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MICHEL LABBÉ

RETOUR VERS LE FUTUR IV


Ce livre a été publié sur www.bookelis.com

© Michel Labbé, 2008


AVERTISSEMENT

L'auteur, Michel Labbé, de ce scénario « RETOUR VERS LE


FUTUR TRILOGIE II PARTIES IV, V, VI (version futur régressif
Hill Brook 2135) » n’entend publier son script que dans un cadre
REPRÉSENTATIF ou RÉCRÉATIF (FANFICTION) pour les
fans de la trilogie « RETOUR VERS LE FUTUR » (BACK TO
THE FUTURE).
L’auteur, Michel Labbé, déclare ne vouloir en retirer une
somme d’argent découlant d’une publication soit littéraire ou
cinématographique qu’après une entente ou autorisation écrite
et dûment signée avec les auteurs, scénariste, réalisateur et
producteur, Robert Zemeckis, Bob Gale et Neil Canton ; les
sociétés de production Universal Pictures, Amblin Entertainment
et U-Drive Productions et autre personne ou société non-connues
ayant les droits sur la trilogie « RETOUR VERS LE FUTUR »
(BACK TO THE FUTURE).
De même, l’auteur, Michel Labbé, de ce scénario « RETOUR
VERS LE FUTUR TRILOGIE II PARTIES IV, V, VI (version futur
régressif Hill Brook 2135) » ayant son caractère spécifique avec
son histoire, ses nouveaux lieux et personnages, demande que ses
droits d’auteur soient également respectés et que les auteurs,
scénariste, réalisateur et producteur, Robert Zemeckis, Bob Gale
et Neil Canton ; les sociétés de production Universal Pictures,
Amblin Entertainment et U-Drive Productions et autre personne
ou société non-connues ayant les droits sur la trilogie
« RETOUR VERS LE FUTUR » (BACK TO THE FUTURE)
ainsi que tout autre personne ou société voulant en faire une
publication littéraire ou cinématographique tels : les éditeurs, les
producteurs et les réalisateurs de films en vue d’en retirer des
gains d’argent, ne le fassent qu’après une entente ou autorisation
écrite et dûment signée avec l’auteur, Michel Labbé.

© Michel Labbé, OPIC (Office de la propriété intellectuelle


du Canada), 2008.

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AVANT-PROPOS

En 1996, après avoir vu le troisième épisode (PARTIE III) de


la trilogie RETOUR VERS LE FUTUR du réalisateur Robert
Zemeckis, sous le feu de l’inspiration j’écrivis l’ébauche d’une
lettre fictive de Doc à Marty d’une page et demie qui contiendra
toute l’intrigue et deviendra la base de mon scénario RETOUR
VERS LE FUTUR PARTIE IV.
J’avais plus de 100 pages de script de tapées quand j’ai appris
que l’acteur Michael J. Fox était atteint de la maladie de
Parkinson. Que faire, arrêter ou continuer en espérant pouvoir
soumettre, en dépit de l’entrave majeure, mon scénario à une
agence chargée de le présenter au prestigieux réalisateur. Car, à
Hollywood, même avec le meilleur scénario de film en main
capable de fracasser tous les records au box-office, si personne
ne vous descend l’échelle des remparts de la « Cité du septième
art », il vous faut être bien conscient que vous aurez usé le fond
de votre pantalon à vous lever et à vous s’asseoir avant que cela
ne se produise.
Seulement quand votre muse, elle, ne vous lâche plus, vous
secoue, vous sort de votre sommeil et ne veut rien entendre de
« tout est fini », elle vous mate, avec le résultat final de deux
versions de scénario avec la même intrigue, la première de 338
pages : RETOUR VERS LE FUTUR TRILOGIE II PARTIES IV,
V, VI (version Moyen Âge Écosse 1015) ; la deuxième de 366
pages : RETOUR VERS LE FUTUR TRILOGIE II PARTIES IV,
V, VI (version futur régressif Hill Brook 2135).
Aujourd’hui, même si nous savons que tout semble bel et bien
fini, j’ai voulu vous partager cette deuxième option ou possibilité
de mon scénario original « version futur régressif Hill Brook
2135 » qui, bien qu’il ne fût pas en tout point conforme aux
règles et techniques d’écriture de scénario à l’époque où je
l’écrivis, avait le mérite d’offrir une agréable lecture mi-scénario
mi-roman, avec cette différence améliorée de l’utilisation du
verbe au Présent et de quelques mise à jour nécessaires dans

7
cette deuxième version des PARTIES IV, V, VI de ce scénario
post-apocalyptique sous le titre, RETOUR VERS LE FUTUR
IV, sans que cela puisse, comme le dirait ce cher Doc Brown :
« engendrer la destruction de l’Univers ».

Michel Labbé

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NOTICE

(V/O) voix off


Lorsque le dialogue est une narration. La voix d’un personnage
qui n’est pas vu dans ce plan, cette séquence ou cette scène du
film.

(H/C) hors-champ
La voix du personnage est hors-champ. Ce qui n’est pas dans le
champ de la caméra, ce qui est laissé à l’imagination du spec-
tateur.

(FLASH-BACK) retour en arrière


Plan ou séquence d’un film montrant une action antérieure à
l’évènement représenté. Tout retour en arrière, en particulier
dans un récit.

(FADE OUT) fondu


Disparition progressive de l’image.

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RETOUR VERS LE FUTUR
PARTIE IV

(version futur régressif Hill Brook 2135


ou le Moyen Âge en Amérique)

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SYNOPSIS

En 2055 une inversion du champ magnétique a fait basculer la


Terre sur son axe. Une partie de l'Europe septentrionale, Norvège
et Suède, entraînant sur son passage l'Écosse, l'Irlande, l'Islande
et une partie du Groenland sont venus s'encastrer sur ce qui
restait de la Californie. Rigor Strickland, du clan nordien, est
mandaté par le CANT (Conseil des Anciens de la Nouvelle
Terre) pour leur ramener Baff « le Terrible » Tannen, accusé
du viol et du meurtre de la princesse Gaëla. Doc, Marty, Jules
et Verne arrivent dans cette nouvelle contrée à bord d’une
DeLorean convertie en « aérohydroglisseur » pour y récupérer un
précieux manuscrit perdu dans la nuit des temps, qui peut seul
sauver, Wilmor Clayton (le père de Clara), d'un duel fatidique en
1895 avec son éternel rival, le baron John-Lee Cromwell.

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NOUVEAUX PERSONNAGES
© Michel Labbé

1895

NEWTON le nouveau chien de Doc / nom donné


en l’honneur de l’éminent savant anglais sir Isaac
Newton.
LE FACTEUR de la Western Union.
PINKLEY le chauffeur de la locomotive.

Dans le train :
PASSAGER 1 un jeune avocat.
PASSAGER 2 une vieille dame.
PASSAGER 3 un homme à chapeau melon.
PASSAGER 4 une dame de la haute.

PHIL Thompson, 43 / fondateur et patron du


magasin général de Hill Valley depuis 1890.
ALEXANDRINE Harris / une veuve portant le
noir de son défunt mari / la voisine des Brown à
Hill Valley.
NOIREAU un gigantesque doberman / le fidèle
compagnon d’Alexandrine.
BENJAMIN Strickland, 19 / le fils et l’adjoint du
marshal Strickland.
LE CRIEUR à l’entrée du Grand Cirque de
Buffalo Bill.
LE GARÇON DE CHAMBRE à l’hôtel de
Virginia City.
JACK RABBIT orphelin / un vieux chercheur
d’or se liant d’amitié avec Jules et Verne.

Au saloon de Virginia City / table Jack Rabbit :


HOMME 1
HOMME 2

15
Table voisine de Cromwell :
HOMME 3
HOMME 4
HOMME 5
Table de Cromwell :
HOMME 6

FRED Miller / barman du saloon à Virginia City /


ami et frères d’armes de Wilmor.
CROMWELL John-Lee / baron loyaliste anglais /
éternel rival de Wilmor.
LUDWIG le valet du baron.
BUFFALO BILL directeur du Grand Cirque.
JUDGE HODGE un manchot corpulent / juge à
Virginia City.

À l'extérieur du saloon de Virginia City dans la


rue :
OBSERVATEUR 1
OBSERVATEUR 2
OBSERVATEUR 3

WILL Bennett / le conducteur de la diligence.

À l'intérieur du saloon de Virginia City :


COW-BOY 1

À l'extérieur du saloon de Virginia City dans la


rue :
COW-BOY 2
COW-BOY 3

FERGIE Ross / la propriétaire de la boutique pour


dames.
ESTRELLA 9, la petite fille assise sur le bord du
trottoir révélant son songe à Doc.

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1985

Dans le cauchemar de Marty :


LES VIKINGS buvant et festoyant.
BARBE DE FEU le Viking s’apprêtant à décapiter
Jennifer.
DOC 1985 déguisé en Christophe Colomb.

HOMME 7 l’automobiliste déguisé en croque-


mort passant près de happer Marty.
LA BIBLIOTHÉCAIRE à la bibliothèque de Hill
Valley.

PERSONNAGES / © Robert Zemeckis et Bob


Gale : DOC Emmett L. Brown(maréchal-ferrant),
Clara(Clayton Brown), Jules et Verne Brown,
Marshal James Strickland, George, Lorraine(Baines
McFly), Dave, Linda, et Marty McFly, Buford
« Mad Dog » Tannen, Biff Tannen(1985 / à la fin
de BTTF 3), Jennifer Parker, Red the Bum(Red
Thomas / ex-maire de Hill Valley devenu clochard),
Membres 1 – 2 – 3 Gang de Buford.

17
« Le futur n'est jamais écrit à l'avance pour personne ; votre futur
sera exactement ce que vous en ferez. Alors faites qu'il soit beau
pour chacun de vous. » (Doc)

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À L’INTENTION DU RÉALISATEUR

Dans RETOUR VERS LE FUTUR III le Dr. Emmett L. Brown


(Doc) était tombé éperdument amoureux de Clara Clayton (une
institutrice) en 1885, et avait choisi d’y rester au lieu de retourner
avec Marty (son meilleur ami) en 1985. Il était revenu en 1985 à
bord de son nouveau véhicule spatio-temporel, une locomotive
volante, en compagnie de Clara et de ses deux fils Jules et Verne,
pour chercher Einstein (son chien), rassurer Marty et Jennifer (sa
petite amie) sur leur avenir, et les saluer une dernière fois avant
de repartir définitivement au Far West. La première scène du
scénario RETOUR VERS LE FUTUR IV se passe le 13 octobre
1895 au soir à Hill Valley chez les Brown. C’est l’automne.
Avant l’entrée en scène des premiers acteurs on pourrait y
voir, en gros plan d’abord, la propriété de M. et Mme Emmett L.
Brown. Graduellement, passer d’une vue générale (maison de
style cottage colonial américain avec hangar et autres bâti-
ments...) à une vue plus spécifique de certains détails comme : le
claquement de la porte du hangar par le vent qui balaye, soulève
et tourbillonne les feuilles mortes sur le sol ; l’éolienne et la
girouette qui tournent et virevoltent. Ensuite, pénétrer dans la
maison, voir et entendre le tic-tac de la grande horloge qui
marque le temps (8:23 PM). Tout ceci alimenté par une musique
douce et mélancolique comme dans RETOUR VERS LE
FUTUR III, au début du film (musique de Alan Silvestri).

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HORS DU TEMPS

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1. INT. ÉTAGE SUPÉRIEURE – CHAMBRE DE VERNE
– SOIR

HILL VALLEY, 13 OCTOBRE 1895 — 8:23 PM. À l’étage


supérieur, en lambris de bois, Clara (Mme Brown), vêtue d’une
robe bleue royale, borde Verne dans sa chambre. VERNE
Brown, 8, l’esprit captif de l’histoire racontée par son grand-père
lui demande :

VERNE
Est-il vrai maman que les Vikings auraient découvert l’Amérique
avant Christophe Colomb, qu’ils semaient la terreur partout où
ils débarquèrent, et qu’ils étaient d’une cruauté sans égale?

CLARA lui répond très franchement :

CLARA
Oui c’est vrai.

VERNE
Grand-père Clayton nous a révélé aussi lors de sa visite l’autre
jour que ce sont eux qui ont tué son ancêtre le duc d’Édimbourg,
Charles-Philippe Clayton, qu’ils ont pillé le château et qu’ils ont
brûlé tous les documents manuscrits qui réglaient les titres, les
biens et les droits de la succession?

CLARA
Enfin, c’est ce qu’ont rapporté mes ancêtres venus d’Écosse.
Malheureusement nous sommes incapables de le prouver par des
documents historiques valables. C’est pourquoi vaut mieux ne
pas faire comme grand-père et s’accrocher à cette histoire.
Surtout les autres qu’il fignole assez bien, tel le monstre du Loch
Ness, Leif Eriksson le Viking ou Barberousse le pirate.

2. INT. REZ-DE-CHAUSSÉE – BAS DE L’ESCALIER

Au même moment DOC (Docteur Emmett L. Brown) écoute la

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conversation au rez-de-chaussée tout en mettant son manteau et
son chapeau. Il crie à Clara du bas de l’escalier :

DOC (H/C)
Clara je vais aller chercher du bois pour allumer un feu dans le
foyer. En même temps je vais dire à Jules d’aller se coucher. Il
doit encore flâner dans le hangar.

3. INT. ÉTAGE SUPÉRIEUR – CHAMBRE DE VERNE

CLARA
C’est bien Emmett.

Puis elle embrasse Verne et lui dit d’une voix douce :

CLARA
Dors maintenant. Oublie toutes ces histoires horribles. Sinon tu
feras des cauchemars, tu auras ensuite de la difficulté à te
rendormir, et tu rentreras à l’école demain, fatigué.

Tout en éteignant la lumière elle ajoute :

CLARA
Bonne nuit mon ange.

4. EXT/INT. HANGAR

Doc sort et traverse la cour arrière en marchant à grands pas


jusqu’au hangar, ouvre la porte et surprend JULES Brown, 9,
monté sur la locomotive volante (le train avec les initiales ELB à
la fin de RVLF 3) faisant semblant de la conduire. Fâché de le
retrouver souvent ainsi il lui ordonne :

DOC
Jules! descends de là tout de suite et va te coucher!

JULES
Mais papa! nous avons le privilège d’avoir une machine à voya-

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ger dans le temps et nous ne l’utilisons pas. Nous pourrions faire
un petit voyage de temps à autre. Autrement, la rouille aura rai-
son d’elle sans aucun espoir de retour cette fois.

DOC
Jules! je t’ai déjà dit mille fois qu’on ne peut pas voyager conti-
nuellement dans le temps sans risquer de rompre le continuum
espace-temps. Il faut que tu vives et grandisses comme tous les
autres garçons de ton époque. Ce ne serait pas loyal. À présent,
rentre à la maison et va au lit.

Jules lâche un grand soupir, descend nonchalamment de la loco-


motive et lui répond, visiblement déçu :

JULES
Bon ça va... j’y vais.

Puis il marche d’un pas nonchalant jusqu’à la porte et sort.

5. INT. SALON

Jules et Verne au lit — 9:00 PM sonnant, Doc et Clara sont dans


le salon. Elle, reclassant quelques livres dans la bibliothèque ;
lui, se tenant debout près du foyer qu’il vient d’allumer (il veut
en savoir davantage sur cette fameuse histoire rapportée l’autre
jour par son beau-père étant donné qu’il ne pouvait y être à ce
moment-là). Et sous les crépitements du bois qui s’enflamme
petit à petit, d’un air curieux, il entame la conversation et lui
demande :

DOC
Clara, quelle est cette histoire que ton père a racontée aux en-
fants, ça m’intrigue un peu je l’avoue… je n’étais pas là. Une
pale de l’éolienne du juge Mason s’est brisée lors des grands
vents l’autre jour. Il fallait absolument que je la lui répare pour le
lendemain. Qui est ce Charles-Philippe Clayton?

Clara insère un livre à sa place, s’arrête, le pousse lentement

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avec ses doigts, se tourne, regarde Doc d’un sérieux qui lui fait
presque peur, va s’asseoir sur la causeuse face à lui, et sous le
reflet des lueurs du feu dans la pièce, lui en fait le récit détaillé, –
Doc toujours debout face au foyer :

CLARA (V/O) (FLASH-BACK)


Eh bien... mon père m’a raconté qu’il y a très longtemps, vers le
début du XIe siècle, durant l’été de l’an 1015 plus précisément,
les Vikings débarquèrent sur les côtes d’Écosse par la mer du
Nord à quelques lieues du château qui appartenait dit-on, au duc
d’Édimbourg Charles-Philippe Clayton, l’ancêtre de mon père. Il
y vivait paisiblement avec sa femme Katherina et sa fille unique,
Amély. Un de ses serviteurs vint l’avertir que les gens fuyaient à
travers champs et bois, que les Vikings se dirigeaient maintenant
vers le château et qu’il serait sage de faire de même vu leur
nombre, leur force, et surtout leur cruauté sans égale. Toutefois,
le duc n’était pas homme à battre en retraite aussi facilement.
C’était un highlander qui avait fait la guerre aux côtés de
Malcolm II contre ces redoutables envahisseurs. Il décida sur-le-
champ de leur résister. Il arma ses serviteurs puis, avec l’aide
de quelques chevaliers il les attendit et leur offrit une résistance
qui étonna les Vikings. Malgré cela, ces derniers réussirent à
enfoncer la grande porte et ils pénétrèrent dans le château.
N’ayant plus aucun espoir de les contenir, il jugea bon de fuir
par un passage secret avec sa femme et sa fille, ainsi qu’avec
quelques-uns de ceux qui s’étaient battus avec lui jusque-là
contre les Vikings. Mais il fut malheureusement rattrapé par ces
pillards qui l’avaient hélas retrouvé. Comme il se battait farou-
chement contre le chef de ceux-ci et qu’il était sur le point de le
vaincre, l’un d’eux le poignarda lâchement dans le dos à
plusieurs reprises. Ils s’en prirent ensuite à sa femme, qu’ils
violèrent et étranglèrent brutalement. La petite Amély, elle,
s’était cachée derrière la porte qui menait au passage secret et, à
travers une fente de la porte, elle vit cette horrible scène. Ne
pouvant pousser aucun cri de peur d’être tuée elle aussi par ces
véritables bêtes venues du Nord, elle devint dès cet instant,
muette. Et c’est presque par miracle qu’elle échappa à leur
attention. Après le passage des Vikings, elle fut recueillie par

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un nommé Cédric, boulanger du duc d’Édimbourg qui, fort
heureusement, avait pu échapper aux mains des barbares lui
aussi. Sa femme Rébecca et lui la prirent sous leur toit pendant
quelques temps. Puis un jour, ils retournèrent au château et le
retrouvèrent déjà habité. Ils demandèrent alors à parler avec celui
qui y vivait. Quelle ne fut pas leur surprise de voir qu’ils étaient
reçus par nul autre que le comte d’Oxford, Robert Cromwell
qui, tout comme l’hyène qui attend que le lion ait abandonné sa
proie pour s’en gaver, avait profité du passage des Vikings et de
la région alors dévastée pour s’en approprier. Cédric ainsi que
tous ceux qui étaient avec lui protestèrent en disant qu’Amély
était la fille unique de Charles-Philippe Clayton, donc l’héritière
du château et de tous les titres s’y rattachant et qu’à présent, il
devait le lui rendre. Mais le comte d’Oxford, qui avait fait ses
propres recherches en s’y installant et n’avait rien trouvé,
présuma à sa grande satisfaction, que les manuscrits pouvant en
faire foi avaient été détruits. Hypocritement, il leur demanda
alors de prouver son droit à l’héritage par un testament olographe
muni du sceau du duché d’Édimbourg. Comme elle ne pouvait
pas évidemment le faire, ne connaissant pas l’endroit secret ou
son père l’avait caché, et face à l’indignation et à la colère qui se
manifestaient de plus en plus parmi les personnes qui l’avaient
accompagnée, il la menaça de l’exiler dans un pays lointain en
usant de tout son pouvoir si elle, Cédric, ainsi que tous ceux qui
l’avaient suivie, ne quittaient pas immédiatement le château. Il
leur enjoignit de ne plus jamais y remettre les pieds. Devenue
femme, elle fît la connaissance d’un noble chevalier du nom de
Tristan Clayton, un cousin germain du troisième degré qui lui,
éprit de sa beauté, jura de l’aimer et de la protéger jusqu’à sa
mort. Ils se marièrent et eurent quatorze enfants : huit garçons
et six filles. Avant de mourir, Amély laissa une longue lettre
qui raconte toute cette horrible histoire qui la rendit muette. Elle
la termina en insistant auprès de ses enfants : « Qu’ils gardent
toujours à l’esprit et surtout dans leurs cœurs qu’ils sont vrai-
ment les descendants du duc d’Édimbourg, Charles-Philippe
Clayton. » Depuis, une prophétie du XVIe siècle de Jovianus, un
saint moine bénédictin, est venu raviver l’espoir en annonçant :
« Que l’authentique manuscrit original n’a jamais été détruit et

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qu’un jour, vers la Fin des Temps, après le Grand Cataclysme, il
y serait découvert et récupéré aux confins d’un Nouveau Monde
près de la colline du ruisseau cristal séparant la terre rouge.
Rendant justice et réhabilitant à jamais leurs descendants dans
leurs droits. »

Doc resté captif par ce que vient de lui révéler Clara, se retourne
lentement et figé devant elle la regarde, la bouche et les yeux
grands ouverts comme un poisson, puis s’exclame :

DOC
Mon Dieu quelle histoire horrible! pourquoi ne m’en as-tu pas
parlé avant? Tu sais que nous pouvons remonter le temps avec
ma machine à...

Clara qui le voit venir l’interrompt alors vigoureusement, l’émo-


tion dans la voix et presque sur le bord d’éclater en sanglots :

CLARA
Non, je ne veux pas. Et si je ne t’en ai pas parlé avant... c’est
justement parce que je craignais que tu veuilles remonter le
temps avec ta machine. C’est trop dangereux. D’ailleurs toi-
même tu ne cesses de nous répéter que les voyages dans le temps
comportent beaucoup de risques. Tu viens même de réprimander
Jules ce soir dans le hangar à ce sujet.

6. INT. ÉTAGE SUPÉRIEUR – HAUT DE L’ESCALIER

Jules et Verne qui les entendent n’arrivent plus à s’endormir. Le


sujet de conversation les excite au plus haut point. Pour mieux
saisir ce que leurs parents se disent entre eux ils se lèvent et
marchent à pas de loup jusqu’à l’escalier. Puis ils s’assoient et
prêtent l’oreille à la réplique que va donner leur père.

7. INT. SALON

DOC
(survolté) Inutile!!

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Il poursuit en bégayant :

DOC
Mais Clara… tu es... tu es...

Il divague et conjugue le verbe au conditionnel présent :

DOC
tu serais...

Il revient avec le verbe conjugué au présent :

DOC
Tu es duchesse d’Édimbourg. Le titre le plus élevé dans la no-
blesse sous l’Ancien Régime.

Déçu il conclut :

DOC
Et dire que ce sont des barbares qui ont changé le cours de
l’histoire... argh! quel gâchis.

Clara le voyant ainsi bouleversé, regrette maintenant de lui avoir


révélé tout ceci et lui fait comprendre les risques et l’inutilité
d’un tel voyage dans le temps :

CLARA
Emmett, te rends-tu compte… il te faudrait remonter le temps
jusqu’au XIe siècle lors d’une invasion de Vikings par-dessus
le marché. Non, je regrette, c’est trop périlleux. Je t’en prie,
oublions toute cette histoire et continuons de vivre le moment
présent. Ne sommes-nous pas heureux comme ça?

Doc capitule et lui donne raison :

DOC
Tu as sans doute raison. Et puis il faudrait que je modifie la ma-
chine… on ne peut tout de même pas aller en Écosse au XIe

27
siècle avec une locomotive? Comment atterrir? Il n’y a pas de
rails! Quant à la prophétie de Jovianus… c’est bien beau « après
le Grand Cataclysme » ; de quelle manière savoir quand et où
cela se produira ; il ne donne pas de date ni de lieu précis. C’est
tellement vague comme description qu’on y gagnerait je crois à
chercher une aiguille dans une botte de foin!

8. INT. ÉTAGE SUPÉRIEUR – HAUT DE L’ESCALIER

En entendant ce que vient de dire son père, Jules reluque Verne


et lui chuchote à l’oreille :

JULES
Tu vois Verne, le seul obstacle pour retourner au XIe siècle c’est
le type de machine. Il nous faut donc trouver une machine appro-
priée à l’époque du Moyen Âge.

Verne regarde ensuite NEWTON (le chien de Doc en 1895) qui


vient de se glisser entre eux et lui chuchote à son tour :

VERNE
Qu’en penses-tu Newton?

Newton grogne légèrement (grrr...) et hoche la tête en signe


d’approbation.

9. INT. SALON

Puis, regardant la photo encadrée et placée au-dessus du foyer


montrant lui et Marty ensemble près de l’horloge de l’Hôtel de
Ville, Doc devient alors nostalgique et prend plaisir à se rappeler
ce que fait habituellement pendant la saison de l’automne son
meilleur ami :

DOC
À la fin du mois d’octobre, le 31... il se préparera et ira au bal
costumé de l’Halloween de Hill Valley avec Jennifer et moi-
même. Enfin, quand j’y étais. Le week-end suivant pour se dé-

28
tendre un peu, et c’est ce qui est drôle chez lui même s’il est le
rocker de son lycée, il se rendra à Pampelo Bay vivre seul dans
un vieux chalet en bordure de la mer qu’un vieil oncle du côté de
sa mère, Jeffrey Baines lui prête tous les ans, sans radio ni télé-
phone, pour y observer les oiseaux migrateurs et toute la faune
qui s’y trouve. Et finalement, comme je suis son meilleur ami et
que je n’ai plus aucune parenté, il m’invitera à venir passer le
« Thanksgiving » chez lui en compagnie de sa famille. Chose
que j’accepte toujours, bien sûr... (FADE OUT)

29
Marty et Doc avec l’horloge de l’Hôtel de Ville en 1885.
(Page 28)

30
10. EXT. BORD DE LA MER – QUAI – MILIEU
APRÈS-MIDI

N.B. — MARTY en 1985 fait un cauchemar chez lui dans lequel


il s’est endormi jumelle au cou sur un quai en bordure de la mer
en faisant de l’observation d’oiseaux. Il est soudainement réveil-
lé par un bruit de moteur qui ressemble à celui d’un petit avion à
hélice et par des centaines d’oiseaux effrayés qui s’envolent tous
en même temps.

Étendu de tout son long sur le dos, il se soulève et s’assoit en


s’appuyant sur une main, regarde péniblement autour de lui les
yeux à moitié ouvert parce qu’éblouis par le soleil et dit :

MARTY
Mais qu’est-ce que ce bruit? Les oiseaux sont effrayés? On
dirait... on dirait un bruit de moteur d’avion à hélice. Et moi qui
croyais avoir trouvé un endroit paisible.

S’arrêtant un peu, il regarde droit devant et aperçoit un énorme


aéroglisseur qui vient sur lui à toute allure en klaxonnant. Ef-
frayé, il se lève en catastrophe et s’écrie :

MARTY
Merrrrde!! Il fonce sur moi!!

11. EXT. MER – AÉROGLISSEUR

Pris de panique il part de reculons, trébuche sur sa glacière, se


relève aussi vite, puis repart en courant et en boitant. Il n’a que
quelques verges (mètres) de parcouru qu’il entend alors la voix
de celui qui, monté sur l’aéroglisseur, l’appelle à l’aide d’un
porte-voix que les garde-côtes se servent habituellement pour
interpeller un navire étranger. C’est DOC 1985 habillé en
Christophe Colomb avec la cape, le chapeau et l’épée à la cein-
ture dans le fourreau qui lui clame d’une voix forte :

31
DOC 1985
Marty!! Reviens!! C’est moi!!

12. EXT. BORD DE LA MER – QUAI

Marty qui reconnaît la voix de Doc s’arrête, et soulagé se re-


tourne tranquillement avec son air habituel dans pareille circon-
stance, encore un peu sceptique, les sourcils froncés, ne compre-
nant pas encore vraiment ce qui se passe. Puis, apercevant Doc
qui s’agite les bras en l’air dans tous les sens il dit, surpris et
encore un peu hésitant à le croire :

MARTY
Mais c’est... c’est Doc! mais qu’est-ce qu’il fait ici sur un aéro-
glisseur?

Doc éteint le moteur de l’aéroglisseur qui glisse poussé par l’élan


que lui a donné sa vitesse et s’arrête brusquement en atteignant la
rive à environ 50 pieds (15 mètres) de Marty. Ensuite il descend
en sautant d’un seul bond de l’appareil à la terre ferme et vient
vers lui en marchant à grands pas revêtu ainsi. Terrifié il le
presse aussitôt et lui dit :

DOC 1985
Marty il faut quitter les lieux tout de suite! Les Vikings ont
débarqué et vont bientôt revenir. Regarde là-bas (le pointant) à
gauche non loin du phare. C’est leur navire… un drakkar!

Marty le regarde un peu confus, la main sur la tête, et tout en se


la grattant lui répond avec un petit sourire moqueur :

MARTY
Mais voyons Doc... c’est impossible. Tout le monde sait très bien
que les Vikings ont disparu depuis presque 1000 ans. Et pour ce
qui est du drakkar qui est là-bas, ça doit être tout simplement une
réplique. Il n’y a rien que l’on ne fait plus aujourd’hui vous
savez. Je n’ai pas à vous apprendre cela. Seulement dites-moi
avant… qu’est-ce que vous faites dans cet accoutrement, c’est

32
votre nouveau costume d’Halloween?

Doc le pressant davantage s’exclame, survolté :

DOC 1985
Argh! Argh! Argh! je n’ai pas le temps de tout t’expliqué il faut
que tu me croies Marty. Les Vikings sont vraiment débarqués et
il nous faut partir tout de suite avant qu’ils ne reviennent.

Soudain, lui et Marty entendent des chants barbares et la voix


d’une jeune femme qui appel à l’aide désespérément. C’est
JENNIFER (la petite amie de Marty) que les Vikings ont enlevée
et attachée. Elle crie et répète de plus en plus fort :

JENNIFER (H/C)
À l’aide!! Au secours!! Aidez-moi!!

Épuisée, désespérée, sanglotant, elle poursuit plus difficilement


et entrecoupée :

JENNIFER (H/C)
Je vous en prie… quelqu’un… aidez-moi!

Ils veulent la faire cuire sur un feu qu’ils viennent d’allumer,


l’embrocher, la faire tourner comme du gibier au-dessus du feu
et la manger (ils sont cannibales). Marty reconnaissant sa voix
s’exclame, bouleversé :

MARTY
C’est la voix de Jennifer!

Doc de lui dire à son tour :

DOC 1985
(pointant) Les cris venaient de ce boisé là-bas je crois. Regarde
la fumée. Vite! Allons-y!

33
13. EXT. BOISÉ – CAMPEMENT VIKINGS

Ils accourent tous les deux en direction du boisé guidé par la


longue traînée de fumée qui s’élève dans les airs. Et à l’instant
même où ils arrivent, LES VIKINGS eux sont déjà en train de
s’installer autour du feu pour festoyer, boire et manger. Puis là,
derrière des broussailles, ils aperçoivent Jennifer à genoux, pieds
et poings liés, la tête appuyée sur une souche d’arbre et un
Viking à la chevelure et la barbe rousse, BARBE DE FEU, s’ap-
prêtant à la décapiter avec une énorme hache. Témoin impuissant
d’un si horrible spectacle, Marty n’arrive plus à se contenir et
s’écrie d’une voix à tout rompre :

MARTY
NOOONNNN!!!

14. INT. CHAMBRE DE MARTY – MATIN/JOUR

HILL VALLEY, 31 OCTOBRE 1985 — Cadran sur la tête de


chevet du lit affichant 9:53 AM. Comme il fait un cauchemar,
qu’il est sur le point de se réveiller et qu’il est chez lui dans son
lit, il se débat de tout son corps, sa tête oscillant vivement de
gauche à droite et répétant sans cesse de plus en plus fort :

MARTY
Non!Non!Non!Non!NONNNNNNNNNNN!!!

Il se roule ensuite d’un seul coup entortillé dans les draps de son
lit, tombe sur le plancher en se cognant la tête contre le bureau de
chevet, se réveille et se met la main sur le côté de la tête tout en
disant lentement, le visage grimaçant de douleurs :

MARTY
Ah la vache… quel cauchemar!

Après il se met debout et se dirige vers la porte de sa chambre.


C’est le Jour de l’Halloween. Les membres de sa famille sont
déjà levés. Ils entendent le bruit venant de sa chambre. Ils se

34
préparent à lui faire une surprise. Ils s’approchent de sa porte et
l’attendent fébrilement revêtus de leurs déguisements d’Hallo-
ween. Son père GEORGE est déguisé en mousquetaire, sa mère
LORRAINE en bergère, son frère DAVID en bouffon du roi, sa
sœur LINDA en sorcière. Et finalement, BIFF Tannen, devenu
en quelque sorte le valet de la famille Mcfly, – juste châtiment
ou conséquence positive d’un voyage que fit Marty en 1955 –,
est déguisé en Bossu de Notre-Dame. C’est pourquoi sans qu’il
le sache et qu’il s’y attende, Marty qui se retrouve en ouvrant sa
porte de chambre face à cette panoplie médiévale croit, pendant
un petit moment, qu’il n’est toujours pas sorti de son cauchemar
et hurle :

15. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE MARTY

MARTY
HAAAAA!!!

16. INT. CHAMBRE DE MARTY

Il referme la porte comme un éclair, la verrouille en paniquant et


dit, toujours en hurlant sans s’arrêter de façon impulsive et très
succincte :

MARTY
Allez-vous-en!!! Sortez de ma vie!!! Sortez de la maison!!!
Laissez-moi tranquille!!!

17. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE MARTY

Essoufflé, à bout de nerfs, il s’arrête et entend alors la voix de


son père, GEORGE, qui tout en cognant avec vigueur sur sa
porte de chambre lui dit :

GEORGE
Marty c’est nous voyons, ta famille. (il cesse de cogner). Qu’est-
ce qui t’est arrivé? On a entendu du bruit. Tu t’es fait mal?

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Comme il ne répond toujours pas, les autres reprennent chacun à
tour de rôle et lui disent successivement en commençant par sa
mère LORRAINE :

LORRAINE
Voyons mon grand… tu ne savais plus que c’était l’Halloween
aujourd’hui?

DAVID
On voulait juste te faire une surprise, c’est tout.

LINDA
Hé, Marty, tu as encore trop bouffé de Burger King hier avant
d’aller te coucher et tu as fait un sacré cauchemar, c’est ça, hein.
Je ne peux pas être si effrayante que ça quand même.

BIFF
Mam’zelle Jennifer sera bientôt là… et on va tous bien s’amuser
ce soir, hein Marty.

18. INT. CHAMBRE DE MARTY

Marty le dos contre la porte et les yeux fermés se retourne, ouvre


un œil, ensuite l’autre, constate en regardant le calendrier sus-
pendu après sa porte de chambre qu’effectivement, c’est l’Hallo-
ween, et qu’il est bel et bien sorti de son cauchemar. Il la déver-
rouille, l’ouvre, les regarde et leur dit, très désolé :

19. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE MARTY

MARTY
Bon je sais... je suis désolé... j’ai fait un horrible cauchemar dans
lequel des Vikings avaient capturé Jennifer. Et je me suis réveillé
en hurlant au moment où l’un d’eux s’apprêtait à la décapiter
avec une énorme hache pour pouvoir mieux l’embrocher, la faire
rôtir, et la manger. Je suis tombé ensuite en bas de mon lit en
me cognant la tête sur mon bureau de chevet. Seulement, quand
je vous ai tous vu là en ouvrant la porte, revêtus de ces dé-

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guisements médiévaux, j’ai cru sur le coup que je n’en n’étais
toujours pas sorti.

Tout le monde encore suspendu à ses lèvres, le carillon de la


porte d’entrée sonne. BIFF très alerte à servir la famille McFly
maintenant, – en débile repentant qu’il est devenu –, brise alors
ce silence presque religieux, s’empresse d’aller ouvrir et leur dit,
tout en y accourant :

BIFF
(à tous) Restez là. Ne vous dérangez surtout pas. Je vais répon-
dre.

20. INT. PORTE D’ENTRÉE

Arrivé à la porte d’entrée il ouvre. C’est JENNIFER Parker ha-


billée en comtesse. À sa vue, Biff leur lance, émerveillé :

BIFF
(à Marty) Oh, c’est mam’zelle Jennifer Marty. (à tous) Venez
voir. C’est super.

Tout le monde se précipite pour la voir, Marty en tête. Trans-


porté à la vue de sa magnifique robe à crinoline, ses longs gangs
et sa coiffure, – une perruque –, et tout en la regardant, Jennifer
lui souriant, éventail à la main ; ombrelle de l’autre, il s’exclame,
tout extasié :

MARTY
Wow! ce que tu peux être belle dans cette robe, Jennifer.

Ravie et pétillante de joie, elle veut prolonger ce court moment


idyllique et lui demande d’une manière très aristocratique :

JENNIFER
Voulez-vous être mon cavalier ou plutôt mon chevalier pour le
bal de ce soir, messire McFly?

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Marty très flatté joue le jeu, se fait gentilhomme, lui prend la
main, se met un genou par terre et lui déclare ironiquement, –
comme s’il était en train de se marier :

MARTY
Oui je le veux.

Puis il se relève en reluquant Biff, se tourne carrément vers lui, le


regarde avec un sourire moqueur, – parce qu’il sait maintenant
qu’il est le valet de la famille et qu’il exécute tout ce qu’on lui
demande –, et lui dit :

MARTY
Biff, tu crois que tu pourrais me trouver un carrosse de Cendril-
lon tiré par un bel attelage de chevaux blancs pour minuit, j’ac-
compagnerais Jennifer au bal avec.

Biff trouve la chose un peu difficile et hésite à l’exécuter :

BIFF
Ouf! je ne sais pas si je pourrai trouver une telle chose pour ce
soir Marty.

George resté derrière le groupe amassé près de la porte d’entrée


l’a entendu et le reprend impérieusement, – exactement comme
dans RVLF 1 :

GEORGE
Non Biff! il me semble t’avoir déjà dit qu’on ne me la fait plus
celle-là. Tiens voilà ma carte de crédit. (il la lui remet) Et c’est
pour ce soir, compris Biff?

Biff s’exécute aussitôt, – en débile repentant comme dans RVLF


1 –, et part en lui disant :

BIFF
C’est compris. Je m’occupe de tout monsieur McFly. J’y vais
sans plus tarder monsieur McFly.

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Marty se retourne vers Jennifer et poursuit en lui proposant de
se rendre à la maison de Doc, question de se rappeler de bons
souvenirs et de vérifier une dernière fois si tout est vraiment bel
et bien fini, – son cauchemar est venu raviver ce doute. Il lui dit
en la prenant d’une main et toute sa famille les laissant seul :

MARTY
Bon, si on allait faire un petit tour ensemble. On pourrait peut-
être aller d’abord prendre un breuvage, une frite, ou un sundae,
pourquoi pas. Ensuite on pourrait s’arrêter à la maison de Doc
même s’il n’est plus là. J’aimerais bien. Question de me rappeler
quelques bons souvenirs de lui. Je te reconduirai chez toi aussitôt
après. Qu’en dis-tu?

Jennifer lui répond, ravie par l’idée mais lui rappelant néanmoins
leur rendez-vous au bal de l’Halloween, – elle lui dit cela parce
qu’elle craint de son côté qu’en s’y attardant trop Doc arrive et
entraîne Marty dans une nouvelle aventure encore :

JENNIFER
C’est OK. Mais tu me promets qu’on ne s’y attardera pas trop, et
qu’on a un rendez-vous ce soir, hein Marty?

Marty de lui répondre, pressé déjà de s’y rendre :

MARTY
C’est d’ac! Allez, viens on y va!

Après ils sortent, montent chacun de leur côté à bord du pick-up


TOYOTA SR5 Extra Cab 4x4 1985 de Marty et partent.

Musique The Power of Love de Huey Lewis and The News.


(H/C)

21. EXT. MAISON DOC BROWN 1985

Marty arrive à la maison de Doc au 1646 Riverside street. Lui et


Jennifer y descendent gros verres de carton ciré avec couvercles

39
et pailles chacun d’une main, montrant bien leur court arrêt dans
un petit snack-bar (casse-croûte). Ils s’approchent ensuite tous
les deux, Marty allant tantôt d’un côté ; tantôt de l’autre. Il
devance Jennifer qui le suit plus difficilement du fait de ses
talons hauts et de sa robe à crinoline qu’elle doit continuellement
tenir soulevée pour faciliter sa marche. Celle-ci s’arrête alors
pour faire une pause, et lâchant la paille de son milk shake (lait
frappé) qu’elle sirote, – Marty s’arrêtant sur le coin pour regarder
(côté Burger King) –, elle lui dit :

JENNIFER
(regardant tout autour) Tout est comme avant Marty... rien n’a
changé.

Marty apercevant un petit hangar ou remise (ou appentis), une


sorte d’annexe à la maison de Doc qu’il n’avait pas encore
remarqué jusqu’ici, et attiré surtout par les mots PAINT SHOP
qui y sont inscrits sur la porte, – Jennifer le suivant de près der-
rière lui –, il lit tout en s’y avançant :

MARTY
(lentement) PAINT SHOP…

Stupéfait et curieux de savoir, – Jennifer se contentant de le sui-


vre sans poser la moindre question –, il ajoute :

MARTY
C’est bizarre, je n’avais pas encore remarqué cette petite annexe
à sa maison...

22. EXT. MAISON DOC BROWN 1985 – HANGAR

Arrivé en face de la porte il tente de l’ouvrir mais constate


qu’elle est verrouillée. Comme elle n’a pas de vitre il fait le tour
en longeant le mur et découvre une fenêtre. Il s’étire pour voir, se
collant même la figure du fait que la vitre est sale, Jennifer
l’imitant et regardant par-dessus son épaule puis, à travers le
faisceau de la clarté du jour y pénétrant largement, il constate

40
qu’il y a comme un autre type de véhicule pas tout à fait complè-
tement assemblé, qui ressemble à un aéroglisseur. Apercevant la
chose et parlant de ce qu’il voit à Jennifer, il le décrit, une main
placée au-dessus des yeux comme pare-soleil, stupéfait :

MARTY
Tu as vu ça! On dirait un truc de véhicule tout-terrain, une
carrosserie version allongée d’une DeLorean montée sur coussin
d’air que Doc n’avait pas terminé d’assembler. Et il y est écrit
sur le flanc… (lisant) DMC EXPLORER IV. Eh bien là, il n’y a
pas de doute, c’est vraiment une Delo qui ressemble je dois le
dire, étrangement à cet aéroglisseur de mon cauchemar de la nuit
dernière.

Jennifer toujours derrière lui qui ne dit plus un mot, tête par-
dessus son épaule et se contentant de l’écouter, tient à lui rap-
peler le voyant encore captivé par tous ces trucs de Doc, – elle
est inquiète encore ici quant à la soirée de prévue avec lui et ne
veut pas qu’une autre de ces aventures avec Doc vienne en
quelque sorte la faire tourner en queue de poisson :

JENNIFER
Hé, Marty, tu n’oublies pas qu’on a un rendez-vous ce soir, hein.

Marty lui répond, voulant la rassurer, – il continu de craindre


intérieurement que cela arrive justement mais ne veut surtout pas
le lui faire voir :

MARTY
Non, je n’ai pas oublié. Il n’y a rien de changé, Jennifer. Ne t’en
fais pas. On sera à ce bal comme convenu.

Puis s’approchant lentement plus près d’elle tout en la regardant


droit dans les yeux il lui dit, séducteur, se faisant très romanes-
que :

MARTY
Et on s’amuse comme des fous.

41
Il l’embrasse et ajoute plein de délicatesse :

MARTY
OK.

Jennifer encore captive de ce baiser lui répond à son tour d’un


ton très sensuel :

JENNIFER
OK.

Après la prenant par la main il lui dit, se faisant plus impératif :

MARTY
Maintenant je te reconduis chez toi. Nous nous reverrons ensuite
ce soir.

Puis ils partent.

23. INT. CHAMBRE DE MARTY

Revenu dans sa chambre il ferme la porte doucement et arrête


son regard sur la photo souvenir placée sur le dessus de son
chiffonnier, – celle où lui et Doc sont photographiés à côté de
l’horloge de l’Hôtel de Ville en 1885 et que ce dernier lui a remis
avant de repartir vivre au Far West à la fin de RVLF 3. Puis la
prenant, il se plaît à la fixer, devient nostalgique à son tour et dit,
tout comme Doc en 1895 juste auparavant :

MARTY
Je me demande ce qu’il peut bien faire en ce moment… (en
parlant de Doc parti vivre au Far West)

Examinant la photo de plus près il se rend compte que le carton


qui la retient derrière le cadre ne semble pas très solide. Il la
tourne pour voir ce qui fait défaut et découvre du même coup
qu’il y a quelque chose d’inscrit à l’endos sur le carton complè-
tement en haut à droite et le murmure :

42
MARTY
Tiens, tiens… je n’avais pas remarqué ça encore. Il y a quelque
chose d’inscrit… (lisant)

On se reverra. Ton ami dans le temps et pour toujours,


Doc Emmett Brown

(continuant) Ça alors! je crois que ce n’est pas être superstitieux


que de croire que tout ce qui m’est arrivé aujourd’hui ressemble
à un présage qui annonce quelque chose. Quelque chose même…
(réfléchissant) de grande envergure.

Cette dernière phrase dite, Marty reste là, main sur la tête et
cadre de l’autre, méditant et songeant à ce que tout cela pouvait
bien signifier. (FADE OUT)

43
Photo encadrée que Doc a remis à Marty avant de repartir vivre
au Far West. (Page 42)

44
24. INT. MAISON BROWN 1895 – SALON – SOIR

HILL VALLEY, 13 OCTOBRE 1895 — Doc pensif et immobile


devant la même photo en compagnie de Clara dans le salon se
fait sortir de la lune par elle qui, se rendant bien compte de la
chose l’interpelle :

CLARA
Emmett, ça va?

Revenant sur terre il lui répond :

DOC
Oh, euh… oui! ça va. C’est jusque cette photo m’a quelque peu
distrait et m’a rendu soudainement nostalgique.

Puis ils en restent là et vont se coucher.

25. INT. ÉCOLE – SALLE DE CLASSE – MATINÉE

10:27 AM sur l’horloge à pendules au mur de la classe. Clara


écrit et donne des instructions au tableau et voilà que soudain,
quelqu’un frappe à la porte. Elle va ouvrir. C’est LE FACTEUR
de la Western Union qui lui dit froidement :

LE FACTEUR
Vous êtes bien madame Emmett L. Brown?

CLARA
Oui, c’est bien moi. Qu’y a-t-il de si urgent pour que vous me
dérangiez ainsi en plein cours de classe?

D’un ton impératif et empressé déjà de repartir il lui répond :

LE FACTEUR
Un télégramme, madame. Il vous parvient de Virginia City. C’est
de la part de… (regardant) madame Wilmor Clayton. Veuillez
signer ici je vous prie.

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Le facteur la fait signer, lui remet ensuite le télégramme et part
aussitôt. Nouvelle inopinée. Clara ferme lentement la porte. Jules
et Verne se reluque en haussant les épaules. Toute la classe la
regarde silencieusement retourner à sa place. Elle est visiblement
sidérée et lit le télégramme tantôt des yeux, tantôt en le mur-
murant très faiblement :

CLARA
Le baron John-Lee Cromwell vient de débarquer en ville et lors
d’une violente dispute au saloon avec ton père au sujet des droits
sur les titres et les biens qui lui reviennent sur le château
d’Édimbourg, celui-ci l’a entraîné habilement à défendre son
honneur dans un duel aux pistolets. Il aura lieu dans dix jours,
non loin de la ville, à la croisée du chemin des Sept Pendus.
L’issue risque d’être tragique pour ton père, puisqu’il est myope.
D’autant plus qu’il s’obstine à vouloir se présenter malgré cela
à ce duel qui n’est qu’un piège. Je t’en prie aide-moi, et vient le
convaincre de renoncer à cette idée stupide!
De maman Clayton qui t’aime et t’embrasse bien fort.

Clara interrompt la classe aussitôt et donne congé aux élèves.


Ensuite elle prend Jules et Verne par la main sans leur dire quoi
que ce soit et sort de l’école.

26. EXT. PROXIMITÉ MAISON BROWN 1895

Quelques minutes plus tard, Clara arrive à proximité de la mai-


son, tantôt en courant, tantôt en marchant, tenant à bout de bras
ses deux fils qui ont du mal à la suivre, et crie à bout de souffle :

CLARA
Emmett!! Emmett!! Il va tuer mon père…

Elle s’arrête un peu pour reprendre son souffle et poursuit :

CLARA
Faut faire quelque chose… vite!

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27. INT. HANGAR – ATELIER

Doc en train de réparer une éolienne dans son hangar et surpris


de l’entendre arriver à pareille heure cesse tout mouvement et
s’exclame :

DOC
Nom… de… Zeus! que se passe-t-il? Clara qui revient avant
d’avoir terminé la classe… il faut que ce soit très grave.

Puis il sort du hangar.

28. EXT. MAISON BROWN 1895 – COUR

Il accoure outils à la main et tablier sur le dos en marchant à


grands pas et va au-devant de l’épouse éplorée. Elle arrive dans
la grande cour dans tous ses états. L’apercevant, elle s’arrête,
tombe lourdement à genoux et continu de répéter en sanglots
et donc, plus difficilement et de façons entrecoupées vers la fin
surtout, les mêmes paroles :

CLARA
Il va tuer mon père! Il faut faire quelque chose! Il va tuer…
mon… père!

Arrivé près d’elle, Doc laisse tomber les outils qu’il tient encore
dans ses mains, s’approche, se penche, et lui demande à la fois
consterné et survolté :

DOC
Mais qui ça? Explique-toi et calmes-toi voyons! Je ne comprends
pas!

Il la prend par les épaules et l’aide à se remettre debout. Ses fils à


ses côtés, encore étourdis par la course folle et ne comprenant
pas plus que leur père ce qui se passe lui disent, Jules prenant la
parole le premier :

47
JULES
Je ne sais pas ce qu’il y a… après avoir lu le télégramme elle a
donné congé à toute la classe.

Verne enchaîne, surexcité :

VERNE
Ensuite elle nous a pris tous les deux par la main et a couru
jusqu’ici sans vouloir s’arrêter un seul instant! Dommage que
nous n’ayons pas eu votre montre chrono, elle a probablement
battu un de nos records!

Clara remet le télégramme à Doc et lui dit, angoissée :

CLARA
Lis ça Emmett, c’est épouvantable!

Doc prend et lit rapidement des yeux le télégramme, laisse tom-


ber ses bras de tout son long en le tenant toujours d’une main et
s’exclame :

DOC
Mais c’est de la folie! Il faut l’empêcher de faire cela, vite!
(reluquant sa montre) Il est 11 h 10 de l’avant-midi. Le train de
Virginia City arrivera à la gare de Hill Valley dans une heure très
exactement. Clara, fait les valises. Jules attèle De Vinci. (leur
cheval) Quant à toi Verne, n’oublie pas de donner à manger à
Newton avant de partir. Pour ma part, je m’occupe de ramasser
quelques affaires personnelles. Ensuite nous filerons tous à la
gare acheter nos billets. Allez maintenant, on a plus une minute à
perdre.

Doc s’adressant à nouveau à Clara, se fait compatissant, et tient


avant tout à la rassurer quant à l’issue de toute cette troublante
perspective :

DOC
Je t’en prie Clara, cesse de pleurer. S’il le faut je m’occuperai

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moi-même de ce John-Lee Cromwell. Je sais que si ton père
mourrait à la suite de ce duel, cela t’affligerait beaucoup. Et
comme je t’aime plus que tout au monde et que je ne suppor-
terais pas de te voir triste et malheureuse, je peux t’assurer que je
ferai tout pour empêcher une telle chose de se réaliser. Tu as ma
parole!

Puis ils partent et se rendent à la gare.

29. INT. WAGON PASSAGERS – BANQUETTE BROWN

Verne n’apprécie pas qu’on oblige Newton à être dans une cage
et un wagon à part durant le voyage. Attristé, il dit :

VERNE
Pourquoi mettre Newton dans une cage et un wagon à part, c’est
un bon chien. Je suis convaincu qu’il peut être tranquille sans
cela. Et je crois même que ça va le rendre malade. N’est-ce pas
Newton? (Newton hoche la tête et aboie)

CLARA
Parce que c’est le règlement, Verne.

Après plus d’une demi-heure de voyage, Doc et Clara sommeil-


lent l’un contre l’autre et Jules griffonne un croquis avec un
crayon de plomb sur sa planche à dessin, Verne à côté de lui
louche sur ce qu’il est en train de faire et lui demande, curieux de
savoir :

VERNE
C’est quoi ce nouveau croquis, Jules?

JULES
Ça s’appelle un aéroglisseur. C’est un appareil qui pourrait se
déplacer sur tous les types de sol : terre, mer, marécages, grâce à
son coussin d’air gonflable sur lequel reposerait tout le châssis.
Et peut-être même… en ayant assez de puissance pour cela…
dans les airs. Enfin, ça reste à vérifier. À ce moment-là, ça de-

49
viendrait un aérohydroglisseur. Seulement, contrairement à Ader
et aux frères Wright, le moteur et l’hélice seraient placés complè-
tement à l’arrière tu vois... Ce nouvel engin serait donc mû par
propulsion.

Verne s’exclame, épaté :

VERNE
Wow! Jules tu es un génie!

Poursuivant il lui demande, en le lui chuchotant à l’oreille :

VERNE
Et tu crois que ce truc arriverait à traverser l’Atlantique?

N.B. — En cavale, BUFORD « MOLOSSE » TANNEN et sa


BANDE ont bloqué la voie ferrée et stoppé la locomotive.

30. INT. LOCOMOTIVE – POSTE CHAUFFEUR

Sous la pointe de leurs pistolets, Buford « Molosse » Tannen et


sa bande obligent le chauffeur de la locomotive, le vieux Pinkley,
à les suivre dans le wagon des passagers. Tout en lui mettant le
canon de son pistolet sur la tempe, BUFORD lui balance, har-
gneux :

BUFORD
Écoute Pinkley, tu vas nous emmener dans le wagon des gros
bonnets que tu transportes afin de bien leur montrer que c’est
nous qui avons la situation en main. Tu piges!

Le chauffeur de la locomotive, M. PINKLEY, ne se laisse pas


intimider pour autant et se fait, très rébarbatif :

PINKLEY
Espèce de canaille! Attends que le marshal Strickland te mette la
main au collet!

50
Buford piqué au vif, se fait plus exécrable et lui répond :

BUFORD
Ouais, mais pour l’instant c’est nous qui t’avons par le collet
« chauffeur de marmite à vapeur! »

Toute sa bande, LES MEMBRES – GANG DE BUFORD, se


mettent à rire comme des idiots :

LES MEMBRES – GANG DE BUFORD


WHA HA! HA! HA! WHA HA! HA! HA!

Les rires cessant, Buford commande à Pinkley :

BUFORD
Allez, avance! On n’a plus de temps à perdre!

Après ils l’emmènent et se rendent dans le wagon des passagers.

31. INT. WAGON PASSAGERS

Buford entre dans le wagon où des passagers l’apercevant, mur-


murent, terrifiés, PASSAGER 1(un jeune avocat), PASSAGER 2
(une vieille dame), PASSAGER 3 (un homme à chapeau me-
lon) :

PASSAGER 1
C’est Molosse…

PASSAGER 2
Misère… quel fléau…

PASSAGER 3
Par tous les saints…

Buford qui les entend chuchoter et la hargne le dévorant de tout


son être leur lance :

51
RÉCOMPENSE
$5,000 EN PIÈCES D’OR
Sera remis pour l’arrestation de
BUFORD TANNEN

52
BUFORD
On fait ses malles sans dire au revoir à tonton Tannen mainte-
nant, hein!

Il se met à déambuler dans l’allée pistolets aux mains et ajoute,


sarcastique :

BUFORD
Bien il s’adonne que vous vous êtes donné tout ce mal pour rien
je crois… parce que moi et les copains allons vous aider à les
défaire!

Gros éclats de rire de toute sa bande :

LES MEMBRES – GANG DE BUFORD


WHA HA! HA! HA! WHA HA! HA! HA!

Court silence — Puis il reprend et leur dit, encore plus sarcas-


tique :

BUFORD
(aux passagers) L’or, l’argent, et les gros bijoux à la fin… c’est
trop lourd pour des gens de votre âge.

Haussant le ton, il leur commande en colère :

BUFORD
Alors on ne s’énerve pas! Videz-moi tout ce barda et on n’aura
pas à faire votre boîte à cadavre, compris!

À ses copains, il leur crie :

BUFORD
Allez-vous autres! Maniez-vous les fesses!

Déambulant dans l’allée tout en les regardant il ricane :

53
BUFORD
(aux passagers) Hé, hé, hé, hé, hééé(chanté)... hé, hé, hé, hé,
hééé(chanté)

32. INT. WAGON PASSAGERS – BANQUETTE BROWN

Doc assis tout au fond et qui le voit venir vers lui, murmure à
Jules et Verne :

DOC
Cachez-vous vite sous la banquette les garçons! Et surtout pas de
bruit!

Pendant que Buford et ses acolytes déambulent tranquillement


dans l’allée bavant [crâner] et rigolant tout en dépossédant les
gens de leurs avoirs, Jules et Verne cherchent un moyen pour se
libérer des bandits. Jules amorce et dit :

JULES
Il faut trouver une solution pour se débarrasser d’eux. Réflé-
chissons...

Verne le doigt sur la bouche réfléchit, puis regarde Jules d’un


petit sourire malicieux et s’exclame, à voix basse :

VERNE
Euréka! Je crois avoir une idée. Regarde ce qu’on va faire.

Se tournant vers l’arrière il s’avance, se sort légèrement la tête et


demande à madame Harris, qui les aperçoit :

VERNE
Où est Noireau, madame Harris? Habituellement, il est toujours
avec vous et ne vous quitte pas. (en parlant de son gigantesque
doberman)

ALEXANDRINE (Madame Harris) se penche quelque peu et lui


répond, à voix basse :

54
ALEXANDRINE
C’est vrai mon garçon. Mais cette fois on m’a obligé, tout
comme toi d’ailleurs, à le laisser dans le wagon des marchan-
dises. C’est dommage. Car tu peux être sûr qu’il aurait tôt fait de
nous défaire de cette bande de coyotes!

Verne reluque Jules et propose à madame Harris :

VERNE
Madame Harris, comme je suis petit je vais me glisser sur le
plancher en passant sous les banquettes et me dirigerai vers la
porte arrière du wagon pour aller chercher votre chien. C’est
notre seule chance!

Ils se regardent tous et se disent d’accord pour tenter le coup.


Alexandrine lui dit :

ALEXANDRINE
Tiens mon garçon, voici la clé du cadenas de sa chaîne. (elle lui
remet la clé) Bonne chance… et que Dieu soit avec toi petit.

Verne rampe discrètement sur le plancher sous les banquettes


juste au moment où Buford arrive près de celle de ses parents.
Les apercevant et les reconnaissant, il se fait plus hargneux qu’il
ne l’avait été jusqu’ici et leur dit, s’adressant en premier à Doc :

BUFORD
Tiens, tiens, tiens, si je m’attendais à ça... mais c’est notre cher
marchand-ferrailleur… (il ricane) hé, hé, hé, hé, hé, (continuant)
t’espérais peut-être qu’après toutes ces années passées en tôle
que j’allais finir par oublier notre petit différend de 80 dollars!
Bien c’est là que tu te trompes maréchal-ferrant. Pendant que j’y
suis… (haussant le ton) Où est passé cet avorton d’Eastwood que
personne n’a jamais plus revu, hein! (baissant le ton en se
frottant les jointures de la main) Parce que j’ai encore les
jointures qui me font mal…!

Doc rétorque, nullement intimidé :

55
DOC
D’abord, je t’ai déjà expliqué que je ne te devais plus rien et
je ne reviendrai pas là-dessus. Ensuite, pour ce qui est de East-
wood, il est très loin à présent. Et je doute fort que tu puisses le
retrouver, Tannen!

Apercevant Clara il change de discours pour lui dire :

BUFORD
(à Doc) Oh mais... je vois que ta biche est toujours avec toi. Ça
tombe à pic. On cherchait justement quelqu’un comme elle pour
nous apprendre le farfadet.

Tout comme dans RVLF 3 il se fait reprendre par le plus cultivé


de son gang, le MEMBRE 1, qui lui dit :

MEMBRE 1 – GANG DE BUFORD


(à Buford) L’alphabet patron.

Après, Buford pousse l’audace, s’assoit sur la même banquette


que Clara, la racole contre son gré, et tout en tenant en joue Doc,
il lui lance :

BUFORD
(à Doc) Tu sais maréchal-ferrant que c’est un peu à cause de toi
et de ce Clint Eastwood que j’ai perdu du bon temps en prison.
Mais si tu veux tout savoir… je crois que je commençais à m’en-
nuyer d’une jolie poule comme la tienne. Il est donc normal que
j’aie droit à une petite lacération.

Comme ce mot est encore incorrect, il se fait à nouveau repren-


dre par le Membre 1 qui, un peu agacé par son ignorance, hausse
le ton cette fois pour lui dire :

MEMBRE 1 – GANG DE BUFORD


(à Buford) Ré-cré-a-tion, qu’il faut dire patron.

56
Le chef des bandits, habitué de donner les ordres, mais bougre
d’âne qu’il est, n’a pas le choix et digère assez mal de se faire
reprendre par un de ses acolytes de cette façon. Il avale donc
difficilement cette rebuffade en marmonnant le mot. Doc qui le
regarde avec des yeux lançant des éclairs n’en peut plus de rester
impassible et lui dit :

DOC
(à Buford) Je t’avertis Tannen. Ne la touche pas et ne lui fait
aucun mal, car tu peux être sûr que j’aurai ta peau même si je
dois pour cela te traquer tout le reste de ma vie jusqu’à l’autre
bout du monde.

Buford, avec un sourire plein de cynisme, se lève, et reluquant


ses copains leur dit :

BUFORD
(à son gang) Entendez-vous ça…

Se retournant vers Doc il reprend en lui rappelant :

BUFORD
(à Doc) Je t’ai toujours dit maréchal-ferrant de surveiller tes ar-
rières si tu ne veux pas te retrouver avec une balle dans le dos.
Bien j’ai changé d’idée…

Il lui met la pointe du canon de son pistolet en plein sur le front


et poursuit :

BUFORD
(à Doc) C’est dans la tête que je vais te la mette finalement si tu
ne te tiens pas tranquille, pauvre cloche!

