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ÉDITEUR DE SAVOIRS

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mérite une explication. Son objet est baisse brutale des achats de livres el de
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représente pour l'avenir de l'écrit, les auteurs de créer des œwres
particulièrement dans le domaine DANGER noovelles et de les faire éditer cor-
de l'édition technique et universi - rectement est aujourd'hui menacée.
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sation des ayants droit. Or, cette pratique droit de copie (CFC, 20, rue des
s'est généralisée dans les établissements Grands-Augustins, 75006 Paris).

© Dun od , 2014
5 rue Laromiguière, 75005 Paris
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ISBN 978-2-10-071242-7

le Code de Io propriété intellectuelle n'au torisan t, aux termes de l'article


l. 122-5, 2° et 3° a), d'une port, que les «copies ou reprod uctions strictement
réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une util isation collective»
et, d'autre port, que les analyses et les courtes citations dons un but d'exemple et
....
..c d'illustration, « toute représentation ou reproduction in tégrale ou partielle laite
Ol sons le consentement de l'auteur ou de ses aya nts droit ou ayants couse est
·;::
illicite » (art. l. 122-4).
>-
0.. Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constitue-
0
u rait donc une contrefaçon sanctionnée par les a rticles L. 335-2 el suivants du
Code de Io propriété intellectuelle.

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Table des matières

Avant-propos X
Comment utiliser cet ouvrage ? XII

Partie 1
calcul us
Nombres réels
Fiche 1 Les ensembles de nombres 2
Fiche 2 Intervalles, voisinages, bornes 6
Limites 8
Fiche 3 Limite d'une fonction en un point 8
Fiche 4 Lim ite d'une fonction en +oo ou - oo 12
Fiche 5 Propriétés des limites - Opérations sur les limites 14
Fiche 6 Notations de Landau 16
Fonctions numériques 18
Fiche 7 Domaine de définition d'une fonction, graphe 18
Foc us La construction de l'ensemble des réels: les coupures de Dedekind 21
Fiche 8 Comment définir une fonction? 22
Fiche 9 Majorations et minorations 24
Fiche 10 Fonctions monotones 26
Fiche 11 Parité, imparité 28
Fiche 12 Symétries 30
Fiche 13 Fonctions périodiques 32
Fonctions usuelles 33
Fiche 14 Fonctions puissances entières 33
Fiche 15 Fonctions polynômes et fonction valeur absolue 35
Focus John Napier et les tables logarithmiques 38
Fiche 16 La fonction logarithme népérien 39
Fiche 17 La fonction exponentielle 41
"O :<; Fiche 18 Fonctions puissances« non entières» 43
0
c::
"'<=
::l
::J ~
<>
Foc us Leibniz et la fonction exponentielle 44
0 <>
v ii Fiche 19 Fonctions circulaires 45
-~
..-!
0 g Fiche 20 Fonctions hyperboliques 47
N <=
0
<=
@ <=
,>;
Foc us L'origine de la trigonométrie 49
~ 0
..c:: ::> Continuité 51
Ol ~Q.
ï:::: ~ Fiche 21 Continuité d'une fonction en un point 51
>-
a. 3
::>
0 ~ Fiche 22 Fonctions continues sur un intervalle 55
u -ci
0
c:
::>
Dérivabilité 58
0
@ Fiche 23 Dérivabilité en un point 58

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Fiche 24 Dérivabilité sur un intervalle 61
Fiche 25 Dérivées successives 65
Fiche 26 Théorème des accroissements finis et théorème de Rolle 67
Fiche 27 Formule de Taylor-Lagrange 71
Fonctions réciproques 72
Fiche 28 Fonctions réciproques 72
Fiche 29 Les fonctions trigonométriques inverses 75
Fiche 30 Les fonctions hyperboliques inverses 79
Développements limités 81
Fiche 31 Développements limités 81
Fiche 32 Formule de Taylor-Young 84
Fiche 33 Développements limités usuels 89
Fiche 34 Opérations algébriques et composition des développements
limités 92
Développements asymptotiques 95
Fiche 35 Développements asymptotiques 95
Convexité 96
Fiche 36 Convexité 96
Équations différentielles linéaires du 1er ordre 100
Fiche 37 Équations différentielles linéaires du 1er ordre homogènes 100
Fiche 38 Équations différentielles linéaires du 1 er ordre avec second
membre 103
Fonctions de plusieurs variables 111
Fiche 39 Topologie 111
Fiche 40 Fonctions de plusieurs variables 117
Fiche 41 Les systèmes de coordonnées usuelles 119
Fiche 42 Limites, continuité et dérivation 121
Exercices 129
Corrigés 133

Partie 2
Algèbre
"O Le plan complexe - Les nombres complexes 161
0
c::
::J Foc us Les nombres complexes 162
0
v Fiche 43 Le corps des nombres complexes 164
..-!
0
N
Fiche 44 Représentation géométrique des nombres complexes 167
@ Fiche 45 Inversion des nombres complexes 170
~
..c:: Fiche 46 Propriétés fondamentales des nombres complexes 172
Ol
ï:::: Fiche 47 Complément : les polynômes de Tchebychev 174
>-
a.
0 Fiche 48 Racines n ièmes de l'unité, racines nièmes complexes 177
u
Fiche 49 Factorisation des polynômes dans le corps C 180
Fiche 50 Fractions rationnelles et décomposition en éléments simples 185

vi

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Fiche 51 Transformations du plan : translations, homothéties 196
Fiche 52 Transformations du plan : rotations 198
Fiche 53 Transformations du plan: similitudes 200
Foc us Transformations complexes, fractales, et représentations
de la nature 204
Matrices 206
Fiche 54 Matrices de taille 2 x 2 206
Fiche 55 Déterminant de matrices de taille 2 x 2 208
Fiche 56 Matrices de taille 3 x 3 210
Fiche 57 Déterminant de matrices de taille 3 x 3 213
Fiche 58 Matrices de taille m x n 216
Fiche 59 Opérations sur les matrices 218
Fiche 60 Matrices remarquables 220
Fiche 61 Introduction aux déterminants de matrices de taille n x n 224
Fiche 62 Inversion des matrices carrées 226
Foc us L'origine des matrices 230
Foc us Les matrices et leurs applications 232
Fiche 63 Systèmes linéaires 234
Fiche 64 Vecteurs 238
Fiche 65 Barycentres 242
Fiche 66 Droites, plans 246
Fiche 67 Produit scalaire 249
Foc us Produit scalaire, espaces fonctionnels et calcul numérique 253
Fiche 68 Produit vectoriel 254
Fiche 69 Aires et volumes 256
Foc us Géométrie euclidienne - ou non ? Encore des matrices! 258
Transformations linéaires du plan 260
Fiche 70 Bases et transformations linéaires du plan 260
Fiche 71 Changement de base en dimension 2, et déterminant
d'une application linéaire 264
Fiche 72 Conjugaison - Matrices semblables de taille 2 x 2 266
Fiche 73 Opérateurs orthogonaux en dimension 2 268
"O :<; Fiche 74 Rotations vectorielles du plan 270
0
c::
"'<=
::l
Transformations linéaires de l'espace 273
::J ~
<>
0 <>
Fiche 75 Bases de l'espace R3 273
ii
v -~
..-!
0 g Fiche 76 Transformations linéaires de l'espace Hl3 274
N <=
0

@
<=
<= Fiche 77 Changement de base en dimension 3 278
,>;
~
..c::
0
::> Fiche 78 Conjugaison - Matrices semblables de taille 3 x 3 280
Ol ~Q.
ï:::: ~ Fiche 79 Opérateurs orthogonaux de l'espace IR.3 282
>-
a. 3
0 ~
::>
Fiche 80 Rotations vectorielles de l'espace R3 284
u -ci
0
c: L'espace IRi" 286
::>
0
@ Fiche 81 Vecteurs en dimension n, n ;;:. 2 286

vii

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Fiche 82 Espace engendré par une famille de vecteurs - Sous-espaces
vectoriels de IR." 288
Fiche 83 Transformations linéaires de l'espace IR." 291
Fiche 84 Changement de base 295
Fiche 85 Conjugaison - Matrices semblables de taille n x n 297
Fiche 86 Réduction des matrices carrées 299
Foc us Groupe spécial orthogonal et cristallographie 303
Foc us Diagonalisation - La toupie de Lagrange (et de Michèle Audin) 305
Espaces vectoriels 306
Fiche 87 Les espaces vectoriels 306
Fiche 88 Sous-espaces vectoriels 310
Fiche 89 Somme de sous-espaces vectoriels 312
Fiche 90 Projecteurs, symétries 313
Exercices 315
Corrigés 323

Partie 3
Analyse

Suites 367
Fiche 91 Qu'est-ce qu'une suite? L'espace des suites et opérations
sur les suites 368
Fiche 92 Les différents types de suites 371
Foc us Suites arithmético-géométriques et finance 376
Fiche 93 Étude d'une suite 377
Fiche 94 Majorants, minorants d'une suite réelle - Croissance
et décroissance 380
Fiche 95 Techniques d'étude des suites réelles 382
Fiche 96 Convergence 384
Fiche 97 Convergence des suites monotones 387
Fiche 98 Opérations sur les limites de suites 389
Fiche 99 Convergence des suites homographiques réelles 392
Fiche 100 Suites extraites 397
"O
0
Fiche 101 Suites de Cauchy 399
c::
::J Fiche 102 Comparaison des suites réelles 401
0
v Foc us Suites et systèmes dynamiques - L'attracteur de Hénon 405
..-!
0 Intégrales 406
N
@ Fiche 103 Qu'est-ce qu'une intégrale? 406
~
..c:: Fiche 104 Intégrale d'une fonction en escaliers 408
Ol
ï:::: Fiche 105 Intégrale d'une fonction continue par morceaux 413
>-
a.
0 Fiche 106 Calcul intégral 419
u
Fiche 107 Primitives de fractions rationnelles 425
Fiche 108 Calcul approché d'intégrales 427

viii

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Focus Intégrale de Riemann vs intégrale de Lebesgue 434
Exercices 436
Corrigés 442
Annexes Formulaire de trigonométrie 470
Dérivées usuelles 472
Dérivées des fonctions réciproques usuelles 473
Primitives usuelles 474
Limites usuelles des fonctions puissances 475
Rang d'une matrice 476
Bibliographie 477
Index 479

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0 g
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ix

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Avant-propos

Cet ouvrage est destiné aux étudiants du cycle Ll des filières universitaires scienti-
fiques, ou des classes préparatoires. Il se base sur nos cours donnés en première année de
Licence à l'UPMC (université Pierre et Marie Curie).
Face aux demandes croissantes de nos étudiants, qui recherchaient un ouvrage de réfé-
rence complet mais abordable, ainsi que des exercices d'application corrigés, nous nous
sommes lancés dans la conception de ce livre qui, nous l'espérons, sera un outil utile
pour les générations d'étudiants à venir.
Cet ouvrage est donc le fruit d'un compromis: dans ce volume condensé, nous avons
essayé de donner suffisamment d'éléments recouvrant l'ensemble des mathématiques
de première année. Cet ouvrage correspond aussi à l'arrivée des nouveaux programmes
universitaires et des classes préparatoires. Pour mi.e ux assurer la jonction avec les ma-
thématiques enseignées au lycée, nous avons opté, pour la première partie d'analyse,
relative à l'étude des fonctions, à une présentation de type « Calculus », inspirée de
l' esprit des « textbooks » anglo-saxons, qui permet d'aborder plus facilement le reste
du programme, plus « classique», sur les suites et le calcul intégral. Pour l'algèbre, la
présentation reprend celle de l'ouvrage Calcul Vectoriel (Collection Sciences Sup), en
allant un peu plus loin : Rn , réducti.on, espaces vectoriels.

Malgré tout le soin apporté à la rédaction, nous demandons l'indulgence du lecteur


pour les éventuelles imperfections qui pourraient subsister; qu' il n' hésite pas à nous les
signaler.

Claire David
Claire.David@upmc.fr
Sami. Mustapha
sam@math.jussieu.fr

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Remerciements
Nous remercions vivement toutes les personnes dont la relecture et les remarques ont
contribué à améliorer la version initiale du manuscrit :
les membres du comité de lecture, pour leur relecture extrêmement minutieuse et leurs
remarques très pertinentes ;
• Sylvie Benzoni, Un iversité Claude Bernard Lyon 1, Institut Camille Jordan.
• Laurent Di Menza, Université de Reims, Laboratoire de Mathématiques de Reims
(LMR).
• Jean-Pierre Escofier, Université de Rennes, Institut Mathématique de Rennes.
• Sandrine Gachet, Professeur de Mathématiques, Lycée Gustave Eiffel, Dijon.
• Chloé Mullaert, Professeur de Mathématiques, Lycée Paul Valéry, Pari.s.
• Laure Quivy, ENS Cachan et Un iversité Paris XIII, Centre de Mathématiques et leurs
applications (CMLA).
• Lamia Attouche, étudiante à l'UPMC, Paris.
• Alexis Prel, étudiant à l'UPMC, Pari.s.
mais aussi Albert Cohen, Ramona Anton, Sylvie Delabrière, Patrick Polo, Adnène
Benabdesselem, Matthieu Solnon, Eugénie Poulon, Daniel Hoehener, Julien Piera Vest.

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xi

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Comment utiliser cet ouvrage'?

Un découpage
en trois grandes parties
ca\c.u\US Calculus, Algèbre, Analyse

110 fiches de cours


Les notions essentielles du cours

.. .~i. ." .. R, Un repérage


• Les ensembles de nombres P.ta« J1.mll~W'l 1éd •ll.ltl 1111! "· irt. ~~uc 1'ctHC1nblc ~ 1t.dt .Je b r,1111~ •1 ~. u&kcs1
1111(J'lfii:f facile

7
lJo toll~ r. .-,;i; u~ .:dl« 'l1>.1n 1fati;.'1.<. q.ai .:om>mu.:ni: I~ •ilill)..'Jll1' • & l'<.n
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.. Le~ nombt6 rf!tionneh
l:cn...,..mb'= 11;e,. n.mibr<.'.l< r:11i,1nn..'I"· c'c,;c ii di~ d: l.1 furml! ~- oo p a q ~ dalx
1. Notation «il~ 1elatih. ave~: 11 ~Cl. C•l nui:tQ.

Poot db.T1.r-.:. l"cn,..;1:Dl:'4(.. °'' utili.o;e lies. :.:cilb..lel, .1.1'1nté~ur '1:."'f\ld k'> <'Ill &nt Sc:< >- l.Hnotnbtfl rhk
t 1t 1DCl'tl$;okr.:11tOemtlle L'eo~~ 1~( ~imNe< ~I ' '"" n~ lt
.'>ui\a.ilt let r•'· dé)l.."'UL i:.1tttikmc11L (111;1o:e1.4. ru·11tricUt~ .n'Ulad~.lao li~cde• t lt·
IDMTSdt: l'<:n<c1Dhk ~ :.i n<i. dlins. k .:.1s.d'1,1.n cn.'\\'.tll~ F.uvtit un a.1mtir<. fin. d'o!:lén:iem.-
· ··· ""' ~'Jt!t llnlll.)lllbn.'.Cl'(Îo:• p.l<Î(Îf. uufrrît: 1 'tll~l>le RIJl oooo, H\lje~ n.'(ol, ~(t...ç..<1~0,:(lll<' l 'o)fl:,1f(~lc 1,. .. 11ruit.etét.l k.11d1e~ "•
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De très ~ ~• .J,in.; h:. 1•:o(~t'W1 tn~~d'Béro~ \\~f1fi.4u~pr(l!Wiélld\ltll'l6Cf'. oob'rit > u.noudon c ' "
E.= HP(.1)~ W>:n.:uto: f..1.. P(.111 ~ l\'CI é.:111 f1indes t~l!l~ pnfr6:1cnt'> avi:o: l"o.p.><:mt • • ... ..:da "ÎllQÎl\e~

nombreux .;.;.qu idt<Ît llC li!N rc.11~blc do.~ llt1no:r(.~ "' td< qui: lapro;11iécé P!Oil \\lrifiû pow ,T, I' t n$.i.'mbk de~ entien. r.:bti!i> n<XI nw,i ~ cc.:
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> IAnotetion • ;"
Loo;quc 1'.:.n ~ri1 llln dt:.: cn«mllk:. pr~c6.1':~ Il\-.:;.• l't)(j.'\}-<:.n1 .. : 11,.:-d1 "ipifie quo:
7hème
H' · tt?.A.to,,. J•(l,i,N 4N) rm1 n.:.1.--00~ Q!lC b numh\'.) s.cri•'l..:1~ p.l<i ti!~ & n1 c:nl-1.'.cnbk: ai.cJ'li. Z~ t<tUi
tlo( •li..'-" ~ta' à N"t ~~~ rc11 ~bk iJn c:Ma'< clJ1{1t111(-0t p.1~~ . J.; IJ.!"1.@~
> .u~. .lr E N l'en-..:,.ml>k: lk,.... 1Q!k ...cn.:1r 1Ylol'm Jlol"Î~f"; ( f•
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Ol 1;~Me i.k.'<:m~ rwmN, 1"ts1-~411Cd.."" tnrlt.r" qui ~,:li., ...,;, P""'•itf~ .~ m,11, ~! 1'1•JViC;1(11'\lc ..\:$ r&t~ '(f'it'1.·1~n1nl.ganf~ ; 1;1i;
·;:: nég;inf< 1it1"'1l>i.C<I Ml~Z:: Propriê-ti!
>- z .-1.... -s. -4, -l. -2. - 1, o. 1. l, J, .:1. s....1 O.a:
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xii

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Des exercices corrigés pour
s'entraîner

Des focus
pour découvrir
des applications
des mathématiques
ou approfondir
un point du cours

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Calcul us

lnt[_o~uctio.~~------

Après de brefs rappels sur les ensembles de nombres, nous présen-


tons, dans ce qui suit, les notions d'analyse indispensables à l'étude
des fonctions: l'étude des limites; des généralités sur les fonctions nu-
mériques et les fonctions usuelles. Nous passons ensuite, naturellem-
ment, à l'étude de la continuité, puis de la dérivabilité. Nous introdui-
sons alors les fonctions réciproques. Puis, nous passons à l'étude des
développements limités, et aux équations différentielles. Enfin, nous
introduisons brièvement les fonctions de deux et trois variables.

Dans ce cours, certains résultats, dont la démonstration n'est pas consi-


dérée comme indispensable à l'apprentissage des techniques de base,
sont admis.

e.lan
Nombres réels ................................................................. 1
Limites .... .......... ..... .................... ...... ............. .. ............ 8
Fonctions numériques .... ...... . .. ..... .. . .... ...... ....... ........ ...... .. . 18
Focus: La construction de /'ensemble des réels:
les coupures de Dedekind . ...... ...... ......... ...... ....... ...... .. 21
Fonctions usuelles ............................................................33
Focus : John Napier et les tables logarithmiques ....... ...... ...... . .. ...... 38
Focus : Leibniz et la fonction exponentielle ................................. 44
Focus : L'origine de la trigonométrie ..... .... . . ..... . . ...... . . ....... ...... . 49
Continuité ... .. .............. .. ...... . .............. .... .... .... ........... .. 51
Dérivabilité .................................................................. 58
Fonctions réciproques ....................................................... 72
Développements limités ..................................................... 81
Développements asymptotiques ............................................. 95
Convexité .................................................................... 96
Équations différentielles linéaires du 1e r ordre ............................. 100
Fonctions de plusieurs variables ............................................ 111
....
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Exercices . ..... ..... ......... .... ....... ...... .... . ... .. . ... ..... ...... .. . ... 129
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Les ensembles de nombres

Un ensemble E est une collection d'objets, qui constituent les «éléments» de l'en-
semble. Le nombre d'éléments de l'ensemble peut être fi ni , ou infini.

1. Notation
Pour décrire l'ensemble, on utilise des accolades, à l' intérieur desquelles on écrit les
éléments de l'ensemble.
Suivant les cas, on peut, simplement, placer, à l'intérieur des accolades, la liste des élé-
ments de l'ensemble; ainsi, dans le cas d'un ensemble E avec un nombre fin i d'éléments
e1, . .. , e11 , où n est un nombre entier positif, on écrit:
E = {e,, . . . ,e11 }
ou bien, dans le cas d'un ensemble d'éléments vérifiant une propriété donnée 'P, on écrit
E = {xl'P(x)} ou encore {x, 'P(x)} ou encore {x; 'P(x)}
ce qui désigne ainsi l'ensemble des éléments x tels que la propriété 'P soit vérifiée pour x.

Exemples
1. {l, 2, 3, 4) est un ensemble. Ses éléments sont les nombres 1, 2, 3 et 4.
2. {3, 4, 5, 6,, .. .}est un ensemble. Ses éléments sont les nombres entiers supérieurs ou égaux
à 3.
3. {x E {l, 2, 3, 4, 5, 6} lxest impair}= {l , 3, 5}.
>- Les entiers nature ls
L'ensemble des entiers naturels, c'est-à-dire des entiers positifs ou nuls, est noté N:
N = {O, 1, 2, 3, 4, 5, ... }

>- Les nombres pairs


L'ensemble des entiers naturels pairs est noté 2 N :
2N = {0, 2, 4, 6, ... } = {2n, n EN}

>- k N, k E N
Étant donné un entier naturel k, k N désigne l'ensemble des entiers naturels mutiples de
k:
kN = {kn, n EN}
....
..c
Ol
·;:: >- Les entiers relatifs
>-
0..
0 L'ensemble des entiers relatifs, c'est-à-dire des entiers qui sont soit positifs ou nuls, ou
u négatifs ou nuls, est noté Z :
z= {. .. , - 5, - 4, - 3, - 2, -1 , 0, 1, 2, 3, 4, 5, . .. }

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>- œZ, œ E IR
Étant donné un réel œ, œZ désigne l'ensemble des réels de la forme œk, où k est un
entier:
œZ ={œk, kE Z I
Exemple
1 2JT Z ={2kJT, k E Zl.
>- Les nombres rationnels
L'ensemble des nombres rationnels, c 'est-à-dire de la fo1me !!.., où p et q sont deux
q
entiers relatifs, avec q * 0, est noté Q.
>- Les nombres réels
L'ensemble des nombres réels est noté R

>- i
L'ensemble IRU{-oo, +oo} est noté IR (c'est ce que l'on appelle la «droite réelle achevée»,
ou encore, l'adhérence de IR)
>- La notation « * »
Lorsque l'on écrit l'un des ensembles précédents avec l'exposant«*», cela signifie que
l'on exclut 0 ; ainsi, N* désigne J' ensemble des entiers naturels non nuls ; Z* désigne
l'ensemble des entiers relatifs non nuls ; etc.
>- La notation « + »
Lorsque l'on écrit l'un des ensembles précédents avec l'exposant « +» , cela signifie que
l'on ne considère que les nombres positifs de cet ensemble; ainsi, z+ (qui est aussi égal
à N), désigne l'ensemble des entiers positifs ou nuls; IR+ désigne l'ensemble des réels
positifs ou nuls ; etc.
>- La notation « - »
Lorsque l' on écrit l'un des ensembles précédents avec l'exposant« - »,cela signifie que
l' on ne considère que les nombres négatifs de cet ensemble; ainsi, z- (qui est aussi égal
à -N), désigne l'ensemble des entiers négatifs ou nuls; IR- désigne l'ensemble des réels
positifs ou nuls ; etc.
>- La notation « z»
Lorsque l'on écrit l'un des ensembles précédents avec l'exposant« :», cela signifie que
l'on ne considère que les nombres strictement positifs de cet ensemble; ainsi, z : (qui

"O .,,
:<;
est aussi égal à N*), désigne l'ensemble des entiers strictement positifs; JR:
désigne
0 <= l'ensemble des réels strictement positifs; etc .
c ::;

::::i '~

Cl
<.>
<.>
~
>- La notation « ~ »
-~
"""
..-1
~
Lorsque l'on écrit l'un des ensembles précédents avec l'exposant « ~ », cela signifie que
0
N <=
0
<= l'on ne considère que les nombres strictement positifs de cet ensemble; ainsi , z : (qui
@
....
..c
·a"'
0

::1
est aussi égal à - N*), désigne l'ensemble des entiers strictement négatifs; JR:
désigne
Ol ~Q. l'ensemble des réels strictement négatifs; etc.
·;::
~
>- S!
a. Propriété
0 "
~
u -ci
0
Ona: N c Z c Q c lR
<=
::l
0
@
où le symbole c signifie « inclus dans».

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2. Les ensembles
> Ensemble vide
Un ensemble ne contenant aucun élément est appelé ensemble vide, et noté 0.

Exemple
1 {n E 3 N, n pairl ne contient aucun nombre: c'est l'ensemble vide.

> Intersection d'ensembles


Étant donnés deux ensembles E1 et E2, leur intersection , notée E 1 n E2, est l'ensemble
des éléments qui appartiennent à la fois à E 1 et à E 2 :
E 1 n E1 = {x, x E E 1 et x E E1}

> Union d'ensembles


Étant donnés deux ensembles E1 et E1, leur union, notée E1 U E1, est l'ensemble des
éléments qui appartiennent à E 1, ou à E1 :
E1 U E1 = {x, x E E1 ou x E E1}

> Différence de deux ensembles


Étant donnés deux ensembles E 1 et E1, leur différence, notée E 1 \ E1, est l'ensemble E 1
privé de E1 :

Exemples
1. R. \ {1, 2} est l'ensemble des réels différents de 1 et de 2.
2. R. \ rr Z est 1' ensemble des réels qui ne sont pas multiples de rr.

> Complémentaire d'un ensemble


Étant donnés deux ensembles E1 et E2 tels que E1 soit inclus dans E 1 (que l'on écrit
E1 c E 1), l'ensemble E 1 \ E2 est le complémentaire de E2 dans E,, noté CEi E1 :
CE 1 E1 = E 1 \ E1

1 Exemple
clR {o} = R.*
"O
0
c:: > Produit cartésien de deux ensembles
::J
0 Étant donnés deux ensembles E 1 et E2 , leur produit cartésien, noté E 1 x E 2 , est l'en-
v
..-!
0
semble des couples d' éléments de la forme (x 1, x2), où le premier élément x 1 appartient
N
à E1, et le second, x2, à E2:
@
~
..c::
E1 x E1 = {(x1 ,x2), xi E E1 et x2 E E1}
Ol
ï::::
>-
a. Exemples
0
u 1. R.2 = {(xt, x2 ), Xt E R. et x 2 E R.} est l'ensemble des couples de réels.
2. N 2
= {(n 1, n 2 ), n 1 E N et n2 E N} est l' ensemble des couples d'entiers naturels.

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>- Produit cartésien de trois ensembles
Étant donnés trois ensembles E 1, E 2 et E 3, leur produit cartésien, noté E 1 x E 2 x E 3,
est l'ensemble des triplets d'éléments de la forme (x1, x2, x3) , où le premier élément xi
appartient à E1, le second, x2, à E2, et le troisième, x3, à E3:
E1 x E1 x E3 = {(x1,x2,x3), xi E Ei, x2 E E1 et x3 E E J}

>- Produit cartésien de n ensembles, n E N, n ~ 2


Étant donnés un entier naturel n ~ 2, et n ensembles E 1, •. . , E11 , leur produit cartésien,
noté E 1 x ... x En, est l'ensemble des n-uplets d'éléments de la forme (x 1, ••• , x 11 ), où
X1 E E 1, ... , X 11 E En :
E, X ... xEn = {(x,, ... ,Xn). x, E E.1, ... , Xn E En}
>- Application
Étant donnés deux ensembles E et F, une application cp de E dans F associe, à chaque
élément de E, un et un seul élément de F. E est l'ensemble de départ, F, celui d'arrivée.
Pour tout élément x de E, l'unique élément de F ainsi mis en relation avec x par
l'application cp est noté cp(x), et appelé image de x. x est un antécédent de cp(x). On écrit:
cp:E ---7 F
X H cp(x)

Exemples
1.
ip : N--+N
X H X

est u ne application de N dans N, appelée application identité de N .


2.
l/f :Q --+ Q
X H 2X

est une application de Q dans Q.

>- Fonction
Étant donnés deux ensembles de nombres E et F, une fonction f de E dans F associe,
à chaque élément x de E, au plus un élément de F appelé alors image de x par f (ce
qui signi fie donc que tous les éléments de E n'ont pas nécessairement une image par f).
E est l'ensemble de départ, F, celui d'arrivée. L'ensemble des éléments de E possédant
une image par f est appelé domaine de définition de f, et noté Df. Elle permet de définir
"O .,,
:<;
une application de D_r dans F .
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~ Exemple
-~ / : R.--+ R.
0"""
..-1
~ 1
N <= XH - -
0

@
<= 1- X
"'
....
..c
0
·a
::1
est une fonc tion de R dans Ill, dont le domaine de définition est lR \ {l }. Elle permet de définir
Ol ~Q. une application de iR \ { l} dans iR.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

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Intervalles, voisinages, bornes

L' ensemble des nombres réels est habituellement représenté sous la forme d'une droite
graduée, appelée droite des réels, où il faut pouvoir se repérer. À cet effet, on introduit
les notions d'intervalle et de voisinage d'un point.

1
-2 -1 0

Figure 2.1 - La droite des réels.


1. Intervalles
> Intervalle fermé et borné (ou segment)
On appelle intervalle fermé et borné (ou segment) tout ensemble de la forme
[a, b] = {xE R,a~x~b} (a, b)e R2 ,a~b
> Intervalle ouvert
On appelle interval1e ouvert tout ensemble de la fom1e
]a,b[= {x E R,a<x<b} (a , b) E R 2 ,a<b
ou ] - oo,b[= {xE R,x<b} bE R
ou encore ]a, + oo[= {x E R , a< x} , a E R
où R 2 = R x R est l'ensemble des couples de réels.
> Intervalle ouvert et borné
On appelle intervalle ouvert et borné tout ensemble de la forme
]a, b[ = {x E R, a< x < b} (a , b) E R2 , a < b
> Intervalle semi-ouvert et borné
On appelle intervalle semi-ouvert et borné tout ensemble de la forme
[a, b[ = {x E R, a~ x < b} (a , b) E R2 , a < b
ou ]a,b] = {xE R,a<x~b} (a,b)E R 2 ,a<b
> Intervalle fermé
Par convention, tout ensemble de la forme
[a, +oo[= {x E R, x ;;<: a} a E R
ou ] - oo, b] = {x E R, x ~ b} b E R
est considéré comme étant un intervalle fermé.
> Ensemble vide
....
..c
Ol
L'ensemble, noté 0, qui ne contient aucun nombre réel, est aussi un intervalle, appelé
·;::
>- ensemble vide.
0..
0 > Singleton
u
On appelle singleton un ensemble ne contenant qu'un seul élément, et qui est donc de la
forme {a}, où a est un nombre réel.

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>- Intervalle
On appelle intervalle de IR l'un des ensembles définis ci-dessus, ou bien IR tout entier.

~ Un singleton est un intervalle fermé (le si ngleton {a l est donc assimilé à l'intervalle fermé
~ [a,a]).

>- Adhérence d'un intervalle


Soit I un intervalle de R Son adhérence Ï est l'ensemble tel que :
• si I est un segment, alors Ï =I ;
• si I est de la forme ]a, b[ ou ]a , b] ou [a, b[, (a, b) E IR 2 , alors Ï = [a, b];
• si I est de la forme ]a, +oo [ ou [a, +oo[, a E IR, alors Ï = [a, + oo[U {+oo};
• si I est de la forme] - oo, a[ ou] - oo, a], a E IR, alors l =] - oo, a] U {- oo};
• si I l'ensemble vide 0, alors Ï = 0.
2. Voisinage
>- Voisinage d'un point
On appelle voisinage d'un point a de R un sous-ensemble de R contenant un intervalJe
ouvert de la forme ]a - ry, a + ry[, où ry est un réel strictement positif et tel que ry < a .

On peut étendre la notion de voisinage à +oo ou - oo; ainsi, un voisinage de +oo est une partie
de IR. contenant un intervalle ouvert de la forme ]xo, +oor, où xo est un nombre réel quelconque.
De même, un voisinage de -oo est une partie de lR contenant un intervalle ouvert de la forme
] - oo, xo[, où xo est un nombre réel quelconque.

3. Les intervalles de IR
Dans ce qui suit, a, b, xo sont des réels tels que a < b. Le tableau suivant reprend les
différents types d'intervalles de R

[a, b) 1 Segment

)a, b[ 1 Interval le ouvert et borné

)a, b) 1 Intervalle semi-ouvert et borné (ouvert à gauche, fermé à droite)

[a, b[ 1- Intervalle semi-ouvert et borné (fermé à gauche, ouvert à droite)

"O .,,
:<; 0 1 Ensemble vide
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
{a } 1 Singleton
Cl <.>
~

"""
..-1
-~
~
)xo, +oo[ 1 Voisinage de +oo
0
N <=

I========
0
<= [Xo, +oo[
@ "'
....
..c
0
·a
Ol
::1

~Q.
) - oo,x0 [ 1 Voisinage de -oo
·;::
~
>-
a.
0
u
S!
"
~
-ci
0
<=
) - oo, Xo)

) - oo, +oo[
I::::=====
1 R tout entier
::l
0
@

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Limite d'une fonction en un point

1. Limite finie d'une fonction en un point


Soient f une fonction définie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, a un point de l,
e
et un réel.
On dit que f admet pour limite (finie) e en a si, lorsque X devient très proche de a,
f(x) devient lui aussi très proche de e, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que
pour tout réel e strictement positif, il existe un réel ry strictement positif tel que :

VX E J, Ü < lx - al < '7 => lf(x) - li < t;

On écrit: lim f(x) = l


x~a
ou lim f =
a
e.
Exemple
On considère la fonction qui, à tout x de] - 1, 1[,associe ~.Alors :

lim ~= O
x-+ I

>- Notation o+
Soient f une fonction définie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, et a un point
del.
On dit que f tend verso+ en a si, lorsque x devient très proche de a, f(x) tend vers
zéro, mais en restant pos.itif, ce qui se tradu.it mathématiquement par Je fait que pour tout
réel e strictement positif, il existe un réel ry strictement positif tel que :

Vx E J, 0 < lx - al < ry => 0 ~ f(x) < e

On écrit : lim f(x) = o+ ou limf = o+.


x~a a
Lorsque +oo est une borne de/, on dit que f tend verso+ en +oo si , lorsque x devient
très grand, f(x) tend vers zéro, mais en restant positif, ce qui se traduit mathématique-
ment par le fait que pour tout réel e strictement positif, il existe un réel A strictement
positif tel que :
V x E / , x > A => 0 ~ f(x) < e
On écrit : lim f(x) = o+ ou lim f = o+.
x~+oo +oo
Lorsque - oo est une borne de/, on dit que f tend vers o+ en - oo si, lorsque x devient
très grand en valeur absolue, mais en restant à valeurs négatives, f(x) tend vers zéro,
mais en restant positif, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout réel
....
..c e strictement positif, il existe un réel A strictement positif tel que :
Ol
·;::
>- Vx E /, x < - A => 0 ~ f(x) < e
0..
0
u
On écrit : lim f(x) = O+ ou limf = O+.
x~ - oo - oo

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Exemple
lim x 2 = 0+
x->0

~ On utilisera aussi la notation o+ pour indiquer quel ' on tend vers zéro par valeurs supérieures.

>- Notation o-
Soient f une fonction définie sur un intervalle I de Ill, à valeurs dans Ill, et a un point
del.
On dit que f tend verso- en a si, lorsque x devient très proche de a , f(x) tend vers
zéro, mais en restant négatif, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour
tout réel s strictement positif, il existe un réel TJ strictement positif tel que :

Vx E /, 0< lx - al < TJ ~ - s < f(x) ~ 0

On écrit : lim f(x) =


x->a
o- ou lim f =
a
o-.
Lorsque +oo est une borne de / , on dit que f tend vers o- en + oo si, lorsque x devient
très grand, f(x) tend vers zéro, mais en restant négatif, ce qui se traduit mathématique-
ment par le fait que pour tout réel s strictement positif, il existe un réel A strictement
positif tel que :
V x E ! , x > A ~ - s < f(x) ~ 0
On écrit : lim f(x) =
x ~ +oo
o- ou lim f =
+ oo
o-.
Lorsque - oo est une borne de/, on dit que f tend verso- en - oo si, lorsque x devient
très grand en valeur absolue, mais en restant à valeurs négatives, f(x) tend vers zéro,
mais en restant négatif, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout réel
s strictement positif, il existe un réel A strictement positif tel que :
V x E / , x < - A ~ - s < f(x) ~ 0

Onécrit: lim f(x) =O- ou lim f =O- .


X~-00 -OO

Exemple
lim -x4
x-+O
= o-

"O
c
0
::::i
.,,
:<;
<=
::;
'~
<.>
~- On utilisera aussi la notation o- pour indiquer que l' on tend vers zéro par valeurs inférieures.

Cl <.>
~ Exemple
-~
"""
..-1
0 ~
lim x3 = o-
N <=
0
<= x-.o-
@ "'
....
..c
0
·a
::1 >- Notation a+, a E R
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a étant un réel, la notation a+ signifie que 1'on tend vers a par valeurs supérieures.
a.
0 "
~
u -ci
0
>- Notation a- , a E lR
<=
::l
0
@ a étant un réel, la notation a- signifie que l' on tend vers a par valeurs inférieures.

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2. Limite infinie d'une fonction en un point
Soient .f une fonction définie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, et a un point
de/.
On dit que f admet pour limite «plus l'infini (on note +oo) » en a si, lorsque x
devient très proche de a, f(x) devient très grand, ce qui se traduit mathématiquement par
le fait que pour tout réel A strictement positif, il existe un réel ry strictement positif tel
que:
V x E /, 0 < lx - al < ry ~ f(x) > A
On écrit alors : lim f(x)
x~ a
= +oo ou lim f(x)
a
= +oo.
On dit que f admet pour limite « moins l'infini (on note - oo) » en a si, lorsque
x devient très proche de a, f (x) devient très grand en valeur absolue, mais en étant à
valeurs négatives, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout réel A
strictement positif, il existe un réel ry strictement positif tel que :

Vx E /, 0< lx - al < ry ~ f(x) < - A


On écrit : lim f(x) = - oo ou lim .f = - oo.
x~a a
Exemple
1
lim
X->1 + ~
=+ oo

3. Limite finie à droite (ou par valeurs supérieures)


Soient f une fonction définie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, a un point de /,
et e un réel.
On dit que f admet pour limite (finie) f à droite en a (ou encore, par valeurs supé-
rieures) si, lorsque x devient très proche de a, en restant plus grand que a, f(x) devient
lui aussi très proche de e, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout
réel s strictement positif, il existe un réel ry strictement positif tel que :

VX E /, 0< X - a < T/ ~ lf(x) - fi < s


On écrit : lim f(x)
x~a+
=f ou lim f
a+
= f.
Exemple

lim (2 +
X->) + "fx=l\
V_., - J =2
~

"O
0 4. Limite finie à gauche (ou par valeurs inférieures)
c::
0
::J
Soient f une fonction définie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, a un point de /,
v
...-!
e
et un réel.
0
N On dit que f admet pour limite (finie) f à gauche en a (ou encore, par valeurs infé-
@ rieures) si, lorsque x devient très proche de a, en restant plus petit que a, f(x) devient lui
aussi très proche de e, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout réel
~
..c::
Ol
ï::::
>- s strictement positif, il existe un réel ry strictement positif tel que :
a.
0
u VX E /, - ry < X - a<0 ~ lf(x) - f i < s
On écrit : lim f(x)
x ~a -
=f ou lim f
a-
= f.

10

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S. Limite infinie à droite (ou par valeurs supérieures)
Soient f une fonction définie sur un intervalle l de JR, à valeurs dans JR, et a un point
de/.
On dit que f admet pour limite +oo à droite en a (ou encore, par valeurs supérieures)
si, lorsque x devient très proche de a, en restant plus grand que a, f(x) devient très grand,
ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout réel A strictement positif, il
existe un réel TJ strictement positif tel que :

Vx E ! , 0 < x - a < TJ => .f(x) > A

On écrit : lim .f(x) = +oo ou lim f = +oo.


x~a+ a+
On dit que f admet pour limite - oo à droite en a (ou encore, par valeurs supérieures)
si, lorsque x devient très proche de a, en restant plus grand que a, f(x) devient très grand
en valeur absolue, mais en étant à valeurs négatives, ce qui se traduit mathématiquement
par le fait que pour tout réel A strictement positif, il existe un réel TJ strictement positif
tel que:
V x E / , 0 < x - a < TJ => f(x) < - A

On écrit : lim f(x)


x~a+
= - oo ou lim
a+ ·
f = -oo.

6. Limite infinie à gauche (ou par valeurs inférieures)


Soient f une fonction définie sur un intervalle I de JR, à valeurs dans JR, et a un point
de!.
On dit que f admet pour limite + oo à gauche en a (ou encore, par valeurs inférieures)
si, lorsque x devient très proche de a, en restant plus grand que a, f(x) devient très grand,
ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout réel A strictement positif, il
existe un réel TJ strictement positif tel que :

Vx E /, - 17 < x - a < 0 => .f(x) > A

On écrit : lim f(x)


x~ a-
= + oo ou lim f
a-
= + oo.
On dit que f admet pour limite -oo à gauche en a (ou encore, par valeurs inférieures)
si, lorsque x devient très proche de a, en restant plus grand que a, f(x) devient très grand
en valeur absolue, mais en étant à valeurs négatives, ce qu.i se traduit mathématiquement
par le fait que pour tout réel A strictement positif, il existe un réel 1J strictement positif
"O .,,
:<; tel que:
0
c <=
::; V x E /, T/ < x - a < 0 => f(x) < - A
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
On écrit : lim f(x)
x~a-
= +oo ou lim
a-
f = +oo.
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

11

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Limite d'une fonction en +oo ou -oo

1. Limite finie d'une fonction en l'infini


Soient f une fonction définie sur un intervalle de la forme [a, +oo[ de R, a E R, et eun
réel.
On dit que f admet pour limite (finie) een« plus l'infini (on note +oo) » si, lorsque
X devient très grand, f(x) devient très proche de {, ce qui Se traduit mathématiquement
par le fait que pour tout réel c strictement positif, il existe un réel «seuil »,A, strictement
positif tel que :
V X E [a, +oo[, X> A => lf(x) - e1< G

On écrit alors : lim f(x)


x~+oo
=l ou lim f
+oo
=f .
Si f est dé.finie sur un intervalle de la forme ] - oo, a] de R, a E R, et si edésigne encore
un réel , on dit que f admet pour limite (finie) e en «moins l'infini (on note - oo) »
si, lorsque x devient très grand en valeur absolue, mais en étant à valeurs négatives, f(x)
devient très proche de e, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout
réel c strictement positif, il existe un réel A , strictement positif tel que:

V X E] - oo, a], X < - A => lf(x) - e1< s


On écrit alors : lim f(x)
X~-00
=e ou lim f
-OO
= e.
Exemple

. (1-
lim
X-++oo ~
1 ) =l

2. Limite infinie d'une fonction en plus l'infini


Soit f une fonction définie sur un intervalle de la forme [a, +oo[ de R, a E R.
On dit que f admet pour limite + oo en «plus l'infini » si, lorsque x devient très
grand, f(x) devient lui aussi très grand, ce qui se traduit mathématiquement par Je fait
que pour tout réel B strictement positif, il existe un réel «seuil», A, strictement positif
tel que:
V x E [a, + oo[, x > A => f(x) > B
On écrit alors : lim .f(x) = + oo ou lim f = + oo.
x~+oo +oo
On dit que .f admet pour limite - oo en « plus l'infini » si, lorsque x devient très
grand, f(x) devient très grand en valeur absolue, mais en étant à valeurs négatives, ce
....
..c
qui se traduit mathématiquement par Je fait que pour tout réel B strictement positif, il
Ol
·;:: existe un réel «seuil »,A, strictement positif tel que :
>-
0..
0
u V x E [a, + oo[, x >A => f(x) < -B

On écrit alors : lim f(x)


x~+oo
= - oo ou limf
+oo
= - oo.

12

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3. Limite infinie d'une fonction en moins l'infini
Soit f une fonction défin ie sur un intervalle de la forme] - oo, a] de R, a E R
On dit que f admet pour limite +oo en «moins l'infini» si, lorsque x devient très
grand en valeur absolue, mais en étant à valeurs négatives, f(x) devient lui aussi très
grand, ce qui se traduit mathématiquement par le fait que pour tout réel B strictement
positif, il existe un réel réel A, strictement positif tel que :

V x E] - oo, a], x < - A ~ f(x) > B

On écrit alors : lim f(x) = +oo ou lim f = +oo.


x~-oo - oo
On dit que f admet pour limite - oo en « moins l'infini» si, lorsque x devient très
grand en valeur absolue, en étant négatif, f(x) devient aussi très grand en valeur absolue,
en étant négatif, ce qui se traduit mathématiquement par Je fait que pour tout réel B
strictement positif, il existe un réel A, strictement positif tel que :

V x E] - oo, a] , x <-A ~ f(x) < - B

On écrit alors: lim f(x)


X~- 00
= - oo ou limf
- OO
= - oo.
4. Forme indéterminée
On appelle forme indéterminée une limite que l'on ne sait pas déterminer ; cela cor-
respond donc à des quantités ne l'on peut pas quantifier de façon exacte, comme, par
exemple, le quotient de + oo avec +oo.

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
"'::l
0
@

13

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Propriétés des limites
Opérations sur les limites

1. Propriétés des limites


>- Unicité de la limite
Soient f une fonction définie sur un intervalle I de JR, à valeurs dans JR, et a dans Ï. Si f
possède une limite en a, celle-ci est unique.
• Soient f une fonction définie sur un intervalle I de JR, à valeurs dans JR, a un point de
l, etl dans R
Alors, si f est définie dans un vois inage à gauche de a, et dans un vois inage à droite
de a :
x-+a
e
lim f(x) = {:::> lim f(x) = lim f(x) =
x-a+ x-a-
e
• Soient f une fonction défi nie sur un intervalle Ide JR, à valeurs dans JR, et a dans Ï; m
et M sont deux réels. Alors :
- si lim f(x) < M , il existe un voisinage de a tel que, pour tout x de ce voisinage :
x-+a
f(x) < M
- s i lim f(x) > m, il existe un voisinage de a tel que, pour tout x de ce voisinage :
x-a
f(x) > m
>- Limites et comparaison
Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle l de JR, à valeurs dans JR, et a dans
Ï ; met M sont deux réels. Alors, si f et g ont des limites finies en a, et s' il ex iste un
voisinage 'V de a tel que, pour tout x de ce voisinage,
f(x) :::;; g(x)
on a : lim f(x) ~ lim g(x)
x-+a x-+a
>- Limites et minoration
Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle I de lR, à valeurs dans JR, et a
dans Ï. S 'il existe un voisinage de a tel que, pour tout x de ce voisinage,

f(x) :::;; g(x)

et si, de plus, lim g(x)


x-+a
= - oo
alors: lim f(x) = - oo
x-+a
>- Limites et majoration
....
..c
Ol Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle I de JR, à valeurs dans JR, et a dans
·;::
>-
0..
Ï. S'il existe un voisinage de a tel que, pour tout x de ce voisinage, f(x) ~ g(x), et si
0
u lim g(x) = +oo, alors :
x-+a
lim f(x)
x-+a
= + oo

14

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>- Théorème des gendarmes
Soient f et g eth trois fonction défin ies sur un intervaJJe Ide IR, à valeurs dans IR, et a
dans Ï; test un réel. S' il existe un voisinage de a tel que, pour tout x de ce voisinage,
f(x) ~ h(x) ~ g(x), et si, de plus, lim f(x) = lim g(x) = t, alors : lim h(x) = t
x~ a x~ a x~ a

2. Opérations sur les limites


>- Limite d'une somme de fonctions
Soient f et g deux fonctions définies sur un intervaJJe l de IR, à valeurs dans IR, et a
dans Ï ; t et t' sont deux réels fin is. Alors :
limf(x) limg(x) lim (f{x) + g(x))
K-+a K-+a K-+a

e t' e+ e'
t +oo +oo
c -OO -OO

+oo +oo +oo


- oo - oo - oo
+oo - oo Forme indéterminée

>- Limite d'un produit de fonctions


Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, et a
dans Ï; t et f' sont deux réels. Alors :
lim f(x) limg(x) lim f(x) g(x)
K-+a K -+B K -+a

e t' tt'
e, avec e > 0 +oo +oo
e, avec e> 0 - oo - oo
e, avec e < 0 +oo - oo
e, avec e< 0 - oo +oo
0 +oo Forme indéterminée
0 -OO Forme indéterminée

>- Lim ite d'un quotient de fonctions


Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, et a
dans Ï ; t et t' sont deux réels. Alors :
• f(x)
lim f(x) limg(x) 11m -
K-+B K-+B x-+a g(x)

e
--- C', avec t' if: 0
e
f'
"O .,,
:<;

c
0 <=
::;
c +oo 0
::::i
Cl
'~
<.>
<.>
e -OO 0
~
-~ e, avec e > 0 +oo
"""
..-1
~
o-
0
N <=
0
e, avect > 0 - oo
<=
@
·a"'
e, avec t < 0 - OO
.... 0

..c
Ol
::1

~Q.
e, avece < 0 o- +oo
·;::
~ +oo +oo Forme indét erminée
>- S!
a. "~
0 "
~ +oo - OO Forme indét erminée
u -ci
0
<=
::l
-OO +oo Forme indéterminée
0
@ - oo - oo Forme indét erminée

15

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Notations de Landau

1. Négligeabilité

Définition

Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle I de R, à valeurs dans R, et a


dans Ï.
On suppose que g ne s'annule pas dans un voisinage de a. On dit que f est négligeable
devant g au voisinage de a si
lim f(x) = 0
x-ta g(x)

On note alors
f(x) = o (g(x)) ou f = o (g)
x-+a t1

On dit que f est un « petit o » de g au voisinage de a.

La notation «petit o » , de même que la notation «grand 0 » , qui sera vue plus loin, est appelée
notation de Landau, en hommage au mathématicien Edmund Landau 1• Leur paternité est
visiblement assez controversée, et reviendrait, a priori, à Paul Bachmann2 .

Exemple
On considère les fonctions f et g définies, pour tout réel x, par

f(x) = x2 g(x) = x4
Alors, comme lim f(x)
x - ..+oo g(x)
= x lim -;. = 0, on en déduit: f = o(g).
- ..+oo X •~

~ Pour traduire le fait qu'une fonction f possède une limite nulle en a, a E R., ou, éventuelle-
't5 ment, a = +oo ou a = - oo, on écrit aussi :

f(x) ..=
. .. o(l)
2. Domination

Définition

Soient f et g deux fonctions définies sur un intervaJJe Ide R, à valeurs dans R, et a


dans Ï. On suppose que g ne s'annule pas dans un voisinage de a, sans, pour autant,
....
..c que g(a) soit non nul.
Ol
·;::
>-
0.. l. Edmund Georg Hermann Landau (1877- 1938), mathématicien allemand, spécial iste de théorie des
0
u nombres.
2. Paul Bachmann (1837-1920), mathématicien allemand lui aussi, et également spécialiste de théorie des
nombres.

16

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On dit que f est dominée par g au voisinage de a si il existe une constante positive C
telle que, pour tout réel x dans un voisinage de a

lf(x)I ~ C lg(x)I

On note alors :
f(x) = O (g(x))
.;\-+a
ou f = O (g)
a

O n dit que f est un «grand 0 » de g au voisinage de a.

Exemple
On considère les fonctions f et g défi nies, pour tout réel strictement positif x, par:

2 - .!. 3
f(x) = 2x x g(x) = 2x
Alors, comme, pour tout réel x > l :

on a bien : /(x) =
x-.+.:x>
O(g(x)).

3. Équivalence

Définition

Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle 1 de IR, à valeurs dans JR, et a
dans Ï. On suppose que g ne s'annule pas dans un voisinage de a, sans, pour autant,
que g(a) soit non nul.
On dit que f est équivalente à g au voisinage de a si :

f(x) - g(x) = o (g(x))


x~a

On note alors :
f(x) - g(x) ou f ~ g
X~tJ Cl

Exemple
On considère les fonctions f et g définies, pour tout réel x, par

f(x) = x4 + x3 g(x) = x4 + x2
. -
Al ors, comme 11m f(x.)
- = 1, on en d'd . f
e mt:. ~ g.
x-++oo g(x)
....
..c
+oo

Ol
·;:: Attention aux manipulations successives et hasardeuses d'équivalents!
>- Pour cette raison, on ne donnera pas, dans ce cours, de résultats généraux ni de « recettes »
0..
0
u pour la manipulation d'équivalents, la meilleure méthode, la plus fiable et la plus sûre, étant de
manipuler des « o » ou des « 0 », suivant les cas et ce qui est le mieux adapté. Mais attention,
on ne peut pas utiliser ceux-ci dans des inégalités!

