Vous êtes sur la page 1sur 13

Typeurs : Aude Schuster – Anne- Date : 07/02/2011

Caroline Vaillant - Prugnières et ANATOMIE PATHOLOGIQUE Heure : H7H8


Senmartin SPECIALE
Correcteurs : Anne-Lise et Charlotte Nom du prof : Raymond Letron

TECHNIQUES DE DESCRIPTION DES OBSERVATIONS MACROSCOPIQUES ET DE


LA FORMULATION D'UN DIAGNOSTIC LÉSIONNEL

Nous avons ajouté les photos du ppt mais il faut vraiment que vous vous reportez aux photos en couleur
pour apprendre à décrire les lésions (ce sera valable pour toutes les ronéos d’anapath). En effet, l’examen de
TP d’autopsie consiste à donner une description complète de 10 diapos et un diagnostic morphologique
ainsi qu’une étiologie cohérente.

Introduction
Ce cours présente quelques points de rappels concernant les rapports d’autopsie, en lien avec les deux
interventions qui nous a été présentées en A2 (technique d’autopsie et méthodes de prélèvements), pendant
les 4h trépidantes d’anapath parachutées au milieu de la sémio (souvenirs… ?). Il présente la manière de
décrire les lésions et de faire le diagnostic lésionnel. Il est le support théorique des TP d’autopsie en A3
(vous les avez faits au premier semestre…dommage !)

• Une description juste des lésions observables macroscopiquement et le diagnostic lésionnel qui en
découle, sont deux étapes indispensables en vue de rédiger un rapport d’autopsie en bonne et due forme.

• Ce rapport étant un outil de communication, et d’enregistrement de l’état de l’animal au moment de


l’autopsie, il se doit d’être construit et rédigé de manière standardisée. Donc la description et le diagnostic
lésionnel sont eux aussi réalisés selon des méthodes et un vocabulaire standardisés.

• Ces observations macroscopiques et formulations de diagnostic lésionnel sont à effectuer pour tout
organe présentant une ou des anomalies.

• La description ne doit laisser aucun doute sur la LOCALISATION (trop souvent négligée), et l’aspect
macroscopique des lésions : elle doit permettre de construire une « image visuelle » pour celui qui lit le
rapport (à voir maintenant si une image peut être autre chose que visuelle… mais bon, au moins c’est clair !).
Cela est d’autant plus important pour l’interprétation des lésions à l’histopathologie parce que les lésions ont
de grandes chances d’être modifiées, notamment par la fixation (préalable aux observations
microscopiques). Le rapport d’autopsie permet de confronter les résultats du diagnostic macroscopique
(réalisé par le vétérinaire) et les conclusions histopathologiques.

Exemple : il ne suffit pas de noter : « nodule sur le foie », mais plutôt : « nodule blanc en relief de 5 mm de
diamètre sur la face dorsale du lobe médian gauche du foie, à centre blanchâtre crémeux à la coupe (abcès
focal). »

I. Description
• Elle est essentielle pour poser un diagnostic, puis à l’échelle de l’autopsie dans son ensemble, pour
interpréter la significativité de chacune des lésions (c’est-à-dire leur poids pathologique, leur responsabilité
relative à la pathologie de l’animal, voire à sa mort).

• Elle doit permettre, comme il a été si joliment dit ci-dessus, de construire une « image visuelle » de
chacune des lésions.

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 1/13


• Elle ne doit surtout pas comporter de termes médicaux ou diagnostiques, afin de ne pas influencer
ledit diagnostic qui va suivre.
Exemples :
- On ne dit pas tumeur, mais masse,
- On ne dit pas ulcère mais perte de substance,
- On ne dit pas hémorragique mais coloration rouge,
- On ne dit pas atrophie mais volume diminué.

• Elle regroupe 7 paramètres qui sont :


1. la localisation
2. la distribution et le nombre
3. la forme
4. la taille et l’extension
5. la couleur
6. la consistance et la texture
7. les éléments particuliers (odeur…)

• La description concerne des LESIONS : donc cela implique d’être capable de faire la différence entre
le normal et l’anormal ! Cela nécessite d’avoir en tête un répertoire de normalités, essentiellement acquis
par expérience, car un tissu normal peut avoir de nombreux aspect différents en fonction de certains
paramètres ou circonstances.
Cela dit, c’est aussi souvent intuitif (par exemple on sait tous que du muscle est normalement rouge et
ferme pour en avoir vu de nombreuses fois dans les rayons des supermarchés !). Pour une surrénale, c’est
tout de suite moins immédiat…

Exemples :

Un foie criblé de points blancs est anormal, car un


parenchyme, normalement, c’est homogène. Sa
couleur normale est brun-rougeâtre.

