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Progresser

rapidement
Seconde édition

Les organismes nationaux de normalisation


dans les pays en développement
Sommaire
3 .................................................................................................... Sommaire Partie 1. Métrologie, normalisation
et évaluation de la conformité ............................... 19
4 ........................ L’Organisation internationale de
normalisation Partie 2. L’OMC et son influence
sur la normalisation ................................................................... 35
5 ................. L’Organisation des Nations Unies
pour le développement industriel Partie 3. Gros plan sur les normes.............. 39
(ONUDI) Partie 4. Organismes internationaux,
7 ............................................................................................................. Préface régionaux et nationaux de
normalisation .......................................................................................... 49
11 ......................................................................................Avertissement
Partie 5. Activités et structure
11 ................................................................................ Remerciements d’un ONN ................................................................................................... 57
13 .............................................................................................. Introduction Partie 6. Élaboration des normes................... 77
15..............................Liste des sigles et abréviations Partie 7. Information, ventes
et promotion ........................................................................................ 83
Partie 8. Relations internationales
et régionales............................................................................................. 93
Partie 9. Lectures
complémentaires....................................................................... 101
Annexe.......................................................................................................... 103
L’Organisation internationale de normalisation

L’ISO (Organisation internationale de L’ISO – organisation non gouvernemen-


normalisation) est un réseau mondial tale – est une fédération des organismes
qui identifie les Normes internationales nationaux de normalisation de toutes
requises par les entreprises, les gouver- les régions du monde, à raison d’un par
nements et la société, les élabore en pays, englobant les pays développés, en
partenariat avec les secteurs qui les uti- développement et ayant des économies
liseront, les adopte par des procédures en transition. Chaque membre de l’ISO
transparentes fondées sur des contribu- est la principale organisation de normali-
tions nationales et multipartenaires et les sation dans son pays. Les membres pro-
livre pour une mise en application dans posent de nouvelles normes, participent
le monde. à leur élaboration et apportent leur sou-
tien, en collaboration avec le Secrétariat
Les normes ISO condensent le consen-
central de l’ISO, aux 3 300 groupes tech-
sus international atteint par la plus large
niques qui élaborent concrètement les
base possible de groupes de parties pre-
normes.
nantes. Les experts qui y contribuent
sont des spécialistes au plus près des be-
soins en matière de normes et des résul-
tats de leur mise en œuvre. De la sorte,
bien que les normes ISO soient d’appli-
cation volontaire, elles sont très large-
ment respectées et acceptées par le sec-
teur public et le secteur privé sur le plan
international.

4 Progresser rapidement
L’Organisation des Nations Unies
pour le développement industriel (ONUDI)

L’ONUDI favorise l’amélioration des nationaux de normalisation et a créé des


conditions de vie des populations et la infrastructures de la qualité là où il n’en
réduction de la pauvreté dans les pays existait pas.
en développement et les pays en transi-
Très largement respectée pour son ap-
tion par le biais d’une croissance indus-
proche «  personnalisée  », ses compé-
trielle durable.
tences en matière de renforcement des
L’ONUDI mobilise les connaissances, capacités et l’accent mis sur les activi-
les compétences, les informations et les tés régionales, l’ONUDI effectue en per-
technologies pour appuyer le commerce manence des recherches et des études
et le développement industriel sur la qui se rapportent aux normes et à l’éva-
base de trois priorités thématiques : (a) la luation de la conformité. Elle a publié
réduction de la pauvreté grâce à des ac- plusieurs guides pour les pays en déve-
tivités productives ; (b) le renforcement loppement, qui leur indiquent comment
des capacités commerciales ; et (c) l’amé- faire progresser leur commerce au ni-
lioration du point de vue des énergies et veau international et réaliser le dévelop-
de l’environnement. pement durable.
L’ONUDI œuvre activement à maximi- D’après l’étude récente diligentée par
ser les capacités productives des pays l’Agence norvégienne de coopération
en développement afin qu’ils tirent parti pour le développement (NORAD) afin
des possibilités qui se présentent dans le de documenter et de systématiser les
commerce mondial et régional, à mettre expériences et résultats du soutien ap-
en place et à améliorer leur infrastruc- porté par la Norvège, par l’intermédiaire
ture de normalisation et d’évaluation d’organisations multilatérales, en ma-
de la conformité, y compris une com- tière d’aide au commerce, l’assistance
posante importante qui a pour but de de l’ONUDI s’avère payante, dans le do-
surmonter les obstacles techniques au maine où cette organisation a une com-
commerce (OTC), de traiter des mesures pétence hors pair à l’échelon internatio-
sanitaires et phytosanitaires (SPS) et de nal l), celui des normes et de la qualité.
favoriser l’accès aux marchés.
L’ONUDI, dont les points forts sont ses
contacts directs avec les entreprises lo-
cales, les organismes de normalisation et 1) D’après l’étude Norway’s Trade Re-
d’évaluation de la conformité et les ac- lated Assistance through Multilateral
teurs techniques et du développement, a Organizations : A Synthesis Study Re-
port 8/2011 – Study .
planifié et mis en place des organismes

Progresser rapidement 5
Préface

Le rôle des organismes nationaux de le nombre de normes à proprement par-


normalisation (ONN) a évolué au cours ler internationales continue de croître de
des 50 dernières années. Les améliora- façon impressionnante.
tions de l’infrastructure économique et
Ainsi, le monde de la normalisation s’est
physique, les progrès des technologies
complexifié et, dans le même temps,
de l’information, des techniques de fa-
a gagné en importance pour le déve-
brication, de l’automatisation, des trans-
loppement national et international. La
ports et les changements intervenus
création de l’Organisation mondiale du
dans de nombreuses autres dimensions
commerce (OMC) en 1995 a conduit à la
affectant le commerce et l’industrie ont
mise en place de divers accords, en par-
conduit, à l’intérieur des pays et entre les
ticulier l’Accord sur les obstacles tech-
pays, à des augmentations spectaculaires
niques au commerce (OMC/OTC) et
du volume des échanges commerciaux.
Les effets de la globalisation se font par- l’Accord sur l’application des mesures
tout sentir et l’éventail des domaines se sanitaires et phytosanitaires (OMC/SPS)
prêtant à la normalisation s’est élargi aux auxquels doivent adhérer tous les États
systèmes de management, aux services membres de l’OMC. L’objet de ces ac-
et aux technologies nouvelles qui n’exis- cords est d’essayer de réduire les risques
taient pas dans la seconde moitié du 20e que ces normes, et les règlements
siècle. qu’elles étayent, ne servent d’obstacles
techniques au commerce entre les pays,
Les normes viennent de plus en plus à maintenant que les tarifs douaniers ont
l’appui de la réglementation technique été largement éliminés par les divers
et traitent de technologies en évolution cycles de négociations de l’Accord gé-
rapide et de technologies convergentes. néral sur les tarifs douaniers et le com-
En outre, elles sont élaborées pour des merce (GATT).
groupes de parties prenantes plus diver-
sifiés que ce n’était le cas dans le passé. Cette évolution s’est accompagnée d’une
La communauté de la normalisation pro- prise de conscience mondiale que les
pose de nouveaux « produits » normatifs normes, et les ONN qui les élaborent et
développés plus rapidement pour tenter en assurent la promotion dans les dif-
de répondre aux demandes des gouver- férents pays, ne sont pas des éléments
nements, des entreprises et des consom- isolés. L’évaluation de la conformité, l’ac-
mateurs dans le monde. Les entreprises, créditation, la métrologie et les normes,
les consortiums d’organisations commer- qui sont des composantes de l’infrastruc-
ciales, les pays et les groupes sous-régio- ture de la qualité, jouent toutes un rôle
naux et régionaux de pays ont tous au- dans l’ensemble technique intégré qui
jourd’hui un intérêt à la normalisation, et est nécessaire pour qu’un pays puisse

Progresser rapidement 7
avoir des échanges commerciaux fruc- tructures techniques, avec une approche
tueux tant au niveau bilatéral que dans diversifiée, que l’assistance fournie doit
le système du commerce multilatéral. « partir du principe qu’il n’existe pas de
modèle tout fait pour les infrastructures
Cet ensemble intégré est déjà en place
techniques, qu’il s’agisse des composants
en diverses configurations dans les
requis, du degré de sophistication néces-
pays développés. Mais, s’agissant des
saire ou des modalités de la prestation
pays en développement, de nom-
des services. C’est aux pays en dévelop-
breuses questions se posent. En parti-
pement eux-mêmes de prendre ces déci-
culier, quel ensemble technique tel ou
sions politiques et de s’y engager en per-
tel pays en développement peut-il se manence ». En 2010, le JCDCMAS 2) est
permettre financièrement et quel en- devenu le Réseau DCMAS – Réseau de
semble lui convient ? Les réalités et les métrologie, d’accréditation et de norma-
priorités des pays en développement dif- lisation pour les pays en développement
fèrent de celles du monde développé. – et compte un nouveau membre : le
Il est peu probable que la structure et Groupe de travail des politiques de coo-
le mode opératoire d’un organisme de pération en matière de réglementation
normalisation type qui fonctionne bien et de normalisation (WP6) de la Com-
et répond aux besoins des parties pre-
nantes dans un pays développé, soient
parfaitement adaptés dans le monde en 2) Les membres du JCDCMAS
développement. sont les suivants :
• Bureau international des poids et
En 2004, le Comité commun pour la mesures (BIPM)
coordination de l’assistance aux pays
• Forum international de
en développement dans les domaines l’accréditation (IAF)
de la métrologie, de l’accréditation et de • Commission électrotechnique
la normalisation (JCDCMAS), dont l’ISO internationale (CEI)
et l’ONUDI sont membres, a publié un • Coopération internationale sur
document d’information intitulé Buil- l’agrément des laboratoires d’essais
ding corresponding technical infras- (ILAC)
tructures to support sustainable develop- • Organisation internationale de
ment and trade in developing countries normalisation (ISO)
and countries with economies in tran- • Centre du commerce international –
CNUCED/OMC (ITC)
sition (Édifier des infrastructures tech-
niques correspondantes pour appuyer • Bureau de normalisation des
télécommunications de l’UIT (UIT-T)
le développement durable dans les pays
en développement et les pays ayant des • Organisation internationale de
métrologie légale (OIML)
économies en transition). Les membres
du JCDCMAS ont notamment recom- • Organisation des Nations Unies pour
le développement industriel (ONUDI)
mandé, pour mettre en place des infras-

8 Progresser rapidement
mission économique pour l’Europe des
Nations Unies (CEE-ONU).
La présente publication est une mise à
jour qui élargit la perspective du manuel
ISO 1 :1994, Création et gestion d’un
organisme national de normalisation.
Elle expose les principes de la norma-
lisation aux niveaux national, régional
et international, et illustre les éléments
de structure à sélectionner pour gérer
le processus au niveau national. Elle in-
corpore l’expérience du Comité de l’ISO
pour les questions relatives aux pays en Kandeh K.Yumkella
développement (ISO/DEVCO) et tire Directeur général
Organisation des Nations Unies
parti du travail que l’ONUDI a effectué pour le développement industriel
durant 40 ans pour aider à établir et à (ONUDI)
mettre à niveau les ONN et l’infrastruc-
ture de la qualité dans les pays en dé-
veloppement et apporter une assistance
pour la mise en application des normes.
Nous espérons que cette publication,
qui est fondée sur une coopération de
longue date entre l’ONUDI et l’ISO, ai-
dera les pays en développement et les
pays en transition dans leurs efforts vi-
sant à établir ou à mettre à niveau, dans
le cadre de leur infrastructure de la qua-
lité, un ONN correspondant à leurs be-
soins – en vue d’augmenter leur ca-
pacité productive et commerciale et
d’appuyer la protection du consomma-
teur, la protection sociale et la protection
de l’environnement. Alan Bryden
Secrétaire général (2003 – 2008)
Organisation internationale
de normalisation (ISO)

Progresser rapidement 9
Avertissement
Les lignes directrices fournies et les opinions exprimées dans la présente publication
sont fondées sur l’expérience collective d’experts et de praticiens reconnus dans le do-
maine de la normalisation. Toutefois, cette publication n’est pas un guide ou un docu-
ment normatif ISO et ne prescrit pas de règles concernant le fonctionnement des ONN ;
elle n’expose pas non plus les conditions pour devenir membre de l’ISO.

Remerciements
L’ISO et l’ONUDI reconnaissent avec Mlle Mariani Mohammad
gratitude les travaux dévoués de Pe- DSM (Malaisie)
ter Bonner, Alex Inklaar et Graham
M. Hirofumi Ono
Holloway, édités et coordonnés par
JISC (Japon)
Bernardo Calzadilla-Sarmiento (an-
ciennement ISO), Beer Budoo (ISO), M. Anders Sköld
Nicolas Fleury (ISO), Gerardo Patacconi SIS (Suède)
(ONUDI), Lalith Goonatilake (ONUDI), M. Supachai Tepatanapong
avec le soutien de Sari Rajakoski (ISO), TISI (Thaïlande)
Juan Simon (ISO) et Ulvinur Uuge Olun
Mlle Leanne Wright
(ONUDI). La publication a également
SCC (Canada)
grandement bénéficié des observations
et suggestions utiles des membres sui- Mme. Snježana Zima
vants du Groupe consultatif du Pré- HZN (Croatie)
sident du DEVCO (CAG) (mandat Les experts suivants, associés aux
2006-2007)  : activités et à l’assistance aux pays
M. Iman Sudarwo en développement de l’ISO et de
(Président du DEVCO) l’ONUDI, ont également revu le pro-
BSN (Indonésie) jet et apporté d’utiles observations :
M. Eugene Julies,
M. Carlos Amorim Mlle Maureen Mutasa,
ABNT (Brésil) M. Roberto Perissi,
Mlle Perla Puterman,
M. Adu Gyamfi Darkwa
M. Carlos Rodriguez,
GSB (Ghana)
M. Mario Sandoval,
M. Yaseen Khayyat M. Folke Snickars, et
JISM (Jordanie) feu M. Pedro Vilaseca.

Progresser rapidement 11
Introduction

Un organisme national de normalisation • Le consommateur n’a pas forcément


(ONN) a pour vocation de répondre aux la notion ou le goût de la bonne
besoins de normalisation de son pays. qualité, sinon à un niveau très faible
Si, dans un pays en développement, Pour les gouvernements, redresser cette
les besoins de la population en matière situation implique la création d’une in-
de protection des consommateurs et de frastructure efficace pour satisfaire aux
biens et services aptes à l’emploi sont exigences de la globalisation et d’un sys-
essentiellement les mêmes que dans tème de commerce multilatéral, à par-
des pays plus industrialisés, l’applica- tir de ce qui apparaît de prime abord
tion de normes est soumises à certaines comme une gamme de choix d’une in-
contraintes : croyable diversité. Différents pays et ré-
• L’infrastructure industrielle peut gions se réfèrent à cette infrastructure
s’avérer insuffisante pour pro- nécessaire en utilisant des sigles diffé-
duire des biens locaux de la qualité rents, par exemple :
requise • MSTQ ou SMTQ (normes, métrolo-
• La réglementation technique gouver- gie, essais et management de la qua-
nementale est souvent insuffisante lité), ou
pour protéger adéquatement l’envi- • SQAM (normes, qualité, accrédita-
ronnement ou prévenir l’importation tion et métrologie)
ou le dumping de produits de mau-
vaise qualité ou peu sûrs Dans le présent document, par souci
d’uniformité, le terme « infrastructure de
la qualité » est utilisé et recouvre tous ces
termes.
Dans le cadre de l’infrastructure néces-
saire, le terme « évaluation de la confor-
mité 3)», également bien établi, est défi-
ni dans la norme ISO/CEI 17000 :2004
comme une «  démonstration que des
exigences spécifiées relatives à un pro-
duit, processus, système, personne ou
organisme sont respectées ». L’évaluation

3) ISO/CEI 17000 :2004, Évaluation de


la conformité – Vocabulaire et principes
généraux.

Progresser rapidement 13
de la conformité d’un produit ou d’un
système à une norme donnée implique
souvent une inspection, des essais et
une certification.
Les organismes d’essais et de certifica-
tion des produits ou systèmes et les or-
ganismes d’inspection sont soucieux
d’attester de leur compétence. Il leur
est donc utile d’être accrédités. Les or-
ganismes d’accréditation doivent, à leur
tour, démontrer leur impartialité et leur
compétence et le font au moyen d’un
examen par des pairs et d’une recon-
naissance internationale utilisant les
normes ISO/CEI relatives à l’évaluation
de la conformité.
10:41:31
2006-04-18

Un ONN joue un rôle important dans


cette infrastructure, mais il ne saurait
exister et être efficace s’il reste isolé.
ThreePillars
brochureF.indd
1-2

Cette publication s’attache à examiner trologie, normalisation et évaluation de


les fonctions et les liens entre les divers la conformité – Bâtir une infrastructure
éléments évoqués ci-dessus pour ai- pour le développement durable 4) et qui
der à expliquer le rôle et l’importance sont aussi les blocs de construction de
des normes et les fonctions essentielles l’approche Renforcement des capacités
d’un ONN moderne dans un pays en commerciales (TCB) de l’ONUDI. La pré-
développement. sente publication étudie aussi l’influence
qu’exerce sur les questions de normali-
Il s’agit d’un texte introductif, qui est
sation l’Organisation mondiale du com-
destiné aux parties intéressées chargées
merce et ses divers accords qui font par-
de créer, mettre à niveau et gérer un
tie du système commercial multilatéral.
ONN dans un pays en développement.
La publication examine les questions
commerciales et techniques pertinentes.
Elle reconnaît le rôle de la normalisation
dans le développement industriel, la fa-
cilitation du commerce et l’amélioration
de l’accès au marché. Elle prend comme 4) Disponible au Secrétariat central
points de départ les « trois piliers du dé- de l’ISO ou sur le site Web de l’ISO
veloppement durable », qui sont exposés à l’adresse www.iso.org/iso/
devt_3pillars_2006-fr.pdf
dans la brochure de l’ISO intitulée Mé-

14 Progresser rapidement
Liste des sigles et abréviations

ACCSQ Comité consultatif de l’ANASE pour les normes et la qualité

AIDMO Organisation arabe du développement industriel et des mines

AIEA Agence internationale de l’énergie atomique

AMN Association de normalisation du Mercosur

ANASE Association des Nations de l’Asie du sud-est

BIPM Bureau international des poids et mesures

CAC Commission du Codex Alimentarius

CASCO Comité de l’ISO pour l’évaluation de la conformité

CEDAO Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest

CEEAC Communauté économique des États de l’Afrique centrale

CEE/ONU Commission économique pour l’Europe des Nations Unies

CEI Commission électrotechnique internationale

CEN Comité européen de normalisation

CENELEC Comité européen de normalisation électrotechnique

CIPM Comité international des poids et mesures

CIPV Convention internationale pour la protection des végétaux

CNUCED Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement

COMESA Marché commun d’Afrique orientale et australe

COPANT Commission panaméricaine de normalisation

CROSQ Organisation régionale de la CARICOM pour les normes et la qualité

DCMAS Réseau de métrologie, d’accréditation et de normalisation pour les pays


en développement

DEVCO Comité de l’ISO pour les questions relatives aux pays en développement

DFID Department for International Development (Royaume-Uni)

DPI Droits de la propriété intellectuelle

EAC Communauté de l’Afrique de l’est

Progresser rapidement 15
EASC Conseil euro-asiatique de normalisation, métrologie et certification

ETSI Institut européen des normes de télécommunication

EurepGAP Euro-Retailer Produce Working Group on Good Agricultural Practices


(rebaptisé GlobalGAP)

FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

GCC Conseil de coopération du Golfe

GSO Organisation de normalisation du GCC

IAF Forum international de l’accréditation

IATA Association du transport aérien international

IEEE Institute of Electrical and Electronics Engineers

ILAC Coopération internationale sur l’agrément des laboratoires d’essais

ISO Organisation internationale de normalisation

ITC Centre du commerce international

MERCOSUR Marché commun du Sud

OIE Organisation mondiale de la santé animale

OIML Organisation internationale de métrologie légale

OMC Organisation mondiale du commerce

OMC/OTC Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur les obstacles


techniques au commerce

OMC/SPS Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur l’application des


mesures sanitaires et phytosanitaires

OMPI Organisation mondiale de la propriété intellectuelle

ONN Organisme national de normalisation

ONUDI Organisation des Nations Unies pour le développement industriel

ORAN Organisation africaine de normalisation

OTC Obstacles techniques au commerce

PASC Pacific Area Standards Congress

PMA Pays moins avancé

16 Progresser rapidement
POCOSA Politique relative à la distribution des publications de l’ISO
et à la protection du droit d’auteur de l’ISO

SADC Communauté de développement de l’Afrique australe

SDOC Déclaration de conformité du fournisseur

SI Système international d’unités

SMTQ Normes, métrologie, essais et management de la qualité

SPS Mesures sanitaires et phytosanitaires

SQAM Normes, assurance de la qualité, accréditation et métrologie

TCB Renforcement des capacités commerciales

TIC Technologies de l’information et de la communication

UEMOA Union économique et monétaire ouest africaine

UIC Union internationale des chemins de fer

UIT Union internationale des télécommunications

UIT-T Union internationale des télécommunications – Secteur de la


normalisation des télécommunications

WSC Coopération mondiale de la normalisation

ZLE Zone de libre-échange

Progresser rapidement 17
Partie 1. Métrologie, normalisation
et évaluation de la conformité

1.1 Les blocs de construction


Trois « piliers » du savoir, distincts mais in- la normalisation et l’évaluation de la
terdépendants et inter-reliés, sont essen- conformité. Avant d’examiner le rôle, la
tiels pour développer une infrastructure structure et les fonctions d’un organisme
de la qualité qui favorise le développe- national de normalisation, il est essentiel
ment durable, facilite une participation de comprendre comment ces trois axes
pleine et entière au commerce interna- s’articulent.
tional et satisfait aux exigences tech- La Figure 1 montre les principales rela-
niques du système commercial multila- tions touchant à la normalisation.
téral. Ces trois piliers sont la métrologie,

Accréditation
Métrologie
Démonstration de la compé-
Création de mesures exactes, tence des laboratoires d’essais
fiables, traçables et d’étalonnage, des organismes
(Base pour les exigences de de certification et des orga-
performance dans les normes) nismes d’inspection

Normalisation Évaluation de
Les normes facilitent le commerce, la conformité
fournissent la base de la réglementation
technique, et sont élaborées par Échantillonnage,
des organismes de normalisation inspection, essais,
internationaux, régionaux ou nationaux certification

Système commercial efficace


Métrologie légale
Réduction de la diversité non né-
(Protection des consomma- cessaire, interopérabilité, écono-
teurs, poids et mesures justes mies d’échelle, assurance qualité,
dans le commerce) responsabilisation des consomma-
teurs à la demande, aptitude à l’em-
ploi des produits et services qui sont
conformes à des normes

Figure 1 – Les interrelations entre métrologie, normalisation et évaluation de la conformité.

