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Cristallographie
géométrique/Introd
uction
< Crist allographie géomét rique
Cristallographie géométrique

Table des matières

1. Int roduct ion

2. Translat ions de réseau

3. Calculs dans les réseaux

4. Changement de base

5. Project ion st éréographique

. Symét rie ponct uelle

7. Groupes ponct uels de symét rie

. Symét rie de corps simples et molécules

9. Morphologie des crist aux

10. Symét rie t ranslat oire

11. Réseaux de Bravais

12. Groupes d'espace

13. Propriét és physiques des crist aux

14. Crist allochimie

15. Transit ions de phase

La cristallographie est la science qui


étudie les matériaux cristallins : leurs
structures atomiques, les relations entre
structures et propriétés et la
classification des structures cristallines.
Il s'agit d'une science interdisciplinaire :
elle est appliquée dans les domaines de
la physique, de la chimie, de la biologie,
de la minéralogie… Elle utilise la
diffraction des rayons X, neutrons ou
électrons par les cristaux, qui n'est pas
l'objet de ce livre.

La cristallographie géométrique
présentée ici s'occupe de la symétrie
dans les cristaux : principalement sont
traités les groupes ponctuels de
symétrie, qui peuvent être utilisés aussi
pour des molécules isolées, la
morphologie des cristaux et les groupes
d'espace. Le chapitre de cristallochimie
est consacré à la description
géométrique des différentes structures
cristallines, en particulier les
empilements compacts, les polyèdres de
coordination, l'isomorphisme et le
polymorphisme, puis nous discuterons
des transitions de phase structurales
dans les cristaux. Enfin, le chapitre sur
les propriétés physiques décrit dans
quelles conditions de symétrie un cristal
peut présenter certaines propriétés :
ferroélectricité, génération de seconde
harmonique pour les lasers…

L'état cristallin

Anisotropie …
La matière est généralement divisée en
trois états :

dans l'état gazeux, les atomes sont


désordonnés et très faiblement liés
entre eux : un gaz ne possède pas de
forme propre ni de volume propre et
tend à occuper tout l'espace à sa
disposition. Les interactions entre
atomes s'effectuent sous forme de
chocs. Les atomes d'un gaz sont
toujours en mouvement et leur
distance moyenne de déplacement (ou
libre parcours moyen) dépend de la
température ;
un liquide est aussi désordonné et ne
possède pas de forme propre mais les
interactions entre atomes sont plus
grandes, car la distance interatomique
moyenne est plus courte. Les atomes
dans un liquide forment un ordre à
courte distance. Un liquide est donc
beaucoup moins compressible qu'un
gaz et le libre parcours moyen des
atomes est plus court ;
un solide est constitué d'atomes
fortement liés qui ne peuvent pas se
déplacer librement : il possède une
forme et un volume propre. Les
atomes dans un solide vibrent autour
d'une position moyenne bien définie,
l'amplitude de cette vibration est une
fonction de la température.
Définition

Un cristal est un solide dans lequel


les atomes sont ordonnés de façon
périodique dans les trois directions
de l'espace.

Cette définition, à la base des notions


présentées dans ce livre, oppose les
cristaux à une autre classe de solides
dits amorphes, qui possèdent un ordre
atomique local à courte échelle mais pas
d'ordre à grande échelle. Du fait de la
périodicité des atomes dans les cristaux,
il existe plusieurs directions différentes le
long desquelles l'arrangement atomique
est différent : les propriétés physiques
des cristaux (morphologie, clivage,
dureté, conductivités thermique et
électrique, dilatation thermique,
déformation élastique, etc.) dépendent
de la direction dans laquelle elles sont
mesurées. Pour cette raison, les cristaux
sont anisotropes, alors que les matériaux
amorphes présentent des propriétés
isotropes. Une définition plus ancienne
des cristaux les décrit d'ailleurs comme
des corps homogènes et anisotropes.

