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Université Abdelmalek Essaadi

Ecole Nationale de Commerce et Gestion Tanger

Enseignement de la gestion Fiscale des Entreprise

OPTIMISATION DES CHOIX


FISCAUX LORS DE LA CREATION DE
L’ENTREPRISE

Encadrant : Professeur ETTAHIRI Younes EL HASKOURI Oussama


ELHASBI Mohamed Said
EL-LAMRANI Marouan
EL MARIOULI Hiba

Année scolaire : 2019/2020


Optimisation des choix fiscaux lors de la création de
l’entreprise :

Introduction :

Chapitre 1 : Concept et généralités sur l’optimisation fiscale


Section 1 : Notion de l’optimisation fiscale
Section 2 : l’efficacité fiscale
Section 3 : Différentes formes d’optimisation fiscale

Chapitre 2 : Différentes forme d’optimisation fiscale lors de la création


d’entreprise :
Section 1 : l’optimisation fiscale par choix de forme juridique
Section 2 : l’optimisation liée au choix de l’emplacement géographique
Section 3 : Optimisation fiscale et choix des types d’activité

Conclusion :

2
Introduction
L’impôt est un phénomène lie à l’existence du pouvoir politique. Il est l’expression de la
souveraineté de l’Etat, on dirait même que l’impôt est né simultanément avec l’Etat.

C’est une présentation pécuniaire importante puisqu’elle consiste l’essentiel des ressources
publiques qui peuvent contenir aussi les emprunts, les produits domaniaux….

Se limitant au départ à son rôle classique de pourvoyeur de fonds pour financer de manière
neutre, le budget public, l’impôt devient une composante importante de la politique
macroéconomique de financement des besoins sociaux, des biens et des services publics,
ainsi que de redistribution et de inégalités de revenus.

Dans une économie ouverte, la compétitivité des entreprises est un élément fondamental
pour la création de richesses et d’emplois. Le système fiscal marocain a été construit à une
époque où les entreprises bénéficiaient de protections douanières assez élevées. Il est utile
aujourd’hui, alors que ces barrières ont été levées, de s’interroger sur la capacité de notre
système fiscal à être également perçu comme un facteur de création de lien social et de
solidarité. Un facteur favorisant la production nationale. Il est également primordial de
veiller à ce que l’impôt ne soit pas considéré comme une contrainte, mais soit également
perçu comme un facteur de création de lien social et de solidarité.

En effet la fiscalité occupe une place très importante au niveau de l’entreprise en raison de
son implication et de son contrôle, c’est qu’assure par conséquence un équilibre durable au
niveau des recettes et des dépenses, puisqu’elle intervient à tout moment dans la vie de
l’entreprises, lors de sa création jusqu’à son disparition.

La gestion fiscale en tant que branche essentielle de la gestion d’entreprise consiste à


optimiser fiscalement les flux financiers de l’entreprise en optant, toutes choses égales par
ailleurs, pour la solution la plus avantageuse. En outre, la gestion fiscale implique de
répondre aux différentes obligations fiscales propres à l’entreprise (déclarations,
liquidations…..)

Une bonne gestion fiscale impose de faire entrer dans les décisions stratégiques la fiscalité
des opérations envisagées et trouver l’option la plus favorable. L’analyse s’avère encore

3
plus complexe quand il s’agit d’envisager les conséquences patrimoniales pour les
actionnaires et les dirigeants sociaux de l’entreprise.

Néanmoins, l’optimisation fiscale a ses limites. Là où choisir le régime le plus avantageux


peut s’avérer légitime, la réalisation d’une opération dans le seul et unique but de réduire le
montant des impôts à payer peut être constitutif d’un abus de droit, source notable des
contentieux fiscaux. Alors « quel serait donc le bon régime fiscale lors de la création de
l’entreprise ?»

Dans le cadre de ce travail le premier chapitre sera consacré à présenter le concept et


généralités sur l’optimisation fiscale, sa définition son efficacité et aussi ses différentes
formes.

Ensuite le second chapitre mettant la lumière sur Différentes forme d’optimisation fiscale
lors de la création d’entreprise en se focalisant sur le choix de la forme juridique,
l’emplacement géographique, et le types d’activité lors de l’optimisation fiscale.

