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Université Abdelmalek Essaadi

Ecole Nationale de Commerce et Gestion Tanger

Enseignement de la gestion Fiscale des Entreprise

OPTIMISATION FISCALE DES


OPERATIONS D’INVESTISSEMENT
ET DE FINANCEMENT

Encadrant : Professeur ETTAHIRI Younes EL HASKOURI Oussama


ELHASBI Mohamed Said
EL-LAMRANI Marouan
EL MARIOULI Hiba

Année scolaire : 2019/2020


Optimisation fiscale des opérations d'investissement et de
financement

INTRODUCTION GENERALE

CHAPITRE 1 : LES NOTIONS SUR L’OPTIMISATION FISCALE


Section 1 : Cadre conceptuel
Section 2 : Les formes d’optimisation fiscale

CHAPITRE 2 : L’OPTIMISATION FISCALE DES OPERATIONS


D’INVESTISSEMENT
Section 1 : Choix entre l’acquisition et la location des biens d’investissement
Section 2 : Choix entre l’investissement en matériel et l’embauche du personnel

CHAPITRE 3 : L’OPTIMISATION FISCALE DES OPERATIONS DE


FINANCEMENT
Section 1 : Les différentes méthodes d’optimisation fiscale des opérations de financement
Section 2 : L’incidence de la tva sur la trésorerie

CONCLUSION

2
INTRODUCTION GENERALE
La fiscalité s'impose comme une préoccupation majeure de l'Etat et des entreprises tant
nationales qu'internationales, est définie comme étant l’ensemble des prélèvements
obligatoires supportés par l’entreprise, qui est présente tout au long de son existence, une
composante essentielle de son environnement et par conséquence affecte toutes ses opérations
ainsi que la quasi-totalité des décisions de gestion et de son incidence sur la compétitivité.

En effet la fiscalité occupe une place très importante au niveau de l’entreprise en raison de son
implication et de son contrôle, c’est qu’assure par conséquence un équilibre durable au niveau
des recettes et des dépenses, puisqu’elle intervient à tout moment dans la vie de l’entreprises,
lors de sa création jusqu’à sa disparition.

Le système fiscal dans sa globalité constitue le cœur de l’économie. Puisqu’il représente, d’une
part, le baromètre d’une véritable démocratie et d’autre part, il est le régulateur des recettes
fiscales. C’est qui oblige l’entreprise de passer d’une gestion passive à une gestion proactive
de la charge fiscale en cherchant à optimiser sa fiscalité au lieu de la subir.

Une gestion optimisée permettant en générale de tirer profit des avantages fiscaux prévus par
la réglementation en vigueur, sans franchir les limites admises tels que l'abus de droit, le fraude
et l'acte anormal de gestion.

L’optimisation passe également par le choix des modalités de financement de l’activité (fonds
propres, crédit-bail, emprunt…etc.). Ainsi, il est fiscalement plus intéressant de se financer par
recours à la dette (qui génère des charges financières déductibles de l’assiette imposable) que
par augmentation du capital (les dividendes versés en contrepartie n’étant pas déductibles, sauf
exception) ou par une autre modalité de financement.

L’optimisation fiscale repose en générale sur : L’instauration d’un climat favorisant la sécurité
fiscale et juridique au sein de l’entreprise ou de l’entité concerné, essentiellement, passe par la
satisfaction des trois conditions suivantes ; Le respect des obligations fiscales de forme ; La
tenue d’une comptabilité probante ; La gestion proactive des risques.

L’objectif de ce travail est de mettre en évidence les particularités de l’optimisation fiscale et


de son incidence sur les opérations d'investissement et de financement,

3
Pour atteindre cet objectif central, nous allons essayer de projeter d’une manière adéquate, les
notions sur l’optimisation fiscale dans le premier chapitre, en abordant le cadre conceptuelle
et les formes de l’optimisation fiscale.

Puis en deuxième chapitre on a essayé de montrer l’optimisation fiscale dans les opérations
d’investissement, et dans le troisième chapitre dans les opérations de financement en abordant
Les différentes méthodes d’optimisation fiscale des opérations de financement, et l’incidence
de la tva sur la trésorerie.

4
CHAPITRE 1 : LE CONCEPT DE L’OPTIMISATION FISCALE
Section 1 : CADRE CONCEPTUEL
Le droit fiscal presque partout dans le monde est non seulement impératif et pénalisant, mais
au contraire, et de plus en plus, il contient un large éventail d'opportunités d'optimisation, dont
l'exécution peut s'avérer fiscalement et financièrement raisonnable et rentable pour l'entreprise.