Jules qui observe l’altercation sous la banquette, aperçoit le pis-


tolet de Buford Tannen, C’est le même que celui qu’il a vu l’au-
tre jour au magasin général de Phil Thompson.

(FLASH-BACK) — PHIL THOMPSON au magasin général

57
disant à Jules : « Ceux-là ne servent que pour le Jour de l’Indé-
pendance. Ils ne sont chargés que de balles à blanc. »

Après, s’étirant le cou quelque peu, Jules vérifie si c’est la même


chose pour les autres membres de son gang et constate, qu’effec-
tivement, ils ont tous les mêmes flingues et donc, tous des faux.
Buford racole Clara et veut maintenant la forcer à l’embrasser en
l’étreignant de son autre bras sous le regard aiguillonnant de Doc
impuissant à pouvoir intervenir. Clara le repousse avec beaucoup
de répugnance et lui dit :

CLARA
(à Buford) Lâche-moi sale brut!

Jules sort de sa cachette et s’écrie :

JULES
(à tous) Ce sont des faux!!

Face à cette intervention pour le moins inusité qui vient de pren-


dre tout le monde par surprise, Doc ne sait plus s’il doit rire ou
pleurer, se fait circonspect, et lui demande, consterné :

DOC
(à Jules) Mais qu’est-ce qui est faux, fiston?

JULES
Les pistolets que Buford Tannen et sa bande ont dans leurs
mains. Ce sont les mêmes que j’ai vu l’autre jour au magasin
général de monsieur Thompson. Il m’avait expliqué qu’ils étaient
chargés à blanc et qu’ils ne servaient en réalité que pour la fête
du Jour de l’Indépendance. Nous ne courons aucun danger.

À ces mots, Buford se lève, se place debout dans l’allée du wa-


gon, regarde tout le monde, ricane, et lui dit d’un ton maman
« pouponneuse » :

58
BUFORD
Hé, hé, hé, hé, hé, brave petit… il veut sauver son papa et sa
maman, hein.

Du tac au tac, courageux, la réponse de Jules est cinglante :

JULES
Oui, et c’est encore bien mieux que d’être ce que tu es, sale ban-
dit!

Stupeur générale dans le wagon. Buford qui en a presque le souf-


fle coupé, sort carrément de lui-même et s’écrie fou de rage :

BUFORD
(à Jules) Ah oui… attends de voir! (le Membre 3 intervient)

Comme il ne se contrôle plus et qu’il veut s’en prendre à Jules, le


MEMBRE 3, lui fait valoir :

MEMBRE 3 – GANG DE BUFORD


(à Buford) Hé patron, vous n’allez pas vous laissez gonfler par
ce gosse. On a le convoi d’or avec Stinky Lomax et sa bande qui
nous attend.

N.B. — Stinky Lomax est toujours vivant. Il a réussi à s’échap-


per « in extremis » en raison d’une attaque surprise d’Indiens
Apaches lors de sa pendaison.

Buford prenant sur lui-même se calme et lui répond :

BUFORD
(au Membre 3) Hum ouais, tu as raison, on a du plus important à
faire.

33. INT. WAGON PASSAGERS – ALLÉE CENTRALE

Puis il sourit et regarde ses copains qui se mettent à rires comme


des idiots. Après, Buford qui se trouve maintenant debout dans

59
l’allée centrale avec ses acolytes, devient subitement de marbre
(insensible), chose qui est automatiquement imitée par les mem-
bres du gang. Et jetant un regard d’ensemble sur les personnes
qui se trouvent dans le wagon, il reprend et leur dit, très sarcas-
tique :

BUFORD
(à tous) Je trouve que ça manque un peu d’air dans ce wagon. Ou
bien c’est parce qu’il y a trop de monde, ou bien ça manque un
peu d’aération. (à ses copains) Vous ne trouvez pas les gars?

Toute sa bande éclate de rire :

LES MEMBRES – GANG DE BUFORD


WHA HA! HA! HA! WHA HA! HA! HA!

Les rires cessent. — Grand silence — il sort un des pistolets de


son étui, le pointe vers le plafond du wagon et tire trois coups de
feu. Après quoi, sûr de lui, il leur dit :

BUFORD
(à tous) Voilà qui devrait convaincre tout le monde à présent.

À peine ces derniers mots prononcés, que le MEMBRE 2 de son


gang, le plus idiot, qui avait été chargé de leur procurer les flin-
gues et donc, regardant toujours le plafond du wagon leur dit,
tout hébété, confus, hésitant – un peu comme Averell Dalton
chaque fois qu’il s’adresse à son frère Joe dans pareilles circon-
stances :

MEMBRE 2 – GANG DE BUFORD


(à Buford) Heu… patron… hum… je crois que le gamin a finale-
ment raison… il n’y a pas de trous au plafond.

Buford, le reste de la bande, ainsi que tous ceux qui sont dans le
wagon se lèvent la tête ensemble vers le plafond et constatent, les
uns avec désarroi ; les autres à leur plus grande satisfaction, qu’il
dit vrai. Cependant, lorsque le plus idiot, le Membre 2, redescend

60
la tête tranquillement et aperçoit son chef et les autres membres
du gang qui le dévisagent, il avale difficilement sa salive et lui
dit encore, hésitant, confus, et larmoyant :

MEMBRE 2 – GANG DE BUFORD


Mais pa-pa-patron… j’étais… su-su-sûr que... (il est mort de
trouille)

Buford le saisit par le collet de sa chemise lui dit, furieux :

BUFORD
(au Membre 2) Espèce de crétin… ce ne sont pas des flingues, ce
sont des jouets! Crois-moi que dès que j’en aurai fini avec eux,
c’est dans ta jolie petite prune de tête que je vais m’amuser à fai-
re des trous!!

Au moment où le plus idiot des bandits s’excuse et tremble en


pensant au châtiment qu’il va subir pour sa bêtise, Verne arrive
sur l’entrefaite avec Newton et NOIREAU, le doberman d’Alex-
andrine Harris, qui déjà grogne (grrr...) parce qu’il sent le dan-
ger. Ne perdant pas une seconde Verne clame haut et fort :

VERNE
Madame Harris j’ai réussi, j’ai ramené Noireau avec moi, à vous
de jouer maintenant!

Alexandrine bondit de son siège et dévisageant poignards dans


les yeux Buford et sa bande qui eux, de l’allée centrale du wagon
commence déjà à filer à l’anglaise à reculons en murmurant à
tour de rôle, le Membre 3 le premier, le Membre 1 le second :

MEMBRE 3 – GANG DE BUFORD


(aux membres du gang) Avez-vous vu le cabot?

MEMBRE 1 – GANG DE BUFORD


(aux membres du gang) Je crois qu’il va falloir quitter les lieux
plutôt que prévu les gars.

61
Alexandrine bien campée sur ses deux jambes fronce le front et
les sourcils, et d’un ton très expéditif lance son chien sur eux –
Newton y allant du même coup :

ALEXANDRINE
Attaque Noireau et mange-les tous!

34. INT. WAGON PASSAGERS – PORTE AVANT

C’est la panique totale et la poursuite qui s’amorce. Ils se bous-


culent, se disputent, et veulent tous être le premier à sortir par la
porte avant du wagon et disent, Buford le premier, le Membre 1
le second :

BUFORD
(aux membres du gang) Poussez-vous bande de crétins!!

MEMBRE 1 – GANG DE BUFORD


(aux membres du gang) Merde, laissez-moi sortir!!

Le Membre 2 se retrouve finalement le dernier à sortir. Et voyant


le chien qui fonce vers eux il pousse, presse les autres, et s’écrie :

MEMBRE 2 – GANG DE BUFORD


HAAAAA!!

35. EXT. LOCOMOTIVE – CHAMP

Ils arrivent à mettre les pieds dehors en déboulant les marches de


l’escalier et en trébuchant les uns sur les autres. Ils se relèvent
aussi vite et courent à toutes jambes en direction d’un arbre en-
dommagé par la foudre au milieu d’un champ non loin de là sous
les rires et les applaudissements des passagers du train descendus
pour mieux voir et savourer ce petit spectacle gratuit s’offrant à
leurs yeux. Certains d’entre eux, très contents de la tournure des
événements y vont de leurs commentaires. Tandis que d’autres,
plus frustrés, se défoulent. Ainsi, monsieur Pinkley encourage
Noireau et lui crie :

62
PINKLEY
Fais-en de la viande à pâté!!

Alexandrine quant à elle leur lance :

ALEXANDRINE
C’est tout ce que vous méritez sales bandits de grands chemins!!

Verne conclut :

VERNE
Voilà qui est bien fait pour eux!

36. EXT. MILIEU DU CHAMP – ARBRE

Le rire est à son comble lorsque le plus idiot des bandits, le


Membre 2, se fait arracher le derrière de son pantalon par Noi-
reau au moment où il tente désespérément de lui échapper en
grimpant dans l’arbre pour n’y voir alors que son caleçon-boxer
à gros pois rouges. Puis, comme la peur donne parfois des ailes,
il y parvient. Cependant, comme il est le dernier et qu’ils sont
trop nombreux sur la même branche, Buford ainsi que le Mem-
bre 1 cherchent par tous les moyens à le faire redescendre, le re-
pousse, et le frappe sur les doigts avec les talons de leurs bottes.
Buford qui est le deuxième sur la branche, s’adresse au Membre
1 juste derrière et lui commande, essoufflé, à bout de nerfs :

BUFORD
(au Membre 1) Fais-moi descendre ce crétin! Il va faire casser la
branche!

Le Membre 1 obéit sans discuter et lui répond :

MEMBRE 1 – GANG DE BUFORD


(à Buford) Tout de suite, patron.

Se tournant vers le Membre 2 il lui transmet :

63
MEMBRE 1 – GANG DE BUFORD
(au Membre 2) Tu as compris, il faut que tu redescendes, sinon la
branche va se casser!

D’un ton larmoyant et désespéré le Membre 2 lui dit :

MEMBRE 2 – GANG DE BUFORD


(au Membre 1) Mais je ne peux pas voyons… je vais me faire
dévorer par ce monstre!

Comme il refuse obstinément de descendre le Membre 1 n’a pas


d’autres choix et commence à le frapper sur les doigts avec le ta-
lon de sa botte en lui disant :

MEMBRE 1 – GANG DE BUFORD


(au Membre 2) Descends que je t’ai dit! (il le frappe).

Le Membre 2 le supplie et crie :

MEMBRE 2 – GANG DE BUFORD


(au Membre 1) Non!! ne fait pas ça… ouch! arrête! ouch mes
doigts! non!

Au moment où le Membre 2 est sur le point de lâcher prise, la


branche cède et tous, BUFORD ET LES MEMBRES de son
gang s’écrient ensemble en tombant :

BUFORD ET LES MEMBRES


HAAAAAA!!!

37. EXT. MILIEU DU CHAMP – ARBRE – SOL

Tous sur le sol, après pareille chute ils sont très mal en point, se
plaignent et se lamentent péniblement. Puis, les passagers du
train aperçoivent au loin, le marshal James Strickland avec son
fils, Benjamin, 19, – son adjoint en 1895 –, et ses hommes qui
viennent vers eux au galop pour reprendre les bandits en cavale.
Alexandrine rappelle son chien s’apprêtant à bondir sur eux et

64
laisse au marshal le soin de les récupérer :

ALEXANDRINE
(à Noireau) Laisse-les maintenant Noireau. Le marshal va s’oc-
cuper d’eux.

Le doberman revient, tout le monde accoure et arrive au moment


où, Buford, la figure dans un tas de bouse de vache se lève la tête
et dit, – comme dans RVLF 3 :

BUFORD
(lentement) Là, j’suis dans la merde.

Satisfaits de la tournure des événements, Doc et monsieur Pink-


ley y vont chacun de leurs commentaires. Doc le premier lui dit :

DOC
(à Buford) Cette fois Tannen, ton compte est bon. Je crois même
pouvoir dire que tu vas en prendre pour un sacré bout de temps.
Et ça… (le fixant) si tu évites la potence.

Monsieur Pinkley tient à lui remettre sur le nez :

PINKLEY
(à Buford) Je te l’avais bien dit, espèce de canaille, que le mar-
shal Strickland finirait par te mettre la main au collet.

Ensuite, le MARSHAL STRICKLAND arrive avec ses hommes


en compagnie de son fils, reste en selle sur son cheval, s’appro-
che de Buford qui lui, est maintenant debout, lui colle les deux
canons de son fusil de gros calibre sur le milieu du front et lui
dit, – comme dans RVLF 3 :

MARSHAL STRICKLAND
(posé et très strict) La dernière fois, Tannen, tu as bénéficié de
la clémence de la cour… mais cette fois-ci je ferai en sorte que
cela ne se reproduise pas. Je choisirai moi-même les membres
du jury. Si c’est la prison... eh bien crois-moi que quand tu en

65
sortiras, si tu en sors… tu seras tellement vieux que je me de-
mande si tu seras capable de rester debout et de tenir un pistolet
avec tes deux mains sans l’échapper par terre. Par contre si c’est
la corde… tu peux être sûr que je me ferai un plaisir de te la
passer autour du cou et regarder ta sale carcasse se balancer au
bout de la potence. Tu n’auras pas cette chance d’une attaque
surprise par les Indiens Apaches comme Stinky Lomax.

Buford qui se rend compte qu’il tremble un peu et que le coup


pourrait partir lui dit :

BUFORD
(piteux) Vous devriez plus me braquer comme ça marshal. C’est
que vous vous faites vieux… vous tremblez… et que le coup
pourrait partir.

Le marshal ne se laisse pas attendrir pour autant. Il reluque son


fils Benjamin et lui dit d’un ton austère, gardant toujours les
deux canons de son fusil sur le front de Buford :

MARSHAL STRICKLAND
(à Benjamin) À ton tour Benjamin.

BENJAMIN, qui a bien appris lui colle, tout comme son père, les
deux canons de son fusil de même calibre sur son front et lui dit,
sur le même ton :

BENJAMIN
(posé et très strict) Buford Tannen au nom de la loi je t’arrête, toi
et ta bande, pour homicide, vol de diligence et hold-up de train.

Le marshal Strickland félicite son fils et lui dit :

MARSHAL STRICKLAND
Parfait, tu as bien appris fils.

Buford qui les regardent et qui a maintenant deux fusils de gros

66
calibre sur le front, craque, s’énerve, et leur dit :

BUFORD
(au marshal et à son fils) Non mais… vous êtes une famille de
dingues de la gâchette ou quoi?

Le marshal Strickland lui répond :

MARSHAL STRICKLAND
T’énerver est tout aussi dangereux Tannen, il est jeune et la
gâchette de son fusil est bien huilée, ce qui la rend encore bien
plus susceptible que la mienne… si tu vois ce que je veux dire.

Buford mort de trouille se calme et lui dit :

BUFORD
J’ai compris marshal Strickland… je ne dis plus rien… voyez.

Ils abaissent leurs fusils. Ensuite, le marshal s’adressant à toute


la foule leur dit :

MARSHAL STRICKLAND
(à tous) Il y avait une récompense de 5 000 dollars qui était
offerte pour la capture de Buford Tannen et sa bande. J’aimerais
connaître la ou les personnes qui ont réussi ce merveilleux coup
de filet afin de la leur remettre.

Alexandrine la première, le Passager 1 le second, le PASSAGER


4(une dame de la haute) le troisième, lui disent :

ALEXANDRINE
(les montrant) Ce sont ces deux garçons, marshal Strickland.

PASSAGER 1
(au marshal Strickland) Ils nous ont sauvé la vie!

PASSAGER 4
(au marshal Strickland) Quel courage!

67
Monsieur Pinkley de rajouter :

PINKLEY
(au marshal Strickland) Elle a raison, ce sont des héros.

Le Passager 3 couronne le tout en lui disant :

PASSAGER 3
(au marshal Strickland) Qu’on leur donne la récompense, ils le
méritent.

Clara se penche, prend ses deux fils dans ses bras, les étreint et
leur murmure :

CLARA
(à Jules et Verne) Vous avez été tout simplement merveilleux.

Doc, debout, les regarde avec fierté et leur dit :

DOC
(à Jules et Verne) Je suis très fier de vous les garçons.

Jules et Verne se serrent la main et se félicitent mutuellement.


Jules le premier, Verne le second :

JULES
(à Verne) On a réussi!

VERNE
(à Jules) Ouais, tu la dis, on a réussi!

Les deux garçons s’avancent ensuite vers le marshal. Jules, étant


l’aîné, prend la parole et tient à faire valoir :

JULES
Marshal Strickland, pour ce qui est de la récompense, on vou-
drait que la moitié de cette somme aille à madame Harris. Elle
est veuve et c’est grâce à Noireau, son chien, que la capture de

68
ces bandits nous a été très facile.

En entendant cela, Alexandrine Harris, d’un caractère pourtant


rude et sévère, est très touchée par une telle grandeur d’âme. Elle
sort un grand mouchoir de son sac à main, et tout en essuyant les
quelques larmes qui coulent déjà sur son visage leur dit :

ALEXANDRINE
(à Jules et Verne) Quelle grandeur d’âme! (elle se mouche)
Quels courageux garçons vous êtes!

Verne lui dit :

VERNE
(candidement) Merci madame Harris. Mais on a fait que notre
devoir vous savez.

Jules reprend avec le marshal Strickland et lui dit :

JULES
(au marshal Strickland) Quant à l’autre moitié de la somme,
vous la remettrez à nos parents pour qu’ils puissent rembourser
l’emprunt de la maison et nous permettre du même coup, grâce à
cet argent, d’aller poursuivre nos études dans une université ré-
putée de l’Angleterre.

Tirant la chemise de son frère, Verne tient à lui rappeler ce qu’ils


veulent comme récompense et lui chuchote à l’oreille :

VERNE
(à Jules) Hé, tu oublies la loco... tu sais, conduire la locomotive.

Jules le rassure et lui chuchote à son tour :

JULES
(à Verne) Oui ça y est. Ne t’inquiète pas. Je leur demande. Sois
tranquille.

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Jules s’avance de quelques pas vers le marshal et lui formule :

JULES
(au marshal Strickland) Voilà marshal, ce que nous aimerions
avoir comme récompense serait de conduire la locomotive jus-
qu’à Virginia City, si monsieur Pinkley est d’accord, bien sûr.

Le marshal Strickland jetant un regard sur les gens présents tout


autour lui répond :

MARSHAL STRICKLAND
(à Jules) Eh bien, pour deux courageux garçons comme vous, je
crois vraiment que c’est la moindre des choses, petit.

Il se tourne ensuite vers Pinkley pour lui dire :

MARSHAL STRICKLAND
(à Pinkley) Qu’en penses-tu Pinkley?

Très content de s’en être sorti grâce à eux il lui répond :

PINKLEY
Ce sera avec grand plaisir, marshal Strickland! (à Jules et Verne)
Venez les enfants, montez dans ma locomotive, et filons à toute
vapeur jusqu’à Virginia City!

Puis il invite les passagers à remonter dans le train et leur crie :

PINKLEY
(à tous) Allez… Tout le monde en voiture! Tout le monde en
voiture!

Le marshal Strickland se tournant vers Doc et Clara leur dit :

MARSHAL STRICKLAND
Toutes mes félicitations monsieur et madame Brown. De nos
jours, il est rare de rencontrer des enfants aussi dégourdis à cet
âge et si bien éduqués.

70
Très flattés, Clara la première lui dit, à la fois contente et un peu
gêné :

CLARA
Je vous en prie marshal…

Doc lui témoigne toute sa confiance en lui demandant :

DOC
(au marshal Strickland) Pour ce qui est de la somme d’argent
marshal, vous la déposerez pour moi à la banque de Hill Valley.

MARSHAL STRICKLAND
Comme tu voudras, maréchal-ferrant.

Clara le complimente :

CLARA
(au marshal Strickland) Hill Valley vous est redevable pour
l’ordre et la paix qui y règne marshal Strickland.

Le marshal Strickland honoré et très fier de son travail lui ré-


pond :

MARSHAL STRICKLAND
(à Clara) Vous m’en voyez honoré, madame. Merci. Et comme
je le dis très souvent encore à mon fils : Ce n’est qu’une question
de discipline. De la discipline c’est tout.

Puis de sa monture, fusil baissé d’une main, il soulève son grand


chapeau noir, les salue, et commande à ses hommes qui l’accom-
pagne :

MARSHAL STRICKLAND
(à ses hommes) Emmenez-moi ces gibiers de potence à la prison
de Hill Valley! Demain... (reluquant Buford et sa bande menot-
tés) le juge Mason prononcera sa sentence sur eux.

71
Le sifflet de la locomotive actionné simultanément par Jules et
Verne retenti. Tous repartent heureux.

38. EXT. GARE VIRGINIA CITY – APRÈS-MIDI

À la gare de Virginia City, Doc et Clara descendent de leur wa-


gon et aperçoivent à travers une nuée de vapeur qui se dissipe
graduellement, Jules et Verne avec Newton et monsieur Pinkley
qui viennent en leur direction. Arrivés près d’eux il leur dit,
étonné :

PINKLEY
Eh bien, monsieur et madame Brown… ça m’a fait plaisir
d’avoir eu vos deux fils en ma compagnie. Toutefois, j’ai été
surpris de voir qu’ils savaient à peu près tout, même les cadrans.
Et qu’ils semblaient familiers avec le fonctionnement d’une loco-
motive comme s’ils avaient fait ça, plus d’une fois auparavant.

Doc regarde furtivement ses deux fils qui lui font chacun un clin
d’œil sans que Pinkley ait le temps de les voir. Il regarde ensuite
Clara qui sourit les lèvres serrées et lui explique tout en essayant
de garder son sérieux :

DOC
(à Pinkley) À vrai dire, j’ai dû quelquefois au pied levé être
chauffeur de locomotive. Et comme ils m’accompagnaient, c’est
ce qui explique tout. Voilà.

PINKLEY
Pourtant, depuis le temps que j’exerce ce métier et que je par-
cours le réseau… je ne vous ai jamais croisé nulle part. Il va
falloir que j’en parle au comité à la prochaine réunion.

Toute la famille Brown se regarde les uns les autres. Verne le


cadet se met la main sur la bouche et n’en pouvant plus pouffe de
rires. Le vieux Pinkley s’éloigne d’eux en marmonnant seul, se
retourne et les salue en soulevant sa casquette. Doc lui, le re-

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garde d’un large sourire et fait de même. Mais dès qu’il est assez
loin, il se tourne vers sa famille et leur dit, empressé :

DOC
OK, maintenant qu’il est parti, je trouve une voiture et nous fi-
lons tous à l’hôtel. Là, je louerai une chambre afin d’y passer la
nuit. Après, pendant que nous y sommes, nous profiterons du
reste de cette journée pour voir les nouveautés et faire un peu de
shopping. (regardant Clara) Demain matin, nous nous rendrons
chez tes parents afin de faire le point sur cette fâcheuse histoire
de duel.

39. EXT. VIRGINIA CITY – RUE – VOITURE

Défilant dans la grande rue à bord de leur buggy, et émerveillés


par l’effervescence de cette ville, Doc le premier et toujours
aussi exubérant s’exclame et leur dit :

DOC
Quelle effervescence! Quelle fin de siècle excitante, où une tor-
nade de folies de créer et surtout d’inventer s’est emparée totale-
ment de l’intelligence et de l’imagination des hommes de cette
époque, et qui ne semble plus vouloir s’arrêter avec sa pléiade
d’hommes célèbres… Thomas Edison, Alexander Graham Bell,
les frères Wright, Henry Ford, Marconi… Sentez! (respiration et
expiration) Même l’air sent les inventions!

Clara elle, éblouie par l’élégance des dames de la ville déam-


bulant sur les trottoirs s’exclame à son tour et dit, tout à la fois
émerveillée et triste :

CLARA
Mon Dieu que ces toilettes sont magnifiques! J’ignore si un jour
je pourrai seulement me payer l’une d’entre elle...

L’entendant parler ainsi, Doc murmure faiblement :

73
DOC
(se parlant à lui-même) Un jour, je t’offrirai une de ces toilettes
digne d’une dame de ton rang, Clara.

Clara qui l’entend, mais n’a pas compris ce qu’il a dit, lui de-
mande, curieuse de savoir :

CLARA
Que viens-tu de dire, Emmett?

Doc embarrassé, se fait évasif et lui répond :

DOC
Hum… ce n’est rien. Je me parlais tout seul.

40. EXT. VOITURE – CIRQUE

Passant devant le chapiteau du Cirque de Buffalo Bill ils aper-


çoivent et entendent LE CRIEUR à l’entrée clamant d’une voix
forte juché derrière un gros panneau circulaire sur lequel on peut
lire en grosse lettre « Buffalo Bill’s Wild West Show » :

LE CRIEUR
Approchez! Approchez! Mesdames, mesdemoiselles, messieurs.
Entrez voir le spectacle du « Grand Buffalo Bill », c’est une
attraction unique au monde, qui vous ravira!

Verne, excité par la « grandiosité » de l’événement et qui voit


toute cette masse de gens qui affluent et se meuvent vers l’entrée
leur lance, complètement emballé :

VERNE
Avez-vous vu tous ces gens qui se pressent vers l’entrée! C’est
que ça doit être un spectacle vraiment inoubliable!

Pendant qu’ils regardent les gens qui affluent et se pressent, Jules


rajoute :

74
JULES
Papa, ce serait chouette si on pouvait y aller. Ça nous ferait
même tous du bien. Surtout après tout ce qu’on a vécu depuis
quelques jours. On s’amuserait et on rirait. En plus, vous venez
de nous dire que nous avons un peu de temps devant nous. Alors,
pourquoi ne pas tous y aller? C’est peut-être une occasion qui
ne se présentera plus. Enfin, vous ne trouvez pas?

Doc doit malheureusement refuser :

DOC
(à Jules et Verne) Je suis vraiment désolé les garçons, mais ce
sera pour une autre fois.

JULES
(insistant) Argh! papa voyons… je vous en prie.

Verne manifeste son mécontentement lui aussi et fait valoir :

VERNE
Et qu’est-ce qu’on va faire durant tout ce temps?

Clara tente de les calmer, essaye de leur changer les idées, et leur
propose :

CLARA
On arrivera bientôt à notre hôtel. Et tout près il y a sûrement
un saloon où vous pourrez aller vous cherchez chacun un soda
mousse [Cream soda]. Qu’en dites-vous, hein?

Verne plus facilement conquis par l’idée, répond à sa mère :

VERNE
Oui, chic alors! c’est un bon compromis, j’accepte.

Jules ne manifeste pas autant d’enthousiasme que son jeune frère


et revient à la charge avec l’idée d’aller au cirque :

75
JULES
(à Doc et Clara) Bon, OK. Seulement vous nous promettez que
nous irons tous le voir ensemble un jour?

DOC
Bien sûr, c’est promis. Vous le méritez bien d’ailleurs. Surtout
après un tel exploit. (en parlant de Buford Tannen et sa bande)
Disons que pour l’instant il ne faut pas oublier non plus la raison
de ce voyage… à savoir que la vie de votre grand-père est en
danger et qu’il nous faut faire quelque chose pour le tirer de ce
mauvais pas.

Jules et Verne comprennent bien la situation et ne se font pas


prier pour faire ce petit effort d’abnégation à l’endroit de leur
grand-père Clayton. Verne prend la parole le premier et lui dit :

VERNE
Vous avez raison père, qu’on en finisse avec ce sale escroc qui a
pipé les dés.

Jules plus que jamais gagné à la cause leur rappelle :

JULES
Tout à fait. Et comme le marshal Strickland le dit souvent :
« C’est une question de discipline. De la discipline c’est tout. »

41. EXT/INT. HOTEL – RÉCEPTION

Arrivés à leur hôtel, le Virginia City Town House, ils descendent


leurs bagages de la voiture. Doc y entre pour louer une chambre.
S’adressant au garçon de chambres il lui dit :

DOC
Je voudrais louer une chambre assez spacieuse avec fenêtre sur
rue pour une nuit, s’il vous plaît. Nous sommes de passage seu-
lement.

LE GARÇON DE CHAMBRES lui demande :

76
LE GARÇON DE CHAMBRES
Vous êtes monsieur...

DOC
Docteur Emmett Brown. Je suis avec ma femme et mes deux fils.

Le garçon de chambres lui remet la clé et lui dit :

LE GARÇON DE CHAMBRES
Voici la clé, docteur Brown. C’est la chambre numéro cinq, au
premier étage. Vous allez voir, c’est la dernière au bout du cou-
loir à gauche. Vous pouvez laisser vos bagages ici. Je vais les
faire monter dans votre chambre. Si vous avez besoin de quoi
que ce soit n’hésitez pas. Et bon séjour à Virginia City, docteur
Brown.

DOC
Merci. À plus tard.

42. EXT. HOTEL – TROTTOIR

Doc sortant de l’hôtel aperçoit Clara qui fait déjà du lèche vitrine
face à la devanture d’une boutique de vêtements pour dames de
l’autre côté de la rue, Fergie Ross ladies Shop, – Jules et Verne
se tiraillant derrière elle. Il traverse la rue à grand pas, et arrivé
près d’eux les reprend et leur dit :

43. EXT. BOUTIQUE DAMES – TROTTOIR

DOC
Ça suffit maintenant! Cessez de vous tiraillez! Tenez les garçons,
voilà quelques pièces de monnaie. Allez au saloon qui est juste
en face, à côté de l’hôtel. Payez-vous chacun un bon soda mous-
se, puis venez me rejoindre au magasin général là-bas, juste au
coin. (le pointant) Et emmener Newton avec vous.

JULES
OK.

77
VERNE
C’est d’accord. Merci papa. (à Newton) Viens Newton.

Clara qui n’a pas décollé le nez de la vitrine et Doc qui s’en rend
compte, lui demande si elle a bien compris ce qu’il a convenu
avec eux et lui répète :

DOC
Clara, tu as bien compris… Jules et Verne vont être au saloon
d’en face avec Newton et me rejoindront ensuite au magasin
général.

Clara, trop captivée par ce qu’elle voit, lui répond sans se retour-
ner :

CLARA
C’est bien, Emmett. J’ai compris. Et si je ne vous ai pas re-
joints... c’est que je suis encore dans cette boutique à regarder
toutes ces nouveautés.

DOC
Bon eh bien dans ce cas... à tout à l’heure. (roulant des yeux il
murmure) Ah, les femmes et les boutiques. Une chance qu’il n’y
a pas encore de galeries marchandes comme celles que nous
avons dans le futur.

Puis ils partent chacun de leurs côtés.

44. INT. SALOON – TABLE JACK RABBIT

Doc se dirige donc vers le magasin général tout en regardant ses


deux fils traverser la rue vers le saloon. Pénétrant dans le tumulte
habituel de ces endroits, ils marchent tranquillement vers le bar
en serpentant les tables des hommes qui jouent au poker en
buvant leurs verres de whisky et qui tantôt, dans les nuages d’une
fumée forte et épaisse de leurs gros cigares, s’arrêtent parfois
pour les dévisager. L’un d’eux, un vieux chercheur d’or du nom
de, JACK RABBIT, leur demande, fouineur :

78
JACK RABBIT
Vous n’êtes pas un peu jeune pour entrer dans un saloon?

Arrêtant son regard sur Verne et fronçant ses filandreux sourcils


gris il ajoute :

JACK RABBIT
(à Verne) Surtout toi, petit. Parce que si vous cherchez votre
maman… je doute fort que vous la trouviez ici.

Jules ne se laisse pas intimider et se montre très perspicace :

JULES
Non seulement nos parents savent que nous sommes ici, mais ce
sont même eux qui nous y envoient afin de nous payer chacun
un bon soda mousse. Et cela, parce qu’on a aidé le marshal
Strickland à capturer Buford Tannen et sa bande.

Jack Rabbit se fait plus moqueur et leur lance :

JACK RABBIT
Comme ça, toi et ton petit frère vous avez aidé un marshal à
capturer une bande de dangereux bandits… (à ses copains)
Entendez-vous ça les gars!

La réponse de Jules ne se fait pas attendre :

JULES
Exactement, monsieur!

Verne est d’un franc-parler plus cinglant qui va le décontenan-


cer :

VERNE
Et si nos parents nous ont laissé venir dans ce saloon, c’est parce
qu’ils nous font confiance et qu’ils savent que nous sommes
capables de bien se tenir. Par contre, je ne sais pas si vos parents
vous auraient permis d’y venir à notre âge, monsieur. En tout

79
cas, pas si j’en crois votre langue fourchue!

Tout comme Buford Tannen, Jack Rabbit en a le souffle coupé et


le bec cloué, tandis que les hommes tout autour de lui, eux, sont
morts de rires. Exaspéré par toute cette rigolade, il se lève car-
rément de sa chaise et tente de l’agripper par le bras tout en lui
disant, très irrité :

JACK RABBIT
Espèce de petit moucheron… attends que je t’attrape!

Des hommes le retiennent, l’empêchent d’aller jusque-là et fi-


nissent par le calmer. Ils lui disent, l’HOMME 1 le premier,
l’HOMME 2 le second :

HOMME 1
Voyons Jack, calme-toi.

HOMME 2
Tu ne vas pas t’en prendre à un gosse quand même… et puis, il
faut dire que tu l’avais cherché un peu, hein.

45. INT. SALOON – BAR

Le barman, FRED Miller, qui a tout vu, rit encore, les invite à
venir au bar et leur offre, avec les compliments de la maison, leur
liqueur [boisson gazeuse] bien méritée :

FRED
Venez par ici les garçons que je vous offre ce soda, c’est la mai-
son qui paie.

Jules et Verne s’approchent, s’installent sur les tabourets du bar


et s’empressent de le remercier, Jules le premier, Verne le se-
cond :

JULES
Merci monsieur, c’est vraiment chic de votre part.

80
VERNE
Merci monsieur.

Fred Miller désirant jaser avec eux et mieux les connaître, enga-
ge la conversation et tient à les rassurer au sujet de Jack Rabbit :

FRED
Vous savez les enfants… il ne faut pas lui en vouloir (en parlant
de Jack Rabbit), surtout quand il a bu un peu trop de whisky. Si
j’ai bien compris, vous avez des parents qui vous aiment et qui
s’occupent de votre éducation. Pas lui. Il est orphelin et n’a ja-
mais connu ni son père, ni sa mère. Il ne sait ni lire, ni écrire. Par
contre, c’est un infatigable chercheur d’or, et aussi un excellent
trappeur qui passe la majeure partie de son temps dans le Co-
lorado et le Montana. On le revoit tous les deux ou trois ans à
l’automne. Il repart demain, pour le Yukon cette fois. Des bruits
courent qu’il y aurait des gisements d’or là-bas.

Tout en buvant son soda mousse, Jules, fort curieux, veut en


savoir davantage et lui demande :

JULES
Dans ce cas… d’où vient son nom de « Rabbit » alors?

FRED
Bah, on dit que lorsqu’il se déplace dans la forêt en hiver sur la
neige avec sa paire de raquettes, il est agile, rapide et très diffi-
cile à suivre. Ceux qui l’ont vu affirment qu’il est comme un
lapin sur la neige, de là ce nom de « Rabbit ».

Verne qui tout à la fois, écoute et boit son soda mousse, regarde
un peu partout dans le saloon, s’arrête soudainement et fixe son
regard vers quelqu’un qu’il vient d’apercevoir à une table près du
piano en train de jouer au poker. Il demande au barman :

VERNE
(à Fred) Dites-moi monsieur, qui est cet homme là-bas assis à
une table près du piano, celui qui porte une paire de petites lunet-

81
tes rondes, une cape noir et qui ne semble guère sympathique
avec son visage de croque-mort?

Cette attitude investigatrice de Verne gène un peu Jules. Et avant


que le barman ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Jules le
reprend et lui dit :

JULES
Verne! nous ne sommes pas ici pour mener une enquête. Il ne
faut pas toujours se fier aux apparences tu sais, la meilleure preu-
ve regarde « Jack Rabbit » et tout ce que l’on sait sur lui à pré-
sent.

Fred Miller enchaîne, rectifie les propos de Jules à l’endroit de


Verne, se fait rassurant et lui dit :

FRED
(à Jules) Ce n’est pas grave p’tit gars. Ton cadet n’est pas tombé
bien loin cette fois…

Reluquant l’homme assis à une table près du piano il reprend sur


un ton plus exaspéré :

FRED
(à Jules) …parce que cet homme c’est vraiment un sale type,
c’est John-Lee Cromwell.

En entendant son nom Jules et Verne s’exclame simultanément :

JULES ET VERNE
John-Lee Cromwell!

Fred Miller poursuit et se vide le cœur :

FRED
Ouais, c’est lui. Depuis qu’il a débarqué en ville, ce baron loya-
liste venu d’Angleterre ne cesse d’insulter tout le monde, ce qui
donne lieu à de violentes disputes qui se terminent presque tou-

82
jours par des bagarres ou des duels. À vrai dire, tout le monde ici
commence déjà à en avoir plein le dos de lui. Pas plus tard
qu’hier encore, il a réussi à entraîner Wilmor Clayton dans un
duel à propos de certains droits ancestraux. Mais ce qui est
vraiment lâche de la part de cette espèce de chacal… c’est qu’il
savait très bien que Wilmor était myope et que ses chances de
remporter ce duel étaient pratiquement nulles.

Surpris, Jules lui demande :

JULES
Comme ça, vous connaissez notre grand-père?

Fred Miller tout aussi étonné, mais très content de l’apprendre lui
répond :

FRED
Bien sûr que je le connais. Seulement avant d’aller plus loin…
il faudrait peut-être faire les présentations. Je m’appelle Fred
Miller, mais tout le monde ici m’appelle Fred. Et vous?

Jules fait les siennes et parle au nom des deux :

JULES
Mon père s’appelle Emmett L. Brown. Nous sommes ses deux
fils. Moi c’est Jules. Lui, (le montrant) c’est Verne. Ma mère
s’appelle Clara Clayton. Elle est la fille de Wilmor Clayton. Nos
parents nous ont donné ces prénoms parce qu’ils avaient beau-
coup d’admiration pour le célèbre écrivain Jules Verne. Vous
comprenez à présent pourquoi on se sent un peu concernés par
l’affaire.

Verne, intrigué, veut en savoir davantage et enchaîne :

VERNE
Vous dites que vous connaissez notre grand-père?

83
FRED
Tout à fait. Lui et moi avons été compagnons d’armes lors de la
guerre de Sécession. Nous sommes de grands amis. Votre grand-
père est vraiment un type bien. Mais lors de cette altercation
l’autre jour, le baron Cromwell a réussi à piquer son honneur
d’homme. Surtout lorsqu’il l’a traité de pleutre. J’ai essayé de le
ramener à la raison, mais rien à faire, il était trop gonflé. Il m’a
même dit de me mêler de mes affaires. En tout cas, ça semble
être d’une importance capitale. Il est vraiment déterminé à
l’affronter dans un duel aux pistolets. Il a dit que c’était une
affaire entre lui et Cromwell. Même sa femme, qui était présente,
a fondu en larmes et n’a pas pu l’empêcher. Il faut dire que tout
le monde le comprend un peu. Il est d’un mépris et d’une
arrogance (en parlant de Cromwell) qui vous fait perdre tout
discernement et vous mets systématiquement hors de vous-
même. Pour tout vous dire… je ne sais pas comment j’ai pu
l’endurer jusqu’ici.

Jules et Verne se regardent mutuellement d’un petit air moqueur


qui veut en dire long. Ensuite, ils se font chacun un clin d’œil. Le
barman se rend bien compte qu’ils en savent beaucoup plus que
lui et qu’ils lui cachent même quelque chose. S’arrêtant il les
regarde tous les deux, fronce les sourcils, et leur demande :

FRED
Dites donc vous deux… j’espère que vous n’êtes pas en train de
vous payer ma tête.

Ils pouffent de rires. Jules prend la parole et lui révèle :

JULES
Voilà, dans un télégramme que notre grand-mère, épouse de
Wilmor, a fait parvenir à notre mère, elle lui a exposé cette péni-
ble situation. Ma mère a été atterrée par la nouvelle. Elle a donné
congé aux élèves sur-le-champ et elle est partie en courant sans
s’arrêter. Arrivée à la maison à bout de souffle et dans tous ses
états, mon père est venu au-devant d’elle confus, ne comprenant
pas cet affolement. Après l’avoir vivement questionnée, il la

84
rassura en lui disant qu’il s’occuperait lui-même de ce John-Lee
Cromwell. C’est pour cette raison qu’il est venu à Virginia City.

Verne enchaîne :

VERNE
Et mon père n’est pas seulement un excellent tireur, c’est aussi
un savant et un scientifique qui lui réserve une surprise qu’il
n’est pas prêt d’oublier.

Fred se tourne et saisi la bouteille de whisky pour s’en verser un


verre. Verne, emporter par le sujet, passe à un cheveu près de
lui révéler qu’il possède une machine pouvant voyager dans le
temps. Jules profitant de ce bref moment d’inattention du barman
lui met la main sur la bouche et l’empêche de trop parler :

VERNE
(continuant) Car il a une ma… (Jules lui met la main sur la bou-
che).

46. INT. SALOON – TABLE JACK RABBIT

Verne n’en reste pas là, il descend du tabouret sur lequel il est
assis et se dirige fièrement d’un petit pas d’homme en direction
de la table où se trouve Cromwell. Jack Rabbit qui l’observe,
murmure à ses copains :

JACK RABBIT
Hé les gars… regardez le petit. Il se dirige vers la table de Crom-
well. On dirait bien qu’il va y avoir encore du grabuge.

47. INT. SALOON – BAR

Jules de son tabouret le supplie en sourdine :

JULES
Verne non! reviens!

85
48. INT. SALOON – PIANO – TABLE CROMWELL

Piano : musique Yankee Doodle.

Verne fait la sourde oreille et continue de marcher vers la table


de Cromwell. Celui qui joue du piano et qui le voit venir ainsi,
cesse quelques instants la musique. Mais comme il le trouve
amusant à voir, il reprend avec le petit air patriotique Yankee
Doodle. Lorsqu’il arrive à proximité de la table du baron John-
Lee CROMWELL, celui-ci qui le voit alors venir tout en con-
tinuant à jouer au poker avec les autres ne peut s’empêcher de lui
dire :

CROMWELL
Voilà justement un petit deux de pique qui s’amène vers nous.

Verne lui réplique avec force :

VERNE
C’est encore mieux que d’être un roi sans cœur!

Le piano cesse de jouer. Puis, Cromwell, humilié, le visage cris-


pé, les dents serrées et au bord de l’éclatement lui dit :

CROMWELL
Comment m’as-tu appelé, espèce de petit malappris?

Tout le monde retient son souffle et regarde Verne avec beau-


coup de fierté. Avant de lui répondre cette fois, il jette un regard
tout autour, constate que tous sont avec lui et impatient de l’en-
tendre. Jack Rabbit montre son appui par un clin d’œil. Fort
d’une telle solidarité, la réponse est plus percutante que la pre-
mière :

VERNE
J’ai dit que c’était encore mieux que d’être un roi sans cœur!! Et
que c’est plutôt vous qui êtes mal éduqué!! Parce que c’est vous

86
monsieur qui m’avez traité de petit deux de pique!!

49. INT. SALOON – PIANO – PROXIMITÉ


TABLE CROMWELL

Piano : musique Ole Miss Marching Band.

Cromwell est paralysé de rage. C’est l’euphorie générale. Le pia-


no reprend avec l’air populaire Ole Miss Marching Band que tout
le monde chante avec beaucoup d’enthousiasme à travers les
éclats de rires, les cris de joie, les bruits de verres se cognant l’un
contre l’autre et les coups de feu tirés en l’air. Certains des ta-
bles voisines se vident le cœur. L’HOMME 3, l’HOMME 4, et
l’HOMME 5 disent :

HOMME 3
(à Verne) Voilà qui est bien dit petit!

HOMME 4
(à ses copains) Il y a longtemps que je n’avais pas vu quelqu’un
se faire rabrouer comme ça. Il n’est pas prêt de l’oublier celle-là.
(en parlant de Cromwell)

HOMME 5
(à tous) Ça lui apprendra à traiter tout le monde comme de la
merde, sale loyaliste!

50. INT. SALOON – BAR

Fred Miller cesse de boire son verre, regarde Jules du coin de


l’œil, et lui dit :

FRED
C’est qu’il a du cran, ton petit frère.

51. INT. SALOON – TABLE CROMWELL

Ce moment d’euphorie générale ne dure guère plus d’une minute

87
puisqu’un joueur, l’HOMME 6 (propriétaire de ranch) assis à la
table de Cromwell met la goutte qui va faire déborder le vase
lorsque, regardant Cromwell il lui dit d’un air narquois :

HOMME 6
Eh bien Cromwell, la pilule semble difficile à avaler cette fois,
hein!

À ces mots, Cromwell bondit de sa chaise. Puis bien cambré sur


ses jambes il regarde Verne fou de rage et lui dit :

CROMWELL
Espèce de petit colonisé, tu vas me le payer.

Le baron Cromwell fait un premier pas dans sa direction afin


de l’attraper, Newton accompagnant Verne, grogne et aboie.
Cromwell se rendant compte de sa présence, baisse les yeux,
l’aperçoit et change complètement d’air. Il recule en tremblotant
et monte tranquillement sur sa chaise tout en ne le quittant pas
des yeux. Verne qui ignore et découvre, comme tous ceux
présents, qu’il a peur des chiens, reluque Newton avec un petit
sourire malicieux et lui chuchote :

VERNE
Tu as vu ça Newton? (grrr...) Cette espèce de croque-mort à la
crème anglaise a peur de toi. Eh bien, je crois qu’on va drôle-
ment s’amuser maintenant.

Puis il lance Newton contre le baron Cromwell :

VERNE
Vas-y Newton et ne le lâche pas!!

Cromwell monte sur la table. Newton saute sur la chaise. Le


baron lui, bondit sur la table voisine qui vacille. Il passe près de
perdre pied et s’écrie :

88
CROMWELL
Whoa! whoa! whoooaaaaa!

52. INT. SALOON – PIANO – BAR – ESCALIER –


PASSAGE

Après il saute et se juche sur le piano. Ensuite sur le comptoir


du bar sur lequel il se met à courir en direction de l’escalier qui
mène aux chambres à l’étage supérieur. À chaque fois que le
baron échappe de justesse à Newton, Verne le relance sous les
encouragements et les rires de tout le monde.

53. INT. SALOON – PASSAGE – RAMPE – LUSTRE

Lorsque que le baron Cromwell arrive à l’étage des chambres et


qu’il doit choisir, coincé entre se faire mordre ou sauter en bas, il
grimpe sur la rampe, puis s’élance sur l’énorme lustre du plafond
au centre et parvient à s’y agripper. Le COW-BOY 1 le voyant
ainsi suspendu lui dit, railleur :

COW-BOY 1
Sais-tu Cromwell que si j’étais toi… j’irais me faire engager tout
de suite comme acrobate dans le cirque de Buffalo Bill. Je crois
même que tu pourrais devenir célèbre. Malheureusement, il fau-
drait que tu acceptes d’avoir comme seul partenaire un cabot afin
de ne pas rater tes sauts les plus périlleux! (gros éclats de rires
de tous)

Cromwell ne pouvant pas tenir très longtemps suspendu par les


mains et apercevant un filet à poissons accroché au mur du
saloon, commande à son valet, Ludwig, d’aller le chercher afin
de saisir Newton qui se trouve juste en dessous de lui à présent et
qui aboie et sautille en ne se tenant que sur deux pattes :

CROMWELL
Ludwig! Prends le filet accroché au mur là-bas et attrape le
chien, vite!

89
Jules et Verne appellent Newton en lui disant chacun leur tour,
Jules le premier, Verne le second :

JULES
Laisse-le maintenant, Newton. Il a son compte.

VERNE
Sauve-toi vite mon chien!

54. INT. SALOON – CENTRE – PLANCHER

Newton ne veut pas le lâcher. Ludwig s’amène sournoisement


avec le filet par derrière, le jette sur le chien et le capture. Crom-
well lâche le lustre et tombe sur le plancher. Il se relève en râ-
lant, le visage tout en sueur et bouillonnant de colère. Son valet
lui remet son chapeau haut-de-forme et sa canne qu’il reprend
avec vivacité, puis il explose et se met à injurier tout le monde :

CROMWELL
(à tous) Vous n’êtes qu’une bande de sauvages incultes!! Vous
n’êtes encore que de pauvres colonisés!! Votre Président n’est
qu’un petit surintendant de Sa Majesté la Reine d’Angleterre!!

Il devient paranoïaque et hurle :

CROMWELL
Vive Sa Majesté la Reine Victoria!!! Vive l’Impératrice des In-
des!!! VIVE L’EMPIRE BRITANNIQUE!!!

Pendant que le baron emporté et fou furieux hurle, Jules en pro-


fite pour quitter les lieux en se dirigeant tranquillement vers la
porte du saloon. Verne qui voit Newton pris dans le filet qui
glapi et se débat, ne veut pas l’abandonner ainsi et tarde à le
suivre. Jules voyant le danger le presse de quitter le saloon :

JULES
Verne, viens, sortons d’ici tout de suite. C’est trop dangereux. Il
devient complètement fou.

90
Verne n’arrivant pas à se résigner, s’entête et lui répond :

VERNE
Non je reste. Je n’abandonnerai pas mon chien.

Chagriné il ajoute :

VERNE
Cours plutôt chercher papa.

Jules qui voit maintenant Cromwell s’amener derrière Verne, lui


crie :

JULES
Verne!! Attention!! Juste derrière toi!!

Le baron Cromwell l’empoigne par le dos de sa veste et lui dit,


plein de satisfaction :

CROMWELL
Maintenant que je te tiens espèce de petit morveux… tu vas me
le payer.

Puis il le soulève et le traîne ainsi jusque dehors en lui disant :

CROMWELL
Je vais te montrer comment je corrige les effrontés de ton genre.

Verne tente tant bien que mal de se défaire de lui, se débat de


toutes ses forces et lui dit :

VERNE
Voulez-vous me lâcher. Lâchez-moi je vous dis. Lâchez-moi.

55. INT/EXT. SALOON – RUE

Jules qui marche à reculons parce qu’il ne veut pas perdre de


vue son frère cadet, manque la première marche de la galerie

91
et trébuche. Il se relève aussi vite, traverse la rue d’une façon
étourdie, regardant tantôt vers le saloon, tantôt droit devant lui,
panique au beau milieu de la rue et appelle désespérément ses
parents :

JULES
Maman!! Papa!! Cromwell tient Verne et veut lui faire du mal,
vite!!

Il continue et crie :

JULES
MAMAN!!! PAPA!!! AU SECOURS!!! À L’AIDE!!!

56. EXT. SALOON – ABREUVOIR CHEVAUX

Arrivé à l’abreuvoir des chevaux, Cromwell qui le tient toujours


s’arrête, et savourant avec beaucoup de méchanceté ce qu’il s’ap-
prête à lui faire subir, lui dit :

CROMWELL
À présent, je vais te refroidir les idées.

Verne crie à son tour :

VERNE
MAMAN!!! À L’AIDE!!! AU SECOURS!!!

Le baron lui plonge la tête dans l’eau, le sort quand il est presque
au point de se noyer, puis le replonge à nouveau. Il rit et prend
plaisir à le traiter ainsi devant tout le monde.

57. INT. BOUTIQUE DAMES

Clara qui se trouve dans la boutique de vêtements pour dame de


l’autre côté de la rue et qui est en train d’essayer une robe,
entend et reconnaît les voix de ses deux fils qui l’appellent in-
cessamment ainsi que tout le tumulte. Alarmée, puis tout à la fois

92
émue et tourmentée par ce qu’elle voit déjà à travers la vitrine,
s’exclame, dans tous ses états :

CLARA
Mon Dieu! Mais il va le noyer!

Elle part avec la magnifique robe de velours rouge foncé sur le


dos, et sort en coup de vent.

58. EXT. SALOON – ABREUVOIR CHEVAUX –


TROTTOIR

Au moment où le baron Cromwell s’apprête à lui replonger la


tête dans l’eau, quelques-uns murmurent entre eux qu’il dépasse
les bornes et que s’en est assez. C’est le cas du JUGE HODGE,
un manchot corpulent, qui décide de s’en mêler et lui ordonne :

JUGE HODGE
Ça suffit à présent! Lâche-le! M’as-tu compris Cromwell!

59. EXT. BOUTIQUE DAMES – TROTTOIR

Clara qui est maintenant dehors sur le trottoir, saisie la carabine


Winchester de Buffalo Bill qui passe au même moment, la pointe
sur Cromwell et lui ordonne d’un ton très expéditif :

CLARA
Lâchez mon fils tout de suite!!

60. EXT. SALOON – ABREUVOIR CHEVAUX –


TROTTOIR

Le baron n’obtempère pas et se fiche éperdument d’elle. Clara le


vise et tire un coup de feu sur son chapeau haut-de-forme qui
s’envole, virevolte, et tombe sur le sol. Il lâche Verne qui coure
aussitôt au-devant de sa mère. Le Juge Hodge s’avance vers
Cromwell en le dévisageant et ne se gêne pas pour lui dire :

93
JUGE HODGE
Alors Cromwell, on dirait bien que la race a eu raison de
l’audace. Cette lionne enragée ne s’est pas privée pour te le
démontrer. Je dirais même que cette bavure a failli te coûter la
tête, hein. Ça t’apprendra… tête de nœud.

Cromwell se passe la main sur le dessus de la tête et s’aperçoit


qu’il a une éraflure et un peu de sang sur le bout de ses doigts.
Réalisant qu’elle a failli le tuer, murmure :

CROMWELL
(se parlant) Par la couronne de Sa Majesté… cette espèce de
folle a failli me tuer!

61. EXT. BOUTIQUE DAMES – TROTTOIR

Jules et Verne arrivent près de leur mère et s’empressent de lui


dire, Jules le premier, Verne le second :

JULES
Maman! Maman! C’est lui, c’est le baron John-Lee Cromwell.

VERNE
Il est vraiment méchant, tu sais. Il se permet d’injurier tout le
monde, même le président des États-Unis. Il m’a insulté le pre-
mier et s’en est pris à moi parce que j’ai eu assez de cran pour le
reprendre devant tous ceux qui étaient dans le saloon.

Clara remet la carabine Winchester à Buffalo Bill, ébloui par sa


performance. Elle se penche ensuite pour étreindre maternel-
lement ses deux fils, et fort inquiète leur demande d’une voix
douce :

CLARA
J’espère que vous n’avez rien mes chéris?

Jules et Verne à présent rassurés lui répondent, Jules le premier,


Verne le second :

94
JULES
Non, ça va maman.

VERNE
Ça va moi aussi. C’est jusque je suis tout trempe [trempé].

Lorsqu’elle se relève, BUFFALO BILL à qui elle avait emprunté


la carabine Winchester lui dit, épaté et très content :

BUFFALO BILL
Toutes mes félicitations, Madame. Je me présente (il la salue en
soulevant son chapeau à large rebord), William Frederick Cody,
ou si vous préférez, Buffalo Bill. Je dirige une grande troupe de
théâtre. J’étais justement à la recherche d’une femme qui sait
tirer comme vous. Peu importe qui vous êtes ou d’où vous venez,
je vous engage tout de suite. Si vous êtes d’accord, bien entendu.

CLARA
Je vous remercie beaucoup monsieur Buffalo Bill. Je suis ins-
titutrice. Je suis marié et j’ai mes deux enfants à éduquer. Ça me
suffit. Je suis très bien comme ça. Par contre, j’étais heureuse
que vous passiez par là. Vous m’excuserez de vous avoir pris
votre carabine de cette façon. C’était urgent, je n’avais guère le
choix.

Tout en lui serrant la main elle ajoute :

CLARA
Encore merci, et j’ai été enchantée de faire votre connaissance.

Buffalo Bill lui dit :

BUFFALO BILL
Y’a pas de quoi, madame. Ça a été un réel plaisir. Et si toutefois
vous changiez d’avis… n’hésitez pas, venez me voir, je paie
bien.

Après reluquant Jules et Verne à ses côtés il lui demande :

95
BUFFALO BILL
(à Clara) Ce sont vos gosses?

Clara lui répond avec beaucoup de fierté :

CLARA
Oui.

Puis il lui remet quatre billets pour aller au cirque en leur disant
avec un large sourire :

BUFFALO BILL
(à Clara) Tenez, voilà quatre billets. Ça vous ravira j’en suis sûr.
(il part)

Doc sorti du magasin général et resté un peu en retrait, debout,


complètement abasourdi, s’avance et marche lentement vers elle,
n’en croyant pas encore ses yeux. Buffalo Bill parti de ce côté,
Clara aperçoit du même coup Doc et lui demande :

CLARA
Emmett, mais où étais-tu?

Doc reste muet, arrive près d’elle en tenant son chapeau devant
lui avec ses deux mains, s’arrête brusquement, la regarde, la fixe,
et au lieu de répondre à sa question lui dit plutôt, impressionné
par son prestigieux tir à la carabine :

DOC
Clara, j’ignorais que tu savais tirer de la carabine comme ça.

Clara lui dévoile :

CLARA
Eh bien... quand j’étais fille, j’allais passer mes vacances l’été
sur la ferme de mon oncle à Dark Peak, où je gardais les
moutons. J’ai donc dû apprendre à me servir d’une carabine dès
mon jeune âge. Des loups faisaient beaucoup de ravages dans la

96
région à ce moment-là. C’est lui qui me l’a appris.

Doc content et très fier d’elle lui dit :

DOC
En tout cas, à en juger par ce que je viens de voir, tu ne sembles
pas avoir perdu la main depuis tout ce temps. Tu pourras même
dire à l’avenir que tes leçons ne t’ont pas servi seulement à chas-
ser des loups…

S’arrêtant et se tournant vers Cromwell, il ajoute en élevant la


voix, pour que tout le monde puisse bien le comprendre :

DOC
(à Cromwell) ...mais aussi des chacals de cette espèce!

Revenant à Clara il lui demande, curieux de savoir :

DOC
(à Clara) Dis-moi… qui était le type à qui tu as emprunté la ca-
rabine et avec qui tu conversais tout à l’heure?

Jules et Verne n’en pouvant plus de garder la nouvelle répondent


avant que leur mère ait le temps de dire quoi que ce soit, Jules le
premier, Verne le second :

JULES
(à Doc) C’était le Grand Buffalo Bill en personne papa.

VERNE
(à Doc) Il nous a même donné des billets pour aller à son cirque.
Regardez! (montrant)

Entendant aboyer, ils aperçoivent Newton, libéré du filet à pois-


son par Fred Miller. Il coure aussitôt vers eux. Verne très content
de le revoir s’accroupit pour pouvoir le prendre dans ses bras et
lui dit :

97
VERNE
(à Newton) Mon chien! (câlins) Pendant un petit moment tu
sais… j’ai cru que je n’allais plus te revoir.

Pendant que Jules et Verne le flattent, Fred Miller qui regarde


dans leur direction les salue en leur envoyant la main. Doc qui
n’avait pas quitté des yeux Clara, baisse la tête, regarde ses deux
fils et veut en savoir davantage sur ce qui est arrivé à Newton :

DOC
(à Jules et Verne) Comment se fait-il qu’il n’était pas avec vous?
Que lui est-il arrivé?

Comme il a un pressentiment et du même coup la réponse, il se


tourne lentement en direction de Cromwell qu’il surprend en
train de lever sa canne sournoisement vers Newton, – une arme
dissimulée. Décelant vite le subterfuge, il sort rapidement sa
paire de Colt (calibre 45) qu’il vient tout juste d’acheter et qu’il a
déjà sur lui sous son long manteau et ne manque de le lui faire
savoir avec vigueur :

DOC
Remets ta canne à sa place, Cromwell.

62. EXT. SALOON – RUE

Ses deux Colts en main, il s’avance fièrement vers lui. Cromwell


découvert, remet tranquillement sa canne à sa place. Arrivé en
face de ce dernier, il s’arrête à environ dix pieds (trois mètres) et
lui dit, tout en le regardant droit dans les yeux :

DOC
(à Cromwell) Espèce de lâche… combien de gens as-tu tué avec
ton petit subterfuge, hein? Je doute que tu nous le dises, je me
trompe? Eh bien je ne te laisserai pas réserver le même sort à
mon beau-père Wilmor Clayton dans ce duel que tu as habile-
ment truqué.

98
Cromwell descendant du trottoir lui répond, très fallacieuse-
ment :

CROMWELL
Je ne sais pas de quoi tu parles. S’il le veut, il peut toujours se
désister. Je lui ai donné assez de temps pour cela il me semble.

Ne lui laissant aucune chance il se fait plus virulent à son en-


droit et réplique :

DOC
Hypocrite! Là encore tu savais qu’il était un homme d’honneur et
qu’il ne se désisterait pas. Mais si je suis venu à Virginia City,
Cromwell, c’est justement pour régler cette affaire une fois pour
toutes. Crois-moi que cette fois, tu en sortiras confondu plus que
tout autre ne l’a été jusqu’ici avant toi.

Après avoir remis ses pistolets dans leurs étuis respectifs il


sourit, se tourne pour regarder Clara et ses deux fils, et poursuit
en conviant Cromwell à un autre duel auquel ce dernier ne s’at-
tend pas du tout. Il se présente, mets les choses en lumière et lui
lance un défi :

DOC
D’abord je me présente, docteur Emmett Brown. Je m’intéresse
beaucoup à la science. Disons que j’excelle dans l’art de tuer le
temps. Celle qui a failli t’arracher le dessus du crâne tout à l’heu-
re avec une balle c’est Clara Clayton, ma femme.

Fred Miller l’interrompant crie :

FRED
Dommage qu’elle n’ait pas visée un peu plus bas.

Doc poursuit :

DOC
(à Cromwell) Elle est la fille unique de Wilmor Clayton. Par con-

99
séquent, après son père, c’est la seule descendante de Charles-
Philippe Clayton, duc d’Édimbourg.

S’arrêtant, il jette un regard sur la foule tout autour et leur dit :

DOC
(à tous) Tout à l’heure, au magasin général, quelqu’un parlait du
juge Hodge et a dit qu’il était au saloon d’en face. (il s’arrête
quelques instants)

Il continue en leur demandant :

DOC
(à tous) Est-il ici? Car j’aimerais qu’il soit témoin de ce que je
vais déclarer.

Le juge Hodge lui répond en s’avançant :

JUGE HODGE
(à Doc) Je suis ici. Vas-y, on t’écoute.

