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EFFETS DU COVID-19 ET PERSPECTIVES À COURT ET MOYEN TERME

Le marché de l’habillement est très sensible aux variations de la conjoncture économique. Selon Coface, le PIB
mondial a baissé de 4,8% en 2020 et devrait rebondir de 4,4% en 2021 après une croissance économique
mondiale de 2,5 % en 2019. Les principaux marchés consommateurs de vêtements, notamment l’Europe et
l’Amérique du Nord et la Chine, enregistrent un très fort ralentissement de leur activité économique en 2020 (-
6.2% après 1,7% en 2019 pour les économies avancées et 1% après 6,1% pour la Chine), et, malgré une reprise
de l’activité attendue en 2021, le PIB des grandes économies avancées, resterait inférieur à son niveau de 2019.
Dans les nombreux pays qui ont pris des mesures de confinement strictes face à la pandémie de COVID-19, les
magasins d’habillements ont été fermés, n’étant pas des commerces essentiels. McKinsey s’attend à une baisse
des revenus de l’industrie mondiale de l’habillement et de la chaussure de 27 à 30% en 2020 par rapport à 2019
avec cependant un regain de 2 à 4% en 2021 par rapport à 2019. De surcroît, Mc Kinsey anticipe une baisse de
la moitié des ventes dans le secteur du textile et de l’habillement en Union Européenne en 2020. Dans ce climat
d’incertitude, les consommateurs préférant épargner par précaution et se concentrer sur des biens essentiels, les
ventes en ligne n’ont pas permis de compenser les pertes engendrées par la fermeture des magasins physiques.
Les ventes en ligne ont diminué de 15 à 20% en Chine, 5 à 20% en Europe et entre 30 et 40% aux Etats-Unis,
d’après McKinsey.

Le secteur du textile et de l’habillement est très mondialisé. Les chaînes de production ont été bouleversées par
la crise. Le pic épidémique en Chine a engendré des pénuries de matières premières car certaines usines
approvisionnant le secteur ont dû fermer, telles que le coton et d’intrants, pénalisant les industries
manufacturières du monde entier, notamment l’Amérique latine et l’Afrique de l’Est qui sont très dépendants des
matières premières chinoises. Puis, lorsque l’épicentre s’est déplacé vers l’Europe puis les Etats-Unis, les usines
de nombreux pays ont été fermées par nécessité de ne pas faire circuler le virus sur le lieu de travail.

Par manque de commandes, de nombreuses entreprises ne peuvent pas verser les salaires à leurs employés et
sont dans l’obligation de licencier. Au Vietnam, où la croissance économique était l’une des plus fortes d’Asie
(6,5% en 2019, d’après Coface), entre 400 000 et 600 000 personnes (sur un total de 2,8 millions) ont perdu leur
emploi dans le secteur d’après la Vietnam Textile and Apparel association.

PRÉSENTATION

Le secteur textile représente un secteur stratégique au sein de l’activité industrielle nationale par sa
contribution aux agrégats du secteur (27% des emplois et 7% de la valeur ajoutée industriels), Dans le
contexte de crise économique qui a touché ses principaux partenaires (notamment l’Espagne et la
France qui absorbent près de 60% des exportations du secteur), le textile a fait preuve de résilience.
En vue de tirer meilleur profit de ses potentialités et d’y asseoir une croissance pérenne, l’Etat a
développé une vision globale, intégrant aussi bien l’export que le marché national, un objectif
poursuivi dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020.
Un appui soutenu sera particulièrement porté à l’émergence d’un amont textile compétitif et innovant,
afin de drainer davantage d’IDE, notamment chinois, et de développer des partenariats gagnants-
gagnants.
Associations professionnelles du secteur :

ujourd’hui, la distribution sur le marché domestique est


hétérogène. Nous avons d’un côté les distributeurs dits
« modernes », qui militent pour un marché libre, idéalement
avec peu ou pas de droits de douane, pour pouvoir fournir leur
clientèle en produits nobles et siglés à des prix qui ne soient pas
grevés de taxes. Nous sommes en territoire du « Made in
ailleurs » ou « Made out of Morocco » par opposition au « Made
in Morocco ». 

De l’autre côté, le marché des kissariates et des médinas où l’on


veut se vêtir au meilleur prix sans s’attacher à l’origine des
produits. Ici on achète un rapport qualité-prix, et souvent juste
un prix. Si pour les grands centres urbains, la mode est
forcément d’ailleurs et importée, il n’en reste pas moins que la
grande majorité des Marocains voudraient aussi des
produits locaux, adaptés à leur goût et à leur bourse.
L’expérience vécue par le secteur de la biscuiterie pendant les 10
dernières années est probante. La grande majorité des biscuits
est produite localement et répond à des normes qualitatives
avec des prix défiant toute concurrence. C’est exactement le pari
que défendent l’AMITH et les 400 000 collaborateurs de son
industrie. Habiller les Marocains avec une mode dont le design
n’enviera rien à l’Europe ou à la Turquie, tout en produisant
l’ensemble de ces articles localement.

Aujourd’hui la question qui se pose est la suivante : Devons-


nous nous résigner à faire du Maroc un simple consommateur
de biens importés ou sommes-nous encore des citoyens qui
considérons que le combat mérite d’être mené ? Nous avons
l’intime conviction que les dizaines de milliers d’ouvrières et
ouvriers qui produisent pour Zara, H&M et autres grandes
enseignes du monde, pourraient tout aussi bien fournir le
marché local, si l’environnement des affaires sur le marché
domestique y était propice.

Pour l’AMITH, la réponse à cette question est claire. L’industrie


marocaine du textile-habillement est un secteur d’avenir
compte tenu des potentialités humaines et techniques dont il
regorge, et de l’héritage et du savoir-faire cumulés à travers les
générations. Cette industrie est en capacité de satisfaire
les attentes et les besoins du consommateur marocain
que ce soit en termes de qualité, de prix ou de mode. De
plus, notre économie a grandement besoin de la vitalité de cette
industrie en termes de création d’emplois, et de sa contribution
bénéfique à l’équilibre de notre balance commerciale. 

Le principal défi aujourd’hui est de pouvoir passer le cap de


cette crise sanitaire qui a gravement porté préjudice aux
entreprises et aux emplois de manière générale. Nous
prônons une intégration de la chaine de valeur de la
production à la distribution. Dans cette dynamique, la
distribution est la locomotive de cet objectif de reconquête de
notre marché domestique.

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