Il existe une confusion entre les notions de l’optimisation fiscale, l’évasion fiscale et la fraude
fiscale. Être capable de faire une distinction entre ces notions est primordiale pour pouvoir
s’approfondir dans le sujet de l’optimisation fiscale.

- Définition de la fraude fiscale :


Le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E a défini la fraude comme étant « toute action du
contribuable qui implique une violation à la loi, lorsqu’on peut prouver que l’intéressé a agi dans le
dessin délibéré d’échapper à l’impôt ».1

« La fraude fiscale serait donc déterminée par deux éléments cumulatifs : l’irrégularité de
l’opération et la mauvaise foi du contribuable ». Ces deux éléments constituent les deux
critères qui distinguent la fraude de l’optimisation. En effet, alors que la fraude est caractérisée
par une violation délibérée à la loi en vue de minimiser l’impôt, l’optimisation fiscale se base
essentiellement sur le respect scrupuleux des impératifs de la loi et sur l’utilisation des
meilleurs procédés légaux offerts par la législation fiscale en vigueur en vue de permettre au
contribuable de recourir à la solution qui lui est plus favorable. La fraude fiscale peut être
qualifiée de « violation de la législation fiscale pour éviter l'imposition et limiter sa base ».2

- Définition de l’évasion fiscale :


Selon le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E, l’évasion fiscale est caractérisée par la réunion des
trois éléments suivants :3

- Un élément de détournement de l’intention du législateur, soit que le contribuable profite des


failles de la législation, soit qu’il applique des dispositions légales à des fins autre que prévues ;

1- Le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E, cité par le CONSEIL DES IMPOTS de France in « Fiscalité et vie des entreprises », 13éme rapport au président de la république, Tome 1,
1994, P 293.
2- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf
3- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf

5
- Un élément d’artifice, qui consiste en ce que les dispositions prises par le contribuable n’ont pas
de véritables justifications ou une justification différente de celle qui est affichée ;
- Un élément de confidentialité, le contribuable cherchant à préserver le secret du procédé,
condition parfois prévue par le contrat de vente lorsqu’il est proposé par un conseil fiscal.

L’évasion fiscale peut être définie comme étant « une action individuelle volontaire, non
violente et extra légale d’un contribuable qui par la mise en œuvre d’une technique juridique
de sur adaptation alternative fondée sur l’existence de principe de liberté de gestion, choisit
de se placer indirectement dans une situation fiscale déterminée, afin d’obtenir un résultat
économique équivalant à celui recherché tout en étant fiscalement plus favorable »4.
- Définition de l’optimisation fiscale :
L'optimisation fiscale ne signifie pas que l'entreprise enfreint la loi fiscale, mais applique les
règles fiscales liées aux obligations fiscales de l'entreprise et aux options fiscales offertes par
le système fiscal de manière pertinente et optimale. « L’optimisation fiscale, peut être définie
comme l’emploi de procédés légaux, dans le but de minimiser la charge fiscale que le
contribuable aurait normalement supportée »5 En principe, l'optimisation fiscale n'a qu'un
seul objectif central, qui est d'attein dre la performance fiscale des entreprises.

Selon R. YAICH6, l’optimisation fiscale consiste à minimiser principalement l’impôt sur les
bénéfices afin de maximiser le résultat net après impôt dans le contexte des contraintes
économiques de l’entreprise.
- L’efficacité fiscale7
L'efficacité fiscale représente un autre aspect de l’optimisation fiscale des entreprises car elle
constitue ses aspects volontaires et rentables. La littérature fiscale permet une distinction sur
cette question entre l’efficacité fiscale à impact direct et l’efficacité fiscale à impact indirect.

A) L’efficacité fiscale directe

Il s'agit d'opérations et de mécanismes qui utilisent judicieusement des incitations ou des


faveurs de nature fiscale qui se traduisent directement et automatiquement en avantage
financier immédiat et conduisent à une augmentation des ressources financières de

4- Thèse de Doctorat Gestion fiscale et financement de l’entreprise marocaine : Le cas des PME de la région de Rabat - Salé – Kénitra - TAREK BOUSSETTA
5- V. BESANCON « Optimisation fiscale et abus de droit : l’exemple des entreprises dans la jurisprudence depuis 1994 »,.
6- R. YAICH « Fiscalité et performance de l’entreprise, rôle de l’expert-comptable »,
7- Thèse de Doctorat Gestion fiscale et financement de l’entreprise marocaine : Le cas des PME de la région de Rabat - Salé – Kénitra - TAREK BOUSSETTA

6
l'entreprise. Ces mesures préférentielles et dérogatoires peuvent être de nature générale, ou
elles peuvent être limitées à certaines entreprises spécifiques, à certains secteurs d'activité ou
au niveau de quelques régions et territoires spécifiées par la loi fiscale.

