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REPUBLIQUE DU BENIN

UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST


(UCAO)

INTRODUCTION A LA
COMPTABILITE GENERALE
SOMMAIRE

SOMMAIRE .............................................................................................................................................................1

PARTIE 1 : L’ENTREPRISE ET LA COMPTABILITE ....................................................................................2

Chapitre I : Généralité sur l’entreprise ....................................................................................................................3

Chapitre II : Notions sur le bilan..............................................................................................................................6

Chapitre III : Enregistrement des flux économiques : le compte ............................................................................8

Chapitre IV : Le référentiel comptable OHADA Révisé ........................................................................................11

Chapitre V : Le système classique...........................................................................................................................14

PARTIE 2 : L’ENTREPRISE ET LES OPERATIONS COURANTES ...........................................................17

Chapitre VI : La facture et les opérations d’achats et de ventes ............................................................................18

Chapitre VII : Les charges de personnel ................................................................................................................21

BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................................................................28

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Corneille D.
PARTIE 1 : L’ENTREPRISE ET LA COMPTABILITE

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Corneille D.
Chapitre I : Généralité sur l’entreprise

I. DEFINITION ET CARACTERISTIQUES

A. DEFINITION

Une entreprise est une entité économique, autonome qui combine les moyens nécessaires en
vue de produire des biens et ou services pour le marché dans un but lucratif. De cette définition
ressortent les éléments caractéristiques d’une entreprise.

B. CARACTERISTIQUES D’UNE ENTREPRISE

De la définition ci-dessus on peut faire ressortir les éléments ci-après :


- L’entreprise est une entité économique, ce qui signifie qu’elle représente un cadre de
production.
- L’entreprise est une entité autonome, ce qui signifie qu’elle jouit d’une indépendance
aussi bien décisionnelle que financière.
- L’entreprise rassemble les moyens, ce qui signifie qu’elle met en œuvre l’ensemble
des moyens adaptés à la réalisation de l’activité une fois disposé des moyens.
- L’entreprise vise un but lucratif, ceci implique une notion d’échange sur le marché
dans une perspective de réaliser un profit.

II. CLASSIFICATION DES ENTREPRISES

Trois critères fondamentaux ont été retenus pour classer les entreprises. Il s’agit de la propriété
des moyens, de la dimension ou la taille de l’entreprise et du secteur d’activité.

A. CRITERE DE PROPRIETE DES MOYENS

Ce critère est essentiellement axé sur l’identification des propriétaires des moyens dont dispose
l’entreprise. Suivant ce critère on distingue :
- Les entreprises privées dont les moyens appartiennent aux privés.
- Les entreprises publiques dont les moyens appartiennent à l’Etat.
- Les entreprises semi-publiques ou d’économie mixte dont les moyens appartiennent
aussi bien à l’Etat qu’aux privés.

Corneille D.
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B. CRITERE DE DIMENSION

Ce critère qui permet d’apprécier l’entreprise par la taille ; utilise un certain nombre d’éléments
variant d’un pays à l’autre. L’analyse de ces éléments conduit donc à distinguer :
- Les petites entreprises
- Les moyennes entreprises
- Les grandes entreprises

Au nombre des éléments d’appréciation on peut citer :


 Le capital
 Le chiffre d’affaire
 Les investissements
 L’effectif du personnel

C. CRITERE DU SECTEUR D’ACTIVITE

Suivant ce critère on distingue :


- Les entreprises du secteur primaire qui ont pour activité la pêche, l’agriculture, la
chasse, l’élevage, l’extraction minière etc...
- Les entreprises du secteur secondaire qui ont pour activité la transformation.
- Les entreprises du secteur tertiaire qui ont pour activité le négoce ou le service.

III. LES MOYENS

A. LES RESSOURCES MATERIELLES

Il s’agit de l’ensemble des biens acquis par une entreprise non pas pour être revendu, mais pour
rester de façon durable au sein de l’entreprise.

B. LES RESSOURCES HUMAINES

C’est la main d’œuvre comme facteur de production dans la mesure où elle permet de mettre en
œuvre l’activité.

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Corneille D.
C. LES RESSOURCES FINANCIERES

Elles correspondent aux fonds apportés par les associés ou aux dettes financières et autres
ressources.