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Domaine de définition
d'une fonction, graphe

1. Domaine de définition d'une fonction


On s'intéresse ici aux fonctions d'une variable réelle, à valeurs réelles, c'est-à-dire ap-
partenant à IR. Dans ce cadre, une« fonction» est un« procédé» permettant d'associer à
un nombre réel x un autre nombre réel, noté f(x).
Comme nous l'avons vu au début de cet ouvrage, il n'est pas nécessaire que ce« pro-
cédé » donne un résultat pour tous les nombres réels, mais seulement pour certains
d'entre eux. L'ensemble 'Df des nombres réels pour lesquels ce « procédé » donne effec-
tivement un résultat est appelé domaine de définition de la fonction f.
Ceci peut être résumé en disant que la fonction f est une application de 'Df dans R
Notation
On écrit:
f: 'Df ~ R
X H j(x)
La première flèche, «~»,s ignifie « dans» : f va de 'Df dans R 'Df est l'ensemble de
départ de f, R, l'ensemble d'arrivée de f .
La seconde flèche,« H »,signifie « a pour image » : x a pour image f(x).

~ Il est essentiel, quand on étudie une fonction, de bien préciser son domaine de définition.

2. Graphe d'une fonction


Le graphe, ou courbe représentative, Cf d'une fonction f: 'Df ~ R est l'ensemble
des points (x, y) du plan R2 tels que x appartienne à 'Df et y = f(x) :
Cf = {<x, f(x)); x E 'DJ}

Exemple
Le graphe de la fonction définie sur R par x H x3 est:
y

"O
0
c
::::i
Cl
X
"""
.-1
0
N
@
....
..c
Ol
·;::
>-
a.
0
u
Figure 7 .1- Le graphe de la fonction définie sur lR par x H x3 •

18

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1. Le graphe permet d'associer un aspect géométrique à l'étude d'une fonction .
2. Il convient dès maintenant de bien distinguer les objets suivants : la fonction f (qui est
donc une application), le nombre réel f(x), qui désigne la valeur de f en x, et Je graphe Cf
(qui est une partie du plan JR.2 ).

>- Droite asymptote à une courbe


Soient f une fonction définie sur un intervalle 1 de R, à valeurs dans R, et a dans Ï.
Étant donnés deux réels met p, la droite 'D, d'équation y = mx + p, (m,p) E R2 , est
dite asymptote à la courbe représentative Cf de f lorsque x tend vers a si :

lirn (f(x) - m x - p)
x-+a
=0
La droite 'D, d 'équation x = a, est dite asymptote verticale à la courbe représentative
Cf de f lorsque x tend vers a si :

lim
x -+a, x<a
f(x) = + oo ou lim
x -+a x>a
f(x) = +oo
ou
lim
x->a, x<a
f(x) = - oo ou lim f(x)
x->a x>a
= - oo
Exemple
La droite d'équation y = 2 x + l est asymptote à la courbe représentative de la fonct ion définie
l
sur Ill par x H 2 x + l - x2 + lorsque x tend vers +oo et x tend vers - oo :
1

asymptote
' Q)
~

--- \ -rac:
~

courbe <(

Figure 7.2- La droite d'équation y= 2x + 1 et la courbe représentative de la fon ction


1
définie sur IR pa r x 1-+ 2x + 1 - - - -.
X2 + 1

"O .,,
:<;
>- Branche parabolique d'axe vertical
0 <=
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
Soit f une fonction définie sur un intervalle l de R contenant un voisinage de - oo ou
~
-~ +oo, à valeurs dans R
"""
..-1
0 ~
O n dit que la courbe représentative Cf de .f possède une branche parabolique d'axe
N <=
0
<=
@ vertical lorsque x tend vers +oo si :
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q. . f(x)
·;::
>- ~
S!
lirn f(x)
x-++oo
= +oo et hm - -
x->+oo
= +oo
a. X
0 "
~
u -ci
0 ou
<=
0
@
::l

lim f(x) = - oo et Jim f(x) = - oo


x-++oo x-++oo X

19

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On dit que la courbe représentative Cf de f possède une branche parabolique d'axe
vertical lorsque x tend vers - oo si :
f(x)
lim f(x) = + oo et lim -- = - OO
x~- oo x~- oo X
ou
f(x)
lim j(X) = - OO et lim -- = +oo
x~-oo x~- oo X
Exemple
La fonction définie sur lR par x H x4 possède une branche parabolique d'axe vertical en +oo
et en - oo:
y

-1

-1

Figure 7.3 - La courbe représentative de la fonction x H x4.

:>- Branche parabolique d'axe horizontal


Soit f
une fonction définie sur un intervalle I de IR contenant un voisinage de - oo ou
+oo, à valeurs dans R.
On dit que la courbe représentative C1 de f possède une branche parabolique d'axe
horizontal lorsque x tend vers + oo si : lim lf(x)I = + oo et lim f(x) = 0
x~ +oo x-...+oo X
On dit que la courbe représentative Cf de f possède une branche parabolique d 'axe
horizontal lorsque x tend vers - oo si : lim lf(x)I = oo et lim f(x) = 0
x~- oo x~- oo x
:>- Branche parabolique d'axe d'équation y = m x, m E lR
Soit f
une fonction définie sur un intervalle l de IR contenant un voisinage de - oo ou
+oo, à valeurs dans R.
"O On dit que la courbe représentative C1 de f possède une branche parabolique d'axe
0
c:: y = m x, m E IR, lorsque x tend vers +oo si lim lf(x)I = +oo et si :
::J x~ +oo
0
v
...-!
0
lim f(x) =m et lim (f(x) - m x) = +oo ou lim (f(x) - m x) = - oo
N x-...+oo X x ~+oo x ~+oo

@
~ On dit que la courbe représentative Cf de f possède une branche parabolique d'axe
..c::
Ol
ï::::
y = m x, m E IR, lorsque x tend vers - oo si lim lf(x)I = + oo et si :
x~- oo
>-
a.
0
u . f(x)
11m -
x~- oo x
=m et lim (f(x) - m x)
x~-oo
= +oo ou lim (f(x) - m x)
x~-oo
= - oo

20

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On parle souvent, dans la fütérature mathématique, de la« construction de l'en-
semble des réels». Qu'en est-il?
À l'origine, seuls les nombres entiers et rationnels étaient connus des mathémati-
ciens, même si des irrationnels comme .../2, longueur de la diagonale d'un carré de
côté 1, sont vite apparus comme des nombres« à part», difficilement quantifiables.

La coupure par un rationnel


La démonstration formelle de l'existence - ou construction - d'un ensemble de
nombres contenant à la fois les entiers, les rationnels, et les non-ra6onnels, fut mise
en œuvre pour la première fois au XIXe siècle par le mathématicien allemand Richard
Dedekind (183 1-1916).
Elle est basée sur l'axiome de la borne supérieure, selon lequel toute partie non
vide et majorée de l'ensemble IR des réels possède une borne supérieure.
Richard Dedekind est, tout simplement, par6 du fait que tout nombre rationnel
!!.., (p, q) E Z x Z*, découpe Q, ensemble des nombres rationnels, eu deux parties,
q
constituées respectivement par les rationnels strictement plus petits que !!.. , et par les
q
.
rauonne 1s supeneurs
, . ,
ou egaux a' -p .
q

La coupure par un irrationnel


En étendant ce principe à un découpage par un « irrationnel » comme .../2, on dé-
coupe, de façon analogue, 1'ensemble des rationnels en deux parties, constituées res-
pectivement par les rationnels néga6fs, ou dont le carré est strictement plus petit que
2, et par les rationnels positifs dont le carré est supérieur ou égal à 2.

Y2

1 1 1 1111 1
"O .,,
:<;
-2 -1 0
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
Figure 7 .4- Une« coupure».
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
Ainsi, Y2 apparaît comme la « coupure » entre ces deux ensembles, c'est-à-dire
@
.... ·a"'
0
le nombre« non rationnel» qui se trouve« entre les deux».
..c ::1
Une autre construction assez populaire de l'ensemble des nombres réels peut être
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
obtenue par l'intermédiaire de suites de Cauchy.
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

21

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Comment définir une fonction?

Dès que l'on connaît quelques fonctions, on peut en construire de (nombreuses) autres
en utilisant les procédés suivants :

1. Les opérations algébriques


Si f et g sont deux fonctions définies sur le même intervalle l,
• la fonction somme f + g est définie, pour tout réel x de l'intervalle/, par:

(f + g)(x) = f(x) + g(x)

• la fonction produit f g est définie, pour tout réel x de l' interva.lle l, par:

(f g)(x) = f(x) g(x)

• Lorsque la fonction g ne s'annule pas sur l'intervalle / , la fonction quotient [_ est


g
définie, pour tout réel x de l' intervalle l , par:

[_) (x)
(g
= f(x)
g(x)

2. La composition
Soit f une fonction définie sur un intervalle Ide R, et g une fonction définie un intervalle
J c R contenant f(/). La fonction « composée » des fonctions f et g est la fonction , que
l'on écrit go f, définie, pour tout réel x de l'intervalle/, par :

(go f) (x) = g (f(x))

Exemple
La fonction obtenue en composant la fonction f qui , à tout réel x, associe x 2 avec la fonctio n g
qui, à tout réel x, associe x + 1 est définie, pour tout réel x, par : (go f) (x) = x 2 + 1.

3. La restriction
Soit f une fonction définie sur l'intervalle Ide R, et Io c R un intervalle contenu dans/.
On appelle restriction de f à lo, que l'on note fl1 0 , la fonction définie sur lo par:
....
..c
Ol
·;::
Vx E lo : fl10 (x) = f(x)
>-
0..
0 Cela signifie que les fonctions f et fl10 prennent la même valeur en chaque point de
u
l'intervalle J , mais la fonction f l10 n'est définie que sur cet intervaJJe alors que la fonction
f est aussi défin ie aux points de I qui ne sont pas dans Io.
22

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y
1
1
\ -,
\ restriction \
1 \
1 1
1 \
1 1
1 1
1 \
~~~-+
, ~~~----'-:-=-+~'---'-~~~----\.~~----1~ x
1 1
1 1
1 1
1 1
1 1
\ 1
\ 1
\ \
~- 1
1
1

Figure 8.1 - Le graphe d'une fonction et de sa restriction à (-2, 2].

4. Le recollement : les fonctions définies par morceaux


Considérons un intervalle I de R, divisé en sous-intervalles disjoints / 1, /i, ... , 111 , où
n est un entier naturel, et envisageons le cas d'une fonction f ayant, sur chacun de ces
sous-intervalles, une expression différente :

! 11,, = f,,
La fonction ainsi obtenue par« recollement », est une fonction« définie par morceaux».

Exemple
La fonction f définie par:
y

~~~~----"""--t-~~~-+-~~~...Jl...~'--~~~-- x
1f ?!
2 -1 2

"O .,,
:<;
0 <= Figure 8.2- Le graphe d'une fonction définie<< par morceaux» .
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~ 2
"""
..-1
0 ~
rr
- - x2
. n
SI - - ~X~
n
-
N <=
0
<=
4 2 2
@
....
..c
Ol
·a"'0
::1

~Q.
f( x) = (x - ~f si x> ~
·;::
(x + ~r si
>- ~ n
a. S! X< - -
0 "
~ 2
u -ci
0
<=
::l
est une fonction définie« par morceaux».
0
@

23

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Majorations et minorations

Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle 1. Etant donné un réel M, la fonction f
est dite majorée par M sur 1 si, pour tout réel x E 1 :

f(x) ~ M

Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle 1. Etant donné un réel m, la fonction f
est dite minorée par m sur l si, pour tout réel x E l:

f(x);;.: m

Définition

Soit f une fonction définie sur un interval le /. La fonction f est dite bornée sur I si
elle y est à la fois majorée et minorée.

Cette condition est vérifiée si et seulement s'il existe un nombre réel M tel que lf(x)I ~ M
pour tout nombre réel x de 1.

Exemples
~ . . , , 1 . 1 2x2
1. . L a .1onct1on qui, a tout ree x, associe - + x2 +
b , n . , 1
est ornee sur J~, car maJoree par et
1
minorée par - 1.
y

---------------------- ---------------------
"O
0
c
::::i
Cl -1

"""
..-1
0
N
@
....
..c
~x .
2
Ol
·;:: Figure 9.1- La courbe représentative de la fonction x E JR H -1 +
>- X +1
a.
0
u 2. La fonction x H x 2 est minorée par 0 mais non majorée sur R

3. La fonction x H !X + x n'est ni majorée ni minorée sur )0, oo[.

24

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Définition

Soient f
et g deux fonctions définies sur un même inten1alle 1 de R On dit que f
majore g, si, pour tout x de I:
f(x) ~ g(x)

On écrit alors f ~ g.

Exemple
2x2
Sur l'intervalle (0, +oo( la fonction x H -1 + - 2- - , est majorée par la fonction x H x.
X +1
y

y=x

2x1
y=-l+--
x2+1

~x
2
Figure 9.2 - La courbe représentative de la fonction x H -1 +
X +1
majorée sur JR+ par la fonction x H x.

Définition

Soient f
et g deux fonctions définies sur un même intervalle l de R On dit que f
minore g, si, pour tout x de I:
f(x) ~ g(x)

On écrit alors f ~ g.

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
.-1
0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

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Fonctions monotones

1. Définitions
> Croissance

Soit f une fonction définie sur un intervalle I c R Elle est dite croissante sur I si :

> Décroissance

Soit f une fonction définie sur un intervalle I c R Elle est dite décroissante sur I si :

> Croissance (au sens strict)

Soit f une fonction définie sur un intervalle l c R Elle est dite strictement croissante
sur I si :
VXt E J, V X2 E I

> Décroissance {au sens strict)

Soit f une fonction définie sur un intervalle I c R Elle est dite strictement décroissante
sur l si :

> Monotonie

Soit f une fonction définie sur un intervalle I c R Elle est dite monotone sur I si elle y
est croissante ou décroissante.

> Monotonie (au sens strict)

Soit f une fonction définie sur un intervalle I c R Elle est dite strictement monotone
sur I si elle y est strictement croissante ou strictement décroissante.

Étudier les variations d'une fonc tion consiste donc à partager son ensemble de définition en
intervalles tels que, sur chacun d ' eux , la fonction soit monotone.

Exemples

.... 1. La fo nction x H x + 1 est croissante sur R


..c
Ol
·;:: 2. La fonction x H x2 est croissante sur [0, +oo[.
>- 3. Les fonctions puissances, de la forme x E lR H x 11 , n E N*, sont :
0..
0
u • croissantes sur lR si n est impair;
• décroissantes sur] - oo, 0) et croissantes sur [O, +oo[ si n est pair.

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y

~~~~~----'__,,,, __ o<.......L~~~~~-- x

-1
-1

Figure 10.1- Les courbes représentatives des fonctions x H x 3 et x H x4 .

2. Tableau de variations
Pour rassembler les informations concernant les variations d'une fonction, le plus simple
est d'utiliser un tableau de variations; la croissance est représentée par une flèche vers
le haut, la décroissance, par une flèche vers le bas. On y indique aussi les valeurs aux
bornes (du domaine de définition), qui peuvent n'être que des limites.

Exemple
Le tableau de variations de la fonction définie sur iR. par x H x2 est :

"O .,,
:<; 0 +oo
0 <=
c ::;

::::i '~
<.> +oo +oo
Cl <.>
~
-~
XHX 2
"""
...-1 /'
0
N
~
<=
0
<=
"" 0
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

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Parité, imparité

1. Parité d'une fonction

Définition

Soit f une fonction définie sur un domaine Df de R tel que Dt soit symétrique, i.e.,
pour tout x de 1Jf :
X E Df ~ -x E D.r

La fonction f est dite paire si, pour tout réel x de son domaine de définition Dt :

f( - x) = f(x)

Si la fonction f est paire, sa courbe représentative est symétrique par rapport à l'axe des
ordonnées (Oy).
y

~~-----lf--~.,_____.
_1 ___..__.__-----l~~+-~---- x

-1

Figure 11.1 - Le graphe d 'une fonction paire.

2. Imparité d'une fonction


Définition

Soit f une fonction définie sur un domaine Dt de R tel que D t soit symétrique, c'est-
.... à-dire, pour tout x de D J :
..c X E Df ~ -x E D.r
Ol
·;::
>- la fonction f est dite impaire si, pour tout réel x de son domaine de définition Df:
0..
0
u
f( -x) = - f(x)

28

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1. Toute fonction f impaire s'annule en 0: .f(O) =O.
2. Si la fo nction f est impaire, sa courbe représentative est symétrique par rapport à l'ori -
gine O.

Exemple
La fonction définie sur R par x H x 3 est impaire.

Figure 11.2- Le graphe d'une fonction impaire.

Les proptiétés de parité permettent donc de réduire l'étude de la fonction à l' intervalle :Df n
[0, oo[; on trace alors la partie du graphe correspondante, puis on complète par la symétrie
convenable.

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
.-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
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~
>- S!
a.
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0
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0
@

29

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Symétries

1. Centre de symétrie de la courbe représentative d' une fonction


Soient f une fonction définie sur un domaine V1 de IR, et a et b deux réels tels que, pour
tout x de v 1 :
a + X E 1Jf et a - x E Vf
La courbe représentative Cf de f admet le point de coordonnées (a, b) comme centre de
symétrie si et seulement si, pour tout réel x de 1)f :
f(a + x) + f(a - x) =2b
Démonstration : Considérons un point M d'abscisse a + x appartenant à la courbe re-
présentative Cf de f; son ordonnée est donc f(a + x).
Le point Q, de coordonnées (a , b), est centre de symétrie de C.r si et seulement si le
~ -----t
point M' tel que .QM' = MQ est aussi sur la courbe. Les coordonnées (x', y') sont telles
que:
x' - a = a - (x + a) = - x y' - b = b - y = b - f(a + x)
Le point M' appartient à la courbe Cf si et seulement si y' = f(x').
La condition précédente devient : f(a - x) + f(a + x) = 2 b. •
~ Le cas a = 0 est celui où la fonction est impaire.
Exemple
La courbe représentative de la fonction définie sur IR par x ~ 2 + (x - 2)3 admet le point de
coordonnées (2, 2) comme centre de symétrie :
y

"O
0
c
:::i
Cl

"""
.-1
0 X
N - 1
@ -1
....
..c
Ol
·;::
>-
a.
0
u
Figure 12.1- La courbe représentative de la fonction x H 2 + (x - 2)3 •

30

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2. Axe de symétrie vertical de la courbe représentative
d'une fonction
Soient f une fonction définie sur un domaine Df de R, et a un réel.
La courbe représentative C.r de f admet la droite d'équation x = a pour axe de symétrie
de symétrie si et seulement si, pour tout réel x :

f(a + x) = f(a - x)

Démonstration : Considérons un point M d'abscisse a + x appartenant à la courbe re-


présentative Cf de f; son ordonnée est donc f(a + x). Le point M', symétrique de M par
rapport à la droite d'équation x = a, a pour coordonnées (a - x, f(a + x)). li appartient à
la courbe C.r si et seulement si : f(a + x) = f(a - x). •

Exemple
La courbe représentative de la fonction définie sur R par x H 2 + (x - 3)2 admet la droite
d'équation x = 3 comme axe de symétde:

l
~~~~~0----~~~--~~~~-- x
-1
-1

Figure 12.2- La courbe représentative de la fonction x H 2 + (x - 3)2 •

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
...-1
0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

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Fonctions périodiques

1. Période
Soit f une fonction définie sur un domaine 1Jf de R, et T un nombre réel non nul tel
que, pour tout réel x de V.r :
x+T E 1)f
La fonction f est dite T-périodique si, pour tout réel x de son domaine de définition V.r :
f(x + T) = f(x)
T est une période de f .
y

Figure 13.1- Le graphe d'une fonction périodique.

Si f est une fonction pé1iodique et si T et T' sont des périodes de f telles que
T + T'-::/= 0
alors - T et T + T' sont aussi des périodes de f.

2. Période fondamentale
Soit f une fonction périodique. Si l'ensemble des périodes strictement positives de fa
un plus petit élément To, celui-ci est appelé période fondamentale de f (la notion de
plus petit élément n'ayant pas été définie, on peut supposer que c'est une période qui
.... est plus petite que toutes les autres; mais il reste à montrer qu'elle existe). Toutes les
..c
Ol périodes de f sont alors de la forme n To, n E Z.
·;::
>-
0.. Pour étudier une fonction périodique de période T, il suffit de se placer sur un intervalle Ir
0
u de longueur (ou d'amplitude) T. La courbe représentative de la fonction est alors obtenue en
«recopiant le motif» obtenu sur Ir !

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Fonctions puissances entières

1. Puissances entières
1. Étant donnés un entier naturel non nul net un réel a, a11 est égal au produit den
facteurs égaux à a :

a" = axaxax ... xa (nfois)


2. Étant donnés un entier relatif strictement négatif k E Z~, et un réel non nul a, ak
est égal à l' inverse de a-k :
k 1
a = a-k
-
3. Pour tout réel non nul a : a0 = 1.
Propriété
Soient a, b des réels et n, p des entiers. On suppose a, b non nuls chaque fois que
1'exposant est négatif ou nul. A lors :

a 11 aP = an+p a11 b11 = (ab)n an = (~)n


b 11 b

Démonstration : Les propriétés du produit dans IR permettent de justifier simplement


les formules précédentes. •

2. Fonction puissance
Étant donné un entier relatif k non nul, la fonction qui, à tout réel x non nul , associe/,
est une fonction puissance.

>- Parité des fonctions puissances

Soit n un entier naturel non nul n. La fonction qui, à tout réel x, associe x1 , a la même
parité que l'entier n.
La fonction qui, à tout réel x non nul , associe X-11, a la même parité que l'entier n.
"O .,,
:<;

c
0 <=
::; Exemples
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
1. La fonction qui , à tout réel x associe x5, est impaire.
-~
"""
..-1
0 ~
2. La fo nction qui, à tout réel x associe x4 , est paire.
N <=
0
<=
@ "' >- Sens de variation des fonctions puissances
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q. Soit n un entier naturel non nul. Alors :
·;::
~
>- S!
a. i. La fonction qui, à tout réel x, associe _x2n, est décroissante sur ] -oo, 0] et croissante
0 "
~
u -ci
0 sur [0, +oo[.
<=
::l
0
@ 11. La fonction qui , à tout réel x, associe .x2
11
+ 1, est croissante sur IR =] - oo, +oo[.

33

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111. La fonction qui, à tout réel x non nul, associe x-211., est croissante sur ] - oo, O[ et
décroissante sur ]0, +oo[.
1
iv. La fonction qui , à tout réel x non nul, associe x- 2n- , est décroissante sur ] - oo, O[
et sur ]0, +oo [.

y y

Y= x
.· 211+1

y= xzn

-1

y y

1
y= xZn
/
/

~~~==--~~~_.__~~~~ .....
~--x

-1 0 0 I
I

-1 -1 I
I

1
y=-
x2n +1

Figure 14.1 - Quelques exemples de graphes de fonctions puissances.

1:l y =x 2n
0
c::
::J
0
v
...-!
0
N
-1
@
~
..c:: 1
Ol y=-
x2n+1
ï::::
>-
a.
0
u
Figure 14.2- Comparaison des fonctions puissances.

34

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Fonctions polynômes
et fonction valeur absolue

1. Fonction polynômes
>- Fonction polynomiale

Étant donné un entier naturel non nul n, toute fonction de la forme


n
X H ao + a 1 X + a1 x2 + ... + an X = 1
I ai xi
i=O

où ao, a 1, • . ., an, sont des réels, est une fonction polynomiale.

Exemple

La fonction définie sur R. par x H ~~ x3 + 2 x 2 - 2 x est une fonction polynomiale.

Figure 15.1 - Le graphe de la fonction x H ~~ x 3 + 2x2 - 2x.

"O .,,
:<;
0
c
::::i
<=
::;
'~
>- Limites d'une fonction polynomiale en +oo ou - oo
<.>
Cl <.>
~
-~
Tl suffit de factoriser par le« monôme de plus haut degré», c'est-à-dire par le terme de
0"""
..-1
~
<=
plus haut degré, pour obtenir facilement le résultat; étant donné un entier naturel non
N
nul n, et une fonction polynomiale de la fonne x H ao + a 1x + a1 x2 + .. . + an x\ où ao,
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1 a,, .. ., an, sont des réels :
Ol ~Q.
·;::
~
>-
a.
0
u
S!
"
~
-ci
0
lim (ao+a1 x+a2 x2 + . . .+a11 x")
x~+ oo
lim an x
= x~+ oo
1
( ao n + a~-I + a 1_ 2 + . .. +
an X a11 X
2
a,1 x'
i)
<=
::l
0
@ = lim ail X1
x~ + oo

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et, de même:

= lim an .i'·
X--?-oo

Exemple

lim (- 3x3 +x2 + 4x - 2)


X->+oo
= X->+oo
lim - 3x3 (1 - ~X - 3~X + 3_2__)
x2

= lim - 3x3
x~+ oo

= - OO

2. Valeur absolue d'un réel


Étant donné un réel x, on appelle valeur absolue de x, que l'on note lxl, le réel positif :

lxl = {";2 = { x s'. x ~ 0


- X SI X< Ü

>- Interprétation géométrique de la valeur absolue


Étant donnés deux réels x et y, lx - yl représente la distance entre les nombres x et y sur
la droite réelle.

1x-y1

X y

Figure 15.2- Interprétat ion géométrique de la valeur absolue.

Propriété
Pour tout couple de réels (x, y) : lx yl = lxl lyl.

"O
>- Inégalité triangulaire
0
c::
::J
Propriété
0 Pour tout couple de réels (x, y) :
v
.--!
0
N lx + YI ~ lxl + lyl
@
~
..c:: Corollaire
Ol
ï::::
>- Pour tout couple de réels (x, y) :
a.
0
u
llxl - lyll ~lx+ YI

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Propriétés
1. Pour tout couple de réels (x, y) , avec y ;::: 0 :

!xi < Y Ç::> - y < X ~ y

2. Pour tout couple de réels (x, y), avec y ;::: 0 :

lxl ;::: y Ç::> (x ;::: y ou x ~ - y)

>- Fonction valeur absolue


On appelle fonction valeur absolue la fonction définie sur IR par x H lxl.

Propriété
La fonction valeur absolue est paire. Elle est croissante sur JR+, et décroissante sur IR- .

-1

Figure 15.3 - Le graphe de la fonction v aleur absolue.

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
...-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

37

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Les premières tables de calcul
À partir du XIVe siècle, l'astronomie et la navigation deviennent de plus en plus pré-
cises. Elles requièrent, de ce fait, des calculs (multiplications, divisions, extraction de
racines, ... ),qui se révèlent de plus en plus longs et compl iqués. Il devient nécessaire
de mettre en place des outils permettant de les simplifier. Peu à peu, l'idée de tables
permettant de faire, rapidement, multiplications et divisions, émerge.
En 1614, le mathématicien anglais John Napier, ou Neper (1550-1617) 1, se basant
sur le lien entre les progressions arithmétiques (des suites arithmétiques) et géomé-
triques (des suites géométriques), publie les premières tables logarithmiques (des lo-
garithmes de sinus, dans Mir{fici logarithmorum canonis descriptio), qui permettent
de transformer des produits en sommes. Ainsi, pour calculer le produit du nombre a
par le nombre b, il suffit de chercher sur la table le logarithme de a et celui de b, de
faire leur somme, et de retrouver ensuite, par simple lecture sur la table, le nombre
dont cette somme est le logarithme !
Après les tables de Neper, Henry Briggs (1556-1630), mathématicien, géomètre et
géographe, perfectionna les calculs de John Neper et publia des tables de logarithme
de base 10 (aussi dit logarithme décimal), où Je logaiithme de 1 vaut 0, et celui de
10, 1. Ainsi, le logarithme décimal de 100000000000000 = 10 14 vaut 14.

Des tables à la fonction logarithme


Ces tables de valeur préfiguraient la fonction en elle-même. On l'a appelée « loga-
rithme népérien » en hommage à John Neper. Le logarithme népérien, ou de base e,
noté ln, est celui prenant la valeur 1 en e ~ 2,71828. C'est grâce à ces tables de va-
leurs que l'on a pu «construire» cette fonction. Le lecteur intéressé pourra trouver
plus de précisions sur l'historique des logarithmes dans [ l]. Les tables de logarithmes
ont été utilisées très longtemps. Avant l'apparition des calculatrices, la règle à calcul
était un outil efficace et puissant pour la détermination des logarithmes !

La lecture d'une table de logarithmes.

Nombre Logarithme

a lna

b lnb
....
..c ab lna+lnb
Ol
·;::
>-
0..
0
u
1. Il était aussi astronome, physicien, et théologien.

38

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La fonction logarithme népérien

On admet l'existence de la fonction logarithme népérien comme étant l'unique fonction


vérifiant les propriétés suivantes.

1. Propriétés
Les propriétés suivantes sont admises :

:> Logarithme népérien du nombre e


Le nombre e tel que :
ln e = 1
est appelé base du logarithme népérien (e ~ 2,71828).

:> Logarithme népérien d'un produit


Pour tout couple (a, b) de réels strictement positifs :
ln(ab) = !na + lnb

:> Logarithme népérien d'un quotient


• Pour tout couple (a, b) de réels strictement positifs :

ln(~) = ln a - ln b

• Pour tout réel strictement positif a, et tout entier naturel non nul n :
ln (a- 11 ) = - n ln a
Jn X
• lim -
X--? +oo x
=0 , lim ln x
x - o+
= - oo
2. Fonction logarithme népérien
On appelle fonction logarithme népérien la fonction, notée ln, qui, à tout réel x de
]0, + oo[, associe son logarithme népérien ln x.

"O .,,
:<; :> Tableau de variations de la fonction logarithme népérien
0 <=
c ::;

::::i '~
<.> X 0 +oo
Cl <.>
~
-~ +oo
"""
..-1
0 ~ lnx /'
N <= -OO
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1 • Comme lim ln x = - oo, l'axe ( Oy) est asymptote verticale à la courbe représentative
Ol ~Q. x- o+
·;:: de la fonction logarithme népérien.
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
• Comme lim ln x = 0, la courbe représentative de la fonction logarithme népérien
0
<=
x-+oo X
::l
0 possède une branche parabolique horizontale lorsque x tend vers +oo.
@

39

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y

Figure 16.1- Le graphe de la fonction logarithme népérien.

>- Une inégalité utile


Pour tout réel strictement positif x : ln x ~ x - 1.

>- Logarithme de base a, a E R!


Soit a un réel strictement positif. Pour tout réel strictement positif x, on définit son
logarithme de base a, noté log0 x, par :

lnx
logax =--
1na

'O
0
c::
::J
0
v
...-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

40

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La fonction exponentielle

On admet l'existence de la fonction exponentielle comme étant l'unique fonction véri-


fiant les propriétés ci-dessous.

1. Propriétés
Les propriétés suivantes sont admises :
1. Pour tout couple de réels (a , b) :

ea+b = e" eb
2. Pour tout réel a, et tout entier naturel n :

(i1)11 = ena (ea)-11 = _1_


en a
3. Pour tout réel strictement positif a : e 1n a = a.
4. Pour tout réel a : ln ea =a.

2. Fonction exponentielle
On appelle fonction exponentielle la fonction, notée e, ou exp, qui, à tout réel x, associe
ex (que l'on peut aussi écrire exp (x)).

~ Tableau de variations de la fonction exponentielle


X - oo +oo
+oo
eX /'
o•

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
-1 0
<=
@ "' -1
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
Figure 17.1- La courbe représentative de la fonction exponentielle.
0
@

41

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3. Puissance (quelconque) d'un réel strictement positif
Étant donnés un réel a strictement positif, et un réel b, on définit le réel «a puissance
b »,noté ab, par:

~ Cette définition est cohérente avec la définition de la puissance entière, puisque, pour tout réel
~ strictement positif a, et tout entier relatif k :

Étant donnés un réel strictement positif a, et un réel b :

a-b = ~ = (~)b
ab a

Étant donnés un réel strictement positif a, et deux réels b 1 et b2 :

Étant donnés deux réels strictement positif a1 et a2, ainsi qu'un réel b :

4. Racine nième d'un réel strictement positif, n E N*


Étant donnés un rée.l x strictement positif, et un entier naturel non nul n, on appelle racine
nième de x, notée -\{X, le réel :
_nJ.. 1
vx = x 11

....
..c
Ol
·;::
>-
0..
0
u

42

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Fonctions puissances « non entières »

1. Sens de variation des fonctions puissances non entières


Soit œ un réel non entier. La fonction x _rr est définie sur IR:. De plus :
H

• Si a> 0, la fonction x H X:X est croissante sur IR:.


• Si a < 0, la fonction x H xa est décroissante sur IR: .

2. Comparaison des fonctions puissances non entières


Soient a et f3 deux réels non entiers tels que a ~ {3. Alors :
• pour tout réel x de ]O, l ] : ~ ;;::: .xf3;
• pour tout réel x ;;::: 1 : _rr ~ .xf3.
Exemple

Pour tout réel x de ]0, 1] :

Figure 18.1 - Les graphes des fonctions puissances non entières.

3. limites usuelles des fonctions puissances non entières


Soit œ un réel strictement positif, non entier. Alors :
limx_,o+X" =Q+
"O .,,
:<;
0 <=
c ::; lim x" = +oo
::::i '~ x-.+oo
<.>
Cl <.>
~ lim x-a = +oo
-~ x ->O•
"""
..-1
0 ~
lim x-(J' =o+
N <=
0
<= x- +oo
@
.... ·a"'
0

4. Croissances comparées
..c ::1
Ol ~Q.
·;::
>- ~
S!
Soit a un réel strictement positif, et f3 un réel quelconque. Alors :
a.
0 "
~ ex ex xa
u -ci lim - = +oo lim - = +oo lim - - = +oo lim xœ (ln x'/3 = 0
x-++oo (ln x'/3
0
<= x-++oo _x(f x -++oo x-cr x-;Q+
::l
0
@

43

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Historiquement, la « naissance » de la fonction exponentie11e vient de la nécessité
de trouver un moyen de définir Les « puissances non entières » d'un réel strictement
positif donné. En effet, autant des expressions de la forme a 11 , a'i+ 1 , • •• , où a est un
réel strictement positif, et n un entier naturel, ont toujours été « naturelles », autant
il n'en a pas toujours été le cas pour des expressions de la forme ar, où r est, cette
fois-ci, un réel (par exemple: a 1,38 , quelque part entre a 1 = a et a 2 ... )
En 1676, Isaac Newton et Gottfried Leibniz sont les premiers à écrire, successive-
ment, un nombre fractionnaire, puis un irrationnel, en exposant. Mais il faut attendre
la fin du xvne siècle pour que de tels exposants commencent à être perçus comme
des logarithmes. G. Leibniz donne la relation explicite en 1679, sous la forme :

ln ( 1 + V) = t Ç:> 1 + V = b'
1- v 1- v

où il désigne par b une« grandeur constante dont le logarithme vaut l ». Ultérieure-


ment, le mathématicien suisse Leonhard Euler, introduira, à cet effet, la notation « e ».
Jean Bernoulli final isera 1' étude de la fonction «exponentielle» ainsi obtenue, qui
apparaît donc, naturellement, comme fonction réciproque du logarithme népérien.
• Isaac Newton (1643-1727) était non seulement mathématicien, mais, aussi, philo-
sophe, physicien, alchimiste, astronome et théologien. C'est lui qui est à l'origine
du calcul infin itésimal, c'est-à-dire le calcul différentiel et intégral. li est, égale-
ment, l'un des contributeurs majeurs en mécanique classique, avec la théorie de la
gravitation universelle (la fameuse « pomme » de Newton, qui tomba d'un arbre
sur sa tête).
• Gottfried Leibniz ( 1646- 1716) fut aussi philosophe, diplomate, juriste, et philo-
logue. C'est lui qui , le premier, employa le terme de «fonction », et introduisit le
J
symbole utilisé pour désigner une intégrale.
• Leonhard Euler (1707-1783) contribua lui aussi au calcul infinitésimal, introduisit
une grande partie des notations mathématiques modernes. Il est aussi l' auteur de
nombreux travaux en mécanique, en dynamique des fluides, astronomie, ...
• Jean Bernoulli (1667-1 748), frère cadet du mathématicien suisse Jacques Bernoulli
(1654-1705), oncle de Daniel (1700-1782) et Nicolas Bernoulli ( 1695-1726). Il
trouva l' équation de la courbe dite« chaînette», correspondant à la fonction co-
sinus hyperbolique, et à la forme prise par un câble suspendu à ses extrémités et
soumis à son poids. De façon amusante, il est l'ancêtre des prix Nobel de physique
....
..c Pierre Curie et Pierre-Gilles de Gennes.
Ol
·;::
>-
0..
0
u

44

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Fonctions circulaires

1. Fonction sinus
On appelle fonction sinus la fonction, notée sin, qui, à tout réel x, associe son sinus,
sin x.

>- Tableau de variations de la fonction sinus sur (0, JT]


La fonction sinus étant impaire et périodique de période 2n, il suffit de l'étudier sur une
demi-période, par exemple, [O, n] .
1r
2

sinx /'
o+ o+

2. Fonction cosinus
On appelle fonction cosinus la fonction, notée cos, qui, à tout réel x associe son cosinus,
cosx.
>- Tableau de variations de la fonction cosinus sur (0, JT]
La fonction cosinus étant paire et périodique de période 2 n, il suffit de l'étudier sur une
demi-période, par exemple, [O, n ].
1r
X 0 1r
Q)
2
~

-rac:
~

cosx "" 0
<(

"" -1

y
,,
,, y
Y=X ,'
'' ,,
"O
c
0
::::i
Cl
.,,
:<;
<=
::;
'~
<.>
<.>
,,
, ,,
, ""
,,
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
, ,,
@
.... ·a"'
0
,, y= sin x
..c ::1
,,'
Ol ~Q. ,, Y= cos
,,
·;:: X

,,
~
>- S!
a. ,
0
u
"
~
-ci
,,
0
<=
::l
0 Figure 19.1- Les courbes représentatives des fonctions sinus et cosinus.
@

45

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3. Fonction tangente
On appelle fonction tangente la fonction, notée tan , qui, à tout X de R \ {~ + k lf, k E z},
associe sa tangente, tan x.

> Tableau de variations de la fonction tangente sur (0, rr]


La fonction tangente est défi nie sur R \ {~ + k 7f, k E Z } par :
sin x
tanx = - -
cosx
El le est impaire et périodique de période 7f. Il suffit donc de l'étudier sur [0, ~ [.
X 0 ~ ;
+oo

tanx
/'

Comme lim tan x


x-. ~ -
= +oo, la droite d 'équation x = ~est
2
asymptote à la courbe repré-
·
sentative de la fonction tangente lorsque x tend vers ~ par valeurs inférieures. JI en est
de même, par périodicité, de toute dro.ite d'équation x = ~ + k lf, k E Z.
y
1
.,
1
1
y =\ x ,
:r =tan x
\
\
,,
, ""
,,

Figure 19.2- la courbe représe ntative de la fonction tangente.

4. Valeurs remarquables des fonctions sinus, cosinus et tangente


"O 7T 7T 7T 7T
0 0
c:: 6 4 3 2
::J
0
0
1 1 Y3
v 2 Vï. 2
.--!
0
N
Y3 1 1
0
@
~
2 Vï. 2
..c::
Ol 1
ï:::: tanx O Y3 non définie
>-
a.
Y3
0
u
Pour tout réel x :
cos2 x + sin2 x =1

46

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Fonctions hyperboliques

1. Sinus hyperbolique
Définition

Étant donné un réel x, on appelle sinus hyperbolique de x le réel, noté sh x, tel que :
ex - e-x
shx = - - -
2
La fonction sinus hyperbolique, notée sh, est la fonction qui , à tout réel x, associe
son sinus hyperbolique sh x.

>- Tableau de variations de la fonction sinus hyperbolique

La fonction sinus hyperbolique est définie sur R, et impaire. Il suffit de l'étudier sur R+.

y
y=x
,.
' ,,
y= sh X
, ,~,'
,,
\

, ,,
X 0 +oo , ,,
+oo
shx /'
o• , , ,"
,,
,,
,,
..'
Figure 20.1- La courbe représentative
de la fonction sinus hyperbolique.

2. Cosinus hyperbolique

"O .,,
:<; Définition
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Étant donné un réel x, on appelle cosinus hyperbolique de x le réel, noté ch x, tel
Cl <.>
~
-~
que:
ex+ e-x
"""
..-1
0 ~ ch x = - - -
N <=
0
<= 2
@
.... ·a"'
0
La fonction cosinus hyperbolique, notée ch, est la fonction qui, à tout réel x, associe
..c ::1
son cosinus hyperbolique ch x.
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
>- Tableau de variations de la fonction cosinus hyperbolique
<=
::l
0
@ La fonction cosinus hyperbolique est définie sur R, et paire. Il suffit de l'étudier sur R+ .

47

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y

0 + oo

+oo
-----~0--~-----x
-1 1
-1

Figure 20.2 - La courbe représentative


de la fonction cosinus hyperbolique.

3. Tangente hyperbolique
Définition

Étant donné un réel x, on appelle tangente hyperbolique de x le réel , noté th x, tel


que: shx ex - e-x
thx = - - = - - -
chx eX + e-X
La fonction tangente hyperbolique, notée th, est la fonction qui , à tout réel x, associe
sa tangente hyperbolique th x.

:>- Tableau de variations de la fonction tangente hyperbolique


La fonction tangente hyperbolique est définie sur IR, et impaire. Il suffit de 1'étudier
sur IR+·
0 +oo

thx /'
o+

Propriétés
1. Comme: lim th x
x--.+oo
=1 lim th x
X--t-oo
=- 1

les droites d' équations respectives y = 1 et y = -1 sont asymptotes à la courbe


représentative de la fonction tangente hyperbolique lorsque x tend vers +oo et - oo
respectivement.
y
__________ J

....
..c
Ol
·;::
>- Figure 20.3- La courbe représentative de la fonction tangente hyperbolique.
0..
0
u
2. Pour tout réel x : ch2 x - sh 2 x =1

48

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Les précurseurs grecs
La chronologie exacte de l'apparition de la trigonométrie, et des fonctions circu-
laires, demeure incertaine. De tout temps, les astronomes ont eu besoin de tables
permettant le passage de la mesure des angles à celle des arcs et des cordes sous-
tendues associées (dont la longueur est égale à deux fois le sinus de l'angle moitié).
Il semblerait qu'il faille attendre le mathématicien et géomètre Hipparque de Nicée
(180 av.J.-C./125 av.J.-C.), qui divise le cercle en 360° , pour qu'apparaissent ces
premières tables (dans son ouvrage De l'étude des droites dans le cercle), pour les-
quelles il passa beaucoup de temps à observer les astres et leur mouvement. C'est lui.
qui inventa l'« astrolabe», qui permet d 'établir la hauteur d'un astre par rapport à
l'horizon. Il introduisit aussi la notion de parallèles et de méridiens pour repérer la
position d'un point sur la terre. Ultérieurement c'est Ptolémée (environ 90-168 , as-
tronome et astrologue grec, qui vécut à Alexandrie.) dans l'Almageste, qui expliqua
comment calculer la longueur d' une corde, en donnant les tables correspondantes.

corde
I

\
\
\

......
\
~\ \
. . ()
....
,,- !Z.
,.....
..,;
\ ·•. Sin
\ .
\ ...
Ï
..... \, 2 , ,

Un angle, et la corde sous-tendue.


(le rayon du cercle vaut 1)

Des Indiens aux arabes: les débuts de l'algèbre


"O .,,
:<; La première définiti on véritable du sinus, de même que celle du cosinus, est due au
0 <=
c ::;
mathématicien et astronome indien Aryabhata (476-550, travailla aussi sur l'approxi-
::::i '~
<.>
Cl <.>
mation du nombre JT. ) Il eut l'idée d'utiliser non pas la corde sous-tendue à un arc,
~
-~
"""
..-1
0 ~ mais la demi -corde, qui correspond donc exactement à la valeur du sinus de l'angle
N <=
0
<= moitié. Le nom de sinus en lui-même, qui vient, bien sûr, du latin, semble devoir son
@
.... ·a"'
0
origine à une erreur de traduction depuis le sanskrit. Aryabhata établit lui aussi des
..c ::1
Ol ~Q. tables de valeurs, avec quatre décimales, ce qui était, pour l'époque, extrêmement
·;::
~
>- S! précis.
a.
0 "
~
u -ci
La formule bien connue qui donne, pour un angle 8, cos2 6 + sin2 6 = l , fut établie
0
<=
0
::l par le mathématicien et astronome indien Varahamihira (505-587).
@

49

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Des calculs plus poussés furent ensuite donnés par le mathématicien perse
Al-Khwarizmi, qui est aussi à l'origine de l' introduction de l'algèbre et des chiffres
arabes en Europe.
Peu à peu , d'autres mathématiciens apportèrent de nouvelles contributions, et dé-
montrèrent de nouvelles formules. L'Ègyptien Habash al-Hasib inventa la tangente,
qui permet de mesurer des hauteurs. Abu Al-Wafa compléta les tables de valeurs
déjà existantes, et introduisit les notions de« sécante» (l'inverse du cosinus) et« co-
sécante » (l'inverse du sinus). Il démontra les formules d'addition pour la fonction
sinus.
Nasir Al-Din Al-Tusi perfectionna les tables de valeurs déjà existantes. Il fut suivi
au, xrve siècle, par Al-Kashi, qui est aussi à l'origine du fameux théorème qui porte
son nom (ce théorème est aussi appelé loi des cosinus).

Les notations modernes


En ce qui concerne la notation «sin», elle fut introduite en 1583 par le mathémati-
cien et physicien danois Thomas Fincke (1561-1656) dans son ouvrage« Geometria
rotundi » ; la notation «cos » semble pouvoir être attribuée, conjointement, au mathé-
maticien et théologien anglais William Oughtred (1574-1660), et au français Albert
Girard. Albert Girard introduisit, aussi, la notation «tan».

• Abu Abdallah Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi (780-850), mathématicien,


géographe et astronome perse, sous l'empire de la dynastie des Abbasides. Ce sont
ses travaux, où il établit un classement systématique des équations et des méthodes
de résolution associées, qui ont permis l'introduction de l'algèbre et des chiffres
arabes en Europe. Le mot « algorithme » vient de la latinisation de son nom. Le
mot « algèbre» provient, quant à lui, du mot arabe « al-jabr », utilisé pour désigner
l'une des deux opérations qu' il utilisait pour résoudre une équation quadratique
(c'est-à-dire de degré deux).
• Habash al-Hasib (? -869), était aussi, bien sûr, astronome, et géographe.
• Muhammad ibn Muhammad ibn Yahya ibn Ismail ibn al-Abbas al-Buzjani (940-
998), mathématicien et astronome perse, qui apporta aussi de nombreuses contri-
butions à l'arithmétique, il fut le premier à introduire les nombres négatifs.
• Abû Jafar Muhammad ben Muhammad ben al-Hasan Nasîr ad-Dîn at-Tûsî (1201-
1274), philosophe, mathématicien, astronome, théologien et médecin perse. Le
1:l petit-fils de Genghis Khan, Houlagou Khan, fit construire, à son intention , l'ob-
0
c:: servatoire de Maragha, qui lui permit d'établir des tables très précises permettant
::J
0 de calculer les positions des planètes.
v
...-!
0 • Ghiyath al-Din Jamshid Masud al-Kashi, 1380-1429, mathématicien et astronome
N
@
perse.
~
..c:: • Albert Girard (1595-1632), apporta aussi des contributions en arithmétique, où il
Ol
ï:::: montra que tout nombre premier congru à 1 modulo 4 est égal à la somme de deux
>-
a.
0 carrés, résultat qui sera ultérieurement démontré par Pierre de Fermat ( 1601-1665).
u

50

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Continuité d'une fonction
en un point

1. Continuité en un point (Caractérisation de Weierstrass)


Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle 1 de R, non vide, non réduit à un point,
et a un point de J. La fonction f est dite continue en a si, pour tout réel strictement
positifs, il existe un réel strictement positif 17 tel que, pour tout réel x de / vérifiant
lx - al ~ r7, on ait lf(x) - f(a)I ~ E, soit, en langage formalisé 1 :

Vs > 0, 317 > 0, Vx E l : lx - a l ~ 1] ~ lf(x) - f(a)I ~ e

Q)
~

X
-rac:
~

-1 0
<(
-1

Figure 21.1- Le graphe d'une fonction discontinue en un point a.

Dire qu'une fonction est continue signifie, tout simplement, que sa courbe représentative ne
présente pas de« sauts» . Une fonction continue en un point a admet une limite en a.

>- Continuité à gauche

Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle 1 de R, non vide, non réduit à un point, et
....
..c a un point de/. La fonction f est dite continue à gauche en a si :
Ol
·;::
>-
0..
0
lim f(x) = f(a)
x--.a-
u
1. Cette caractérisation a été donnée par le mathématicien allemand Karl Weierstrass (1815-1897).

51

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y

-~
1 ~~-
0---~~~~~--~~~~~-- x

-1

Figure 21.2 - Le graphe d'une fonction continue en un point a.

>- Continuité à droite

Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle 1 de IR, non vide, non réduit à un point, et
a un point de/. La fonction f est dite continue à droite en a si :

lim f(x) = f(a)


x->a+

Lorsque l'on veut explicitement indiquer sur un graphe qu'une fonction est continue à gauche
et non à droite au point a, on place un «point» sur la valeur «à gauche», et un crochet «] »
sur la valeur« à droite».
De même, lorsque I' on veut explicitement indiquer sur un graphe qu'une fonction est continue
à droite et non à gauche au point a, on place un «point» sur la valeur« à droite», et un crochet
« [»sur la valeur« à gauche ».

Exemple
Voici un exemple de fonction continue à droite en chaque entier, et discontinue à gauche en
chaque entier : la fonction «partie entière» .
La fonction« partie entière» d'un réel donné x est le plus grand entier nx inférieur ou égal à x .
....
..c Ainsi, la partie entière du nombre 2,3 est 2, celle du nombre 4,7 est 4, etc. :
Ol
·;::
>- Vx ~ 0 : E(x) :,,;;; x < E(x) +1
0..
0
u
Par définition, la fonction «partie entière», notée E, est la fonction qui, à tout réel positif x,
associe sa partie entière.

52

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y

3 .._,
2 .._,
.........,_
X
-4 -3 -2 - 1 2 3 4

~ -2
.----.{ -3

.----.{ -4

Figure 21.3 - La courbe représentative de la fonction «partie entière».

>- Prolongement par continuité en un point

Théorème
Soient f une fonction dé.finie sur un domaine V 1 de JR, à valeurs dans JR, et a un réel
donné n'appartenant pas à V J"
On suppose que f admet une limite finie t en a. A lors, la fonction f dé.finie pour tout x
de V f U {a} par :
f(x) = {f(x) s~ x *a
f Sl X =a
est continue en a, et constitue le prolongement par continuité de .f en a.

Exemple

On considère la fonction qui, à tout réel x non nul, associe x cos ( ~). Cette fonction est définie
sur iR.*, mais peut être prolongée par continuité sur ~ par la fonction:

.
XH
{X COS(~)
X
Si x;t:O
"O .,,
:<;

c
0 <=
::;
0 si x= O
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~ >- Caractérisation séquentielle de la continuité
"""
..-1
0 ~ ,o
N <=
0
<= Théorème Partie 3
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Soient f une fonction dé.finie sur un intervalle I de JR, à valeurs dans JR, et a un réel
Ol ~Q. donné dans/. Il y a équivalence entre les propriétés suivantes :
·;::
~
>-
a.
0
S!
"
~
• f est continue en a;
u -ci
0
<=
• Pour toute suite (un)neN" à valeurs dans 1, de limite a, la suite (j(u11 ))11EN converge
::l
0
@
vers f(a).

53

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>- Opérations algébriques sur les fonctions continues

Théorème
Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle l de JR, et a un point de !.
Alors:
• Si f et g sont continues en a, les fonctions f + g et fg sont définies sur 1 et continues
ena.
l
• Si g(a) =F 0, et si g est continue en a, la fonction - est définie sur un intervalle de la
g
forme ]a - ry, a + ry[ n !, 0 < ry < a, et est continue en a.

>- Continuité des fonctions composées

Théorème
Soient f une fonction d~finie sur un intervalle 1 de JR, et g une fonction d~finie sur un
intervalle J c lR contenant f (l) : f(l) c J.
Si f est continue en un point a de l et si g est continue au point f(a) E /, la fonction
composée go f est définie sur l'intervalle I et continue en a.

>- Continuité des fonctions usuelles

Théorème
Les fonctions usuelles, c'est-à-dire:
• la fonction identité x H x;
• la fonction logarithme népérien x > 0 H ln x;
• la fonction exponentielle,
• les fonctions sinus et cosinus,
• les fonctions sinus hyperbolique et cosinus hyperbolique,
sont continues en tout point de leur domaine de définition.

Corollaire
Les fonctions construites à partir des fonctions usuelles par opérations algébriques et
composition sont continues en tout point où elles sont définies.

Quelques conséquences simples :


• Les fonctions polynômes, de la forme X E Ill H a,, X1 + an- 1x-r- I + ... + ao, n E N*'
(a 0 , ... , a11 ) E R.11+ 1, sont continues en tout point de R

• Les fonctions «fractions rationnelles» x P(x) (où P et Q sont des polynômes et Q


H
Q(x)
....
..c n'est pas identiquement nul) sont continues en tout point où le polynôme Q ne s'annule
Ol
·;:: pas.
>-
0..
0
• Les fonctions de la forme x H X", a E R., sont continues en tout poi nt où elles sont définies.
u

54

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Fonctions continues sur un intervalle

1. Continuité sur un intervalle


On étend, ici, la notion de continuité en un point à un intervalle.

Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle 1 de R O n dit que la foncLion f est
continue sur 1 si f est continue en tout point de 1, soit, de façon formelle :

V xo E / , Vs > 0, 317 > 0, V x E 1 : lx - xol ~ 17 ~ lf(x) - f(xo)I ~ s

2. Théorèmes de continuité globale


Les théorèmes de continuité en un point se traduisent immédiatement en des théorèmes
de continuité globale :

>- Continuité et opérations algébriques


Théorème
Soient f et g des fonctions dé.finies et continues sur un intervalle I de R Les fonctions
f + g et fg sont définies et continues sur l.
1
De plus, si la fonction g ne s'annule pas sur ! , la fonction - est définie et continue sur !.
g

>- Continuité des fonctions composées


Théorème
Soient f une fonction définie et continue sur un intervalle Ide IR, et g une fonction définie
et continue sur un intervalle J c R contenant f (I).
La fonction composée go f est définie et continue sur l'intervalle l.

>- Continuité des fonctions usuelles


Théorème
"O .,,
:<;
• Les fonctions polynômes sont continues sur R
0 <=
c ::;
• La fonction logarithme népérien est continue sur ]0, +oo[.
::::i '~
<.>
Cl <.>
• La fonction exponentielle est continue sur R
~
-~
"""
..-1
0 ~
• Les fonctions sinus et cosinus sont continues sur R
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Corollaire
Ol ~Q. Les fonctions construites à partir des fonctions usuelles par opérations algébriques et
·;::
~
>-
a. S! composition sont continues sur tout intervalle où elles sont définies :
0 "
~
u -ci
0
. «firactzons
• L es fionctzons . ratzonne
. lies », d e l a j'orme x H
P(x) sont continues
Q(x) . sur tout
<=
::l
0
@ intervalle où le polynôme Q ne s'annule pas.

55

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• Lafonction tangente est continue sur tout intervalle de la forme
]- ~ + k 1f, ~ + k 1f, [, k E Z.
• Les fonctions x H X', a E IR, sont continues sur ]O, + oo[.

Ces théorèmes permettent souvent de conclure à la continuité d ' une fonction sur son ensemble
de définition, à l'exception éventuelle de quelques points pour lesquels on doit faire une étude
directe locale. C'est systématiquement le cas des points de raccordement lorsque la fonction
est définie par morceaux, ou quand la fonction a été obtenue en prolongeant par continuité une
autre fonction a priori non définie en un point. Ainsi, la fonction :

x H { x sin ( ~) si X :;é Û

0 si x=O
est continue sur R

3. Théorème des valeurs intermédiaires


Théorème
Soient f une fonction définie et continue sur un intervalle l de IR, et a et b deux réels
de l. Alors, tout réel compris entre f(a) et f(b) possède au moins un antécédent par la
fonction f.

,' 1
~~~~~~~
' --..~~~~~~~~---~~~___,,__x
0
-1 : a b
I -1

réel

entre f(a) et f(b) antécédent

Figure 22.1 - Illustration graphique du théorème des valeurs intermédiaires.