Cet aspect essentiel de toute stratégie d'efficacité fiscale doit être utilisé à bon escient et
pleinement utilisé pour tenter de profiter des allégements fiscaux et autres avantages
(allégements fiscaux, diverses exonérations, remboursements, réductions d'impôts…etc.).

Dans ce domaine la veille fiscale est extrêmement importante, car pour maximiser l'utilisation
de cet aspect positif de la fiscalité, il est nécessaire d'avoir une compréhension complète et
une application correcte des réserves, qui dans la plupart des cas sont temporaires et Très
volatile.

B) L’efficacité fiscale indirecte

Cela est dû aux choix fiscaux appropriés qui existent dans le système fiscal et aux options qu'il
offre à l'entreprise, qui représentent l'essence d'une excellente efficacité fiscale. Toutes les
législations contiennent de nombreux choix fiscaux qui permettent à une entreprise de les
utiliser pour moduler et ajuster les coûts fiscaux associés à des situations ou opérations
spécifiques et de gérer le système fiscal dans le meilleur intérêt. Cela vaut en particulier pour
le choix de la forme juridique de l'entreprise, les régimes fiscaux optionnels, les modes
d'amortissement.

Ces choix fiscaux et juridiques au début ou en cours d’exploitation exercent des effets fiscaux
extrêmement importants et stratégiques à moyen et long terme sur toute la vie de l’entreprise.
L’un des ‟exemples les plus cités dans la littérature est le choix de la forme juridique
(entreprise individuelle, société de personne, ou société de capitaux) qui détermine la nature
de l’impôt exigible à savoir l’IR ou l’IS)8.

Section 2 : Les formes d’optimisation fiscale :


Identification des options fiscales prévues par les lois fiscales marocaines :
La fiscalité peut impacter les décisions stratégiques dans une société, ainsi, de nombreux
avantages peuvent être perçus d’une bonne gestion fiscale, de ce fait le contribuable doit être

8- N.BENSOUDA, Analyse de la décision fiscale au Maroc, Editions croisés des chemins, 2009

7
conscient des formes d’optimisation comptables prévus, afin de bénéficier de ces avantages
tout en respectant les textes de loi.

Dans cette section, on va présenter dans une première partie les options fiscales prévues par
les lois fiscales marocaines, et puis, on va développer les différents cas possibles
d’optimisation fiscale.

- En matière de l’IS 9:
Dans ce cadre, on peut citer les cas suivants :

- Le choix de la zone de localisation de l’entreprise ;


- L’option pour L’option pour l’imposition au taux réduit de 10% offerte aux banques
offshores ;
- L’option pour le non-paiement de certains acomptes sur IS ;
- L’option pour l’IS par les sociétés de personnes soumises à l’IR…
- En matière de TVA :
Dans ce cadre, il y a lieu de citer les possibilités suivantes :

• Le choix ou non de l’assujettissement à la TVA;


• Le choix du régime d’imposition à la TVA (régime des débits ou régime des
encaissements);
• L’option ou non pour l’achat en suspension de la taxe;
• Le choix entre la séparation des activités (taxables et celles non taxables) et
l’assujettissement partiel à la TVA…
- En matière de l’IR :
En ce qui concerne l’IR, on peut citer les possibilités suivantes :
• Le choix de la zone de location de l’entreprise ;
• Le choix d’un régime d’imposition entre les régimes suivants : régime du résultat net
simplifié, régime net réel et régime du bénéfice forfaitaires ;
• L’adhésion ou non à un centre de gestion agrée ; Le choix entre l’inscription au bilan ou
maintien dans le patrimoine privé d’éléments tels que les immeubles, les titres… ;
• L’option pour l’IS par les sociétés de personnes soumises à l’IGR…

9- -Cours Gestion Fiscale : M. ETTAHRI Younes- Enseignant-Chercheur ENCGT

8
Différents cas possibles d’optimisation fiscale :
L’optimisation fiscale ne peut se présenter que dans le cadre des formes qu’on va citer ci-
dessous :

- Absence définitive d’imposition :


Cette forme, peut être due à une exonération par une disposition expresse de la loi, ou bien le
bénéfice en question est situé hors champs d’application de l’impôt. Pour le cas de l’IGR les
gains hors champs sont rares au Maroc, on peut citer les revenus agricoles comme exemple de
ce cas. Pourtant, il existe de multiples exonérations prévues par la loi comme :