Les cristaux de symétrie cubique sont


souvent considérés comme isotropes,
mais cela n'est pas vrai pour toutes leurs
propriétés physiques. Un cristal cubique
présente, comme les cristaux de
symétrie moindre, une certaine
morphologie naturelle qui dépend de sa
composition chimique et de
l'arrangement des atomes : les faces
d'un cristal ont une vitesse de croissance
différente selon la direction
(l'environnement chimique du cristal et
les conditions de température et de
pression lors de sa croissance jouent
aussi un rôle). La vitesse de croissance
d'une face est la vitesse à laquelle une
nouvelle couche atomique est ajoutée en
surface, c'est donc la vitesse de
croissance du cristal
perpendiculairement à la face et pas
parallèlement. Les faces qui croissent le
plus vite disparaissent généralement de
la morphologie du cristal et se réduisent
à des arêtes ou des sommets[1],[2]. Les
faces d'un cristal correspondent à des
plans d'atomes assez denses dans la
structure, c'est-à-dire des plans dans
lesquels se trouvent beaucoup de
liaisons chimiques, ce qui assure la
stabilité des faces. La croissance
cristalline est ainsi anisotrope pour tous
les cristaux.

Morphologie de cristaux de symétrie


cubique
La boléite présente en général des
cristaux de forme cubique.

Les cristaux de magnétite ont une forme


octaédrique.
La forme de ses cristaux est à l'origine
du nom de la tétraédrite.

La diffraction des ondes montre


particulièrement le caractère anisotrope
des cristaux. Si la longueur d'onde
choisie est du même ordre de grandeur
que les distances interatomiques, la
périodicité des atomes dans un cristal
provoque des interférences dans l'onde
diffusée. Ce phénomène est appelé
« diffraction » et est similaire à la
diffraction de la lumière visible par un
réseau en optique. On observe une
intensité diffractée dans certaines
directions bien définies de l'espace (les
réflexions), correspondant aux
interférences constructives, alors
qu'aucune intensité n'est présente dans le
reste de l'espace à cause des
interférences destructives. Un matériau
amorphe diffuse au contraire les ondes
de manière continue dans tout l'espace
et son diffractogramme présente des
maxima beaucoup plus larges.
Diffractogramme poudre simulé du
quartz α.

Diffractogramme simulé d'un matériau


amorphe.

Il existe d'autres matériaux solides qui ne


sont d'après la première définition ni des
cristaux ni des solides amorphes : ce
sont les solides à structure ordonnée non
périodique, qui ne seront pas traités ici.
On distingue généralement trois classes
de structures apériodiques : les
structures modulées, les structures
composites et les quasi-cristaux[3]. Ces
matériaux ne peuvent pas être décrits par
les concepts de la cristallographie
géométrique détaillés dans ce livre, mais
comme les cristaux classiques, ils
donnent lieu à une figure de diffraction
discrète lors d'expériences de diffraction
de rayons X, de neutrons ou d'électrons.
Ceci a conduit l'union internationale de
cristallographie à poser une nouvelle
définition plus large du concept de cristal
en 1992[4], qui ne sera pas utilisée dans
le reste du livre.

Définition

Un cristal est un solide dont la figure


de diffraction est de nature discrète.

