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Cristallographie
géométrique/Chang
ement de base
< Crist allographie géomét rique
Cristallographie géométrique

Table des matières

1. Int roduct ion

2. Translat ions de réseau

3. Calculs dans les réseaux

4. Changement de base

5. Project ion st éréographique

. Symét rie ponct uelle

7. Groupes ponct uels de symét rie

. Symét rie de corps simples et molécules

9. Morphologie des crist aux

10. Symét rie t ranslat oire

11. Réseaux de Bravais

12. Groupes d'espace

13. Propriét és physiques des crist aux

14. Crist allochimie

15. Transit ions de phase

Il est souvent utile de changer de


système de coordonnées. Il peut arriver
qu'une même structure soit décrite avec
des bases différentes dans plusieurs
publications, ce qui se produit
fréquemment dans les systèmes
cristallins triclinique, monoclinique et
orthorhombique. Lors d'une transition de
phase, la maille et/ou le groupe d'espace
d'un cristal peut changer. La
comparaison des deux structures du
cristal avant et après la transition de
phase est facilitée si on utilise le
système de coordonnées de la structure
de plus basse symétrie pour les deux
structures. D'autre part, les propriétés
physiques d'un cristal sont souvent
décrites par un tenseur symétrique
rapporté à une base orthonormale. C'est
le cas de la dilatation thermique qui
s'écrit dans le cas général comme un
tenseur symétrique de rang 2. Un autre
exemple est celui du tenseur de
déplacement thermique d'un atome
autour de sa position moyenne dans un
cristal. Les tenseurs calculés en
cristallographie le sont déjà dans une
base orthonormale liée au système du
cristal, comme e3=c/c, e2=b/b et e1=e2
e3 dans le système monoclinique, mais
l'expression d'un tenseur est plus utile
sous sa forme diagonale. La
diagonalisation d'un tenseur est un
changement de base vers une base dans
laquelle le tenseur s'écrit comme une
matrice diagonale.
Changement de base dans l'espace bidimensionnel.

Définition

Un changement de base est une


opération qui permet de passer d'un
système de coordonnées à un autre.

Un changement de base peut s'effectuer


entre deux bases de même origine ou
d'origines différentes. Les vecteurs de
base, les coordonnées des points, les
indices de directions et de plans ainsi
que les tenseurs ne se transforment pas
tous de la même façon lors d'un
changement de base.

Bases d'origine commune

Matrice de passage …

Un changement de la base directe {a1, b1,


c1} vers la base directe {a2, b2, c2}
s'effectue à l'aide de la matrice de
passage M, définie de la façon suivante :

La matrice de passage M contient dans


chaque ligne les composantes des
vecteurs de la nouvelle base 2 exprimées
dans l'ancienne base 1 :

M est donc la matrice de passage de


l'ancienne base vers la nouvelle base[1].
Le changement de base inverse s'écrit à
l'aide de la matrice de passage inverse
M−1 :

Tenseurs métriques direct et


réciproque

Le tenseur métrique direct de la base 2
est

En posant e1,1=a1, e1,2=b1, e1,3=c1, e2,1=a2,


e2,2=b2 et e2,3=c2, une composante G2,ij de
G2 s'écrit en fonction des vecteurs de
l'ancienne base 1 comme :
La transformation du tenseur métrique
direct par le changement de base est
donc

Le même raisonnement en partant de G1


conduit à

Le tenseur métrique réciproque de la


base 2 est

et celui de la base 1 est


Les tenseurs métriques direct et
réciproque ne se transforment pas de la
même façon lors d'un changement de
base. De même, les variables qui leur
sont associées se comportent
différemment.

Définition

Une variable « contravariante » est


une variable exprimée dans la base
de l'espace direct.
Une variable « covariante » est une
variable exprimée dans la base de
l'espace réciproque.

Variables contravariantes …
Soit un point X de coordonnées (x1,y1,z1)
dans la base directe 1 et (x2,y2,z2) dans la
base directe 2. Son vecteur position r
s'écrit dans les deux bases :

où X est le vecteur des coordonnées et E


celui des vecteurs de base :

X est une variable contravariante


puisqu'elle s'exprime dans la base de
l'espace direct.

En utilisant la matrice de passage M, on


peut écrire

soit

En appliquant M−1 à droite des deux


membres de l'égalité, on obtient
finalement
Généralisation

Toute variable contravariante se


transforme par l'application de tM−1.

Les indices d'une rangée et les


composantes d'un vecteur sont aussi
des variables contravariantes :

Variables covariantes …

D'après la transformation des tenseurs


métriques réciproques par changement
de base, on voit que les vecteurs de base
réciproques des bases 1 et 2 sont reliés
par

Le vecteur position r* d'un point X* de


l'espace réciproque s'écrit dans les deux
bases réciproques

X* est une variable covariante puisqu'elle


s'exprime dans la base de l'espace
réciproque.

En utilisant l'expression des vecteurs de


base réciproques de la base 2 en
fonction de ceux de la base 1, on peut
écrire
soit

En appliquant tM à droite des deux


membres de l'égalité, on obtient
finalement

Généralisation

Toute variable covariante se


transforme par l'application de M, et
donc comme les vecteurs de base.
En particulier, le vecteur primitif de la
rangée réciproque [hkl]* normale à un
plan direct (hkl) étant une variable
covariante, les indices d'un plan
réticulaire se transforment par
l'application de la matrice de passage M.