- Pour le cas de l’IR, « la donation entre ascendants et descendants et entre époux, frères
et sœurs…. Des valeurs mobilières et autres titres de capital et de créance »10, sont
exonérées.
- Pour le cas de l’IS, on trouve une exonération de paiement de l’impôt sur les dividendes
perçus par une société, aussi bien pour les associations et les organismes assimilés à but
non lucratif…11
- Absence provisoire d’imposition :
Dans ce cas, il s’agit de différer le paiement de l’impôt, le contribuable bénéfice d’un délai
important pour payer au Trésor public, il y a alors une exigibilité différée A titre d’exemple,
« la possibilité d’option pour un régime de faveur qui autorise l’étalement de l’imposition
des plus-values de Fusion sur 10 ans au lieu de les imposer immédiatement »12.

- Diminution de la base imposable :


Cette forme d’optimisation consiste pour le contribuable à réduire sa base d’imposition d’une
manière légale, soit en diminuant le gain brut, soit par l’augmentation des charges déductibles,
ou bien via l’imputation des déficits antérieurs.

La diminution du gain brut peut être pratiquée par de nombreux procédés, par exemple, la
possibilité de bénéficier en matière de l’IS et l’IR d’une exonération totale de l’impôt pour les

10 -Article 68-Exonérations : code général des impôts


11- Article 68-Exonérations : code général des impôts
12- Article 162-Régime particulier des fusions des sociétés : code général des impôts

9
plus-values sur cession de biens immobilisés, dans le cas de réinvestissement du produit de
cession13.

En ce qui concerne l’augmentation des charges déductible, l’entreprise peut faire recours aux
amortissements dégressifs pour le réaliser, cette pratique est possible que ce soit en matière
d’IS ou d’IR.

Pour l’imputation des déficits antérieurs, en matière de l’IR, le choix du régime du résultat net
simplifié, en ce qui concerne les revenus professionnels, a pour conséquence la non prise en
compte des déficits fiscaux antérieurs dans le cadre de détermination du résultat fiscal
imposable d’un exercice donné. Par contre, l’adoption du régime net réel offre l’avantage de
déduire un déficit fiscal constaté par le contribuable au titre d’un exercice déterminé des
résultats positifs des quatre des exercices suivants. Toutefois, le déficit lié à l’amortissement
est reportable sans limitation de la durée.

- Réduction directe de l’impôt :


Le contribuable peut bénéficier dans ce cas d’une réduction prévue par les textes de loi, on
trouve plusieurs types de ces réductions, par exemple, la société peut s’installer dans une zone
géographique encouragée sur le plan fiscal au lieu de s’installer dans une zone où il serait
soumis aux règles fiscales du droit commun.

- D’autres formes d’optimisation fiscale :


D’autres formes d’optimisation ont été prévues par Sholes et Wolfson, ces deux économistes
ont démontré l’importance de l’optimisation fiscale. Pour eux la gestion fiscale peut être faite
d’une des manières suivantes :

- La modification de la catégorie de revenu ;


- La modification du lien d’imposition ou de la personne imposable ;
- Le report de la date d’imposition.

CHAPITRE 2 : L’OPTIMISATION FISCALE DES OPERATIONS


D’INVESTISSEMENT :

13-Article 19-1-b Plus-values et profits résultant des cessions : la loi n° 24-86 instituant l'impôt sur les sociétés

10
Section 1 : le choix entre l’acquisition et la location des biens d’investissement :
Tout au long de la vie de l’entreprise, elle se trouve devant des choix à faire. Ces derniers ont
un impact fiscal comme ils ont un impact financier. De ce fait la société doit bien étudier ses
décisions surtout celles stratégiques avant de les prendre.

Dans cette section, on va étudier la différence entre l’acquisition et la location des biens
d’investissement du point de vue fiscal.

D’abord, l’acquisition d’une immobilisation nécessite l’établissement d’un plan de


financement, dont le coût varie selon le mode de financement adopté, qui peut être interne ou
externe. Cela permet à la société d’inscrire l’immobilisation à l’actif du bilan et « d’informer
les tiers sur la composition du capital d’exploitation dont dispose l’entreprise. ». De plus, celle-
ci va permettre à la société de déduire les amortissements comptables du résultat imposable,
et donc réaliser une économie d’impôt. Les frais d’entretien seront également déductibles.

La deuxième méthode qu’une société peut pratiquer est la location ou le crédit-bail, cette
méthode est beaucoup plus avantageuse si la rentabilité de l’investissement est incertaine, vu
que l’entreprise peut se désengager plus rapidement dans ce cas, si les charges deviennent
excessives14.