IV. NOTION DE FLUX

Une fois l’entreprise créée, elle réalise des opérations qui se traduisent par des mouvements de
biens, de services ou de monnaie. Ces mouvements sont généralement appelés flux. Lorsque le
flux se rapporte à des mouvements de biens on parle de flux réel. Les flux de services se
traduisent par des mouvements immatériels.
Les mouvements de monnaie ou de créance correspondent aux flux financiers.
L’analyse de ces mouvements permet de distinguer, les flux externes des flux internes :
- Les flux internes correspondent aux mouvements se réalisant dans l’entreprise.
- Les flux externes correspondent aux mouvements que réalise l’entreprise avec
l’extérieur.

On peut donc retenir qu’un flux économique est un mouvement de biens, de monnaie, de
services, découlant d’opérations faites par une entreprise, soit avec des agents économiques
(flux externes) soit à l’intérieur de l’entreprise (flux internes).

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Corneille D.
Chapitre II : Notions sur le bilan

I. NOTION DU PATRIMOINE ET DE LA SITUATION NETTE

Le patrimoine de l’entreprise correspond à sa richesse, à sa fortune. Le patrimoine émane d’une


notion juridique qui permet de mettre en relief l’ensemble des biens et des dettes d’une
personne physique et morale. Ainsi donc pour une entreprise le patrimoine prend en compte ses
biens et ses dettes. L’analyse des biens et des dettes conduit à la connaissance d’une
conséquence appelée situation nette (SN)

SN = Biens - Dettes

II. NOTION DU BILAN

Le bilan est un tableau divisé en deux parties ; dans la partie droite on inscrit les ressources qui
correspondent à l’origine des fonds utilisés et dans la partie gauche, les emplois qui constituent
l’utilisation de ces ressources.
La partie droite est appelée PASSIF et la partie gauche ACTIF.

BILAN
ACTIF PASSIF
Biens appartenant à l’entreprise Origine des ressources dont dispose l’entreprise

A. ETUDE DE L’ACTIF DU BILAN

L’actif du bilan d’une entreprise industrielle ou commerciale est en général divisé en trois
blocs principaux : l’Actif Immobilisé, l’Actif Circulant et la Trésorerie - Actif.
- L’Actif Immobilisé est utilisé pour l’activité à long terme de l’entreprise. Il ne varie
que très peu d’un jour à l’autre et n’est que rarement converti en liquidités durant la vie
de l’entreprise.
- L’Actif Circulant comprend les stocks et les créances, c'est‐à‐dire un ensemble de
postes qui correspondent à une circulation importante et permanente de liquidités
monétaires et qui varient quotidiennement.

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Corneille D.
- Trésorerie - Actif inclut les titres de placement (qui sont des titres rapidement
négociables) et les disponibilités en banque et caisse.

On peut dire que les actifs circulants et la trésorerie - actif présentent un degré de liquidité
supérieur à celui des actifs immobilisés. L’objectif fondamental du plan SYSCOHADA est
néanmoins de présenter les actifs selon leur rôle ou leur destination : actifs immobilisés qui
constituent l’outil de l’activité de l’entreprise et actifs circulants qui n’ont pas de vocation à
rester durablement dans l’entreprise.

B. ETUDE DU PASSIF DU BILAN

Le passif du bilan d’une entreprise industrielle ou commerciale est en général divisé en trois
grandes masses ; les Ressources Stables, le Passif Circulant et la Trésorerie‐Passif.

- Les Ressources Stables comprennent les capitaux propres (capital, réserves, résultat,
subventions d’investissement, provisions réglementées) et les dettes financières
(emprunts, crédit bail, dettes financières diverses).
- Le Passif Circulant regroupe les dettes liées au cycle d’exploitation, et les dettes hors
activités ordinaires. Il inclut les dettes fournisseurs, les avances clients, les dettes
sociales (personnel et organismes sociaux) et les dettes fiscales (Etat, et ses démembre
- ments) et les dettes diverses (associés et autres).
- La Trésorerie‐Passif comprend les crédits de trésorerie (avances, concours bancaires)
et les découverts.