4
Chapitre 1 : Concept et généralités sur l’optimisation fiscale
Section 1 : notion de l’optimisation fiscale :
Les impôts représentent une charge pour les entreprises, il est donc normal de penser à le
réduire puisque le droit le permet.
L’optimisation fiscale peut être définie alors comme l’utilisation par le contribuable de
moyens légaux afin de les permettre d’alléger son impôt. Et elle n'a qu'un seul objectif
central, qui est d'atteindre la performance fiscale des entreprises
De ce fait l’optimisation fiscale doit donc être distinguée de la fraude et de l’évasion
fiscale.

Définition de la fraude :
Le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E a défini la fraude comme étant « toute action du
contribuable qui implique une violation à la loi, lorsqu’on peut prouver que l’intéressé a agi dans
le dessin délibéré d’échapper à l’impôt ».1

« La fraude fiscale serait donc déterminée par deux éléments cumulatifs : l’irrégularité de
l’opération et la mauvaise foi du contribuable ». Ces deux éléments constituent les deux
critères qui distinguent la fraude de l’optimisation. En effet, alors que la fraude est
caractérisée par une violation délibérée à la loi en vue de minimiser l’impôt, l’optimisation
fiscale se base essentiellement sur le respect scrupuleux des impératifs de la loi et sur
l’utilisation des meilleurs procédés légaux offerts par la législation fiscale en vigueur en vue
de permettre au contribuable de recourir à la solution qui lui est plus favorable. La fraude
fiscale peut être qualifiée de « violation de la législation fiscale pour éviter l'imposition et
limiter sa base ».2
Définition de l’évasion fiscale :
Selon le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E, l’évasion fiscale est caractérisée par la réunion
des trois éléments suivants :3

Un élément de détournement de l’intention du législateur, soit que le contribuable profite des


failles de la législation, soit qu’il applique des dispositions légales à des fins autre que prévues ;

1- Le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E, cité par le CONSEIL DES IMPOTS de France in « Fiscalité et vie des entreprises », 13éme rapport au président de la république, Tome
1, 1994, P 293.
2- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf
3- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf

5
Un élément d’artifice, qui consiste en ce que les dispositions prises par le contribuable n’ont pas
de véritables justifications ou une justification différente de celle qui est affichée ;

Un élément de confidentialité, le contribuable cherchant à préserver le secret du procédé, condition


parfois prévue par le contrat de vente lorsqu’il est proposé par un conseil fiscal.

L’évasion fiscale peut être définie comme étant « une action individuelle volontaire, non
violente et extra légale d’un contribuable qui par la mise en œuvre d’une technique
juridique de sur adaptation alternative fondée sur l’existence de principe de liberté de
gestion, choisit de se placer indirectement dans une situation fiscale déterminée, afin
d’obtenir un résultat économique équivalant à celui recherché tout en étant fiscalement
plus favorable »4.

Section 2 : l’efficacité fiscale5 :


L'efficacité fiscale représente un autre aspect de l’optimisation fiscale des entreprises car
elle constitue ses aspects volontaires et rentables. La littérature fiscale permet une
distinction sur cette question entre l’efficacité fiscale à impact direct et l’efficacité fiscale à
impact indirect.

a. L’efficacité fiscale directe

Il s'agit d'opérations et de mécanismes qui utilisent judicieusement des incitations ou des


faveurs de nature fiscale qui se traduisent directement et automatiquement en avantage
financier immédiat et conduisent à une augmentation des ressources financières de
l'entreprise. Ces mesures préférentielles et dérogatoires peuvent être de nature générale, ou
elles peuvent être limitées à certaines entreprises spécifiques, à certains secteurs d'activité
ou au niveau de quelques régions et territoires spécifiées par la loi fiscale.

Cet aspect essentiel de toute stratégie d'efficacité fiscale doit être utilisé à bon escient et
pleinement utilisé pour tenter de profiter des allégements fiscaux et autres avantages
(allégements fiscaux, diverses exonérations, remboursements, réductions d'impôts…etc.).