Thermodynamique …

L'arrangement périodique des atomes


dans un cristal correspond à une
minimisation de l'énergie libre totale du
système : un cristal est
thermodynamiquement stable, au
contraire des matériaux amorphes qui
sont métastables. Certains composés
chimiques existent sous forme cristalline
et amorphe, comme le dioxyde de
silicium SiO2 : il existe un verre de silice
amorphe, mais SiO2 peut cristalliser avec
différentes structures, la plus connue
étant celle du quartz α. La structure du
quartz α est stable dans les conditions
normales de température et de pression,
alors que celle de son polymorphe de
haute pression, la stishovite, n'est que
métastable dans ces conditions (la
transformation naturelle de la stishovite
en quartz est cependant très lente et
peut durer quelques milliers d'années).
Sous pression atmosphérique, le quartz
α, de symétrie trigonale, se transforme
vers 573 °C en quartz β, de symétrie
hexagonale. Au-dessus de 1 470 °C, la
cristobalite est la forme stable de SiO2.
Ainsi, la stabilité d'une structure
cristalline dépend du domaine de
température ou de pression considéré. Le
passage d'un polymorphe à un autre lors
de la variation d'une grandeur
thermodynamique intensive comme la
température ou la pression est appelé
« transition de phase structurale ».

Ci-dessous est illustré le polymorphisme


du vanadate d'argent Ag3VO4. Entre la
température ambiante et 620 °C, Ag3VO4
subit deux transitions de phase
structurales et a donc trois polymorphes
qui se distinguent par l'arrangement des
atomes dans le cristal[5] :

le Ag3VO4-α, stable à température


ambiante ;
le Ag3VO4-β, stable entre 92 °C et
414 °C ;
le Ag3VO4-γ, stable au-delà de 414 °C,
avec des atomes d'oxygène
désordonnés.
Ag3VO4-α

Ag3VO4-β
Ag3VO4-γ

Cristal parfait et cristal réel …

Un « cristal parfait » est un solide dans


lequel des atomes identiques sont
ordonnés de façon périodique à l'infini
dans les trois directions de l'espace. Un
tel cristal n'existe pas mais peut être
utilisé comme modèle, par exemple pour
calculer les états quantiques d'électrons
soumis à un potentiel périodique (ondes
de Bloch).

Un « cristal réel » est un cristal qui


présente des défauts de structure :

défauts ponctuels, de dimension 0


(lacunes, atomes intersticiels) ;
défauts linéaires, de dimension 1
(dislocations) ;
défauts de dimension 2 (joints de
grains dans les polycristaux) ;
défauts volumiques (macles, pores).

Les défauts sont présents dans tous les


cristaux. Ils ne gênent généralement pas
lors d'expériences de caractérisation et
sont même nécessaires : sans défaut, les
réflexions de diffraction d'un cristal
seraient trop fines pour être mesurées
correctement et l'analyse de leurs
intensités devrait faire appel à la théorie
dynamique de la diffraction, qui n'est pas
implémentée dans la majorité des
programmes dédiés. D'autre part, les
défauts livrent souvent une explication
pour le mécanisme de certaines
propriétés physiques, comme la
conductivité ionique : les ions soumis à
un champ électrique se déplacent dans le
cristal par l'intermédiaire de lacunes. Les
déformations plastiques dans les
cristaux sont expliqués par le glissement
de plans atomiques, qui est facilité par la
présence de défauts.
Historique
Par leurs formes géométriques
naturelles, les cristaux ont toujours été
une source de fascination, en particulier
les gemmes et les pierres précieuses. Ils
sont étudiés dès l'Antiquité : le
philosophe Théophraste, né vers 372
avant J.-C. et mort vers 288 avant J.-C.,
décrit des cristaux de grenat, un minéral
qu'il nomme anthrax. Strabon (né vers 58
avant J.-C. et mort en 21 ou 25 après J.-
C.) étudie des cristaux de quartz en
provenance d'Inde, pour lesquels il
invente le nom de Krystallos. Au Ier siècle,
Pline l'Ancien consacre une partie de son
ouvrage Histoire naturelle à la description
des minéraux. Vers la fin de la
Renaissance, Johannes Kepler s'interroge
dans De nive sexangula (1611) sur la
régularité des flocons de neige et
suppose que leur formation provient d'un
empilement compact régulier de
constituants élémentaires.
Cristaux de grenat en provenance
d'Aggeneys en Afrique du Sud.

Cristaux de quartz en provenance du


Minas Gerais au Brésil.
Cristaux cubiques de pyrite en
provenance du Pérou.