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Corneille D.
Chapitre III : Enregistrement des flux économiques : le compte

I. GENERALITES

Le chef d’entreprise a besoin d’informations fréquentes sur ses recettes, ses dépenses, ses
créances et dettes de façon à répondre aux questions suivantes :
- Quels est l’avoir de l’entreprise en banque ? en caisse ?
- Combien doivent les clients et autres débiteurs ?
- Quelle est la dette de l’entreprise vis-à-vis des fournisseurs ?
- A combien évalue t’on les charges ?

Pour répondre à toutes ces questions, on regroupe dans un même tableau toutes les opérations
qui concernent un élément ou un poste du bilan. Ce tableau est appelé COMPTE. Ainsi donc
dans un compte on rassemble les opérations de même type.

II. DEFINITION - TERMINOLOGIE – PRESENTATION

A. DEFINITION

Le compte est un document comptable qui permet de retracer à un moment donné les emplois
et les ressources de l’entreprise eu égard aux opérations réalisées sur les différents postes du
bilan.
B. TERMINOLOGIE

Imputation :
C’est une opération qui consiste à identifier le ou les comptes à débiter, le ou les comptes à
créditer.
Enregistrement :
C’est une opération qui consiste à porter ou à inscrire une somme au débit ou au crédit d’un
compte.
Solde d’un compte :
C’est la différence entre le total débit et le total crédit. Le solde est qualifié de débiteur lorsque
le total débit est supérieur au total crédit. Dans le cas contraire le solde est dit créditeur. En cas
d’égalité entre le total débit et le total crédit, le solde est nul.
Comment arrêté un compte : pour arrêté un compte on procède comme suit :
 Faire séparément les totaux débit et crédit

Corneille D.
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 Dégager le solde et l’inscrire du côté le plus faible
 Refaire les totaux débit et crédit qui doivent être égaux et souligner de deux traits les
totaux.

Pour la réouverture du compte on reprend le solde précédemment dégager et on le met à sa


place normale précéder de la mention solde à nouveau.

Immobilisations :
Éléments corporels et incorporels destinés à servir de façon durable à l'activité de l'entreprise.
Ils ne se consomment pas par le premier usage. A priori, leur durée est de plus d'un an. Certains
biens de peu de valeur ou dont la consommation est très rapide peuvent être considérés comme
entièrement consommés dans l'exercice de leur mise en service et, par conséquent, ne peuvent
pas être classés dans les immobilisations.

Stocks :
Ensemble des biens ou des services qui interviennent dans le cycle d'exploitation de l'entreprise
pour être :
- soit vendus en l'état ou au terme d'un processus de production à venir ou en cours ;
- soit consommés en général au premier usage.

On distingue les stocks proprement dits des en-cours.


Les stocks proprement dits comprennent :
- les approvisionnements : matières premières et fournitures, matières consommables et
fournitures ;
- les produits : produits intermédiaires, produits finis, produits résiduels ;
- les marchandises.

Les en-cours sont des produits non achevés.

Charges :
Emplois définitifs ou consommations de valeurs décaissées ou à décaisser par l'entreprise :
- soit en contrepartie de marchandises, approvisionnements, travaux et services
consommés par l'entreprise, ainsi que des avantages qui leur ont été consentis ;
- soit en vertu d'une obligation légale que l'entreprise doit remplir ;
- soit exceptionnellement, sans contrepartie directe.

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Corneille D.
Produits :
Sommes ou valeurs reçues ou à recevoir :
- soit en contrepartie de la fourniture par l'entreprise de biens, travaux, services, ainsi que
des avantages qu'elle a consentis ;
- soit en vertu d'une obligation légale existant à la charge d'un tiers ;
- soit exceptionnellement sans contrepartie.

C. PRESENTATION

Le compte se présente sous forme d’un tableau à deux parties comme le bilan :
- Le débit du compte qui est la partie gauche réservée à l’enregistrement des biens
d’actifs
- Le crédit du compte, partie droite réservée aux postes du passif.

III. FONCTIONNEMENT DES COMPTES

A. LES COMPTES DE BILAN

Le bilan comporte l’actif et le passif, et le fonctionnement est le suivant :


- Les comptes d’actif enregistrent leur augmentation au débit et leur diminution au crédit.
- Les comptes de passif enregistrent leur augmentation au crédit et leur diminution au
débit.

