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Art et histoire 

: Olivier Henry

ART ET HISTOIRE : OLIVIER HENRY 1

INTRODUCTION A ARCHEOLOGIE ET TEXTES : REGARDS CROISES SUR LES

THEÂTRES DE L’ANTIQUITE ET HISTOIRE, FORMES ET ARCHEOLOGIE DU THEATRE

ANTIQUE 3

SEANCE 1 : INTRODUCTION GENERALE 3

I – LE THEATRE ANTIQUE 3

II – LE CONTEXTE HISTORIQUE 4

1 – Les périodes historiques grecques 4

2 – La cité grecque 5

3 – La colonisation grecque 5

4 – Les jeux panhelléniques de la période 6

II – LES SOURCES DU THEATRE GREC ANTIQUE 6

1 – Les textes littéraires 6

2 – La documentation épigraphique 6

3 – Les vestiges archéologiques 7

III -CONCLUSION 7

SEANCE 2 : THEATRE ET CULTE – PREMIERE PARTIE 8

INTRODUCTION 8

I – LES DIVINITES DU THEATRE 8

1 – Dionysos 8

2 – Apollon 9

II – LES CONCOURS MUSICAUX ET LEUR PROGRAMME 9

1 – Epreuves de hérauts et de trompettistes 9


2 – Les cinq autres épreuves 10

SEANCE 3 : THEATRE ET CULTE – SECONDE PARTIE 11

I – L’EXEMPLE ATHENIEN 11

1 – Organisation des grandes fêtes et des concours musicaux. 11

2 – Les Grandes Dionysies ou Dionysies Urbaines 12

3 – Les Grandes Panathénées 13

CONCLUSION DE THEATRE ET CULTE 13

SEANCE 4 : NAISSANCE ET DEVELOPPEMENT DES EDIFICES DE SPECTACLES –

PREMIERE PARTIE 14

INTRODUCTION 14

I – EVOLUTION HISTORIQUE DU THEATRE GREC 15

1 – Les édifices d’époque classique 15

2 – Les décors, machines, costumes et masques 16

3 – Le théâtre à l’époque hellénistique 17

4 – Les évolutions de la mise en scène 18

SEANCE 5 : NAISSANCE ET DEVELOPPEMENT DES EDIFICES DE SPECTACLES –

SECONDE PARTIE 18

I – LES CARACTERISTIQUES DU THEATRE ROMAIN 18

1 – Architecture des théâtres romains 19

2 – Développement du théâtre romain 20

3 – L’ornementation des théâtres romains 22


INTRODUCTION A ARCHEOLOGIE ET TEXTES : REGARDS CROISES

SUR LES THEÂTRES DE L’ANTIQUITE ET HISTOIRE, FORMES ET

ARCHEOLOGIE DU THEATRE ANTIQUE

Le but premier de ce cours est de donner accès aux connaissances les plus récentes et les plus

complètes sur les théâtres de l’Antiquité. L’idée est de faire comprendre que l’accès aux connaissances et à

l’interprétation des éléments qui nous sont parvenus posent des problèmes et permettre de comprendre qu’il

y est des désaccords parmi les théoriciens et chercheurs contemporains du théâtre antique. Il est également

l’occasion pour les enseignants-chercheurs d’utiliser cet objet d’étude pour nous initier à leurs disciplines –

études théâtrales et archéologies – et ils ne vont pas nécessairement développer de la même manière. Les

théâtres antiques possèdent un statut très paradoxal : ils sont très éloignés de nous mais ont en même temps

une place centrale.

SEANCE 1 : INTRODUCTION GENERALE

I – LE THEATRE ANTIQUE

Le théâtre dans l’Antiquité est un art total : il s’agit d’un art très complet puisqu’on parle à la

fois des pièces jouées, mais aussi de chants, de danses, de musiques et surtout de décors architecturaux. Il

s’agit d’un art qui produit des œuvres textuelles, mais qui permet de donner le reflet d’un contexte à la fois

social, politique et culturel. Il y a une certaine familiarité naturelle entre le théâtre d’aujourd’hui et le théâtre

antique : le theatron désigne un lieu de spectacle plus que le spectacle lui-même, puisque ce spectacle se

caractérise par la présence d’un public. Il existe une séparation entre des zones étagés pour les spectateurs et

une zone réservée aux artistes ; l’espace des artistes est marqué par des espaces visibles et des espaces

invisibles. Il y a dans le théâtre une série de conventions acceptées qui lient les spectateurs appelé l’illusion

théâtrale ; la scène est un espace fictif. Cette illusion théâtrale permet également l’apparence de

l’invraisemblable puisque le théâtre peut montrer ces éléments. Aujourd’hui, on reconnaît le théâtre grec, on

est capable de le jouer.


Le théâtre grec est bien différent de celui d’aujourd’hui : toutes les représentations théâtrales

dans le monde grec ont lieus en journées, joués systématiquement joués dans une démarche religieuse, dans

des jours spécifiques. Le théâtre grec s’instaure dans un contexte de concours. Chaque pièce du théâtre grec

est écrite pour une unique représentation, du moins jusqu’à l’époque hellénistique, où va se développer des

transformations – professionnalisation du métier d’acteurs, créations d’organisations théâtrales. Toutes ces

différences s’expliquent par le fait que le théâtre grec est bien différent de notre théâtre contemporain.

L’objectif de ce cours est d’aborder les sociétés grecs et romaines antiques par le biais du théâtre

puisque ce théâtre possède des liens très étroits avec les organisations religieuses, politiques et sociales de

ces sociétés. Le but est de comprendre comment ce théâtre s’organise au sein des sociétés en s’interrogeant

sur les caractéristiques du public antique, mais aussi les tenues, les costumes, les acteurs. Il s’agit de

comprendre comment ce théâtre est devenu la marque d’une culture gréco-romaine pour nous, encore

aujourd’hui.

