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Partie I

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE

PLAN DU COURS

Partie I Partie II Partie III

Notions fondamentales Distribution de l’énergie Machines électriques


1. Rappels historiques 1. Rappels historiques 1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité 2. Distribution triphasée 2. Généralité sur les machines
3. Méthodes d’étude 3. Transformateurs de puissance 3. Les convertisseurs électromécaniques
4. Signaux électriques 4. Réseaux électriques 4. La machine à courant continu
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Rappels historiques
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
La connaissance de l’électricité prend sa source dans l’antiquité (Thalès - 600 ajc-) mais reste presque inexplorée 4. Signaux électriques
pendant 20 siècles avant de se diffuser au XVIIe et XVIIIe sous la forme d’expériences spectaculaires 5. Puissance et énergie
d’électrostatique. 6. Appareillages de mesure
C’est l’invention de la pile en 1800 par Alessandro Volta qui va inaugurer un siècle de découvertes dans les
domaines liés à l’électricité (électromagnétisme, électrothermie, électrochimie...).
La fin du XIXe verra l’unification des théories électrostatiques et électromagnétiques grâce au mathématicien J. K.
Maxwell.

Thalès
Maricourt
600 ac Gibert
1269
1600
Musschenbroek
Franklin
1746
1752 Volta
Oersted
1800
1820 Ampère
1820 Faraday
1831 Maxwell
1865

Denis Guérin
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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

2 Nature de l’électricité

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Atome et électron
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
La matière est constituée d’atomes (10-10 m). 5. Puissance et énergie
Un atome est constitué d’un noyau (10-15 m) autour duquel tournent des électrons qui portent la charge 6. Appareillages de mesure
négative.

Dans les milieux conducteurs (cuivre, aluminium, …), les atomes possèdent des électrons libres. Au repos,
les électrons libres se déplacent de manière désordonnée. Si on sollicite le conducteur électriquement, les
électrons libres vont prendre un mouvement d’ensemble ordonné : c’est le courant électrique.

Source: hydroquébec comprendre l’électricité

Source : https://linfinimentpetitetlinfinimentgrand.wordpress.com
L’énergie électrique (électricité) tire son origine de la
charge électrique des électrons et d’une mise en
mouvement ordonné.

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Courant électrique
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
On appelle courant électrique une circulation de charges électriques. 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
Ces charges peuvent être :
1. Des électrons (-)
• Dans un solide conducteur (cuivre, aluminium, …).
• Dans un liquide conducteur (mercure, eau impure, ...).
2. Des ions (anions chargés - ou cations chargés +). ex : l’électrolyte d’un accumulateur. On peut faire un bon liquide conducteur en
versant du sel de table ordinaire dans de
l'eau. Le sel de table est un cristal appelé
chlorure de sodium, de formule NaCl. Le sel
𝑑𝑄 𝑇 en secondes L’intensité est le débit de charges se dissout dans l'eau, et se sépare en ions
𝑖 𝑡 = 𝑄 en coulomb (C)
électriques à travers un milieu
Na+ et Cl-qui évoluent librement en
𝑑𝑡 𝐼(𝑡) en ampères (A)
solution.
Lorsqu'on applique une force
conducteur. électromotrice, elle agit sur chacun de ces
ions et les fait se déplacer dans la solution
dans des directions opposées.
Dans ce cas, le courant se compose de
Le sens conventionnel du courant électrique : circule particules chargées en mouvement, des
de la borne + (borne du générateur qui présente un ions positifs et des ions négatifs, et non des
électrons libres. Dans le corps humain, ce
déficit d’électrons) à la borne - (borne du sont également les ions, positifs et négatifs,
générateur qui présente un excès d’électrons) qui transportent les influx nerveux.
Source: Kahn Academy

la vitesse moyenne de déplacement des charges mobiles dans les conducteurs est extrêmement faible. Les électrons d’un fil de cuivre se déplacent à une vitesse
moyenne de 1 mm/s. En fait, c’est le champ électrique qui s’établit quasi-instantanément. Les électrons du fil se déplacent très rapidement entre deux changements
de direction, entre deux chocs, mais ils zigzaguent dans tous les sens ce qui rend leur vitesse moyenne le long du fil si faible. La vitesse des ions dans un
électrolyte est encore plus faible.
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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Tension électrique
1. Rappels historiques
la tension électrique représente le travail de la 2. Nature de l’électricité
On exprime la tension aux bornes d’un dipôle force électrique (par unité de charge) sur 3. Méthodes d’étude
une particule chargée. 4. Signaux électriques
comme la variation d'énergie potentielle 𝜀𝑝𝑒 5. Puissance et énergie
∆𝜀𝑝𝑒
électrique par unité de charge : 𝑈 = 6. Appareillages de mesure
𝑞

Pour une particule de charge q, une tension U entraîne L’unité de la tension est donc
𝑑𝜀𝑝𝑒 une variation d'énergie potentielle électrique, celle d'une énergie divisée

Pour une masse m, une variation d'altitude h entraîne 𝑢 𝑡 = Δ𝜀𝑝𝑒 = 𝑞. 𝑈 par une charge électrique,

une variation d'énergie potentielle de pesanteur


𝑑𝑞 La tension dans un circuit est analogue au c'est-à-dire
produit 𝑔Δℎ pour la pesanteur. le joule par coulomb J/q ,
Δ𝐸𝑝𝑝 = 𝑚𝑔Δℎ lequel équivaut au volt.
Δ𝜀𝑝𝑒 = 𝑞. 𝑈
Δ𝜀𝑝𝑝 = 𝑚. 𝑔. Δℎ
𝑔 𝑔
𝑚 𝑞
𝑞
𝑚
𝑈
ℎ ℎ/2
𝑔. ℎ 𝑈
À la moitié du parcours, le à la moitié du circuit
mobile de masse 𝑚 a libéré électrique, l’électron de
la moitié de son énergie charge q a "libéré" la moitié
potentielle de son énergie potentielle.