Dans ce domaine la veille fiscale est extrêmement importante, car pour maximiser
l'utilisation de cet aspect positif de la fiscalité, il est nécessaire d'avoir une compréhension

4- Thèse de Doctorat Gestion fiscale et financement de l’entreprise marocaine : Le cas des PME de la région de Rabat - Salé – Kénitra - TAREK BOUSSETTA
5- Thèse de Doctorat Gestion fiscale et financement de l’entreprise marocaine : Le cas des PME de la région de Rabat - Salé – Kénitra - TAREK BOUSSETTA

6
complète et une application correcte des réserves, qui dans la plupart des cas sont
temporaires et Très volatile.

b. L’efficacité fiscale indirecte

Cela est dû aux choix fiscaux appropriés qui existent dans le système fiscal et aux options
qu'il offre à l'entreprise, qui représentent l'essence d'une excellente efficacité fiscale. Toutes
les législations contiennent de nombreux choix fiscaux qui permettent à une entreprise de
les utiliser pour moduler et ajuster les coûts fiscaux associés à des situations ou opérations
spécifiques et de gérer le système fiscal dans le meilleur intérêt. Cela vaut en particulier
pour le choix de la forme juridique de l'entreprise, les régimes fiscaux optionnels, les modes
d'amortissement.

Ces choix fiscaux et juridiques au début ou en cours d’exploitation exercent des effets
fiscaux extrêmement importants et stratégiques à moyen et long terme sur toute la vie de
l’entreprise. L’un des ‟exemples les plus cités dans la littérature est le choix de la forme
juridique (entreprise individuelle, société de personne, ou société de capitaux) qui détermine
la nature de l’impôt exigible à savoir l’IR ou l’IS)6.

Section 3 : Différentes formes d’optimisation fiscale :

La fiscalité peut impacter les décisions stratégique dans une société, ainsi, de nombreux
avantages peuvent être perçus d’une bonne gestion fiscale, de ce fait le contribuable doit
être conscient des formes d’optimisation comptables prévus, à fin de bénéficier de ces
avantages tout en respectant les textes de loi.

Dans cette section, on va présenter dans une première partie les options fiscales prévues par
les lois fiscales marocaines, et puis, on va développer les différents cas possible
d’optimisation fiscale.

1. Identification des options fiscales prévues par les lois fiscales marocaines :
a. En matière de l’IS 7 :
Dans ce cadre, on peut citer les cas suivants :

• Le choix de la zone de localisation de l’entreprise ;

6- N.BENSOUDA, Analyse de la décision fiscale au Maroc, Editions croisés des chemins, 2009
7 Cours Gestion Fiscale : M. ETTAHRI Younes- Enseignant-Chercheur ENCGT

7
• L’option pour L’option pour l’imposition au taux réduit de 10% offerte aux banques
offshore;
• L’option pour le non-paiement de certains acomptes sur IS;
• L’option pour l’IS par les sociétés de personnes soumises à l’IR…

b. En matière de TVA8 :
Dans ce cadre, il y a lieu de citer les possibilités suivantes :

• Le choix ou non de l’assujettissement à la TVA;


• Le choix du régime d’imposition à la TVA (régime des débits ou régime des
encaissements);
• L’option ou non pour l’achat en suspension de la taxe;
• Le choix entre la séparation des activités (taxables et celles non taxables) et
l’assujettissement partiel à la TVA…

c. En matière de l’IR:
En ce qui concerne l’IR, on peut citer les possibilités suivantes :
• Le choix de la zone de location de l’entreprise ;
• Le choix d’un régime d’imposition entre les régimes suivants : régime du résultat net
simplifié, régime net réel et régime du bénéfice forfaitaires ;
• L’adhésion ou non à un centre de gestion agrée ; Le choix entre l’inscription au bilan ou
maintien dans le patrimoine privé d’éléments tels que les immeubles, les titres… ;
• L’option pour l’IS par les sociétés de personnes soumises à l’IGR…

2. Différents cas possibles d’optimisation fiscale :


L’optimisation fiscale ne peut se présenter que dans le cadre des formes qu’on va citer ci-
dessous :

a. Absence définitive d’imposition :


Cette forme, peut être due à une exonération par une disposition expresse de la loi, ou bien
le bénéfice en question est situé hors champs d’application de l’impôt.