2 reins de taille différente : 1 des 2 est anormal (voire


les 2 !)… mais lequel ? le plus petit ou le plus gros ?
dans ces cas là, si on ne sait pas, il faut décrire les 2,
et également effectuer les prélèvements sur les 2…
Rq : souvent, aucun des 2 n’a la taille standard, car
quand un rein est hypoplasique, l’autre augmente
de volume.

Un poumon avec une coloration hétérogène de rouge


et de blanc : l’anormal c’est le rouge. Ici, c’est un
artefact du au fait que les souris en question sont
sacrifié au CO2.

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 2/13


 Localisation.
La localisation est la première information à mentionner (fréquemment oubliée). Elle a une grande
importance diagnostique mais aussi pronostique.
Exemples :
- Tumeur indifférenciée, pronostic très différent entre localisation cutanée et intra abdominale.
- Glandes apocrines : même aspect histologique quel que soit la localisation. Si indication de
localisation mammaire, alors le diagnostic sera précis: carcinome mammaire.

Une description précise commence toujours par l’identification de l’organe ou du tissu


(localisation générale) et le site topographique exact (localisation spéciale).
Exemples:
- Poumon, lobe caudal gauche
- Nœud lymphatique poplité droit, cortex
- Rein gauche, pôle apical…

Lésions pulmonaires du lobe caudal


= localisation préférentielle des pneumonies alvéolaires.

Lésion tronculaire ou triangulaire cortico-médullaire à base corticale et


pointe médullaire = Infarctus

Pour localiser méthodiquement les lésions, on dispose d’un glossaire non exhaustif, que l’on vous
joint gracieusement, et qu’il n’est pas utile d’apprendre car comme vous pouvez le constater, ce sont des
mots courants de description anatomique…

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 3/13


Exemple :
- Localisation générale: intestin grêle, duodénum proximal,
- Localisation spécifique :

Face séreuse Transpariétale Face luminale

La précision de cette localisation a également son importance pour le diagnostic.


Exemple :
Une lésion rénale qui se limite au cortex a de forte chance de toucher
uniquement les glomérules rénaux car on n’en trouve pas ailleurs
que dans le cortex. Il ne s’agit pas d’indications absolues, mais ça
oriente quand même pas mal.
Une lésion rénale médullaire et corticale nous oriente vers une lésion
tubulaire et interstitielle.

Au niveau du hile, se trouvent des nœuds lymphatiques. Cette


localisation évoque donc une lésion inflammatoire avec
adénomégalie des NL médiastinaux.

 Distribution et nombre.
La distribution est souvent liée aux mécanismes lésionnels généraux et indicatifs de certaines entités
pathologiques.
Exemples :
- Congestion hépatique centrolobulaire
- Bronchopneumonie : lésion centrée sur les bronches
- Amyloïdose rénale dans les glomérules : lésion dans le cortex

La distribution et le nombre permettent d’évaluer la significativité (c'est-à-dire le poids pathologique, la


gravité) de la lésion.
Exemple :
- Stéatose hépatique localisée (nodule de régénération) ou diffuse (foie gras)
- Un nodule chez un vieux chien n’a pas le même poids pathologique de nombreux nodules de
grandes tailles !

Enfin, ils sont représentatifs des conséquences fonctionnelles de la ou des lésion(s).

Vocabulaire :
- Un, deux, trois, quatre, cinq : dénombrement exact.

- Multiple : > 5, accompagné d’une estimation (plus de 10, de 100…)

- Focal : une zone anormale unique.

- Focal extensif : une grande lésion ou une zone unique sévèrement affectée.

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 4/13


- Multifocal : nombreuses zones ou foyers discrets anormaux entourés de tissu normal. C’est un
terme très large, qui veut dire plus d’une à de nombreuses. On peut utiliser le terme multifocal
disséminé pour dire plus de quelques une.