B. LES COMPTES DE GESTION

Il s’agit des comptes de charges et de produit :


- Les comptes de charges fonctionnent de la même manière que les comptes d’actif.
- Les comptes de produits fonctionnent de la même manière que les comptes du passif.

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Corneille D.
Chapitre IV : Le référentiel comptable OHADA Révisé

I. GENERALITES

Les règles concernant l’enregistrement comptable, la présentation et le contenu des documents


font l’objet d’une norme appelé : SYSCOHADA Révisé (Système Comptable pour
l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires Révisé). Ce référentiel comptable doit
permettre à la comptabilité de jouer pleinement son rôle dans le développement et l’intégration
économique des Etats signataires du traité de l’OHADA. Le SYSCOHADA Révisé couvre
l’ensemble du champ de la norme comptable :
- Traitement des données comptables
- Ensemble cohérent des comptes coordonnés
- Model d’analyse des activités et de la structure de l’entreprise et de son environnement
- Ensemble des principes cohérents reconnu au plan international
- Panoplie des états financiers adaptés à la taille des entreprises
- Règlement du droit comptable
- Système d’information de la centrale des bilans.

Les principaux objectifs visés par le SYSCOAHADA Révisé sont les suivant :
- Disposer des données homogènes à partir de pratiques comptables uniformes
- Fiabilité de l’information comptable
- Image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise
- Mise à disposition des entreprises d’un outil moderne de gestion
- Pertinence partagée de l’information sur la base de besoins des différents producteurs et
utilisateurs des comptes.
- Alimentation de la centrale des bilans en informations comptables et financières
pertinentes et sûres.

Le SYSCOHADA Révisé permet donc de contribuer à assurer une plus grande efficacité du
contrôle des comptes et donner aux utilisateurs de l’information comptable toute garantie de
régularité, de sincérité et de transparence des états financiers. Il permettra aussi d’inciter les
opérateurs économiques du secteur informel à tenir une comptabilité régulière en mettant à leur
disposition des outils de gestion approprié.

Corneille D.
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II. DISPOSITIONS JURIDIQUES ET LES PRINCIPES COMPTABLES

A. LES DISPOSITIONS JURIDIQUES

Le règlement relatif au droit comptable appelé ‘’Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à
l’Information Financière’’ est un référentiel juridique formalisé en 113 articles. Les règles
essentielles contenues dans ces articles stipulent que toute entreprise doit :
- Tenir le livre journal qui enregistre les opérations dans un ordre chronologique
- Tenir le grand livre des comptes
- Tenir la balance des comptes
- Tenir le livre d’inventaire sur lequel est transcrit le bilan et le compte de résultat de
chaque exercice ainsi que le résumé de l’opération d’inventaire.

Les livres comptables et les pièces justificatives sont conservés pendant 10 ans. Les procédures
et l’organisation doivent être décrites dans un manuel de procédures.

L’article 112 de l’Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à l’Information Financière


stipule : « sous réserve des dispositions de l’article 113 alinéa 2 ci-après, sont abrogées à
compter de la date d’entrée en vigueur du présent Acte uniforme, les dispositions de l’Acte
uniforme du 24 mars 2000 portant organisation et harmonisation des comptabilités des
entreprises ainsi que toutes dispositions de droit interne antérieures contraires ».

L’article 113 stipule : « Le présent Acte uniforme auquel sont annexés le Plan comptable
général OHADA et le Dispositif comptable relatif aux comptes consolidés et combinés sera
publié au Journal Officiel de l’OHADA dans un délai de soixante (60) jours à compter de la
date de son adoption. Il sera également publié dans les Etats parties au journal officiel ou par
tout autre moyen approprié. Il est applicable quatre-vingt-dix (90) jours après cette publication.
L’entrée en vigueur est fixée :
- pour les comptes personnels des entités, au 1er janvier 2018;
- pour les comptes consolidés, les comptes combinés et les états financiers selon normes
IFRS, au 1er janvier 2019 ».