L'étude géométrique systématique des


cristaux commence réellement avec les
travaux de Sténon, qui remarque en 1669
que les angles entre des faces
adjacentes de cristaux de quartz
d'origines différentes sont constants.
Ces résultats sont généralisés à tous les
cristaux par Domenico Guglielmini entre
1688 et 1705 et par Jean-Baptiste Romé
de L'Isle près d'un siècle plus tard avec
l'invention du goniomètre, ce qui permet à
ce dernier de formuler sa « loi de
constance des angles ».

Tétraèdre obtenu en tronquant les sommets non


voisins d'un cube.

En 1784, René Just Haüy montre que les


cristaux sont constitués d'empilement
d'unités de volume de matière, qu'il
désigne par « molécules intégrantes ».
Grâce à ce concept, obtenu par sa « loi
des troncatures », il explique la forme
des cristaux, démontre la loi de
constance des angles de Romé de L'Isle
et tente une classification des cristaux en
fonction de leur morphologie. Ce faisant,
il montre qu'il n'existe qu'un nombre fini
de formes des molécules intégrantes
permettant de reconstruire les
différentes morphologies observées et
que certaines formes, comme les
prismes pentagonaux ou octagonaux, ne
peuvent pas servir à construire un cristal
(cette impossibilité est démontrée par le
théorème de restriction
cristallographique). Il montre aussi qu'il
existe des cristaux dont la forme ne
contient que la moitié des éléments de
symétrie de la molécule intégrante : c'est
l'« hémimorphisme ». Par exemple, un
tétraèdre peut être obtenu à partir d'un
cube en tronquant quatre de ses
sommets non voisins (voir la figure ci-
contre), et il existe deux façons d'obtenir
un tétraèdre à partir d'un cube, en
fonction des sommets tronqués : ces
deux tétraèdres sont des images l'un de
l'autre dans un miroir. Haüy nomme les
deux formes obtenues par hémiédrie
« plagièdre droit » et « plagièdre
gauche », connus aujourd'hui sous le nom
d'« énantiomères ». L'idée des molécules
intégrantes de Haüy est reprise par son
élève Gabriel Delafosse qui en déduit
l'existence d'une « maille élémentaire », à
la base de la cristallographie
géométrique actuelle.

L'invention par William Hyde Wollaston en


1809 du goniomètre à réflexion, qui
permet des mesures d'angles d'une bien
meilleure précision, marque un nouveau
pas dans l'histoire de la minéralogie et de
la cristallographie. En 1815, Christian
Samuel Weiss décrit les sept systèmes
cristallins possibles. L'utilisation du
goniomètre à réflexion amène en
particulier Eilhard Mitscherlich, assisté
par Gustav Rose, à découvrir
l'isomorphisme en 1819 et le
polymorphisme en 1824. De ces
découvertes s'inspirent pendant presque
un siècle les travaux suivants sur la
relation entre la forme des cristaux et
leur composition chimique, du domaine
de la cristallochimie. On peut noter entre
autres la (re)découverte de la
« dissymétrie moléculaire » (ou
énantiomorphisme) par Louis Pasteur en
1848 ainsi que sa méthode
expérimentale pour isoler les deux
énantiomorphes du paratartrate, qui
conduit à la naissance du domaine de la
stéréochimie. Hermann Kopp étudie les
cristaux mixtes isomorphes, dans
lesquels des molécules peuvent être
substituées par d'autres, et montre en
1840 que la probabilité pour deux
molécules de former des cristaux mixtes
est plus grande si leurs tailles sont
semblables. Ces résultats sont
développés par Paul Heinrich von Groth
qui met en évidence un changement
graduel de la morphologie des cristaux
mixtes lors d'une substitution isomorphe.
En 1849, Auguste Bravais décrit les
propriétés de la maille élémentaire et
montre qu'il n'existe que 14 mailles
élémentaires dans l'espace à trois
dimensions. La deuxième moitié du
XIXe siècle voit également l'élaboration
de classifications des minéraux en
fonction de leurs compositions
chimiques et/ou de leurs formes
cristallines, comme la classification de
Gustav Rose et celle de James Dana. À
la fin du XIXe siècle, les fondements
mathématiques de la théorie sur la
symétrie des cristaux, dont la liste des
230 groupes d'espace, sont développés
de façon indépendante par Arthur
Schoenflies, William Barlow et Evgraf
Fedorov.

