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INTRODUCTION

Les déchets biomédicaux participent dangereusement non seulement à la pollution de l’air à travers
les rejets dans l’atmosphère de substances infectieuses, de poussières toxiques, et autres gaz
carboniques dont la teneur en nuisances multiformes est observée ; mais encore ils contribuent à la
création des gaz à effet de serre avec toutes les conséquences que cela implique. Sans tenir compte
le rôle insidieux que ces mêmes déchets biomédicaux mal traités « peuvent avoir aussi en tant
qu’agent responsable d’une certaine pollution de l’eau et du sol par les biais de vecteurs comme le
vent et les animaux.
La gestion des Déchets Biomédicaux (DBM) est l’ensemble du processus visant à garantir l’hygiène
des structures sanitaires, la sécurité du personnel soignant et des communautés, cela depuis le
traitement des déchets de leur production à leur élimination.
Néanmoins, l'expérience a prouvé que les déchets provenant des établissements de soins médicaux,
lorsqu'ils sont convenablement gérés, ne génèrent généralement pas des risques plus importants que
des déchets urbains ou industriels correctement traités. Il est apparu que la mise en place de
solutions améliorées de tri des déchets au sein des structures de soins médicaux pouvait conduire à
une réduction des quantités de déchets nécessitant un traitement spécial et donc à une diminution
des coûts de traitement des déchets. Dans de nombreux pays, la mise en décharge constitue le
principal mode d'élimination directe des déchets, le plus souvent, sans prétraitement. Cette pratique
est source d'inquiétudes considérables. Une gestion sûre des DBM est essentielle pour la santé de la
communauté et l'hygiène de l'environnement. Il importe également que les normes de protection de
l'environnement et de la santé humaine soient identiques pour l'ensemble des établissements de
soins médicaux, indépendamment des technologies de traitements et d'éliminations utilisées. Cette
condition assurera à son tour une plus grande viabilité et une plus grande efficacité de ce secteur
d'activité.
La gestion de ce type de déchets devient forcément dans le pays en voie de développement une
problématique. Pourtant, assurer sa gestion devient plus que jamais une nécessité. Les problèmes
liés à la gestion des déchets biomédicaux sont nombreux. Entre autres, l’absence notoire de données
fiables concernant la quantification et la classification. Le vide constaté en matière de pratiques,
normes et réglementations, l’insuffisance au niveau des équipements et matériels nécessaires, le
manque de formation et de sensibilisation du personnel chargé de la gestion.
1 Définition

On appelle déchet : tout résidu d’un processus de production, de transformation


ou d’utilisation, toute substance, matériau produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné
ou que son détenteur destine à l’abandon et qui sont de nature produire des effets nocifs sur le sol, la
flore et la faune, à dégrader les sites ou les paysages, à polluer l’air les eaux, à engendrer des bruits
ou des odeurs, et d’une façon générale, à porter atteinte à la santé de l’homme et à l’environnement.

Les déchets hospitaliers : sont les déchets issus des activités de diagnostic, de
Suivi, de traitement préventifs, curatifs, et d’hôtellerie dans le domaine de la
Santé humaine et vétérinaire

Les déchets biomédicaux : sont des déchets issus des activités de diagnostic, de suivi, de
traitement préventif, curatif ou palliatif, dans le domaine de la médecine humaine et vétérinaire
présentant un danger physique ou de contamination biologique ou chimique pour l’homme et/ou
l’environnement.

Soins médicaux : Activités médicales telles que le diagnostic, le suivi, le traitement ou la


prévention d'une maladie ou le soulagement d'un handicap chez un être humain ou un animal,
intégrant également les travaux de recherche associés, réalisés sous la direction d'un médecin, d'un
Vétérinaire ou d'une autre personne autorisée à exercer cette fonction en vertu de ses qualifications
professionnelles.

Déchets dangereux : Toutes formes de déchets qui, par leur nature dangereuse, toxique,
réactive, explosive, inflammable, biologique ou bactérienne, constituent un danger pour l’équilibre
écologique tel que fixé par les normes internationales dans ce domaine.

2 Classification des déchets de soins médicaux selon l’OMS (organisation mondiale


de la santé)

Les déchets biomédicaux se classent comme suite :


-Déchets de soins médicaux sans risque :
 déchets recyclables
 déchets biodégradables
 autres déchets sans risque
-Déchets de soins médicaux nécessitant une attention spéciale :
 déchets anatomiques humains
 déchets piquants /tranchants
 déchets pharmaceutiques (non dangereux, potentiellement dangereux,
 dangereux)
 déchets pharmaceutiques cytotoxiques
 sang et fluides corporels
-Déchets infectieux et hautement infectieux

-Déchets radioactifs
-Autres déchets dangereux

3 Les déchets de soins médicaux sans risques

Ils comprennent tous les déchets n’ayant pas été infectés comme les ordures de bureaux, les
emballages et les restes d’alimentaires, ils sont similaires aux ordures ménagères ou municipales
courantes et peuvent être traitées par les services municipaux de nettoyage. Il représente 75% et
90% de la quantité totale des déchets de soins médicaux produits par les institutions médicales, ils
peuvent être répartis en trois groupes :

3.1 Déchets recyclables

Ils comprennent le papier, les caisses en carton, les plastiques ou métaux non contaminés, les
cannettes ou verres recyclables si une industrie de recyclage existe dans le pays.