II – LE CONTEXTE HISTORIQUE

1 – Les périodes historiques grecques

La Grèce évolue sur quatre périodes précises : une époque archaïque, de -800 à -480 avant Jésus

Christ, une époque classique, de -480 à -323, de l’époque hellénistique, de -323 à -31, et enfin une époque

impériale, de -31 à 400 après Jésus Christ. L’époque archaïque correspond généralement à la naissance de la

discipline théâtrale, l’époque classique au développement de la discipline et l’époque hellénistique à la

diffusion de la discipline et la création d’édifices. La période archaïque est fondamentale pour la Grèce

puisqu’au huitième siècle avant notre ère, l’écriture réapparait, et on voit ensuite l’émergence des textes

homériques d’Homère, un Aède – poète compositeur – originaire de la Grèce de l’Est, la poésie orale

transmise par des Rhapsodes, et vers 550 avant J.C, le tyran Pisistrate ordonne la transcription officielle de

L’Illiade et l’Odyssée. Dans ces ouvrages, on se rend compte que ces textes sont issus d’une tradition orale,

caractérisée par la répétition successive qui permettait de mieux mémoriser le texte. Ces textes sont restés

des textes oraux jusqu’à la transcription officielle. A partir de la retranscription, ces ouvrages deviennent des

ouvrages culturels obligés pour la Grèce. Il s’agit également la source d’un répertoire iconographique vaste.
2 – La cité grecque

Dans le monde grec, l’idée moderne de nation n’existe pas et il n’y a pas d’unification politique :

le monde grec se compose d’un ensemble de cités indépendantes ; la cité grecque est une unité politique

avec une valeur physique et immatérielle – la cité est l’ensemble des citoyens – définie par un corps civique

(POLIS), et l’entité matérielle se compose d’une ville et d’un territoire.

Dans la ville on trouve les éléments principaux d’une entité urbaine, c’est-à-dire des bâtiments civils

destinés à l’ensemble des citoyens, des espaces, entourés d’une fortification ; elle est donc composée de la

ville (ASTY) et de la campagne (CHORA). Il faut que la cité puisse ne pas dépendre des cités voisines et

que sa survie ne dépend pas d’un commerce, ainsi elle comporte un territoire important. Chaque cité dispose

de son propre système politique : la représentation des citoyens est assurée par le Conseil (BOULE) et

l’Assemblée du peuple (EKKLESIA), qui votait les lois en directes. Malgré ce caractère très indépendant, il

existait une unité grecque, qui ne se faisait pas à travers un droit du sang ou du sol, mais une reconnaissance

qui se fait à travers la koinè, soit une communauté de langue et de culture. Les grecs avaient conscience

d’appartenir à cette unité culturelle grecque, qui s’est largement agrandie, notamment à travers la

colonisation grecque. La mentalité grecque dans les cités est totalement différente que la contemporaine : il

existait des différences notables entre les citoyens et les non-citoyens.

Dans ce cadre, le théâtre est un élément entièrement financé à l’origine par la cité, après la

décision de l’EKKLESIA et de la BOULE : le théâtre s’inscrit dans une démarche religieuse et donc le cadre

et le culte est financé par l’ensemble des citoyens. Lors des représentations théâtrales, tout le monde était

invité, qu’il soit citoyen ou non-citoyen. Les magistrats s’occupent des concours et ces magistrats sont tirés

au sort, en charge de l’organisation et du bon déroulement des concours. Cette culture grecque organisée

autour des théâtres va également devenir importante avec la colonisation.

3 – La colonisation grecque

Le principe de la cité est d’être une entité autonome, c’est-à-dire que la ville vit et survit avec

son indépendance ; néanmoins les problèmes commencent lors des périodes de prospérité : lorsqu’on connaît

une période de prospérité, la cité s’enrichit et donc la vie s’enrichit et les familles s’agrandissent

naturellement. Le problème est qu’on va atteindre une limite : la population devenant croissante, les cultures
vont annoncer une période de crise à venir. Pour pallier à ces crises, la Grèce va s’en servir de la

colonisation : on va envoyer plusieurs habitants de la cité colonisé de nouveau territoire. Lorsqu’on participe

à la colonisation, on découvre de nouveaux horizons, de nouvelles terres, et parfois le statut social des

individus et des descendants vont devenir importante dans la colonie. Il va également se créer un lien très

fort entre la colonie et la cité grecque. Cela crée des cités identiques à la cité-mère, et parfois les colonies

deviennent plus importantes. Cette colonisation va s’organiser en cascade : lorsqu’une colonie devient trop

grande, la colonie elle-même va créer une autre colonie. On parle ainsi d’hellénisation, soit la diffusion de la

culture et de langue grecque. Grâce à cette colonisation les échanges deviennent importants dans le bassin

méditerranéen et on voit la diffusion de la culture. Cette hellénisation explique l’expansion du théâtre car

elle explique la nécessité de maintenir ce lien culturel entre les populations, notamment dans des cités

panhelléniques. Les dimensions de l’espace grec vont s’étendre dès le huitième siècle avant notre ère.

4 – Les jeux panhelléniques de la période

Les jeux panhelléniques sont des jeux organisés pour célébrer l’unité de la culture grecque et qui

sont repartis à travers l’intégralité du monde grec.

II – LES SOURCES DU THEATRE GREC ANTIQUE

1 – Les textes littéraires

Les sources du théâtre grec sont avant tout les textes théâtraux – des pièces de théâtres et traités

– qui forme un ensemble ni fiable et n’étant pas représentatif ; les textes antiques ont étés recopiés plus ou

moins fidèlement et les procédés d’écritures ne sont pas les mêmes. Les textes présentent également un

paradoxe : la période du cinquième siècle montre de nombreux textes alors que le théâtre en dur n’existe pas

encore.

2 – La documentation épigraphique

Il existe aussi la documentation épigraphique – écrite sur tout autre support que le papyrus ou le

parchemin – en particulier les inscriptions agonistiques. Il faut comprendre cette documentation

épigraphique de manière très large : ces inscriptions possèdent une grande palette d’inscription différentes,

comme des dédicaces de bâtiments, des mentions de réparations, de mentions de noms inscrit sur les

gradins. Il y a également des inscriptions d’une clientèle avec le nom de gladiateur gravé par le fan. On
trouve également des stèles et des éléments honorifiques : les stèles représentent des textes de lois, souvent

liés à des dépenses d’argent avec des comptes. Les inscriptions agonistiques sont de quatre ordres :

premièrement, des décrets honorifiques pour des personnages remarquables pour leur action bénéfique pour

toute la cité par exemple, deuxièmement les décrets qui concernent la création de concours et donnent le

calendrier des épreuves, troisièmement des inscriptions d’organisation d’artistes et enfin les inscriptions

funéraires qui mentionnent la carrière d’un artiste ou d’un magistrat.

