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Lycée Malick Sy

Février 2020

Discipline : philosophie

Classe terminal S1

Professeur : Mme Diagne

Exposé sur Apologie de Socrate

Socrate : « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue »
Exposants :
Oumou Kalsoum Diakité
Abdou Karim Diallo
Fatou Gaye Niane
Khadim Diop
PLAN

INTRODUCTION

I-Présentation de l’œuvre

1) Présentation de l’auteur
2) Présentation de l’œuvre (personnages et thèmes)
II-Etude de l’œuvre
1) Première partie
2) Deuxième partie
3) Troisième partie

CONCLUSION

INTRODUCTION

L’apologie de Socrate , ouvrage écrit par Platon, disciple de Socrate, pour relater les faits du procès
de son maître comparu devant le tribunal célèbre d'Athènes, l'Héliée, en 399 avant Jésus Christ.
Accusé par Mélétos,Anytos et Lycon d'impiété et de corruption de la jeunesse. D’autres accusations
qu'il qualifie de calomnies lui furent portées d'antan par Aristophane qui l'accuse de professer
l'incrédulité la plus complète à l'égard des dieux de la religion grecque et de monnayer son
enseignement comme un véritable sophiste.il contribuera largement au long processus de
diffamation qui aboutit aux accusations récentes. Dans sa plaidoirie Socrate entreprend de dissiper
ce malentendu en faisant comprendre que son originalité ne tient pas à des pratiques impies mais à
la profession d'un savoir d'un type très spécial puisqu'il consiste à ignorer et savoir ce que l'on
ignore. Car ayant été proclamé le plus sage des hommes par l'oracle de Delphes (tradition rapportée
par Chéréphon, ami d'enfance de Socrate), Socrate en fait une mission pour comprendre ce qu'a bien
pu vouloir dire l'oracle. Selon le philosophe athénien, l'ignorance se présente comme sûre d'elle
même alors que la reconnaissance de son ignorance marque le début de la sagesse .En ce moment,
nécessité se présente pour Socrate de guider ses concitoyens dans un travail critique et
philosophique. D'où la méthode socratique qui est fondée sur l'ironie et qui vise par des
interrogations successives à faire reconnaître à l'interlocuteur son ignorance. Cela a suscité à bien
des égards une certaine antipathie de ceux sur lesquels il se livre à cet exercice. Cette pratique à l'
égard des croyances de son temps dérange et inquiète certains athéniens, ce qui lui a valu
injustement sous le double rapport de ses accusations anciennes et récentes ce procès qu'il structura
selon les pratiques que lui permettaient la jurisprudence en trois discours

I-Présentation de l’œuvre.

Biographie

Platon est né vers 428 / 427 av. J.-C à Athènes. Issu d’une famille aristocratique, Platon reçoit une
éducation artistique et littéraire, et manifeste un intérêt pour la politique. Mais, sa rencontre avec
Socrate vers 408 / 407 av J.C finira par déterminer sa vocation philosophique. Platon devient un de
ses disciples le plus illustre. A cet effet, l’entreprise philosophique platonicienne sera toute entière
empreinte de l’enseignement de Socrate et pénétrée de la présence et de la personnalité de ce
dernier. C’est pourquoi lorsque celui-ci est condamné en 399, Platon s’indigne de la décision du
tribunal qui révèle l’échec de l’institution politique athénienne. Il est convaincu de la nécessité d’une
réforme de la théorie politique. Il voyage pendant quelque temps après la mort de Socrate, et
entreprend en 388 son premier périple en Sicile, sur l’invitation du tyran Denys I, en lequel il croit
apercevoir le roi-philosophe. Son séjour sera mouvementé, il rentre à Athènes en 387 et fonde
l’Académie, considérée comme la première école de philosophie bien organisée. En 366, Platon se
laisse convaincre d’effectuer un nouveau voyage en Sicile afin d’assurer l’éducation du nouveau
monarque de Syracuse, Denys le Jeune, et de lui enseigner l’art de gouverner en philosophe. Mais,
l’expérience échoue une fois encore et un dernier séjour en 361 dissuade définitivement Platon
d’appliquer ses théories en politique. Le philosophe consacre les dernières années de sa vie à
enseigner à l’Académie et à écrire. Il meurt à l’âge de quatre-vingts ans environ en 348 / 347 av J.C
dans sa ville natale.
Bibliographie