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Interactions avec d’autres formes d’énergie
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
L’électricité est une forme de l’énergie qui est reliée par de nombreuses interactions avec d’autres formes de l’énergie 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

Électrostatique
Électromagnétisme
Electromécanique
Electrothermie
Effet Joules
Effet Seebeck
Effet Thomson
Effet Peltier
Electrochimie
Effet photovoltaïque

L’électricité est convertible sous de


nombreuses formes, ce qui a assuré
son succès dans les domaines de
l’énergie comme de l’information, mais
elle est difficile à stocker.
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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

3 méthodes d’étude

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Dipôles passifs
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Les 3 dipôles fondamentaux permettent de décrire les phénomènes les plus 4. Signaux électriques
courants : électrothermie, électromagnétisme et électrostatique. 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
Dipôle Résistor (résistance) Inductance (bobine) Condensateur
Symbole i
i
iC
convention A uR B
A B
.
uL
(récepteur) uC

𝑢R(𝑡) = 𝑅. 𝑖(𝑡) 𝑑𝑖 𝑑𝑢𝑐


𝑢L(𝑡) = 𝐿. 𝑖(𝑡) = 𝐶.
Loi 𝑢 = 𝑓(𝑖) 𝑑𝑡 𝑑𝑡
Loi d’Ohm Loi de Faraday Loi de Coulomb

𝑹 en Ohms () 𝑳 en henrys (H) 𝑪 en farads (F)


Critères de choix
𝑷𝒎𝒂𝒙 en watts (W) 𝑰𝒎𝒂𝒙 en ampères (A) 𝑼𝒎𝒂𝒙 en volts (V)

 
²

µ
2 S
paramètres S R  L
N S S C 
 e e
s 

N spires

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Dipôles passifs
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Exemple d’utilisation des dipôles passifs : 3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
Micro-réseau DC dédié aux infrastructures de recharge des véhicules électriques et hybrides 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Dipôles actifs
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Les dipôle actifs sont des sources de tension ou de courant. 4. Signaux électriques
Ces dipôles respectent des règles de branchement dans un circuit qu’il faut respecter. 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
source de tension source de courant
Modèles de sources réelles
Symboles et
conventions

source réelle de Source de tension


tension 5 Volts pour carte
électronique

règles Une source de tension ne peut pas être mise en court circuit Une source de courant ne peut pas être placée en
circuit ouvert

𝑉𝑒𝑞𝑠 = 𝑉1 + 𝑉2 il est interdit de placer en série deux sources de courant source réelle de
Associations
délivrant des courants d'intensités différentes. courant
En série Source de courant
150 mA pour
éclairage LEDs
Associations 𝐼𝑒𝑞𝑝 = 𝐼1 + 𝐼2

il est interdit de placer en parallèle deux sources de tensions


En parallèle
délivrant des tensions différentes. Le courant de circulation Application
serait en effet infini. Calculer la tension aux bornes d’une batterie 12 V au démarrage
d’une voiture thermique : tension mesurée à vide 12,6 V ;
résistance interne 2 𝑚Ω ; courant appelé par le démarreur 400 A

solution 12
Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Lois de Kirchoff
Gustav Robert Kirchhoff 1. Rappels historiques
(1824 – 1887) physicien.
Etudiant à Königsberg, il 2. Nature de l’électricité
établit la loi des mailles à 3. Méthodes d’étude
20 ans.
4. Signaux électriques
Source : Claude Chevassus
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
Loi des nœuds
La somme de toutes les Application au pont diviseur
intensités des courants Loi des mailles
entrant dans un nœud de Si 𝑖s = 0,
circuit est nulle.

Loi des mailles


Si 𝑖s ≠ 0
𝑉2 − 𝑅2 𝑖2 − 𝑉A = 0 (1)

𝑉1 − 𝑅1 𝑖1 − 𝑉A = 0 (2)

𝑉3 − 𝑅3 𝑖3 − 𝑉A = 0 (3)

solution
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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Théorème de superposition
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
La tension entre deux points d'un circuit électrique linéaire 4. Signaux électriques
comportant plusieurs sources de tension est égale à la somme 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
algébrique des tensions obtenues entre ces deux points lorsque
𝑉𝐴
chaque source agit seule.
𝑉𝐴 =
R//𝑅2
𝑉1 +
R//𝑅1
𝑉 Le théorème de superposition est
(R//𝑅2 )+𝑅1 𝑉2 =0 (R//𝑅1 )+𝑅2 2 𝑉 =0 très utile dans l’étude des réseaux
1
de distribution électrique