Progresser rapidement 19
Il existe bien évidemment d’autres rela-
tions – par exemple, un système d’agré-
ment des laboratoires ne peut travailler
sans matériaux de référence et sans un
système métrologique opérationnel –
mais nous avons simplifié le schéma afin
de souligner le rôle central de la nor-
malisation et, par conséquent, des orga-
nismes nationaux de normalisation dans
le processus général.
En première priorité, dans tous les pays,
les gouvernements doivent mettre en
1.2 Métrologie
place et maintenir l’infrastructure de base
pour assurer la sécurité, la santé et le On peut arguer à juste titre que l’élément
bien-être de leurs citoyens : approvision- fondamental d’un système commercial
nements suffisants et sûrs en produits est la métrologie, c’est-à-dire l’établis-
alimentaires et en eau potable, accès sement de mesures fiables et exactes.
à la santé et à l’éducation, sécurité so- Faute de pouvoir déterminer la lon-
ciale, transports et systèmes de commu- gueur, la masse, le volume, le temps et
nication, etc. Une fois ces éléments en la température, la plus simple des tran-
place, même à un niveau rudimentaire, sactions pourrait donner lieu à des abus,
la création d’un système commercial ef- le commerce équitable serait impossible
ficace prend une importance primor- et la législation visant à protéger la san-
diale. Les économies ne pouvant sur- té et le bien-être des citoyens serait sans
vivre sans commerce, il est essentiel de effet. Il n’existerait aucune norme tech-
mettre en place des blocs de construc- nique pour les produits parce qu’il n’y
tion pour faciliter l’accès des produits et aurait aucun moyen fiable de mesu-
des services aux marchés, tant intérieurs rer leur performance en fonction d’exi-
qu’extérieurs. L’accès aux marchés et la gences. Un système métrologique na-
création d’un système commercial effi- tional est donc la première étape pour
cace sont les objectifs visés, et la métro- faciliter le commerce. Lorsque le com-
logie, la normalisation et l’évaluation de merce est international, l’équivalence
la conformité comptent parmi les prin- des étalons de mesure nationaux entre
cipaux blocs de construction. Il est, par les pays est nécessaire. C’est cette néces-
conséquent, nécessaire d’examiner ces sité qui a conduit à la création du Bu-
trois piliers de façon assez détaillée. reau international des poids et mesures
(BIPM), qui travaille sous la supervision
exclusive du Comité international des
poids et mesures (CIPM) aux termes de
la Convention du mètre.

20 Progresser rapidement
sultat de l’augmentation des échanges
ape
L a p re m iè re ét o n
commerciaux se chiffre en milliards de

d e la fa ci li ta tit u n
dollars.

d u co m m er ce esg iq u e La métrologie légale implique le recours


sy st èm e m ét ro loa n t le s à des lois de métrologie pour garantir
n a ti o n a l in cl u m es u re la justesse des poids et mesures appli-

in st ru m en ts d e en t a u x
qués dans le commerce national et dans

q u i co rr es p o n d n a u x .
le commerce d’import/export. Les activi-

b es o in s n a ti o
tés types dans ce domaine sont notam-
ment l’étalonnage des ponts-bascules et
des courroies transporteuses, l’étalon-
nage des appareils de mesure du vo-
Le mandat du BIPM est de fournir la lume comme ceux qui sont utilisés pour
base d’un système de mesurages unique l’importation de grandes quantités de
et cohérent sur le plan mondial, dont on pétrole, l’homologation des instruments
puisse assurer la traçabilité au Système de mesure utilisés dans le commerce
international d’unités (SI). Cette tâche (balances, pompes à essence, etc.), leur
prend plusieurs formes, de la diffusion vérification et leur inspection suivies et
directe des unités (comme c’est le cas l’application de sanctions en cas de non-
pour la masse et le temps) à la coor- conformité à la législation. L’Organisa-
dination par des comparaisons interna- tion internationale de métrologie légale
tionales d’étalons de mesure nationaux (OIML) élabore les étalons utilisés dans
(comme pour l’électricité et le rayonne- la métrologie légale, qui sont habituelle-
ment ionisant). ment adoptés par les pays, par le biais
de leur organisme national de normali-
Le CIPM est composé de 18 personnes,
sation. L’OIML met également à disposi-
chacune d’un État membre différent de
tion une loi type sur la métrologie, mise
la convention du mètre. Il a pour tâche
au point en 1975 et révisée en 2004, qui
principale de promouvoir l’uniformité
est à disposition pour établir cet aspect
des unités de mesure sur le plan mon-
de l’infrastructure de la qualité dans un
dial. L’Accord de reconnaissance mu-
pays en développement.
tuelle du CIPM donne aux gouverne-
ments et autres parties une fondation Dans cette perspective, il est important
technique sûre pour des accords plus de comprendre que les pays en déve-
larges se rapportant aux échanges in- loppement ne peuvent et ne sont pas
ternationaux, au commerce et aux af- censés mettre en place des systèmes de
faires réglementaires. Il aide à éliminer mesure sophistiqués ou autres dispo-
les obstacles techniques au commerce et sitifs qui ne conviennent pas au stade
à créer une plus grande confiance dans spécifique de développement qui est le
les capacités de mesure des pays. Le ré- leur. Dans un pays en développement,

Progresser rapidement 21
un système national de mesure devrait 1.3 .Normalisation
prévoir des étalons de mesure qui cor-
respondent aux besoins nationaux. Cela Les normes peuvent servir de base tech-
implique, au fur et à mesure que l’éco- nique pour le commerce des produits
nomie se développe, une réévaluation finis et des services entre acheteurs et
continue du rôle joué par le système et vendeurs, ou de moyen de faciliter la
une amélioration de son domaine et de conformité à la réglementation tech-
son niveau d’application, et non une ap- nique. Elles sont aussi largement utili-
proche du type « big bang ». Exemple de sées par les entreprises dans des envi-
cette pratique, la Convention du mètre ronnements de production, de produits,
est un traité intergouvernemental qui de services ou de processus. Elles sont
fournit l’infrastructure internationale per- élaborées par un processus transparent,
mettant aux États membres de dévelop- ouvert et consensuel, qui fait participer
per des étalons de mesure au niveau re- les parties prenantes intéressées. Elles
quis par eux. Elle est, par conséquent, définissent l’aptitude à l’emploi dans le
pertinente pour tous les pays à tous les cas de normes relatives aux produits,
stades de développement technique. et les bonnes pratiques dans le cas des
processus ou des services. Les normes
de systèmes de management assistent
les organisations dans la gestion de
leurs activités. L’évolution d’une culture
de la qualité dans la société présup-
pose nécessairement un large recours
aux normes. À cet égard, le nombre de
normes nationales développées ou fon-
dées sur la base de normes régionales
ou internationales constitue souvent un
bon critère.
La normalisation implique l’élaboration
et la fourniture de normes et d’informa-
tions sur les normes aux parties intéres-
sées. Elle intervient à différents niveaux.
Les entreprises, les associations profes-
sionnelles et les consortiums peuvent
produire des normes pour leurs propres
fins. Pour une application nationale, un
organisme national de normalisation
peut fort bien développer une norme
nationale ou adopter une norme inter-
nationale, élaborée par consensus inter-

22 Progresser rapidement
national et publiée par l’une des prin-
cipales organisations internationales de
normalisation (ISO, CEI, UIT, Commis-
sion du Codex Alimentarius, etc.). Avan- L o r sq u e d e u x
tage de cette dernière démarche : lorsque p a y s a d o p te n
deux pays adoptent la même norme in- la m ê m e n o r mt
ternationale, le commerce entre eux s’en in te r n a ti o n a e
trouve simplifié. c o m m e r c e e n le , le
L’ISO élabore des Normes internatio- s’ e n tr o u v e si tr e e u x
m p li fi é .
nales dans tous les domaines autres que
le domaine électrotechnique, qui est
couvert par la CEI, et le domaine des
télécommunications, couvert par l’UIT.
Les trois organisations forment ensemble
la Coopération mondiale de la normali- technologies des pays développés vers
sation (WSC) et coopèrent en des do- les pays en développement et le rôle
maines qui se recoupent, par exemple des normes internationales et des sys-
les technologies de l’information et les tèmes d’évaluation de la conformité dans
nouvelles technologies convergentes l’amélioration de l’efficience de la pro-
comme les nanotechnologies. duction et la facilitation du commerce
international.
L’Accord de l’Organisation mondiale du
commerce sur les obstacles techniques Les pays en développement se trouvent
au commerce (OMC/OTC) reconnaît la confrontés à des défis particuliers
contribution que la normalisation inter- lorsqu’ils doivent élaborer et utiliser des
nationale peut avoir pour le transfert de normes. Ils doivent choisir entre l’élabo-
ration de normes purement nationales et
l’adoption et la diffusion, dans leurs juri-
dictions, de Normes internationales exis-
tantes ou, dans certains cas, de normes
régionales. L’élaboration de normes pu-
d ’u n e
L ’é v o lu ti o n e la rement nationales exige des ressources
c u lt u r e d la et des compétences techniques signifi-

q u a li té d a n s p o s e
catives. En outre, ces normes, tout en
p étant centrées sur les besoins nationaux,
s o c ié té p r é s ue n t u n risquent d’entraver le commerce avec
e m
n é c e s s a ir r s a u x d’autres pays qui ont pris la voie « inter-
la r g e r e c o u . nationale ». L’adoption de Normes inter-
normes nationales crée de meilleures occasions
d’échanges commerciaux et peut réduire
le risque d’afflux de produits de qualité

Progresser rapidement 23
médiocre. Elle pose aussi de nombreux
problèmes aux industries des pays en
développement qui, s’ils ne sont pas en
mesure de produire au niveau exigé par
les Normes internationales abandonnent
alors des parts de marché aux importa-
teurs. De plus, ces pays ne possèdent
pas toujours les compétences ou les res-
sources techniques nécessaires pour ap-
porter une contribution significative au
contenu d’une Norme internationale.
Et, sur une multitude de sujets de nor-
malisation, il leur est souvent difficile
de décider s’ils doivent être « créateurs
de normes » ou « preneurs de normes ».
La participation active à une opération
particulière de «  création de normes  »
doit donc prendre en compte les prio-
rités économiques nationales, les com-
pétences disponibles et les ressources,
nécessaires. Néanmoins, la contribution
des normes au commerce s’évalue au ni-
veau des entreprises dans tous les pays
et elle doit sans cesse être en phase avec
l’évolution des besoins du marché.
1.4 .Évaluation
Lorsqu’un pays en développement éta-
de la conformité
blit un organisme national de normali-
sation pour la première fois ou revoit L’évaluation de la conformité, selon la
une structure existante pour l’adapter définition donnée par la norme ISO/CEI
aux tendances nationales et mondiales, 17000, est la « démonstration que des exi-
la réalisation de cet équilibre est l’un des gences spécifiées relatives à un produit,
aspects les plus critiques du processus processus, système, personne ou orga-
de planification. En effet, il n’existe pas nisme sont respectées ». Elle implique
de solution unique et il faut opérer un l’échantillonnage, l’inspection, les essais
et la certification, qui sont les moyens
choix dans un ensemble de possibilités
de donner aux différentes parties à une
afin de parvenir à la solution la plus effi-
transaction l’assurance que le produit, le
cace pour un pays particulier à un stade
processus, le système, l’organisme ou la
particulier de développement.

24 Progresser rapidement
personne est réellement conforme aux veaux mimimuns de sécurité ou de
exigences d’une norme. performance
Les parties à une transaction peuvent • Lorsque l’accès au marché l’im-
être définies comme suit  : plique – car la certification est une
garantie de qualité pour les clients
• Première partie – le fournis- et les vendeurs
seur ou fabricant du produit ou ser-
vice, etc. (la partie qui « déclare la • Pour des questions de responsabili-
conformité ») té, quand les vendeurs veulent attes-
ter que des produits sont conformes
• Deuxième partie – l’acheteur à des normes internationales
ou la partie qui reçoit le produit
ou service (la partie qui « exige la Dans la pratique, dans de nombreux
conformité ») pays en développement, le recours à
des tiers est devenu une nécessité, faute
• Tierce partie – un tiers objectif, in- de législation rigoureuse en matière de
dépendant de la transaction, auquel responsabilité du fait des produits. En
il est fait appel pour donner aux adoptant les systèmes internationaux
deux premières parties l’assurance d’évaluation de la conformité existants,
de la conformité, ou autre, du pro- les pays en développement peuvent
duit ou service s’assurer que les biens importés res-
Dans le cas de transactions volontaires, pectent les normes internationales et sa-
les parties à la transaction sont libres de tisfont aux exigences de performance et
décider par elles-mêmes des procédures de sécurité.
d’évaluation de la conformité. Lorsqu’il existe une réglementation tech-
Si la deuxième partie est disposée à ac- nique, il arrive que la certification de
cepter les assurances de conformité de la conformité soit exigée sous une forme
première partie (déclaration de confor- spécifique et que les deux parties à la
transaction n’aient pas la possibilité d’en
mité du fournisseur, SDOC), il est alors
choisir les modalités.
inutile de faire appel à une tierce partie.
Mais comment démontrer la compé-
Dans les cas suivants, il peut être recouru
tence et l’indépendance des services
à des services d’évaluation de la confor-
tiers d’évaluation de la conformité ? C’est
mité fournis par des tiers pour apporter
là qu’intervient l’accréditation. L’ISO/CEI
une assurance objective et factuelle aux
17000 définit ainsi l’accréditation : « at-
deux parties, facilitant par là l’échange
testation délivrée par une tierce partie,
des marchandises et des services :
ayant rapport à un organisme d’évalua-
• Lorsque la loi l’exige – dans le tion de la conformité, constituant une
cas où des dispositifs ou systèmes reconnaissance formelle de la compé-
doivent être conformes à des ni- tence de ce dernier à réaliser des activi-

Progresser rapidement 25
tés spécifiques d’évaluation de la confor- l’IECEE 5), l’IECEx 6) et l’IECQ 7). Le com-
mité ». La compétence et l’indépendance merce international est ainsi facilité dans
des fournisseurs tiers d’évaluation de la un contexte marqué par une plus grande
conformité peuvent également être attes- confiance.
tées dans le cadre de systèmes d’évalua-
Souvent, les pays en développement
tion par des pairs reconnus à l’échelon
n’ont ni les ressources, ni les compé-
international tels que les Systèmes d’éva-
tences pour mettre en place des orga-
luation de la conformité (CA) adminis-
nismes nationaux d’accréditation, des
trés par la CEI.
organismes nationaux de certification
Les programmes d’accréditation et d’éva- et des laboratoires d’essais. Le niveau
luation de la conformité peuvent se rap- d’activité économique dans lequel ils
porter à la compétence des laboratoires opèrent est souvent faible, il n’est donc
qui procèdent aux essais et aux étalon- pas rentable pour des fournisseurs tiers
nages ou des organismes de certification d’évaluation de la conformité d’opérer
et d’inspection. Les organismes d’accré- exclusivement sur leur territoire.
ditation et les membres des Systèmes
Pour un pays en développement, une
d’évaluation de la conformité de la CEI
décision majeure est donc de trouver le
doivent eux-mêmes montrer qu’ils sont
moyen de satisfaire à ses exigences en
indépendants et objectifs. C’est pourquoi
matière d’évaluation de la conformité
ils sont souvent créés à titre d’entités na-
et d’accréditation. Une bonne solution
tionales ou régionales qui, en pratique,
sera souvent de conjuguer les services
sont tenus de démontrer l’existence
fournis par des fournisseurs nationaux
d’accords de reconnaissance mutuelle
et étrangers d’évaluation de la conformi-
ou multilatérale en adhérant à des orga-
té, avec l’appui de structures d’accrédi-
nismes internationaux représentatifs qui
tation régionales 8), mais, pour répondre
procèdent à des évaluations réciproques
(examens par des pairs). La Coopération
internationale sur l’agrément des labora- 5) Système CEI d’évaluation de la
toires d’essais (ILAC) et le Forum inter- conformité des équipements et compo-
national de l’accréditation (IAF) consti- sants électriques.
tuent deux groupes internationaux clés 6) Système CEI pour la certification de
dans le domaine de l’accréditation. Dans conformité aux normes des matériels
électriques destinés à être utilisés en
le secteur électrotechnique, la CEI met atmosphères explosives.
en œuvre des systèmes et programmes
7) Système CEI d’assurance qualité des
d’évaluation de la conformité par des composants électroniques.
fournisseurs tiers et atteste la compé-
8) Un exemple de réussite de la créa-
tence des organismes de certification et tion d’une structure régionale d’accré-
des laboratoires d’essai par une évalua- ditation est donné dans la région de
tion par des pairs. Les systèmes d’éva- l’UEMOA ; elle résulte d’un Projet de
coopération technique de l’ONUDI.
luation de la conformité de la CEI sont

26 Progresser rapidement
1.5 .Renforcement des
capacités dans les pays
on en développement
U n e bo n n e so lu ti
es t so u ve n t d e
Il est reconnu que, pour de nombreux
rv ic es
co n ju gu er le s se rs pays, le coût de toutes ces activités à
d e fo u rn is se u leur niveau le plus avancé est prohibitif.
n at io n au x et Même dans les pays développés, la com-
in te rn at io n au x plexité des diverses parties de l’infras-
d ’é va lu at io n d e tructure technique est variable. Souvent,
la co n fo rm it é, etr un ou plusieurs pays peuvent posséder
la va li d at io n pa n en commun ou partager certaines parties

u n e ac cr éd it at io on
de l’infrastructure qualité. Il est parfois
el
re co n n u e à l’ éc hon al ,
fait appel aux services d’un autre pays.
Il est important, pour le développement
n at io n al ou ré gi m en t durable et le commerce qui y est asso-
et /o u l’ en re gi st re io n cié, de veiller à ce que les organismes et
pa r u n e év al u at industries dans les pays en développe-
pa r d es pa ir s ment aient accès à une infrastructure de
el on
re co n n u e à l’ éc h . la qualité qui reflète leurs besoins spéci-
in te rn at io n al fiques et ceux qui sont définis par le sys-
tème commercial multilatéral.

aux besoins des différents pays, des so-


lutions spécifiques devront toujours être
adaptées aux circonstances.
Signalons que le Comité de l’ISO pour
l’évaluation de la conformité, l’ISO/
CASCO, a publié une série de Normes
et Guides ISO/CEI, la « Boîte à outils du
CASCO », qui peut servir à constituer la
base d’une infrastructure de l’évaluation
de la conformité à la fois efficace, adap-
tée aux besoins d’un pays et conforme
aux exigences de l’OMC.

Progresser rapidement 27
Il convient donc que toute interven- requises pour soutenir l’infrastruc-
tion visant le renforcement des ca- ture qualité nécessaire, et
pacités soit fondée sur ce qui suit : • Le développement d’une infrastruc-
• Une évaluation approfondie des ture nationale de la qualité n’interdit
besoins pour tous les secteurs de nullement de recourir à des services
l’économie bilatéraux ou régionaux permettant
de réaliser de meilleures économies
• Comprendre qu’il n’existe pas de
d’échelle
modèle tout fait en matière d’infras-
tructure qualité. Les pays en dé-
veloppement eux-mêmes doivent 1.6 .Résumé
prendre des décisions politiques et
Les trois piliers – la métrologie, la nor-
s’y engager en permanence au ni-
malisation et l’évaluation de la confor-
veau politique (et financier)
mité – sont les blocs de construction
• Un examen méticuleux des besoins nécessaires pour une infrastructure de
évalués, fondé sur le type et la pro- la qualité efficace, de naturer à faci-
grammation adéquate de l’assis- liter le commerce par un accès accru
tance, pour garantir que l’infras- aux marchés et à garantir une protec-
tructure technique est édifiée d’une tion adéquate des consommateurs et
manière durable et planifiée, par de l’environnement. Dans les pays en
étapes développement, le développement du-
• Une articulation claire des res- rable passe par une participation au
sources et des finances qui seront commerce mondial. Mais on reconnaî-
tra qu’il n’est pas absolument nécessaire
que ces pays investissent fortement,
d’un seul coup, dans une infrastructure
complète de la qualité. Des systèmes de
ement des
Le renforc devrait mesure fondamentaux sont essentiels.
capacités ur une Vient ensuite la fourniture de normes et
se fonder s profondie d’informations sur ces normes. Des ins-
ap tallations complexes pour l’élaboration
é v a l u a t i o n  : d e s s e r v i c e s de normes (par opposition à l’adoption
n s
des besoi ou régionaux de normes internationales existantes)
bilatéraux ermettre de et des structures nationales exclusives
peuvent p économies d’évaluation de la conformité sont peut-
meilleures elle. être souhaitables, mais souvent non es-
d ’é c h sentielles. À cet égard, beaucoup dé-
pend de la nature de l’économie en
question et des relations entre le gou-
vernement, les consommateurs et le

28 Progresser rapidement
secteur économique. De même, s’il est particulièrement pertinente dans cer-
souhaitable de disposer d’organismes tains domaines.
nationaux d’accréditation, ils ne sont
pas absolument nécessaires, car il est
possible de faire appel à d’excellents
organismes internationaux d’accrédita-
tion qui opèrent à partir des pays déve-
loppés. Le cas échéant, un organisme
régional efficace et bien reconnu est
aussi une solution. De toute évidence,
les décisions doivent être prises sur la
base d’une évaluation solide des coûts
et des avantages.
Le renforcement des capacités et
d’autres aides aux pays en dévelop-
pement qui créent leur propre infras-
tructure qualité devraient prendre en
compte les « trois piliers » mais de ma-
nière sélective, en se fondant sur une
analyse approfondie et holistique des
besoins, et en sachant qu’il n’y a pas de
modèle idéal ou parfait. En outre, des
efforts doivent être consentis pour en-
courager les utilisateurs à recourir aux
normes afin d’améliorer la qualité et les
opportunités commerciales.
Les relations complexes entre métro-
logie, normalisation, évaluation de la
conformité et accréditation sont exa-
minées dans le Tableau 1 ci-après. Ce
tableau met en parallèle les coûts, les Note : Le degré de coordination entre
dispositifs de financement probables de les fonctions responsables de la métro-
logie, des normes, de l’évaluation de
ces divers éléments et les besoins natio- la conformité et de l’accréditation va-
naux. Il attire l’attention sur des consi- rie concrètement d’un pays à un autre.
dérations applicables lorsque l’on plani- Lorsque des entités publiques et pri-
vées se font concurrence sans coor-
fie l’établissement ou la mise à niveau dination, les liens présentés dans la
de l’infrastructure dans un pays en dé- Figure 1 peuvent ne pas être d’une effi-
veloppement. La décision d’adopter des cacité maximale ; cet aspect est à rete-
nir lorsque l’on étudie le Tableau 1.
solutions nationales ou régionales est

Progresser rapidement 29
Tableau 1 – Infrastructure : coûts, besoins, démarche nationale/régionale – quelques indicateurs.