On peut aussi énoncer ce théorème sous la forme suivante : l' image d'un intervalle par une
fonction continue est un intervalle.

4. Théorème de Weierstrass, ou des bornes atteintes


....
..c
Ol
Théorème
·;::
>- Soient f une fonction définie et continue sur un segment 1 de IR, et a et b deux réels de 1.
0..
0 Alors, f y est bornée et atteint ses bornes, ce qui signifie qu 'il existe deux réels met M
u
tels que, pour tout réel x de l :
m ~ f(x) ~ M

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et qu'il existe deux réels Xm et XM de I tels que:

M ----------------------

-~
1 ~~~~+--~~~-a
~~~~--~-+-~-----+---------b
----<- x

- 1

m --------------------------

Figure 22.2 - Illustration graphique du théorème de Weierstrass.

Il résulte du théorème précédent que l'image d'un intervalle fermé et borné (c'est-à-dire un
segment) par une fonction continue est un intervalle fermé et borné.

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q,
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

57

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Dérivabilité en un point

1. Conditions de dérivabilité
Définition

Soient f une fonction définie sur un intervalle Ide IR, non vide, non réduit à un point,
et a un point de 1. La fonction f est dite dérivable en a si la fonction T, définie, pour
tout x de I \{a}, par:
T(x) = f(x) - f(a)
x-a
admet une limite en a. Dans ces conditions, la limite de la fonction T en a s'appelle
dérivée de la fonction f en a, et se note f'(a).

~ Interprétation graphique

E, tant donnes
, deux ree , Js d.1stmcts
. d l 1 .
x 1 et x2 e , e quottent
. mp1e-
f(x2) - f(x1) est, tout s1
x2 - x1
ment, le coeffici ent directeur de la corde joignant les points M 1 et M2 , de coordonnées
respectives (x 1, f(x 1)) et (x2, f(x2)), si on se place dans un repère orthononné direct. Étu-
dier ce qui se passe lorsque x 1 = a et x 2 tend vers x 1 revient donc à étudier la position
limjte de la sécante à la courbe en a :

y y

sécante

...
' '~' ...., , tangente "':""'',....!..-..-....-- tangente
: :v X -~1~--~1,..._,,0'--~....__~~'-'~~ y~, ~..~..~~~x
-1 a Xz " a x2 ',~
' ....
.. ._

Figure 23.1 - La sécante, la position limite de la sécante, et la tangente.

La tangente à la courbe représentative de f en a ayant pour équation y = (x-a) f' (a)+


f(a), la fonction affine définie sur lR par x H (x -a) f' (a)+f(a) permet donc d'approcher
f par une fonction affine au voisinage de a.
....
..c
On peut, de façon équivalente, donner pour la dérivabilité la définition su ivante :
Ol
·;::
>- Définition
0..
0
u Soient f une fonction définie sur un intervalle Ide IR, non vide, non réduit à un point,
et a un point de/.

58

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La fonction f est dite dérivable en a s'il existe deux réels A et B tels que :

f(x) = A + B(x - a) + (x - a) s(x - a)

où s est une fonction de limite nulle en O. On a alors : A = f(a) B = f'(a)

La deuxième définition présente l'avantage de pouvoir être généralisée aux fonctions de plu-
~
u sieurs variables. Elle a aussi la conséquence immédiate suivante :

Propriété
Toute fonction f dérivable en un point a y est continue.

~ La réciproque de cette proposition est FAUSSE!


~ Ainsi, la fonction x H lxl est continue en 0, mais n'est pas dérivable en ce point.

Exemple : Une fonction continue partout, mais nulle part dérivable


3
Soient a E JO, 1[,et b un réel tel que ab > 1 + 7r. La fonction de Weierstrass
2
+oo

x E IR H La" cos (b11 n x)


11=0

est continue partout, mais nulle part dérivable, ce qui signifie qu'elle n'admet, nulle part, de
tangente.
y

11
Figure 23.2 - La courbe représentative de la fonction de Weierstrass, pour a= : • et b = a.
0 10

Les sismogrammes constituent, par exemple, des exemples de courbes continues, mais n'ad-
"O .,,
:<; mettant nulle part de tangente.
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
2. Opérations algébriques et composition
-~
"""
..-1
0 ~ :>- Dérivabilité en un point et opérations algébriques
N <=
0
<=
@ Théorème
.... ·a"'
0

..c ::1
Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle 1 de R, et a un point de 1.
Ol ~Q.
·;::
>- ~
S!
Alors:
a.
0 "
~ • Si f et g sont dérivables en a, les fonctions f + g et f g sont dérivables en a, et :
u -ci
0
<=
::l
0
@
(f + g)' (a) = f'(a) + g'(a) (fg)'(a) = f'(a)g(a) + f(a)g' (a)

59

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1
• Si g(a) =f:. 0, et si g est dérivable en a, la fonction - est définie sur un intervalle de la
g
forme ]a - TJ, a + TJ[ n /, 0 < TJ < a, et est dérivable en a. De plus :

(!)'(a)
g
=- g'(a)
g(a)2

>- Dérivabilité des fonctions composées

Théorème
Soient f une fonction définie sur un intervalle I de IR., et g une fonction définie sur un
intervalle J contenant f (/).
Si f est dérivable en un point a de!, et si g est dérivable au point f(a), alors la.fonction
composée gof est dérivable en a et: (go f)' (a) = f'(a) g' (f(a))

Démonstration: Posons b = f(a). La dérivabilité de la fonction f en a s'écrit:

f(x) = f(a) + (x - a)J' (a) + (x - a) t:1 (x - a)

où s 1 est une fonction de limite nulle en O.


La dérivabilité de la fonction g en b s'écrit:

g(x) = g(b) + (x - b)g'(b) + (x - b)t:2(x - b)

où s2 est une fonction de limite nulle en O.


En remplaçant x par f(x) dans la deuxième formule, on obtient :

g(f(x)) = g(b) + ((x - a) f' (a) + (x - a) s 1(x - a))g' (b) + ((x - a) f' (a)

+ (x - a)s1(x - a))t:2(f(x) - b)

On remarque alors que, f étant continue en a, on peut écrire :


f(x) - b = f(x) - f(a) = s3(x - a)

où t:3 est une fonction de limite nulle en O.


Par suite :
s2 (f(x) - b) = s(x - a)
"O
0 où, pour alléger les écritures, et, de façon générique, on décide de désigner par t:(.)
c::
::J x H s(x) n'importe quelle fonction de limite nulle en O.
0
v Finalement, en regroupant les termes qui contiennent à la fois un facteur (x - a) et un
...-!
0 facteur t:(x - a), on obtient :
N
@
~ (go f) (x) = g (f(x)) = g(b) + (x - a) f' (a)g' (b) + (x - a) t:(x - a)
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
ce qui montre que la fonction g of est dérivable en a et que :
0
u
(go f)' (a) = f' (a) g' (f(a)) •
60

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Dérivabilité sur un intervalle

1. Conditions de dérivabilité sur un intervalle


Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R On dit que la fonction f est
dérivable sur I si f est dérivable en tout point de / . On appelle fonction dérivée de f
la fonction f' défini e sur l et qui , à chaque point a de l'intervalle / , associe f'(a) .

~ Dérivabilité et opérations algébriques

Théorème
Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle I de R Alors :
• Si f et g sont dérivables sur / , les fonctions f + g et f g sont dérivables sur !, et, pour
tout x de I :

Cf+ g)' (x) = f' (x) + g' (x) (fg)' (x) = f' (x) g(x) + f(x) g' (x)
1
• Sig ne s'annule pas sur!, et si g est dérivable sur!, lafonction - est dérivable sur!.
g
De plus, pour tout x de l :

(!)'
g
(x) = _ g'(x)
g(x)2

~ Dérivabilité des fonctions composées

Théorème
Soient f une fonction définie sur un intervalle I de IR, et g une fonction définie sur un
intervalle J contenant f (l).
Si f est dérivable sur /, et si g est dérivable sur J, alors la fonction composée go f est
dérivable sur l et, pour tout x de l :

"O .,,
:<;
(go f) ' (x) =f' (x) g' (f(x))
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.> Exemple
~

"""
..-1
-~
Soit œ un réel non nul. On considère la fo nction f qui, à tout réel x, associe cos(x2). f est
0 ~
N <=
0
dérivable sur IR, et, pour tout réel x :
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1 f'(x) = - 2x sin(x2 )
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~ Le théorème de dérivabilité des fonctions composées peut être considéré comme l'un des plus

~
u -ci
0
<=
::l
. importants du calcul des dérivées. Une application est de l'utiliser pour obtenir la dérivée
0
@ d'un quotient de fonctions , ou, encore, pour obtenir celle d'un produit; à cet effet, il suffit de

61

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considérer deux fonctions f et g définies sur un même intervalle J de iR, et a un point de /.
Alors, compte tenu de l'identité :

(f + g)2 =12 + 2 f g + g2
on obtient, à l ' aide de la formule donnant la déiivée d ' une fonction composée:

2 (f + g) (/' + g') = 2 f f' + f' g + f g' + 2 g g'


ce qui conduit donc à :
(f g)' = J' g + f g'

Théorème
Toute fonction dérivable sur un intervalle I de IR y est continue.

>- Primitive

Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle l de IR, continue sur l. On dit que F est
une primitive de f sur 1 si, pour tout réel x de 1 :

F'(x) = f(x)
~ Une fonction continue sur un intervalle l y admet une infinité de primitives!

Exemple
La fonction qui, à tout réel x, associe x2 , est une primitive sur IR de la fonction qui, à tout réel x,
associe 2 x. Mais la fonction qui, à tout réel x, associe x 2 + 1, est aussi une primitive sur IR de
la fonction qui, à tout réel x, associe 2 x.

2. Dérivabilité des fonctions définies par morceaux


Pour pouvoir étudier la dérivabilité en un point de raccordement des fonctions définies
par morceaux, il est nécessaire d'introduire les notions de dérivée à droite et à gauche.

>- Dérivée à droite d'une fonction


Soit f une fo nction définie sur un intervalle ouve1t 1 de IR, et a un point de I. La fonction
f est dite dérivable à droite en a si la fonction T, définie, pour tout x de I \ {a}, par:
r(x) = f(x) - f(a)
x- a
a une limite à droite en a, c'est-à-dire lorsque x tend vers a par valeurs supérieures.
Cette limite est appelée dérivée à droite de la fonction f en a, et notée .f~(a) .

>- Demi-tangente à droite


....
..c
Ol Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert Ide IR, et a un point de/. On suppose
·;::
>- que la fonction f est dérivable à droite en a. La dem i-droite d'équation :
0..
0
u y = f(a) + (x - a) f~(a) pour x ~ a
est la demi-tangente à droite en a de la courbe représentative de f.

62

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>- Dérivée à gauche d'une fonction
Soit f une fo nction défi nie sur un intervalle ouvert I de IR, et a un point de / . La fonction
f est dite dérivable à gauche en a si la fonction T , définie pour tout x de I \{a}, par:
r(x) = f(x) - f(a)
x- a
a une limite à gauche en a, c'est-à-dire lorsque x tend vers a par valeurs inférieures.
Cette limite est appelée dérivée à droite de la fo ncti on f en a , et notée f~(a) .

>- Demi-tangente à gauche


Soient f une fonction définie sur un intervalle ouvert I de IR, et a un point de /. On
suppose que la fonction f est dérivable à gauche en a. La demi-droite d' équation

y = f(a) + (x - a) f~(a) pour x ~ a


est la demi-tangente à gauche en a de la courbe représentative de f.

Propriété
Soient f une fo nction définie sur un intervalle ouvert I de IR, et a un point de /.
La fonction f est dérivable en a si et seulement si elle est dérivable à gauche et à droite
en a, et si ses dérivées à gauche et à droite en a sont égales.

Q)
~

-1 0
X
-rac:
~

- 1
<(

Figure 24.1- Le graphe d'une fonction non dérivable en a : les deux dérivées à gauche et à droite
ne sont pas égales. Il y a une demi-tangente à gauche, et une d emi-tangente à droite. La courbe
possède un point anguleux.

Exemple
"O .,,
:<;
0 <= La fonction valeur absolue, qui, à tout réel x, associe sa valeur absolue lxl, n' est pas dérivable
c ::;

::::i '~
<.> en zéro, mais possède des dérivées à droite et à gauche en zéro.
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~ 3. Dérivabilité et variations
N <=
0

@
<=
>- Caractérisation des fonctions constantes dérivables
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q. Théorème
·;::
~
>-
a. S! Soient I un intervalle de R, et f une fonction dérivable sur /. Alors, f est constante sur
"
~ I si et seulement si sa dérivée f' est identiquement nulle sur I :
0
u -ci
0
<=
::l
0
@
VxE l : f' (x) = O

63

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>- Caractérisation des fonctions croissantes dérivables

Théorème
Soient l un intervalle de R, et f une fonction dérivable sur l. Alors, f est croissante sur
I si et seulement si sa dérivée f' est positive ou nulle sur I :

Vx E I : f' (x) ~ 0
>- Caractérisation des fonctions décroissantes dérivables

Théorème
Soient l un intervalle de R, et f une fonction dérivable sur l. Alors, f est décroissante
sur I si et seulement si sa dérivée f' est négative ou nulle sur I :

Vx E I : f' (x) ~ 0
>- Caractérisation des fonctions strictement croissantes dérivables

Théorème
Soient I un intervalle de R, et f une fonction dérivable sur /. Alors, f est strictement
croissante sur I si et seulement si sa dérivée f' est positive ou nulle sur/, et ne s'annule
sur aucun intervalle de I non réduit à un point.

>- Caractérisation des fonctions strictement décroissantes dérivables

Théorème
Soient I un intervalle de R, et f une fonction dérivable sur /. Alors, f est strictement
décroissante sur I si et seulement si sa dérivée f' est négative ou nulle sur / , et ne
s'annule sur aucun intervalle de I non réduit à un point.

"O
0
c::
::J
0
v
...-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

64

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Dérivées successives

1. Dérivée nième

Étant donné un entier naturel non nul n, on définit, sous réserve d'ex istence bien sûr
(c'est-à-dire lorsque cela est possible), la dérivée nième de f, notée J'11>, par récurrence:

avec la convention :
/0) =f
>- Fonction n fois dérivable, n E N
Si f admet une dérivée nième, n E N, on dit que f est n fois dérivable sur ! .

>- Fonction indéfiniment dérivable


Si, pour tout entier naturel n, f admet une dérivée nième on dit que f est indéfiniment
dérivable sur 1.

Exemples
1. Les fonctions polynômes, les fonctions trigomométriques sinus et cosinus, la fonction ex-
ponentielle x H eX, sont indéfi ni ment dérivables sur R.
2. Les fractions rationnelles sont indéfiniment dérivables sur tout intervalle qui ne contient
pas de racine du dénominateur.
3. La fonction logarithme népérien x H ln x et la fonctio n racine carrée x H yx sont indéfi -
niment dérivables sur ]0, oo(.

2. Classes de fonction
>- Fonction de classe en, n E N
Soient n un entier naturel non nul, et f une fonction définie sur un intervalle 1 de R
On dit que f est de classe C' sur I si f est n fo is dérivable sur ! , et si sa dérivée nième ,
ln), est continue sur/.

"O .,,
:<; >- Fonction de classe C°0
0 <=
c ::;
Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R
::::i '~
<.>
Cl <.>
~ On dit que f est de classe C00 sur I si, pour tout entier naturel n, f est de classe C11
-~
"""
..-1
0 ~ sur / .
N <=
0
<=
@ "'
.... 0
·a 3. Théorèmes
..c ::1
Ol
·;::
~Q. >- Dérivée nième d'une combinaison linéaire de fonctions, n E N
~
>- S!
a.
0 "
~ Théorème
u -ci
0
<=
::l
Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle I de R, et n un entier naturel.
0
@ On suppose que f et g sont n fois dérivables sur 1. Alors, toute combinaison linéaire de

65

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f et g est n fois dérivable sur 1 ; pour tout couple (a,/3) de réels, a f + f3 g est n fois
dérivable sur l et: (a f + f3 g)(n) = a _f(n) + f3 g<11)

>- Formule de Leibniz 1


Théorème
Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle l de R, et n un entier naturel.
On suppose que f et g sont n fois dérivables sur l. Alors, la fonction produit f g est n
u g)<n) = I c! fk) 9<n- k)
/!

fois dérivable sur 1, et ..


k=O

où, pour tout entier k de {0, ... , n}, C~ désigne le coefficient binomial : ( nk ) = k ! (nn-! k) !
Par convention, ce coefficient est nul si k > n.

Démonstration : On ne donne, ici, que des éléments de preuve. Ce résultat se démontre


par récurrence, à l'aide de la formule donnée par le triangle de Pascal; étant donné un
entier naturel non nul n, alors, pour tout entier naturel k ~ n - 1 :

ck
n + ck+
n
i = ck+ i
n+ I soit: (n) ( n ) (n+ 1)
k + k+ I = k+ l •
>- Dérivée nième d'un quotient de fonctions, n E N

Théorème
Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle I de R, et n un entier naturel.
On suppose que f et g sont n fois dérivables sur 1, et que g ne s'annule pas sur 1. Alors,
le quotient [. est nfois dérivable sur l .
g

>- Dérivée nième de la composée de deux fonctions, n E N

Théorème
Soit f une fonction définie sur un intervalle 1 de lR, et g une fonction définie sur un
intervalle J contenant f (I).
Si f est n fois dérivable sur/, et g est n fois dérivable sur J, alors la fonction composée
go f est n fois dérivable sur 1.

Il ex iste une formule permettant de calculer la dérivée n ième d' une fonction composée. Cette
formule est due à Faà di Bruno2 :
f
n
(k)
( g o j')(n) = n.1 "\""'
L..J
g
k!
o
l .;;k.;;11

Le lecteur intéressé pourra trouver plus de précisions dans f41, page 165 .
....
..c
Ol
·;:: 1. Gottfried Wilhelm Leibniz (1646- 1716), philosophe, mathématicien, jUJiste et philologue allemand. Il
>-
0.. apporta des contributions fondamentales en calcul différentiel et intégral. Il fut, également, l'inventeur d'une
0
u des premières machines à calculer. Ses œuvres phi losophiques sont, elles aussi, de première importance.
2. Francesco Faà di Bruno (1825-1888), prêtre et religieux italien, en même temps que mathématicien
renommé, et musicien <le talent. Il fut l'élève d'Augustin Cauchy à la Sorbonne. Il a été béatifié en 1988.

66

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Théorème des accroissements finis
et théorème de Rolle

Une fonction dérivable, présentant un extremum en un point de son domaine de dé-


finition, possède, en ce point, une dérivée nu lle. En pratique, cette remarque per-
met de trouver l' image d'un intervalle fermé borné par une fonction dérivable. Plus
fondamentalement, elle est le point clef de la démonstration du théorème de Rolle
et de ses conséquences : le théorème des accroissements finis et la formule de
Taylor-Lagrange. 1 2

1. Extremum sur un intervalle


>- Maximum d'une fonction sur un intervalle
Soient f une fonction définie sur un intervalle I de R, et e un point de / . La fonction f
admet un maximum en e si, pour tout x de 1 :
f(x) ~ f(e)
>- Minimum d'une fonction sur un intervalle
Soient f une fonction définie sur un intervalle 1 de R, et c un point de J. La fonction f
admet un minimum en e si, pour tout x de I :
f(x) ;;::: f(c)
>- Extremum d'une fonction sur un intervalle
Soient f une fonction définie sur un intervalle 1 de R, et e un point de / . La fonction f
admet un extremum en c si elle admet en e un maximum ou un minimum.

2. Extremum local
>- Maximum local d'une fonction
Soient f une fonction définie sur un intervalle I de JR, et e un point de / . La fonction f
admet un maximum local en e s' il existe un intervalle ouvert de la forme Je - TJ, e + ry[,
0 < T/ < c, tel que la restriction de f à cet intervalle admette un maximum en c :
V x E Je - TJ, e + ry[: f(x) ~ f(e)
"O .,,
:<;
>- Minimum local d'une fonction
0 <=
c ::;

::::i '~

Cl
<.>
<.> Soient f une fonction définie sur un intervalle I de R, et c un point de l . La fonction f
~

"""
..-1
-~
admet un minimum local en e s' il existe un intervalle ouvert de la forme ]e - TJ, e + ry[,
0 ~
N <=
0
<=
0 < T/ < c, tel que la restriction de f à cet intervalle admette un minimum en c:
@
.... ·a"'
0
Vx E Je - TJ, e + ry[ : f(x) ;;::: f(c)
..c ::1
Ol ~Q.
·;:: 1. Brook Taylor (1685- 1731), mathématicien, historien des sciences, musicien et peintre anglais. C'est lui
~
>- S!
a. qui découvrit l'intégration par parties, et est, bien sûr, à l'origine des« développements de Taylor ».
0 "
~
u -ci
0
2. Joseph Louis, comte de Lagrange (1736-1813), mathématicien, mécanicien et astronome italien. Il fut
<= l'initiateur du calcul variationnel. En parallèle, il apporta de nombreuses contributions en algèbre, à la
::l
0
@ théorie des nombres, au calcul infinitésimal, aux probabilités, mais aussi à la mécanique.

67

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>- Extremum local d'une fonction
Soient f une fonction définie sur un intervalle l de R, et c un point de /. La fonction f
admet un extremum local en c si elle admet en c un minimum local, ou un maximum
local.
>- Dérivée et extremum local
Soient f une fonction définie sur un intervalle Ide R, etc un point intérieur à I (c'est-à-
dire qui ne soit pas une borne de/). Si f est dérivable en cet admet en c un extremum
local, alors :
f'(c) = 0
>- Interprétation graphique
Une fonction admettant des extremums locaux aura donc, en ces points, des tangentes
horizontales.
y

maximum local
,;/
maximum local
,;/
co
::...e-~~~~~~~~~4-~---x
-1

\
minimum local

Figure 26.1- Le graphe d'une fonction avec des extremums locaux.

Démonstration : Le fait que f possède une dérivée nulle au point c est une propriété
locale (elle ne dépend que des valeurs de f au voisinage du point c).
Quitte à considérer la restriction de f à un sous-intervalle ouvert de /, de la forme
]c - Tf, c + Tf[, 0 < T/ < c, on peut supposer que f possède un extremum en c.
Supposons, dans un premier temps, que f possède un maximum en c. Alors, pour tout
x de I tel que x < c : f(x) ~ f(c) . Il en résulte :
f(x) - .f(c) ~
0
x- c
et donc:
1:l
f'(c) = lim .f(x) - f(c) ~ 0
0 X->C X - C
c::
::J
0 De même, pour tout x de I tel que x > c: f(x) ~ f(c). Il en résulte:
v
...-! f(x) - .f(c) ~
0
N
0
x- c
@
~ et donc:
..c::
Ol f' (c) = lim f(x) - f(c) ~0
ï:::: X->c+ X - C
>-
a.
u
0 D'où, nécessairement: f'(c) =O.
Le cas où f possède un minimum en c se traite de façon analogue (il suffit de changer
1~ -n. •
68

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On voit bien dans cette démonstration l'importance de supposer que c soit intérieur à T; ainsi,
le point c n'est pas une extrémité de l' intervalle Tet les limites à gauche et à droite utilisées
dans la démonstration ont un sens.
Si on considère la restriction de l'application identité à l'intervalle [O, 1], cette restriction
présente un extremum en 1, alors que la dérivée de la fonction ne s'annule pas en 1.
2. La réciproque de la proposition précédente est fausse : une fonction dérivable sur un intervalle
peut avoir une dérivée nulle en un point qui n'est pas un extremum local. C'est le cas, par
exemple, de la fonction définie sur Ill par x H x 3 , au point O.

>- Une application pratique


Soit f une fonction définie et continue sur un intervalle fermé et borné [a, b]. Si cette
fonction est dérivable sur l' intervalle ouvert ]a, b[ alors son maximum Met son mini-
mum m sont à rechercher parmi les valeurs de la fonction f en a, ou en b , ou aux points c
où sa dérivée f' s'annule.

3. Le théorème de Rolle 3
Théorème
Soient a et b deux réels tels que a < b, et f une fonction définie et continue sur L'inter-
valle [a,b], dérivable sur l'intervalle ]a,b[. Alors, si f(a) = f(b), il existe un nombre c
de l'intervalle ]a, bf tel que :
f'(c) = 0

>- Interprétation graphique du théorème de Rolle

-~1~~---,n-<..-~+--~_.__~...._--4....._.,._~x

~ a c b

Figure 26.2- Illustration graphique du théorème de Rolle.

Démonstration : Il faut montrer que la fonction f admet un extremum en un point de


"O .,,
:<;

c
0 <=
::;
l'intervalle ]a, b[.
::::i
Cl
'~
<.>
<.>
Comme f est continue sur l'intervalle fermé borné [a,b] , l'image f([a,b]) de [a,b] ,
~
-~ est un intervalle fenné borné, de la forme [m, M], (m, M) E JR.2 , m ~M.
"""
..-1
0 ~
On distingue deux cas :
N <=
0
<=
@
·a"' • si la fonction f est constante sur l'intervalle [a, b] , alors sa dérivée f' est identique-
....
..c
0

::1
Ol ~Q. ment nulle sur cet intervalle. N'importe quel point c de l'intervalle ]a, b[ convient,
·;::
>- ~
S!
puisqu'il vérifie f'(c) = O.
a.
0 "
~
u -ci
0
3. Ce théorème doit son nom au mathématicien fnmçais Michel Rolle (1652-1719), qui fut le premier à
<= établir ce résultat, dm1s le cas de fonctions polynomiales. Ses contributions portent et sur l'algèbre, et sur
::l
0
@ l'analyse. Il est à l' origine de la notation f/X,, pour désigner la racine n~111• d 'un réel positif x.

69

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• Si la fonction f n'est pas constante, l'intervalle [m, M] n'est pas réduit à un point.
Donc l'une, au moins, des deux inégalités strictes : M > f(a) = f(b), ou m < f(a) =
f(h) est vérifiée.
On supposera, dans ce qui suit : M > f(a) (le cas m < f(a) se traite de manière
analogue).
Comme M est un point de [m, M], il existe un point c de l'intervalle [a, h] tel que
f(c) = M. Comme M > f(a) et M > f(h), c appartient en fait à l'intervalle ]a, h[. La
fonction f admet en c un maximum, étant dérivable sur ]a, bf, donc en c, elle vérifie
donc: f'(c) =O. •
4. Le théorème des accroissements finis
Théorème
Soient a et b deux réels tels que a < b, et f une fonction définie et continue sur l'inter-
valle [a, h], dérivable sur l'intervalle ]a, b[. Alors, il existe un nombre c de ! 'intervalle
]a, b[ tel que :
f(b) - /(a) = (b - a) f' (c)

>- Interprétation graphique du théorème des accroissements finis


Le théorème des accroissements finis traduit, tout simplement, le fait que la courbe re-
présentative de f possède, en c, une tangente parallèle à la corde joignant les points
(a, f(a)) et (b, f(b)) :
y

''\. ..... ' /

;
/

', ' ~:
''
.:
'
'
l. ~...-,'","--:, ,-- ~a,ngente
.;. ..... ,
~--1..,.....--e-~e--~---<......,..r--~~---- x

-1 -1 Q c b '

Figure 26.3- Une illustration graphique du théorème des accroissements finis.

Démonstration : On considère la fonction cp définie sur l' intervalle [a, b] par:

cp(x) = f(x) - f(a) - f(b) - /(a) (x - a)


h- a
Elle est, comme la fonction f, continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[. Par ailleurs elle
vérifie : cp(a) = cp(b). Elle satisfait donc aux hypothèses du théorème de Rolle. Ainsi, il
existe c dans l'intervalle ]a, b[ tel que :

0 = cp' (c) = f' (c) _ f(b) - f(a)


....
..c
b- a
Ol
·;::
>-
0..
ce qui achève la démonstration. •
0
u Le théorème des accroissements permet de relier les variations d' une fonction au signe de sa
dérivée.

70

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Formule de Taylor-Lagrange

On présente, dans ce qui suit, la formule de Taylor-Lagrange, qui généralise la formule


des accroissements finis pour les fonctions plusieurs fois dérivables.

T héorème
Soient a et b deux réels tels que a < b, et f une fonction définie sur /'intervalle [a, b].
On suppose que :
• lafonction f est nfois dérivable sur l'intervalle [a , b];
• la dérivée nème de f, f< 11>, est continue sur l'intervalle fermé [a, b] et dérivable sur
l'intervalle ouvert ]a, b[.
Alors, il existe un réel c, appartenant à l 'intervalle ouvert ]a, b[, tel que:

f(b) = f(a) + f'(a) (b - a) + f"(a) (b - a)2 + ... + J<n)(a) (b - a)11 + J<n+l)(c) (b - a)'z+ 1
2 n! (n + l)!

Démonstration : Soit A le réel défini par :

A (b - a)'z+I = f(b) - f(a) - (b - a) f'(a) - f" (a) (b - a)2 - ... - J<n)(a) (b - a)11
(n+l)! 2 n!
Il s'agit de montrer qu'il existe un réel c, appartenant à 1' intervalle ouvert ]a , b[, tel que :
A = /n+l)(c)
On introduit, à cet effet, la fonction cp définie, pour tout x de [a, b], par :

cp(x) = f(b) - f(x) - f' (x)(b - x) - f"(x) (b - x)2 - .. . - J<n)(x) (b - x)11 - A (b - x)11+ 1
2 n! (n+l)!
Il est évident que :
cp(b) =0
Le choix du nombre A conduit à :
cp(a) =0
Par ailleurs, la fonction cp est, comme la fonction f et chacune de ses n prem ières déri-
"O .,,
:<;
vées, continue sur l'intervalle fermé [a, b], et dérivable sur l'intervalle ouvert ]a, b[.
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
La fonction cp satisfait donc les hypothèses du théorème de Rolle.
Cl <.>
~
-~
Il existe donc un nombre c, appartenant à l'intervalle ouvert ]a , b[, tel que:
"""
..-1
0 ~
cp'(c) =0
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0
Un calcul facile montre que :
..c ::1
Ol ~Q. A - ·f (n+ 1)(x ) (b - x)n
·;::
>- ~ cp'(x) =
a. S!
" n!
0 ~
u -ci
0
Comme le nombre c est différent de b, on peut en déduire que :
<=
::l

= /n+l )(c)
0
@
A

71

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Fonctions réciproques

On s' intéresse, dans ce qui suit, aux conditions d'existence d'une fonction réciproque
pour une fonction définie et continue sur un intervalle, et, sous réserve d'existence, ses
propriétés : continuité, dérivabilité, représentation graphique.

1. Définitions
>- Injectivité

Étant données deux parties Pi et P2 de R, une application f


injective si, pour tout couple (x, x') E Pi x P2 :
f(x) = f(x') ~ x = x'

>- Surjectivité

Étant données deux parties Pi et P2 de JR, une application f : Pi ~ P2 est dite


surjective si tout élément y de P2 admet au moins un antécédent par f:
Vy E P2, 3 x E P1 : y = f(x)
>- Bijectivité

Étant données deux parties Pi et P2 de IR, une application f : Pi ~ P2 est dite


bijective si elle est injective et surjective, c'est-à-dire si tout élément y de P 2 admet un
unique antécédent par f :
Vy E P2, 3 !x E Pi : y = f(x)
>- Application identité

Étant donnée une partie P de JR, l' application


idtp: p ~ p
X H X

est appelée application identité de P.

>- Fonction réciproque

Soient P1 et P 2 deux parties de IR, et f : Pi ~ P 2 une application bijective. Pour


chaque élément y de P 2, l'unique élément x de Pi tel que f(x) = y est noté 1 - i(y).

L'application ri : P2 ~ Pi ainsi définie est appelée application réciproque de f.

.... Soient Pi et P2 deux parties de R, et f : Pi ~ P2 une appl ication b.ijective. Alors,


..c
Ol pour tout réel x de Pi :
·;::
>- (r 1 0 !)Cx) = riCJ(x)) = idtpl(x) = X
0..
0
u et, pour tout réel y de P2 :
(! 0 1- i ) (y) = f v- l (y)) = idtp2(y) = y
72

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Il s'agit, ensuite, d'appliquer ces dé.finitions générales au cas particulier des fonctions
dé.finies sur un intervalle ! , non vide et non réduit à un point.

~ 1. U~e fonction [définie sur un inter:all~ l e~t, .par définit!on'. une surjecti.on del sur f(l).' Par
~ smte, la foncllon f admet une application rec1proque, definie sur f(l), si et seulement si elle
est bijective de l sur f(l), et donc si et seulement si elle est injective sur !.
2. Pour s'assurer que la fonction réciproque d' une fonction donnée f est définie sur un intervalle
J, il suffit de supposer que la fonction f est continue sur l' intervalle l car, alors, d'après le
théorème des valeurs intermédiaires, on sait que J = f(l) est un intervalle.

2. Injectivité des fonctions continues


Soit f une fonction définie sur un intervalle I de IR, non vide, et non réduit à un point.
Alors:
• Si f est strictement monotone sur/, alors elle est injective sur/.
• Si f est continue et injective sur / , alors eJle est strictement monotone sur I.

Démonstration : Ce théorème est admis. •


On sait déjà que l'image d'un intervalle l par une fonction continue f est un intervalle; cepen-
dant lorsque, de plus, la fonction f est strictement monotone, on peut préciser l' intervalle f(l).

>- Image d'un intervalle par une fonction continue st rictement monotone
Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle J, de bornes a
et b. Alors, l'intervalle f(/) a pour bornes lim f(x) et lim f(x) (ces limites pouvant être
x->a x->b
elles-mêmes finies ou infinies) et les intervalles let f(/) sont de même nature : fermés,
ouverts, ou semi-ouverts.

3. Théorème des fonctions réciproques

T héorème
Soit f une fonction continue strictement monotone sur un intervalle !. Alors :
• L'ensemble J = f(/) est un intervalle (de même nature que!), et dont les extrémités
sont les limites de f aux bornes de !.
1
"O
0
.,,
:<;
<=
• Lafonction f admet une fonction réciproque ] dé.finie sur J.
c ::;

::::i '~
<.> • La fonction réciproque 1- 1 est continue et strictement monotone sur J, de même sens
Cl <.>
~
-~
de monotonie que f.
"""
..-1
0
N
~
<=
0
<=
• Si La fonction I est dérivable en un point a de 1 et si f'(a) * 0, Lalonction 1- 1
est
@ "' dérivable au point b = f(a) et:
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q, - 1)' l
·;::
~
( f (b) = f'(a)
>- S!
a.
0 "
~ De façon équivalente :
u -ci
1
r
0
<= 1)'
::l
0
@
(
= f'of-1
73

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Démonstration : les deux premiers points ont été vus dans les propositions précédentes.
.r-
Le troi.sième po.int, c'est-à-dire la continuité de 1, est admis. On ne démontrera ici que
la dérivabilité de la fonction réciproque.
À cet effet, on suppose que la fonction f est dérivable en un point a de l'intervalle I, et
que .f'(a) *O.
Montrer que la fonction 1- 1 est dérivable au point b = f(a) revient à montrer que
1- 1c ) - 1- 1(b)
le rapport y b a une limite lorsque y tend vers b, en restant bi.en sûr dans
y-
l'intervalle J.
Pour tout y de J = 1(1), Je nombre x = 1 - 1 (y) de I vérifie la condition y = l(x). Il en
résulte :

y- b f(x) - f(a)"
Comme la fonction 1- 1 est continue en b, Je nombre x = 1- 1(y) tend vers a = 1- 1(b)
lorsque y tend vers b. Le rapport f(x~ =~(a) a donc une limite, puisque la fonction f
est dérivable en a et que sa dérivée f'(a) est non nulle. On obtient:

(r l)' (b) = l'(a)


1

4. Représentation graphique
Soit I une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I c R.
On note J = 1(1). Par suite :
(x E I et l(x) = y) ~ (y E J et r 1
(y) = x)
Ainsi, le graphe de la fonction réciproque 1- 1, c' est-à-dire l'ensemble des couples
(y,l- 1(y)) lorsque y parcourt l'intervalle J, est donc aussi l'ensemble des couples
(f(x), x) lorsque x parcourt l'intervalle /. Or, dans un repère orthonormé, le point de
coordonnées (a, b), (a, b) E IR.2 , est le symétrique par rapport à la première bissectrice
du point de coordonnées (b , a).

> Graphe d'une fonction réciproque


Soit I une fonction continue, réalisant une bijection d'un intervalle I de IR. sur un in-
tervalle J de R. Alors, le graphe de 1- 1 est symétrique de celui de I par rapport à la
première bissectrice (qui est aussi la droite d'équation y = x).
y
f première
"O
gra he de la ,f bissectrice
,
0
c::
::J
rée proque ,f
0
v
' \
\ ,,
,
' ,
\
...-!

,,
0 \./
N
@
~
..c:: ''
Ol graphe de la fonction
ï:::: ~-#L.~~~~~~~~-- x
>-
a. -1 0
0 - 1
u
Figure 28.1 - Le graphe d'une fonction bijective, et celui de sa réciproque.

74

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Les fonctions trigonométriques

inverses

1. La fonction arcsinus
La restiiction sinl [- ~ ,fl de la fonction sinus à l'intervalle[- ~ , ~] est continue et stricte-
ment croissante. D'après le théorème des fonctions réciproques :

Cette restriction établit une bijection de [- ~, ~ Jsur [-1 , 1].


La fonction réciproque de cette restriction est appelée fonction arcsinus, et notée
arcsin. C'est une bijection de [- 1, 1] sur l' intervalle [- ~, ~]. Pour tout réel x de [-1 , 1],
arcsin x est donc l'unique élément de l'intervalle[- ~,~] qui a pour sinus le réel x :

sin (arcsin x) =x
De même, pour tout réel x de[- ~ , ~] :

arcsin(sin x) = x

Par définition :

arcsin(O) = 0 arcsin(l) =~
2 arcsin ( ~) = ~
Les propriétés de la fonction arc sinus sont les suivantes :
• La fonction arc sinus est continue et strictement croissante sur [- 1, 1]. C'est une
conséquence directe du théorème des fonctions réciproques.
• La fonction arc sinus est impaire. Dans le plan rapporté à un repère orthonormé direct,
la courbe représentative de la fonction arc sinus est la courbe symétrique par rapport à
la première bissectrice de la courbe représentative de la restriction de la fonction si nus
à l ' intervalle[- ~,~].
"O .,,
:<;
• La restriction sinl [- ~ . ~ J est dérivable sur[- ~,~] . de dérivée
0 <=
c ::;

::::i '~

~l -
<.>
Cl <.>
~
-~
x H cosx = sin 2 (x).
"""
..-1
0 ~
N <=
Cette dérivée ne s'annulant pas sur] - ~,~ [, la fonction arcsinus est donc dérivable
0
<=
@
.... ·a"'
0

sur] - 1, 1[,sa dérivée étant définie, pour tout x de] - 1, 1[,par:


..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>-
a. S!
"
~
(arcsin)' (x) = = - - -2
~1 -
0
u -ci
0
sin2 (arcsin x) Yl - x
<=
::l
0
@

75

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y

1C
2

y = arcsin x ---

~~1C
~~~1
~~~----<._~~~~~-1C
~--- X
-2 - 2

-1

Figure 29.1 - La courbe représentative de la fonction arcsinus.

2. La fonction arccosinus
La restriction cosl[O,n] de la fonction cosinus à l'intervalle [O, 7r] est continue et stric-
tement décroissante. D'après le théorème des fonctions réciproques, elle établit une
bijection de [0, 7r] sur [- 1, 1]. La fonction réciproque de cette restri.c tion est appelée
arccosinus, et notée « arccos ».C'est une bijection de [-1, 1] sur l'intervalle [0, 1T].
Pour tout réel x de [-1 , 1], arccos x est donc !'unique
. élément de !'intervalle [0, 1T] qui
.
a pour cosinus le réel x :
cos(arccos x) =x
De même, pour tout réel x de [O, 1T] :

arccos(cos x) =x
Par définition :

1T
arccos(O) = '2 arccos(l) =0 arccos(- 1) = 1T
'O
0 Les propriétés de la fonction arccosinus sont les suivantes :
c::
::J
0 • La fonction arccosinus est continue et strictement décroissante sur [- 1, l ].
v
• La restriction cosl[O,nJ est dérivable sur [0, 7r], de dérivée x H - sin x = - Yl - cos2 x,
..-!
0
N
@ qui ne s'annule pas sur ]0,7r[. La fonction arccosinus est donc dérivable sur ] - 1, l [,
~
..c:: sa dérivée étant définie, pour tout x de] - 1, 1[, par :
Ol
ï::::
>-
a. 1 1
u
0 (arccos)' (x) = - --;:::==::::::::::::===
~1 - cos (arccosx)
2

76

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y
,
1f y = Arccos x /

___,,,,,-------''

- 1(

Figure 29.2- La courbe représentative de la fonction arccosinus.

3. La fonction arctangente
La restriction tanl] -~ ,H de la fonction tangente à l' intervalle ]- ~,~ [ est continue et
strictement croissante sur ]- ~, ~ [.
D'après le théorème« des fonctions réciproques» :

tanl]- i! ,i!r
2 2
(]-~,
2 2
~[) =] 1im+tan x,
X-> /!
lim_ tan
X-> !
x[ =IR
2 2

En outre, cette restri.c tion établit une bijection de] - ~,~[ sur R La fonction réciproque
de la restriction de la fonction tangente à l'intervalle ]- ~, ~ [ est appelée fonction arc-
tangente, et notée« arctan». C'est une bijection de IR sur l'intervalle ]- ~, ~ [.
Pour tout réel x , arctan x est donc 1' unique élément de l'intervalle ]- ~, ~ [ qui a pour
tangente le réel x :
tan (arctan x) = x

Par défi nition: arctan(l) = 7r4·


Attention ! JI y a une infinité de réels dont la tangente est égale à l . Mais parmi ces réels, seul
~appartient à l'intervalle ]- Î, Î[·

Les propriétés de la fonction arctangente sont les su.ivantes :


....
..c
Ol
·;:: • La fonction arctangente est continue et strictement croissante sur R C'est une consé-
>- quence directe du théorème des fonctions réciproques. De plus :
0..
0
u
. 7r . 7r
1tm arctan x = - -2 hm arctan x = -.
x-.-oo X->+ oo 2

77

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• La fonction arctangente est impaire. Dans le plan rapporté à un repère orthonormé
direct, la courbe représentative de la fonction arctangente est la courbe obtenue par
symétrie par rapport à la première bissectrice de la courbe représentative de la restric-
tion de la fonction tangente à l' intervalle ]- ~, ~ [.

• On rappelle que la fonction tangente est dérivable sur ] - ~, ~[, de dérivée


x H 1 + tan 2 x. Cette dérivée n'est jamais nulle. Par suite, la fonction arctangente
est donc dérivable sur R, sa dérivée étant donnée par :

1
(arctan x)' = - - -2 - - -
1 + tan (arctan x) 1 + x2

• Pour tout réel strictement positif x :

arctan x + arctan ( ~) = ~
et, pour tout réel strictement négatif x :

arctan x + arctan ( ~) = - ~

1C
2

y= arctan x
~~~~' ~~~~___.,~~~~~~~~-- x

1C
2

--- - y= tan x

1:l
0
c::
::J Figure 29.3- La courbe représentative de la fonction arctangente.
0
v
...-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

78

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Les fonctions hyperboliques inverses

1. La fonction argument sinus hyperbolique


La fonction sinus hyperbol ique est bijective de lR sur R Sa fonction réciproque est ap-
pelée argument sinus hyperbolique, notée Argsh, et vérifie, pour tout réel x :

Argsh x = ln ( x + ~x2 + l)
Les propriétés de la fonction argument sinus hyperbolique sont les suivantes :
• La fonction argument sinus hyperbolique est continue, dérivable et strictement crois-
sante sur R Sa dérivée est définie, pour tout réel x, par :

Argsh'(x) = - -1 -
Yx2 + i
• La fonction argument sinus hyperbolique est impaire.

y= Argsh x

- - - - - - - y= sh X

Figure 30.1 - La courbe représentative de la fonction argument sinus hyperbolique.

2. La fonction argument cosinus hyperbolique


"O .,,
:<;
0
c <=
::; La fonction cosinus hyperbolique est bijective de JR+ sur [l , +oo[. Sa fonction réciproque
::::i '~
<.>
Cl <.> est appelée argument cosinus hyperbolique, notée Argch, et telle que, pour tout x de
~
-~
"""
..-1 [1, +oo[:
~
0
N
@
<=
0
<= Argch x = ln ( x + ~x2 - 1)
.... ·a"'0 La fonction argument tangente hyperbolique est continue sur [l, + oo[, dérivable sur
..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
] 1, +oo[, et strictement croissante sur ] 1, +oo[. Sa dérivée est définie, pour tout x de
>- S!
a. ]1, +oo[, par:
0 "
~
u 1
-ci
0
<= Argch' (x) = - - -
~
::l
0
@

79

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y

y= ch X
'

1
1

y= Argch x

Figure 30.2 - La courbe représentative de la fonction argument cosinus hyperbolique.

3. La fonction argument tangente hyperbolique


La fonction tangente hyperbolique est bijective de IR sur] - 1, 1[. Sa fonction réciproque
est appelée argument tangente hyperbolique, notée Argth, et telle que, pour tout x de
] - 1, 1[ :
Argth = ~ ln ( + x x)
1
2 1-x
Les propriétés de la fonction argument tangente hyperbolique sont les suivantes :
• La fonction argument tangente hyperbolique est continue, dérivable et strictement
croissante sur] - 1, 1[. Sa dérivée est définie, pour tout x de] - 1, 1 [, par :

Argth ' (x) = -1-2


1- x
• La fonction argument tangente hyperbolique est impaire.

'O
0 y= th X
c::
::J
0
v
..-!
0
, · -1
----'---:/
N
@
,,,'''
~ ,,
..c::
Ol /// - - y= Argth X
ï::::
>-
a.
,
0 ,'
u
Figure 30.3 - la courbe représentative de la fonction argument tangente hyperbolique.

80

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Développements limités

On introduit ici un nouvel outil permettant l'étude locale des fonctions : les dévelop-
pements limités, qui permettent notamment de déterminer la limite en un point d'une
fonction donnée sous une forme indéterminée (par exemple, le quotient de deux fonc-
tions ayant toutes les deux une limite nulle). Les développements limités sont aussi d'une
grande utilité pour montrer qu'une fonction est dérivable en un point, trouver l'équation
de la tangente à son graphe en ce point, et préciser la position relative du graphe et de sa
tangente.

1. Développement limité au voisinage d'un point


Définition

Soient f une fonction définie sur un intervalle l de IR, a un point de/, et n un entier
naturel non nul. On dit que f admet un développement limité d'ordre n au voisinage
de a, s' il existe des nombres réels co, c 1, .. ., c11 et une fonctions de limite nulle en 0
tels que, pour tout réel x de I :
f(x) = co + c, (x - a) + ... + c11 (x - a)11 + (x - a)'1 s(x - a)
ce qui s'écrit aussi, avec la notation «petit o » :
f(x) = co + c, (x - a)+ . .. + cn(x - a)11 + o ((x - a)11 )

Un développement limité d' une fonction au voisinage d'un point consiste donc à approcher
cette fonction par un polynôme.

Exemple
Au voisinage de zéro, la fonction sinus peut ainsi être approchée par les fonctions polyno-
x3 x3 x5
miales X H X X H X - - et X H X - - +- :
. ' 3 !' 3! 5!

y
y =x
1
1

y= sin x
"O .,,
:<;
0 <= t
c ::;
t
::::i '~
<.>
Cl <.> I
~ 1
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ /; - 1
·a"'
/

....
..c
0

::1 ' x3 • xs y= x--


x3
Ol ~Q. y= X- 3! + 5! 3!
·;::
~ /
>- S!
a. ,/
0 "
~ ;
u -ci
0
;

<=
::l Figure 31.1 - Le graphe de la fonction sinus et de trois de ses approximations polynomiales au
0
@ voisinage de O.