B. LES PRINCIPES COMPTABLES

Les principes comptables sont présentés dans le SYSCOHADA Révisé sous formes de
postulats et de conventions comptables applicables pour la tenue de la comptabilité à savoir :

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Corneille D.
- Postulat d’identité ;
- Postulat de la comptabilité d’engagement ;
- Postulat de la spécialisation des exercices ;
- Postulat de la permanence des méthodes ;
- Postulat de la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique ;
- Convention du coût historique ;
- Convention de prudence ;
- Convention de régularité et de transparence ;
- Convention de la correspondance bilan de clôture-bilan d’ouverture ;
- Convention de l’importance significative.

III. LA CODIFICATION ET LES CLASSES DES COMPTES

A. LA CODIFICATION

La codification du plan comptable général permet de ressortir 9 classes des comptes :


- Les comptes du bilan (classes 1 à 5)
- Les comptes de gestion (classes 6 à 8)
- Les comptes des engagements hors bilan et de la comptabilité analytique de gestion
(classe 9)

B. LES CLASSES
1. Les comptes de ressources durables
2. Les comptes d’actifs immobilisés
3. Les comptes de stocks
4. Les comptes de tiers
5. Les comptes de trésorerie
6. Les comptes de charges des activités ordinaires (AO)
7. Les comptes de produits des activités ordinaires (AO)
8. Les comptes des autres charges et autres produits ou (HAO)
9. Les comptes des engagements hors bilan et de la comptabilité analytique de gestion

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Chapitre V : Le système classique

I. APERCU DU SYSTEME

Le système classique est un système organisé de traitement des opérations comptables qui
permet à la comptabilité de l’entreprise de fournir des informations régulières, sincères,
reflétant l’image fidèle des comptes.

II. LES DOCUMENTS COMPTABLES OU PIECES COMPTABLES

Les documents comptables servent de support indispensable à la comptabilité. Toute écriture


comptable ou enregistrement doit être justifiée par une pièce comptable comme par exemple :
une facture, un chèque, un bulletin de paye, une quittance fiscale.
Les documents comptables peuvent être d’origine interne ou d’origine externe.
Les documents d’origine interne sont établis par l’entreprise elle-même comme la facture de
vente, le bulletin de paie.
Les documents d’origine externe sont adressés à l’entreprise par des tiers comme la facture
d’achat, l’avis de débit de la banque.

III. LES LIVRES COMPTABLES

A. LE LIVRE JOURNAL

Le journal est un livre coté et paraphé par les autorités compétentes dans chaque Etat dont la
loi impose la tenue obligatoire à tous les commerçants. Il est destiné à enregistrer sans blanc ni
altération (Article 20 de l’Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à l’Information
Financière) dans un ordre chronologique tous les mouvements affectant le patrimoine de
l’entreprise. Notons que pour toute opération enregistrée au journal la précision des
informations suivantes est obligatoire :
- La date de l’enregistrement qui est la date d’établissement ou d’émission pour les
documents internes et la date de réception pour les documents externes.
- L’imputation de chaque somme (le ou les comptes débités pour les emplois et le ou les
comptes crédités pour les ressources)
- Le libellé qui est une brève explication de l’opération. La référence de la pièce
justificative qui sert de base à l’opération et permet de connaître l’origine de l’opération
(la facture, le chèque, le reçu, la pièce de caisse) peut servir de libellé.

Corneille D.
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Le livre journal est plus connu sous le nom journal. Le total de la colonne débit doit être égal
au total de la colonne crédit du journal. Ces totaux sont inscrits au bas de chaque page et
reportés au début de la page suivante.

Les articles 16 et 17 de l’Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à l’Information


Financière donnent quelques prescriptions quant à la tenue du livre journal.

B. LE GRAND LIVRE

Le grand livre est un document comptable obligatoire qui permet le regroupement homogène
des différentes opérations enregistrées sur le journal. Il est composé de façon exhaustive de
tous les comptes utilisés par l’entreprise au cours d’un exercice.
Le grand-livre peut se présenter sous plusieurs formes :
- il peut se présenter sous la forme d’un registre à feuillet cousus ou mobiles classées
dans une reliure,
- il peut se présenter sous la forme d’un bac à fiches
- pour une organisation comptable reposant sur un traitement informatique les
dispositions de l’article 22 de ’Acte Uniforme relatif au Droit Comptable et à
l’Information Financière doivent être observées.