Exercice d’application solution


Calculer l’intensité du courant électrique I dans le circuit

Exercice emprunté à Claude Chevassus

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Milman
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Milman découle de la loi de courant, et sert à exprimer un potentiel par 4. Signaux électriques
rapport au potentiel de référence du circuit. 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
𝑉1 𝑉2 𝑉3
+ +
𝑅1 𝑅2 𝑅3 À Milman qui exprime une fraction de fractions, on peut préférer
𝑉𝐴 = 1 1 1 1
+ + + avantageusement la stratégie suivante :
𝑅1 𝑅2 𝑅3 𝑅𝑂
On écrit par application de la loi de courant, au point désigné A,
𝑉𝑖 − 𝑉𝐴
=0
𝑅𝑖
𝑖
VA tension au point A
Vi tension à l’extrémité opposée du dipôle de la branche i
Ri impédance (ou la résistance) du dipôle de la branche i
Exercice d’application
𝑉1 −𝑉𝐴 𝑉2 −𝑉𝐴 0−𝑉𝐴 𝑉3 −𝑉𝐴
CNA en échelle Ce qui donne : + + + =0
𝑅1 𝑅2 𝑅𝑜 𝑅
Calculer V𝑠 en fonction de 𝐸𝑟𝑒𝑓
On remarque que la convention choisie sur le signe des courants permet de
retrouver systématiquement la tension VA du point A à droite dans les
différents termes,
Il y a autant de termes dans la relation que de branches, et n+1 potentiels à
exprimer,
solution On remarquera que ne pas nommer ni signer les courants sur le schéma
permet de renverser la convention de courant au nœud suivant.
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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Thévenin
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Léon Thévenin, ingénieur français
Tout réseau linéaire, vu entre deux bornes AB (1857-1926). En 1883, il propose le 4. Signaux électriques
peut être remplacé par un circuit équivalent théorème de Thévenin. 5. Puissance et énergie
constitué d’une source de tension indépendante Personne ne remarque alors que ce
théorème était établi depuis 1853, bien
6. Appareillages de mesure
𝐸𝑡ℎ en série avec une résistance 𝑅𝑡ℎ . qu’il fut publié dans plusieurs traités
d’électricité. Source : Claude Chevassus

𝑬𝒕𝒉 est la tension vue entre les deux bornes A et B


lorsque le dipôle est à vide.

𝑹𝒕𝒉 est la résistance vue entre les deux bornes du dipôle AB lorsque toutes les
sources indépendantes sont remplacées par leur résistances interne.

Exercice d’application solution


Calculer l’intensité du courant électrique 𝐼 dans la résistance 𝑅 en déterminant le générateur de Thévenin entre les bornes 𝐴 et 𝐵

Application numérique :

𝑅1 = 1 𝑘Ω
𝑅2 = 2 𝑘Ω
𝑅3 = 3 𝑘Ω
𝑅4 = 4 𝑘Ω
R= 2 𝑘Ω
U = 20 𝑉

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

4 signaux électriques

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Signaux périodiques
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
Un signal est dit périodique si les variations de son 6. Appareillages de mesure
amplitude se reproduisent régulièrement au bout
d’une période T constante

Un signal périodique 𝑢(𝑡)

est la somme

• D’une composante continue notée < 𝑢(𝑡) >

• D’une composante variable (à valeur moyenne nulle)

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Valeur moyenne – Valeur efficace
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Par définition, valeur moyenne, Par définition, valeur efficace, 4. Signaux électriques
notée 𝑋 ou < 𝑥(𝑡) >, d’un signal 𝑥(𝑡) : notée 𝑋 ou 𝑋𝑒𝑓𝑓 d’un signal 𝑥(𝑡) : 5. Puissance et énergie
1 𝑇 1 𝑇 6. Appareillages de mesure
𝑋 =< 𝑥(𝑡) >= . 𝑥(𝑡) . 𝑑𝑡 X= . < 𝑥2 > . 𝑑𝑡
𝑇 0 𝑇 𝑡
0
La valeur efficace est notée RMS
(Root Mean Square – Racine de la
valeur moyenne du carré du signal-).

Exemple 1 Exemple 2

Valeur moyenne ? Valeur moyenne ?

Valeur efficace ?
Valeur efficace ?

Exercice d’application
solution solution Calculer la valeur efficace des signaux

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Régime sinusoïdal
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
La fonction sinusoïdale joue un rôle de première importance en électricité car La production d'énergie électrique se
4. Signaux électriques
fait sous forme de tensions sinusoïdales dans les alternateurs, ce qui permet une distribution facile et économique à
5. Puissance et énergie
l'aide de transformateurs. Les grandeurs relatives à ces réseaux sont donc sinusoïdales.
6. Appareillages de mesure

monophasé

Descente du rotor d’un alternateur du barrage des


Trois Gorges Chine.

triphasé

Machine de Pixii 1830

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Rappels mathématiques sur les complexes
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
En mathématique, les nombres complexes ont été créés pour résoudre les
4. Signaux électriques
équations du type x 2 = a avec a<0 en introduisant un nouveau nombre, i tel
que i2 = −1 . 5. Puissance et énergie
En électricité, c’est la lettre j qui est utilisée afin d'éviter la confusion avec 6. Appareillages de mesure
l’intensité du courant électrique.