81

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2. Partie principale d'ordre n E N d'un développement limité

Définition

Soit f une fonction définie sur un intervalle 1 de JR, admettant un développement limité
d'ordre n au voisinage de a E J, de La forme:

f(x) = co + c1 (x - a) + ... + c,/x - a)11 + (x - a)1' t:(x - a)

On appelle partie principale d'ordre n du développement limité de f le polynôme :

co + ci(x - a)+ ... + c11 (x - a.)11

~ 1. Cette définition respecte la convention introduite dans le paragraphe précédent, où l'on a


u choisi , de façon générique, de désigner pars toute fonction de limite nulle en O.
2. Quand x s'approche de a, c'est-à-dire lorsque x - a devient très petit, chacun des termes du
développement limité devient négligeable devant le terme qui le précède. Plus précisément,
le terme c 1 (x - a) devient petit devant c0 , qui est une constante; de même, c2 (x - a) 2 devient
lui aussi très petit, et négligeable devant (x - a), ... , c,,(x - a)" devient très très, très petit,
c' est-à-dfre négligeable devant (x - a )11- 1, et, finalement, (x - a)" s(x - a) devient encore plus
petit, c'est-à-dire négligeable devant (x - a)".
3. Même si Je développement limité donne apparemment la valeur de la fonction en tout point
de l'intervalle / , il ne fau t pas oublier que l'on ne connaît aucune propriété de la fonction E: en
dehors de sa limite en O. Autrement dit, à partir du développement limité, on ne peut espérer
obtenir aucune information sur Je comportement de la fonction f ailleurs qu'au point a. C'est
uniquement lorsque l'on recherche la limite en a d'une expression faisant intervenir la fonc-
tion f qu'il peut être avantageux de remplacer la fonction f par son développement limité
en a.
4. La partie principale d'ordre n, P(x) = co + c 1(x - a) + . . . + c 11 (x - a)'', du développement
limité est un polynôme de degré n, écrit de manière tout à fait adaptée pour étudier ce qui
se passe lorsque x tend vers a. li serait particulièrement maladroit de le développer suivant
les puissances de x car on perdrait ainsi toute l'information contenue dans les coefficients c;,
i = 0, ... , n. Par exemple, Je coefficient c0 donne la valeur du polynôme P au point a, le
coefficient c 1 donne la dérivée de Pen a, etc.
5. Le reste (x - a)" &(x - a) du développement limité est indispensable: en l'oubliant, on affirme
que la fonction f est un polynôme de degré au plus n. ce qui n'est pas vrai en général. Il
faut le considérer comme un indicateur de l'ordre du développement limité, c'est-à-dire de la
précision avec laquelle on veut connaître la fonction f au voisinage du point a. De plus, quand
on effectue des opérations sur les développements limités, c'est en suivant les transformations
successives de ce terme que l'on connaît l'ordre du développement limité obtenu à la fin. Cet
ordre peut être en effet difficile à prévoir avant de faire les calculs explicites.

3. Unicité du développement limité


....
..c
Ol
·;:: Théorème
>-
a.
0 Soient f une fonction définie sur un intervalle !, et a un point de !. Si f admet un
u
développement limité d'ordre n E N* au voisinage de a, alors ce développement est
unique.

82

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Démonstration : Ce théorème est admis.

Le théorème précédent signifie que, si on trouve, par exemple par deux calculs différents,
deux développements limités pour la même fonction, ceux-ci sont égaux. Nous pourrons donc
parler« du» développement limité à l'ordre n de la fonction f au voisinage de a.

Exemple

La fonctio n x H ~ est définie sur l'intervalle JO, oo[. Nous voulons en trouver le développe-
x
ment limité en un point a > O. La première étape consiste à établir un développement limité
1
de la fonction x H - - en O.
1- x
On remarque que, pour tout réel x :f:. 1 :

1 X
- - = 1+X+ X 2 + . .. + Xn + X
1- x
1
--
1- x
grâce à la formule classique donnant la somme des n + 1 premiers termes d'une suite géomé-
trique de premier terme 1, et de raison x ::/:. 1 :

l - Jl!r+ I
l+x +x2 +... +x' = ---
1- X

En posant e(x) = _ x_, on obtient alors le développement limité à l'ordre n, au vois inage de
1- x
. 1
0, de la fonction x - .H -
1 -x
Passons à la deuxième étape. Une méthode générale pour obtenir le développement limité
d ' une fonction au voisinage d' un point a est de se ramener à un développement limité au
voisinage de 0 en posant
x=a+h
où h tend vers 0 (en pratique, les développements li mités «classiques» sont tous des déve-
loppements limités au voisinage de 0).
Grâce au développement limité obtenu plus haut, on obtient :

X
= a+h
1 1
= -a x -_-_--
h
1
2 11
.,,
;1 a( l+ (--;;h) (- h) + ... + (-h)"
-;; + (-h)
-;; ê(-h))
:<;
"O
c
0 <=
::;
+-;; -;;
::::i '~
<.>
1 l
Cl <.>
~ = ---
a a2
(x - a)+ -a13 (x - a)2 + . . . +(- Il
!) -a 1 1 (x - a) +(x - a) e(x - a)
1
11 11

-~ 1+
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

83

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Formule de Taylor-Young

Quoique faisant intervenir une notion globale (fonction dérivable sur un intervalle) dans
son énoncé et un résultat qui nécessite l'étude globale des fonctions (théorème des ac-
croissements finis) dans sa démonstration, le résultat suivant est essentiel dans l'étude
locale des fonctions.

1. Intégration des développements limités


Propriété
Soient f une fo nction définie sur un intervalle I de IR, et a un point de / .
Si f est dérivable sur / , et si sa dérivée f' admet un développement limité d'ordre
n E N* au voisinage de a, de la forme :
f'(x) = co +cr(x - a)+ ... + Cn(X - a)n + (x - a)11 s(x - a)
= co + c1 (x - a) + .. . + c,,(x - a)11 + o ((x - a)11 )
alors f admet un développement linùté d'ordre n + 1 au voisinage de a, dont la partie
principale d'ordre n + 1 est obtenue en primjtivant terme à terme celle du développement
limité de f', de la façon suivante :
f(x) = f(a) + Co (x - Cr 2
a) + - (x - a) + ... + --1 (x - ar
c,, +I
+ (x - a Y'
+I
. s(x - a)
= f(a) + co(x -
tr
a)+-(x -
nt
a)2 + ... + -n-(x - ar+r +o(Cx - a)'1+1)
2 n+l
Démonstration : Ce résultat est admis.

:> Développement limité de la fonction logarithme népérien
au voisinage de 1
On intègre le développement limité :
1 2
l _ X =l + X + x + ... + X + X1 s(x)
1

1
Une primitive de la fonct ion x H - - est la fonction x H - ln( l - x), fonction qui
]- x
s'annule pour x = O. II en résulte :
i1 _x1+l
- ln(l - x) =x + - + .. . + - -. + ~+ r s(x)
n +l 2
Cette formule est vraie pour tout ordre n. On préfère écrire un développement limité
d'ordre n :
_xi ~
....
..c
Jn(l - x) =- x -
x2
-
2
- ... - -
n
.
+ x1 s(x) =- I -k + ~ s(x)
k=I
11

Ol
·;::
>- En changeant x en - x, on obtient :
0..
0
x' - 1i +1 ~
u
2
x2
ln(l + x) = x - - + . .. + (- 1yi+I - + xn s(x) =
n
I
k=r
Il (

k
+ x 11 s(x)

84

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>- Développement limité de la fonction exponentielle au voisinage de zéro
La fonction exponentielle est dérivable. Sa dérivée est la fonction exponentielle, qui vaut
1 en O. On en déduit :
ex = l + x + x .s(x)
En intégrant le développement limité :

ex = ex = 1 + x + X t:(x)

on trouve:
x2
ex = e0 + x + - + x 2 s(x) = l + x + x2 + x 2 s(x)
2
qui est aussi un développement limité de la fonction dérivée x H ex. En continuant
à intégrer les développements de la fonction dérivée x H ~ ainsi obtenus, on trouve
finalement :
x'
2

2 3!
3
ex = l + x + .::__ + ~ + ... + - + xn s(x) =
n!
I .k: __! + x
n

k=O
k
1
s(x)

À partir de là, on obtient facilement le développement limité de la fonction exponentielle


à l'ordre n en un point a :
ea+h = ea eh
2 3
h h ll' )
= ë ( 1 + h + - + - + ... + - + hn t:(h)
2 3! n!
2 3
(x - a) (x - a) (x - a)'1 )
ea ( 1 + (x - a) + + + ... + + (x - a)11 .s(x - a)
2 3! n!

y
'\ graphe de la /'
\ fonction p lynomiale ,'
\ ,
\ 1

''
''
',' ...,

Figure 32.1 - Le graphe d'une approximation polynomiale de la fonction exponentielle au


"O .,,
:<;
voisinage de a.
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~ >- Développement limité des fonctions sinus et cosinus au voisinage de zéro
0"""
..-1
~
N <=
0
<=
1. La fonction sinus vaut 0 en 0 , elle est dérivable sur JR, sa dérivée est la fonction cosinus.
@ La fonction cosinus vaut 1 en 0, elle est dérivable, sa dérivée est la fonction - sinus.
.... ·a"'
0

..c ::1
On en déduit:
Ol ~Q.
·;::
>-
a.
~
S!
COS X = 1 + Ü X X + X ê(X) = 1 + ê(X)
0 "
~
u -ci
0
En intégrant le développement limité:
<=
::l
0
@ COS X = 1 + X ê(X)
85

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on obtient:
sin x = si n(O) + x + x2 t:(x) = x + x 2 t:(x)
En intégrant le développement limité :

- sin x = - x + x2 t:(x)
on obtient:
x2 x2
cos x = cos(O) - - + x3 t:(x) = 1 - - + x3 t:(x)
2 2
En continuant à intégrer successivement les développements des dérivées repectives des
fonctions sinus et cosinus, on trouve fi nalement:

l )k X2k
X2 x4 x6 x2n
cos X = 1 - - + - - - + ... + (- l t - - + x 2n+ I t:(x)
2! 4! 6! (2n) !
= Ik=O
n (-

(2k) !
+ x211+ 1 t:(x)

x5
x7 x2n+1 /1
1/ x2k+ 1
x3
sinx = x - - + - - - + .. . +(- 1)'1
3! 5! 7! (2n + 1) !
+ .x211+2 t:(x) = I
k=O
( _

(2k + 1) !
+ x 2n+2 t:(x)

y
graphe d

y= C S X

Figure 32.2- Le graphe d'une approximation polynomiale de la fonction cosinus au voisinage de O.

À partir de là, on trouve facilement le développement limité de la fonction sinus, par


exemple, à l'ordre 2n en un point a :

sin x = sin(a + h)
= sin a cos h + cos a sin h
1 - h2 + h4 - + (- '1)11 h2n + h2n+L ""(h))
( 2 ! 4 ! ··· (2n) ! c-
1:l
0 h3 1
h211- I
211 )
c::
::J + cos(a) ( h - 3! + ... + c-1 yi- (2n - 1) ! + h t:(h)
0
v . (x - a)2 . _ 1 cos(a) _,
...-!
0
srn a + (x - a) cos(a) - srn(a) + .. . + (- l / 1 ( ) (x - a) 211
N 2! 2 n -1 !
sin(a)
@ +(-1 )'1 - - (x - a) 211 + (x - a)211 t:(x - a )
~
..c:: (2n) !
Ol
ï::::
>-
a. , . 1· . l {'} d 3 JT l . Ç' •
2 . Determmons la imite, orsque u ten vers - , par va eurs m1en eures, de
cos(fJ)
0
( ) ; on
u 2 cos fl3
3
e
pose = T1T - h, ou'h tend vers zero, par va leurs pos1t1ves
.. (ce qui. est log1.que et assez

86

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nature1 car ui'.J ten d vers -}JT par v·aleurs 11ueneures
·-<:'' c 'est-a- ' .JUSte avant -3 7r) ·
' d ire
' 2 ' 2 .

. cos(B) . cos(3 rr - h)
hm = h m -2- - -
B~ 32"- cos' (g_)
3
h~O cos (!!.2 - 11)
3

. sin(h)
= hm - - - -
1i~o sin(~)

=- 3
2. Formule de Taylor-Young 1

Théorème
Soit f une fonction définie sur un intervalle l et soit a un point de l. Si f est n fois
dérivable en a, alors f admet un développement limité d'ordre n en a donné par:

f"(a) J<n)(a)
f(x) = f(a) + (x- a) f'(a) + - - ( x - a)2 + ... + (x - aY1 + (x - aY1 s(x - a)
2 n!
où, pour tout entier ide 11, ... , n}, j\i) désigne la dérivée ëème de f .

Démonstration: On démontre ce résultat par récurrence sur l'entier n.


• La propriété est bien vraie au rang 1 : par hypothèse, la fonction f est (une fois)
dérivable en a. Elle satisfait donc la propriété caractéristique des fonctions dérivables :

f(x) = f(a) + (x - a) f'(a) + (x - a) s(x - a)

Ainsi, elle admet a un développement limité d'ordre 1 en a, qui est bien de la forme
annoncée.
• Supposons la propriété vraie à un rang n > 0; si la fonction f est n + 1 fois dérivable
en a, sa dérivée f' est donc n fois dérivable en a, on peut lui appliquer l' hypothèse de
récurrence. Elle admet donc un développement limité donné par:

/(3\a) J<n)(a)
f'(x) = f'(a)+(x-a) f"(a)+ (x-a)2 +.. .+ (x-a)11- 1+(x-a)n-I e(x-a)
2 (n - 1) !

"O .,,
:<; (la iième dérivée de f' est la (i + l)ième dérivée de f).
0 <=
c ::;

::::i '~
<.> Il suffit d'intégrer ce développement limité pour obtenir celui de f et la formule cher-
Cl <.>
~
-~ chée. •
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0
Une fonction peut admettre un développement limité à un ordren:;;:: 2 au voisinage d'un point,
..c
Ol
·;::
>-
a.
~
::1

~Q.
S!
V5
. sans être n fois dérivable en ce point. C'est le cas, par exemple, de la fonction f qui, à tout
réel x non nul, associe x 3 sin ( ~).
0 "
~
u -ci
0
<=
::l l. William Henry Young (1863-1942), mathématicien anglais, spécialiste de calcul diffërentiel, théorie de
0
@ la mesure, analyse spectrale, analyse complexe.

87

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Au voisinage de zéro, f admet le développement limité à l'ordre 2 suivant:

3
x sin ( ~) = O+ x2 x sin U)
avec :
lim x
x~O
sin(~) = 0
X

La dérivée de f peut être prolongée par continuité en zéro, puisque:

. x3 sin
hm
(;) -o =0
x~o x- 0
mais ce n'est pas le cas de sa dérivée seconde, puisque:

3_ x2_sin_( ~-
)x---xO (_
~)
c_os _- 0 = 3 xsin (~) - cos ( ~)
n'a pas de limite lorque x tend vers zéro.

"O
0
c::
::J
0
v
..-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

88

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Développements limités usuels

Dans ce qui suit, n désigne un entier naturel.


1
> Développement limité au voisinage de O de la fonction x H -
1- X
Théorème
Pour tout réel x tendant vers 0 :
1
- - = 1 + X + x2 + . . . + X 1
+ X1 ê(X)
1- x
= 1+ X + x 2 + . .. + X1 + 0 (X1)
Il

= .l::Jr + o(x'1)
k=O
1
> Développement limité au voisinage de O de la fonction x H -
1 +X
Théorème
Pour tout réel x tendant vers 0 :
1
- - = 1 - x + x2 + . . . + (- l yi xn + x" t:(x)
l+ x
= 1 - X+ x2 + . . . + (-l Y' X1 + 0 (x'1)
/!

= I (- l )k ,/ + o(xn)
k=O

> Développement limité au voisinage de 0 de la fonction x H ln(1 + x)


Théorème
Pour tout réel x tendant vers 0 :
x2 _xi
ln(l + x) =x - - + . .. + (- l )11+ l - + x 11 .s(x)
2 n
x2 1 x"
= x- + . .. + (-1) 11+ -;; + o(x11 )
2
n (-l)k+I Xk
= I
k=I
k +o(x")
"O .,,
:<;
0 <=
c ::;
> Développement limité au voisinage de 0 de la fonction x H ln(1 - x)
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~ Théorème
"""
..-1
0 ~
N <=
0
Pour tout réel x tendant vers 0 :
@
<=
"' =-x-
x2 x' 1
.... 0
·a ln( l - x) - - . .. - - + .x' s(x)
..c
Ol
::1

~Q.
2 n
2
= -X - ~ -
·;::
>- ~
S!
•.. - X1 + 0 (x")
a. 2 n
0 "
~ n xk
u -ci
0
<=
::l
0
= - I
k=I
k +0 <x1)
@

89
>- Développement limité au voisinage de O de la fonction exponentielle

Théorème
Pour tout réel x tendant vers 0 :
x2 x3 x11
ex = 1 +X+ l + 3ï + . . . + n ! + X1 ê(X)

x2 x 3 X1
= l +X+ - + - f + ... + - + 0 (x1)
2 3. n.1

>- Développement limité au voisinage de O des fonctions trigonométriques

Théorème
Pour tout réel x tendant vers 0 :
x2 x4 x6 x2n
cos x =l - - + - - - + ... + (- 1)'1 - - + x 2n+ 1 e(x)
2! 4! 6! (2n) !
x2 x4
1 - _· + - - - + . .. + (- 1
2! 4! 6!
x6

(2n) !
+ 0(x2n+1) r -x2n
i(
k=O
- 1)k ~k + o ( x2n+
(2k).
1)
x3 x5 x? x2n+I
sinx = x - - + - - - + + (-1 )'1 + x2n+ 2 e(x)
3 ! 5 ! 7 ! ··· (2n + 1) !
x3 x5 x1 x2n+l
= X - 3ï + Sl - 7! + .. . + (- l )n (2n + 1) ! + 0 (x2n+2)
~ (- l / x2k+J
= LJ ____ + o(x2n+2)
k=O (2k + 1) !

On ne donnera pas, ici, de développement limité à l'ordre n, au voisinage de zéro de la fonction


tangente; il faut savoir que ce développement existe, mais fait intervenir des quantités qu'il
serait trop compliqué de définir ici (les nombres de Bernoulli en l'occurence) .
....
..c
Ol
·;:: x3 xs (_ 1Y1 x2n+ 1 211 2
>-
0..
arctan x = x - 3 + S + .. . + 2
n+
1
+ x + e(x)
0
u x3 x5 (_1)n x2n+1
X - - + - + ... + + 0 (x2n+2)
3 5 2n + l

90
>- Développement limité au voisinage de O des fonctions trigonométriques hyper-
boliques en O

Théorème
Pour tout réel x tendant vers 0 :
x2 x4 x6 x2n
Ch (x) = 1 + -2 ! + -4 ! + - + + - - + x211+ 1 c-(x)
6 ! · · · (2n) ! c.

x2 x4 x6 x 211
1 + - + - + - + ... + - - + o (x2n+
2 ! 4 ! 6! (2n) !
1)
n 2k
L- x - + o(x2n+I)
k=O (2k) !

x3 xs x7 _x2n+1
sh (x) = x + 3î + 5î + 7! + .. . + (2n + 1) ! + x211+2 c(x)
x3 xs x7 x2n+I
= X+ - + - + - + ... + + 0 (x2n+2)
3! 5! 7! (2n + 1) !
11 2k+ I
L ,x + o(x2n+2 )
k=O (2k + 1) !

x3 2x5 l7x7 8
th(x) = x - + - +x c(x)
3 15 315
x3 2x5 17x7 8
= X- 3 + lS - 315 + O(X )

~
De même que pour la fonction tangente, on ne donne pas, ici, de développement limité à
l'ordre n., au voisinage de zéro de la fonction tangente hyperbolique, qui fait aussi intervenir
EJ les nombres de Bernoulli.
x3 x5 .x2n+ l
arothx
e>
=x + -3 + - + ... + - - + x 211+2 &(x)
5 2n + 1
x3 X5 .x211 + I
2
=X+ 3 + S + ... + 2n + 1 + O (x2"+ )

"O .,,
:<;

c
0 <=
::;
>- Développement limité au voisinage de Ode la fonction x H (1 +x)a, a Em.*
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~ Théorème
"""
..-1
0 ~ -)a _ a (a - l) a (a - 1) ... (a - n + 1) .Ji ( )
N <=
0
<=
(1 + x - 1 + œx+ x 2 + ... + .-t +x11 ex
@ "' 2 n!
....
..c
0
·a
::1
a(œ - 1) 2 a(œ -1 ) . . . (œ - n +l )_Jl c-Jl,)
Ol ~Q. l + ax+ x- + ... + x +o x
·;::
>- ~ 2 n!
a. S!
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

91
Opérations algébriques et composition
des développements limités

Lorsque l'on veut calculer Je développement limité d'une fonction, on commence par
se ramener à un développement limité au voisinage de 0 (si cela est nécessaire, on pose
donc x = a + h, avec h tendant vers 0). Nous nous contenterons donc, dans ce qui suit,
de parler des développements limités au voisinage de O.

1. Premier principe

Dans un développement limité, il est inutile de conserver des termes plus petits que le
reste.
Ainsi, pour un développement limité à un ordre n donné (n E N*), si p est un entier
strictement plus grand que n :

xP + X' s(x) = x'' s(x) xP s(x) + X' s(x) = X' s(x)

ou encore, avec la notation « petit o » :

xP + 0 (.x'1 ) = 0 (J!')

(ceci vient du fait que xP = X Xp-n = X


1 1
s(x)).

On prendra bien garde au fait que ces égalités se lisent de la gauche vers la droite, et non
l'inverse!

À partir de ce principe, il est facile de calculer la somme ou le produit de deux déve-


loppements limités.

Exemple
Au voisinage de 0 :

....
..c
Ol
·;::
>- 2. Second principe
0..
0
u
Pour éviter des calculs trop lourds et pénibles, on n'explicite les «factorielles » qu'à la
fin !

92
Exemples
1. Calcul à éviter
Pour déterminer un développement limüé à l'ordre 4 en zéro de la fonction x H ex sin x, il
est peu judicieux de procéder ainsi :

e~· sinx = ( 1 +x + ;! + 3!x3 + x4 +o(x


x2
4
!
4
)
)( x3 4 )
x - 3! + o(x )

x3 x4 x5
= x+ x2 + -2 + - + - + o(x4 )
6 24

+ ... + honibles fractions


2. Calcul modèle
Pour déterminer un développement 1imité à l' ordre 4 en zéro de la fonction x H ex sin x, il
est préférable de procéder ainsi :

x2 x3 x4 ) ( x3 4)
ex sin x = ( 1 + x + 2! + 3! + ! + o (,é) x - 3! + o ( x )
4

= x (1 + x + 2 + 3x3! + 4x4! + o (x4))


x2

- x3 (1 + x + x2 + x3 + x4 + o (x4))
3! 2! 3! 4!
+o(x4) (1 + x+~ + x 1 + <+o(x ))
2. 3 . 4 .
3
4

.,,
:<; x3 x4 x3 x4
+ - + o (x4)- - - - + o (x:4)
"O
0 <= = x + x2 + -
c ::;
2 3! 3! 3! ,
::::i '~
<.>
Cl <.>
~ 3 4 x3 4
-~
= x+ x2 + ~ + ::__ + o(x4)- - _ ::_ +o(x4)
0"""
..-1
~
N <= 2 3! 3! 3!
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c
Ol
::1

~Q.
=
·;::
~
>- S! 3. Troisième principe
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
Pour déterminer le développement limité au voisinage de zéro, à un ordre n E N*, de
0
@ la composée de deux fonctions f et g, où g tend vers zéro : on commence par poser

93
g(x) = X, et on effectue le développement limité de f en zéro à un ordre suffisamment
élevé p afin que le développement de la fonction composée soit bien d'ordre n par rapport
àx :
(f 0 g) (x) = f(X) = ao +ai X + a2 X2 + ... + Œn XP + o(XP)
Il reste ensuite à développer à l'ordre n par rapport à x les termes X = g(x), x2 = (g(x)) 2 ,
.. ., XP = (g(x))P, en ne gardant que les termes en x1 •

Exemple
Au voisinage de 0, à l'ordre 4:
2 4
. sin x sin x ( . )
cos(srnx) = 1 - - - + - - + o srn4 x
2 2 4! 2
3 3
4 4 4
= 1 - 2l (X - 3!
x + 0 ( X )) + 41! ( X - 3!
x + o(x )) + 0 (X )

x2 5x4
= 1. - -2 + -24 + o (x4 )

4. Quatrième principe
Pour déterminer le développement limité, au voisinage de zéro, à un ordre n E N*, de la
composée de deux fonctions f et g, il faut faire très attention dans les cas où la fonction g
ne tend pas vers zéro en zéro !

Exemple
Au voisinage de 0, à l'ordre 2 :

"O
0
c::
::J
0
v
..-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

94
Développements asymptotiques

À la fin du XIXe siècle, le mathématicien Henri Poincaré 1 s' intéresse au problème « des
trois corps » , qui est un cas particulier du problème dit «des N corps » , où on cherche
à décrire le système formé par N corps célestes (étoiles, planètes), dont les mouvements
sont régis par les lois de l'attraction universelle, et à étudier leur stabilité. Dans le cas
«des trois corps » , qui sont en fait le Soleil , la Terre, la Lune, de masses respectives
1n1une ' . mtune ,
msoleil• m 1erre • m1u11e• le rapport - - est tres petit: - - « 1. Pour resoudre ce pro-
m soieil m soleil
blème, Poincaré eut l' idée d 'effectuer un développement limité par rapport à cette der-
nière quantité. C'est ainsi qu' est apparue la notion de« développement asymptotique»,
la grandeur msoleil étant« très grande ».
De façon générale, un développement asymptotique est obtenu lorsqu'une des quan-
tités en jeu tend vers une limite infin ie. L' inverse de cette quantité tendant vers zéro, il
est alors possible de se ramener à un développement limité au voisinage de zéro.

Exemples
1. Lorsque n tend vers +oo :

(On a effectué un développement asymptotique à l'ordre 2 en~.)


n
Ainsi:
lim 1 - -1)" = e
n-t + oo ( n
2. Lorsque n tend vers +oo :

sin (rr Vn 2 + n) = sin ( nn R) = sin (nn { 1 + ~2 + o(:


2
1
n -
8 2 )})

= sin (nrr+ i- ;n +o(~))

= cos (n 1T - .!!._ +
8n
o(~))
n

"O .,,
:<;
= (- 1) 11
cos (- ;n o(~))
+

c
0
::::i
<=
::;

·~
<.>
=
11
~))
( - 1) cos ( Snn + o (
Cl
= (- 1)" {1 - ~2 ~ +o (~)}
<.>
~
-~
"""
..-1
0 ~ 64n2 n2

= (-1)' {1 - ~ + o (~)}
N <=
0
<= 1
@ "'
.... 0
·a 128 n2 n2
..c ::1

~Q.
Ol
·;::
>- ~
(On a effectué un développement asymptotique à l'ordre 2 en f. .)
Ainsi, sin (tr ~)n'a pas de limite lorsque n tend vers l' infini.
a. S!
0 "
~
u -ci
0
<=
::l l. 1854-1 912. Outre ses apports aux mathématiques (il est considéré comme un des fondateurs de la topo-
0
@ logie), il apporta aussi de nombreuses contributions à la physique théorique, en optique et en relativité.

95
Convexité

La notion de convexité correspond à une réalité physique; ainsi, en optique, une len-
tille dite« convexe» est un verre« bombé vers l'extérie ur ». Lorsqu'on la pose sur une
table, sa forme «bombée» fait que, quelle que soit sa position, la table reste toujours ,o
tangente au verre. De façon équivalente, en mathématiques, la première caractérisation Fiche 65

de la convexité, qui s'applique à des courbes, est liée au fait que le barycentre d' un sys-
tème de points situés sur la courbe doit se trouver au-dessus de celle-ci (les fameuses
« inégalités de convexité»), ou encore, que la courbe est située au-dessous de toutes ses
cordes.

1. Définitions
> Fonction convexe
Une fonction f, définie sur un intervalle l de Ill, à valeurs dans Ill, est dite convexe si,
pour tout couple (a, b) d'éléments de !2, et tout réel t de l' intervalle [O, l ] :
f(ta + (1 - t)b) ~ tf(a) + (1 - t)f(b)

Cette définition traduit, tout simplement, le fait que tout point situé sur une corde joignant
deux points de la courbe, de coordonnées respectives (a,f(a)) et (b,f(b)), (a, b) E 12, est
au-dessus de la courbe. Ce point étant sur la corde, son abscisse est de la forme ta + ( 1 - t) b,
t E [O, 1], et son ordonnée de la forme t f(a) + ( 1 - t) f(b ), qui est donc plus grande que celle
du point de la courbe d'abscisse ta+(! - t) b, c'est-à-dire f (fa + (l - t)b).

f(b) - - -

~~~~-+-~~~~~~~~~~~-- x

- 1- l a b
point de la corde

Figure 36.1- Le graphe d' une fonction convexe.

> Fonction concave


Une fonction f, défi nie sur un intervalle l de Ill, à valeurs dans Ill, est d ite concave si,
....
..c
Ol
pour tout couple (a, b) d'éléments de I2 , et tout réel t de 1' intervalle [0, 1] :
·;::
>- f (ta+ (l - t)b) ~ tf(a) + (l - t)f(b)
0..
0
u
~ Dire qu' une fonction f est concave revient donc à dire que son opposée - f est convexe.

96
y

Figure 36.2 - Le graphe d' une fonction concave.

2. Théorèmes
:>- Position de la courbe représentative d'une fonction convexe par rapport
à ses cordes
Une fonction f, définie sur un intervalle I de IR., à valeurs dans IR., est convexe si et
seulement si sa courbe représentative est située en-dessous de toutes les cordes joignant
deux points de cette courbe.
y

cordes
1
~~~~-+-~~~~~~~~~~~-- x

-1 - 1

Figure 36.3- Illustration graphique de la position de la courbe représentative d'une fonction


convexe par rapport à ses cordes.

:>- Inégalité de convexité (ou inégalité de Jensen 1 )


Théorème
"O .,,
:<; Soient f une fonction définie sur un intervalle I de R, à valeurs dans IR., convexe, et
Il
c
0
::::i
Cl
<=
::;

·~
<.>
<.>
t1, .. ., t11 , n réels positifs dont la somme vaut 1 : f i + ... + t11 = I fi = 1. Alors, pour
~ i= 1
.
-~
"""
..-1
~
tout n - uplet (xi, . . . , Xn) de l'1 :
0
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.

~
" Cette définition traduit, tout simplement, le fait que tout barycentre d'un ensemble de points
0 ~
u -ci
0 . situés sur la courbe, de coordonnées respectives (x1, /(x 1)), . . . , (x11 , f(x 11 )) , (x1, . . . , x,,) E ! 11 ,
<=
::l
0
@ 1. Mathématicien danois, 1859- 1925.

97
fi

est au-dessus de la courbe. L'abscisse de ce point est donc de la forme If; x;, où t1, .. ., t 11 ,

i= l
Il

sont n réels positifs dont la somme vaut 1, et son ordonnée de la forme I t; f (x; ), qui est donc

t. t.
i= I

plus grande que celle du point de la courbe d'abscisse t; x;, c'est-à-dire f ( t; f(x;)).

> Régularité d'une fonction convexe

Théorème
Une fonction f, définie sur un intervalle ouvert I de R, à valeurs dans R, convexe, est
continue, et admet, en tout point de /, une dérivée à droite et une dérivée à gauche.

~ L'hypothèse selon laquelle l'intervalle l doit être ouvert est essentielle!

> Inégalité des pentes croissantes

Théorème
Une fonction f, définie sur un intervalle Ide R, à valeurs dans R, dérivable sur/, est
convexe si et seulement si, pour tout réel a de /, la fonction qui, à tout x de /, distinct
. l f(x) - f(a) . . , . l , d'
de a, associe e rapport est croissante, ce quL est equiva ent a ire que, pour
x- a
tout triplet de réels (a, b, c) de l tel que a < b < c :
f(b) - f(a) & f(c) - f(a) & f(c) - f(b)
b -a ~ c- a ~ b- c
Ce théorème traduit, tout simplement, Je fait que la pente, ou coefficient directeur, de la droite
joignant les points de coordonnées (a, f(a)) et (b, f(b)), est plus petite que la pente de la droite
joignant les points de coordonnées (a,f(a)) et (c,f(c)), qui est elle-même plus petite que la
pente de la droite joignant les points de coordonnées (b, f(b)) et (c, f(c)), comme illustré sur
le dessin suivant :
y

~~-
~1--.0...-~~~~~b
~~~~~-- x

....
..c
-1 a c
Ol
·;::
>-
0..
0
u Figure 36.4- Illustration graphique de l'inégalité des pentes croissantes.

98
>- Position de la courbe représentative d'une fonction convexe par rapport
à ses tangentes

Théorème
Une fonction f , définie sur un intervalle 1 de R, à valeurs dans R, dérivable sur ! , est
convexe si et seulement si sa courbe représentative est située au-dessus de toutes ses
tangentes.

tangen

~~~-~l-_-1-+-~
••~l-
· ·-
. -=--.-
~- • .-.-~.-••-••~~~-- x
.·~

..··
Figure 36.5 - Illustration graphique de la position de la courbe représentative d'une fonction
convexe par rapport à ses tangentes.

>- Convexité et dérivabilité

Théorème
Une fonction f, définie sur un intervalle l de R, à valeurs dans R, dérivable sur l , est
convexe si et seulement si sa dérivée f' est croissante.

>- Cas des fonctions deux fois dérivables


Corollaire
Une fonction f, définie sur un intervalle 1 de R, à valeurs dans R, deux fois dérivable
sur ! , est convexe si et seulement si sa dérivée seconde f" est à valeurs positives, c 'est-
à-dire si et seulement si, pour tout réel x de I :

f"(x);;::: 0

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
...-1
0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

99
Équations différentielles linéaires
du 1er ordre homogènes

Une équation différentielle est un type d'équation un peu particulier, dans la mesure où
l'inconnue est une fonction, en général désignée par la notation« y». On parle d' « équa-
tion différentielle», dans la mesure où les dérivées de la fonction inconnue figurent aussi
dans l'équation. Par exemple, sil est un intervalle de R ,

y' (x) = 2 y(x) Vx E I


y(x) y' (x) +x =1 Vx E I
(y'(x)) 2 +y(x)+x = O Vx E I

sont des équations différentielles.


Dans ce qui suit, on ne s'intéressera qu'au cas des équations différentielles linéaires
du premier ordre, c'est-à-dire linéaires par rapport à la fonction inconnue y, et ne faisant
intervenir que la dérivée première y' de la fonction cherchée.

Définition

Soit a une fonction définie sur un intervalle Ide R, à valeurs dans R, continue.
On appelle équation différentielle linéaire du premier ordre homogène une équa-
tion de la forme :
y'(x) = a(x)y(x) V x E I

où y est une fonction dérivable sur!. On peut aussi écrire, pour alléger les notations :

y'= a(x) y

1. Méthode pratique de résolution


Soit a une fonction définie sur un intervalle I de R , à valeurs dans R , continue.
On s'intéresse à l'équation différentielle linéaire du premier ordre homogène, que l'on
dés.ignera, dans ce qui suit, par (8o) :

y' = a(x) y

La fonction identiquement nulle sur l'intervalle I est solution de (8Q).


Considérons une solution y de (80 ), définie sur un intervalle J c !, non identiquement
nulle. On suppose que y ne s'annule pas sur J. Quitte à changer y en - y, on supposera
que y est à valeurs strictement positives.
.... On peut alors écrire :
..c y'(x)
Ol
·;:: -yx
() = a(x)
>-
0..
0
u L a c1onct1· on qu1,· a' tout x de J , associe
· -y' (x)
- , est 1a d'envee
· ' de 1a 1onct10n
c · qui,· a' tout x
y(x)
de J, associe ln ly(x)I = ln (y(x)).

100
Ainsi, si on arrive à trouver une fonction 'Ta dont a soit la dérivée sur J (c'est-à-dire
~~ = a), on aura, à une constante réelle C près :

ln iy(x)I = 'Ta(x) + C Vx E J

(la dérivée de la fonction constante qui, à tout x de J, associe C, est la fonction identi-
quement nulle).
On en déduit alors, pour tout x de J :

On vérifie que, réciproquement, toute fonction de la forme x E J H ec /Ya(x) est solu-


tion de (8o).
On peut écrire que l' ensemble des solutions del' équation différentielle initiale est :

{x E J H é e'Tih), C E IR}

>- Solutions d'une équation différentielle linéaire du premier ordre homogène

Théorème
Soit a une fonction définie sur un intervalle Ide lR, à valeurs dans IR, continue.
Les solutions de l'équation diffërentielle linéaire du premier ordre homogène :

y' (x) = a(x) y(x) Vx E 1

sont les fonctions de la forme :

x E I H K e'T,,(x)

où K est une constante réelle, et ra une fonction telle que, pour tout X de I :

r;(x) = a(x)
De façon équivalente, on peut écrire que l'ensemble des solutions de l'équation diffé-
rentielle initiale est :

Exemple
"O .,,
:<; Considérons l'équation différentielle :
0 <=
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
y'(x) =2xy(x)
~
-~
"""
..-1
0 ~ On recherche les solutions y qui ne s'annulent pas sur R On a alors, pour tout réel x:
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0 y'(x) = 2x
..c ::1
y(x)
Ol ~Q.
·;::
~
>- S! La fonction qui, à tout réel x, associe 2 x, est la dérivée de la fonctio n qui, à tout réel x,
a.
0 "
~ associe x2 .
u -ci
0
<=
::l
On en déduit, pour tout réel x :
0
@ ln ly(x)I = x 2 + C

101
où C est une constante réelle ; puis :

que l'on peut encore écire sous la forme:


.2
y(x) =K ex
où K est une constante réelle positive (cela revient juste à appeler autrement ec, qui est aussi
une constante).
2
On vérifi e que, réciproquement, toute fonction de la forme x E lR H K ex , K E R., est
solution de y' (x) = 2 x y(x).
De façon équivalente, on peut écrire que l'ensemble des solutions de l'équation différentielle
initiale est :

2. Condition initiale (pour une équation différentielle linéaire


du premier ordre homogène)

Définition

Soient a une fonction définie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, continue, x 0
un réel de /, et Yo un réel.
On appelle équation différentielle linéaire du premier ordre homogène, avec la
condition initiale y(xo) = xo, la donnée de l'équation différentielle :

y' (x) = a(x) y(x) Vx E l


avec la condition :
y(xo) = Yo

>- Solutions d'une équation différentielle linéaire du premier ordre homogène


avec une condition initiale

Théorème
Soient a une fonction d~finie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, continue, xo un
réel de /, et Yo un réel.
L'équation d~fférentielle linéaire du premier ordre homogène :
"O y' (x) = a(x) y(x) Vx E l
0
c:: avec la condition initiale :
::J
0 y(xo) = Yo
v
...-!
0 admet pour unique solution la fonction :
N
@ x E l H Yo e - '.Fc,(xo) e '.f;, (x)
~
..c::
Ol
ï::::
où ra est une fonction telle que, pour tout X de I :
>-
a.
0
r;cx) = a(x)
u
(on admet l'existence d 'une telle fonction).

102
Équations différentielles linéaires
du 1er ordre avec second membre

1. Définitions et théorèmes
>- Équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre
Soient a et b deux fonctions définies sur un intervalle 1 de R , à valeurs dans R , continues.
On appelle équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre
une équation de la forme :

y' (x) =a(x) y(x) + b(x) Vx E I

que l'on peut aussi écrire, pour alléger les notations :

y' = a(x) y + b(x)


>- Équation homogène associée à une équation différentielle linéaire
du premier ordre avec second membre
Soient a et b deux fonctions définies sur un intervalle I de R , à valeurs dans R , continues.
On appelle équation homogène associée à l'équation djfférentielle linéaire du premier
ordre avec second membre y = a(x) y+ b(x) l'équation :

y' (x) = a(x) y(x) Vx E 1

>- Principe de superposition

Théorème
Soient a, b1 et b2 trois fonctions définies sur un intervalle I de R, à valeurs dans R,
continues.
Si Yi est une solution sur 1 de l'équation différentielle linéaire y' = a(x) y + b1 (x), et Y2
une solution sur 1 de l 'équation différentielle linéaire y' = a(x) y+b 2(x), alors, pour tout
couple de réels CA1, ÀÙ À1 Y1 + À2 y2 est une solution sur I de l'équation d~fférentielle
Linéaire y' = a(x) y+ À1 b 1(x) + À2 b2(x).

Corollaire
"O .,,
:<; Soient a et b deux fonctions définies sur un intervalle 1 de R, à valeurs dans R, continues.
0
c <=
::; Si Yi et Y2 sont deux solutions sur Ide l'équation différentielle linéaire avec second
::::i
membre y' = a(x) y + b(x), alors la fonction différence y2 - /jl est une solution sur I de
'~
<.>
Cl <.>
~
-~ l'équation différentielle homogène associée y' = a(x) y.
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ Démonstration: Sachant que y1 et Y2 sont solutions sur I de l'équation différentiell e
"'
....
..c
0
·a
::1 y' =a(x)y + b(x), on obtient :
Ol ~Q.
·;::
= a(x) y; + b(x) - (a(x) y~ + b(x)) = a(x) (y2 -
~
>- S! Y2 - Yt Yt )'
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
D'où le résultat. •
@

103
Exemple
On considère l'équation différentielle:

y'= y+ 2x +sin x

La fonction qui, à tout réel x, associe - 2 x - 2 est solution sur R. de l'équation différentielle:

y'= y+ 2x

"" . . , , . sin x +cos x . 1t:» d ,, . d'a-'


L a ionct10n qm, a tout ree1 x, associe - est so1ut10n sur ~ e 1 equat1on iueren-
2
tielle :
y'= y + sinx
si n x +cos x
La fonction qui, à tout réel x, associe - 2 x - 2 - est donc solution sur R. de
2
l'équation différentielle :
y' = y + 2 x + sin x

>- Solution générale d'une équation différentielle linéaire du premier ordre


avec second membre

Théorème
Soient a et b deux fonctions définies sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, continues.
La. solution générale sur 1 de l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec
second membre y' = a(x) y+ b(x) s'obtient comme somme de la solution générale sur
l de l'équation différentielle homogène associée, et d'une solution particulière sur l de
L'équation dUférentielle avec second membre.

Pour mémoriser ce résultat, on peut le retenir sous la forme :

Solution générale de l'équation avec second membre

Solution générale de l'équation sans second membre


+
Solution particulière de l'équation avec second membre

ou, sous forme« abrégée» :

Solution générale E .A.S.M.


=
Solution générale E.S.S.M .
+
.... Solution particulièr e E.A.S.M.
..c
Ol
·;::
>-
0..
0 Démonstration : Ce résultat vient du corollaire précédent ; en effet, si on connaît une
u
solution Yt de l'équation di:fférentielJe avec second membre, définie sur un intervalle J ,
n' importe quelle solution sera de la forme y 1 + z, où z est une solution sur J de l'équation

104
homogène associée. Ainsi, toute solution sur J de l' équation avec second membre est
telle que, pour tout réel x de J :
y(x) = y1(x) + Àe'l';,(x)

où ,l est une constante réelle arbitraire, et 'Fa une fonction telle que, pour tout x de J :
r;cx) = a(x) •
>- Extension aux fonctions à valeurs complexes
On admet que l'ensemble des résultats précédents est généralisable aux fonctions à va-
leurs complexes, c ' est-:,.a-dire dans <C.

2. Recherche de solutions particulières de l'équation avec second


membre, dans le cas où la fonction a est constante
>- Cas d'un second membre de type« exponentielle x polynôme»

Soit:
y' (x) = a y(x) + P(x) er x
où Pest une fonction polynom iale, et r et a deux réels.
• Premier cas : r = a .
On cherche une solution particulière, définie sur R, de la forme:
x H Q(x)ea x

où Q est une fonction polynomiale de degré inférieur ou égal à degré de P + 1.


Exemples
1. Pour l'équation différentielle :
y' = 3 y - e3x

le second membre est de type« exponentielle x polynôme» , la fonction polynomiale étant


dedegré O.
On cherche donc une solution particulière, définie sur JR, de la forme:

x H y(x) =(Àx + µ) e 3 x

où ,let µ sont deux réels, ce qui conduit, pour tout réel x, à :

y'(x) =(À + 3Àx + 3µ) e3 x

En injectant dans l'équation différentielle, on en déduit, pour tout réel x:


"O .,,
:<;
0
c
::::i
<=
::;
'~
(À + 3 À X+ 3 µ) e3 x = 3 (À x + µ) e3 x - e3 x
<.>
Cl <.>
~
-~ soit :
0"""
..-1
~
<=
Àe3x = - e3x
N 0
<=
@ et donc:
.... ·a"'
0

À= -1
..c ::1
Ol ~Q.
·;::
>- ~ Une solution particulière de l' équation avec second membre est donc:
a. S!
0 "
~
u -ci
0
x H y(x) = -e3 x
<=
::l
0
@ (Comme il n'y a pas de condition surµ, le casµ = 0 convient.)

105
2. Pour l'équation différentielle:

y' =2y+(x+ 1) e2 x

le second membre est de type «exponentielle x polynôme» , la fonction polynomiale étant


de degré 1.
On cherche donc une solution particulière, définie sur R., de la forme :

x H y(x) = (1lx2 + µx + v) e2 x
où À, µ et v sont des réels, ce qui conduit, pour tout réel x, à :

y'(x) = (2 1lx + µ + 2Ax2 + 2µx + 2 v) e2 x


En injectant dans l'équation différentielle, on en déduit, pour tout réel x :

y' (x) = (2 À X + µ + 2 À x2 + 2 µ X + 2 V) e2 = 2 (11x 2 + µ + µX + V) e2


X X + (x + 1) e2 X

soit:
y'(x) = (2Àx + µ+) e2 x = (x + l) e2 x
et donc : 2 1l = 1, µ = 1.
Une solution particulière de l' équation avec second membre est donc:

x H y(x) = (~ + x) e
2
x

• Deuxième cas: r-:/:. a .


On cherche une solution particulière, définie sur IR, de la forme :
xHQ(x)er x

où Q est une fonction polynomiale de degré inférieur ou égal au degré de P.

Exemples
1. Pour l'équation différentielle:
y'= y + e3x

le second membre est de type « exponentielle x polynôme», la fonction polynomiale étant


dedegré O.
On cherche donc une solution particulière, définie sur JR, de la forme :
"O
0
c::
::J
x H y(x) = Àe3 x
0
v où À est un réel, ce qui conduit, pour tout réel x, à :
..-!
0
N
@
y'(x) = 3 Àe3x
~
..c:: En injectant dans l'équation différentielle, on en déduit, pour tout réel x :
Ol
ï::::
>-
a. 3 1l e3 x = 1l e3x + e3x
0
u
soit:
2 ,:i e3x = e3 x

106
et donc:
1
il= -
2
Une solution particulière del' équation avec second membre est donc :

x H y(x) = ~ e3 x
2. Pour l'équation différentielle:
y'=2y + x 2 +1
le second membre est de type «exponentielle x polynôme », la fonction polynomiale étant
de degré 2.
On cherche donc une solution particulière, définie sur R, de la forme:

x H y(x) = (il x 2 + µ x + v) eoxx = il x2 + µ x + v


où il, µ et v sont des réels, ce qui conduit, pour tout réel x , à :
y'(x ) = 2Ax + µ
En injectant dans l'équation différentielle, on en déduit, pour tout réel x:
2 il x + µ = 2 Ax2 + 2 µ x + 2 v + x2 + J
soit:
2 (/l - µ) X+µ - 2 V= (2 il + ] ) x2 + l
et donc:
/l=µ , µ - 2v=I 2il + 1=0
Il en résulte :
l µ- 1 3
A=µ= -- v= - - = --
2 2 4
Une solution particulière de l'équation avec second membre est donc:
x2 X 3
X H y(X) =- 2 - 2 - 4
3. Pour l'équation différentielle:
y'= 2y + xex
le second membre est de type «exponentielle x polynôme», la fonction polynomiale étant
de degré 1.
On cherche donc une solution particulière, définie sur R, de la forme:
x H y(x) = (il x + µ) ex
où il etµ sont des réels, ce qui conduit, pour tout réel x, à :
"O
0
.,,
:<;
<=
y' (x) = (A x +il + µ) ex
c ::;

::::i '~
<.> En injectant dans l'équation différentielle, on en déduit, pour tout réel x:
Cl <.>
~

"""
..-1
-~
~
y' (x) = (il x + il + µ) ex = 2 (/lx +µ ) ex + x ex
0
N <=
0
<= soit:
@
.... ·a"'0
..c ::1
Ol ~Q. et donc:
·;::
~
>- S! À= - 1 À - µ=0
a.
0 "
~
u -ci
0
Une solution particulière de l' équation avec second membre est donc:
<=
0
@
::l
X H y(x) = - (X + J) ex

107
>- Cas d'un second membre de type « polynôme x cosinus »
Soit:
y' (x) = œ y(x) + P(x) cos(r x)
où Pest une fonction polynomiale, et r un réel, on se ramène au cas précédent en recher-
chant une solution particulière sur C de l'équation différentielle :

y'(x) = œy(x) + P(x)eirx


Il suffit ensu.ite de prendre la partie réelle de la solution obtenue.

Exemple
Pour l'équation différentielle:
y' =y + COS X
on se ramène à l'équation différentielle:

y'= y + eix

On cherche donc une solution particulière, définie sur R., de la forme :

x H y(x) = Àeix
où /l est un nombre complexe, ce qui conduit, pour tout réel x, à :

y'(x) = illei x
En injectant dans l'équation différentielle, on en déduit, pour tout réel x:

ce qui conduit à :
À= _ 1_ =- 1+ i
i- 1 2
Une solution particulière de l'équation avec second membre initiale est donc:

x H <Re ( - ( -1 +-
2
i) eu.·) = ( (T1 + i) (cos x + i sinx))
<Re -
= <Re ( - cos x - i sin x - i cos x +sin x )
2
- cosx + sin x
= 2
"O
0
c::
::J
0 >- Cas d'un second membre de type « polynôme x sinus»
v
..-!
0
Soit:
N
@
y' (x) = œy(x) + P(x) sin(r x)
~
..c:: où Pest une fonction polynomiale, et r un réel, on se ramène au cas «exponentielle x
Ol
ï:::: polynôme» en recherchant une solution particulière sur C de l'équation différentielle :
>-
a.
0
u y'(x) = œy(x) + P(x)eirx
Il suffit ensuite de prendre la partie imaginaire de la solution obtenue.

108
Exemple
Pour l'équation différentielle :
y'= y + sinx
on se ramène à l'équation différentielle:

y'= y+ eix

On cherche donc une solution particulière de la forme :

X H y(X) = À/x
où À est un nombre complexe, ce qui conduit, pour tout réel x, à :

y'(x) =u eix

En injectant dans l'équation différentielle, on en déduit, pour tout réel x :

ce qui conduit à :
1 1+ i
À= - = --
i- l 2
Une solution particulière de l'équation avec second membre initiale est donc:

x H 'Re ( - ( -1 +-
2
i) e'.x.·) = ( ( 2 i) (cosx + i smx)
Im - -1 +- . )
= I m(- cos x- i sin x- x x)
i cos + sin
2
- cosx - sinx
= 2

3. Une méthode générale pour trouver une solution particulière


de l'équation avec second membre : la méthode de variation
de la constante
Soient a et b deux fonctions définies sur un intervalle Ide IR, à valeurs dans IR, continues.
Cherchons une solution particulière de l'équation différentielle linéaire du premier
ordre avec second membre :
y' = a(x) y + b(x)
"O .,,
:<; La solution générale de l' équation homogène associée étant donnée par:
0 <=
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
x H y(x) = À. e'fc,(x)
~
-~
"""
..-1
0 ~ où À est une constante réelle arbitraire, et 'Ta une fonction telle que, pour tout x de I :
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0
r;(x) = a(x)
..c ::1
Ol ~Q.
·;:: on peut se demander s'il n'existerait pas des fonctions de la forme:
~
>- S!
a.
"
~
0
u -ci
x H y(x) = À(x) e 'T,,(x)
0
<=
::l
0
@ qui soient solutions de l'équation avec second membre.

109
En injectant cette expression dans l'équation avec second membre, on obtient, pour
tout x del:
(a(x) tl(x) + tl'(x) e'.7';,(x) = a(x) tl(x) e'.F~(x) + b(x)

ce qui conduit à :
,{' (x) = b(x) e-'.l';,(x)
Il suffit donc de prendre, pour tl, une fonction dont x H b(x) e - '.7';,(x) soi.t la dérivée sur /.

Exemple
Résolvons, sur JO, oo[, l'équation différentielle:

y' = f!_ + 1 (8)


X

L'équation homogène associée est :


y'= f!_
X

qui admet pour solutions, sur JO, +oo[, les fonctions de la forme x H À x, où /lest une constante
réelle.
À l'aide de la méthode de variation de la constante, on recherche une solution particulière de
l'équation différentielle avec second membre (8), sous la forme :

x H y(x) = A(x)x
On a alors, pour tout réel x strictement positif :

y' (x) = ;l' (x) x + /l(x)


En injectant dans (8), on en déduit, pour tout réel x strictement positif:

À
I
(x) x + /l(x) = -X1 À(x) x + 1 = /l(x) + 1
et donc:
X(x) =!
X

Par suite, pour tout réel x strictement positif :

/l(x) = ln x + C
où C est une constante réelle.
L'ensemble des solutions de (8) est donc l'ensemble des fonctions définies sur JR: par:
"O
0
c::
::J
X H X ln x + cX
0
v où C est une constante réelle.
..-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

110
Topologie

En physique, chimie, biologie, les quantités que l'on rencontre ne dépendent pas, en gé-
néral, d'un seul paramètre. C'est ce quel' on appelle des fonctions de plusieurs variables.
C'est le cas, par exemple, de l'énergie potentielle électrique d'un système de deux
charges électriques q1 et q2, distantes de r :

où so est la permittivité du vide.


