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• L'islam gagne du terrain au Brésil


Par Lamia Oualalou
05/02/2010 | Mise à jour : 16:06 Réactions (280)

Prière
re dans une mosquée de Sao Paulo, en 2001. Crédits photo : AFP

Après les attentats du 11 septembre 2001 et sous


l'impulsion d'une « telenovela », les conversions se
sont multipliées dans les périphéries urbaines du
pays.

Cinq fois par jour, Rosangela cherche la direction de La Mecque dans son petit
appartement de Vila Ferreira, un quartier pauvre de Sao Bernardo do Campo,
une ville industrielle située à quelques kilomètres de Sao Paulo. À 45 ans, sa vie
est rythmée par l'islam, qu'elle a embrassé au début des années 1990. Voilée,
vêtue d'une longue tunique, Rosangela assure l'accueil au Centre de divulgation
de l'islam pour l'Amérique latine. «Je donne aussi des cours sur le Coran»,
précise-t-elle, soucieuse qu'on ne la prenne pas pour une simple hôtesse.

Converser avec Rosangela n'est pas facile : elle s'interrompt toutes les cinq
minutes pour répondre au téléphone ou renseigner des visiteurs sur les
conférences du cheikh Jihad Hassan Hammadeh, le directeur du Centre. «La
demande de corans en portugais est telle que mon stock est épuisé, assure-t-elle .
Alors, en attendant d'être réapprovisionnée, je donne des versions espagnoles.»

Premier pays catholique du monde, le Brésil connaît depuis une décennie une
croissance importante de l'islam. «Il est impossible de savoir combien le pays
compte de musulmans, puisqu'ils sont enregistrés dans la catégorie “autres”,
mais on estime qu'il y en a environ un million», indique Paulo da Rocha Pinto,
professeur à l'université Fluminense.

Pour lui, le meilleur indicateur de l'expansion de cette religion est la


multiplication du nombre de lieux de culte. Malgré l'arrivée dès le début du
XXe siècle de vagues de musulmans, syriens, libanais et palestiniens en majorité
- on les appelle au Brésil les «Turcos» en référence à la tutelle qu'exerçait à
l'époque l'Empire ottoman -, la première mosquée n'a été inaugurée qu'en 1960.
La construction de lieux de culte n'a véritablement commencé qu'à partir des
années 1980 et s'est accélérée au début des années 2000.

Effet de mode

Au départ de cet emballement, les attentats du 11 septembre 2001. «Certains


voulaient en savoir plus sur ce peuple capable de faire trembler l'empire
américain, d'autres doutaient de ce que racontait la presse, relate Rosangela. En
venant ici, ils ont vu que l'islam n'avait rien à voir avec la haine et progres-
sivement certains sont devenus musulmans.»

Le mouvement de conversion à l'islam a toujours existé au Brésil, malgré un très


faible prosélytisme. «En général, c'était lié à une amitié, un mariage. Le 11
Septembre a augmenté la visibilité des musulmans et nourri la curiosité », dit
Paulo da Rocha Pinto. À l'université, les cours sur le monde arabe et l'islam,
autrefois exotiques, sont bondés. Ce regain d'intérêt a été constaté dans le monde
entier. Mais au Brésil, l'engouement a été attisé par une spécificité locale : la
telenovela. En octobre 2001, soit trois semaines après les attentats du World
Trade Center, la chaîne Globo a lancé Le Clone. La série, située au Maroc, avait
l'ambition de dépeindre le monde arabe et musulman. «C'était une coïncidence :
le feuilleton était programmé depuis des mois», se souvient Francirosy Ferreira,
spécialiste de l'islam à l'université de Sao Paulo.

Le succès est tel qu'il devient commun, dans les rues de Rio de Janeiro et de Sao
Paulo, de se saluer par un «inch'Allah !». «Beaucoup de femmes envisageaient
d'abandonner leur religion pour pouvoir épouser un “Saïd” , le héros musulman
de la novela», raconte Francirosy en riant. Caricatural à souhait, le personnage
est romantique, respectueux de sa femme, qu'il couvre d'or.