représentation géométrique
Forme cartésienne on définit un plan complexe tel que :
𝒁 = 𝒂 + 𝒋𝒃 - L'abscisse représente l'axe réel noté Re, soit pour le complexe Z, sa partie réelle a = Re [ Z ]
On appelle : - L'ordonnée représente l'axe imaginaire noté Im, soit pour Z sa partie imaginaire b = Im [ Z ]
- a sa partie réelle, soit a = Re [ Z ]
- b sa partie imaginaire, soit b = Im [ Z ] Représentation géométrique de Z = 𝐚 + j𝐛 dans le plan complexe
On observe que
a = r • 𝑐𝑜𝑠 φ = r 𝑐𝑜𝑠 φ
Forme trigonométrique b = r • 𝑠𝑖𝑛 φ = r 𝑠𝑖𝑛(φ)
𝒁 = 𝒂 + 𝒋𝒃
Forme trigonométrique
= 𝒓 (𝒄𝒐𝒔 𝝋 + 𝒋 𝒔𝒊𝒏(𝝋)) Z = a + jb = r 𝑐𝑜𝑠 φ + j r 𝑠𝑖𝑛(φ)
𝐙 = 𝐫 (𝒄𝒐𝒔 φ + 𝐣 𝒔𝒊𝒏(φ))
𝑟= 𝑍, appelé module de 𝑍, tel que 𝑟 = 𝑎2 + 𝑏 2 Cette forme est également notée forme polaire
𝜑 = 𝐴𝑟𝑔(𝑍), appelé argument de 𝑍, tel que 𝜑 = 𝑡𝑎𝑛−1 (𝑏 𝑎).

forme exponentielle
en utilisant la formule d’Euler :
𝑍 = 𝑟 (𝑐𝑜𝑠 𝜑 + 𝑗 𝑠𝑖𝑛(𝜑)) = 𝑟𝑒 𝑗𝜑

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Représentation dans le plan Complexe
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Soient les grandeurs instantanées aux bornes d’un dipôle 3. Méthodes d’étude
avec 𝜔𝑡 = 𝜑, angle instantané, argument de la charge. 4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
La tension sinusoïdale 𝑢 𝑡 = 𝑈 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡) 6. Appareillages de mesure
L’intensité du courant 𝑖 𝑡 = 𝐼 2 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝑡 − 𝜑
Dans un réseau linéaire en régime
sinusoïdal établi, tous les courants et
tensions varient avec la même
pulsation 𝜔, et seules les valeurs
efficaces (U et I ici) sont significatives
pour les grandeurs énergétiques
(puissances). La tension 𝑢 𝑡 est prise à
l’origine des phases.

Plan complexe :
À la tension 𝑢 𝑡 on associe la grandeur complexe 𝑈, telle que 𝑈 = 𝑈 2 𝑒 𝑗𝜔𝑡
À l’intensité 𝑖 𝑡 on associe la grandeur complexe 𝐼, telle que 𝐼 = 𝐼 2 𝑒 𝑗(𝜔𝑡−𝜑)
Dans le plan complexe, les angles sont
repérés de l’origine vers la grandeur
Exercice : complexe
1
1 représenter dans le plan complexe les grandeurs 𝑼 et 𝑰 images de 𝑢 𝑡 et i 𝑡 à l’instant 𝑡 = 150 𝑠 ,
si la fréquence des signaux est 50 Hz. 𝑢 𝑡 = 230 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡)
𝜋
𝑖 𝑡 = 10 2 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝑡 −
6 solution

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Représentation dans le plan de Fresnel
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Soient les grandeurs instantanées aux bornes d’un dipôle avec 𝜔𝑡 = 𝜑, angle 3. Méthodes d’étude
instantané, argument de la charge. 4. Signaux électriques
La tension sinusoïdale 𝑢 𝑡 = 𝑈 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡) 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
L’intensité du courant 𝑖 𝑡 = 𝐼 2 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝑡 − 𝜑

Plan de Fresnel : En choisissant un plan complexe particulier qui tourne à la vitesse


𝜔, et en privilégiant la valeur efficace (grandeur énergétique) sur la valeur maximale
(grandeur de forme)

À la tension 𝑢 𝑡 on associe la grandeur complexe 𝑈, telle que 𝑼 = 𝑼


À l’intensité 𝑖 𝑡 on associe la grandeur complexe 𝐼, telle que 𝑰 = 𝑰 𝒆𝒋(−𝜑)

Exercice : Dans le plan de Fresnel, on observe que


1 représenter dans le plan complexe les grandeurs 𝑼 et 𝑰 images de 𝑢 𝑡 et i 𝑡 si la fréquence l’angle de I est repéré du complexe I vers
des signaux est 50 Hz. l’origine U
𝑢 𝑡 = 230 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡) C’est un choix historique des électriciens, qui
𝜋 affecte à la grandeur I un angle qui n’est pas le
𝑖 𝑡 = 10 2 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝑡 −
6 solution sien… mais celui de la charge (impédance Z).
2 tracer ces deux grandeurs dans le plan de Fresnel avec 𝑼 référence de phase.

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Impédances
1. Rappels historiques
La notion d’impédance est utilisée pour représenter le comportement des charges électriques (et des réseaux) en 2. Nature de l’électricité
alternatif. 3. Méthodes d’étude
Les phénomènes électriques sont ramenés essentiellement à trois comportements 4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
Résistif Inductif Capacitif
(Effet Joules) (électromagnétisme) (Electrostatique)
Symbole Résistance (résistor) Inductance Condensateur

temporel

𝑢(𝑡) = 𝑅. 𝑖(𝑡) 𝑑𝑖 𝑑𝑢
𝑢(𝑡) = 𝐿. 𝑖(𝑡) = 𝐶.
𝑑𝑡 𝑑𝑡

𝟏
𝑼= 𝑰
𝑼=𝑹𝑰 𝑼 = 𝒋𝑳𝝎 𝑰 𝒋𝑪𝝎

alternatif

Exercice : Tracé de FRESNEL de 𝑈 et 𝐼

Pour une inductance

Pour un condensateur solution

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Modélisation des charges
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Soit une charge quelconque 3. Méthodes d’étude
notée 𝒁 = 𝑹 + 𝒋𝑿 = 𝒁𝒋𝝋 4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
Suivant sa nature, la charge 𝒁 peut être représentée par un des termes, ou par une combinaison de deux ou trois termes. 6. Appareillages de mesure