Pour étudier les fonctions de plusieurs variables, les mathématiciens ont cherché à
étendre les résultats déjà existants pour les fonctions d'une variable réelle.
Toutefois, des outils supplémentaires s'avèrent indispensables : dans R, 1' écart entre
deux réels se mesure facilement. Dès que l'on passe à un espace de dimension supé-
rieure, 2 ou 3, c'est un peu plus compliqué. Ce cours présentera donc, dans un premier
temps, quelques notions de topologie élémentaire.
D'autre part, on se restreindra au cas de fonctions de deux ou trois variables, c'est-
à-dire définies dans des domaines de JR2 ou JR3, et qui correspondent aux variables bi-
dimensionnelles et tridimensionnelles usuelles : coordonnées polaires, cylindriques et
sphériques.

Notation
Dans ce qui suit, d peut prendre les valeurs 1, 2 ou 3, suivant que la fonction considérée
est à valeurs dans R, R 2 , JR3.

1. Normes

Définition

Une norme sur Rd est une application, notée Il · Il, ou parfois N, à valeurs dans R+ qui
"O .,,
:<; doit vérifier les troix ax iomes suivants :
0 <=
c ::;
• séparation :
::::i '~

Cl
<.>
<.>
~
-~
V a E Rd llilll = 0 ~ a=ô
"""
..-1
0 ~
N <=
0
• homogénéité :
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
• inégalité triangulaire :
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

111
>- Équivalence de normes

Définition

Deux normes N 1 et N2 sur !Rd sont dites équivalentes s' il existe deux réels strictement
positifs a et b tels que, pour tout vecteur ü de !Rd :

Propriété
Sur !Rd, toutes les normes sont équivalentes.

Exemple
1 L'application JR.3 -t JR.3 , i1 = (x,y, z) H sup {lxl, lyl, lzl}, est une norme sur JR.3 .

>- Convergence d'une suite de JR.2

Définition

Une suite (xn, y 11) 11EN de !R2 converge vers une limite (Cx, ly) E !R2 si, pour tout réel
strictement positif e, il existe un rang no tel que, pour tout entier n ~ no :

>- Convergence d'une suite de JR.3

Définition

Une suite (Xn, Yn· Z11)1·1EN de JR3 converge vers une limite ce.~, ly, fz.) E JR3 si, pour tout
réel strictement positif e, il existe un rang no tel que, pour tout entier n ~ no :

Cette dernière propriété est extrêmement intéressante et pratique : pour étudier la convergence
d'une suite de Rd, on choisit bien évidemment la norme la plus adaptée!

2. Boules, ouverts, fermés, ...


>- Boule ouverte

Définition

.... On appelle boule ouverte de !Rd, de centre Mo E !Rd et de rayon r E JR: l'ensemble,
..c
Ol noté B(Mo, r) , des points M(x, y, z) tels que:
·;::
>-
0.. ----+
0
u llMoMll < r

112
Exemples
1. Le domaine L(O, l ) situé strictement à l'intérieur du losange de centre 0 et passant par les
points de coordonnées ( 1, 1), (-1, 1), (-1, - 1), ( 1, - 1), est une boule ouverte de R.2 pour la
norme (x, y) H lxl + lyl. C'est, en effet, l'ensemble des couples de réels (x, y) tels que:

lxl + lyl < 1


y

Figure 39.1 - La boule ouverte L (O, 1).

2. Le domaine C(O, l) situé st1ictement à l'intérieur du carré de centre 0 et de côté 2 est une
boule ouverte de IR.2 pour la norme (x, y) H max {lxl, lyl}. C'est, en effet, l'ensemble des
couples de réels (x, y) tels que:
max {lxl, lyl} < l
y

l-

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;
X
::::i '~

Cl
<.>
<.>
-1
~
-~
"""
..-1
0 ~
l-
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@
Figure 39.2- La boule ouverte C(O, 1).

113
3. Le domaine B(O, 1) situé strictement à l'intérieur de la sphère de centre 0 et de rayon 1
est u ne boule ouverte de R 3 pour la norme euclidienne (x, y, z) H -.,/x2 + y2 + z2 . C'est, en
effet, l'ensemble des triplets de réels (x, y, z) tels que:

x2 + y2+z2 <1

Figure 39.3- La boule ouverte 8(0, 1).


4. Le domaine B'(O, 1) situé strictement à l'intérieur de l'ellipso'lde de centre 0, de demi-
grands axes respectifs a > 0, b > 0, c > 0, est une boule ouverte de R 3 . C'est, en effet,
l'ensemble des triplets de réels (x, y, z) tels que :
x2 Y2 z2
-
a2
+- +-< !
b2 c2

....
..c
Ol
·;::
>-
0..
0
u
Figure 39.4- La boule ouverte 8'(0, 1).

114
>- Boule fermée

Définition

On appelle boule fermée de Rd, de centre Mo E Rd et de rayon r E R: l'ensemble,


noté Ë(Mo, r), des points M(x, y, z) tels que:
---7
llMoMll ~ r

Exemple
Le domaine B(O, 1) situé à l' intérieur de la sphère de centre 0 et de rayon l est une boule
fermée de JRd.

>- Ouvert

Définition

On appelle ouvert de Rd tout ensemble U tel que, pour tout x de U, il existe un réel
r > 0 tel que:
B(x, r) c U

Propri étés
1. Toute réunion finie ou infinie d'ouverts de Rd est un ouvert de Rd.
2. Toute intersection finie d'ouverts de Rd est un ouvert de Rd.

>- Fermé

Définition

On appelle fermé de Rd tout ensemble dont le complémentaire est ouvert.

Propriétés
1. Un ensemble F de Rd est fermé si et seulement si la limite de toute suite conver-
gente de F appartient elle aussi à F .
2. Toute réunion fi nie de fermés de Rd est un fermé de Rd.
3. Toute intersection finie ou infinie de fermés de Rd est un fermé de Rd.
"O .,,
:<;

c
0
::::i
<=
::;
'~
>- Connexité de R.d
<.>
Cl <.>
~ Les seuls ensembles à la fo is ouverts et fermés de JRd sont Rd et 0.
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
>- Intérieur d'un domaine de R.d
@ "'
....
..c
0
·a
Ol
::1

~Q.
Définition
·;::
~ 0
>-
a. S!
" On appelle intérieur d'un domaine D de Rd, et on note D, l'ensemble des points
0 ~
u -ci
0
M de D tels qu'il existe une boule ouverte de centre M et de rayon r > 0 contenue
<=
::l
0 dans 2J.
@

115
>- Adhérence

Définition

On appelle adhérence d'un domaine 1) de Rd, et on note :D l'ensemble des points


adhérents à D, c'est-à-dire les points qui sont chacun, limite d'une suite de points
de1J.

Pour toute boule ouverte B(Mo, r), Mo E Rd, r E R: :

B (Mo , r) c B(Mo , r)

Pour toute boule fermée Ë(Mo, r), Mo E Rd, r E R: :

B (Mo , r) = Ë(Mo , r)
>- Frontière

Définition

On appelle frontière d'un domaine V de Rd l'ensemble des points de :D qui ne sont


pas dans l'intérieur de 1).

Pour tout domaine 1) de Rd :


V c !D
>- Domaine borné

Définition

On appelle domaine borné de Rd tout ensemble V tel qu'il existe un réel strictement
positif r vérifiant :
V c B(O, r)

1:l
0
c::
::J
0
v
...-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

116
Fonctions de plusieurs variables
1. Définitions
>- Fonctions de deux variables
Définition

On appelle fonction de deux variables, à valeurs réelles, une application f définie


sur un domaine V f de R 2 , à valeurs dans R.

>- Fonction de trois variables


Définition

On appelle fonction de trois variables, à valeurs réelles, une application f définie


sur un domaine V f de R 3 , à valeurs dans R.

>- Champ de vecteurs


Définition

On appelle champ de vecteurs, une application f défini e sur un domaine v 1 de R 2


(resp. R 3 ), à valeurs dans Rd, d ~ 2.
On dit aussi que f est à valeurs vectorielles.

2. Représentations graphiques et courbes de niveau


Définition

On appelle représentation graphique d' une fonction f de deux variables, à valeurs


réelles, l'ensemble des points de R 3 de coordonnées (x, y, f(x, y)).

Exemple
Le champ magnétique créé par un dipôle.

~,,,, \ t 1 Il///~
10
~~'''
--~,....' '
.....-..-- ...... ....
' '''
\

' \
t 1 I
t
1
I
1
I
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,tl

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- __
.......
_..
-...~

"O .,,
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5 ,#" _. - - - ............
c
0 <=
/ ; ,,. . ' ' "'\
~
::; '
::::i '~
<.>
Cl I I I
' \
<.>
~ Figure 40.1 - Un exemple de champ de
-~ 0 1 1
' 1 1 1
vecteurs : le champ magnétique créé par un
"""
..-1
0 ~ \ \
' ' f I I
N <=
,,. dipôle.
0 . ; /
<=
"' ' ' ~
'
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0

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............
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::1
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~Q.
1
Ol
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1 \
'\ '- ...._ ,.... ~-­
>- S!
a.
0 "
~ ~-Y/// I ~ t ' \ '""'- '-~~
u -ci
0
<=
::l
-1 0~////11 t ~ \ ''''~
0
@
- 10 -5 0 5 10

117
Figure 40.2 - La représentation graphique de la fonction (x,y) 1-+ sin(x2 - y).

On appelle courbes de niveau d'une fonction f de deux variables, à valeurs réelles,


l' ensemble des points (x, y) de R 2 tels que f(x, y) = Constante.
y

Figure 40.3- Les courbes de niveau de la fonction (x,y) H sin(x) sin(y).

....
..c
Ol
·;::
>-
0..
0
u

118
Les systèmes de coordonnées usuelles

1. Coordonnées polaires
Lorsque l'on étudie les vibrations libres d'un pendule, la position de celui-ci est repérée
par un angle. Les coordonnées cartésiennes ne sont pas les mieux adaptées à l'étude de
ce genre de situations.
Les coordonnées polaires permettent de repérer la position d'un point M dans Je plan
en fonction de sa distance r à un poi nt donné 0, appelé pôle, et de l'angle(}, mesuré
dans le sens trigonométrique, entre un axe de référence, appelé axe polaire, et la demi-
droite d 'origine 0 passant par M. Le réel positif r est la coordonnée radiale, et (} la
coordonnée angulaire.
Le plus souvent, l'axe polaire coïncide avec J' axe des abscisses du système de coor-
données cartésiennes usuel. On a alors, pour tout point de coordonnées (x, y) :

X = r COS(}
{ y = r sin (}

M(x,y)

j e
0 --:-+
I

Figure 41.1- Les coordonnées polaires.

2. Coordonnées cylindriques
"O .,,
:<;

c
0 <=
::;
De même que les coordonnées polaires permettent de repérer facilement la position an-
::::i
Cl
'~
<.>
<.>
gulaire d'un point, les coordonnées cylindriques sont adaptées à des configurations où, à
~
-~ un angle et la distance à une origine, il fau t rajouter une troisième composante, verticale,
"""
..-1
0 ~
comme si on se déplaçait sur un cylindre.
N <=
0
<=
@ Les relations entre les coordonnées cartésiennes (x, y, z) et les coordonnées cylin-
.... ·a"'
0

..c ::1
driques (r, B, ZcyJ.) sont les suivantes :
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a. X = r COS(}
0 "
~
u -ci
0 y = r sin(}
<=
::l {
0
@
Z = Zcyl

119
z ,M

0
r y

(}
X

Figure 41.2- Les coordonnées cylindriques.

>- Coordonnées sphériques

Les coordonnées sphériques sont adaptées à des configurations présentant une symétrie
sphérique.

<fJ "·
.." M

. . . . . -~ . . (J. :.;,; . ·:· .. ... . ·,


. . - . :.. . - ... . .,,,,,., .. - . . - y
. .
(}

Figure 41.3- Les coordonnées sphériques.

Les relations entre les coordonnées cartésiennes (x, y, z) et les coordonnées sphériques
(p, B, ip) sont les suivantes :
x = p cos B sin ip
y = p sin B sin <p
{
Z = p COS<p

"O
0
c::
::J
0
v
...-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u

120
Limites, continuité et dérivation

1. Limites, continuité
Définition Limite d ' une fonction en un point

Soit f une application d'un domaine ouvert V de R 2 (resp. R 3 ), à valeurs dans Rd, et
Mo un point de R2 (resp. de R3) .
e
La fonction f admet pour limite le réel en Mo si, pour tout réel s > 0, il existe un
réel 17 > 0 tel que, pour tout point M de V :
-----?
llMoMll ~ 17 ~ llf(M) - Cii ~ s

On note alors :
lim f(M) =e
M-tMo

La fonction f est dite continue en Mo si :

lim f(M) = f(Mo)


M-tMo

Exemple
L'application (x, y) E R2 H x E R qui, à tout vecteur de R2 , associe sa première coordonnée,
est continue.

Propriété
Toute combinaison linéaire de fonctions continues en un point Mo de IR.2 (resp. IR.3) est
continue en Mo .

2. Dérivation
Il s'agit simplement, dans ce qui suit, d' étendre aux fonctions de plusieurs variables la
notion de dérivée.
"O .,,
:<;
0
c <=
::; Dans un premier temps, on va donc définir la notion de dérivée partielle, obtenue en
::::i '~
<.>
Cl <.> fixant toutes les variables, sauf une, puis en dérivant la fonction par rapport à celle-ci.
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
~ Dérivées partielles
@
.... ·a"'
0
Dérivée partielle d'une fonction
..c ::1
Ol ~Q.
·;::
>- ~ Soit f une application d'un domaine ouvert V de IR.2 (resp. IR.3 ) , à valeurs dans lRc1.
a. S!
0 "
~ La fonction f admet une dérivée partielle par rapport à la variable x au point
u -ci
0
<=
::l
(xo, Yo) E V (resp. (xo, yo, zo)) si l'appl ication x H f(x, yo) (resp. x H f(x, yo, zo))
0
@ est dérivable en xo . La valeur de cette dérivée en xo est alors appelée dérivée partielle

121
de f par rapport à x en xo . On écrit:

ôf( ) . f(x , yo) - f(xo,yo)


- xo,yo
ox
= x->xo
11m
x - xo

. . âf( ) _ . f(x, Yo, zo) - f(xo, Yo, zo))


1tm
( resp. ô X xo, Yo, zo - X-txo X - xo

On définit, de même, la dérivée partielle de f par rapport à la variable y (resp. z) au point


(xo, Yo) E 1J (resp. (xo , yo, zo)).

Exemple
On considère la fonction <p défi nie sur JR3 par :

cp(x, y, z) = cos(x y) + x 2 z

On a alors:
~~(x,y, z) = - y sin(xy)+2x z
Ô<p
- (x, y, z) = x sin(x y)
8· y

Ô<p
âz (x,y, z) = x2

Fonction de classe C1

Soit f une application d' un domaine ouvert 1J de R 2 (resp. JR3 ), à valeurs dans Rd.
La fonction f est dite de classe C1 sur 1J si et seulement si ses dérivées partielles ~~
aJ ( aJ aJ a!) .
et ôy resp. ôx , ôy, et ôz sont continues sur 1J.

Matrice jacobienne

Soit f une application de classe C 1 sur un domaine ouvert 1J de JRd, à valeurs dans JRd.
On appelle matrice jacobienne de f en un point M (x, y) E 1J (resp. M (x, y, z) E 1J)
la matrice des dérivées partielles de f en M .

~ 1. Si f est de classe C 1 sur un domaine ouvert V de IR.2 , à valeurs dans R, sa matrice jacobienne
~ en M(x,y) est:

....
-( af âf )
3 .r - -ax -ôy
..c
Ol
·;::
>- 2. Si f est de classe C 1 sur un domaine ouvert V de IR.3 , à valeurs dans IR., sa matrice jacobienne
0..
0 en M(x, y, z) est :
u
3 = ( ôf ôf ôf )
.f âx ây âz

122
3. Si f : (x, y) H v~-(x, y), fy (X, y)) E R 3 est de classe C 1 sur un domaine ouvert 'f) de R 2 ' à
valeurs dans !R.2 , sa matrice jacobienne en M(x, y) est :

.Jr =
ôj~
ax
Bfx Bfy
[-
Bfy
ax
l
-
oy ay

4. Si f : (x, y, z) H (!x(x, y, z),fy(x, y, z), fz(x, y, z)) E JR3 est de classe C 1 sur un domaine
ouvert 'D de R.3 , à valeurs dans !ll3 , sa matrice jacobienne en M(x, y, z) est :

ôj~ ôfy Bj~


---
ox ox ox
Bj~ ôfy ôfz
.Jr= - --
ay ay ay

Bfx Bfy Bfz


---
âz âz ôz

S. Si f : (x, y) (fx( x, y), f y(x, y), fz(x, y)) E JR3 est de classe C 1 sur un domaine ouvert 'D de
H
JR2 , à valeurs dans JR.3 , sa matrice jacobienne en M(x, y, z) est :

.Jr =
Ôfx ôfy âfz
ax ax ax
ofx Bfy of z
l
---
ay ay ay

6. Si f : (x, y, z) H{ft(x, y, z),fy(x, y, z)) E JR.2 est de classe C 1 sur un domaine ouvert .'D de
3
R , à valeurs dans !!t2 , sa matrice jacobienne en M(x, y, z) est :

ofx Bfy
--
ax ax
ofx Bj~
.Jr= -oy -ay

ofx BJ~
- -
Bz ôz
"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
Jacobien
0"""
..-1
~
N <=
0
<=
Soit f une application de classe C 1 sur un domaine ouvert 1J de Jfl2 (resp. Jfl3 ) , à valeurs
@ "' dans Jftd.
.... 0
·a
..c
Ol
::1

~Q.
On appelle Jacobien de f en un point M (x , y) E 'D (resp. M(x, y, z) E 'D) le détermi-
·;::
>- ~
S!
nant de la matrice jacobienne de f en M(x, y) E 'D (resp. M(x, y, z) E 'D).
a.
0 "
~
u -ci
0
>- Dérivée suivant un vecteur
<=
::l

Soit f une application d ' un domaine ouvert 1J de Jfl2 (resp. Jfl3 ), à valeurs dans Jftd .
0
@

123
Pour tout vecteur û de R2 (resp. R3), on appelle dérivée suivant le vecteur ü de f au
point Mo E V la limite, sous réserve d'ex istence:

. f(Mo + t Û) - f(Mo)
11 m - - - - - - - -
1-.o t

> Gradient

Soit f une application de classe et sur un domaine ouvert V de R2 (resp. R3 ) , à valeurs


dans R
On appelle gradient de f en Mo E V, le vecteur :

----t ôf ... ôf 7
gradf (M) = 'il f(M) = - (xo , Yo) i + - (xo, Yo) J
8X 8 1j

( resp.
----t
gradt(M) = 'il f(M) = âf ... âf ... âf ...)
ôx (xo, yo, zo) i + ôy (xo, yo, zo) j + Bz (xo, yo, zo) k

Le symbole 'il est appelé « nabla » .

> Divergence

Soit f une application de classe et sur un domaine ouvert V de R2 (resp. JR3 ), à valeurs
dans JR 2 (resp. JR 3).
On appelle divergence de f en Mo e 1J, le scalaire :

. j'
d iv ôfx (xo , Yo ) + -ô
= -ô ôf;1(
. xo , Yo )
X y
. . ôf'K ôfy ôfz )
( resp. div f = ô~ (xo, yo, zo) + ôy (xo, yo, zo) + ôx (xo, yo, zo)

La divergence est une quantité extrêmement utilisée en mécanique des fluides : elle permet de
traduire - ou non - !'incompressibilité. Si l'on considère Je champ de vecteurs constitué par les
vecteurs vitesses des particules d' un fluide occupant initialement un volume~. la divergence
est proportionnelle au taux d'expansion relatif ~J. Ainsi, pour un fluide incompressible, la
divergence sera nulle .

....
..c
Ol
·;::
>-
0..
> Rotationnel d'un champ de vecteurs de l'espace
0
u
Soit f : (x, y, z)(!xCx, y, z), f;/x, y, z), fz(x, y, z)) une a pplication de classe C 1 sur un
H

domaine ouvert V de JR 3 , à valeurs dans JR 3 .

124
On appelle rotationnel de f en Mo e 'D, le vecteur :

~
rotf = V /\
[ lzj~ l
(xo , yo, zo)

o
og
°!
oz

of~ a1~
oy (xo, Yo, zo) - oz (xo, Yo , zo)

ofx ()fz
- (xo, yo, zo) - - (xo, yo, zo)
8Z 8X

~ Différentielle
On peut considérer que, de façon implicite, la notion de différentielle a été introduite
au xvmc siècle par Leohnard Euler et Alex is Clairaut, qui ont remarqué que, pour une
fonction de deux variables x et y , la quantité :

ôf ôf
df = OX (x, y) dx + o/X, y) dy
est invariante par changement de base.
Si l' on écrit cette quantité sous la forme :

( of of
ox (x, y) àx (x, y)
) (dx)
dy

on peut donc considérer que c' est l' image, par l'application linéaire de matrice

( ôf (x, y) ôf (x , y)), du vecteur dont les composantes sont les quantités infin itésimales
ox fJx
.,,
(dx)
"O :<;
0 <= dx et dy, dy .
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
Plus récemment, c 'est le mathématicien Maurice Frechet 1, qui a vraiment formalisé la
-~
"""
..-1
~
notion de différentielle .
0
N <=
0
<=
@ "' Application différentiable
....
..c
0
·a
Soit f une application de classe C 1 sur un domaine ouvert 1J de R 2 (resp. R 3 ), à valeurs
::1
Ol ~Q.
·;::
>- ~
S!
dans Rd .
a.
0 "
~
u -ci
0
1. Les fameux « espaces de Frechet », sont des espaces vectoriels topologiques complets, mais topologie
<= est induüe par une famille dénombrable et séparante de semj-normes (l'axiome de séparation n' est pas
::l
0
@ satisfait), et non de normes.

125
f est dite différentiable en M E '])si et seulement s' il existe une application linéaire
de R 2 (resp. R 3 ), à valeurs dans R, notée dfM telle que, pour tout (h, k) E R 2 de norme
suffisamment petite :
0
f(x + h, y + k) = f(x, y)+ h f (x, y)+ k _of (x, y)+ Vr- h2_+_ k_2 e(h, k)
0X oy
= f(x , y) + dfM(x, y) + Yh2 + k2 e(h, k)
où e est une fonction définie sur R2 , à valeurs dans R, telle que :
lim
(h,k)->(0,0)
e(h, k) =0
(resp. pour tout (h, k, t) E R 3 de norme suffisamment petite :
of ôf
f(x + h, y+ k , z + l) = f(x, y, z) + h OX (x, y, z) + k oy (x, y, z)
ôf
+ e oz (x,y,z) + .../h2 + k2 + l 2 e(h, k, l )

= f(x, y, z) + dfM(x, y, z) + .../h2 + k2 + l 2 e(h, k, l)

où e est une fonction définie sur R 3 , à valeurs dans R, telle que :


lim
(h,k,t)->(0,0)
e(h, k, t) = 0)
Différentielle

Soit f une application de classe C 1 sur un domaine ouvert ']) de R 2 (resp. R 3 ) , à valeurs
dans Rd .
O n appelle différentielle de f au point Mo E 'D, que l'on note dfMo· l'application
linéaire :
2 of of
(h, k) E R H h OX (xo, Yo) + k oy (xo, Yo )

3 ar ôf
h o.x (xo, yo, zo) + k oy (xo , ljQ, zo) + l
of
Bz (xo, !Jo, zo))
(resp. (h, k, l) E R H

:>- Dérivation composée

Théorème

'O
Soient f une application d'un domaine ouvert ']) de R 2, à valeurs dans un intervalle
0
c:: I c R, de classe C 1, cp et t/! deux applications de I dans ']), de classe C 1•
::J
0 Alors, en tout point M(x, y) E 'D, la fonction composée (x, y) H f (cp(x, y), t/f(x, y)) est
v de classe C 1, et:
..-!
0
N
@ o .
ox [j (cp(x, y), t/f(x, y))] = ocp
ox x
[of]
ox . + ot/f [of]
~
..c:: (cp(x,y),rjl(x,y)) OX X Olj (cp(x,y),rjl(x,y))
Ol
ï::::

u
>-
a.
0 .!.__ [f(cp(x,y),t/!(x,y))]
oy
= ocp
oy
X [of]
+ Ot/!
ox
oy (cp(x,y),r/J(x,y))
X [of]oy (cp(x,y),r/J(x,y))

Cette formule se généralise aux fonctions de trois variables.

126
>- Dérivées partielles d'ordre supérieur
Fonction de classe C2

Soit f une application définie sur un domaine ouvert 1J de IR.2 (resp. IR.3 ) , à valeurs
dans IR.
f est dite de classe C2 sur 1J si et seulement si elle est de classe C 1 sur 1J et si ses
dérivées partielles aôxf et aôyf (resp. aôxf, ôf et ôf ) sont aussi de classe C 1 sur D.
ôy ôz

Théorème de Schwarz

Théorème
Pour toute application f de classe C2 sur un domaine ouvert 1J de IR.2 ( resp. IR.3 ), à
valeurs dans IR :

-- = --
8x8?J 8y8x

ôxôz
= 8z8x

Matrice hessienne

Soit f une application de classe C2 sur un domaine ouvert 1J de IR.2 (resp. IR.3 ), à valeurs
dans IR.
On appelle matrice hessienne de f en un point M(x, y) E 1J (resp. M(x, y, z) E D)
la matrice des dérivées partielles secondes de f en M :

a2f ô2f
8x2 ôxôy
1{f =
a2f a2f
axay ôy2

a2f a2f a2f


----
ôx2 ôxôy ôx8z

resp. 1{f =
a2f a2f a2f
ôxôy 8y2 8yôz

a2f a2f a2f


ôxôz ôyôz 8z2
....
..c
Ol
·;::
>-
0..
0 Grâce au théorème de Schwarz, la matrice hessienne est donc une matrice symétrique, puisque
u la fonction f est de classe C 2 .

127
>- Laplacien

Soit f une application de classe C2 sur un domaine ouvert V de R 2 (resp. R 3 ), à valeurs


dans R
On appelle Laplacien de f en Mo e 1) le scalaire2 [40) :

= div ('V f) = -a f2 (xo, Yo) + -a f2 (xo, Yo)


2 2
11 f
ax ay
2 2
of (xo, yo, zo) + a
= ox f af )
(resp. /1 f = div ('V f) 2 By 2 (xo, yo, zo) + Bz 2 (xo, yo, zo)

1:l
0
c::
::J
0
v
...-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
2. Le laplacien apparaît, notamment, dans l'équation de Laplace !:iu = 0, ainsi nommée en hommage au
u mathématicien et physicien Pierre-Simon de Laplace (1749-1 827). Introduite, à l'origine, en mécanique
newtonienne, elle apparaît également en astronomie, électrostatique, mécanique des fluides, propagation de
la chaleur, diffusion, mouvement brownien, mécanique quantique, etc.

128
Exercices

Pour s'entraÎner
(solutions p . 133)
6.a) Montrer que F est bien définie sur
On considère la fonction f définie JO, l].
par : 6.b) Étudier la continuité de F sur JO, l].
f(x) = {e- ; s~ x >=F 0 6.c) Montrer que F est prolongeable par
Û SI X,::; Û continuité sur [0, l].
Étudier la continuité de f.
Une équation fonctionnelle
On considère la fonction g définie Déterminer les fonctions f, défirues sur IR, à
par: valeurs dans R, continues en 0 et en 1 telles
1 que, pour tout réel x :
- - six <t {0,- 1,l}
g()
X = { ln 1X 1
Ü Si X = 1 OU X = - 1 OU X =Ü f(x2 ) = f(x)
Étudier la continuité de g.

On considère la fonction h définje


par:
Dérivabil ité
1 Donner la dérivée de la fonction <P :
h( X ) -_ { -X 2- - - l si x E R \ { - 1, 1} X E lR H ln (2 + cos x).
Û Si X = 1 OU X = - 1
Étudier la continuité de h. On considère la fonction h 1 défirue,
pour tout réel x, par: h 1 (x) = e-x .
On considère la fonction ip définie Montrer que h1 est de classe C00 sur IR, et dé-
par: terminer, pour tout entier naturel non nul n,
l' expression de sa dérivée n ième .
ip(x) = { x s in G) si x *0 On considère la fonction h 2 définie,
Û Si X= Û
pour tout x de R \ {1 }, par :
Étudier la continuité de ip.
h2(x) = -l-
On considère la fonction l/f définie l - x
"O .,,
:<;
0 <= par:
c ::;
Montrer que lt2 est dé1ivable sur R \ { l }, et
::::i
Cl
'~
<.>
<.>
l/f(x) = E(x) + lx - E(x)l
4
déterminer, pour tout entier naturel non nul
~
-~ Étudier la continuité de l/f. n, l'expression de sa dérivée ni ème.
"""
..-1
0 ~
N <=
0

@
<=
Soient 1l E ]0, l[, et f une fonction On considère la fonction f définie,
.... ·a"'
0
continue sur l ' intervalle [1l, +oo(, telle que pour tout réel x, par :
..c ::1
Ol
·;::
~Q. f(À) = 0 et lim f(x) =O.
~ X-++oo
>- f(x)={l - e-7 six:FO
a. S!
" Soit F la fonction définie sur JO, 1J ~ R par:
0 ~ 1 SÎ X= Ü
u -ci
0
<=
0
@
::l
F(x) =f G + À. - 1) Étudier la continuité et la dérivabilité de f .

129
On considère la fonction cp définie, 16.b) Soit h une fonction définie sur R, dé-
pour tout réel x, par : rivable sur R Déterminer, pour tout
réel a :

cp(x) = {x
3
sin ( ~) si x * 0 . x f2(a) - a f2(x)
1im - - - - - -
x->a X - Cl
0 Si X= 0
Règle de l'Hôpita11
Étudier la dérivabilité de cp. Soient f et g deux fonctions définies sur un
intervalle [a, b] de ~' à valeurs dans Ill, conti-
On considère la fonction l/f définie, nues sur [a, b], dérivables sur ]a, b[. On sup-
pour tout réel x, par : pose que g' ne s'annule pas sur ]a, b[. Mon-
trer qu'il existe un réel c dans ]a, b[ tel que:
!/f(x) ={1 - 2
e- <x~n si x 1 * f(b) - f(a) f'(c)
1 Si X= 1
g(b) - g(a)
= g'(c)
Étudier la continuité et la dérivabilité de !/f.
Une étude de fonction
Des dérivées rem arqu ables
Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2.
On considère les fonctions !/f 1 et !/f2 définies On considère la fonction
par:
J,,: R+ ~ R

X H { (1 - ~r
0
- e-x Si X E
sinon
[0, n]

18.a) Montrer que J,, est dérivable sur [0, n[.


18.b) Calculer, pour tout x de [0, n[, f,;(x),
Quel est Je domaine de défi nition de ces deux et montrer qu'on peut l'écrire sous la
fonctions? Étudier la dérivabilité de !/f 1 et forme
!/f2 , puis donner l'expression de leurs dérivées
respectives.
f,;(x) = e-x [1 - e'1,,(x)]
où hn est une fonction définie sur [0, n[,
Des in égalités classiqu es dont on donnera l'expression.
15.a) Montrer que, pour tout réel x : 18.c) Étudier les variations de hn sur [0, n[,
ex~ 1 + x. ainsi que son signe. On montrera qu'il
existe un réel œn E] 1, n[ tel que :
15.b) Montrer que, pour tout réel positif x :
sinx < x. hn(œ,,) =0
15.c) Montrer que, pour tout réel x > - 1 : 18.d) Étudier les variations de J,, sur (0, n[, et
ln(!+ x) < x. montrer que, pour tout réel x de [0, n[ :
œ e- 11·,,
"O
0
Des limites rem a rqu a bles lf,,(x)I < -" --
n
c::
:J 16.a) Soit f 1 une fonction dérivable en zéro. 18.e) Etudier les variations de la fonction </>
0
v Déterminer : qui, à tout réel x de R.+, associe xe- x,
...-!
0
. !1 (2x) - f1(0) et en déduire que, pour tout réel x de
N
11 1 n - - - - - [0, n[ :
@ x->O 2X
1
~
..c:: lf,,(x)I < -
Ol . !1 (2x) - f1(x) ne
ï:::: et 11m - - - - -
>- x->O X Que peut-on en conclure?
a.
0
u l. Guillaume François Antoine, marquis de L'Hôpital (1661-1704), mathématicien français, élève de Jean
Bernoulli, spécialiste de calcul différentiel. Jl est connu pour son ouvrage Analyse des Infiniment Petits pour
l'intelligence des lignes Courbes, publié en 1696.11 travailla également sur les coniques.

130
Fonctions réciproques Développements limités

Déterminer le développement limité


à l'ordre 5, au voisinage de 0, de la fonction:
X H 'P l (x) = esinx
Donner la dérivée de la fonction l/f :
x E R.* H arctan x +arctan ( ~). et en déduire
que, pour tout réel strictement positif x : Déterminer le développement limité
à l'ordre 6, au voisinage de 0, de la fonction :

arctan x + arctan ( ~) = ~ xi-+ ipz(x) = ln(cos x)

Déterminer le développement limité


On considère la fonction f définie,
à l'ordre 6, au voisinage de 0, de la fonction :
pour tout x de l'intervalle (0, ~], par :
X H ip3(x) = (cos x)sinx
X
/(0) =1 f(x) =-
ranx
Sl
. 0 rr
<x<l fŒ) =O. Déterminer le développement limité
à l'ordre 3, au voisinage dei, de la fonction :
21.a) Montrer que, pour tout réel x > 0 :
sin x < x. X H ip4(x) = cos X - X sin X
21.b) Montrer que f est strictement décrois-
sante sur ~ Jo, (.
21.c) Déterminer J' image J = f(l) de l'in- Déterminer le développement limité
tervalle l par f, et montrer que f admet à l'ordre 4 au voisinage de 0 de la fonction :
une application réciproque g définie sur
J.
x E lR H ip5(x) = e-x
21.d) Montrer que g G) = ~.
21.e) Montrer que la fonction g est dérivable Déterminer le développement limité
en ~, et calculer g' ( ~). à l'ordre 3 au voisinage de 0 de la fonction:

On considère la fonction f définie,


X E JR \ {~} H l{J6(X) = _J_
2 l - 2x
sin x -s1n x
' l x, par : j '()
pour t out ree x =e 2
- e
"O .,,
:<;
22.a) Montrer que f est dérivable sur IR, et Pour p N*, donner le développe-
E
0 <=
c ::;
1
::::i '~
<.>
calculer, pour tout réel x, f'(x). ment limité de la fonction x H - - 2 à
Cl <.>
l+x
~
-~ 22.b) Déterminer l'image J =f (] - ~,~[)de 1' ordre 2p en 0, et en déduire celui de la fonc-
"""
..-1
~ tion x H arctan x à lordre 2p + l en O.
0
N <=
0
]-~ , 1( par f, et montrer que f admet
@
....
<=

·a"'
0 une application réciproque r 1
définie
Déterminer le développement limité
..c ::1
sur J.
Ol ~Q. à l'ordre 4, au voisinage de 0, de chacune des
·;::
>- ~
S!
22.c) Montrer que la fonction f - 1 est déri- fonctions suivantes :
a. cosx .
0 "
~ vable en 0 , et calculer la valeur de sa 30.a) x fi (x) = - - - e x .
u -ci
H
1- x
0
<=
dérivée en ce point.
0
@
::l
30.b) x i-+ fi(x) = tan (ln( 1 + x2 ) ) .

131
Déterminer le développement limité Fonctions de plusieurs variables
à l'ordre 4 , au voisinage de 0, de chacune des
fonctions suivantes : Autour du laplacien en coordon-
31.a) x H g 1(x) = ~2 + arcsin(x). nées polaires
1- x Soit f : R.2 ~ JR, de classe C 2 .
31.b) x H g2(x) = ln(cos2 x - sin2 x). En considérant le changement de vaiiables :
X= r COS0
Déterminer, lorsqu 'elles existent, les { y = r si n e
limites suivantes :
exprimer le laplacien b,. f en coordonnées po-
32.a) lim
Vl +sinx + e- ~ - 2 . laires.
x"""O 3 X
e v'l +sin x - e On rappelle qu'en coordonnées cartésiennes :
2
32.b) lim - - - - fPJ ô f
x-.o tan x b,.f =-
ôx2
+ -2
ôy
32.c) l i m - - - -
r -x
x--+J 1 - x + lnx
Fonctions homogènes de degré a 2
32.d ) lim
x ..... +oo
(i + ~)x, où a est un réel.
X Une fonction f : R.2 ~ R est dite homogène
de degré a E R* si, pour tout réel strictement
Équations différentielles positif À, et tout couple de réels (x, y) :
linéaires du premier ordre f(Àx,Ày) = /1° f(x,y)
Lorsque la fonction f est de classe C 1 sur !R.2 ,
montrer que, pour tout couple de réels (x, y) :
ôf ôf
y'+ y= 2shx X ÔX (X, y)+ !f a/X, y) = a f(x, y)

Quelques équations aux dérivées


partielles
y' + 2xy = 2x
41.a) En passant en coordon nées polaires,
Résoudre, sur JR:, l'équation diffé- déterminer les fonctions :
rentielle (83) : f : JR: Ill ~ JR
X
x y' - 3 x 3 y = 3 x 3 e2 x3 1
de classe C ' solutions de l'équation
aux dérivées partiel les :
ôf ôf
Résoudre, sur l'intervalle I =)0, +oo [, x-+y-=0
ôx ôy
l'équation différentielle (84 )
y'=2y+x 41.b) Un cas particulier de l'équation des
X ondes
"O À l'aide du changement de variables
0
c::
:J
Soit À un réel. Résoudre, sur IR., u=x+y
0 l'équation différentielle (85 ): { V= x - y
v
...-!
0
(x2 + l )y' +y= /1 déterminer les fonctions f : !R2 ~ Ill,
N de classe C 2 ' solutions de l'équation
@ aux dérivées partielles :
~ Déterminer les solutions polyno-
..c::
Ol miales de l'équation différentielle (86): <Pt
= ây2
a2f
ï::::
>- x 2 y' - x y =x3 + x ôx2
a.
0
u
2. On rencontre, notamment, ce type de fonctions dans des équations aux dérivées partielles présentant une
invariance d'échelle.

132
Corrigés

- Sur )0, +oo(, la fonction f est continue comme composée de la fonction exponentielle
l
avec la fonction x H - - . Il en est de même sur) - oo, 0[. Il reste donc à étudier la continuité de
X
f en zéro. Pour cela, on calcule :

lim e- ~ = X->+oo
lim e-x = 0 = /(0)
x->0+

La fonction f est donc bien continue sur R

MW Sur )0, 1[U]1, + oo[, la fonction g est continue comme composée de la fonction inverse
avec la fonction x H ln lxl. Il en est de même sur ] - oo, - 1[Ul - 1, O[. li reste donc à étudier la
continuité de g en zéro, en L et en - 1. Pour cela, on calcule :
1
lim -
X->0 1n 1X
I = X->-oo
lim _XI = 0 = g(O)

J1m
. 1-1 - 1 = l'un -1 = +oo
x-> 1ln lxl x _,o• X

lim
x--+-1
1--1 =
ln lxl
1
lim ..!._
X --.o+ X = +oo
La fonction g est continue en O. Elle n'est pas continue en 1, ni en - 1.

MM Sur R \ {- 1, 1}, la fonction h est continue comme composée de la fo nction inverse avec
la fonction x H x2 - 1. Il reste donc à étudier la continuité de h en 1 et en - 1. Pour cela, on
calcule:

lim
x-> l ,x< l x2 - 1
= x ->lim
l ,x< I (x - 1) (x + 1)
=-OO

lim lim = + oo
x--+ l ,x> l x2 - 1 = x--+ l , x> 1 (x - 1) (x + 1)

lim
x -> -1 .x<- I x2 - 1
=x ->-l.
lim
x< - 1 (x - l ) (x + 1)
= +oo
l
lim lim - - - - - = - oo
x->- 1,x>- I x2 - 1 X--+-\, X>- 1 (x - l )(x + 1)

La fonction h n'est donc pas continue sur R


"O .,,
:<;
Sur ]O, +oo[, la fonction 'P est continue comme produit de la fonction identité x H x
0 <=
c ::;
1
::::i '~

Cl
<.>
<.> avec la fonction inverse x H - , elle-même composée avec la fonction sinus. Il en est de même
~ X
-~ sur ) - oo, 0(. Il reste donc à étudier la continuité de i.p en zéro. Pour cela, il suffit de remarquer
"""
..-1
0 ~
que, pour tout réel x non nul :
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
>-
a.
0
~
S!
"
~
(puisque 1sin G~ )1 1) on aura donc, sous réserve d'existence :
u -ci

lx (~)I ~ lim lxl


0
<=
::l
0
@
lim sin
x->0 X x->0

133
et donc:

La fonction cp est donc bien continue sur R

MW La fonction t/J faisant intervenir la partie entière, il suffit, pour étudier sa continuité, sur
JR, d'étudier ses limites en tout entier k. On calcule donc, pour k E Z :

lim (E(x) +lx - E(x)l


x -+k+
4
) = lim
x-+k+
(k +lx - kl
4
) = k
et :
lim (E(x) + lx - E(x)1 4 )
x -+k-
= xlim
-+k-
(k - 1 + lx - k - 11 4 ) =k - 1 + 1 =k

La fonction tf; est donc bien continue sur R

6.a) Pour montrer que Fest définie sur ]O, 1], il suffi t de montrer que pour tout x E de JO, 1], le
réel !X +À - 1 appartient au domaine de définition de/, c ' est-à-dire [1l, +oo[.

On considère donc un réel x de ]O, 1]. Comme x ~ 1, alors !X ~ 1, et donc :


1
- - I;:i:O
X

JI en résulte :
1
- +À - l~ 1l
X

qui est le résultat cherché. Fest bien définie sur ]0, l].

6.b) La fonction Fest la composée de f et de la fonction x H !X +il - 1, qui est continue sur
]0, 1]. La fonction Fest donc continue sur ]0, l] .
6.c) Pour montrer que F est prolongeable par continuité en 0, on calcule :

lim F(x)
x-oO+
= x-oO+
lim f (! + 1)
X
1l -

Comme lim
x-oO+
(~X + 1l - 1) = +oo, alors, par composition des limites,

1:l
0
lim
x -+O+
f (! +
X
À - 1) = lim /(X) = 0
X ->+oo
c::
0
:J
Ainsi : lim F(x)
x-oO+
= O. La fonction Fest bien prolongeable par continuité en O.
v
..-!
0 Déterminons les fonctions f, définies sur JR, à valeurs dans JR, continues en 0 et en 1
N
@ telles que, pour tout réel x :
~
..c::
f(x 2 ) = f(x)
Ol
ï:::: On remarque que, pour tout réel x :
>-
a.
0
u f( - x) = f(x2 ) = f(x)
Les fonctions cherchées sont donc paires. On peut se restreindre à [0 , +oo[.

134
Pour tout réel x positif, la relation donnée s'écrit aussi :

f(x) = f ( vx)
Par récurn-ence, on en déduit, pour tout réel strictement positif x, et tout entier naturel n :

f(x) = f( vx) = f(xt) = f(x~ ) = . . . = f (x in )

Compte tenu de :
lim x:Pr lim e ~ = e0 = l
= n-++oo
n-++oo

on peut passer à la limite lorsque n tend vers +oo, et en déduire, par continuité de la fonction f
en 1 :
f(x) = 11 lim
-++oo
f (xin ) = f (n lim
-++oo
xin ) = f (n-++oo
lim e ';.: ) =f(.1)

La fonction f étant continue en 0, on en déduit alors, pour tout réel positif x :

f(O) = lim j(x) = j(l)


x->O+

La parité de f conduit alors, pour tout réel x, à :

j(x) = f(O)
Les fonctions f cherchées sont donc constantes.
Réciproquement, on vérifie que les fonctions constantes sont bien so.lution de l'équation fonc-
tionnelle cherchée.

M:M La fonction <P : x E R. 1-+ ln (2 + cos x) est dérivable sur Ill (le cosinus ne prend que
des valeurs comprises entre - 1 et 1, la quantité 2 + cos x est donc strictement positive pour tout
réel x; la fonction qui, à tout réel x, associe 2 + cos x, est dérivable sur R., à valeurs strictement
positives, et la fonction logarithme népérien est dérivable sur Ill: ; on en déduit, par composition
de fonctions dérivables, la dérivabilité de <P sur Ill).
Sa dérivée est donnée, pour tout réel x, par :

'( ) - sinx
</Jx= - - -
2 + cosx

On considère la fonction h. 1 définie, pour tout réel x, par : h 1(x) = e-x.


"O .,,
:<; h 1 est la composée de la fonction exponentielle avec la fo nction polynomiale x 1-+ - x. La fonc -
0 <=
c ::;
tion exponentielle est de classe C 00 sur R., il en est de même de la fonction x H - x. Par compo-
::::i '~
<.>
Cl <.> sition de fonction s de classe C 00 sur Ill, h 1 est donc aussi de classe C 00 sur R..
~
-~
"""
..-1 On peut alors calculer, pour tout réel x :
0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
On en déduit, par une récutTence immédiate, que, pour tout entier naturel n :
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

135
Miel On considère la fonction h2 définie, pour tout x de IR \ {l }, par:
1
hdx)= - -
1- x
Sur R. \ { l }, h2 est la composée de la fonction inverse avec la fonction polynomiale x H l - x,
qui ne s'annule pas pour x-:;:. 1. La fonction inverse est dérivable sur R*. La fonction h2 est donc
dérivable sur IR \ {1} .
On peut alors calculer, pour tout réel x -:;:. 1 :
l/
h·2 (x) = (1· -
2
3 h"'(x) = (12 _X x)4
3 h(4)(x) =2 X 3 X 4
x) 2 2 (1 - x)5
On en déduit, par une récurrence immédiate, que, pour tout entier naturel n :
(11) 2X3 X ... X n n!
h2 (x) = (1 _ x)n+I = (1 _ x)n+I

MIM On considère la fonction f définie par :

f(x) ={ 1 - e -:;t s~ x -:;:. 0


1 Sl X= Û

On calcule:
lim{1 -e--fe } = 1 - lime- -fe
x->O x->O
=1- lim e- x = 1 = f(O)
X ->+oo
La fonction f est donc bien continue sur R (le seul problème se posait en 0, partout ailleurs, par
composition de fonctions continues, la continuité de f ne pose pas de problèmes).
Pour étudier la dérivabilité de f, on calcule, pour tout réel x-:;:. 0:

f'(x) = 3._
x3
e- *

On a alors, par croissances comparées: limf'(x) =O.


x->0
En repassant à la définition du nombre dérivé comme limite du taux d'accroissement, on en
déduit que la courbe représentative de la fonction f admet une tangente horizontale en zéro,
comme on peut le voir sur la figure suivante :

"O
0
c::
:J
0
v
T"-f
0 -1
N
@
~ La courbe représentat ive d e la fonction f .
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
MfW On considère la fonction cp définie par :
0

sin(~) six-:;:. 0
u 3
cp(x) = {x
Û Si X= Û

136
Pour étudier la dérivabilité de cp, on calcule, pour tout réel x *0 :
3 2
cp'(x) = - x :2 cosG) + 3x2 sinG) = - x cosG) + 3x sinG)

On a alors:
lim cp' (x)
X-->Û
=0
La dérivée de cp peut donc être prolongée par continuité en zéro en posant: cp'(O) =O. La courbe
représentative de la fonction cp admet une tangente horizontale en zéro.

MIM On considère la fonction !fi définie par :


!fl(x) = { l - e - (x-\>
2
si x *l
1 Si X= [

On calcule:

lim
x -> l
{i - - (x-\1
e 2} =l - lime - (x~i}l
x -> 1
=l - lim e- X
X ->+oo
= 1 = !fl(O)
La fonction !fi est donc bien continue sur Ill (le seul problème se posait en 1, pat1out ailleurs, par
composition de fonctions continues, la continuité de if! ne pose pas de problèmes).
Pour étudier la dérivabilité de f, on calcule, pour tout réel x *l :
J
2 e - (x-1)2
l/l'(x) = (l - x )3

On a alors, par croissances comparées : lim if!' (x) =O.


X-> J

En repassant à la définition du nombre dérivé comme limite du taux d'accroissement, on en


déduit que la courbe représentative de la fonction !fi admet une tangente horizontale en zéro,
comme on peut le voir sur la figure suivante.

Mii On considère les fonctions l/; 1 et 1/12 définies par:


1/11 (x) = ln(tanG)) 1/12(x) = ln (tan G ~))
+

Considérons un réel x tel que !f1 1(x) existe ; pour cela, il faut que tan(~) soit sui ctement positif,
soit:
kE Z
"O .,,
:<;
0 <= c'est-à-dire
c ::;

::::i '~
<.> x E ]2kn,(2k+ l)n[ kE Z
Cl <.>

= LJ )2 k rr, (2 k + 1) rr[.
~
-~
l/; 1 est donc définie sur .VJ/! 1
"""
..-1
0 ~
N <= keZ
0
<=

Considérons un réel x tel que !fl2 (x) existe; pour cela, il faut que tan G + ~) soi t strictement
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q. positif, soit :
·;::
>-
a.
~
S! -X + -7r E ] k;rr k;rr + - ;rr[ kE Z
0 "
~
2 4 ' 2
u -ci
0
<= soit :
~ lk ~ ~[
::l
0
@ E 7r - k 7r + kE .:Z
2 4' 4

137
et donc:
x E ]2krr - :: 2krr + ::[ kE Z
2' 2
1/12 est donc définie sur 'D.p2 = LJ )2 k rr - ::2 ,2k rr + ::2 [.
keZ

La dérivabilité de lf! 1 sur 'Dl/! 1 découle du théorème de dérivabilité des fonctions composées. Pour
tout x de 'f)l/! 1 , on calcule :

1
1 1 + tan
2
(~) 1 1
= - -- =
!/11(x)=2 tanG) 2 sinx si n x
2

2 tanG)
puisque : sin x =- - - -
l + tan2 G )"
De même, on justifie la déiivabilité de 1/12 sur 'D.p2 par les règles de composition usuelles. Pour
tout x de 'D"'2 , on calcule :

' 1 1 + tan2 (~ + ~) 1 1
ifr2(X) = 2 tan (X + rr) = 2 --(--rr-)
sin x +
= cos X
2 4 2
2

2 tan(:: + ::)
. . (
puisque: cosx =sin x+
rr) =. (x rr)·
2 4
2 J + tan2 - + -
2 4
MJW 15.a) Montrons que, pour tout réel x : ex ;;:i: 1 + x.
À cet effet, on introduit la fonction f, définie, pour tout réel x, par :

f(x) = ex - 1- x

f est de classe C"" sur IR ; pour tout réel x :

f'(x) =ex - 1

On obtient alors, pour f, le tableau de variations suivant :

0 +oo
"
-OO

f '(x) 0 +
"O
0 +oo +oo
c::
:J
0 f '\. /'
v 0
..-! Il
0
N
On a donc, pour tout réel x :
@ ex;;:i:1+x
~
..c::
Ol
ï:::: 15.b) Pour montrer que, pour tout réel positif x : sin x ~ x, il suffit d'étudier la fonction g définie,
>-
a. pour tout réel positif x, par : g(x) = sin x - x.
0
u g est de classe C"" sur R. ; pour tout réel x :

g'(x) = cosx-1~0
138
g est donc décroissante sur R Comme g(O) = 0, on a donc, pour tout réel positif x :
g(x) ~ g(O) i.e. sin x - x ~ 0

15.c) Pour montrer que, pour tout réel positif x > - 1 : ln( 1+ x) ~ x, il suffit d'étudier la fonction h
définie, pour tout réel x > - 1, par : h(x) = ln( l + x) - x.
h est dérivable sur] - l, +oo[. Pour tout réel x > - l :

1 -x
h'(x) = -l+ x - l = -l+ x
On obtient alors, pour h., le tableau de variations suivant :

- 1 0 +co
0
h /'
- CO - CO

On a donc, pour tout réel x > - 1, h(x) ~ 0, i.e. ln( 1 + x) - x ~ 0, qui est le résultat cherché.