Ces conversions dues à un effet de mode se sont révélées fragiles. Rosangela,


elle, est une convaincue. Sa conversion résulte d'une quête identitaire. Noire,
pauvre, militante du Mouvement noir unifié (MNU) dès l'adolescence, elle n'a
jamais trouvé ses repères spirituels dans sa famille catholique. «Jésus est
toujours représenté en homme blanc. Qu'est-ce qu'ils en savent ? Tout le monde
n'était pas blanc à Jérusalem !», assène-t-elle. Les premiers musulmans à
s'installer au Brésil n'étaient pas des commerçants libanais et syriens, mais «les
milliers d'esclaves déportés d'Afrique» rappelle Paulo Farah, qui dirige le Centre
d'études arabes. Connus sous le nom de Malês et de Muçulmis, ils
représentaient, selon les spécialistes, 15 % des esclaves. Entre 1807 et 1835, ils
se révoltèrent à plusieurs reprises. La plus importante de ces révoltes, dite la
Révolte des Malês, eut lieu à Salvador de Bahia, dans la nuit du 24 janvier 1835.
«Les autorités l'effacèrent des livres d'histoire», remarque Paulo Farah. Elle
donna lieu à une féroce répression et à une méfiance durable à l'égard de l'islam.

C'est cet héritage que revendique le rappeur Honerê al-Amin Oadq, une star du
hip-hop à Sao Paulo. Honerê al-Amin Oadq, 32 ans, s'appelait auparavant Carlos
Soares Correia. «J'ai choisi le hip-hop pour dénoncer le génocide dont sont
victimes les jeunes Noirs au Brésil et montrer que nous pouvons aussi
représenter des valeurs positives», explique-t-il. En tombant sur la Révolte des
Malês, qu'il qualifie d'«Intifada noire», il trouve une source d'inspiration. Le film
Malcolm X et la fascination exercée par le boxeur Mohammed Ali (né Cassius
Clay) feront le reste.

Un quart des musiciens de son groupe baptisé le «Posse Hausa», en référence à


un autre soulèvement d'esclaves musulmans au XIXe siècle, s'est converti à
l'islam. Les autres, précise le jeune homme, «ont opté pour notre mode de vie :
ils ne boivent pas, ne fument pas, respectent les femmes et aident leur
communauté». L'islam a ainsi sauvé, selon lui, des dizaines de ses amis de
l'alcool, la drogue et la prison.

L'introduction de l'islam dans les périphéries est en train de changer le visage


d'une religion auparavant identifiée avec les descendants d'Arabes appartenant
souvent à une classe sociale élevée. Pour Paulo Farah, «le message d'égalité
raciale et de justice sociale de l'islam connaît un important succès au sein des
communautés les plus pauvres, en particulier auprès des jeunes qui souffrent du
racisme et des violences policières».

Une religion «étrangère»

La motivation de ceux qui optent pour l'islam n'est pas la même que celle qui
pousse vers les Églises évangéliques ou des religions afro-brésiliennes, comme
le candomblé, estime Paulo da Rocha Pinto. «En général, les nouveaux convertis
ont approché auparavant d'autres confessions. Avec l'islam, ils découvrent une
religion plus ouverte sur le monde.» L'universitaire réfute toute dérive politique
violente : «Il y a une solidarité avec les peuples palestinien, irakien ou libanais,
mais ce n'est pas une identification. Ce qui compte, c'est que l'islam se présente
comme une idéologie tiers-mondiste, semblable à celle qu'on pouvait trouver
dans la théorie de la libération latino-américaine avant que l'Église catholique
décide de freiner son expansion.»

L'absence d'une rhétorique revancharde s'explique aussi par la politique de l'État


brésilien, qui refuse d'identifier les musulmans comme une population à part. Au
lendemain des attentats du 11 Septembre, le département d'État américain avait
demandé aux gouvernements paraguayen et brésilien de regarder de près les
communautés musulmanes, en arguant qu'elles pouvaient abriter des foyers de
terrorisme.

Le Paraguay s'était exécuté avec zèle. Des commerçants musulmans de Ciudad


del Este avaient été emprisonnés, certains avaient même été torturés. Le Brésil
en revanche avait répondu qu'il défendrait tous les citoyens brésiliens contre des
ingérences étrangères.

L'islamophobie n'est pas absente pour autant du Brésil. Certaines publications


évangéliques en font une description alarmiste et la population continue à
percevoir cette religion comme «étrangère». Rosangela a toujours en
permanence un voile de rechange dans son sac, en cas d'agression.

Mais paradoxalement, pour le cheikh Jihad, c'est la telenovela qui a le plus


contribué à faire accepter l'islam. Lorsque des adeptes venaient le voir à la
mosquée pour protester contre l'image caricaturale du feuilleton, il leur répondait
qu'il en était ravi : «Avant, nous avions une image d'extraterrestres ou de
terroristes. Maintenant, nous sommes perçus comme des gens qui adorent la fête
et la danse. Vous préférez quoi ?»