Radiateur de Charge purement


chauffage résistive

𝒁=𝑹

Plaque à
induction Circuit R,L,C
𝟏
𝒁 = 𝑹 ∕∕ 𝒋𝑳𝝎 +
𝒋𝑪𝝎

𝒋𝑹𝑳𝝎 𝟏
𝒁= +
𝑹 + 𝒋𝑳𝝎 𝒋𝑪𝝎

Exercice : Un réseau 120 V, 50 Hz alimente une résistance R = 50  et une inductance L = 0,12 H.


• R et L sont montées en série. Calculer l'intensité du courant et son déphasage par rapport à la tension. Tracer Fresnel.
• R et L sont montées en dérivation. Calculer, pour chaque élément, l'intensité du courant et son déphasage par rapport à la tension. Tracer Fresnel et en déduire le
courant total.
solution
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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

5 Puissance et énergie

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Définitions
1. Rappels historiques
Puissance instantanée 𝒑(𝒕) Energie 𝒘(𝒕) 2. Nature de l’électricité
La puissance instantanée est le produit de deux grandeurs Par définition 3. Méthodes d’étude
duales appelées variable potentiel (VP) et variable flux (VF). 𝑑𝑤 = 𝑝(𝑡) . 𝑑𝑡 4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
𝑝(𝑡) = 𝑢(𝑡) . 𝑖(𝑡) 𝑝(𝑡) puissance instantanée 6. Appareillages de mesure
symbole de l’énergie W (pour Work)
𝑢(𝑡) est la Variable « Potentiel » et se mesure à partir d’un potentiel de unité J (Joules)
autres unités: kWh, Ah En repartant de la définition de 𝑖(𝑡)
référence.
et 𝑢(𝑡)
𝑖(𝑡) la Variable « Flux » et se mesure en insérant un ampèremètre dans 𝒅𝒒 𝒅𝒘
le circuit électrique L’énergie est un concept apparu au XVIIIe siècle qui (𝒊 𝒕 = et 𝒖 𝒕 = )
𝒅𝒕 𝒅𝒒
Unité W (watt) rend compte des échanges entre deux systèmes qui 𝑑𝑤= 𝑢 𝑡 . 𝑑𝑞
Symbole : P 𝒅𝒘 = 𝒖(𝒕). 𝒊(𝒕) . 𝐝𝐭
interagissent.
(Le flux caractérise le déplacement de la grandeur représentative des
charges électriques tandis que le potentiel caractérise son stockage) Le symbole de l’énergie est E, mais pour éviter les confusions avec la f.e.m (force électromotrice E), les
électriciens utilisent la notation W. (en électricité, la lettre W est le symbole de l’énergie mais
Puissance active P également le symbole de l’unité de la puissance -watts-, source malheureuse de confusion)
Par définition, la puissance active P (dans un comportement
périodique de période T) est la valeur moyenne de la La puissance est un débit d’énergie, en J/s ou kWh/h mais les électriciens ont préféré
puissance instantanée. créer une unité : le watt (par analogie, le débit d’un fluide est en m3/s, pas d’unité
1 𝑇 spécifique dans ce cas).
P =< 𝑝(𝑡) >= . 𝑝(𝑡) . 𝑑𝑡
𝑇 0 Pitié, n’utilisez jamais les kW/h, une unité qui n’existe pas (sauf sous la plume de
quelques journalistes par analogie aux km/h).

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Puissance et énergie des dipôles passifs
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

Dipôle Résistor (résistance) Inductance (bobine) Condensateur


ELECTROTHERMIE
Symbole i i R est le coefficient de proportionalité entre 𝑖(𝑡) et
convention iC .
A uR B A uL B 𝑢R(𝑡) par la loi d’Ohm.
(récepteur) uC
𝑢R(𝑡) = 𝑅. 𝑖(𝑡)
𝑢R(𝑡) = 𝑅. 𝑖(𝑡) 𝑑𝑖 𝑑𝑢𝑐
𝑢L(𝑡) = 𝐿. 𝑖c(𝑡) = 𝐶.
Loi 𝑢 = 𝑓(𝑖) 𝑑𝑡 𝑑𝑡
Loi d’Ohm Loi de Faraday Loi de Coulomb ELECTROMAGNETISME
L est le coefficient de proportionalité entre 𝑖(𝑡) et Φ(𝑡)
Puissance
𝐔𝟐
Aucune puissance dissipée Aucune puissance dissipée
(flux total embrassé) par la loi de Faraday.
𝐏 = 𝐑𝐈 𝟐 =
𝐑 Φ(𝑡) = L. 𝑖(𝑡)
Energie dissipée Énergie stockée Énergie stockée
à l’instant (t) : quand 𝐢(𝐭) = 𝐈 quand 𝐮(𝐭) = 𝐔 ELECTROSTATIQUE
Énergie 𝐭
𝟏 𝟏 C est le coefficient de proportionalité entre 𝑢(𝑡) et 𝑄(𝑡)
𝐖= 𝐑 𝐢𝟐(𝐮) 𝐝𝐮 + 𝐖(𝟎) 𝐖𝐋 = 𝐋𝐈 𝟐 𝐖𝐋 = 𝐂𝐔 𝟐
𝟎 𝟐 𝟐 (charge électrique) par la loi de Coulomb.
𝑄(𝑡) = C. 𝑢(𝑡)