Élément de Considérations de
Coûts Financement Besoins nationaux
l’infrastructure planification

Métrologie • Les dépenses • L’infrastructure de la • Une législation appropriée • La première priorité est
d’infrastructure et de métrologie est d’intérêt pour établir un institut d’établir un système
fonctionnement pour public, elle est donc des étalons de mesure national de mesure
les mesurages et la normalement financée par nationaux et les • Certains étalonnages
traçabilité sont de l’État prescriptions de métrologie peuvent être obtenus au

30 Progresser rapidement
modérées à coûteuses • Une fois l’infrastructure légale est nécessaire niveau régional si cela
selon les besoins nécessaire en place, la • Un certain niveau est économique, c’est-à-
• Il peut être coûteux surveillance du marché d’infrastructure nationale dire lorsque la demande
de créer et maintenir peut être appuyée en de métrologie et est relativement faible par
l’étalonnage nécessaire taxant la production d’étalonnage est essentiel. rapport au coût
pour satisfaire aux industrielle et les L’infrastructure appropriée • Avec la croissance de
exigences de normes de importateurs dépendra des industries l’économie nationale,
systèmes (ISO 9001, ISO dominantes du pays tout engagement régional
14001, ISO 17025, etc.) devrait laisser la place aux
• La disponibilité de installations et services
matériaux de référence nationaux, car le fait de
est souvent un problème s’appuyer sur un pays
et leur acquisition peut voisin ou une structure
s’avérer modérément régionale peut ne pas être
coûteuse. On cherchera favorable au commerce
des solutions régionales intra-régional
à ce problème
• Une fois implantées les
capacités nécessaires en
matière de mesurages
et d’étalonnages,
la métrologie légale
exerce des activités de
surveillance du marché
qui sont relativement peu
coûteuses
Élément de Considérations de
Coûts Financement Besoins nationaux
l’infrastructure planification

Normes • Bon marché, en parti- • La fourniture et la vente • Infrastructure assez li- • La fourniture de normes
culier en cas d’harmoni- d’informations sur les mitée (ordinateurs, site nationales est recom-
sation avec des normes normes se fait normale- Web, capacité de créer mandée quel que soit le
régionales ou interna- ment par les gouverne- et coordonner des comi- moyen approprié et finan-
tionales existantes et de ments, car ils sont sou- tés miroirs) cièrement abordable
fourniture d’informations vent attentifs aux normes • Installations pour les réu- • Une législation appropriée
sur ces normes. Coûts d’intérêt public nions (salles, équipe- est nécessaire pour établir
légèrement supérieurs • Dépend souvent du minis- ments pour les réunions, l’ONN, sa gouvernance et
lorsqu’il faut élaborer tère du commerce et de etc.) son financement
des normes purement l’industrie ou de son équi-
nationales • L’ONN est normalement • Les avantages d’une
valent ; privatisé dans cer- associé à un point d’in- normalisation régionale
• Les coûts du renforce- tains pays formation OTC et par- peuvent être envisagés
ment des capacités et • Les coûts peuvent être fois à un point d’informa- pour des normes néces-
des investissements en partiellement compen- tion SPS saires dans des domaines
équipements (ordina- sés par des recettes pro- d’intérêt commun
teurs, etc.) sont relative- • L’établissement d’un ou
venant des ventes de plusieurs point(s) d’infor- • La participation aux tra-
ment accessibles normes ou des activi- mation exige un renfor- vaux de comités inter-
• Il y a des coûts supplé- tés d’évaluation de la cement des capacités nationaux de normalisa-
mentaires lorsque la par- conformité et un niveau approprié tion et la création d’un
ticipation à la normali- • Au fur et mesure que de communications et point d’information natio-
sation internationale est l’économie se développe, d’informatique nal peuvent avoir un coût
envisagée d’autres recettes peuvent significatif, mais commen-
• La création de points être générées par l’élabo- cer sur une base simplifiée
d’information OMC/ ration d’autres produits
OTC et SPS entraîne des normatifs pour l’industrie
coûts supplémentaires ou par des contributions
financières de l’industrie
aux comités de normalisa-
tion mais il s’agit là d’une

Progresser rapidement
possibilité à long terme

31
(Suite au verso)
Suite de la page 31

Élément de Considérations de
Coûts Financement Besoins nationaux
l’infrastructure planification

Évaluation de • Des installations d’essais • Si les activités d’essais • Des installations d’essais • Des installations d’essais
la conformité de base pour des et de certification sont d’un niveau approprié de base devraient
produits simples peuvent suffisantes, les recettes sont nécessaires pour être fournies pour les
être bon marché ; générées devraient les produits susceptibles principaux produits du
pour des produits plus dépasser les coûts de faire l’objet d’essais. pays
complexes, l’équipement • Dans le cadre des efforts Ceci variera d’un pays à • Des essais complexes,
d’essai peut s’avérer l’autre

32 Progresser rapidement
visant à instaurer une peu souvent exigés,
coûteux et devra être culture de la qualité • Inévitablement, toutes pourraient être sous-
utilisé suffisamment pour dans les PMA et les les installations d’essais traités, en particulier
couvrir les coûts économies à faible niveau requises ne seront lorsqu’il est probable
• Certaines installations de développement, probablement pas que leurs fournisseurs
d’essai réputées toutes ces composantes disponibles dans un pays accrédités ne seront
« d’intérêt public » n’ont de l’évaluation de la en développement et la trouvés qu’à l’extérieur
pas nécessairement conformité sont souvent coopération régionale, • Des installations d’essais
à réaliser un nombre assurées par l’État. La en particulier les accords d’« intérêt public »
d’essais suffisant pour concurrence privée devrait de reconnaissance devraient être fournies,
couvrir les coûts être autorisée sur le mutuelle pour les mais la coopération
• Les coûts de la marché rapports d’essais de régionale (entreprises
certification des produits • La bonne pratique produits complexes entre mixtes) devrait être
et systèmes sont voudrait que le fournisseurs accrédités, considérée à titre de
modérés et là encore le financement par l’État pourrait s’avérer compris »
rendement devrait être d’activités centrales appropriée dans certains
cas pour autant qu’il • Avec la croissance de
suffisant pour justifier les comme la normalisation et l’économie, l’entrée en
coûts la métrologie ne soit pas existe des installations
acceptables scène de concurrents
• Dans les deux cas, utilisé pour subventionner privés en évaluation de la
l’accréditation est des activités d’évaluation • Tant pour les essais conformité est inévitable
nécessaire et il faut de la conformité, mais que pour la certification, et devrait être prévue et
couvrir les coûts c’est l’inverse qui se il sera probablement bienvenue – l’État pouvant
produit souvent, les difficile d’obtenir éventuellement leur laisser
profits dégagés par ces l’accréditation dans les la place
activités étant utilisés pour phases initiales
soutenir l’organisme de
normalisation
Élément de Considérations de
Coûts Financement Besoins nationaux
l’infrastructure planification

Accréditation • Coûteuse, compte • La création et le • Voir colonne de gauche • La viabilité des structures
tenu de la nécessité fonctionnement d’accréditation régionales
d’une Reconnaissance d’un organisme ou sous-régionales
mutuelle ILAC et IAF d’accréditation unique comme alternative aux
et des compétences pour les laboratoires, les structures nationales
requises organismes d’inspection devrait être considérée
et de certification avec soin. À mesure que
devraient être financés par l’économie se développe,
l’État, dans un premier une solution nationale
temps tout au moins. devient plus séduisante
Lorsque l’échelle des et toute solution régionale
exigences nationales doit par conséquent être
est insuffisante pour réévaluée périodiquement
justifier les coûts, il
convient de rechercher
une solution régionale.
L’industrie devrait payer
pour les services reçus,
éventuellement sur la base
de subsides diminuant
avec la croissance
progressive de l’économie

Progresser rapidement
33
Partie 2. L’OMC et son influence
sur la normalisation

et sur l’application des mesures sani-


Note : Dans une publication de ce type,
il n’est pas possible de donner une vue taires et phytosanitaires (OMC/SPS) ont
complète des travaux de l’OMC. Les une importance et un intérêt particuliers
lecteurs intéressés se référeront au site pour les normalisateurs.
Web de l’OMC (www.wto.org), qui
contient de nombreuses informations. L’Accord OMC/OTC reconnaît que l’ac-
cès aux marchés peut être entravé par
L’Organisation mondiale du commerce, l’utilisation de règlements techniques et
créée en 1995, est une organisation in- de normes susceptibles de varier d’un
ternationale qui établit les règles juri- pays à l’autre et qui, s’ils sont établis
diques fondamentales du commerce in- arbitrairement, peuvent être utilisés ou
ternational. Elle a étendu la portée des perçus comme une protection déguisée
règles du commerce multilatéral bien sous la forme d’obstacles non tarifaires
au-delà du commerce des marchan- au commerce. L’Accord OMC/OTC, re-
dises, jusqu’au commerce des services connaissant que l’existence de normes
et aux aspects commerciaux des droits trop nombreuses complique inutile-
de la propriété intellectuelle. Ces règles ment la vie aux fabricants et aux ex-
traitent également de nombreux autres portateurs, s’attache à veiller à ce que
domaines comme le dumping, les pro- les règlements techniques, les normes
cédures douanières, les obstacles tech- et les procédures d’évaluation de la
niques au commerce et les mesures sa- conformité ne créent pas d’obstacles
nitaires (santé humaine et animale) et non nécessaires au commerce. Il re-
phytosanitaires (santé des végétaux). connaît le droit d’un pays à adopter les
Elles sont établies par des accords com- règlements techniques, normes et pro-
merciaux multilatéraux qui sont essen- cédures d’évaluation de la conformité
tiellement des contrats engageant les qu’il juge approprié pour maintenir et
gouvernements à gérer leur politique protéger la vie ou la santé humaine,
commerciale conformément à ce qui animale ou végétale, pour assurer la
a été convenu dans les négociations protection de l’environnement ou ré-
multilatérales. En bref, l’ensemble des pondre à d’autres intérêts des consom-
154 pays qui ont adhéré à l’Organisa- mateurs, mais il encourage les pays à
tion mondiale du commerce (au mois utiliser et à envisager des règlements
d’avril 2012) sont liés par ses accords techniques fondés sur des Normes in-
et font automatiquement partie du « sys- ternationales lorsqu’elles existent. Aux
tème commercial multilatéral ». termes de l’Accord OMC/OTC, les pays
Les accords de l’OMC sur les obstacles peuvent aussi avoir recours à d’autres
techniques au commerce (OMC/OTC) mécanismes comme l’équivalence et la

Progresser rapidement 35
reconnaissance mutuelles des normes nales lorsqu’elles existent. Les normes de
d’autres pays lorsqu’ils préparent des la Commission du Codex Alimentarius
règlements techniques. (CAC), de la Convention internationale
pour la protection des végétaux (CIPV)
et de l’Organisation mondiale de la santé
animale (OIE) sont en ce sens particuliè-
marchés
L ’a c c è s a u xr a v é p a r d e s
rement pertinentes. La CAC a par ailleurs
t adopté plus de 100 Normes ISO sur les
p e u t ê t r e e nt e c h n i q u e s e t méthodes d’essais et des sujets apparen-
règlements s qui peuvent tés dans le secteur de l’alimentation.
des norme és ou perçus
être utilis protection
Si les mesures SPS peuvent être fondées

comme uneus la forme


sur des normes CAC, CIPV et OIE, les
procédures d’évaluation de la confor-
déguisée so on tarifaires mité, y compris l’échantillonnage, l’ins-
n
d ’o b s t a c l e s m m e r c e . pection, la certification et les essais sont
au c o pour la plupart fondées sur des normes
ISO. Il est donc naturel pour ces orga-
nisations de collaborer étroitement pour
le bien de leurs membres, ce qu’elles
font depuis les années 1960. La 30e ses-
L’Accord OMC/SPS a trait aux mesures sion de la CAC, en juillet 2007, a ap-
qui sont prises pour protéger la vie hu- puyé la poursuite de la coopération et
maine, animale ou végétale contre les de la coordination avec l’ISO et a conve-
risques découlant de la présence d’ad- nu que le Codex et l’ISO demeurent en
ditifs ou d’organismes pathogènes dans contact au niveau des secrétariats cen-
les aliments et pour protéger un pays traux. La Commission a aussi appuyé
des dommages causés par la multipli- une coordination et une coopération ac-
cation des nuisibles susceptible d’affec- crues entre les points focaux nationaux
ter le commerce, directement ou indi- de la CAC et les comités membres natio-
rectement. L’Accord OMC/SPS reconnaît naux de l’ISO.
le droit souverain des gouvernements à Comme c’est le cas à l’ISO, les membres
prendre de telles mesures, mais exige de l’OMC sont en majorité des pays en
qu’elles ne soient pas discriminatoires,
par arbitraire ou absence d’équité, vis-
à-vis d’autres pays et que les mesures
Un pa
envisager ys devrait
soient basées sur des faits scientifiques.

règlementde fonder ses


Comme dans le cas de l’Accord OMC/
OTC, l’OMC recommande que les pays s te
fondent leurs mesures SPS et règlements s u r d e s N oc h n i q u e s
techniques sur des Normes internatio- internatio rmes
l o r s q u ’e l l e n a l e s
s existent.
36 Progresser rapidement
développement et, dans le système com- Garantir
mercial multilatéral, une grande atten- conformité la
tion est portée aux besoins qui leur sont de pratique au Code
(
propres. Diverses dérogations aux exi-
3 d e l ’A c c o A n n e x e
rd
gences de l’Accord général sur les tarifs
OTC) const OMC/
douaniers et le commerce (GATT) sont itue une
partie impo
r
des activité tante
autorisées pour des pays en dévelop-
pement et, dans le cas des pays moins s d ’u n
avancés (PMA), les membres de l’OMC organisme
national
sont convenus d’un plan d’action qui de normali
sation.
envisage des efforts spéciaux pour amé-
liorer l’accès aux marchés des pays dé-
veloppés, y compris la possibilité d’éli-
miner complètement les tarifs douaniers.
L’implication de l’OMC (et de l’ONUDI)
dans les initiatives d’«  Aide au com- On voit ainsi que les Accords de l’OMC
merce  » est à cet égard particulièrement peuvent avoir une influence marquée
pertinente. sur la normalisation et, par voie de
Dans le cadre des accords commerciaux conséquence, sur le mode de travail
multilatéraux de l’OMC, il existe aussi d’un ONN dans un pays en développe-
ment. L’OMC a publié un Code de pra-
des dispositions spéciales pour les pays
tique pour l’élaboration, l’adoption et
en développement, notamment :
l’application des normes, qui constitue
• Des dispositions qui exigent des l’Annexe 3 de l’Accord OMC/OTC. Les
membres de l’OMC qu’ils préservent dispositions essentielles de ce code sont
les intérêts des pays en dévelop- reproduites pour consultation dans l’an-
pement lorsqu’ils adoptent leurs nexe au présent document. Garantir la
propres mesures commerciales conformité à ces codes devrait constituer
une partie majeure des activités d’un or-
• Des dispositions qui accordent aux ganisme national de normalisation.
pays en développement des pé-
riodes de transition plus longues Bien entendu, il n’existe pas de normes
pour honorer leurs engagements, et pour tous les produits ou services. Dans
la réalité, les échanges commerciaux se
• Des disposions prévoyant une as- font en bonne partie au niveau interen-
sistance technique pour honorer les treprises dans le cadre de contrats privés
engagements pris par les pays en qui restent extérieurs au domaine d’ap-
développement et veiller à ce que plication du système commercial multi-
ces pays bénéficient du résultat des latéral, ce qui représente un défi perma-
négociations. nent pour la normalisation.

Progresser rapidement 37
Partie 3. Gros plan sur les normes

3.1 Qu’est-ce qu’une norme ? vices. Certaines des normes les plus im-
portantes ont trait aux systèmes de ma-
Le Guide ISO 2 :2004 définit une norme nagement, notamment pour la qualité,
comme un «  document, établi par l’environnement, la sécurité des denrées
consensus et approuvé par un orga- alimentaires et la sécurité de l’informa-
nisme reconnu, qui fournit, pour des tion. Les normes sont là pour appuyer
usages communs et répétés, des règles, tous les aspects de l’évaluation de la
des lignes directrices ou des caractéris- conformité et faciliter la mise en œuvre
tiques, pour des activités ou leurs résul- de systèmes intégrés de management de
tats, garantissant un niveau d’ordre opti- la qualité à tous les stades du processus
mal dans un contexte donné ». de production – conception du produit,
puis éléments d’entrée du processus,
Une norme relative à un produit est
maîtrise du processus et produit final.
donc un document qui établit des dis-
positions ayant pour effet de réduire une Les normes portent aussi sur d’autres
inutile diversité sur le marché et permet- aspects :
tant ainsi des économies d’échelle, avec • La compatibilité ou l’interopérabili-
réduction subséquente du coût unitaire té avec d’autres produits, services et
en production. Dans un système com- systèmes
mercial efficace, cette réduction des
• Les meilleures pratiques – particu-
coûts se répercute le long de la chaîne
lièrement dans le cas des normes de
d’approvisionnement jusqu’à l’acheteur
processus ou de services
final. Une norme de produit prend en
compte l’état le plus récent de la tech- • Toute exigence ou contrainte ap-
nique et contient des dispositions qui, si plicable à l’entité en voie de
l’on y adhère, ont pour résultat un pro- normalisation
duit offrant ce que l’acheteur pouvait rai-
sonnablement en attendre – autrement
dit, une bonne aptitude à l’emploi prévu.
Les normes de produit sont donc inévi-
tablement liées à la qualité des produits
et à des processus de production stables
et bien définis.
Les normes peuvent également s’appli-
quer aux processus, par exemple les
processus de fabrication, ou – comme
on l’observe de plus en plus – aux ser-

Progresser rapidement 39
sont
L e s n o r m e sa r u n 3.3 Qui utilise les normes ?
produites p sensuel
on
p r o c e s s u s cs p r e n a n t e s Les normes publiées sont destinées
e
e n t r e p a r t i e c a d r e d ’u n à être utilisées par diverses parties
qui, dans l rviennent à prenantes, dans le secteur public
comité, pa n technique et le secteur privé, ainsi que par le

une solutio a pour effet


consommateur informé. À tous les

unique qui les coûts et


stades de la chaîne d’approvisionne-

de réduire la qualité.
ment, les acheteurs et vendeurs qui

d ’a m é l i o r e r
le souhaitent sont libres de fonder
leurs contrats d’achat sur les disposi-
tions techniques contenues dans des
normes. L’évaluation de la conformité
entre alors souvent en scène. Ainsi,
3.2 Comment les normes les organismes d’inspection, les labo-
sont-elles produites ? ratoires, les organismes de certifica-
tion, les organismes d’accréditation
Les détails de ce processus sont exami-
ont tous un intérêt aux normes. Les
nés plus loin dans la présente publica-
consommateurs qui souhaitent ache-
tion. Fondamentalement, les normes de-
ter un produit apte à l’emploi prévu
vraient être produites par un processus
ou un service sont libres d’exiger la
consensuel entre parties prenantes qui,
d’une manière ouverte et transparente conformité à des normes, qui leur ga-
dans le cadre d’un comité, parviennent rantit un certain niveau de qualité et
à une solution technique unique ayant de protection. Dans les domaines ré-
pour effet de réduire les coûts et d’amé- glementés (en général, les domaines
liorer la qualité. Dans le cas des normes où l’on ne peut se fier au système du
nationales, un ONN est alors tenu, dans marché pour fournir un produit de
le cadre de ses obligations de membre qualité et où la sûreté, la sécurité ou
de l’OMC, de soumettre un projet de la santé du consommateur est en jeu),
norme à une enquête publique avant les gouvernements et d’autres autori-
de publier la norme finale. Dans le cas tés de réglementation sont libres de
des projets de normes internationales, ce fonder le contenu technique de leurs
stade est atteint lorsque le document est règlements sur des normes. Il s’agit
distribué à tous les pays membres par- là d’un effet particulièrement utile de
ticipants, qui sont à leur tour tenus de la normalisation : la validation, exigée
consulter les parties prenantes et d’ap- par toute autorité de réglementation
prouver le projet avant qu’il ne puisse responsable, du fait que le contenu
être publié (il y a des règles régissant le technique des règlements a été établi
vote, pour fixer le moment où l’on juge par un consensus d’experts et soumis
que le consensus est atteint). à une enquête publique.

40 Progresser rapidement
3.4 Quels domaines les
normes couvrent-elles ?
Les normes peuvent couvrir de nom-
breux secteurs commerciaux. Les
normes techniques couvrent tout un
éventail d’industries traditionnelles
comme la construction, l’électrotech-
nique et l’ingénierie ou encore les tech-
nologies de l’information et les disposi-
tifs médicaux. Ces dernières années, des
normes « transversales » ont été élabo-
rées pour traiter, dans plusieurs secteurs
techniques, d’aspects comme la qualité,
l’environnement, la santé et la sécurité
informatique. Des normes de services
ont aussi été développées pour des do-
Les Accords de l’OMC recommandent maines comme les déménagements, les
clairement qu’avant de s’engager dans agences de voyage ou de location de
un projet de normalisation dans un voitures, etc. Un nouveau domaine de
domaine déjà couvert par une norme normalisation qui suscite un grand inté-
internationale existante, le comité de rêt est celui de la responsabilité socié-
normalisation et l’ONN concernés de- tale. Tout domaine où l’industrie et les
vraient envisager d’adopter la norme consommateurs bénéficieront d’une ré-
internationale plutôt que de « réinven- duction d’une inutile diversité, de la dé-
ter la roue ». finition de l’aptitude à l’emploi ou de la
mise en place de meilleures pratiques est
Il est important d’être conscient du un candidat possible à la normalisation.
fait qu’une norme est un document
mis à disposition par ses éditeurs pour
un usage de nature volontaire par des
parties intéressées et qu’il s’agit d’un
document protégé par le droit d’au-
teur, en particulier pour garantir son
intégrité. C’est uniquement lorsque
des parties à une transaction décident
de baser cette dernière sur la norme
ou lorsqu’une autorité de réglementa-
tion incorpore la norme dans un rè-
glement que l’utilisation de la norme
revêt un caractère obligatoire.

Progresser rapidement 41
Échantillonnage
Normes de terminologie Essais

Aspects Spécification relative Santé et sécurité et


environnementaux à un produit ou service questions liées aux
utilisateurs

Normes de processus et
Étiquetage et marquage
de management
Codes de pratique et
guides

Figure 2 – Une suite de normes.