C. LA BALANCE

La balance est un document regroupant tous les comptes ouverts par l’entreprise et qui met en
évidence les soldes d’ouvertures ( la situation des comptes de l’exercice précédent ) , les
mouvements de l’exercice (les sommes inscrites au débit et au crédit des comptes au cours
de l’exercice ) et les soldes de la balance permettent de vérifier l’exactitude des reports du
journal au grand – livre.
La balance constitue un document comptable obligatoire suivant les normes du plan comptable
en vigueur. Elle est à la fois un instrument de gestion et de contrôle.
C’est un instrument de gestion car elle permet de visualiser tous les comptes de l’entreprise.
Elle récapitule l’ensemble des comptes utilisés par l’entreprise et permet d’établir les états
financiers (Bilan, compte de résultat, Tableau de Flux de Trésorerie).
C’est un instrument de contrôle car il permet de s’assurer du respect du principe de la partie
double. En effet les mouvements enregistrés au niveau de la balance doivent correspondre au
total du journal.

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Corneille D.
Il existe plusieurs formes de tracé de la balance, mais celle recommandée par le plan comptable
en vigueur est la balance à six colonnes.

D. LE LIVRE D’INVENTAIRE

Le livre d’inventaire est un document comptable obligatoire sur lequel sont transcrits le bilan et
le compte de résultat de chaque exercice, ainsi que le résumé de l’opération d’inventaire.
(Article 19 alinéa 4).

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PARTIE 2 : L’ENTREPRISE ET LES OPERATIONS COURANTES

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Chapitre VI : La facture et les opérations d’achats et de ventes

I. LA FACTURE

On distingue deux types de factures :


- la facture de doit,
- la facture d’avoir.

A. LA FACTURE DE DOIT

La facture de doit est un écrit par lequel, le vendeur constate et expose les conditions
auxquelles les biens et ou services sont vendus au client y compris les avantages accordés.
Dans les conditions normales, la facture doit être établie en deux (2) exemplaires :
- l’original envoyé au client,
- le double ou le duplicata conservé par le fournisseur.

B. LA FACTURE D’AVOIR

La facture d’avoir ou note de crédit est l’écrit que le vendeur adresse au client pour constater
une diminution de sa créance en raison de :
- retour de marchandises,
- réduction hors facture de doit.

II. ENREGISTREMENT DE LA FACTURE

A. COMPTABILISATION DE LA FACTURE DE DOIT

L’achat et la vente mettent en jeux deux acteurs : l’acheteur et le vendeur.

1) Chez l’acheteur (client)


601 Achat de marchandise
4452 Etat, TVA récupérable sur achats

401 Fournisseur

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Corneille D.
2) Chez le vendeur (fournisseur)

411 Clients

701 Ventes de marchandise

4431 Etat, TVA facturée sur vente

B. COMPTABILISATION DE LA FACTURE D’AVOIR


- Cas de retour de marchandises
1) Chez l’acheteur (client)

401 Fournisseur

601 Achat de marchandises

4452 Etat, TVA récupérable sur achat

2) Chez le vendeur (fournisseur)

701 Ventesde marchandise


4431 Etat, TVA facturée sur vente

411 Clients

- Cas de réduction hors facture de doit


1) Chez l’acheteur (client)

401 Fournisseur

601 Achat de marchandises

4452 Etat, TVA récupérable sur achat

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Corneille D.
2) Chez le vendeur (fournisseur)

701 Ventesde marchandise


4431 Etat, TVA facturée sur vente

411 Clients

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Corneille D.
Chapitre VII : Les charges de personnel

I. GENERALITES

La rémunération du personnel est l’une des tâches les plus importantes qui engagent non
seulement la Direction des Ressources Humaines mais aussi la Direction Comptable.
Le personnel est défini comme l’ensemble des travailleurs lié à l’entreprise par un contrat de
travail à durée déterminée ou à durée indéterminée. Ces personnes sont placées sous l’autorité
d’un chef dans le cadre du contrat de travail et apportent leurs prestations en échange d’une
rémunération appelée salaire.
De ce fait l’exploitant individuel ne fait pas partie du personnel de son entreprise.
Les charges de personnel constituent donc l’ensemble des dépenses effectuées pour le compte
du personnel. Il s’agit donc de :
- La rémunération due au personnel calculé sur un bulletin de paie ;
- Les charges patronales.