8 Cours Gestion Fiscale : M. ETTAHRI Younes- Enseignant-Chercheur ENCGT

8
Pour le cas de l’IGR les gains hors champs sont rares au Maroc, on peut citer les revenus
agricoles comme exemple de ce cas. Pourtant, il existe de multiples exonérations prévues
par la loi comme :

• Pour le cas de l’IR, « la donation entre ascendants et descendants et entre époux,


frères et sœurs…. Des valeurs mobilières et autres titres de capital et de créance »9,
sont exonérées.
• Pour le cas de l’IS, on trouve une exonération de paiement de l’impôt sur les
dividendes perçus par une société, aussi bien pour les associations et les organismes
assimilés à but non lucratif…10

b. Absence provisoire d’imposition :


Dans ce cas, il s’agit de différer le paiement de l’impôt, le contribuable bénéfice d’un délai
important pour payer au Trésor public, il y a alors une exigibilité différée A titre
d’exemple, « la possibilité d’option pour un régime de faveur qui autorise l’étalement de
l’imposition des plus-values de Fusion sur 10 ans au lieu de les imposer
immédiatement »11.

c. Diminution de la base imposable :


Cette forme d’optimisation consiste pour le contribuable à réduire sa base d’imposition
d’une manière légale, soit en diminuant le gain brut, soit par l’augmentation des charges
déductibles, ou bien via l’imputation des déficits antérieurs.

La diminution du gain brut peut être pratiquée par de nombreux procédés, par exemple, la
possibilité de bénéficier en matière de l’IS et l’IR d’une exonération total de l’impôt pour
les plus-values sur cession de biens immobilisés, dans le cas de réinvestissement du produit
de cession12.

En ce qui concerne l’augmentation des charges déductible, l’entreprise peut faire recours
aux amortissements dégressifs pour le réaliser, cette pratique est possible que ce soit en
matière d’IS ou d’IR.

9 Article 68-Exonérations : code général des impôts


10 Article 68-Exonérations : code général des impôts
11 -Article 162-Régime particulier des fusions des sociétés : code général des impôts
12 Article 19-1-b Plus-values et profits résultant des cessions : la loi n° 24-86 instituant l'impôt sur les sociétés

9
Pour l’imputation des déficits antérieurs, en matière de l’IR, le choix du régime du résultat
net simplifié, en ce qui concerne les revenus professionnels, a pour conséquence la non prise
en compte des déficits fiscaux antérieurs dans le cadre de détermination du résultat fiscal
imposable d’un exercice donné. Par contre, l’adoption du régime net réel offre l’avantage
de déduire un déficit fiscal constaté par le contribuable au titre d’un exercice déterminé des
résultats positifs des quatre des exercices suivants. Toutefois, le déficit lié à l’amortissement
est reportable sans limitation de la durée.

d. Réduction directe de l’impôt :


Le contribuable peut bénéficier dans ce cas d’une réduction prévue par les textes de loi, on
trouve plusieurs types de ces réduction, par exemple, la société peut s’installer dans une
zone géographique encouragée sur le plan fiscal au lieu de s’installer dans une zone où il
serait soumis aux règles fiscales du droit commun.

e. D’autres formes d’optimisation fiscale:


D’autres formes d’optimisation ont été prévues par Sholes et Wolfson, ces deux économistes
ont démontré l’importance de l’optimisation fiscale. Pour eux la gestion fiscale peut être
faite d’une des manières suivantes :

• La modification de la catégorie de revenu ;


• La modification du lien d’imposition ou de la personne imposable ;
• Le report de la date d’imposition.

10
Chapitre 2 : Différentes forme d’optimisation fiscale lors de la création
d’entreprise
Section 1 : l’optimisation fiscale par choix de forme juridique :
I. Les principales formes juridiques :
Le choix de la forme juridique est parmi les éléments primordiaux à prendre en compte lors
de la création de l’entreprise. Cette décision ne peut pas être considérée comme neutre
fiscalement vu qu’elle résulte des coûts à supporter d’abord au moment de la création et
ensuite tout au long l’exploitation de l’entreprise, car le traitement fiscal du résultat
dépendra de cette forme juridique, soit une entreprise relevant de l’impôt sur le revenu ou
l’impôt sur les sociétés.
De ce fait, cette section sera consacré à présenter les différentes formes d’entreprises, qu’on
peut les distinguer en deux grandes catégories; l’entreprise individuelle et les entreprises
sociétaires.
3. L’Entreprise individuelle :
Ce type d’entreprises est caractérisé par une absence de forme juridique particulière et
l’absence de salaire déductible fiscalement pour l’exploitant. De ce fait, sa rémunération
est constituée par l’attribution de résultat. Elle entre dans la catégorie des revenus
professionnels imposés à l’IR.
L’entreprise individuelle est donc peut être définie comme étant une entreprise exploitée
par une personne physique dont l’objet est d’exercer une profession libérale ou activité
économique.
Cette forme présente un avantage au niveau de la simplicité de sa création et de son
fonctionnement ainsi qu’une Grande liberté d’action pour le chef d’entreprise. Pourtant
l’entrepreneur se retrouve devant une confusion entre son patrimoine personnel et le
patrimoine de l’entreprise.