Par Lamia Oualalou

Commentaires (280) J'aime (14) Partager Classer

a b Lohan, c'est vrai que l'islam doit être marginal au brésil. Et qu'En 2000, ils étaient seulement 27000...
Mais sache que l'islam à commencer avec " UNE " personne. Donc ça prend du terrain et Dieu merci car il y a de plus en
plus de personne qui accède à la vérité. Je t'invite part la même occasion à te renseigner sur cette religion qui n'est que la
vérité apporté d'Adam à Mohammed (sws) et pour tous les Hommes de Rio - Los Angeles - Paris - Mekka, tel est le
message universel venu du Seigneur de l'univers. WWW.ISLAMHOUSE.COM
Le 15/04/2010 à 00:19 RépondreAlerter

lohanIl ne faut pas exagérer ce phénomène de conversion à l'Islam qui peut-être gagne qqs jeunes des
banlieux pauvres mais qui reste très marginal au Brésil, contrairement à l'impression que donne cet article. Vivant moi-
même au Brésil depuis plusieurs années, je n'ai jamais entendu parler de conversions à l'Islam dans mon entourage et ma
région. Il faut attendre les chiffres du recencement de 2010 pour savoir exactement combien y a t-il de musulmans.
Certainement pas un million. En 2000, ils étaient seulement 27000...voir les chiffres officiels:
http://www.ibge.gov.br/home/estatistica/populacao/censo2000/populacao/religiao_Censo2000.pdf
Le 25/03/2010 à 23:52 RépondreAlerter

HAI26Et que deviennent la Samba et le Carnaval de Rio pour ces Brésiliens là ??? Tout fout le camp !
Le 23/03/2010 à 16:24 RépondreAlerter
phil renla betise humaine est sans limite , mais ne s exerce jamais autant qu en periode de crise...
Le 19/03/2010 à 21:58 RépondreAlerter

benavidez karla marcelac'est la manque d'identité de ma très chère Amérique latine que l'amène à la perte de
son identité. La pauvreté l'a fait renoncer déjà a des choix des gouvernement démocratiques et maintenant le besoin de se
sentir identifié dans sa pauvreté la amène a la négation de ses valeurs historiques les plus profonds, ses valeurs chrétiens.
Il faut pas oublié le rôle de notre église catholique dans la défense du pauvre, dans la défense de la charité et dans la
défense de la instauration de la démocratie en Amérique latine. c'est toujours l'ignorance la porteuse de toutes les
malheurs de nos peuples de Amérique latine
Le 18/03/2010 à 18:19 RépondreAlerter

gramsciEt quand tu dis ça ...tu penses aussi à par exemple avec l'institution de l'encomienda (pratique qui
attribue un groupe d'Indiens à un colon qui les utilisait comme main-d'oeuvre gratuite, à charge pour lui de les protéger et
de les instruire dans la religion chrétienne) vous semble refléter "la défense du pauvre" et la "défense de la charité" voici
quelques liens pour vous rafraichir la mémoire : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=15321116
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=15200630
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=15000422 Alors pitié ! ne venez pas nous raconter d'histoires !
Les religions sont une plaie pour l'humanité depuis toujours !
Le 19/03/2010 à 13:27 RépondreAlerter

N CIl ne faudrait pas oublier non plus tous les pédophiles de notre chère eglise catholique qui sont couverts
par les différents papes successifs.
Le 23/03/2010 à 11:06 RépondreAlerter

JASSIM MEDINItoute c valeure ke t énonce et ke tu défend légitmement sont présent dans livre saint
universselle ki est le CORAN sauf ke t oublie une chose c kil ne faut pas s adresser k une partie du glob mais au monde
entier. Et le CORAN s adresse a tte c les personne ki peuple ce monde. ;) a bonne entendeure
Le 24/03/2010 à 01:05 RépondreAlerter

inquiet avenirPendant ce temps, en Algérie et au Maroc, en 2010, on arrête des chrétiens ...
Le 17/03/2010 à 19:46 RépondreAlerter

BCPANORAMATrop gros le mensonge. Dans ces 2 pays aucun chrétien ne se fait diaboliser comme vous le
faites allègrement dans vos curieuses démocraties.
Le 20/03/2010 à 21:52 RépondreAlerter

omar chabaneMessage à Edgard Pooda: le Coran ne se lit pas sur le pouce dans le métro d'un oeuil distrait.
Sa lecture ne s'éclaire que par les lumières des Hadiths ( commentaires ) du Prophète et ne peut s'interpréter sans se
référer aux différentes fatwas ( bouh le gros mot!!!) qui ne sont rien d'autre que des jurisprudences. En toute religion il y
la lettre et l'esprit. La Bible a bénéficié du travail de différents exégètes pour adapter nécessairement le texte au milieu
social. C'est idem pour le texte coranique qui continue d'être interprété et débattu. Encore faudrait-il de la part d'un
lecteur qui se voudrait fin connaisseur du texte coranique éviter les pièges grossier de la caricature et de l'inculture
crasse.
Le 13/03/2010 à 14:36 RépondreAlerter

