to Directive 67/548/EEC require
labelling with the danger symbols and designations very toxic (T +), toxic (T) and which – under Annex
III to the Directive – require labelling with the following R Phrases :
R 40 – (possible risk of irreversible effects),
R 45 – (may cause cancer),
R 46 – (may cause heritable genetic damage),
or
R 61 – (may cause harm to the unborn child)
R 63 – (possible risk of harm to the unborn child)

3.1.2
Which according to the “Verwaltungsvorschrift wassergefährdender Stoffe”4) (Regulation on water-
endangering substances – water-hazard classification), as amended, are assigned to Water Hazard
Class WGK 2 or WGK 3,

3.1.3
Which are classified in TRGS 9056) or in the MAK-value List7), each as amended, as being as
carcinogenic working materials,

3.1.4
or which according to scientific findings b must be classified as carcinogenic, teratogenic or mutagenic
or which as such or as impurities or decomposition products thereof are apt to bring about
considerable hazards or considerable disadvantage for the pulic.

- 47 -
3.1.5 Exception :
Production-induced impurities of substances under paras. 3.1.1 and 3.1.3 must not exceed 0.01
weight per cent in the product. Yet, regardless of this, carcinogenic, mutagenic and teratogenic
substances shall be minimized in keeping with the state of the art.

3.2
In addition to this and in deviation from the concentration limits set out in Directive 88/379/EEC6),
substances classified according to Section 4a, Ordinance on Hazardous Substances, in connection
with Annex I to Directive 67/548/EEC shall not exceed the following concentration limits in the final
product :

3.2.1
Substances classified or considered as « health-endangering » may only be contained in the final
product in a single concentration not exceeding 50 %
- of the single concentrations as stipulated in Annex I to Directive 67/548/EEC relating to the
substance(s) concerned, or
- of the single concentrations as stipulated by Nos. 1, 2, 3 or 5 of Annex I (Tables I, II, III or V) to
Directive 88/379/EEC.

3.2.2
Substances classified or considered as “burning” which are assigned to the standard label R 34 may
only be contained in the final product in a single concentration not exceeding 50 %
- of the single concentrations as stipulated in Annex I to Directive 67/548/EEC relating to the
substance(s) concerned, or

- of the single concentrations as stipulated in No. 4 of Annex (Table IV) to Directive 88/379/EEC.

3.2.3
Substances classified or considered as « irritating to skin, eyes or respiratory tract » may only be
contained in the product up single concentrations which would not require product classification
according to Article 3, para. 4, subparas. g) h) and i).

Exemption :
The R-phrase R 65 (Harmful : may cause lung damage if swallowed) shall be admissible.

3.3
The products must not contain any organic halogen compounds or nitrite compounds.

Compliance Verification
Applicant shall present the following documents :
- The recipe of the product applying for the Environmental Label according to Annex 2 for composition
testing according to paras. 3.1 to 3.3.

- 48 -
- Actual Safety Data Sheets according to 91/155/EEC9) or TRGS 220 for all ingredients :

3.4 Degradability and Ecotoxicological Effect of Ingredients

3.4.1 Basic Substances


All ingredients accounting for more than 5 weight per cent of the product shall be considered as basic
substances.

3.4.1.1 Basic Substances of Forming Oils


The basic substances of forming oils must - each by itself - be degradable by at least 70 %. This is to
be proven by one of the tests listed below. If the BODIS-Test, a variant of the closed-bottletest, or the
CEC Degradation Test L-33-A-93 is applied, the degradability rate of each basic substance must be at
least 80 %.
If a rate of toxicity < 100 mg/l is suspected in basic substances these basic substances too must
undergo all ecotoxicological tests under para. 3.4.2.

Compliance Verification 10)


Compliance with the above requirement is to be verified by means of one of the following tests
(OECD-Guideline for Testing of Chemicals (1992) 301 A-F or 92/69/EEC C.4 A-F 11) :

DOC - Die Away Test (OECD 301A, EC C.4-A)


Mod. OECD-Screening Test (OECD 301E, EC C.4-B)
CO2 Development Test (OECD 301B, EC C.4-C)
Manometric Respiration Test (OECD 301F, EC C.4-D)
Closed-Bottle Test (OECD 301D, EC C.4-E)
Modified MITI-I-Test (OECD 301C, EC C.4-F)

The following tests are recommended for low watersoluble compounds :


- BODIS Test (ISO Draft to be obtained from the Umweltbundesamt (Federal Environmental Agency)
- the respirometric methods C.4 C-F
- CEC degradation test L-33 A 93 (may be used for low water-soluble hydrocarbon compounds only !)
The inoculum density of the above-mentioned tests must not be changed even if the testing method
requires modifications because of physico-chemical substance properties.