4. Les Entreprises sociétaire :


L’entreprise sociétaire est une entreprise exerçant son activité sous une forme juridique de
société, c'est-à-dire une personne morale indépendante. Elle peut être classée en fonction
du critère de la personnalité morale, qui désigne la prédisposition à être titulaire de droits
et d’obligation.
La personnalité morale donne l’avantage au propriétaire à distinguer leurs patrimoines du
patrimoine de la société. On distingue entre plusieurs sortes de sociétés :
a. Les sociétés de personnes :
Les sociétés de personnes ou encore appelées sociétés d’intérêts, sont des crées par des
individus qui se connaissent et qui sont réciproquement en confiance. Généralement le

11
nombre des associés est réduit, ayant une responsabilité totale et s’accroit à l’ensemble du
patrimoine de chacun.
Les sociétés de personnes peuvent prendre la forme d’une société en nom collectif, où les
associés ont tous la qualité de commerçant et chacun répond indéfiniment et solidairement
des dettes sociales. Ou bien d’une société en commandite simple, composé de deux types
d’associés, les commandités qui ont la qualité de commerçants et répondent indéfiniment et
solidairement des dettes sociales, et d’associés commanditaires qui ne sont tenus des dettes
qu’à concurrence du montant de leurs apports.
b. Société à responsabilité limitée :
La société à responsabilité limitée est une société commerciale qui constitue mixage entre
les sociétés de personnes et les sociétés de capitaux.
La S.A.R.L est parmi les formes juridiques préférées des entreprises notamment les petites
moyennes entreprises vu les avantages qui représentent.
c. Les sociétés de capitaux :
Cette société se focalise sur les apports des associés au capital social de l’entreprise. La
personnalité de l’actionnaire et da compétence sont relativement séparés. C’est une
démarche totalement opposé des sociétés de personnes.
Les sociétés de capitaux, sont constituées en considération des capitaux apportés, comme
la société Anonyme. Les parts des actionnaires dans le capital sont représentées par des
titres appelé actions librement négociables.
Les sociétés de capitaux sont principalement des Sociétés anonymes d’un pourcentage de
95% et 5% des sociétés par action.
II. L’incidence de la forme juridique sur la charge fiscale :
Lors de la création de l’entreprise, cette dernière supporte des charges fiscales, notamment
les droits d’enregistrement qui sont applicable sur les apports des associés.

Ces droits ne peuvent être inférieurs à 1 000 MAD.

Dans cette section, on va commencer par présenter les différentes modalités d’apports de
capital tout en précisant le montant de taxation qui les correspond. Et puis passer aux
différentes optimisations du coût de taxation des apports.

1. Nature des apports et l’application des droits d’enregistrement :


Les apports des associés peuvent prendre plusieurs formes, soit des apports en numéraire,
des apports en natures ou des apports en industrie.

Au niveau fiscal, on fait la distinction entre trois catégories d’apports :

12
a. Les apports purs et simples :

Ce sont les apports que les associés apportent afin de recevoir en contrepartie des droits
sociaux représentatifs du capital social. Les droits des associés peuvent être matérialisés par
l’attribution de parts sociales ou d’actions ou uniquement par l’inscription dans le statut de
la Société.

Ces apports peuvent être en numéraires, on objets mobiliers, en droit mobiliers ou


immobiliers. Comme l’argent, une marchandise, créances clients…

Ce type d’apport est taxable à 0,50%.

b. Les apports à titre onéreux :

Des apports effectués par les associés lors de la création de l’entreprise et qui incluent des
dettes que la société s’engage à prendre en charge.

