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Chapitre 3 : Equipement de puits en Gaz-Lift

3.1 Introduction

Il est bien connu que lors de l’exploitation d’un gisement d’hydrocarbures ayant une grande

pression de gisement, la production se fait par éruption. Mais au cours du temps cette pression

chute progressivement au point où le débit de production d’huile soit très faible. Dans le cas où il

est estimé que les réserves d’huile à récupérer dans le gisement restent encore importantes et que

seulement la pression a décru après avoir produit de grandes quantités d’huile, on fait appel à des

techniques de production dites artificielles. L’une d’elles est appelée production par Gas-Lift.

Avant de passer à l’explication du principe de fonctionnement, faisons un petit rappel sur le

principe de fonctionnement d’un puits éruptif.

Pour qu’un puits soit éruptif et les effluents arrivent en surface (en tête de puits), il faut que la

condition suivante soit satisfaite :

P .g.H G 

(1)

où PG : pression de gisement (pression statique de la couche de gisement),

 : masse volumique des effluents,

g : accélération de la pesanteur,

H : profondeur de puits (distance de la couche-réservoir à la surface (tête de puits)),

.g.H : pression hydrostatique.

Ainsi, on comprend facilement qu’un puits non éruptif est défini par la relation suivante :

P .g.H G 

(2)
Pour rétablir la situation éruptive d’un puits et acheminer l’huile en surface, il faut agir sur la valeur

des paramètres de l’inégalité ci-dessus. Etant donné, que les paramètres g et H sont constants dans

notre cas, la seule variation possible sera sur la masse volumique de l’huile ( ). Effectivement si

on réduit suffisamment  on peut rétablir l’expression (1). Cela revient à réduire la pression

hydrostatique. Il reste à savoir comment le faire.

Remarque : Généralement, le Gas-lift peut être utilisé comme un moyen d’activation pour puits

dont le débit de production est faible, sans attendre jusqu’à ce qu’il soit à l’arrêt.

3.2 Procédés de réalisation du Gas-Lift

Sachant que la masse volumique d’un gaz est faible par rapport à ceux des liquides, le

mélange d’un liquide avec un gaz donnera surement une masse volumique de valeur inférieure à

celle du liquide mais supérieure à celle du gaz. De cette façon, on pourrait réduire la pression

hydrostatique de la colonne de fluide du puits et par conséquent permettre à la pression de gisement

de faire monter l’huile à l’intérieur du tubing jusqu’à une hauteur H.

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Si cette hauteur H est supérieure à la profondeur du puits L, le puits sera éruptif et il s'établira un

débit Q permanent qui sera fonction en outre de l'Index de productivité du puits et des pertes de

charge dans le tubing.

Ainsi, le Gas-lift est une méthode artificielle d’activation de puits en injectant du gaz dans l’huile

qui se trouve dans le tubing. Le procédé nécessite une source d’énergie externe à haute pression.

Généralement le gaz injecté est le gaz naturel produit du même gisement. Le gaz fourni, par les

compresseurs disposés à la surface du puits est injecté dans l’espace annulaire et introduit dans le

tubing à travers des valves, se mélange à l’huile, en se combinant au gaz dissous. Ce mélange de

fluide ayant une masse volumique moindre engendre un écoulement ascensionnel dans le tubing et

en même temps provoquera la diminution de la pression hydrostatique au fond du puits et permettra


l’arrivée dans le puits de l’huile du réservoir (fig. 1). D’après le graphe de la figure 1, il est indiqué

que le gradient de la pression hydrostatique (ΔP/ΔH) varie à partir du point d’injection du gaz dans

le tubing.

Fig. 1 : Représentation du Gas-lift [1]

Il existe 2 types de Gas-lift : continu et intermittent.

 Gas-lift continu : le gaz est injecté en continu dans l’espace annulaire à une profondeur

maximale qui dépend de la pression du gaz d'injection et de la profondeur du puits. Ceci

permet d’avoir un écoulement naturel d’huile avec un débit de production stable. Ce

procédé est appliqué pour les puits à fort index de productivité.

L’équipement nécessaire pour ce procédé se réduit à une duse variable placée sur la

conduite d’arrivée de gaz en amont de la vanne de tubage pour régler le débit de gaz à

injecter.

 Gas-lift intermittent : le gaz est injecté à intervalle de temps réguliers (par intermittence)

à haute pression et à fort débit d’un volume de gaz naturel à la partie inférieur du tubing

pour chasser l’huile qui s’y trouve. Ce qui provoque un écoulement périodique de l’huile.