3.5 Comment les normes 3.6 Normes « formelles »


sont-elles organisées ? (consensus complet) et
documents normatifs
Dans de nombreux cas, une seule norme « informels » (consensus
de produit suffit pour définir des critères moindre)
de performance qui, une fois satisfaits,
démontrent l’aptitude à l’emploi d’un Les normes ont été traditionnellement
produit fini. Dans d’autres cas, il peut élaborées par des acteurs du marché
pour établir une spécification commune
s’avérer nécessaire d’élaborer une suite
permettant de baisser les coûts et d’éli-
de normes qui couvrent le processus
miner le gaspillage dans un marché par-
de production lui-même, les méthodes
venu à maturité. Mais dans le monde
d’échantillonnage ou d’essais spécifiques
moderne, certains marchés ne sauraient
et les critères pour le produit, l’étique- exister sans établir au préalable un cer-
tage, le marquage, les aspects environ- tain degré d’ordre technique pour défi-
nementaux ou de santé et de sécurité, nir leurs paramètres de fonctionnement.
les indications sur l’utilisation du pro- Il est nécessaire de garantir la compa-
duit, etc. Chaque norme soutient alors tibilité et l’interopérabilité entre les di-
les autres, à l’image des briques d’un vers éléments de produits associés dans
mur, comme le montre la Figure 2. un marché, avant même que ce marché

42 Progresser rapidement
n’existe. Il existe ainsi une tendance, • Il est animé par le consensus
particulièrement marquée dans les sec- • Dans le cadre de l’édification du
teurs de haute technologie que sont les consensus, les points de vue tech-
technologies de l’information et de la niques des parties intéressées sont
communication (TIC) et l’électronique, pris en compte par le comité tech-
à créer des normes de facto au début nique responsable qui cherche à ré-
d’un cycle de marché. Le concept initial soudre toutes les objections de fond
du produit et les « normes » de concep-
tion pour les CD ou les DVD sont des • Le projet de norme est soumis à une
exemples types. Souvent, ces normes ne enquête publique avant d’être enté-
sont pas des normes « formelles », c’est-à- riné par l’ONN
dire produites par un organisme de nor- • L’organe qui facilite l’élabora-
malisation dûment constitué, car elles ne tion est juridiquement reconnu par
sont pas le fruit d’un processus d’édifi- les gouvernements concernés et
cation d’un consensus impliquant toutes créé spécifiquement à des fins de
les parties prenantes. L’évolution très ra- normalisation
pide du secteur économique en ques-
• La norme publiée peut être appli-
tion en est fréquemment la cause : si les
quée ou utilisée dans des conditions
concepteurs d’une technologie nouvelle
raisonnables et non discriminatoires
devaient attendre un consensus complet,
(RAND) lorsque les éléments qu’elle
ils perdraient leurs atouts concurrentiels
contient font l’objet de brevets
sur le marché, se retrouvant en particu-
(droits de propriété intellectuelle)
lier contraints d’abattre leur jeu devant
leurs concurrents. On peut dire, par conséquent, qu’une
norme « formelle » a une certaine « légiti-
Une norme formelle ou entièrement mité démocratique ».
consensuelle présente les caractéris-
tiques suivantes: Il s’ensuit qu’une norme « informelle »
ne présente qu’une partie, et non l’en-
• Elle est établie pour répondre à semble, de ces caractéristiques. Il faut
un besoin du marché par tous les savoir qu’à n’importe quel stade, une
groupes d’intérêt concernés norme moins consensuelle de ce type
• Le processus d’élaboration est ou- peut, si nécessaire, au travers d’une ap-
vert aux représentants de tous les proche consensuelle et d’un processus
groupes d’enquête publique, devenir une norme
« formelle », soit au niveau national, soit
• Ce processus est transparent et n’en-
au niveau international dans le cadre
trave pas l’innovation ou le dévelop-
de l’ISO ou de la CEI. Les normes infor-
pement technologique
melles relèvent de deux sous-catégories.
• Il est mené au moyen de règles et
de procédures publiées

Progresser rapidement 43
a) Normes informelles élaborées par des
organismes de normalisation – Il s’agit de
besoin de
Il existe un normatifs
référentiels que des organismes de nor-
malisation légalement constitués pro-
duisent par une voie relativement plus documents par voie
rapide afin d’apporter les solutions préparés s.
consensuelles nécessaires pour aider,
expres
par exemple, à établir un nouveau mar-
ché. Ces documents sautent certains
stades d’élaboration qui prennent beau-
coup de temps et, dans certains cas, ils
impliquent un ensemble limité de par- « Spécification publiquement disponible »,
ties prenantes. etc. Pour plus d’informations, les lecteurs
se reporteront à la dernière édition des
Ces « nouveaux produits » ont diverses Directives ISO/CEI, Partie 2.
appellations : « Rapport technique », « Spé-
cification technique », « Accord d’atelier », b) Normes informelles élaborées par des
associations professionnelles – De nom-
breuses associations professionnelles,
nationales, régionales et internationales
et d’autres agences publient des guides,
des codes et des spécifications à suivre
par leurs membres. Il s’agit de normes
au sens le plus large du terme, bien
qu’elles ne remplissent pas tous les cri-
tères (consensus et enquête publique)
requis d’une publication par un ONN.
Les documents publiés par l’Association
du transport aérien international (IATA),
l’Agence internationale de l’énergie ato-
mique (AIEA) et l’Union internationale
des chemins de fer (UIC) en sont des
exemples.
Ces organisations se distinguent des
ONN par le fait qu’elles n’ont pas néces-
sairement pour but principal d’élaborer
de tels guides, codes et spécifications et
que ces documents sont normalement
destinés à leurs membres, et n’ont pas
de statut ou d’applicabilité dans d’autres
contextes.

44 Progresser rapidement
c) Normes informelles/commerciales – Dans 3.7 Pourquoi avons-nous
des cas où le processus d’élaboration besoin d’organismes
des normes s’est avéré trop lent, les en- nationaux de
treprises se sont récemment regroupées normalisation ?
en consortiums et mises d’accord sur les
spécifications dont elles ont besoin pour Avec le développement mondial de l’in-
ouvrir un nouveau marché. Ce proces- dustrie, il est clairement apparu que les
sus, en général fermé et exclusif, a pour unités de production ne sont pas toutes
but de traiter plus directement des ques- efficaces dans la fabrication de tous les
tions commerciales et de développe- composants et matériaux dont l’indus-
ment du marché. trie a besoin. Dès les premiers stades, la
production de masse, fondée sur un de-
Autre solution possible, une organisation gré élevé d’intégration verticale par la-
puissante tire parti de l’importance et de quelle toutes les phases de production
la position dominante dont elle jouit sur sont exécutées dans une seule usine,
le marché pour imposer sa propre spéci- est inefficace et coûteuse. Les entre-
fication. Si le cas est aussi rare que sont prises, comme les individus, ne peuvent
rares les entreprises ayant un tel pouvoir être les meilleurs dans tout. En se spé-
sur le marché mondial, il existe bel et cialisant dans ce qu’elles font de mieux
bien, par exemple dans l’industrie des (c’est-à-dire en faisant jouer leurs atouts
logiciels. Ces documents sont souvent concurrentiels) et en achetant à d’autres
protégés par des droits de la propriété qui sont spécialisés dans des domaines
intellectuelle (DPI). différents, elles obtiendront un produit
Ainsi, les normes informelles ne sont composite, moins coûteux et de meil-
pas conçues pour correspondre à des leure qualité. Dans un premier temps,
cadres légaux (par exemple l’OMC), ne elles l’obtiendront en sous-traitant le
sont pas nécessairement transparentes travail, qui sera réalisé en fonction de
ou consensuelles, et peuvent être faire normes de l’entreprise.
l’objet de DPI. Mais une organisation qui reçoit des
Citons par exemple les normes com- commandes de différents clients en
merciales informelles développées par fonction de spécifications différentes
EurepGAP (rebaptisé récemment Glo- est contrainte de produire en petites
balGAP), une association de grands dis- séries, ce qui engendre des coûts uni-
tributeurs et fournisseurs mondiaux de taires relativement élevés. Il y aura donc
produits agricoles qui a créé une série un mouvement d’harmonisation des di-
de normes de certification sectorielles verses normes des entreprises en une
sur les bonnes pratiques agricoles pour « norme professionnelle », une « norme
les exploitations agricoles (norme d’as- sectorielle » ou une « norme nationale »
surance intégrée pour les exploitations commune. Dans de nombreux pays, ce
agricoles). mouvement a abouti, avec le temps, à

Progresser rapidement 45
la création d’une organisation consacrée 3.8 Précisions sur les
à l’élaboration de normes techniques et normes et les règlements
harmonisées : l’organisme national de techniques
normalisation.
Dans tous les pays, les gouvernements
De nombreux pays en développement
et les législateurs doivent protéger leurs
sont également producteurs de maté-
citoyens contre des défaillances du sys-
riaux primaires (minerais, matières pre-
mières, produits alimentaires de base, tème du marché. Si un système fondé
etc.), qui sont ensuite transformés dans sur « l’offre et la demande » fonctionne en
le pays d’origine ou, très souvent, dans général bien pour optimiser les prix et la
les pays plus développés pour produire qualité, les pressions occasionnelles à la
des produits finis à valeur ajoutée. Si les baisse des prix dans un but de concur-
normes finales (souvent internationales) rence aboutissent à des produits d’une
relatives aux produits finis intéressent la qualité dangereusement faible. Lorsque
communauté mondiale de la normali- les consommateurs n’ont pas les moyens
sation, on s’aperçoit fréquemment que de distinguer les produits d’une qualité
les technologies utilisées pour extraire acceptable de produits dangereux sus-
ou produire les matières premières ceptibles d’affecter leur santé et leur sé-
évoluent dans les pays en développe- curité (par exemple, dans les domaines
ment où ces matières sont extraites (par des produits alimentaires, des compo-
exemple le caoutchouc en Asie du sud- sants électriques ou des composants
est, les mines d’or en Afrique du sud). d’automobiles), les gouvernements
Les normes nationales et, dans certains
doivent intervenir pour réglementer le
cas, régionales pour les éléments d’en-
marché et définir des normes minimales,
trée du processus de production de ces
accompagnées de sanctions légales en
matériaux primaires doivent donc être
cas de non-conformité. Cela est réali-
développées à la source.
sé par la promulgation de règlements
techniques.

Il es t ju di ci eu x, Les règlements techniques comporteront


po ur le s au to ri té s de en règle générale deux parties :
ré gl em en ta tio n, de • Une partie administrative, qui établit
ts
fo nd er le ur s rè gl em en l’identité et les pouvoirs de l’auto-
te ch ni qu es su r de s
rité de réglementation et énonce les
no rm es , ca r le s no rm es prescriptions applicables à la na-
so nt fo nd ée s su r la ture des produits et à la soumission
ui t
pe rf or m an ce , so nt le fr ts des produits aux essais, le régime
d’u n co ns en su s d’e xp er
d’inspection et d’essais, les modali-
de to us le s gr ou pe s de tés de la surveillance du marché et
pa rt ie s pr en an te s et
re pr és en te nt l’é ta t de la
te ch ni qu e.
constituent des obstacles techniques
Il y a be au co u p au commerce lorsqu’ils entreront en vi-
à ga gn er d ’u n e gueur. En fait, les accords OMC/OTC et
h ar m on is at io n d SPS recommandent que les règlements
rè gl em en ts te ch n es techniques soient fondés, chaque fois
iq u
en tr e le s pa ys et es que possible, sur des normes internatio-
d
la cr éa ti on d e zo e nales, en particulier celles de l’ISO, de
n es la CEI, de la Commission du Codex Ali-
d e li br e- éc h an ge
au mentarius, etc.
n iv ea u ré gi on al
ou Il y a beaucoup à gagner d’une harmo-
so u s- ré gi on al .
nisation des règlements techniques entre
les pays et de la création de zones de
libre-échange au niveau régional ou
sous-régional. La manière la plus simple
et souvent la plus appropriée d’y parve-
les sanctions appropriées en cas de nir est que les pays conviennent de fon-
non-conformité ; et der leur normes nationales sur les textes
• Une partie technique, qui expose internationaux pertinents.
les prescriptions que les produits Un organisme national de normalisa-
doivent satisfaire en matière de per- tion dans un pays en développement a
formance pour être jugés conformes donc le devoir d’établir et de maintenir
C’est ici que les normes interviennent. des relations avec ses autorités de régle-
Les autorités de réglementation n’ont pas mentation nationales et avec les ONN
l’obligation de fonder leurs règlements de sa région ou sous-région, de façon à
techniques sur des normes, mais elles encourager et à coordonner les bonnes
sont une bonne solution. En effet, les pratiques réglementaires par l’harmo-
normes sont fondées sur la performance, nisation de règlements techniques ba-
elles sont le fruit d’un consensus d’ex- sés, chaque fois que possible, sur des
perts de tous les groupes de parties pre- normes internationales.
nantes, et représentent l’état de la tech-
nique. S’ils sont fondés sur des normes, Le Bureau de gestion technique de l’ISO
les règlements techniques seront ac- a préparé un guide intitulé Utilisation
ceptés par le public et les parties pre- des normes ISO et CEI et de la référence
nantes et ils seront aussi probablement à celles-ci dans la réglementation tech-
conformes aux exigences de l’OMC. Il nique, que l’on peut obtenir auprès du
y a, dès lors, moins de chances qu’ils Secrétariat central de l’ISO.

Progresser rapidement 47
Partie 4. Organismes internationaux, régionaux
et nationaux de normalisation

4.1 Généralités la Commission économique pour l’Eu-


rope des Nations Unies (CEE/ONU),
Il est recommandé à un ONN dans un produisent des normes qui sont, de fait,
pays en développement d’être membre internationales dans leur application. Il
des organismes de normalisation appro- existe un certain nombre d’autres or-
priés au niveau international, régional et, ganisations productrices de normes à
le cas échéant, sous-régional, et de par- usage mondial ou qui ont une impor-
ticiper activement à leurs activités. Ces tance économique en raison des mar-
participations sont d’une valeur inesti- chés pour lesquels elles sont produites
mable car elles aident l’ONN à accomplir au premier chef (ASTM International 9),
son mandat, qui est de répondre aux be- CEN 10), IEEE 11) etc.).
soins en normes (et en règlements tech-
Il existe aussi des organismes régionaux
niques) de son pays. Les ONN reçoivent
qui, de diverses manières, aident les or-
souvent de ces divers organismes, direc-
ganismes nationaux de normalisation à
tement ou par leur intermédiaire, une
réaliser leurs objectifs et à coopérer sur
formation et une assistance technique.
une base régionale. Ces organismes ré-
Les accords de l’OMC stipulent égale-
gionaux sont utiles car ils facilitent l’har-
ment qu’il est nécessaire que les ONN
monisation régionale des normes, qui
envisagent l’harmonisation avec des
seront de portée véritablement interna-
normes internationales existantes. Cela
tionale ou élaborées pour un usage au
implique que si les ONN souhaitent in-
sein de la région (par exemple, lorsque
fluencer ces normes lors de leur élabo-
l’intérêt ou le besoin n’est peut-être pas
ration ou de leur révision, elles doivent
suffisant dans d’autres régions du monde
adhérer aux organismes internationaux.
pour justifier l’élaboration d’une norme
Au niveau international, les principales internationale). Les organismes régio-
organisations internationales de norma- naux de normalisation peuvent aussi as-
lisation sont l’ISO, la CEI et l’UIT. Dans sister les ONN en organisant et en met-
le cadre de l’accord SPS de l’OMC, les tant en commun les ressources pour la
organisations spécifiques que sont l’OIE,
la CIPV et la Commission du Codex Ali-
mentarius (CAC) – établie par l’Organi- 9) Connue à l’origine sous l’appellation
American Society for Testing and Mate-
sation mondiale de la santé (OMS) et rials (ASTM).
l’Organisation des Nations Unies pour
10) Comité européen de normalisation.
l’alimentation et l’agriculture (FAO) –
sont importantes. Diverses autres sous- 11) Institute of Electrical and Electronics
Engineers.
structures des Nations Unies, comme

Progresser rapidement 49
traduction des normes internationales 4.2 Organisations
dans la langue commune de la région internationales de
(par exemple, l’espagnol dans une normalisation
grande partie de l’Amérique du Sud,
l’arabe en Afrique du Nord et au Moyen- Note : par souci de concision, seuls
Orient, etc.). les membres de la Coopération mon-
diale de la normalisation (WSC), à savoir
Une évolution récente, qui gagne en l’ISO, la CEI et l’UIT sont considérés.
importance et en reconnaissance, est
l’émergence d’organismes ou de comi- L’ISO, l’Organisation internationale de
tés de normalisation sous-régionaux qui normalisation – organisation non-gou-
s’occupent de façon plus ciblée des be- vernementale – est une fédération des
soins d’harmonisation des normes entre organismes nationaux de normalisa-
pays voisins. tion de 163 pays (avril 2012), un par
pays, de toutes les régions du monde,
englobant les pays développés, en dé-
veloppement et en transition. Chaque
membre de l’ISO est l’organisme le plus
largement représentatif dans son pays
pour les questions de normalisation.
Les membres proposent de nouvelles
normes, participent à leur élaboration et
fournissent un soutien, en collaboration
avec le Secrétariat central de l’ISO, aux
3 300 groupes techniques qui élaborent
concrètement les normes.
Les membres de l’ISO nomment des dé-
légations nationales auprès des comités
de normalisation. Plus de 50 000 experts
apportent chaque année leur concours
L es or ga ni sm es volontaire aux travaux de l’organisation.
ré gi on au x de Lorsque leurs travaux sont publiés sous
no rm al is at io n forme de Normes internationales ISO,
pe uv en t as si st er le s ces dernières peuvent être adoptées
ON N en co op ér an t à en tant que normes nationales par les
l’h ar m on is at io n et en s membres de l’ISO et être traduites.
m et ta nt en co m m un le L’ISO a actuellement un portefeuille de
re ss ou rc es . plus de 19 000 normes (avril 2012) qui
apportent des solutions concrètes pour
la quasi-totalité des secteurs du monde

50 Progresser rapidement
Les organ
s o u s - r é g i oi s m e s
de norma naux
s ’o c c u p e n l i s a t i o n
économique, industriel et technologique. plus ciblé t de façon
e
Elles forment une offre complète pour
d ’h a r m o n d e s b e s o i n s
i
n o r m e s e ns a t i o n d e s
les trois dimensions – économique, envi-
ronnementale et sociale – du développe- tre p
ment durable. Le programme de travail voisins. ays
de l’ISO couvre les normes pour les acti-
vités traditionnelles, comme l’agriculture
et la construction, mais aussi pour la mé-
canique, la fabrication et la distribution, des comités techniques ou des comités
le transport, les dispositifs médicaux, les de politique de l’ISO.
derniers développements dans les tech-
La CEI, la Commission électrotech-
nologies de l’information et de la com-
nique internationale, ne fonctionne pas
munication, et les services et l’évaluation
de la même façon que l’ISO. En effet,
de la conformité.
ses membres sont des comités natio-
Un organisme est membre de l’ISO naux (CN), qui incluent parfois des or-
moyennant le paiement d’une cotisa- ganismes nationaux de normalisation.
tion, dont le montant est établi en fonc- La CEI a publié près de 6 300 normes
tion de la catégorie de membre, du de- internationales et publications de types
gré d’activité du pays concerné au sein similaires.
du système ISO et de son niveau de
Il existe deux formes de participation
développement économique. Il existe
active aux travaux de la CEI, chacune
trois catégories de membres de l’ISO.
implique le paiement d’une cotisation
Les membres à part entière (comités
annuelle. En avril 2012, la CEI comp-
membres) sont en droit de participer à
tait 60 membres à part entière et 22
toutes les activités de l’organisation et
membres associés. Les membres à part
ont le droit de vote. Les membres cor-
entière peuvent participer à tous les tra-
respondants sont en droit d’assister aux
vaux, accéder à toutes les normes CEI et
réunions en qualité d’observateurs, mais
jouissent du droit de vote. Les membres
sans droit de vote ; ces membres ne sont
associés peuvent eux aussi accéder à
pas non plus éligibles à une participa-
l’ensemble du catalogue des normes de
tion active aux travaux des comités tech-
la CEI ; leur droit de vote est limité à
niques. Toutefois, comme les membres
quatre comités techniques de leur choix ;
à part entière, ils peuvent utiliser les
ils peuvent assister aux réunions de tous
normes ISO comme base des normes
les comités techniques en qualité d’ob-
nationales. Enfin, les membres abon-
servateurs et ont le droit d’y exprimer
nés sont en droit de recevoir un certain
leurs observations.
nombre de publications ISO et de par-
ticiper à l’Assemblée générale de l’ISO Avec le Programme des pays affiliés à
mais ne peuvent assister aux réunions la CEI, qui couvre 81 pays (avril 2012),

Progresser rapidement 51
la Famille de la CEI regroupe 163 pays à divers stades durant l’élaboration des
dans le monde. Ce programme gratuit, normes et des observations sur les pro-
qui s’adresse aux pays en développe- jets de documents sont demandées aux
ment, a pour objectif d’encourager les membres dans le cadre du processus
pays qui ne sont pas membres de la CEI d’édification du consensus. Les membres
à utiliser et à adopter les normes interna- nationaux, qu’il s’agisse des ONN dans
tionales en tant que normes nationales, le cas de l’ISO ou des comités natio-
et à participer aux travaux de 10 comi- naux (CN) dans le cas de la CEI, éta-
tés d’études de leur choix en prenant blissent des « comités miroirs » nationaux
connaissance des documents de travail qui donnent des orientations locales aux
et en communiquant leurs observations. travaux techniques. De plus amples pré-
Le programme prévoit également une cisions sur les processus d’élaboration
aide à l’établissement d’un comité élec- des normes internationales sont données
trotechnique national (CEN) pour don- dans les dernières éditions des Directives
ner aux pays affiliés l’infrastructure adé- ISO/CEI, publiées conjointement par les
quate pour pouvoir participer activement deux organisations.
au programme de la CEI. Au mois d’avril
L’UIT, l’Union internationale des télé-
2012, 33 pays affiliés avaient établi des
communications, compte des membres
CEN. Depuis 2009, le statut d’Affilié Plus
de plus de 190 États nationaux et plus de
est proposé aux pays qui ont établi un
700 membres sectoriels et associés. Cette
CEN et adopté au moins 50 Normes in-
organisation internationale est unique
ternationales CEI comme normes natio-
en son genre car elle a été fondée sur
nales en vertu du Programme des pays
le principe d’une coopération entre les
affiliés. Le statut d’Affilié Plus, qui offre
gouvernements et le secteur privé. Les
des avantages supplémentaires (en au-
travaux sont réalisés dans des groupes
torisant notamment l’adoption gratuite
d’études chargés d’élaborer les « recom-
de 400 Normes internationales de la
mandations de l’UIT » qui font autorité et
CEI au lieu de 200), a été obtenu par
ont le statut de normes internationales.
15 pays. En 2012, les pays en dévelop-
L’Union comporte trois secteurs – radio-
pement participant à ce programme de
communications (UIT-R), normalisation
la CEI ont eu la possibilité de participer
des télécommunications (UIT-T) et dé-
en qualité d’observateurs aux activités
veloppement des télécommunications
de l’IECEE en vertu de leur statut d’af-
(UIT-D), chacun préparant des recom-
filiés (voir section sur l’évaluation de la
mandations UIT pour son secteur. À ce
conformité).
jour, plus de 4 500 recommandations de
Ces deux organisations internationales l’UIT ont été publiées.
de normalisation élaborent des normes
par consensus, dans leurs comités tech-
niques (ISO) et comités d’étude (CEI). Le
vote des membres nationaux intervient

52 Progresser rapidement
smes
Les organi aux
s o u s - r é g i o na t i o n
s
de normali e façon té au sein de la région. Il existe sept or-
t d
s ’o c c u p e n e s b e s o i n s ganisations régionales de ce type dans
d
plus ciblée isation des le monde avec lesquels l’ISO a établi

d ’h a r m o n des liens officiels : le Comité consulta-


re pays
normes ent s. tif asiatique sur les normes et la qua-
voisin lité (ACCSQ) dans la région de l’Asso-
ciation des nations de l’Asie du Sud-est
(ANASE), l’Organisation arabe du déve-
loppement industriel et des mines (AID-
4.3 Organisations régionales MO) dans la région arabe, l’Organisa-
de normalisation tion africaine de normalisation (ORAN)
en Afrique, le Comité européen de nor-
Au cours des 50 dernières années, des
malisation (CEN) en Europe, la Com-
zones de libre-échange (ZLE) régio-
nales se sont développées dans de nom- mission panaméricaine de normalisa-
breuses parties du monde. Des pays tion (COPANT) dans les Amériques, le
voisins ayant des intérêts économiques Conseil euro-asiatique de normalisation,
communs, une compatibilité linguis- métrologie et certification (EASC) dans
tique, des liens culturels et de bonnes la région euro-asiatique, et le Pacific
liaisons de transport ont créé de telles Area Standards Congress (PASC) dans la
ZLE pour développer les synergies et zone Pacifique. Une organisation régio-
améliorer la performance économique. nale de normalisation de l’Asie du Sud-
Toutefois, pour réussir, les ZLE ont non est (SARSO) est actuellement à l’étude.
seulement besoin d’éliminer les obs-
tacles que constituent les tarifs doua- Ces organisations sont peu nombreuses
niers et les quotas, mais aussi d’abor- à élaborer concrètement de nouvelles
der la question des obstacles techniques normes, car elles préfèrent soient adop-
(non douaniers) au commerce (OTC). ter des normes internationales existantes,
soit harmoniser le texte d’une norme na-
Les normes et les aspects d’évaluation de
tionale déjà établie et qui convient à la
la conformité peuvent constituer certains
région. Toutefois, les trois principaux
de ces principaux OTC s’ils concernent
organismes régionaux de normalisation
spécifiquement des pays précis et sont
en Europe, le CEN (Comité européen
dans les faits obligatoires, car ils repré-
sentent un obstacle que les exportateurs de normalisation), le CENELEC (Comité
doivent éliminer pour pouvoir com- européen de normalisation électrotech-
mercer. Ainsi, la création d’une zone de nique) et l’ETSI (Institut européen des
libre-échange entraîne souvent la créa- normes de télécommunications) ont pro-
tion d’un organisme ou comité régional gressivement créé un corpus important
ou sous-régional pour harmoniser les de normes, près de 20 000, pour l’Union
normes et l’évaluation de la conformi- européenne.