Ces apports sont imposés au droit de mutation suivant la nature apportés et l’affectation
donnée au passif pris en charge par la biens apportés et l’affectation donnée au passif pris
en charge par la société constituée.

➢ Droits d’enregistrement applicables selon la nature des biens :

• Créances clients : 1%

• Marchandises neuves : 1%

• Objets mobiliers : 3,50%

• Les immeubles 5%

• Fonds commercial ordinaire : 5%

• Fonds commercial (Hôtels, restaurants, débits de boissons, spectacles et


cinéma) : 10%

➢ Droits d’enregistrement applicables selon l’imputation du passif :

En cas d’apports grevés de passif, les droits de mutation à payer dépendent de l’imputation
donnée à ce passif dans les statuts de la société. Il est intéressant d’imputer le passif, pris en
charge par la société, sur les apports imposés aux taux les plus faibles dans l’ordre suivant :
13
• Les marchandises et les créances : 1%
• Les meubles et objets mobiliers : 3,50%
• Le fonds commercial en général, les immeubles : 5%
• Les autres fonds commerciaux (Hôtels, cinémas, etc.…) : 10%

c. Les apports mixtes :

Ce type d’apports regroupe une partie à titre pur et simple, et en partie à titre onéreux.
Ces apports sont considérés comme effectués à titre onéreux en proportion du passif repris
par la société créée et supportent les droits de mutation correspondants, le reste est considéré
comme effectué à titre pur et simple.
2. Optimisation du coût de taxation des apports :
Lorsqu’un apport comprend une prise en charge du passif non affecté à un bien déterminé,
la société a tout intérêt à porter l’imputation du passif sur des bien qui dégagent les droits
d’apports à titre onéreux les plus avantageux.
En effet, pour les apports fait à titre onéreux, le droit applicable est envisagé en deux
phases :
D’abord, il faut procéder à l’application du tarif proportionnel de 0.5% sur la valeur des
biens apportés à titre pur et simple, déduction faite de la valeur de la dette correspondante.
Ensuite, le reliquat correspondant à la valeur du passif est sous aux droits d’enregistrement
au tarif applicable à la mutation à titre onéreux des bens concernés. Cette opération
suppose de mentionner au niveau de l’acte de cession ; au préalable, les biens qui sont
grevés de passif. A défaut de cette mention, le montant de ce passif est rattaché à ces biens
proportionnellement à leur valeur.
Il est à noter que les droits d’enregistrement constituent une charge définitive pour
l’entreprise, à la différence de la TVA qui est entièrement récupérable.
a. Démarrage de l’activité par une personne physique :
Le démarrage d’une activité professionnelle en utilisant des biens personnels n’est pas
soumis aux droits d’enregistrement puisque ces biens restent dans la propriété de la même
personne et aucune opération de mutation n’est effectuée.
Ceci ne sera pas le cas évidement au moment de création d’une société de personne ou de
capital vu que cette dernière implique la création d’une nouvelle entité disposant
juridiquement d’une personnalité morale distincte.
b. Démarrage de l’activité par une personne de capitaux :

14
Comment on a déjà vu, les apports à titre pur et simple d’immeubles et de fonds de
commerce supportent le droit d’apport au taux de 0.5% avec un minimum de versement de
1 000 DH.
Au moment de la création d’une société et lorsque certains associés font appel à des prête-
noms pour les faire figurer dans les statuts. Le paiement des impôts devient exigible au
moment où on fait fin au contrat de prête-nom.

Section 2 : l’optimisation fiscale liée au choix de l’emplacement géographique :

Les entreprises peuvent créer des optimisations fiscales au moment de leurs créations à
partir de leurs choix d’emplacement géographique.

Cette optimisation peut être faite au niveau de la taxe professionnelle comme dans l’impôt
sur les sociétés.

I. Au niveau de la taxe professionnelle :


Concernant la taxe professionnelle, on peut trouver des sociétés qui bénéficient d’une
exonération totale permanentent comme elles peuvent bénéficier d’une réduction
permanente de la taxation.