- Milliaire (issu de milliers) ou miliaire (qui ressemble aux grains de mil) : veut sensiblement dire
la même chose, simple subtilité orthographique pour personnes tentées de se prendre le chou…
signifie que les lésions sont vraiment très nombreuses, tellement qu’on ne peut pas les compter.

- Diffus : ce sont les plus dures à reconnaître car dans certains cas, l’absence de contours nets
empêche de bien se rendre compte que le tissu est anormal.

- Segmentaire : pour décrire une portion d’un organe tubulaire, comme le tube digestif.

- Eparpillé : signe une répartition aléatoire des lésions, sans relation visible avec quoi que ce soit
(structure anatomique particulière…)

- Uniforme : lésions régulières ou également espacées ou observées à des intervalles organisés.

- Symétrique : atteinte d’un organe pair, de la même façon des 2 côtés. La symétrie donne souvent
une orientation diagnostic.

Poumons : lésions symétriques sur les lobes apicaux chez un veau évoquent une
bronchopneumonie (les agents viraux arrivent par voie aérienne).

Remarque : les lésions diffuses sont souvent les plus significatives au sein d’un tableau lésionnel, car elles
correspondent souvent à une perte de tissu sain fonctionnel plus importante. Dans ce cadre, on peut suivre la
règle des 3 R, pour savoir si une lésion diffuse a des chances d’avoir des répercussions importantes :
- Redondance : les organes pairs.
- Réserve : capacité à augmenter son activité en cas de surcharge de travail (exemples du cœur ou
des poumons).
- Régénération : comme le foie par exemple.
Schématiquement, moins un organe a de « R », plus les répercussions fonctionnelles seront importantes
en cas de lésion diffuse.

Exemples :
- Grosse tumeur rénale bénigne (redondance)
- Petit abcès dans le centre cardio-pulmonaire du tronc cérébral (aucun des 3R)

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 5/13


Voici une autre liste de mots pouvant servir à caractériser la distribution ou le nombre de lésions.

 Forme.
Trois critères principaux permettent de décrire la forme d’une lésion :
- En relief : quelque chose est ajouté ; cela peut être du liquide (hématome), un infiltrat
(œdème), du tissu normal (hyperplasie), du tissu anormal (tumeur, métastase).

- En dépression : quelque chose manque ; il peut alors s’agir de nécrose, d’atrophie, de tissu
fibreux, de parenchyme non déployé (poumons par exemple).

- Plat : ni en relief, ni en dépression.

- La plupart des tumeurs, des abcès et des granulomes ont un développement sphérique.
- La nécrose à partir d’une colonie bactérienne s’étend selon un cercle centrifuge.
- D’autres formes géométriques comme des carrés, des triangles…peuvent représenter une
structure anatomique.
- Les obstructions vasculaires (infarctus) sont souvent des lésions mettant en relief la forme du
territoire vasculaire.
- L’atélectasie pulmonaire intéresse des groupes lobulaires dont la voie aérienne est obstruée.
Exemples :

Une atteinte de la circulation rénale, comme un infarctus, donne une


lésion de forme triangulaire à cause de la disposition des vaisseaux
dans ce tissu.

Coupe de Rein avec une « rognure » : il manque surtout le cortex,


suite à un infarctus, la nécrose ischémique est éliminée et le rein
cicatrise

Reins de CT : nodules multifocaux coalescents = lymphome rénal

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 6/13


Poumons : zone ischémique et halo réactionnel autour
= Infarctus pulmonaire

Poumons de PC : les zones plus claires sont gonflées, les zones plus
foncées sont affaissées.
= Atélectasie entourée de zones saines
= Pathologie inflammatoire

Poumons : nodules en lâcher de ballons disséminés dans l’ensemble


du parenchyme.
= Métastases pulmonaires

Enfin les contours plus ou moins marqués de la forme en question conditionnent notre aisance à distinguer
le normal de l’anormal.
Exemples : une tumeur bénigne (expansive) est plus facile à voir qu’une tumeur maligne si celle-ci est très
infiltrante.

 Taille et extension.
Encore une fois, ce sont des critères importants dans la significativité de la lésion, et son impact
fonctionnel.
La taille et l’extension peuvent être évaluées par :
- Une mesure exacte, en cm ou mm ;
- Une évaluation gradée : léger, modéré, sévère (on par exemple parler d’une augmentation de
volume sévère) ;
- Une référence culturelle pour exprimer la taille absolue (balle de golf, orange, balle de tennis,
noix, noisette, grain de riz) ; cela ne plaît pas à tout le monde… mais pour I. Raymond, cela ne la
dérange pas.
- La taille relative de la lésion par rapport à l’ensemble de l’organe ou du tissu : cela permet
d’exprimer son extension, de dire quelle proportion est touchée. On l’exprime en pourcentage ou
portion de surface affectée.