Le principe du crédit-bail consiste à utiliser des biens loués pour une certaine durée en
contrepartie du paiement des redevances, puis la possibilité de les acheter en fin de contrat
moyennant une valeur résiduelle fixée au début.

Cette deuxième méthode a l’avantage de flexibilité et elle est intéressante dans la mesure où
elle permet de différer dans le temps le paiement de l’impôt à travers la déduction des
redevances sur une durée inférieure à la durée d’amortissement.

Au niveau fiscal, le recours au crédit-bail donne à la société l’avantage de bénéficier d’une


déduction totale des redevances facture par la société du leasing. Ceci la permet de faire une
économie d’impôt plus avantageuse vu le montant des redevances annuelles est généralement
plus important que le montant des dotations aux amortissements.

14- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf

11
En outre, s’il s’agit un crédit-bail immobilier, la loi a prévus le paiement d’un droit
d’enregistrement fixe de 200 Dirhams, au lieu du droit proportionnel liquidé sur la base de la
valeur résiduelle15.

Le crédit-bail présente un avantage pour les entreprises dont l’activité est située hors champ
d’application de la TVA ou exonérée sans droit à déduction, dans ce cas la société de leasing
leur facture la TVA sur les redevances au taux réduit de 7% au lieu du taux normal de 20%.

Au niveau de la taxe professionnelle, il n’existe aucun avantage pour les deux méthodes,
puisqu’elle taxe les biens utilisés par l’entreprise pour son exploitation que soit propriétaire ou
locataires.

Section 2 : Choix entre l’investissement en matériel et l’embauche de personnel


Tout d’abord, l’investissement est une dépense immédiate dont l’objectif est d’obtenir un effet
positif quantifiable à long terme, ainsi est une dépense destinée à augmenter la richesse de
celui qui l’engage.

En effet l’organisation investi pour plusieurs raisons, parmi cette raison on trouve que
l’organisation investi pour augmenter sa productivité (machines-outils supplémentaires), pour
gagner du temps (investir dans un logiciel d’automatisation des tâches...)

L’investissement peut être aussi nécessaire pour maintenir un chiffre d’affaires


(renouvellement des équipements obsolètes) ou pour moderniser des équipements qui ont plus
efficaces ou plus récent.

Dans ce cadre, il est très rare pour une entreprise de choisi d‘investi soit par investi en matériel
ou l’embauche de personnel.

Par contre en trouve, que la plupart du temps la solution prise sera mixte, pour réaliser soit
l’économie de personnel ou de matériel.

Si l’entreprise choisie d’investissement en matériel, ce choix va implique des niveaux


différents de résultat et a des conséquences, au moins partiellement, sur le montant du retour
sur investissement.

15- Article 135 Droit fixe: code général des impôts

12
Cependant, l’investissement en matériel bénéficiera, en sus de la déductibilité fiscale des frais
de personnel, d’un avantage de trésorerie assez important.

Ainsi, un nouvel investissement augmentera cette base et augmentera, et aussi augmentera le


montant de l’impôt des patentes dû par l’entreprise.

En outre, la principale condition qui encourage l’investissement est celui relative à la provision
pour investissement. En plus, les entreprises ont la possibilité de constituer sont exonéré
d’impôt direct (IS ou IGR) une provision pour investissement destinée à l’acquisition de biens
d’équipements, matériels et outillages à l’exception des terrains, des constructions autres qu’à
usage professionnel et des véhicules de tourisme.

Un autre avantage en matière d’investissement, il s’agit de la possibilité d’acquérir des biens


d’investissement en exonération de la TVA.

Cette exonération est accordée en cas d’inscrire le bien acquis sans un compte
d’immobilisation et pour affecter ledit bien à la réalisation d’opérations imposables ou
exonérées avec droit à déduction.

Les investisseurs favorisent sur le plan fiscal l’investissement en équipement car le coût de
revient de l’équipement peut être déduit par dégrèvement physique ou par amortissement. Par
contre, le coût du licenciement du personnel qui est une composante économique du coût du
travail n’est pas déductible tant que le licenciement n’a pas eu lieu. Les impératifs de
compétitivité économique et de productivité privilégient souvent aussi l’arbitrage au profit de
la mécanisation. Dans autre cote en cas, de l’extension de l’activité de l’entreprise, ce dernier
peut trimbaler à l’embauche du personnel en préférence de à l’investissement en matériel.