Les entreprises installées dans la zone franche du port de Tanger bénéficient d’une
exonération de paiement de cette taxe pour les activités effectuées l’intérieur de ladite
zone.

Pour les redevables, ayant leur domicile fiscal ou leur siège dans l’ex-province de Tanger
et exerçant une activité principale dans le ressort de cette zone, bénéficient d’une
réduction de 50% du montant de la taxe professionnelle à payer due à cette activité.

II. Au niveau de l’impôt sur les sociétés13 :


A ce niveau, les sociétés peuvent bénéficier d’une exonération et imposition à taux réduit,
comme le cas des entreprises installées à la zone d’accélération de Tanger, Agence
Spéciale Tanger Méditerranée.
Ces entreprises profitent de l’exonération totale durant les 5 premières exercices, à
compter de la date de début de leur exploitation. Et bénéficier par la suite d’une imposition
au taux réduit de 8,75% pendant les 20 exercices suivant.

13 Cours Gestion Fiscale : M. ETTAHRI Younes- Enseignant-Chercheur ENCGT

15
Les entreprises ayant leur domicile fiscal ou leur siège social dans la province de Tanger et
exerçant une activité principale dans le ressort de ladite province bénéficient d’une
imposition permanente au taux réduit de 17.5%
Une imposition temporaire au taux réduit de 17.5% est accordée aux entreprises exerçant
dans l’une des préfectures ou provinces fixées par décret.
Section 3 : l’optimisation fiscale liée au choix de types d’activité:

La législation marocaine a privilégié certains secteurs d’activités en leurs accordant des


avantages fiscaux dans les différentes impositions que ce soit au niveau de l’IS, TVA ou la
taxe professionnelle, afin d’encourager les individus à investir dans ces secteurs.

I. Au niveau de la taxe professionnelle :


A ce niveau une exonération totale temporaire est accordée à toute activité professionnelle
nouvellement créée pendant une période de 5ans à compter de l’année du début de ladite
activité, sans considérer le changement de l’exploitant ou le transfert d’activité comme une
nouvelle activité créée.

L’agence spéciale Tanger-Méditerranée, ainsi que les sociétés intervenant dans la


réalisation, l’aménagement de l’exploitation et l’entretien du projet de la zone spéciale de
développement Tanger- Méditerranée et qui s’installent dans les zones franches
d’exploitation profitent d’une exonération pendant les 15 premières années d’exploitation.

Cette exonération n’est pas applicable pour les établissements n’ayant pas leur siège au
Maroc, ainsi que les établissements de crédit et organismes assimilés comme les banques.
Et les agences mobilières

II. Au niveau de l’impôt sur les sociétés14 :


1. Des Exonérations permanente :
En vertu de l’article 6 du code général des impôts. Des exonérations sont accordées aux
entreprises par rapport à leurs activités.
D’abord, des activités à caractère social et culturel, à condition que leurs activités se
limitent à la collecte de matière premières auprès des adhérents et à leur
commercialisation, et leur CA annuel est inférieur à 5 M DAHT si elles exercent des
activités de transformation de matière première auprès de leurs adhérents ou d’intrants à
l’aide d’équipements, matériels et autres moyens de production. Citons à titre d’exemple :

14 Article 6 du code général des impôts

16
• Les associations d’usages des eaux agricoles ;
• La fondation Cheikh Zaid ;
• La fondation Mohamed V pour la solidarité ;
• La fondation Mohamed VI ;
• L’office national des œuvres Universitaires soc. Et culturelles etc…

Ensuite, les activités de promotion immobilière dont on peut citer :

• L’Agence de logement et d’équipements militaires (ALEM) ;


• La Société Nationale d’Aménagement collectif (SONADAC) ;
• La Société « Sala Al Jadida » ;
• L’Agence pour la promotion et le développement économique et social des
préfectures et des provinces du Nord du Royaume ;
• L’agence pour la promotion et le développement économique et social des
provinces du Sud du Royaume ;
• L’Agence pour la promotion et le développement économique et social de la
préfecture et des princes de la région orientale du Royaume ;
• La Fondation Cheikh Khalifa Ibn Zaid