3.4.1.2 Basic Substances of Lubricating Greases


The basic substances of lubricating greases (oil and thickener) must be degradable by at least 70 %.
This is to be proven by one of the tests listed in para. 3.4.1.1.
If the BODIS-Test or the CEC Degradation Test L-33-A-93 is applied, the degradability rate must be at
least 80 %.
Inorganic thickeners (mineral thickeners) shall be left out of consideration.
Non-biodegradable organically modified thickeners are to be tested for the immobility of their organic
component.
If a rate of toxicity < 100 mg/l is suspected in basic substances these ingredients too must undergo all
ecotoxicological tests under para. 3.4.2.
Compliance Verification

- 49 -
Compliance with the above requirement is to be verified by means of one of the tests under para.
3.4.1.1.
The immobility of non-biodegradable organically modified thickeners is to be proven as follows :
- water solubility according to OECD Guideline 105 or 84/449/EEC A6.

3.4.2 Additives
Provided that the degradation behaviour of additives is identical to the degradation behaviour of basic
substances according to paras. 3.4.1.1 and 3.4.1.2 the following requirements shall not apply.
The portion of potentially degradable ingredients in lubricants and forming oils must not exceed 5
weight per cent. These ingredients must be at least potentially degradable.

Apart from that, there shall be no ecotoxicological doubts about these potentially degradable
ingredients. Ecotoxicological doubts exist if the ingredients
- have a highly toxic effect on aquatic organisms, i.e. EC50/LC50 value in the acute test ≤ 1 mg/l or
NOEC in the long-term test < 0,01 mg/l),
or
- have a toxic effect on aquatic organisms, i.e. EC50/LC50 value in the acute test ≤ 100 mg/l or NOEC
in the long-term test ≤ 1 mg/l) and have a bioaccumulative potential.
Such bioaccumulative potential can be assumed if log Pow is Ž 3.0 (Pow : distribution coefficient
octanol/water) or BCF > 100 and/or the substance is surface-active, unless it can be proven that there
are no long-term ecotoxicological effects.
Substances are classified as surface-active if the surface tension of the aqueous solution in the
measuring range is of up to 1 g/l is < 50 mN/m.
Excluded are substances the log Pow of which is
≥ 6.0 and the medium molecular weight of which is
≥ 700 g/mol ;
and which
- have a toxic effect on higher plants, i.e. EC50 < 100 mg/kg
and
- after a 3-hour bacteria inhibition test show a 50 % inhibitory concentration IC50 < 100 mg/l.

Compliance Verification 11)


The classification as « potentially degradable » shall be proven for each additive separately by means
of the modified Zahn-Wellens-EMPA Test (OECD Guideline 302 B) or by a MITI-II Test (OECD
Guideline 302 C), however, with just one inoculum. Additives shall be considered as « potentially
degradable » if they are degradable by more than 20 %. Also « potentially degradable » are
substances which are degradable by ≥ 20 % in the respirometric tests 92/96/EEC (A-F) 11) listed in
para.3.4.1 or by
≥ 30% in the BODIS Test.

If because of the physico-chemical properties of the substances the potential degradability cannot be
proven by means of the Zahn-Wellens/EMPA Test, said Zahn-Wellems/EMPA Test may be used, by
way of alternative, for the adaptation of the microorganisms and the degradability may be proven by
one of the respirometric tests (C-F) listed in para. 3.4.1.1 by use of the adapted inoculum.

The ecotoxicological compatibility of a substance or a mixture of substances shall be proven by the


tests A, B, C, F. Applicant shall be entitled to present tests D) and E) instead of or in addition to tests
A) and B) 12)
Notwithstanding para. 3.4.1 all additives used may be tested together by means of one of the following
tests :

- 50 -
A) Daphnia-Test for acute toxicity (OECD 202 Part I, EC C. 2)
B) Fish Test for acute toxicity (OECD 203, EC C.1)
C) Algae Test (OECD 201, EC C.3)
D) 21-day Daphnia Test (OECD 202, Part II)
E) Long-term Fish Test (OECD 204 or 210)
F) Growth Test on Higher Plants (OECD 208)

Proof of a bacteriotoxical effect of the ingredients, which may also be tested together, is to be
furnished by one of the following tests :
- Activated Sludge Respiration Inhibition Test (OECD Guideline 209)
- Inhibition Control by one of the tests listed in para. 3.2.1, preferably by the Closed-Bottle Test
(OECD Guideline 301 D or EC C. 4 - E).
The evaluation of the bioaccumulative potential shall be done on the basis of
- log Pow-determination (OECD Guidelines 107 and 117 or EC A. 8) or
- experimental determination of bioaccumulation in fish (OECD Guideline 305 E Draft 1994).
If the log Pow cannot be determined by way of experiment it may be calculated by means of the
calculation method according to Hansch and Leo (1979).
The surface tension shall be determined in accordance with OECD Guideline 115 or EC A.5.