Dans ce cas, l’entreprise aura l’avantage dans un premier temps, de ne pas avoir à financer
l’acquisition de l’immobilisation. Mais l’embauche de personnel va entraîner à son tour divers
coûts sociaux et fiscaux.

13
CHAPITRE 3 : L’OPTIMISATION FISCALE DES OPERATIONS DE
FINANCEMENT
Section 1 : Les différentes méthodes d’optimisation fiscale des opérations de financement
Le choix du mode de financement doit garantir que des ressources suffisantes sont fournies en
fonction des besoins nécessaires en termes d'opérations courantes et d’investissements.

De même, ces ressources doivent être suffisantes en termes de durée et de disponibilité et au


coût le plus bas pour maintenir et améliorer la rentabilité de l'entreprise.

La réalisation de l'investissement doit d'abord supposer que l'entreprise a établi un plan de


financement dont les implications fiscales et financières varient dépendant du choix de
méthode de financement, soit à travers les sources internes de financement ou à travers les
sources externes de financement.

Les sources internes de financement :


Ce sont essentiellement les ressources générées par les activités de l'entreprise peuvent garantir
l'indépendance de la direction et l'autonomie financière. Ces méthodes présentent de nombreux
avantages, mais elles peuvent être à l'origine d'inconvénients, en particulier lorsqu'un tel
financement est utilisé à grande échelle.

Il s’agit de l’autofinancement et l’augmentation de capital :

- L’autofinancement :
L’autofinancement ou le financement par fonds propres entraîne une autonomie et une stabilité
financières, permettant aux entreprises de faire face aux difficultés causées par d'éventuelles
fluctuations des conditions économiques.
Par ailleurs, deux postes peuvent être saisis dans les comptes de dépenses, mais ils ne
correspondent pas aux dépenses réelles : l'amortissement et les provisions. Cependant, certains
amortissements et provisions ne constituent pas vraiment des dépenses économiques et
peuvent être comparées à des incitations fiscales visant à réduire l'impôt sur les sociétés à
payer (IS dû) et ainsi libérer le montant disponible pour l'autofinancement.

A) L’amortissement :

14
« L’amortissement est la constatation en comptabilité de la dépréciation irréversible d’un
élément de l’actif immobilisé, du fait de l’usage, du temps, de l’obsolescence ». Il s’agit d’une
charge déductible fiscalement mais ne correspondant pas à un décaissement effectif de fonds.
Ainsi, il présente un flux financier disponible permettant à la fois de renouveler son actif
immobilisé lorsque l’entreprise le juge opportun et d’alléger le prélèvement fiscal. 16

Le choix du mode d’amortissement modifie de manière décisive le montant du résultat final.


Cette décision oblige l'entreprise de s’engager sur toute la durée du plan d'amortissement suite
au principe de permanence des méthodes, ce qui affecte fortement sa capacité de
l’autofinancement. Par conséquent, l'entreprise souhaite planifier correctement le choix de la
mode d'amortissement.

- L’augmentation de capital :
« L’augmentation de capital est une mesure offerte aux entreprises pour accroître leurs fonds
propres ». Elle peut être réalisée par des apports en nature ou en numéraires.17

L'utilisation de l'augmentation de capital en numéraire, au cours de la vie de la société, est


imposée de la même façon que les apports initiaux. Cependant, afin de générer de nouveaux
fonds la société devra envisager d'allouer suffisamment de ses bénéfices pour s'assurer que
ces apports sont rémunérés sous forme de dividendes.

Les sources externes de financement :


Les entreprises utilisent diverses sources de financement externe dans la mesure où les modes
de financement internes restent insuffisants. De plus, toutes les entreprises comptent plus ou
moins sur ce type de financement pour couvrir leurs besoins opérationnels et d'investissement.

L’emprunt auprès des tiers/associés et le crédit-bail (Leasing) sont les modes de financement
concernés par cette recherche.

- Emprunts contractés auprès des associés


Il s'agit des sommes mises à la disposition de l'entreprise par des partenaires sur des comptes
courants et portant intérêt. D'un point de vue juridique, il s'agit de dettes à court terme
envers les partenaires, créditées sur des comptes tiers au bilan, et non de dettes financières.

16- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf
17- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf

15
Les avantages de ce mode de financement doivent être mis en évidence par rapport à
l'augmentation de capital :

- Pas de droits d’enregistrement et de partage de pouvoir entre les associés, car les avances
constituent des dettes ;
- Les intérêts sur comptes courants sont déductibles.