Progresser rapidement 53
Ce faisant, le CEN et le CENELEC ont 4.4 Organisations
créé des accords avec l’ISO et la CEI res- sous-régionales de
pectivement pour éviter les doublons normalisation
et la concurrence. Ces accords sont
connus sous les appellations Accord de Le sujet de la normalisation régionale
Vienne (CEN/ISO) et Accord de Dresde a été traité dans des ateliers spéciali-
(CENELEC/CEI). sés organisés par l’ISO/DEVCO en 2004
et en 2007 ainsi que par l’ONUDI et
Les structures régionales ne se limitent nous pouvons renvoyer aux articles de
pas aux normes et à l’évaluation de la l’ONUDI publiés dans la revue ISO Fo-
conformité. Dans de nombreux cas, soit cus (septembre 2004 et juin 2007) sur
directement, soit par l’intermédiaire de les thèmes « Favoriser l’infrastructure ré-
sous-structures, elles traitent également gionale de la qualité » et « Le respect des
de métrologie et d’accréditation. En gé- Normes internationales – Coûts et avan-
néral, l’organisme national de normali- tages d’une approche régionale ». On re-
sation est membre de la structure régio-
lèvera que, en Afrique par exemple, il
nale de normalisation, l’institut national
existe de nombreuses structures sous-
de métrologie et l’organisme d’accrédi-
régionales [par exemple l’Union écono-
tation (s’il en existe) étant membre de la
mique et monétaire ouest africaine (UE-
sous-structure régionale pertinente.
MOA), la Communauté de l’Afrique de
Lorsqu’il n’existe pas d’organisme natio- l’est (EAC), la Communauté économique
nal (par exemple, dans de nombreux des États de l’Afrique de l’ouest (CE-
cas, pour l’accréditation dans les pays DEAO), la Communauté économique
en développement), la structure régio- des États de l’Afrique centrale (CEEAC),
nale est très précieuse car elle offre une la Communauté de développement de
plate-forme pour traiter des besoins des l’Afrique australe (SADC), le Marché
pays de la région dans ce domaine. commun d’Afrique orientale et australe
(COMESA), etc.]. Toutes ces structures
Ces relations parfois complexes sont ex-
reconnaissent la nécessité de traiter de
plicitées dans le Tableau 1 de la page 30.
leur culture qualité et de développer une
. infrastructure saine et rentable – de pré-
férence, pour des raisons pratiques, au
niveau sous-régional. Dans cette pers-
pective, l’ONUDI a recentré ses efforts
en les faisant passer de nombreux pays
individuels à des groupes de pays ou à
des groupes régionaux établis.
Les exemples d’autres régions sont l’Or-
ganisation de normalisation du Conseil
de coopération du Golfe (GSO), l’Orga-

54 Progresser rapidement
nisation régionale de la CARICOM pour mun, sources d’avantages concrets car,
les normes et la qualité (CROSQ) et l’As- dans de nombreux pays en dévelop-
sociation de normalisation du Mercosur pement, les organismes nationaux de
(AMN). normalisation sont à financement pu-
blic et versent des salaires relativement
En 2012, l’ISO a établi des relations de
bas qui les obligent à se battre en per-
travail avec la CROSQ, la CEDEAO, la
manence pour conserver le personnel
GSO et la SADC pour une meilleure col-
qualifié. Dans ce contexte, la formation
laboration dans le domaine du renforce-
d’un personnel nouveau impose à ces
ment des capacités et la formation.
organismes de normalisation des coûts
Les groupes sous-régionaux permettent supplémentaires qu’ils peuvent difficile-
à des pays voisins, qui ont souvent une ment assumer. La coopération sous-ré-
langue commune, des climats compa- gionale devient ainsi plus nécessaire et
rables et des produits comparables, de plus séduisante, pour autant qu’il existe
partager les expériences et d’accéder à la volonté, chez les dirigeants, de déve-
une infrastructure, ce qui leur permet de lopper les mécanismes appropriés de
bénéficier de ressources mises en com- coopération.

Progresser rapidement 55
Partie 5. Activités et structure d’un ONN

5.1 La fonction détermine de l’Union européenne et de son cadre


la forme législatif. Les normes élaborées dans le
cadre du CEN et du CENELEC doivent,
La forme que prend un ONN, que ce selon la loi, être transposées en tant que
soit en termes de statuts, de gouver- normes nationales dans les divers pays,
nance, de financement, d’organisation ce qui a un effet considérable sur les ac-
fonctionnelle ou de choix du modus tivités des ONN européens.
operandi, dépendra, dans une large
Il se peut que ces approches ne
mesure, des fonctions pour lesquelles
conviennent pas aux pays en dévelop-
il est mandaté. Ces dernières dépen-
pement, où l’industrie n’est pas suffisam-
dront à leur tour de la politique gouver-
ment forte pour qu’un système décentra-
nementale et des réalités macro-écono-
lisé soit viable, et où les différences entre
miques dans le pays et dans la région.
les systèmes juridiques nationaux et l’ab-
Cela est particulièrement important dans
sence d’un agenda politique coordonné
un pays en développement, auquel les
rendent difficile la création de cadres lé-
structures complexes des organismes de
gislatifs régionaux du type européen, du
normalisation du monde développé ne
moins à court ou moyen terme. Il est
conviennent souvent pas. Aux États-Unis ainsi nécessaire et approprié, pour cha-
par exemple, de forts groupements in- cun de ces pays, de mettre en place une
dustriels ont contribué à la création de infrastructure de la qualité qui corres-
plus de 400 organisations élaboratrices pond à son stade spécifique de dévelop-
de normes pour l’industrie du pays. pement à un moment donné, prend en
Dans un système aussi décentralisé, compte les réalités régionales et sous-ré-
l’organisme national de normalisation, gionales et reste ouvert à un perfection-
ANSI, joue un rôle de coordination et nement continu. Cela implique qu’on
d’accréditation sur le plan national et, en ne saurait promouvoir universellement
tant que fédération faîtière pour la nor- un modèle unique applicable à tous les
malisation, représente les États-Unis dans pays en développement. Aux pays qui
les enceintes internationales. En Europe, envisagent de créer un ONN pour la
les approches sont diverses : délégation première fois ou de reconfigurer une or-
de tout ou partie des activités nationales ganisation préexistante, il est recomman-
de normalisation à un certain nombre dé de prendre des conseils d’ordre pro-
d’associations sectorielles spécialisées ; fessionnel, sur la base des considérations
système centralisé, différents secteurs exposées dans le présent document. En
étant gérés dans le cadre d’une organisa- particulier, le pays doit décider s’il est
tion ; etc. Dans tous les cas, toutefois, les justifié de procéder immédiatement à
ONN européens opèrent dans l’horizon l’élaboration de normes et de proposer

Progresser rapidement 57
5.2 Parties prenantes
de
ste pas
I l n ’e x i e u n i q u e Les parties prenantes sont les parties qui
modèl able à bénéficieront de normes d’application
applic ays en volontaire, fondées sur le consensus et
p
tous les pement. pour lesquelles l’existence et le contenu
dévelop des normes joue un rôle important. Les
principales parties prenantes sont  :
• L’industrie (y compris les services)
• Les gouvernements au niveau natio-
des services d’évaluation de la confor- nal, provincial/d’État et local
mité, ou s’il n’est pas préférable de se
concentrer sur les éléments fondamen- • Les consommateurs et les groupes
taux, qui sont de fournir des normes par de consommateurs
le biais de l’adoption et de l’harmonisa- • Les institutions professionnelles
tion, et de fournir des informations sur
• Le secteur de l’évaluation de la
les normes aux parties prenantes.
qualité/conformité
• Le secteur syndical
• Les établissements d’enseignement
et de recherche
À mesure qu’une économie se déve-
loppe, l’importance relative de ces par-
ties prenantes change. Par exemple,
dans un pays en développement, le
rôle, et donc le degré de contrôle, du
gouvernement national est souvent très
fort, alors que le niveau d’implication
des consommateurs et de leur organi-
sation est souvent très faible. Avec des
consommateurs mieux organisés et une
culture qualité émergeant dans la socié-
té, le gouvernement central peut com-
mencer à relâcher son contrôle – mais
certains domaines nécessiteront toujours
une réglementation technique pour
la protection du consommateur ou de
l’environnement.

58 Progresser rapidement
5.3 .L’harmonisation
progressive des normes
Les exigences de l’OMC, l’émergence
d’un système commercial multilatéral,
les effets de la globalisation, et l’impor-
tance croissante de la coopération régio-
nale ont suscité un changement dans le
rôle d’un ONN, qui est passé de l’élabo-
ration de normes purement nationales à
un rôle de partenaire dans l’harmonisa-
tion des normes au niveau régional et
international. Un ONN dans un pays en
développement doit créer des normes
nationales pour des produits spécifiques
afin d’améliorer la qualité des exporta-
tions de certains secteurs, mais l’accent
devrait être mis de plus en plus sur l’ali-
gnement avec les normes internatio-
nales, au profit de l’économie nationale
dans son ensemble. Le mécanisme cor-
respondant ne doit pas être coûteux : s’il
est souhaitable pour un pays quel qu’il
soit de disposer des ressources néces-
saires pour influencer le contenu des
normes internationales de façon à les
rendre plus acceptable à ses parties pre-
nantes, les avantages de l’harmonisation
peuvent être perçus rapidement et avec
un investissement minimal en termes
de temps et de ressources. À travers la
création de comités miroirs, l’ONN mo-
bilise rapidement et efficacement les cace et l’ONN doit pouvoir fournir une
parties prenantes pour atteindre les buts formation sur les normes et leur élabo-
de l’harmonisation sans devoir s’enga- ration. À un stade ultérieur, lorsque les
ger dans de longs programmes de for- ressources le permettent, les activités
mation, de création et de publication de peuvent s’étendre à la participation in-
normes nationales, etc. Plus important ternationale, à la rédaction de normes
encore aux premières étapes de la vie internationales, à la fourniture de ser-
d’un ONN, l’harmonisation doit être effi- vices d’évaluation de la conformité, etc.

Progresser rapidement 59
5.4 Le nouveau rôle de l’ONN • Assister les autorités de réglemen-
tation dans la préparation de règle-
Le besoin de normes nationales ne dis- ments techniques, et
paraîtra jamais entièrement, mais les réa-
• Se conformer aux exigences de
lités du système commercial multilatéral l’OMC (souvent en accueillant le
montrent clairement que le rôle fonda- point d’information national OTC)
mental des ONN dans les pays en déve-
loppement a changé et conjugue désor- En outre, lorsque les ressources néces-
mais les fonctions suivantes  : saires existent et lorsqu’une évaluation
des besoins a montré que des activités
• Suivre les développements interna-
d’évaluation de la conformité (essais et
tionaux et régionaux en matière de
étalonnages, certification de produits et
normalisation pour le compte des de systèmes, inspection) étaient souhai-
parties prenantes et y contribuer tables, il est possible d’élargir le rôle de
• Fournir des informations sur les l’ONN à ces services, qui peuvent consti-
normes et les questions d’évaluation tuer une précieuse source de revenus.
de la conformité associées Dans certains pays, le rôle de l’institut
national de métrologie est également
• Faire mieux connaître et promou- centralisé et délégué à l’ONN. En ce cas,
voir l’importance des normes et de à l’instar des normes, la mesure et l’éta-
l’infrastructure de la qualité à titre lonnage sont à traiter en tant que priori-
d’outils pour améliorer l’accès au té nationale. Lorsque les fonctions d’éva-
marché, transférer les technologies luation de la conformité existent, il est
et encourager les bonnes pratiques important qu’elles soient distinctes d’une
manière ou d’une autre des responsabili-
commerciales et le développement
tés de l’ONN, qui sont de représenter les
durable
besoins de toutes les parties prenantes
• Organiser des activités de formation dans la normalisation.
appropriées en normalisation pour
Toutefois, l’accréditation ne devrait pas
le personnel et les parties prenantes être exercée par un ONN qui a des acti-
• Initier et coordonner le proces- vités d’évaluation de la conformité, car
sus de l’harmonisation régionale et il y aurait conflit d’intérêts. Il convient
internationale alors de rechercher des solutions régio-
nales quand il n’existe aucun autre or-
• Représenter les intérêts nationaux ganisme national ayant les compétences
dans les environnements de la nor- nécessaires.
malisation régionale et internationale
De même, un conflit d’intérêts peut se
• Élaborer des normes nationales en présenter lorsqu’un ONN propose des
tant que de besoin services de conseil – par exemple, pour

60 Progresser rapidement
la rédaction de manuels qualité – accom- 5.5 Gouvernance
pagnant des services de certification. Il et financement
est nécessaire à cet égard de faire preuve
de prudence. Dans de nombreux pays en dévelop-
pement, la création des ONN et leur
consolidation sont du ressort des gou-
vernements car le secteur privé n’a pas
suffisamment de poids ou n’est pas assez
bien organisé pour en prendre lui-même
l’initiative. Dans ce cas de figure, l’ONN
est dans un premier temps géré en tant
que département ministériel, mais, à
terme, il devra évoluer en changeant de
statut pour devenir une organisation pa-
raétatique ou un organisme sans but lu-
cratif. Quel que soit son statut juridique,
l’ONN devra faire en sorte que les par-
ties prenantes s’impliquent davantage et
participent activement. La formule opti-
male est un organisme semi-public, géré
conjointement par l’État et le secteur pri-
vé. Selon les bons principes de gouver-
nance d’entreprise, l’organisme devrait
être financé et géré conjointement par
l’État et par le secteur privé, en séparant
les activités « d’intérêt public » comme la
normalisation et la métrologie, à finan-
cer par l’État, et les activités d’ordre com-
mercial comme les essais et la certifica-
tion qui, en dehors de la rémunération
des services assurés pour des instances
gouvernementales, ne devraient pas être
financées par l’État. Les activités d’ordre
commercial devraient suivre à cet égard
les règles du marché et les principes de
la libre concurrence.
Il est aussi envisageable d’opter pour
une structure de gouvernance bipolaire,
avec un pôle normalisation, dans lequel
serait impliqué le secteur privé, et un

Progresser rapidement 61
pôle règlementation technique, qui serait Dans l’intérêt de la bonne gouvernance,
une structure gouvernementale. Le fi- le conseil pourra mettre en place un cer-
nancement de ce type de dispositif peut tain nombre de comités :
néanmoins poser des problèmes, car
• Comité consultatif pour la politique
l’industrie a tendance à considérer que,
en matière de normalisation
par le biais des contributions du secteur
privé ou d’autres mécanismes de finan- • Comité des finances
cement, elle peut avoir une influence au • Comité consultatif pour la certifica-
sein des comités de normalisation. tion ou pour la délivrance d’autori-
sations (s’il y a lieu)
Quel que soit le modèle choisi, il est re-
commandé d’établir un instrument lé- • Comité pour superviser la métrolo-
gislatif (loi du parlement) définissant le gie, les essais, les activités d’étalon-
rôle et les responsabilités de l’ONN, et nage, lorsque celles-ci relèvent de
le directeur de l’ONN (désigné principal l’ONN
fonctionnaire exécutif ou directeur géné-
ral) rendra compte à un bureau de ges- Le modèle théorique qui vient d’être
tion ou à un conseil mis en place par énoncé s’applique à un ONN appelé
le gouvernement et constitué de repré- à exercer l’ensemble des fonctions dé-
sentants de haut niveau des principaux crites. Dans les pays les moins avancés,
groupes de parties prenantes, y com- il pourra se limiter au départ à un simple
pris de représentants du gouvernement. « bureau de normalisation » relevant hié-
Ce bureau ou conseil sera indépendant rarchiquement du ministère du com-
et se focalisera sur les questions qui, merce ou de l’industrie.
tout en servant au mieux les intérêts de Le financement de l’ONN peut être assu-
l’ONN, soutiendront aussi la politique du ré par deux sources principales :
gouvernement pour les affaires liées au
commerce. Dans l’idéal, le président de • Un financement régulier « central »
l’ONN, personnalité d’envergure, ayant de l’État appuyant les activités dites
une grande expérience de l’industrie et « d’intérêt public  »
une vision stratégique, n’aura pas un • Un financement de type commer-
rôle exécutif. Le principal fonctionnaire cial, lié aux revenus des activités
exécutif (CEO) ou directeur général de d’essai et de certification de produits
l’ONN sera membre du conseil d’admi- ou de systèmes, de la formation, de
nistration. Personnalité jouissant d’une la vente des normes et des publica-
certaine notoriété et dotée de qualités tions, etc
et de talents diplomatiques, le CEO de-
vra bien connaître la normalisation et le Lorsque la structure juridique l’autorise,
commerce, et avoir une bonne expé- notamment dans le cas d’un organisme
rience du secteur public ou privé. à but non lucratif, un système de cotisa-

62 Progresser rapidement
tions des membres peut être établi, de ment le plus adapté est une combinai-
manière à pérenniser le soutien des par- son de différentes sources de revenus :
ties prenantes. Le financement devra être
• Financement central de l’État avec
budgétisé rigoureusement et une liaison
une sécurité à long terme, établie à
régulière devra être établie entre le mi-
l’aide de plans à moyen et à long
nistère concerné, le conseil et le princi-
terme
pal fonctionnaire exécutif ou le directeur
général (CEO/DG). Note : Dans certains des pays les moins
avancés, où le secteur privé n’est pas
Des revenus annexes résultant des encore prêt à acquérir des documents
ventes de normes et des services d’in- ou des services, le financement di-
formation peuvent relever des activités rect central de l’État sera vraisembla-
blement la seule source de revenus
« d’intérêt public » ou des activités com- envisageable.
merciales. Pour un ONN en phase de
démarrage, il est recommandé de gérer • Revenus de la vente de documents
ces revenus, qui ne sont probablement (normes) et de publications
pas très élevés, dans le cadre de la fonc-
• Revenus de la certification de pro-
tion de normalisation. Les revenus pro-
duits et de systèmes
venant des contributions ou des subven-
tions de l’industrie sont bienvenus, mais • Revenus de services de formation
ne peuvent être garantis. L’organisation • Revenus de services d’experts-
de cours de formation ou d’autres types conseils et autres services
de services est aussi une source poten-
tielle de revenus. Note : Lorsque des programmes de
certification ou d’autres systèmes spé-
Sur le plan pratique, dans les pays en ciaux de certification sont offerts, l’ONN
développement, le mode de finance- devra prendre garde aux services de
consultants proposés, qui peuvent être
inappropriés.

• Cotisations des membres


Il convient de signaler que les ONN
dans les pays en développement sont
souvent pénalisées par leur statut juri-
dique. En effet, ils n’ont pas le droit de
conserver les revenus de leurs activités
et doivent les reverser au trésor public.
Il convient donc d’amender les lois rela-
tives aux activités de normalisation de
façon à garantir l’autonomie et la stabi-
lité financière et administrative des ONN.

Progresser rapidement 63
5.7 Structure et organisation
En ce qui concerne la structure et l’orga-
nisation d’un ONN dans un pays en dé-
veloppement, voici un certain nombre
de suggestions :
• L’ONN devra être formellement re-
connu par un acte législatif ou une
décision gouvernementale comme
l’organisme le plus largement repré-
sentatif pour les questions de nor-
malisation, en particulier pour repré-
senter le pays aux niveaux régional
et international
• L’ONN devra promouvoir la qualité,
servir de point national d’informa-
tion pour toutes formes de normes
5.6 Système de management et appuyer la mise en œuvre des
pour les ONN règlements techniques – y com-
pris, si possible, dans le domaine
La raison d’être d’un ONN est de ré- de l’alimentation et de l’agriculture,
pondre aux besoins en matière de nor- de l’électrotechnique, de la métro-
malisation du pays. Il assume la respon- logie et des services – sans être lui-
sabilité de superviser et de promouvoir même assimilé à un organisme de
la qualité et, si l’ONN est membre de réglementation
l’ISO, celle de représenter « l’ISO dans
le pays ». Comme tout organisme com- Note : Dans de nombreux pays, la ré-
pétent, un ONN s’attachera à mettre en glementation en matière agro-alimen-
taire et pharmaceutique est distincte de
place un système de gestion conforme l’ONN. Elle relève d’ordinaire du minis-
aux normes de système de management tère de l’agriculture ou du ministère de
pertinentes, ISO 9001 en particulier, la santé.
pour gérer le processus d’élaboration
des normes. Il conviendra peut-être que
l’ONN démontre sa conformité en fai- • L’ONN devra fournir différents types
sant certifier le système en question. En d’informations sur les normes, éven-
même temps qu’elle permet une amé- tuellement en associant cette activité
lioration des performances, la certifica- à celle de point d’information natio-
tion apporte clairement la preuve que nal pour l’OMC/OTC
l’ONN met en pratique les principes qu’il • L’ONN devra être le principal orga-
préconise. nisme national de liaison auprès de

64 Progresser rapidement
l’ISO. Si, de par son mandat au ni- différentes activités, mais devra les
veau national, l’ONN est chargé des reverser au Trésor public. Dans ce
activités de normalisation dans le cas, l’organe de direction est essen-
domaine électrotechnique, il pour- tiellement un conseil consultatif do-
ra assurer le Secrétariat du comi- té de pouvoirs limités, nommé par
té national (CN) de la CEI, qui est le ministre compétent. Toutefois, il
membre de la CEI. Dans de nom- peut être intéressant, pour des orga-
breux pays en développement, nismes publics, d’accéder à un ni-
l’ONN fait d’abord le choix de re- veau d’autonomie supérieur, en ob-
joindre le Programme, gratuit, des tenant un statut paraétatique. L’ONN
pays affiliés à la CEI, avant de créer sera toujours un organisme public,
un CN en vue de devenir membre mais il disposera de son propre
• Si l’ONN est chargé de la métrolo- conseil d’administration et fonction-
gie, le domaine d’application de ses nera sur le modèle d’une entreprise
services devra être défini clairement. privée. Les organismes paraétatiques
Dans certains pays, l’ONN assure sont normalement partiellement fi-
toutes les activités liées à la métro- nancés par l’État et ils sont habili-
logie scientifique et industrielle, et tés à percevoir des revenus. L’ONN
les aspects concernant la métrologie peut aussi avoir le statut d’orga-
légale relèvent d’un autre organisme nisme sans but lucratif et être géré
de façon à marquer clairement la comme un organisme privé, ayant
distinction entre le rôle réglemen- son propre bureau de gestion indé-
taire de l’organisme de métrologie pendant, et bénéficiant de subven-
légale et le rôle de soutien à l’indus- tions du gouvernement pour les
trie assuré par l’ONN. Les différentes activités « d’intérêt public ». L’engage-
fonctions de la métrologie peuvent ment des parties prenantes est un
être régies par un cadre juridique élément fondamental pour le fonc-
approprié tionnement de ce type d’organismes

• La forme juridique de l’ONN sera • Ce bureau de gestion aura son


celle d’un organisme public ou d’un propre président, idéalement issu de
organisme à but non lucratif. Dans l’industrie, et comptera des repré-
le cas des organismes publics sous sentants des principaux groupes de
contrôle de l’État, le niveau d’auto- parties prenantes. Le CEO, qui exer-
nomie et d’indépendance dans le cera ses fonctions à plein temps, siè-
fonctionnement usuel est variable. gera au bureau de gestion
S’il s’agit d’un ministère, l’ONN n’au- • L’ONN aura établi un processus
ra probablement pas d’autonomie pour identifier les besoins en ma-
au niveau budgétaire. Il ne pour- tière de normalisation de chacun
ra pas conserver les revenus de ces des principaux secteurs industriels