II. LE BULLETIN DE PAIE

C’est un document sur lequel l’on dispose des informations suivantes :


- Nom ou raison sociale de l’employeur ;
- Nom de l’employé ;
- Catégorie professionnelle de l’employé ;
- Période et date de la paye ;
- Taux horaire de base ou salaire de base ;
- Nombre d’heures normales et supplémentaires ;
- Montant des primes et indemnités ;
- Salaire brute social et imposable ;
- Salaire net à payer ;
- Retenues obligatoires et facultatives.

III. LE SALAIRE

A. LE SALAIRE BRUTE

Corneille D.
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Il correspond au salaire de base majoré des primes, des indemnités et des heures
supplémentaires.

SB = Sb + Primes + Indemnités + HS

B. LE SALAIRE DE BASE

Il est fonction de la catégorie et de l’échelon du travailleur. Il est généralement obtenu sur la


base des heures normales effectuées par le travailleur pour un mois.

Sb = taux horaire * heures normales

Heures normales / jour = 8 d’où 8*5 = 40 heures par semaines


52*40/12 = 2080/12 = 520/3 = 173,1/3 heures par mois.

C. LES HEURES SUPLEMENTAIRES

Les heures supplémentaires représente toutes fractions d’heures effectués au delà des 173,1/3
heures par mois. Ainsi selon la législation béninoise les heures supplémentaires sont celle
effectuées au-delà des 40 heures normales par semaine. Ainsi on distingue :
- Les heures supplémentaires du jour
De 41 aux 48 majorations 12 %
Au-delà de 48 heures majoration 35 %
Jour férié ou dimanche majoration 50 %
- Les heures supplémentaires de nuits (de 21 heures à 5 heures)
Jour ouvrable majoration 50 %
Jour férié ou dimanche majoration 100 %

Calcul du montant HS a t %

Mt HS à t % = nbre HS * taux horaires (1 + t %)

D. LES AVANTAGES

Ce sont des dépenses engagées par l’entreprise au profit du travailleur (avantages en nature).
Ils peuvent correspondre aux frais de logement et de domesticité, aux factures d’eau,
d’électricité, de téléphone ; aux véhicules de fonction ; aux bons d’essence ; à la nourriture etc.

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Corneille D.
E. LE SALAIRE NET A PAYER

Il correspond à la différence entre le salaire brute et les retenues sur salaire.

F. LES RETENUES SUR SALAIRES

L’administration béninoise distingue deux catégories de retenues sur salaire à savoir les
retenues obligatoires et les retenues facultatives.

1. Les retenues obligatoires

Il s’agit d’une part de la cotisation ouvrière calculée au taux de 3,6% du salaire brute social
versé à la CNSS et d’autre part de l’IPTS (Impôt Progressif sur Traitements et Salaires)
aujourd’hui IRPP (Impôt sur Revenu des Personnes Physiques) catégorie Traitements et
Salaires (IRPP_TS). L’IRPP_TS est calculé sur le salaire bute imposable arrondi au millier de
franc inférieur à partir d’un barème établi comme suit :
- 0 % pour la tranche inférieure ou égale à 50.000 francs ;
- 10 % pour la tranche comprise entre 50.001 et 130.000 francs ;
- 15 % pour la tranche comprise entre 130.001 et 280.000 francs ;
- 20 % pour la tranche comprise entre 280.001 et 530.000 francs ;
- 30 % pour la tranche supérieure à 530.000 francs.

Le montant de l’IPTS obtenu à partir du barème est un montant brut auquel il faut appliquer un
taux d’abattement pour obtenir l’IPTS net compte tenu du nombre d’enfant réellement à
charge.
Le taux d’abattement varie comme suit :
- 0 % pour les contribuables ayant un enfant à charge ;
- 5 % pour les contribuables ayant deux enfants à charge ;
- 10 % pour les contribuables ayant trois enfants à charge ;
- 15 % pour les contribuables ayant quatre enfants à charge ;
- 20 % pour les contribuables ayant cinq enfants à charge ;
- 23 % pour les contribuables ayant six enfants et plus à charge.