Md 16.a) Soit fi une fonction dérivable en zéro. En posant h = 2 x, on obtient :


. . f i (2 x) - f i (0) _ . f i (h) - fi (0) _ f'(O)
11m - 11m - 1
~o 2x ~o h

Et:
. f1(2x) - f1(x) . f 1(2x) - f 1(0)+f1(0) - f1(x)
11m
x -+O X
= 11m - - - - - - - - - - -
x-+0 X
= lim { 2 fi (2x) - fi(O) _ f 1(x) - fi(O)}
x-+O 2X X
= 2f;(O) - J;(O)
= .f[(O)

(À la première ligne, on recourt à l'astuce classique qui consiste à ajouter et retrancher la même
quantité, c'est-à-dire fi(O) . À la dernière ligne, il est légitime de séparer les limites, car elles
existent toutes deux.)

16.b) Soit fi une fo nction définie sur Ill, dérivable sur R On calcule, pour tout réel a :

. xfi(a) - afi(x) . x (fi(a) - .fi(x)) - a fi(x) + xfi(x)


hm
x-+a X - a
= X-+ll
hm - - - - - - - - - - - -
X - a
. x (f2(a) - f(x)) + (x - a) fi(x)
= 1un - - - - - - - - - - -
X-"l.a X (f2(a) - /{';:)~ 1· f: ( )
"O .,,
:<; = 1m
x-+a X - a
+ 1m 2 x
x-+a
0
c
::::i
<=
::;
'~
<.>
= - af~(a) + fi(a)
Cl <.>
~
. . fi(a) - fi(x)
"""
..-1
0
-~
~
pmsque 11m
x -+a X - a
=j''(
2 a
)
N <=
0

@
....
<=
0"'
·a M• Soient f et g deux fonctions définies sur un intervalle [a, b] de Ill, à valeurs dans Ill,
..c ::1
continues sur [a,b], dérivables sur ]a,b[. On suppose que g' ne s'annule pas sur ]a,b[, ce qui
~Q.
Ol
·;::
>- ~
S!
permet d'en déduire, grâce au théorème de Rolle, que g(a) g(b). *
a. Montrons qu ' il existe un réel c dans ]a, b[ tel que:
0 "
~
u -ci
0
<=
::l f(b) - f(a) .f'(c)
0
@ g(b) - g(a)
= g'(c)
139
La forme de l'expression cherchée fait penser non pas au théorème des accroissements finis (on
aurait « deux c différents», un pour/, un pour g), mais au théorème de Rolle. Il suffit donc de
« construire» la bonne fonction.
O n peut en deviner la forme en remarquant que, si un tel c existe, il vérifi e :

(f(b) - /(a)) g'(c) - (g(b) - g(a)) J'(c) =0


ce qui incite à considérer la fonction cp définie, pour tout réel x de [a , b] par:

cp(x) = (f(b) - /(a)) g(x) - (g(b) - g(a)) f(x)

Elle vérifie :

cp(a) = (f(b) - f(a)) g(a) - (g(b) - g(a)) /(a) = f(b) g(a) - g(b) f(a) = cp(b)
cp étant dérivable sur ]a, b[, le théorème de Rolle permet de conclure à l'existence du réel c
cherché.

Ml:M Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2. On considère la fonction


1;1: lR+
X
-7

H
lR
{ (t - ~r
0
- e-x Si
sinon
X E [0,n]

18.a) La fonction polynomiale qui, à tout réel x de [0, n], associe ( 1 - ~r. est indéfiniment
dérivable. La fonction qui, à tout réel x de [0, n], associe e-x est elle aussi indéfiniment
dérivable, comme composée de la fonction exponentielle avec la fonction polynomiale
x H - x. fr, est donc indéfiniment dérivable sur [0, n].
18.b) Pour tout x de [O, n[ :

t,;(x)=nx (- ;;1) (1 - ;;x)n-1+e-x


x)n-1+ e- x
= (
- 1 - ;;

=
= e - x [ 1 - ex+(n- 1) ln(!-;)]

J;;(x) = e- x [ 1 - eh.<x) ]

où h,, est la fonction qui, à tout réel x de [0, n[, associe x + (n - 1) ln ( 1 - ~ ).


18.c) La fonction h,, est dérivable sur [0, n[ comme somme de fonctions dérivables sur [0, n[.
"O
0 Pour tout x de [O, n[ :

(n - l)x(- ~)
c::
::J
0
v
...-!
h;/x) = 1 + - - -x- -
0 1- -
N n
@ n- 1
~
= 1 - --
..c:: n- x
Ol
ï:::: n- x - n+l
>-
a. =
0 n- x
u 1- x
= n- x

140
ce qui conduit au tableau de variations suivant :

X 0 1 n
h~(x) + 0

/'
0 - OO

Le théorème des valeurs intermédiaires permet donc de conclure à l'existence d ' un réel
a 11 E] 1, n[ tel que :

18.d) Le tableau de variations de h11 permet de connaître le signe de h 11 sur [0, n[ :

0 n
+ 0

et, par conséquent, celui de f(,. On obtient alors, pour j;,, le tableau de variations suivant :

X 0 n
f~(x) 0 +
0

/'
1
Ainsi, pour tout réel x de [0, n[ :

lj;,(x)I ~ lhr1(ar1)I

On calcule alors :

"O .,,
:<; e- o., {e'u(1 - ~ ) - 1}
c
0
::::i
<=
::;
'~
= e - 1i·
Il
{ 1 œn
- - -
1}
Cl
<.>
<.>
n
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<= n
@ "'0
....
..c
·a
::1 18.e) Étudions les variations de la fonction <P qui, à tout réel x de R+, associe xe-x. La fonc-
Ol ~Q.
·;::
~
tion <P est dérivable sur R+.
>- S!
a. Sa dérivée est donnée, pour tout réel positif x, par :
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

141
On obtient alors, pour </J, le tableau de variations suivant :

)(
10 1 +oo
~'(x) 0
1 +
~
e-1
1

/'
1 0 ""' 0

Ainsi, pour tout réel positif x:


1
1</J(x)I ~ -
e
Par suite, comme, pour tout réel x de [0, n] :
a e-a.
lf,i(x)I ~ -'-'-
n
on en déduit:
1
lf,,(x)I ~ -
ne
Pour tout réel positif x, il existe un entier no tel que, pour tout n ;;,, no :

X E (0, n)

On en déduit :
lim f,,(x)
n~+oo
=0
1
MijM Le domaine de définition de la fonction </J : x H .
arcsin(4x)
est

Wl1i La fonction t/J : x E R.* H arctan x + arctan ( ~) est dérivable sur R.*. Sa dérivée est
donnée, pour tout réel non nul x, par :
t/f' (x) =0
La fonction t/f est donc constante sur R.: :

V x > 0 : arctan x + arctan - (1) =arctan 1 + arctan (1) = 2 arctan 1 = 2 -4 = -2


X
1r 1r

"O
0
WJM 21.a) Cette inégalité est évidente pour tout réel x > 1. Il suffit donc de la démontrer pour
c::
::J 0 < x ~ 1. Or, sur l'intervalle Jo, 1[(qui contient l'intervalle ]0, l]) la fonction cp : x H x- sin x
0
v est dérivable; sa dérivée est donnée, pour tout x de ]o, 1[,par
..-!
0
N cp'(x) =1- cosx > 0
@
~
..c:: cp est donc strictement croissante sur ]0, l]. En particulier, pour tout réel x tel que 0 < x ~ 1:
Ol
ï::::
>-
a.
cp(x) > cp(O) =0
0
u On peut donc en déduire que, pour tout réel x tel que 0 < x ~ 1:

x > sinx

142
21.b) La fonction x H tanx ne s'annulant pas sur ]o,
1(, on peut appliquer le théorème de
dérivabilité d'un quotient de deux fonctions dérivables. On en déduit que f est dérivable sur
Jo,Î [.sa dérivée étant définie, pour tout réel x de Jo, H·
par:

tanx- _x_
.f'(x) = ___ co_s2_x
tan 2 X

sinxcosx - x
= sin2 x
si n(2x) - 2x
= 2sin x
2 < 0'

(on utilise le résultat précédent: sin(2 x) - 2 x < 0)


f est donc strictement décroissante sur ]o. 1[.
21.c) Comme f est continue et strictement décroissante sur !, alors :

JU) = L~r- J(x), }~11;1+ J<x)[ =JO, i [.

La stricte monotonie de f sur I assure son injectivité sur cet intervalle. De plus, l'application
f :I - f (!) est smjective. Elle réalise donc une bijection de I surf(/).