Progresser rapidement 65
et sociaux importants pour le pays • L’ONN devra participer activement
et créé le comité compétent pour aux activités sous-régionales, régio-
évaluer ces besoins, afin de les ins- nales et internationales dans ses sec-
crire dans le programme de travail teurs d’intérêt, de façon à partager
et dans les priorités les expériences et s’assurer que ses
• L’ONN aura mis en place une poli- activités de normalisation cadrent
tique de normalisation encourageant bien avec d’autres activités menées
l’adoption, chaque fois que pos- ailleurs
sible, de toutes les Normes interna- • Les fonctions de l’ONN incluront au
tionales et autres référentiels perti- minimum les fonctions suivantes
nents, en remplacement des normes –– Élaboration des normes
strictement nationales, conformé-
ment au Guide ISO/CEI 21-1 :2005 12) –– Information, ventes et promotion
et, le cas échéant, au Guide ISO/CEI –– Liaisons internationales, régio-
21-2 :2005 13) nales et sous-régionales
• L’ONN devra adhérer au Code de –– Formation (qui peut relever du
pratique pour l’élaboration, l’adop- secteur de l’information)
tion et l’application des normes,
publié par l’OMC en tant qu’An- En partant du principe qu’il existe un
nexe 3 à l’Accord OMC/OTC (dont besoin et que les ressources nécessaires
des parties sont reproduites en an- sont disponibles, les fonctions suivantes
nexe à la présente publication) et, peuvent également être envisagées :
pour les membres de l’ISO, au Code –– Évaluation de la conformité
d’éthique de l’ISO (qui peut être
téléchargé à partir du site Web de
l’ISO à l’adresse (www.iso.org/ Note : Ce domaine peut être subdivi-
sé en essais, étalonnage, inspection,
iso/fr/codeethics_2004.pdf) certification de produits et certification
de systèmes. Si l’ONN n’a pas d’acti-
vité d’évaluation de la conformité, cet
aspect peut relever des services de
consultant.
12) Adoption sur les plans régional et
national, de Normes internationales et
d’autres documents internationaux à –– Métrologie
caractère normatif – Partie 1 : Adoption
de Normes internationales. –– Services généraux (RH, finances,
informatique, gestion logistique
13) Adoption sur les plans régional et
national, de Normes internationales et des bâtiments, etc.)
d’autres documents internationaux à
caractère normatif – Partie 2 : Adoption Les trois premières fonctions sont exami-
de documents internationaux autres nées en détail dans les Parties 6, 7 et 8,
que les Normes internationales.
respectivement, et la formation est abor-

66 Progresser rapidement
ra mettre
dée ci-après. Le présent document ne L ’O N N d e ve p o l i t i q u e
traite pas des services d’évaluation de e n p l a c e u ni è r e d e
la conformité, de métrologie et de lo- en mat
gistique générale, dont l’importance, au formation.
sein de l’ONN, reflète le stade d’évolu-
tion atteint. Si l’ONN assure des services
d’évaluation de la conformité, on note-
ra que ses politiques, sa gouvernance et 5.8 Formation
son mode de gestion ne devront pas être
liés aux fonctions d’un organisme d’ac- 5.8.1 Introduction
créditation quel qu’il soit. Lorsqu’un or- Les réalités financières du monde en dé-
ganisme national d’accréditation est jugé veloppement sont telles que la formation
indispensable, cette structure devra être est souvent dispensée à l’extérieur et fi-
rigoureusement distincte de l’ONN si ce- nancée par des institutions donatrices.
lui-ci assure des activités d’évaluation de L’ONN devra néanmoins établir une po-
la conformité. Il est aussi envisageable litique de formation formelle, car, si les
de rechercher les services d’accréditation objectifs à atteindre sont clairement défi-
au niveau régional. nis, les institutions donatrices fourniront
plus volontiers leur assistance. Les poli-
tiques en matière de normalisation de-
vront être régulièrement examinées.
Il est donc recommandé aux organismes
nationaux de normalisation des pays
en développement de mettre en place
un service de formation qui visera trois
groupes de personnels  :
a) Le personnel interne, essentiellement
les responsables techniques de l’ONN
b) Les membres et présidents des comi-
tés techniques
c) Le personnel des parties prenantes
Le personnel qui est responsable en in-
terne de l’adoption ou de l’élaboration
des normes, ou qui répond aux de-
mandes d’informations sur les normes
doit avoir un niveau de formation cor-
respondant aux compétences requises.
Le personnel formé à l’étranger, dans

Progresser rapidement 67
duits et de systèmes, de l’évaluation de la
on
L a c o o p é r a ti u s- conformité et des règlements techniques.
r é g io n a le e t soo r te
r é g io n a le a p p r la
Pour que la formation, en interne et en

beaucoup pou.
externe, soit efficace, l’ONN devra avoir
établi au préalable une politique de for-
fo r m a ti o n mation claire et documentée, indiquant
le personnel concerné, les sujets des
formations, le nom des formateurs et
les conditions dans lesquelles la for-
le cadre d’accords de jumelage conclus mation sera assurée sur une base com-
avec un ONN dans un pays avancé, merciale. Il faut savoir que les services
pourra ensuite prêter assistance pour la de formation dispensés aux parties ex-
formation d’autres personnels au niveau ternes peuvent représenter une source
local. Lorsque l’ONN assure des services importante et constante de revenus an-
d’évaluation de la conformité ou d’autres nexes. L’organisation régulière d’ateliers
fonctions, il conviendra que le person- sur des sujets de normalisation d’actua-
nel qui s’en charge en interne ait une lité peut aussi servir à promouvoir les
formation adéquate. La formation en in- services d’évaluation de la conformité
terne doit être bien conçue, sous forme offerts par l’ONN. Le fait de dispenser
de modules individuels complémentaires ainsi la formation nécessaire aux parties
ouvrant au personnel de l’ONN la possi- prenantes sera un moyen d’aider au dé-
bilité de poursuivre différentes carrières. veloppement de l’ONN.

Les membres des comités techniques ont Lorsqu’une réunion de normalisation in-
besoin d’une formation, au moins pour ternationale est organisée dans un pays
comprendre les processus dans lesquels ou dans une région, il y a lieu de saisir
leur travail s’inscrira. Les présidents de l’occasion pour organiser, dans la fou-
comité devront avoir d’autres qualifica- lée, des ateliers régionaux afin de tirer
tions supplémentaires, notamment une parti de la présence des experts qui y
aptitude à conduire des débats pour participent. La planification de ce type
aboutir à un consensus et à diriger le de manifestation devrait s’inscrire dans le
comité conformément aux règles natio- cadre de la politique de formation.
nales et internationales applicables.
Les organisations internationales de nor-
Dans le cadre de sa vocation à répondre malisation ont élaboré une gamme de
aux besoins de la collectivité nationale matériels de formation qui peut être
en matière de normalisation, l’ONN doit mise à profit dans les pays en dévelop-
s’attacher à faire comprendre la place des pement. La politique de formation de
normes aux parties prenantes et leur mon- l’ONN devrait être établie de manière
trer concrètement, si besoin est, l’applica- à exploiter pleinement les matériels à
tion et les avantages des normes de pro- disposition.

68 Progresser rapidement
5.8.2 Responsables techniques les conflits de façon à ce qu’il soit pos-
internes sible d’obtenir, dans des délais réalistes,
Les organismes nationaux de normali- des résultats concluants et une norme
sation opèrent dans un domaine haute- valide. Le responsable technique doit
ment spécialisé et il n’y a qu’un seul or- donc faire preuve de diplomatie et sa-
ganisme de ce type par pays. Il est donc voir jouer un rôle de leader de manière
posée et discrète. Dans certains ONN,
impossible de recruter dans d’autres
le titre de cette fonction – chef de pro-
structures, au niveau national, des per-
jet – reflète bien cet aspect. Ainsi, dans
sonnes dotées des qualifications et de la
le contexte de la normalisation, un res-
formation adéquates, hormis, peut-être,
ponsable technique/chef de projet de-
dans les secteurs des essais et de la certi-
vrait posséder certains traits de caractère
fication. L’ONN devra donc engager des
ou qualités dans les domaines suivants :
collaborateurs dont il assurera lui-même
la formation. • Management
En général, les responsables techniques • Qualités interpersonnelles, notam-
des ONN étaient jusqu’ici des ingénieurs ment aptitude à faciliter une entente
ou des scientifiques. Si le bagage scienti- consensuelle
fique ou technique reste une bonne for- • Facultés d’organisation,
mation de départ, la responsabilité tech-
• Motivation à travailler de manière
nique de l’élaboration des normes exige indépendante et dynamisme,
de solides qualifications dans d’autres
domaines. La gestion du processus d’éla- • Pratique des langues,
boration des normes est une opération • Compétences en informatique
délicate car d’importants enjeux com-
merciaux et économiques peuvent y
être associés. Les délégués auprès des
comités techniques essaient souvent
d’imposer leurs propres solutions tech- L e p e r so n n e
niques pour obtenir des avantages com- e t le s m e m b r l in te r n e
es des TC
merciaux. Il y a donc fréquemment des d o iv e n t ê tr e fo
désaccords d’ordre technique à régler le s p r é si d e n tsr m é s,
au sein des comités. De plus, dans la c o m it é s o n t b d e
mesure où les membres des TC ne sont d e q u a li fi c a tie so in
pas des salariés des ONN, ils sont « in- su p p lé m e n ta iro n s
contrôlables » et ne peuvent faire l’ob- e s.
jet de sanctions et de mesures discipli-
naires. Les responsables techniques en
normalisation doivent gérer le proces-
sus de normalisation et aider à résoudre

Progresser rapidement 69
Un certain nombre de cours spéci- de financement aux organismes
fiques sont en général indispensables, donateurs
notamment sur le processus d’élabora- • Collaboration avec l’encadrement de
tion des normes (au niveau national et, l’ONN pour répondre aux besoins
s’il y a lieu, international), la facilitation de formation mis en évidence lors
du consensus, les accords de l’OMC et des réunions d’évaluation des per-
les liaisons internationales, la rédaction formances individuelles
technique et des composants de l’éva-
luation de la conformité.
• Identification des cours de formation
externes utiles à certains employés
Dans le domaine des essais de labora- et des besoins au niveau de l’orga-
toire et de la certification de produits, nisation, et
les responsables techniques devront
• Communication, à l’encadrement
avoir une bonne expérience du contact
supérieur de l’ONN, des besoins en
avec la clientèle, de la gestion de projet
matière de formation et des besoins
et de la rédaction de rapports ou mon-
au niveau de l’organisation
trer qu’ils en ont les capacités. De plus,
pour ce type de fonction, il est indispen-
sable de bien connaître les procédures La formation est une dynamique
formelles d’évaluation de la conformi- constante et les besoins de formation in-
té et les principes de management de dividuels devront être identifiés comme
un élément permanent du processus
la qualité ou les bonnes pratiques de
d’évaluation des performances.
laboratoire.
En fonction de l’importance de ses ef- 5.8.3 Délégués de comités
fectifs, l’ONN pourra engager un res- techniques (TC)
ponsable de la formation ou un facilita- Afin d’assurer que les TC opèrent avec
teur, qui aura les attributions suivantes : la plus grande efficacité possible, leurs
• Planification de la formation des membres doivent impérativement com-
collaborateurs récemment recrutés, prendre et respecter les procédures et
réaffectés et promus les règles documentées régissant l’élabo-
ration des normes. Il convient donc de
• Maintien d’un dossier de toutes les
dispenser des cours d’une durée d’un à
formations dispensées
deux jours à tous les nouveaux membres
• Organisation de tous les cours de des TC. Même si l’ONN est, en défini-
formation internes, en faisant ap- tive, le principal bénéficiaire de la for-
pel, si nécessaire, à des formateurs mation, il est raisonnable de demander
externes (universitaires, membres aux parties prenantes que représente le
d’autres ONN ou consultants spécia- membre du TC de contribuer aux coûts.
lisés) et coordination des demandes Cette formation sera plus succincte que

70 Progresser rapidement
celle dispensée aux responsables tech- • La théorie et la pratique de la
niques en normalisation et couvrira : communication

• Le rôle, la structure, les règles in- • Les principes de dynamique de


ternes et la gouvernance de l’ONN groupe
• L’organisation et la délégation des
• Une perspective générale de la
tâches auxiliaires
normalisation
• La communication et la documenta-
• Le processus d’acceptation des
tion après la réunion
projets
• La communication avec les parties
• Les processus d’élaboration et d’ap-
prenantes ;
probation des normes
• Le suivi après la publication
• Les procédures d’évaluation de la
conformité
• Les performances attendues des 5.8.5 Synergies régionales
membres des comités La direction de l’ONN néglige souvent
le fait que, dans les pays voisins, les be-
soins de formation de ses homologues
5.8.4 Présidents de TC sont très semblables. En matière de for-
Dans un comité technique (TC), la rela- mation, la coopération régionale et sous-
tion la plus importante est celle établie régionale est une formule très avanta-
entre le secrétaire, qui est en général un geuse, surtout lorsque, dans une même
responsable technique de l’ONN, et le région, différents pays parlent la même
président du TC, normalement élu par langue. La coopération en matière de
les experts, et lui-même l’un d’entre eux, formation devrait être un point perma-
représentant des parties prenantes. Il ar- nent de l’ordre du jour des réunions de
rive que, dans les pays en développe- liaison pour la normalisation régionale
et sous-régionale, et les manifestations
ment, les membres d’un TC demandent
internationales. Les formations financées
à l’ONN de trouver un président qui
par des organismes donateurs et les réu-
agira sans parti pris. Il importe que les
nions internationales de normalisation
présidents de TC puissent bénéficier
accueillies dans un pays de la région
d’une formation sur le rôle et les tâches
devraient idéalement être largement an-
qui leurs incombent. Cette formation
noncées de façon à ce que tous les ONN
couvrira :
de la région puissent en bénéficier.
• La planification d’une réunion de TC
• La préparation et l’organisation de
réunions de TC
• La présidence d’une réunion

Progresser rapidement 71
5.8.6 Assistance de l’ISO 5.8.7 Assistance de l’ONUDI
et de la CEI L’ONUDI s’attache à favoriser l’accès
Les différents services de formation as- des pays en développement aux mar-
surés dans le cadre du Plan d’action de chés mondiaux ainsi que leur intégration
l’ISO pour les pays en développement dans ces marchés, en assurant la protec-
peuvent être utilisés à grand profit par tion adéquate des consommateurs et de
les membres de l’ISO. Trois modules de l’environnement. La position de l’ONUDI
formation en ligne complet ont été éla- en ce qui concerne le commerce, la lutte
borés par l’ISO afin d’aider à la forma- contre la pauvreté et le développement
tion des professionnels de la normali- durable, ainsi que les solutions qu’offre
sation et une série de cours destinés à l’Organisation à ses États membres, sont
promouvoir le « renforcement de la par- définies dans l’Initiative et dans l’ap-
ticipation » à la normalisation est propo- proche de l’Organisation sur le renforce-
sée occasionnellement dans différentes ment des capacités commerciales (TCB)
régions du monde. Une brochure sur la qui englobe le renforcement des capa-
formation assurée par l’ISO est dispo- cités de production, la conformité aux
nible au Secrétariat central de l’ISO. Pour exigences du marché pour surmonter les
des informations plus complètes sur les obstacles au commerce et l’accès accru
différents types d’assistance assurés par au marché. L’approche TCB a été éta-
l’ISO, reportez-vous au point 8.5 de la blie en se fondant sur des activités de
présente publication. recherche menées par l’ONUDI et sur
La CEI fournit régulièrement des ate- 40 années d’expérience consacrées au
liers pour les membres affiliés lors de sa renforcement des capacités en matière
Réunion générale, qui se tient chaque de fourniture de biens et de services des
année, ou en marge d’événements pays en développement et de leur infras-
régionaux. tructure MSTQ (métrologie, normes, es-
sais et qualité). De nombreux ONN des
pays en développement ont bénéficié
et continuent à bénéficier des services
d’aide au renforcement des capacités de
l’ONUDI et de son assistance technique.
Les projets de l’ONUDI sont conçus et
mis en œuvre pour renforcer les capaci-
tés juridiques, institutionnelles et profes-
sionnelles liées à l’infrastructure MSTQ
en insistant tout particulièrement sur les
aspects suivants :
• Développement et harmonisation
des normes

72 Progresser rapidement
• Certification et inspection pris les points d’information OTC
• Accréditation (des laboratoires d’es- et SPS, et la mise à niveau des
sai et d’étalonnage, des organismes cadres juridiques et réglementaires
d’inspection et des organismes de nationaux
certification)
• Assistance aux ONN pour la par-
• Étalonnage ticipation aux activités internatio-
• Métrologie légale nales de normalisation et assis-
• Laboratoires d’essai des matériaux tance aux consommateurs pour
la participation aux activités de
• Management de la qualité
normalisation
• Consommateurs et protection de
l’environnement • Harmonisation régionale des
normes et des systèmes d’évalua-
Les secteurs type dans lesquels inter- tion de la conformité
vient l’ONUDI sont  : • Mise en place et mise à niveau
• Mise en place d’organismes na- des programmes d’inspection et
tionaux de normalisation, y com- de certification et des services

Progresser rapidement 73
pour l’évaluation de la conformité reconnaissance internationale de
par rapport à des normes de pro- leurs services en matière d’étalon-
duits et des normes de systèmes nage des équipements nationaux
(y compris ISO 9001, ISO 14001, d’essai de produits
ISO 22000) en insistant particuliè- • Mise en place de capacités d’es-
rement sur les partenariats secteur sai de produits (microbiologie,
public-secteur privé chimie, textile, cuir, laboratoires
• Élaboration de programmes d’ac- électriques) afin que leurs services
créditation nationaux et/ou régio- attestant la conformité à des exi-
naux pour l’accréditation des labo- gences d’acheteurs étrangers soient
ratoires nationaux, des organismes reconnus au niveau international
d’inspection, des organismes de • Élaboration de projets couvrant les
certification, etc. capacités commerciales, la création
• Élaboration des capacités de mé- de valeur ajoutée et l’évaluation de
trologie (étalonnage) en vue de la la conformité pour des groupes de

74 Progresser rapidement
pays en développement produi- 5.8.8 Autre assistance
sant des produits très demandés De nombreux autres institutions na-
(par exemple coton, sucre, pois- tionales, régionales et internationales
son, vêtements) donatrices et bon nombre d’autres
programmes assistent et appuient la sen-
• Amélioration de la qualité et de la
sibilisation à la normalisation et le ren-
productibilité des PME et de leur
forcement des capacités de normalisa-
conformité aux normes et aux tion et des activités connexes, en tant
autres exigences du marché, y que facteur fondamental de la compéti-
compris, entre autres, aux normes tivité économique et du développement
ISO 9001, ISO 14001, ISO 22000 social. L’Organisation mondiale du com-
• Projets pilotes pour aider les pays en merce (OMC) et le Centre du commerce
développement à mettre en œuvre international (ITC) ont eux-mêmes des
des systèmes de traçabilité « de la activités spécifiques dans ce domaine.
ferme à l’assiette »

Le protocole d’accord ONUDI-ISO


(MoU) signé en décembre 2003 a été
remplacé par un nouveau MoU signé
en juin 2009 par le Directeur général
de l’ONUDI et le Secrétaire général de
l’ISO. Ce MoU vise à aider les pays en
développement et les pays à économies
en transition à mettre l’accent sur le re-
cours à la normalisation pour renforcer
le développement industriel et partici-
per au commerce mondial. Dans la mise
en œuvre du MoU, l’ONUDI a appuyé
un certain nombre d’ONN pour qu’ils
deviennent membres de l’ISO et qu’ils
renforcent leur participation aux activi-
tés de la normalisation internationale,
en les aidant à harmoniser leurs normes
nationales avec les normes ISO et en ai-
dant également les utilisateurs tels que
les entreprises, les gouvernements et les
consommateurs à mettre en œuvre les
normes.

Progresser rapidement 75
Partie 6. Élaboration des normes

6.1 Introduction priorités de l’ONN, avec un calen-


drier portant sur plusieurs années.
Comme nous l’avons vu, il est de plus La période choisie, d’ordinaire trois
en plus rare qu’un ONN se lance dans à cinq ans, peut être calquée sur le
l’élaboration de normes strictement na- plan de développement économique
tionales. Les ONN ont plutôt tendance à public du gouvernement dans les
adopter des normes préparées par des pays en développement
organismes internationaux ou régionaux
• Une méthode de contrôle pour éva-
ou, dans le cas d’une norme nationale
luer, avant l’engagement de res-
d’un autre pays applicable à l’échelon
sources, l’importance des nouveaux
mondial, à obtenir l’autorisation dudit
projets internationaux ou natio-
pays pour adopter la norme. Ces adop- naux proposés. Les projets propo-
tions sont de deux types. Elles peuvent sés sont toujours plus nombreux
être « identiques », c’est-à-dire qu’aucune que ne le permettent les ressources
modification n’est apportée au texte, ou financières et humaines à disposi-
de type « avec modification », c’est-à-dire tion. Mener trop de projets de front
que quelques éléments ou articles sont est source de ralentissement, d’insa-
modifiés pour mieux adapter la norme tisfaction et de complications pour
aux conditions locales. Le Guide ISO/ la gestion du programme. La mé-
CEI 21 :2005 (Parties 1 et 2) donne des thode peut faire appel à un « tableau
lignes directrices à cet égard. Quelle que de bord », chaque projet devant rem-
soit la démarche de l’ONN – « approche plir un nombre minimum de critères.
production de normes » ou « approche Les rubriques du tableau pourraient
utilisation de normes » – une procédure couvrir les questions de développe-
d’élaboration commune, conforme au ment économique, l’importance des
Code de pratique pour l’élaboration, exportations, la santé et la sécurité,
l’adoption et l’application de normes éta- les exigences des consommateurs,
bli par l’OMC/OTC, doit être utilisée. les exigences en matière d’harmo-
nisation régionale ou les relations
Afin de faire l’usage le plus efficace des
par rapport à la législation propo-
ressources limitées, un ONN devrait éla-
sée. Une autre solution possible
borer deux « outils »  :
pour évaluer les propositions de pro-
• Un programme ou un plan d’activi- jets est l’adoption d’un programme
tés (plan stratégique) à long terme, formel visant l’acceptation, par un
énonçant, en termes stratégiques et comité de politique en matière de
dans la mesure du possible de ma- normalisation, de l’examen des dits
nière détaillée, les activités et les projets

Progresser rapidement 77
6.2 Procédure d’élaboration toriels, à un niveau supérieur à celui des
TC, qui superviseront la mise en place
Au sein de l’ONN, l’établissement de
des TC, les programmes de travail des
nouvelles normes et l’amendement ou
TC du secteur concerné et l’établisse-
la révision des normes existantes de-
ment des priorités. Les ONN peuvent
vront être effectués par un comité tech-
nique (TC). Il est souhaitable que ce TC aussi choisir de recourir à un comité de
soit constitué d’un groupe représentatif normalisation unique.
de parties prenantes de chaque secteur Lorsqu’un TC souhaite élaborer lui-
technique concerné et, s’il y a lieu, de même une norme plutôt que d’adop-
subdiviser les activités en les confiant à ter une norme internationale ou régio-
des sous-comités plus spécialisés, cen- nale existante, il convient qu’il mette sur
trés sur des aspects particuliers et rele- pied un groupe de travail constitué de
vant du TC responsable.
quelques experts techniques chargés
Les grands ONN peuvent choisir de de rédiger la norme à soumettre pour
prendre conseil auprès de bureaux sec- examen au TC au complet. Il est toute-

78 Progresser rapidement
fois préférable, pour les pays en déve- de comités miroirs avant de se lancer
loppement, d’établir les TC en tant que dans les activités coûteuses et longues
comités miroirs de comités de normali- qu’implique l’élaboration de normes na-
sation internationaux et de chercher à
tionales. Les avantages sont très clairs –
adopter, de préférence sans modifica-
les normes purement nationales vont en
tion, le plus grand nombre possible de
Normes internationales. Il convient de définitive à l’encontre des intérêts natio-
ne recourir à l’« adoption avec modifi- naux lorsqu’il existe une solution inter-
cation » que lorsque des raisons fonda- nationale adaptée et utilisée par d’autres
mentales essentielles le motivent ; la ten- pays, qui sont de surcroît des partenaires
dance visant à modifier des normes en économiques.
fonction des capacités locales devra être
évitée dans la mesure du possible et il Au sein du TC, il conviendra d’établir
convient d’encourager les entreprises à des règles de vote pour l’obtention du
porter leurs efforts sur le renforcement consensus au sein du TC.
des capacités jusqu’à ce qu’elles soient
à même de satisfaire aux exigences des L’ONN devra documenter ses procé-
normes en question. dures d’élaboration des normes et les
En règle générale, un ONN dans un pays mettre à disposition gratuitement (éven-
en développement devrait s’efforcer de tuellement par le biais de son site Web)
surveiller les développements internatio- à toutes les parties intéressées.
naux présentant un intérêt pour son éco-
nomie à l’échelon national et – en coo- La procédure générale suivante devra
pération avec ses voisins – à l’échelon être utilisée pour l’établissement d’une
régional. Il pourra le faire par le biais nouvelle norme :

Étape 1 Identification du besoin d’une norme


Il peut s’agir d’un besoin concrètement perçu par n’importe quel groupe
de parties prenantes, ou des conclusions d’une analyse des besoins futurs
effectuée par l’ONN.