La découverte des atomes au début du


XXe siècle permet finalement de
comprendre la nature des cristaux.
William Barlow et William Pope émettent
l'hypothèse, en 1906, que la forme des
cristaux est définie par l'arrangement
d'atomes sphériques qui en sont les
constituants élémentaires. Les
expériences de diffraction des rayons X
par les cristaux menées par Max von
Laue en 1912 et les travaux successifs
de William Lawrence Bragg et William
Henry Bragg sur le chlorure de sodium
NaCl confirment cette hypothèse et
ouvrent la voie à la détermination de la
structure atomique des cristaux. En 1926,
Victor Goldschmidt montre que la
formation de cristaux mixtes a lieu
lorsque les rayons ioniques des éléments
substitués dans le cristal sont très
proches, comme par exemple dans la
série forstérite (Mg2SiO4) - fayalite
(Fe2SiO4). Au début des années 1930,
Carl Hermann et Charles Mauguin se
consacrent à l'étude des 32 classes
cristallines et des 230 groupes d'espace,
développant une notation symbolique
toujours utilisée internationalement : les
symboles de Hermann-Mauguin.
L'amélioration au cours du XXe siècle des
techniques de diffraction des rayons X,
des neutrons et des électrons, la
construction de synchrotrons et de
sources de neutrons à des fins
scientifiques et les progrès en
informatique font de la détermination
d'une structure cristalline une technique
de routine en cristallographie. Depuis la
découverte des rayons X par Wilhelm
Röntgen en 1895, les prix Nobel jalonnent
l'histoire de la cristallographie dans
plusieurs disciplines scientifiques.
Prix Nobel dans
l'histoire de la
cristallographie[6]
Année Discipline Lauréats Travaux récompensés

En t émoignage des services ext raordinaires


Wilhelm
1901 physique rendus par sa découvert e des remarquables
Rönt gen
rayons ult érieurement nommés d'après lui

Pour sa découvert e de la diffract ion des


1914 physique Max von Laue
rayons X par les crist aux

William Henry
Bragg, Pour leurs cont ribut ions à l'analyse de la
1915 physique
William st ruct ure crist alline au moyen des rayons X
Lawrence Bragg

Pour sa découvert e de la nat ure ondulat oire


1929 physique Louis de Broglie
des élect rons

Clint on
Davisson, Pour leur découvert e expériment ale de la
1937 physique
George diffract ion des élect rons par les crist aux
Thomson

James Sumner, Pour la découvert e de la crist allisat ion des


1946 chimie John Nort hrop, enzymes, pour la préparat ion d'enzymes et
Wendell St anley de prot éines virales sous forme purifiée

Max Perut z, Pour leurs t ravaux sur la st ruct ure des


1962 chimie
John Kendrew prot éines globulaires

Pour leurs découvert es sur la st ruct ure


Francis Crick,
moléculaire des acides nucléiques et sa
1962 médecine James Wat son,
significat ion pour la t ransmission de
Maurice Wilkins
l'informat ion pour la mat ière vivant e

Dorot hy Pour la dét erminat ion par les t echniques des


1964 chimie Crowfoot rayons X de la st ruct ure d'import ant es
Hodgkin subst ances biologiques