Nous constatons que la quasi-totalité des œuvres de Platon sont écrites sous forme de dialogues.
Ceux-ci auraient été destinés à l’éducation du grand public, parallèlement à un enseignement
dispensé oralement par Platon à l’Académie. Les dialogues sont généralement menés par Socrate,
qui incarne pour Platon la figure du philosophe, homme libre animé du désir de savoir et qui voue un
véritable amour à la vérité. Des idées philosophiques y sont avancées, discutées et critiquées dans le
cadre d’une conversation ou d’un débat entre deux ou plusieurs personnes. Ce débat s’organise en
parfaite adéquation avec le modèle de la maïeutique socratique. Cette maïeutique devient un
instrument permettant de s’approcher de la vérité et met en évidence tout ce contre quoi trébuche
la pensée pour l’atteindre.

La production de Platon comprend trente-cinq dialogues et treize lettres. L’authenticité de certains


dialogues et de la plupart des lettres a été contestée. On peut diviser les dialogues en trois périodes
de composition :

- Les dialogues de jeunesse : L’Apologie de Socrate, Criton, Euthyphron etc. Les premiers dialogues
présentent la pensée socratique et la méthode de la maïeutique ;

- Les dialogues de maturité: Le Banquet, La République, Le Phédon, Le Ménon, Le Phédre, dans


lesquels est exposée la théorie des idées ;

- Les dialogues de vieillesse : Le Théétète, Le Parménide, Le Timée, Critias, Les lois etc. Dans ces
dialogues la théorie des idées est discutée et approfondie.
Présentation de l’œuvre ( thème et ses personnages)

Socrate : Personnage principal accusé devant la justice. Fils d'un artisan sculpteur et d'une sage
femme, Socrate a très tôt été attiré par les questions morales. Citoyen exemplaire il s'oppose à la
démagogie qui règne alors à Athènes. Dans des discussions qu’il dirige en maître avec les habitants
de la ville il pousse chacun à dépasser le niveau de vérité du sens commun et à partir d'une enquête
de la connaissance vraie. De plus puisque l'ignorance mène à l'injustice il tente d'abolir la séparation
entre la raison et la recherche du bien contrairement aux sophistes et aux défenseurs de la
rhétorique .Même s'il n’a laissé aucune trace écrite Socrate est considéré comme le père de la
philosophie morale.

Mélétos : il est un auteur et poète tragique du cinquième siècle avant J.C. Connu comme l un des
principaux accusateurs de Socrate. C'est lui qui a déposé officiellement la plainte

Anytos : Faisant partie des accusateurs de Socrate c'est un homme d'Athènes et il se montre
farouche adversaire des sophistes et prend Socrate pour un ou un proche de ces derniers

Lycon : Homme politique athénien du cinquième siècle avant J.C c'est l'un des personnages dont on
sait peut de chose. Orateur il fait partie des accusateurs de Socrate.

Quelques thèmes abordés dans l'apologie de Socrate

La philosophie

L'écriture de Platon a permis de conserver la pensée socratique. Le thème essentiel de la pensée


socratique ne concerne plus la nature mais plutôt les problèmes de la destinée humaine. C'est à dire
le sort de l homme au sein du monde. Pour Socrate, le rôle de la philosophie constitue à conduire
l'ignorance à la sagesse par l'intermédiaire de la maïeutique ou l’art d'accoucher les esprits. Il ne se
déclare pas détenteur du savoir mais en saisissant les contradictions dans les prétendus détenteurs
du savoir de ses interlocuteurs, il les aide à redevenir sages et à redécouvrir la vérité en eux mêmes.
La maïeutique suppose que chacun de nous possède la connaissance à son issu. Cela signifie en clair
que l’âme humaine portait en elle-même la vérité. Cependant après avoir bu l’eau du fleuve de
l’oublie (fleuve Léthé) . Selon Socrate ce que les hommes appellent ignorance n’est que l’oublie
alors que la connaissance est principalement Réminiscence souvenir et que la tâche du philosophe
consiste à nous y aidé, d'où l'objet de la maïeutique .En termes plus précis ce programme de
connaissance de soi indique que le rôle du philosophe ne consiste pas à fournir un savoir ni
formules définitives mais plutôt de faire naître en nous la vérité . Il convient donc de saisir que l
attitude de Socrate qui se contente principalement de réveiller les consciences endormies dans les
idées reçues. Dans cette élan Socrate ne se conduit pas comme un être qui dispense des
connaissances toutes faites puisque lui même n en possède pas traduisant ainsi le caractère
humble du philosophe d où les paroles suivantes " tout ce que je sais c est que je ne sais rien "