IPTS net = IPTS brut - Abattement

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Corneille D.
Sont considérés comme enfants à charges les enfants légitimes ou adoptés en vertus d’un titre
légal âgé de moins de 21 ans ou moins de 25 ans s’ils justifient de la poursuite de leur étude, ou
sans condition d’âge s’ils sont infirmes. Ainsi la femme mariée est considérée comme n’ayant
pas d’enfant à charges à moins de faire la preuve de sa qualité de chef de famille.

2. Les retenues facultatives

Au nombre des retenues facultatives on distingue :


- les avances et acomptes sur salaires : ce sont des sommes versées par l’employeur au
salarié sur le salaire d’un mois à venir ou d’un mois en cours. Ces sommes sont
déduites du salaire brut lors de l’établissement du bulletin de paie,
- les oppositions ou saisies-arrêts : ce sont des sommes prélevées sur le salaire du
travailleur par l’employeur au profit de ses créanciers muni d’un titre officiel de
créance.

G. LES CHARGES PATRONALES SUR SALAIRES

Il s’agit :
- Du Versement Patronal sur Salaire (VPS) calculé au taux de 4 % sur la même base
que l’IRPP_TS. Ce taux est réduit de 2 % pour les établissements d’enseignement
privé.

VPS = SB Imposable arrondi * 4 %

- De la Cotisation Patronale sur Salaire (CPS) calculée sur la même base que la
cotisation ouvrière au taux suivant :
 allocation familiale 9 %
 complément de retraite 6,4 %
 risque professionnel 1 à 4 %

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Corneille D.
IV. ANALYSE COMPTABLE DES CHARGES DE PERSONNEL

A. ENREGISTREMENT DE LA FICHE DE PAIE

661 Rémun directes_personnel national


662 Rémun directes_personnel non national
663 Indemnité forfaitaire

421 Personnel, avances et acomptes


422 Salaire Net à payer
423 Personnel, oppositions, saisies-arrêts
431 CNSS
4472 IPTS Net
272 Prêt

S/ Constatation fiche de paie

422 Salaire Net à payer Salaire Net à


payer
Salaire Net à
52 Banque
payer

S/ Paiement Salaire

B. ENREGISTREMENT DES CHARGES PATRONALES

664 Charges Sociales Patronales


641 Charges fiscales Patronales (VPS)

431 CSP
4472 VPS

S/ Constatation Charges Patronales

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Corneille D.
431 CSP
4472 Charges fiscales Patronales (VPS)

52 CSP + VPS
S/ Paiement des cotisations

C. LA PAIE DU PERSONNEL INTERIMAIRE

637 Rémun_personnel exté à l’entreprise

401/5. Fournisseurs, dettes en


compte/trésorerie
S/ Règlement ou constatation

667 Rémun_tranférée du personnel extérieur Salaire annuel

637 Rémun_personnel exté à l’entreprise Salaire annuel


S/ Virement

D. LES AVANTAGES EN NATURES

6. Charges Avantage en
nature

401/5. Fournisseurs, dettes en Avantage en


nature
compte/trésorerie
S/ Constatation des avantages en nature

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Corneille D.
6617/ Avantages en natures personnel national Avantage en
nature annuel
6627 Avantages en natures personnel non
national
Avantage en
781 Transferts de charges d’exploitation
nature annuel
S/ Virement

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Corneille D.
BIBLIOGRAPHIE

1. André ERSA, ‘’Précis de comptabilité’’, SYSCOA, 2 tomes, Dakar, Imprimerie Saint-


Paul, 1998
2. Bernard COLASSE, ‘’Comptabilité Générale’’, Paris, Editions Economica, 5ème
édition, 1996
3. Obert R., Mairesse M.P., ‘’Comptabilité et Audit’’, Dunod, 2007
4. Oumar SAMBE et Mamadou Ibra DIALLO, ‘’Plan des comptes et états financiers du
SYSCOHADA’’, Edition Comptable et Juridique (ECJ), 2001
5. Yves DUPUY, ‘’Les bases de la comptabilité générale’’, Paris, Éditions Economica,
1997.

Corneille D.

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