21.d) Comme f (~) = i· alors, d'après la définition de g, g G) i·


=
21.e) Comme f est dérivable sur I et que f'(V =l- ~ * 0, on peut appliquer le théorème de
~~~~ation des fonctions réciproques. On peut alors en déduire la fonction g est dé1ivable en i et

g
f (1f)
4 = 1 -l !!
2

WJW 22.a) En écrivant j(x) = sh (sin x), et en utilisant le théorème de composition des fonc-
tions dérivables, on en déduit que f est dérivable sur IR et que, pour tout réel x :

f' (x) = cos(x) ch (sin x)

22.b) La fonction .f est impaire. Sa dérivée est strictement positive sm [0, Î [. Elle est donc
strictement croissante sur] - ~,~[. Comme, par ailleurs, f est continue, l'image J = f (]-~, ~[)
de ]- ~, ~ [ par f est donnée par
"O .,,
:<;
0 <=
c
]f (- 1T)
2 ,f (1T)[
2 = ]- e2 - 1 e2 - 1 r
::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.> ~, ~ .
~
-~
"""
..-1
~
0
N <=
0
<=
f étant continue et strictement monotone sur]- ~,~[, elle réalise une bijection de]- ~ , Î[ dans J.
@
.... ·a"'
0

r r
22.c) La fonction 1 est impaire (comme/) . On a donc 1(0) =O. Comme .f'(O) = l 0, on *
..c ::1
Ol
·;::
>-
~Q.
~
peut appliquer le théorème de dérivation des fonctions réciproques. On en déduit alors que 1 r
a. S! est dérivable en 0, avec :
0 "
~
u -ci
0
<=
(r')' co) = i.
::l
0
@

143
WJW Déterminons le développement limité à l'ordre 5, au voisinage de 0, de la fonction
X H 'Pl (x) = e5in x .
..
Au voisinage de 0 : sin
. x ~ + 5!
= x - 3ï x5 + o (5)
r , et :

u2 u3 us
e" = 1 + u + "2 + 3ï + . . . + 5! + o (us)
On en déduit, par composition:

x3 xs
e sin x = 1+ X - - + - +0 (x5)
3'1 5'. 3
1 ( X - -x 3 + -x5 + 0 (x5)) + -1 ( X - -x 3 + -xs + 0 (x5))
+ -
2 3! 5! 3! 3! 5!

+ -1 ( X-
4!
-3! 5! 5!
._ + -x5 + 0(xS) )s + 0(x5)
~ + -x5 + 0(x5) )4 + -l ( X- .::.3
3! 5!

~ x5
= l+x - - + -
3! 5!
4
~
5
+ (x2 + _±_ _2 x ) + _!_ (x3 _ 3x )
2 3!3! 3! 3! 3!

x4 x5
+ -
4!
+-
5!
+o(x5)
soit:
2
esin x = .
l+x X +x4 ( -
+- l ) + r s (-
1 -- 2 - -3- ) +o (xs)
2 4! 3! 5 ! 3 !3 !
x2 4
= I +x + -+x ( -1 - -4 ) + x5 ( 1 - -3 ) +o ( x5)
2 4! 4! 3 X 4 X 5 36

= 1 + x + x2 + x4
2
(-2-)+
4!
1
xs ( - - - _!_) + o (x5)
12 X 5 12

= 1 + x + x2 - x48 + x5 (- _124X-5 ) + o (xs)


2

"O x2 x4 xs
0
c:: = l + X+ - - - - - +0
2 8 15
(x5)
::J
0
v
...-!
0
N
@ WJI Déterminons Je développement limité à l'ordre 6, au voisinage de 0, de la fonction
~
..c:: x H cp 2 (x) = In (cos x).
Ol
ï:::: x2 x4 x6
>-
a. Au voisinage de 0 : cos x =1 - !+ !- ! + o ( x 6 ), et :
0 2 4 6
u
u2 u3 u4 us u6
ln(l + u) = u- -2 + - - - + - - - + o(u 6 )
3 4 5 6

144
On en déduit, par composition :

soit:

ln (cos x) = - ~~ + =~ :~ - -l (: _ 2
2 xx: ! +) + ~ (- ~ ) + 0 (x6)
6

= - x2
2!
+ x4 (J.-4 ! - ~)8 + (-_!_6 ! 2
x6 _ I-
X 4!
- __!___)
24
+ o (x6)

= - x2 + x4 (__!___ - ~) + x6 (- 1 - _ I- - __!___) + o (x6)


2 24 8 24 X 5 X 6 2 X 24 24

= - x2
2
+ x4 (__!___ -
24
2-) +
24
x6 (- 1
24 X 5 X 6
+ _ I_
2 X 24
- __!__) + o
24
(x6)
4 6
= x2 2x x ( 1 1 ) 6
-2 - 24 + 24 - 5 X 6 + l - I + O (x )

WJW Déterminons le développement limité à l'ordre 6, au voisinage de 0, de la fonction


x H <p3(x) = (cos x)sinx

"O .,,
:<; On écrit :
0 <=
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
(cosx)sinx = e<si nx) ln (cosx)
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<= Au voisinage de 0 :
@
.... ·a"'0
..c ::1
Ol ~Q. x2 x4 x6
·;::
>-
a.
~
S!
COS X =1- - + - - - +O
2! 4! 6!
(x6 )
0 "
~
u -ci
0
<=
u2 u3 u4 us u6
0
@
::l
ln( 1 + u) =u - 2 +) -
4 +S - G + o ( u6 )

145
On en déduit, par composition :

ln (cosx) =

soit:
2 4 6 4 6 6
= x x x 1 (x 2x ) 1 ( x )
ln (cos x) - 2!+ 4! - 6! - l 4 - 2 X 4 ! + + 3 - S + O ( Xô)

= - x2 + x4 (__!_ - ~) + x6 (- __!_ _ l _ - __!_) + o (x6)


2! 4! 8 6 !2X 4 ! 24
= - x2 + x4 (__!_ - ~) + x6 (- 1 - _l_ - __!_) + o (x6)
2 24 8 24 X 5 X 6 2 X 24 24
= - x2
2
+ x4 (__!_ -
24 24
2-) + x6 ( -
24 X 5 X 6 2 X 24 24
1 + _ I_ - __!_) + o (x6)
2 4 6
= - 2x - 224x + 24
x ( 1 1 ) 6
- 5 X 6 + l - l + O (X )
4
x2 x x6 ( 8) 6
= -2 - 12 + 24 - 15 +0 (x )
x2 x4 x6
= -2 - 12 - 45 + 0 (x6)
Cette dernière quantité tend bien vers zéro lorsque x tend vers O.
On a aussi, au voisinage de zéro,

. X
sm =X - x3 + -x5 + 0 (X 6)
-
"O
3! 5!
0
c:: II en résulte, par produit :
:J
0
v x3 x5 } {-x2 x4 x6 }
...-!
0
(sinx) ln (cosx) = {x - - + ::...__ + o(x6 )
3! 5!
- -
2
-
12
- -
45
+ o(x6)
N
x3 xs xs 6
@
~
= -2 - 12 + 2x3! +o(x )
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
=
u

=
146
Comme, au voisinage de zéro,

u2 u3 u6
= 1 + u + -2 + -i + ... + - 1 + o (u 6)
11
e
3. 6.

On en déduit, par composition :

soit:
(cos x)sinx = e(sin x) ln(cosx)

x3 + 21 (x6)
=1- 2 4 + o(x6)
x3 x6
l - 2 + 8 + o (x6)

MN Déterminons le développement limité à l'ordre 3, au voisinage de~' de la fonction


X H <p4(x) = cosx - X sin X

1T
Comme on est au voisinage de Ï , on pose :

"O .,,
:<;

c
0 <=
::;
On a alors :
= cos(~+ h)
::::i '~
<.>
Cl <.> cosx
~
-~
"""
..-1
0 ~
= -sinh
N <=
0 h3
@
<=
= - h + 3i + 0 (h3)
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

147
1T 1T h2 h3
=2 - - + h - - + 0 (ti3 )
2 2! 2!

puis:

cosx - x sinx = - -1T - 2h + 1T


2 4 3! 2
h 2
- + h 3 ( - + - +oh3) 1 1) (
1T 1T h
2 2 h3
= - - - 2h+ - + - +o(ti3 )
2 4 3

W.j4 Par composition, un développement limité à l' ordre 4 au voisinage de 0 de la fonction

x E R. H cp5 (x) =e-x


est donné par :
x2 x3 x4
<p5(x) =1 - x+ -
2
- -
6
+-
24
+ o (x4 )

WJ:I Par composition, un développement limité à l' ordre 3 au voisinage de 0 de la fonction

X E JR. \ {!} 2
H <fJ6(X) = -.l -_l 2x
-

est donné par :

"O
0
c::
1
0
:J
W.:pM Pour p E N*, le développement limité de la fonction x H - -
1 + x-7
à l'ordre 2p en 0 est
v d on né par:
..-!
0
N 1
@
-. - -
? =1 - x2 + x4 + ... + ( - 1)P x2P + o (x2P)
1 + x-
~
..c::
Ol On en déduit, en intégrant:
ï::::
>-
a.
0 x3 xs ( - l )" x2p+1
u arctan x =x - 3 + S + ... +
2
p+
1
2 2
+ o (x P+ )

148
MJ1i 30.a) Les développement limités, à l' ordre 4 au voisinage de 0, des fonctions cosinus et
1 . d ,
x H -- sont respectivement 01mes par :
1- x
x2 x4 4
COS X = 1- -
2
+ - +0
4!
(x )
1
-
1- x
- = 1 + x + x 2 + x3 + x4 + o (x4 )
D'où, en multipliant

~o~ ~ = (1 - ~ + ~: + 0 (x4 )) ( 1 + x + x2 + x3 + x4 + o (x4 ))


et donc
4 4
cos x
- - = .l +x+x-+x
2 3 x2 x3 x x ( )
+x4 - - - - - - + - + o x 4
1- x 2 2 2 ~
x2 x1 13 x 4
= I + x+-+-+--+o (x 4 )
2 2 24
Le développement limité à l' ordre 4, au voisinage de 0, de la fonction exponentielle est donné
par :
x2 x3 x4
4
ex= l +x + + 3!+ ! + o (x )
2 4
Le développement limité cherché est donc:

30.b) Les développements limités à l ' ordre 4, au voisinage de 0, des fonctions de x H ln(l + x 2 )
et x H tan x, sont respectivement donnés par :

x3
tan x = x + + o (x4 )
3
D 'où, par composition:

"O .,,
:<;
li n' était donc pas nécessaire d 'aller j usqu'à l'ordre 4 pour le développement li mité de tan x .
0 <=
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
~
MJM 31.a) Le développement Limité à l'ordre 4 au voisinage de 0, de la fonction
-~ 1 d ,
"""
..-1
0 ~ x H _~
.
2
est onne par
N <=
0
vl - x
<=
@ "'
.... 0
·a
..c
Ol
::1

~Q.
=
·;::
>-
a.
~
S! x2 (-l)(-J_ - 1)
0
u
"
~ = 1+ 2 + 2 22 x4 + o ( x4)
-ci
0
<=
::l
x2 3x4
= 1+2 + 8
0
@ +o(x4 )

149
Le développement limité à l'ordre 4, au voisinage de 0, de la fonction arcsinus, s ' obtient en
intégrant termeà terme le développement limité à l'ordre 3 au voisinage de 0 de ~·ce qui
donne
arcsin(x) = x + ~ + o (x
4
)

Il en résulte :
x2 x3 3 x4
g1 (x) = 1 + x+ 2 + "6 + S + o(x4 )
31.b) Au voisinage de zéro :
4 4
(2x)2 (2x) ) ( 2x 4 )
ln(cos(2x)) =ln ( 1 - - - + 3! + o(x4 ) =ln l - 2x2 +
2 3 + o(x )
D'où, en utilisant un développement limité à l'ordre 2, au voisinage de 0, de la fonction
x H ln(! + x):
4 4
g2(x)= - 2x2 + 2 x - 2x4 + o ( x 4 ) = - 2.x-2 - 4 x +o ( x 4 )
3 3

MW 32.a) Au voisinage de zéro :


x3
3
1 + sin(x)=1 + x - 3! + o(x )

x3 )~
y! + sin(x) = (l + X - 3! + 0 (x3 )

= 1+ -
1( X -
x3) -
- -
x2 x3
+ - + 0 (x3 )
2 3! 8 16

x2
X x3
= l + 2- 8 - 48 + o (x3)

x x x2 x3
e-ï =l - 2+ 8 - 48 + o (x3)

.YI +sinx + e- ~ - 2
Il est clair que lim existe. On obtient :
x->O X3
"O x3
Vl+sinx + e-~ - 2
0 3
c:: . . - 41+o(x )
0
::J
hm
x->O x3
=hm ·
x->O x3
= 4!
v
...-!
0 32.b) Au voisinage de zéro:
N
@ -J1 + sin(x)=1 + ~ + o(x)
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
ev'l +sin(x) = el + ~+o(x) = ee~ +o(x) = e (1 + ~ + o(x))
0
u Et:
1 1 1 1 1
tan(x)
= x + o (x) = x 1 + o(l)
= -x (1 + a(l))

150
e vl+sinx _ e
Tl est clair que lim existe. On obtient :
x->O tanx

. evl+sin x _ e
hm = xlim
e (i + o(x))(J+o(l)) (l
=lime - + o(l) (l +o(l)) = :_
)
x .....o tan x .....o x x ..... o 2 2

32.c) Comme r = ex ln(x) , il est intéressant de poser y= x - 1, afin de se ramener à un calcul de


limite en O. On a alors :
e x ln x _ X e<11+I) ln(y+I ) _ y _ ]
----=
1- x+lnx ln(l + y) - y
e'' ln(y+ l)eln(y+ l) - y- 1
=
ln(l+y)-y
(y+ l)(ey ln(11+I) _ 1)
= ln(l + y) - y

Au voisinage de zéro:

ln(l +y) =y + o (y) y ln(l + y) = y2 + o (l) eY ln(y+ I) = l + y2 + o (y2)

et donc:

(y + l)(elf ln(y+J) - 1) (y + l )(y2 + 0 (y2)


ln(l+y)-y y - ~ - y + 0 (y2)

y2+o(y2)
=
-~ + 0 (y2)

1 + o( l )
= -1- - - •
-2 + o(l)

Il en résulte
. XX - X . (y+ l )(eyln(y+l) - l)
hm = l11n = -2
x..... 11 - x+lnx 11.....0 ln(l+y) - y

32.d) Il est judicieux de poser : y = ~ . On a alors :


X

"O .,,
:<; (l + ~ r = edn(I+ ~) = e~ ln(l+a y)
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
On commence par déterminer un développement limité de la fonction y H ln( I + œ y) à l'ordre
-~
"""
..-1 l au voisinage de 0 :
0 ~
N <=
0 ln(l + ay) = ay + o(y)
<=
@ "'
.... 0
·a . . , ln( 1 + œ y) . , . ,
..c ::1 ce qm condmt a: =a+ o(l). On en dedmt, lorsque y tend vers zero:
Ol ~Q. y
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
e! ln(l+üy) = ea+o(I) = ea· e l+o( I) = eçr (l + o(l)) = ea· + o(l)
u -ci
0
<=
~)x = lim e~ ln( l +<~y) =e
::l
0 Il en résulte : lim (1 + 0
'.
@ x->+oo X lJ->Û

151
MW L'équation différentielle homogène associée à (8 1) est :
y' + y=O

dont les solutions sont de la forme x C e-x, où C est une constante réelle.
H

Pour déterminer une solution particulière de (8 1), on utilise la méthode de variation de la


constante, en recherchant une solution sous la forme x H Yo(x) = C(x) e-x, où C est une fonction
dérivable sur lR. On obtient alors, pour tout réel x :

y~(x) = - C(x)e-x + C'(x)e-x


En injectant cette expression dans (8 1), on obtient:

y~(x) + Yo = - C(x) e-x + C' (x) e-x + C(x) e-x = 2 shx


soit :
C' (x) e-x = 2 shx
ce qui conduit à
C'(x) = 2ex shx = e2 x - 1
Il en résu lte :
e2 x
C(x) = T - x + Constante
La solution générale de (8 1) est donc donnée, pour tout réel x, par :

où Co est une constante réelle.

Ml L'équation différentielle homogène associée à (82 ) est :


y' + 2xy =0
La fonction x H - 2x est continue sur R C'est la dérivée de la fonction x H - x 2 . Les solutions
de l'équation différentielle homogène, y' = - 2xy sont donc de la forme x H C e-x , où C est
2

une constante réelle.


li est ensuite intéressant de remarquer que la fonction x H 1 est une solution particulière de (83 )
(cette remarque s' applique à toute équation de la forme y' + a(x) y= a(x), où a est une fonction
définie sur un intervalle l de IR, à valeurs dans IR, continue).
La solution générale de (82 ) est donc donnée, pour tout réel x, par :
1:l
0
c::
y(x) = Co e- ),.
2
+1
::J
0
v où Co est une constante réelle.
...-!
0
N MW L'équation différentielle homogène associée à (83) est :
@
~
..c:: xy' - 3x3 y=O
Ol
ï::::
>-
a. soit encore y' = 3 x 2 y (on peut simplifier par x, qui ne s'annule pas sur ~:).
u
0
Sur R:,
la fonction x H 3 x 2 est continue. C'est la dérivée de la fonction x H x 3 . Les solutions
de l'équation différentielle homogène, y' = 3 x2 y sont donc de la forme x H C ex3 , où C est une
constante réelle.

152
Pour déterminer une solution particulière de (83 ), on utilise la méthode de variation de la
constante, en recherchant une solution sous la forme x H y0 (x) = C(x) ex , où C est une fonction
3

dérivable sur Ill: . On obtient alors, pour tout réel x > 0 :

y~(x) = 3 x2 C(x) ex + C' (x) e~.3


3

En injectant cette expression dans (83 ), on obtient:

x y~(x) - 3 x 3 Yo = 3 x3 C(x) ex 3
+ x C' (x) ex
3
- 3 x 3 C(x) e).:; = 3 x3 e2 x 3

xC'(x)ex
3
= 3x3 e2 >.:;

puis, com me x > 0:


3
C'(x) = 3 x2 ex
Il en résulte :
3
C(x) =ex + Constante
La solution générale de (83 ) est donc donnée, pour tout réel x > 0, par :

y(x) = ex- ex + Co ex = e2 ..\ + Co e·


\ .3 .3 .3 J
1

où Co est une constante réelle.

MM Sur l'intervalle ]0, +oo[, la fonction x H ~est continue. C'est la dérivée de la fonction
X

x H 2 ln x. Les solutions del' équation différentielle homogène, y' =2y sont donc de la forme
X
x H C e2 10 x =C x2, où C est une constante réelle.
Pour déterminer une solution particulière de (84 ) , on utilise la méthode de variation de la
constante, en recherchant une solution sous la forme x H y 0 (x) x2 C(x), où C est une fonction =
dérivable sur IR.:.
On obtient alors, pour tout réel x > 0 :

y~(x) = x2 C' (x) + 2 x C(x)


En injectant cette expression dans (84 ), on obtient :

x2 C'(x) + 2xC(x) = 2xC(x) + x

ce qui conduit à C' (x)= ~X .


On peut alors choisir C(x) = ln(x). 11 en résulte, pour tout réel x > 0 :

"O .,,
:<; yo(x) = x2 ln x
0 <=
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
La solution générale de (84 ) est donc donnée, pour tout réel x > 0, par :
~
-~
"""
..-1
0 ~ y(x) = x 2 (Co+ lnx)
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0 où Co est une constante réelle.
..c ::1
Ol
·;::
>-
~Q.
~
MM L'équation différentielle homogène associée à (85) est :
a. S!
0 "
~ (x2 + l) y' +y = 0
u -ci
0
<=
0
::l
• yI

@ s01t encore y = - - 2- - .
• X + 1

153
1
La fonction x H - - - - est continue sur R C'est la dérivée de la fonction x H - arctan x.
X2 +1
Les solutions de l'équation différentielle homogène, y' = -2 -
y sont donc de la forme x H
X +1
C e-arcianx où C est une constante réelle.
Il est ensuite intéressant de remarquer que la fonction constante x H À est une solution particu-
lière de (85).
La solution générale de (85 ) est donc donnée, pour tout réel x, par :

y(x) =Co e-arcianx +À

où Co est une constante réelle.

E!I Les solutions polynomiales de l'équation différentielle (86) sont de la forme :


N

X H Ypoly11ornia!e(X) =I ak .1
k=O

où N est un entier naturel, et où ao, ... , aN sont des réels.


On a alors:
N

Y~oly11orniale<x) = I
k=I
k ak _1- I

En injectant cette expression dans (86), on obtient :


N N
x2 Y~olynomiale<x) - X Ypolynomia!e (X) = x2 I k ak _1- 1- X I ak .1
k=I k=O
N N
= Ikakxk+i - Iakxk+i
k=I k=O
N
1
= I<k - l)ak.1+ - aox
k=I
N+I
= I<k - 2)ak- i .I - aox
k=2
= x3 +X

Un polynôme étant nul si et seulement si tous ses coefficients sont nuls, on en déduit que, néces-
sairement, N + 1 = 3 et:
ao = -1
(N + 1 - 2) GN+ 1-1 = 1 c'est-à-dire a2 = 1
1:l
0
c::
et, pour tout entier k de {2, N) = {2} :
::J
0 (k - 2)ak-1 = 0::::} ak-1 = a1 = 0
v
...-!
0
N a 1 reste indéterminé.
@ On vérifie que, réciproquement, pour a 1 E R., la fonction x H x2 +a i x - 1 est bien solution de
~
..c:: (86) .
Ol
ï:::: L'équation différentielle (86 ) admet donc pour solutions polynomiales:
>-
a.
0
u 2
XHX +aix-1

On vérifie que, réciproquement, la fonction x H x2 +ai x - 1 est bien solution de (86).

154
Mi Soit f: iR.2 ---? JR, de classe C 2 .
On considère le changement de variables :
X= r COS e
{ y = r sin 0
On rappelle qu'en coordonnées cartésiennes :
a2f a2f
!J.f(x,y) = ôx2 + ôy2
On pose:
f(r, e) = f(r cos e, r sine)
OÙ r E IR.+ et e E [0, 2 n[.
La formule de dérivation composée conduit alors, pour tout (r, 0) de JR.+ x [0, 2 n[, à :

- âf( r, e.) = [âf]


- â(r cosO) + [âf]
- â(r sinO) (r, O)
Ôr ÔX (r cos0.r s in 8) Ôr ôy (r cos B.r sin B) Ôr

= cos e [ ôf]
-, +sine lôf]
-
i)x (rcos8,r sinB) fJy (r cosB,r sin B)
et :
iJJ (r, O) = [ôf
ôe ÔX
l (r cosB,r sin B)
ô(r cos 0) +
88
[af
ôy
l(r cosB.r sinB)
ô(r sin 0)
ôe

= - rsine[
81
OX
]
(r cosB.r sin8)
+ rcos e[
8
f]
ôy (r tosB,r sin B)

Il en résulte :

[ôf]
-
âx (r cosO.r s in O)
= cose -af (r e) -
f)r ,
sine aj
- - (r B)
r ôe ,

ôf] =sin 0 af (r, 0) + cos e af (r, 0)


[ fJy (r cosO,r s in O) Ôr r ôe
De même, par dérivation composée, pour tout (r, e) de IR.+ x [0, 2 rr[ :

a2f') (r,O) = a [al]


f) r- ôr ôr (r,O)

= -a [cose [af]
f) r
-
_Ô X (r cos 8.r sin 8)
.
+sine [af]
-
f) Y (r cos 8.r sin 8)
J

"O .,,
:<; = -fJ [ cos 0 [of]
- . 0 [ôf]
+ sin - J ô(r cosB)
c
0 <=
::; ÔX ÔX (r cos8.r sin8) ôy (r cosB,r sin B) Ôr
::::i
Cl
~
'~
<.>
<.> + -a [cos e - [ôfl . [ôfj
+sm e - J ô(r sine)
-~ f)y ÔX (rcos8,r sin8) Ôy (r cosB,rsin B) Ôr
"""
..-1
~

ll [ôxôy
0
N <=
0
<=
2 2
@ = cos2 e [ 8
~ + cos e sine -
8-f J
.... ·a"'0 ôx (r cosO,r sin O) (rcosO,r sin O)
..c ::1
Ol ~Q. 821
·;::
>- ~ + sine cos e [ - - ] + sin2 e [a2
-?1]
a.
"
S! ôxôy (r cos B,r sin 8) ôy- (r cos8,r s i11 8)
0 ~
u -ci
0
<=
a2f] [ a2f] 2 [a 21]
= cos2 0
::l
0
[ÔX (r cos B,rsin B)
- 2 + 2 cos 0 sin 0 - - + sin 0 -2
@
ôxôy (rcos8.rsin0) ôy (rcosB.r sin (I)

155
et:

aea [al]
fP]
ae2 (r,8) = ô() (r, (})

= a r- r sm. e [ôf]
- - + r cos e [of]
- ]
ae ôx (r cos8,r sin 8) ôy ( r cos 9.r sin 9)
= - r cos e [-af] . e [af]
- r sm -
ÔX (r cosO.r sin l:I)ây (r cosO,r sinO)
o [- rsm. e [of]
+- - +rcos e [âf]
- ] ô(r cos())
ôx ôx cos9,r sin9)
(r ôy cos8.r sin8) ae (r

+-ô [-r sm. e [ôf]


- + r cose [of]
- J o(r si n O)
ôy ÔX ( r cos8.r sin 8) Ôy (r cos8,r sin8) ô()
= - r cos e [-af] . e [af]
- r sm -
OX (r cosO.r sin l:I) ây (r cosO,r sinO)

+r2 sin2 e [-a 1] - r2 cos() sin e [-a -


f]
2 2

8x2 (r 2cos9.rsin9) ÔXÔlj (r cos8,r sin 8)

a1] + r2 cos2 e [a 1]
2
- r 2 sin e cos e [-- -?
ÔXÔlj (r cos8,r sin9) ôy- (r cos8,r s in 8)
= - r cos(} -
[ôf]
ÔX (r cos8,r sin9)
- r sme - . [ôf]
ôy (r cos8,r sin8)

+r2 sin e [ ~
2
~fJ - 2 r cose sine r~fJ
- ,- 2

âx (r cos8.r s in 8) ôxây (r cos8,r sin8)


+r2 cos2 e [-a f]2
2

ÔY (r cos 0,r sin 0)

(Il faut faire attention en dérivant par rapport à() l'expression

. [af]
-rsme - +rcose [of]
-
ÔX (r cos8,r sin8) Ôij (r cos8.r s in 8)

où chaque terme se dérive comme un produit: - r sine et [~f] dépendent de e, et il


X (r cos 0,r s in 0)

en est de même der cos(} et [~f]


Y (r cos 8,r sin 8)
.)
1:l On remarque alors que :
0
c::

r2 -a J2 (r 8) + -a J2 (r 8) = -a f2 + -a f2 - r cose [a- f] . [a-âyf] (rcos8,rs in 8)


:J 2 2 2 2
0 - r sme
v
.--! 8r ' ae ' 8x 8y ox (rcos9.rsin 9)
r2 fl. f(r,8) - r-af
0
N
=
@ or(r, 8)
~
..c::
Ol On peut alors en déduire l'expression du laplacien en coordonnées polaires:
ï::::
>-
a.
0
u

156
Mill Une fonction f: JR.2 --? R est dite homogène de degré a E R* si, pour tout réel stricte-
ment positif il, et tout couple de réels (x, y) :

f(À X, 1l y) = A'r f(x, y)


Lorsque la fonction f est de classe C 1 sur JR.2 , si on dérive la re.lation précédente par rapport à À,
on obtient, par dérivation composée, pour tout (x, y) E JR.2 :

x[af ] + y[af ] =œ11<r- 1f(x,y)


8x (Ax.Ay) 8y (Ax.Ay)
Cette relation étant vérifiée pour tout réel À, elle 1'est pour 1l = 1, ce qui conduit à :

X 8/)j (X, y)+ ij 8Ôj (X, y) = a j(x, y)


·x y

MIM 41.a) Pour déterminer les fonctions f: R: x R.--? R., de classe C 1, solutions de l'équation
aux dérivées partielles :
8/ iJf
x -+ y - =0
8x 8y
on passe en coordonnées polaires, en effectuant le changement de variables :

X = r COS8
{ y=rsinO

Comme (x, y) E R.: x R --? R : (r, 8) E IR: x ] - ~, ~[.


II faut aussi effectuer un changement de fonction inconnue, en posant :

j(x, y) = f(r cos e, r sine) = .f<r, e)

La formule de dérivation composée condui t alors, pour tout (r, 8) E R.: x ] - ~,~[,à:

ôf (r, 8) = [ôf] ô(r cose) + [ôf] ô(r sine)


8r 8x (nos6,r sinB) or Ôij (r cos6.r sinB) Ôr

= cos e [-·ôl]
ÔX
-
(rcosO.rsinO)
+ sin e [ôf]
-
ôy (rcosO.rsinO)

et:
"O .,,
:<;
8j(r,O) = [8! ] 8(r cose) + [8f] 8(r sine)
c
0 <=
::;
88 8x (r cosO.rsinO) 88 8y (r cosO,r sinO) 88
::::i ·~
<.>
Cl

[-âf]
<.>
~

"""
..-1
-~ = - r si n 0 + r cos 8 [ôf
- ]
0 ~ 8x (r cosO.r sin O) 8y (r cos O.r sin O)
N <=
0
<=
@ "' Il est judicieux de remarquer que :
....
..c
0
·a
::1

~Q. 8f . 8f
= r 8/
Ol
·;:: r cos 8 - (r, 0) - sm 0 - (r, B) - (x, y)
~
>- S! 8 r 8r 8x
a.
0 "
~
u -ci
0
et :
<=
. 8/ 8f
= r -8/y (x,y)
::l
0
@
r sme- (r,O) + coso - (r,0)
8r 8r 8

157
Il en résulte :
af . af
rcos2 e ôr(r,e) - cosesme ôe(r,B)=rcose ôx(x,y)
af
et:

ce qui conduit à :
a a· a-
x fr
a~ (x, !!) + !! a~ (x, y) =r (r, e)
Par suite :
af
ôr (r, B) = 0
et donc:
f(r, B) =h(B)
où h est une fonction de classe C 1 sur] - ~ , ~[.
En repassant en coordonnées cartésiennes, on en déduit finalement, pour tout (x, y) e JR: x lR :
f(x, y) =h (arctan(~))

41.b) À l' aide du changement de variables

u=x + y
{ V= x- y
déterminons les fonc tions f : ~2 ~ IR, de classe C2 , solutions de l' équation aux dérivées par-
tiel les :

On remarque que, pour tout (x, y) de !R.2 :

X= U; V
u- v
{ y= -
2
On pose:
-
f(u,v) =f (u- 2+-v,u--2- v)
La formule de dérivation composée conduit alors, pour tout (u, v) e R.2 , à :

"O
0
c::
:J
0
v
...-!
0
=
N
@ et :
~
..c:: U +V)
(
Ol
ï:::: ôf
-, = [ôf]
-,,. ô -ôu2 + [ôf]
-,
>-
a. ou éJx ( ";"."ï" ) éJy ('';"."ï")
0
u
=

158
De même, par dé1ivation composée, pour tout (u , v) E iR2 :

Par suite, pour tout (u, v) E !R2 :


éJ2f
- =0
ôuôv
f est solution si et seulement si, pour tout (u, v) E !R2 :

f(u, v) = h(u) + g(v)


où h et g sont deux fonctions de classe C 2 sur R
En repassant en coordonnées cartésiennes, on en déduit finalement, pour tout (x, y) E !R2 :

f(x, y) = h (x + y)+ g(x - y)

L' équation aux dérivées partielles étudiée est un cas particulier de l'équation des ondes:

où c désigne la célérité, et t la variable temporelle (rôle joué ici par y).

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

:::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
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0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

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Ol ~Q,
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>- S!
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@

159
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0
c
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a
~
.-l
0
N
@
......
.!::
Ol
ï:::
>-
0..
0
u
Algèbre

La présentation est similaire à celle adoptée pour« Calcul Vectoriel » :


après les nombres complexes, on présente les matrices; les vecteurs ar-
rivent ensuite très naturellement, le fait de disposer de la notion de
déterminant simplifie les calculs pour la détermination d'équations de
droites ou de plans dans l'espace à trois dimensions. Il est ensuite lo-
gique de passer à l'étude des transformations linéaires du plan et de
l'espace, qui préfigurent celles en dimension quelconque n ; : : 2. On
passe ainsi facilement à la dimension n;;:::: 2, et aux espaces vectoriels.

lan
Focus : Les nombres complexes . ..... ....... . . .. ........ . . .... . . ............ 162
Le plan complexe - Les nombres complexes .. .... .. . ...... ...... . . ....... .. 161
Focus : Transformations complexes, fractales,
et représentations de la nature . .................................... 204
Matrices .................................................................... 206
Focus: L'origine des matrices ............................................... 230
Focus : Les matrices et leurs applications ... ................................ 232
Focus : Produit scalaire, espaces fonctionnels et calcul numérique .. ....... 253
Focus : Géométrie euclidienne - ou non ? Encore des matrices ! ........... 258
Transformations linéaires du plan .......................................... 260
Transformations linéaires de l'espace ...................................... 273
L'espace JR" ..•....•. . ..... . .•....•.........•..... . . . .•....•............••. . .. 286
Focus : Groupe spécial orthogonal et cristallographie . ...... ..... ... . ..... 303
Focus: Diagonalisation - La toupie de Lagrange (et de Michèle Audin) ... 305
Espaces vectoriels .. . .... . . ...... ....... . . ...... ....... .... . . ...... ....... ... 306
Exercices ........ ... ...................... ...... ................... ....... ... 315
Corrigés .................................................................... 323

....
..c
Ol
·;::
>-
0..
0
u
Une paternité controversée
Un peu d'histoire... C 'est la fameuse Controverse de Cardan, au sujet de la résolu-
tion des équations du troisième degré, de la forme x3 + px = q; Jérôme Cardan
(1501-1576) publia, dans Ars magna en 1545, les formules donnant la solution de
ces équations :

x=
La controverse vint du fait que ces formules furent également trouvées par Nico-
las Tartaglia (1499-1557), qui en revendiqua la paternité. Il semblerait, d'après ce
qu ' écrit Cardan, que ces formules furent découvertes, en premier, par Scipione da!
Ferro (1465-1526), qui , malheureusement, ne publia jamais ces résultats, et ne les
confia qu' à un cercle restreint d' élèves.
À la fin du XVTi èmc siècle, le mathématicien italien Rafael BombelJi (1526-1572)
applique, dans son ouvrage l'Algebra, cette formule à l'équation x3 - 15 x = 4, et
obtient:
X = ~2 - 11 ~ + ~2 + 11 Çj_
où l'écriture « Y-1 » désigne un nombre, a priori inconnu, dont le carré vaut - 1.
Une racine évidente entière de l'équation précédente est, bien sûr, 4. Mais si on
recherche les autres racines, la formule obtenue par R. Bombelli prend un tout autre
sens; bien que la fonction x H -V ne soit définie que sur R+, on constate, en utilisant
les identités remarquables :

(a - b)3 = a3 - b 3 - 3 a 2 b + 3 a b2 , (a+ b)3 = a 3 + b3 + 3 a2 b + 3 a b2


que:

(2 - Y-1)3 = 2 3 + Y-J - 3X4 Y-J + 3 X 2 (- 1) =2 - 11 Y-J


et:
(2 + Y-1)3 = 2 3 - ~+3X4 ~+3 X 2 (- 1) = 2 + 11 ..,f-ï
Ainsi:
~2-11.../-ï+~2+11 "'-Ï = 4 ER
qui a un sens, et est bien solution de l'équation de départ :
....
..c
Ol
·;:: 4 3 - 15 X 4 - 4 =Ü
>-
0..
0
u Le fait que -1 puisse être le carré d ' un nombre, même « imaginaire », a ainsi com-
mencé à faire son chemin.

162
Des nombres imaginaires bien pratiques
Leonhard Euler (1707-1783), s'intéressa également aux nombres complexes. On lui
doit, notamment, la formule portant son nom. Jean le Rond D'Alembert ( 1717-1783)
mit en évidence la propriété de clôture algébrique du corps des nombres complexes.
En 1799, Caspar Wessel (1745-1818), mathématicien danois et norvégien, publie
un mémoire où il utilise les nombres complexes pour représenter des lignes géomé-
triques, caractérisées par leur longueur et leur direction.
Les interprétations géométriques, et les applications qui en résultent, se déve-
loppent, essentiellement, à partir du xrxième siècle, avec, tout d'abord, le chanoine
Buée, puis Jean-Robert Argand (1768- 1822), Carl Friedrich Gauss ( 1777-1855) et
Augustin Cauchy (1789-1857). Depuis, la recherche sur les nombres complexes
connaît un essor considérable : les nombres complexes sont au cœur de la géométrie
Il\
algébrique et analytique moderne (avec, notamment, les travaux de Jean-Pierre Serre, ~

Alexandre Grothendieck, et Hans Grauert), puis ceux d 'Adrien Douady (1935-2006), ~

professeur à l'Université d'Orsay, qui s'intéressa à l'application aux systèmes dyna- -u


n:s
miques des nombres complexes, les ensembles de Julia, les fractales et ensembles de u
Mandelbrot ...
Et c'est ainsi que sont nés les nombres complexes. Il faut les considérer comme
des outils, extrêmement pratiques pour résoudre des problèmes qui, sinon, n'auraient
pas de solution.
• Adrien-Quentin Buée, chanoine honoraire de Notre-Dame, est mort en 1825 à 80
ans ; versé dans les sciences, il publia des écrits mathématiques ; il est souvent
qualifié «d'abbé» par confusion avec son frère 1' Abbé Buée, chanoine titulaire
de Notre-Dame (7].
• Jean-Pierre Serre (1926-) fut lauréat de la médaille Fields en 1954. Q)
Il\
• Alexandre Grothendieck ( 1928-) fut lauréat de la médaille Fields en 1966, il appa-
raît comme un refondateur de la géométrie algébrique.
-n:sc:
~

<(
• Hans Grauert est un mathématicien allemand (1930-2011), il travailla beaucoup sur
les variétés complexes. Ses travaux se placent dans la lignée de ceux d'Hermann
Weyl, David Hilbert, Bernhard Riemann.
• Gaston Maurice Julia ( 1893-1978) est un mathématicien français.
• Benoît MandeJbrot ( 1924-2010) est un mathématicien franco-amé.ricai n.
"O .,,
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c ::;

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Ol ~Q.
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~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
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0
@

163
Le corps des nombres complexes

Identifions JR2 à un plan muni d'un repère orthonormé direct ( O; 7, ~ ;c'est assez naturel,
dans la mesure où un point du plan est repéré par deux grandeurs, ses deux coordonnées,
abscisse et ordonnée : on est ainsi en dimension 2.

1. le plan comme ensemble de nombres complexes


Une interprétation très intéressante et très naturelle pour introduire les nombres com-
plexes est celle de Jean-Robert Argand 1 [8], et dont Jos Leys, Étienne Ghys et Aurél ien
Alvarez [10] donnent une interprétation extrêmement claire.
Représentons (voir figure 43.1) l'axe des réels par une droite graduée .VJR., d'origine 0;
la multiplication de l par - 1 envoie 1 sur -1 , qui est l' image de 1 par la symétrie de
centre 0 , que l'on peut aussi considérer comme étant la rotation de centre 0 , d'angle 1· r.
De même, la multiplication de - 1 par - 1 envoie - 1 sur 1.

-3 -2
-e 2 3

Figure 43.1- La droite réelle

Notons ile point image de 1 par la rotation de centre 0 et d'angle ~ : ce point n'est
plus sur la droite initiale, mais sur la perpendiculaire à celle-ci passant par l'origine.
Si on va un peu plus loin, et que l'on assimile la multiplication par i à l'opération
résultant de la rotation de centre 0 et d'angle ~, cela signifie que, si on applique cette
même rotation au point i, c'est-à-dire qu'on le multiplie par lui-même, c'est-à-dire i, on
obtient le point situé en -1 sur la droite VJR. !
Considérer les points du plan comme des quantités sur lesquelles on peut définir
une opération comme la multiplication permet donc de définir une racine carrée au
nombre - 1, puisque l'on a alors:
ixi = -1

Comme le point i a pour coordonnées (0, l), il est donc naturel de poser :
....
..c
Ol
·;:: i = (0, 1)
>-
0..
0
u 1. Jean-Robert Argand ( 1768-1 822), mathématicien suisse, célèbre pour son interprétation géométrique des
nombres complexes comme points du plan. Il a également démontré le théorème de d'Alembert-Gauss, qui
sera vu ultérieurement dans les pages qui suivent

164
Ainsi, à chaque point du plan JR.2 , de coordonnées (x, y) = x x (1, 0) + y x (0, 1), on peut
associer le nombre complexe, ou nombre imaginaire :

z= x + iy
appelé affixe du point M.
Il est clair qu'il est plus facile de manipuler la grandeur z = x + i y plutôt que x x
( l, 0) +y x (0, 1) : on choisit donc, pour la suite, la notation la plus simple, c'est-à-dire
la première!

2. Définitions et propriétés fondamentales


> Ensemble C
On appelle ensemble des nombres complexes, que l' on note C, l'ensemble :

C={z= x+iy, (x, y) E JR.2 } Il\


~
~
(qui est aussi l'ensemble des couples de réels de la forme (x, y), si on identifie JR. 2 et C).
-u
n:s
> Écriture cartésienne u
On appelle écriture cartésienne d' un nombre complexe z sa décomposition sous la
forme:
z=x +i y
où x et y sont des réels.

> Racine
i est une racine carrée complexe de -1 , car il vérifie 2 :

i2 = - l
Q)
(«Une» racine, car -i est aussi une racine carrée complexe de - 1 : (-i)2 =- 1.) Il\

-n:sc:
~

Théorème <(

Tout élément z de C s'écrit, de manière unique z = x + i. y, où x et y sont des réels.


> Partie réelle
On appelle partie réelle du nombre complexe z = x + i y, (x, y) E JR.2 , le nombre réel
noté 'Re(z), et défini par :
"O
0
.,,
:<;
<=
'Re(z) =x
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
~
> Partie imaginaire
-~
"""
..-1
0 ~ On appelle Partie imaginaire du nombre complexe z = x + i y, (x, y) E IR2 , le nombre
N <=
0
<= réel noté I m(z), et défini par :
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Im(z) = y
~Q.
Ol
·;::
>- ~
Tout nombre complexe dont la partie réelle est nulle, c'est-à-dire de la forme z = i y,
a. S!
" y E JR, est appelé imaginaire pur.
0 ~
u -ci
0
L'ensemble des nombres imaginaires purs est noté i lR.
<=
::l
0
@ 2. Les règles de calcul dans <C seront développées au paragraphe suivant.

165
3. Règles de calcul dans C

Théorème
L'ensemble C peut être muni de deux lois, notées + et x, qui prolongent les lois + et x
de R

On aura donc, pour tous nombres complexes z = x + i y et z' = x' + i y' de C :


z z' = (x + i y) (x' + i y')
= x (x' + i y') + i y (x' + i y')
= x x' + i x y' + i y x' - y y'
= x x' - y y' + i (x y' +y x')

4. Conjugué
On appelle conjugué du nombre complexez = x+ i y, (x, y) E JR.2 , le nombre complexe:

z = x - iy

Propriété
Pour tout nombre complexe z:
'Re(z) = 'Re(z)
Propriétés
1. Pour tout nombre complexe z:
z + z = 2 'Re(z)
{ z - z = 2iim(z)

2. Pour tout nombre complexe z :

zE lR <=} z = z

3. Pour tout nombre complexe z :

Z E i JR <::} Z = -z
4. Pour tout couple (z, z') de nombres complexes :

z + z' = z +_i'
{ zz' = zz'

....
..c
Il résulte de la propriété précédente que, pour tout nombre complexe z :
Ol
·;::
>- -z = -z
0..
0
u et tout entier naturel n :
Z
11
= z'

166
Représentation géométrique
des nombres complexes

On se place, dans ce qui suit, dans le plan R 2 rapporté à un repère orthonormé direct
( O; i, ~·À tout nombre complexez = x+ i y, on associe le point M de coordonnées (x, y)
dans Je plan.

>- Image
On appelle image du nombre complexe z = x + i y , (x, y) E R2 , Je point M de coordon-
nées (x, y).
Il\
~
>- Affixe
~

On appelle affixe du point M de coordonnées (x, y) E R 2 , Je nombre complexe -u


n:s
afj(M) = ZM = X+ iy. u
~ . ~
On appelle affixe du vecteur û = AB le nombre complexe aff(AB) = ZB - ZA·
~
L'affixe du point M de coordonnées (x, y) est aussi celle du vecteur 0 M.

Propriétés
1. Pour tout couple de vecteurs (û, iJ) du plan :

aff(û + iJ) = af f(ïl) + aff(ïJ)


Q)
Il\
2. Pour tout vecteur ü du plan, et tout réel À :
-n:sc:
~

aff(A Û) = À aff(ïl) <(

>- Module
On appelle module du nombre complexe z = x + i y, (x, y) E R 2 , et on note lzl, Je réel
positif lzl = .../x1 + y 2 (c'est aussi la distance du point d'affixe z à l'origine).

>- Argument
"O .,,
:<;
On appelle argument du nombre complexe non nul z = x+i y, (x, y) E R 2 , toute mesure,
0 <=
c
(tôM),
::;

::::i '~
<.>
Cl <.> en radians, de l'angle orienté où M est le point d'affixe z. On notera arg(z) une
~
-~
"""
..-1
0 ~ telle mesure .
N <=
0
<= L'unique argument de z appartenant à l'intervalle l - 7r, 7r] s'appelle l'argument prin-
@ "'
....
..c
0
·a
::1
cipal.
Ol ~Q.
·;::
~
>- S! ~ 1. Le nombre complexe nul 0 ne possède pas d' argument.
a.
0 "
~
u -ci
~ 2. Un nombre complexe non nul possède une infinité d'arguments! Si ()es t un argument du
0
<=
::l
0
nombre complexe z E C *, les autres arguments de z sont exactement les réels de la forme
@ () + 2 br, k E Z.

167
l m (z) z

lzl

_, arg(z)
j
0-:-+ Re (z)
I

Figure 44.1 - Représentation géométrique d'un nombre complexe non nul.

Pour tout nombre réel (), on pose :

ei 8 = cos () + i sin ()

Propriétés
1. Tout nombre complexez de module 1 peut s'écrire sous la forme:

z = ei 8 = cos B + i sin B

où ()est un réel, unique à 2 7f près, tel que :

() = Arg(z) [2 lf]

où l'écriture [27r] signifie modulo 27r, c'est-à-dire:

() = arg(z) + 2 k 7f , k E Z

2. Pour tout nombre complexez non nul, il existe un réel strictement positif, r, et un
réel, (), tels que z s'écrive sous la forme :

z = r ei 8 = r cos() + i r sin()

"O
où () est un réel, unique à 2 7f près :
0
c::
0
::J
() = arg(z) [2 7f]
v
..-!
0
N 3. Pour tout nombre complexez non nul, s'il existe un réel strictement positif, r, et un
@ réel () tels que :
~
..c::
Ol
z = r ei 8 = r cos () + i r sin ()
ï::::
>-
a. alors:
0
u r = lzl
{ B = arg(z) [2 7f]

168
>- Exponentielle complexe
Pour tout nombre complexez = x + i y, (x, y) E R2 , on pose:

e2 = ex+i Y = ex ei Y = ex (cos y + i sin y)

e désigne ainsi l'exponentielle complexe.

Il est clair que, pour z =x E ~. on retrouve l'exponentielle réelle.


D'autre part, l'exponentielle complexe étant définie à partir de l'exponentielle réelle, on aura
nécessairement, pour tout z de C, comme je<I =e'Re(z) :

Propriétés Il\
~

1. Pour tout couple de nombres complexes (z, z') : ~

-u
n:s
u

2. Pour tout nombre complexe z et tout entier naturel n:

Q)
Il\

-n:sc:
~

<(

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
...-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

169
Inversion des nombres complexes

1. Inverse d'un nombre complexe


>- Propriétés

1. Tout nombre complexe non nul z admet un unique inverse, noté z- 1, tel que :

zz- 1 = z- 1 z = l

2. Pour tout nombre complexe z :


1 _,
- =e ~
eZ

3. Pour tout nombre complexe z et tout entier relatif k :

>- Calcul de l'inverse d'un nombre complexe

En pratique, pour calculer l'inverse d'un nombre complexez = x + i y, (x, y) E R 2 , on


recherche l'inverse z- 1 du nombre complexez sous la forme z- 1 = x + i y', puis on écrit :

.J . , 1 x -iy x -iy
À- +iy = - - = = ---
X+ i y (x + i y) (x - i y) x2 + y2

(c'est la technique classique qui consiste à multiplier numérateur et dénom inateur par
l'expression conjuguée du dénominateur, ce qui permet donc de faire apparaître le mo-
dule de celui-ci.)
Il ne reste plus qu'à identifier parties réelles et imaginaires, tout nombre complexe
s'écrivant de manière unique:

X
x' = - - - y' = - y
x2 + y2 x2 + y2

Il en résulte :
- 1 z
z = lzl2

....
..c 2. Anneau commutatif
Ol
·;::
>- On désigne, souvent, C comme étant Je corps des nombres complexes, parce qu'il est
0..
0 muni d'une structure algébrique, dite structure de corps, qui désigne un ensemble muni
u
de deux opérations, notées « + » et « x », dans lequel tout élément non nul est inver-
sible. Plus précisément, un corps est un anneau commutatif, dans lequel tout élément

170
non nul est inversible; un anneau .91 est un ensemble (.91, +, x), muni de deux lois de
composition internes, +et x, telles que:
• (.91, +) est un groupe commutatif (c'est-à-dire un ensemble non vide, muni d'une
loi de composition interne, notée, en général, « + », associative, conunutative, ad-
mettant un élément neutre 0.91, et telle que tout élément soit symétrisable), d'élément
neutre Ü.91.
• la loi de composition interne x est associative :
V (21, 22, 23) E .913 :
2 1 X (22 X 23) = (21 X 22) X 23

et distributive à gauche et à droite par rapport à la loi + :


V (21, 22, 23) E .913 :
Il\
21 X (22 + 23) = 21 X 22 + 21 X 23 , (21 + 22) X 23 = 21 X 22 + 22 X 23 ~
~

• la loi de composition interne x admet un élément neutre, distinct de Ü.91, noté l .91. -u
n:s
u
Si la loi x est commutative, l'anneau est dit commutatif, ou abélien.

Q)
Il\

-n:sc:
~

<(

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
.-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

171
Propriétés fondamentales
des nombres complexes

Pour tout nombre complexe non nul z:


arg(z) = - arg(z) [2 7r]
arg( - z) = arg(z) + 1T [2 7r]
{
arg( - z) = 1T - arg(z) [27r1

Pour tout nombre complexe non nul z, et tout réel strictement positif À :

arg(Az) = arg(z) [27r]

~ Ces propriétés permettent de traduire des problèmes de géométrie par des relations entre
~ nombres complexes.

Corollaire
• Pour tout couple de nombres complexes (z, z') E C* x C* :

arg(zz') = arg(z) + arg(z') [27r]

• Pour tout couple de nombres complexes (z, z') E C* x C* :

arg(;,) = arg(z) - arg(z') [27r]

Démonstration :
Il suffit d'utiliser la forme polaire. •

Pour tout couple (z, z') E C x C* : (~) = z.


z' z
I

Pour tout nombre complexez = x + i y, (x, y) E R2 :

lzl = YU = ~x2 + y 2
Pour tout couple de nombres complexes (z, z'): lzz'I = lzl lz'I.

Corollaire
Pour tout nombre complexe z E C, et tout réel À :
IA zl = IAI lzl
....
..c
Ol
·;::
>-
0..
Pour tout couple (z, z') E C x C'' : 1;,1= 1~11 .
z : 1~1
0
u Pour tout nombre complexe non nul = _!_.
lzl z
Pour tout couple (z, z') E C 2 : lz + z'I ~ lzl + lz'I.

172
Dans C, il n'y a plus la notion d ' ordre usuelle « < », « > » : on ne peut donc comparer un
nombre complexe à un autre, ou dire s'il est positif ou négatif, etc ...
Le symbole y reste réservé aux nombres réels positifs.

:> Formules d'Euler


Pour tout réel (} :
ei8 + e-i 8 eifJ - e- i fJ
cosB = - - - - sin (} = - - - -
2 2i
:> Formule de Moivre1
Pour tout réel e, et tout entier naturel n :

(cos(} + i sin BY1 =cos n(} + i sin n(} Il\


::::::1

::::::1

-u
n:s
u

Q)
Il\

-n:sc:
~

<(

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@ 1. Abraham De Moivre (1667-1754). C'est un des premiers vrais « probabilistes».

173
Complément : les polynômes
de Tchebychev

Dans ce qui suit, on s' intéresse à la famille des polynômes de Tchebychev ' (Tn)n?:2 ,
définie, pour tout entier naturel n, par T11 (8) = cos(n, B). On montre que chacun des Tn,
n E N , est un polynôme de degré n en cos 8.
Soit () un réel non nul.

1.Étape1
Vérifions que cos(2 (}) est un polynôme de degré 2 en cos (} :

cos(2()) = cos2 () - sin2 () = 2 cos2 B- 1 = P (cos ()),

où P est le polynôme défini sur C par P(z) = 2 z2 - l.

2. Étape 2
Montrons que cos(3 ()) est un polynôme de degré 3 en cos ().
D'après la formule de Moivre:

cos(3 ()) = <Re ( e3 i 8)


Or :
3
e3 iB = ( ei 8) = (cos() + i sin ()) 3 = cos3 () + 3 i cos2 ()sin() + 3 cos() (i sin 8)2 + (i sin 8)3

soit:
e3 iB = cos3 () + 3 i cos2 () sin () - 3 cos() sin2 () - i sin3 ()

En identifiant parties réelles et parties imaginaires, on en déduit :

cos(3 ()) = <Re ( e3 iB) = cos3 () - 3 cos(} sin2 B = cos3 () - e


3 cos (1 - cos2 B)
= 4 cos 3 f} - 3 cos e

3. Étape 3
Démontrons par récurrence que, pour tout entier naturel non nul n, cos(n ()) est un poly-
nôme, noté T 11,, de degré n en cos B, de coefficient dominant 2n- I .

• Au rang 0 : cos (0 x ()) = 1 = cos0 (&) .


• La propriété est vraie au rang 1 : cos() est bien un polynôme de degré 1 en cos(), de
.... coeffici ent dominant 2 1- 1 = 1.
..c
Ol
·;:: • La propriété est vraie au rang 2 : cos(2 8) = 2 cos2 () - 1 est bien un polynôme de
>-
0..
0 degré 2 en cos (), de coefficient dominant 22- 1 = 2.
u
l. Pafnouti Lvovitch Tchebychev ( 1821-1894), mathématicien russe, qui apporta de nombreuses contribu-
tions en probabilités et en statistiques.

174
• Supposons la vraie jusqu'à un rang n > 1.
Les formules d' addjtion permettent alors d' écrire :
cos ((n + 1) O) = cos (nB) cos(} - sin (nB) sin B,
et cos ((n - 1) e) = cos (ne) cos e +sin (ne) sine.
Par suite, en additionnant membre à membre ces deux relations, on en déduit
cos ((n + 1) B) +cos ((n - 1) (}) = 2 cos (n B) cos B, puis :
cos ((n + 1) B) = 2 cos (n 0) cos 8 - cos ((n - 1) 8).
Par hypothèse de récurrence, cos (n 8) est un polynôme de degré n en cos B.
cos (n 8) cos() est donc un polynôme de degré n + 1 en cos B. Comme cos ((n - 1) B)
est un polynôme de degré n - 1 en cos B, cos ((n + 1) 0) est bien un polynôme de degré
n + 1 en cos B.
Il\
Le coefficient du terme de plus haut degré est: 2 x 211- 1 = 2n = 2n+ 1- 1• La propriété ~

est donc vraie au rang n + l. ~

• Comme elle est vraie au rang 1, elle est donc vraie pour tout entier naturel n ~ 1. -u
n:s
u
Ce résultat peut aussi se démontrer grâce à la formule de Moivre :
118
cos(nB) = 'Re(ei )
n n
Or: einB = (eiBr = (cos(}+ i sin 8)' = I 1
c~ cosk ei' - k sinn- k B = I
1
c~ cosn- k f) l sink e
k=O k=O

où C~ désigne le coefficient binomial ( ~). soit :


n Il

I
k=O, k pair
I
k=O, k impair
Q)
Il\

E(V E( nzl ) -n:sc:


~

~ C p COSn-lp8i2P sin P8+ ~ Clp+l COSn-lp-l 8;2P+I sinlp+l 8


2 2
~ n ~ n <(
p=O p=O
E(V E("; ' )
I (- J )PC~P cos 11 - 2 P8(sin 2 8)P + i I (- l )'' C~p+l cos11- 2 P- 1 ()sin 2 P+ 1 e
p=O p=O
E(V E("21 )
= I (- l)P c;P cosn-lp 8(1 - cos2 ())P + i I (- l )PC?ip+l cosn-lp-I Bsin2 P+I (}
"O .,,
:<; p=O p=O
0 <=
c ::;
Par suite:
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
E( ~ )
0"""
..-1

N
-~
~
<=
0
<=
cos(n 8) = I (- 1)P c~ p cosn-l p 8 (1 - cos2 8)P
@ p=O
"'
.... 0
·a
..c
Ol
·;::
>-
a.
::1

~Q.
~
S!
Ï (- l)P
p=O
c~P cos
11
-
2
PB {f k=O
(- 1/ c~ 2
cos k e}
0 "
~ E(~) P
u -ci
(- l)p+k c~P c~
0
<=
::l I I cosn+2k-2p (}
0
@ p=O k=O

175
Le terme de plus haut degré est obtenu lorsque k = p, et vaut donc :
E(V E(V E(V
I (-1 ) 2
P c;P c~ COS = I c;P cosn () = cosn ()
11
() I c;,P
p=O p=O p=O

Or:
n n E( V E( n; I )
211 = o + l)n = I c~ 1p 1n-k = I c~ = I c; p + I c; p+1
k=O k=O p=O p=O

n n E( V E( n2 I )
o= Cl - 1r = I c
c~ -1 )k 1 11-k = I c- l)k c~ = I c; p - I c;, p +i
p=O k=O p=O p=O

En additionnant membre à membre ces deux relations, on en déduit :

E(V
~
2
11
= 2 LJ c 2p
11
p=O

E(V
et donc: I c;P = 211- 1•
p=O

4. Étape 4
Déterminons la relation de récurrence linéaire d'ordre 2 vérifiée par la suite de poly-
nômes (Tn.)n.,,.2·
Si on pose, pour tout entier naturel non nul n, T 11 ( cos()) = cos (n B), alors, pour tout
entier n ~ 2, la relation(*) s'écrit aussi:

T11+1(cosB) = 2 cosBTn(cosB) - Tn - i(cosB)

Tn , T 11 _ 1, T11 _ , étant des polynômes, ils vérifient donc la relation de récurrence linéaire
d'ordre 2 :
T11+1(X) = 2XTn(X) - T11- 1(X)
Cette relation permet, en particulier, d'obtenir l'expression du coefficient du terme de
plus haut degré de Tn.
"O En effet, si on désigne par œ11 ce coefficient, on a donc :
0
c::
::J
0
v
..-!
0
N (Je degré du polynôme X Tn(X) est différent de celui de Tn- 1(X)).
@ En itérant, on en déduit, pour tout entier naturel n :
~
..c::
2œn-I = .. . = 211 œ1 = 211
Ol
ï:::: œ11+I = 2œ11 = 2 X
>-
a.
0
u La suite (œ11) 11EN* est une suite géométrique de raison 2, de premier terme 1 ; ainsi, pour
tout entier naturel n non nul : œn = 2 11- 1.

176
Racines niemes de l'unité, racines
niemes complexes

1. Racines nieme de l'unité


Définition

Étant donné un entier naturel non nul n, on appelle racine nième de l'unité (ou nombre
de Moivre) tout nombre complexez solution de l'équation :

t 1
=1
Il\
~
Pour obtenir l'expression d'une racine nième de l'unité, on cherche donc z dans C tel
~
que:
t' = 1
-
u
n:s
u
O n a donc, nécessairement : z =/= O.
On peut donc chercher z sous la formez = rei 8 , avec:

(} = Arg(z) [2n]

Il en résulte, grâce à la formule de Moivre :

(r eiBr = ~ ein B = ~- eiO


ER*
+ ER*
+
En identifiant les modules et arguments respectifs des deux membres, on en déduit :
y'l l =
{ n 8 = 2kn , k E Z n:s
c:
<(
Comme r E R:, il en résulte :
2br
r =) (J = - -, k E 2:
n
Si on effectue la division euclidjenne de k E Z par l'entier naturel non nul n, on obtient:

k = nq +r avec r E [ 0, n - 1TI
Par 2n-périodicité du sinus et du cosinus, on a alors :
2 ikll 2i (nq+r)n iqJT+2irn 2irn
e ,, = e n = e2 ,, = e n
L' ensemble des racines nièmes complexes de 1 est donc donné par :
....
..c
Ol
·;::
S = {/;,;", r E {0, 1, 2, ... , n- 1}} = {/;~,,, k E {0, 1, 2, ... , n- 1}}
>-
0..
0
u Dans C, il existe exactement n racines n ièmes de l'unité.

177
Exemple
Résolvons, dans C : z3 = 1, soit:
z3 = e2 ; k1r ' k E Z

En identifiant module et argument, on en déduit que les solutions sont données par :
2;kn
Z = e 3- , k E {Ü, 1, 2}

L'ensemble des solutions est donc:

où: 2in
j=eT

.... ..
..........
..........

Figure 48.1- Les ra cines cubiques complexes de l'unité.

Proposition
Pour tout entier naturel n ~ 3, les points dont les affixes sont les n racines nièmes de
l'un.ité, / ;;,,, k E {0, 1, 2, ... , n - 1}, sont les sommets d'un polygone régulier, de
centre O.
Démonstration: Pour tout k de {0, 1, 2, ... , n - l}, désignons par Mk le point d'affixe
2
e ;:,, , et par Mn = Mo le point d'affixe 1.
"O Alors:
(o~ r) + (t: ~+1)
0
c::
0
::J ( oM:.0Mk+i) = [2nJ
v
..-!
0
= - arg (e 2 ':" ) + arg ( e 2 i<k,~ll" ) [2 n]
N
@
~
..c::
Ol
arg ( e~
e- n-
l
2 1klr [2n]
ï::::
>- arg(/~" ) [2n]
a. 27r
0
u [2n]
n
Le polygone MoM 1 ... Mn, de centre 0, est donc régulier. •
178
2. Racine nieme complexe
Définition

Étant donnés un entier naturel non nul n, et un nombre complexe zo, on appelle racine
nième complexe de zo tout nombre complexez solution de l'équation :

t = zo
1

En pratique : pour déterminer les racines nièmes complexes du nombre complexe non
nul zo, il faut déjà mettre ce dernier sous forme polaire:

zo = Po ei Bo Po> 0 Bo E [0, 27r[

On recherche ensuite z sous la forme : Il\


~
~
p>O 8 E [0, 27r[
-n:su
Ainsi:
u

Il en résulte :

et :
8 = 8o+2kJT kE Z
n
S i on effectue la division euclidienne de k E Z par l'entier naturel non nul n, on obtient:

k = nq + r Q)
Il\

oùr E [0,n - 1]. -n:sc:


~

Par 27r-périodicité du sinus et du cosinus, on a alors : <(


i!Oo+2klr) i<Oo+2(nq+r)ir) i(Oo+2nr) . i<Oo+2rir)
e--n- = e n = e-,-,- e2 ICJ1f = e-,-,-
L'ensemble des racines nièmes complexes de zo est donc donné par :

"O .,,
:<;
S = { Pôl e- i(Oo+2nr)
11- , r E {0, 1, 2, .. . , n - l }
}
= p 0! e- -
{ i(9o+2kir)
11 - , k E {0, 1, 2, ... ,n- 1}}
0 <=
c ::;

::::i '~
<.> Exemple
Cl <.>
~
-~ Soit n E N*. Résolvons, dans C, l'équation suivante:
0"""
..-1
~
N <=

@
0
<= z" = - 1
.... ·a"'
0

..c
Ol
::1

~Q.
En remarquant que - 1 = ei TC, on en déduit :
·;::
~
>- {2k+ l>iK
a. S!
" z= e-,,- k E {0, . . . , n - 1}
0 ~
u -ci
0
<=
::l
0
@

179
Factorisation des polynômes
dans le corps C

1. Polynômes complexes
Définition

n étant un entier naturel, on appelle polynôme complexe de degré n une expression


de la forme:
11
~
P(z ) = an zn + a11-1 ...11- I
<.. + ... + a J z + ao = L..J ak zk
k=O

où an, a,,_ 1, • •• , ao sont des nombres complexes.

Par définition, le degré du polynôme P, noté deg P, est donc celui de son terme (ou
monôme) de plus haut degré, c'est-à-dire an z".
Par convention, le degré du polynôme nul sera noté - oo.
Tout polynôme complexe de degré n E N* s'écrit de manière unique sous la forme:
n
P(z) = a11 t + a,1- 1 i
1 1 1
- + .. . + a 1 z + ao = L ak 1
k=O

(ao, ... , a11) E C'1 x C*.

Notation
On notera C [X] l'ensemble des polynômes complexes.
Le sous-ensemble de C[X] constitué par les polynômes complexes de degré inférieur
ou égal à n sera noté Cn[X] .

2. Racine d'un polynôme complexe


Définition

On appelle racine d'un polynôme P, un nombre complexez tel que:

P(z) =0

Théorème

.... Si z.o est une racine du polynôme P, supposé non nul, alors, il existe un polynôme Q, de
..c degré deg P - 1, tel que:
Ol
·;::
>- P(z) = (z - zo) Q(z)
0..
0
u
Démonstration : Ce résultats' obtient par une simple division euc.lidienne par z- zo. Le
reste, qui est constant, est obtenu en évaluant la valeur de Pen zo, et vaut donc zéro. •

180
Exemple
Factorisons le polynôme P tel que :

V z E <C : P(z) = z3 + 4 z = z (z2 + 4)


0, 2 i et - 2 i sont racines de P, et:

Vz E <C : P(z) = z (z + 2 i) (z - 2 i)

> Racine double

Définition

On appelle racine double d'un polynôme P, un nombre complexe zo tel qu' il existe
un polynôme Q vérifiant : Il\
~
P(z) = (z - zo) 2 Q(z)
~

avec Q(zo) ::F O. -


u
n:s
u
On dit aussi que zo est une racine de P de multiplicité 2.

> Racine triple

Définition

On appeJJe racine triple d'un polynôme P, un nombre complexe zo tel qu'il existe un
polynôme Q vérifiant :
P(z) = (z - zo) 3 Q(z)

avec Q(zo) ::F O.

On dit auss.i que zo est une racine de P de multiplicité 3. n:s


c:
> Racine d'ordre n <(

Définition

n étant un entier naturel non nul, on appelle racine d'ordre n d'un polynôme P, un
nombre complexe zo tel qu' il existe un polynôme Q vérifiant:

"O .,,
:<; P(z) = (z - zot Q(z)
0 <=
c ::;

::::i
Cl
'~
<.>
<.>
avec Q(zo) ::F O.
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
On dit aussi que zo est une racine de P de multiplicité n.
<=
@
.... ·a"'
0
> Theorème de d'Alembert-Gauss
..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~ Théorème
u -ci
0
<=
::l
Le corps <C est dit algébriquement clos, c'est-à-dire tout polynôme non constant, à co-
0
@ efficients dans le corps des nombres complexes, admet au moins une racine.

181
Par conséquent, tout polynôme à coefficients entiers, rationnels ou encore réels admet
au moins une rac.ine complexe, car ces nombres sont aussi des complexes.
a, b, c étant trois nombres complexes tels que a 0 : *
az2 + b z + c = a (z - z1) (z - z2)

où:
-b- o - b+o
2a
ZI Z2 =2a
et où le nombre complexe 8 vérifie 82 b2 - 4 ac c'est-à-dire est une racine carrée
'
complexe du discriminant D..

~ 1. Dans C , 6. admet deux racines catTées complexes, oet -o. Choisir, comme racine, oplutôt
que -one change en aucune façon le résultat.
t3 En effet, si on considère la racine complexe -o du discriminant 6., on obtient alors, comme
racines:
/ -b+o / -b- 0
z1 = - - =z2 Z2 = - - =z1
2a 2a
Les racines sont donc les mêmes, mais obtenues dans un ordre différent.
2. Le discriminant 6. n'admet de racines réelles que si b2 - 4 ac;;:: O.

> Discriminant réduit


a, b, c étant trois nombres complexes tels que a::/:- 0, on considère l'équation :

a22 + b2 + c=O

Lorsque b est de la forme b = 2 b', b' E C, les racines 2 1, 2 2 peuvent être obtenues en
utilisant le discriminant réduit :

D.' = b'2 - a c = ô'2


ce qui conduit à :
- b' - ô' - b' + ô'
21
a
22 =- -a
-
où le nombre complexe ô' vérifie 8' 2 = b'2 - ac, c'est-à-dire est une racine carrée com-
plexe du discriminant réduit D.'.

Démonstration: Le discrimi nant est: D. = b2 - 4ac = 4 (b'2 - ac). Ainsi:


-b- ô - b' -ô' -b +ô - b' + ô'
Z1 = _ 2_a_ a
22 = ---
2a a •
Comme précédemment, choisir, comme racine, o' plutôt que - o' ne change en aucune façon
.... le résultat.
..c
Ol Le discriminant réduit 6.' n'admet de racines réelles que si
ï:::
>-
0..
0 b'2 - ac;;:: 0
u

182
Exemple
Résoudre, dans C ( 1 + i) z2 + i z - 1 =O.
On obtient: tl = 3 + 4 i.
Il s'agit alors de trouver un nombre complexe o tel que 82 = ~;on le cherche sous la forme
o=a + i{J, ce qui conduit à:
82 = œ2 - {32 + 2 i œfJ = 3 + 4 i

On en déduit : œ2 - {32 = 3 , œ/3 = 2.


2 et 1, - 2 et - 1 sont racines évidentes :

l~ =2 , fJ = 1 ou œ = - 2 , fJ = - 1
Ces deux choix sont absolument équivalents, dans la mesure où :

tl = 82 = (œ + i/3)2 = (-8)2 = (-œ- i/3)2 Il\


~
~
Ainsi, les solutions de l' équation du second degré initiale sont :
-u
n:s
u
Z1 = -; (~ ~ ~/ = -1
-i+2+i 1- i
{ 22
= 2 ( 1 + i) = 1+ i = 2

où l'on a utilisé, pour simplifi er l'expression de z2 , le passage à la forme conjuguée, afin


d'obtenir un dénominateur réel.

3. Relations coefficients-racines
>- Relations coefficients-racines pour un polynôme de degré 2
Soit (s , p) E C 2 . Les nombres complexes ZI et z2 vérifiant:
Q)
Il\
=p
ZI Z2
{ ZI + Z2 =S
E
E
C
C
-n:sc:
~

<(
2
sont exactement les racines de z - s z + p = O.
Démonstration : Il suffit de calculer:

(z - z 1)(z - z2) = z2 - z (z1 + z2) + z1 z2 = z2 - s z+ p •


"O .,,
:<; >- Relations coefficients-racines pour un polynôme complexe de degré n
0 <=
c ::;
n étant un entier naturel, on considère le polynôme complexe de degré n :
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
11
-~
0""" .. . + a 1 z + ao = LJ ak zx
..-1

N
~
<=
P( z) = an z n
+ an- 1<._n- 1 + '\'
0
<=
@ k=O
.... ·a"'
0

..c ::1
où (ao, a1, ... , a11 ) E C'1 x C*.
Ol ~Q.
·;::
>-
a.
~
S!
On suppose qu' il existe n nombres complexes z 1, z2 , •. ., z11 tels que :
"
0 ~ ,,
u -ci
0
<=
0
@
::l
P(z) = an (z - z1) (z - Z2) .. . (z - z,i) = an n
k= I
(z - Zk)

183
On appelle fonctions symétriques des racines :
11

O"'J = ZL + Z2 + · · · +Zn I i=l


Zi

0-2 = z1 z2 + z1 z3 . . . I
l ~i<j~n
Zi Zj

0-3 = z1 z2 Z3 + zi z2 Z4 . . . = I Zi z,; Zk
l ~i<.i<k~ll

(Til = Z1 Z2 .. . Zn

On dispose alors de relations entre les coefficients du polynôme, c'est-à-dire les ai,
i = 0, ... , n, et les fonctions symétriques :

V k E {1, .. . , n} .. O"'k -_ ( - l)k an-k


-
an

Ces relations sont également appelées relations de Viète 1, et peuvent être extrêmement
pratiques.

Démonstration : z1, ..., z 11 étant les racines de P : P(z) = an (z - z1) ... (z - Zn). En
développant cette expression suivant les puissances décroi.ssantes de z, on en déduit :

P(z) = n
an Z - an IIl
Zk l [2:- l
Z
n- 1
+ an Zi Zj t 1- I

n
[
k=l 1 ~1<.1~11

+ . . . + (- l)k an [ .. I . Zij l zn- k + . .. + ( - IY'an ZI .. . Zn


l~I( <12< ... <lk~ll .1=l

11

Comme P(z) = a zl1 +


11 I a 11 _k zn-k, on en déduit, par identification, que, pour tout entier
k=l
kde {1, . .. , n} :


1:l
0 ce qui conduit au résultat cherché.
c::
::J
0
v
...-!
0
N
@
~
..c::
Ol
ï::::
>-
a.
0
u
l. François Viète (1540-1603), mathématicien, géomètre et astronome français, qui apporta de nombreuses
contributions à l'algèbre; il est à l'origine des prémices du calcul symbolique.

184
Fractions rationnelles
et décomposition
en éléments simples
La décomposition en« éléments simples», c' est-à-dire comme somme de fractions ra-
tionnelles avec, en dénominateur, des puissances de polynômes irréductibles, et, en nu-
mérateur, un polynôme de degré strictement inférieur à celui du polynôme irréductible
qui intervient au dénominateur, est très utilisée en calcul intégral, pour détenniner des
primitives, mais aussi en analyse spectrale, pour calculer des transformées de Laplace
inverses (on trouvera, notamment, des exemples dans [40]).
Il\
1. Corps des fractions rationnelles ~
~
> À coefficients réels
On désigne par R(X) l'ensemble des fractions rationnelles à coefficients réels :
-u
n:s
u
V R E R(X), 3 P E R[Xl et Q :f. 0 E R[X] : R(X) = ~~~
Ift(X) est Je corps des fractions rationnelles à coefficients réels.
La notation« X» est liée au fait que l'on manipule, ici, des polynômes formels, qu' il
faut bien distinguer des fonctions polynomiales.

> À coefficients complexes


On désigne par C(X) 1' ensemble des fractions rationnelles à coefficients complexes :

= ~~~
Q)
V R E C(X), 3P E C [X] etQ :f. 0 E C[X] : R(X) Il\

-n:sc:
~

C(X) est le corps des fractions rationnelles à coefficients complexes.


<(
Attentfon, les polynômes Pet Q ne sont en aucun cas uniques! 2 Pet 2 Q conviennent aussi,
puisque:
P(X) 2P(X)
Q(X)
= 2 Q(X)
Comme R c C, Ift(X) c C(X) : il est donc judicieux, dans un premier temps, de
"O .,,
:<; s'intéresser au cas des fractions rationnelles à coefficients complexes.
0 <=
c ::;

::::i '~
<.> Proposition
Cl <.>
~
-~ Toute fraction rationnelle R, à coefficients dans le corps C , et supposée non constante,
0"""
..-1
~ peut s' écrire sous la forme
N <=
0
R(X) = P(X)
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1 Q(X)
Ol ~Q.
·;::
~
où P et Q sont deux polynômes complexes premiers entre eux :
>- S!
a.
0 "
~ PJ\Q = l
u -ci
0
<=
::l
0
@
ce qui signifie qu' il n'existe pas de polynôme non constant div isant à la fo is P et Q.

185
2. Pôle (d'une fraction rationnelle)

Définition

Soit R une fraction rationnelle, à coefficients dans le corps C de la forme :

R(X) = P(X)
Q(X)

où P et Q sont deux polynômes complexes premiers entre eux.


On appelle pôle de R toute racine zo du polynôme Q, c'est-à-dire tout nombre com-
plexe zo tel que :
Q(zo) =0
Exemple
- 1 et 2 sont les pôles de la fraction rationnelle :

x2 + 4
(X + 1) (X - 2)

>- Pôle d'ordre p, p E N* (d'une fraction rationnelle)

Définition

Soit R une fraction rationnelle, à coefficients dans le corps C de la forme

R(X) = P(X)
Q(X)

où Pet Q sont deux polynômes complexes premiers entre eux.


On appelle pôle d'ordre p, p E N* de R, toute racine zo de multiplicité p du poly-
nôme Q, c'est-à-dire tout nombre complexe zo tel qu'il existe un polynôme Q véri-
fiant:
Q(z) = (z - zo)P Q(z)

avec Q(zo) * O.
Exemple
1:l
3 est un pôle d'ordre 4 de la fraction rationnelle
0
c::
::J X+1
0
v (X - 3) 4 (X2 + 1)
...-!
0
N
@ 3. Division euclidienne dans C[X]
~
..c:: Étant donnés deux polynômes P et Q à coefficients dans C, il existe un unique poly-
Ol
ï::::
>- nôme/>, et un unique polynôme R, de degré strictement inférieur à celui de Q, tels que:
a.
0
u P(X) = P(X) Q(X) + R(X)
C'est la division euclidienne de P par Q. f> est le quotient, et R le reste.

186
Ce résultat ne fait qu'étendre aux polynômes la notion de division euclidienne qui existe pour
les réels. Le but est juste de simplifier le plus possible l'écriture d'une fraction rationnelle.

4. Décomposition d'une fraction rationnelle


~ Décomposition en éléments simples dans C(X)

Soit R =~ une fraction rationnelle, à coefficients dans le corps C, de pôles z1, ... , Zk,
k;;:,: 2. On désigne par n1 E N, ... , nk E N, les ordres respectifs de z1, ... , Zk ·
La division euclidienne de P par le polynôme Q permet d'en déduire l'existence d'un
unique polynôme f>, appelé partie entière de R, et de complexes Œz;, j, 1 ~ i ~ k,
1 ~ j ~ ni, tels que :

R(X) = P(X) + R(X) avec deg R ~ deg Q - l Il\


~
. Q (X)
~

-u

Comme Q (X) est, à un facteur multiplicatif près, proportionnel à n k

i= I
(X - Zir' cette u
n:s

relation peut aussi s' écrire sous la forme :

R(X) = P(X) + _R_


- (X_)_ avec deg R ~ n1 + .. . + nk - 1
k

n cx -zir
i= I

ou encore :

R(X) - + Lk {-
= P(X) œ,.~'·-
1
+ '' 2 + ... + œ-"''k }
Œz- 2 Q)
. X - z·I (X - z·) (X - z·)n; Il\
i= I
k
1
n;
L
-n:sc:
~

= F (X) + LL Œz;,j .
<(
i= I j=l (X - Zi)l

n; a .
Pour tout entier i de {1 , .. . , k}, ~ z;,J . est la partie polaire de R associée au
f;;t (X - Zi)l

pôle Zi·

Si la fraction rationnelle est à coefficients réels, et admet des pôles réels, alors sa décomposi -
tion en éléments simples est à coefficients réels.

Proposition
Soit Rune fraction rationnelle, à coefficients dans le corps C, de pôles z 1, . . ., Zk> k E N*,
....
..c qui se décompose sous la forme :
Ol
·;::
>- - R(X)
0..
0
u
R(X) = P(X) + Q(X)

où P, Q et R sont trois polynômes à coefficients complexes tels que deg R < deg Q.

187
S'il existe un pôle zo de multiplicité 1, la décomposition de R peut s'écrire sous la
forme:
_ R(X)
R(X) = P(X) + Qo(X) (X - zo)
où Qo est un polynôme à coefficients complexes, de degré deg Q - 1, et tel que :

Qo(zo) *0
· po1aire
Al ors, 1a partie .ee au po"Je zo est
· de R assoc1·, P(zo) , ce qm· s1g01
· ·fi e done
Qo(zo) (X - zo)
·
que 1e coeffi. cient de -1- d ans 1a d,ecomposit10n · Jes de R. est P(zo) .
· · en e'l'ements s1mp
X- zo Qo(zo)

Démonstration : La partie polaire de R associée au pôle zo est de la forme :


a
aE C
X - zo
Par suite:

R(X) = P(X) + R(X) = P(X) +_a_+ Pi(X)


Qo(X) (X - zo) X - zo Q1 (X)
où P 1 et Q 1 sont deux polynômes complexes tels que deg P 1 < deg Q 1 et Q 1(zo) t O.
Il suffit alors de multiplier membre à membre par X - zo :

- R(X) - P1(X)
(X - zo) P(X) + Qo(X) = (X - zo) P(X) + œ + (X - zo) Ql (X)

puis d'évaluer l' expression obtenue en zo, ce qui conduit immédiatement à:


P(zo)
-- = a
Qo(zo) •
Exemple
Décomposons en éléments simples la fraction rationnelle :

3X + 4 3X + 4
R(X) - - ----
- X2 - 1 - (X - l)(X + 1)

1 et - 1 sont des pôles simples. La partie entière de R est nulle, puisque :

deg (3 X+ 4) < deg (X2 - 1)


"O
0
c::
::J R étant à coefficients dans R., et ses pôles étant réels, on cherche donc des réels cL 1 et œ1 tels
0 que:
v
..-!
0 R(X)=~+~
N X+ l X- 1
@ On aura donc :
3X + 4
- - - =-Œ-1- + -a1-
~
..c::
Ol
--
ï:::: (X - l)(X + l) X+ ! X- 1
>-
a.
0
En multipliant membre à membre (a) par X + 1, on en déduit:
u
3X +4 œ1
X- 1 =lLi +(X + 1) X - 1

188
En évaluant cette dernière expression en -1 , on obtient :

-3 +4 -1
- - = - =œ-1
-2 2
De même, en multipliant membre à membre (a) par X - 1, on en déduit :

3X + 4 œ-1
_X_+_
I = (X- l)-X-
+-1 + œ1

En évaluant cette dernière expression en 1, on obtient :

3 +4 7
-2- = -2 =œ1
La décomposition en éléments simples de Rest donc:

l 1 7 l Il\
R(X) = - -2 - - + -2X
X+ l
--
- l
::::::1

::::::1

-u
n:s
u
>- Détermination de la partie polaire d'une fraction rationnelle pour un pôle
d'ordre p E N, p ~ 2

Proposition
Soit R une fraction rationnelle, à coefficients dans le corps <C, de la forme :

R(X) = P(X) = P(X)


Q(X) Qo(X) (X - zo)P

avec Qo(zo) * O. On désigne par :


Q)
(X - zo)j Il\

la partie polaire de R associée au pôle zo . -n:sc:


~

1 <(
Alors, le coefficient de dans la décomposition en éléments simples de Rest :
(X - zo)P ·

œ = 1 P(zo)
P P · Q<P)(zo)

Les autres termes peuvent être obtenus en effectuant un développement limité de


"O .,,
:<;

c
0 <=
::; (X - zo)P R(X) = œ, (X - zo)P- I + œ2 (X - zo)P-2 + . . . + Œp- 1 (X - zo) + œp
::::i '~
<.>
Cl <.> +(X - zo)P R l (X)
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
où R, est une fraction rationnelle n'admettant pas zo pour pôle, au voisinage de zo.
<=
@ Ce développement limité étant de la forme :
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
>- ~ œ, (X - zo)p- I + a2 (X - zol- 2 + ... + œµ-1 (X - zo) + œp + o ((X - zo)P)
a. S!
0 "
~
u -ci
0 on en déduit fac ilement, par unicité du développement limité, les valeurs des coefficients
<=
::l
0
@
œ.1• ••• ,œp.

189
1
Démonstration : Notons œp le coefficient de (X dans la décomposition en élé-
- zo)P
ments simples de R :
_ P _ P(zo)
œp - [(X - zo) R(X)Jix=zo - Qo(zo)

La formule de Leibniz 1 permet alors d'écrire :

Q(P)(zo) = [(X - zo)P Qo(X)]~~zo = [f C~ ((X - zo)P)(l) Q~-l)(X)]


IX=zo
=
l=O
[c: ((X - zo)P)(P) Qo(X)JIX=zo
= P ! Qo(zo)
Il en résulte :
P(zo) P(zo)
Œp = Qo(zo) = p.1
Q(P)(zo) •
Les autres résultats sont admis.

Exemple
x 2 +2
Décomposons dans JR.(X) : R(X) = (X _ 1)3 .
La décomposition de R en éléments simples réels est de la forme :

RX =~ + œt2 + a13
( ) X- 1 (X - 1)2 (X - 1)3

Le développement limité à l'ordre 3 de (X - 1)3 R(X) = X2 + 2 au voisinage de 1 est :


[cx2 + 2)<o)lx=1+ [cx2 +2)'lx=' ex - I)

[<x2 + 2)<2)] [cx2 + 2)<3)]


+ X=I (X - 1)2 + X= I (X - 1)3 + o((X - 1)3)
2! . 3!
c'est-à-dire :
3 + 2 ex - 1) +ex - 1)2 + o (ex - 1)3)
Comme:
(X - 1)3 R(X) = a11 (X - 1)2 + a1 2 (X - 1) + œ1 3
on en déduit, par unicité du développement limité :

"O a11. = 1
0
c::
::J Ainsi:
0 l 2 3
v R(X) =X - 1 + (X - 1)2 + (X - 1)3
..-!
0
N
@ 1. Étant donné un entier naturel n, et deux fonctions f et g définies sur un même intervalle I de R, n fois
~
..c:: dérivables sur/, la fonction produit f g est n fois dérivable sur/, et:
Ol
ï::::
u g)<n) =I
n
>-
a. c~ f k) g<n-k)
0
u k~O

où, pour tout entier k de {0, ... , n), C~ désigne le coefficient binomial ( ~) = k' <~~kl'.

190
>- Décomposition en éléments simples dans R(X)
Proposition
Soit R =p une fraction rationnelle, à coefficients dans le corps R, où P et Q sont deux
Q
polynômes premiers entre eux, et où, en outre, Q est unitaire (c'est-à-dire le coefficient
de son terme de plus haut degré vaut 1).
On désigne par x 1, •• . , Xk> k E N les pôles de R, dont on note n 1 E N, ... , nk E N, les
ordres respectifs.
Alors, Q peut être factorisé en produit de polynômes irréductibles sur R, sous la forme :

Q(X) = nk

i= I
(X - xi)"; nr

i=I
(X2 + Ài X + µi)e;

Il\
et il existe un unique polynôme R, et des réels Œx;,.i• (i, j) E { 1, . . . , k} x {1, .. . , nk},f3i.i ~
et Yi.i• (i, j) E { 1, ... , r} x {1, ... , td, te.ls que : ~

-u
n:s
u
R(X) = R(X) + ~{ Œx;,l + Œx;,2 + .. . + Œx;,k }
Li
i= I X- x·t (X - x·)
t
2 (X - x·)
t
11
i

/3i ,1 X +Yil f3i ' t·1 X + Yu, 1 }


+
I.
r

1=(
{

X2 +A11X + µ·1!
+ ... +
2
(X + A·1,e1 X +µ·e-)e; 1,'

= R(X) ~ ~ Œx;,j fi f, /3i,j X + Î'ij


+ ~ ~ (X - Xj).i + ~ ~ (X2 + Àij X + µij ).i

Les coefficients {Jij et /'ij, (i,j) E {1, .. . ,r} x {1, . . . ,t;}, pour les termes de la forme
{3 X + y 11 Q)
' ·.I . , peuvent être obtenus en commençant par décomposer la fraction R dans Il\
2
(X + À;i X + µiJ).1
<C(X), puis en regroupant les termes deux à deux conjugués, les racines complexes du t1inôme -n:sc:
~

X 2 + À;J X + µ;1 étant deux à deux conjuguées.


<(

Exemple
X- 1
Décomposons dans R(X) : R(X) = X (X2 + X + 1).
Le seul pôle réel est 0; R admettant deux pôles complexes conjugués, j = e ~R , et j2 = e .i~R,
2

on commence par décomposer R sur <C(X).


"O .,,
:<;
La décomposition de R en éléments simples complexes est de la forme :
0 <=
c ::;

::::i '~

Cl
<.>
œ œ·1 œ:2
<.>
~
-~
R(X) = -X0 +-
X- j
- + -1-
X - j2
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<= Pour déterminer œ0 , on mu ltiplie membre à membre (*)par X, ce qui conduit à :
@
.... ·a"'
0

..c ::1
X- 1 Œj Œ/l
Ol ~Q. - - - - =œo + X - - +X - -
·;:: X2+ X + l X -j X -j2
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
En évaluant cette dernière expression en 0, on obtient :
0
<=
::l
0
@ - 1 = œ0

191
Pour déterminer a 1, on mu ltiplie membre à membre (* )par X - j , ce qui conduit à :

X- 1 - (X - 1.) ao + a . + (X - 1.) _.!!.j_


1
X (X - j2) - X X - j2

En évaluant cette dernière expression en j, on obtient :

j - 1
=a ·
j (j - j2) J

soit :
j- 1 j- 1 1 1 j .
-- = = - - = - - = - - = - 1=œ ·
j2 - 1 (j - 1)(j + 1) j + 1 j2 p J

puisque j 3 = 1, et 1 + j + j2 = O.
On détermine de même ap en multipliant membre à membre ( *) par X - j2, ce qui conduit à :
X- 1 .2 a 0 .2 a1
X (X - j) =(X - 1 ) X+ (X - 1 ) X - j + œp

En évaluant cette dernière expression en j2, on obtient :


j2 - 1
- - - = a ·2
j2 (j2 - j) J

soit :
l - 1 (j - 1) (j + 1) . . ·2 -
j - 1 = j - 1 =1+l= - .1 =œ1 =œp

puisque P = 1, et 1 + j + j2 = O. Ainsi :
1 j j2
R(X) = - --- - - -
XX - j X - j2
I j (X - j2) + j2 (X - j)
= X (X - p (X - j2)
1 (.i + .i )X - 2.P
=
X 1 x2Xf2+ 1
= - - +2- - - -
X X +X + l

> Décomposition en éléments simples sur R(X) d'une fraction rationnelle paire
Soit Rune fraction rationnelle, à coefficients dans le corps R, paire, c'est-à-dire telle que
"O
0 R(- X) = R(X)
c::
::J Soit
0
v R(X) = R(X) + f, { œx; , I + œx;,2 + .. . + œx;,k }
..-!
0
N
ft X - Xi (X - Xi)2 (X - Zi)'1i
@ f3i ,.1 X
+"'il e X + l'if }
+ r { { + + f3ï ' 1
~
..c::
Ol
ï::::
I.
t= I
2
,

X2 + ll-1t X +µ·1t . . . (X +Xt ,'e. X + µ·t ,'e. )e;


l

>-
a.
0
_-
- R(X) + L.J L.J
f, ~ œx;,j fi ~
. + L.J L.J X2
f3i.j X+ 'Yij
.
u i= I .i= I (X - Xi)J i= l j = I ( + Àij X + µij)J
la décomposition en éléments simples de R dans R(X).

192
Alors:
k
R- (X) + L { œxi,1
-- + œx;,2
2 + . .. + œx;,k }
11
i=I X- Xi (X - Zi) (X - Xj) i

~ { /3i, J X + Yil /3i,t; X+ Yi,t; }


+ L.J
i= 1 X2 + Ài1 X + µi1 + · · · + (X2 + Ài,t; X + µi,e) e· 1
=

R-( - X) + Lk { œx;, l
+ œx;,2
+ . .. + -œx;,k
- - -}
i=I - X- Xi (- X - Xi) 2 (-X - Xi)n;
r { /3; ' 1 X + 'Yil /3it- X+ YiC,· }
+
I.
t=I X 2 - !l·1 t
X +µ·1t .
+ .. . +
(X2 - X e. X + µ· e.)e;
,, , t,'
' 1 '

ce qui permet d'obtenir des relations entre les coefficients ax;,J• (i, j) E { 1, .. . , k} x
{l, ... , nd, d'une part, /3iJ et YiJ• (i, j) E { 1, ... , ri x {l , .. . , é'd d'autre part, et donc de Il\
simpl ifier Je calcul de ceux-ci . ~
~
Exemple
x2
-
u
n:s
u
Décomposons dans R(X): R(X)
1
= -X4 -- .

Comme X 4 - 1 = (X2 - 1) (X2 + 1) = (X - 1) (X+ 1) (X 2 + 1), la décomposition de R en éléments


simples (réels) est de la forme :

RX œ1 a-1 f3X+y
( ) = -X-
- -1 + X
_ _+_l + _X_2_+_1

Par parité de R, on en déduit :

ai Œ-1 /3 X +y ai Œ- 1 -/3 X + y
--+--+ 2 = + + ---
X- 1 X+ 1 X + 1 -X- 1 -X+ 1 X2 + 1
TI en résulte: œ1 = - a -1 , f3 = -/3, ce qui conduit immédiatement à/3 =O.
Pour déterminer a 1, on multiplie membre à membre ( *) par X - 1, ce qui conduit à :
n:s
X2 œ- 1(X - 1) y(X - 1) c:
- - - -2- - - a 1 + + - 2- - <(
(X+ 1) (X + 1) - X+ l X +1
En évaluant cette dernière expression en 1, on obtient :

l
- =ai
4

On peut alors en déduire a-i = - a 1 = - ~.


"O .,,
:<;
La valeur de y peut être obtenue, par exemple, en évaluant la valeur de R(X) en 0 :
0 <=
c ::;

::::i ·~
<.>
Cl <.>
~
-~
R(O) =0 = - œ1 + a _, +y
"""
..-1
0 ~
N <=
0
ce qui conduit à :
<=
@ 1
.... ·a"'
0
y=œ1 - a - 1= -
2
..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
La décomposition en éléments simples cherchée est donc :
>- S!
a.
0
u
"
~
-ci -- =
x2 -
1
+ ----
i i
0
<=
::l
X4 - I 4(X - l ) 4(X + l) 2(X2+ l)
0
@

193
>- Décomposition en éléments simples sur ~{X) d'une fraction rationnelle impaire
Soit R une fraction rationnelle, à coeffici ents dans le corps Ill, impaire, c'est-à-dire telle
que :
R(- X) = - R(X)
Soit alors:

R(X) = R(X) + ~ { œx; , I + œx;,2 + .. . + œx;,k }


f;;t X - Xi (X - Xi)2 (X - Zi)'li
f3i ,1 X +'Yi! f3i'e,· X + Yi,t,· }
+
I.
1= (
r {
X2 + A·1l X + µ·1t .
+ . .. +
2
(X +X1, e. X + µ 1,·e.)e; l l

/3 X +
= R(X) + I I I I
k n; r f;
œ~;,j. j + i,j . . 'Yij .. j
i= l .i= l (X x,) i= l .i= l (X2 + À,1 X+ µ,1)
la décompos.ition en éléments simples de R dans R(X).
Alors:

-(X)
-R -
-8 k {
a x; ,I
-
X-
-+
Xi
Œx; ,2
(X - zï) 2
+ . .. + Œx;,k
(X - Xi)n;
}

r { /3i '1 X + Yit /3i t · X + Yit,· }


-
I.
t=I
X 2 + Xil X + µ·1l
+
...
+ ' I

(X2 + Xl , e. X+ µ·l , e.)t;


I l
'
=
-( X) œx;, I œx; ,2 œx;,k
R- +
I k
i= l
{
- X - x·1
+
(- X - x-)
l
2
+ . .. +
(- X - x-)
/.
11
;
}

r { f3i ,1 X+ Yi ! f3i,e, X + Yït· }


+
I.
1= ]
2
X - X1t . X + µ t·1.
+ .. . +
(X2 -
,,
Xl ,t · X + µ l·,e. )e;
1 l

ce qui permet d' obtenir des relations entre les coefficients Œx;,.i• (i, j) E { 1,. . ., k} x
{l , ... , nk ), d'une part, /3i.i et Yi.i• (i, j) E { 1, .. . , r) x {1, .. . , ld d'autre part, et donc de
simplifier le calcul de ceux-ci.

Exemple
Décomposons dans R(X) : R(X)
l
. = X4X-
Comme X4 - l = (X2 - 1) (X2 + 1) =(X - 1) (X+ 1) (X2 + 1), la décomposition de R en éléments
'O simples (réels) est de la forme :
0
c::
0
::J
R(X) = ~ + ...!::.:l_ + f3 X+ y
v X- 1 X+ l X2 + 1
..-!
0
N Par imparité de R, on en déduit:
@
~
..c::
œi
- - + --+
Œ-1. {:JX + y œi
= - --
Œ-1 -f:J X+ 'Y
Ol
ï::::
X- 1 X+ l X2 + 1 -X- 1 - X+ 1 x2 + 1
>-
a.
0 JI en résulte :
u ŒJ = Œ- 1 , '}' =- y
ce qui conduit immédiatement à y = O.

194
Pour déterminer œ1, on multiplie membre à membre ( *) par X - l, ce qui conduit à :

- - -X- - - = œ, + œ_, (X - 1) (JX(X - 1)


+ --
2
--
(X+ l)(X2 + l) X+l X + 1

En évaluant cette dernière expression en l, on obtient :

l
- =œ1
4

On peut alors en déduire lLt = œ1 = ~·


La valeur de f3 peut être obtenue, par exemple, en multipliant membre à membre(*) par X ,
puis en passant à la limite lorsque X ~ +oo :

lim X X = l"un x{ -œ1- + -


-X4-- - + {JX
Œ-J
- - + -y}
-
x-.+oo - 1. X->+oo X - 1 X+ 1 X2 + 1
Il\
soit : ~
~

ce qui conduit à :
-u
n:s
u
/3= - œ1 - œ_, = - 2l
La décomposition en éléments simples cherchée est donc :

X 1 X
X4 - 1 4 (X - 1) + 4 (X+ 1) 2 (X2 + 1)

Q)
Il\

-n:sc:
~

<(

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

:::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
.-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

195
Transformations du plan :
translations, homothéties

1. Translations
Définition

11 étant un vecteur du plan, on appelle


translation de vecteur â l'application
TJJ, qui, à tout point M du plan assoc.ie
le point M' tel que: z'
, ..
~
MM'= û.

o -i

Figure 51.1 - La translation de vecteur u.

>- Expression analytique d'une translation de vecteur ü


Le point M', image du point M d'affixe z, par la translation de vecteur ïl, a pour affixe:

où z11 est 1'affixe de û.


Réciproquement, une application de la forme z E <C H z + za est la translation de
vecteur û.
~
Démonstration : La relation : MM' = û entraîne : zw = z11, soit : z' - z = za et donc :
z' = z + za
La démonstration de la réciprocité est laissée au lecteur. •

2. Homothéties
Définition

k étant un réel non nul, on appelle homothétie de centre 0, de rapport k , l' appl ica-
~ ~
tion ho,ko qui, à tout point M du plan, associe le point M' tel que: OM' =kOM.
....
..c >- Expression analytique d'une homothétie de centre 0, de rapport k
Ol
·;::
>- k étant un réel non nul, le point M' , image du point M d'affixe z, par 1' homothétie de
0..
0
u centre 0, de rapport k, a pour affixe: z' = kz.
Réciproquement, une application de la forme z E <C H kz est l'homothétie de
centre 0, de rapport k.

196
z'

j
..z
0 j

Figure 51.2- L'homothétie de centre 0, de rapport k.

Démonstration : On traduit tout simplement, en termes d' affixes, le fait que:


Il\
-----7 ---7 ~
OM' = kOM ~

ce qui conduit à : z' = k z


-n:su
u
La démonstration de la réciprocité est laissée au lecteur. •
Définition
k étant un réel non nul, on appelle
homothétie de centre Q , de rapport k, z'
,~
l'application hn,k qui, à tout point M du
plan associe le point M' tel que : z ,
-----7 ---7
QM' = kQM.
j
Q)
0 T' Il\

Figure 51.3- L'homothétie de centre n, de -n:sc:


~

rapport k. <(

>- Expression analytique d'une homothétie de centre n, de rapport k


k étant un réel non nul, le point M', image du point M d' affixe z, par l'homothétie de
centre Q , de rapport k, a pour affixe: z' = zn + k (z - zn) où zn est l'affixe de Q.
Réciproquement, une application de la formez E C H zn + k (z - zn) est l'homothétie
"O .,,
:<; de centre Q , de rapport k.
0 <=
c ::;

::::i '~

Cl
<.>
<.> Démonstration : On traduit tout simplement, en termes d' affixes, le fait que:
~
-~
"""
..-1
~
-----7 ---7
0
N <=
0
<=
QM' = kQM
@
.... ·a"'
0

soit :
..c ::1
Ol ~Q.
·;:: z' - zn = k (z - zn)

.
~
>- S!
a.
0 "
~ ce qui conduit au résultat cherché. La démonstration de la réciprocité est laissée au
u -ci
~~-
0
<=
::l
0
@

197
Transformations du plan : rotations

1. Rotation de centre 0
Définition

œ étant un réel, on appelle rotation de z'


,
,.
centre O, d'angle œ, l'application ro,œ
qui, à tout point M du plan distinct de
0 , associe le point M' tel que :

~ = OM Oj
~ ~
{
(OM, OM') = a [2nl
en laissant le point 0 invariant. Figure 52.1- La rotation de centre 0, d'angle œ.

>-- Expression analytique d'une rotation de centre 0


Le point M', image du point M d'affixe z, par la rotation de centre 0, d'angle a, a pour
affixe : z' = z ei œ.
Réciproquement, une appl ication de la formez E C H z ei œ est la rotation de centre 0 ,
d'angle œ.
Démonstration : Si M est distinct de 0, la relation (OM, OM')
~~ ---- =œ [2 n] entraîne :

arg (zo;W) = (i,--;)M) + (O;;;,oM') [2rr]


= arg(zO"M) +œ [2rr]

Comme: z~ = lz___,I eiarg(zOMI) = lz--.1ei(arg(züM)+a) = lz--.1 eiarg(züM) eiœ


OM' OM' OM OM
alors: z~ = ZQ'M eiœ, soit: z' = zeiœ
On remarque que la relation reste encore vraie lorsque M coïncide avec O.
La démonstration de la réciprocité est laissée au lecteur. •
2. Rotation de centre Q
Définition
• z'
\
1
() étant un réel, on appelle rotation de ,. z
centre Q, d'angle 0, l'application rn,e, \
1 8
qui, à tout point M du plan, distinct de
n, associe le point M' tel que :
....
..c ~ =QM ~
Ol
·;:: ~
{ (QM,QM') =
~ j
>- 0 [2n]
0..
0
u en laissant le point Q invariant.
Figure 52.2- La rotation de centre n, d'angle 8.

198
>- Expression analytique d'une rotation de centre n
Le point M', image du point M d'affixe z, par la rotation de centre Q, d'angle B, a pour
affixe: z' = Zn + (z - zn) eifl OÙ Zn est l'affixe de Q.
Réciproquement, une application de la fonne z E C H zn + (z - zn) ei 8 est la rotation
de centre n, d'angle B.

Démonstration: Si M est distinct de Q, la relation (QM, QM')


~ -- ~
=(J [27r] entnûne:

~~ ~--~
arg (zn;;r ) = (i,QM) + (QM,QM') [27r]
= arg(zruJ) + 0 [27r]

Com me: Z----+


nM'
= lz----+I
'.QM'
/arg(zru:t1 ) = lz----+I ei(arg(zi'iM)+B) = lz----+I eiarg(zi'iM) eifl
nM 'nM Il\
~
alors : Z----+ = Z----+ ei 8, soit: z' - zn = (z - zn) ei 8 et donc : z' = zn + (z - zn) ei 8. ~
nM' nM
On remarque que la relation reste encore vraie lorsque M coïncide avec n. -
u
n:s
u
La démonstration de la réciprocité est laissée au lecteur. •
3. Composée de deux rotations
,z'
.z

La composée de deux rotations de


même centre n, d'angles respectifs œ et
.o.
/3, est une rotation de centre n , d'angle
j
œ+/3. 0 ->
i
n:s
c:
<(
Figure 52.3- La composée de deux rotations de
mê me ce ntre n. d'angles respectifs œ et f3.

Démonstration: Soit z' l'affixe du point M', image du point M d'affixe z E C par la
rotation rn, a, de centre n, d'angle œ. On désigne par Zn l'affixe den.
D'après ce qui précède :
z' = zn + (z - zn)eia
"O .,,
:<;
0
c
::::i
<=
::;
'~
Soit z" l'affixe du point M", image du point M' d'affixe z' par la rotation rn,p. de centre
<.>
Cl <.>
~
n, d'angle f3.
-~
"""
..-1
~
De même que précédemment, on montre que: z" = zn + (z' - zn)eif3 .
0
N <=
0
<=
Par suite:
@ "'
....
..c
0
·a
::1
z" = zn + (z' - zn) eif3 = zn + (zn + (z - zn) ei a - zn) eif3
Ol ~Q.
·;::
>-
a.
~
S! soit : z" =z.n + (z - zn) ei (a+f3) .
0 "
~ D'où le résultat, qui était naturellement prévisible, comme on peut le constater sur le
u -ci
0
<=
::l
0
dessin! •
@

199
Transformations du plan : similitudes

Et si on composait une rotation et une homothétie ? On fait tourner, et on agrandit ou on


rétrécit ... ou l'inverse !
En géométrie euclidienne, une similitude est ainsi une transformation qui multiplie
toutes les distances par une constante fixe (son rapport), et conserve ou inverse le sens
des angles orientés. Ainsi, l'image de toute figure par une telle application est une figure
«similaire», ou « de même forme ».

1. Similit udes directes


Considérons, dans un premier temps, l' homothétie de centre n, de rapport k; si on dé-
signe par zn l'affixe du point Q , le point M', image du point M d 'affixe z, a pour affixe:
z' = zn + k (z - zn).
Considérons, ensuite, la rotation de centre Q , d'angle(:); le point M", image du point
M' , a pour affixe :
z" = zn + (z' - zn) ei 8
= zn + (zn + k (z - zn) - zn) e' () 1

zn + k (z - zn) ei B
( 1 - k ei 8) zn + k z ei B
Réciproquement, considérons une application de la formez H a z + b, a E C* , b E C.
Lorsque a *
1, l'ensemble des points invariants est l'ensemble des points d'affixe z
tels que z = az + b, soit: z = _ b __
l- a
Le point Q , d'affixe zn = _b_' est donc le centre de l'application considérée.
1- a
D 'autre part, si on considère un point M distinct de n, d'affixe z, et son image M',
d 'affixe z' = az + b, alors :
M'n zn - z' 1
-=
Mn l Zn - Z
b
- - a z -b
1-a
b
- -z
1 - (1
= 1b - a( l - a) z - b( l - a) 1
b - (1 - a)z

= la(b-( 1-a) z) I
b - ( 1 - a) z

lal

.... Ainsi, M'Q = QM' = lai MQ = lai QM. La relation reste valable lorsque M coïncide
..c avec Q .
Ol
·;::
>- L'application z H az + b multiplie donc les distances par lal.
0..
0
u Enfin, considérons quatre points M1, M1, M3, M4, tels que Mi *
M1, M3 M4,*
d 'affix es respectives z 1, z2, z3, z4 , et leurs images M~ , M~ , M~ , M~, d'affixes respectives
Zi, z~. z;, z~ . On a alors M~ * M~ et M~ * M~.

200
De plus :
(M~.ry + (7. ~M~) (2n]

-arg (z-;-t) + (z-;-t)


M1M2
arg
M3M.1
[2n]

-arg(z2 - z~) + arg(z~ - z3) [2n]


-arg (a ( Z2 - z1 )) + arg (a (Z4 - Z3 )) [2n]
= - arg(a) - arg (22 - z1) + arg(a) + arg (z4 - 23) [2 n]
- arg(z2 - z1) + arg(z4 - z3) [2n]

-arg(zM;-M;) + arg(zMJM:) [2n]

(MiM:M3M4) [21l']

Les angles sont donc conservés par l'application z H az + b.


Enfin: Il\
~
(~r) + (üi~~) [21l']
~

-arg (zn;;;;) + arg(zfïMt ) f21l') -u


n:s
u
= -arg(z - _ b _ )+arg(a z +b- _ b _ ) f2n]
1 -a 1-a
- arg(( l - a) z - b) + arg(a( l - a) z - ab) [2 rr]
= - arg((l - a) z - b) + arg(( l- a) z - b) + arg(a) [2rr]
arg (a) [2 rr]

Lorsque a = 1, on retrouve l'expression analytique d ' une translation.

Définition

On appelle similitude (directe), une application de C dans C, de la forme :


z H az + b où a E C*, et b E C Q)
Il\

Le rapport de la similitude est lai, l'angle, arg (a) r2 7r]. -n:sc:


~

<(
>- Conservation des angles orientés

Une similitude directe conserve les


angles orientés.
La fi gure suivante montre l'action de simi-
"O .,,
:<; litudes successives sur cinq triangles, à qui
0
c <=
::; on fait subir une rotation ayant pour centre
::::i '~
<.>
Cl <.> le centre de gravité du pentagone central,
~
-~ puis une homothétie de même centre, de
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
rapport strictement plus petit que un. Et on
@ "' tourne ... Similarité à l'infini!
....
..c
0
·a
::1
Figure 53.1- Transformation de triangles par
Ol ~Q. similitudes.
·;::
~
>-
a.
0
S!
"
~
>- Similitudes directes remarquables
u -ci
0
<=
::l
• Lorsque a = l : la similitude z H z + b, b E C , est une translation de vecteur il, où le
0
@ vecteur û a pour affixe b.

201
• Lorsque a = - 1 : la similitude z H - z + b, b E C, est une symétrie centrale, dont le
centre est le point d'affixe ~.
2. Composée de deux similitudes
La composée de deux similitudes est une similitude.
Démonstration: Considérons les simi litudes S 1 : z H a 1 z + b 1, et S 2 : z H a1 z + b2 .
Soit M un point du plan, d' affixe z; M1, d'affixe z1, son image par S l ·
L'affix e z2 point M1, image de M 1 par S 2, est donc donnée par:
z2 = a1 z 1 + b2 = a1 (a 1 z + b 1) + b2 = a 1 a1 z + a1 b 1 + b2
S2 o S 1 est donc bien une similitude, de rapport la1 a1 I = la1 l la2I. •
Considérons maintenant une application z H a + b, a E C*, b E C. z
L'ensemble des points invariants est l'ensemble des points d'affixe z tels que
z = az + b, ce qui entraîne: z = az + b. Par suite: z = aaz + ab+ b.
A . ·1 I 1
a
10s 1, s1 * : ab + b
z = _ lal2.
1
On vérifie, que, réciproquement :

a ab+b + b = aab + ab+(l2-