3 – Les vestiges archéologiques

Les vestiges archéologiques concernent à la fois le théâtre en lui-même et toute la décoration

présentes. La plupart des constructions datent de la période hellénistique et de la période romaine ; on parle

de pétrification du théâtre. Le Théâtre d’Epidaure s’inscrit physiquement dans le cadre d’un sanctuaire

d’Asclépios, le Théâtre de Lyon lourdement restauré sont des exemples de vestiges archéologiques. L’un des

plus anciens théâtres du monde grec est le Théâtre de Dionysos, au centre du culte de Dionysos et de

l’explosion architectural que connaîtrons les théâtres.

Les vestiges archéologiques ne sont pas seulement architecturaux, mais peuvent également être

des sculptures, des bas-reliefs, et des images visuelles. On retrouve un certain nombre de masques, utilisés

dans les spectacles, mais aussi des vases et des stèles. Ces images sont en très grande abondance, témoignant

de l’extraordinaire succès que le théâtre va avoir dans la société grecque et romaine. Ces vestiges vont nous

renseigner.

III -CONCLUSION

On peut approcher au mieux les caractéristiques physiques du théâtre grec en confrontant les

sources ; ce théâtre a profondément influencé le théâtre européen contemporain puisque l’art théâtral donne

de nombreuses informations, notamment sur les liens unissant les hommes et les dieux. On va analyser dans

un premier temps le lien entre le théâtre et le divin et dans un second temps la naissance et le développement

des édifices du spectacles.


SEANCE 2 : THEATRE ET CULTE – PREMIERE PARTIE

INTRODUCTION

Les représentations aux théâtres sont intimement liées aux cultes rendus aux divinités, et ils

n’existent pas de représentations en dehors des concours (AGON) ; la société grecque est basée sur

l’émulation liés aux théâtres et aux concours. Les théâtres sont très souvent associés à un sanctuaire, centrés

sur le temple, comme avec le temple d’Apollon à Delphes, et le théâtre est intégré à l’intérieur de l’espace

sacré. Le théâtre de Dionysos à Athènes est construit au pied du versant sud de l’Acropole et est directement

en contact avec le sanctuaire de Dionysos.

Cette importance de l’émulation explique aussi la multiplication des concours offerts à un grand

nombre des divinités, principalement Dionysos et Apollon ; on distingue trois grands types de concours : les

concours hippiques – courses d’attelages et de chevaux montés à l’hippodrome – les concours gymniques –

courses, lancers et sports de combat au stade – et les concours musicaux – épreuves de poésie, de musique

instrumentale, de chants, de danses et de drames au théâtre. La diversité des épreuves des concours

musicaux s’explique par le patronage des neufs muses – Clio pour l’histoire, Euterpe pour la musique,

Thalie pour la comédie, Melpomène pour la tragédie, Terpsichore pour la danse, Erato pour le chœur

lyrique, Polymnie pour la poésie, Uranie pour l’astronomie et Calliope pour l’épopée – les filles de Zeus et

Mnémosyne (la Mémoire) ; ces muses sont les représentations allégoriques des arts représentés aux théâtres

et elles sont célébrés au Mouseion, un lieu où l’on expose les arts. Ces concours anciens sont relativement

anciens puisqu’on trouve des traces de ces concours dans l’odyssée homérique.

I – LES DIVINITES DU THEATRE

1 – Dionysos

Dionysos, fils de Zeus et de la mortelle Sémélé, est une divinité d’abord orientale consacré au

vin, à l’ivresse et par conséquent il représente la transgression ; on le représente très souvent d’une thiase

composée de satyre, des hybrides mi-homme mi-bouc, et des ménades. Dans le culte de Dionysos, on trouve

un certain nombre d’éléments et représentations inscrites dans le déroulement du culte qui formera ce qu’est

le théâtre, comme le chœur d’hommes, les improvisations et autres. Appelées Grandes Dionysies, ces fêtes

sont instituées à Athènes par le tyran Pisistrate vers 532 avant notre ère ; les épreuves au sens des dionysies
sont le dithyrambe – un hymne chanté par un chœur composé de cinquante hommes et cinquante garçons

accompagné de danses et de l’aulos – la comédie à partir de 486 avant notre ère, le drame satyrique – sujet

mythologique grave mais avec un chœur composé de satyres – et enfin la tragédie – de « tragos », le bouc

que l’on sacrifie à Dionysos – qui apparaît entre 536 et 533 avant notre ère. Toutes les festivités sont

accompagnées d’un kômos, un cortège festif accompagné de musiciens et de danseurs qui s’inscrit dans les

fêtes en l’honneur de Dionysos avant de devenir une manifestation privée liée notamment à la pratique du

banquet, un élément fondateur dans la société athénienne et grecque en général. Le banquet est l’un des

ciments de la société grecque, devant répondre à une norme très précise dont l’égalité car tous les

participants sont égaux. Dans le banquet, on célèbre le vin et l’ivresse car on estime qu’on ne parle jamais

aussi clairement que lorsqu’on est ivre.

2 – Apollon

Apollon, contrairement à Dionysos qui est le dieu de la fête, est le dieu des arts ; il représente la

part la plus sérieuse et la plus grave des activités théâtrales. Dans son sens il est complémentaire de

Dionysos et cette complémentarité est intéressante et c’est la raison pour laquelle Apollon est souvent

représenté comme citharède ou conducteur des Muses. Les arts de la scène et de la musique sont uniquement

représentés lors des fêtes religieuses puisque les concours sont considérés comme des offrandes aux Dieux.

Les théâtres sont construits dans un lieu sacré et est un lieu de cohésion sociale, permettant de rassembler la

population des grandes divinités.

II – LES CONCOURS MUSICAUX ET LEUR PROGRAMME

On a regroupé six grands types d’épreuves dans les concours musicaux : les épreuves de hérauts

et de trompettistes, des épreuves de récitations de poèmes ou d’éloges, des auditions de musique

instrumentale, des auditions de musique accompagnée de chants, des représentations de cœurs de chanteurs

accompagnés de musique et des représentations de pièces de héros.

1 – Epreuves de hérauts et de trompettistes

Dans les épreuves de hérauts et de trompettistes, le héraut, qui est un messager, se distingue par

sa trompette antique ; la trompette est très largement utilisée car on considéré que le son de la trompette

donnait de l’ardeur aux combats. Les épreuves de hérauts étaient les premières et l’un des deux vainqueurs
étaient chargés de proclamer et d’appeler les participants et de proclamer le nom des vainqueurs. Le

deuxième vainqueur de ce concours était chargé d’annoncer le début de chacune des épreuves par le son de

sa trompette.