Ce processus est similaire à celui observé dans un tube en verre rempli d’eau dans lequel

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on injecte, à une certaine hauteur, une poche d’air (grosse bulle), qui va monter en chassant

une quantité d’eau (bouchon d’eau) se trouvant au-dessus (fig. 2). Cette action peut être

répétée autant de fois possible après accumulation de l’huile dans le tubing. Ce procédé est

appliqué pour les puits à faible index de productivité.

Le Gas-lift intermittent est utilisé sur les puits avec de faibles volumes de fluide, un indice
de productivité élevé et une faible pression de fond de puits, ou un faible indice de

productivité et une pression de fond élevée. Ce type de Gas-lift est une méthode de

production artificielle très flexible. Une installation correctement conçue peut produire

efficacement à un débit aussi élevé que 1000 b / j (159 m3 / j) ou aussi bas que 50 b / j (7,9

m3 / j) [3].

L'inconvénient du Gas-lift intermittent est le principe de fonctionnement "marche / arrêt"

d’alimentation en gaz à haute pression, qui présente un problème de manipulation de gaz à

la surface et provoque une augmentation de la pression de fond de puits qui ne peut être

tolérée dans de nombreux puits produisant du sable. Du point de vue taux de production, le

Gas-lift continu est meilleur.

Fig. 2 : Représentation du Gas-lift intermittent [1]

Le Gas-lift intermittent nécessite un équipement spécial appelé intermitter (fig. 3) pour

assurer des injections de gaz de durée et périodicité variable. Le fonctionnement de cet

équipement doit être automatique. L’équipement est composé généralement d’un

mécanisme d’horlogerie, un barillet et un clapet de commande.

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Fig. 3 : Schéma de l’intermitter [2]

1 : horloge, 2 : barillet, 3 : barreaux-périodes, 4 : clapet, 5 : levier, 6 : came, 7 : vis hauteur-came.

3.3 Principe de fonctionnement du Gas-lift continu [1, 3]


Pour le démarrage de l’activation d’un puits par Gas-lift, on utilise des valves conçues

spécialement à cet effet. Ces valves permettent la gazéification étagée de la colonne de gaz dans

le tubing sans perte. Généralement, selon la profondeur du puits, un certain nombre de valves est

installé sur le tubing. Cette conception permet d’alléger la colonne d’huile dans le tubing de

manière progressive. Les premières valves, appelées valves de démarrage, se ferment après avoir

achevé leur travail, obligeant ainsi le volume total de gaz à passer à la dernière valve (du bas). Le

principe de fonctionnement se présente comme suite.

Les valves sont disposées le long de la colonne de tubing à des côtes calculées au préalable. Elles

sont réglées pour des pressions d’injection à l’ouverture décroissantes avec la profondeur. Au début

les valves sont fermées à l’exception de celle située au plus bas, où la pression hydrostatique est

plus élevée que celle de son ouverture. Dès que la pression d’injection de gaz commence à s’exercer

dans l’espace annulaire, toutes les vannes s’ouvrent (fig. 4a) et permettent le transfert de l’huile de

l’espace annulaire vers le tubing (système de vases communicants), d’où le niveau d’huile dans

l’espace annulaire baisse. Une fois la première (supérieure) valve est immergée (fig. 4b), le gaz

d’injection passe à travers elle dans le tubing et se mélange à l’huile qui s’y trouve et le procédé de

Gas-lift commence. Le niveau d’huile dans l’annulaire poursuit sa descente sous l’effet de la

pression d’injection de gaz ce qui provoque l’immersion de la seconde valve (fig. 4c). Et le gaz est

transféré à travers cette valve dans le tubing. La pression d’injection à l’ouverture de cette valve

étant inférieure à la première, la pression de gaz dans l’annulaire décroit, d’où la valve 1 se ferme.

Le processus se poursuit avec la valve 3(fig. 4e) avec fermeture des valves 1 et 2, puis la valve 4

(fig. 4f) avec fermeture des valves 1, 2 et 3.

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Fig. 4 : Principe de fonctionnement du Gas-lift [2]


3.3.1 Equipement d’installation de valve

Les premières valves de Gas-lift étaient du type classique fixées aux mandrins

conventionnels qui font partie de la colonne de tubing. La valve est accrochée sur la paroi externe

du mandrin en contact directe avec le gaz d’injection introduit dans l’espace annulaire (fig. 5a).