3.2 Déchets de soins médicaux biodégradables

Cette catégorie inclut par exemple, les restes alimentaires, les déchets de jardins être compostés.
4 Déchets biomédicaux et déchets de soins médicaux nécessitant une
attention particulière:

4.1 Déchets anatomiques humains :

Cette catégorie de déchets comprend les parties anatomiques, organes et tissus (placenta, parties du
corps amputés) humains et les poches de sang.

4.2 Déchets tranchants et piquants :

Ce sont ce qui étroitement liés aux activités médicales et qui posent un risque potentiel de blessure
et d’infection par leur piqûre ou leur caractère tranchant.
Pour cette raison ils sont considérés comme une des catégories de déchets les plus dangereux
produits dans les établissements sanitaires et doivent être gérer avec le plus grand soin.

4.3 Déchets pharmaceutiques :

Le terme pharmaceutique embrasse une multitude d’ingrédients actifs et de type préparation, allant
des infusions aux métaux lourds contenant des médicaments très spécifiques. Dans ce fait, la gestion
de ces déchets nécessite l’utilisation d’une approche différenciée. Cette catégorie de déchets inclus
les produits pharmaceutiques périmés ou non utilisable pour d’autres raisons.

5 Déchets infectieux hautement infectieux :

Cette catégorie de déchets comprend tous les déchets ayant une possibilité de transmettre des agents
infectieux aux hommes et aux animaux. Les déchets de ce type proviennent lieux suivants : salle
d’isolation des hôpitaux, salle de dialyse, ou centre de traitement de patients infectés les virus de
l’hépatite, des laboratoires d’analyses, de salle d’opération, des unités de pathologie …
6 Les autres déchets dangereux :

Cette catégorie n’appartient pas exclusivement au domaine médical. Elle comprend les substances
chimiques gazeuses, liquides et solides à haute teneur en métaux lourd comme les batteries les
conteneurs pressurisés, déchets radioactifs, etc.

Figure 1 : Classification des déchets de soin médicaux selon l’OMS


Cas des laboratoires relevant de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rabat

La présente recherche est une étude descriptive quantitative visant à décrire la Gestion des déchets
Médicaux et Pharmaceutiques Solides GDMPS au niveau des 19 laboratoires relevant de la Faculté
de Médecine et de Pharmacie de Rabat.

1. Méthodologie ciblé

2.1.1 Population ciblé

La population cible de cette étude se compose de tout le personnel des laboratoires qui est au
nombre de 43 personnes (techniciens de laboratoires, aides laborantins), Les responsables des
laboratoires qui sont au nombre de 19.

2-1-2- L’échantillon

L’échantillon sera composé de 34 personnes dont 17 personnels de laboratoire et 17 responsables de


laboratoires.

N =17+17 = 34

2-2- Collecte des données

A travers cette section, seront présentés les résultats de cette étude dépendamment des méthodes de
collecte choisies et outils y afférents. Ainsi seront exposés les résultats des questionnaires.

2-2-1- Méthodes et outils de collecte de données

La collecte de données est réalisée à l’aide d’un questionnaire. Ce dernier qui est l’outil de base
dans cette étude, il est adressé au personnel des laboratoires et aux responsables des laboratoires. Il
permet de recueillir le maximum d’informations grâce à son caractère anonyme, il facilite aussi
l’analyse quantitative des résultats.

2-2-2- Traitement des données

Après la récolte des données via les méthodes choisies, nous avons procédé à une analyse
descriptive statistique pour ce qui est des données du questionnaire et de la grille d’observation en
utilisant les logiciels (Excel) et (SPSS) permettant la tabulation des données, le croisement des
variables et leur configuration en graphiques appropriés.
2-3- Résultats de l’étude

2-3-1- Présentation des résultats de l’étude

A travers ce paragraphe, seront présentés les résultats de cette étude dépendamment des méthodes
de collecte choisies et outils y afférents. Ainsi seront exposés les résultats des questionnaires.

Figure 1 : La répartition des participants selon le profil

D’après la figure on peut dire que la répartition des participants selon la variable profil indique une
prédominance des techniciens de laboratoire avec une proportion globale de 88%, contre 12% pour
les aides laborantin.

Figure 2: la répartition des participants selon le bénéfice de la formation en GDMPS


Via ce graphique on constate que 88% du personnel des laboratoires questionné n’ont pas bénéficié
d’une formation en matière de gestion des DMPS contre seulement 12% d’entre eux qui en ont
bénéficié.