Étape 2 Examen et justification du projet


Utiliser la méthode d’examen indiquée pour établir s’il convient de poursuivre
les travaux sur la proposition et si le projet s’inscrit bien dans le programme
stratégique à long terme.

Étape 3 Évaluation des normes publiées ou des travaux en cours au sein des
organismes internationaux, régionaux ou nationaux
Déterminer s’il existe une norme publiée ou un projet de norme en cours au
niveau international ou régional ou encore dans un autre ONN.

Progresser rapidement 79
Étape 4 A. Si une norme publiée couvre la proposition
S’il existe une norme internationale ou autre, évaluer cette dernière pour
déterminer si elle peut être adoptée sans changement et, si tel est le cas,
l’adopter telle quelle.
B. Si une norme appropriée est en cours d’élaboration dans une autre
enceinte
Prendre contact avec l’organisme concerné, lui indiquer votre intérêt pour
la norme et signaler quelles sont vos exigences nationales afin d’influencer
le contenu de la norme. Adopter ensuite la norme avec l’autorisation de
l’organisme auteur.
C. S’il existe une norme comparable, qui nécessite des modifications
avant de pouvoir être adoptée
• Solliciter l’approbation du bureau sectoriel concerné ou du comité de poli-
tique en matière de normalisation pour inclure la proposition dans le pro-
gramme de travail
• Créer un TC, s’il n’en existe pas encore dans le domaine technique
concerné, composé de représentants des parties prenantes impliquées,
en vue d’élaborer la nouvelle norme. Le TC devra préparer un plan de pro-
jet en établissant des priorités avec des dates cibles à respecter
• Si le projet implique l’adoption et la modification d’une norme existante
internationale, régionale ou nationale d’un autre pays, il conviendra de
prendre en compte les facteurs suivants :
–– Il convient de n’apporter des modifications qu’en fonction de critères
scientifiques ou économiques particuliers, plutôt que de modifier les
normes en fonction des besoins du pays (ce processus risquerait de
créer un obstacle technique au commerce). Les facteurs propres à un
pays ou à une région, par exemple la température (les écarts absolus
et diurnes), l’humidité, les conditions du sol, la salinité, certains aspects
culturels, les limitations économiques, etc., devraient être établis dans
un protocole technique et il convient de n’autoriser aucun écart par rap-
port à ces critères une fois qu’ils auront été précisés en détail.
–– Si des modifications sont nécessaires, se reporter au Guide ISO/CEI
21 :2005 (Partie 1 ou 2).
D. S’il n’existe pas de norme ou s’il n’y en a pas en cours d’élaboration
• Convenir, au sein du TC, du domaine d’application de la future norme
• S’assurer que la norme a une base technologique saine, qu’elle est écono-
miquement justifiable et qu’elle peut être mise en œuvre
• Il conviendra, lors de l’élaboration, de veiller à ce que la norme puisse être
acceptée le plus largement possible par toutes les parties prenantes

Étape 5 Édification d’un consensus au sein du TC


Soumettre le projet (ou le texte de la norme existante à adopter) au TC pour
observations et examen des observations jusqu’à obtention du consensus.
Des règles de vote devront être utilisées pour confirmer l’obtention du
consensus.

80 Progresser rapidement
Étape 6 Enquête publique, entérinement et publication
Lorsque le TC est parvenu à un consensus technique, soumettre le projet de
norme à un processus d’enquête publique avant entérinement par le comité
de politique en matière de normalisation et publication. (Si l’enquête publique
fait ressortir des objections d’ordre technique, renvoyez ces objections pour
examen et accord avant entérinement au sein du TC).

En dehors de la procédure générale ger du caractère approprié ou autre


indiquée ci-dessus, pour les pays d’une norme donnée. Les organisa-
qui souhaitent adopter des Normes tions internationales de normalisa-
internationales et dont la première tion tiennent compte de cet aspect en
langue n’est pas celle dans laquelle ménageant de longues périodes d’en-
les normes internationales ont été éla- quête publique dans leurs procédures,
borées, la question de la traduction mais l’obtention de ressources pour la
devient très importante. Il convient traduction peut constituer, pour cer-
de consacrer suffisamment de temps tains pays en développement, un pro-
et de ressources pour effectuer cette blème épineux constant. Il convient
tâche et laisser aux parties pre- de rechercher des solutions régio-
nantes le temps nécessaire pour ju- nales, s’il y a lieu.

Progresser rapidement 81
Partie 7. Information, ventes et promotion

7.1 Les besoins une entreprise de production veut, par


des parties prenantes exemple, obtenir des informations pour
d’un organisme national exporter ses produits sur un marché
de normalisation donné, elle ne souhaitera pas que ses
concurrents puissent savoir quels rensei-
L’aptitude à surveiller les développe- gnements elle a demandé et quelles in-
ments internationaux dans les domaines formations elle a reçues.
de la normalisation qui intéressent l’éco-
nomie du pays et la capacité de four- Fournir des informations implique natu-
nir rapidement des informations sur les rellement la diffusion de versions impri-
normes, l’évaluation de la conformité et mées ou électroniques des Normes inter-
les règlements techniques sont peut-être nationales et nationales et des normes
les rôles les plus fondamentaux d’un publiées par d’autres organismes. En ef-
ONN moderne. Cet aspect est particu- fet de nombreuses entreprises veulent
lièrement critique pour les pays en dé- avoir leurs propres exemplaires des
veloppement qui disposent souvent de normes auxquelles elles se conforment.
peu de sources d’informations du sec- La vente peut ainsi devenir une activité
teur privé. Des études ont montré que, majeure et une source de revenus pour
pour l’industrie, l’absence d’informations les ONN dans les pays en développe-
dans ce domaine est un problème signi- ment. Il convient donc d’assurer une pla-
ficatif car il est essentiel, pour la bonne nification et des ressources adéquates
marche de l’économie, de pouvoir ob- pour la mise en place d’un service de
tenir des conseils sur les questions de ventes et d’information. D’ordinaire, cela
normalisation. implique que l’ONN devienne membre
des organisations internationales de nor-
Pour la mise en place de son système malisation ou qu’il établisse des accords
informatique, l’ONN tiendra tout d’abord de distribution avec les éditeurs concer-
compte de la sécurité et s’appuiera sur
l’ISO/CEI 27001 :2005 14). S’il veut ins-
pirer confiance aux utilisateurs du sys- I l e st e ss e n ti
e
tème, l’ONN devra pouvoir fournir la la b o n n e m a r l, p o u r
garantie que les renseignements deman- l’ é c o n o m ie , d c h e d e
e
dés ne seront pas dévoilés à des tiers. Si
o b te n ir d e s c p o u v o ir
su r le s q u e st ioo n se il s
n
14) ISO/CEI 27001 :2005, Technologies n o r m a li sa ti o s d e
de l’information – Techniques de sécuri- n.
té – Systèmes de gestion de la sécurité
de l’information – Exigences.

Progresser rapidement 83
nés. En dehors des aspects financiers en- S’il y a une demande et des ressources à
gagés par des accords de ce type, il faut disposition, l’ONN peut fournir d’autres
aussi tenir compte d’aspects comme les activités de promotion et de marketing.
droits d’auteur et la protection des droits Il pourra, par exemple, organiser à l’in-
de la propriété intellectuelle (DPI). tention de l’industrie des séminaires sur
le contenu et les implications des nou-
Avec le développement des ventes du velles normes, lancer des campagnes
centre d’information, et si les ressources d’information lors de la publication de
le permettent, d’autres services à valeur nouvelles normes clés, etc. Ce type de
ajoutée sont d’ordinaire proposés à l’in- prestation est une source potentielle de
dustrie et aux utilisateurs des normes revenus supplémentaires que l’indus-
en général. Ces services peuvent éga- trie pourra et sera prête à payer. Dans
lement générer des revenus significa- de nombreux pays en développement
tifs pour l’ONN. Il s’agira par exemple où la « culture qualité » n’est pas encore
des services suivants : mise à disposition bien implantée, l’ONN devra peut-être
sur abonnement d’informations sur les rechercher un financement auprès d’or-
normes dans des domaines précis, no- ganismes donateurs pour organiser ces
tification automatique aux abonnés des d’activités et les proposer ensuite à titre
amendements et révisions de normes et de service gratuit aux parties prenantes.
de la publication de normes nouvelles
dans des domaines précis, vente des
normes par le biais d’un magasin en
ligne, pour une livraison immédiate des
produits, vente et actualisation régulière
de compilations de normes en version
imprimée ou en format électronique
pour les clients qui les demandent.
Par ailleurs, dans le cadre de l’Accord
OTC, l’OMC requiert de chaque membre
qu’il établisse un ou plusieurs points
d’information nationaux, capables de
répondre à toute question sur les règle-
ments techniques, les normes et l’éva-
luation de la conformité. Ce point d’in-
e q u ie r t
L ’O M C /O T C re s q u ’i ls
formation devra également être à même
de fournir les documents pertinents. Le
service de vente et le centre d’informa- d e se s m e m b r la c e d e s
tion d’un ONN peut efficacement servir m e tt e n t e n p o n a u x
de point d’information de l’OMC/OTC. p o in ts n a ti o n .
d ’i n fo r m a ti
84 Progresser rapidement
7.2 Le centre d’information Note : Dans les pays les moins avancés,
l’infrastructure n’est pas suffisante pour
Il convient que le centre d’information que l’ONN puisse assurer ce type d’ac-
sur les normes soit organisé de manière tivités, mais c’est une occasion idéale
pour une contribution décisive d’orga-
à assurer son rôle de sensibilisation et à nismes donateurs.
trouver rapidement les informations sur
les normes pour les transmettre aux in-
• Emploi de personnel chargé de l’in-
téressés – clients qui viennent en per-
formation techniquement qualifié,
sonne chercher des renseignements ou
pour fournir des réponses précises
qui les demandent par téléphone ou par
aux demandes de renseignements
courriel, ou abonnés à un service d’in-
formulées par les clients sur place,
formation. Dans les pays en dévelop-
par téléphone ou par écrit
pement, pour répondre à ces besoins,
l’ONN doit d’abord constituer une col- • Aide technique aux exportateurs et
lection des versions imprimées des aux PME, avec des liens permettant
normes et, progressivement, des ver- d’accéder aux sites Web et services
sions informatiques, et conserver des re- pertinents, à la documentation d’ap-
vues. En s’agrandissant l’ONN peut ajou- pui, etc.
ter d’autres services, notamment :
Note : Cet élément est particulièrement
• Conclusion d’accords commer- important lorsque l’ONN sert égale-
ment de point national d’information de
ciaux et de contrats de réciprocité
l’OMC/OTC.
avec des fournisseurs externes de
normes
• Interface avec la fonction de
• Rôle de bibliothèque classique, ventes des normes
avec possibilité, pour les clients, de
consulter sur place la version im- Le service de documentation de l’ONN
primée ou électronique des normes finira par détenir différentes collections  :

• Recherche d’informations sur les • Les normes nationales (y compris


normes sur le Web ou par voie les projets)
d’abonnements à des services com- • Les normes régionales, étrangères et
merciaux tels que « Perinorm » 15) internationales
• Les règlements techniques
• Les normes obsolètes (nationales,
15) Perinorm est une base de don-
internationales, etc.)
nées bibliographique qui a pour voca-
tion d’aider les utilisateurs de normes et • Les traductions de normes en langue
de règlements techniques. Elle contient
les normes nationales, européennes et étrangère
internationales de 23 pays, soit au total • Les catalogues, bibliographies et
plus de 1 400 000 enregistrements.
recueils

Progresser rapidement 85
7 0  % d e to u te
le s d e m a n d e s s
• Les périodiques se rapportant à la r e n se ig n e m e n d e
normalisation se r a p p o r te n t, ts
a b o u ti ss e n t à ou
En outre, il conservera les ouvrages d’in- l’ a c h a t
formation suivants en version imprimée,
d ’u n e n o r m e .
sur CD ou sous forme de base de don-
nées électronique  :
• Thésaurus
l’avis de spécialistes et exigent des re-
• Dictionnaires cherches approfondies. Afin d’éviter
• Index et directives des coûts substantiels en personnel, il
• Bulletins d’information est recommandé que l’ONN, en prenant
de l’importance, place le plus d’infor-
• Documents techniques de référence mations possibles sur son site Web. Sur
D’après des sondages opérés auprès ce site, un formulaire à remplir permet-
de six des plus grands ONN, quelque tra de traiter plus facilement les ques-
70 % de toutes les demandes de rensei- tions relatives à l’interprétation d’articles
gnements se rapportent, ou aboutissent de normes, qui pourront être transmises
à l’achat d’une norme. Environ 25 % au comité technique concerné. Pour ré-
des demandes de renseignement ap- pondre à des exigences complexes, un
pellent une réponse portant sur des in- service de consultant payant peut être
formations détaillées et 5 % impliquent proposé.
Lorsque l’ONN assure également des
services de métrologie et d’évaluation
de la conformité, le centre d’informa-
tion peut être une centrale télépho-
nique qui redirigera les appels vers le
département concerné.

86 Progresser rapidement
7.3 La fonction de vente
de normes
Les normes ne sont pas de simples do-
cuments d’information. Elles sont l’abou-
tissement du travail approfondi d’experts
techniques confirmés de très haut ni-
veau. Ainsi, la valeur d’une norme ne se
situe pas dans sa valeur matérielle – le
coût du papier sur lequel elle est impri-
mée ou d’autres coûts directement as-
sociés à la production et à la livraison
– elle réside dans le contenu des indi-
cations et des lignes directrices qu’elle
donne. Il convient donc que les normes
soient tarifées en conséquence, à un ni- normes à partir de fichiers électroniques
veau qui reflète leur valeur et qui tente de référence. Même si, dans de nom-
également de couvrir, en totalité ou en breux pays en développement, cette
partie, les coûts engagés dans leur éla- technologie n’est pas très répandue en
boration et leur publication. La vente de raison de l’investissement initial élevé
documents normatifs peut représenter qu’elle représente, lorsque la demande
une source de revenus pour un orga- de normes progresse, il est plus ren-
nisme de normalisation. Dans certains table d’abandonner la formule onéreuse
pays, ce revenu représente plus de 50 % qui consiste à conserver des stocks de
du revenu total. La tarification est une normes en version imprimées au pro-
décision nationale, la valeur du conte- fit d’un système d’impression à la de-
nu des normes doit y être reflétée et, mande. Il en va de même pour la dif-
dans le même temps, le prix doit res- fusion par voie électronique de normes
ter abordable. Les ONN, en particulier, achetées par le biais de magasins en
ne doivent pas céder aux pressions pour ligne.
la mise à disposition des normes à un
En plus des normes, certains ONN four-
prix extrêmement bas (voire gratuite-
nissent les textes de règlements tech-
ment), qui déprécie le processus par le-
niques. Ces documents sont souvent
quel elles sont établies et peut avoir un
fournis gratuitement ou à un faible coût
impact négatif sur le financement des or-
pour le compte des gouvernements, car
ganismes de normalisation des pays voi-
ils constituent la législation qui doit être
sins et du système de normalisation dans
accessible à tous. Lorsque l’ONN remplit
son ensemble.
également la fonction de point national
La technologie moderne permet l’« im- d’information de l’OMC/OTC, cet aspect
pression à la demande  » (POD) des est particulièrement important.

Progresser rapidement 87
L’ONN peut produire et vendre d’autres
référentiels normatifs et d’autres sup-
ports, notamment des compilations ou
des ensembles de normes sur un sujet
donné, en version électronique sur CD-
ROM, ou sur DVD, etc.
Un ONN qui ne dispose pas de la tech-
nologie pour ce type de production peut
faire appel à une organisation commer-
ciale ou à un organisme de normali-
sation dans un autre pays, et lui sous-
traiter l’impression et la livraison. En
général, le montant des ventes perçu
par le sous-traitant, déduction faite de
la commission convenue, sera reversé à
l’ONN. Semblablement, la création et la
tenue à jour d’un site Web et d’un ma-
gasin en ligne pour la vente de normes 7.4 Diffusion des Normes
peuvent être confiées en sous-traitance internationales et
lorsque la demande et les modalités fi- politique commerciale
nancières l’autorisent.
Il est important de comprendre que les
parties prenantes peuvent avoir besoin
de copies de normes nationales mais
aussi de normes internationales. Et il est
donc judicieux de proposer ce service
aux utilisateurs et de le leur facturer.
Dans les pays où il n’existe pas de ser-
vices de ventes ou de diffusion des
normes, les parties prenantes contactent
souvent directement les organisations
internationales de normalisation pour
obtenir des exemplaires des normes.
L’ISO a une politique commerciale for-
melle pour la mise à disposition de
ses normes. Cette politique définit les
conditions dans lesquelles les membres
de l’ISO sont autorisés à reproduire et
à vendre les versions originales des
normes ISO ou certains types d’adop-

88 Progresser rapidement
Les ONN q
m e m b r e s d e l’u i so n t 7.5 .Le droit d’auteur
IS
r e sp o n sa b le s O so n t et les normes
le u r ju r id ic ti d a n s
o
p r o te c ti o n d u n d e la Le droit d’auteur s’inscrit dans le cadre
d ’a u te u r a ff é d r o it générique des droits dits de la « propriété
rent intellectuelle ». Toute personne qui crée
normes ISO. aux et fait enregistrer une œuvre originale de
l’esprit en devient propriétaire du droit
d’auteur. Le droit d’auteur est applicable
à une œuvre originale. En théorie, ce
droit est automatique et ne nécessite
pas d’enregistrement ou de prétentions,
pour autant que l’œuvre soit établie ou
enregistrée sous une forme quelconque,
même s’il est recommandé aux ONN de
protéger leurs normes ainsi que celles
des organisations internationales de nor-
malisation qu’ils transposent en tant que
tions nationales. Cette politique, dési- normes nationales par des moyens ap-
gnée ISO POCOSA 2012 16), a pour objec- propriés, notamment avec le symbole et
tif principal d’assurer la diffusion la plus la notice visibles de droits de reproduc-
large possible des normes ISO, en attri- tion. Il convient de noter que les ONN
buant aux membres de l’ISO les respon- qui sont membres de l’ISO sont respon-
sabilités des droits d’exploitation, de la sables, dans leur juridiction, de la pro-
protection des droits d’auteur et du trai- tection du droit d’auteur afférent aux
tement des adoptions nationales. normes ISO. Un conseil juridique sera
La CEI applique une politique des ventes sollicité si nécessaire. Des informations
similaire. Les clients désirant acquérir complémentaires figurent dans la bro-
des publications de la CEI peuvent en chure ISO/CEI Droit d’auteur, normes
faire la demande auprès de leur CN (Co- et l’Internet.
mité national) local, d’un CN désigné La législation qui régit le droit d’auteur
comme point de vente, ou du Bureau n’est pas uniforme dans le monde. Le
central de la CEI à Genève. La liste des droit d’auteur afférent à une norme
distributeurs autorisés est disponible sur peut varier en fonction de l’endroit où
le webstore de la CEI. la norme est créée, une évaluation at-
tentive de la législation applicable est
conseillée.
16) Politiques et procédures de l’ISO en
matière de droits d’auteur, d’exploita- Si la législation en matière de droit d’au-
tion du droit d’auteur et de ventes des
publications de l’ISO. teur est complexe et n’est pas uniforme,

Progresser rapidement 89
des instruments internationaux impor- 7.6 Promotion
tants, notamment la Convention de
Berne (1886) ou l’accord de l’OMC sur L’ONN a le devoir de faire connaître ses
les Aspects de la propriété intellectuelle produits et services auprès des parties
liés au commerce, contiennent des prin- prenantes pour appuyer l’économie na-
cipes directeurs utiles. tionale et pour promouvoir les avantages
des normes. Une stratégie de relations
publiques englobe d’ordinaire la com-
munication par la presse ou la télévision,
la sensibilisation du public aux ques-
tions de normalisation et l’établissement
L ’O N N a le d
d e fa ir e c o n n e v o ir
de bonnes relations avec les médias.
Lorsque la demande existe, des ateliers
e t p r o m o u v o ira ît r e ou des séminaires commerciaux peuvent
p r o d u it s e t se se s être organisés sur des questions relatives
a u p r è s d e s p ar v ic e s à la normalisation ou en conjonction avec
r
p r e n a n te s p o ti e s des réunions internationales de normali-
a p p u y e r l’ é c o u r sation, voire au niveau régional.
nom
n a ti o n a le . ie Pour susciter l’intérêt, certains ONN
proposent des programmes spéciaux
d’adhésion ou d’abonnement. En géné-

90 Progresser rapidement
ral, moyennant une cotisation annuelle lisation (une exigence du Code de pra-
versée par un membre de l’industrie, tique pour l’élaboration, l’adoption et
l’ONN assure des rabais sur les normes l’application des normes – voir annexe).
et d’autres services qu’elle fournit. Ces
programmes n’ont en général pas été
7.7 Point d’information
concluants dans le monde en dévelop-
national de l’OMC/OTC
pement où les prix des normes sont re-
lativement bas et la demande de l’indus- Les aspects relatifs à l’éventuelle inté-
trie est insuffisante pour en faire une gration d’un point d’information OMC/
proposition viable. Néanmoins, les pro- OTC dans le cadre d’un centre d’infor-
grammes d’actualisation des normes sur mation national sur la normalisation, qui
abonnement peuvent être commerciale- impliquent une formation et des infor-
ment rentables et fournir un service pré- mations spécialisées, ne sont pas traités
cieux à l’industrie. dans la présente publication.
Pour l’ONN, la création d’un site Web
vivant et régulièrement mis à jour peut
être un outil de promotion excellent et
un moyen simple pour divulguer des
informations générales, les projets de
normes pour enquête publique et pu-
blier le programme de travail de norma-