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Calcul de la puissance active
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Puissance en continu 3. Méthodes d’étude
Soit un système d’alimentation continu u t , connecté sur une charge qui appelle un courant i t 4. Signaux électriques
Tension continue 𝑢 𝑡 =𝑈 5. Puissance et énergie
Intensité du courant continu 𝑖 𝑡 =𝐼 6. Appareillages de mesure
Puissance instantanée 𝑝(𝑡) = 𝑈𝐼

La puissance instantanée est constante, et donc la puissance active P lui est égale

𝑷 = 𝑼𝑰 Application
Calculer la puissance dissipée par une batterie plomb-gel
automobile (tension mesurée à vide 12,6 V ; résistance
interne 2 𝑚Ω) si on réalise un court-circuit à ses bornes.
solution

En régime continu
la puissance reçue par la
charge est constante

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Puissances en régime monophasé
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Tension sinusoïdale 𝑢 𝑡 = 𝑈 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡) Puissance active 3. Méthodes d’étude
Intensité du courant sinusoïdal 𝑖 𝑡 = 𝐼 2 𝑠𝑖𝑛 𝑡 − 𝜑 4. Signaux électriques
Puissance instantanée 𝒑(𝒕) = 𝒖 𝒕 . 𝒊 𝒕 𝐏 = 𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
Avec U et I les valeurs efficaces des
grandeurs 𝑢 𝑡 et 𝑖 𝑡
𝝋 argument de la charge

La puissance active est une grandeur scalaire, elle peut s’exprimer comme
un produit scalaire :
𝐏 = 𝑼. 𝑰 = 𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋
Comme le travail d’une force, produit de la projection de la force sur le déplacement, le
travail d’une force électrique est le produit de la projection du courant sur la tension

𝒑(𝒕) = 𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋 + 𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬(𝟐𝝎𝒕 − 𝝋)

La puissance instantanée fournie par un système d’alimentation monophasé est la somme : En régime monophasé
• d’une puissance constante, 𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋 la puissance instantanée reçue par
• d’une puissance fluctuante de fréquence double de la fréquence d’alimentation 𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬(𝟐𝝎𝒕 − 𝝋) la charge n’est pas constante, elle
« pulse » à la fréquence de 100 Hz

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Puissances en régime monophasé
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Puissance active 𝐏 = 𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋 La puissance active (unité W : Watt) 4. Signaux électriques
est une puissance de dimensionnement 5. Puissance et énergie
Puissance réactive. 𝐐 = 𝑼𝑰 𝐬𝐢𝐧 𝝋 des charges électriques, image de la 6. Appareillages de mesure
transformation effective de l’énergie.

Puissance apparente 𝐒= 𝑷𝟐 + 𝑸𝟐 = 𝑼𝑰 Avec U et I les valeurs efficaces des grandeurs 𝑢 𝑡 et 𝑖 𝑡 La puissance réactive (unité VAR volt ampère
𝝋 argument de la charge réactif) est une puissance de dimensionnement
des échanges d’énergie entre les éléments
réactifs (L et C) et les alternateurs, échanges
d’énergie à valeur moyenne nulle sur une
période du signal.

La puissance apparente (unité VA volt ampère)


est une puissance de dimensionnement des
composants des réseaux électriques
(alternateurs, transformateurs).

Le facteur de puissance Fp (power factor)


qualifie le bon usage d’un réseau en comparant
puissance utilisable et puissance de
dimensionnement.
𝑃
Facteur de puissance. Fp = 𝑆
La puissance active P ne suffit pas à rendre compte des Dans le cas particulier d’un régime sinusoïdal
pur, on trouve
phénomènes de transfert d’énergie, il faut considérer la 𝑭𝒑 = 𝐜𝐨𝐬 𝝋
puissance réactive et la puissance apparente
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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Triangle des puissance
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Triangle des puissance : 3. Méthodes d’étude
Définition 4. Signaux électriques
Puissance apparente : 𝑆 = 𝑈𝐼 5. Puissance et énergie
puissance apparente complexe : 𝐒 = 𝑷 + 𝒋𝑸
Puissance active : 𝑃 = 𝑈𝐼 cos 𝜑 6. Appareillages de mesure
Puissance réactive : 𝑄 = 𝑈𝐼 sin 𝜑

Exercice :
Tracer le triangle des puissance d’une installation monophasée
alimentée par une tension 𝑢 𝑡 = 200. sin(𝜔𝑡) et consommant un Le triangle des puissances montre l'impact très important de
𝜋
courant 𝑖 𝑡 = 5. sin(𝜔𝑡 − ) solution la partie réactive Q de la consommation énergétique des
4
actionneurs qui comportent des circuits magnétiques
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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Puissance en régime triphasé
1. Rappels historiques
Système de tensions triphasées de la source 2. Nature de l’électricité
𝑣1 𝑡 = 𝑉 2 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝑡 3. Méthodes d’étude
2𝜋 4. Signaux électriques
𝑣2 𝑡 = 𝑉 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 − )
3 5. Puissance et énergie
4𝜋 6. Appareillages de mesure
𝑣3 𝑡 = 𝑉 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 − )
3
En régime triphasé
Système de courants triphasés dans la charge la puissance instantanée
𝑗1 𝑡 = 𝐽 2 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝑡 − 𝜑 reçue par la charge est
2𝜋 constante
𝑗2 𝑡 = 𝐽 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 − − 𝜑)
3
4𝜋 𝒑(𝒕) = 𝟑𝑽𝑱 𝐜𝐨𝐬 𝝋
𝑗3 𝑡 = 𝐽 2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 − − 𝜑)
3