- Emprunts contractés auprès des tiers


Les coûts associés à l'emprunt sont généralement faibles (en termes de taux d'intérêt et de
frais d'émission) car il s'agit généralement de titres sans risques, ils sont associés à des
avantages fiscaux car les intérêts sur les prêts peuvent être déduits des bénéfices imposables.

- Emprunts contractés auprès des banques18


L’avantage de ce moyen de financement est la déductibilité sans limitation des intérêts
bancaires du résultat soumis à l’impôt. Toutefois, « lorsque les intérêts annuels sont
supérieurs au bénéfice d’exploitation, l’avantage fiscal annuel est beaucoup plus faible et il
peut même disparaître. C’est le cas où le taux d’endettement est élevé ou lorsque la rentabilité
d’exploitation des actifs est faible »19. En outre, le recours excessif au financement par les
dettes peut compromettre la continuité d’exploitation de l’entreprise et entraîner une
augmentation importante du risque de faillite.

- Le crédit-bail (Leasing) :
Le crédit-bail (ou leasing) peut s’analyser comme un mode de financement des
investissements. C’est un contrat dont Le but ultime est de permettre aux entreprises disposant
de niveaux d'équipement plus élevés de louer un équipement avec possibilité de le racheter à
une valeur résiduelle en fin de contrat.

- Pendant la durée de location :


L’entreprise utilisatrice peut inclure dans ses charges déductibles, les redevances
versées à la société de crédit-bail, ce qui lui permet de réaliser une économie d’Impôt.

18- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable - https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf
19- S. ACHICHE DAMMAK « Divergences institutionnelles et fiscales et incidences sur les modalités de financement des investissements »

16
Autrement dit Les loyers, pour le crédit-bail comme pour la location financière, constituent
une charge fiscalement déductible de l'exercice. En vue de réaliser une déduction du résultat
de l'entreprise et impliquent donc une réduction du résultat imposable au titre de l'impôt.

- Lors de l’achat du bien :


La société de crédit-bail reste la propriétaire du bien jusqu’à l’échéance du contrat, si
l’entreprise opte pour L’achat du bien auprès de la société de leasing, lui permet, en principe
d’entraîner, l’exigibilité des droits d’enregistrement.

- Les cessions de contrats de crédit-bail :


Si l’entreprise cède, à un tiers le contrat de crédit-bail dont, le prix obtenu de cette opération
est considéré comme une plus-value imposable, en contrepartie le nouveau titulaire du contrat,
à la possibilité pour lui de déduire les redevances payées et par conséquence lever l’option
d’achat à l’échéance du contrat de crédit-bail.
Section 2 : L’impact de la TVA sur la trésorerie
La TVA est en principe neutre. Cependant, ce n'est pas toujours le cas. Dans certains cas
particuliers, la TVA entraînera des pertes sur les flux de trésorerie de l'entreprise. De plus,
cette situation est aggravée par la règle du décalage d'un mois entre les recettes et les dépenses,
car celles-ci ne sont annoncées qu'un mois après le paiement, ce qui est différent des recettes
annoncées ce mois-là.
- La situation de crédit de TVA :
La plupart des opérations effectue par les entreprises qui ont choisi un régime réel
d’imposition, sont soumises à la TVA.

Cette TVA est appliquée sur la valeur hors taxes du chiffre d’affaires réalisé, constitue la
TVA collectée par l’entreprise, pour le Trésor public.

Et au contraire, la plupart des dépenses engagées par cette société permettent de récupérer la
TVA payée aux fournisseurs respectifs. Ainsi, la TVA, que l’entreprise paie, peut alors être
déduite de la TVA qu’elle perçue auprès de ses clients, sur le chiffre d’affaires généré.

Le crédit de TVA peut être déduit des échéances suivantes de TVA ou bien faire l’objet
d’une demande de remboursement.

17
Dans n’importe situation, l’entreprise peut se trouver en situation de crédit de TVA, lorsque
la TVA déductible est supérieure à la TVA collectée, l’entreprise n’a pas de TVA à payer :
elle est en crédit de TVA.

Ce dernier peut être expliqué par deux proportions :

- Quand une entreprise réalise un investissement ou la TVA récupérable se trouve


amplifié dans des proportions importantes
- Quand la taxe de vente ou de service est perçue à un taux d'imposition inférieur et la
taxe d'achat est perçue au taux d'imposition standard, ce qui entraîne un excédent
permanent de la taxe sur la valeur ajoutée récupérable. Ou quand la TVA sur les
exportations, qui n’est pas perçue, entraîne une diminution proportionnelle de la TVA
sur ventes par rapport à la TVA sur achats.
- TVA et la trésorerie :
L’avantage de la TVA par rapport aux autres impôts sur la consommation est que l’assujetti
soumet à l'État la taxe que le consommateur final paie et déduit la taxe qu'il a dû payer sur les
biens et services.