Doc s’adresse à Cromwell haut et fort, le juge se tenant à ses


côtés :

DOC
Je te mets au défi Cromwell. Je te dis devant le juge Hodge et
tous ceux ici présents qu’avant ce duel, j’apporterai l’original
d’un document portant le sceau du duché d’Édimbourg qui
prouve hors de tout doute que Wilmor Clayton ainsi que sa fille
unique, Clara, sont les seuls véritables héritiers du château avec
tous les titres s’y rattachant. Robert Cromwell, comte d’Oxford,
n’est qu’un voleur de premier ordre qui a profité de la région
alors dévastée par le passage des Vikings au début du onzième
siècle pour s’en approprier en y substituant un faux document.
Amély Clayton, fille unique du duc d’Édimbourg Charles-Philip-
pe Clayton, échappa miraculeusement à ce carnage et épousa par
la suite un cousin germain du nom de Tristan Clayton, une lettre
en fait foi. Ceci étant dit, je reviendrai avec cette preuve incon-

100
testable. Ainsi, les masques du mensonge et de l’hypocrisie tom-
beront à jamais.

Cromwell qui jusqu’ici s’était tu s’écrie, n’en pouvant plus de


l’entendre :

CROMWELL
C’est impossible!

Nullement impressionné Doc rétorque :

DOC
Je regrette, c’est possible. Après cela Cromwell, tu reprendras le
train pour New York, d’où tu quitteras les États-Unis d’Amé-
rique par le prochain bateau à destination de l’Angleterre pour ne
plus jamais y revenir. Est-ce assez clair!

Obstiné et toujours aussi plein d’arrogance il répond :

CROMWELL
Et si je refuse.

Doc, connu pour sa verve et ses réparties, termine l’échange et


lui cloue le bec par ce proverbe latin :

DOC
Bis dat, qui cito dat.

Puis d’un large sourire et reluquant le juge Hodge il complète


d’un air moqueur :

DOC
Cela signifie : Que celui qui oblige promptement, oblige double-
ment. En plus clair : Un homme averti en vaut deux.

Le barman en profite pour se vider le cœur et ajoute, content :

101
FRED
(à Cromwell) Ça va être ta fête. Ce n’est pas ce que tu voulais,
hein! Tout le monde ici en a plein le dos de ton cynisme et de tes
insultes.

Cromwell reste muet, la bouche bien serrée et les lèvres inclinées


vers le bas et marche tranquillement en direction de sa calèche se
trouvant à environ 200 pieds (60 mètres) de lui. Tour à tour les
OBSERVATEURS 1 – 2 – 3 parmi la foule qui le voit faire cette
tête murmurent :

OBSERVATEUR 1
C’est bien la première fois que je le vois ainsi…

OBSERVATEUR 2
Habituellement, il réplique toujours par des insultes.

OBSERVATEUR 3
Oh, mais attendez encore, il va sûrement craquer.

N.B. — Verne qui s’est approché durant le vif échange verbal, se


tient maintenant un peu en retrait dans les premiers rangs de la
foule.

Verne ayant entendu ce qui vient de se murmurer, se met fin prêt à


lancer Newton sur Cromwell. Accroupi et l’observant se diriger
vers sa voiture il chuchote à son chien :

VERNE
Tiens-toi prêt Newton, et attends mon signal. Si le baron se met à
nous couvrir d’insultes tu te lanceras à sa poursuite. Tu devras
cependant courir très vite, parce que lui ne négligera pas les
coups de fouets sur son cheval afin de nous échapper, tu com-
prends? (Newton : grrr...)

Ludwig qui l’aperçoit se faufile à travers la foule et se place


derrière Verne. Il sort un petit pistolet un coup de sa poche de
manteau. En entendant le déclic de l’arme et les grognements de

102
Newton, Verne se retourne, l’aperçoit à son tour et reste figé de
stupeur. LUDWIG lui dit avec beaucoup de méchanceté, savou-
rant déjà sa victoire :

LUDWIG
Sauf que cette fois… je crois que ça va être un faux départ.

Jack Rabbit intervient, lui plante son pistolet dans les côtes et lui
dit d’un ton sec :

JACK RABBIT
(à Ludwig) Hé, le valet de trèfle, remets doucement le chien de
ton petit pistolero à sa place et jette-le par terre… tout de suite!
Sinon tu auras une côte ou deux en moins... et un gros trou dans
le foie.

Ludwig obéit et laisse tomber son arme. Tout en gardant le valet


en joue Jack Rabbit regarde Verne furtivement, lui fait un clin
d’œil et lui dit :

JACK RABBIT
(à Verne) Ramasse son arme petit et donne-la-moi. Et fais ce que
tu as à faire.

Verne la ramasse et la lui donne. Après s’adressant encore à Lud-


wig il lui dit, aigri et menaçant :

JACK RABBIT
(à Ludwig) Maintenant, espèce de lèche-cul, je te conseille de
rester tranquille et de ne pas tenter de jouer au plus malin avec
moi. (il lui enfonce son pistolet dans le côté)

Verne le remercie et lui fait des excuses pour ce qu’il lui a dit
juste auparavant dans le saloon :

VERNE
Merci Jack. Je regrette pour tout à l’heure. J’ignorais que vous
étiez orphelin.

103
Jack Rabbit lui répond, tirant un trait et oubliant tout :

JACK RABBIT
Ce n’est pas grave. À vrai dire je suis content d’avoir fait ta
connaissance. J’aime les petits gars qui ont du cran comme toi.
Mais s’il y en a un ici qui nous doit des excuses…

Pointant sa tête vers Cromwell il poursuit :

JACK RABBIT
…c’est bien ce sale type qui s’en va là-bas. Et puis… (reluquant
Newton) je crois que ton copain aimerait bien lui remettre le
coup du filet. (à Newton) Qu’en penses-tu vieux? (Newton :
grrr...)

Décidé plus que jamais à le lui faire payer Verne lui répond :

VERNE
Ouais, tu as raison. Il nous doit des excuses.

Il sort de la foule et s’avance vers Cromwell pour leur dire avec


beaucoup de détermination :

VERNE
(à tous) Jack Rabbit a raison… le baron nous doit des excuses
pour toutes les insultes qu’il nous a faites dans le saloon tout à
l’heure.

Le barman crie :

FRED
(à Verne) Je suis avec toi à 100 % petit!

Le juge Hodge à son tour, nullement gêné, se tourne vers Crom-


well, et tout en le regardant tient à lui faire valoir :

JUGE HODGE
Eh bien Cromwell… qu’as-tu à répondre, hein?

104
Grand silence — Cromwell se tourne ensuite vers la foule et
avec beaucoup de vigueur leur crie :

CROMWELL
(à tous) Jamais m’entendez-vous!! Jamais!!

Verne lui réplique :

VERNE
Ah ouais, c’est ce qu’on va voir.

En l’entendant, Jules resté avec ses parents leur dit :

JULES
(à Doc et Clara) Là, il ne faut pas que vous manquiez ça. Je crois
même que ce coup-ci on va tous rigoler encore plus que la der-
nière fois.

Verne lance Newton sur Cromwell :

VERNE
Vas-y Newton! fonce sur lui et ne le lâche pas!

63. EXT. SALOON – RUE – DILIGENCE COURRIER

Applaudissements, cris de joies, sifflements et coups de feu tirés


en l’air. Cromwell grimpe sur le toit de la diligence du courrier
sous les aboiements et les assauts répétés de Newton et les en-
couragements de la foule. Il demande à avoir la parole. On le lui
accorde et il s’ensuit un grand silence. Puis il leur dit :

64. EXT. TOIT DILIGENCE

CROMWELL
(à tous) Eh bien, je crois que finalement c’est encore moi qui a le
gros bout du bâton.

105
Il les insulte, se rit d’eux, et se fait plus cynique qu’il ne l’a été
jusqu’ici :

CROMWELL
Bandes d’ignobles attardés! (gros rires jugulaires) MWAHA-
HAHA! Vous ne savez pas encore qu’il faut que le courrier soit
livré à l’heure! Et tant que le gamin ne rappellera pas son
chien… la diligence ne bougera pas. Pauvres imbéciles! (gros
rires jugulaires) MWAHAHAHA! MWAHAHAHA!

65. EXT. SALOON – RUE

WILL Bennett, le conducteur de la diligence, sort de la foule et


dit :

WILL
(à Verne) Ne rappelle pas ton chien petit!

Puis s’adressant au baron il poursuit :

WILL
(à Cromwell) Tu as entièrement raison Cromwell… la diligence
ne bougera pas d’ici. Et pour ce qui est du courrier, je vais tout
simplement le décharger et le livrer avec une autre voiture. Ce
n’est pas plus grave que ça. Tu resteras là tant et aussi longtemps
que tu ne nous auras pas fait tes excuses.

Cris de joie et coups de feu tirés en l’air fusent de toutes parts.


Deux cow-boys parmi la foule y vont de leurs bons mots à
l’endroit du conducteur de la diligence et lancent, le COW-BOY
1 le premier, le COW-BOY 2 le second :

COW-BOY 1
Voilà qui est bien dit!

COW-BOY 2
On est tous avec toi Will!

106
Le barman invite ceux tout autour à lui aider et leur dit :

FRED
Venez-vous autres! Aidons-lui à dételer les chevaux et décharger
le courrier.

Devant une telle solidarité le juge Hodge veut faire sa part et lui
dit avec empressement :

JUGE HODGE
(à Will) Tiens Will, prends ma voiture. C’est une des meilleures
que l’on puisse trouver en ville.

Grand silence — Doc prend la parole et s’adresse à Cromwell


qui, par ce revirement de situation, a maintenant le visage crispé
et les dents serrées. Le maréchal-ferrant, prenant plaisir à le voir
ainsi, lui fait valoir :

DOC
Comme tu peux voir Cromwell… il n’y a pas beaucoup de place
pour les rapaces dans cette ville. Alors fait tes excuses. Sinon, tu
peux être sûr que tu vas y rester. Crois-moi que tout le monde se
fera un plaisir de venir donner à manger à mon chien afin qu’il
ne te lâche pas!

66. EXT. TOIT DILIGENCE

Cromwell marche de long en large sur le toit de la diligence en


marmonnant seul. Puis il s’arrête, tergiverse un peu, et se décide
finalement à faire des excuses. Il les dit d’une manière précipitée
et peu distincte :

CROMWELL
Hum… je m’excuse.

67. EXT. SALOON – RUE

Verne lui crie :

107
VERNE
Plus fort que ça!

68. EXT. TOIT DILIGENCE

Mis au pied du mur, exaspéré, il lui crache :

CROMWELL
Je m’excuse!

69. EXT. SALOON – RUE

Verne réplique :

VERNE
Je trouve ça insuffisant et incomplet. Vous allez devoir répéter
après moi haut et fort afin de bien réparer les torts causés à toute
la population.

70. EXT. TOIT DILIGENCE

Le baron récalcitrant lui répond :

CROMWELL
Je les ai faites. Je n’ai donc pas à les refaire. Voilà! (se croisant
les bras)

71. EXT. SALOON – RUE

Verne lui dit à son tour :

VERNE
Bon, OK, si c’est comme ça… vous allez devoir rester là. Voilà!
(se croisant les bras)

Le barman lui signifie, les quatre doigts repliés dans la paume de


la main et le pouce en l’air, qu’il a bien fait de tenir son bout.

108
72. EXT. TOIT DILIGENCE

Cromwell les dents serrées marmonne :

CROMWELL
Espèce de petit vermisseau. Tu mériterais que je te fasse cuire
sur une grille.

Finalement il obtempère et accepte :

CROMWELL
Bon ça va. Je vais faire ce que tu me dis.

73. EXT. SALOON – RUE

Grand silence — Verne prend la parole et lui dicte :

VERNE
Répétez maintenant après moi. (lentement) Je tiens à m’excuser
auprès de vous tous…

74. EXT. TOIT DILIGENCE

Le baron répète après lui :

CROMWELL
Je tiens à m’excuser auprès de vous tous…

75. EXT. SALOON – RUE

Verne enchaîne et continue :

VERNE
…pour toutes les insultes que j’ai proférées à votre endroit de-
puis mon arrivée dans votre ville.

109
76. EXT. TOIT DILIGENCE

Le baron reprend et répète :

CROMWELL
…pour toutes les insultes que j’ai proférées à votre endroit de-
puis mon arrivée dans votre ville.

La condition remplie, Cromwell lui dit :

CROMWELL
Rappelle ton chien maintenant.

77. EXT. SALOON – RUE

VERNE
(à Newton) Reviens Newton. Laisse-le à présent.

Le baron redescend tout en étant aux aguets. Lorsqu’il met le


pied sur le sol Jack Rabbit crie :

JACK RABBIT
(à Verne) Tu as oublié le président des États-Unis d’Amérique!

Grand silence — Verne reluque Jack, lui fait un clin d’œil, Jack
de même, prend un peu de temps pour regarder les gens tout
autour : Fred Miller, le juge Hodge, Will Bennett, son père, sa
mère et son frère Jules. Puis il fixe Cromwell et lui crie :

VERNE
(à tous) C’est vrai! Il a oublié le président des États-Unis d’Amé-
rique!

Puis il lance une seconde fois Newton sur Cromwell :

VERNE
Vas-y Newton! Fais-nous remonter ce loyaliste sur sa cage!

110
Euphorie générale. La foule lui manifeste instantanément son
appui par des cris de joie, des sifflements, et des coups de feu
tirés en l’air.

78. EXT. TOIT DILIGENCE

Cromwell remonte sur le toit de la diligence plus vite que la pre-


mière fois et leur dit, humilié :

CROMWELL
Vous n’avez pas le droit de me faire cela. Vous n’êtes pas loyal
avec moi. J’irai devant les plus hautes instances.

79. EXT. SALOON – RUE

Le juge lui rappelle :

JUGE HODGE
Je te signale Cromwell que devant un grand nombre de témoins,
tu as dit du président des États-Unis d’Amérique qu’il n’était
qu’un petit surintendant de la reine. Pourtant il y a un sacré bout
de temps que nous sommes indépendants d’elle… “Ta Majesté”.

80. EXT. TOIT DILIGENCE

Cromwell se lève la tête en l’air et se croise les bras.

81. EXT. SALOON – RUE

Le juge Hodge ajoute :

JUGE HODGE
Sais-tu au moins ce qu’il pourrait t’en coûter d’avoir dit une
chose comme celle-là dans certains pays, Cromwell? Alors fait
tes excuses à celui qui représente ce pays et nous te laisserons
partir.

111
82. EXT. TOIT DILIGENCE

Cromwell marmonne et tergiverse, puis accepte et leur récite :

CROMWELL
(à tous) Je m’excuse pour les propos que j’ai tenu tout à l’heure à
l’endroit du président des États-Unis d’Amérique.

83. EXT. SALOON – RUE

Verne rappelle Newton :

VERNE
Ça va, tu peux revenir Newton.

Grand silence — Tous observent le baron descendre de la dili-


gence et franchir les dernières verges (mètres) vers sa calèche
sans regarder personne ni prononcer le moindre mot. Verne, le
voyant dans cet état, se penche vers son chien pour lui rappeler :

VERNE
Tu n’as pas oublié ce que je t’ai dit tout à l’heure, hein Newton?

Newton hoche la tête, grogne (grrr...), et branle la queue en signe


de compréhension. Puis il poursuit en lui disant :

VERNE
Parce que je parierais toutes les économies de ma tirelire que ce
type-là ne partira pas d’ici sans nous avoir insultés. Alors tiens-
toi prêt et attends mon signal.

84. EXT. VOITURE CROMWELL

Cromwell monte et prend place dans sa voiture et commence à


avancer tranquillement. Après 300 pieds (100 mètres) le séparant
de la foule qui le guette, il s’immobilise, se lève carrément de-
bout, se retourne et se met à les injurier :

112
CROMWELL
(à Doc) Pauvre fou! Tu n’es qu’un paumé et un incapable
comme ton beau-père! (gros rires jugulaires) MWAHAHAHA!
MWAHAHAHA!

(à tous) Vous n’êtes tous que de pauvres habitants arriérés! (gros


rires jugulaires) MWAHAHAHA! MWAHAHAHA!

85. EXT. SALOON – RUE

Pendant qu’il rit encore, Verne lance de toutes ses forces :

VERNE
Vas-y Newton!! Poursuis-le, et fais-lui en voir de toutes les cou-
leurs!!

Euphorie générale. La foule lui manifeste instantanément son


appui par des cris de joie, des sifflements, et des coups de feu ti-
rés en l’air.

86. EXT. VOITURE CROMWELL

Cromwell se rabat sur son siège en catastrophe, fouette son che-


val et lui crie :

CROMWELL
Allez hue! (coups de fouet) Hue! (coups de fouet) Plus vite!
(coups de fouet) Ya! (coups de fouet)

Newton le rejoint et saute dans la voiture. Cromwell s’élance sur


le dos de son cheval sous les rires et les applaudissements de la
foule qui voit le chien “vainqueur” assis sur le siège du con-
ducteur tête haute et langue sortie, regardant Cromwell débusqué
et se tenant tant bien que mal sur le dos de l’animal qui file à
toute bride.

113
87. EXT. SALOON – RUE

La poursuite terminée, les uns retournent au saloon ; les autres


à leurs occupations. Doc, au milieu de la rue, se retourne vers
Clara restée statufiée à quelques pieds (mètres) derrière lui, et
devinant ce qui l’afflige (son défi à Cromwell), lui dit :

DOC
Clara je n’ai pas le choix, c’est la seule solution. Sinon ton père
mourra. Si je fais cela… c’est parce que je t’aime et que je ne
supporterais pas de te voir malheureuse. Je m’en voudrais de
n’avoir rien fait, tu comprends.

Clara sort de la poche de la robe de velours qu’elle porte un


mouchoir brodé pour essuyer les larmes qui coulent sur son
visage et lui répond :

CLARA
Te rends-tu compte Emmett que s’il fallait que tu y restes et
qu’en plus de perdre mon père je te perdrais toi, je serais dou-
blement malheureuse et cela pour le reste de ma vie. Pense aussi
à tes fils.

DOC
Je comprends. Mais tout ira bien, tu verras.

Leurs fils qui les écoutent, se portent volontaires et leurs disent,


Jules le premier, Verne le second :

JULES
Moi ça ne me fait pas peur. Je suis prêt à y aller avec vous.

VERNE
Moi aussi. J’en ferai un roman que j’intitulerai, Voyage au fond
du Moyen Âge ou Perdus dans l’Espace et le Temps par Verne
Brown.

114
DOC
Désolez les garçons, mais ce sera pour une autre fois.

Ils lui font valoir, Verne le premier, Jules le second :

VERNE
Ça fait deux fois aujourd’hui que vous nous refusez.

JULES
Vous n’êtes tout de même pas pour aller là seul.

CLARA
(à Doc) En effet, il n’a pas tort.

Doc les regarde et leur explique, tout en marchant :

DOC
D’abord, étant donné qu’il est déjà 4 h 37 de l’après-midi et
que le train est déjà reparti, nous passerons la nuit ici à l’hôtel
comme prévu. Demain matin après le petit déjeuner, nous re-
partirons tous ensemble et vous me déposerez à la gare, d’où je
prendrai à nouveau le train pour Hill Valley. Rendu à la maison,
je m’occuperai de remettre en marche la locomotive pour re-
tourner en l985. Je me rendrai aussitôt à la bibliothèque chercher
quelques infos sur les Clayton, l’Écosse, et ce fameux château
d’Édimbourg. Après cela, je ferai les modifications qui s’impose
sur la machine à voyager dans le temps. Toutefois, comme je
porte des vêtements du Far West, je m’y présenterai le 31 octo-
bre Jour de l’Halloween, où tout le monde sera déguisé. Pour
cela, j’utiliserai une ligne de chemin de fer qui à cette époque ne
sert plus et mène à l’ancienne minoterie abandonnée des frères
Parisch pour atterrir le plus discrètement possible et mettre le
véhicule à l’abri de tout soupçon. Ensuite j’entrerai en contact
avec Marty et l’inviterai à venir avec moi au Moyen Âge en
Écosse. C’est aussi simple que ça.

Clara objecte :

115
CLARA
Qu’est-ce qui te fait croire qu’il acceptera ton invitation?

DOC
Eh bien… parce que c’est mon meilleur ami. Il sera peut-être un
peu surpris de me revoir, mais il acceptera j’en suis sûr. Les
cours sont annulés quand la fête de l’Halloween tombe un jour
de classe. Le bal a lieu dans le gymnase du lycée. Nous retrouver
à nouveau réunis ensemble va nous rappeler de bons souvenirs.

CLARA
Et nous, qu’allons-nous faire durant tout ce temps? Où et à quel
moment nous reverrons-nous?

Doc convient avec elle de la date et de l’heure précise où ils se


retrouveront :

DOC
Voilà, après m’avoir déposé à la gare, tu iras chez tes parents
avec Jules et Verne. Sans oublier bien entendu Newton. Vous y
resterez jusqu’à mon retour. Hum, voyons… nous sommes jeudi
le l7 octobre 1895. Cela veut dire que nous nous reverrons ici
même en face de ce saloon le vendredi 25 octobre l895 à 2 h de
l’après-midi. Sois à peine une heure avant l’heure fatidique de ce
duel. Tu t’arrangeras pour que ton père, Cromwell, ainsi que le
juge Hodge soient tous là. Maintenant que tout est bien convenu
et que toutes les aiguilles qui marquent le temps ont déjà com-
mencé à avancer, rentrons à notre hôtel. Profitons des quelques
heures qu’ils restent pour prendre un copieux repas et une bonne
nuit de sommeil. Nous en avons tous de besoin.

88. EXT. HOTEL – SEUIL D’ENTRÉE

Ces dernières recommandations faites, et au moment où toute la


famille est sur le point d’entrer à leur hôtel, la propriétaire de la
boutique pour dames, FERGIE Ross arrive en courant et crie à
Clara :

116
FERGIE
Hé vous là madame! Vous ne pouvez pas partir comme ça avec
cette robe, voyons! Enfin, la prenez-vous? Sinon, faudrait me la
remettre.

Réalisant la chose, fort mal à l’aise, Clara s’exclame :

CLARA
Mon Dieu! Qu’est-ce que je fais là… c’est bien trop vrai. Mille
excuses madame Ross. J’ai été tellement prise par ce qui était en
train d’arriver à mes fils que j’ai complètement oublié que j’étais
sortie dehors avec une de vos robes sur le dos. Comme vous
avez pu le constater par vous-même, j’ai dû agir d’une façon
impromptue. Encore une fois mille excuses madame Ross. Je
vais vous la rendre de ce pas.

La robe de velours d’un rouge écarlate est presque identique à


celle de Scarlett O’Hara dans le film, Autant en emporte le vent
(Gone with the wind). Doc s’interpose pour lui dire d’une voix
remplie d’émotion, juste avant qu’elle ne parte :

DOC
Clara… les circonstances jusqu’ici ne m’ont peut-être pas donné
l’occasion de te le dire, mais tu es vraiment magnifique dans
cette robe à la « Scarlett O’Hara ». Je te l’offre.

Un peu troublée, elle lui dit :

CLARA
Mais Emmett... cette robe doit valoir dans les 60 dollars ou plus.

Fergie lui précise :

FERGIE
Elle vaut 75 dollars avec le chapeau et l’ombrelle. Mais pour
une dame qui a eu assez de cran pour tirer à bout portant sur
quelqu’un d’aussi exécrable que ce Cromwell, je vous la laisse à
60 dollars tout compris. Est-ce que ça vous va comme ça?

117
Doc qui ne veut pas manquer une telle offre accepte et lui dit :

DOC
(à Fergie) Ça me convient. Seulement... pouvez-vous me la
mettre de côté moyennant un acompte de 20 dollars? Je revien-
drai dans exactement huit jours et vous donnerai la différence.
(reluquant Clara) Je bénéficierai d’une bonne prime à mon
retour. (en parlant de la rançon pour la capture de Buford Tan-
nen et sa bande).

FERGIE
Il n’y a aucun problème cher monsieur. Marché conclut.

Doc lui remet alors 20 dollars tout en lui disant :

DOC
Tenez, voilà les 20 dollars.

Fergie de lui dire tout en s’en allant :

FERGIE
Merci. Je donnerai le reçu à votre dame.

Clara embrasse tendrement Doc et lui dit :

CLARA
Merci Emmett.

Doc qui a toujours le bon mot, termine en justifiant la chose par


cette courte phrase :

DOC
Disons que “Noblesse de cœur exige”.

CLARA
(à tous) Bon, il faut que j’y aille maintenant... ce ne sera pas
long.

118
Doc de lui dire au moment où elle part en direction de la bou-
tique pour dames :

DOC
Prends tout le temps qu’il te faut, nous t’attendons ici.

89. EXT. HOTEL – VOITURE BROWN – MATIN

Doc met les bagages dans la voiture. Clara tout en y prenant


place remarque une petite fille assise sur le bord du large trottoir
qui gratte le sol terreux de la grande rue avec un bâton et les
observe, baissant et relevant les yeux, selon que Clara la regarde
ou pas.

90. EXT. SALOON – MULE JACK RABBIT

Jack Rabbit de l’autre côté de la rue est en train de charger sa


mule et se prépare à repartir pour le Yukon. Apercevant Jules et
Verne qui passe juste derrière lui il leur fait signe et les appelle à
voix basse :

JACK RABBIT
Hé! Venez ici vous deux. J’ai quelque chose pour vous.

Jules et Verne se regardent mutuellement quelques instants en


haussant les épaules. Ils avancent tranquillement vers le vieux
trappeur. Il sort de la poche intérieure de sa veste un étui en
daim, duquel il fait tomber dans la paume de sa main une
magnifique pièce d’or. Il les regarde en souriant, et tout en
l’exhibant il leur dit de sa voix rauque qui, remplie d’émotions, a
un léger trémolo :

JACK RABBIT
Vous savez maintenant que je suis orphelin et que je n’ai jamais
connu ni mon père ni ma mère. Aussi, je ne voudrais pas qu’une
chose comme celle-là vous arrive... même pour tout l’or du
monde. En gage d’amitié, je vous donne ma première pièce d’or
que j’ai toujours gardé précieusement sur moi ; c’est en quelque

119
sorte mon porte-bonheur.

La glissant dans l’étui il la remet à Verne et ajoute :

JACK RABBIT
Je ne vous interdis pas de l’échanger contre quelque chose que
vous aimeriez vous payer un jour. Je sais ce que c’est que d’être
jeune. Au contraire! Offrez-vous cette chose en souvenir de votre
vieil ami Jack Rabbit. Qui sait, peut-être même qu’elle contri-
buera à vous sortir d’un mauvais pas.

Jules s’y oppose et lui dit :

JULES
C’est beaucoup trop voyons! On ne peut accepter une chose
comme celle-là. Elle représente ce que vous avez de plus pré-
cieux Jack. Ça vous appartient.

Rien à faire. Il y tient mordicus et leur réitère :

JACK RABBIT
Voulez-vous me faire plaisir, alors acceptez cette pièce d’or et
gardez-la. Ma vie s’achèvera bien avant vous, et je ne l’emmè-
nerai pas au paradis.

Face à une telle insistance, ils se plient à ce qui semble être son
plus grand désir et lui disent, Verne le premier, Jules le second :

VERNE
Merci Jack.

JULES
On ne t’oubliera pas Jack.

Puis ils le regardent s’en aller avec sa mule.

120
91. EXT. HOTEL – VOITURE BROWN

Doc qui venait de placer les derniers bagages dans la voiture leur
crie :

DOC
Jules! Verne! C’est l’heure. Il faut y aller à présent.

Jules et Verne viennent vers leur voiture et se retournent par


intermittence pour regarder le vieux chercheur d’or qui s’en va,
montent et prennent place sur le siège arrière. Clara, déjà assise à
l’avant, leur demande :

CLARA
(à Jules et Verne) Qui était ce vieux monsieur avec qui vous
parliez?

JULES
Lui, c’est Jack Rabbit, un vieux chercheur d’or que l’on a connu
hier au saloon.

Clara revoyant du même coup la petite fille qui les observe sans
prononcer le moindre mot, murmure à Doc s’apprêtant à monter
dans la voiture pour prendre place à ses côtés :

CLARA
(à Doc) As-tu vu cette petite fille assise là-bas? (la montrant de
sa tête) Elle n’a pas cessé de nous observer depuis que nous nous
préparons à partir. Elle m’intrigue je l’avoue. C’est comme si
elle avait quelque chose à nous dire. Tu ne trouves pas, Emmett?

Ils se tournent pour la voir. Jules leur murmure :

JULES
(à tous) Elle est peut-être sourde et muette.

Verne d’ajouter :

121
VERNE
En tout cas elle a l’air gentille.

Doc veut en avoir le cœur net et leur dit :

DOC
(à tous) Bon eh bien, ça m’intrigue moi aussi. Je vais aller l’in-
terroger.

92. EXT. HOTEL – RUE – TROTTOIR

Il s’avance en marchant lentement vers la petite fille, – Clara,


Jules et Verne le regardant. Arrivé en face d’elle il la salue d’un
large sourire :

DOC
(à la petite fille) Bonjour.

La petite fille, ESTRELLA, assise sur le bord du trottoir se lève


debout et le salue avec candeur :

ESTRELLA
Bonjour.

Avec douceur il lui demande :

DOC
Quel est ton prénom petite?

ESTRELLA
Estrella.

Doc de lui dire, toujours avec la même voix douce :

DOC
Oh, c’est un très joli prénom.

122
ESTRELLA
Merci monsieur.

Un peu mal à l’aise il poursuit :

DOC
Hum, voilà… (se retournant et regardant sa famille) …moi et
ma famille on se demandait si tu n’avais pas quelque chose à
nous dire, ou si tout allait bien pour toi?

ESTRELLA
Tout va très bien pour moi monsieur. C’est juste que j’ai quelque
chose de très important à vous dire.

Surpris et reluquant furtivement sa famille il lui demande, très


curieux de savoir :

DOC
Ah oui, c’est quoi petite?

ESTRELLA
J’étais dans la foule hier. Je vous ai entendu. Je sais où se trouve
le précieux document que vous cherchez. Je l’ai vu cette nuit
dans mon rêve.

DOC
Où ça? Peux-tu me le dire, me l’épeler ou me l’écrire? Te
souviens-tu suffisamment de cela?

ESTRELLA
Bien sûr. Il est sous une pierre marquée d’une croix et d’un
poisson dans ce qui semblait être un grand château complètement
détruit. Dans le ciel bleu du firmament il y était écrit…

Prenant son bâton elle trace sur le sol, HILL BROOK 2135

Puis elle poursuit :

123
ESTRELLA
Seulement, tout étranger suspect est brûlé dans la cage de fer, et
il y a un être plein de méchanceté qui y sème la terreur, enlevant
femmes et enfants. Sur de gros nuages qui apparurent, il y était
écrit son nom en lettre de feu…

Prenant à nouveau son bâton elle trace sur le sol, BAFF LE


TERRIBLE Après, se levant brusquement, elle part en pleurant
et en clamant très fort :

ESTRELLA
Vous devrez faire très attention! (pleurant) Il voudra vous faire
du mal! (clamant plus fort) Il est très méchant!! Très méchant!!
Très méchant!!

93. EXT. HOTEL – VOITURE BROWN

Surpris par la révélation il revient en marchant lentement vers la


voiture où Clara, Jules et Verne sont maintenant debout, muets
de consternation eux aussi, et dit par trois fois tout en se tournant
sur lui-même et en avançant de quelques pas à chaque fois :

DOC
Nom… de… Zeus! Nom… de… Zeus! Nom… de… Zeus!

L’entendant et le voyant venir ainsi, ses fils disent, Jules le pre-


mier, Verne le second :

JULES
En tout cas, à le voir, ce n’est pas rien ce qu’elle vient de lui ré-
véler.

VERNE
Ouais, tu l’as dit. Pour qu’il le dise trois fois. Ce n’est pas banal,
c’est sûr.

Arrivé près de la voiture Clara lui demande :

124
CLARA
Voyons Emmett, qu’est-ce qu’il y a? Qu’est-ce qu’elle t’a dit de
si renversant?

Doc s’exclame :

DOC
Renversant! C’est une véritable révélation Clara. J’avais dit à
propos de la prophétie de Jovianus « qu’il valait mieux chercher
une aiguille dans une botte de foin » du fait qu’il n’y donnait
aucune indication précise quant au lieu et à la date. Tout est clair
comme de l’eau de roche à présent. Le Nouveau Monde c’est
nous. La terre rouge, c’est celle de la Californie. La colline du
ruisseau cristal, Hill Brook, bien sûr. Voilà le mot clé. Incroya-
ble! Comment pareil document a-t-il pu être transporté jusqu’ici
dans ce futur lointain en 2135, à l’endroit même où était jadis
Hill Valley et Hilldale, devenu Hill Brook. Je ne suis jamais allé
au-delà de 2015, voilà pourquoi. Avec la possibilité d’une
inversion du champ magnétique terrestre ou d’une guerre atomi-
que, le pire est à craindre, c’est vrai. Seulement là, l’Écosse…
sacré chambardement, mais sacré bon raccourci. Je devrai quand
même modifier le véhicule spatio-temporel. Plus de routes car-
rossables, et encore moins de rails, c’est plus que certain. Ce-
pendant, il ne fait plus aucun doute dans mon esprit d’homme de
science sur l’élément rationnel qu’il me manquait et la trajectoire
à prendre maintenant. Cela me suffit. Je n’ai pas une minute à
perdre. (les regardant tous) Tout droit à la gare!

Clara revient à la charge et lui dit en dernier recours :

CLARA
Tu es sûr de ce que tu dis Emmett? Parce que le danger semble
tout aussi grand que celui d’aller en Écosse au Moyen Âge en
l’an 1015 si on en juge par ce qu’elle clamait à la fin en pleurant,
non?

Ses deux fils de renchérir chacun leur tour, Verne le premier,


Jules le second :

125
VERNE
(à Doc) Surtout qu’elle a répété que cet espèce d’ogre était :
« Très méchant! Très méchant! Très méchant! »

JULES
(à Doc) En effet, à l’entendre, ce ne sera pas le valet d’accueil
pour vous.

Le père leur répond, plus inébranlable que jamais, fermant toutes


discussions :

DOC
(à Jules et Verne) Raison de plus pour vous deux de rester ici
avec votre mère.

Puis ils partent.

94. EXT. GARE – VOITURE BROWN

Arrivés à la gare, le train qui va à Hill Valley crache sa vapeur.


Avant de descendre de la voiture, Doc embrasse tendrement
Clara et veut la rassurer une dernière fois :

DOC
Crois-moi, tout ira bien, et quand j’en aurai fini avec Cromwell
et que justice sera faite…

Les regardant tous il complète :

DOC
…nous irons tous voir le cirque du grand Buffalo Bill. Qu’en
dites-vous?

Les deux garçons bondissant de joie s’écrient, Jules le premier,


Verne le second :

JULES
Yé!

126
VERNE
Chic alors!

Comme ils tiennent depuis très longtemps à accompagner leur


père dans un voyage spatio-temporel, ils ne peuvent résister à la
tentation. L’aîné a bien planifié ce qui va être leur première fu-
gue. Le cadet, de connivence avec son grand frère, demande à sa
mère :

VERNE
(à Clara) Maman, est-ce que je pourrais aller au petit coin? J’ai
très envie et je n’en peux plus de me retenir. Sinon, je crois que
je vais le faire dans mon pantalon.

Comprenant bien le besoin elle lui répond, ne se doutant de rien :

CLARA
(à Verne) Bien sûr. (à Jules) Jules, accompagne-le.

Jules salue son père :

JULES
Au revoir papa, et bonne chance.

Le père très encouragé lui répond tout en lui présentant la main :

DOC
Merci Jules, et serrons-nous la main comme de vrais gentlemen.
(ils se serrent la main)

Verne le salue à son tour et passe près de vendre la mèche, –


d’aller avec leur père dans le futur :

VERNE
On se reverra papa… c’est sûr.

Cette façon de le saluer lui fait une drôle d’impression, – il a un


pressentiment, – et il lui répond (de la même façon) :

127
DOC
C’est ça fiston. On se reverra… c’est sûr.

Les deux garçons font semblant d’aller aux toilettes [cabinet] en


entrant par une des portes de la gare pour sortir par une autre et
courir en se faufilant à travers la foule de passagers amassés sur
le quai. Là, très facilement, et sans être vus par personne, ils
parviennent à monter clandestinement dans un des wagons de
marchandise du train après avoir convaincu Newton qu’il ne peut
venir avec eux et qu’il doit rester avec leur mère.

95. EXT. GARE – LOCOMOTIVE

Le sifflet de la locomotive se fait entendre, Doc, qui regarde ses


deux fils s’en aller, ne peut s’empêcher de confier à Clara juste
avant de monter :

DOC
C’est bizarre la façon dont Verne m’a répondu, tu ne trouves pas
Clara?

CLARA
Non, Emmett.

Puis il monte dans le train.

96. EXT. GARE – VOITURE BROWN

Lorsqu’elle se tourne pour voir si elle les aperçoit, son instinct


maternel lui fait soudainement appréhender le pire. En baissant
les yeux, elle découvre une lettre épinglée sur le siège arrière
visiblement écrite par ses fils et lit :

CLARA
Maman, j’espère que tu ne seras pas trop fâchée contre nous.
Nous voulions tellement faire ce voyage avec papa que nous
avons décidé d’aller avec lui. Ne t’inquiète pas, nous revien-
drons. On t’embrasse bien fort, Jules et Verne.

128
À peine avait-elle terminé de la lire qu’elle entend les aboie-
ments de Newton. Elle regarde partout, affolée, puis le voit. Il est
seul. Effrayée par la perspective d’un tel scénario et ne pouvant
plus se contenir, elle se lève debout dans la voiture et s’écrie :

CLARA
Mon Dieu… mais c’est épouvantable! S’il fallait qu’ils y restent
tous, je crois que je deviendrais folle.

Elle a beau faire des pieds et des mains, crier pour essayer d’em-
pêcher le train de partir, mais en vain, l’engin de métal hurlant
est en pleine accélération. Elle n’a d’autre choix que de surmon-
ter son angoisse et part chez sa mère en pensant déjà à ce qu’elle
devra lui donner comme explication du fait que ses deux fils n’y
seront pas.

97. INT. HANGAR – TRAIN ELB – MATIN

Le lendemain matin, Doc est dans son hangar et fait une dernière
inspection de sa locomotive volante ELB, l’engin en marche
tournant déjà. Ses fils qui l’ont suivi à son insu, l’observent
silencieusement sur le coin d’un mur intérieur, puis saisissent
l’occasion de monter dans celle-ci lorsque leur père doit aller
voir ce qui gêne l’ouverture automatique des portes du hangar.

98. INT. TRAIN ELB

JULES
(à Verne) Cachons-nous dans ce coffre derrière les sièges.

Face l’étroitesse du coffre Verne lui fait valoir :

VERNE
Misère… es-tu sûr que nous allons être capable de respirer là-
dedans?

Jules qui en se sortant la tête légèrement aperçoit son père qui


revient, se planque en catastrophe et lui dit (à voix basse) :

129
La locomotive volante ELB s’envole et disparaît au milieu du feu
et des éclairs lorsqu’elle atteint les 88 mph. (Page 131)

130
JULES
(à Verne) Vite! Voilà qu’il revient! On ne bouge plus!

Avec un peu de difficulté Jules et Verne parviennent à refermer


le couvercle du coffre de justesse. Doc monte à bord de la
locomotive, jette un dernier tour d’horizon, actionne la fermeture
de la porte et de l’escalier, allume les circuits temporels et fait la
programmation du voyage en appuyant sur les touches et en le
disant à voix haute :

DOC
Voyons voir... nous sommes samedi le 19 octobre 1895 et il est
(regardant sa montre) exactement 8 h. La bibliothèque de Hill
Valley ouvre à 10 h. Donc, pour disposer de plus temps au cas
où il y aurait des pépins, il serait plus sage de programmer le
convecteur temporel pour le 31 octobre 1985… à 8 h 30 du
matin.

La programmation complétée, les portes du hangar s’ouvrent, la


locomotive avance lentement sur des rails jusqu’à l’extérieur.

99. EXT. HANGAR – TRAIN ELB

EFFETS SPÉCIAUX — À l’extérieur des rails sortent du sol, le


train continuant d’avancer lentement. Débordant d’enthousiasme
et heureux d’effectuer ce retour en 1985, il lance à travers la fe-
nêtre :

DOC
Me revoilà Marty… (exubérant et le chantant un peu) et joyeuse
Halloween!

Ces dernières paroles prononcées et tout comme dans RVLF 3, il


glisse la vitre — EFFETS SPÉCIAUX ― les roues se mettent à
l’horizontale, le train se soulève par les jets, les ailes sortent,
l’engin prend son accélération, s’envole et disparaît au milieu du
feu et des éclairs lorsqu’il atteint les 88 mph.

131
100. EXT. CHEMIN DE FER – MINOTERIE – MATIN

EFFETS SPÉCIAUX ― il arrive en trombe sur les rails de la


ligne de chemin de fer au milieu du feu et des éclairs, sauf que
cette fois-ci, Doc qui veut mettre la locomotive volante ELB
temporairement à l’abri des soupçons a tout prévu. Il l’immo-
bilise pendant quelques minutes rendu à proximité de l’ancienne
minoterie abandonnée Parisch Mills Co., l’engin toujours en
marche, ronronnant et rejetant ses vapeurs, et effectue le change-
ment d’aiguillage des rails grâce à une télécommande à distance
de son invention la reliant par un code à un terminal non loin de
là et dit, fébrile à en faire l’essai pour la première fois :

DOC
(se parlant seul) Voyons voir si cette fichue télécommande fonc-
tionne.

Il actionne la télécommande en pianotant sur les différentes


touches de celle-ci le code pour effectuer l’opération, et tout en
appuyant sur ENTER il dit, empruntant les mêmes paroles qu’Ali
Baba.

DOC
(continuant) Sésame, ouvres-toi!

La chose ayant réussi à merveille, Doc remet la locomotive en


marche, se dirige lentement vers la vieille minoterie abandonnée
et y fait son entrée.

101. EXT/INT. MINOTERIE – TRAIN ELB

Comme il s’agit d’une minoterie abandonnée et que Doc ne sait


pas que les rails se trouvant à l’intérieur du vieux bâtiment ne
sont plus là, – malencontreusement enlevés sans qu’il le sache –,
il s’ensuit inévitablement un véritable boucan d’enfer lorsque la
locomotive s’écrase de tout son poids sur le sol. Sous le choc,
une bielle de l’engin est tordue, bloquant et empêchant dès lors
les roues de tourner et donc, impossible d’accélérer et d’atteindre

132
les 88 mph nécessaire pour franchir la barrière du temps.

102. INT. MINOTERIE – MURS – COIN

RED the Bum (le clochard), – Red Thomas, ex-maire de Hill


Valley devenu clochard –, qui dormait là, se fait alors sortir brus-
quement de son sommeil par ce qui lui semble être un véritable
tremblement de terre et s’exclame, irrité :

RED
Non mais... plus moyen de dormir tranquille dans cette ville!

Quand il aperçoit à travers la poussière qui retombe et la fumée


qui se dissipe peu à peu l’impressionnante machine, et qu’il a du
mal à distinguer la personne (Doc 1895), qui y descend sous les
jets de vapeur expirant, la panique s’emparant alors de lui il ajou-
te :

RED
Sacre bleu, qu’est-ce que c’est que ça… on dirait bien que même
Lucifer sera de la fête cette fois. (en parlant de l’Halloween)
Vaut mieux s’en aller.

Puis il quitte l’endroit.

103. INT. MINOTERIE – TRAIN ELB

Doc constatant les dommages s’exclame :

DOC
Nom… de… Zeus! Une bielle a été tordue sous le choc. Com-
ment vais-je faire pour réparer ou remplacer pareille pièce. Je
verrai à arranger cela plus tard. Il faut d’abord que je me con-
centre sur ce que je suis venu faire.

Puis il part à l’instant même et sort.

133
104. EXT. BORD DE LA ROUTE

Sachant tout le chemin qu’il doit faire à pied pour se rendre à la


bibliothèque de Hill Valley, il fait de l’auto-stop. Marchant en
bordure de la route asphaltée, une voiture s’arrête au moment où,
Biff vient à sens inverse sur un scooter déguisé en Bossu de
Notre-Dame. Reconnaissant le savant, il ralentit et s’immobilise
sur l’accotement. Tout étonné de le voir habillé en maréchal-
ferrant et croyant avoir à faire au docteur Emmett Brown vivant
toujours en 1985, déguisé ainsi pour la circonstance, il lui dit,
juste avant qu’il ne monte dans l’automobile :

BIFF
Je vois que vous êtes toujours de la fête docteur Brown. Super ce
déguisement!

Doc devine ce qu’il veut dire, joue le jeu, le regarde d’un large
sourire et lui répond :

DOC
Bah, disons qu’il faut bien s’amuser un peu Biff. Après tout,
c’est l’Halloween. Et tu ne peux pas savoir à quel point je suis
content que mon nouveau déguisement te plaise. (en parlant de
ses vêtements de maréchal-ferrant)

Après il monte dans l’automobile et part.

105. EXT. MAISON MCFLY

Biff qui arrive au moment où Marty s’apprête à monter dans son


pick-up TOYOTA 4x4 pour aller à la bibliothèque de Hill Valley
dans l’espoir de peut-être trouver une explication à ce qui lui
arrive, s’empresse de lui communiquer, très excité :

BIFF
Marty, j’ai finalement trouvé le carrosse et les chevaux que tu
m’as demandés. Attends de voir, tu ne seras pas déçu. Je les
aurai pour ce soir, c’est promis. Ah oui! j’allais oublier, je viens

134
tout juste de croiser le docteur Brown… il était déguisé en
maréchal-ferrant du Far West. Je crois qu’il voulait nous faire
une petite surprise.

En l’entendant il change complètement d’air et, profondément


troublé par la nouvelle, il s’écrie :

MARTY
Quoi! Es-tu vraiment sûr de ce tu dis Biff?

Biff le voyant réagir de la sorte et ne comprenant pas sa réaction,


croît qu’il a peut-être gâché quelque chose en lui annonçant cela.
Très mal à l’aise et se sentant coupable il lui répond :

BIFF
Eh bien... hum... oui. Se-se-seulement j’espère que je n’ai rien
gâché.

Comme Marty demeure muet il poursuit :

BIFF
J’ai l’impression d’avoir dit quelque chose qu’il ne fallait pas
dire. Hum… je ne savais pas que… enfin dis-moi qu’est-ce qui
se passe Marty?

Encore tout retourné par la nouvelle, il se met à fixer Biff avec


de grands yeux effrayés et lui dit d’un ton à lui donner la chair de
poule :

MARTY
C’est seulement qu’il se passe des choses étranges, Biff.

Puis, se rapprochant de plus en plus près et le regardant toujours


droit dans les yeux il lui répète lentement, en pesant ses mots :

MARTY
(lentement) Des choses… étranges.

135
« C’est seulement qu’il se passe des choses étranges, Biff. »
(Page 135)

136
Biff se délie la langue pour lui dire :

BIFF
(bégayant) À vrai dire Marty... tu sembles comprendre des
choses que je… ne comprends pas encore… et tout ça me donne
la chair de poule… (tuuu sembles comprendre des choses que
jeeee... ne comprends pas ennncore… eeet touuut çaaa meee
donne laaa chairrr deee pouuule…)

Montant dans la camionnette, il lui dit à travers la vitre baissée


de sa portière, bien déterminé à le découvrir :

MARTY
En tout cas, moi je veux en avoir le cœur net. Je vais donc sans
plus tarder à la bibliothèque pour en savoir davantage sur ces
choses étranges qui m’arrivent depuis la nuit dernière.

Radio pick-up TOYOTA : musique Sweet Dreams du groupe


Eurythmics.

Puis il démarre et part.

106. EXT. RUE – BIBLIOTHÈQUE

Arrivé en trombe à la bibliothèque et tellement captivé par les


choses étranges qui lui arrive, Marty descend en traversant la
rue sans trop regarder et manque de se faire happer par une
automobile venant à sens inverse. Le conducteur de l’auto,
l’HOMME 7, déguisé en croque-mort, lui crie à travers la vitre
baissée de sa portière :

HOMME 7
Hé! Regarde où tu vas… sinon tu finiras ta journée à la morgue!

Lui faisant signe qu’il a compris mais ne s’en souciant guère, il


va vers la bibliothèque et y entre, un peu étourdi.

137
107. INT. BIBLIOTHÈQUE – ENTRÉE – BUREAU

Rendu en face du bureau de la bibliothécaire, il lui demande très


anxieux, ne tenant plus en place :

MARTY
Pardon, la section ésotérisme s’il vous plaît?

LA BIBLIOTHÉCAIRE lui répond, regardant par-dessus ses lu-


nettes :

LA BIBLIOTHÉCAIRE
La quatrième, vers le milieu à gauche jeune homme.

Il s’y dirige sans même lui avoir dit merci, obsédé par l’idée.

108. INT. BIBLIOTHÈQUE – SECTION ÉSOTÉRISME

S’y trouvant, il se met à balayer des yeux les titres des volumes
tout en les énumérant à voix basse :

MARTY
Voyons voir… Astrologie chinoise, Tarots et Lignes de la main,
Sorcellerie et vaudou, Arts divinatoires… ah! voilà exactement
le livre dont j’ai besoin. Présages et rêves prémonitoires.

Il ouvre le bouquin et commence à le lire. Lorsqu’il tourne la


page et lève les yeux, il aperçoit Doc, déguisé en Christophe
Colomb, qui passe silencieusement au fond de l’allée, entre les
étagères, absorbé dans sa lecture. Préférant croire qu’il s’agit de
quelqu’un d’autre qu’il a sûrement confondu, il hausse les épau-
les et continu la sienne. Mais quand il se tourne la tête de l’autre
côté et qu’il voit à l’autre extrémité Doc habillé cette fois en
maréchal-ferrant du Far West passant de la même façon au fond
de l’allée entre les étagères, il ferme le livre, le tient serré contre
lui, et les yeux fixés sur le fond de l’allée il recule lentement en
avalant difficilement sa salive, et tremblant de peur murmure, –
Doc ne s’étant toujours pas rendu compte de la présence de son

138
meilleur ami :

MARTY
(se parlant) Je n’hallucine pas… j’en ai bien vu deux.

Se retournant vivement et se retrouvant face à face avec Doc qui


vient de l’apercevoir, il s’écrie, épouvanté :

MARTY
HAAAAAAA!!!

109. INT. BIBLIOTHÈQUE – PASSAGE – SORTIE

Paniquant il part sans se retourner vers la sortie en bousculant


quelques personnes sur son passage et hurle :

MARTY
(à tous) Excusez-moi je ne sais plus ce qui m’arrive!!! Je ne sais
pas non plus si c’est à cause de ce cauchemar de la nuit der-
nière!!! Je le vois partout habillé différemment à présent!!!

Puis il sort, virevoltant de tous les côtés, affolé.

110. EXT. BIBLIOTHÈQUE – ESCALIER – RUE

Il dévale l’escalier en passant près de tomber. Il traverse la rue,


remonte dans sa camionnette, démarre, et repart aussi vite qu’il
était arrivé.

139
140
RETOUR VERS LE FUTUR
PARTIE V

(version futur régressif Hill Brook 2135


ou le Moyen Âge en Amérique)

141
142
NOUVEAUX PERSONNAGES
© Michel Labbé

1895

WILMOR Clayton / père de Clara / confronté à


un duel fatidique avec le baron Cromwell.
BÉATRICE épouse de Wilmor / mère de Clara.

1985

LA BIBLIOTHÉCAIRE à la bibliothèque de Hill


Valley.
LA COWGIRL la propriétaire de la Ford
Mustang GT faisant la connaissance de Verne.

Au magasin général P. Thompson & Fils :


ANNONCEUR dans la publicité pour le
fabricant SONY sur tous les téléviseurs.
COMMENTATEUR SPORTIF au match de
football à la télé dans l’arrière-boutique.
EDGE Thompson, 94 / fils de Phil / fondateur du
magasin général P. Thompson & Fils en 1890.
BÉNÉDICT Thompson, 57 / fils d’Edge et petit-fils
de Phil / propriétaire du magasin général en 1985.

Au Lou’s Cafe :
LA SERVEUSE déguisée en troll.
BILLY Carruthers, 43 / fils de Lou Carruthers / le
propriétaire du Lou’s Cafe en 1985.
CLIENT 1 un routier dans la cinquantaine.
CLIENT 2 une fille, 17, déguisée en infirmière.
CLIENT 3 un gars, 21, déguisé en clown.
ANNONCEUR RADIO sur le poste radio.

SERGENT FIELMANS le policier croisant


Needles.

143
SMOG 17, le baba cool(hippie) interrogé par le
sergent Fielmans.
POTTY 19, le chauffeur de la Ford Econoline rose
/ copain de Smog.

Au studio du Magazine Évasion :


YUN TSÉ-KI 22, la réceptionniste.
M. BRIZT 48, le directeur.
PERPIKO 31, le photographe.

POLICIER 2 au barrage routier.


LE DJ à la console de la disco dans le gymnase du
lycée.

PERSONNAGES / © Robert Zemeckis et Bob


Gale : DOC Emmett L. Brown(maréchal-ferrant),
Clara(Clayton Brown), Jules et Verne Brown,
George, Lorraine(Baines McFly), Dave, Linda,
Marty McFly, Biff Tannen(1985 / à la fin de
BTTF 3), Jennifer Parker, Douglas Needles, Red
the Bum(Red Thomas / ex-maire de Hill Valley
devenu clochard), Membres 1 – 2 – 3 Gang de
Douglas Needles.

144
Rappel fin RVLF Partie IV (facultatif)

109. INT. BIBLIOTHÈQUE – PASSAGE – SORTIE

MARTY
(à tous) Excusez-moi je ne sais plus ce qui m’arrive!!! Je ne sais
pas non plus si c’est à cause de ce cauchemar de la nuit der-
nière!!! Je le vois partout habillé différemment à présent!!!

Puis il sort, virevoltant de tous les côtés, affolé.

110. EXT. BIBLIOTHÈQUE – ESCALIER – RUE

Il dévale l’escalier en passant près de tomber. Il traverse la rue,


remonte dans sa camionnette, démarre, et repart aussi vite qu’il
était arrivé.

111. INT. BIBLIOTHÈQUE – ENTRÉE – BUREAU

Doc reste bouche bée et les yeux grands ouverts et s’aperçoit


lorsqu’il se retourne que tout le monde le dévisage. La bibliothé-
caire, debout et les bras croisés, le toise, furieuse, les yeux par-
dessus ses lunettes et descendues sur le bout du nez. La voyant
dans cet état, il s’empresse d’excuser la conduite de Marty et lui
dit, très désolé :

DOC
Hum, excusez-le… je ne sais pas ce qui le tourmente à ce point.
C’est la première fois que je le vois dans pareil état.

La bibliothécaire, à cran depuis un bon moment, éclate et lui ba-


lance en colère :

145
Les portes LYON ESTATES de Hill Valley.
(Page 147)

146
LA BIBLIOTHÉCAIRE
Dans ce cas monsieur, il faudrait penser très sérieusement à le
faire exorciser, est-ce assez clair! Non mais, vous vous croyez où
ici, hein!

DOC
Oui, je comprends. Vous avez sans doute raison. Je veillerai à ce
que cela ne se reproduise plus.

Puis il sort.

112. EXT. BIBLIOTHÈQUE – TROTTOIR

Rendu à l’extérieur, encore sous le choc, il s’arrête sur le trottoir,


bouleversé et dit :

DOC
(se parlant à lui-même) Je dois absolument entrer en contact
avec lui. (en parlant de Marty) C’est impératif. Mais comment?
Ma présence semble l’avoir très perturbé. Je n’arrive pas à
comprendre cette réaction impulsive de sa part.

Il quitte les lieux.

113. EXT. MURS LYON ESTATES

Jules et Verne franchissent les portes (murs architecturaux)


LYON ESTATES de Hill Valley.

114. EXT. RUE – HÔTEL DE VILLE – HORLOGE

Passant en face de l’Hôtel de Ville (Palais de Justice), – les


aiguilles de la grande horloge indiquant 10:52 AM –, Verne
s’arrête et dit à son grand frère, se levant la tête et l’admirant :

VERNE
(à Jules) Regarde... elle est toujours là.

147
Revenant sur leurs pas, ils traversent la Place du Palais de Justice
(Courthouse Square).

115. EXT. COIN DE RUE – STATION TEXACO

Arrivant à proximité de la station-service TEXACO ils sont


éblouis, pour ne pas dire étourdis, par tout ce qu’ils y voient et
s’exclament, Jules le premier, Verne le second :

JULES
(à Verne) As-tu vu tous ces différents modèles de voitures qui
roulent sans chevaux!

VERNE
(à Jules) Hé, regarde celui-là… il est énorme! (pointant un semi-
remorque citerne venu ravitailler la station-service)

Allant, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, ils finissent par se per-
dre de vue.

116. EXT. STATIONNEMENT – RUE – FORD


MUSTANG

Verne examine toutes les voitures stationnées le long d’une rue


et s’arrête devant une Ford Mustang GT décapotable rouge. Intri-
gué par le magnifique mustang chromé qu’il voit sur la calandre
avec le lettrage il dit :

VERNE
(lentement) Mustang…

Puis s’exclame, fasciné :

VERNE
Ça alors!

La propriétaire, une jolie blonde déguisée en cowgirl en raison


de la fête de l’Halloween, arrive sur l’entrefaite et le surprend les

148
yeux encore rivés sur la calandre de sa voiture. Très gentiment et
le trouvant drôle de le voir ainsi, LA COWGIRL lui demande,
souriante :

LA COWGIRL
Que regardes-tu là petit, c’est le mustang chromé sur la calandre
de ma voiture qui te fascine à ce point?

Très candidement, il lui répond :

VERNE
C’est exact Madame.

Plein de sérieux il lui demande à son tour, d’une franchise in-


génue, – la cowgirl s’étant accroupie à sa hauteur devant lui et le
regardant à présent muette, émerveillée par une telle candeur :

VERNE
C’est parce que vous avez un ranch que vous avez un mustang
sur le devant de votre voiture?

L’entendant dire cela avec autant de sérieux, la cowgirl éclate de


rires. Verne face à sa réaction est très mal à l’aise et se demande
ce qu’il a bien pu dire de si drôle pour qu’elle se mette à rire
comme cela. Plein de regrets, mais ne sachant pas trop quoi
pensé, il lui demande, encore là, très ingénu :

VERNE
J’ai dit quelque chose que je ne devais pas dire c’est ça, hein? Je
n’ai pas été très brillant.

La cowgirl touchée, s’empresse de le rassurer en usant de psy-


chologie et lui répond :

LA COWGIRL
Non, ce n’est pas ça petit. Au contraire, je te trouve très intel-
ligent. Parce que dans un sens, c’est vrai. Puisque j’ai plus de
300 mustangs (300 chevaux vapeur) sous le capot de ma voiture.

149
Tu veux voir ce que ça fait, plus de 300 mustangs en furie. Eh
bien regarde, je vais te le montrer.

Elle monte dans l’auto, met la clé dans le contact, démarre, se


tourne la tête et lui fait un clin d’œil, Verne de même, elle prend
le temps de regarder tout autour en rinçant le puissant moteur et
enclenche le premier rapport de la boîte manuelle au plancher.
Elle part en faisant crisser les pneus et en opérant successivement
les trois autres rapports, ne laissant derrière elle, en plus des
longues traces noires sur la chaussée et de l’odeur de caoutchouc
brûlé, un épais nuage de fumée bleue de monoxyde de carbone
se dissipant peu à peu dans l’air, – Verne resté figé devant sa
prestation.

117. EXT. STATIONNEMENT – RUE

Jules à sa recherche et attiré par le bruit causé, arrive en courant


et lui dit, fort inquiet :

JULES
(à Verne) Il y a un bon moment que je te cherchais. À l’avenir, il
vaudrait mieux ne plus se séparer. Sinon, on risque de se perdre.
Tu as compris.

VERNE
Tu as raison. Il vaut mieux rester ensemble.

Il lui confie, tout en marchant, n’ayant pas compris ce que la


cowgirl lui a dit :

VERNE
C’est bizarre… la dame avec qui je conversais était habillé
comme à notre époque, et conduisait une voiture qui possédait
« plus de 300 mustangs sous le capot de sa voiture » m’a-t-elle
dit. J’imagine la tête du père Farly. Lui qui a un mustang que
personne n’arrive à monter.

150
JULES
(en riotant) Non, ce n’est pas ce qu’elle voulait dire, voyons.
D’abord, nous sommes le Jour de l’Halloween. C’est une fête où
tout le monde se revêt de déguisements de tous genres, y compris
ceux d’une autre époque. Papa l’a déjà expliqué. C’est pour cette
raison d’ailleurs qu’il a choisi d’y venir cette journée, parce que
c’était plus facile pour lui de s’y dissimuler. C’est pour cela
que la dame que tu as rencontrée portait des vêtements de notre
époque. Pour ce qui est des 300 mustangs sous le capot, elle
voulait sans doute dire que le moteur de sa voiture pouvait dé-
velopper, en termes de puissance, plus de 300 chevaux vapeur.
Ça aussi c’est une chose que papa a déjà expliqué. Sauf que tu
faisais beaucoup de fièvre et que tu étais au lit ce jour-là.

118. EXT. ANGLE DE RUES – FEUX DE CIRCULATION

Ils arrivent sur un angle de rues aux croisements des feux de cir-
culation et ils s’apprêtent à traverser sur le feu rouge. Red, qui se
trouve juste derrière eux les retient en les prenant par le bras et
leur dit :

RED
Hé! On ne vous a pas appris à respecter les feux de circulation?
Et vous savez pourquoi…

Se penchant, il leur chuchote :

RED
Entendez-vous ce bruit de moteur... c’est celui de la motocyclette
de Bike Stevens. C’est un maniaque de la vitesse. Un fou dange-
reux. Il s’en vient et va passer à plus de 100 mph! (160 km/h)

Le vrombissement du moteur se fait de plus en plus fort, le moto-


cycliste passe à toute vitesse. Complètement sidérés par la per-
formance de ce nouvel engin, Jules et Verne ne peuvent retenir
leurs émotions et s’exclament, Jules le premier, Verne le second :

151
« Hé! On ne vous a pas appris à respecter les feux de
circulation? Et vous savez pourquoi… » (Page 151)

152
JULES
Wow! C’est incroyable!

VERNE
Ça alors! On aurait dit une fusée sur des roues!