2 – Les cinq autres épreuves

Parmi les artistes de ces concours, dans la récitation de poèmes ou d’éloges, on compte les

rhapsôdes qui déclament notamment des écrits homériques ; les rhapsôdes sont des intermédiaires dans

l’expression d’une œuvre écrite et ne sont pas le créateur du texte. Les rhapsôdes choisissent un passage

d’une centaine de vers appris par cœur et le but était de faire naître une émotion chez le public. Si le

rhapsode fait pleurer l’auditeur, alors il a réussi son but. On trouve également des prosodies, des odes

préliminaires aux concours et des parodies qui a un but comique

Lorsqu’on passe à l’audition de musique instrumentale, on peut parler avant tout de citharistes et

citharôdes, des joueurs de cithare, accompagnés ou non d’un chœur, et ensuite des aulètes et aulôdes, des

joueurs d’aulos ou double flute, accompagnés ou non d’un chœur. A la différence de la lyre, la cithare est un

instrument professionnel se distinguant par son nombre de cordes. Le musicien doit pouvoir bien jouer et se

mouvoir mélodiquement. Les concours de cithares peuvent s’organiser autour d’une seule personne ou d’un

chœur qui s’accompagne. La différence entre le cithariste et le citharôdes est que ce dernier chante en même

temps qu’ils jouent. L’aulos dispose d’une embouchure à hanche double, et pour éviter de déformer le

visage, les joueurs d’aulos porté la phorbeia, leur permettant de gagner en puissance de souffle.

Les chœurs de dithyrambes chantés sous la direction d’un choreute ; faire partis d’un chœur était

très important à l’époque grecque car faire partir d’un chœur était valorisé. Le choreute est à la fois chanteur

et danseur. Il est excessivement rare de trouver des traces écrites de ces chœurs, mais dans le trésor des

Athéniens à Delphes on a retrouvé une partition d’une musique vocale de l’hymne des Technites

dionysiaques. Ce texte possède une notation vocale et une notation musicale. La musique grecque ancienne

est modale et chaque mode a une tonalité émotionnelle particulière ; elle est aussi homophone : on chante à

l’unisson ou à l’octave. La musique est indispensable dans la formation du citoyen grecque : tout homme

libre devait être capable de chanter et de jouer au moins de la lyre.


Ces épreuves musicales peuvent s’organiser de manière assez complexe : premièrement les

épreuves thyméliques – autel de Dionysos parfois placé au centre du théâtre – et deuxièmement les épreuves

scéniques – bâtiments de scène sur lequel se produisent les acteurs. Les épreuves thyméliques se déroulent

au cœur du théâtre, dans l’orchestra alors que les épreuves scéniques se déroulent à proximité du bâtiment de

scène, concernant surtout les représentations de pièces de théâtres. Dans les pièces de théâtres, on voit la

présence de dialogue.

Les représentations de pièce de théâtres se divisent en trois catégories : la tragédie, le drame

satyrique et la comédie. Ces trois éléments doivent correspondre à une organisation très stricte et composé

pour une représentation unique. Les points communs aux trois genres sont les suivants : la présence du

chœur, composé de choreutes dirigés par un coryphée ; le chœur représente la communauté et est

exclusivement constitué d’hommes costumés et masqués. Le deuxième élément est la présence des acteurs,

le plus souvent aux nombres de trois avec un protagoniste, un deutéragoniste et un tritagoniste. Le chœur

représente le contexte de la pièce de théâtre et résume les enjeux de la pièce. On commence avec trois

tragédies représentant un cycle avec une unité thématique, suivi d’un drame satyrique pour casser la tension

provoquée par les trois drames et enfin les comédies, des créations originales moins soumise à l’influence du

mythe et de l’épopée.

SEANCE 3 : THEATRE ET CULTE – SECONDE PARTIE

I – L’EXEMPLE ATHENIEN

Cette activité théâtrale s’inscrit dans le cadre de fêtes religieuses, notamment à Athènes ; il est

important de garder à l’esprit que sur l’ensemble des périodes qui nous concernent, on assiste à un

accroissement continue de ces concours, notamment à la période hellénistique avec une explosion et une

pétrification du théâtre. Cet accroissement de l’activité théâtrale est dû principalement à la diffusion de

l’hellénisme, avec la fondation de grandes cités comme la cité d’Alexandrie et au moins près de soixante-dix

villes. Nous allons nous intéresser aux concours et à l’exemple athénien puisqu’il s’agit d’une des cités dont

nous avons le plus de sources, d’autant plus intéressant qu’Athènes organisait de très nombreuses fêtes.
1 – Organisation des grandes fêtes et des concours musicaux.

Sur une année complète, il existait sept grandes fêtes, notamment les Grandes dionysies et les

Grandes panathénées. Dans le courant de l’époque hellénistique, ces épreuves musicales deviennent une

spécialité d’Athènes et les concours relèvent plus de la société grecque que de la religion. Ces organisations

relèvent de la décision et du financement de la cité : au sommet de l’organisation, deux magistrats –

l’archonte-éponyme et l’archonte-roi - désignent les chorèges, les poètes et les acteurs. Beaucoup de cités

ont recours à la liturgie, soit un service public assuré par les citoyens les plus riches : la chorégie est la

liturgie qui finance la préparation d’un chœur ; le riche citoyen qui finance ce service se nomme le chorège.

Cette institution est abolie vers 310 avant notre ère et remplacée par les agonothètes financés par la cité. A

l’époque classique, les chorèges sont choisis au sein de la classe sociale la plus aisé et ces chorèges devaient

financés les membres du chœur, la nourriture, les figurants, et autres ; en revanche, il n’assumait pas tout

puisque les musiciens, les acteurs et les poètes sont pris en charge par la cité. Ces chorèges ne sont pas

choisis en fonction de leurs gouts musicaux ou leurs capacités à apprécier un art et sont avant tout des

financiers et gestionnaires.

2 – Les Grandes Dionysies ou Dionysies Urbaines

Instituées par le tyran Pisistrate vers 535 avant notre ère, elle se distingue des Dionysies rurales

organisés par certains dèmes (quartiers) de la cité d’Athènes qui avait sa propre institution qui organisés une

fête religieuse précise ; cela permettait aux acteurs et amateurs de participer à plusieurs de ces concours

pendant un même mois et était des concours régionaux avant le concours national.