 Couleur.
C’est la modification la plus difficile à évaluer, notamment du fait de notre manque d’expérience.

Par définition, la couleur d’un organe est le résultat net des quantités relatives de :
- Parenchyme (souvent rouge, jaune quand il est gorgé de lipides),
- Tissu conjonctif (blanc),
- Tissu adipeux (blanc, voire un peu jaune. Si c’est très jaune c’est plutôt signe d’ictère chez les
carnivores),
Attention : chez les herbivores ou oiseaux, la couleur du gras peut être très jaune sans ictère. La
couleur du tissu adipeux est fonction de la quantité de carotènes contenus dans l’alimentation !
- Sang et son hémoglobine surtout (large palette de teintes, du rouge ou noir),
- Autres pigments (comme la bile : jaune-vert),
- Air (cas du poumon : blanc).

Exemple : un infiltrat inflammatoire se compose essentiellement de leucocytes : donc sera blanc, comme leur
nom l’indique.

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 7/13


Voici, par gamme de couleur, la composition pouvant être attribuée :
- Rouge à rouge noirâtre : couleur due à l’augmentation de la quantité de sang dans le tissu.
- Si c’est focal ou segmentaire et bien délimité, ce sera plutôt une hémorragie.
- Si c’est plus diffus, ce sera plutôt une congestion.

- Noir à brun noirâtre : il peut s’agir de mélanine, du produit de putréfaction de certaines


bactéries, ou encore de la formation de sulfure d’hydrogène (ça put tellement qu’on ne peut pas
passer à côté), dans le gros intestin, en post mortem.

- Brun à brun doré : souvent hémosidérine.

- Vert : souvent dû aux pigments biliaires (vert plomb, ou vert olive pour les poètes, voire vert
noirâtre).

- Jaune : il peut s’agir de graisse, de bilirubine, ou encore de fibrine.


- Quand c’est jaune diffus, il faut plutôt penser à un ictère, ou à une lipidose.
- Quand c’est un nodule focal jaune, il s’agit plutôt d’une inflammation ou une tumeur.
- Si ce sont des membranes jaunes sales ou des flammèches, c’est de la fibrine.

- Blanc : il peut s’agir d’un exsudat, d’une tumeur ou de tissu conjonctif (qu’il soit fibreux,
cartilagineux ou osseux), mais aussi de NECROSE : contrairement à une idée reçue fréquente, la
nécrose n’est pas noire. La plupart du temps, elle est même carrément blanche.
- Si la lésion est déprimée ou rétractée, irrégulière, il s’agira plutôt de tissu cicatriciel.
- Par contre des foyers blancs évoquent une nécrose.

Pour le fun, encore un tableau de mots pour élargir votre champ lexical de la couleur :

Exemple : déclinaison de couleur du foie

Rouge foncé, bords mousses


Vert olive = Choléstase
= Congestion passive secondaire à une IC

Jaune-orangé = stéatose (la composante orangée est due à une


Noir = envenimation ophidienne = hémolyse massive
surcharge en Glycogène et une congestion en plus de la surcharge
suite à une morsure de serpent
Lipidique)
Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 8/13
 Consistance et texture

 La consistance
La consistance est le caractère physique de fermeté de la zone mesurée par la palpation. (Le tissu est-il
« dur comme le front, comme le nez ou comme les lèvres ? »).
La consistance peut être :
- Liquide (aqueux, épais, filant…) : Œdème, exsudat inflammatoire, urine, sang… Selon la quantité plus
ou moins importante de liquide, un tissu peut perdre son élasticité.
- Mou: éléments cellulaires riche en liquides, tissus à organisation lâche, tissu adipeux, tissu sans stroma
abondant, consistance normale de nombreux tissus, …
- Ferme : tissu riche en cellules et pauvre en liquide. Ex : nombreuses lésions (inflammatoires,
néoplasiques…) ainsi que la consistance normale de nombreux tissus, ajout de tissu, tissu cicatriciel…
- Dur: implique en général une densité minérale: dépôt de sels minéraux, de tissu cartilagineux ou
osseux.