Red leur confie, irrité, se vidant le cœur :

RED
Vous voyez ce que je veux dire maintenant par “maniaque de la
vitesse”. Des fous comme lui il y en a plein aujourd’hui dans nos
villes. Du reste, tout est de plus en plus rapide, c’est le siècle de
la vitesse. Hill Valley n’y échappe pas. Il est même devenu
difficile de dormir sur un banc de parc. Il y a toujours un de ces
paranos qui surgit de nulle part ou d’ailleurs en plein jour comme
au beau milieu de la nuit. Tout le monde coure en plus de ça, au
point d’en faire des crises cardiaques. Et ça, je n’arrive pas à m’y
faire. Ouais, des fois je ne sais pas ce que je donnerais pour vivre
cent ans en arrière. Enfin, que voulez-vous, c’est la vie…

Jules et Verne qui l’entendent, se regardent et sourient en se ser-


rant les lèvres. Red leur explique le fonctionnement des feux de
circulation :

RED
(continuant) Mais les feux, à votre âge, vous devriez savoir cela.
Je ne comprends pas… ce n’est pourtant pas compliqué. Enfin
voilà, je vous explique. Il faut toujours regarder le feu qui s’allu-
me devant vous. Là, il vient de tomber au rouge vous voyez.... ça
veut dire qu’on ne doit pas traverser. Au jaune également... sur-
tout s’il y a un certain Bike Stevens qui s’amène. C’est seule-
ment au vert qu’on peut y aller. Donc à l’avenir, si vous ne
voulez pas vous retrouver aplatis comme une crêpe… il vaut
mieux bien observer, vous comprenez?

Ils le remercient et lui disent, Jules le premier, Verne le second :

153
JULES
Bien compris. Merci monsieur.

VERNE
Merci monsieur. On se souviendra de la leçon.

Puis ils traversent.

119. EXT. RUE – MAGASIN – ENTRÉE – VITRINE

Empruntant une autre rue ils aperçoivent une énorme enseigne


sur lequel ils peuvent lire P. Thompson & Sons Co. Store (Since
1890). Ils s’arrêtent devant ce qui leur semble être le magasin
général de Phil Thompson en 1895, devenu un immense ma-
gasin à grande surface de type quincaillerie avec de chaque côté
(facultatif) une boutique pour petits animaux, Dinky’s Pet Shop
et un salon de barbier, Romano’s barber Shop. Verne le premier
qui reconnaît bien l’emplacement s’exclame, surpris :

VERNE
(à Jules) Tu as vu ça! C’est bien l’emplacement du magasin gé-
néral de Phil Thompson… il est devenu immense.

Jules qui fait déjà du lèche vitrine est ébloui par tout ce qu’il
voit, surtout les appareils électroniques comme les téléviseurs,
les chaînes stéréo, les magnétoscopes, les caméras etc., et lui
lance :

JULES
Verne, viens voir toutes ces nouvelles inventions. C’est fas-
cinant, elles ne transmettent plus seulement la voix, mais égale-
ment les images.

Il s’approche, se colle le nez sur la vitrine, et les dévorant des


yeux, s’exclame :

154
VERNE
Wow! Alexander Graham Bell et Thomas Edison ont dû se re-
tourner dans leurs tombes. Et même si papa nous en avait déjà
parlé un peu, le voir dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer.

Se tournant l’un vers l’autre, une grande question existentielle


leur vient logiquement à l’esprit, et ils se la disent simultané-
ment :

JULES ET VERNE
Mais si Phil Thompson n’est plus de ce monde... qui s’occupe du
magasin alors?

Ce à quoi Jules répond, – le fils de ce dernier étant plus jeune


qu’eux en 1895 :

JULES
Cela voudrait dire que c’est le petit Edge qui en serait maintenant
le patron?

Se regardant ils éclatent de rires :

JULES ET VERNE
Haaa! ha, ha, ha, ha, ha, Haaa! ha, ha, ha, ha, ha, Haaa! ha, ha,
ha, ha, ha,

Verne complète :

VERNE
Et que celui-ci, qui n’a que quatre ans en 1895, aurait main-
tenant, s’il est toujours vivant, (calculant rapidement) quatre-
vingt-quatorze ans… C’est dingue!

JULES
Il n’y a qu’un moyen de le savoir, c’est d’aller le vérifier nous-
mêmes. De toute façon, je brûle d’envie d’examiner de plus près
toutes ces nouvelles inventions. Qu’avons-nous à perdre?

155
Verne, très perspicace, lui dit :

VERNE
Ouais, c’est bien beau tout ça, seulement qu’arrivera-t-il si Edge
Thompson nous reconnaît? Tu sais ce que papa nous a toujours
répété à propos des voyages dans le temps : « il faut toujours
faire très attention de ne pas briser le continuum espace-temps »
car cela pourrait engendrer la fin de l’Univers.

Jules le rassure en lui faisant valoir :

JULES
Voyons Verne, Edge Thompson venait à peine d’avoir quatre ans
lorsqu’il nous a vus pour la dernière fois. Il ne peut tout de même
pas se souvenir de nous, surtout à l’âge qu’il a maintenant. Alors
qui ne risque rien n’a rien.

Puis ils entrent.

120. EXT/INT. MAGASIN – PROXIMITÉ ENTRÉE

Tous les téléviseurs — publicité du fabricant Sony — voix de


l’ANNONCEUR :

ANNONCEUR
« Vous recherchez le meilleur. Un seul nom, Sony. Ça c’est du
hi-fi! »

Ils se mettent à examiner et toucher un peu à tout. Pendant que


Jules essaye de comprendre le fonctionnement d’un baladeur So-
ny, ayant entendu la publicité, Verne s’amuse à faire rouler dans
tous les sens une mini-camionnette téléguidée. Le propriétaire du
magasin, BÉNÉDICT, fils de Edge et donc petit-fils de Phil, les
aperçoit très vite grâce à un système de caméras de surveillance.
Les Thompson ont la réputation d’être radin. Edge est toujours
vivant et très lucide malgré son âge, mais se déplace en fauteuil
roulant électrique à la suite d’une chute qu’il a faite en manquant
la marche du second niveau du plancher, à l’entrée du magasin.

156
Bénédict, gère le commerce depuis qu’il avait pris sa retraite, et
vient de terminer l’inventaire, – en référence à RVLF 1 « octobre
est le mois des inventaires ». Le bilan financier du troisième
trimestre, comptant de maigres bénéfices, l’oblige à ajuster le tir.
Il ne veut plus perdre une seule vente. Il va donc vers eux et les
prend un peu par surprise. Comme il doit augmenter sa marge de
profit, il fait attention pour ne pas leur faire peur ou les froisser.
Il les aborde et leur dit, son cigare dans le coin de la bouche :

BÉNÉDICT
(à Jules et Verne) C’est du beau stock, hein.

Les deux garçons demeurant silencieux il poursuit, voulant les


mettre à l’aise et dans l’intérêt qu’il a de leur vendre, – Jules
retournant entre ses mains le tout dernier modèle d’un baladeur
de marque Sony pour essayer d’en comprendre le fonctionne-
ment :

BÉNÉDICT
(à Jules) Donne, je vais te montrer, c’est facile.

Le lui remettant, Verne, qui s’est momentanément arrêté, conti-


nue de s’amuser avec la camionnette téléguidée tout en écoutant
leur conversation. Le gérant au gros cigare sort alors une cassette
audio de sa poche de pantalon, une compilation des meilleurs
succès rock’n roll de 1955 à 1965. Il presse le bouton lui permet-
tant de l’insérer, lui pose le casque stéréophonique sur la tête et
lui dit, très fébrile de le lui faire essayer :

BÉNÉDICT
(à Jules) À présent, écoute ça.

Il enfonce la touche PLAY, et attend sa réaction. Entendant le


son et n’en croyant pas ses oreilles, Jules s’écrie, transporté :

JULES
Wow! quel son! quelle musique! c’est envoûtant!

157
Bénédict vante alors la haute technologie japonaise en ce do-
maine, – en référence à RVLF 3 où Doc en 1955 découvre que
presque tout en 1985 est “made in Japan” :

BÉNÉDICT
Il n’y a rien de surprenant petit… c’est du “made in Japan”, les
maîtres incontestés du monde de l’électronique. Et ça, c’est leur
tout dernier modèle fabriqué par le géant Sony. On peut même y
raccorder un microphone ou des haut-parleurs grâce à ces petits
trous qui se trouvent sur le côté ici. (en les lui montrant) Avec les
fils fournis par le fabriquant, ce petit bijoux peut se transformer
en un clin d’œil en une véritable chaîne stéréo haute-fidélité. Ils
ont tellement tout prévu, que j’irais même jusqu’à croire, en dé-
nudant le bout des fils, qu’on réussirait à faire passer la musique
dans un porte-voix de garde-côtes.

Bien qu’il soit ingénieux et inventeur dans l’âme tout comme son
père, Jules, qui n’a pas vraiment tout saisi, ne veut pas éveiller le
moindre soupçon. Et reluquant les abréviations hi-fi sur une af-
fiche accrochée au plafond, il lui répète ce qu’il vient tout juste
d’entendre à la télévision, avant qu’il n’arrive :

JULES
Ouais, ça c’est du hi-fi.

Verne, qui les écoute, s’arrête brusquement et, laissant le jouet,


s’avance pour lui demander :

VERNE
(à Bénédict) Pardon monsieur, est-ce que Edge Thompson est
toujours vivant?

Bénédict un peu surpris par la question, sourit et lui répond :

BÉNÉDICT
Bien sûr, il est dans l’arrière-boutique et regarde le match de
football à la télévision. Seulement, il y a deux ans, il a fait une
chute et s’est cassé les deux jambes. Depuis il se déplace en

158
fauteuil roulant électrique. Mais c’est curieux ça… vous devez
être nouveau dans le coin parce que je suis Bénédict, son fils,
c’est moi qui m’occupe du magasin depuis qu’il s’est retiré il y a
de cela vingt ans déjà.

Très futé, le grand frère se tire bien d’affaire en lui expliquant :

JULES
À vrai dire nous sommes seulement de passage. Nos parents ont
décidé de venir fêter l’Halloween à Hill Valley chez des amis, et
nous ont amenés avec eux.

Verne passe près de vendre la mèche lorsqu’il ajoute :

VERNE
Donc, si je comprends bien, vous êtes le petit-fils de Phil
Thompson?

Comme il trouve cette insistance venant de quelqu’un d’aussi


jeune, pour le moins bizarre, Bénédict, tout jovial et exubérant
qu’il est, devient plus investigateur et leur répond :

BÉNÉDICT
C’est exact petit, mais ce que je trouve bizarre de la part de
jeunes gars comme vous, c’est l’intérêt que vous portez envers
Phil et Edge. Et puis, comment se fait-il que vous sembliez les
connaître, alors que vous ne me connaissez pas?

Coincé, Jules s’empresse d’inventer et lui répond :

JULES
C’est que c’est notre grand-père… oui, notre grand-père… voilà!
C’est notre grand-père qui l’a connu et qui nous a parlé de lui.
C’est pour ça que nous le connaissons.

Le gérant s’exclame :

159
BÉNÉDICT
Il fallait le dire avant voyons!

Bien qu’avisé, il veut néanmoins savoir :

BÉNÉDICT
Et quel est le nom de votre grand-père?

(FLASH-BACK)
Revoyant divers noms en gros titres sur les couvertures de dif-
férents magazines dans le kiosque à journaux, très vif d’esprit,
Jules lui balance :

JULES
Dalton! Timothy Dalton!

Plein de sérieux, Verne ajoute :

VERNE
(à Bénédict) Mais tout le monde l’appelle Tim.

Les deux garçons se regarde mutuellement la main derrière le


dos et se croise chacun les deux doigts. Bénédict, qui tient son
cigare d’une main et se gratte la tête de l’autre, n’est pas con-
vaincu et leur dit :

BÉNÉDICT
C’est drôle… pourtant Edge ne m’a jamais parlé de quelqu’un de
ce nom.

121. INT. MAGASIN – ARRIÈRE-BOUTIQUE

Dans l’arrière-boutique, le vieux Edge Thompson regarde son


match de football à la télévision.

TV match de football — les Cowboys de Dallas vs les Bears de


Chicago — voix du COMMENTATEUR SPORTIF :

160
COMMENTATEUR SPORTIF
« Les Bears qui traînent de l’arrière par 31 points avec ce dernier
but des Cowboys n’ont plus beaucoup d’espoir à présent de
l’emporter et le moral est visiblement à son plus bas de leur
côté. Restez à l’écoute. Nous vous revenons après cette pause
publicitaire. »

EDGE, frustré de la tournure du match, s’exclame de sa voix


claire et grincheuse :

EDGE
(se parlant) Merde! Moi qui avais parié 10 dollars sur les Bears
avec Victor Ashley.

Il prend sa pipe et la bourre. Il fouille dans la poche de sa che-


mise et réalise qu’il n’a plus d’allumette et appelle son fils :

EDGE
Bénédict! Je n’ai plus de feu. M’apporterais-tu des allumettes?

Comme il se trouve complètement à l’avant du magasin et qu’il


ne l’entend pas, il crie plus fort :

EDGE
Bénédict! Bénédict!

N’ayant toujours pas de réponse, il va s’en chercher lui-même.

122. INT. MAGASIN – ALLÉE – PROXIMITÉ ENTRÉE

Bénédict apercevant son père dans l’allée qui s’amène tranquille-


ment sur son fauteuil roulant électrique sans prononcer un seul
mot, dit à ses deux jeunes clients :

BÉNÉDICT
(à Jules et Verne) Vous me demandiez des nouvelles d’Edge tout

161
à l’heure. Eh bien le voilà en chair et en os qui s’amène juste der-
rière vous.

Ils se tournent pour le voir. Jules prend la parole et lui demande


avant même qu’il ne s’immobilise, – Verne préférant garder si-
lence et le laisser parler :

JULES
(à Edge) Comme ça, vous êtes Edge Thompson, le fils de Phil
Thompson?

Tout comme son fils, surpris de l’intérêt qu’ils semblent avoir


pour son père Phil et lui, il répond, après s’être immobilisé près
d’eux :

EDGE
(à Jules) C’est bien ça mon grand.

Bénédict lui explique :

BÉNÉDICT
(à Edge) C’est deux jeunes garçons m’ont dit tout à l’heure que
leur grand-père, un nommé Timothy Dalton, vous connaissait.

Ne comprenant pas qu’il ne soit pas en train de regarder son


match il ajoute :

(à Edge) Mais avant d’aller plus loin, vous n’étiez pas en train de
regarder votre match de football à la télévision? Habituellement
vous ne voulez rien perdre de la partie.

D’un ton aigri, il réplique :

EDGE
C’est simple. Je n’avais plus de feu pour allumer ma pipe et je
t’ai appelé trois ou quatre fois. Comme tu ne me répondais pas,
j’ai décidé d’aller m’en chercher moi-même.

162
Se voyant déjà pris au piège, Jules veut étouffer tout soupçon et
lui dit :

JULES
(à Edge) Peut-être vous connaissait-il sans que vous le connais-
siez? (en parlant de son grand-père)

Edge, impatient de fumer, n’en peut plus d’attendre et leur cra-


che :

EDGE
(à tous) De toute façon, qu’il me connaisse sans que je le con-
naisse, ça n’a plus beaucoup d’importance à présent, surtout à
l’âge que j’ai.

Arrêtant son regard sur son fils Bénédict, exaspéré par son iner-
tie, il lui balance :

EDGE
Non mais, qu’est-ce que t’attends pour me donner du feu, hein!

Réalisant la chose, il s’excuse :

BÉNÉDICT
Excusez-moi père.

Il sort un carton de sa poche, détache une allumette, l’allume, et


lui dit :

BÉNÉDICT
(en lui donnant le feu) Tenez, voilà.

Il pompe sa pipe. Dès qu’elle est bien prise, il regarde les deux
garçons et leur dit, tout en fumant :

EDGE
(à Jules et Verne) C’est bizarre, car même si je ne connais pas
votre grand-père, j’ai eu l’impression en entendant vos voix que

163
je vous ai déjà rencontrés quelque part, mais je ne sais plus où…

Jules regarde Verne et lui transmet furtivement des yeux :

JULES
« Tu avais raison de craindre. »

Bénédict, qui les trouve songeur, leur dit :

BÉNÉDICT
Maintenant qu’on sait votre nom, il faudrait peut-être savoir éga-
lement vos deux prénoms respectifs, c’est la moindre des choses,
je crois.

(FLASH-BACK)
Revoyant les couvertures de quelques bandes dessinées dans le
kiosque à journaux, et très content de sa trouvaille, Jules leur dit :

JULES
(en parlant de lui-même) Moi c’est Tom, et lui (en posant sa
main sur l’épaule de Verne) c’est Jerry.

BÉNÉDICT
Comme le chat et la souris de la bande dessinée!

Les deux Thompson éclatent de rire :

EDGE ET BÉNÉDICT
MWAHAHAHA! MWAHAHAHA!

Cessant de rire et reprenant leur sérieux, Edge leur demande :

EDGE
(à Jules et Verne) Donc, si je comprends bien, vous vous appelez
Tom et Jerry Dalton. C’est bien ça?

Ils lui répondent tour à tour, Jules le premier, Verne le second :

164
JULES
C’est exact, monsieur.

VERNE
C’est exact, monsieur.

Resté sceptique, il leur dit :

EDGE
En tout cas, j’espère que vous n’avez pas de lien de parenté avec
ces quatre fameux bandits, les frères Dalton, qui semèrent la
terreur dans l’Ouest.

Verne qui n’a pas apprécié cette réflexion d’Edge, lui réplique :

VERNE
Non monsieur, nous n’avons aucun lien avec eux. Au contraire,
nous sommes d’honnêtes citoyens tout comme vous. Nous som-
mes venus ici parce que nous avons des économies que nous
voudrions dépenser comme bon nous semble.

Haussant le ton, il ajoute :

VERNE
Vous nous croyez paumé c’est ça, hein. Eh bien attendez de voir.

Comme c’est Jules qui a la grosse pièce d’or que leur ami Jack
Rabbit leur a donné, il se tourne vers lui et leur balance :

VERNE
(à Jules) Montre-leur maintenant qu’on a de quoi payer, Jules.

Le grand frère, pris par surprise et visiblement embarrassé, de-


mande à se retirer pour en parler avec lui :

165
JULES
(à Edge et Bénédict) Veuillez nous excuser, comme il s’agit de
toutes nos économies et que je ne veux pas qu’il y est de malen-
tendu, il faudrait que nous en parlions ensemble.

Les deux hommes les regardent d’un sourire narquois. Puis


Bénédict, bien qu’il ne les prenne pas au sérieux, accepte de
jouer leur petit jeu et leur dit :

BÉNÉDICT
(à Jules) Je comprends ça. Il n’y a pas de problème mon grand.
Et si tu es comme moi... les affaires sont les affaires. Aussi, si
vous vous voulez en discuter entre vous, soyez à votre aise. Vous
pouvez même vous installez dans mon bureau au fond là-bas. (le
montrant)

JULES
Merci, c’est vraiment chic de votre part.

Cachant difficilement sa frustration, il prend Verne par l’épaule


et lui dit :

JULES
(à Verne) Viens, il faut en discuter à présent.

Ils partent tous les deux en direction du bureau.

123. EXT. LOU’S CAFE – PORTIQUE – DÉBUT


APRÈS-MIDI

N.B. — Le Lou’s Cafe existe toujours en 1985. Lou Carruthers


aurait converti l’établissement original en studio d’aérobie le,
Lou’s aerobic fitness center. Mais son fils, Billy, préférant le
métier de restaurateur pourrait avoir convenu avec son père
d’acheter le local voisin vacant, situé à l’opposé, sur l’autre
angle de rue, – que l’on ne voit pas dans RVLF 1 –, pour tenter
d’y relancer le restaurant en gardant le même nom. Il pourrait
aussi avoir changé le nom pour le, Billy’s Cafe, Lou’s Snack-bar

166
ou Billy’s Snack-bar. Ce qui ne peut que venir renforcer l’idée
de l’existence du Cafe 80’s en 2015 dans RVLF 2. Pour le mo-
ment je maintiens l’existence du Lou’s Cafe.

Doc est maintenant près du Lou’s Cafe, il regarde tout autour,


s’avance pour jeter un coup d’œil à l’intérieur, et décide finale-
ment d’y entrer.

124. EXT/INT. LOU’S CAFE – ALLÉE PRINCIPALE

Entrant au milieu d’une musique disco des années 70 – 80 et


d’un achalandage propre à ce lieu, avec cette différence qu’il y a
de plus en plus de gens costumés en raison de la fête de l’Hallo-
ween et du bal prévu, il jette un regard de 180 degrés afin d’y
trouver une place où il peut observer tous ceux qui entrent sans
pour autant être trop visible. Ayant repéré la place de choix au
fond en face de lui, une banquette avec table – section aile D
(droite), il s’y dirige.

125. INT. LOU’S CAFE – AILE D – BANQUETTE


TABLE FOND

Ayant pris place il aperçoit le cadran sur le mur indiquant 12:13


PM et s’exclame, se parlant tout seul à voix basse :

DOC
Nom… de… Zeus! Il est déjà 12 h 13! Il faut absolument que
j’arrive à communiquer avec Marty. Mais comment? Je ne tiens
pas non plus à ce qu’il devienne fou. Quoiqu’il semble mainte-
nant ne plus se douter de ma présence… si seulement j’avais du
papier pour écrire.

Saisissant le napperon de papier sur sa table, il le tourne à l’en-


vers du côté non imprimé et poursuit :

167
…il jette un regard de 180 degrés afin d’y trouver une place où il
peut observer tous ceux qui entrent sans pour autant être trop
visible. Ayant repéré la place de choix au fond en face de lui, une
banquette avec table – section aile D (droite), il s’y dirige.
(Page 167)

168
DOC
Tiens, voilà qui devrait faire l’affaire. Il ne me manque plus
qu’un crayon. Et ça, habituellement j’en garde toujours un sur
moi.

Il fouille toutes les poches de son long manteau de maréchal-


ferrant et n’en trouvant pas s’exclame :

DOC
Malheur! où l’ai-je mis? Normalement il devrait être ici dans
cette poche!

Pendant qu’il cherche et sans avoir eu le temps de la voir, LA


SERVEUSE (nouveau au Lou’s Cafe) déguisée en troll est déjà
plantée à côté de sa table et attend. Elle lui signale sa présence en
se raclant la gorge :

LA SERVEUSE
Hem! Hem!

Poursuivant elle lui dit de sa petite voix claire et parlant sur le


bout de la langue :

LA SERVEUSE
(à Doc) Aujourd’hui monsieur je ne prends pas seulement votre
commande, je peux également exaucer tous vos souhaits.

Il la regarde et lui formule sans attendre :

DOC
Eh bien disons que ce qui ferait mon bonheur pour l’instant…
serait d’avoir un crayon ou un stylo pour écrire.

Elle lui remet son stylo à bille en lui disant :

LA SERVEUSE
Abracadabra le voilà! Seulement il faudra me le remettre avant
de partir. À part ça, qu’est-ce que je vous sers, monsieur?

169
DOC
Un grand chocolat chaud, s’il vous plaît.

Juste avant qu’elle ne parte, très curieux, il lui demande :

DOC
Pardon mademoiselle, question d’enrichir davantage mes con-
naissances, c’est quoi au juste ce déguisement?

LA SERVEUSE
C’est ce qu’on appelle un troll. Une espèce de gnome ou de petit
génie nain chez les peuples scandinaves. Mais votre costume est
très bien vous savez. Le Far West… j’aime bien aussi.

Lorsqu’elle part, il murmure :

DOC
Drôle de coïncidence en rapport avec le voyage que je veux faire.

La serveuse revient sur ses pas et lui demande :

LA SERVEUSE
Qu’avez-vous dit?

Il s’empresse de lui répondre :

DOC
Ce n’est rien, il m’arrive de me parler à voix haute.

Elle hausse les épaules et va lui chercher son breuvage. Doc


commence à écrire et murmure :

DOC
« Cher Marty, tu n’as pas eu d’hallucination ce matin à la bi-
bliothèque. C’est bien moi. Je suis de retour… »

170
126. INT. MAGASIN – BUREAU

Dans le bureau de Bénédict Thompson, ses deux fils ont une


franche discussion. Très frustré, le grand frère s’écrie :

JULES
Tu es devenu complètement dingue! Il s’en est fallu de peu qu’il
nous jette dehors comme des voleurs!

Verne n’ose plus rien dire, baisse les yeux, tourne et chiffonne sa
casquette avec ses mains. Rompant le silence il lui dit, attristé,
regrettant son comportant impulsif :

VERNE
Pardonne-moi Jules, c’est juste que je n’aime pas qu’on me pren-
ne pour un paumé. Je pensais seulement à ce que le vieux Jack
Rabbit nous avait dit en nous remettant sa pièce d’or porte-
bonheur : « Je ne vous interdit pas de l’échanger contre quelque
chose que vous aimeriez vous payer un jour, car je sais ce que
c’est que d’être jeune. Au contraire, offrez-vous cette chose, en
souvenir de votre vieil ami Jack Rabbit. » C’est pourquoi je n’ai
pas hésité à tout leur balancer. Il y a tellement plein de belles
choses dans ce magasin. Ne pourrions-nous pas justement en
profiter pour se payer l’une d’elles et du même coup leur montrer
que nous ne sommes pas des paumés et que nous ne bluffons
pas? (Autre alternative : un flash-back de Jack Rabbit le disant
lui-même et où Verne pourrait reprendre aussitôt après.)

Le grand frère lui explique, tirant un trait, oubliant tout, et de


nouveau prêt à faire équipe avec lui :

JULES
Bon, ce n’est pas grave, tu as sans doute raison. Mais la
prochaine fois que tu voudras faire une proposition de ce genre
dans une affaire qui nous lie tous les deux, j’aimerais mieux que
tu m’en parles avant, compris?

Verne, fort de cette réponse, est déjà prêt à passer à l’action et lui

171
répond :

VERNE
Compris Jules.

Les yeux pétillants d’assurance ils se tapent dans la main et di-


sent, Jules le premier, Verne le second :

JULES
Un pour tous!

VERNE
Tous pour un!

Après, le grand frère lance, plus déterminé que jamais :

JULES
Maintenant, mettons-en leur plein la vue!

Verne complète avec un petit sourire malicieux :

VERNE
Ouais… à notre tour de s’amuser.

Sifflement de la musique Ole Miss Marching Band.

Jules et Verne sortent du bureau et marchent les mains dans les


poches en sifflant la musique, Ole Miss Marching Band, vers les
deux Thompson qui les attendent à présent près du comptoir-
caisse.

127. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE

Les voyant revenir vers eux, Bénédict s’empresse de chuchoter à


l’oreille de son père :

BÉNÉDICT
(à Edge) Les revoilà.

172
Ils s’arrêtent brusquement devant eux. Bénédict, sûr de lui et un
peu agacé par leur petit spectacle, leur dit :

BÉNÉDICT
OK, eh bien en juger ce petit air joyeux que vous venez de nous
siffler, on dirait bien que vous avez finalement réussi à vous met-
tre d’accord.

D’un ton qui montre que les choses viennent de prendre une au-
tre tournure, l’aîné prenant la parole, lui répond :

JULES
Exact messieurs.

Il s’avance, sort de la poche intérieure de sa veste l’étui en peau


de daim qu’il tourne à l’envers au-dessus du comptoir afin de
laisser tomber la grosse pièce d’or, créant ainsi une plus vive
impression sur les deux hommes qui la regardent tourbillonner,
le souffle coupé et les yeux ronds comme des pièces de 25 cents.
Bénédict, la prenant de sa main droite, la gratte fortement avec
une des clés de son trousseau qu’il tient de son autre main et
s’exclame, le jaune du précieux métal miroitant dans ses pupil-
les, radin qu’il est :

BÉNÉDICT
Mais c’est de l’or!

Ne voulant pas s’y méprendre, il la remet à Edge qui lui, après


l’avoir serré entre ses dents, le confirme :

EDGE
Il n’y a aucun doute. C’est de l’or pur à 100%!

Pendant que Edge continu de l’examiner, Bénédict, encore sous


le coup de la surprise, s’empresse de leur demander, fort curieux
et voulant connaître son origine :

173
BÉNÉDICT
Où avez-vous eu une telle pièce d’or? Car vous comprendrez
j’espère que ce n’est pas quelque chose que l’on trouve sur le
bord du trottoir comme une capsule de Pepsi?

Fier de lui dire, Verne lui répond :

VERNE
C’est un ami, un vieux chercheur d’or que l’on a connu qui nous
l’a donnée comme gage d’amitié entre nous.

Le vieux Edge, s’arrête brusquement, fixe les deux garçons, et


tout en continuant de la retourner entre ses doigts tremblotant
leur dit :

EDGE
Elle est très spéciale en effet… Il y a longtemps que je n’ai pas
vu une pièce d’or d’une telle dimension et d’un tel poids…
D’ailleurs, l’inscription sur un côté, « COLORADO 1880 »,
justifie bien cela. Mais c’est la tête de lapin gravée sur l’autre cô-
té de la pièce qui m’intrigue le plus.

JULES
(dégourdi) C’est que ce vieux chercheur d’or était aussi un ex-
cellent trappeur. Ceux qui l’on vu se déplacer en forêt sur la nei-
ge avec sa paire de raquettes disent qu’il était rapide comme un
lapin sur la neige. De là ce surnom de « Jack Rabbit » et de cette
tête de lapin gravée sur sa pièce d’or.

Bénédict veut voir à son tour et dit à son père tout en lui tendant
la main :

BÉNÉDICT
(à Edge) Faites-moi voir.

Il la lui remet, devient soudainement très jongleur, puis la mé-


moire revenant et tout en les regardant, il leur dit :

174
EDGE
(à Jules et Verne) C’est curieux… j’ai déjà entendu parlé de ce
type-là par mon père… Je crois même qu’il est venu acheter au
magasin une ou deux fois, mais on ne l’a plus revu après.

Comme la tête de lapin gravée ressemble à celle représentant le


symbole Playboy, Bénédict fait tout de suite le rapprochement et
ne peut s’empêcher d’y aller d’une plaisanterie à double sens. Il
reluque d’abord son père en lui montrant le côté de la tête de
lapin, lui fait un clin d’œil, s’arrête tout en retournant la pièce
d’or entre ses doigts et leur lance en se tordant de rire :

BÉNÉDICT
Comme ça il était rapide! Hi, hi, hi, hi, comme un lapin! Hi, hi,
hi, hi, C’est ce qu’on disait de lui en plus! Hi! hi, hi, hi,

Verne réplique d’une façon ingénue :

VERNE
Ouais, parfaitement. C’est ce qu’on disait de lui.

L’entendant, les deux Thompson éclatent de rire :

EDGE ET BÉNÉDICT
MWAHAHAHA! MWAHAHAHA! MWAHAHAHA!

Gêné par toute cette rigolade, il tire le bras de son grand frère en
lui disant :

VERNE
(à Jules) Je crois qu’ils se moquent de nous. Reprenons notre
pièce d’or et allons-nous-en d’ici.

Les deux Thompson riant, Jules hausse le ton pour qu’ils puis-
sent l’entendre, et lui dit :

JULES
(à Verne) Tu as raison, ils n’ont pas l’air très sérieux!

175
Comme ils continuent de rire, il répète plus fort, survolté :

JULES
Ça suffit!! Assez rigolé maintenant!! Rendez-nous notre pièce
d’or!!

Les deux Thompson obtempèrent et cessent de rire. Réalisant


qu’ils ont peut-être été trop loin et les voyant reprendre leur
pièce d’or et s’en aller, Bénédict s’empresse de s’excuser et leur
crie :

BÉNÉDICT
Non attendez! (en le bégayant) Neee… partez pas… co…
comm… comme ça voyons, on s’excuse et on oublie tout ça.
Que voulez-vous, nous avons une énorme différence d’âge. C’est
normal que nous ne pensions pas tout à fait pareil. Enfin, vous
comprenez. Et puis il y a la fatigue. Cette semaine on s’est tapé
tout l’inventaire du magasin et on s’est couché très tard.

Mettant la main sur l’épaule de son père, il lui dit en le secouant


légèrement :

BÉNÉDICT
(à Edge) Pas vrai Edge… car de nos jours, plus on est gros, plus
il faut s’occuper de sa business.

Il devient plein d’égard envers eux, et prenant quelques frian-


dises sur les tablettes à l’avant du comptoir, il leur donne et leur
dit, pour les amadouer :

BÉNÉDICT
(à Jules et Verne) Maintenant, si on parlait affaires. Que désirez-
vous acheter avec votre pièce d’or, hein?

128. INT. MAGASIN – ALLÉE – PROXIMITÉ ENTRÉE

Jules se dirige aussitôt vers le petit baladeur Sony qu’il avait vu à


l’entrée du magasin et lui dit, en le prenant dans ses mains :

176
JULES
Moi, c’est ce que je veux.

BÉNÉDICT
C’est un très bon choix. Tous les jeunes d’aujourd’hui rêvent
d’en posséder un. Tiens, voilà le casque d’écoute. En prime,
étant donné que vous payez comptant, je te donne des piles ainsi
que la cassette contenant les meilleurs succès rock’n roll de 1955
à 1965. Tu sais… Johnny B. Goode de Chuck Berry, Great Balls
of Fire de Jerry Lee Lewis, Twist and Shout des Beatles…

Comme il croit qu’ils sont des gosses qui vivent en 1985 et que
Jules n’arrive pas à lui cacher qu’il n’y comprend rien, il ajoute,
voulant le lui vendre à tout prix :

BÉNÉDICT
(à Jules) Bon, je te le concède, ce n’est pas de la musique de ton
temps, mais tu vas l’aimer j’en suis sûr.

Fasciné par l’invention, il tient à l’avoir coûte que coûte et lui


réitère sans la moindre hésitation :

JULES
Non, c’est ce que je voulais. Je prends tout.

Ils reviennent avec l’appareil au comptoir-caisse.

129. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE

Puis le gérant demande à Verne :

BÉNÉDICT
Et toi, que désires-tu te payer avec la pièce d’or? As-tu fait ton
choix?

Il reste muet quelques secondes, le doigt sur la bouche, jette un


regard autour de lui, fait quelques pas en direction de l’arrière-
boutique du magasin et revient à sa place initiale pour lui ré-

177
pondre :

VERNE
Moi, eh bien... je voudrais une grosse boîte de vos plus beaux
feux d’artifices.

Bénédict surpris par son choix et décelant une incohérence de


langage, – parce qu’il ne comprend pas qu’il puisse savoir qu’il
vend des feux d’artifices –, lui demande :

BÉNÉDICT
Comment sais-tu petit que je peux t’offrir des feux d’artifices,
puisque tu ne les as pas vus et que je ne t’en ai jamais parlé?

VERNE
Disons que je sais que vous en avez toujours une grosse boîte en
stock à l’arrière du magasin.

Jules voyant le gérant retirer son cigare de la bouche, hésitant à


le croire, lui balance :

JULES
(à Bénédict) C’est qu’il a comme un sixième sens! Il sent les
choses, voyez-vous. Il a l’instinct des affaires. On n’y peut rien.
C’est comme ça.

Réalisant qu’il a peut-être vendu la peau de l’ours avant de


l’avoir tué et ne sachant plus trop quoi penser, il se passe la main
dans le visage, puis revient à la charge avec des mots dissimulant
mal son désir de le voir renoncer à ce choix onéreux :

BÉNÉDICT
(à Verne) Hum… et je suppose que c’est ce que tu aimerais
avoir?

VERNE
C’est exact monsieur Thompson. J’ai toujours rêvé de me faire
les plus beaux feux d’artifices un jour.

178
Le voyant changer d’air et devinant tout le casse-tête que cela lui
cause il pousse l’audace jusqu’à lui dire, – un peu comme Denis
Mitchell avec monsieur Wilson dans la très populaire série
télévisée américaine, Dennis the Menace (Denis la petite peste) :

VERNE
Dites-moi monsieur Thompson, qu’est-ce qui vous chiffonne tout
à coup, vous semblez fort inquiet?

Fort embarrassé il lui répond :

BÉNÉDICT
Heuuu… eh biennn… c’est queee… c’est…

Edge l’interrompt, inquiet des proportions que prend l’affaire :

EDGE
(à Verne) C’est qu’il va falloir peser ta pièce d’or, et calculer
combien elle vaut aujourd’hui sur le marché international. Il y en
a sûrement pour plusieurs centaines de dollars dans cette boîte…
tu comprends?

VERNE
J’ignorais que ça pouvait coûter si cher. Il n’y pas de problème,
monsieur.

Tirant le journal replié qu’il avait dans la poche droite de son


fauteuil roulant et tout en commençant à le feuilleter jusqu’à la
page des indices boursiers il commande à son fils :

EDGE
Bénédict, prends la pièce d’or et pèse-la.

Bénédict va promptement vers la balance au bout du comptoir en


prenant bien soin de la déposer à plat au centre, et pendant qu’il
observe l’aiguille oscillée, Edge, qui fait les colonnes de la page
de son doigt tremblotant, s’arrête subitement sur la valeur exacte
du métal précieux et s’exclame avec vivacité :

179
EDGE
Je l’ai trouvé! Écris-le. Aujourd’hui, le prix de l’or sur les mar-
chés internationaux est de 617 dollars US l’once.

Il l’écrit sur un bout de papier. Apercevant l’aiguille qui vient de


s’arrêter, il s’écrie :

BÉNÉDICT
Elle pèse 5 onces!

Prenant une mini-calculatrice juste à côté, il continue et mur-


mure, – tous attendant le résultat :

BÉNÉDICT
Donc, 5 fois 617 dollars égal…

N’en croyant pas ses yeux et refaisant rapidement le calcul une


seconde fois il s’arrête, enlève son cigare de la bouche puis,
fixant son père, il s’écrie :

BÉNÉDICT
Elle vaut exactement 3 085 dollars US!

Jules et Verne bondissent de joie en entendant le chiffre et s’ex-


clament, Verne le premier, Jules le second :

VERNE
Wow! Notre pièce d’or vaut plus de 3 000 dollars!

JULES
Ouais, c’est tout un cadeau que Jack nous a fait là, hein!

À la fois soulagé d’en connaître la valeur et un peu confus, Edge


regarde Verne et lui fait cette réflexion pour le moins envieuse :

EDGE
(à Verne) Tu as de la veine petit… c’est vraiment plus que je ne
le croyais.

180
S’adressant à son fils et visiblement contrarié, il lui commande
d’un ton sec :

EDGE
(à Bénédict) Va chercher la boîte!

Complètement dans la lune et ne réagissant pas il lui dit, exas-


péré :

EDGE
Non mais qu’est-ce que t’attends... Noël! Va chercher la boîte
que je t’ai dit!

BÉNÉDICT
OK, OK, j’ai compris, j’y vais.

Il part en marchant à grands pas vers l’arrière du magasin et


revient avec la boîte sur un chariot. Il arrache la liste de prix qui
y est brochée et commence le compte de leurs achats et dit :

BÉNÉDICT
Bon… ceux-là sont à 7,95 $ chacun. Et il y en a cinquante au
total, ce qui fait exactement 397,50$. Ceux-ci sont à 12,95 $
chacun, et il y en a…

Additionnant le prix du baladeur et voyant les chiffres qui


apparaissent, il avale difficilement sa déception et leur dit en les
regardant :

BÉNÉDICT
(lentement) Ce qui fait exactement 3 028 dollars et 69 cents.

Voyant qu’il restait encore un peu d’argent, Jules et Verne


n’hésitent pas à mettre les deux radins à l’épreuve et leurs disent,
Jules le premier, Verne le second :

JULES
(le montrant) Il nous faudrait également cette voiturette là-bas

181
afin de pouvoir transporter tout.

VERNE
(enchaînant) Et comme nous avons très faim, nous aimerions
prendre un bon repas avec ça.

Bénédict va aussitôt vers l’avant du magasin en marmonnant


seul. Il ramène la voiturette et lui crache :

BÉNÉDICT
(à Jules) Tiens, la voilà ta voiturette!

Se rendant bien compte qu’il est sur le bord d’éclater, Jules fait
exprès et pousse l’audace jusqu’à lui dire avec indolence :

JULES
(à Bénédict) Ouais… ça ira.

Edge se délie la langue pour leur dire :

EDGE
Et vous voulez prendre un repas avec ça si j’ai bien compris?
(tout en se dirigeant vers le téléphone) OK, je vais vous arrangez
ça tout de suite.

Il se dirige vers le téléphone fixé au mur derrière le comptoir.


Décrochant le combiné, il compose le numéro du Lou’s Cafe. La
sonnerie se faisant entendre, le propriétaire du restaurant en
1985, BILLY Carruthers, 43, fils de Lou’s, répond :

130. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH

BILLY
Restaurant Lou’s Cafe bonjour! Billy Carruthers à l’appareil.
Que puis-je faire pour vous?

182
131. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE – MUR

EDGE
Billy, c’est Edge Thompson. Dis-moi, tu as toujours ton spécial
du midi à 2,95 $ tout compris?

132. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH

BILLY
Ouais, j’ai toujours ça Edge. Pourquoi?

133. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE – MUR

EDGE
Parce que j’ai deux gosses ici qui voudraient prendre un bon re-
pas. Tu leur donneras ton spécial du midi que tu mettras sur mon
compte. Je te les envoie.

134. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH

BILLY
Hé! attends un peu voyons! C’est l’Halloween aujourd’hui et il
y a plein de monde ici tu comprends! Aussi, afin d’éviter toute
confusion, j’aimerais avoir au moins leurs noms.

135. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE – MUR

EDGE
Dalton, Tom et Jerry Dalton. Ça te va comme ça!

136. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH

Ne comprenant pas son irritabilité, ni le pourquoi de sa mauvaise


humeur, il lui répond calmement :

BILLY
C’est tout ce que je voulais savoir Edge.

183
Ayant raccroché sans aucun merci, il s’exclame, raccrochant à
son tour, très frustré :

BILLY
Argh! ce qu’il peut être de mauvais poil parfois celui-là. C’est à
se demander s’il n’a pas le diable au corps aujourd’hui.

137. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE – MUR

Edge se tourne vers Bénédict resté derrière le comptoir-caisse et


lui lance :

EDGE
Bon, combien tout cela fait-il à présent, hein!

Additionnant le prix de la voiturette avec les deux repas du res-


taurant, Edge fixe son regard sur les deux garçons. La désillusion
est complète quand Bénédict lui dit avec une tête d’enterrement,
enlevant son cigare de la bouche :

BÉNÉDICT
Cela fait exactement 3 084 dollars et 32 cents…

Ayant du mal à admettre qu’ils se retrouvent au bout du compte


avec un aussi ridicule bénéfice, Edge s’écrie, confus :

EDGE
Quoi! Mais comment se fait-il…

Abasourdi, la tête appuyée sur une main; l’autre retournant entre


ses doigts son crayon à mine de plomb, Jules et Verne, très fiers
d’eux, ne peuvent s’empêcher de mettre la goutte qui va faire
déborder le vase. Tout en se dirigeant à reculons vers la sortie
avec leur voiturette bien remplie, Jules le premier, leur dit, mo-
queur :

184
138. INT. MAGASIN – ALLÉE

JULES
(à Edge et Bénédict) Eh bien… je crois que finalement, le
compte est bon. Mon père dit toujours que « de vrais gentlemen
devraient toujours laisser un pourboire pour un service rendu ».
Aussi, vous pouvez garder la monnaie. Vous le méritez bien. Je
dois même dire que ce fut un réel plaisir de traiter avec vous.

Verne, qui recule au même pas que son frère, fixe son regard sur
Bénédict resté derrière le comptoir-caisse et lui cite, d’un ton de
petit bourgeois érudit, cette leçon tirée de la fable « Le Renard et
le Corbeau », de Lafontaine :

VERNE
(à Bénédict) « Mon bon monsieur, apprenez que tout flatteur vit
aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un froma-
ge, sans doute. » dit le renard au corbeau.

Fronçant les sourcils et prenant un ton plus grave, il complète :

VERNE
Et Lafontaine conclut : « Le corbeau, honteux et confus, jura,
mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus... »

Puis, s’immobilisant le sourire fendu jusqu’aux oreilles, il leur


crie :

VERNE
(à Bénédict et Edge) Autrement dit, les esprits fins que nous
sommes ont eu raison des esprits radins que vous êtes!

Le grand frère ajoute :

JULES
(en riotant) Vous devriez voir la tête que vous faites en ce mo-
ment.

185
Verne leur crie :

VERNE
(en chantant) Nous sommes les meilleurs! Nous sommes les
meilleurs! Nous sommes les meilleurs!

139. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE

Bénédict, les deux mains sur le comptoir-caisse et bondissant de


colère, leur dit :

BÉNÉDICT
(marmonné) Petits morveux… attendez que je vous attrape et
que je vous jette dehors à ma façon!

140. INT. MAGASIN – COMPTOIR-CAISSE – ALLÉE

Passant de l’autre côté du comptoir-caisse, il fonce vers eux sous


les encouragements et les rires acerbes de Edge :

EDGE
Allez vas-y! Hi, hi, hi, hi, Attrape-moi ces deux malappris et
donne-leur une bonne leçon! Hi, hi, hi, hi, Rira bien qui rira le
dernier!

141. INT. MAGASIN – ALLÉE

Jules, le voyant s’amener, furieux, presse Verne tout en l’empoi-


gnant par le dos de sa veste et lui dit :

JULES
Viens, fichons le camp d’ici!

Puis ils se mettent à courir dans la grande allée jusqu’à la sortie.

142. INT. MAGASIN – SORTIE

Arrivés à la sortie ils sont retardés par la voiturette trop chargée

186
qui a du mal à passer dans la porte qui se rabat. Faisant des pieds
et des mains pour la dégager, et Bénédict se rapprochant de plus
en plus, Verne à l’arrière qui la pousse, crie :

VERNE
(à Jules) Vite! Il arrive!

Jules à l’avant, qui la tire, se retourne, et l’apercevant qui arrive,


s’exclame, au moment où il tente de la dégager en retenant la
porte :

JULES
Merde! On est fait comme des rats!

Bénédict agrippant la voiturette d’une main au moment où ils


parviennent à la dégager, le gérant au gros cigare croyant les
tenir leur dit, – les deux garçons à l’avant la tirant :

BÉNÉDICT
Je vous tiens, petits morveux!

Voyant la grande porte vitrée se rabattre sur son autre main ap-
puyée sur le cadrage métallique, Verne lui réplique :

VERNE
Mais pas pour longtemps je crois.

La porte se rabattant sur sa main, il crie, se tordant et grimaçant


de douleurs :

BÉNÉDICT
Ouch!! (lâchant aussitôt la voiturette)

143. EXT. MAGASIN – TROTTOIR

Descendant sur le trottoir, tenant sa main blessée avec l’autre


main, il se contente de les regarder fuir avec la voiturette et dit :

187
BÉNÉDICT
Sales gosses…

144. INT. LOU’S CAFE – AILE D – BANQUETTE


TABLE FOND

Au Lou’s Cafe Doc vient de terminer d’écrire sa lettre à Marty et


cherche un moyen de la lui remettre le plus discrètement possible
tout en buvant son chocolat chaud et murmure :

DOC
(se parlant) À présent, il faut absolument que je la lui remette...
bien entendu la chose serait peut-être plus facile si c’étaient des
mains de Jennifer Parker.

Prenant sa tasse de chocolat chaud et ingurgitant d’une seule gor-


gée ce qui reste, il l’aperçoit qui entre déguisée en comtesse, om-
brelle fermée d’une main et éventail de l’autre. À la fois surpris
et content, il s’écrie, sans qu’elle l’entende :

DOC
(à voix basse) Nom… de… Zeus! Jennifer Parker, en plein la
personne qu’il me fallait. Ça ne pouvait pas tomber mieux!

145. INT. LOU’S CAFE – ALLÉE PRINCIPALE

Juste après, entrent Douglas Needles et son gang, des punks, les
emmerdeurs du coin. S’avançant près de Jennifer, NEEDLES re-
garde ses copains, et leur dit, railleur :

NEEDLES
Hé, les gars… vous avez vu ça… il y a même de vraies poupées
qui se trimballent aujourd’hui et qui ne demandent pas mieux
que de se faire peloter je crois!

La prenant par la taille il la presse contre lui, et lui dit, les yeux
fixés sur sa poitrine :

188
NEEDLES
(à Jennifer) Dis donc... c’est que tu as de beaux nichons avec ce
corsage bien ficelé.

Mal à l’aise et cherchant à se défaire de ses bras tentaculaires,


elle lui répond :

JENNIFER
(riposté) Lâche-moi Needles! Laisse-moi tranquille!

146. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH –


CUISINE

Le restaurateur qui s’est planté dans l’embrasure de la porte sé-


parant la cuisine du comptoir lunch s’en mêle et lui ordonne avec
force :

BILLY
Lâche cette fille tout de suite Needles! Sinon j’appelle la police,
tu entends!

147. INT. LOU’S CAFE – ALLÉE PRINCIPALE

N.B. — Needles et son gang, ainsi que tous les autres, à l’ex-
ception de Jennifer et Marty, ne savent pas que le Doc Brown, le
26 octobre 1985, était parti vivre au Far West. Ceux-ci croient
tout simplement qu’il s’est déguisé en maréchal-ferrant du Far
West pour la circonstance.

Needles pousse l’effronterie plus loin, ne lâche pas prise pour


autant et se met à la harceler. Doc qui s’est levé et se tient main-
tenant debout dans l’allée, ses deux Colts en main, cause une
vive surprise lorsqu’il lui dit, haut et fort :

DOC
(à Needles) Tu es sourd! Il vient de te dire de la lâcher!

Grand silence — Puis il s’avance et s’arrête à quelques pieds du

189
punk. Jennifer à la fois contente et stupéfaite de le revoir en 1985
lui dit :

JENNIFER
Docteur Brown… c’est bien vous?

Il lui sourit, se fait rassurant, et lui répond :

DOC
Oui, c’est bien moi.

Needles n’ayant aucun doute sur la personnalité du savant, ne


manque pas de le tourner en dérision. S’adressant à Jennifer il lui
dit :

NEEDLES
(à Jennifer) Tu te demandes si c’est bien lui... pour ma part je ne
crois pas qu’il y ait sur cette planète un scientifique qui soit aussi
fou et excentrique que ce cher Doc Brown!

LES MEMBRES – GANG DE NEEDLES, éclatent de rire :

LES MEMBRES – GANG DE NEEDLES


WHA HA! HA! HA! WHA HA! HA! HA!

Les rires cessant, Le MEMBRE 1 – GANG DE NEEDLES lui


lance :

MEMBRE 1 – GANG NEEDLES


Hé! Einstein, t’en avais assez de rester enfermé dans ton labo que
t’as décidé finalement de te joindre à nous déguisé en maréchal-
ferrant du Far West avec de gros pétards en main… Sacré diffé-
rence toutefois, vous ne trouvez pas les gars!

Gros éclats de rires de la part de, NEEDLES ET LES MEM-


BRES :

190
NEEDLES ET LES MEMBRES
WHA HA! HA! HA! WHA HA! HA! HA!

Les rires cessent. Le MEMBRE 2 – GANG DE NEEDLES, lan-


ce à son tour :

N.B. — Il dit cela ici sans savoir que c’est lui qui avait piqué le
plutonium aux terroristes libyens dans RVLF 1.

MEMBRE 2 – GANG NEEDLES


Je suppose que ton cheval est très racé et qu’il se nourrit de plu-
tonium!

Le MEMBRE 3 – GANG DE NEEDLES rajoute :

MEMBRE 3 – GANG NEEDLES


En tout cas… j’espère que son crottin n’est pas radioactif!

Il s’ensuit de gros éclats de rires de la part de Needles et toute sa


bande :

NEEDLES ET LES MEMBRES


WHA HA! HA! HA! WHA HA! HA! HA!

Doc, resté impassible, vise les pieds de Needles et lui tire une
balle sur le bout de chacune de ses bottes de cuir. C’est la cons-
ternation. Needles lâche Jennifer, se met à sautiller avec ses bot-
tes effritées et fumantes, se plaignant et gémissant :

NEEDLES
Hahiyahou! Hahiyahou! Hahiyahou! Hahiyahou! Hahiyahou!

S’arrêtant brusquement, humilié, furieux, les yeux désorbités, il


lui crie :

NEEDLES
(à Doc) Mais c’est que tu es devenu complètement parano! Tu
aurais pu me blesser!

191
La panique s’emparant du gang, le MEMBRE 2 – GANG DE
NEEDLES dit aux deux autres membres du gang, restés com-
plètement interdits :

MEMBRE 2 – GANG NEEDLES


(à ses copains) Il doit être gelé… il est plutôt du genre sans
problème... vite, tirons-nous d’ici!

148. INT. LOU’S CAFE – SORTIE

Le chef du gang les voyant tous filer, les suit en marchant sur le
talon de ses bottes, se retourne sur le seuil et vocifère au scien-
tifique :

NEEDLES
(à Doc) Je vais porter plainte!! Je ferai signer une pétition s’il le
faut!! Et je te ferai interner!!

Puis il sort.

149. INT. LOU’S CAFE – ALLÉE PRINCIPALE

Doc remet les pistolets dans leur étui, regarde Jennifer, Billy,
ainsi que tous ceux qui se trouvent là et leur dit, navré :

DOC
(à tous) Je suis navré. Je n’avais pas l’intention de troubler la fê-
te. Mais comme il me restait une balle dans chacun de mes pis-
tolets et que cette espèce de névrosé ne la lâchait pas... j’ai cru
qu’il n’y avait plus que ce moyen pour lui faire entendre raison.

150. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH

Le restaurateur s’empresse de le rassurer et lui dit, – croyant


toujours avoir à faire à Doc vivant en 1985 :

BILLY
(à Doc) Ne t’en fais pas avec ça Emmett… tout le monde a com-

192
pris que c’est tout ce qu’il méritait.

S’adressant à tous, il ajoute :

BILLY
(à tous) Vous avez compris vous autres… si un policier vient et
nous interroge on lui répond qu’on ne sait pas de quoi il parle.

La sympathie se traduit aussitôt par de bons mots à l’égard du


savant. Successivement, et à tour de rôle, le CLIENT 1, un vieux
routier dans la cinquantaine assis sur le dernier tabouret pivotant
à l’extrémité du comptoir lunch, le CLIENT 2, une fille, 17, dé-
guisée en infirmière, assise à la banquette de la table du milieu
de l’aile G (gauche) et le CLIENT 3, un gars, 21, déguisé en
clown, assis à la banquette de la table du coin de l’aile D (droite)
répondent :

151. INT. LOU’S CAFE – EXTRÉMITÉ COMPTOIR


LUNCH

CLIENT 1
Il n’y a pas de problème!

152. INT. LOU’S CAFE – AILE G – BANQUETTE


TABLE MILIEU

CLIENT 2
Tu peux compter sur nous Billy!

153. INT. LOU’S CAFE – AILE D – BANQUETTE


TABLE COIN

CLIENT 3
Tout à fait! Le docteur Brown est un type trop bien!

154. INT. LOU’S CAFE – ALLÉE PRINCIPALE

Doc, ému d’une telle solidarité, toujours face à Jennifer, lui dit,

193
tout en pliant les rebords de son grand chapeau qu’il a enlevé, la
boule dans l’estomac et la voix remplie d’émotion :

DOC
(à Jennifer) Mon Dieu... je ne croyais pas que les gens de Hill
Valley m’estimaient à ce point.

Sa présence confirmant ses appréhensions du matin avec Marty


et sachant à présent qu’elle parle bel et bien au docteur Brown
parti vivre au Far West qui, pour une raison qu’elle ne connaît
pas encore, effectue un autre voyage dans le temps, elle lui sou-
rit, l’embrasse sur la joue et lui dit :

JENNIFER
Merci docteur Brown, vous êtes vraiment quelqu’un sur qui l’on
peut compter “en tout temps”.

Puis elle ajoute, n’y pensant pas sur le coup, restée impression-
née par son habileté aux pistolets et le découvrant pour la pre-
mière fois :

JENNIFER
J’ignorais que vous saviez tirer du pistolet.

Fort embarrassé, il lui répond, – tout le monde les écoutant :

DOC
Eh biennn… jeee… jee… je me suis pratiqué seul… le matin…
très tôt le matin… non loin d’ici.

Il reprend avec plus d’assurance, jouant sur les mots, comme


elle :

DOC
À vrai dire, je cherchais plutôt un moyen de “tuer le temps” en
trouvant quelqu’un qui puisse remettre… (sortant de la poche
intérieure de son manteau la lettre qu’il a écrite à Marty) …cette
lettre à Marty, tu vois. C’est que j’ai de gros ennuis mécaniques

194
avec mon véhicule, (lui faisant un clin d’oeil) et je dois les ré-
soudre avant ce soir. Quand je t’ai aperçue, je me suis dit « en
plein la personne qu’il me fallait ».

Il lui remet la lettre, elle la prend et lui dit, ravie de pouvoir l’ai-
der à son tour :

JENNIFER
Mais c’est la moindre des choses docteur Brown. J’y vais de ce
pas et la lui remettrai moi-même. N’ayez crainte.

Puis elle part. Doc fait de même, mais préfère sortir par la porte
de la cour arrière.

155. EXT. LOU’S CAFE – COUR ARRIÈRE –


STATIONNEMENT

Arrivé à l’extérieur il jette un dernier regard tout autour de lui et


murmure seul :

DOC
(se parlant) Il ne me reste plus qu’à retourner à l’ancienne
minoterie et l’attendre… en espérant qu’il viendra. (en parlant de
Marty)

156. INT. LOU’S CAFE – ENTRÉE – COMPTOIR


LUNCH

Jules et Verne font leur entrée, se dirigent tout droit au comptoir,


prennent place sur les tabourets pivotants et enlèvent leur cas-
quette. Les ayant vite remarqués, Billy s’approche d’eux en les
regardant avec de grands yeux et leur dit, un peu surpris :

BILLY
Ça par exemple… c’est que vous devez avoir des parents qui ont
drôlement le souci de la politesse. Je ne rencontre pas souvent de
gosses de votre âge qui enlèvent leurs casquettes lorsqu’ils en-
trent dans un restaurant, encore moins lorsqu’ils s’assoient pour

195
manger.

VERNE
C’est juste, monsieur.

Le restaurateur poursuit, voulant les connaître davantage :

BILLY
C’est la première fois que je vous vois. Comment vous appelez-
vous?

JULES
Nous sommes Tom et Jerry Dalton. Moi c’est Tom, (se pivotant
vers son petit frère) lui c’est Jerry.

En entendant leur noms Billy s’exclame :

BILLY
Ah! OK, je vois. Vous êtes les deux gosses que le vieux Edge
Thompson m’envoie et à qui je dois servir un spécial du midi. Il
est un peu tard, mais il m’en reste encore. Aujourd’hui c’est un
“hamburger steak” qui est au menu avec breuvage, soupe et des-
sert.

Ne comprenant rien de ce qu’il veut dire, ils se regardent, haus-


sent les épaules, et lui demande d’une seule voix :

JULES ET VERNE
Et c’est quoi un “hamburger steak” ?

Étonné, il leur dit :

BILLY
Eh bien là je dois dire que vous me surprenez un peu. C’est du
bœuf haché servi avec de la sauce, des patates en purée et des
betteraves. Cela répond à votre question?

Du tac au tac Jules lui répond :

196
JULES
Ça répond à la question.

Billy enchaîne :

BILLY
Et vous prendrez quoi comme breuvage?

Jules, commandant le repas, lui dit :

JULES
Nous prendrons chacun un grand verre de lait.

BILLY
Je vous sers une soupe aux légumes maison avec ça?

JULES
Nous prendrons la soupe également.

BILLY
Je vous l’apporte tout suite.

Avant qu’il ne parte Verne demande :

VERNE
Et le dessert?

BILLY
Une pointe de tarte aux pommes, petit.

Très content, il s’exclame :

VERNE
Chouette alors! C’est celle que je préfère.

Pendant qu’il va chercher leurs soupes, Jules prend une profonde


respiration puis la relâche en disant :

197
Marty qui s’est endormi sur le fauteuil se fait alors brutalement
réveiller par tout ce monde qui, tellement embarqué dans le film,
se met à gémir et à crier tous en chœur, au moment où Freddy
s’apprête à embrocher une de ses victimes avec ses longs doigts
en forme de pics à glace. (Page 199)

198
JULES
Dieu que ça sent bon ici… surtout quand on a l’estomac dans les
talons.

Verne trouve que le moment est venu d’obtenir une réponse à


une question existentielle les concernant et dit à Jules :

VERNE
(à Jules) Hé, je crois que c’est le moment d’en savoir un peu plus
sur notre existence ou sur ce que nous sommes devenus. C’est
vrai, qu’en penses-tu?

Apercevant Billy qui revient, il lui murmure en catastrophe :

JULES
Attention! le voilà qui revient.

Arrivé au comptoir il leur remet chacun un bol de soupe et re-


tourne à la cuisine.

157. INT. MAISON MCFLY – SALON – APRÈS-MIDI

Chez les Mcfly le spectre de la réponse va bientôt s’agiter pour


Marty. Toute sa famille, y compris leur valet Biff Tannen, ont les
yeux rivés sur le petit écran. Le film d’horreur, La revanche de
Freddy (A Nightmare on Elm Street Part 2 : Freddy’s Revenge)
joue. Marty qui s’est endormi sur le fauteuil se fait alors brutale-
ment réveiller par tout ce monde qui, tellement embarqué dans le
film, se met à gémir et à crier tous en chœur, FAMILLE MCFLY
ET BIFF, au moment où Freddy s’apprête à embrocher une de
ses victimes avec ses longs doigts en forme de pics à glace, –
Marty hurlant par ricochet et bondissant de son fauteuil :

FAMILLE MCFLY ET BIFF


NONNNNNN!!!

MARTY
HAAAAAAA!!!

199
Maison de la famille McFly.

200
Reprenant quelque peu ses esprits mais encore sous l’émoi il leur
dit :

MARTY
Misère… quel film d’horreur et quelle Halloween! Si ça conti-
nue, je vais faire une syncope avant le bal de ce soir.

Après, les regardant tous, il jette un coup d’œil sur sa montre et


ajoute :

MARTY
(regardant sa montre) Merde! Il est 1 h 38. Il faut que j’y aille.
Je dois retourner voir le type du magasin de location de costumes
d’Halloween. Il devait rétrécir mon chapeau. Il ferme à 4 h au-
jourd’hui!