La mort

Socrate donne l impression de ne pas vouloir se défendre d'une mort certaine. Il suscite même des
questions telles que : la mort est elle bien ou mal Et Face à une mort indéniable Socrate sert la cité
jusqu'au bout. Ce dernier ne craint pas la mort pour le simple fait que il ne sait pas ce que c est et
que c est une nécessité pour chacun des mortels a un moment ou un autre mais s éviter une mort
honteux reste la chose le plus essentielle

La justice

La recherche de la justice constitue l’intérêt immédiat de Socrate auquel tous les autres se
subordonnent. Socrate perd sa réputation l estime des autres citoyens mais il le fait en toute
connaissance de cause parce que la l’intérêt de la justice prime sur tout. Ce que souligne l’apologie
de Socrate c’est la tension qui peut exister entre la loi (l’égalité) et la justice. En effet lorsque Socrate
demande a Méletos ce qui rend les jeunes meilleur il répond "les lois" et confond sans doute l’idée
de la justice avec l’idée de l’égalité. Ainsi le plus juste est parfois celui qui sait aller à l’encontre des
lois écrites. Et Socrate refuse d’exécuter une action objectivement injuste. Ainsi, selon Socrate mieux
vaut mourir que de se soustraire à son devoir.

II-Etude de l’œuvre

1) Première partie

Dans le préambule de son apologie Socrate dans une rhétorique tout à fait simpliste insiste sur le
caractère infondé des accusations portées à son encontre et affirme d' ailleurs que de lui les juges
n'entendrons que la vérité saine au nom de la justice athénienne. Il s'en suit la réfutation des
accusations lesquelles d'ailleurs selon Socrate se subdivisent essentiellement en deux. D’une part les
accusations récentes portées par Mélotos, Lycon et Anythos à travers l'acte d'accusation et d'autre
part les calomnies qu'il juge d' ailleurs plus dangereuses.

Il s'efforcera d'abord de répondre aux premières accusations qui se propagent depuis un certain
temps. En effet, il est accusé de sonder les mystères de la nature, de faire d'une bonne cause une
mauvaise et de pousser les autres à en faire de même. C'est ainsi qu'il sera représenté par un poète
comique du nom d'Aristophane" se promenant dans les aires et débitant toute sortes de sottises
.C'est dans ce sens que Socrate le considère comme l'un de ses calomniateurs ainsi il se défendra
dans son allocution en déclarant n'avoir une connaissance ni grande ni petite de la nature
.Également il fait remarquer qu'il n'a jamais fait payer ses discussions aux gens qu'il croisait dans la
rue et qu’ 'il n'avait jamais eu de disciples ; de ce fait il prend d' ailleurs au public athénien comme
témoin et leur demande de s'éclairer mutuellement. D'où lui vient donc ce renom car si sa vie était
aussi simple qu'il le prétend, il n'aurait pas tellement fait parler de lui. Le fait en est qu’il a entait
déclaré l'homme le plus sage par l'oracle de Delphe et depuis il s'emploie à peser la véracité de ces
propos. Ainsi il interroge les hommes censés être le plus sages et leur démontre qu'en fait il ne ils ne
l'étaient pas ce qui ne manquera pas s'offusquer certaines personnes .Il a ainsi reconnu un certain
avantage sur eux dans la mesure où n'étant pas sage, il ne prétendait pas non plus l'être. Les jeunes
gens qui le fréquentaient n'hésitent pas à en faire de même et c'est qu’ 'il sera accusé de corruption
de la jeunesse par Méletos qu'il s'attellera d'ailleurs de réfuter. En ce qui concerne le grief de
corruption de la jeunesse, Méletos ne connait rien à ce qu'il reproche à Socrate et quant à
l'accusation d’impiété, il se trompe de cible" c'est Anaxagore qu'il croit accuser" et se contredit lui
même en prétendant que Socrate est athée tout en l'accusant de croire aux démons. Il s'auto suffit
de cette démonstration car pour lui ce sont les calomnies qui le condamnerons et non Méletos.
2)Deuxième partie

Socrate ne s'était pas trompé. En effet il a été reconnu coupable par les juges. Il sera d'abord surpris
de cette sentence mais se réjouit d'avoir été reconnu coupable à faible majorité. La peine proposé
par Méletos fut la mort et Socrate tenu aussi de fixer une peine convenable c'est-à-dire à la mesure
des actes qui lui son reproché au vu des efforts qu’il a généreusement fournis pour Athènes déclare
mériter d'être nourris au prytanée c'est-à-dire dire aux frais de l'Etat tel qu'il était d'usage pour les
citoyens modèles. Ce qui ne manquera pas de frustrer le jury. C'est par la suite qu'il proposera de
payer une amende d'une mine (tout ce qu'il pouvait payer à l'époque) et sous l'instance de ses amis
finira par proposer trente mines.