Ce processus se répète à chaque étape de la production, de sorte que l'assujetti ne paie la taxe
que sur la différence entre le prix de vente de sa production, d'où l'appellation « taxe sur la
valeur ajoutée ». Ce mécanisme de remise permet à la TVA d'être neutre sur le processus de
production car chaque entreprise n'aura intérêt qu'à déclarer la TVA payée sur ses achats qui
pourra ensuite être déduite.

Ne doit pas seulement être considère la TVA comme taxe déductible, mais en tant que
ressource de financement et besoin de financement pour savoir leur l’incidence sur la
trésorerie.

Les recherches sur les délais de paiement fournisseurs et les encaissements clients ont permis
de clarifier l'impact de la taxe sur la valeur ajoutée sur la trésorerie.

En plus, le décalage d'un mois existe une contrainte de gestion, qui inclut une période de
reportent que l'entreprise peut gérer par le biais des revenus et des dépenses. L'entreprise paie
la taxe sur la valeur ajoutée du mois en cours N à la fin du mois N +1 au plus tard lors du dépôt
de la déclaration.

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En outre, dans le cas d'un système de débit, une bonne gestion financière de la trésorerie devrait
se traduire par le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée aux finances publiques et
l'encaissement des créances clients, mais ce n'est pas le cas. Pas toujours possible Mener à la
balance des paiements.

Lorsqu’une entreprise accorde à ses clients des délais de paiement plus longs que la période
de paiement effective de la taxe sur la valeur ajoutée sur les ventes, elle se trouve dans
l'obligation de payer les impôts impayés du pays dans le cadre du système de débit. C'est
pourquoi le meilleur cas se trouve être l'un des délais de livraison client les plus courts.

L’incidence de la TVA sur la gestion des entreprises compte sur les éléments suivant
(encaissement ou débit) choisi par l’entreprise, du régime de déclaration auquel il est soumis
(mensuelle et trimestrielle).

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CONCLUSION
Tout au long des chapitres abordés, Et à la fin de ce travail, nous pouvons conclure que
l’optimisation fiscale des opérations d’investissement et de financement, contribue d’une
manière ou d’une autre à améliorer la situation fiscale de l’entreprise, c’est qui lui permet de
diminuer la charge fiscale et mieux gérer ses intérêts.

Par ailleurs, l'optimisation est un moyen légal, consiste à utiliser des procédés pour réduire au
minimum les charges fiscales d’une entreprise ou d’un particulier en se servant des
dispositions avantages de la loi sans se mettre en infraction avec les lois fiscales.

En gros, l’entreprise doit chercher une structure financière qui lui permet de réaliser les
économies d’IS, sans pour autant impacter sa rentabilité financière.

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Bibliographie :

- Le comité des affaires fiscales de l’O.C.D.E, cité par le CONSEIL DES IMPOTS de
France in « Fiscalité et vie des entreprises », 13éme rapport au président de la république,
Tome 1, 1994, P 293.
- Thèse de Doctorat Gestion fiscale et financement de l’entreprise marocaine : Le cas des
PME de la région de Rabat - Salé – Kénitra - TAREK BOUSSETTA
- V. BESANCON « Optimisation fiscale et abus de droit : l’exemple des entreprises dans la
jurisprudence depuis 1994 »,
- R. YAICH « Fiscalité et performance de l’entreprise, rôle de l’expert-comptable »,
- Thèse de Doctorat Gestion fiscale et financement de l’entreprise marocaine : Le cas des
PME de la région de Rabat - Salé – Kénitra - TAREK BOUSSETTA
- N. BENSOUDA, Analyse de la décision fiscale au Maroc, Editions croisés des chemins,
2009
- Cours Gestion Fiscale : M. ETTAHRI Younes- Enseignant-Chercheur ENCGT
- Article 68-Exonérations : code général des impôts
- Article 68-Exonérations : code général des impôts
- Article 162-Régime particulier des fusions des sociétés : code général des impôts
- Article 19-1-b Plus-values et profits résultant des cessions : la loi n° 24-86 instituant
l'impôt sur les sociétés
- Article 135 Droit fixe : code général des impôts
- S. ACHICHE DAMMAK « Divergences institutionnelles et fiscales et incidences sur les
modalités de financement des investissements »

Webographie :
- L’optimisation fiscale en matière d’impôt sur les sociétés, rôle de l’expert-comptable -
https://www.procomptable.com/memoire/mhentati.pdf

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