158. INT. MAISON MCFLY – ENTRÉE

Au moment où il s’apprête à sortir de la maison, sa mère Lorrai-


ne arrive avec empressement pour lui communiquer :

LORRAINE
Oh, j’allais oublier, Jennifer Parker a téléphoné pendant que tu
sommeillais. Elle m’a priée de te dire qu’elle avait une lettre très
importante à te remettre avant le bal de ce soir. Et qu’elle serait
au… 1280 Salem street appartement 56 jusqu’à 8 h. Des gens du
magazine Évasion, qui l’ont rencontrée cet après-midi, l’ont rete-
nue pour une séance de photographies.

Frapper de consternation par la nouvelle il s’écrie :

MARTY
Une lettre!

LORRAINE
Oui, une lettre… c’est ce qu’elle m’a priée de te dire.

Comme il demeure muet, elle lui demande, inquiète :

201
LORRAINE
Ça va Marty?

Préférant lui cacher ce qui le perturbe profondément il répond :

MARTY
Ça va.

Comme elle a encore des doutes, elle veut s’assurer une dernière
fois et réitère :

LORRAINE
Tu es sûr?

La main sur la poignée de la porte il se retourne et lui dit :

MARTY
Non ça va… ce n’est rien… ne t’inquiètes pas.

Puis il s’avance, l’embrasse sur la joue, et sort.

159. INT/EXT. MAISON MCFLY – COUR – GARAGE

Il court jusqu’à son 4x4, monte dedans, démarre, et part.

Musique Back in Time de Huey Lewis and The News. (H/C)

160. EXT. INTERSECTION – FEUX DE CIRCULATION


– RUE

Rendu à une intersection où le feu de circulation change au rouge


il aperçoit Needles qui vient de son côté sur le trottoir marchant
sur les talons de ses bottes d’un train d’enfer. Remarquant
qu’elles ont les bouts effrités il baisse sa vitre et ne peut s’empê-
cher de se moquer de son rival et lui lance :

MARTY
Hé! Needles, qu’est-ce que t’as fait à tes bottes? Tu as décidé de

202
te déguiser en ramoneur de cheminées ou quoi? C’est pour ça
que tu les as transformés en brosse à ramoner?

161. EXT. INTERSECTION – TROTTOIR

Needles revient sur ses pas et s’appuyant d’une main sur le po-
teau des feux de circulation il lui crie, reprenant son souffle :

NEEDLES
C’est ton copain… cette espèce de savant fou de Doc Brown qui
m’a fait ça!! Il m’a tiré dessus et a failli m’arracher les deux
pieds. Mais ça ne restera pas là!! Il va me le payer!!

162. EXT. INTERSECTION – FEUX DE CIRCULATION


– RUE

Ne comprenant rien de tout ce charabia, il présume qu’il doit


encore être sous l’effet de la drogue ou de l’alcool et objecte en
riant :

MARTY
Voyons Needles… tu sais comme moi que Doc n’a pas d’armes
à feu et qu’il sait encore moins s’en servir. (il parle de celui qu’il
connaît en 1985) Il faudrait que tu cesses de doubler tes rations
de cocaïne, mon vieux. Tu dois être sous l’effet d’une overdose,
ce n’est pas possible.

Needles lui réplique :

163. EXT. INTERSECTION – TROTTOIR

NEEDLES
Ah ouais! Ce connard se promène déguiser en maréchal-ferrant
du Far West avec deux longs Colts chargés. Mais toi, je ne com-
prends pas, tu es normalement celui qui devrais le savoir déjà?

203
« Ah ouais! Ce connard se promène déguiser en maréchal-ferrant
du Far West avec deux longs Colts chargés. Mais toi, je ne
comprends pas, tu es normalement celui qui devrais le savoir
déjà? » (Page 203)

204
164. EXT. INTERSECTION – FEUX DE CIRCULATION
– RUE

Resté bouche bée, pensif, le feu changeant au vert et les automo-


bilistes derrière lui s’impatientant et klaxonnant il s’écrie :

MARTY
Argh! Ça va! respirez par le nez, on relaxe.

Accélérant, il poursuit, se parlant à lui-même :

MARTY
(se parlant) C’était bien vrai… je n’hallucinais pas à la biblio-
thèque… Doc est vraiment de retour. Needles l’a vu lui aussi.
Mais pourquoi… ça je sens que je vais bientôt le découvrir.

Le punk traversant la rue aperçoit le sergent Fielmans faisant sa


ronde habituelle en voiture et se précipite dans sa direction, au
milieu des voitures qui circulent, s’agitant et répétant sans cesse,
les deux bras en l’air :

NEEDLES
Ohé, sergent Fielmans! sergent Fielmans! ohé, sergent Fielmans!

165. INT. AUTOPATROUILLE

Le SERGENT FIELMANS le voyant venir vers lui, se range à


droite, immobilise son véhicule et surpris, murmure :

SERGENT FIELMANS
Qu’est-ce qu’il peut bien me vouloir celui-là… c’est bien la pre-
mière fois que cet énergumène réclame l’aide de la police. Habi-
tuellement c’est pour s’en débarrasser que les gens nous appel-
lent.

166. EXT. AUTOPATROUILLE – TROTTOIR

Descendant et se cambrant sur le trottoir, il lui lance :

205
SERGENT FIELMANS
Qu’est-ce qui t’arrive Needles, tes boss de la drogue ne te font
plus confiance et veulent à présent te liquider? Dur dur le métier
de trafiquant, hein.

Needles arrivant et s’arrêtant près du sergent lui répond, essouf-


flé :

NEEDLES
(essoufflé) Eh bien, désolez de vous décevoir, mais c’est plutôt
à cause de ce détraqué de Doc Brown qui vit seul dans sa maison
et que je n’avais pas revu depuis une semaine. Je l’ai croisé au
restaurant. Il est armé et dangereux. Il faut absolument l’arrêter.

Puis il ment, donne sa version des faits (met les choses à son
avantage) et poursuit :

NEEDLES
Tout à l’heure, alors que je ne faisais que causer avec une belle
poule au Lou’s Cafe, il s’est présenté devant moi déguisé en
maréchal-ferrant du Far West, et pour je ne sais plus trop quoi…
il m’a tiré sur le bout des bottes avec deux longs Colts, voyez.
(lui montrant) C’est qu’il aurait pu me blesser ou m’arracher les
deux pieds. Il faut absolument arrêter cet individu et l’enfermer.
Il doit être devenu complètement dingue à force de se creuser les
méninges dans son labo.

Smog, le baba cool, le hippie de Hill Valley, présent au res-


taurant lors de l’incident, passe lentement de l’autre côté de la
rue sur le trottoir en fumant un joint de marijuana, sans gêne, à
moitié stone. Le punk est son principal fournisseur, comme bien
d’autres mineurs qu’il a entraîné dans la drogue, et les tient sous
sa tyrannie. Sûr de lui, il croit que le témoignage de Smog est
dans la poche (en sa faveur). Ne perdant pas une seconde il lui
dit :

NEEDLES
(au sergent Fielmans) Vous ne me croyez pas, voilà justement

206
Smog qui passe de l’autre côté. Il était là. Il a tout vu. Interrogez-
le, il vous le dira.

Le sergent, sceptique, se tourne vers le hippie et l’interpelle avec


force :

SERGENT FIELMANS
(à Smog) Hé, toi là-bas! Viens ici!

167. EXT. TROTTOIR AUTRE CÔTÉ DE LA RUE

Le hippie rachitique aux cheveux longs, SMOG, lui bégaye :

SMOG
Mo-mo-moi!

168. EXT. AUTOPATROUILLE – TROTTOIR

SERGENT FIELMANS
Oui, toi!

Il traverse et vient vers eux en tenant son joint de marijuana


d’une main, entre le pouce et l’index. Lorsqu’il arrive, le sergent
lui demande :

SERGENT FIELMANS
Quel est ton vrai nom, et quel âge as-tu petit?

Le garçon lui répond, la tête un peu dans les nuages (à moitié


stone) :

SMOG
(lentement) Je m’appelle Bryan Slyter sergent… et je viens
d’avoir mes 17 ans.

Sachant à présent qu’il est mineur et surtout, paraissant bien plus


victime que trafiquant, il veut le mettre en confiance et lui dit,
tout en lui enlevant doucement son joint de marijuana de la bou-

207
che :

SERGENT FIELMANS
Hé, sais-tu que ce n’est pas de la camelote que tu as là, Brian.

SMOG
C’est exact, sergent Fielmans.

Le voyant si bien disposé à collaborer avec la police, il veut en


savoir davantage et poursuit :

SERGENT FIELMANS
Et peux-tu me dire qui te la procure?

SMOG
(pointant Neddles) C’est lui, sergent Fielmans.

Il rajoute, le dénonçant :

SMOG
Et je suis à peu près sûr qu’il a encore un de ces petits sacs de
poudre blanche dans la poche intérieure de sa veste.

L’entendant, le policier change complètement d’air, se tourne


vers Needles et dit :

SERGENT FIELMANS
Tiens, tiens, tiens, intéressant…

Needles, éclatant de rage, saisi Smog par la gorge et, tout en le


secouant violemment, lui crie :

NEEDLES
Espèce de sale rat je vais te tuer!!

Le policier intervient et lui ordonne :

208
SERGENT FIELMANS
Lâche-le tout de suite Needles! Tu entends ce que je te dis!

Il le fouille et découvre un petit sac d’environ 200 grammes de


cocaïne et lui dit, le fixant droit dans les yeux :

SERGENT FIELMANS
(à Needles) Eh bien, possession et trafic de drogue, corruption de
mineurs, voyons maintenant si ta langue est aussi blanche que
cette poudre.

Reprenant avec son délateur il lui demande :

SERGENT FIELMANS
(à Smog) Connais-tu bien le docteur Emmett Brown, Brian? Par-
ce que ton copain dit que tout à l’heure, au Lou’s Cafe, celui-ci
était déguisé en maréchal-ferrant du Far West. Il lui aurait tiré
dessus en visant le bout de chacune de ses bottes et il serait à ses
yeux devenu fou dangereux.

Ne se limitant plus à la seule consigne de Billy, il veut lui faire


payer tout ce qu’il a enduré. Il couvre d’éloges le savant, mais se
fait encore plus dur envers son fournisseur, et lui dit :

SMOG
(au sergent Fielmans) Bien sûr que je le connais. C’est l’un des
plus grands chercheurs et éminent cerveau de notre pays. Hill
Valley en très fier, sergent Fielmans. De plus, ce n’est pas seule-
ment un citoyen que tout le monde respecte et dont l’honnêteté
n’est plus à faire, mais c’est aussi un être charmant et d’une ex-
trême gentillesse qui, tout comme moi, prône la paix et l’amour.
Pour tout vous dire, j’étais au Lou’s Cafe et je peux vous certifier
que je ne sais vraiment pas de quoi il parle. (en parlant de Nee-
dles)

Pointant du doigt Needles, il change de ton pour lui dire avec


rancœur, le dépeignant comme un monstre et lui faisant porter
tout le blâme :

209
SMOG
(pointant Needles) Quant à lui sergent, c’est un être sans scru-
pule et méprisable qui attire les jeunes gens comme moi dans ses
filets en leur prêtant d’abord un peu d’argent afin de leur permet-
tre de sortir et s’amuser. Ensuite, il les habitue tout doucement,
devenus dépendants de la drogue, à n’en consommer régulière-
ment. C’est la pure vérité.

Bouillonnant de colère, n’en pouvant plus de l’entendre, il l’in-


terrompt et cherche désespérément à convaincre le policier :

NEEDLES
(au sergent Fielmans) Vous n’allez tout de même pas croire sur
parole tout ce que cette petite limace raconte! Vous voyez bien
qu’il ment!

Le sergent le regarde, puis fait signe à Smog de continuer. Se


voyant gratifié de cette façon, il remercie le policier et prend
plaisir à en rajouter sur le dos du punk :

SMOG
(très flatteur) Merci sergent Fielmans. (continuant sur le dos de
Needles) Lorsqu’il les a suffisamment sous son emprise, il les
tyrannise sans relâche et les menace de leur casser les deux jam-
bes, ou tout simplement de les tuer comme des chiens. En un
mot, c’est un véritable fléau qui afflige maintenant un tas de gens
de notre ville. À cause de lui, j’ai perdu beaucoup de mon temps
à l’école, j’ai été recalé lors de mon dernier examen, et je devrai
sans doute recommencer ma quatrième année de secondaire.
C’est tout mon avenir qui risque à présent d’être compromis,
sergent Fielmans.

Touché par ses dernières paroles, il lui dit :

SERGENT FIELMANS
Je suis vraiment désolé pour toi, Brian. Toutefois, comme tu as
bien voulu collaborer avec la police et que tu es par surcroît mi-
neur, je ne t’embarquerai pas et je veillerai personnellement à ce

210
qu’aucune charge ne soit retenue contre toi.

Needles le voyant s’en tirer aussi facilement s’écrie :

NEEDLES
(au sergent Fielmans) Quoi? Vous le laissez partir comme ça?

Le sergent ne s’en occupe pas et continu :

SERGENT FIELMANS
(à Smog) Ne t’inquiète pas, à partir de maintenant tu es sous la
protection de la police.

Il lui met la main sur l’épaule et ajoute :

SERGENT FIELMANS
Tu es un ange du bien à présent.

SMOG
(très flatteur) Merci de votre bienveillance, sergent Fielmans.

Needles au bord de l’éclatement se contente de faire le perroquet


et répète :

NEEDLES
Merci de votre bienveillance, sergent Fielmans.

Sans plus attendre le policier passe les menottes au punk qui lui
crie :

NEEDLES
(au sergent Fielmans) Hé! Ce n’est pas sérieux voyons! Vous
commettez une grossière erreur! C’est cet espèce de savant fou
qu’il faut arrêter et interner!! Il est dangereux et il m’a tiré dessus
que je vous dis!!

L’empoignant par le bras il ouvre la porte arrière du véhicule et


lui réplique tout en l’embarquant :

211
SERGENT FIELMANS
(à Needles) Eh bien tu diras ça au juge.

La panique s’emparant de lui il s’agrippe les deux mains sur le


rebord du toit et hurle :

NEEDLES
(hystérique) Il faut fermer tous les accès à la ville!!! Toute la
ville doit être ensorcelée!!! Il va y avoir un poltergeist!!! Il faut
me croire!!!

169. INT. AUTOPATROUILLE – BANQUETTE


ARRIÈRE

Embarqué, la tête hors du véhicule, il reprend (N.B. — Les


Envahisseurs / The Invaders est une série télévisée des années
1967- 68) :

NEEDLES
(hystérique) Vous ne m’aurez pas comme ça!!! J’ai des droits
comme vous!!! Je vais médiatiser la chose!!! J’alerterai le Penta-
gone et le ministère de la Défense nationale!!! Vous devez être
des extraterrestres qui sont en train de nous envahir en se dis-
simulant sous une copie conforme de chacun de nous comme
dans Les Envahisseurs avec David Vincent!!!

170. EXT. TROTTOIR – RUE – FORD ECONOLINE

Radio Ford Econoline : musique Echoes du groupe Pink Floyd.

La voiture du sergent quitte les lieux en emmenant Needles.


Smog resté sur le trottoir les regardant s’en aller, quelques-uns
de ses copains, – des hippies comme lui –, à bord d’une Ford
Econoline rose placardée de dessins psychédéliques et d’un gi-
gantesque symbole Peace and Love viennent vers lui et s’arrêtent
pour lui offrir de monter avec eux. Le chauffeur, POTTY, lui
lance de sa vitre baissée :

212
POTTY
(à Smog) Hé! Smog, ne reste pas à végéter ici sur le trottoir et
viens plutôt te balader avec nous.

Il monte. La fourgonnette part sous le bruyant jeux d’un silen-


cieux défoncé et d’une radio aux décibels à leur maximum.

171. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH –


APRÈS-MIDI

Les fils de Doc au Lou’s Cafe vont apprendre eux aussi des cho-
ses fort troublantes à leurs sujets. Mangeant chacun leurs géné-
reuses pointes de tarte aux pommes et Billy devant eux, les bras
croisés et le dos appuyé sur le mur, attendant patiemment qu’ils
aient terminé, Jules amorce la conversation, savourant sa tarte :

JULES
(à Billy) Dites-moi... une question nous chiffonne depuis que
nous sommes arrivés ici…

Billy de lui répondre :

BILLY
Vas-y, je t’écoute.

JULES
Eh bien… c’est au sujet de ce savant que tout le monde semble
connaître dans cette ville?

BILLY
Tu veux parler d’Emmett Brown?

JULES
C’est ça, oui.

Billy entendant l’annonceur à la radio du poste CKBB, exclu-


sivement consacré à la musique rétro des années 1950 à 1970,
interrompt la conversation en leur disant, grand fan du rock’n

213
roll qu’il est :

BILLY
Attends un peu petit. Je veux entendre ce qu’il va maintenant
présenter.

L’ANNONCEUR RADIO du poste CKBB fait la présentation de


la prochaine pièce musicale :

ANNONCEUR RADIO (V/O)


« Maintenant, chers auditeurs, en ce jour de l’Halloween à
CKBB… voici une pièce musicale qui devrait non seulement
rappeler de bons souvenirs à tous les baby-boomers de la
Californie, mais aussi les dégourdir en moins de deux. Comme
l’avait si bien dit l’un des membres de cette révolutionnaire
formation lors de leur spectacle devant la reine d’Angleterre :
“Les gens du fond, levez-vous, éclatez-vous, dansez… et ceux
des rangs de devant… contentez-vous de secouer les bijoux.”
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici The Beatles et leur
inoubliable Twisssst… annnd… Shhhhout! »

Radio: musique Twist and Shout du groupe The Beatles.

172. INT. LOU’S CAFE – EXTRÉMITÉ COMPTOIR


LUNCH

Le vieux routier (client 1) assis sur le dernier tabouret pivotant à


l’extrémité du comptoir lunch crie :

CLIENT 1
(à Billy) Monte le son Billy!

173. INT. LOU’S CAFE – COMPTOIR LUNCH – RADIO

Billy s’avance précipitamment vers la radio installée sur une


tablette derrière le comptoir lunch tout au fond, tourne le bouton
du volume et reviens vers Jules et Verne claquant des doigts, se
déhanchant, le rythme dans le corps et leur disant :

214
BILLY
Ce Twist and Shout… on arriverait à faire danser les peuples les
plus barbares là-dessus. (il ajoute leur montrant) Vous n’avez
qu’à tourner comme ça.

Jules lui demande :

JULES
Même les Vikings?

Billy lui répond, twistant, tout en sueur :

BILLY
Même les Vikings.

La primordiale question demeurant incomplète, Verne enchaîne :

VERNE
(à Billy) Et pour revenir à ce Emmett Brown… Savez-vous s’il y
a deux de ses proches parents du nom de Jules et Verne qui ha-
bitent ou qui ont habité Hill Valley?

Cessant de danser il leur répond en reprenant son souffle :

BILLY
Non… je n’en connais qu’un de ce nom à Hill Valley… et pas
d’autres… désolez.

Il se tourne pour se verser du café et ajoute, – Jules et Verne en


profite pour se défiler :

BILLY
Exceptionnellement, il était ici juste avant que vous n’arriviez, à
quelques minutes près, je dirais… (se retournant) Et croyez-moi
que… (regardant tout autour et ne les voyant plus) Oh, mais où
sont-ils passés?

215
174. EXT. COURTHOUSE SQUARE – BANC DE PARC

Jules et Verne qui filent en poussant et tirant leur voiturette s’ar-


rêtent quelques instants sur un banc de parc dans le Courthouse
Square (Place du Palais de Justice), – la grande horloge indiquant
2:26 PM, afin de convenir de ce qu’ils doivent faire à présent.
Verne s’assoit, regarde son grand frère et, encore troublé par la ré-
ponse de Billy, lui demande :

VERNE
(troublé) Jules… s’il n’y a pas d’autre Brown à Hill Valley, que
nous est-il arrivé?

JULES
Le seul moyen d’en avoir le cœur net, c’est d’aller au cimetière de
Hill Valley voir si nous y sommes enterrés en vérifiant les noms
sur les épitaphes.

Se levant debout il ajoute :

JULES
Ne perdons plus de temps si nous ne voulons pas revenir à la vieil-
le minoterie la nuit tombée.

Puis ils partent.

175. EXT/INT. ÉDIFICE 1280 SALEM STREET

Marty arrive au 1280, Salem street sous l’orage qui s’annonce.


Après avoir stationné son pick-up 4x4, il va vers la porte d’entrée
de l’édifice où se trouve Jennifer, en prenant bien soin de ne pas
passer sous une échelle restée sur le trottoir, et entre.

176. INT. ÉDIFICE – ENTRÉE – ASCENSEUR –


ESCALIER

Il se dirige aussitôt vers l’ascenseur qui, juste au moment où il


s’apprête à presser sur le bouton, tombe en panne. Frustré, il mur-

216
mure seul, – plus personne au rez-de-chaussée :

MARTY
(se parlant) Voilà qui commence bien.

Empruntant l’escalier juste à côté il monte en courant jusqu’au sep-


tième étage.

177. INT. ÉDIFICE – 7e ÉTAGE – APP 56 –


RÉCEPTIONNISTE

Arrivé à l’étage il se dirige à l’appartement 56, entre en coup de


vent et marche vers le bureau de la réceptionniste, YUN TSÉ-KI,
qui lui demande de son petit accent asiatique :

YUN TSÉ-KI
Oui monsieur, que puis-je faire pour vous?

D’une voix essoufflée, il lui demande :

MARTY
C’est bien ici qu’a lieu la séance de photographies pour le maga-
zine Évasion?

YUN TSÉ-KI
Oui.

MARTY
Est-ce que mademoiselle Jennifer Parker est toujours là?

Elle lui répond d’un ton plus tranchant :

YUN TSÉ-KI
Oui. Mais d’abord, qui êtes-vous? Et que lui voulez-vous? J’ai or-
dre de ne laisser entrer personne. Ils sont en pleine séance de pho-
tos.

La réceptionniste, implacable, il se fait astucieux et lui dit :

217
MARTY
Eh bien, c’est que nous sommes fiancés et allons bientôt nous ma-
rier. Je dois la voir absolument. Elle a une lettre de la plus haute
importance à me remettre. Il s’agit d’un emploi sur lequel je fonde
beaucoup d’espoir. C’est donc là peut-être tout notre avenir qui est
en jeu. (plus persuasif) Enfin, vous voyez ce que je veux dire, sur-
tout si vous avez vous-même un petit copain avec lequel vous envi-
sagez de vous unir pour la vie… mettez-vous à sa place.

Agacée par son insistance et ne voulant pas être responsable de


quoi que ce soit entre eux elle cède et lui répond :

YUN TSÉ-KI
(agacée) Bon, ça va! Qui dois-je annoncer?

Comblé, il lui répond avec un large sourire :

MARTY
Marty McFly.

Elle se lève et se dirige sans plus tarder vers le studio.

178. INT. STUDIO – FAUTEUIL – DIRECTEUR

Elle ouvre doucement la porte et entre au milieu des flashs qui


pleuvent de partout et va voir le directeur du magazine, monsieur
Brizt. Elle se penche pour lui chuchoter délicatement, connaissant
son irritabilité :

YUN TSÉ-KI
Pardonnez-moi monsieur Britz. Il y a un nommé, Marty McFly qui
est ici, et il insiste pour voir absolument mademoiselle Parker.

Au milieu des baisses de courant de plus en plus fréquentes


(l’orage s’abat) et d’un personnel de plus en plus survolté, le di-
recteur, M. BRIZT, horripilé, lui répond :

218
M. BRIZT
Il me semble vous avoir dit que je ne voulais être dérangé par per-
sonne!

Elle tente de le calmer en lui faisant valoir, nerveuse, fort mal à


l’aise :

YUN TSÉ-KI
Je sais… mais comme il s’agissait de son fiancé et que ça me sem-
blait d’une importance capitale, je n’ai pas pu résister.

Puis c’est la panne de courant. Les lampes de sécurité s’allument.


La surcharge est trop forte pour l’homme qui pète les plombs et lui
lance, bondissant de son fauteuil capitonné :

M. BRIZT
Satisfaite maintenant! Le ciel t’a finalement exaucée je crois!

Il se secoue la tête et s’éponge la figure avec son mouchoir au mi-


lieu des lumières qui s’allument et s’éteignent et ajoute, aigri :

M. BRIZT
Sale journée.

Le photographe, un Italien aux cheveux noirs bouclés à la Barzotti,


PERPIKO, vient vers lui et lui demande, face à la situation hors
contrôle :

PERPIKO
Qu’est-ce qu’on fait maintenant patron? Il nous faudrait une géné-
ratrice d’urgence. Où allons-nous en trouver une à cette heure-ci un
samedi?

Le directeur, les dents serrées, toise Yun Tsé-Ki qui elle, n’osant
plus formuler le moindre mot, hausse les épaules, et il leur dit :

M. BRIZT
(à Yun Tsé-Ki et Perpiko) C’est inutile.

219
S’adressant à tous il ajoute en haussant la voix :

M. BRIZT
(à tous) On reprendra la séance lundi matin. Que tout le monde soit
là pour dix heures!

Tout le personnel ramasse ses effets personnels et quitte les lieux


tour à tour.

179. INT. STUDIO – CANAPÉ

La réceptionniste s’approche de la jolie comtesse (Jennifer Parker)


restée assise sur le canapé de style Régence Louis XV, et lui dit en
montrant Marty d’un signe de tête :

YUN TSÉ-KI
Mademoiselle Parker… votre fiancé est là. Il voulait vous voir ab-
solument. (montrant d’un signe de tête Marty dans l’embrasure de
la porte)

180. INT. STUDIO – EMBRASURE PORTE D’ENTRÉE

Jennifer se tourne et le voit dans l’embrasure de la porte qui la con-


temple et lui envoie la main. Elle se lève avec empressement, ac-
coure vers son chevalier en soulevant sa robe à crinoline et s’arrête
d’un seul coup pour lui dire :

JENNIFER
(à Marty) Ta mère t’a bien fait le message sinon tu ne serais pas
venu ici, et nous ne nous serions revus qu’au bal ce soir.

Elle fait quelques pas en avant, Marty la trouvant amusante à voir.


Elle le regarde droit dans les yeux et ajoute lentement, se faisant
très enjôleuse :

JENNIFER
(enjôleuse) N’est-ce pas, monsieur McFly.

220
Marty, resté silencieux, se fait prendre à son propre jeu lorsqu’il
lance à la blague et sans savoir ce qui a été la cause de l’altercation
entre son ami Doc et Needles au Lou’s Cafe, c’est-à-dire elle.
Imaginant la chose et croyant qu’elle n’en sait rien encore, il lui
dit :

MARTY
C’est comme on dit “en plein dans le mille” Jennifer. Mais avant,
laisse-moi deviner. Je te parierais un gros sundae aux fraises que tu
as rencontré Doc déguisé en maréchal-ferrant au Lou’s Cafe, qu’il
a ensuite obligé Needles à te lâcher en lui envoyant une balle dans
le bout de chacune de ses bottes, et finalement t’a demandé par cet
heureux hasard si tu ne pouvais pas lui rendre service en me re-
mettant une lettre. (il ignore qu’elle le sait déjà)

Bien que surprise elle ne se laisse pas berner et croit tout simple-
ment qu’il en a été informé entre-temps. Elle prend donc un malin
plaisir à le faire marcher à son tour et le piège. S’approchant encore
un peu plus elle lui dit :

JENNIFER
Eh bien disons que pour un devin qui en est à ses débuts, je dois
reconnaître que c’était pas mal réussi. Quoique je doute fort que ce
soit là le seul fruit d’un tel pouvoir, et qu’il ne s’agit là que d’un
merveilleux mélange de calculs et de projections… (s’arrêtant et
fixant Marty droit dans les yeux)

S’arrêtant quelques secondes tout en continuant de le fixer droit


dans les yeux, elle se gratte d’abord la bouche avec le bout de son
éventail, devient subitement plus sérieuse et ajoute :

JENNIFER
(continuant) ...puisqu’il manque une chose très importante dans
cette merveilleuse mosaïque… (prenant tout son sérieux pour
réussir son coup) …je n’ai jamais eu de lettre à te remettre de la
part de qui que ce soit, ni même de Doc.

Il mord à l’hameçon et s’exclame :

221
MARTY
Quoi!

Troublé et l’estomac presque noué il poursuit en bégayant, com-


plètement dérouté :

MARTY
(bégayant) Heu, mais… mais… je… je… je ne comprends pas…
mam… mam… maman… m’avait pourtant bien dit que tu… que
tu… (s’arrêtant)

Jennifer qui continue de le regarder, n’en peut plus de se retenir.


Elle lui sourit, puis sors de son corsage la fameuse lettre, et tout en
la lui remettant, lui lance en riant :

JENNIFER
Tiens! Cette fois je t’ai bien eu Marty.

Soulagé il décompresse, lâche un grand soupir et s’exclame, réa-


lisant la blague :

MARTY
(en riant) Ah la vache! C’est le pied! (prenant la lettre)

Marty prend la lettre en lui laissant croire qu’il ne se doute de rien,


un peu comme elle. De sorte que, avant même que Jennifer lui con-
firme qu’elle a rencontré Doc au Lou’s Cafe et qu’il lui a effective-
ment demandé de lui remettre cette lettre, – dont elle ignore tou-
jours le contenu qu’elle souhaite maintenant connaître en rapport à
ce qu’elle appréhende depuis cette visite le matin avec Marty à la
maison de Doc –, il le présume à partir de ce qu’il sait déjà et sans
qu’elle ne le sache encore, c’est-à-dire, son cauchemar, l’incident à
la bibliothèque et le témoignage de Needles, lui permettant de
croire que Doc est de retour et que cette lettre finalement, est sans
l’ombre d’un doute la réponse à ce qu’il anticipe depuis ce cauche-
mar de la nuit dernière. Il veut donc s’amuser à son tour et dit :

222
MARTY
Voyons maintenant ce qu’il peut bien y avoir de si important.

Il se retire un peu à l’écart, dos à elle, déplie la lettre, ne lit des


yeux que les premières lignes et s’écrie :

MARTY
Je le savais! C’était bien lui! (s’arrêtant silencieux)

Puis il ajoute :

MARTY
(lentement) Il est de retour.

Très curieuse de savoir à présent elle lui demande :

JENNIFER
Mais qu’est-ce que tu savais? Pourquoi tout ce mystère? Je ne
comprends pas.

Préférant ne rien lui révéler, il replie la lettre presque en la chiffon-


nant, la fourre dans la poche droite de sa veste et lui répond :

MARTY
C’est que c’est une affaire assez complexe et ce serait trop long à
t’expliquer… je suis désolé de te laisser comme ça, mais il faut que
j’y aille.

Après il s’avance, l’embrasse et, tout en s’éloignant à reculons, il


ajoute :

MARTY
Je t’expliquerai plus tard. C’est promis. On se reverra au bal. Ciao.

JENNIFER
C’est d’accord. À tout à l’heure.

Il part en courant.

223
181. INT. ÉDIFICE – APP 56 – RÉCEPTIONNISTE

Il repasse devant le bureau de Yun Tsé-Ki qui, le voyant filer ainsi,


ne peut s’empêcher d’exprimer :

YUN TSÉ-KI
Ah, ces Américains, tous pareils. Toujours à la course. Pas de
temps pour faire yoga. Très mauvais.

Après, refaisant le même trajet il sort de l’édifice.

182. INT/EXT. ÉDIFICE 1280 SALEM STREET – SOIR

Arrivé à l’extérieur, c’est l’orage, il pleut. Passant pour la première


fois sous l’échelle et le réalisant il s’arrête, se retourne tranquille-
ment, superstitieux, et dit :

MARTY
(se parlant) Merde… je viens de passer sous l’échelle.

Il ferme les yeux et, tout en se secouant la tête, il repart de plus bel-
le vers son 4x4 (quatre-quatre) au milieu des éclairs et du tonnerre,
murmurant et répétant sans cesse, comme pour s’exorciser :

MARTY
(se parlant) Ce n’est que de la superstition. Ce n’est que de la
superstition. Ce n’est que de la superstition.

183. EXT/INT. PICK-UP TOYOTA

Arrivé à son pick-up Toyota 4x4, il ouvre la portière, monte et


prend place, sort la lettre, la déplie, allume de son autre main la
lumière du plafond et en fait la lecture complète à voix basse :

MARTY
Cher Marty, tu n’as pas halluciné ce matin à la bibliothèque. C’est
bien moi que tu as vu. Je suis de retour. Non pas que je ne suis
pas heureux de vivre ici au Far West en compagnie de ma douce

224
Clara et de mes deux fils, Jules et Verne, dont je suis très fier. Au
contraire, je suis “heureux comme un roi”. Mais depuis hier, enfin,
depuis lundi le 14 octobre 1895 je devrais plutôt dire, j’étais
heureux. Puisque de gros nuages ont assombri le ciel et menacent
à présent la paix et le bonheur de ma famille. Ce malheur qui pèse
sur la famille Clayton, et plus particulièrement sur le père de
Clara, Wilmor Clayton, l’afflige bien entendu au plus haut point.
Et il va sans dire, que ce qui l’afflige m’afflige également. Ce
malheur est d’autant plus pénible qu’il est doublé d’une infâme
perfidie. Aussi, s’il y a une chose qui n’a pas de prix pour tout
homme vivant sur cette terre et que Dieu lui-même ne saurait
interdire de défendre, c’est bien sa réputation et son honneur. Je
t’explique. Dernièrement le père de Clara est venu nous rendre
visite à la maison et a raconté une histoire aux enfants qui me
paraissait, somme toute invraisemblable. Toutefois, après avoir
questionné et entendu le récit détaillé de toute cette histoire de la
bouche même de Clara, et même si j’ignorais jusque-là ces choses
sur elle, je me suis toujours demandé depuis que je l’ai vu pour la
première fois, pourquoi cette femme avait-t-elle des traits de
caractère si empreints de noblesse, comme si elle venait d’un rang
beaucoup plus élevé que moi ? Eh bien j’ai maintenant la réponse
à cette question. Des documents historiques qui auraient disparu
lors d’une invasion des Vikings au XIe siècle feraient d’elle la seule
héritière, après son père bien entendu, de son ancêtre le duc
d’Édimbourg, Charles-Philippe Clayton. Seulement le baron John-
Lee Cromwell revendique toujours le château qui appartenait au
duc, ainsi que tous les titres s’y rattachant, acquis d’une manière
frauduleuse par son ancêtre le comte d’Oxford, Robert Cromwell.
À ce moment-là, lui, profitant de la mort de Charles-Philippe et de
sa femme Katherina et de la région alors dévastée, y substitua de
faux documents. Cela empêcha dès lors sa fille unique, Amély,
ainsi que toute sa descendance, d’en être les véritables héritiers
légaux. Et le baron John-Lee Cromwell dans un saloon de Virginia
City, a réussi à piquer l’honneur de Wilmor lors d’une violente
dispute et à l’entraîner devant des témoins dans un duel dont il sait
être le vainqueur, du fait que Wilmor est atteint de myopie. Comme
tout ceci l’attriste et la rendra irrémédiablement malheureuse, j’ai
donc décidé d’intervenir et d’aller à Hill Brook, en 2135, où selon

225
une toute dernière révélation confirmant la prophétie de Jovianus,
un saint moine bénédictin du XVIe siècle, se trouverait le précieux
manuscrit. Enfin, ce serait trop long ici de tout expliqué tu
comprends, mais il faut que tu me croies. C’est le seul moyen de
rétablir mon beau-père dans tous ses droits et surtout, d’empêcher
le pire de se produire pour lui. Cependant, comme si ce n’était pas
assez, un léger imprévu est venu compliquer ce très ardu voyage
spatio-temporel mais l’a peut-être aussi finalement réglé. Et là je
sais ce que tu vas me dire « Dur c’est pas’l pied! » Voilà, j’aurais
besoin de ton aide. Viens me rejoindre ce soir à dix heures pile à
l’ancienne minoterie des frères Parisch. Je t’expliquerai tout. Je
crois avoir la solution entre les mains. Il n’en dépend que de toi à
présent.

Ton ami dans le temps et pour toujours,


Doc Emmett Brown

Marty que la lecture de la lettre a rendu très nostalgique, s’arrête et


murmure, à la fois renversé et content d’avoir eu de ses nouvelles :

MARTY
(se parlant) Sacré Doc… je savais bien que ce cauchemar de la
nuit dernière avait une signification. Et moi qui pensais ne plus
vous revoir.

Il ajoute en riant, les deux mains appuyées sur le volant :

MARTY
(en riant) Hill Brook 2135… une prophétie de Jovianus… quelle
histoire!

Apercevant l’affichage numérique de l’heure sur la radio de son


4X4, 9:18 PM, et empruntant les paroles de son inséparable ami, il
s’exclame :

MARTY
Nom de Zeus, il est déjà 9 h 18.

226
Il démarre et part au milieu de l’orage s’intensifiant.

184. EXT. ROUTE – AUTOPATROUILLES

Franchissant les portes LYON ESTATES il prend la route qui


mène à l’ancienne minoterie. Il roule 1 mile(1.5 km), puis il aper-
çoit des gyrophares de voitures de police placées en travers à en-
viron 1000 pieds(300 mètres). Un policier lui fait signe de faire
demi-tour. Il ralenti et s’exclame, stressé :

185. INT. PICK-UP TOYOTA

MARTY
(se parlant) Ah non! Ce n’est pas vrai! Bien entendu un autre
aurait passé sous cette échelle et il ne lui serait rien arrivé. Mais
parce que c’est moi, voilà que tout va se mettre à aller de travers!

Arrivé près du barrage il immobilise son 4x4 et abaisse sa vitre


pendant que le policier s’amène vers lui vêtu d’un imperméable
noir à bandes fluorescentes et torche électrique à la main. Pressé
par le temps il lui demande :

MARTY
(au policier) Hé! qu’est-ce qui se passe? (il ajoute) J’ai une affaire
importante à régler. Il faut absolument que j’emprunte cette route.
Je dois être là pour dix heures.

186. EXT. ROUTE

Le POLICIER 2 s’avance, lui braque sa torche sur le visage et


l’aveugle momentanément. Puis il se penche et lui dit d’une voix
forte, au milieu des éclairs et des coups de tonnerre :

POLICIER 2
Désolez mon gars… même si tu étais le gouverneur de l’État, per-
sonne ne passe. La foudre s’est abattue sur un arbre presque cen-
tenaire qui s’est ensuite écrasé sur la route, entraînant avec lui po-
teaux et fils électriques sur une distance d’environ 1/2 mille. Une

227
équipe a été dépêchée et lorsqu’elle sera là, il faudra sans doute de
trois à quatre heures pour dégager tout ce bordel. Alors si tu veux
mon avis, il vaut mieux faire demi-tour, rentrer tranquillement chez
toi, et attendre que ce sale temps soit passé.

187. INT. PICK-UP TOYOTA

Remarquant du même coup l’inscription ANTX – 666 sur l’aile ar-


rière du véhicule juste en face de lui il murmure :

MARTY
(se parlant) Le chiffre de la Bête… il ne manquait plus que ça…

188. EXT. ROUTE

Le policier 2 lui demande :

POLICIER 2
Qu’est-ce que tu dis?

189. INT. PICK-UP TOYOTA

Il lui répond, résigné :

MARTY
Tout compte fait, vous avez raison, il vaut mieux ne pas tenter le
diable et faire demi-tour.

190. EXT. ROUTE

Le policier se retire, et tout en le regardant partir, murmure à son


tour, le trouvant bizarre :

POLICIER 2
(se parlant) Ce type ne doit pas être normal…

Marty fait demi-tour et repart.

228
191. INT. PICK-UP TOYOTA – GLENN QUARRY ROAD

Marty s’arrête au croisement d’un chemin et lit :

MARTY
(lentement) Glenn Quarry Road…

Puis il s’écrie en frappant le volant :

MARTY
(se parlant) Ouais! C’est bien trop vrai. Le chemin de la carrière
Glenn. Comment n’y ai-je pas pensé avant, il y a un sentier de pe-
tits bois qui s’y rend.

Lecteur pick-up Toyota : musique Johnny B. Goode par Marty


McFly.

N.B. — Marty se serait enregistré avec son petit baladeur qu’il


avait sur lui à la Féerie Dansante de Sirènes, volontairement ou
en ayant pressé involontairement le bouton de la fonction REC
(Enregistrement) de l’appareil. Cela pourrait également être aussi
une reprise enregistrée qu’il aurait effectuée à son retour en 1985.
Pour le moment, je maintiens la première idée.

Insérant une cassette dans le lecteur il ajoute, requinqué :

MARTY
Et rien de tel qu’un bon vieux Johnny B. Goode pour chasser tou-
tes ses idées noires.

Il monte le volume et repart.

229
« OK, ce ne sera pas du gâteau, mais je n’ai pas d’autres choix,
c’est la seule solution. » (Page 231)

230
192. INT. PICK-UP TOYOTA – JONCTION – SENTIER –
BOIS

Arrivé en face du raccourci qui mène à l’ancienne minoterie il dit,


réfléchissant :

MARTY
(se parlant) OK, ce ne sera pas du gâteau, mais je n’ai pas d’autres
choix, c’est la seule solution.

193. EXT. SENTIER – BOIS – PICK-UP TOYOTA

Puis il s’engage sur le sentier tortueux au plus fort de l’orage et


dans l’obscurité totale. Malgré les phares additionnels dont dispo-
sent la camionnette sur son toit il a du mal à voir les obstacles tel-
lement l’eau déferle sur le pare-brise. Les essuie-glaces fonction-
nent à plein régime. Toute cette eau qui se mélange avec la terre
rend le sol très boueux et le chemin de plus en plus impraticable.
Marty qui ne veut en aucun cas capituler se doit d’éviter de ralentir
et encore moins d’arrêter pour ne pas s’y enliser fatalement. À ce
rythme d’enfer et tout en franchissant une bute la camionnette s’en-
vole et retombe sur une énorme roche entre les deux sillons du
sentier que l’eau et le passage répété des tracteurs de ferme et des
camions lourds a déterré et cesse systématiquement d’avancer. Il
essaye en marche arrière puis repasse en première vitesse. Rien à
faire la transmission ne répond plus. Ouvrant la portière il aperçoit
à travers la brillance que projette la lumière de sa torche dans l’eau
coulant sur le sol le mélange fluide de l’huile rouge et s’écrie :

MARTY
(se parlant) Merde! j’ai bousillé la transmission. Il va falloir que je
fasse le reste du trajet à pied, maintenant.

Regardant l’heure il ajoute, en pensant à Doc :

MARTY
(se parlant) Zut! Il est 9 h 57! Je ne serai jamais là pour dix heures.
Enfin, il vaut mieux tard que jamais. Seulement cette fois il vous

231
faudra patienter un peu, Doc.

Agrippant une paire de bottes de caoutchouc qu’il a emportée, il


enlève ses Nike, met les bottes, descend du 4x4, glisse en posant le
pied sur le sol et passe près de se retrouver sur le derrière dans la
boue. Il va ensuite à l’arrière du véhicule, monte dans la boîte et
déverrouille le cadenas d’un grand coffre de rangement dans lequel
il y a une tente. Il l’ouvre, fouille un peu et sort la toile imper-
méable servant de toiture. S’en recouvrant, il part ainsi accoutrer,
torche à la main, à la rencontre de Doc.

194. INT/EXT. ANCIENNE MINOTERIE

À l’intérieur du vieux bâtiment, Doc voyant qu’il n’arrive pas,


marche de long en large, nerveux, tracassé. Regardant sa montre il
dit :

DOC
(se parlant) Nom… de… Zeus! Il est 10 h 4 et il n’est pas encore
là. Il lui est sûrement arrivé quelque chose… Marty ne m’aban-
donnerait pas comme ça.

Saisissant un vieux fanal au kérosène qu’il allume, il se dirige vers


la porte, l’ouvre, et sort sous l’orage dans la cour extérieure, lan-
terne à la main.

195. EXT. ANCIENNE MINOTERIE – COUR

Il fait quelques pas en avant, pivote brusquement et va vers la gau-


che en prenant le même sentier battu que Marty.

196. EXT. SENTIER – BOIS

Il marche à grandes enjambées et ne prend pas le temps de voir les


obstacles se trouvant sur son passage. Il trébuche en s’accrochant le
pied sur une longue racine d’arbre et tombe à plat ventre dans une
mare d’eau. Il se relève péniblement, le visage et les vêtements
couverts de boue, sans se rendre compte que son fanal s’est cassé

232
sur une pierre a mis le feu à son long manteau de maréchal-ferrant.
L’odeur du tissu brûlé ne tarde pas à l’avertir et il s’écrie, se frap-
pant à grands coups avec ses mains :

DOC
Non! Le feu est pris à mon manteau!

N’y parvenant pas il panique, se lève rapidement et repart en hur-


lant :

DOC
NONN!!! HAAAA!!!

Marty arrivant en sens inverse et se retrouvant face à face avec lui


est effrayé parce qu’il croit voir sur le coup la figure de Freddy du
film d’horreur qu’il a vu entrevu auparavant à la télévision et hurle
à son tour :

MARTY
HAAAAAA!!!

Il glisse et tombe sur le derrière dans l’eau et la boue. Doc qui


s’arrête et se débat encore pour éteindre le feu pris à son manteau
lui crie :

DOC
Voyons Marty c’est moi! Cesse de m’aveugler avec cette torche et
aide-moi plutôt à éteindre le feu sur mon manteau avant qu’il soit
tout consumé!

Reconnaissant sa voix il s’exclame :

MARTY
Doc!

Il se lève et se met à le frapper avec la toile de sa tente. Puis le feu


éteint, il le regarde, très content de le revoir, et lui dit :

233
MARTY
Je suis vraiment désolé, Doc. C’est que vous m’avez fichu une de
ces trouilles avec votre visage couvert de boue et votre long man-
teau en feu. Combiné avec cet orage et l’éblouissement causé par la
lumière de ma torche, je vous ai pris pour ce personnage d’un film
d’horreur que j’avais vu juste auparavant à la télé, Freddy. Il ne
vous manquait plus que ses longs doigts en pics à glace pour que
la ressemblance soit complète. Et ce matin à la bibliothèque en
plus… mettez-vous à ma place.

DOC
Eh bien je te remercie pour la ressemblance. Sauf qu’il va falloir
que je me trouve un autre manteau. Celui-là n’est bon qu’à habiller
un épouvantail de champs de maïs!

Tout en revenant vers l’ancienne minoterie il le rassure en lui di-


sant :

MARTY
Ne vous en faites pas, Doc. J’en trouverai bien un qui lui res-
semble. Ce genre de manteau long est encore très à la mode au-
jourd’hui vous savez.

DOC
Ce ne sera pas nécessaire. Comme je passais ce matin près du
magasin de location de costume d’Halloween et que j’avais encore
quelques gros billets de mon époque initial je me suis procuré celui
de Christophe Colomb qui était dans le devanture. Je n’ai pas pu
résister. Il y a longtemps que je le voulais.

L’entendant et réalisant du coup ce qui s’était passé il s’exclame :

MARTY
Ah! c’est pour ça ce matin à la bibliothèque.

DOC
Voilà! Tu es tellement parti en coup de vent que je n’ai même pas
eu le temps de dire quoi que ce soit. Il faudrait que tu évites pareil

234
comportement impulsif à l’avenir. Sinon, tu passeras pour un désé-
quilibré mental et ils voudront d’interner dans un hôpital psychia-
trique, si tu vois ce que je veux dire.

MARTY
Oui je sais, c’est à cause de ce cauchemar de la nuit dernière où
vous étiez habillé en Christophe Colomb.

197. EXT. ANCIENNE MINOTERIE – COUR

Arrivés au vieux bâtiment Doc l’invite à entrer et lui dit avec un


large sourire :

DOC
Bof, l’important c’est que tu sois là Marty. Viens, allons-nous faire
sécher à l’intérieur. Il y a un vieux poêle à bois que j’ai allumé. On
bavardera de tout ça en buvant une bonne tasse de café chaud.

198. INT. ANCIENNE MINOTERIE – POÊLE À BOIS

Ils étendent leur linge sur une corde fixée entre deux poutres au-
dessus du poêle et utilisent deux chaudières pour s’asseoir. Compte
tenu du peu de temps dont ils disposent, surtout pour Marty qui a
un rendez-vous avec Jennifer, ils conviennent rapidement de ce
qu’ils doivent faire. Doc, se levant debout, expose brièvement l’im-
passe dans laquelle il se trouve et lui dit :

DOC
Voici, l’ordre chronologique des derniers évènements est celui-ci.
L’heure fatidique du duel aura lieu le vendredi le 25 octobre 1895
à 3 h tapant de l’après-midi à Virginia City. Je suis parti de Hill
Valley à bord de la locomotive à voyager dans le temps le samedi
19 octobre 1895 à 8 h précise du matin. (regardant sa montre)
Cela veut dire qu’il ne me reste plus que cinq jours pour remonter
le temps jusqu’à Hill Brook en 2135 où, d’après une révélation
que m’a faite la petite Estrella pas plus tard qu’hier, confirmant
indiscutablement et du même coup la célèbre prophétie de Jovianus
du XVIe siècle, que le dit manuscrit, après le Grand Cataclysme, se

235
retrouvera ici même en Amérique, à l’endroit même où était jadis
Hill Valley et Hilldale. Pour le reste, en ce qui attrait à la raison et
aux autres explications historiques qui m’amène jusqu’ici, je crois
t’en avoir suffisamment donné tous les détails dans ma lettre.
Maintenant, si tu as des questions ou objections, vas-y je t’écoute.

Marty se levant à son tour lui objecte :

MARTY
(en riant) Eh bien là, je dois vous avouer que je ne sais plus trop
quoi dire. C’est vous qui êtes le scientifique, et vous revenez en
1985 en me disant qu’il faut que vous alliez récupérer un précieux
manuscrit dans cet autre futur lointain de Hill Valley… rebaptisé
Hill Brook… afin de sauver la vie de votre beau-père Wilmor, en
ne vous basant que sur une révélation faite à une fillette. Enfin
Doc, donnez-moi une meilleure explication, habituellement vous
n’agissez qu’en fonction de l’ordre logique et rationnel des choses.

Puis s’avançant, le regardant droit dans les yeux, et du bout du


doigt, il ajoute :

MARTY
Hé, à moins que je ne me trompe… est-ce que je parle bien au
docteur Emmett L. Brown, au savant que vous êtes, qui avez dé-
couvert et inventé le convecteur temporel, rendant possible le vo-
yage dans le temps?

DOC
C’est vrai, je te l’accorde. Normalement je n’aurais pas agi de la
sorte. Seulement, il en va de la vie de mon beau-père que je te
signale. Au début, sans aucun indice historique valable, j’étais prêt
même, à remonter le temps jusqu’en Écosse au XIe siècle pour
régler l’affaire. Mais là, Hill Brook en 2135, sacré bon raccourci,
non. Et puis, venant de la part d’une enfant avec une telle pré-
cision, quoi de plus crédible. Ai-je meilleure solution. Quand vous
n’avez que comme seul choix, de tout gagner avec une chance sur
un million, un milliard même… ou de tout perdre en ne faisant rien
du tout, que reste-t-il à faire dans un tel cas, hein Marty, dis-le-moi.

236
Satisfait de cette explication, et compatissant pour son ami de tou-
jours, Marty veut maintenant avoir plus de précisions, montrant
déjà qu’il accepte de venir avec lui dans cet autre défi spatio-
temporel :

MARTY
Cette petite, en plus du lieu, Hill Brook, et de la date, 2135… vous
a-t-elle donné d’autres indications quant à l’endroit précis où nous
pourrions le trouver?

Content de voir qu’il semble prêt à venir avec lui à présent, Doc
s’empresse de lui communiquer le reste de l’information qu’il pos-
sède :

DOC
Elle a précisé qu’il se trouverait sous une pierre marquée d’une
croix et d’un poisson, à l’intérieur ce qui lui semblait être, un grand
château complètement détruit.

Ne voyant plus où est le problème, il lui dit, décontracté :

MARTY
Jusque-là je ne vois pas où est le problème Doc. On a qu’à aller
faire cette petite balade dans cette nouvelle contrée Californienne
jumelle de l’autre récupérer le fameux document que vous parlez,
et le tour est joué. Après tout, qu’est-ce qu’on à perdre même si on
ne le trouve pas, vous avez une machine à voyager dans le temps
qui en plus maintenant, fonctionne à la vapeur. On n’a rien à crain-
dre d’une panne d’essence cette fois, Doc.

Rappel — Marty en arrivant en 1885 avait percé le réservoir d’es-


sence alimentant le moteur à combustion interne de la DeLorean
et s’était retrouvé pour ainsi dire condamné à rester à cette épo-
que, les premières stations de service n’apparaissant que dans le
premier quart du XXe siècle.

Le savant reprenant, en profite pour lui dire, tout à propos :

237
DOC
Jusque-là c’était vrai. Seulement voilà, je ne pouvais prévoir que
les rails qui devaient pourtant être ici dans cette minoterie avaient
été malencontreusement enlevés. Conséquence de cela, la locomo-
tive s’est écrasée lourdement sur le sol et une bielle a été tordue
sous le choc. Dès lors, impossible de la faire avancer ou reculer et
donc, d’accélérer et atteindre les 88 mph nécessaire. S’en tenir
compte du fait que quand bien même je réussirais à la dégauchir
avec un chalumeau et une masse que j’ai toujours chez moi en
1985, je devrai lui apporter d’importantes modifications, étant don-
né que la locomotive ne m’apparaissait plus le véhicule spatio-
temporel tout désigné pour aller dans un futur où, après un cata-
clysme d’une telle envergure, il ne doit plus y avoir, selon toutes
vraisemblances, ni de route, ni encore moins de chemin de fer
pouvant être utilisable. Je suis donc pour ainsi dire coincé, et que
là, c’est le cas de le dire, ce n’est pas le pied.

MARTY
Ouais, nom de Zeus.

Le savant poursuit, réfléchissant :

DOC
Que faire… les secondes, les minutes, et les heures passent… et je
n’ai plus beaucoup de temps. Ce n’est pas quelque chose que l’on
obtient en cliquant des doigts, tu sais. Je ne fais pas de magie.

Du tac au tac, cliquant des doigts, Marty lui dit :

MARTY
Hé, mais j’y pense Doc, je suis passé chez vous ce matin, je ne
savais pas que vous aviez entrepris d’assembler une autre DeLo-
rean, en version allongée, qui ressemble à un aéroglisseur comme
celui sur lequel vous fonciez à toute allure vers moi dans mon
cauchemar. C’est quoi ce truc?

Réalisant soudainement la chose il s’exclame :

238
DOC
Nom… de… Zeus! l’aérohydroglisseur… en plein le véhicule qu’il
me faut. Bien sûr, comment ai-je pu oublier une chose pareille!

Fou de joie, il éclate de rire, et part en se promenant de long en


large, la main sur la tête :

DOC
Whoua, ha, ha, ha, ha, haaa! (chanté)

S’arrêtant, il lui dit :

DOC
Marty, tu es un génie!

MARTY
Oui, c’est le pied.

Ne comprenant toujours pas la raison de ce véhicule, il poursuit, à


la fois troublé et curieux de savoir à présent :

MARTY
Je ne comprends pas Doc… vous vous affairiez à construire une
machine à voyager dans le temps, une DeLorean dotée de votre
convecteur temporel, et en même temps... (le bégayant) vous…
vous… étiez en train d’en convertir une autre en aérohydroglisseur.

Doc lui dévoile cette autre ambition secrète qu’il nourrissait con-
jointement à celle du voyage dans le temps :

DOC
C’est exact, et je tenais à t’en faire la surprise aussi le cas échéant.
Voici, bien que le voyage dans le temps me fascinât avant tout,
j’élaborais aussi un voyage au centre de la Terre que je rêvais
toujours de réaliser un jour en descendant par le cratère d’un vol-
can éteint de la vieille Europe. Je voulais dans le cadre d’une telle
expédition, un véhicule capable de se déplacer sur tous les types de
terrains : terre, mer, et même les régions marécageuses. Je tenais

239
également à ce que cet appareil puisse emprunter la voie des airs en
se déplaçant à la vitesse du son et capable donc, de franchir des
milliers de kilomètres en un court laps de temps. J’ai donc acheté à
très bas prix dans un encan de vieilles bagnoles de Todd Bresner
une autre DeLorean que j’ai converti en l’allongeant un peu, pour
lui donner plus d’empattement et de volume et en la montant sur
un énorme coussin d’air, en aérohydroglisseur. J’ajoutais à cela, un
puissant réacteur, placé complètement au centre à l’arrière. Seule-
ment, l’idée de voyager dans le temps me gagnant, j’abandonnais
encore ce projet. Mais là, ça ne pouvait pas tomber mieux.

Intrigué, il veut en savoir plus, et lui demande :

MARTY
Et pourquoi avoir ajouté aux initiales DMC... le nom EXPLORER
IV?

Doc sourit et lui répond :

DOC
Eh bien, EXPLORER pour, EXPLORATEUR, et le chiffre ro-
main, IV (le visant bien des yeux) disons que c’est pour te rappeler
qu’il te faut toujours penser en quatre dimensions. (changeant de
sujet) Mais tu sais… je ne m’ennuie pas non plus là-bas en 1895.

MARTY
J’allais justement vous posez la question. Que faites-vous mainte-
nant en 1895 de plus particulier, parce que si je me fie à vos vête-
ments… (le regardant un peu moqueur)…vous ne semblez guère
avoir évolué depuis?

DOC
Si, si, si, j’ai évolué depuis tout ce temps, voyons. Je tenais à venir
dans cette tenue que je garde et porte encore chez moi à l’occasion,
très justement en raison de l’Halloween, afin de mieux me dis-
simuler. Mais j’en ai d’autres plus élégants et à la mode, plus tenue
de ville, ne t’en fais pas. Je voyage beaucoup, enfin pas dans le
temps que je veux dire, mais en train normal bien sûr. L’année

240
dernière par exemple, j’ai rencontré nul autre que sir Thomas
Edison lui-même dans une exposition au New Jersey. Puis un peu
plus tard, Alexander Graham Bell.

MARTY
Vous avez rencontré monsieur Lumière et Alex Bell en personne…
Wow!

DOC
Rien de plus vrai. Je projette même d’aller à l’inauguration de la
première usine d’assemblage automobile de Henry Ford. Je ne
veux pas manquer ça. Pour cela, j’ai déjà commencé à m’ajuster à
tous ces changements en diversifiant un peu mon métier de
maréchal-ferrant. Je fabrique à présent des éoliennes, en majeure
partie pour les fermiers de l’Ouest. Je songe même à faire un
agrandissement à mon hangar d’ici peu. Sans compter que je con-
tribuerai sans doute largement à établir le réseau téléphonique dans
la région. Donc, comme tu peux voir, je n’ai aucune difficulté à
suivre le cours du temps. J’ai même l’avantage d’avoir plus de
faciliter que les autres à m’y adapter, tu vois. Il m’arrive aussi de
remplacer au pied levé le télégraphiste de Hill Valley. Finalement,
je gagne bien ma vie et je ne manque de rien. Je suis heureux
comme un roi.

MARTY
Bon, eh bien… je suis content que tout aille comme sur des rou-
lettes pour vous Doc, mise à part cette affaire entre votre beau-père
et ce Cromwell. Seulement pour la dissimulation, c’est du réussi.
Surtout avec les deux balles que vous avez envoyées sur le bout
des bottes de Needles au Lou’s Cafe… la nouvelle s’est répandue
comme une traînée de poudre dans toute la ville. Il y a de cela
environ une heure, tout le monde semblait être au courant de l’in-
cident, sauf moi.

DOC
Hum, j’ai peut-être fait trop de bruit, tu as raison. Cependant je
n’avais pas le pas le choix. Ce dépravé harcelait Jennifer et ne
voulait plus la lâcher. Je voulais venir ici sans faire d’histoires.

241
Dans le 1985 alternatif, Biff Tannen était devenu riche et puissant
et contrôlait toute la ville grâce à l’almanach des résultats sportifs
1950 – 2000, que le vieux Biff de 2015 avait piqué à Marty pour
aller ensuite la remettre au Biff de 1955 en effectuant un saut dans
le temps à bord de la DeLorean volante. (Page 243)

242
J’espère que je n’ai rien engendré de néfaste dans mon futur. (res-
tant songeur)

Rappel — Dans le 1985 alternatif, Biff Tannen était devenu riche


et puissant et contrôlait toute la ville grâce à l’almanach des
résultats sportifs 1950 – 2000, que le vieux Biff de 2015 avait piqué
à Marty pour aller ensuite la remettre au Biff de 1955 en effectuant
un saut dans le temps à bord de la DeLorean volante. Un gros titre
en première page du journal révélait que le docteur Emmett Brown
avait été interné. Mais l’intervention dans le temps de Doc et
Marty pour rétablir la ligne normale du futur ayant réussie avec
succès, le contraire se produira, Doc recevra plutôt tous les
honneurs mérités d’un grand savant.

MARTY
Non, je ne crois pas. Mais il s’en souviendra le reste de sa vie. Pour
cela, c’est sûr. Au pire, c’est lui qui se retrouvera interné, surtout
s’il maintient de pareils comportements après un tel avertissement.
Allez, ne vous en faites plus, je voulais juste vous signalez la
chose, c’est tout. Il a eu ce qu’il méritait et je n’aurais pas fait
mieux, croyez-moi. Sinon que je lui en aurais probablement en-
voyé une dans chacune des jambes. Non, beau boulot. Vous n’avez
fait que protéger Jennifer.

Tout en se versant une autre tasse de café, il ajoute :

MARTY
Et ça, c’est très cool… merci Doc.

Puis il poursuit :

MARTY
Vos fils, vous ne les avez pas emmenés avec vous?

DOC
Non, je ne voulais pas. C’est une affaire entre moi et Cromwell.
Peut-être que j’aurais dû. Mes fils sont assez intelligents et dé-
brouillards pour ça, tu sais. Tu devrais les voir. Je suis vraiment

243
très fier d’eux.

Puis il ajoute, mélancolique, pensant à eux :

DOC
J’espère juste maintenant que je les reverrai tous…!

En l’entendant parler ainsi, Marty ému, réagit vivement, et lui dit,


gagné à la cause :

MARTY
Eh bien vous ne resterez pas coincé ici Doc, je vais vous aidez à
finir d’assembler cette nouvelle DeLorean. Puis nous partirons au
XXIIe siècle récupérer ce manuscrit. Ainsi, vous serez en mesure
de dénoncer toute cette affaire. Cromwell sera confondu. Votre
beau-père Wilmor ne se fera pas descendre. Clara ne sera pas irré-
médiablement malheureuse, et vos fils auront un bel avenir. On dit
que le passé est garant de l’avenir. Cette fois Doc, je veux être
garant de votre avenir. Vous l’avez fait pour moi et Jennifer. À
mon tour de le faire pour vous et les vôtres. Ce sera un juste retour
des choses.