3.4.3 Polymers
If these additives (according to para. 3.4.2) are non-biodegradable polymers, proof of their immobility
is to be furnished ; polymer solutions are to be tested for the immobility of their undissolved active
substance.
Immobility shall be considered proven if
- the water solubility is < 1 mg/l
and
- components with a molecular weight of ≤ 1 000 g/mol account for less than 1 %.
and
- it can be proven that there are no ecotoxicological doubts according to para. 3.4.2.

Compliance Verification 10)


The immobility of non-biodegradable polymers shall be proven as follows :
- water solubility according to OECD Guideline 105 or 84/449/EEC A 6,
- the portion of low-molecular components shall be determined by means of the tests of the material
specific DIN ISO Standards or DIN EN Standards for polymers.

The ecotoxicological compatibility shall be proven by at least one toxicity test on aquatic organisms
(e.g. limit test according to the criteria of the EU Testing Directives) and one toxicity test on higher
plants according to para. 3.4.2.

3.4.4 Testing Institutes


Applicant shall present test certificates issued by testing institutes confirming compliance with the
requirements. The testing institute must certify that
- the tests forming the basis of all test results are in line with good laboratory practice (Annex 1 to the
Chemicals Act),
or
- the testing institute is accredited according to DIN EN 45001 and that the tests forming the basis of
the test results form part of this accreditation with regard to the fields of testing, methods and
specifications.

- 51 -
Compliance Verification
Compliance shall be verified by :
- a certificate pursuant to Section 19b, Chemicals Act (applies only to tests carried out after the entry
into force of Sec. 19b, Chemicals Act, taking the exemption in Sec. 19a, para. 5, Chemicals Act, into
consideration)
and
- a written statement of the testing institute confirming that the test has been carried out in line with the
principles of good laboratory practice. If the test certificate is presented before the entry into force of
Sec. 19, Chemicals Act, the testing institute shall certify that the requirements of good labaratory
practice have been complied with
or
- presentation of the accreditation of the Deutsche Akkreditierungsrat (DAR) (German Accreditation
Council) or another national licensing system adopted into the multinational agreement (MLA).

3.5 Technical Requirements and Serviceability


As regards serviceability, lubricants and forming oils must comply with the relevant serviceability and
safety requirements for the respective field of application.

Compliance Verification
Applicant shall indicate the main field of application for the product and declare compliance with the
requirement in Annex 1 to the contract.

3.6 Disposal
The following notice is to be included in the Instructions for Use and the text appearing on the
container :
« Do not let residues of this lubricant/forming oil escape into waste water or ground.
Do not dispose off together with mineral-oil-containing lubricants/forming oils in order to avoid
disturbances of waste-oil processing.
Please bring residual lubricants/forming oil to a municipal collecting point or waste-incineration plant
for separate disposal ».

Compliance Verification
The applicant declares compliance with the requirement in Annex 1 to the contract.

4 Applicants and Parties Involved

4.1
Manufacturers of products according to para.2 shall be eligible for application.

4.2
The following parties are involved in the award procedure :
RAL, Umweltbundesamt [Federal Environmental Agency] and the Federal State where the production
plant is located that manufactures the products to be marked with the label.

- 52 -
5 Use of the Environmental Label

5.1
The terms governing applicant's use of the Environmental Label shown on page 1 are stipulated by a
Contract on the Use of the Environmental Label to be concluded with RAL.

5.2
Within the scope of such contract applicant undertakes to comply with the requirements under para.3
as long as he makes use of the Environmental Label.

5.3
Contracts on the Use of the Environmental Label are concluded for the marking of products according
to para. 2. These contracts shall run until December 31, 2003
They shall be extended by periods of one year each, unless the contract is terminated in writing by
March 31, 2003 or by March 31 of the respective year of extension.
After the expiry of the contract the Environmental Label may neither be used for labelling nor for
advertising purposes. This regulation shall not affect products being still in the market.

5.4
Applicant (manufacturer) shall be entitled to apply to RAL for an extension of the right to use the label
to the product entitled to the label if it is to be marketed under another brand/trade name and/or under
other marketing organizations.

5.5
The Contract on the Use of the Environmental Label shall give the following particulars :

5.5.1
Applicant (manufacturer)

5.5.2
Brand/trade name, product designation

5.5.3
Distributor (label user) i.e. the marketing organization according to para. 5.4.
_________________________
1) Terms as defined in Section 3, No. 1 or No. 4 of the publication of the revised version of the
Chemicals Act, dated July 25, 1994.