lech3816Je n'irais pas si loin. Vous devez savoir, mieux que moi, que le Coran ne peut pas être interprété et
doit être pris à la lettre. Ce n'est pas le texte qui fait l'objet de débats, mais la traduction. L'ésotérisme musulman dont la
meilleure figure est le soufisme, est interdit par les musulmans orthodoxes et puni de sévères peines de prison dans des
pays comme l'Arabie Saoudite. D'autre part , comme il n'y a pas de clergé en islam, le monde foisonne d'imams plus ou
moins auto-proclamés ou reconnus qui prétendent détenir le sens Coran, et qui en font des interprétations contradictoires
allant jusqu'à prêcher la violence légitime à de pauvres gens qui n'y comprennent rien.
Le 19/03/2010 à 06:37 RépondreAlerter
N C- "Le coran ne peut pas être interprété mais doit être pris à la lettre" : dans mauvaise émissions de télé as-
as
tu entendu ça l'ami ? - Pourquoi tous les détracteurs prennent-ils
prennent ils toujours le pire exemple "l'arabie saoudite" (pays
gouvernés parar une famille corrmpue jusqu'à la moelle et usurpatrice des lieux saints) pour étoffer leurs agumentaire ?:
c'est comme si l'on ne retenait de la religion chrétienne que les prètres pédophiles ou les eglises évangélistes bushistes -
"Comme il n'y a pas de clérgé en Islam ...": oui, il n'y a pas de clérgé en islam, pour éviter qu'il y ai une institution
papiste qui depuis 2 millénaires se prend pour dieu sur terre, modifie le texte à sa guise et selon ses convenance et ses
intérêts du moments. Cela permet aussiaussi de laisser libre tout croyant d'utiliser son esprit et de ne pas être soumis aux
interprétations de tel ou tel clérgé ignard ou intéréssé - La violence n'est pas le propre de l'islam, ni de la religion en
général, mais de l'ignorance et de l'aspiration
l'aspiration au pouvoir qui sont deux caractéristiques inhérentes au genre humain
parfois: l'eglise catholique n'a-t-elle
n'a elle pas dénié aux indiens des 2 amériques la qulité d'être humains pour mieux les
massacreer ? Le judaisme ne compte-il
compte pas parmis sa frange orthodoxee des rabbins extremistes et appelant à la
déportation et même au meurtre ? L'idouisme ne compte-t-il
compte il pas son lot d'extremistes ? ... Alors pitié, n'essayez plus
d'habiller votre islamophobie par une pseudo argumentation logique et étayée, car elle n'est ni ni logique ni étayée ! Ayez le
courage de vos opinions au moins ! Si vous haissez l'islam, dites-le
dites le ! mais ne dite parceque c'est ceci ou cela ...
Le 23/03/2010 à 11:21 RépondreAlerter
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rodney864bonne
bonne paroles de derd redr, dans ce contexte on peux dire que le Brézil devrait servir d'exemple à
d'autre pays où les religions en général s'impose par la violences et les armes
Le 5/03/2010 à 16:07 RépondreAlerter
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SABA tinailil faut dire aussique c'est la faute de ROME !! ça fait 55 ans que je vois "des PAPES" de type
occidental, se succéder.. il y a longtemps qu'on aurait voulu voir un Pape venu
venu de l'Amérique du Sud, ou issu d'Afrique,
ou autre continent .. Quel manque d'anticipation de la part de l' Eglise !!!
Le 5/03/2010 à 13:30 RépondreAlerter
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derd redrL'islam
L'islam gagne du terrain au Brésil. Et ceci sans armes ni violence.
Le 4/03/2010 à 15:46 RépondreAlerter
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SABA tinail il faut dire aussi que c'est la faute de ROME !! ça fait 55 ans que je vois "des PAPES" de type
occidental, se succéder ... il y a longtemps qu'on aurait voulu voir un Pape venu d'Amérique du Sud, ou issu d'Afrique,
ou autre continent ... Quel manque d'anticipation !!!
Le 5/03/2010 à 13:20 RépondreAlerter
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derd redrCette
Cette situation me satisfait,
satisfait, des individus gagnent du terrain sans violence ni armes.
Le 5/03/2010 à 14:21 RépondreAlerter
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