Ne s’attendant pas à un tel engagement, il lui dit, la voix chargée


d’émotion :

DOC
J’avais bien dit à Clara que je pouvais compter encore sur toi, mais
je ne m’attendais pas à un engagement aussi volontaire et spontané
de ta part. Ça me bouleverse. Rien ne t’oblige à venir avec moi
jusque-là. Et je ne t’en voudrais pas pour le moins du monde.
Seulement m’aider à monter l’aérohydroglisseur serait suffisant.
Pour ce qui est du convecteur temporel, ce sera un vrai jeu d’en-
fant. Je prendrai celui de la locomotive volante et le brancherai
dans l’autre.

Il n’en démord pas et insiste pour être du voyage :

244
MARTY
Non Doc. Je vous dois bien ça. Je me rendrai au bal de l’Hallo-
ween de Hill Valley où comme prévu, à minuit, j’avais rendez-
vous avec Jennifer. Je lui expliquerai tout. Bon, j’afficherai sans
doute un peu de retard, mais elle comprendra, j’en suis sûr. Enfin,
je l’espère.

Doc, très encouragé, enchaîne en lui disant :

DOC
Après cela, nous nous retrouverons sur le grand parking de la Pro-
menade des Deux Pins.

Débordant de joie, il ajoute :

DOC
Comme pour la première fois Marty!

Marty bien que content de se retrouver à nouveau ensemble lui de-


mande :

MARTY
Heu… une question me chiffonne depuis tout à l’heure. Même si
vous auriez échoué et que vous seriez resté coincé quelque part
dans le temps, il reste toujours Jules et Verne, non? Dans ce cas,
que sont-ils devenus? Parce que vous ne semblez toujours pas
avoir de descendance en 1985. Je ne suis peut-être pas scientifique,
mais je sais ce qui est logique ou non.

Frappé par la troublante question de son ami il s’exclame, sur-


volté :

DOC
Argh! Argh! Argh! C’est que tu as le don de poser toujours les
vraies questions toi Marty!

Marty s’empresse de lui dire pour le calmer :

245
MARTY
Hé, c’est juste une question qui m’est venue comme ça Doc... juste
une question. On n’est pas obligés d’élucider ce mystère.

Puis il se rassoit et ajoute :

MARTY
Je n’aurais pas dû vous la poser celle-là. Pas plus que d’aller véri-
fier la chose au cime… (se faisant interrompre par Doc)

Doc l’interrompant s’exclame :

DOC
Le cimetière, bien sûr! En se dépêchant un peu nous pourrons le
vérifier avant de se rendre chez moi.

MARTY
Sauf qu’il y a un autre pépin et non le moindre, c’est que j’ai
bousillé la transmission de mon 4x4 en voulant prendre un sentier
battu par le chemin de la Glenn Quarry, et qu’à pas moins d’une
heure et demie de marche d’ici à la ville… je serai en retard à mon
rendez-vous avec Jennifer.

DOC
Dans ce cas, nous emprunterons le pick-up GMC d’Otis Peabody.
Si je me souviens bien, Sherman, son fils, l’entretien et l’astique
toujours soigneusement et la sort à l’occasion pour son bon plaisir
ou pour des expositions de voitures anciennes. D’autant plus que
nous ne sommes pas très loin de chez lui.

199. INT. ANCIENNE MINOTERIE – PORTE D’ENTRÉE

Il s’avance vers la porte, jette un coup d’œil à l’extérieur, et pour-


suit, regardant sa montre :

DOC
La pluie a cessé, (regardant sa montre) et il est déjà 11 h 22. Alors
allons-y. On n’a plus une minute à perdre.

246
200. INT. ANCIENNE MINOTERIE – POÊLE À BOIS

MARTY
C’est vous le doc, Doc.

Ils remettent leurs vêtements et partent.

201. EXT/INT. HANGAR FERME PEABODY

Arrivés à la ferme d’Otis Peabody, Marty s’introduit aussitôt dans


le hangar en passant par une fenêtre et va ouvrir les deux grandes
portes verrouillées de l’intérieur par un madrier. Doc, qui l’entend
forcer et frapper dessus de l’extérieur, trouve qu’il y met trop de
temps et lui demande :

DOC (V/O)
Ça vient Marty?

MARTY
Ça y est presque Doc, seulement croyez-moi que depuis que j’ai
fait une embardée sur sa ferme, il a dû craindre que les envahis-
seurs reviennent. Parce que ce n’est pas du carton ce verrou de por-
te, vous savez.

Rappel — Lors de son premier voyage dans le temps en 1955,


Marty avait fait une embardée sur la ferme d’Otis Peabody – le
Ranch des Deux Pins (Twin Pines Ranch). Ce dernier, apercevant
la DeLorean et Marty qui y sortait, revêtu de sa combinaison anti-
radiation de couleur jaune, avait cru qu’il s’agissait d’un martien
et lui avait tiré dessus avec son fusil de gros calibre.

Le madrier bougeant il s’écrie :

MARTY
OK! Je l’ai! On peut les ouvrir!

Poussant sur les deux grandes portes, Doc entre, s’approche du


vieux pick-up GMC, et lui dit, se rappelant :

247
Lors de son premier voyage dans le temps en 1955, Marty avait fait
une embardée sur la ferme d’Otis Peabody – le Ranch des Deux
Pins (Twin Pines Ranch). Ce dernier, apercevant la DeLorean et
Marty qui y sortait, revêtu de sa combinaison antiradiation de
couleur jaune, avait cru qu’il s’agissait d’un martien et lui avait tiré
dessus avec son fusil de gros calibre. (Page 247)

248
DOC
J’en ai déjà eu un exactement comme celui-là tu sais… je l’ai-
mais… dans ce temps-là, ils faisaient du robuste.

MARTY
Oui, je m’en souviens, moi et votre homologue de 1955 sommes
allés récupérer la DeLorean que vous aviez caché dans la Mine
Delgado avec ce pick-up.

Puis il ajoute, le pressant :

MARTY
Sauf que là Doc, on n’a pas les clés, et j’espère juste que vous sau-
rez le faire démarrer.

Doc de lui dire, ouvrant la portière :

DOC
(en riant) Rien de plus simple Marty.

202. INT. PICK-UP GMC

Il se penche, allonge le bras sous le tableau de bord, agrippe les


deux fils reliés au contact puis, après les avoir débranchés, les dé-
nude à l’aide d’un petit canif qu’il avait, et les touche ensemble. Le
moteur démarre, il sort la camionnette, s’arrête et, à travers la fenê-
tre de la portière, lui lance à voix basse :

DOC
Allez viens, monte. Il faut y aller à présent.

203. INT. HANGAR – MUR DU FOND

Du fond du hangar il lui répond :

MARTY
J’arrive Doc. Donnez-moi quelques secondes encore.

249
« C’est un Mutant! » (Page 251)

250
Marty ne veut pas manquer de faire une bonne blague à Sherman
Peabody avant de quitter les lieux. Il écrit avec de la peinture rouge
à l’endos d’un grand carton jauni qu’il agrafe à un clou sur le fond
du mur intérieur du bâtiment :

NOUS SOMMES DE RETOUR.

LES MUTANTS

Rappel — Lors de son embardée sur la ferme d’Otis Peabody en


1955 (le “Ranch des Deux Pins”) son fils, Sherman, apercevant
Marty, revêtu d’une combinaison antiradiation de couleur jaune,
s’était écrié, avant que son père en colère se mette à lui tirer des-
sus : « C’est un Mutant! »

Content de sa farce, il monte, et partent.

204. INT. LYCÉE – GYMNASE – DISCO

Disco gymnase du lycée HILL VALLEY HIGH SCHOOL :


musique Sweet Dreams du groupe Eurythmics.

Au bal de l’Halloween tout le monde danse et virevolte sous la


meilleure musique disco des années 80 envoûtés par le rythme et le
synchronisme des stroboscopes et du son et des jets de fumée. Le
DJ, déguisé en comte Dracula, anime la soirée.

205. EXT. LYCÉE – TROTTOIR – CARROSSE

Jennifer attend à l’extérieur Marty qui n’arrive pas. Elle se pro-


mène sur le trottoir en faisant tourner son ombrelle sur son épaule.
Biff arrive sur le carrosse de Cendrillon tiré par quatre chevaux
blancs, tel que commandé par Marty le matin. Il s’arrête et descend
de son siège de cocher, excité et fier de l’avoir déniché. Il vient
vers elle en s’empressant de s’excuser pour son retard et lui dit, –
Jennifer, immobile, complètement transportée à la vue du flam-
boyant carrosse et des quatre superbes chevaux blancs :

251
Le lycée HILL VALLEY HIGH SCHOOL.
(Page 251)

252
BIFF
Mam’zlle Parker! Mam’zlle Parker! il est beau n’est-ce pas?
(s’excusant) Désolé pour l’heure, j’ai dû attendre que l’orage soit
passé, vous comprenez?

Jennifer l’excusant, lui répond, extasiée :

JENNIFER
Ce n’est pas grave… il est absolument magnifique Biff!

S’approchant des chevaux elle ajoute en les caressant de sa main :

JENNIFER
Et avec ces chevaux blancs en plus… ils sont superbes!

Puis se tournant vers Biff elle lui demande :

JENNIFER
Mais où as-tu dégoté tout cela, Biff?

BIFF
(excité) Je l’ai loué à Disneyland. Monsieur McFly a tout payé
avec sa carte de crédit.

JENNIFER
Tu veux dire que ce carrosse est le carrosse de Cendrillon de Dis-
neyland?

BIFF
C’est exact, Mam’zlle Parker.

Inquiète de voir que Marty n’est pas là elle lui demande :

JENNIFER
Biff, tu n’aurais pas vu Marty par hasard?

Biff de lui répondre, surpris :

253
BIFF
Vous m’en voyez surpris, Mam’zlle Parker… Je le croyais déjà ici
avec vous. Personne n’était à la maison, j’ai donc cru que tout le
monde était au bal. C’est pour ça que je suis là avec le carrosse, il
voulait vous en faire la surprise en vous ramenant avec après le bal.

Encore éblouie, elle répond, touchée :

JENNIFER
C’est pas croyable, on dirait un vrai conte de fée, et s’il a déployé
tout ça pour moi, c’est qu’il viendra sûrement. Nous l’attendrons
donc, Biff.

BIFF
Très bien, Mam’zlle Parker. Vos désirs sont des ordres.

Il se dirige ensuite vers le coffre arrière du carrosse, l’ouvre et sort


une cruche remplie d’un punch aux fruits alcoolisé de sa propre
fabrication ainsi qu’un ensemble de six coupes. Il revient vers elle,
dépose le tout sur un banc de parc juste à côté d’eux et lui en verse,
en lui disant :

BIFF
Tenez, c’est un punch de ma propre fabrication. Goûtez-y.

Elle en prend un peu, le savoure, et lui dit :

JENNIFER
Il est tout à fait délicieux, Biff. Il faudra que tu donnes ta recette à
ma mère.

BIFF
Je n’y manquerai pas. Vous pouvez compter sur moi.

Ingurgitant le reste d’un seul coup, elle lui en redemande :

254
JENNIFER
J’en prendrai volontiers encore, Biff.

Biff de lui répondre avec empressement :

BIFF
Toute de suite, Mam’zlle Parker, avec plaisir.

Le cafard la gagnant peu à peu parce que Marty n’arrive pas, elle
prend une troisième coupe, puis une autre… et se soûle.

206. EXT. CIMETIÈRE – PROXIMITÉ ENTRÉE – NUIT

Doc et Marty arrivent au cimetière. Un épais brouillard recouvre


l’endroit éclairé par la pleine lune. Ils descendent de la camion-
nette, torche électrique à la main. La peur des morts s’emparant de
Marty, il regarde tout autour et dit :

MARTY
(à Doc) Tout bien considéré Doc, on perd du temps à venir ici et
on se donne peut-être beaucoup de mal pour rien vous savez. Après
tout, sans vouloir vous offensez et au point où vous en êtes, ça
servira à quoi d’en savoir davantage, hein. De toute évidence, il
faut que vous alliez là-bas coûte que coûte. Ce n’est peut-être pas
bien de venir dans ce lieu uniquement dans des intérêts temporels.
C’est la troisième fois que nous y venons. D’autant plus qu’après
demain, nous serons le 2 novembre, jour des Morts. Il vaut mieux
les laisser reposer en paix, non? Qu’en dites-vous?

DOC
(agacé) Vas-tu cesser tes jérémiades Marty. Quand on pose une
question à la science, elle doit donner une réponse. Nous trouve-
rons donc une explication à tout ceci, j’en suis sûr. Nous venons
que dans l’intérêt de la science et non pour saccager et profaner le
cimetière comme des vandales, si tu vois ce que je veux dire. Les
Brown sont catholiques.

255
« Ce n’est peut-être pas bien de venir dans ce lieu uniquement dans
des intérêts temporels. C’est la troisième fois que nous y venons.
D’autant plus qu’après demain, nous serons le 2 novembre, jour
des Morts. Il vaut mieux les laisser reposer en paix, non? Qu’en
dites-vous? » (Page 255)

256
Ils pénètrent, s’arrêtent, et lui dit :

207. EXT. CIMETIÈRE – ENTRÉE

DOC
OK, voici… afin d’accélérer nos recherches nous sillonnerons le
cimetière en partant de ses extrémités en avançant vers le centre.
Là, nous nous rejoindrons, compris?

MARTY
Compris Doc.

Marty fait quelques pas et lui dit :

MARTY
(bégayant) Do-Do-Doc…

DOC
(agacé) Quoi encore!

MARTY
Est-ce que vous…

Devinant, il l’interrompt, exaspéré :

DOC
Croyez aux fantômes! C’est ça que tu veux dire?

Marty baissant la tête silencieusement, il poursuit :

DOC
Argh! Je t’ai déjà dit mille fois Marty que les fantômes n’existent
pas, c’est rationnellement impossible. Quand nous sommes morts,
nous sommes morts, un point c’est tout! La vie est ainsi faite. On
ne pourra jamais rien n’y changer. Je crois à l’immortalité de l’âme
bien sûr, mais pas à toutes ces histoires d’épouvantes inventées par
le cinéma. Alors concentrons-nous sur ce que nous sommes venus
faire et il n’y arrivera rien!

257
« Vous l’avez entendu… inutile de vous manifester... nous sommes
ici que dans l’intérêt de la science… » (Page 259)

258
MARTY
Bon, ça va, j’ai compris Doc.

Ils repartent chacun de leur côté. Marty avance en tenant ferme-


ment sa torche, angoissé, faisant un pas vers l’avant et deux vers
l’arrière en parlant aux morts :

MARTY
(parlant aux morts) Vous l’avez entendu… inutile de vous mani-
fester... nous sommes ici que dans l’intérêt de la science…

Se retournant, il reprend, en marchant à reculons :

MARTY
Je crois en Dieu... je le prie tous les jours… enfin presque… et je
vais encore à la messe le dimanche vous savez…

208. EXT. CIMETIÈRE – ÉPITAPHE JULES ET VERNE


BROWN

Comme il ne prend pas le temps de regarder où il met les pieds,


il s’accroche le talon sur le coin d’une vieille épitaphe à plat sur
le sol au fond d’une rangée et tombe sur le dos. Il se retourne et
braque la lumière de sa torche sur la pierre tombale afin d’y lire
l’inscription. N’y parvenant pas parce que la tourbe recouvre
presque toute sa surface, il l’arrache et lit :

MARTY
Jules et Verne Brown…

S’arrêtant il crie à tout rompre :

MARTY
Doc!!! Doc!!!

DOC
J’arrive Marty.

259
Accourant il arrive en lui disant :

DOC
Ne crie pas comme ça tu vas finir par réveiller les morts.

MARTY
Eh bien c’est tout comme Doc… regardez.

Braquant sa torche sur l’épitaphe il lit :

DOC
Jules et Verne Brown, fils de M. et Mme Emmett L. Brown. Décé-
dés lors du naufrage du Titanic le 15 avril 1912 …

Frappé de plein fouet par la nouvelle il s’écrie, atterré :

DOC
Mon Dieu! Mais qu’est-ce qui a bien pu arriver pour qu’ils se re-
trouvent à bord du Titanic et meurent d’une façon aussi effroyable?
Je ne comprends pas.

209. EXT. CIMETIÈRE – ENTRÉE – ARBUSTES

Ses fils arrivent à l’entrée du cimetière. Ils les entendent et se ca-


chent aussitôt derrière des arbustes. Verne chuchote à son frère :

VERNE
Tu as entendu. On dirait bien la voix de notre père.

JULES
Oui c’est pareil pour moi. Seulement qu’est-ce qu’il peut bien faire
ici? Et qui est cet étranger avec lui?

JULES
(continuant) Voilà ce que nous allons faire. Nous allons suivre cet-
te haie qui longe tout le cimetière. Arrivés au milieu nous marche-
rons accroupis en se cachant derrière les épitaphes jusqu’à ce que
nous soyons rendus assez près d’eux. Là, nous les épierons et nous

260
serons plus en mesure de savoir ce qu’ils sont venus faire ici.

VERNE
Oui, mais s’ils nous découvrent, qu’est-ce qu’on fait?

JULES
Dans ce cas, nous n’aurons d’autre choix que de tout lui expliquer.
(en parlant de leur père) De toute façon, c’est quelque chose qu’il
faudra sans doute faire tôt ou tard. Maintenant, assez bavardé. Je
compte jusqu’à trois, et à trois on y va. Un… deux… trois.

Ils courent jusqu’au milieu de la haie, se faufilent en se cachant


derrière les épitaphes et se fixent derrière celle qui leur semble la
meilleure pour les épier.

210. EXT. CIMETIÈRE – ÉPITAPHE CACHETTE

Verne met le pied sur une branche sèche qui craque.

211. EXT. CIMETIÈRE – ÉPITAPHE JULES ET VERNE


BROWN

D’un mouvement très vif, Doc se retourne, pointe sa torche dans


la direction du bruit et s’arrête pour dire d’une voix forte :

DOC
Hé! Qui est là? Il y a quelqu’un?

Puis il s’avance en balayant les alentours avec la lumière de sa tor-


che, – Marty le suivant de près par derrière.

212. EXT. CIMETIÈRE – ÉPITAPHE CACHETTE

Doc se rapprochant de plus en plus d’eux et leur découverte à pré-


sent inévitable, Jules chuchote :

JULES
On n’a plus le choix à présent, il faut tout balancer.

261
VERNE
J’espère juste qu’il ne sera pas trop fâché contre nous et qu’on
pourra quand même aller dans ce futur lointain avec lui récupérer
le manuscrit.

JULES
Ne t’inquiète pas Verne, papa comprendra, et on ira avec lui. Main-
tenant levons-nous tranquillement et avançons vers lui sans dire un
seul mot, afin de lui montrer que nous regrettons ce que nous avons
fait.

213. EXT. CIMETIÈRE – PROXIMITÉ ÉPITAPHE


CACHETTE

Doc qui les voit apparaître et venir vers eux à travers le brouillard
qui se dissipe, se fige, puis se tourne légèrement la tête en arrière et
dit :

DOC
Marty… vois-tu ce que je vois?

Marty, mort de peur, lui bégaye :

MARTY
Qu-qu-quoi Doc? Ce ne sont pas vos fils? Parce qu’on-on-on dirait
bien qu’ils vous ont bien reconnu, eux.

Tout en commençant à marcher à reculons sans trop regarder il lui


répond :

DOC
C’est exact. Sauf que… ça ne se peut pas… puisqu’ils sont
morts… Ce serait par conséquent leurs fantômes.

Marty lui rappelle :

MARTY
Pourtant tout à l’heure…

262
Doc l’interrompt pour lui dire :

DOC
Oui mais ça Marty, c’était tout à l’heure!

Jules et Verne les entendant, se relèvent la tête, et les voyant fuir,


se mettent à courir vers eux en leur criant :

JULES ET VERNE
Papa!!! Papa!!! Reviens voyons!!! On va tout t’expliquer!!!

Doc les voyant foncer vers eux, augmente la cadence et hurle :

DOC
Tu avais raison Marty!!! Ils sont revenus d’outre-tombe pour me
hanter!!! Je n’ai pas été un bon père, voilà pourquoi tout ceci
m’arrive!!!

Marty trébuche, se relève aussi vite, puis perdre pied et culbute


avec Doc dans une fosse en criant ensemble :

MARTY ET DOC
HAAAAA!!!

214. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

Ses deux fils, arrivés sur le bord de la fosse, s’empressent de lui di-
re, Jules le premier, Verne le second :

JULES
(à Doc) Papa, pourquoi nous fuyez-vous? Vous n’avez rien de cas-
sé j’espère?

VERNE
(à Doc) Laissez-nous vous expliquer, voyons.

263
215. INT. FOSSE

Il refuse de les croire et leur répond, se remettant debout et se pla-


çant dos à eux :

DOC
Non!! Je ne peux pas vous croire!! C’est impossible!! Vous ne
pouvez pas être à la fois morts et enterrés et être ici en train de me
parler!!

Marty qui avait été le premier à manifester sa peur n’en revient pas
de voir Doc mort de trouille et lui dit :

MARTY
(à Doc) Finalement, ils n’ont pas l’air si méchant… (reluquant
Jules et Verne) …et si on ne veut pas passer la nuit dans ce trou, on
ne perd rien à entendre ce qu’ils ont à nous dire. Sinon, je vais fi-
nir par croire que je suis avec le vieil avare Ebenezer Scrooge de
Charles Dickens. Non mais… regardez-vous!

Doc regarde Marty, puis lève lentement la tête pour les apercevoir
sur le bord de la fosse, attendant une réponse de sa part, et trouvant
qu’il a raison, leur dit :

DOC
(à Jules et Verne) À bien y penser… je crois que la suggestion de
Marty est pleine de bon sens. (à tous) Ça aura servi à quoi de se
bouder toute la nuit sans avoir essayé auparavant de se com-
prendre. C’est en s’enfermant dans ce refus de trouver des réponses
aux questions les plus banales que l’obscurantisme de l’homme du
Moyen Âge s’est perpétué inutilement. Pour cela, Albert Einstein a
bien dit : « La religion sans la science est aveugle ; mais la science
sans la religion est insensée. »

Puis il ajoute, très convivial :

DOC
(à tous) Dans ce cas, je n’ai pas à refaire les présentations. (à Jules

264
et Verne) Vous connaissez déjà, Marty.

Rappel — Doc, qui avait choisi de vivre au Far West, était revenu
en 1985 à bord d’une locomotive volante, et avait présenté toute sa
famille à Marty et Jennifer.

216. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

Ils sont très contents de le revoir et lui disent familièrement l’un


après l’autre, Jules le premier, Verne le second :

JULES
Salut Marty.

VERNE
Salut Marty.

217. INT. FOSSE

Doc, plus réceptif, enchaîne et leur dit :

DOC
(à Jules et Verne) Allez-y maintenant, je vous écoute.

218. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

JULES
D’abord, Verne et moi tenons à nous excuser pour tout l’effroi
causé. Comme on voulait depuis fort longtemps faire un voyage
dans le temps avec vous et qu’en plus il s’agissait de sauver la vie
de grand-père, nous avons convenu de vous accompagner à Hill
Brook, en 2135. Nous avons donc monté clandestinement à bord
du train dans un wagon transportant du blé à la gare de Virginia
City. Rendus à Hill Valley, nous vous avons suivi discrètement
jusqu’à la maison. Après, nous nous sommes faufilés dans la
locomotive volante pendant que vous alliez voir ce qui gênait l’ou-
verture automatique des portes du hangar, puis nous nous sommes

265
cachés dans le petit coffre derrière les sièges. Nous sommes venus
à votre insu. Nous le regrettons sincèrement même si nous ne vou-
lions vous accompagner que pour vous seconder et nous instruire.
Vous dites souvent que les voyages vous ont beaucoup appris.

219. INT. FOSSE

Il leur demande, très inquiet :

DOC
(à Jules et Verne) Votre mère est-elle au courant?

220. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

VERNE
Nous avons laissé une lettre à maman dans laquelle nous lui disons
que nous sommes partis avec vous.

221. INT. FOSSE

DOC
Content de l’apprendre. Parce qu’à l’heure qu’il est… j’espère que
vous savez qu’elle doit être morte d’inquiétude pour vous.

222. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

JULES
Oui mais disons qu’elle a au moins l’assurance de savoir que nous
sommes avec vous.

223. INT. FOSSE

Doc qui sait ce qui arrive indubitablement dans les voyages spatio-
temporels lorsque qu’il y a une modification du futur, veut s’amu-
ser à son tour, et leur dit :

DOC
Tout ceci semble bien vrai et je veux bien vous croire. Mais com-

266
ment expliquez-vous dans ce cas que sur une épitaphe que Marty et
moi avons trouvée à plat sur le sol il y soit inscrit : « Jules et Verne
Brown, fils de M. et Mme Emmett L. Brown. Décédés lors du
naufrage du Titanic le 15 avril 1912 » et que vous pouvez être
devant moi en train de jaser, hein? Vous pouvez aller vérifier, elle
est juste à gauche, devant vous. (leur tendant la torche) Tenez,
prenez cette torche et allez voir.

Ils se rendent voir. Marty lui chuchote :

MARTY
(à Doc) Hé, pourquoi leur faire subir pareille épreuve, Doc? Ça me
paraît assez évident qu’ils sont vos fils, non?

DOC
Attends, ce n’est pas grave. Il faut bien s’amuser un peu à notre
tour. (faisant un clin d’œil)

224. EXT. CIMETIÈRE – ÉPITAPHE JULES ET VERNE


BROWN

Braquant la torche électrique sur l’épitaphe ils n’y voient que les
deux premières lignes. Le reste s’était effacé. Jules lit :

JULES
« Jules et Verne Brown, fils de M. et Mme Emmett L. Brown. »

Ils reviennent à la fosse.

225. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

Ils arrivent en leur disant, Jules le premier, Verne le second :

JULES
(à Doc) Hé, c’est une blague?

VERNE
(à Doc) Il n’y a que les deux premières lignes sur l’épitaphe?

267
226. INT. FOSSE

D’un large sourire il leur explique :

DOC
Ça veut dire que vous êtes vraiment les fils du docteur Emmett L.
Brown. Comme vous vous êtes retrouvés en 1985 avec moi, votre
futur a été modifié, c’est pour cela que tout le reste, enfin ce qui
aurait dû vous arriver, s’est effacé.

227. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

JULES
Ouf! Vous nous avez fiché une de ces trouilles.

228. INT. FOSSE

DOC
(en riant) C’est bien peu en comparaison de celle que vous nous
avez fait vivre.

229. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

Jules poursuit en leur demandant :

JULES
(à Doc et Marty) Et maintenant que vous semblez avoir compris
que nous ne sommes pas des fantômes ou des esprits revenus
d’outre-tombe, pourrait-on savoir en quoi notre futur a été modifié?

Verne ajoute :

VERNE
Et aussi, qu’est-ce qui s’est effacé? Parce que si nous sommes ve-
nus au cimetière, c’était précisément pour savoir ce que nous étions
devenus?

268
230. INT. FOSSE

Content et très fier de ses deux fils Doc leur fait une courte synthè-
se de ce qui est arrivé :

DOC
Je vous explique. Tout à l’heure, avant que vous n’arriviez dans
ce cimetière, il y était inscrit sur votre épitaphe : Jules et Verne
Brown, fils de M. et Mme Emmett L. Brown. Décédés lors du
naufrage du Titanic le 15 avril 1912. Mais voilà, comme vous êtes
venus avec moi en 1985 et que nous sommes finalement entrés en
contact, dès cet instant, votre futur s’est modifié. Donc, comme
vous me l’avez souligné, une partie de l’inscription s’est effacée.
J’en viens à la question qui me chicote et à laquelle j’aimerais bien
que vous me répondiez. Comment vous êtes-vous retrouvés à bord
de ce luxueux paquebot, dont l’effroyable naufrage restera à jamais
gravé dans nos mémoires?

231. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

Les deux garçons se regardent quelques secondes, puis Jules lui


avoue :

JULES
Eh bien, Verne et moi avions déjà projeté de se rendre en An-
gleterre dès que nous aurions atteint notre majorité dans le but de
compléter nos études dans les meilleures universités. Nous aurions
pu y faire des recherches qui nous auraient permis de démontrer
hors de tout doute que grand-père et maman sont les seuls véri-
tables héritiers de Charles-Philippe Clayton, duc d’Édimbourg.

Verne enchaîne et complète :

VERNE
Mais quand vous nous avez annoncé que vous étiez déterminé à en
finir avec le baron Cromwell en vous rendant à Hill Brook en 2135
avec la locomotive volante, nous avons adopté votre idée, et nous
avons choisi d’aller dans cette direction. Seulement, maintenant

269
qu’on sait ce qui nous serait arrivé, désormais, on ne pourra plus
dire que la première idée est toujours la bonne. (haussant les épau-
les)

232. INT. FOSSE

N.B. — Quand Doc dit : « que le plus grand des malheurs serait à
mon avis de se retrouver séparés à trois époques différentes », il
veut dire ici, que lui et Marty pourraient se retrouver en 2135,
Jules et Verne en 1985, Clara en 1895, s’il ne les emmène pas avec
lui et échoue en demeurant prisonnier dans le futur à cette époque.

DOC
(à tous) Tout est à présent réglé pour cette première étape. Il ne
nous reste plus qu’à voir si nous pourrons compléter la deuxième
étape, qui n’est pas chose faite. J’espère que vous savez qu’aller à
une époque comme celle de ce XXIIe siècle ayant subie, selon
toute vraisemblance, un grand cataclysme, et toujours selon cette
fameuse prophétie de Jovianus, même si nous serons à l’endroit
où était jadis Hill Valley et Hilldale rebaptisé, Hill Brook avec,
et c’est logique d’en faire une telle projection, ses fortes transfor-
mations géographiques, ses imprévus et ses surprises, n’est guère
plus rassurant que d’aller au Moyen Âge en 1015, en Écosse, où
tout homme qui avait le moindrement du génie était condamné au
bûcher comme hérétique, comme je voulais le faire au début. Là au
moins, avec un peu de prévoyance et de connaissance de l’histoire,
je pouvais éviter le pire. Face à l’inconnu, là c’est autre chose.
C’est la plus périlleuse expérience spatio-temporelle jamais entre-
prise jusqu’à présent, même par moi. (à Jules et Verne) Mais
comme vous êtes là et que le plus grand des malheurs serait à mon
avis de se retrouver séparés à trois époques différentes, je ne peux
vous laisser ici. Vous serez donc du voyage. J’espère seulement
que tout ira bien et qu’on récupérera le manuscrit qui nous per-
mettra de sauver la vie de votre grand-père.

Rappel — En 1955, Doc seul à bord de la DeLorean volante au


milieu d’un orage et sur le point de descendre pour faire monter
Marty resté au sol, avait été frappé par la foudre et projeté dans

270
le passé, au Far West, en 1885. Marty resté en 1955, avait reçu
par l’homme de la Western Union une lettre de Doc vivant en 1885
où il (son homologue) s’était exclamé : « Le Far West, j’aurais pu
tomber plus mal. Et si je m’étais retrouvé au Moyen Âge il
m’aurait probablement fait frire sur un bûcher comme hérétique! »

Levant la tête et visant ses deux fils il ajoute :

DOC
(à Jules et Verne) Là vous êtes contents j’espère.

233. EXT. CIMETIÈRE – BORD DE LA FOSSE

Ils répondent avec enthousiasme, Jules le premier, Verne le se-


cond :

JULES
Ouais!

VERNE
Nous serons à la hauteur!

234. INT. FOSSE

Marty leur rappelle :

MARTY
(à tous) Hé, ce n’est pas que je veuille briser ces belles retrou-
vailles, seulement je vous signale qu’il faudrait peut-être penser à
sortir de ce trou humide si on veut que les choses avancent. Il y a
plus de trois quarts d’heure que je devrais être au bal avec Jennifer.
Nous passerons donc chez moi chercher mon déguisement et nous
filerons ensuite tout droit au lycée. Après m’être excusé et avoir
dansé un peu avec Jennifer, je lui expliquerai ce qui arrive. J’espère
juste qu’elle ne sera pas trop fâchée contre moi.

271
Marty resté en 1955, avait reçu par l’homme de la Western Union
une lettre de Doc vivant en 1885. (Page 271)

272
Doc enchaîne :

DOC
(à tous) Il a raison, on a trop perdu de temps. Et les femmes n’ai-
ment pas qu’on les fasse attendre. Jules et Verne m’aideront à
monter l’aérohydroglisseur.

Ils sortent de la fosse, se dirigent vers le pick-up et montent à bord.

235. INT. PICK-UP GMC

Doc, une main sur le volant, l’autre sur la clé dans le contact, s’ar-
rête à penser à sa bien-aimée Clara et dit :

DOC
(pensif) J’aimerais bien pouvoir aller te retrouver quelques instants
Clara pour te réconforter et te dire que Jules et Verne sont avec
moi, et que tout s’annonce très bien à présent. Seulement ce n’est
hélas pas possible. (FADE OUT)

273
Phonographe dans le salon : musique Ride of the Valkyries (La
chevauchée des Walkyries) de Richard Wagner. (Page 275)

274
236. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE WILMOR –
JOUR

Phonographe dans le salon : musique Ride of the Valkyries (La


chevauchée des Walkyries) de Richard Wagner. (H/C)

EN 1895, À VIRGINIA CITY, Clara arrivée seule avec Newton


chez ses parents et consciente qu’elle doit fournir une bonne expli-
cation à sa mère Béatrice, veut d’abord l’aider à convaincre son
père d’abandonner l’idée de se battre en duel. Face à sa porte de
chambre, elles le pressent d’ouvrir. L’épouse, BÉATRICE, l’inter-
pelle, très fâchée :

BÉATRICE
Wilmor! Wilmor! ta fille est ici, cesse de te comporter comme un
gamin et viens la voir!

237. INT. CHAMBRE DE WILMOR – LIT

Wilmor, assis sur son lit, les bras croisés, reste muet comme une
carpe.

238. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE WILMOR

Béatrice se tourne vers Clara et lui dit :

BÉATRICE
(à Clara) Tu vois, il est comme ça depuis que ce damné baron l’a
entraîné dans ce duel stupide.

Elle s’arrête, les yeux pleins d’eau et sur le bord de l’éclatement, et


reprend avec beaucoup de peine :

BÉATRICE
J’ai tout fait pour le faire revenir sur sa décision. (s’essuyant les
yeux) Mais rien à faire, une vraie bourrique! Il préfère se faire tuer!
(éclatant en sanglots)

275
Les larmes aux yeux, Clara réconforte sa mère. Après l’avoir pris
dans ses bras, elle la regarde avec douceur, les deux mains de cha-
que côté de ses épaules comme pour la soutenir, et lui dit :

CLARA
Calmez-vous maman, nous sommes venus à Virginia City pour
vous aider. Emmett est parti chercher des documents historiques
qui vont débouter le baron et empêcher ce duel. Emmett m’aime
et il faut lui faire confiance. Maintenant, je vais parler à papa.
Laissez-moi faire. Vous allez voir. Il n’a tout de même pas perdu
la raison, quand même. Et si je n’arrive pas à l’en dissuader, j’ar-
riverai sûrement à le faire sortir de sa chambre pour prendre le thé
avec nous.

Elle ajoute, sachant que la partie n’est pas gagnée :

CLARA
Enfin, j’espère…

Elle s’avance, se met une oreille contre la porte, cogne légèrement


et lui dit d’une voix posée :

CLARA
(à Wilmor) Papa, c’est Clara. Emmett est parti chercher des docu-
ments capables de prouver hors de tout doute que nous sommes les
véritables héritiers de Charles-Philippe Clayton, duc d’Édimbourg.

239. INT. CHAMBRE DE WILMOR – LIT

Wilmor s’écrie :

WILMOR
C’est impossible Clara! Il ne trouvera pas un tel document et tu le
sais bien. Si tu veux mon avis, je crois qu’Emmett vient de se met-
tre dans de beaux draps cette fois. Raison de plus pour moi d’avoir
relevé ce duel finalement.

Il ajoute, aigri :

276
WILMOR
Comme tu peux le voir, ce n’est pas de la folie.

240. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE WILMOR

Bien qu’elle ait l’impression d’avoir tout simplement jeté de l’huile


sur le feu, elle a malgré tout réussi à le faire parler. Elle essaye de
le prendre autrement, espérant de cette petite victoire arriver à le
faire sortir de la chambre, et poursuit :

CLARA
De toute façon, quelle importance que nous les retrouvions ou non.
Tout ça m’est bien égal. Je suis très heureuse comme je suis. J’ai
un bon mari, savant en plus, ainsi que de beaux enfants intelligents
et débrouillards, qui font déjà l’admiration de tous. (elle ajoute en
elle-même) « Bon, ils ont fait une fugue, c’est vrai, mais c’est parce
qu’ils m’aiment. »

241. INT. CHAMBRE DE WILMOR – LIT

Irrité, il lui réplique :

WILMOR
Eh bien pas moi! Ce n’est pas seulement une question de richesse.
C’est avant tout et surtout une question d’honneur, tu sauras. Et de
l’honneur je regrette, moi j’en ai. Je ne veux pas que mes petits-fils
aient à porter toute leur vie le souvenir d’un grand-père pétochard.

242. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE WILMOR

Béatrice met sa main sur l’épaule de Clara et lui dit :

BÉATRICE
(à Clara) Tu vois, je te l’avais bien dit, il est pire qu’une vieille
bourrique. Laissons-le et allons jaser ensemble dans le salon en
prenant une bonne tasse de thé. Ça nous remontera. J’ai de bons
biscuits au gingembre que je viens tout juste de sortir du four.

277
Clara se retourne et regarde sa mère. Elle lui sourit en lui faisant un
clin d’œil et lui répond, de façon à ce que son père puisse compren-
dre qu’elles sont indifférentes :

CLARA
(à Béatrice) C’est ça, allons prendre le thé ensemble.

La tête et l’oreille collées de nouveau contre sa porte, elle ajoute,


usant de finesse :

CLARA
(à Wilmor) Dois-je vous rappelez père que si ce duel avec Crom-
well vous tenaille jusque dans vos tripes, il vaudrait mieux que
vous me battiez d’abord en terminant la partie d’échecs que nous
avions commencée l’autre jour. Ce serait déjà faire preuve d’habi-
leté et de sagesse, vous ne trouvez pas? N’est-ce pas ce que vous
m’avez inculqué dès mon jeune âge, réussir d’abord dans les pe-
tites choses, si on veut réussir ensuite dans les plus grandes?

243. INT. CHAMBRE DE WILMOR – LIT

Ces dernières paroles de Clara ravivent la mémoire du père. Même


s’il ne dit rien, Wilmor, le cœur serré et la boule dans l’estomac, ne
peut s’empêcher de verser une larme.

244. INT. PASSAGE – PORTE CHAMBRE DE WILMOR

Béatrice se dirige vers la cuisine et Clara vers le salon.

Phonographe du salon : ARRÊT de la musique Ride of the


Valkyries de Richard Wagner.

245. INT. SALON

Clara prend place sur la causeuse, sa mère entre avec le service à


thé et les biscuits, puis s’assoit juste à côté d’elle. Visiblement in-
triguée, d’un ton grave, elle lui demande :

278
BÉATRICE
Clara, tu m’excuseras, mais il y a quelque chose qui m’échappe
dans ce que tu as dit tout à l’heure à ton père. Je sais bien que nous
voulons le tirer de ce mauvais pas, et je n’en doute pas non plus,
sauf que… comment Emmett va-t-il pouvoir trouver un tel docu-
ment alors que cela est impossible? Il lui faudrait pour cela aller en
Écosse en ne disposant que d’une semaine, hormis le temps qu’il
prendrait pour faire des recherches une fois rendu là-bas. Où est-il
allé? Jules et Verne ne sont pas non plus avec toi? C’est bizarre.
Que me caches-tu? Je suis peut-être rendue vieille, mais je ne suis
pas stupide.

Prise entre l’arbre et l’écorce, Clara doit surmonter ses propres an-
goisses tout en calmant celles de sa mère en évitant de lui dire toute
la vérité. Elle parvient à se tirer d’affaire, et lui répond, se mettant
debout :

CLARA
Bon, c’est vrai, j’en suis consciente, et lui aussi j’en suis sûre. Mais
il faut lui faire confiance. Emmett n’est pas seulement maréchal-
ferrant, c’est avant tout un scientifique, un grand savant un peu en
avance sur son temps, vous savez… pour moi, il est surtout un
homme au grand cœur, capable de dépassement, qui remuerait ciel
et terre pour me rendre heureuse. C’est d’ailleurs ce que j’ai vu en
lui dès la première fois que nos chemins se sont croisés…

S’arrêtant elle prend plaisir à se remémorer l’incident qui a permis


leur rencontre et reprend :

CLARA
Mon cheval, effrayé par un serpent, avait pris le mors aux dents
et fonçait à bride abattue tout droit vers le ravin Eastwood
lorsqu’Emmett, qui s’était lancé à ma poursuite, tel un chevalier de
la table ronde… me rejoint. Et me prenant d’un seul bras…

Elle termine, complètement transportée :

279
« Et me prenant d’un seul bras… m’enleva… et me sauva la vie…!
» (Pages 279-281)

280
CLARA
m’enleva… et me sauva la vie…!

Rappel — Marty était revenu en 1985 à bord de la DeLorean sur


les rails du pont de chemin de fer enjambant un ravin, poussée par
une locomotive chauffée à blanc qui elle, le pont n’existant pas
encore en 1885, avait plongée dans le ravin qui avait pris dès lors
le nom d’emprunt de Marty à cette époque, Eastwood (Clint). À
l’origine, le ravin portait le nom de, Shonash, et il aurait été
rebaptisé, Clayton, si Doc n’était pas intervenu pour empêcher
l’institutrice, Clara Clayton, d’y tomber mortellement.

Puis elle se dirige vers le phonographe, s’arrête, se retourne vers sa


mère, lâche un grand soupir, et ajoute, encore ravie :

CLARA
Et donc… avec Emmett… tout est possible.

Elle revient lentement vers la causeuse pour s’asseoir et poursuit :

CLARA
Je ne peux toutefois vous en dire plus pour l’instant. Par contre, en
ce qui concerne Jules et Verne, ils devaient être avec moi. Pour
tout dire…

Elle s’arrête pour finalement lui avouer, n’en pouvant plus de le


garder pour elle :

CLARA
Ils ont fait une fugue! (en parlant de Jules et Verne)

Sa mère bondit et s’écrie, atterrée :

BÉATRICE
Quoi! As-tu signalé leur disparition à la police?

Elle lui répond, résignée :

281
Marty était revenu en 1985 à bord de la DeLorean sur les rails du
pont de chemin de fer enjambant un ravin, poussée par une
locomotive chauffée à blanc. (Page 281)

282
CLARA
Non, ce n’est plus nécessaire, maman. Ils m’ont laissé une lettre
dans laquelle ils me disent qu’ils sont partis avec leur père. Ils ne
nous restent plus qu’une chose à faire à présent, c’est attendre et
prier.

BÉATRICE
Et cela ne t’inquiète pas plus que ça?

CLARA
Bien sûr, seulement de savoir qu’ils sont avec leur père est tout de
même moins pire que de ne pas savoir où ils sont du tout.

Reluquant Newton couché sur le ventre, les pattes étendues près de


la cuisinière au bois, elle ajoute, songeuse :

CLARA
Il n’y a que Newton, avec moi… (FADE OUT)

283
« C’est, la Promenade du Pin Solitaire, Doc. Vous ne le saviez pas
encore. Quand je suis allé pour la première fois en 1955 et que j’ai
fait cette embardée avec la DeLorean sur la ferme d’Otis Peabody,
je suis reparti en cassant un de ses deux pins. À cause de cela, le
nom s’est trouvé modifié. » (Page 285)

PROMENADE DES DEUX PINS

PROMENADE DU PIN SOLITAIRE

284
246. EXT. RUE – PROXIMITÉ LYCÉE – INT. PICK-UP
GMC

EN 1985… Doc, Marty, Jules et Verne arrivent à bord de la


camionnette, non loin du lycée où se tient le bal de l’Halloween.
Doc (le conducteur) s’arrête à un angle de rue tout près de là et se
gare en bordure du côté le moins éclairé. Éteignant le moteur, il
leur dit, s’adressant à Marty, déguisé en Zorro :

DOC
À toi de jouer Marty. Rendez-vous sur le grand parking de la Pro-
menade des Deux Pins.

Marty lui précise, Doc l’ignorant jusqu’à ce jour :

MARTY
C’est, la Promenade du Pin Solitaire, Doc. Vous ne le saviez pas
encore. Quand je suis allé pour la première fois en 1955 et que j’ai
fait cette embardée avec la DeLorean sur la ferme d’Otis Peabody,
je suis reparti en cassant un de ses deux pins. À cause de cela, le
nom s’est trouvé modifié.

Doc lui répond, pressé par le temps :

DOC
En effet, je ne le savais pas encore… je le verrai tout à l’heure.
Seulement, je te préviens que s’il y aurait un autre pépin et que
tu ne pourrais y être, je n’aurai plus le temps de “chercher midi à
quatorze heures” et devrai partir sans toi, Marty.

Puis il ajoute, en riant :

DOC
Va, et bonne chance, Zorro!

247. INT/EXT. PICK-UP GMC

Ouvrant la portière il descend et lui dit à travers la vitre baissée :

285
MARTY
(à Doc) Ne vous inquiétez pas, tout ira bien. À part Jennifer qui
sera un peu fâchée contre moi et cela se comprend, avec tout ce
retard. Bon, OK, j’y vais. (à tous) À tout à l’heure tout le monde.

Puis il s’élance en courant vers le lycée.

248. EXT. PROXIMITÉ LYCÉE

Arrivant aux abords du lycée, il ralenti et continue en marchant.


Apercevant le fabuleux carrosse tiré par un bel attelage de chevaux
blancs tel que commandé, il murmure, rassuré :

MARTY
(se parlant à lui-même) OK, Biff a bien livré la commande… il y a
au moins ça de rassurant.

249. EXT. LYCÉE

Disco gymnase du lycée : musique Thriller de Michael Jackson.

Entendant la musique Thriller de Michael Jackson qui se répercute


jusqu’à l’extérieur, – les deux grandes portes du lycée sont ouver-
tes et la fête bat son plein –, il se met à danser et claquer des doigts.
Puis il aperçoit Jennifer et, tout en se rapprochant d’elle, confiant
de voir qu’elle rit et semble bien s’amuser, il ajoute :

MARTY
(se parlant à lui-même) Ouf, pour une fois que j’ai de la chance.
Finalement, elle n’a pas l’air trop fâchée.

250. EXT. LYCÉE – BANC DE PARC

N.B. — Jennifer qui est ivre, parle à Biff en s’imaginant qu’elle


parle à Doc, parce qu’elle s’est mise à ruminer dans sa tête, –
Marty ne se pointant toujours pas à l’heure convenue –, que
cela a sûrement un lien avec une autre de ces aventures spatio-
temporelles. Son subconscient interagit avec les effets de l’alcool

286
et la force à vider son cafard qu’elle garde intérieurement depuis
un bon moment.

Chance ou malchance, celle-ci va être bien différente de ce qu’il


s’imagine. Il la trouve ivre, assise sur le banc de parc, Biff se tenant
debout près d’elle et l’écoutant. Il arrive au moment où elle est en
train de dire, – Jennifer s’imaginant parler à Doc :

JENNIFER
Comme çzza… vouuzz’êtt… hic!... le cap’hic! taine Nemo… en
chhhhair’é… hic! en’oss? [ Comme ça... vous êtes le capitaine
Nemo en chair et en os? ]

Faisant comme si c’est Doc qui lui répond, elle dit à sa place, pre-
nant un ton plus grave, et éclatant de rire à la fin :

JENNIFER
C’eeeest exact mam’z’lle… hic! maizzz’aaavec… hic! tout
c’que… hic! zzz’ai azzzvalé ce soir… chhh’croizz’hic!
qu’vvvzzz’ai couler… à pic! [ C’est exact, mademoiselle! Mais
avec tout ce que j’ai avalé ce soir, je crois que je vais couler à pic! ]

Marty, qui l’entend et la voit complètement soûle, n’en revient tout


simplement pas. Se tournant vers Biff, il lui demande, abasourdi :

MARTY
(abasourdi) Mais… qu’est-ce qui se passe, Biff?

Se sentant coupable il s’exclame :

BIFF
Sortilège! Je suis désolé Marty, tout ça est de ma faute… j’ai tout
gâché… mais je ne voulais pas, tu sais. J’avais apporté ce punch
alcoolisé de ma fabrication, je lui ai fait goûter, elle a aimé, m’en a
redemandé une seconde fois, ensuite une autre, et comme tu n’ar-
rivais pas… c’est elle qui a insisté pour que je remplisse son verre.
Depuis, elle a tout bu. Il ne m’en reste même plus une seule goutte.

287
Après, voulant se faire pardonner de la beuverie qu’il a occasionné,
il enchaîne, en lui montrant le carrosse de Cendrillon avec ses qua-
tre chevaux blancs :

BIFF
(excité) Néanmoins, j’ai respecté la commande. Il est magnifique,
n’est-ce pas? Mam’zelle Jennifer était extasiée devant.

En entendant son prénom, elle se lève en s’appuyant d’une main


sur le dossier, titubant, pour dire avec peine à Marty :

JENNIFER
Hé… Oooowé! mon c’zzzevalier! hic! c’zzzdoomaaage… hic!
t’zzétais pas là c’zzzpouurr… hic!...zzzygoûtzzer… Marzzty! [ Hé!
Ohé! mon chevalier! C’est dommage, tu n’étais pas là pour y
goûter Marty! ]

Puis elle retombe sur le banc comme une poche de sable et bascule
lourdement sur le côté pour ne plus bouger. Marty s’approche près
d’elle et lui dit, l’interpellant d’une voix douce, vivement inquiet :

MARTY
Jennifer? Jennifer?

288
289
RETOUR DANS LE TEMPS

290
RETOUR VERS LE FUTUR
PARTIE VI

(version futur régressif Hill Brook 2135


ou le Moyen Âge en Amérique)

291
292
NOUVEAUX PERSONNAGES
© Michel Labbé
1895

FRED Miller / barman du saloon à Virginia City /


ami et frères d’armes de Wilmor.
CROMWELL John-Lee / baron loyaliste anglais
/ éternel rival de Wilmor.
LUDWIG le valet du baron.
JUDGE HODGE un manchot corpulent / juge à
Virginia City.
WILL Bennett / le conducteur de la diligence.
ROOF Cashman / le cow-boy empoignant
Cromwell avec Will Bennett.
WILMOR Clayton / père de Clara / confronté à
un duel fatidique avec le baron Cromwell.
BÉATRICE épouse de Wilmor / mère de Clara.

1985

Au gymnase du lycée :
LE DJ à la console de la disco.
LES DANSEURS déguisés sur la piste de danse.

SHERMAN Peabody, 38 / fils du fermier Otis


Peabody où Marty y avait fait une embardée en
1955.
SALOMON Peabody, 15 / fils de Sherman.
REPORTER TV sur le reportage en direct de
Hill Valley.

2135

GUSS pêcheur habitant LYONBOURG se trouvant


sur le bord de la mer au moment de l’arrivée de

293
l’aérohydroglisseur en 2135 / LYONBOURG :
clan hybride californien-écossais ayant survécu et
s’étant développé après le Grand Cataclysme à
l’emplacement où était jadis Hilldale. Le nouveau
nom, LYONBOURG, est un dérivé venant d’une
moitié du mur architectural qui portait
l’inscription, LYON ESTATES.

Au Cafe “The 4 Beers” (Café “Des 4


Bières”) autour de la table :
RUBEN le vieux marin à l’œil crevé et au crochet
à la place d’une main.
LOTHARD tanneur de cuir.

BISMARK tavernier / le patron du Cafe “The 4


Beers”(Café “Des 4 Bières”) jadis, le Lou’s Cafe
en 1955 (et 1985…), et le Cafe 80’s en 2015.
CALEB forgeron-ferblantier / le porte-parole du
clan californien-écossais au procès.

RUFIUS descendant McFly, 41 / tonnelier et


brasseur d’une bière savoureuse la “Goldenfly”,
habitant Hill Brook : clan hybride
californien-irlandais ayant survécu et s’étant
développé après le Grand Cataclysme à
l’emplacement où était jadis Hill Valley.

MARGARET McFly, 39 / épouse de Rufius.


THOMAS ................. 13 / l’aîné de Rufius et
Margaret.
JUDITH ................... 11 / le deuxième .............
MYLÈNA ................ 9 / le troisième ...............
JÉRÉMY ................ 7 / le cadet .....................

Au procès / parti de Caleb :


HABITANT 1 – LYONBOURG
HABITANT 2 – LYONBOURG
HABITANT 3 – LYONBOURG

294
BRUNON le moine prenant la défense au procès.
PEEKLES l’allumeur du bûcher.
GONTRAN serrurier prenant le parti de Rufius.

Au procès / parti de Rufius :


HABITANT 1 – HILL BROOK
HABITANT 2 – HILL BROOK
HABITANT 3 – HILL BROOK

OTAN Wilson / descendant du maire Goldie


Wilson / intendant du clan de Hill Brook ayant un
droit de veto sur la peine de mort par le feu du
bûcher.
DOODLY McCoy / habitant clamant l’arrivée de
Baff.
BAFF le Terrible / descendant Tannen, 43 / chef du
clan groalien : pirate hybride californien-viking
semant la terreur et la dévastation en 2135 /
recherché pour le viol et le meurtre de la princesse
Gaëla.

MEMBRE 1 – CLAN DE BAFF Groalien : pirate


hybride viking.
MEMBRE 2 – CLAN DE BAFF .........................
MEMBRE 3 – CLAN DE BAFF .........................
MEMBRE 4 – CLAN DE BAFF .........................
MEMBRE 5 – CLAN DE BAFF .........................
MEMBRE 6 – CLAN DE BAFF .........................

NADAN le plus vieux du CANT (Conseil des


Anciens de la Nouvelle Terre) : conseil formé des
plus vieux ayant survécu au Grand Cataclysme qui
veille à l’application de la justice par l’ancien code,
et qui s’occupe de régler les litiges entre les divers
clans de la Nouvelle Terre.
RIGOR descendant Strickland, 55 / chef du clan
nordien : hybride californien-norvégien-
islandais(un clan viking plus civilisé) chargé par le

295
CANT d’appliquer la justice par l’ancien code.
GRIMM 11, le neveu de Rigor Strickland / clan
nordien.
GAËLA princesse de la Nouvelle Terre ayant été
violé et assassiné par Baff le Terrible.

PERSONNAGES / © Robert Zemeckis et Bob


Gale : DOC Emmett L. Brown(maréchal-ferrant),
Clara(Clayton Brown), Jules et Verne Brown,
Marty McFly, Gerald Strickland(le directeur),
Biff Tannen(1985 / à la fin de BTTF 3), Jennifer
Parker, Sherman Peabody.

296
Rappel fin RVLF Partie V (facultatif)

JENNIFER
Hé… Oooowé! mon c’zzzevalier! hic! c’zzzdoomaaage… hic!
t’zzétais pas là c’zzzpouurr… hic!...zzzygoûtzzer… Marzzty! [ Hé!
Ohé! mon chevalier! C’est dommage, tu n’étais pas là pour y
goûter Marty! ]

Puis elle retombe sur le banc comme une poche de sable et bascule
lourdement sur le côté pour ne plus bouger. Marty s’approche près
d’elle et lui dit, l’interpellant d’une voix douce, vivement inquiet :

MARTY
Jennifer? Jennifer?

Il lui prend la main tout en lui secouant un peu l’épaule et réitère :

MARTY
Jennifer? Ça va?

Constatant qu’elle est ivre morte il se retourne vers Biff et ajoute :

MARTY
(à Biff) Ça par exemple… que vais-je dire à ses parents?

Biff le voyant dans cet état s’empresse de lui dire en pleurnichant :

BIFF
On-On-Onnn! Mais qu’est-ce que j’ai fait là… je ne voulais pas
que les choses tournent comme ça Marty.

Il se jette à ses pieds et le supplie :

297
BIFF
Je t’en prie Marty ne le dis pas à ton père… il va me congédier
c’est sûr.

Attristé et inquiet de l’avoir retrouvé soûle il réalise que le délicat


problème de devoir lui expliquer son retard ne se pose plus. Il le
calme donc et lui dit, très décontracté :

MARTY
OK, ça va. On oublie tout ça. Seulement j’aurais un petit service à
te demander en retour, Biff.

BIFF
(vivement) Je ferai n’importe quoi, Marty. Tu n’as qu’à demander.

MARTY
J’ai brisé la transmission de mon 4x4 en voulant prendre un sentier
dans les bois par le chemin de la Glenn Quarry et je dois m’oc-
cuper de le faire remorquer au garage. J’aimerais que tu veilles sur
elle en attendant que je revienne. Je ne devrais pas en avoir pour
longtemps. Je m’occuperai de la reconduire chez ses parents
comme prévu avec le carrosse après la soirée, d’accord?

BIFF
(content) Eh bien si je ne m’attendais pas à ça. Ce sera avec plaisir,
Marty. Tu me sors de beaux draps.

Puis juste avant de repartir en courant il lui dit :

MARTY
OK. J’y vais. À tout à l’heure.

BIFF
C’est bien. Et surtout ne te fais pas de souci. Je ne la quitte pas des
yeux.

298
251. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR

Marty arrive en courant sur le grand parking de la Promenade du


Pin Solitaire où Doc et ses fils s’affairent à préparer leur départ et
il s’exclame en voyant le nouveau véhicule :

MARTY
(à Doc) Wow! Super cette nouvelle Delo, Doc.

Il lui répond, Jules et Verne l’écoutant :

DOC
Content qu’elle te plaise, Marty. Il ne reste qu’en faire l’essai.

Puis il ajoute concernant la remarque qu’il lui a faite au sujet du


nom de la Promenade des Deux Pins :

DOC
Tu avais raison, c’est la Promenade du Pin Solitaire qu’il faut dire
à présent. C’est quand même incroyable de voir qu’un simple nom
se soit modifié avec une telle précision.

MARTY
Ça pour ça, je n’en reviens toujours pas moi aussi, vous savez.

Il enchaîne en lui disant :

MARTY
Hé Doc, vous savez quoi… je n’ai pas eu à fournir la moindre
explication à Jennifer. Je l’ai retrouvé complètement ivre à cause
du punch de Biff. (en riant) C’est la première fois que je la vois
comme ça!

DOC
Tant mieux. Car elle n’aura pas eu connaissance de ce qui se sera
passé entre temps.

299
Marty qui avait emmené son hoverboard en 1885 l’avait lancé à
Doc au moment où la locomotive poussant la DeLorean et sur le
point d’atteindre les 88 mph, après l’explosion de la bûche rouge,
allait inévitablement tomber dans le ravin avec Clara qui l’avait
rejoint à bord. (Page 301)

300
252. EXT. PARKING – PICK-UP GMC

S’approchant du pick-up il poursuit plus fébrilement, content de re-


vivre cette nouvelle expérience spatio-temporelle, ses fils le suivant
et l’écoutant :

DOC
Juste avant de décoller tu iras garer le pick-up d’Otis Peabody à
quelques coins de rues d’ici, on a déjà eu les terroristes libyens à
nos trousses, il ne faudrait pas cette fois avoir le FBI qui se lance-
rait à notre poursuite en nous tirant dessus. Ça ne devrait plus être
bien long, à présent.

253. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR –


AVANT

Il revient à l’aérohydroglisseur et poursuit, lui montrant l’intérieur :

DOC
Regarde! J’y avais même prévu des branchements pour le Convec-
teur temporel. (en riant) Bien pensé, hein.

Puis il ajoute, passant près de l’oublier :

DOC
Ah oui! N’oublie pas ton hoverboard, il est dans la boîte du pick-
up. Je l’avais ramené avec moi. Qui sait, il pourrait encore nous
être utile.

MARTY
(vivement) Tout à fait. Heureusement que vous y avez pensé.

Rappel — Marty qui avait emmené son hoverboard en 1885 l’avait


lancé à Doc au moment où la locomotive poussant la DeLorean et
sur le point d’atteindre les 88 mph, après l’explosion de la bûche
rouge, allait inévitablement tomber dans le ravin avec Clara qui
l’avait rejoint à bord. Ils étaient partis montés dessus avant qu’ils
ne se quittent tous, Doc ayant choisi de rester avec elle en 1885.

301
« Le Far West, j’aurais pu tomber plus mal. Et si je m’étais
retrouvé au Moyen Âge il m’aurait probablement fait frire sur un
bûcher comme hérétique! » (Page 303)

302
254. EXT. PARKING – PICK-UP GMC

Jules ne manque pas de lui dire à propos de son hoverboard :

JULES
(à Marty) Moi et Verne avons chassé le lièvre avec ta planche vo-
lante, Marty.

Marty les regardant tous les deux, leur répond en riant :

MARTY
(à Jules) Eh bien, pas de chance pour lui, c’est sûr.

Allant aussitôt vers la boîte du pick-up, il le prend d’une main, le


place sous son bras, et revient vers eux en poursuivant avec leur
père :

MARTY
(à Doc) Vous avez raison. On ne sait jamais. Surtout que... (s’ar-
rêtant et changeant d’air)

S’arrêtant, il hésite à lui révéler ce qui vient de traverser son esprit.


Doc qui le voit subitement changer d’air, veut savoir et lui deman-
de :

DOC
Que me caches-tu encore là, Marty. Que sais-tu sur moi et mon
avenir… ou mon passé peut-être, hein?

Il se gratte la tête, hésite encore un peu, et lui rappelle :

MARTY
(hésitant) Voilà… lorsque je m’étais retrouvé bloqué en 1955,
votre homologue s’était exclamé après avoir lu la lettre que vous
lui aviez fait parvenir par la Western Union d’où vous étiez en
1885 : « Le Far West, j’aurais pu tomber plus mal. Et si je m’étais
retrouvé au Moyen Âge il m’aurait probablement fait frire sur un
bûcher comme hérétique! »

303
Doc, la main sur le front et les yeux tout grand ouvert, s’exclame :

DOC
Nom… de… Zeus! j’ai dit ça!