2. Des Exonérations temporaire suivie de l’imposition permanente au taux réduit :


La loi marocaine prévue des exonérations temporaires au début de l’activité de certains
secteurs suivie d’une imposition à taux réduit. A titre d’exemple :
Les entreprises exportatrices bénéficient pour le montant dudit chiffre d’affaires de
l’exonération totale de l’IS pendant les cinq premières années à compter de l’exercice au
cours duquel la première opération d’exportation été réalisée Et d’imposition au taux de
17,5% au-delà de cette période.
Les entreprise hôtelières bénéficient aussi au titre de leurs établissements hôteliers pour la
partie de la base imposable correspondant à leur chiffre d’affaires réalisez en devises
dûment rapatriées directement par elles ou pour les compte par l’intermédiaire d’agences
de voyages , de premièrement une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant
une période de cinq (5) ans consécutifs qui court à compter de l’exercice au cours duquel
la première opération d’hébergement a été réalisée en divises. En ensuite profiter de
l’imposition au taux réduit prévu de17, 5%, au-delà de cette période.

17
3. Des Exonérations permanente au taux réduit :
On peut citer comme exemple, Les entreprises minières exportatrices ainsi que celles qui
vendent à des entreprises exportatrices qui bénéficient d’une exonération et ensuite une
Imposition permanente au taux réduit: 17,5%.
4. Imposition temporaire au taux réduit :
Certaines activités bénéficient pendant les cinq premières années de la date d’exploitation
d’un taux réduit. Par exemple:
Les entreprises artisanales dont la production est le résultat d’un travail essentiellement
manuel ;
Les établissements privés d’enseignement ou de formation professionnelle.
D’autres activités bénéficient d’un taux réduit pendant les quinze premières années suivant
l’obtention de l’agrément, comme le cas des sociétés holding Offshore.

18
Conclusion :
L’optimisation fiscale a un grand impact sur la trésorerie, la rentabilité et la stabilité de
l’entreprise, cette dernière doit alors optimiser ses choix dès les premiers pas de sa création.

Tout au long de notre sujet on a abordé les différentes optimisations qu’une entreprise doit
faire pour minimiser ses charges d’impôt, en Partant tout d’abord de la décision de la forme
juridique de la société. Ensuite l’entreprise doit choisir son emplacement géographique le
plus avantageux. Et bien sûr préciser l’activité de l’entreprise tout en ayant conscience de
différentes dispositions de la loi.

Les choix que l’entreprise effectuent constituent un élément fondamentale vu qu’ils


résultent des coûts à supporter d’abord au moment de la création et ensuite tout au long
l’exploitation de l’entreprise.

Cependant, cette optimisation fiscale représente la limite de l’abus de droit, le bénéficiaire


dans ce cas utilise le droit d’une manière abusif ce qui peut lui résulter l’abus de droit par
fraude à la loi c'est-à-dire, le contribuable n’a qu’un seul but, qui est la diminution de l’impôt
grâce à une interprétation littérale des textes, non prévues par leur auteur et contraire à
l’esprit recherché. Ainsi, en cas de contrôle fiscal, l’administration fiscale peut intenter une
procédure d’abus de droit visant à sanctionner ces pratiques.

Finalement, il est primordial à noter qu’une bonne gestion fiscale consiste à opter
intelligemment sans pour autant produire artificiellement des faits ou des actes ayant pour
but exclusif de se soustraire à la charge fiscale.

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Références Bibliographiques:
- Le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E, cité par le CONSEIL DES IMPOTS de
France in « Fiscalité et vie des entreprises », 13éme rapport au président de la république,
Tome 1, 1994, P 293.
- V. BESANCON « Optimisation fiscale et abus de droit : l’exemple des entreprises dans
la jurisprudence depuis 1994 »,
- R. YAICH « Fiscalité et performance de l’entreprise, rôle de l’expert-comptable »,
- Thèse de Doctorat Gestion fiscale et financement de l’entreprise marocaine : Le cas des
PME de la région de Rabat - Salé – Kénitra - TAREK BOUSSETTA
- N. BENSOUDA, Analyse de la décision fiscale au Maroc, Editions croisés des chemins,
2009
- Mémoire Optimisation fiscale et le choix de la forme juridique –Université Inn Tofail.
- Cours Gestion Fiscale : M. ETTAHRI Younes- Enseignant-Chercheur ENCGT
- Article 6-Exonérations : code général des impôts

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