Progresser rapidement 91
Partie 8. Relations internationales et régionales

8.1 Impératif de suivi 8.2 .Ressources requises


constant pour la participation
internationale
Il est impératif qu’un ONN puisse sur-
veiller les activités internationales et ré- Lorsqu’un pays décide de participer acti-
gionales dans les secteurs de normalisa- vement à l’élaboration de normes inter-
tion technique qui concernent le pays, nationales, l’ONN national devra établir
qu’il participe activement ou non aux
et maintenir des comités miroirs et dif-
travaux au niveau international. En ef-
fuser les projets de normes internatio-
fet, les partenaires économiques du
nales, signaler les campagnes de vote et
pays seront tenus de suivre eux-aussi
l’élaboration de nouvelles normes dans les demandes d’observations, recueillir
les domaines qui les concernent, et il les résultats auprès des comités interna-
est probable que des normes nationales tionaux de normalisation et des comités
ou régionales devront être établies, soit locaux miroirs et conserver des enregis-
par adoption des normes internatio- trements rigoureux. Les ressources né-
nales (la voie privilégiée par l’OMC) cessaires au niveau de l’ONN sont va-
soit par d’autres moyens, pour être en riables : dans certains cas, il suffit d’une
phase avec l’évolution des technolo- seule personne à temps partiel pour
gies et des marchés. Le fait d’ignorer s’acquitter des activités de normalisation
les activités de normalisation internatio- concernant l’ISO et la CEI, dans d’autres,
nale peut compromettre les débouchés ces activités sont effectuées dans des bu-
commerciaux du pays pour les pro-
reaux distincts avec plusieurs salariés.
duits concernés, d’où la nécessité d’éta-
blir des liaisons internationales sous dif- Même lorsqu’un pays ne participe pas
férentes formes selon que le pays est activement au sens technique (par
fournisseur de normes ou qu’il les éla- exemple s’il est membre correspondant
bore ou les adopte. ou membre abonné de l’ISO, ou membre
associé ou membre affilié de la CEI), il
est possible qu’il lui faille tenir, pour ces
L e fa it d ’i g n o propres besoins ou ceux de ses parties
le s a c ti v it é s dr e r prenantes, des dossiers sur l’avancement
n o r m a li sa ti o e des projets de normes dans les secteurs
in te r n a ti o n a n qui le concerne, afin de tenir l’industrie
p e u t c o m p r o m le locale informée et faciliter le processus
e tt
le s d é b o u c h é s r e d’établissement de normes nationales à
c o m m e r c ia u x une étape appropriée.
d
p o u r le s p r o du p a y s
u it
c o n c e r n é s. s Progresser rapidement 93
Les modalités des relations avec l’ISO 8.3 Coopération régionale
et avec la CEI, et les ressources qui y
sont engagées, dépendront ainsi du ni- C’est par le biais de la participation aux
veau d’activité exercé. Le recours au activités de la normalisation internatio-
vote électronique dans les deux orga- nale que les pays en développement
nisations exige désormais un certain ni- peuvent être très utiles à leur région en
veau d’infrastructure et de connectivité établissant non seulement leurs propres
TI, qui n’est pas toujours en place dans positions nationales, mais également en
les pays les moins avancés. L’envoi de défendant leurs positions régionales au
représentants nationaux aux réunions niveau international. Ceci nécessite pla-
de normalisation internationale (comités nification, coopération et coordination
techniques, sous-comités, groupes de au niveau régional.
travail, etc.) en vue d’influencer le conte-
S’agissant de l’accueil de réunions de
nu des normes internationales coûte de
normalisation internationale, l’exercice
l’argent, et les ressources à disposition
peut être onéreux pour un pays en dé-
doivent être consacrées à des domaines
veloppement. Mais il ne faut pas sous-
ciblés où elles seront d’une efficacité et
estimer les avantages que l’industrie
d’une pertinence optimales pour l’éco-
locale peut en retirer. Une bonne stra-
nomie du pays. Un processus de budgé-
tégie, pour un pays en développement
tisation et d’approbation est nécessaire
qui envisage de proposer ce type de
au début de chaque année pour mettre
réunion, est d’encourager d’autres orga-
en évidence les domaines où il importe
nismes de normalisation dans la région
d’investir des ressources. Dans de nom-
à apporter une aide financière et d’orga-
breux pays, cela implique d’établir de fa-
niser conjointement à ces réunions un
çon formelle le rôle de l’État au niveau
atelier régional en invitant les experts in-
du financement adéquat de ces activités.
ternationaux présents à rester un ou plu-
sieurs jours de plus pour partager leurs
connaissances avec les représentants de
l’industrie locale. Les ateliers régionaux
peuvent souvent être rentables et allé-
oi ve n t
L es re ss ou rc es d à d es ger les coûts de l’accueil de la réunion
êt re co n sa cr ée s où internationale, tout en permettant aux
d om ai n es ci bl és n e industriels locaux de la région d’entrer
el le s se ro n t d ’u e en contact avec des experts mondiaux.
ef fi ca ci té et d ’u n es Le transfert du savoir technologique aux
al
pe rt in en ce op ti m d u pays en développement ne s’opère pas
po u r l’ éc on om ie simplement par le biais de la norme pu-
pa ys . bliée, il peut aussi être amplifié au tra-
vers du processus d’établissement de ces
normes.

94 Progresser rapidement
Il peut aussi être utile d’obtenir des par- 8.4 Jumelages
rainages auprès de l’industrie locale ou
régionale et de filiales locales d’entre- Étant donné que les secrétariats de plus
prises multinationales pour autant que de 90 % des comités techniques et sous-
la promotion et les publicités commer- comités sont assurés par des membres
ciales soient contenues dans des limites de pays développés de l’ISO et de la CEI,
raisonnables. il est logique que peu d’ONN de pays
en développement disposent du per-
sonnel qualifié pour assurer le secréta-
riat et l’administration des comités inter-
nationaux de normalisation. Les comités
sont encouragés à prendre les décisions
majeures par correspondance plutôt que
L a p la n if ic a de les prendre lors des réunions et de
ti
la c o o p é r a ti o o n , n’organiser des réunions qu’en cas d’ab-
n
la c o o r d in a ti e t solue nécessité, afin de limiter le coût
on de participation. L’ISO, tout en encoura-
a u n iv e a u geant tous les comités membres à envi-
r é g io n a l so n
in d is p e n sa b let
sager des accords de « jumelage » à tous
s. les niveaux, invite les comités membres
des pays en développement à accueillir
des réunions ISO et leur donne la pré-
férence lorsqu’ils offrent de prendre en
charge le secrétariat de comités vacants.
Les participants au Programme des pays
affiliés à la CEI apprennent à établir un
Comité électrotechnique national (CEN)
pour suivre les travaux techniques per-
tinents dans leurs comités d’études en
vue de participer à l’élaboration des
normes internationales de la CEI et de
faciliter leur adoption au niveau national.
Les membres « affiliés plus » bénéficient
également d’un système de mentorat
de la part des membres et des comités
d’études de la CEI.
Le DEVCO, Comité de l’ISO pour les
questions relatives aux pays en déve-
loppement, encourage les accords de
jumelage entre les pays développés et

Progresser rapidement 95
les pays en développement afin de faci- L e ju m e la
liter le transfert des compétences néces- fa c il it e le tr a g e
n
saires, et le Bureau de gestion technique d e s c o m p é te n sf e r t
ce
de l’ISO a publié des lignes directrices à
cet égard. Correctement mis en œuvre,
n é c e ss a ir e s. s
les accords de jumelage peuvent aider à
améliorer les infrastructures et les capa-
cités de normalisation dans les pays en
développement et à renforcer leur par- pour que l’ONN dans le pays en déve-
ticipation à la normalisation internatio- loppement acquière les compétences
nale. Le Plan stratégique de l’ISO pour la indispensables pour assumer à l’avenir
période 2011-2015 a pour objectif stra- des rôles similaires dans la gestion du
tégique numéro 3 : comité.
« Les capacités des pays en développe-
ment et leur participation à la norma-
lisation internationale sont en hausse
sensible ».
En septembre 2010, le Conseil de l’ISO
a entériné le Plan d’action de l’ISO
pour les pays en développement 2011-
2015. Ce plan d’action définit six résul-
tats dont les deux suivants ont trait à la
participation :
« Renforcement des capacités en matière
de normalisation et activités connexes
pour les membres de l’ISO et leurs par-
ties prenantes », et
« Participation accrue aux travaux tech-
niques de l’ISO ».
Les principaux objectifs d’un accord de
jumelage sont, pour les pays en déve-
loppement qui recherchent une assis-
tance et un renforcement des capacités,
d’apprendre par la pratique, en prenant
réellement en charge la gestion du comi-
té concerné. Le partenaire dans le pays
développé assure la formation, les activi-
tés de conseil et d’assistance nécessaires

96 Progresser rapidement
8.5 Autre assistance si qu’aux membres correspondants inté-
assurée aux pays en ressés à titre de membres observateurs.
développement Le DEVCO a un président, issu d’un
membre d’un pays en développement,
Si un certain nombre d’organisations ainsi qu’un secrétariat basé au Secrétariat
internationales comme l’ONUDI four- central de l’ISO à Genève. Le DEVCO se
nissent des formations ciblées et d’autres
réunit en réunion plénière une fois par
interventions d’aide aux pays en déve-
an avant l’Assemblée générale de l’ISO
loppement, le renforcement des capaci-
et le Groupe consultatif du Président se
tés dans le domaine de la normalisation
réunit plus fréquemment.
est hautement spécialisé. Il y a heureuse-
ment des aides. Les objectifs du DEVCO L’ISO, par l’intermédiaire de son dépar-
sont les suivants : tement Développement et services de
formation (DEVT), qui œuvre au sein
• Identifier les besoins et exigences des
pays en développement en matière du Secrétariat central de l’Organisation,
de normalisation et d’activités ap- assure les activités suivantes :
parentées (c’est-à-dire l’évaluation • Formations, séminaires et ateliers
de la conformité y compris l’accré- de sensibilisation dans les pays en
ditation, la qualité et la métrologie) développement sur des sujets en
et aider, si nécessaire, les pays en lien avec la normalisation à l’inten-
développement à définir ces besoins tion des membres de l’ISO et de
et exigences l’industrie
• Lorsque ces besoins et exigences au- • Renforcement des capacités des
ront été établis, recommander des membres de l’ISO et de leurs par-
mesures visant à aider les pays en
ties prenantes en matière d’élabo-
développement à les satisfaire
ration et d’utilisation des Normes
• Constituer un forum pour l’examen internationales
de tous les aspects de la normalisa-
• Formation approfondie des di-
tion et des activités apparentées et
rigeants des membres de l’ISO
pour l’échange d’expérience entre
dans les pays développés et en
pays développés et pays en dévelop-
développement
pement, et
• Aviser le Conseil de l’ISO sur ces • Formation des présidents et secréta-
questions riats de TC
• Coordination des parrainages pour
La qualité de membre du DEVCO est la participation à des réunions tech-
ouverte à tous les comités membres niques lorsqu’il existe des fonds
intéressés à titre de membres partici- octroyés par des organismes dona-
pants ou de membres observateurs, ain- teurs, et

Progresser rapidement 97
respondants ou membres abonnés. Le
Secrétariat central de l’ISO peut fournir
d’autres précisions à ce sujet.
Le Secrétariat central de l’ISO assure éga-
lement des formations sur les outils et
les modèles informatiques associés au
processus d’élaboration des normes. Il
a publié des documents utiles donnant
des informations de base sur les proces-
sus liés à l’organisation des comités de
l’ISO, notamment : « ISO en pratique » et
« Participer à la normalisation internatio-
nale », deux brochures qui peuvent être
obtenues auprès du Secrétariat central de
l’ISO. Une brochure sur les formations
offertes par l’ISO est également dispo-
nible au Secrétariat central. Un nouveau
cours de formation ISO sur les « Bonnes
pratiques de normalisation » est en pré-
paration ; il est axé sur la mise en œuvre
du « Code de pratique pour l’élaboration,
l’adoption et l’application des normes »
(voir annexe au présent document).
Les responsables des pays en dévelop-
pement et des pays à économies en
transition sont également ponctuelle-
ment parrainés pour participer à des réu-
nions de comités techniques de l’ISO qui
présentent de l’intérêt pour ces pays. En
particulier, de nombreux pays en déve-
loppement ont été parrainés pour par-
• Mise à disposition de publications ticiper à des réunions de l’ISO/TC 176,
de référence sur les questions tech- Management et assurance de la qualité,
niques liées à la normalisation et de l’ISO/TC 207, Management envi-
ronnemental, et un programme de ren-
On relèvera que les pays en dévelop- forcement des capacités de grande am-
pement ont la possibilité de payer des pleur a été déployé pour appuyer les
cotisations de membre de l’ISO relati- initiatives de normalisation dans le do-
vement faibles, en étant membres cor- maine de la responsabilité sociétale.

98 Progresser rapidement
Dans le contexte de l’évaluation de la 8.6 Représentation régionale
conformité, le CASCO, Comité de l’ISO des organisations
pour l’évaluation de la conformité, a lan- internationales à activités
cé un programme visant à convertir bon normatives
nombre des anciens guides et normes C’est au niveau de la coopération régio-
afin de les réunir en un ensemble inté- nale et sous-régionale sur la normalisa-
gré de normes, la série ISO 17000, en- tion et les questions apparentées qu’il est
semble connu sous le nom de « Boîte à le plus adapté d’organiser des formations,
outils du CASCO ». Le DEVT organise des de partager des expériences et d’optimiser
ateliers régionaux dans les pays en déve- la participation à la normalisation interna-
loppement afin de mieux faire connaître tionale. Toutes les organisations interna-
cette Boîte à outils. tionales à activités normatives sont actives
au niveau régional. En particulier, le Plan
En dehors de l’ISO, de nombreux autres
d’action de l’ISO pour les pays en déve-
organismes internationaux engagés
loppement, qui est fondé sur une consul-
dans la normalisation ont des comités
tation à grande échelle des membres de
spéciaux pour des pays en développe-
l’ISO et d’organisations internationales
ment et fixent des cotisations plus faibles au travers de contacts, d’études et de sé-
pour ces pays. Ils ont tous recours à di- minaires régionaux, définit un certain
verses mesures pour encourager la par- nombre d’actions destinées à mobiliser ses
ticipation à leurs réunions techniques, membres, les organisations régionales et
notamment : les organismes donateurs. Au sein de l’ISO,
• Assistance financière pour la partici- neuf régions ont été identifiées. Le Groupe
pation aux réunions consultatif du Président du DEVCO, res-
ponsable de surveiller l’avancement du
• Encouragement des interventions Plan d’action, est constitué de onze repré-
par écrit sur les propositions et vote sentants de différentes régions (dont huit
électronique issus des pays en développement).
• Organisation de séminaires pour La CEI a trois centres régionaux (pour les
améliorer la participation des pays régions Asie-Pacifique, Amérique latine
en développement et Amérique du nord), situés respective-
ment à Singapour, São Paulo (Brésil) et
Ces mesures sont complétées par la mise Worcester, Massachusetts (États-Unis). La
en place, par les organisations internatio- mission des centres régionaux est de pro-
nales telles que la FAO, l’OMS, l’OMC et mouvoir la sensibilisation et la connais-
la Banque mondiale, de fonds spéciaux sance de la CEI dans les régions, accroître
afin de faciliter, entre autres, la partici- l’utilisation des normes internationales de
pation des pays en développement aux la CEI et renforcer la participation de tous
réunions et de renforcer leur capacité à les pays de la région aux activités de la
participer aux activités de normalisation. Commission.

Progresser rapidement 99
Partie 9. Lectures complémentaires

Sites WEB • Brochure ISO/CEI Le droit d’au-


teur, les normes et l’Internet, dis-
• Site Web du BIPM : www.bipm.org ponible en ligne : www.iso.org/
• Site Web de la CEI : www.iec.ch iso/copyright_information_
brochure.pdf
• Site Web de l’ISO : www.iso.org
• Directives ISO/CEI :2004
• Site Web de l’UIT : www.itu.int
–– Partie 1 : Procédures pour les
• Site Web de l’OIML : www.oiml.org
travaux techniques
• Site Web de l’ONUDI :
–– Partie 2 : Règles de structure
www.unido.org
et de rédaction des Normes
• Site Web de l’OMC : www.wto.org internationales
–– Supplément : Procédures spéci-
Publications fiques à l’ISO
• Plan d’action de l’ISO pour les pays –– Disponibles en ligne : www.
en développement 2011-2015, dis- iso.org/iso/fr/stan-
dards_development/pro-
ponible en ligne : www.iso.org/
cesses_and_procedures/
iso/resources/developing_
countries/publications_and_ iso_iec_directives_and_
resources_devco.htm iso_supplement.htm

• Brochure ISO Participer à la norma- • Brochure ISO/CEI : Utilisation des


lisation internationale, 2007, dispo- normes ISO et CEI et de la réfé-
nible en ligne : www.iso.org/iso/ rence à celles-ci dans la réglemen-
joining_in_2007.pdf tation technique, 2007, disponible
• Code d’éthique de l’ISO, disponible en ligne : www.iso.org/iso/
publications_and_e-pro-
en ligne : www.iso.org/iso/ ducts/standards_develop-
codeethics_2004-en.pdf ment_publications.htm
• ISO POCOSA 2012 : Politique relative à • DCMAS : Building corresponding
la distribution des publications de l’ISO technical infrastructures to sup-
et à la protection du droit d’auteur de port sustainable development and
l’ISO trade in developing countries and
• Plan stratégique de l’ISO 2011- countries in transition, disponible
2015 disponible en ligne : www. à l’adresse : www.dcmas.net/
iso.org/iso/iso_strategic_ public-docs/background_
plan_2011-2015.pdf paper_2005.pdf

Progresser rapidement 101


Annexe

Extrait du « Code de pratique pour l’éla- G. En vue d’harmoniser le plus large-


boration, l’adoption et l’application des ment possible les normes, l’organisme
normes » de l’OMC (Publié en Annexe 3 à activité normative participera pleine-
à l’Accord de l’OMC sur les Obstacles ment et de manière appropriée, dans les
techniques au commerce) : limites de ses ressources, à l’élaboration,
par les organismes internationaux à acti-
vité normative compétents, de normes
« DISPOSITIONS DE FOND
internationales concernant la matière
D. Pour ce qui concerne les normes, l’or- pour laquelle il a adopté, ou prévoit
ganisme à activité normative accordera d’adopter, des normes. La participation
aux produits originaires du territoire de des organismes à activité normative du
tout autre Membre de l’OMC un traite- ressort territorial d’un Membre à une ac-
ment non moins favorable que celui qui tivité normative internationale particu-
est accordé aux produits similaires d’ori- lière aura lieu, chaque fois que cela sera
gine nationale et aux produits similaires possible, par l’intermédiaire d’une délé-
originaires de tout autre pays. gation représentant tous les organismes
à activité normative du territoire qui ont
E. L’organisme à activité normative fe- adopté, ou prévoient d’adopter, des
ra en sorte que l’élaboration, l’adop- normes concernant la matière visée par
tion ou l’application des normes n’aient l’activité normative internationale.
ni pour objet ni pour effet de créer des
obstacles non nécessaires au commerce
H. L’organisme à activité normative du
international.
ressort territorial d’un Membre fera tous
F. Dans les cas où des normes internatio- ses efforts pour éviter qu’il y ait dupli-
nales existent ou sont sur le point d’être cation ou chevauchement des travaux
mises en forme finale, l’organisme à ac- d’autres organismes à activité norma-
tivité normative utilisera ces normes ou tive du territoire national ou des tra-
leurs éléments pertinents comme base vaux des organismes internationaux ou
des normes qu’il élabore, sauf lorsque régionaux à activité normative compé-
ces normes internationales ou ces élé- tents. Ces organismes feront aussi tous
ments seront inefficaces ou inappro- leurs efforts pour arriver à un consen-
priés, par exemple en raison d’un niveau sus national au sujet des normes qu’ils
de protection insuffisant, de facteurs cli- élaborent. De même, l’organisme régio-
matiques ou géographiques fondamen- nal à activité normative fera tous ses ef-
taux ou de problèmes technologiques forts pour éviter qu’il y ait duplication
fondamentaux. ou chevauchement des travaux des orga-

Progresser rapidement 103


sur demande en français, en anglais ou
en espagnol.

L. Avant d’adopter une norme, l’orga-


nisme à activité normative ménagera
une période de 60 jours au moins aux
parties intéressées du ressort territorial
d’un Membre de l’OMC pour présenter
leurs observations au sujet du projet de
norme. Cette période pourra toutefois
être raccourcie au cas où des problèmes
urgents de sécurité, de santé ou de pro-
tection de l’environnement se posent ou
menacent de se poser.

M. À la demande de toute partie inté-


ressée du ressort territorial d’un Membre
de l’OMC, l’organisme à activité norma-
tive lui fournira dans les moindres dé-
lais, ou prendra des dispositions pour lui
nismes internationaux à activité norma-
fournir dans les moindres délais, le texte
tive compétents.
d’un projet de norme qu’il aura soumis
I. Dans tous les cas où cela sera appro- pour observations. Toute redevance per-
prié, l’organisme à activité normative çue pour ce service, abstraction faite des
définira les normes basées sur les pres- frais réels d’expédition, sera la même
criptions relatives au produit en fonction pour les parties étrangères et pour les
des propriétés d’emploi du produit plu- parties nationales.
tôt que de sa conception ou de ses ca-
N. L’organisme à activité normative tien-
ractéristiques descriptives.
dra compte, dans la suite de l’élabora-
J. Au moins tous les six mois, l’orga- tion de la norme, des observations re-
nisme à activité normative fera paraître çues pendant la période prévue à cette
un programme de travail indiquant ses fin. Si demande en est faite, il sera ré-
nom et adresse, les normes qu’il est en pondu aussi rapidement que possible
train d’élaborer et celles qu’il a adop- aux observations reçues par l’intermé-
tées dans la période précédente. Une diaire des organismes à activité norma-
norme est en cours d’élaboration de- tive qui ont accepté le présent code. La
puis le moment où la décision est prise réponse comprendra une explication des
de la mettre au point jusqu’à celui où raisons pour lesquelles il est nécessaire
elle est adoptée. Les titres de projets de de s’écarter des normes internationales
normes spécifiques seront communiqués pertinentes.

104 Progresser rapidement


O. Une fois adoptée, la norme sera pu- tion, sera la même pour les parties étran-
bliée dans les moindres délais. gères et pour les parties nationales.

P. À la demande de toute partie intéres- Q. L’organisme à activité normative exa-


sée du ressort territorial d’un Membre de minera avec compréhension les repré-
l’OMC, l’organisme à activité normative sentations au sujet du fonctionnement
lui fournira dans les moindres délais, ou du présent code qui émaneront d’or-
prendra des dispositions pour lui fournir ganismes à activité normative ayant ac-
dans les moindres délais, copie de son cepté le présent code et ménagera des
programme de travail le plus récent ou possibilités adéquates de consultation. Il
du texte d’une norme qu’il a élaborée. fera un effort objectif pour donner suite
Toute redevance perçue pour ce service, à toutes plaintes. »
abstraction faite des frais réels d’expédi-

Progresser rapidement 105


Secrétariat central de l’ISO
Organisation internationale Tel. +41 22 749 01 11
de normalisation Fax +41 22 733 34 30
1, chemin de la Voie-Creuse E-mail central@iso.org
Case postale 56 Web www.iso.org
CH -1211 Genève 20 ISBN 978-92-67-20582-3
Suisse © ISO, 2013-01/1 000

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