MARTY
Ouais, c’est pas le pied. Déjà que le cauchemar avec vous vêtu en
Christophe Colomb arrivant à toute allure sur un hydroglisseur, le
drakkar, le campement Vikings, l’un d’eux se préparant à décapiter
Jennifer à l’aide d’une énorme hache puis, après mon réveil, toute
ma famille en déguisements médiévaux, vous ne trouvez pas ça un
peu bizarre… je veux dire… vous n’y voyez pas une relation de
cause à effet, Doc?

N.B. — Pendant que Doc, resté pensif, murmure, se rappelant ce


que la petite fille lui a dit, Marty enchaîne sans avoir prêter atten-
tion à ce que Doc dit.

Doc, resté pensif, murmure, se rappelant ce que la petite fille lui a


dit :

DOC
Le bûcher… « Tout étranger suspect est brulé dans la cage de fer »
… serait-ce de cela qu’elle voulait me prévenir. Les gens seraient
revenus à la peine de mort par une autre forme de bûcher… comme
au Moyen Âge.

Marty enchaine, sans avoir prêter attention à ce qu’il dit :

MARTY
Ah pis, tout ça n’a pas de sens. De toute évidence il n’y aura pas de
Biff, ni de Griff et de Buford Tannen sur notre chemin. On n’a
qu’à gonfler ce gros coussin d’air, filer tout droit là-bas, récupérer
ce précieux bout de papier. C’est tout. C’est bien ce que j’ai com-
pris, n’est-ce pas Doc?

Doc le regarde sans dire un mot, change d’air à son tour, baisse la
tête, et lui répond, un peu embarrassé, question de lui laisser voir

304
déjà qu’il a une mauvaise nouvelle à lui annoncer en rapport avec
la descendance de Biff Tannen :

DOC
Eh bien disons que…

Énervé par ce qu’il semble lui cacher à son tour il réplique :

MARTY
Eh bien disons que quoi, Doc?

DOC
Je voulais t’en parler justement. La petite Estrella m’avait signalée
à la toute fin, à vrai dire elle m’avait plutôt laissé sur cette note,
devrais-je dire.

Marty figé, l’estomac presque noué, l’interrompt :

MARTY
Et quel est ce dernier petit mémo qu’elle vous a laissé, Doc?

DOC
Elle a indiqué qu’un être pas très accueillant du nom de “Baff le
Terrible” y serait.

En entendant son nom, Marty ne peut se contenir et s’exclame, du


bout du doigt, le bégayant :

MARTY
Quoi! attendez un peu… vous… vous… vous êtes en train de me
dire que ce… ce “Baff le Terrible” serait le descendant de Biff?
Non mais cette tache est une véritable histoire sans fin! Dur c’est
pas le pied!

Verne rajoute :

VERNE
(à Marty) Oui, et elle est partie en pleurant et en criant « Il est très

305
méchant! Très méchant! Très méchant! ».

Doc poursuit :

DOC
(à Marty) Enfin, ça me paraît plus que probable Marty. Et connais-
sant ce qui arrive presque à chaque fois entre vous deux, j’hésitais
à te le révéler, par crainte que tu ne veuilles plus venir avec moi.
Voilà, je suis désolé.

MARTY
Ah mais c’est pas vrai! Et moi qui croyais que tout cela allait être
de l’histoire ancienne. Le futur était si bien parti pour tout le mon-
de, Doc.

DOC
Je suis tout à fait d’accord avec toi, Marty. Néanmoins, étant déjà
averti, on a qu’à faire le nécessaire pour ne pas se retrouver sur son
chemin. Mieux vaut l’être que de ne pas l’être du tout que je me
suis dit finalement. Alors, tu viens ou tu ne viens pas?

Marty reluque ses deux fils et lui répond :

MARTY
C’est OK Doc. Je suis toujours partant.

Jules lui demande, curieux de savoir :

JULES
Hé, Marty, qui est ce “Zorro”, le personnage de ton déguisement?

MARTY
C’est un héros légendaire de l’indépendance mexicaine. J’écoutais
ses aventures à la télévision quand j’étais petit.

Doc lui fait remarquer :

306
DOC
(à Marty) Sauf que rendu là-bas, il vaudrait mieux que tu enlèves
le masque. Ça pourrait éveiller toutes sortes de soupçons de la part
des gens qui y vivent. Estrella m’a dit : « tout étranger suspect est
brûlé par le feu dans la cage de fer ». Dieu seul sait comment ils
réagiront.

MARTY
Vous ne m’aviez pas dit ça, non plus.

DOC
Eh bien là tu le sais.

Il complète :

DOC
Sans le masque, cela te donnera plus l’air du “capitaine Blood”,
joué par mon acteur favori, Errol Flynn, dont j’ai vu tous les films.
Maintenant assez bavarder, il faut y aller.

MARTY
Bon OK, c’est comme si c’était fait, Doc.

Jules leur rappelle qu’ils ont une voiturette avec une grosse boîte
de feux d’artifice et un baladeur qu’ils ne tiennent pas à abandon-
ner là, et leur dit en les montrant :

JULES
(à Doc et Marty) Hé, attendez, on n’a pas acheté tout ça pour rien
quand même. On voudrait bien les apporter avec nous.

DOC
(à tous) C’est vrai! (à Marty) Marty, aide-leur à mettre tout ça dans
le coffre veux-tu! Ensuite va garer la camionnette comme je te l’ai
indiqué. Je m’occupe de faire le branchement des circuits du con-
vecteur temporel dans l’aérohydroglisseur pendant ce temps.

307
Le convecteur temporel.

Marty s’approche de la nouvelle DeLorean convertie en


aérohydroglisseur, se penche côté conducteur, les portes papillons
étant ouvertes, regarde Doc achevant de brancher le convecteur
temporel. (Page 309)

308
MARTY
(à Doc) Tout de suite, Doc. (à Jules et Verne) Venez les gars, on
va tout mettre dans le coffre.

Il poursuit en leur disant, déverrouillant le coffre et l’ouvrant :

MARTY
(à Jules et Verne) Vous êtes chanceux d’avoir un père comme
lui… parce que le mien ne m’aurait pas permis d’acheter une telle
quantité de feux d’artifice… Vous devez en avoir pour des
centaines de dollars.

Verne de lui dire, avec un petit sourire malicieux, tout en faisant un


clin d’œil à son frère :

VERNE
À peu près. (clin d’œil à Jules)

Marty, qui l’a vu, lui dit :

MARTY
(à Verne) Oh, je vois… un vrai Denis la petite peste toi, hein.

Puis il monte dans le pick-up GMC, démarre, et va le garer en bor-


dure d’une rue, non loin de là.

255. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR –


AVANT

Marty revenu, il s’approche de la nouvelle DeLorean convertie en


aérohydroglisseur, se penche côté conducteur, les portes papillons
étant ouvertes, regarde Doc achevant de brancher le convecteur
temporel à l’intérieur et lui demande, inquiet :

MARTY
(à Doc) Hé mais Doc, il carbure à quoi ce nouveau truc, car je n’ai
pas besoin de vous rappeler tout ce qui peut nous arriver je crois,
non.

309
DOC
Ce nouveau truc, comme tu dis Marty, carbure à l’hydrogène je te
signale. Il est l’élément le plus abondant de l’univers. Découvert
par Cavendish en 1781, il a été ainsi appelé parce qu’en se com-
binant avec l’oxygène il forme de l’eau. On le prépare industriel-
lement par électrolyse de l’eau ou par décomposition catalytique
des hydrocarbures par la vapeur. Tu sais déjà tout ça, j’espère.

MARTY
Hum, je crois, oui… On l’utilise dans l’industrie pour de nombreu-
ses synthèses. La synthèse de l’ammoniac, par exemple.

DOC
Exact! Liquide, il est employé comme combustible pour la propul-
sion des lanceurs spatiaux. Que de l’air et de l’eau finalement…
plus de pompes à essence!

MARTY
Vous voulez dire, le carburant du futur?

Jules ajoute :

JULES
Ou une synthèse qui résout tous vos problèmes, si je comprends
bien?

DOC
(à tous) Vous avez tout compris. Voilà pourquoi j’y tenais tant.

Les fixant tous, il leur lance, sortant du véhicule :

DOC
(à tous) Et ce n’est pas tout… suivez-moi que je vous montre!

256. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR –


ARRIÈRE

Se dirigeant vers l’arrière, il s’immobilise pour leur montrer une

310
petite plaque métallique fixée sur le réacteur à propulsion et leur
dit :

DOC
(à tous) Regardez!

Marty lit :

MARTY
Edmutt L. Von Braun Jet Aircraft Co. Made in West Germany…

Doc s’écrie, enthousiaste :

DOC
Mon cousin!

Marty reprend en reluquant ses fils, qui lui signifient qu’ils n’en sa-
vent rien eux non plus, l’ayant toujours connu solitaire et semblant
ne plus avoir aucune parenté :

MARTY
Vous avez un cousin! Vous ne m’avez jamais parler de ça!

Tout en revenant à l’avant du véhicule il leur révèle :

DOC
(à tous) Oui, il est le fils de mon oncle, Kurk L. Von Braun, un
passionné de l’aéronautique. Ma tante lui a donné ce prénom parce
que nous sommes nés presque en même temps. Seulement il n’est
jamais venu en Amérique.

257. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR –


AVANT

Puis il poursuit plein d’enthousiasme concernant le voyage qu’ils


s’apprêtent à faire et leur dit, prenant place côté conducteur :

311
DOC
(à tous) Toutefois, comme il ne s’agit pas d’une longue distance à
parcourir ici, et bien que cet engin puisse filer à Mach 1, Mach 2,
et Mach 3, j’y ai prévu un dispositif de blocage avec deux options
de vitesse par ce commutateur juste là. (leur montrant). La
première, à bas régime pour pouvoir circuler en zone urbaine ; la
seconde, à pleine puissance pour les déplacements par la voie des
airs. Comme un séchoir à cheveux. Seulement, dans ce cas-ci, la
première option sera amplement suffisante pour atteindre les 88
mph.

Jules lui demande, voulant enrichir ses connaissances :

JULES
(à Doc) Et c’est quoi Mach 1, Mach 2, et Mach 3?

DOC
C’est une mesure de vitesse. Ça veut dire une fois, deux fois et
trois fois la vitesse du son.

Saisissant son déguisement de Christophe Colomb sur la banquette


arrière, il sort du véhicule, le met, et se plaçant debout devant eux,
il leur demande :

DOC
(à tous) Comment me trouvez-vous?

MARTY
Super Doc!

Verne s’exclaffe :

VERNE
(en riant) Eh bien, il faudra voir après si l’histoire n’a pas été
modifiée, étant donné qu’il a découvert l’Amérique par inadver-
tance en cherchant la route des Indes.

312
DOC
(à Verne) C’est bien que tu y aies pensé, Verne. Sois rassuré, il n’y
aura rien de changé dans les livres d’histoire. Nous ne sommes pas
des “briseurs du temps”.

Il remonte à bord, côté conducteur, et ayant complété le dernier


branchement des circuits du convecteur temporel, il leur lance :

DOC
(à tous) C’est fait! À présent, on y va!

258. INT. AÉROHYDROGLISSEUR

Il prend place sur le siége du conducteur, Marty sur le siège à sa


droite, et grâce à cette nouvelle DeLorean version allongée 4 pla-
ces, Jules et Verne sur la banquette arrière, et il programme le con-
vecteur temporel :

DOC
(à tous) Il est à présent 1 h 58 dans la nuit du 1er novembre 1985.
Je programme donc notre arrivée à Hill Brook pour 4 h de l’après-
midi le 13 octobre 2135.

En entendant le chiffre 13, Marty lui fait remarquer :

MARTY
(à Doc) Hé Doc, vous ne pourriez pas choisir un autre chiffre que
le 13, il porte malheur.

DOC
(agacé) Argh! Argh! Argh! Marty, tout ça n’est que superstition.
J’ai même lu quelque part qu’il pouvait très bien signifier le con-
traire. À part ça, on est la Toussaint, on n’a rien à craindre.

MARTY
Bon, OK Doc, seulement, je vous aurai prévenu.

313
RETOUR DANS LE TEMPS

314
Doc tourne la clé et le réacteur se met aussitôt en marche à bas ré-
gime, puis il leur lance d’une voix forte :

DOC
(à tous) Tout fonctionne à merveille! Accrochez-vous tout le
monde!

259. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR – NUIT

EFFETS SPÉCIAUX ― La nouvelle DeLorean convertie en


aérohydroglisseur, accélère sur son coussin d’air, file, et disparaît
du parking de la Promenade du Pin Solitaire au milieu du feu et des
éclairs lorsqu’elle atteint les 88 mph.

315
260. EXT. MER – AÉROHYDROGLISSEUR – JOUR

EFFETS SPÉCIAUX ― La nouvelle DeLorean convertie en


aérohydroglisseur apparaît au milieu des éclairs et une longue
traînée de feu s’estompant SUR LA MER, le 13 OCTOBRE
2135, à environ 2 miles (3 km) des côtes, à l’endroit où était jadis
Hill Valley et Hilldale, une partie de la Californie ayant été en-
gloutie et le reste du continent s’étant déplacé vers l’Est lors du
Grand Cataclysme.

N.B. — La Californie s’est sectionnée à la hauteur de Hill Valley


et Hilldale, et une grande partie de la Norvège, de l’Écosse, de
l’Irlande et de l’Islande est venue s’encastrer avec ce qui y
restait. Dans ce nouveau redécoupage géographique, Hill Valley
a été rebaptisé Hill Brook [Colline ou mont du ruisseau] parce
qu’une source d’eau potable y coule, la seule à des milliers de
kilomètres à la ronde. Elle a pris naissance à la suite du Grand
Cataclysme et la sépare maintenant de Hilldale rebaptisé,
LYONBOURG, un dérivé de l’inscription sur le mur, LYON
ESTATES, où une partie cassée de celui-ci portant seulement
le premier mot, LYON, s’étant retrouvée à côté d’une grosse
pierre, les nouveaux occupants y ont alors gravé dessus le mot,
BOURG. Deux clans y vivent chacun de leur côté et se partage
cet or bleu. Le premier, Hill Brook, est un hybride californien-
irlandais ; le second, LYONBOURG, est un hybride californien-
écossais. Ils sont revenus à un mode de vie plus élémentaire et
sont très méfiants envers tout étranger qui s’y présente. Ils ap-
pliquent la peine de mort par le feu sur un nouveau genre de
bûcher envers ceux qu’ils considèrent suspect et dangereux.

261. PROXIMITÉ PLAGE – CHALOUPE – PÊCHEUR

Un pêcheur californien-écossais, GUSS, habitant LYONBOURG,


voyant arriver l’aérohydroglisseur murmure, stupéfait :

GUSS
Un char de feu…

316
262. INT. AÉROHYDROGLISSEUR

N.B. — Le “BIG ONE” dont parle Marty, est le plus gros séisme
que les californiens attendent. Il se produira tôt ou tard un jour et
sera le plus dévastateur. La faille San Andreas s’étend sur 1000
km.

Apercevant ce qu’ils voient tous devant eux Marty s’écrie, l’aéro-


hydroglisseur continuant d’avancer à bas régime :

MARTY
Mais où sommes-nous Doc? C’est la mer ici. Où est passé Hill
Valley? La Californie? C’est le “BIG ONE” qui a fait ça?

DOC
Beaucoup plus que cela, Marty.

Il poursuit en s’exclamant :

DOC
(à tous) Nom…de… Zeus! Regardez, à tribord droit devant, le
continent s’est déplacé vers l’Est… incroyable!

MARTY
Ouais, c’est pas le pied. (à tous) Comment savoir si c’est vraiment
notre lopin de terre et pas un autre?

Jules leur dit :

JULES
(à tous) Bah, il n’y a qu’une façon de le savoir, c’est d’y aller.

Verne ajoute en riant :

VERNE
(à tous) Oui, et s’il y a des kangourous, on saura très vite qu’on est
assez loin de la maison.

317
DOC
(à Verne) Très juste, Verne. (à tous) Allons-y! (accélérant)

263. EXT. PLAGE – CHALOUPE – PÊCHEUR

N.B. — À cette époque, les groaliens, un clan de pirates hybride


californien-viking ayant à sa tête, Baff « le Terrible » Tannen, y
sème la terreur. Ce sont des pillards qui enlèvent femmes et enfants
pour en faire la traite. Hill Brook et LYONBOURG possédant la
seule source d’eau potable à des milliers de kilomètres à la ronde
et des tonneaux d’une bière en fût savoureuse la “Goldenfly”, ils y
font des raids périodiques pour s’en approvisionner. Ils habitent
sur l’île de Groal, nom de leur dieu.

Ne lâchant pas des yeux l’aérohydroglisseur qui se dirige ensuite


lentement sur la plage pour finalement accoster et s’arrêter, il
ajoute, les portes s’ouvrant et son équipage (Doc, Marty, Jules et
Verne) débarquant :

GUSS
(se parlant) Ils sont plus que deux, ça ne peut donc pas être Hé-
noch et Élie… alors ce sont sûrement de faux prophètes magiciens
ou sorciers envoyés par Groal… il faut que je prévienne tout le
village.

Puis il part et coure les prévenir.

264. EXT. PLAGE – AÉROHYDROGLISSEUR

Posant le pied sur la plage et faisant quelques pas en avant, tous


remarquent, silencieux, l’étrange paysage géographique de l’en-
droit. Marty regarde Doc et lui dit :

MARTY
Vous voyez ça, Doc… on dirait deux géologies de sol venant de
deux contrées complètement différentes réunis ensemble? D’un
côté, la terre de couleur rouille à cause de l’oxyde de fer qu’elle
contient et propre à la région de Hill Valley ; de l’autre, de gros

318
massifs rocheux avec une terre d’un mélange marron et noir?

DOC
Oui, ça crève les yeux.

Jules marche plus loin avec Verne et leur lance :

JULES (V/O)
Hé! Venez voir! Venez voir! Doc s’exclame, y accourant aussitôt
avec Marty :

DOC
(à Marty) Voilà notre réponse je crois! Allons-y!

265. EXT. PLAGE – ROCHERS – FAILLE

Doc et Marty arrivant, Jules leur dit, montrant une large faille qui
s’étend très loin devant eux et qui sépare les deux sols d’une façon
plus évidente, – Verne assis à côté de lui sur le rocher les écoutant
et commençant à somnoler :

JULES
Regardez! (pointant la grande faille terrestre)

DOC
Nom… de… Zeus! Quel entrechoc!

MARTY
Ouais, une grosse partie de billard, c’est sûr.

Jetant un regard tout autour, il poursuit, suspicieux :

MARTY
(à Doc) C’est drôle, seulement je ne vous l’ai pas dit tout à l’heure
quand on a débarqué, mais j’ai eu la curieuse impression qu’on
nous observait, Doc. J’espère que personne ne nous a vu arriver.
Parce que si c’est le cas, il ne faudrait pas se retrouver tous dans…

319
Agacé par toutes ces suppositions Doc l’interrompt, survolté :

DOC
Argh! Argh! Argh! Dans la cage! C’est ça que tu veux dire. Seu-
lement, à force de broyer toutes ces idées noires et d’y penser peut-
être, oui! Alors restons positif, et il n’arrivera rien.

MARTY
Vous avez sans doute raison, tout ça n’est que du noir.

Jules qui les écoute, leur suggère :

JULES
(à Doc et Marty) Pour ma part, en parlant de noirceur, il faudrait
peut-être penser à se reposer.

Montrant Verne, il ajoute :

JULES
Verne s’est endormi.

DOC
(à Jules) C’est le décalage horaire. Tu as raison. On en a tous de
besoin, je crois. (montrant Verne) Réveille-le à présent, sinon il
risque d’être debout trop tôt. (à tous) Nous passerons la nuit un peu
plus en amont là-bas dans les bois, à l’abri du vent, autour d’un
feu. J’ai des couvertures chaudes et tout ce qu’il nous faut. Dire
que j’avais prévu tout ça pour un Voyage au Centre de la Terre.

Marty lui dit, le voyant resté pensif :

MARTY
(à Doc) Ça n’aura pas été si inutile, Doc. On n’aura fait un peu
camping ensemble, comme de vrais boy-scouts.

Lui mettant la main sur l’épaule, et tout en faisant un clin d’œil à


Jules et Verne, debout à côté de lui, il ajoute :

320
MARTY
(à Doc) Allez, on s’installe. Vos fils meurent d’envie de vivre une
telle expérience. (clin d’oeil à Jules et Verne) Et moi aussi.

DOC
(à tous) Dans ce cas, tous à la tâche.

Juste avant de partir, et tout en se retournant, Marty repère ce qui


lui semble être un débris métallique, brillant au soleil, à environ
300 pieds (100 mètres) plus loin, et leur dit, Doc, Jules, et Verne
ayant déjà commencer à avancer en direction de l’aérohydro-
glisseur :

MARTY
(à tous) Hé! attendez un peu, stop!

Doc se retourne avec Jules et Verne le suivant par derrière, et lui


crie :

DOC
Qu’est-ce qu’il y a encore Marty?

MARTY
Il y a comme un débris métallique qui brille là-bas un peu plus
loin. Je vais aller voir.

DOC
Bon, OK, vas-y, on t’attend.

Marty s’y rend en courant.

266. EXT. PLAGE – DÉBRIS ENSEIGNE TEXACO

Arrivant et apercevant l’enseigne TEXACO enfoncée partiellement


dans le sol sur le côté jusqu’à la lettre C, il leur crie, tout en leur
envoyant la main :

321
« Difficile à dire Marty, la pétrolière TEXACO avait des stations
de service ailleurs dans le monde. Mais bon, si on n’est pas en
Amérique, on n’est sûrement pas en Chine. » (Page 323)

322
MARTY
(à tous) Hé! venez voir ça!

DOC
Nous arrivons Marty!

Doc, Jules, et Verne arrivent près du débris, Marty se tenant juste à


côté face à eux, et content de leur montrer sa découverte, il leur dit,
s’adressant à Doc :

MARTY
(à Doc) Voilà une preuve de plus que nous sommes bien en Amé-
rique, Doc.

DOC
(à Marty) Difficile à dire Marty, la pétrolière TEXACO avait des
stations de service ailleurs dans le monde. Mais bon, si on n’est pas
en Amérique, (en riant) on n’est sûrement pas en Chine. Par
contre, la terre de couleur rouille propre à la région de Hill Valley
semble être pour le moment, le meilleur indice. On le saura mieux
sans doute, dès demain. (à tous) Maintenant, allons-nous reposer.

Ils repartent vers l’aérohydroglisseur, Marty, le dernier de la file, se


retourne pour jeter un dernier regard sur le débris et murmure, les
autres déjà trop loin pour l’entendre :

MARTY
(se parlant) Ouais, pendant un petit moment j’ai presque cru que
j’étais sur La planète des singes de Franklin Schaffner.

267. EXT. SENTIER – ENTRÉE – LYONBOURG – SOIR

Guss arrive en courant par un chemin très raboteux sur fond


d’asphalte brisé, clairsemé de mousse, de mauvaises herbes, et
jonché de roseaux, d’arbres et de broussailles, autrefois la route
menant à la ville. Il passe devant le mur de brique et de pierre
LYONBOURG.

323
« Ouais, pendant un petit moment j’ai presque cru que j’étais sur
La planète des singes de Franklin Schaffner. » (Page 323)

324
268. EXT. LYONBOURG – RUE – CAFE THE 4 BEERS

N.B. — Le Cafe 80’s qui existait à Hill Valley en 2015 est devenu à
Hill Brook en 2135 le Cafe “The 4 Beers”[Café “Des 4 Bières”],
davantage un pub ou une taverne. On y sert une excellente bière en
fût la “Goldenfly”, du brasseur et tonnelier, Rufius McFly. Elle est
offerte en quatre recettes, la blonde, la rousse, la brune et la noire.

Il descend la rue et arrive près du Cafe “The 4 Beers” en clamant et


répétant d’une voix forte :

GUSS
Des étrangers viennent d’arriver par la mer sur un char de feu!! Ce
sont sûrement les démons de Groal qui nous les envoie!!

S’arrêtant devant le Cafe “The 4 Beers” il y entre en coup de vent.

269. EXT/INT. CAFE THE 4 BEERS – TABLE DU


CENTRE

N.B. — Certains marins racontaient qu’une pieuvre géante depuis


le Grand Cataclysme vivait dans le “Nouvel Océan”. Ils l’avaient
surnommé “Abysse”, parce qu’elle était sortie des profondeurs de
l’océan.

Il entre, essoufflé et apeuré. Un de ceux se trouvant là, RUBEN, un


vieux marin ayant un œil crevé et un crochet à la place d’une main
lui lance, railleur :

RUBEN
Hé Guss, tu viens de voir la pieuvre géante Abysse? Tu es blanc
comme du lait de chèvre!

Tous éclatent de rire. Guss se ressaisissant leur répond :

GUSS
(à tous) Non, mais c’est la première fois que je vois ça… un char
de feu arrivant sur la mer!

325
270. INT. CAFE THE 4 BEERS – BAR

Le tavernier, BISMARK, l’entendant, rétorque :

BISMARK
(à tous) C’est peut-être Hénoch et Élie… les Saintes Écritures
disent qu’ils ont été enlevés sur un char de feu.

271. INT. CAFE THE 4 BEERS – TABLE DU CENTRE

Le pêcheur précise, exagérant un peu la taille de Jules et Verne :

GUSS
(à tous) Non… justement ils étaient quatre. Un grand, un de taille
moyenne comme moi, et deux plus petits de la taille d’un nain.

272. INT. CAFE THE 4 BEERS – BAR

N.B. — La cage de fer est une nouvelle forme de bûcher. Elle est
composée de barreaux montés sur une grille supportée par des
poutrelles transversales bien assises sur quatre piliers faits de
pierres taillées et de mortier. De longs tuyaux, dont les bouts
coupés en sifflet ressemblent à ceux d’un orgue d’église, sont
disposés à la verticale tout autour comme en son centre sous le
plancher de grillage et sortent du sol prêt à lancer leur flamme de
gaz naturel le moment venu, après un court interrogatoire, sur le
ou les condamnés à mort que l’on aura enchaîné sur un poteau
rond placé au milieu. Elle est munie à l’avant d’un escalier et
d’une porte que l’on verrouille avec un gros cadenas.

BISMARK
Dans ce cas, si des gnomes les accompagnent, tu as raison. Ce ne
peut être que des magiciens ou des sorciers envoyés par les démons
de Groal. Il faut les capturer et les brûler dans la cage de fer sur la
Place du Grand Pin avant que la malédiction de Dieu ne s’abatte
sur nous. (à tous) Venez-vous autres! (à Guss) Montre-nous le
chemin Guss!

326
273. INT. CAFE THE 4 BEERS – TABLE DU CENTRE

Un de ceux assis à la même table que Ruben, LOTHARD, tanneur


de cuir, leur suggère :

LOTHARD
(à tous) Attendez! Il va bientôt faire nuit. Nous les surprendrons à
l’aube. C’est plus sûr.

Guss trouve qu’il est plus sage d’agir ainsi et dit au tavernier :

GUSS
(à Bismark) Lothard a raison, Bismark. Il vaut mieux attendre au
lever du jour.

274. EXT. CAFE THE 4 BEERS – RUE – NUIT

Le peuple ameuté, rassemblé en face du tavernier très tôt avant


l’aube, attend et veut savoir. Bismark sort, et l’un d’eux, CALEB,
forgeron-ferblantier, lui demande d’une voix forte, parlant au nom
de tous les villageois de LYONBOURG :

CALEB
(à Bismark) Que se passe-t-il Bismark? On a le droit de savoir.
Ceci nous concerne tous.

Grand silence — Puis Bismark leur dit, très enflammé :

BISMARK
(à tous) Peuple lyonbourgeois… des magiciens accompagnés de
deux gnomes viennent de débarquer sur les côtes à quelques lieues
de notre village. Hier, Guss les a vus de ses propres yeux arriver
par la mer sur un char de feu. Ils sont envoyés par les démons de
Groal pour nous tromper et nous empoisonner, afin de s’emparer
de notre seule source d’eau pure, indispensable à notre survie. Il
nous faut les capturer et les brûler dans la cage de fer aujourd’hui
même, sinon la malédiction de Dieu s’abattra sur nous tous. À
présent, allons-y!

327
Ils partent munis de fourches, de pics, de bâtons de baseball et de
lanternes au gaz.

275. EXT. BOIS – TENTE – AUBE

Arrivés près du campement de Doc, Marty, Jules et Verne, ils


voient qu’ils dorment encore et ils éteignent leurs lanternes. Après
les avoir encerclés, ils avancent à pas de loup, les surprennent et
s’élancent sur eux au moment où Bismark leur crie :

BISMARK
(à tous) Attrapons-les!!

Surpris dans leur sommeil et pris au piège Doc s’exclame :

DOC
Nom de Zeus! Mais qu’est-ce qui se passe?

Marty se débattant leur crie :

MARTY
(aux lyonbourgeois) Hé! Lâchez-nous! Qui êtes-vous? Que nous
voulez-vous? On ne vous a rien voler à ce que je sache.

Cherchant Doc il poursuit :

MARTY
(à Doc) Doc, où êtes-vous? Dites-moi que tout ça n’est encore
qu’un affreux cauchemar!

Le tavernier réplique avec la même force, l’agrippant par le cou :

BISMARK
(à Marty) Tais-toi ou je te coupe la langue, fils de Groal!

MARTY
(à Bismark) Ah bon, OK, j’ai compris.

328
Puis il lui passe des chaînes aux pieds et aux mains. Doc derrière
Marty et déjà enchaîné lui dit, très peiné :

DOC
(à Doc) Malheureusement… tout ceci est bien réel, Marty.

Se tournant la tête, il lui fait remarquer, tout en guettant Bismark :

MARTY
(à Doc) Hé, vous avez vu comment ils sont fringués, et aussi les
armes qu’ils ont avec eux, on se croirait revenu au Moyen Âge en
Écosse. Il ne manque plus que la cornemuse. Bien que je ne sache
toujours pas où on est, Doc.

DOC
Ça ne devrait plus tarder, Marty.

Les voyant malmener et passer les chaînes à ses fils, sans égard à
leur condition, il leur dit :

DOC
(aux lyonbourgeois) Ne leur faites pas de mal. Ce ne sont que des
enfants. C’est à moi seul de répondre de tout cela.

Ruben terminant de mettre les chaînes aux pieds de Verne leur crie
avec frénésie :

RUBEN
(à Doc, Marty, Jules et Verne) Vous êtes arrivés ensemble, vous
brûlerez donc ensemble!

MARTY
(aux lyonbourgeois) Hé là, vous nous prenez pour des dindes, on a
droit à un avocat que je vous signale.

Les lyonbourgeois ne s’occupant pas de ses plaintes, Doc lui mur-


mure :

329
DOC
(à Marty) C’est inutile, Marty. Ces droits n’existent plus. La démo-
cratie non plus j’en ai bien peur. Garde ta salive pour plus tard.

Jules rompt le silence et dit à son frère :

JULES
(à Verne) Nous voilà à présent fait comme des rats.

VERNE
Tu veux dire… cuits comme des rats.

Marty tient à les rassurer et leur dit :

MARTY
(à Jules et Verne) Ne vous en faites pas les gars, nous trouverons
bien un moyen de vous sortir de là. Ils ne peuvent pas être tous
cons à ce point.

Doc rajoute :

DOC
(à Jules et Verne) Marty a raison. N’ayez pas peur. Il se trouvera
sûrement quelqu’un de plus censé qui les représente. Une autorité
de clan, ou quelque chose du genre. Il y a eu une époque moderne,
quand même.

N.B. — Le grand parking de la Promenade du Pin Solitaire en


1985 est devenu la Place du Grand Pin en 2135.

Doc, Marty, Jules et Verne enchaînés, Bismark crie :

BISMARK
(aux lyonbourgeois) Emmenons-les à présent! Nous les interro-
gerons sur la Place du Grand Pin. J’ai averti Hill Brook de notre
arrivée.

330
Marty entendant le nom de Hill Brook leur murmure, se réjouis-
sant :

MARTY
(à Doc, Jules et Verne) Hé, vous avez entendu tout le monde, ils
nous emmènent à Hill Brook. On est au bon endroit.

Doc apercevant Ruben venir vers eux lui chuchote :

DOC
(à Marty) Attention! Il y en a un qui s’amène vers nous.

Ruben bouscule Marty et leur crie :

MARTY
Taisez-vous et avancez!

Puis ils partent.

276. EXT. HILL BROOK – PLACE DU GRAND PIN –


CAGE – JOUR

Doc, Marty, Jules et Verne attachés autour du même poteau dans la


cage de fer se retrouvent dans le tumulte et l’agitation d’une foule
composée d’habitants de LYONBOURG (autrefois Hilldale) et de
Hill Brook (autrefois Hill Valley). Ruben, Bismark, et Caleb,
mandatés par le Grand Conseil des différents clans de LYON-
BOURG ont la charge du procès et de l’exécution de la peine de
mort par le feu du bûcher.

277. INT. CAGE

Doc constatant leur triste sort confie à Marty, dos à lui sur le
poteau au milieu de la cage, Jules et Verne dos à dos dans l’autre
sens, les écoutant :

DOC
(à Marty) Tu m’as dit tout à l’heure avant que nous partions, que

331
mon homologue de 1955 s’était exclamé en lisant ma lettre : « Le
Far West, j’aurais pu tomber plus mal. Et si je m’étais retrouvé au
Moyen Âge il m’aurait probablement fait frire sur un bûcher
comme hérétique! » Eh bien là, rien de plus vrai, Marty. Sauf que,
tu as vu ses gros tuyaux sous la grille, s’il y a quelque chose qui
diffère de celui du Moyen Âge, est que nous devrions être consu-
més beaucoup plus vite.

MARTY
Exact, seulement avec toute cette distance que nous nous sommes
tapés, je crois que je ne sentirai même plus le feu monté dans mes
jambes quand ils allumeront ce gros poêle au gaz.

Puis il ajoute :

Hé, Doc, vous avez vu comme moi tout autour, Hill Valley a été
sectionné en deux et est formé à présent on dirait de deux
populations hybrides californiennes ayant leurs entités propres.
LYONBOURG à l’endroit où était jadis Hilldale, et Hill Brook sur
ce qui reste de Hill Valley. Elles sont désormais séparées par un
ruisseau et reliées par un ponceau sur lequel nous sommes passés
tout à l’heure.

DOC
Tout à fait. La prophétie de Jovianus mentionnait bien « aux
confins d’un Nouveau Monde près de la colline du ruisseau cristal
séparant la terre rouge ». Voilà pourquoi cette nouvelle appellation
de Hill Valley devenu, Hill Brook. C’est clair comme de l’eau de
roche.

MARTY
En effet, il n’y a pas de doute. Même si tout a été presque détruit,
on y distingue encore quelques vestiges de l’ancien Hill Valley.
Sauf que là, ne me demander pas où se trouve la Maple ou la
Riverside street, tout est tellement sens dessus dessous. On aura
bien assez de retrouver les ruines de ce château. Et ça… c’est si on
n’a pas été incinéré avant, Doc.

332
Jules leur murmure :

JULES
Attention! Voilà qu’ils s’amènent vers nous!

278. EXT. BORD DE LA CAGE

Ruben s’avance, et le silence se faisant, il leur lance :

RUBEN
(à tous) D’où venez-vous?

Pointant Marty de son crochet il poursuit :

RUBEN
(à Marty) Toi! Réponds!

279. INT. CAGE

Il lui répond en indiquant l’ouest :

MARTY
De l’autre côté là-bas.

280. EXT. BORD DE LA CAGE

Caleb enchaîne :

CALEB
Tu veux dire de l’Île de Groal?

281. INT. CAGE

Marty lui répond :

MARTY
(plus fort) Non. Plus loin encore.

333
Doc lui chuchote :

DOC
Tu n’aurais pas dû leur dire ça, Marty. C’est gens sont revenus à un
certain obscurantisme. Ils ne croient que ce qui les entoure. Tu
viens de leur donner une raison de plus d’allumer ce bûcher.

N.B. — Marty parle ici du populaire jeu questionnaire télévisé,


Jeopardy.

MARTY
Désolé Doc, sur le coup, je n’y ai pas pensé. C’est qu’on n’est pas
à Jeopardy, vous savez. Je ne suis pas une encyclopédie vivante,
moi.

282. EXT. BORD DE LA CAGE

Guss lui crie :

GUSS
(à Marty) C’est impossible! Il n’y a que le monde d’en haut,
(pointant le nord) et le monde d’en bas. (pointant le sud)

283. INT. CAGE

DOC
(à Marty) Qu’est-ce que je t’avais dit.

284. EXT. BORD DE LA CAGE

Bismark leur demande :

BISMARK
(à tous) Comment vous appelez-vous?

Se plaçant face à Doc il poursuit :

334
BISMARK
(à Doc) Toi! Le plus grand!

285. INT. CAGE

Empruntant le nom du capitaine Nemo de Vingt mille lieues sous


les mers de Jules Verne il lui répond :

DOC
Hum... capitaine Nemo.

286. EXT. BORD DE LA CAGE

Puis, passant à Marty, et le surnommant ainsi à cause de son


pantalon et de sa cape noire, il lui demande :

BISMARK
(à Marty) Et toi, le moussaillon noir?

287. INT. CAGE

Empruntant le nom de l’acteur Errol Flynn il lui bégaye :

MARTY
Heu… Flynn. Err…Errol Flynn.

288. EXT. BORD DE LA CAGE

N.B. — Rufius McFly, 41, descendant McFly, est tonnelier et


brasseur d’une bière en fût réputée la, Goldenfly, habitant Hill
Brook et donc, du clan hybride californien-irlandais.

En entendant son nom, RUFIUS McFly lui dit d’une voix forte en
s’approchant de la cage :

RUFIUS
(à Marty) Hé! on ne serait pas cousins par hasard? Moi je
m’appelle Rufius McFly, je suis du clan des McFlynn, McFloyd, et

335
McFly. J’habite Hill Brook. Je suis tonnelier et brasseur d’une
bière savoureuse la, Goldenfly. Le meilleur qui soit même.

289. INT. CAGE

Marty lui répond de façon très conviviale, voulant l’emmener à


intervenir en leur faveur :

MARTY
C’est plus que certain, Rufius. Mais tu n’as pas d’idée comme je
suis content que de te savoir là. J’ai dû louper quelques grandes
réunions de familles. C’est pour cela qu’on ne se connaît pas, sans
doute.

Se tournant la tête il chuchote à Doc :

MARTY
Doc, il peut peut-être nous aider à sortir de ce guêpier?

DOC
(content) Tout à fait nom de Zeus. Un bon coup de dé que tu viens
de faire là, Marty.

MARTY
Cool, Doc.

290. EXT. BORD DE LA CAGE

Nullement gêné par leur rencontre Bismark poursuit :

BISMARK
Et les deux enfants qui sont avec vous… comment s’appellent-ils?

291. INT. CAGE

Jules empruntant le nom du célèbre marchand et explorateur


vénitien Marco Polo lui répond :

336
JULES
Moi c’est Marco.

Montrant Verne il complète :

JULES
Lui c’est Polo.

292. EXT. BORD DE LA CAGE

Rufius McFly s’interpose et ordonne à Bismark :

RUFIUS
(à Bismark) Un instant Bismark! Tu vas immédiatement libérer ces
gens. Je ne te laisserai pas griller un de mes cousins, tu entends!

BISMARK
(à Rufius) Je regrette, ils sont arrivés par la mer du côté de l’Île de
Groal et donc, sur notre territoire. Pour cela, nous avons toutes les
raisons de croire qu’ils sont envoyés par les démons de Groal, et
que tout ce qu’ils disent n’est que mensonge. Nous avons entière-
ment le droit de les juger et de les exécuter.

Caleb, ne voulant pas leur laisser la moindre chance, se tourne, et


s’adressant aux lyonbourgeois, leur dit :

CALEB
(aux lyonbourgeois) Bismark a raison, cette exécution nous con-
cerne.

Aussitôt, les HABITANTS 1 – 2 – 3 de LYONBOURG y vont de


leurs invectives et crient :

HABITANT 1 – LYONBOURG
Qu’on les brûle!!

HABITANT 2 – LYONBOURG
Ils mentent!!

337
HABITANT 3 – LYONBOURG
Groal parle par leurs bouches!!

Rufius réplique :

RUFIUS
(à tous) C’est faux! Le procès et l’exécution a lieu sur notre terri-
toire. Par conséquent, il nous concerne tout autant que vous.

293. INT. CAGE

Marty leur dit :

MARTY
(à tous) Très juste. On est encore chez nous. Nous en appelons au
président des États-Unis d’Amérique.

Doc lui chuchote :

DOC
Que dis-tu là encore Marty, voyons!

294. EXT. BORD DE LA CAGE

Tout le monde surpris par sa déclaration et le silence se faisant,


BRUNON, un moine, sort de la foule et lui explique d’une voix
posée :

BRUNON
(à Marty) Le monde que tu parles étranger n’existe plus, mais pour
répondre à ta question, un messager s’appelant, Western Union, a
rapporté que le dernier président en poste avant le Grand Cataclys-
me portait le nom de, Arnold Schwarzenegger, surnommé le,
“Gouvernator”.

295. INT. CAGE

Doc s’exclame, renversé :

338
DOC
(à Brunon) Quoi! Encore un comédien!

Il ajoute, se parlant à lui-même :

DOC
(se parlant à lui-même) Hollywood serait devenu un bastion du
parti républicain pour la présidence des États-Unis…!

Marty lui chuchote :

MARTY
(à Doc) Super! Comment il a fait? il est né en Autriche? la loi
américaine l’interdit? Et à l’âge qu’il avait… ça devait être un
cyborg?

DOC
(à Marty) Bah, ils ont dû amender la loi.

296. EXT. BORD DE LA CAGE

N.B. — Le CANT (Conseil des Anciens de la Nouvelle Terre) était


formé des plus vieux qui avaient survécu au Grand Cataclysme. Il
veillait à l’application de la justice par l’ancien code et s’occupait
de régler certains litiges entre les divers clans de la “Nouvelle
Terre”.

Brunon poursuit :

BRUNON
Néanmoins, comme le souligne Rufius, ce procès n’est pas tout à
fait régulier, puisqu’il nécessite outre l’assentiment unanime des
différents chefs de clans de LYONBOURG, celui de l’intendant
Otan Wilson représentant le territoire de Hill Brook. Malheureuse-
ment, il n’est pas là aujourd’hui. Il a été convoqué par le CANT.

339
RÉÉLISEZ
MAIRE
“GOLDIE”
WILSON

HONNÊTETÉ
MODESTIE
INTÉGRITÉ

« L’intendant Wilson… vous entendez ça, Doc. »


(Page 341)

340
297. INT. CAGE

L’intendant portant le même nom que le maire de Hill Valley en


1985, Goldie Wilson, Marty murmure à Doc :

MARTY
L’intendant Wilson… vous entendez ça, Doc.

DOC
(à Marty) Une sorte de droit de veto, j’imagine.

298. EXT. BORD DE LA CAGE

Brunon voyant qu’il semble le connaître lui demande, s’adressant à


Marty :

BRUNON
(à Marty) Vous le connaissez jeune homme?

299. INT. CAGE

Marty lui bégaye :

MARTY
Heu... pas lui… mais Goldie. Heu… enfin, je veux dire un autre
qu-qu-que j’ai déjà connu dans l’ancien monde.

Se tournant la tête il confie à Doc :

MARTY
(à Doc) Fiou! C’est à devenir dingue.

300. EXT. BORD DE LA CAGE

Brunon veut enlever la suspicion pesant sur eux et leur demande :

BRUNON
Êtes-vous catholique?

341
301. INT. CAGE

Doc lui répond, content de la présence de quelqu’un de plus censé :

DOC
Bien sûr. Même que si vous pouviez monter jusqu’ici, j’ai une
médaille de saint Christophe, patron des voyageurs, que ma mère
m’a donné quand j’étais enfant et que je porte toujours à mon cou.

Marty l’interrompant, ajoute :

MARTY
(à Brunon) Et nous n’avons rien à voir avec ce Groal. Nous som-
mes baptisés.

302. EXT. BORD DE LA CAGE

Caleb s’écrie :

CALEB
(aux lyonbourgeois) C’est une ruse!!

Rufius rappelle au forgeron :

RUFIUS
(à Caleb) Hé, ce n’est pas très poli d’interrompre un ministre du
culte de cette façon, Caleb.

RUFIUS
(à Brunon) Allez mon père, poursuivez.

Brunon reprend :

BRUNON
(à Doc) Qu’êtes-vous venu faire ici, mon fils?

342
303. INT. CAGE

DOC
Nous sommes à la recherche d’un précieux manuscrit. Nous ne
vous voulons de mal à personne.

304. EXT. BORD DE LA CAGE

Bismark s’exclame :

BISMARK
Je n’en crois rien! Le Conseil des chefs de clans a donné son
verdict, et en l’absence de l’intendant Wilson ne pouvant être
présent, il est prévu que si la décision rendue par le Conseil est
unanime, c’est celle-ci qui prévaut. Or, dans ce cas-ci, c’est la pei-
ne de mort. Par conséquent, nous pouvons passer à l’exécution.

Se tournant vers, Peekles, l’allumeur du bûcher, il lui commande :

BISMARK
(à Peekles) Peekles, allume le bûcher!

305. INT. CAGE

Marty panique et leur crie :

MARTY
(à tous) Arrêtez!! Vous n’avez pas le droit de faire ça!! On a com-
mis aucun crime!! On est innocent!!

Doc murmure :

DOC
Quel triste fin… voilà dans quoi je vous ai tous entraînés. Il ne
nous reste plus qu’à faire notre dernière prière… en espérant que
Dieu aura pitié de mon âme.

343
MARTY
(à Doc) Non mais ce n’est pas possible voyons… on ne va pas tous
mourir brûlés ici.

Désespéré il se met à hurler :

MARTY
Ma famille!! Jennifer!! Mon Dieu aidez-nous!!! Jésus-Christ dé-
livrez-nous!!!

306. EXT. BORD DE LA CAGE

Joueur de cornemuse : musique Amazing Grace

GONTRAN, prenant le parti de Rufius, ordonne à Peekles :

GONTRAN
(à Peekles) N’allume pas ce feu Peekles!

S’adressant aux habitants de Hill Brook il leur dit :

GONTRAN
(aux habitants de Hill Brook) En l’absence de l’intendant Wilson,
je demande à ce que l’exécution soit reporté. Il s’agit du cousin de
Rufius et donc, de l’un des nôtres.

Les HABITANTS 1 – 2 – 3 de HILL BROOK crient :

HABITANT 1 – HILL BROOK


Gontran a raison, il est des nôtres!

HABITANT 2 – HILL BROOK


Ouais, sans l’intendant Wilson ce procès est injuste!

HABITANT 3 – HILL BROOK


(à Peekles) Peekles, si tu exécutes cet ordre, tu brûleras à ton tour,
tu entends!

344
Peekles acquiesçant à leur demande, Caleb lui dit :

CALEB
(à Peekles) Tu refuses! (le bousculant) Dans ce cas, c’est moi qui
le ferai.

Rufius le voyant agir de cette manière lance aux habitants de Hill


Brook :

RUFIUS
(aux habitants de Hill Brook) Allez tout le monde, empêchons-le!

Puis c’est la bousculade et la bagarre générale.

307. INT. CAGE

Le procès dégénérant en bagarre Marty s’exclame :

MARTY
(à Doc, Jules, et Verne) Dieu soit loué! Ça tourne en bagarre. Il
faut absolument que notre parti l’emporte.

DOC
(à Marty) Oui, seulement ça ne diffère pas de notre système démo-
cratique, en ce sens qu’il nous faut quand même attendre le dé-
pouillement final avant de crier victoire.

JULES
Ni non plus recommencer la procédure plus de 3 fois.

VERNE
Sinon on mourra avec l’estomac dans les talons.

308. EXT. BORD DE LA CAGE

Pendant que les deux camps rivaux se bagarrent un habitant de Hill


Brook, DOODLY McCoy, arrive en courant et crie :

345
DOODLY
(à tous) Baff le Terrible vient de débarquer!! Il s’amène vers nous
avec toute sa bande!!

309. INT. CAGE

MARTY
Ah non, merde! C’est pas vrai. Il fallait bien que cette pièce
manquante du puzzle se retrouve encore une fois sur notre chemin,
une vraie tache!

310. EXT. BORD DE LA CAGE

N.B. — Les nouveaux habitants dans un effort commun afin de se


protéger du terrible envahisseur ont construit une forteresse de
l’autre côté du ravin Eastwood avec l’horloge de l’hôtel de ville la
surplombant et l’ancien pont ferroviaire leur servant à présent de
pont-levis.

Les deux camps rivaux cessant de se bagarrer, Rufius leur dit :

RUFIUS
(à tous) C’est Doodly McCoy! Vite! Tout le monde à la forteresse
Eastwood.

311. INT. CAGE

En entendant le nom, Marty s’écrie :

MARTY
(surpris) La forteresse Eastwood!

312. EXT. BORD DE LA CAGE

RUFIUS
(à Marty) Oui, juste derrière vous vers la gauche. Nous allons vous
sortir de là. Gontran est serrurier, il va vous défaire de vos chaînes.
Après, il vous faudra fuir.

346
Puis il poursuit :

RUFIUS
(à Gontran) Allez! Vite! Monte sur le bûcher, et enlève-leur ces
chaînes.

GONTRAN
Tout de suite.

313. INT. CAGE

Gontran monte dans la cage de fer et les défait de leurs chaînes.

314. EXT. BORD DE LA CAGE

Libérés de leurs chaînes, ils sortent de la cage. Marty, voulant en


savoir plus sur leur ennemi commun, s’empresse de demander à
Rufius :

MARTY
(à Rufius) Qui est ce, Baff “le Terrible” pour que tous fuient de la
sorte?

RUFIUS
C’est un être ignoble qui habite l’île de Groal. Il revient périodi-
quement pour s’approvisionner en eau potable et me voler toute ma
meilleure réserve de bière en fût en y semant la terreur et la déso-
lation parmi nous.

Attristé, il regarde sa femme, Margaret, 39, et ses enfants, Thomas,


13, Judith, 11, et, Mylèna, 9, regroupés autour de leur mère, et
poursuit, – Doc, Marty, Jules et Verne l’écoutant :

RUFIUS
Le mois dernier, il nous a enlevé à moi et à Margaret, ma femme,
notre petit quatrième, Jérémy, et on ne l’a plus jamais revu.

MARGARET McFly, d’ajouter, le cœur serré, larmes aux yeux :

347
MARGARET
Mon petit...!

Se ressaisissant, elle leur dit, s’adressant à Marty :

MARGARET
(à Marty) Pour cela, monsieur Flynn, je vois que deux enfants sont
avec vous et votre ami, alors fuyez ce monstre pendant qu’il en est
encore temps!

L’aîné de la famille, THOMAS, 13, enchaîne et ne manque pas de


lui faire savoir :

THOMAS
Oui, et croyez-moi, un jour je partirai, je retrouverai mon petit frè-
re, et je tuerai ce sale porc!

L’aîné des filles, JUDITH, 11, leur dit, très peinée :

JUDITH
Il était si gentil. Nous l’aimions tant.

La cadette des filles, MYLÈNA, 9, leur raconte, s’arrêtant et pleu-


rant :

MYLÈNA
J’étais avec lui sur le bord de la mer… on lançaient des cailloux sur
l’eau... on est parti ensuite en courant, mais Jérémy a tombé… et-et
(elle éclate en sanglots et ne pouvant continuer, s’arrête là, et
pleure en se collant sur sa mère).

La mère, les regroupant tous avec elle, leur dit :

MARGARET
(aux enfants) Allons maintenant les enfants, tous à la forteresse.

Puis ils partent. Marty les regarde s’en aller, se tourne vers Rufius,
et lui dit, secoué par ce qu’il vient d’apprendre :

348
MARTY
(à Rufius) Je suis vraiment désolé pour toi et ta famille Rufius.

Verne, Jules, et Doc lui disent chacun leur tour :

VERNE
(à Rufius) Croyez monsieur que si jamais nous le retrouvons, nous
vous le ramènerons.

JULES
(à Rufius) Tout à fait. Vous nous avez délivré. Nous le délivrerons.

DOC
(à Rufius) Vous pouvez compter sur nous. Vous avez notre parole.

Rufius part vers la forteresse. Doc regarde Marty et lui dit :

DOC
(à Marty) Marty, c’est ton cousin, demande-lui où se trouve les rui-
nes du château que nous cherchons.

MARTY
(à Rufius) Hé! Rufius! tu sais où se trouve les ruines d’un ancien
château dans la région, c’est très important pour nous.

Tout en s’en allant il se retourne et leur dit :

RUFIUS
Oui, c’est du côté du chemin menant à LYONBOURG. Vous allez
voir, c’est un petit sentier sur la droite. L’arbre à l’entrée est mar-
qué d’un aigle. Seulement prenez garde de vous y perdre, car la
forêt est très dense. Allez, Dieu vous garde!

Tous lui envoyant la main et le regardant s’en aller, Marty lui crie :

MARTY
(à Rufius) Oui, et à un de ces jours peut-être! N’oublie pas de sa-
luer toute la parenté et l’intendant Wilson pour nous!

349
Construction en 1885 du pont ferroviaire enjambant le Ravin
“Shonash” qui deviendra le Ravin Eastwood avec le retour de
Marty à bord de la DeLorean roulant sur les rails en 1985.

« Vous avez vu ça Doc… ils ont construit une forteresse de l’autre


côté du ravin Eastwood avec l’horloge de l’hôtel de ville la
surplombant, et l’ancien pont ferroviaire leur servant à présent de
pont-levis. » (Page 351)

350
RUFIUS
(à Marty) Bien sûr!

Marty contemplant la forteresse qu’ils ont construite, ne peut s’em-


pêcher de dire à Doc :

MARTY
(en riant) Vous avez vu ça Doc… ils ont construit une forteresse de
l’autre côté du ravin Eastwood avec l’horloge de l’hôtel de ville la
surplombant, et l’ancien pont ferroviaire leur servant à présent de
pont-levis.

Rappel — Dans le film, Pour une poignée de dollars, l’acteur Clint


Eastwood (« L’homme sans nom »), afin de se protéger des balles
de son adversaire s’était fabriqué un gilet pare-balles avec une
large plaque de métal et une corde qu’il avait accroché à son cou
sur le devant sous son poncho. Marty, en 1885, lors de son duel
avec Buford Tannen, s’inspirant de la même scène, avait fait la
même chose en utilisant la porte en fonte d’un petit poêle à bois.

Jules lui dit, moqueur :

JULES
(à Marty) Ouais, un gros gilet pare-balles finalement.

Marty reluque Doc furtivement du coin de l’œil, regarde ensuite


ses deux fils et leur dit :

MARTY
(à Jules et Verne) Hé vous deux, de qui tenez-vous cette invention,
hein!

DOC
(à Marty) Il n’y a pas beaucoup de choses qu’ils ne savent plus sur
toi et moi, tu sais.

Puis il poursuit :

351
Marty, en 1885, lors de son duel avec Buford Tannen, s’inspirant
de l’idée d’un gilet pare-balles dans une scène du film, Pour une
poignée de dollars, joué par Clint Eastwood, avait fait la même
chose en utilisant la porte en fonte d’un petit poêle à bois.

« Ouais, un gros gilet pare-balles finalement. » (Page 351)

352
DOC
(à tous) Maintenant qu’on sait où se trouve les ruines de ce châ-
teau, il ne devrait plus être trop difficile pour nous de compléter le
reste. Ne perdons plus de temps. L’endroit n’est pas très loin. En se
dépêchant un peu on devrait y être avant que Baff et sa bande de
pirates y soient parvenus. Allez matelots, on y va!

Ils partent.

315. EXT. CHEMIN LYONBOURG – SENTIER

Marchant sur le chemin de LYONBOURG Marty aperçoit l’indi-


cation donnée par Rufius et s’arrêtant, il leur dit :

MARTY
(à tous) Hé, regardez l’aigle de gravé sur l’arbre, le sentier est droit
devant.

DOC
Exact!

Jules leur murmure, en parlant de Baff et sa bande, s’amenant au


loin :

JULES
(à tous) Hé, regardez qui s’amène!

Doc les apercevant, s’exclame :

DOC
(à tous) Nom de Zeus! C’est Baff et sa bande. Cachons-nous der-
rière ces broussailles. Vite!

Tous planqués derrière les broussailles en rebord du chemin et les


observant, Marty leur dit :

MARTY
(à Doc) Vous voyez ces gros gars à casques cornus vêtus de peaux

353
animales, on dirait des Vikings.

DOC
(à Marty) Oui, des hybrides Vikings.

JULES
(à tous) Si vous voulez mon avis, il vaut mieux ne plus traîner dans
le coin.

VERNE
(à tous) D’autant plus qu’ils semblent avancer assez rapidement
vers nous.

DOC
(à tous) Oui, et plus vite ils seront passés, plus vite nous pourrons
regagner l’aérohydroglisseur. Voilà ce qu’on va faire. Nous allons
aller tout droit par le sentier chercher ce manuscrit et nous re-
viendrons ici le plus vite possible, en espérant qu’il n’y aura pas
d’autres pépins ou contretemps. Dans le meilleur des cas, on de-
vrait pouvoir les devancer avant qu’ils ne reviennent. Ça me paraît
assez simple comme plan.

MARTY
(à Doc) Ouais, ça me paraît assez simple Doc, peut-être trop mê-
me.

DOC
(à tous) À présent, filons sans trop faire de bruit.

316. EXT. SENTIER – FORÊT

Tout en marchant Marty aperçoit un des membres de la bande de


Baff ratissant les bois en venant vers eux à reculons et leur mur-
mure :

MARTY
(à tous) Hé, il y en a un qui vient à 3 heures. Vite! Derrière cette
roche!

354
317. EXT. SENTIER – FORÊT – ROCHE

Tous cachés, il poursuit, s’adressant à Doc :

MARTY
(à Doc) Qu’est-ce qu’on fait à présent s’il nous découvre, Doc?
Vous avez un autre plan de match?

DOC
(à Marty) Cesse de te torturer, Marty. Oui, j’ai un autre plan de
match.

Il poursuit, observant l’hybride viking :

DOC
Pour l’instant, il est seul, mais il nous découvrira. Ça me semble
inévitable. Nous allons donc créer une diversion. Ça nous donnera
une longueur d’avance. On n’a pas le choix. Nous nous diviserons
en deux groupes. Moi et Marty allons nous lever ensemble et irons
temporairement vers la droite. Vu sa taille, il devrait s’essouffler
très vite. (à Jules) Toi et Verne, lorsque vous le verrez bien parti
derrière nous, vous courrez droit devant vous jusqu’à l’aérohydro-
glisseur en vous guidant sur la crête de cette montagne là-bas (la
montrant). Tenez, voici les clés. Je garde la télécommande. Vous
arriverez sans doute avant nous. Vous vous cacherez dans le coffre
du véhicule et nous attendrez là. Compris, les garçons? Dès que
moi et Marty l’aurons semé, nous vous rejoindrons. Je frapperai
trois coups sur le capot pour vous indiquer que c’est bien nous et
que vous pouvez sortir. Ce sera notre code d’identification.

Les deux fils répondent, Jules le premier, Verne le second :

JULES
Vous pouvez compter sur nous.

VERNE
On y sera.

355
Marty objecte :

MARTY
(à Doc) Et s’il y en a d’autres, et qu’ils nous rattrapent et nous
capturent, on sera assez mal barrés, non? Ce sera bien pire que ce
soir où vous aviez été projeté par la foudre en 1885, parce qu’avec
ces hybrides vikings croyant peut-être encore au Dieu du tonnerre
et des éclairs, qui peut prédire ce qui s’abattra sur nous cette fois,
Doc?

Doc réplique, irrité par toutes ses inquiétudes :

DOC
(à Marty) Eh bien laisse la foudre où elle est et ça n’arrivera pas!

MARTY
Bon, OK, je ne dis plus rien Doc.

DOC
(à tous) Maintenant à trois on y va. Un, deux et trois!

318. EXT. FORÊT

Le MEMBRE 1 – CLAN DE BAFF (hybride groalien-viking) qui


entend le bruit, se retourne vivement et dit :

MEMBRE 1 – CLAN DE BAFF


Oh!

Apercevant Doc et Marty il se lance à leur poursuite et passe rapi-


dement comme prévu devant la roche derrière laquelle se cachent
Jules et Verne.

319. EXT. FORÊT – ROCHE

Rendus assez loin d’eux Jules dit à son frère :

356
JULES
À nous de jouer à présent. Allons-y!

320. EXT. SENTIER – FORÊT

Le membre 1 du clan de Baff se rapprochant, Doc dit à Marty, tout


en courant :

DOC
Bon là, nous allons nous séparer… nous allons partir chacun de
notre côté en retournant sur nos pas. S’il choisit de te poursuivre
toi, ce sera bien tant mieux. Parce que tu arriveras facilement à le
distancer. Par contre, si c’est moi, il a plus de chances de réussir à
me rejoindre. Dans ce cas, j’utiliserai davantage la ruse pour m’en
défaire. Donc, dès que tu auras repris notre chemin en te guidant
sur la crête de la montagne, tu fonceras sans m’attendre vers l’aéro-
hydroglisseur.

Rappel — Au début, en 1985, Doc sur le point d’effectuer sa


première expérience spatio-temporelle sur le grand parking de la
Promenade des Deux Pins s’était fait surprendre par les terroristes
libyens à qui il avait volé le plutonium. Ces derniers, après lui
avoir tiré dessus à la mitraillette, avaient pris en chasse Marty qui
fuyait à bord de la DeLorean. Dans un deuxième temps, en 1955,
Marty voulant prévenir son meilleur ami de ce qui était pour lui
arriver, le croyant mort sous les rafales des balles, avait voulu lui
remettre une lettre afin qu’il s’en prémunisse. Obstiné à ne pas
vouloir connaître ce qui lui arrivera dans le futur, Doc avait
déchiré la lettre. Marty avait alors programmé son arrivée en 1985
un peu avant le triste incident, mais n’avait pas pu l’empêcher. Ses
efforts n’avaient pas été en vain, puisque Doc allongé sur le sol
n’avait pas trouvé la mort, au grand bonheur de Marty. Après
s’être levé, il lui montra le gilet pare-balles qu’il avait mis sous ses
vêtements, et la fameuse lettre qu’il avait finalement décidé de lire
en recollant tous les morceaux.

357
Lettre de Marty à Doc pour le sauver de la mort par les Libyens sur
le grand parking de la Promenade du Pin Solitaire en 1985.
(Page 357)

358
MARTY
Ça non Doc! Je ne vous abandonnerai pas ici. Je ne pourrai pas
faire ça et vous le savez. Surtout avec ce qui vous est déjà arrivé
avec les Libyens.