Pour leurs t ravaux de pionniers, réalisés


Ernst Fischer,
indépendamment , sur les composés
1973 chimie Geoffrey
organomét alliques appelés composés
Wilkinson
sandwich

1976 chimie William Pour ses t ravaux sur la st ruct ure des
Lipscomb boranes, qui ont apport é un nouvel éclairage
sur la liaison chimique

Pour avoir développé la microscopie


élect ronique crist allographique et pour avoir
1982 chimie Aaron Klug dét erminé la st ruct ure des complexes
acides-nucléiques prot éines biologiquement
import ant s

Herbert Pour leurs réalisat ions remarquables dans la


1985 chimie Haupt man, mise au point de mét hodes direct es de
Jerome Karle dét erminat ion des st ruct ures crist allines

Johann
Pour la dét erminat ion de la st ruct ure
Deisenhofer,
1988 chimie t ridimensionnelle d'un sit e de la réact ion
Robert Huber,
phot osynt hét ique
Hart mut Michel

Pour la mise au point de la t echnique de


1994 physique Clifford Shull
diffract ion neut ronique

Pour avoir ét é le premier à résoudre par


Roderick crist allographie aux rayons X la st ruct ure de
2003 chimie
MacKinnon canaux ioniques (en part iculier un canal
pot assium) dans les membranes cellulaires

Venkat raman
Ramakrishnan, Pour leurs ét udes de la st ruct ure et de la
2009 chimie
Thomas St eit z, fonct ion du ribosome
Ada Yonat h

2011 chimie Dan Shecht man Pour sa découvert e des quasi-crist aux

Applications
La cristallographie est le plus souvent
utilisée pour la détermination de
structures cristallines par diffraction de
rayons X, de neutrons ou d'électrons : il
est possible de retrouver la position des
atomes dans la maille à partir des
intensités des ondes diffractées par un
cristal. Cette application de la
cristallographie ne se limite pas à la
seule détermination de structures
atomiques. La diffraction de neutrons
donne aussi des informations sur la
distribution des moments magnétiques
dans un matériau. La diffraction par un
cristal est une technique importante dans
plusieurs disciplines scientifiques,
puisque la connaissance de la structure
d'un cristal permet d'expliquer ses
propriétés physico-chimiques :
en physique, les modèles établis pour
prédire le comportement de matériaux
sous certaines conditions de
température ou de pression se basent
sur la connaissance de leurs
structures ;
en physico-chimie des surfaces, il est
souvent observé que la structure
atomique en surface (quelques
couches atomiques) diffère de celle du
matériau en volume : on parle de
reconstruction. L'étude de la structure
des surfaces par diffraction
d'électrons est importante pour
comprendre leurs propriétés de
catalyse ou d'adsorption de
molécules ;
en biologie, la diffraction sur des
macromolécules cristallisées livre des
informations sur la structure de
nombreuses molécules (ADN,
protéines…), comme la localisation et
la forme des sites actifs dans les
enzymes.
Cristal de lysozyme

Cristaux d'insuline
Désoxyribonucléase

Vers la fin du XXe siècle se sont


développées des techniques de
diffraction permettant de suivre
l'évolution d'un système en temps. Par
exemple, lors d'une illumination d'un
cristal par un laser, certains atomes
peuvent être amenés dans un état excité
ou même former de nouvelles liaisons
chimiques, la vitesse du retour à l'état
fondamental étant très variable. Il est
actuellement possible d'étudier in situ par
diffraction des phénomènes dynamiques
induits d'une durée de quelques
femtosecondes[7],[8]. Les applications
possibles sont l'étude des transferts
d'atomes dans les sites actifs de
protéines ou celle des transitions de spin
dans les composés moléculaires.

Polycristal d'aluminium : les cristallites (ou grains)


n'ont pas tous la même orientation.