La texture
La texture fait référence au caractère lisse ou rugueux, crissant… de la zone et est évaluée sur tranche de
section (c'est-à-dire à la coupe).

Quelques exemples de termes employés pour décrire la consistance et la texture :


Fragile, cassant Crissant, crayeux
Caséeux Dur
Mou Mucoïde
Ferme Huileux
Friable Rugueux
Fluctuant Caoutchouteux
Gélatineux Aqueux
Granuleux Fluide
Graisseux Visqueux

Exemples :

Coupe de poumon dit en pierre ponce Rein dur, rugueux et crissant à la coupe

Particularités
Ce sont des éléments variables selon les organes, les tissus ou les processus pathologiques mais pouvant
donner des informations utiles qui ne rentrent pas dans les catégories précédentes :
- le poids d’un organe
- le contenu (quantité, nature…)
- l’odeur d’une lésion (ex : pyomètre, putréfaction bactérienne, l’odeur ammoniacale de
l’urémie…)
- le son crépitant que l’air ou le gaz produit dans un tissu…

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 9/13


Quelques exemples de termes employés pour décrire les particularités :
Zone Nodule
Adhésion Ovale
Circonscrit Papillaire
Déprimé Papule
Distendu Pédonculé
Plat Perforé
Irrégulier Plaque
Stratifié Polyploïde
Linéaire Proéminent
Lobulé Ombiliqué
Macule En relief
Masse Rond, sphérique
Remarque : Utilisez tous vos sens sauf bien sûr le goût!

II. Construction d’une description complète


Lorsqu’on connaît les différents éléments qui constituent une description, les assembler est
relativement simple. Il est recommandé de toujours le faire dans le même ordre.
Tous les éléments de la description ne sont pas toujours indispensables pour une description précise,
mais le minimum doit toujours inclure :
- la localisation
- la distribution
- la taille
- la couleur
- la forme.

Exemples :

• Peau : encolure latérale droite: nodules multifocaux en relief de 2x2mm de diamètre, jaunes, fermes,
sans peau, agencés en une structure linéaire
 (granulomes ulcérés dans un lymphatique)

• Foie : foyers milliaires épars de 1mm blancs et discrètement en dépression


 (foyers nécrotiques aigus suite à septicémie).

• Rein gauche : à la coupe, zone focale bien démarquée pâle tronconique (base corticale et pointe
médullaire). La capsule rénale est en dépression dans cette zone
 (infarctus probable)

• Poumons de couleur rouge sombre diffuse généralisée, lourd et humide, avec présence de liquide
mousseux dans la trachée. Surface de coupe similaire, 100% du poumon est affecté.
 (congestion et œdème pulmonaire)

III. Description versus interprétation


L’interprétation fait appel à nos connaissances. Il s’agit d’une TRADUCTION de la description en
termes diagnostiques, médicaux ou d’anatomie pathologique. C’est une étape ultérieure à la description,
réalisée par le pathologiste vétérinaire. L’interprétation lésionnelle macroscopique nécessite parfois d’être
couplée à l’examen histopathologique pour un diagnostic définitif.

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 10/13


Exemples :
• Rouge foncé diffus + accumulation d’hématies dans les vaisseaux dilatés
 Congestion
• Rouge foncé à bord net + extravasation d’hématies dans le tissu conjonctif interstitiel
 Hémorragie

Dans l’interprétation, les lésions sont classées en :


- modifications post mortem (autolyse, putréfaction…)
- lésions agoniques (cristaux de barbituriques déposés sur les tissus après euthanasie au
Doléthal ND)
- lésions vraies
Les modifications post mortem et les lésions agoniques sont des lésions "artéfactuelles".

Parmi les lésions vraies, il faut distinguer les :


- lésions mineures (découvertes d’autopsie)
- lésions majeures (causes de la mort ou poids pathologique majeur)

Types de diagnostic macroscopique

 Diagnostic morphologique
Le diagnostic morphologique est un résumé de la lésion mais qui, en général, ne donne pas la cause de la
lésion.

Exemple : Pneumonie multifocale granulomateuse et nécrotique chronique sévère

 Diagnostic étiologique
Le diagnostic étiologique donne l’agent causal et la lésion.