2) Ordinance on Hazardous Substances, dated October 18, 1999 (Federal Law Gazette I, page 2059).

3) Council Directive 67/548/EEC, dated June 27, 1967 (Official Journal of the European Communities
L 196, page 1) : Published in the series of documents of the Federal Institute for Occupational Safety

- 53 -
and Health – Regulations – RW 23, List of Hazardous Substances and Preparations under Annex 1 to
Directive 67/548/EEC.

4) Regulation under the water Management Act relating to the Classification of Water-Endangering
Substances into Water-Hazard Classes, dated May 17, 1999 (Federal Law Gazette of May 29, 1999,
No. 98a).

5) Basic oil and thickener are to be considered as uniform ingredients.

6) TRGS 905, list of carcinogenic, mutagenic or teratogenic substances (Edition : June 1997).

7) Maximum concentration in the workplace and biological tolerance values for working materials.
German Society for the Advancement of Scientific Research, Senate Commission for the Testing of
Hazardous Working Materials, Wiley-VCH, Weinheim – 37 th Communication (2001) or as amended.

9) Commission Directive 91/155/EEC, dated March 5, 1991, on the fixing of details of a special
Information System for Hazardous Preparations according to Article 10 of Council Directive
88/379/EEC.

10) The completeness of data required for an evaluation of validity and plausibility of test results must
be guaranteed. This particularly applies to data relating to
- method
- identity of the test substance or mixture of substances, respectively
- all measurement data, including parallel measurements
- graphic evaluations, if provided for in directives.

11) Ecological test methods with aquatic organisms, Chemicals Act, No. 11, Editor :
Umweltbundesamt (Fede-ral Environmental Agency) Berlin, 1994 To be obtaines from : Werbung und
Vertrieb, Ahornstraße 1-2, 10787, Berlin.

12) As regards A-C and F and bacteria toxicity : If no inhibitory, lethal or immobility effects occur up to
a concentration of 100 mg/l or up to a the saturation concentration the test will be accepted as limit
test. If so, there is no ecotoxicological doubt about the substance or mixture of substances.

- 54 -
8.5 Liste de
fournisseurs de
démoulants (liste
non exhaustive)

SYNAD AXIM
3, rue Alfred Roll Usine Ciments Calcia
75849 Paris Cedex 17 78931 Guerville Cedex
Tel. : 01 44 01 47 01 Fax : 01 44 01 47 47 Tel. : 01 30 98 36 36 Fax : 01 34 77 13 51
www.synad.fr www.axim.fr

CHRYSO SAS FOSROC


19, place de la Résistance BP 11
92446 Issy-les-Moulineaux 38670 Chasse sur Rhône
Tel. : 01 41 17 18 19 Fax : 01 41 17 18 77 Tel. : 04 72 49 17 90 Fax : 04 72 49 17 91
www.chryso-online.com www.fosroc.fr

KNAUF TECHNIQUE BÉTON MBT France


ZI – Avenue Albert Einstein ZI Petite Montagne Sud
77750 Moissy Cramayel 10, rue des Cévennes
Lisses
91017 Evry Cedex
Tel. : 01 64 13 30 00 Fax : 01 60 60 21 28 Tel. : 01 69 57 50 00 Fax : 01 60 86 06 32
www.mbt.fr

SA PIERI SIKA
71580 Saillenard 84, rue Édouard Vaillant
BP 104
93350 Le Bourget
Tel. : 03 85 76 45 00 Fax : 03 85 74 10 84 Tel. : 01 49 92 80 00 Fax : 01 49 92 80 21
www.pieri.com www.sika.fr sikainfo@sika.fr

IGOL BRETAGNE-ANJOU lubrifiants KAJO lubrifiants


Rue de la Platière ZI 2, rue Rolland Garros
BP 161 57155 Marly
44404 Rezé Cedex
Tel. : 02 40 32 80 00 Fax : 02 40 75 11 54 Tel. : 03 87 62 85 83 Fax : 03 87 62 85 84

THEMEROIL TOTAL FINA ELF


BP 10 16, rue de la République
71240 Varennes-le-Grand Immeuble le Diamant
92800 Puteaux
Tel. : 03 85 44 22 15 Fax : 03 85 44 11 03 Tel. : 01 41 35 40 00
themeroil@wanadoo.fr www.totalfinaelf.com

- 55 -
8.6 Tableaux des
caractéristiques des
huiles bio

- 56 -
- 57 -
- 58 -
- 59 -
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