3)Troisième partie

La sentence fut. La peine de mort et Socrate avant de quitter l'Heliée clôt son procès par une
conversation informelle avec les juges qui l'ont condamné mais aussi avec ceux qui l'ont acquitté.
Cette péroraison sera l'occasion pour le philosophe athénien de discourir sur la mort. Aux juges qui l'
ont condamné, Socrate leur dira que ce qu'il a perdu ce n'est point son incompétence à tenir un
discours persuasif, qui saurait les plaire, mais ce qu'il a perdu c'est son incapacité de se rabaisser à
une dimension pitoyable indécent d' un homme libre.il l'asserta en ces termes :  « Ce qui m'a manqué
pour être acquitté ,ce ne sont pas les discours, c'est la volonté de vous faire entendre ce qui vous
aurait été le plus agréable, Socrate pleurant, gémissant, faisant et disant des choses que j 'estime
indignes de moi». A Socrate d'ajouter que cette sentence ne peut en rien résoudre leurs problèmes
et ils se nuisent plus à eux-mêmes qu'ils ne lui ont accusé du tort. Car par leur faute, ils ont privé à la
société athénienne de ce qui pourrait la mener vers le bonheur.il prédit également un sort terrible à
ses accusateurs qui ne sauraient échapper aux censures d’une jeunesse moins retenue que lui.

Aux juges qui l'ont acquitté il leur demanda de causer avec lui pour un instant afin d'interpréter ce
qui vient de se passer, c'est-à-dire sa condamnation. Tandis que le public considère sa condamnation
comme le plus grand des malheurs, Socrate ne semble pas apeuré par son sort, au contraire
profondément convaincu du fait que la mort n’est pas un mal.il affirma en outre que le signe divin ne
l'a averti d'aucun mal (il disait avoir une mission divine). Ainsi Socrate rappelle les deux
représentations populaires de la mort :"Ou bien effectivement celui qui est mort n'est plus rien et ne
peut avoir aucune conscience de rien, ou bien comme on le raconte c'est un changement, et pour
l'âme un changement de domicile qui fait qu'il passe d'un lieu à un autre ". Dans l'une comme dans
l'autre, la mort est quelque chose de profitable aux yeux de socrate.il reste convaincu qu'aucun mal
ne peut toucher un homme de bien ni pendant sa vie ni après sa mort. Enfin, il incombe aux juges la
punition de ses enfants lorsqu'ils préféreraient les richesses plutôt que la vertue.De cette façon ils
seront justes envers lui comme envers ses fils .il prend congé d'eux en ces mots :"Mais Voici l’heure
de nous en aller, moi pour mourir, vous pour vivre. De mon sort ou du votre, lequel est le meilleur ?
Personne ne le sait si ce n'est la divinité".
CONCLUSION

L'apologie de Socrate est une de ses œuvres qui ont incontestablement jeté les bases de la
philosophie moderne.il est également intéressant de la lire de la plume d'une personnalité aussi
indiquée que Platon qui à travers son ouvrage met en exergue la rationalité philosophique à travers
le personnage de Socrate. L’image du sage sera celle d'une victime méprisée, incomprise et
condamnée par l'ignorance de son public. Remarquons qu'il est facile pour nous, avec du recul de
percevoir immédiatement l'injustice de ce procès. Socrate se distinguait peu des sophistes et il y
avait dans son entourage des individus plutôt opportunistes. Si Socrate apporte une défense peu
convaincante et ironique, peut-être est-ce dû à sa volonté de montrer que les idées sont plus
importantes que la vie. Cette thématique justice- philosophie se retrouve dans plusieurs productions
de l’auteur et celle-ci n'y fait pas exception et dans une visée coutumière de donner à l’homme les
valeurs morales les plus hautes. Ainsi à l’approche de la mort Socrate semble être plus philosophe
que jamais :"Seule la pratique de la philosophie rend la vie digne d’être vécue, et en corollaire,
permet d'accepter la mort".

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