Les valves fixées aux mandrins étaient introduites dans le puits et récupérées avec le tubing. Pour

remplacer une valve classique, il était nécessaire de remonter le tubing. La première valve

récupérable à l’aide du Slickline (train de travail au câble) de l’intérieur du mandrin a été introduite

vers 1950. Le mandrin de valve récupérable par câble a été conçu avec une poche-récepteur dans

le mandrin (fig. 5b). Une valve de Gas-lift peut être retirée ou installée par des opérations sur câble

sans remonter le tubing à l’aide d’un outil spécial appelé Kickover tool introduit par train de travail au

câble. Le mandrin est appelé mandrin à poche latérale car la poche est décalée par rapport à l’axe

du tubing. La plupart des mandrins de valve récupérable de type à prise latérale ont un diamètre

intérieur à passage intégral égal au diamètre intérieur du tubing. Ces mandrins permettent de

réaliser toutes les opérations possibles dans le tubing par Slickline. La nouvelle génération de

mandrins à valves récupérables utilise des dispositifs d'orientation pour assurer un fonctionnement

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du train de travail au câble réussi dans des puits fortement déviés. La figure 6 présente les 2 types

de mandrins de fixation des valves au tubing.

Pour une conception spécifique de Gas-lift, les vannes seront situées à des intervalles appropriés

dans la colonne de tubing. Le type de vanne et son emplacement dépendront des caractéristiques

d'écoulement attendues du puits tout au long de sa durée de vie, si un Gas-lift continu ou

intermittent doit être utilisé, et si les vannes supérieures doivent être utilisées pour simplement

décharger le fluide dans l'anneau ou pour injection multipoint.


a) b)

Fig. 5 : Différents types de mandrins

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Fig. 6 Mandrins conventionnel et à poche latérale

3.3.2 Valves de Gas-lift

Le bon choix des valves permet d’avoir un système de Gas-lift bien conçu. D’après leur

principe de fonctionnement, les valves de Gas-lift appartiennent à l'une des 2 grandes catégories:

- Valves opérée par le tubage (casing operated valves),

- Valves opérées par le tubing (tubing operated valves).

 Valve opérée par le tubage

Cette valve est connue sous le nom de valve de pression (fig. 7,8). Elle est constituée

d’un système de clapet qui ferme le canal de communication entre l’espace annulaire et

l’intérieur du tubing. La force de fermeture du clapet est engendrée soit par la pression du

soufflet auquel il est fixé, soit par un ressort ou bien par les 2 systèmes.

Le réglage de la valve se fait par le ressort taré ou bien par le choix de la pression dans le

soufflet chargé d’azote avant la descente dans le puits.

Elle s’ouvre avec l’augmentation de la pression du gaz d’injection dans l’espace annulaire

et se ferment avec sa diminution. Lorsque la pression du gaz injecté dans l’annulaire atteint

la pression d’ouverture, le soufflet se comprime et fait monter le clapet et le gaz s’écoule


dans le tubing.

Fig. 7 : Valve opérée par le tubage [2]

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Fig. 8 : Schéma de la valve opérée par tubage [5]

 Valve opérée par le tubing

Cette valve est sensible à la pression du fluide (huile et gaz) dans le tubing (fig.9).

La pression dans l’espace annulaire n’intervient pour l’ouverture que sur l’aire du clapet.

Alors que la pression du tubing s’applique sur le soufflet transmetteur de forces. En

conséquence l’effet de la pression de tubage est beaucoup moins importance que l’effet de

la pression du tubing pour l’ouverture. Quand la pression dans le tubing atteint la pression

d’ouverture, le soufflet se comprime et la bille du clapet est soulevée de son siège et le gaz

s’écoule à travers l’orifice. L’ouverture de la valve dépend donc de la pression dans le

tubing et de la pression d’injection. Alors que sa fermeture ne dépend que de la pression

d’injection.

Fig. 9 : Valve opérée par tubing [2]

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3.2.2.1 Théorie de fonctionnement de la valve

La force de fermeture d’une valve de Gas-lift peut être due soit à la pression de gaz (azote)

dans le soufflet soit une force d’un ressort, ou une combinaison des deux. La force de fermeture de

la valve Gas-lift peut être ajustée pour maintenir une contre-pression souhaitée à la force

d’ouverture crée par la pression du gaz d’injection. La valve reste fermée jusqu'à ce que cette force

de fermeture réglée soit dépassée.