Puissance instantanée reçue par la charge :


𝑝(𝑡) = 𝑣1 𝑡 • 𝑗1 𝑡 + 𝑣2 𝑡 • 𝑗2 𝑡 + 𝑣3 𝑡 • 𝑗3 𝑡
𝟐𝝅 𝟒𝝅
On obtient : 𝒑(𝒕) = 𝟑𝑽𝑱 𝐜𝐨𝐬 𝝋 − 𝑽𝑱 (𝐜𝐨𝐬(𝟐𝝎𝒕 − 𝝋) + 𝐜𝐨𝐬(𝟐𝝎𝒕 − − 𝝋) + 𝐜𝐨𝐬(𝟐𝝎𝒕 − − 𝝋)
𝟑 𝟑

𝒑 𝒕 = 3𝑽𝑱 𝐜𝐨𝐬 𝝋 Somme nulle


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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Puissance active P en régime triphasé
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Pour un système triphasé équilibré, la puissance instantanée 𝒑(𝒕) reçue par la charge est constante et égale à la
4. Signaux électriques
puissance active P. La puissance active dimensionne le transfert (ou débit) d’énergie sur la charge.
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

Pour un système triphasé dont on connait la valeur efficace de la Pour un système triphasé dont on connait la valeur efficace de la
tension V et la valeur efficace de l’intensité du courant J dans un tension U entre phases et la valeur efficace de l’intensité I du
élément de charge : courant en ligne :

𝑷 = 𝟑𝑽𝑱 𝒄𝒐𝒔 𝝋 𝐏 = 𝟑𝑼𝑰 𝐜𝐨𝐬 𝝋

𝑉 valeur efficace de la tension aux bornes d’un élément 𝑉 valeur efficace de la tension aux bornes d’un élément
𝐼 valeur efficace de l’intensité du courant dans un élément 𝐼 valeur efficace de l’intensité du courant dans un élément
𝜑 argument de la charge 𝜑 argument de la charge

Attention ! dans cette relation, 𝜑 n’est pas l’angle entre 𝑈 et 𝐼 mais


c’est toujours l’argument de la charge.

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Puissance réactive Q en régime triphasé
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
La puissance réactive dimensionne un échange d’énergie à valeur moyenne nulle sur une période. Cet échange
4. Signaux électriques
correspond à la magnétisation des convertisseurs électromécaniques, ou la charge-décharge des condensateurs.
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

Pour un système triphasé dont on connait la valeur efficace de la Pour un système triphasé dont on connait la valeur efficace de la
tension V et la valeur efficace de l’intensité du courant J dans un tension U entre phases et la valeur efficace de l’intensité I du
élément de charge : courant en ligne :

𝑸 = 𝟑𝑽𝑱 sin 𝝋 𝑸 = 𝟑𝑼𝑰 sin 𝝋

𝑉 valeur efficace de la tension aux bornes d’un élément 𝑉 valeur efficace de la tension aux bornes d’un élément
𝐼 valeur efficace de l’intensité du courant dans un élément 𝐼 valeur efficace de l’intensité du courant dans un élément
𝜑 argument de la charge 𝜑 argument de la charge

Attention ! dans cette relation, 𝜑 n’est pas l’angle entre 𝑈 et 𝐼 mais


c’est toujours l’argument de la charge.

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Théorème de Boucherot
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
Les puissances active et réactive sont additives, c’est à dire que la puissance active totale absorbée par un ensemble de
4. Signaux électriques
charges est égale à la somme des puissances actives absorbées par chacune des charges. De même pour la puissance
5. Puissance et énergie
réactive.
6. Appareillages de mesure

𝑃𝑡 = 𝑃𝑖 𝑄𝑡 = 𝑄𝑖

Exercice :

Une installation électrique monophasée est alimentée en coulant alternatif


380 V - 50 Hz. Elle comprend, montés en dérivation, les appareils suivants :
a. 50 lampes de 100 W
b. un moteur dont le rendement industriel est de 0,85, le cos  de 0,8, qui fournit une puissance utile de 4
kW et « absorbe » de la puissance réactive.
c. une bobine ayant une résistance de 5  et une inductance de 0,1 H.

On demande de calculer :
Les puissances actives et réactives de l’installation
Le facteur de puissance de l'installation. Seules les puissances actives et
solution réactives sont additives dans
une installation électrique

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Puissance apparente S en régime triphasé
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
La puissance apparente dimensionne les générateurs et les éléments de distribution de l’énergie électrique pour tenir
4. Signaux électriques
compte des échanges d’énergie active et réactive (Alternateurs, Transformateurs).
5. Puissance et énergie
Puissance apparente totale dans une installation 𝑆𝑡 = 𝑃𝑡 2 + 𝑄𝑡 2 6. Appareillages de mesure

Pour un système triphasé dont on connait la valeur efficace de la Pour un système triphasé dont on connait la valeur efficace de la
tension V et la valeur efficace de l’intensité du courant J dans un tension U entre phases et la valeur efficace de l’intensité I du
élément de charge : courant en ligne :