Dans un matériau « polycristallin »,


plusieurs cristallites ou « monocristaux »
d'orientations différentes sont arrangés
côte à côte. Des exemples de matériaux
polycristallins sont les poudres, les
couches minces ou les aciers. La texture
d'un polycristal, c'est-à-dire l'orientation
relative des monocristaux qui le
constituent, peut être déterminée par
diffraction. Elle donne des informations
sur la formation du polycristal ou sur les
déformations plastiques qu'il a subies :
l'application d'une pression sur un
matériau polycristallin change
l'orientation relative de ses cristallites.
Dans le cas des poudres, la texture ou
« orientation préférentielle » résulte de la
forme anisotrope des cristallites, en
plaquettes ou en aiguilles par exemple.
En géologie, la texture d'une roche
renseigne sur ses déformations
successives et permet de reconstruire
l'histoire des déplacements des plaques
tectoniques. D'autre part, la texture des
minéraux à l'intérieur du manteau
terrestre joue un rôle dans la
transmission des ondes sismiques. La
découverte en laboratoire de la phase
post-pérovskite de MgSiO3 en 2004[9] par
diffraction sur poudre, sous des
conditions de pression et de température
similaires à celles régnant à l'interface
entre le manteau inférieur et le noyau
terrestre, et les travaux successifs sur la
texture de cette phase ont apporté des
éléments importants pour comprendre la
propagation anisotrope des ondes
sismiques à la discontinuité de
Gutenberg.

La diffraction est aussi utilisée pour


étudier la distribution des contraintes
dans un matériau. Ceci est par exemple
utile lors de l'optimisation de procédés
de fabrication de pièces mécaniques : si
plusieurs méthodes sont possibles, celle
à privilégier est celle qui limite les
contraintes dans le matériau afin de
limiter les risques de cassure et de
prolonger la durée de vie de la pièce. En
géologie, la formation de failles ou de
plis trouve son origine dans les
contraintes présentes dans les roches.
Références
1. anglais M. Szurgot, « Velocities of
Disappearance and Lifetime of Faces
of Growing Crystals », dans Crystal
Research and Technology, vol. 26, no
5, 1991, p. 555-562, lien doi
2. anglais Jolanta Prywer, « Three-
dimensional model of faces
disappearance in crystal habit »,
dans Journal of Crystal Growth, vol.
155, no 3-4, 1995, p. 254-259, lien
doi
3. anglais Sander van Smaalen,
Incommensurate Crystallography,
Oxford University Press, coll. « IUCr
Monographs on Crystallography » (no
21), 2007, chap. 1 (« Structure and
diffraction of aperiodic crystals »), p.
2 (ISBN 978-0-19-857082-0)
4. « Report of the Executive Committee
for 1991 », dans Acta
Crystallographica Section A, vol. 48,
no 6, 1992, p. 922-946, en particulier
p. 928, lien doi
5. anglais R.E. Dinnebier, A. Kowalevsky,
H. Reichert et M. Jansen,
« Polymorphism of Ag3VO4 », dans
Zeitschrift für Kristallographie,
vol. 222, no 8, 2007, p. 420-426, lien
doi
. Tableau réalisé à partir des articles
de Wikipédia Prix Nobel de chimie,
Prix Nobel de physique et Prix Nobel
de physiologie ou médecine dans
leurs versions du 16 novembre 2011
7. anglais Jacqueline M. Cole,
« Photocrystallography », dans Acta
Crystallographica Section A, vol. 64,
no 1, 2008, p. 259-271, lien DOI
. anglais Zeitschrift für
Kristallographie, vol. 223, no 4-5 :
« Photocrystallography », 2008, voir
le sommaire en ligne
9. anglais Motohiko Murakami, Kei
Hirose, Katsuyuki Kawamura,
Nagayoshi Sata et Yasuo Ohishi,
« Post-Perovskite Phase Transition in
MgSiO3 », dans Science, vol. 304, no
5672, 2004, p. 855-858, lien DOI

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géométrique de réseau

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3.0 sauf mention contraire.

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