Applications linéaires …

Soit une application linéaire f de l'espace


tridimensionnel direct qui associe à tout
point X repéré par le vecteur X un point X'
repéré par le vecteur X'. Cette application
n'implique pas de translation et peut par
exemple être une opération de symétrie
ponctuelle centrée sur un élément qui
passe par l'origine. Elle est représentée
par la matrice A1 dans la base 1. La
matrice de f dans la base 2 est notée A2.
Les coordonnées du point X' s'obtiennent
dans les deux bases par les relations
matricielles suivantes :

Connaissant la transformation des


coordonnées par le changement de base
de 1 vers 2, on peut écrire

En applicant tM à gauche de chaque


membre de l'égalité :

d'où
Si f contient une composante
translatoire, son action dans les deux
bases s'écrit

où T1 et T2 sont les composantes


translatoires de f dans les bases 1 et 2.
On a alors

Par identification, on trouve

Soit une application linéaire générale f* de


l'espace réciproque qui associe à tout
point X* un point X*' et pouvant contenir
une composante translatoire. L'action de
f* s'écrit dans l'ancienne base réciproque
1 et la nouvelle base réciproque 2 :

En utilisant la transformation des


coordonnées réciproques, on obtient

et par identification :

Changement d'origine
Changement d'origine.

On considère ici un changement de


système de coordonnées qui ne fait
intervenir qu'un changement d'origine, par
translation d'un vecteur de composantes
T, de la base 1 vers la base 2. T n'est pas
forcément un vecteur de réseau. Les
vecteurs de base de la nouvelle base 2
sont les mêmes que ceux de l'ancienne
base 1 : les composantes de T sont
inchangées dans la base 2. Ceci est
généralisable : les composantes d'un
vecteur de translation sont invariantes
par un changement d'origine de l'espace.
Les indices d'une rangée [hkl] sont donc
les mêmes dans les deux bases.
Comme les vecteurs de base sont égaux,
les tenseurs métriques G1 et G2 sont
identiques. D'autre part, les origines des
réseaux réciproques étant celles des
réseaux directs, les formules de
transformation par changement d'origine
sont les mêmes pour l'espace direct et
pour l'espace réciproque. La rangée [hkl]*
normale à un plan (hkl) s'exprime donc de
la même façon dans les deux bases et
les indices de plans sont invariants par
changement d'origine.

Les coordonnées de l'origine de la base 2


sont représentées par les vecteurs 0
dans la base 2 et T dans la base 1. Un
point X de coordonnées X2 dans la base
2 a donc pour coordonnées X1=X2+T
dans la base 1, d'où X2=X1-T. Aux
coordonnées d'un point dans l'ancienne
base se soustraient les composantes du
vecteur de translation pour trouver les
coordonnées du point dans la nouvelle
base.

Soit une application linéaire f de l'espace


tridimensionnel direct qui associe à tout
point X repéré par le vecteur X un point X'
repéré par le vecteur X' et pouvant
contenir une composante translatoire.
L'action de f s'écrit dans les deux bases :
où T1 et T2 sont les composantes
translatoires de f dans les bases 1 et 2.
Connaissant la transformation des
coordonnées par le changement de base
de 1 vers 2, on peut écrire

Par identification, on trouve

Généralisation
Un changement de base général peut se
concevoir comme deux changements de
base successifs :

un changement d'origine décrit par le


vecteur de translation T ;
un changement de la longueur et de
l'orientation des vecteurs de base,
décrit par la matrice de passage M.

L'ordre dans lequel sont effectués les


deux changements de base successifs
est important. En effet, le vecteur de
translation T est exprimé dans la base de
départ : ses composantes ne sont pas
les mêmes dans la base d'arrivée. Si on
effectue d'abord le changement de base
par la matrice de passage M, il faut alors
appliquer ensuite une translation de
vecteur tM−1T dans l'espace direct (MT
dans l'espace réciproque) et non de
vecteur T.
Les formules à utiliser dans le cas d'un
changement de base général sont
rassemblées dans le tableau ci-dessous.

De l'ancienne base 1 vers la De la nouvelle base 2 vers


nouvelle base 2 l'ancienne base 1

Vect eurs de base

Tenseurs mét riques


direct s

Tenseurs mét riques


réciproques

Coordonnées
cont ravariant es

Vect eurs
cont ravariant s

Coordonnées
covariant es

Vect eurs covariant s

Applicat ions linéaires


direct es

Applicat ions linéaires


réciproques

Notes
1. Il existe plusieurs conventions pour
définir la matrice de passage. Celle
utilisée dans ce livre considère un
changement de l'ancienne base 1
vers la nouvelle base 2, avec les
vecteurs de base écrits en colonne :
E2=ME1. D'autres auteurs écrivent les
vecteurs de base en ligne : E'2=E'1M',
ce qui s'écrit dans notre notation
t E2=tE1tM. Dans ce cas, la matrice de
passage M' contient dans chaque
colonne les composantes des
vecteurs de la base 2 exprimées
dans la base 1. Il est aussi possible
de choisir la matrice de passage
comme étant celle de la nouvelle
base 2 vers l'ancienne base 1 :
E''1=M''E''2, où M'' est l'inverse de la
matrice de passage utilisée dans ce
livre : M''=M−1.

Calculs
dans Cristallographie Projection
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les géométrique stéréographique
réseaux

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Dernière modifi cation il y a 9 ans par Zawer

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