𝑺 = 𝟑𝑽𝑱 𝑺 = 𝟑𝑼𝑰

𝑉 valeur efficace de la tension aux bornes d’un élément 𝑉 valeur efficace de la tension aux bornes d’un élément
𝐼 valeur efficace de l’intensité du courant dans un élément 𝐼 valeur efficace de l’intensité du courant dans un élément
𝜑 argument de la charge 𝜑 argument de la charge

Attention ! dans cette relation, 𝜑 n’est pas l’angle entre 𝑈 et 𝐼 mais


c’est toujours l’argument de la charge.
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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
3. Méthodes d’étude
4. Signaux électriques
5. Puissance et énergie
6. Appareillage de mesure

6 Appareillage de mesure

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Denis Guérin
Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Mesures en électricité
1. Rappels historiques
Les mesures sur des circuits alimentés par des sources 2. Nature de l’électricité
Les mesures sur des circuits alimentés par des
alternatives (AC Alternative Current) concernent la 3. Méthodes d’étude
sources continues concernent la valeur moyenne DC
valeur efficace notée RMS (Root Mean Square). 4. Signaux électriques
(Direct Current).
5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure

Mesure de la tension Mesure de l’intensité du courant


La tension est une grandeur L’intensité du courant est une grandeur de « Flux », ce qui signifie que l’on doit modifier le circuit
« potentielle », autrement dit, elle se électrique pour effectuer la mesure (comme un débit ou une force).
mesure par rapport à un point de Mesure Directe Mesure Indirecte
référence (comme une pression ou une Une pince ampèremétrique réalise une mesure indirecte de
vitesse). l’intensité du courant électrique par mesure du champ
magnétique créé par le courant.
C’est une solution non invasive qui permet de mesurer l’intensité
du courant sans couper le flux et modifier le câblage du circuit
électrique.

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Mesures de puissance
1. Rappels historiques
La puissance est mesurée à l'aide d’un Wattmètre Si le système est équilibré, un seul wattmètre 2. Nature de l’électricité
Un Wattmètre comprend deux circuits de mesure (fig.1), un circuit suffit, la lecture indique P / 3 (fig. 3). 3. Méthodes d’étude
courant et un circuit tension. L1 i1 L1 i1 4. Signaux électriques
La grandeur affichée correspond à la moyenne de W1laP1
puissance W1 P/3 5. Puissance et énergie
instantanée p = u . i , soit P la puissance L2
active v1

Récepteur
i2

Récepteur
Fig.1 i L2 v1 6. Appareillages de mesure
W2 P2
L3 i3 L3
W Récepteur indication = v2
<u.i> = P
W3 P3
u NBorne de l'appareil v3 N

En triphasé 4 fils, (fig. 2) si on n'est pas Fig.2


certainNon équilibré
de l'équilibre, Fig.3 Equilibré
l'application du théorème de Boucherot montre que 3
wattmètres sont nécessaires En triphasé 3 fils, le courant dans le neutre est nul, 𝒊𝟏 + 𝒊𝟐 + 𝒊𝟑 = 𝟎, on peut utiliser le
i1 i1 P1 i1
L1 L1 montage à deux wattmètres (fig. 4). L1

Récepteur
W1 P1 W1 P/3 W1
P2 i2
Récepteur
i2

Récepteur
L2 v1 L2 v1 L2 v1-v3
W2 P2 W2
L3 i3 L3 L3 i3
v2 v2-v3
W3 P3
Fig.4 Méthode des deux wattmètres
N v3 N La somme des deux lectures donne:
𝑷𝟏 + 𝑷𝟐 = < 𝒗𝟏 − 𝒗𝟑 . 𝒊𝟏 > + < 𝒗𝟐 − 𝒗𝟑 . 𝒊𝟐 > = < 𝒗𝟏 . 𝒊𝟏 > + < 𝒗𝟐 . 𝒊𝟐 > − < 𝒗𝟑 . (𝒊𝟏 + 𝒊𝟐 ) >
Fig.2 Non équilibré Fig.3 Equilibré
Avec 𝒊 + 𝒊 = - 𝒊 si le neutre n'existe pas ou si le système est équilibré, on obtient bien :
𝟏 𝟐 𝟑
Pour ce premier montage, la somme des trois lectures donne P, 𝐏 = 𝑷𝟏 + 𝑷𝟐
puisque: Le câblage des deux wattmètres doit respecter strictement le schéma de la figure 4, si
𝑃1 + 𝑃2 + 𝑃» = < 𝑣1 . 𝑖1 > + < 𝑣2 . 𝑖2 > + < 𝑣3 . 𝑖3 > = 𝑃 une des déviations est négative, on tient compte du signe moins de cette lecture dans la
somme algébrique 𝑷𝟏 + 𝑷𝟐
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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales
Mesures énergie puissance
1. Rappels historiques
2. Nature de l’électricité
Un wattmètre numérique, par la mesure Un énergimètre numérique, par 3. Méthodes d’étude
du signal tension et du signal intensité du intégration de la mesure de puissance, va 4. Signaux électriques
courant calcule et calculer les différentes énergies 5. Puissance et énergie
6. Appareillages de mesure
indique la puissance active 𝑃, réactive 𝑄, consommées (transformées) actives et
apparente 𝑆 et le facteur de puissance 𝐹𝑝 . réactives et peut enregistrer plusieurs
centaines de paramètres.

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales

FIN PARTIE I

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Cours ELECTRICITE DE BASE Partie I : notions fondamentales

CORRECTION DES EXERCICES

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