Les Grandes Dionysies sont des fêtes qui célèbrent le Dionysos Eleuthéros, le dieu libérateur, qui serait

instauré dans la société athénienne très tôt ; ces Grandes Dionysies sont organisés au printemps puisqu’il

s’agit d’une époque de l’année où la Mer Egée revient calme et le temps est clément – ni trop chaud, ni trop

froid – permettant le succès de ses fêtes. Ces fêtes permettaient à Athènes de montrer sa puissance puisqu’on

sait qu’au cours de ces Dionysies, Athènes montrait sa capacité à défendre le monde grec et montrait du

respect aux bienfaiteurs et aux cités alliés. Avant le début du concours, on procédait à un sacrifice dans un

sanctuaire de Dionysos, situé sur la route d’Eleuthère ; ensuite on prenait la statue du Dieu et on l’apportait

dans une grande procession jusqu’au théâtre de Dionysos le soir. Le concours musical durait cinq jours avec

trois tragédies présentait par trois poètes tragiques, suivi d’un drame satyrique et enfin un concours de
comédie dans lequel concourait cinq poètes et enfin on ajouta à l’époque hellénistique un concours de

comédies anciennes. Le jury était dressé par le conseil selon une liste de candidats des différentes tribus,

inscrites sur des tablettes et scellés dans dix urnes et au moment du concours on amène les dix urnes et on

tire au sort un citoyen dans chaque urne pour être jury ; on terminait ainsi avec un jury de dix citoyens de

chaque tribu.

Le vainqueur des concours était choisi de cette manière : parmi les cinq tablettes tirées au sort par l’archonte

dans l’urne des dix votes, le nom qui revient le plus souvent est gagnant du concours. Cela démontre d’un

effort d’objectivité développé par les athéniens.

3 – Les Grandes Panathénées

Instituées par le tyran Pisistrate en 566 avant notre ère, Les Grandes Panathénées étaient des

concours qui rassemblaient tous les athéniens en l’honneur d’Athéna Polias, la déesse protectrice de la cité.

Les panathénées étaient célébrées tous les ans, mais il existait tous les quatre ans les Grandes Panathénées,

en juillet. Elles comportaient des concours thématiques et l’organisation était géré par l’archonte-éponyme et

par les athlothètes. Le moment le plus important est la grande procession de la Porte du Dipylon à

l’Acropole en passant par l’Agora. Le but de cette procession était d’amener le Péplos – un morceau de tissu

- à la statue d’Athéna Polias ; le cortège était gravé sur la frise du Parthénon d’Athènes. Cette procession

représentait véritablement la cité qui fonctionne, la cité en marche. Au sein des épreuves, on compte un

certain nombre de compétitions : les vainqueurs des compétitions gagnaient une amphore panathénaïque,

rempli d’huile d’olive sacré. Les concours gymniques se déroulaient dans le stade panathénaïque, les

concours hippiques se déroulaient dans un hippodrome tout près du port d’Athènes.

CONCLUSION DE THEATRE ET CULTE

Le théâtre et le culte sont indissociables, les représentations sont des offrandes aux dieux et elles

dispensent d’un mode de financement particulier ; ces concours sont caractéristiques de la culture grecque

antique et des valeurs diffusés grâce à l’hellénisme des populations dans les courants des quatrièmes siècles

avant notre ère. Ces concours sont autant des facteurs de cohésion sociale autour des codes et de références

culturelles.
En dehors des concours, les théâtres peuvent être utilisés : les théâtres peuvent aussi être utilisés

pour des destinations différentes comme pour des spectacles scéniques, des mimes, des pantomimes, des

spectacles de l’arène, des gladiateurs, des chasses, des spectacles aquatiques, mais également des assemblées

politiques et assemblées judiciaires. Les spectacles scéniques étaient des récitals d’artistes sans concurrents

qui intervenaient à la demande croissante du public, et les thèmes et acteurs sont divers et variés. Parmi tous

les artistes scéniques, deux catégories se produisent dans les théâtres : les mimes et les pantomimes, ici du

peuple, et qui vont finalement intégrer un cadre plus officiel ; on trouve chez les mimes les spectacles

dramatiques et les spectacles choraux. Les pantomimes correspondent aux mimes contemporains puisque les

pantomimes restent muets, et sont à la fois danseur et mimes, au sens moderne du mot, et portent des

masques. A partir de la conquête romaine, la Grèce voit l’apparition des spectacles d’arènes avec des

spectacles de chasses et de gladiateurs ; ces spectacles ont nécessité la construction d’un amphithéâtre où les

gradins entourent l’orchestra. Les caractéristiques architecturales de l’amphithéâtre permettaient une

protection plus importante pour les spectateurs. Les gladiateurs se distinguaient entre les gladiateurs légers –

le rétiaire, l’essédaire et le cavalier – et les gladiateurs lourds – le thrace, le secutor, le myrmillon et le

provocator : le but n’était pas de tuer son adversaire puisque le gladiateur coute cher. Les chasses quant à

elles regroupent différents types de spectacles comme des luttes par pairs – animal contre animal – et des

combats entre humain et animaux, mais le but était plus de fuir les animaux que de les tuer. La chasse de

taureau existait à l’époque, équivalent des corridas contemporaines. Outre ces spectacles de chasses et de

gladiateurs on connaît l’existence de spectacles aquatiques.

SEANCE 4 : NAISSANCE ET DEVELOPPEMENT DES EDIFICES DE

SPECTACLES – PREMIERE PARTIE

INTRODUCTION

Il s’agit avant tout de cerner les caractéristiques techniques architecturales du théâtre antique,

mais également son développement avec les différences et les équivalences entre le théâtre antique grec et le

théâtre antique romain. Le but du cours est de nous apprendre à utiliser un vocabulaire limité mais

nécessaire de l’architecture du théâtre et de l’archéologie. Il s’agira également d’envisager comment les

architectures des théâtres ont eus un impact sur la mise en scène théâtrale de cette époque. Les théâtres ont
un certain nombre de points communs avec les édifices sportifs : les édifices sont identifiés à une fonction

qui voit une évolution, un développement des cultes et des concours qui vont participer à la création de la

foule, qui peut se trouver dans l’ensemble des édifices de spectacles.