Fig. 10 : Données de calcul de la valve

 Pression d’ouverture de la valve

L’ouverture de la valve se fait à une pression d’injection de gaz prédéfinie PG

calculée en fonction de la pression de l’azote dans le soufflet et la pression du fluide dans

le tubing (fig. 10). Cette pression est calculée d’après les expressions suivantes.

PAPAAPAbbGbptp

(3)

PP1AAPAAbGpbtpb

(4)






pbb

Gt

pbpb

PAA

PP

1AA1AA





(5)

Gt

PF

PP

KK



(6)

avec:

K1AApb

et

FAApb

PG : pression de gaz dans l’espace annulaire,


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Pb : pression d’azote dans le soufflet,

Pt : pression du fluide dans le tubing,

Ab : section du soufflet,

Ap : section du trou fermé par la boule du clapet

 Pression de gaz en profondeur

La prédiction de la pression du gaz d'injection en profondeur est essentielle pour la

conception appropriée de l'installation de Gas-lift et pour l'analyse ou le dépannage des

opérations de Gas-lift. La plupart des calculs de pression de gaz en profondeur sont basés sur

une colonne de gaz statique. La perte de pression, due au frottement du flux de gaz d'injection

à travers un l’espace annulaire de tubage / tubing, est négligeable. La vitesse du gaz dans

l'espace annulaire est considérée comme négligeable parce que sa section transversale est

tellement plus grande que la surface de l'orifice d'une valve de Gas-lift. Le débit de gaz

maximum est limité par la taille de l'orifice de la valve. L’équation ci-dessous est utilisée pour

prédire les pressions statiques de gaz d'injection au fond du puits.







gD

53,34 T z P P e G S




(7)

où: PS : pression de gaz injecté à la surface du puits,

PG : pression de gaz injecté au fond de puits,

e: base du logarithme Népérien (2,718),

γg : gravité spécifique de gaz (air = 1,0),

D : profondeur verticale réelle de la colonne de gaz,

: température moyenne de la colonne de gaz,

: facteur de compressibilité,

 Puissance du compresseur

Les compresseurs du Gas-lift sont des compresseurs alternatifs avec une plage d'étages

allant de 1 à 5. Ils sont entraînés par un moteur électrique, un moteur à gaz naturel ou un moteur

diesel. Ces types de compresseurs sont généralement placés en tête de puits ou dans une ligne

principale alimentée par plusieurs réservoirs. Le compresseur et son moteur d’entrainement et

les différents équipements nécessaires sont généralement montés sur des skids (structures

métalliques) spécialement conçus. Les compresseurs peuvent être localisés et déplacés selon

les besoins de l’utilisation.

Le Figue 11 montre le taux de production de fluide en fonction de la quantité de gaz d'injection

par puits, en utilisant plusieurs pressions de gaz d'injection. Une diminution significative des

besoins en puissance est possible en employant une pression de gaz d'injection de 2000 psig

plutôt que celle de 1300 psig ou moins. Dans ces conditions, les exigences de puissance de

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compression représentent le minimum pour chaque débit de production lorsqu'une pression de

gaz d'injection d'environ 2 000 psig est utilisée.

Fig. 11 : Production de fluide en fonction de la quantité de gaz injectée [9]

Mscf/D: Abbreviation for a thousand standard cubic feet per day, a common

measure for volume of gas. Standard conditions are normally set at 60oF and 14.7

psia.

75% Water cut : est le rapport entre l'eau produite et le fluide total produit. Un

puits qui produit 50 barils de pétrole par jour et 150 barils d'eau par jour a une coupe

d'eau de 150 / (50 + 150) = 75%.

Producing rate BFPD : taux de production en baril en Barils de Fluide par jour

(Barrels of Fluid Per Day).

La Figue 12 montre Puissance de compression de gaz en fonction de la pression d’injection. La

puissance de compression diminue à mesure que la pression de gaz d'injection augmente pour

un débit de liquide quotidien donné, jusqu'à ce que la pression de gaz d'injection atteigne la

profondeur d'injection maximale. Une pression de gaz d'injection supérieure à celle requise

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pour injecter à la profondeur maximale nécessite une compression supplémentaire sans

production supplémentaire.

Fig. 12 : Puissance de compression de gaz en fonction de la pression d’injection [9]


 Système de compression

La plupart des systèmes de Gas-lift haute pression sont conçus pour faire recirculer le

Gas-lift. Le gaz basse pression du séparateur de production est comprimé et réinjecté dans le

puits pour remonter les fluides du puits. Cette boucle fermée, comme illustré sur la figure 13,

est appelée système de Gas-lift rotatif fermé.