Exemple : Pneumonie tuberculeuse


Etiologie : Mycobacterium bovis
Nom de la maladie : Tuberculose

 En général, à l’issu de l’autopsie et d’une description complète des lésions, on n’aboutit qu’à un
diagnostic morphologique. Le diagnostic étiologique nécessite d’autres examens complémentaires.

Formulation d’un diagnostic macroscopique


Un diagnostic macroscopique doit comporter différents paramètres:
1. Organe
2. Distribution
3. Type de processus pathogène / nature de lésion
4. Qualificatif temporel
5. Intensité
6. « Avec… »
7. Exceptions

 Organe
Il doit obligatoirement être fait mention de l’organe:
- Soit directement (organe) Ex : Poumon: pyogranulomes multifocaux
- Soit sous forme d’adjectif Ex : pyogranulomes pulmonaires multifocaux
- Soit dans la lésion Ex : pneumonie pyogranulomateuse multifocale

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 11/13


 Distribution
On utilise les mêmes termes que pour la description : focal, multifocal, coalescent, diffus, segmentaire,
disséminé, épars, symétrique, unilatéral, disséminé, milliaire…

 Type de processus /nature de la lésion


Les processus pathologiques généraux ont été abordés en A2. Cependant, ces processus pathologiques
diffèrent d’un tissu à l’autre : c’est ce que l’on va voir cette année en anapathologie spéciale. Nos
connaissances vont nous permettre de faire la différence entre :
- Dégénérescence / Nécrose (de liquéfaction, de caséification…)
- Inflammation (neutrophilique, suppurée, lymphoplasmocytaire, granulomateuse, exsudative
(hémorragique, fibrineuse…), nécrosante, catarrhale, ulcérative…)
- Lésions vasculaires (œdèmes, hémorragies, thrombose, …)
- Maladie immunitaire
- Lésions prolifératives (hyperplasie / tumeurs)

 Qualificatif temporel
Il nous faut évaluer l’ancienneté de la lésion :
- Aigu
- Subaigu
- Chronique
Le qualificatif temporel doit être cohérent avec le reste de l’interprétation.

Exemple : Rouge, œdémateux = inflammation aigue

 Intensité
Pour évaluer l’intensité, on peut utiliser une échelle à 3 grades :
- Léger
- Modéré
- Sévère
Ou une échelle à 5 grades :
- Minime
- Léger
- Moyen
- Modéré
- Sévère
Il est préférable d’utiliser l’échelle à 3 grades.

 Avec …
Parfois, les lésions peuvent être le résultat de plus d’un élément. Des particularités comme l'odeur peuvent
être mentionnées. La cause ou pathogénie présumée peuvent être ajoutées.

 Exceptions
Pour les tumeurs, nous pouvons mentionner l’organe ou le nom de la tumeur.
Exemples :
- Hémangiosarcome de l’oreillette droite
- Carcinome épidermoïde de la truffe.

Certains tableaux lésionnels sont résumés en un seul mot.


Exemples :
- Hydronéphrose= rein kystique
- Palatoschisis = fente palatine
Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 12/13
- Hydrocéphalie
- Pyomètre…
 Le diagnostic macroscopique doit comporter à minima :
- la localisation,
- la distribution,
- la nature du processus pathogène.

Conclusion
La rédaction d’un compte-rendu d’autopsie nécessite beaucoup de rigueur, d’habitude et de
compétences. Tout ceci est absolument fondamental pour l’exploitation optimale des résultats d’une autopsie
d’expertise.

Deux exemples traités au début du cours :

DESCRIPTION MACROSCOPIQUE
Foie : coloration (avec mise en relief du quadrillage
lobulaire) diffuse, uniforme, jaune orangée et hépatomégalie
modérée

INTERPRETATION : DIAGNOSTIC MORPHOLOGIQUE


Foie : hépatomégalie et surcharge glycogénolipidique diffuse
sévère

DESCRIPTION MACROSCOPIQUE
Reins : Nodules de 0,2 à 0,5 mm de diamètre, blanchâtres,
homogènes, disposés en chapelet le long des structures
vasculaires

INTERPRETATION : DIAGNOSTIC MORPHOLOGIQUE


Reins : Néphrite pyogranulomateuse multifocale sévère
angiocentrée (PIF probable)

Anapathologie – Techniques de description des observations macroscopiques et interprétation – page 13/13