I – EVOLUTION HISTORIQUE DU THEATRE GREC

1 – Les édifices d’époque classique

Au sixième siècle avant notre ère, on se trouve à la fin de l’époque archaïque et on a retrouvé un

certain nombre de représentations de spectacles ; au départ, le mot theatron semble décrire l’ensemble du

public et non l’édifice particulier de la représentation. On pense que l’origine du théâtre se trouve à Athènes

et qu’il s’agit d’une construction qui accueille des spectateurs, des constructions à base d’échafaudages, et le

premier aurait été construit sur l’Agora. La manière dont on reconstruit la naissance du théâtre qui est très

marqué au culte, un culte organisé autour du Thymèle, soit l’autel de Dionysos, où tout se passe autour de

cet autel. Selon l’évolution du théâtre, l’acteur va se démarquer des autres personnages participant à la

représentation en se distinguant de l’espace thymélique dans l’espace scénique, de la scène. Cette évolution

du déplacement de l’espace aurait donné naissance assez tardivement à un véritable bâtiment comportant

coulisse, scène, et autres. On pense que le tout premier théâtre d’Athènes date du début du cinquième siècle,

qui se serait effondré et aurait abouti à la construction d’un nouvel édifice de gradins en utilisant les pentes

de l’Acropole pour les gradins. Le théâtre d’Athènes est passé de l’Agora au théâtre de Dionysos sur le flan

de l’Acropole ; ce début du cinquième siècle marque également l’époque des tragédies et comédies.

Ce théâtre grec classique est composé de cette manière : les gradin (Koilon) repose toujours sur

la pente naturelle où il est construit - contrairement aux Romains qui vont construire des théâtres sur des

superficies plates, comme avec le Colisée romain – puis l’Orchestra, au centre du théâtre est le lieu de

production du chœur, qui devient circulaire tardivement ; le troisième élément est celui de la Skéné, le

bâtiment de scène, construit avec des matériaux périssables, réservé aux acteurs. Enfin, le dernier élément

est le Parodos, l’espace d’accès latéral qui permet de pénétrer dans le théâtre. A Athènes, le premier théâtre

de Dionysos est probablement construit pour contrôler les rassemblements de personnes ; ce modèle de

théâtre semble se développer avec des variantes dans toute l’Attique, la région entourant la ville d’Athènes,

soit la cité d’Athènes. Un certain nombre de théâtres ne sont connus que par des mentions littéraires. Dans
les variations des théâtres, on voit une forme de tâtonnement, comme avec le théâtre de Thorikos, où la

partie centrale du théâtre offre une forme très rectiligne, inhabituel pour le théâtre (en plus de sa construction

asymétrique et son association à d’autres bâtiments). Lorsque les archéologues ont fouillé ce théâtre, ils ont

trouvé un certain nombre de blocs errants et de mortaises, qui pourrait être la trace en négatif d’une

construction en bois : le bâtiment de scène était donc un bâtiment fait en matériaux périssables.

Dans la plupart des théâtres, on va retrouver un premier gradin différent des autres, réservés à

des proèdres – des individus auxquels on loue des louanges – comme dans le sanctuaire d’Ikarion en Attique

où l’on en retrouve. Le théâtre d’Euonymon est un théâtre atypique puisqu’il se trouve qu’il s’agit d’un

théâtre totalement rectangulaire, avec un Koilon en pi. Si on regarde à l’extérieur de l’Attique, on trouve très

peu de théâtres pouvant être équivalent de l’Attique.

2 – Les décors, machines, costumes et masques

Traditionnellement, le décor se retrouve dans une adéquation : on cherche à meubler les espaces

vides adaptés aux scènes représentés ; la notion de décor n’est pas totalement essentielle. Les éléments les

plus fréquemment présents dans les textes sont les autels et les tombeaux. La plupart du temps, l’acteur

décrit le paysage et le spectateur recrée ce lieu mentalement ; cela permet d’éviter de construire des édifices

lourds de constructions. L’autre avantage est le changement de décor qui devait se faire très rapidement et

sous les yeux des spectateurs. Il est probable qu’il y est eu des toiles peintes pour le fond de scène, afin de

créer des peintures en trompe-l’œil ; on parle de scénographie. En dehors de ce théâtre, un certain de

machines vont être utilisés dans le théâtre grec, et on retrouve deux types de machines : la grue, littéralement

le deus ex machina – une grue pour soulever un acteur qui joue un dieu qui vient résoudre la situation – et

l’ékkykléma – pour faire apparaître une scène intérieure à l’extérieur à l’aide d’une plateforme à roulette ou

pivotant. L’utilisation de cette seconde machine est bien plus fréquente que celui de la grue.

L’illusion était aussi garantie par l’utilisation d’autres éléments comme le costume et le masque,

permettant avant tout de faire la différence entre l’action théâtrale et la vie quotidienne, mais aussi pour

différencier les différents rôles joués par le même acteur. Dans l’utilisation des costumes et des masques, on

a des différences très marqués entre tragédies et comédies. Ces éléments nous sont connus grâce à la

céramique qui nous est parvenus. Plus le théâtre va se développer, et plus les talons des chaussures vont
s’agrandir. A côté des costumes, on a également la présence de masques, qui jouent un rôle très important,

prenant tout le visage et au moins le haut de la tête avec le dessous du crâne pour représenter des calvities et

des postiches. On pense que les masques ont étés inventés par Tesphis, inventeur de la tragédie et des

masques et premier comédien itinérant. Thespis est un personnage entre le mythe et l’histoire, qui s’accorde

à dire qu’il s’agit d’un acteur d’abord effaçant son identité sous un enduit blanc, puis par un masque. Les

masques ont pour but de renforcer la gestuelle et l’expression, et cherche à montrer des sentiments eux-

mêmes exagérés, et permettant de représenter beaucoup de choses. Pour les comédies, on trouve plus de

masques, s’expliquant par le fait qu’il s’agit de créations originales dans lesquels on va voir un certain

nombre de stéréotypes montrés dans les costumes et les masques.

Concernant la mise en scène, les pièces étaient écrites pour être représentés et il y avait une

véritable adéquation entre le texte et l’édifice de spectacle ; il faut rappeler que les pièces étaient

représentées une seule fois et très souvent on a pas besoin de metteur en scène, du fait de l’unicité de la

représentation où l’auteur lui-même est metteur en scène. Il existe deux lieux scéniques : l’orchestra,

l’espace le plus vaste accessible par le parados et le bâtiment de scène. Plus tard, les premiers gradins vont

être séparés des premiers gradins afin de protéger les spectateurs lors des représentations de chasses à

l’époque romaine. L’orchestra peut également être séparé en différents espaces scéniques. Le deuxième lieu

scénique est le toit de la Skéné, ouvert, alors que le bâtiment de scène est un lieu d’intérieur, représentant un

lieu intérieur comme un palais. Lorsque les acteurs pénètrent sur la scène, par convention ils arrivent de

l’extérieur alors que les acteurs qui vont pénétrer sur l’orchestra arrivent d’un intérieur.