Figure 3 Connaissance de la réglementation et guides de gestion des déchets

D’après le graphe on peut dire que presque les trois quarts des participants à l’étude ne connaissent
ni les guides ni la réglementation relatifs à la gestion des DMPS, tandis que seulement le tiers
restant s’estime les connaitre.

Figure 4 Les catégories de déchets produites dans les laboratoires.

D’après le graphe suivant qui présente les catégories de déchets produites dans les laboratoires, le
personnel avancent que leurs locaux produisent les déchets infectieux, le MPT, les médicaments et
produits chimiques, les produits et dérivés sanguins, les déchets cytostatique et cytotoxique et les
déchets assimilés aux déchets ménagers.

Figure 5 : Natures des risques liés à la gestion des déchets.

On peut dire qu’à travers la lecture du graphique ci-dessus, il s’avère qu’effectivement un


pourcentage élevé (92%) des participants connait les risques infectieux, physique, chimique et sur
l’environnement alors que les pourcentages s’abaissent pour le risque psycho émotionnel jusqu’à
atteindre 8% pour ce dernier.

Figure 6 Disponibilité du matériel de triage au niveau des laboratoires

D’après l’interprétation des résultats figurant dans le graphique dessus on constate que la plupart des
participants (88%) affirment manquer de tout le matériel figurant dans la liste. Toutefois, 12%
d’entre eux avancent qu’ils disposent des sacs noirs, alors qu’aucun questionné ne dispose des sacs
marron, rouge et blanc.
Figure 7 : tri des médicaments et produits chimiques Figure 8 : tri des matériels piquants ou tranchants des autres déchets

D’après les graphiques ci-dessus, presque la


moitié des participants procèdent à la séparation des matériels piquants et tranchants des autres
déchets des laboratoires, et des médicaments et produit chimique.

Figure 9 disponibilité des conteneurs pour le stockage des DMPS

82% des personnes questionnées signalent que leurs laboratoires ne disposent pas des conteneurs
pour le stockage des DMPS, et seuls 18% d’entre eux avancent qu’ils en disposent.

Figure 10: élimination des DMPS des laboratoires


De l’interprétation du graphique ci-dessus, on déduit que 78% des enquêtés confirment que leurs
déchets sont acheminés à la décharge publique, 11% d’entre eux rapportent que les déchets sont
brulés en plein air et 11% les désinfectent thermiquement.

Figure 11: Existence du programme / plan de gestion des DMPS

Presque tous les responsables des laboratoires (94%) confirment qu’ils ne disposent d’aucun
programme ou de plan de gestion des déchets dans leurs laboratoires.

Figure 12 : existence des documents au niveau des laboratoires

De l’ensemble des participants 16% disposent du guide de la gestion des déchets de 2004, 24% du
guide des MPT, 4% des circulaires relatives à la gestion des déchets, 7% du guide de la gestion des
déchets de 2010 ; 20% de la loi relatifs à la gestion des déchets ; 29% décret relatif à la gestion des
DMPS, 4% circulaires ministérielles relatifs à la gestion des déchets.
Figure 13: La disponibilité d’un local réservé au stockage des DMPS au niveau de chaque laboratoire

53% des responsables rapportent que leurs laboratoires ne disposent pas de local pour le stockage
des DMPS et 47% des laboratoires en disposent.

Figure 14 L'existence d'un budget propre à la GDMPS

De la simple lecture des résultats du graphique, on constate qu’aucun laboratoire ne dispose de


budget lié à la gestion des DMPS.

2-4- Enseignements et suggestions :

L’analyse des données de cette enquête a permis de déceler ce qui suit :


- l’absence d’un plan ou programme de GDMPS au niveau de toutes les structures à l’étude
témoignant du non application de la réglementation en vigueur,

- un système interne de gestion inapproprié voire inexistant dans la majorité des laboratoires en
question vu le non disponibilité des techniciens d’hygiène,

- des ressources matérielles insuffisantes en qualité et en quantité, du personnel mal informé sur la
réglementation relative à la GDMPS et un budget propre manquant

- un processus de gestion des DMPS mal reconnu et non respecté et voire même enfreignant les
instructions les plus claires en terme d’enfouissement, d’incinération et d’élimination.

Ces résultats ont permis de bâtir un certain nombre de convictions et de formuler des
recommandations dont les principales consistent à :

 Instaurer un système interne de gestion au niveau de chaque laboratoire en concertation et


coordination avec l’unité de santé et environnement.
 Responsabiliser un technicien polyvalent sur l’unité de gestion de DMPS du laboratoire et
améliorer les connaissances de l’ensemble du personnel.
 Organiser des séances de formation en matière de la GDMPS et des risques associés au
profit du personnel des laboratoires.
 Diffuser les documents réglementaires relatifs à la gestion des déchets.
 Définir un budget réservé à la gestion des DMPS du budget général de la FMPH.
 Assurer un tri, un emballage et un stockage conformes aux modalités citées par le décret
relatif à la GDMPS et surtout
 Ne jamais incinérer en plein air, enfuir ou acheminer les DMPS à la décharge publique non
contrôlée.