~~~~~~~~-
lal2)b
1- lal2 1- lal
aiib + ab+ (1 - lal2)b
= 1 - lal2
ab + b
= 1 - lal2
z
L'application z H a + b admet donc pour centre, dans Je cas lal 1, Je point n , d'affixe *
ab +b
zn = 1 - lal2 ·
D'autre part, si on considère un point M distinct de n, d'affixe z, et son image M',
z
d'affixe z' = a + b, alors :
QM' M'Q
D.M MD.
ab+b2 -
l -lal
az- b
= a b+b _ z
1- la12
= lab + b - ~(l - lal2 )Z - b(l - lal2 )1
ab + b - (l - lal2) z
1:l
0 ab-a(l - lal2 )Z+b k112 1
c:: = 2
::J
l ab + b - (1 - lal ) z
0
v
...-! a (b - (1 - lal2 ) z + ba)
0
N = ab + b- (l - lal2 ) z
@
~
..c:: a (b-(1- laf)z+ba)
Ol
ï:::: = ab+b - (1-lal2) z
>-
a.
0 lai
u
lal
(un nombre complexe et son conjugué ayant même module).

202
Ainsi, QM' = lal0.M, et la relation reste vraie pour Q = M.
L'application z H az
+ b multiplie donc les distances par lal.
Enfin, considérons quatre points M,, M1, M3 , M4, tels que M, =/= M1, M3 =/= M4,
d' affixes respectives z1, z2, z3, z4, et leurs images M'i, M~, M3, M~, d'affixes respectives
I I I I
z1, Z2 ' Z3' Z4.
On a alors M~ =/= M~ et M3 =/= M~ .
De plus :

(M'l M~'
2' 3M'4) -
- (M~J) + (t.~M~) [27r]

= -arg(z~) + arg (z~) [27r]

= -arg(z~ - z~ ) + arg(z~ - z; ) [27r] Il\


~
~

= - arg(a(z2 - z1)) + arg(a(z4 - z3)) [27r] -


u
n:s
u
= - arg(a) - arg (z2 - z1) + arg(a) + arg (z4 - z3) [27r]

= arg (z2 - z1) - arg (z4 - Z3) [27r]

= [27r]

= [27r]

Les angles orientés sont donc changés en leurs opposés par l'application zH z
a + b, un
nombre complexe et son conjugué ayant des arguments opposés.
n:s
c:
3. Similitude indirecte <(

Définition

On appelle similitude indirecte, une application de C dans C, de la forme:

"O .,,
:<;
où a E C*, et b E C.
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~ Le rapport de la similitude est lal.
"""
..-1
0 ~
Une similitude indirecte inverse le sens des angles orientés.
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

203
Nous avons présenté, dans ce qui précède, les transformations usuelles que sont les
translations, les homothéties, rotations et similitudes. Il en existe une infinité d'autres.

L'ensemble de Mandelbrot
En particulier, considérons la transformation du plan complexe z E <C H z2 + c,
c E <C, et intéressons-nous à la suite (z,,)neN définie par :

zo = 0 Zn+l = Z2 + C
11

Si on représente, dans le plan complexe, les images successives des termes de cette
suite, on obtient la figure suivante (les zones les plus claires sont celles avec les plus
faibles concentrations de points, la couleur fonce en lien avec cette concentration).

L'ensemble de Mandelbrot.

C'est l'ensemble de Mandelbrot, obtenu par le mathématicien Benoît Mandelbrot,


qui, pour la désigner, créa le terme de fractale [12]. Depuis, on désigne par frac-
tale une courbe de forme a priori irrégulière, mais dont la construction résulte en
fait d'un processus itératif, parfois très simple, poussé à l'infini. Les propriétés de
l'ensemble de Mandelbrot ont été étudiées de façon approfondie par Adrien Douady
....
..c
et John H. Hubbard [11], qui ont mis en évidence une propriété remarquable de ce
Ol
·;:: type d'ensembles : leur auto-similarité, c'est-à-dire le fait que ces fi gures semblent
>- se reproduire à l'intérieur d'elles-mêmes de façon infinie. En faisant un « zoom» sur
0..
0
u une partie du dessin, on s'aperçoit ainsi qu'on retrouve exactement la même forme
que la figure initiale, en plus petite certes, mais en tout point semblable.

204
Plan rapproché de l'ensemble de Mandelbrot. Il\
~
~
Des structures fractales très naturelles
-u
n:s
Ce phénomène d'auto-similarité existant aussi dans la nature, par exemple, une feuille u
est elle-même composée de plus petites feuilles de la même forme, elles-mêmes
aussi, ... l'idée est alors venue d' utiliser les fractales pour représenter des formes
naturelles comme, bien sûr, cette feuille de fougère, créée par le mathématicien aus-
tralien Michael Barnsley [13], [14], [15] :

Q)
Il\

-n:sc:
~

<(
La fougère dite «de Barnsley».

En biologie, notamment, les alvéoles pulmonaires présentent une structure fractale,


de même que la ramification du réseau sangujn.
11 apparaît que les représentations ainsi obtenues sont très réalistes, et traduisent
très bien de nombreux phénomènes naturels.
"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;:: Une fractale obtenue à partir du flocon de Von Koch.
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

205
Matrices de taille 2 x 2

1. Définitions
On appelle matrice de taille 2 x 2 une collection de 2 x 2 = 4 nombres, a 11 , a 12, a2 1, a22,
réels ou complexes, arrangés en tableau, sous la forme :

A=(a,,
a21
a12 )
a22

(a11)
a11
. vecteur colonne de A, (a12) son second vecteur colonne.
est le premier
a12

1. Dans ce qui suit, on se limitera au cas de matrices à coefficients réels.


2. M 2 (m.) désigne l'ensemble des matrices de taille 2 x 2 à coefficients réels.

>- Matrice triangulaire supérieure


Lorsqu'une matrice est de la forme:

A=( a~, :~~ )


elle est dite triangulaire supérieure.

>- Matrice triangulaire inférieure


Lorsqu'une matrice est de la forme :

elle est dite triangulaire inférieure.

>- Matrice diagonale


Lorsqu'une matrice est de la forme:

A=(a11
0
0)
a22

elle est dite diagonale.

>- Transposée

.... Étant donnée une matrice de taille 2 x 2, A = (ai;) . . . , on appelle transposée de


. l ,,;1,,;2, t ,,;;,,;2
la matrice A la matrice /A telle que :
..c
Ol
·;::
>-
0..
0
u 1 A = (a ï)t ,,;1~2,
J
. 1,,; .,;;.2 = ( aa 1 1 aa11 )
1 12 22

ce qui signifie que, par rapport à la matrice A, on a échangé les lignes et les colonnes.

206
>- Trace
Étant donnée une matrice A = (aij) . . de taille 2 x 2, la trace de A, notée tr A,
l.;;1.;;2, 1.;;J.;;2
est la somme de ses termes diagonaux :

2
tr A = a 11 + a22 = I. aii
i= I

2. Opérations élémentaires
Étant donnée une matrice de taille 2 x 2, A = (aiJ) . 2,1~1 ~
.
l ~j~2
, on appelle opération
élémentaire sur les colonnes de A l'une des opérations suivantes :

. .t.ion : A
• Transpos1 = (a 11 a
12 ) H (a 12 a11 ) .
a2 1 a22 a22 a21 Il\
~

• Dilatation : A = (a 11 a12 ) H ( À a aa22


11 12
) À E IR* , ou encore ~
a21 a22 Àa21 -u
n:s
u

.
• Transvection : A = (a' 1 a12) H (ai 1 + Àa12a12)
) À E IR, ou encore :
a 2 1 a 22 a21 + /(,a22 a 22

(À une colonne donnée, on ajoute l'autre colonne, multipliée par un facteur À.) Q)
Il\

1. L' opération élémentaire de transposition ne conduit pas du tout à la transposée d'une -n:sc:
~

matrice. <(
2. On peut définir, de même, des opérations élémentaires sur les lignes de A.
3. Les opérations élémentaires sont inversibles, c'est-à-dire il est possible de revenir à la
matrice de départ par d 'autres opérations élémentaires.

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i -~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
.-1
0 ~
N <=
0
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....
..c
0
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Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

207
Déterminant de matrices
de taille 2 x 2

1. Définitions
>- Déterminant d'une matrice
Étant donnée une matrice de taille 2 x 2, A = (aiJ) l ,,;1,,;2,
. l,,;j.,,;2 , on appelle déterminant
de la matrice A le nombre :

Proposition
Une matrice de taille 2 x 2 et sa transposée ont le même déterminant :

Démonstration : Il suffit de reprendre la formule donnée en définition. •


>- Déterminant de 2 vecteurs
On appelle déterminant de deux vecteurs ïl = (u1 , u2) et ïJ = (v1, v2) du plan JR2, le
nombre:
det(Ü, Ü) = 1 u,
u2 v2
u, = UJ v2 -
1 u2 V1

C'est donc, tout simplement, le déterminant de la matrice :

u 1 v1 )
( u2 v2

2. Propriétés
1. Étant donnée une matrice de taille 2x2, A = (aij) l ,,;1..,,;2, 1,,;j.,,;2 ,dont on désignera par
C 1 et C2 les vecteurs colonnes, le déterminant de la matrice A vérifie les propriétés
suivantes:
• Antisymétrie :

L' antisymétrie traduit le fait que le déterminant change de signe si on échange


deux colonnes.
• Homogénéité :

....
..c
Ol
• Invariance par transvection :
·;::
>-
0..
0
u
La valeur du déterminant ne change pas si on ajoute, à une colonne donnée,
l'autre colonne multipliée par un facteur À..

208
Le déterminant d' une matrice et de sa transposée étant égaux, les propriétés d'invariance du
déterminant par opérations élémentaires sur les vecteurs colonnes de la matrice sont également
valables pour les lignes de la matrice.

2. Le déterminant d'une matrice triangulaire est égal au produ it des termes diago-
naux.
Exemples
1.
I ~ ~ 1= 1 X3 - 2 X 1=3 - 2 =1
2.
-111= - 1
3 4
X 4 - 3 X 1=- 4 - 3 =- 7
1
Il\
3. Deux vecteurs ü = (u 1, u2) et ü = (v 1, v2) du plan sont non colinéaires si et seule- ~
~
ment si leur déterminant est non nul :
-u
n:s
det(Ü, Ü) = 1U( V( 1 :;t: Û u
u2 v2

Démonstration : On démontre ce résultat par la contraposée : deux vecteurs û = (u 1, u2 )


et Ü = (v1, v2) du plan sont liés si et seulement si leur déterminant est nul.
• Supposons û et û liés et tels que i1 = Ôou û = Ô; on a alors, clairement,

det(û, Ü) =0
• S upposons 11 et û liés et tels que û :;t: Ôet ïJ :;t: Ô, il existe alors un réel non nul À tel
que :
Q)
Il\
Par suite:
det(ü, À Ü) = À det(û, Ü) = 0 -n:sc:
~

<(
• Réciproquement, si det(ü, Ü) = 0, alors :
UJ Uz - Uz v, = 0
Si v2 =F 0:

Comme:
"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~ on a donc:
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "' les vecteurs ü et û sont bien liés.
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q. On démontre de même le résultat dans le cas où u2 :;t: O.
·;::
Lorsque u2 = u2 = 0, u 1 et v1 peuvent prendre chacun une valeur quelconque dans R
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
Les vecteurs û et ü sont alors colinéaires, et donc liés.
0
<=
::l
0
@

209
Matrices de taille 3 x 3

1. Définitions
On appelle matrice de taille 3 x 3 une collection de 3 x 3 = 9 nombres, réels ou
complexes, a, 1, a12, a13 , a21, a22, a23, a3 1, a32, a33 , arrangés en tableau, sous la forme :

(
a1']
a21 est le premier vecteur colonne de A, ( a12
a31 a32
l
a22 son second vecteur colonne, ( a1
a233
a33
l
son troisième vecteur colonne.

~ 1. Dans ce qui suit, on se limitera au cas de matrices à coefficients réels.


'[:) 2. M 3 (JR) désigne l'ensemble des matrices de taille 3 x 3 à coefficients réels.

>- Matrice triangulaire supérieure


Lorsqu'une matrice est de la forme:

a11
A= 0
(
0

elle est dite triangulaire supérieure.

>- Matrice triangulaire inférieure


Lorsqu'une matrice est de la forme :

elle est dite triangulaire inférieure.

>- Matrice diagonale


Lorsqu'une matrice est de la forme:
....
..c
Ol
·;:: a11
>- A= 0
0..
0 (
u 0

elle est dite diagonale.

210
>- Transposée

Étant donnée une matrice de taille 3 x 3, A = (aij) . . , on appelle transposée de


J ~I~,
3 J ~.f~ 3
la matrice A la mat1ice /A, de taille 3 x 3, telle que :

ce qui s.ignifie que, par rapport à la matrice A, on a échangé les lignes et les colonnes.

>- Trace

Étant donnée une matrice A = (aij) . . de M 3 (~), la trace de A, notée tr A, est la


] ~!~ 3. l ~j~ 3
somme de ses termes diagonaux : Il\
~
~
3
trA = a11 + a 22 + a33 = .Lau -u
n:s
i=l
u

2. Opérations élémentaires
Étant donnée une matrice de taille 3 x 3, A = (aiJ) . 3,
1 ~1~
.
l ~j ~ 3
, on appelle opération
élémentaire sur les colonnes, respectivement désignées par C1, C2, C 3, de A , l' une des
opérations suivantes :
• Transposition :

Q)
Il\

-n:sc:
~

ou encore:
<(

etc.
L'opération élémentaire de transposition consiste donc à échanger deux colonnes de
la matrice.
"O .,,
:<;
0 <=
c ::;
• Dilatation :
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1

~Q.

l
Ol
·;:: ou encore :
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
a12 a1 3
<=
::l a22 a23 H
0
@ a32 a33

211
ou:

L'opération élémentaire de dilatation, par un réel non nul A, consiste donc à multiplier
une colonne de la matrice par À.
• Transvection :

ou encore:

, AE R

etc.
À une colonne donnée, on ajoute une combinaison linéaire des autres colonnes.

~ 1. L'opération élémentaire de transposition ne conduit pas du tout à la transposée d' une matrice.
~ 2. On peut définir, de même, des opérations élémentaires sur les lignes de A.
3. Les opérations élémentaires sont inversibles, c'est-à-dire qu' il est possible de revenir à la
matrice de départ par d'autres opérations élémentaires .

....
..c
Ol
·;::
>-
0..
0
u

212
Déterminant de matrices
de taille 3 x 3

1. Définitions
>- Mineur
Soit A E M 3(1R).
Étant donné (i, )) E { 1, . .. , 3}2 , on appelle mineur d ' indice (i, j ) le déterminant, noté
Liij(A), de la matrice obtenue e n enlevant à A la ligne i et la colonne).

>- Cofacteur Il\


~
Soit A E M3(1R).
~
31 2 , on appelle cofacteur d ' indice (i, j ) :
Étant donné (i, )) E {1, 2,
-n:su
(-Ii+j LiiJ(A) u

>- Comatrice
Soit A E M3(1R).
On appeJJe comatrice de la matrice A, et on note ComA E M 3 (IR) la matr ice des
cofacteurs :
ComA -- (C-l)i+j Li /.}.. (A)) 1;:::·;:::3 ) ;::: ·;:::3
"-='"'<::: , -..:.)-..::

>- Déterminant
Étant donnée A E M 3(1R), on appelle déterminant de la matrice A = (aiJ) 1 ~1.~3.
. .
1 ~;~3
le Q)
Il\
nombre, noté det A, qui peut être calculé de la façon suivante :
• par un développement suivant la ligne i , i E {1, ... , 3} :
-n:sc:
~

<(
3
det A = _L.c-1i+j aiJ LiiJ(A)
j =l

• par un développement suivant la colonne j , j E { 1, . .. , 3} :

3
"O
0
.,,
:<;
<=
det A = _L.c-1i+j aij1Îi_;(A)
c ::;
i= 1
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
..-1
0 ~ On choisit la ligne ou la colonne que l'on veut; quel que soit Je choix , on obtient bien sûr le

~
N <=
0
<=
@ même résultat !
.... ·a"'
0

..c ::1
Ol ~Q.
·;::
~
>-
a. S! Proposition
0 "
~ Une matrice de taille 3 x 3 et sa transposée ont le même déterm inant :
u -ci
0
<=
::l
0
@

213
Démonstration : Ce résultat s'obtient immédiatement à partir de la formule donnant le
développement suivant une ligne ou une colonne. •
si on développe par rapport à une llgne :

det A = etii 1 a22 a23, _ a, 2 , a21 a23 I + a 13 Ia21 a22 I


a32 a33 a31 a33 a31 a32

=- C121

2. et si on développe par rapport à une colonne :

det A = a11 la22 a23 l- a21 la12 a1 3l+a3 1 IC/ 12 C/131


a32 a33 a32 a33 et22 a23

2. Propriété
1. Étant donnée une matrice de taille 3 x 3, A = (aij) 1~'~,
. . , dont on
désigne
3 1~}~ 3
par C 1 , C2, C3 les vecteurs colonnes, le déterminant de la matrice A vérifie les
propriétés suivantes :
• Antisymétrie :

L' antisymétrie traduit le fait que le déterminant change de signe si on échange


deux colonnes.
• Homogénéité :

• Invariance par transvection : V (Il, µ ) E JR2 :

det ( C1 , C2 + ÀC1, C3) = det(C1, C2,C3 + llC1)


det (C1 + ,tC2,C2,C3)
....
..c = det ( C 1 + ÀC2 + µC 3, C2,C3)
Ol
·;::
>-
a.
0
u
La valeur du déterminant ne change pas si , à une colonne donnée, on ajoute une
combinaison linéaire des autres colonnes.

214
Le déterminant d ' une matrice et de sa transposée étant égaux, les propriétés d'invariance du
déterminant par opérations élémentaires sur les vecteurs colonnes de la matrice sont également
valables pour les lignes de la matrice.

2. Le déterminant d'une matrice triangulaire est égal au produit des termes diago-
naux.

Démonstration : Il suffit de développer par rapport à la première colonne. •


3. Le déterminant d'une matrice diagonale est égal au produit des termes diagonaux.

Démonstration : Une matrice diagonale est un cas particulier de matrice triangulaire .


• Il\
Définition ~
~
On appelle déterminant de trois vecteurs û = (u1, u2, u3), ïJ
w = (w 1, w2 , w3) de l'espace IR3, le détermjnant de la matrice :
-u
n:s
u
U ( V ( WJ

det(U, V, W) = U2 V2 W2
U3 V3 W3

4. Trois vecteurs a = (u,, u2, u3), ü = (v , 'v2, V3), w = (w,, w2, w3) de l' espace IR3,
sont non coplanaires si et seulement si leur déte1minant est non nul :

UJ Ut WJ
det(û, ü, w) = u2 v2 w2 *0 Q)
U3 V3 W3 Il\

-n:sc:
~

Démonstration : On démontre ce résultat par la contraposée : trois vecteurs û =


<(
(u1, u2, uJ), Ü = (v1, v2, vJ), w = (w1, w2, w3) sont liés si et seulement si leur détermi-
nant est nul.
• Supposons il, ïf, wliés; alors, soit la fam ille (it, û') est liée, soit wE IR it +IR Ü.
Dans le premier cas, soit û = 0, ce qui conduit immédiatement à det(it, û, w) = 0 , soit
il existe un réel œ tel que il= œ ïf. On a alors :

"O .,,
:<;
det(ü, ü, w) = det(œ ü, ü, w) = œ det(û, û, w) = œ det(û - û, û, w) = 0
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~ en utilisant l'invariance du déterminant par transvection.
-~
"""
..-1
0 ~ Dans le second cas, il existe deux réels A et µ tels que w A il + µ ïf. Par suite
N <=
det(u, û, w) = det(u, ïJ, A il+µ û') = det(it, û, Ü) = O
0
<=
@
.... ·a"'
0

(On utilise l'invariance du déterminant par transvection.)


..c ::1
Ol ~Q.
·;::
>- ~
S!
• La réciproque se démontre par le calcul, de façon analogue à ce qui a été fait en
a.
0 "
~ dimension 2. •
u -ci
0
<=
::l
0
@

215
Matrices de taille m x n

1. Coefficients d'une matrice


met n étant des entiers naturels non nuls, on appelle matrice de taille m x n une collec-
tion de m x n nombres, réels ou complexes, arrangés en tableau :

A = ( ai·.! ) 1~i~m, .l ~j~n = :·


(
a 11 ... a 1n

l
am i ... amn

Les aij sont appelés coefficients de la matrice: par convention, le premier indice désigne
l'indice de ligne, le second, l'indice de colonne.

Dans ce qui suit, on se limitera au cas de mattices à coefficients réels.

m et n étant des entiers naturels non nuls, on désigne par M m,n (R) l'ensemble des
matrices de taille m x n, à coefficients réels 1.

2. Matrice carrée d'ordre n


n étant un entier naturel non nul, on appelle matrice carrée d'ordre n une matrice de
taille n x n:
a 11 .. . ain l
A= (
aij .!~1~11,
)
. 1,.;;~n
. = ( :· :·
a111 ... ann
n étant un entier naturel non nul, on désigne par M n (R) l'ensemble des matrices carrées
d'ordre n, à coefficients réels.
Étant donnée une matrice A = (aij) . . de M 11 (R), les coefficients aii,
1~t~n , l~J~n
i = 1, .. . , n, sont les termes diagonaux de A .
Étant donnée une matrice A = (aij) . . de M ,1 (R), la trace de A, notée tr A, est
l ~/~Il, 1~J~I!
la somme de ses termes diagonaux :
/!

tr A = a11 + . .. + am1 = _L. aii


i= I

.... 3. Matrice ligne et colonne


..c
Ol
·;:: n étant un entier naturel non nul , on appelle matrice ligne une matrice de taille 1 x n, de
>- la forme:
0..
0
u

1. On peut aussi trouver la notation M 111x 11 (R).

216
m étant un entier naturel non nul, on appelle matrice colonne, ou encore vecteur co-
lonne, une matrice de taille m x 1, de la forme :

A= [ ~I
am
l
Étant donnée une matrice A = (aiJ) 1 ~t.~ m , 1 ~;~11
. de M m,n (IR), on appelle transposée de la
matrice A la matrice /A, de taille n x m , telle que :

'A = (aJi) . .
l ~t~n, l ~J~m
=ra:, ... a,~1 1
· ·
a111 ... amn Il\
::::::1

ce qui signifie que, par rapport à la matrice A , on a échangé les lignes et les colonnes ::::::1

de A. -u
n:s
u

Q)
Il\

-n:sc:
~

<(

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i ·~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
.-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

217
Opérations sur les matrices

Dans ce qui suit, m, n, p, q désignent des entiers naturels non nuls.

1. Définitions
>- Addition de deux matrices
Étant données deux matrices A et B de Mm n (IR), on définit la matrice somme A + B
'
comme étant la matrice C E Mm,n (JR) telle que :
a11 +b 11

C =A + B= :
[
ami+ bm i
>- Multiplication par un scalaire

étant la matrice :

JA =
Aa11 ... Â.a111
: :
l
Étant donnée une matrice A de M m,n (IR), on définit le produit de A par le réel

E Mm 11 (JR)
 comme

[
Â.~ml ··· Â.~mn ,

>- Multiplication de deux matrices


La multiplication d'une matrice A = (aij) 1~1~m,
. 1~;~n
. , de taille mx n, par une matrice
B = (bij) . . . , de taille n x p, conduit à la matrice produit C, de taille m x p, telle
1~1~11 , 1~J~P
que, pour tout couple d'entiers (i, j) de {l , ... , m} x {1, ... , p} :
C =AB = (cij)l~i~m. l ~j~p
avec:
Il

Cij = I
k=l
aik bkj

Exemple

Lûl ]( 0l ] =( 2x
210 lxl+OxO+ l xl l
l+ l x O+Oxl =(2]
2
( 100 l lxl+OxO+Oxl l

Attention ! Pour pouvoir faire le produit de deux matrices, il est indispensable que le nombre
de colonnes de la première matrice soit égal au nombre de lignes de la seconde matrice.
En pratique, le coefficient situé ligne i , colonne j de la matrice produit est obtenu en « mul-
.... tipliant la ligne ide La première nu1trice par La colonne j de la seconde matrice>>
..c
Ol
·;:: Coefficient de AB ligne i, colonne j
>-
0..
0
u Il
I coefficients de la li?Jne i de A x coefficients de la colonne j de B
1111par1111

218
ce qui permet de comprendre pourquoi le nombre de colonnes de la première matiice doit être
égal au nombre de lignes de la seconde matrice : il faut tout simplement qu' il y ait le même
nombre de coefficients sur cette ligne que sur la colonne.
La multiplication des matrices n'est pas commutative. En général,

AB* BA

2. Propriétés de la multiplication matricielle


La multiplication matricielle est :
• distributive à gauche :
2
V (A, B, C) E Mm,nOR) x (Mn,p0R)) A (B + C) = AB + AC
Il\
~
• distributive à droite :
~

2
V (A, B, C) E (Mm,n(lR)) X M n,p(lR) : (A + B) c = Ac + B c -u
n:s
u
• associative :

V (A, B, C) E M 111, 11 (JR) x Mn,p(lR) x Mp,q(lR) A (B C) = (A 8 ) C

Si on désigne par C 1, • • •, C,1 les vecteurs colonnes d'une matrice A de taille m x n, alors, pour

~ l·on peut aussi écrire :


1
tout vecteur X =[
x,,

l
Q)
Il\

[~
1
AX =A =xi C1 + ... + x,, C11
-n:sc:
~

Xn <(

3. Formule du binôme de Newton


Étant données deux matrices A et B de M 11 (JR), qui commutent, c'est-à-dire AB = BA,
alors, pour tout entier naturel p, la fo rmule du binôme de Newton permet de calculer
(A+ B)P:
"O .,,
:<;
p
c
0
::::i
Cl
<=
::;
'~
<.>
<.>
(A + B)P =~ c; Ak B p- k
~ k=O
-~
"""
..-1
0
N
~
<=
0
<=
où, pour tout entier k de {0, . .. ' p), c; désigne le coefficient binomial :
@ "'
....
..c
0
·a
::1 p) p!
Ol
·;::
~Q.
~
(k k!(p - k)!
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

219
Matrices remarquables

1. Matrice identité
Définition

n étant un entier naturel non nul , on appelle matrice identité d'ordre n, la matrice
carrée, de taille n x n :

1 0 ...... 0
0 1 0 ... 0
-- (o··)
IJ l:>:i:>:n, l:>:j:>:n
... 0
0 ...... 0 1

Propriété
L' élément neutre de la multiplication dans M 11 (1R) est la matrice identité In :

VA E M,,(JR): A/11 = l,,A = A

2. Base canonique
Définition

m et n étant des entiers naturels non nuls, on désigne par l ~1 ~m , l ~J~n


{Eij} .
la base .
canonique de Mm.,n (JR), c'est-à-dire la famille des m n matrices telles que :

V(i, j) E {1, .. . ,m}x{l, ... , n}: Eij =(o;kÔjL)


· l ~k~m , l ~t~11

où les Ô;j désignent les symboles de Kronecker 1 :

V (i, j) E N* x N* : ô11.. ={ l si i =j
0 sinon

Cela signifie que, pour i et j donnés, les coefficients de la matrice Eij sont tous nuls, sauf
celui situé sur la iième ligne et la / ème colonne, qui vaut 1.
Ainsi, pour toute matrice A = (aij) . . de M 111, 11 (lR) :
1~t~m , 1~J~n

....
..c m n
Ol
·;::
>-
0..
A = I .L:a;1 Eij
i= l .i= l
0
u
l. Leopold Kronecker (1823-1891), mathématicien allemand. À l' origiJ1e, il étai t théoricien des nombres,
m<ùs apporta de nombreuses contributions à l ' analyse algébrique.

220
Proposition
Lorsque l'on est dans M 11 (R), c'est-à-dire lorsque les matrices sont carrées :

V(i, j,k,l) E {1, ... , n) 4 : EijEk1 = ÔjkEil

Démonstration : On a: Eij = (oim Ôjp) 1~m~n, 1~p~n


. Ek1 = (okm ô1p)
1~m~n, 1~p~n

La formule du produit matriciel permet alors d'exprimer le terme d'indices m, p de la
matrice produit Eij Ek1 :
//.

( Eij Ek1) mp ~ (Eij ) mq


= L...J (Ek1)qp
q=I
Il

= I
q= I
Ôim Ôjq Ôkq Ô1p

Il\
Oirn Ojj Okj 81p ~
Ôim okj 81p ~

(Le seul terme non nul de la somme est obtenu pour q = ).) -u
n:s
u
On reconnaît ainsi : Eij Ekt = Ôjk Eil. •
3. Matrice de transposition
Définition

n étant un entier naturel non nul, on appelle matrice de transposition, ou encore,


matrice de permutation, toute matrice carrée d'ordre n, de la forme :

Q)
Il\
00 .. . 0 1 0 .. ... .. .. 0
l
-n:sc:
~

<(

sij = 1
0 . . . 0 1 0 .. . 0 0
1

"O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
l
"""
..-1
~
0
N <=
0
(i, )) E { J, .. . , n) 2 , i
j -:/=
<=
@ "' (Les coefficients non écrits sont nuls.)
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
>- ~
S!
Proposition
a.
0 "
~ Pour toute matrice A de Mn(R), le produit AS ij de la matrice A par la matrice de permu-
u -ci
0
<=
::l
0
*
tation S ij' (i, j) E { l , .. . , n} 2 , i j , est la matrice obtenue à partir de A en échangeant
@ les colonnes i et ).

221
Démonstration : À l'aide de la formule du produit matriciel, on peut exprimer le terme
s.itué ligne k et colonne l de la matrice AS iJ • qu.i vaut :
Il

I
p= I
akp ( s ij)pl
11

= I
p=I
akp (opl - Oip Oit - Ojp Ojt + Oip Ojt + Ojp Oit)

= akL - aki <5;1 - akJ ÔJt + aki ôJL + ak.i O;L

Ainsi, pour toute colonne l différente de la colonne i et de la colonne j :

(AS iJ)kt = akl


et, pour la colonne i: (AS iJ )ki = aki - aki - akJ OJi + aki OJi + akJ = akJ·
De même, pour la colonne j :

(AS iJti = akJ - aki OiJ - akJ + aki OJJ + akJ OiJ = aki
qui est le résultat cherché. •
4. Matrice de dilatation
Définition

n étant un entier naturel non nul, et À un réel non nul différent de 1, on appelle matrice
de dilatation, toute matrice de M ,,(IR) de la forme:

1
Di(A) = À = l n + (À - 1) Eii , i E { 1, . . . , n}
1

(Les coefficients non écrits sont nuls.)

Proposition
Pour toute matrice A de M 11 (1R), et tout réel non nu] À *
1, le produit A Di(À) de la
"O
0
matrice A par la matrice de dilatation Dhl), i E { 1, . .. , n}, est la matrice obtenue à
c:: partir de A en multipliant la iième colonne par Il.
::J
0
v Démonstration : À !'aide de la formule du produit matriciel, on peut exprimer le terme
.--!
0
N situé ligne k et colonne l de la matrice A Di( À), qui vaut :
@ I!
~
..c::
Ol
ï::::
I
p= I
akp (Dï(À))p1
>-
a. Il
0
u = 2.:akp (op1 + (11. - I)opiOti)
p=l
akl + aki (À - 1) Ôü

222
Ainsi, pour toute colonne l =F i: (A Di(Â.))kt = ak1, pour la colonne i :

qui est le résultat cherché. •


S. Matrice de transvection
Définition

n étant un entier naturel non nul, et ,1 un réel, on appelle matrice de transvection ,


toute matrice de M ,/IR) de la forme :

1
Il\
~
~
10 . . . 0 À. 0 .. . 0 -u
n:s
1 u
= 111 + ÀEij

2
(i, j) E {1, .. . , n} , i *j Q)
(Les coeffi cients non écrits sont nuls.) Il\

-n:sc:
~

6. Matrice élémentaire <(

Définition

On appelle matrice élémentaire une matrice de transposition, de dilatation, ou de


transvection .

....
..c
Ol
·;::
>-
0..
0
u

223
Introduction aux déterminants
de matrices de taille n x n

1. Définitions
>- Déterminant
Étant donnée A E M 11 (R), on appelle déterminant de la matrice A = . le
l~1 ~n. 1~J~n
(aij) .
nombre, noté det A, qui peut être calculé, par récurrence, de la façon suivante :
• par un développement suivant la ligne i , i E {1, .. . , n} :
n
<let A = _L.c- 1i+.i aiJ tlij(A)
j=I

• par un développement suivant la colonne j , j E {l , ... , n} :


Il

det A = _L.(- l)i+.i aiJfliJ(A)


i=I

où, pour tout couple d ' indices (i, j) E {l, . .. , nf, fli.i , appelé mineur d 'indice (i, j ),
est le déterminant de la matrice obtenue en enlevant à A la ligne i et la colonne j.
Quel que soit le mode de calcul retenu, on obtient, bien sûr, le même résultat.

Le déterminant d' une matrice de taille n x n se calcule donc par récun-ence à partir de déter-
minants de matrices de taille (n - 1) x (n - 1), puis (n - 2) x (n - 2), ... , et, finalement, de
déterminants de matrices de taille 2 x 2.

>- Cofacteur
Soit A E Mn(R ). Étant donné (i, j) E {1, .. . , n} 2 , on appelle cofacteur d'indice (i, j ) :

(- l.)i+.i fl IJ..

>- Comatrice
SoitA E M 11 (R).
On appelle comatrice de la matrice A, et on note ComA E M 11 (R) la matrice des
cofacteurs :
ComA = (c- 1i+.i fl .. (A))
IJ J ~i~n, 1~j~n

.... Une matrice de taille n x net sa transposée ont le même déterminant:


..c
Ol
·;::
>- VA E Mn(R) : det 1A = detA
0..
0
u
Démonstration : Ce résultat est dû au fait que le déterminant peut être calculé, indiffé-
remment, grâce au développement suivant une ligne ou une colonne. •

224
2. Propriétés
Étant donnés n vecteurs u1, . .. , Un, le déterminant de la matrice M = (u 1, .. . , un) vérifie
les propriétés suivantes :

>- Antisymétrie
det(u2,u1,u3, .. . , u11 ) = - det(u1,u2,u3, . . . ,un) = .. . = - det(u1, . .. , u,1)
L'antisymétrie traduit le fait que le déterminant change de signe si on échange deux
colonnes.

>- Homogénéité
V ,l E IR , V i E {l, . . . , n} det(u1, . .. , Àui, .. . , u 11 ) = À det(u1, . . . , un)

>- Invariance par transvection Il\


~
Pour tout réel A, ~

-u
n:s
u
La valeur du déterminant ne change pas si, à une colonne donnée, on ajoute une combi-
naison linéaire des autres colonnes.

Démonstration : Ce résultat s'obtient immédiatement à partir de la fonnule donnant le


développement suivant une ligne ou une colonne. •
Le déterminant d'une matrice et de sa transposée étant égaux, les propriétés d ' invariance du
déterminant par opérations élémentaires sur les vecteurs colonnes de la matrice sont également
valables pour les lignes de la matrice. Q)
Il\

>- Autres propriétés


-n:sc:
~

<(
1. Le détenninant d'une matrice triangulaire est égal au produit des termes diago-
naux.
2. Le déterminant d'une matrice diagonale est égal au produit des termes diagonaux.
3. Détenninant du produit de deux matrices d'ordre n :

V(A, B) E (Mn(1R))
2 : detAB = detA detB
"'O .,,
:<;
0 <=
c ::;

::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~
"""
.-1
0 ~
N <=
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1
Ol ~Q.
·;::
~
>- S!
a.
0 "
~
u -ci
0
<=
::l
0
@

225
Inversion des matrices carrées

1. Conditions d'inversibilité
Une matrice carrée A d'ordre n est dite inversible ou régulière ou encore non singulière,
s' il existe une mat1ice B d'ordre n telle que:

A B = B A = ln

Best alors la matrice inverse de A. Elle est unique. On note, usuellement, A- 1 la matrice
inverse de A, qui est aussi de taille n x n.
Une matrice carrée qui n'est pas inversible est dite non inversible ou singulière.
L'ensemble des matrices inversibles de M 11 (IR) est appelé groupe linéaire d 'ordre n,
et noté 9L11 (IR) 1 •

Proposition
Une matrice est inversible si et seulement si son déterminant est non nul.

2. Inverse d'une matrice carrée

Théorème

VA E M 11 (1R) : A ·1ComA =1 ComA ·A = detA · 1 11

où 1ComA désigne la transposée de la comatrice de A.

Démonstration : D'après la formule du produit matriciel :

Il Il

(A .tcomA)ij = L,aik (1comA)kj = L,aik (ComA)jk


k= I k= I

L aik (ComA)jk ·
//.

Il faut donc calculer, pour tout couple d'indices (i, j) :


k= l

....
..c
Ol
·;:: ~ Premier cas : i *j
>-
0..
0 Quitte à échanger i et j, on peut supposer i < j.
u
1. Il possède une structure de groupe, puisqu ' il est stable par multiplication et passage à l'inverse.

226
Considérons la matrice obtenue en remplaçant la f ème ligne de A par sa ë ème ligne :

a11 a1 ,n

ai, l ai,11

aJ- 1,1 a)- 1,n


ai,1 a i,n
a1+1 ,1 Gj+l,n

a111 an,n

et développons son déterminant suivant la f ème ligne : Il\


~
~
a1 ,n
-u
n:s
u

n n

aj-1 ,1 Gj- 1,n = Iaik (ComA)Jk = Iaik ('ComAtj


k= I k= I
Gi,I ai,n
Gj+l,I aj+l,11

Gnl an,n

Cette matrice ayant deux lignes identiques (la iième et la f ème), son déterminant est nul :
Q)
Il\
n
I a;k ('ComA)kJ =O -n:sc:
~

k=I <(
:>- Deuxième cas : i = j
En développant detA suivant la iième ligne, on obtient :

a11 .. . a1 ,n
n n
"O .,,
:<;
detA = ail ... a;,11 =I aik (ComAh =I aik (1ComAL
0 <=
c ::;
k= l k= I
::::i '~
<.>
Cl <.>
~
-~ Gnl ·· · an,n
"""
..-1
0 ~
N <=
On a donc, finalement: (A .t ComA)ij = detA · OiJ·
0
<=
@ "'
....
..c
0
·a
::1 On montre de même que : (1ComA · A)ij = detA · Ôij ·
~Q.
Ol
·;::
>-
a.
~
S!
D'où le résultat. •
0 "
~
u -ci
Corollaire
1
{;.L,,(R) : A- 1 = - -1ComA
0
<=
::l
0 VA E
@ detA

227
>- Inverse de la transposée d'une matrice {de Ç.L0 {~))

Corollaire

>- Autre méthode


Pour inverser une matrice de déterminant non nul, ou dont on connaît le caractère inver-
sible, on peut aussi ut