3 – Le théâtre à l’époque hellénistique

L’époque hellénistique est la grande période architecturale du théâtre : on assiste à une

pétrification architecturale des théâtres ; à partir du quatrième siècle, on transforme les bâtiments en bois par

des bâtiments en pierre. Cette pétrification se voit dans toute la grande Grèce, et va provoquer une

professionnalisation du théâtre. A partir du moment où on va construire de nombreux théâtres, on va

construire les théâtres à peu près sur le même modèle : un Koilon qui comporte deux volets de gradins

séparés par un couloir horizontale, séparés par un diazoma. L’orchestra est circulaire, avec un système de

caniveau pour contrôler l’eau ; les parodos sont pourvus de portes monumentales pour contrôler les réunions
de citoyens. On a un développement systématique des sièges de proédrie. Le bâtiment de scène va se

développer et va disposer d’un proskénion, une estrade aménagée en avant de ce bâtiment de scène.

L’orchestra sera réservé au chœur, le toit du proskénion qui va servir aux acteurs, la Skéné qui va servir de

vestiaires et parfois des passages charoniens, un tunnel qui va déboucher au chœur de l’orchestra.

4 – Les évolutions de la mise en scène

Les transformations du théâtre à l’époque hellénistique vont avoir une incidence sur la mise en

scène dans le théâtre grecque antique, comme avec l’utilisation des panneaux amovibles qui ont parfois un

apport dramaturgique, notamment lorsqu’ils sont peints ou autres. On trouve encore des traces des panneaux

de bois qui servaient à masquer les préparatifs : dans le théâtre de Priène, il y avait trois portes et des

panneaux de bois sur les entrecolonnements. Pour les aménagements des machineries comme les deus ex

machine et l’ékkykléma, ils sont encore utilisés à l’époque hellénistique, même si on voit d’autres types

d’aménagements et on voit la disparation du deus ex machina de plus en plus. Les fouilles ont démontré que

les masques de la période hellénistique se sont standardisés au profit d’une exagération des traits et des

rictus. Le costume des acteurs devient plus proche du quotidien et du pittoresque, et seul l’esclave conserve

les postiches pour accentuer les caractéristiques physiques. La création de théâtre gigantesque a

sensiblement accentué la distance avec le public, ce qui explique la standardisation des masques, mais

également à un remplacement progressif des créations originales par des créations standardisés et répétitives.

Ce développement architectural est sans précédent et touche toutes les zones du mondes grecs, intégrant le

paysage urbain grec, devenant un moyen de diffusion repris plus tard par la Rome Antique.

SEANCE 5 : NAISSANCE ET DEVELOPPEMENT DES EDIFICES DE

SPECTACLES – SECONDE PARTIE

I – LES CARACTERISTIQUES DU THEATRE ROMAIN

Le théâtre romain suit le même type d’évolution que le théâtre grec avec une pétrification

progressive des bâtiments : on passe d’un théâtre en bois à l’époque républicaine, à des constructions en

pierres à partir du début de l’époque impériale. Ces deux évolutions se font avec un décalage chronologique

de trois siècles. Le théâtre romain s’accompagne d’un type de spectacle propre au romain, et ont va voir
quelques variations dans l’élaboration des modèles de théâtre proprement romain. Le tout premier théâtre en

dur de Rome est le Théâtre de Pompée, installé sur le Champ de Mars, hérité d’une tradition ancienne et

offrant un prototype d’un nouveau bâtiment qui deviendra le modèle d’inspiration pour de nombreux

édifices extérieures. Ce bâtiment contient également au sommet des gradins le temple de Venus Génitrix –

afin de contourner la loi qui interdisait la construction d’un théâtre en dur - et un portique monumental,

pourvu d’une salle de réunion pour le Sénat Romain.

1 – Architecture des théâtres romains

Ces théâtres romains ne sont pas totalement différents des théâtres grecs et s’inspire très

largement de leurs homologues grecs : on retrouve les trois éléments principaux avec la Cavea (Koilon), le

Proscenium (Proskénion) et l’orchestra et le thymèle. Tout comme le théâtre grec, il s’agit d’un bâtiment qui

permet de recevoir des spectacles à l’air libre même si le théâtre romain offrira une variation du théâtre sous

la forme d’un bâtiment réduit qu’on appelle l’Odéon. La grosse différence qui existe réside dans

l’organisation des trois composantes – Cavea, Orchestra et bâtiment de scène – puisqu’elles sont réunis dans

un édifice unitaire et fermé sur lui-même. La forme des gradins est aussi légèrement différente puisque les

gradins sont en demi-cercle et liés avec le bâtiment de scène, couvrant les accès latéraux. Les gradins sont

d’ailleurs portés par une structure construite contrairement au théâtre grec, une substructure dans laquelle on

va aménager un certain nombre de circulation, possible grâce à l’utilisation absolument systématique du

mortier associé à la technique de la voute. Ces prouesses technologiques ont permis de construire des

bâtiments qui disposait d’une élévation sans utilisé une topographie avantageuse. L’orchestra du théâtre

romain est réduit à sa plus simple expression puisqu’il s’agit d’une surface semi circulaire, dallé ; cette

orchestra ne sert plus aux représentations, mais réservés au spectateur de marques. Les représentations à

l’époque romaine se passent sur le Pulpitum, une estrade large limité à l’arrière par le mur de face du

bâtiment de scène. Ce front de scène est également marqué par des portes pour les passages dans la Scaenae

frons avec les salles annexes appelés Basilicas.

Les gradins de la Cavea étaient divisés en plusieurs sections : ima cavea, media cavea et suma

cavea ; ces gradins étaient percés d’accès qui débouchait depuis l’intérieur en vomitorium permettant d’un

part d’augmenter les circulations et de différencier des accès entre personnages de marques et communs
d’autre part. Dans le théâtre romain, on assiste également à l’ajout d’un porticus in summa cavea, un

portique de circulation qui vient s’ajouter au bâtiment et qui pouvait accueillir des chapelles. Le cavea

pouvait également être doté d’un velum, une espèce de rideau de protection.

Les sièges de proédrie sont également situés dans l’orchestra, mais chez les romains ils sont situés au cœur

de cette espace, et on va également ajouter des loges, appelés tribunalia pour pouvoir mieux assister au

spectacle et être mieux vus par l’ensemble des spectateurs. Ces loges étaient accordées aux prêtres et

magistrats qui organisaient ces spectacles.

La caractéristique principale et propre au monde romain est la façade d’un mur de scène très

haute, d’une hauteur équivalente aux gradins, percé par trois portes – valva regia, réservé à l’acteur principal

et porta hospitalis, réservés au second rôle. Le front de scène est la partie la plus impressionnante du théâtre

romain puisqu’elle va porter à la fois une ornementation décorative et architecturale importante. Le

financement de ses bâtiments sont financés par des riches donateurs, voir l’empereur lui-même : le théâtre à

l’époque romaine est un lieu politique.

2 – Développement du théâtre romain

Les théâtres du monde romain sont nombreux : il faut d’abord prendre en compte les techniques

de constructions, relativement novatrices, permettant l’élévation de ces bâtiments, quel que soit les

conditions topographiques, contrairement aux théâtres grecs. Le deuxième paramètre est l’existence du

modèle grec, largement diffusé dans les colonies grecques : le théâtre devient un monument public

quasiment obligé du paysage urbain romain, définit par le premier empereur romain Auguste. Un citoyen qui

souhaitera se faire remarquer par l’empereur procédera au financement d’un théâtre ou à l’organisation d’un

jeu scénique dédié à l’empereur. Le succès du théâtre romain est lié aux succès de certains jeux scéniques,

notamment le mime – provincial puis romain – dérivé de la comédie beaucoup moins grandiloquents ;

l’exercice du mime est de représenter la vie réelle, fidèle à la réalité et portant une importance à l’intrigue.

Le jeu de scène est totalement capital. Ces mimes s’apparentent davantage à une farce.

D’autres spectacles vont amener les architectes à transformer un certain nombre de théâtres

grecs à l’époque impériale : quand on possède déjà un théâtre grec, il ne servirait à pas grand-chose de

reconstruire un théâtre romain sur le théâtre romain et c’est pourquoi on va procéder à la transformation
progressive des théâtres grecs pour correspondre aux caractéristiques des jeux romains. A la fin de la

période hellénistique, la Grèce perd son rôle de moteur de création et de modèle de théâtre et la Grèce va

finir par adopter le modèle romain ; ces modifications touchent particulièrement le bâtiment de scène et de

l’orchestra pour accueillir des spectacles spécifiquement romains, comme la chasse animalière et les ballets

aquatiques. On va d’abord procéder aux changements de gradins, c’est-à-dire que parfois on va installer une

tribune d’honneur au sein du Koilon, mais on va également installer des tribunes d’honneurs sur les parodos.

Puisque ces gradins sont installés contre une pente naturelle, il est très compliqué d’installer les velums et

donc on va parfois procéder à l’installation de velums plantés sur les gradins, même s’il s’agit d’un procédé

fréquent en milieu romain. Par contre on procède très souvent au démontage et remontage du bâtiment de

scène pour y agrandir le proscenium. On assiste parfois à l’isolement pour l’installation d’un parapet ou

d’un podium : ce podium sert à séparer les spectateurs des spectacles pour la simple raison que lors des

spectacles de chasse, on évite que les animaux rencontrent le spectateur. On va parfois chercher à reproduire

d’autres types de bâtiments en plus petit, comme des amphithéâtres. Des installations hydrauliques sont

également présentes dans les théâtres romains.

On constate à la fin de l’époque hellénistique une diversification des spectacles hors concours, et

pas forcément aux théâtres mais aussi sur les places publiques et les liens entre théâtre et cultes se

distinguent à la période romaine. On va trouver des marionnettistes, des prestidigitateurs, des mimes, des

bouffons et autres. On trouve également des vestiges d’instruments comme l’Hydraulos, un orgue à eau. Les

mimes représentent une grande variété de spectacles et les pantomimes sont également très importants où les

acteurs sont muets et accompagnés d’un chœur ; il s’agit du mime dans le sens moderne qu’on lui connaît.

Les spectacles d’influences romaines sont principalement des spectacles d’arènes : la domination

politique de Rome s’accompagne d’installations d’un certain nombre de colons, important des valeurs

sociales latines nombreuses. On voit apparaître des spectacles très différents de ceux traditionnels du monde

grecque : des spectacles de chasses, de gladiateurs, et autres, même s’ils ne seront jamais intégrés au

concours. Ces concours voient la nécessite de construire l’amphithéâtre, le nouveau type d’édifice. Il s’agit

d’un édifice adapté à ces spectacles, augmentant le nombre de spectateurs, offrant un vaste espace de jeu et

une meilleure perception de ce jeu par les spectateurs. Il s’agit également d’un bâtiment offrant une sécurité
avec la très forte dénivellation entre l’arène et les spectateurs. Ce type de bâtiment connaît une diffusion

importante en Italie et en Occident, mais qui sont beaucoup plus rares en Grèce et en Orient. Les combats de

gladiateurs et les chasses sont les deux spectacles novateurs : les gladiateurs sont répartis en catégories et

associés à un type d’armement – léger ou lourd – soit donc d’attaque ou de défense. Ces combats se font par

couples et avec des règles strictes. La musique accompagne les combats et l’observation des règles sont

jugés par un collège d’arbitres. Le combat de gladiateurs est une affaire de défense plutôt que de force avec

des parades : on assiste soit à un match nul, soit à la victoire d’un autre ; l’organisateur peut gracier les

vaincus ou les faire égorger et le rôle de la foule est primordiale dans ce combat.

Les gladiateurs coutent excessivement chers et il est relativement rare que l’organisateur tue le vaincu ;

perdre un gladiateur est une perte d’investissement. Les combats de chasses sont, comme les combats de

gladiateurs, organisés par les grands prêtres du culte impérial et sont des spectacles qui ont lieus le matin : il

s’agit de chasse d’animaux sauvages, très souvent importés des colonies lointaines, lorsqu’ils ne sont pas

capturés sur place. Il faut savoir que dans ces combats il s’agissait autant d’esquiver la bête que de la tuer,

imiter la réalité d’une chasse avec notamment la présence de poteaux de bois qui permettait d’imiter les

arbres de la forêt et offrait aux chasseurs la possibilité d’esquiver l’attaque. La chasse du chasseur contre le

taureau prend de l’importance. Ces spécificités romaines s’accompagnent de nombreuses traditions dans

l’empire.

3 – L’ornementation des théâtres romains

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