DOC
Non Marty! Tu dois repartir avec Jules et Verne. Le convecteur
temporel est déjà programmé… tu dois le faire pour Clara et mes
fils, tu entends. Tu n’auras qu’à enclencher tout. Allez! Maintenant
on se sépare.

Ils partent chacun de leurs côtés.

321. EXT. FORÊT – CÔTÉ OUEST

L’hybride groalien-viking choisit, au grand bonheur de Marty, de


le pourchasser. Se tournant la tête par-derrière, il lui lance, con-
tent :

MARTY
(au groalien-viking) Hé! viens par ici! Je vais te faire découvrir la
forêt!

Se tournant la tête il en aperçoit trois autres qui s’amènent sour-


noisement vers Doc en l’encerclant et il lui crie :

MARTY
(à Doc) Doc! Attention juste derrière vous! Il y en a trois autres qui
s’amènent!

322. EXT. FORÊT – CÔTÉ EST

Doc regardant en arrière s’écrie :

DOC
OHOUHOUWOUA!!

Puis ils le rejoignent et le capturent.

359
323. EXT. FORÊT – CÔTÉ OUEST

Marty courant la tête tournée sans prendre garde, se frappe la tête


contre une branche d’arbre trop basse pour l’éviter et tombe par
terre, assommé.

324. EXT. CARGO CONTAINER – PONT AVANT – NUIT

N.B. — Le clan nordien est hybride californien-norvégien-


islandais, une sorte de clan viking plus civilisé. Grimm est le neveu
de Rigor Strickland qui lui, est le descendant du directeur du lycée
en 1985 et du marshal en 1885. Il est chargé par le CANT (Conseil
des Anciens de la Nouvelle Terre) d’appliquer la justice par
l’ancien code. Il est à la recherche de son neveu qui a été enlevé, et
il est mandaté par le CANT pour traduire le chef du clan groalien
devant eux, accusé du viol et du meurtre de la princesse Gaëla.

Doc et Marty se retrouvent enchaînés sur le navire de Baff et sa


bande de pirates hybrides californiens-vikings, un vieux cargo con-
tainer tout rouillé qu’ils ont orné d’une tête de dragon en bois
sculptée, et qui avance à l’aide de deux grandes roues à pales de
chaque côté, l’hélice ayant été cassé. Parmi les prisonniers placés
à la proue sur le pont, Grimm, le neveu de Rigor Strickland, et
Margaret McFly. Au milieu de la nuit, Marty reprenant ses esprits,
croit qu’il vient encore de faire un affreux cauchemar. Il se réveille
et dit, grimaçant de douleur :

MARTY
Ah ma tête!

Margaret, juste à ses côtés, enchaînée, et sans qu’il puisse la voir,


lui murmure :

MARGARET
Il vaut mieux ne pas trop bouger.

Croyant qu’il s’agit de sa mère il bégaye :

360
MARTY
Mam-maman… j’ai encore fait un affreux cauchemar et vous ne
pouvez pas savoir comme je suis content d’être avec vous… en
1985.

MARGARET
En 2135, vous voulez dire, monsieur Flynn.

MARTY
Quoi!

Doc s’empresse de lui dire :

DOC
(à Marty) Hélas, c’est la triste vérité.

Réalisant qu’il porte encore des chaînes aux mains et aux pieds et
le cherchant dans la noirceur il s’écrie, confus :

MARTY
Merde! encore des chaînes! je m’étais fait des ampoules avec les
autres. Mais où sommes-nous? Doc? Heu… Nemo, où êtes-vous?
Je ne vous vois pas.

DOC
Juste ici, sous ce léger reflet de clair de lune sur moi. Seulement, ne
crie pas si fort, nous avons été faits prisonnier par Baff et sa bande.
Nous sommes sur leur navire. Un vieux cargo container modifié,
qui avance grâce à deux grandes roues à pales de chaque côté.
L’hélice doit être cassée, c’est pour ça. Ils nous emmènent sur l’île
de Groal, je crois. Leur repaire.

MARTY
Oh mais là, dur c’est pas le pied.

Il poursuit avec Margaret qui les écoute :

361
MARTY
Margaret… je ne comprends pas? Que faites-vous ici avec nous?
Vous étiez censée être déjà à l’abri dans la forteresse au moment
où ils sont arrivés à Hill Brook?

MARGARET
Madame Margaret McFly, je vous prie jeune homme. (elle s’arrête
et reprend) C’est vrai. Seulement, je suis resté dehors, et j’ai fait
exprès pour me faire prendre. Je suis venu chercher mon petit Jé-
rémy. Je vais tendre un piège à ce monstre, en utilisant mon pou-
voir de séduction. Ils vont faire une fête et s’enivrer. Je lui dirai que
je veux me faire belle pour lui. Je ferai semblant comme Judith
dans la bible avec Holopherne, et quand il sera complètement ivre
mort, je lui trancherai la tête avec son épée. Après, je courrai aussi-
tôt délivrer mon enfant, et tous les autres qu’il garde emprisonné
sur cette île maudite, pour en faire ses esclaves ou les vendre à des
mercenaires, en espérant qu’il soit toujours ici.

MARTY
(en parlant de trancher la tête à Baff) Vous serez capable de faire
une chose pareille?

MARGARET
Une mère est prête à tout pour sauver ses enfants, monsieur Flynn.

MARTY
Ouais eh bien je m’en souviendrai quand la mienne aura un cou-
teau de cuisine à la main.

Le, MEMBRE 2 – CLAN DE BAFF, envoyé par son chef, arrive,


saisi la femme, et lui dit :

MEMBRE 2 – CLAN DE BAFF


Tu es la femme de Rufius, le chef veut te parler.

Il l’emmène, sans qu’elle ne prononce le moindre mot. Marty re-


prend, inquiet de la tournure des évènements :

362
MARTY
(à Doc) Et Jules et Verne? L’aérohydroglisseur? Comment va-t-on
faire à présent pour s’enfuir de cette proue dragonienne bien en
vue, Doc?

DOC
Avant que je n’arrive Baff et sa bande avaient repéré l’aérohydro-
glisseur et étaient en train de le mettre à la remorque de leur navire.
Seulement juste en passant tout près, j’ai lancé très fort, question
d’avertir Jules et Verne qui sont toujours dans le coffre : « Marty et
moi sommes prisonniers. Ils nous emmènent sur leur île. » Nous
attendrons donc d’y être rendus. Ils voudront festoyer, boire, et
manger et seront vite tous ivres. (montrant les tonneaux de bière
volés) Regarde!

Il ajoute, confiant :

DOC
Margaret a peut-être raison, il y aura bien un moyen de déjouer ces
bougres!

N.B. — Marty dit cela parce qu’il se souvient de son cauchemar


dans lequel les Vikings voulaient embrochés Jennifer au-dessus
d’un feu pour la faire rôtir et la manger.

MARTY
Ouais eh bien, il ne reste plus qu’à espérer que cette île ne se
trouve pas à deux semaines d’ici, et qu’il y aura un Strickland qui
interviendra pour les empêcher de nous faire rôtir sur une broche
au-dessus de leur feu.

GRIMM, 11, le neveu du chef du clan nordien, Rigor Strickland,


recroquevillé dans un coin, enchaîné et retenu captif comme eux
par Baff, leur dit dans le noir, Doc et Marty ne s’étant pas rendu
compte de sa présence :

GRIMM
(à Doc et Marty) Ne vous inquiétez pas, étrangers. Nous serons à

363
l’île de Groal juste après le lever du soleil. Et Rigor Strickland,
mon oncle, est à ma recherche. C’est un navigateur et un grand
guerrier. Dès qu’il m’aura trouvé, ses hommes et lui s’empareront
de Baff et de son clan et les amèneront devant le Conseil des
Anciens où ils seront condamnés aux plus cruels supplices de la
mort pour le meurtre de la princesse Gaëla et tous les autres crimes
commis envers les habitants de la Nouvelle Terre. Mais soyez sans
crainte. Mon oncle ne vous fera aucun mal. Bien qu’il applique
l’ancien code avec beaucoup de rigueur, c’est un homme juste. Il
vous libérera de vos chaînes et vous pourrez retourner avec votre
vaisseau dans votre royaume.

Doc, un peu troublé par ce qu’il vient de leur dire, veut en savoir
davantage sur ce Rigor Strickland et lui demande :

DOC
(à Grimm) Donc, si je comprends bien petit… ton oncle est un
Viking lui aussi, mais d’un autre clan, c’est ça?

GRIMM
(à Doc) Pas tout à fait. Mon oncle est le chef des clans nordiens qui
choisirent eux, après le Grand Cataclysme, de rester fidèle au seul
vrai Dieu et à sa loi que nous appelons depuis, l’ancien code. Nous
sommes par conséquent, un regroupement de diverses ethnies qui
formaient jadis la partie nord de la Terre. Moi je suis son neveu et
je m’appelle Grimm. Baff et son clan sont quant à eux des groa-
liens qui refusent cette ligne droite adoptée par tous les Anciens
des principaux royaumes du nord et préfèrent semer la terreur et la
dévastation partout sur leur passage. Ce sont des pillards de la pire
espèce ne reconnaissant que Groal, un faux dieu qu’ils se sont don-
nés.

MARTY
(à Grimm) Pour ça il n’y pas de doute, ils ont même piqué notre
Delo!

Réalisant son lapsus il reprend :

364
MARTY
Heu, je veux dire notre vaisseau. En l’accrochant à leur pédalo de
cargo. À part ça autant tout se dire, vu le programme. Il y a de plus
en plus de chance que l’on finisse au-dessus de leur feu. Avec cette
différence que nous serons cette fois à l’horizontale au lieu d’être à
la verticale, hein Doc.

Doc lui répond, répétant ce qu’il lui a déjà dit en pareille circon-
stance :

DOC
(à Marty) Je n’aurai jamais dû inventer cette machine infernale…
elle n’a su qu’engendrer malheur et désolation.

Marty le voyant dans cet état le réconforte :

MARTY
Je suis désolé. J’ai dit ça sans réfléchir. On s’en sortira. On s’en est
toujours sorti, Doc.

Grimm tient à les rassurer sur tout ce qu’il sait à présent et leur dit :

GRIMM
(à Doc et Marty) Rassurez-vous, je ne dirais rien. Pas plus sur tout
ce que vous venez de dire que sur vos amis restés cachés dans vo-
tre vaisseau. Vous avez ma parole!

Doc lui explique :

DOC
(à Grimm) Ce sont mes deux fils. Ils sont à peu près de ton âge.
Cependant voilà, aussi incroyable que cela puisse paraître parce
que personne n’y est encore venu, “notre royaume”, comme tu dis,
est de l’autre côté très loin par là-bas. (pointant l’ouest) Et nous
sommes pour ainsi dire des explorateurs venant de l’Ancien Mon-
de qui ne demandent pas mieux que de rentrer chez eux tout com-
me toi.

365
Très content de l’apprendre, Grimm s’écrie :

GRIMM
(à Doc et Marty) Ça alors! Que vous veniez de l’Ancien Monde,
cela ne peut que réjouir mon oncle. Lui qui ne cesse de répéter à
tous qu’il a bel et bien existé.

Marty enchaîne, soulagé :

MARTY
(à Grimm) Cool! Tu ne peux pas savoir comme on est content de
l’apprendre, petit. Je suis sûr que tu aimerais ce petit coin de pa-
radis.

Se tournant vers Doc, il ajoute, y allant d’un brin d’ironie envers le


directeur de son lycée :

MARTY
Il y a même un type du même nom que ton oncle qui y habite. Bah,
il est peut-être sévère lorsqu’on arrive en retard, c’est vrai. Mais
Dieu que c’est rassurant de savoir qu’il y en a un ici pour s’occuper
de ce clébard de Baff et de sa bande de loups de mer. N’est-ce pas
Doc? Oups! je veux dire “capitaine Nemo”.

D’un large sourire, et tout en lui faisant un clin d’œil, il lui répond :

DOC
(à Marty) Tout à fait, “timonier Errol”. Maintenant, reposons-nous.

325. EXT. ÎLE – CARGO CONTAINER – PONT AVANT –


JOUR

N.B. — Baff “le Terrible” Tannen, chef du clan groalien, est un


pirate hybride californien-viking à casque cornu vêtu de fourrure
animale, d’une taille géante et ayant un œil crevé qu’il cache
avec une pièce de cuir enlacé autour de sa tête. Il est le descen-
dant de Biff, Griff et Buford « Molosse » Tannen. Il a toujours à sa

366
ceinture d’un côté, un fusil de gros calibre tronçonné, et de l’autre,
une longue épée qu’il utilise plus souvent que son autre arme qu’il
ne maîtrise pas aussi bien que son ancêtre du Far West.

Le matin, au lever du soleil, le vieux cargo ancre en eaux pro-


fondes sur l’Île de Groal. BAFF, s’approchant de ses prisonniers et
fier de sa virée à Hill Brook scande d’une voix forte, tirant une
salve de coup de feu en l’air avec un fusil de gros calibre tronçonné
d’une main et de l’autre, brandissant sa longue épée vers le ciel,
TOUS LES MEMBRES l’imitant avec le même cri de ralliement,
– Margaret se tenant un peu en retrait derrière lui, déliée de ses
chaînes, jouant son jeu de séduction envers Baff et devant éviter de
monter la moindre sympathie envers Doc, Marty et Grimm :

BAFF
Vive Groal! Vive la déesse Frigga!

TOUS LES MEMBRES – CLAN BAFF


Vive Groal!! Vive la déesse Frigga!!

Après, ricanant, – un peu comme son ancêtre Bufford Tannen –, il


dit à Grimm :

BAFF
(hargneux) Hi, hi, hi, hi, hi, crois-tu toujours que ton oncle viendra
te délivrer, Grimm? Parce que j’ai un bon marché à lui proposer…
hi, hi, hi, hi, hi,

Grimm réplique courageusement :

GRIMM
(à Baff) Oui, il viendra. Une armada de navires sous son comman-
dement. Et il ne marchandera pas avec toi, traître que tu es. Il te
capturera toi et ton clan pour ensuite vous emmener devant le
Conseil des Anciens, parce que Dieu est avec lui, espèce de lâche.

Furieux, le géant l’empoigne par le cou et le soulevant de terre lui


crie :

367
BAFF
(à Grimm) Ah oui!!

Tout en le secouant et en l’étranglant il ajoute :

BAFF
Sais-tu que je peux te hacher en petits morceaux et te donner en
pâture à mes requins, vermisseau!

Continuant de le malmener, il reprend avec plus de méchanceté :

BAFF
Dis-moi lequel des dieux est plus fort maintenant, hein! (gros rires
jugulaires) MWAHAHAHA ! MWAHAHAHA !

Marty n’en pouvant plus de le voir s’en prendre à un gosse de cette


façon lui lance :

MARTY
(à Baff) Hé! Tu n’as pas honte de t’en prendre à un gosse de cette
façon.

Reluquant Doc, il ajoute, n’en revenant pas :

MARTY
Non mais… c’est pas croyable… on est 150 ans après et c’est
toujours le même disque.

Baff lâche aussitôt Grimm, l’agrippe par une jambe et le retourne


la tête en bas. Comme il s’apprête à le jeter par-dessus bord chaînes
aux pieds et aux mains, Doc, qui a la télécommande de l’aérohy-
droglisseur dans sa poche, parvient à la saisir et actionne les divers
boutons. Il allume et éteint les phares, fait clignoter les feux de po-
sitionnement et déclenche le strident système d’alarme et lui crie :

DOC
(à Baff) Lâche-le tu entends!

368
326. INT. COFFRE – AÉROHYDROGLISSEUR

Ses fils dans le coffre se disent, Verne le premier, Jules le second :

VERNE
Qu’est-ce qui se passe?

JULES
Je ne sais pas… mais ce n’est pas notre code. On n’a donc pas à
sortir.

327. EXT. ÎLE – CARGO CONTAINER – PONT AVANT

N.B. — Baff et son clan forme une bande de pirates ignare, en


regard même de ce que l’époque moderne offrait sur le plan tech-
nologique. Ils attribuent à la sorcellerie tout ce qu’ils ne peuvent
pas comprendre. Seul, Nadan, le plus vieux du CANT, en gardait
tous les secrets.

Doc stoppant tout, Baff laisse tomber Marty sur le plancher du


navire. BAFF ET TOUS LES MEMBRES, apeurés et croyant
avoir à faire à un sorcier, reculent tous ensemble armes aux mains,
et disent :

BAFF ET TOUS LES MEMBRES


(apeurés) HEUUU!!

Grand silence — Le MEMBRE 3 – CLAN DE BAFF, mort de


trouille, chuchote à l’oreille de son chef :

MEMBRE 3 – CLAN DE BAFF


Vous avez vu ça chef… il doit être sorcier, il vaudrait peut-être
mieux les laisser partir.

Baff, prudent, réplique à voix basse :

BAFF
(au Membre 3) Non, Nadan le vieux sage dit que dans l’ancien

369
monde, la civilisation était parvenu a un degré de connaissance
supérieur à la nôtre avant le Grand Cataclysme. Mais si c’est de la
sorcellerie, Groal sera plus fort qu’eux. Nous allons donc festoyer
comme prévu et nous les garderons enchaînés dans la grotte de la
déesse Frigga. Nous verrons ce que nous ferons d’eux après avoir
invoqué les dieux.

Élevant la voix il dit :

BAFF
(aux autres de son clan) Ne craignez rien, Groal est plus fort que
les sorciers. Allons festoyer, boire, et manger. Nous invoquerons
les dieux et nous déciderons de leur sort après. En attendant, nous
les garderons enchaînés dans la grotte de la déesse Frigga.

Entendant le nom de la déesse, Marty demande à Doc :

MARTY
Hé mais Doc, cette déesse, elle a déjà existé je crois, non? pourquoi
ressortir ce vieux mythe?

DOC
Bah, ils sont revenus à des croyances tribales et s’accrochent à tout
ce qu’il découvre j’imagine. La même vieille routine, finalement.
C’est la seule explication logique, Marty.

Pointant son épée vers le ciel BAFF crie, TOUS LES MEMBRES
– CLAN BAFF, l’imitant et répétant après lui :

BAFF
Vive Groal! Vive la déesse Frigga!

TOUS LES MEMBRES – CLAN BAFF


Vive Groal!! Vive la déesse Frigga!!

Puis il ordonne :

370
BAFF
À présent, emmenez-les!

328. EXT. ÎLE – CARGO CONTAINER – PASSERELLE

Entraînant les captifs (Doc, Marty et Grimm) sur une passerelle de


bois, Baff et son clan descendent sur l’île en file indienne, en beu-
glant des chants barbares. Marty murmure à Doc, tout en mar-
chant :

MARTY
Hé Doc, pourquoi n’avez-vous pas actionner le démarrage à distan-
ce? Là, vous n’auriez pas manqué de les impressionner.

DOC
Malheureusement, cette télécommande ne possède pas encore le
démarrage à distance, Marty. (en riant) Sinon, c’est ce que j’aurais
fait, crois-moi.

329. INT. COFFRE – AÉROHYDROGLISSEUR

À travers une fente du coffre, apercevant leur père, Marty et


Grimm, chaînes aux poignets, descendent sur l’île, Verne dit :

VERNE
(à Jules) Tu as vu… il y a un jeune garçon avec eux… il doit être
de notre âge.

JULES
Oui, et je crois avoir vu une femme qui ressemblait à la mère de
Jérémy. Enfin, je ne suis pas sûr. Dès qu’il n’y aura plus aucun
danger nous sortirons de ce coffre. Il faut les délivrer et réussir ce
coup de maître, Verne.

330. EXT. CARGO CONTAINER –


AÉROHYDROGLISSEUR

Tirant le loquet de l’intérieur, ils soulèvent le capot, sortent, cou-

371
pent la corde attachée au navire et prennent place sur les sièges
avant de l’aérohydroglisseur.

331. INT. AÉROHYDROGLISSEUR

Verne demande :

VERNE
(à Jules) Tu crois que tu arriveras à faire avancer ce machin?

JULES
Oui j’y arriverai, j’ai bien observé.

Il actionne le démarrage, enclenche le bouton de mise en marche à


bas régime du réacteur et conduit l’appareil sans difficulté jusqu’à
la plage.

332. EXT. ÎLE – PLAGE – AÉROHYDROGLISSEUR

Ils descendent en emmenant avec eux le baladeur (walkman) et la


grosse boîte de feux d’artifice avec la voiturette. Jules apporte éga-
lement un porte-voix se trouvant dans le coffre et partent en suivant
leurs traces.

333. EXT. ÎLE – PROXIMITÉ REPAIRE – BUISSONS

Arrivés aux abords du repaire de Baff et son clan groalien, Jules et


Verne s’accroupissent derrière des buissons et aperçoivent une gi-
gantesque statue de Groal taillée dans un rocher en falaise. Deux
groaliens placent un gibier embroché au-dessus de leur feu, tandis
que d’autres s’occupent de mettre sur le ventre les tonneaux de biè-
re. Baff, assis à une grande table au centre du festin, lance du bout
de ses bras les objets inutiles et sans valeur rapportés par certains
d’entre eux pendant que deux autres se dirigent avec Doc, Marty et
Grimm vers la grotte de la déesse Frigga, près de la statue de
Groal. Les voyant, Jules murmure :

372
JULES
(à Verne) Regarde où ils les emmènent.

S’arrêtant aussitôt, il s’avance, les voit, et lui dit :

VERNE
(à Jules) Tu as un plan?

JULES
Oui, et un super à part ça. Voilà ce que nous allons faire. (mon-
trant) Tu vois cette gigantesque statue taillée dans le roc? Ça doit
être leur dieu Groal… Il y a deux flambeaux dans les trous servant
z’yeux. Eh bien, il doit nécessairement y avoir un passage pour y
accéder par derrière afin d’entretenir ces flammes. Autrement, je ne
vois pas comment ces gros pirates pourraient arriver à grimper
jusque-là. Et il n’y a rien qui l’indique vu de face non plus. On va
rigoler, tu vas voir. Je vais faire le tour par derrière et monter là-
haut avec mon baladeur et ce porte-voix. Rendu là et bien installé,
je leur parlerai avec l’aide de ce microphone et du porte-voix que
j’aurai relié au baladeur en me faisant passer pour Groal. Je leur
mettrai de la musique en leur demandant de danser pour moi. Tu
vois un peu le tableau!

S’arrêtant et se regardant, ils éclatent de rire, puis il poursuit :

JULES
Et au moment où je leur demanderai de relâcher notre père, Marty
et le jeune garçon qu’ils retiennent captifs, tu leur en mettras plein
la vue avec tes gros pétards. Ça marchera, j’en suis sûr. Donc tout
ce que tu as à faire, c’est de rester planquer ici et attendre mon si-
gnal, compris?

VERNE
Compris. Seulement, si ça échoue, qu’est-ce qu’on fait?

Confiant de réussir, il lui répond :

373
JULES
Ça n’échouera pas.

Il ajoute avant de le quitter :

JULES
Bon, j’y vais. À tout à l’heure.

VERNE
Bonne chance Jules.

334. EXT. PROXIMITÉ CACHOT – ESCLAVES

Doc, Marty et Grimm, emmenés vers la grotte de la déesse Frigga,


entendent de plus en plus fort les cris et les pleurs d’un grand
nombre de femmes et d’enfants que Baff retient captifs dans un
cachot souterrain, et passant près de la grille de fer d’où ils peuvent
les voir, Marty leur murmure :

MARTY
(à Doc et Grimm) Vous avez vu toutes ces femmes et enfants que
ce gros clébard garde emprisonné dans ce cachot infect… Jérémy y
est peut-être encore.

Il ajoute, révolté :

MARTY
Non mais… ce n’est pas possible être revenu aussi bas! (en parlant
de Baff)

Grimm leur dit :

GRIMM
(à Doc et Marty) Oui, et il les garde comme esclaves et monnaie
d’échange pour des mercenaires qui en font la traite.

DOC
(à Grimm et Marty) Mon Dieu, mais c’est horrible! C’est contraire

374
à toutes les lois. Le congrès de Vienne l’a condamné en 1815.

GRIMM
(à Doc et Marty) C’est pour cela qu’il y a le CANT et mon oncle
pour appliquer l’ancien code. Parce que pour Baff et son clan, il
n’y a qu’une loi, celle du plus fort.

335. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA – SOIR

Dans la grotte de la déesse Frigga, Marty leur dit :

MARTY
(à Doc et Grimm) Bon, nous voilà bien au frais dans la grotte de
cette déesse en attendant notre dernière heure.

S’arrêtant et regardant Doc, il poursuit, commettant un lapsus avec


le nom de Strickland, directeur du Lycée en 1985 et marshal en
1885 :

MARTY
(à Doc) Hé! mais j’y pense, les feux d’artifices, ça mettrait Strick-
land… heu, je veux dire son oncle sur les dents. En les apercevant
au loin, cela l’attirerait forcément ici, non?

DOC
C’est vrai, les feux d’artifices de Verne… il reste à espérer qu’ils y
penseront.

MARTY
Tes fils sont intelligents, Doc… je veux dire, capitaine Nemo. Ils
vont y penser, j’en suis sûr!

Grimm demande :

GRIMM
C’est quoi des feux d’artifices?

375
Le directeur du lycée Gerald Strickland avec Marty en 1985.

Le marshal James Strickland avec son fils en 1885.

376
MARTY
(à Grimm) Eh bien, ce sont des bâtons de grosseurs différentes que
l’on plante dans le sol et qui, dès qu’on y met le feu, s’élancent très
haut comme une étoile qui file dans le ciel. Lorsqu’ils explosent, ils
produisent des milliers de petites étincelles de couleurs différentes
dans le firmament. Pour cela, il faut attendre que la nuit soit tom-
bée.

S’arrêtant, il l’invite à deviner le reste et ajoute :

MARTY
Et ton oncle…

Grimm s’écrie :

GRIMM
J’ai compris! Soyez sûrs que lorsqu’il les apercevra au loin… mon
oncle y verra un signe de Dieu et s’amènera très vite ici avec toute
une flotte sous son commandement. Face à lui, Baff et son clan
n’ont aucune chance de leur échapper.

DOC
(à Grimm) Voilà qui est très encourageant petit.

Grimm ajoute :

GRIMM
(à Doc et Marty) Vous verrez… c’est le plus grand navigateur de
toutes les mers.

Marty connaissant déjà deux Strickland, le directeur de son lycée


en 1985 et le réputé marshal du Far West en 1885, s’imagine déjà
un peu de quoi aura l’air ce troisième vivant en 2135. Pour cela, il
s’empresse de rajouter, sourire en coin et reluquant Doc :

MARTY
(à Grimm) Pour ça il n’y a pas de doute, on te croit, petit.

377
336. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

À l’extérieur les groaliens commencent leur festin, chantant, bu-


vant et s’empiffrant.

337. INT. STATUE DE GROAL – ANTRE DES YEUX

Jules dans l’antre des yeux de la statue de Groal se prépare à être le


DJ de la soirée. Il s’affaire à brancher un fil au porte-voix. L’opé-
ration effectuée, il s’assit un peu en retrait des énormes trous ser-
vant z’yeux, prend le microphone, glisse le bouton à la position,
ON, et monte le volume. Puis s’adressant aux hybrides pirates
californiens-vikings qui festoient en prenant une voix grave il leur
dit :

338. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

JULES (V/O)
Guerriers groaliens!

Les pirates s’écrient, cessant la fête, figés de stupeur :

BAFF ET TOUS LES MEMBRES


HEEEUUUU!!

339. EXT. ÎLE – PROXIMITÉ REPAIRE – BUISSONS

Verne l’entendant, murmure, fou de joie :

VERNE
Il a réussi! Ça marche!

340. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA

Marty, de la grotte de la déesse Frigga, s’exclame, excité :

MARTY
(à Doc et Grimm) Vous avez entendu! On aurait dit une voix ve-

378
nant d’un haut-parleur!

341. INT. STATUE DE GROAL – ANTRE DES YEUX

Jules leur répète plus fort :

342. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

JULES (V/O)
Guerriers groaliens!!

Épouvantés ils se jettent à genoux en se prosternant contre le sol.

343. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA

Marty s’écrie, Grimm se contentant de les écouter :

MARTY
Ah mais là c’est bien vrai! J’ai bien entendu la voix de quelqu’un
qui parlait dans un haut-parleur, Doc.

DOC
Exact! C’était plus clair que la première fois!

344. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

JULES (V/O)
Guerriers… je suis votre dieu Groal! Vous êtes revenus victorieux
et vous avez omis de m’honorer, guerriers! Pour cela j’exige que
vous dansiez pour moi, alors debout! Dansez, et en avant la musi-
que!

345. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA

Doc s’exclame, reconnaissant la voix :

DOC
Nom… de… Zeus! Le porte-voix… c’est Jules. Il a dû le brancher

379
à son baladeur et il leur parle avec l’aide d’un microphone en se
faisant passer pour leur dieu.

Il ajoute en riant :

DOC
Mais là, qu’est-ce qu’il va faire!

Marty, fou de joie, s’exclaffe :

MARTY
(à Grimm) Tu entends ça petit! Ses fils qui sont de ton âge vont
nous sortir d’ici en se payant la tête de ces pirates!

346. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

Pendant que Jules insère la cassette audio des meilleurs succès


rock’n roll de 1955 à 1965 que Bénédict Thompson lui a donné en
prime, en bas, le membre 1 – clan de Baff, se trouvant juste à côté
de son chef, lui dit, hébété :

MEMBRE 1 – CLAN DE BAFF


(à Baff) Mais chef… comment allons-nous faire? Nous ne savons
pas danser.

Baff, le saisissant par le cou, réplique :

BAFF
(au Membre 1) Eh bien il va falloir que tu nous montres… à moins
que tu veuilles le faire au bout d’une planche avec un gros requin
de la mer juste en dessous et prêt à t’avaler!

Le groalien confus, larmoyant, n’y connaissant rien, lui dit :

MEMBRE 1 - CLAN DE BAFF


Mais chef voyons, je ne peux pas, je ne sais pas!

380
347. INT. STATUE DE GROAL – ANTRE DES YEUX

Baladeur stéréo cassette : musique Twist and Shout du groupe The


Beatles.

Jules enfonce la touche PLAY et ouvre la danse avec le fameux


Twist and Shout des Beatles.

348. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

Le membre 1 – clan de Baff, le rythme lui montant instinctivement


dans les jambes, se met aussitôt à twister, chose qui ne tarde pas à
être imitée par tous les membres du clan de Baff, qui se déhan-
chent, se penchent un en face de l’autre pour se frotter les cornes
de leurs casques d’acier de style viking tout en reprenant en chœur
les paroles de la pièce musicale.

BAFF ET TOUS LES MEMBRES


(chantant et dansant)
……………………………………………………………………

349. INT. STATUE DE GROAL – ANTRE DES YEUX

Jules de l’antre de la statue de Groal, se tord de rires de voir ces


gros pirates à casques cornus et vêtus de fourrures animales,
twister, se déhancher, se pencher un en face de l’autre pour se frot-
ter les cornes de leurs casques tous ensemble et dit, les regardant et
les pointant de l’endroit où il se trouve :

JULES
(les pointant) Non mais vous avez vu ça! Haaa! ha, ha, ha, ha, ha,
(les regardant) Ah non! Haaa! ha, ha, ha, ha, ha, Haaa! ha, ha, ha,
ha, ha, ha,

350. EXT. ÎLE – PROXIMITÉ REPAIRE – BUISSONS

Verne se roule par terre de rire et dit :

381
VERNE
Haaa! ha, ha, ha, ha, ha, Jules tu es le meilleur! Haaa! ha, ha, ha,
ha, ha, ha,

351. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

Baladeur stéréo cassette : musique Wooly Bully du groupe Sam the


Sham and The Pharaohs.

De l’antre des yeux de la statue de Groal Jules fait avancer la


cassette et met le Wooly Bully de Sam the Sham and The Pharaohs.

BAFF ET TOUS LES MEMBRES


(chantant et dansant)
……………………………………………………………………

Baladeur stéréo cassette : musique Great Balls of Fire de Jerry Lee


Lewis.

Jules enchaîne avec le Great Balls of Fire de Jerry Lee Lewis.

BAFF ET TOUS LES MEMBRES


(chantant et dansant)
……………………………………………………………………

Baladeur stéréo cassette : musique Oh, Donna de Richie Valens.

Jules termine avec le Oh, Donna de Richie Valens.

BAFF ET TOUS LES MEMBRES


(exténués et ivres, balbutiant les mots et dansant l’un contre l’au-
tre)
……………………………………………………………………

La musique s’arrêtant, sans que Jules qui se tord de rire, éteigne


son microphone, Baff qui l’entend, déduit très vite qu’il y a quel-
que chose de louche. Passant à l’arrière du gros rocher, il monte à
pas de loups.

382
352. INT. ANTRE DE LA STATUE DE GROAL

Se rapprochant il entend de plus en plus fort les rires de Jules se


répercutant contre la pierre dans l’antre de la statue.

353. INT. STATUE DE GROAL – ANTRE DES YEUX

Le surprenant par derrière se roulant de rire, il l’empoigne d’une


seule main et le soulevant dans les airs, il lui dit, fou de rage :

BAFF
Tu étais avec les autres hein!! Et tu as voulu te moquer de nous!!
Eh bien on va te faire rôtir, on manquait justement de gibiers!!

Se débattant et le frappant il crie :

JULES
(à Baff) Lâche-moi sale monstre!! (le frappant) Lâche-moi tu en-
tends!!

S’arrêtant, il crie à Verne :

JULES
Verne les feux d’artifices… vas-y!!

354. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA

Doc réalisant la capture de ses fils (les croyant ensemble) dit :

DOC
(à Marty et Grimm) Quelle idée stupide j’ai eue de les emmener
avec moi.

Grimm, pour le réconforter, lui fait valoir :

GRIMM
(à Doc) Vous ne devriez pas parler ainsi, navigateur de l’Ancien
Monde. Votre fils a été brave. Il n’a pas hésité à affronter le danger

383
pour vous sauver.

DOC
(à Grimm) Tu as raison petit, il a été très courageux.

Marty leur dit, l’ayant entendu appeler Verne :

MARTY
(à Doc et Grimm) Hé mais attendez, il appelle Verne, c’est donc
qu’ils ne sont pas ensemble.

DOC
(à Marty et Grimm) Dans ce cas, c’est qu’il est sûrement caché
quelque part et il doit attendre un signal de Jules. Ils font toujours
ça habituellement.

355. EXT. ÎLE – PROXIMITÉ REPAIRE – BUISSONS

Verne s’apprêtant à exécuter la partie la plus spectaculaire du plan,


le membre 2 – clan de Baff, s’amène vers lui et il doit abandonner
sa boîte de feux d’artifice. Se cachant derrière un arbre pour l’ob-
server, il murmure :

VERNE
(se parlant) Qu’est-ce qu’il pouvait bien avoir à faire ici celui-là?

Le membre 2 – clan de Baff s’arrête près des buissons. Puis, tout


en urinant, il aperçoit la grosse boîte de bâtons multicolores.
Ébloui, complètement soûl, il dit :

MEMBRE 2 – CLAN DE BAFF


(ébloui) Oh… hic!

Tirant un bâton de la boîte, il l’examine de près et, se tournant vers


le feu qui diminue d’intensité il dit, se parlant à lui-même :

384
MEMBRE 2 – CLAN DE BAFF
Zzz’voilà qui devrait… hic! zzze’remonter la flamme par Groal!
zzz’le chef… hic! zzz’va sûrement être content de moi cette fois…
hic! » [ Voilà qui devrait… hic! remonter la flamme par Groal! le
chef… hic! va sûrement être content de moi cette fois… hic! ]

Puis il prend la boîte, part en titubant vers le feu, et la lance dessus.

356. EXT. ÎLE – PROXIMITÉ REPAIRE – ARBRE

Verne qui le voit faire, murmure :

VERNE
(se parlant) Alors là Jules tu ne seras pas déçu… parce que c’est
un véritable spectacle de feux d’artifice que nous aurons droit ce
soir je crois… (en riant) cet ignare de pirate ivre vient de tout
lancer dans le feu!

357. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

Les feux d’artifices s’allument et fusent de toutes parts, quelques-


uns explosant directement dans le feu de camp. Tous les membres
du clan de Baff, pris de panique et y voyant un châtiment des
dieux, se mettent à courir dans toutes les directions. Un feu d’ar-
tifice à ras le sol poursuit les membres 1 et 3. Le membre 2 se re-
trouve avec le gibier sur la tête et coure affoler sans savoir où il va.
Il se frappe contre le membre 4 qui vient à sens inverse et ils
tombent assommés de tout leur poids sur le sol. Deux autres qui
courent, s’arrêtent aux pieds de leurs compagnons étendus par
terre, ne bougeant plus. Le premier, le MEMBRE 5 – CLAN DE
BAFF, resté debout et les regardant, dit d’un ton grave à son cama-
rade, le membre 6, accroupi près d’eux :

MEMBRE 5 – CLAN DE BAFF


(au Membre 6) Est-ce qu’ils sont OFF.

Le MEMBRE 6 – CLAN DE BAFF, vérifie en soulevant chacune


de leurs paupières, et lui répond sur le même ton :

385
MEMBRE 6 – CLAN DE BAFF
(au Membre 5) Oui, ils sont OFF.

Le Membre 5 rajoute, en parlant des membres 2 et 4 étendus sur le


sol :

N.B. — Le mot, toffe, dans le langage populaire québécois, veut


dire en parlant d’une personne, qu’elle a de l’endurance physique
(de l’anglais “tough” : endurant, robuste, rude, prononcé “toffe”).

MEMBRE 5 – CLAN DE BAFF


(au Membre 6) Hum ouais… ils ne sont pas toffes.

358. EXT. ÎLE – PROXIMITÉ REPAIRE – BUISSONS

Verne revenant à sa position première dans les buissons, remarque


que les membres 2 et 4 étendus sur le sol sont ceux affectés à la
garde de leur père, Marty et Grimm. Le membre 4 a les clés des
cadenas de leurs chaînes. Il profite de la confusion et de la fumée
recouvrant tout l’endroit pour se faufiler et aller les prendre.

359. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA

Doc, fier de ses fils, s’exclame :

DOC
(à Marty et Grimm) Vous avez vu ça! Parlez-moi d’une diversion!

360. EXT. STATUE DE GROAL – FESTIN

Verne prend les clés et coure vers la grotte. Jules échappe aux
mains de Baff et coure le rejoindre.

361. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA

Jules arrive au moment où Verne est en train de les défaire de leurs


chaînes et il lui dit, prenant sa place :

386
JULES
(à Verne) Laisse-moi faire, je vais continuer.

Passant à Grimm, il lui demande :

JULES
(à Grimm) Comment t’appelles-tu?

GRIMM
Grimm. Je suis le neveu de Rigor Strickland, le plus grand navi-
gateur de toutes les mers. Et toi?

JULES
Moi c’est Jules.

Verne lui dit :

VERNE
(à Grimm) Moi c’est Verne. Nous sommes frères. Notre père est le
grand aux cheveux blancs.

GRIMM
Je sais.

362. INT. GROTTE DÉESSE FRIGGA – ENTRÉE

Tous débarrassés de leurs chaînes, Doc de l’entrée de la grotte les


interrompt, apercevant Baff et son clan venant à présent vers eux,
et leur dit :

DOC
Hé, les garçons… si ça ne vous fait rien, vous ferez plus ample
connaissance plus tard. Il ne faut plus traîner dans le coin, si vous
voyez ce que je veux dire. Parce qu’ils s’amènent tous vers nous
comme un troupeau de bêtes à cornes.

Grimm leur dit :

387
GRIMM
(à tous) Venez! Suivez-moi! Je connais cette île aussi bien qu’eux.
J’y suis déjà venu avec mon oncle.

MARTY
(à tous) Et les femmes et enfants? le petit Jérémy? sa mère Mar-
garet? on ne va pas les abandonner à cet ogre? On a tous promis à
Rufius de lui ramener son fils!

JULES
(à tous) Margaret… je savais bien que c’était elle. Je les ai vu
l’emmener. Elle a été enfermée avec les autres.

JULES
(à Grimm) Marty a raison Grimm. On ne peut pas les abandonner.

VERNE
(à Grimm) Exact! On a tous promis.

DOC
(à Grimm) Ils ont raison petit. Il faut les délivrer, au péril de notre
vie même.

GRIMM
(à tous) Soyez sans crainte, je reviendrai les délivrer tous sans ex-
ception avec mon oncle et ses hommes. Pour l’instant Baff et son
clan ont la supériorité militaire. C’est trop risqué. Ils nous repren-
dront et nous finiront tous nos jours ici sans avoir réussi quoi que
ce soit, croyez-moi!

DOC
(à Grimm) Très sage petit Grimm! (regardant les autres) Allez, on
te suit!

Ils partent et parviennent à distancer Baff et son clan.

388
363. INT. VOLCAN – CAVERNE STALACTITES – NUIT

Arrivant aux abords d’un volcan ils entrent dans une caverne de
stalactites et Grimm flambeau à la main leur dit :

GRIMM
(à tous) Nous serons en sécurité ici, Baff et son clan n’y viendront
pas. Nous y passerons la nuit. Demain, avant le lever du soleil, je
vous conduirai jusqu’à votre vaisseau par un autre chemin. Moi, j’y
reviendrai et resterai caché là. Après, le soir venu, je monterai plus
haut et ferai de grands feux pour signaler ma présence à mon oncle.

Verne lui dit en riant :

VERNE
Seulement avec tout ce qu’il a pu voir dans le ciel ce soir, à l’heure
qu’il est, ton oncle est peut-être déjà sur notre piste, tu sais.

GRIMM
(à Verne) Peut-être, Verne.

Il ajoute, en leur montrant sa fronde et un poignard cachés sous ses


vêtements :

GRIMM
(à tous) Ne vous inquiétez pas pour moi, je ne mourrai pas de faim.
Je sais chasser.

Marty, qui ne comprend pas pourquoi Baff et ses pirates n’oseront


pas venir jusque-là, lui demande :

MARTY
(à Grimm) Hé mais petit… pourquoi es-tu si sûr qu’ils ne vien-
dront pas jusqu’ici et ne nous surprendront pas durant notre som-
meil?

Doc ajoute :

389
DOC
C’est vrai.

GRIMM
C’est que Baff et son clan croient que Groal habite le volcan. Ils
craignent de le réveiller en s’y approchant de trop près et qu’il
entre dans une violente colère en les exterminant tous. Avec l’état
dans lequel ils sont et avec cette noirceur, je doute fort qu’ils soient
capables d’y parvenir.

364. EXT. ÎLE – FORÊT – PROXIMITÉ VOLCAN

Les groaliens ivres, exténués et chancelants abandonnent la pour-


suite. Confiant de les déjouer, Baff leur dit :

BAFF
Nous ferons le tour et les surprendrons juste avant qu’ils traversent
la gorge. Nous devrons être là avant eux. Ils n’ont pas d’autres
choix de passer par là pour regagner leur vaisseau… (ricanant) Hi,
hi, hi, hi, hi,

S’arrêtant, il ajoute en regardant tous les membres de son clan :

BAFF
Et je les veux, vivant! Pour les voir dévorer par mes requins!

Toute la bande se mette à rire comme des idiots :

TOUS LES MEMBRES – CLAN BAFF


WHA HA! HA! HA! WHA HA! HA! HA!

Les rires cessants, le membre 2 – clan de Baff, complètement ivre,


veut honorer son chef, et lui dit :

MEMBRE 2 – CLAN DE BAFF


(à Baff) C’est qu’vou zzz’êtes un vrai… hic! zzzénie chef! [ C’est
que vous êtes un vrai… hic! génie chef! ]

390
365. EXT. ÎLE – GORGE – PONT ARBRE

Avant l’aube, Doc, Marty, Jules et Verne conduits par Grimm ar-
rivent à la gorge. Le pont pour la traverser est un énorme tronc
d’arbre. Baff et sa bande bondissent épée à la main et crient d’une
seule voix :

BAFF ET TOUS LES MEMBRES


AAARRRRGHHH!!!

Doc, Marty, Jules, Verne et Grimm prennent le pont les premiers.


Les voyant qui s’amènent comme des chiens enragés, Doc leur dit :

DOC
(à tous) Ne nous énervons pas et nous arriverons à bon port les
enfants.

366. EXT. ÎLE – GORGE – CÔTÉ VERS LA PLAGE

Jules arrivant de l’autre côté le premier leur crie :

JULES
Vite! Ils se rapprochent de Grimm!

367. EXT. ÎLE – GORGE – PONT ARBRE

Baff, les dents serrées et grimaçant de rage, lance à Grimm :

BAFF
Attends que je t’attrape vermisseau!! Je te ferai rôtir!!

368. EXT. ÎLE – SENTIER – PROXIMITÉ PLAGE

Tous de l’autre côté, ils foncent en direction de la plage et Jules


leur crie, reconnaissant les lieux et leur montrant du doigt l’aéro-
hydroglisseur qu’il aperçoit :

391
JULES
(à tous) Par ici! (leur montrant) Il est juste là! On n’est plus très
loin à présent!

369. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ


AÉROHYDROGLISSEUR

Verne devançant Jules leur crie à son tour (en parlant de l’aéro-
hydroglisseur) :

VERNE
Je le vois! Tenez bon! J’y suis presque!

Grimm s’accroche le pied, trébuche et tombe. Marty le voyant par


terre s’arrête et crie :

MARTY
(à Doc, Jules et Verne) Hé! Attendez! Grimm vient de tomber! Il
s’est blessé je crois… on ne peut pas l’abandonner! Je retourne le
chercher!

Jules et Verne arrivent à l’aérohydroglisseur. Doc sur le point de


rejoindre ses fils se retourne, et voyant Baff et son clan qui se rap-
proche de Marty lui crie :

DOC
Marty!! Fais gaffe!! Les voilà qui s’amènent!!

370. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS – SOL

Marty se retourne, les voit, hésite quelques secondes, puis choisit


de prendre le risque d’aller chercher Grimm. Se tordant de douleur
et à la merci des pirates il lui crie :

GRIMM
(à Marty) Non timonier Errol! Ne t’occupe pas de moi! Va avec tes
amis! Ne crains pas mon oncle sera bientôt là!

392
371. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ
AÉROHYDROGLISSEUR

Marty ralentit, s’arrête, essoufflé, déchiré, et ne sachant plus trop


que faire. Il se retourne pour regarder Doc qui lui dit, baissant la
tête :

DOC
(à Marty) Désolé… mais il faut y aller Marty.

372. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS – SOL

Grimm lance sa fronde ainsi qu’une petite pochette remplie de


pierres en lui disant :

GRIMM
(à Marty) Tiens, prends ça.

373. EXT. ÎLE – PLAGE – AÉROHYDROGLISSEUR

Il les attrape, fait demi-tour et fonce vers l’aérohydroglisseur re-


joindre Doc, Jules et Verne.

374. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS – SOL

Baff le voyant fuir lui lance :

BAFF
(à Marty) Hé, trognon de l’ancien monde! (ricanant) Hééé! hé, hé,
hé, hé, hé, Hééé! hé, hé, hé, hé, hé, Hééé! hé, hé, hé, hé, hé,

Tous les membres – clan de Baff se mettent à rire comme des


idiots :

TOUS LES MEMBRES – CLAN BAFF


Hééé! hé, hé, hé, hé, hé, Hééé! hé, hé, hé, hé, hé, Hééé! hé, hé, hé,
hé, hé,

393
« Personne! Personne ne me traite de mauviette, tu entends! »
(Page 395)

394
Grand silence — Puis Baff ajoute :

BAFF
(à Marty) Tu es bien comme ce tonnelier de Rufius McFly… une
mauviette!

375. EXT. PLAGE – AÉROHYDROGLISSEUR

Marty s’arrête face à Verne qui lui, le voyant dans cet état, ne man-
que pas de lui dire :

VERNE
(à Marty) Si c’était moi, jamais je ne pourrai me laisser dire une
chose comme celle-là, Marty.

Doc, le voyant changer d’air, a tout juste le temps de lui crier :

DOC
Non Marty!!

Regardant Verne, il le reprend :

DOC
(à Verne) Tu n’aurais pas dû lui dire ça Verne… il ne supporte pas
ce mot et perd tout discernement à chaque fois.

Marty se tourne vers Baff, le regarde droit dans les yeux et, du bout
du doigt lui dit :

MARTY
(à Baff) Personne! Personne ne me traite de mauviette, tu entends!

376. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS – SOL

Baff regarde ses guerriers et leur dit, ricanant et s’avançant vers lui,
tenant son fusil tronçonné d’une main ; de l’autre, sa longue épée
sortie de son fourreau :

395
« Jules… mon hoverboard. »

« Tiens Marty! » (Page 397)

396
BAFF
Dans ce cas… choisi tes armes, et emmène-toi, trognon! (ricanant)
Hééé! hé, hé hé, hé, hé, Hééé! hé, hé, hé, hé, hé,

377. EXT. ÎLE – PLAGE – AÉROHYDROGLISSEUR

Marty, nullement impressionné et ne le perdant pas des yeux, com-


mande à Jules :

MARTY
Jules… mon hoverboard.

Jules saisit la planche volante et lui dit, tout en la lui lançant :

JULES
(à Marty) Tiens Marty!

EFFETS SPÉCIAUX ― Marty l’attrape à la volée d’une seule


main, l’abaisse à environ 8 pouces (15 centimètres) du sol, et mon-
te dessus.

Verne lui crie :

VERNE
(à Marty) Vas-y Marty, fais-lui en voir de toutes les couleurs!

378. EXT. ÎLE – PLAGE – HOVERBOARD

MARTY
(à Verne) Ne t’inquiète pas… cette fois il va avoir son compte!

379. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS

Il décolle et file sur l’hoverboard. Le membre 1 – clan de Baff qui


le voit voler dit, ébloui :

MEMBRE 1 – CLAN DE BAFF


Euh, c’est quoi ça!

397
Le combat s’engageant, il passe dans un premier temps juste au-
dessus de la tête de Baff qui lui tire dessus avec son fusil tronçonné
en lui disant :

BAFF
(à Marty) Tiens prends ça!

Tirant de façon répétée et le ratant à chaque fois il lui dit :

BAFF
Encore ça!

Ayant épuisé toutes ses balles, et Marty repassant juste au-dessus


de sa tête, Baff laisse tomber son fusil, prend son épée de ses deux
mains et lui crie en tentant de l’atteindre :

BAFF
AAAAARRRRGGH!!!

Marty filant sur son hoverboard repasse par derrière. Baff répète
avec moins de force, le ratant et fendant l’air :

BAFF
AAAAARRRRGGH!!

Marty, filant sur son hoverboard, revient une troisième fois par de-
vant, Baff essoufflé et étourdi, répète plus faiblement encore, le
ratant et fendant l’air :

BAFF
AAAARRRGH!!

380. EXT. ÎLE – PLAGE – HOVERBOARD

Marty repasse derrière lui, s’arrête, sort une grosse pierre de la


pochette attachée à son pantalon, la met dans la fronde et lui crie,
moqueur :

398
MARTY
(à Baff) Hé! je suis ici!

381. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS

Le géant se retourne lentement, encore étourdi, exténué et traînant


son épée, et dit, entrecoupé :

BAFF
(à Marty) Je finirai bien… par… t’avoir… trognon de l’ancien
monde.

382. EXT. ÎLE – PLAGE – HOVERBOARD

Marty fait tourner la fronde et lui lance la pierre.

383. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS

Atteint en plein sur le front, Baff tombe assommer de tout son long
sur le sol, le visage dans du crottin de sanglier. Marty s’approche,
et lui dit, moqueur

N.B. — Marty lui dit cela parce que ses ancêtres Biff et Bufford
Tannen se sont retrouvés le visage dans le fumier (1985 et 1885) et
la bouse de vache (1895).

MARTY
(sentant l’odeur) Ouf! Eh bien, pas moyen de t’en sortir je crois!

384. EXT. ÎLE – PLAGE – AÉROHYDROGLISSEUR

Jules et Verne s’exclament :

JULES
(content) Yé! David 2, Goliath 0!

VERNE
(content) En plein dans le mille!

399
385. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS

N.B. — Le clan nordien est hybride californien-norvégien-


islandais, une sorte de clan viking plus civilisé. Ils ont choisi le
drakkar Viking pour se déplacer sur la mer. Ils sont vêtus de peaux
et de fourrures animales avec cette différence, qu’ils ne portent pas
le casque d’acier cornu comme le clan rebelle groalien, mais un
large bandeau en lainage de couleur rouge autour de la tête,
signifiant qu’ils sont prêts à verser leur sang pour l’application de
la justice par l’ancien code. Ils ont tous une carabine dans une
gaine de cuir qu’ils portent dans le dos avec une ganse de chaque
côté des épaules pour la retenir. Ils ont également une épée dans
un fourreau autour de la taille.

Grimm se tournant la tête du côté de la mer aperçoit une immense


flotte de drakkars et s’écrie :

GRIMM
(à Doc, Marty, Jules et Verne) Regardez! (pointant vers la mer)
c’est mon oncle. Je vous avais bien dit qu’il était à ma recherche et
qu’il me retrouverait!

386. EXT. ÎLE – PLAGE – HOVERBOARD

Doc venant vers Marty, s’arrête et s’exclame à la vue la flotte de


drakkars :

DOC
Nom… de… Zeus! Rigor Strickland!

MARTY
(content) Ouais c’est le pied, on dirait bien que l’on va avoir droit à
de la grande visite.

Voyant le clan groalien fuir, abandonnant leur chef et n’osant plus


emmener Grimm avec eux il ajoute :

400
MARTY
(à tous) Hé, vous avez vu ça? Ils s’enfuient!

Grimm enchaîne en leur disant :

GRIMM
Oui, ils peuvent bien fuir. Mais mon oncle aura tôt fait de les rat-
traper. Une armée de vaillants guerriers l’accompagne, vous allez
voir.

387. EXT. ÎLE – PLAGE – CÔTÉ ROCHERS – SOL

Le drakkar de tête accoste sur la plage. RIGOR Strickland, 55, et


ses hommes débarquent sur l’île. S’amenant à grands pas vers son
neveu il lui dit, heureux de le retrouver sain et sauf :

RIGOR
(à Grimm) Enfin tu es là Grimm!

Il s’accroupit, le serre dans ses bras et poursuit :

RIGOR
Tu es blessé?

GRIMM
Non, ce n’est qu’une foulure au pied.

Rigor poursuit :

RIGOR
Nous avons vu des feux au loin. Ils nous ont guidé vers toi.

Grimm présente Doc, Marty, Jules et Verne :

GRIMM
Voici le capitaine Nemo et ses deux fils, Jules et Verne, ainsi que
le timonier Errol. Ils viennent de l’Ancien Monde. Ils m’ont sauvé
la vie!

401
RIGOR
(à Doc, Marty, Jules et Verne) Vous venez de l’Ancien Monde, on
dit qu’il a été englouti par les eaux par un juste châtiment de Dieu.

Il ajoute, voulant les rassurer :

RIGOR
Mais peu importe d’où vous venez, étrangers, vous avez sauvez
mon neveu, et je vous en suis très reconnaissant.

DOC
Hum, oui. Vous vous plairiez chez nous, j’en suis sûr. (avec un lar-
ge sourire)

Baff bougeant et commençant à revenir à lui, Rigor s’avance, le


retourne de son pied et lui dit d’un ton Strickland (comme le mar-
shal Strickland), épée sous le menton :

RIGOR
(à Baff) Le CANT s’est réuni. Ils m’ont chargé de te livrer à eux.
Tu as transgressé gravement l’ancien code. Ils veulent te juger pour
le viol et le meurtre de la princesse Gaëla, ainsi que pour tous les
autres crimes que tu as commis envers tous les habitants de la
Nouvelle Terre. Mais s’il n’en tenait qu’à moi… (appuyant plus
fort la pointe de son épée) je t’enfoncerais cette épée dans la gorge,
te taillerais les membres et les restes de ton corps morceau par
morceau pour les donner ensuite moi-même en pâture aux requins.

Voyant son clan qui fuit il ordonne à ses hommes :

RIGOR
(à ses hommes) Rattrapez-les! Enchaînez-les, et emmenez-les tous!

N’en revenant pas, Marty murmure à Doc :

MARTY
Tout un Strickland, celui-là. Ce type vous donne la chair de poule
juste à le regarder. Je ne voudrais pas être à leur place. (en parlant

402
de Baff et son clan)

RIGOR
(à Doc, Marty, Jules, et Verne) Vous avez sauvés la vie de mon
neveu, marins de l’Ancien Monde. Je vous invite chez moi. Vous y
serez comme chez vous. Nous allons fêter ça!

Doc lui dit, mal à l’aise, l’appelant général :

DOC
(à Rigor) Heu, général voici… ce n’est pas que nous n’apprécions
pas cette invitation que vous nous faites, c’est juste que nos fa-
milles nous attendent… et que nous devons rentrer à la maison.

Marty enchaîne en lui disant avec ironie :

MARTY
(à Rigor) Bah, vous savez…. ce sera peut-être pour une autre
fois… qui sait jusqu’où on peut aller avec lui. (clin d’oeil à Doc)

VERNE
C’est vrai, j’aimerais bien découvrir davantage. (regardant son pè-
re avec un petit sourire moqueur)

JULES
Oui, et il y a un volcan je crois… qu’on pourrait peut-être explorer.
(regardant son père avec un petit sourire moqueur)

DOC
Heu, enfin peut-être… mais quand… je ne sais pas encore.

RIGOR
Dans ce cas, puis-je faire autre chose pour vous qui vous comble-
rais capitaine?

Regardant, Marty, Jules et Verne, il en profite pour lui demander,


voulant respecter la promesse faite à Rufius McFly et toute sa fa-
mille :

403
DOC
Eh bien, Baff et son clan détiennent des femmes et des enfants pri-
sonniers dans un cachot près de l’endroit où ils se rassemblent, la
plupart j’imagine, venant de LYONBOURG et Hill Brook. Parmi
eux un petit garçon du nom de, Jérémy McFly. Nous avions promis
à ses parents que si nous le retrouvions, nous le leur ramènerions.
Nous vous saurions gré de bien vouloir vous en charger. C’est la
chose qui importe le plus pour nous.

Rigor acquiesçant à leur demande, leur répond :

RIGOR
Vous pouvez compter sur moi, je les délivrerai. Et si celui que vous
me parler s’y trouve, Dieu m’est témoin, je le ramènerai à ses pa-
rents.

Puis il leur enjoint :

RIGOR
De votre côté, je vous demande de faire savoir à vos proches et à
tous ceux que vous rencontrerez sur votre chemin, qu’il leur faut
abandonner leurs idoles. Il n’y a qu’un seul vrai Dieu, Jésus-Christ
Notre-Seigneur, et donc tous les autres ne sont que de faux dieux!
C’est pour cela qu’il y a eu ce grand châtiment par les eaux. Ne
l’oubliez pas.

MARTY
Oui, et je me ferai un devoir de le rappeler à mon curé, croyez-moi.
Parce qu’avec tout cet œcuménisme des religions depuis Vatican
II, il n’y a plus ce défi et tout le monde s’y perd.

Il ajoute, voulant signaler aux autres qu’il est temps de partir :

MARTY
Bon, c’est l’heure d’y aller, je crois.

Puis il salue Rigor en lui donnant une rapide poignée de main :

404
MARTY
Eh bien… au revoir général Strickland. J’ai été enchanté de faire
votre connaissance. Et à bientôt peut-être.

Rigor le salue à son tour :

RIGOR
Au revoir timonier Errol. Attention aux requins.

Sans le savoir, il lui rappelle la perpétuelle consigne du directeur de


son lycée :

RIGOR
Bon retour et surtout ne soyez pas en retard. Être à l’heure est une
grande qualité vous savez.

Le fixant quelques instants il lui dit :

MARTY
Oh mais là… c’est pas croyable comme vous me faites penser à
quelqu’un que je connais.

Il ajoute en riant :

MARTY
Et pour les requins… J’ai déjà vu Jaws 19.

Passant à Grimm il lui remet sa fronde et sa pochette de pierres et


lui dit :

MARTY
Tiens, ceci est à toi. Salut, petit Grimm.

GRIMM
Non, j’insiste pour que vous les gardiez, timonier Errol.

S’approchant il lui chuchote à l’oreille :

405
« Et pour les requins… J’ai déjà vu Jaws 19. » (Page 405)

406
GRIMM
Enfin, je sais bien que c’est Marty ton vrai nom, mais ce n’est pas
grave.

MARTY
C’est vrai, mais bon… tu es un petit futé toi, hein. (il sort de sa
poche une pièce de 25 cents) Tiens, voilà une pièce de 25 cents
toute neuve. Je te la donne. Allez, on est quitte à présent.

Verne sort un bâton de feu d’artifice de la poche intérieure de sa


veste et lui dit :

VERNE
(à Grimm) Tiens, prends-le. Je les aime bien, ceux-là. Tu n’as qu’à
le planter comme ça dans le sol, ensuite tu l’allumes avec du feu
juste ici. Et là, prépare-toi à voir de belles couleurs dans le ciel la
nuit venue.

Puis ils montent dans l’aérohydroglisseur.

388. INT. AÉROHYDROGLISSEUR

Tous à l’intérieur du véhicule, Doc s’empresse de leur dire, action-


nant le démarrage, confiant de retrouver le manuscrit :

DOC
(à Marty, Jules, et Verne) À présent que nous savons où il est,
allons le chercher!

Puis ils partent.

407
« Château du duc d’Édimbourg, Charles-Philippe Clayton… »
(Page 409)

408
389. EXT. FORÊT – RUINES DU CHÂTEAU

Arrivés sur les ruines de ce qui semble être celle d’un ancien
château fortifié, et apercevant l’inscription gravée sur une plaque
de pierre taillée, CHÂTEAU DU DUC D’ÉDIMBOURG,
CHARLES-PHILIPPE CLAYTON, avec ses armoiries sculptées
juste au-dessus, portant la croix de St-André, patron des Écossais,
et sur laquelle il y est gravé les mots latins, CHRISTUS VINCIT
(CHRIST VAINQUEUR), Marty s’arrête, et les lit :

MARTY
(lisant) Château du duc d’Édimbourg, Charles-Philippe Clayton…

Enchaînant avec le reste de l’inscription :

MARTY
(lisant) Christus Vincit…

N’en croyant pas ses yeux il s’exclame, Jules et Verne se con-


tentant d’écouter, immobiles d’émerveillement :

MARTY
Wow! Doc, pouvez-vous m’expliquer?

Doc leur dit :

DOC
Inversion du champ magnétique terrestre ou guerre nucléaire…
la planète s’étant réchauffée d’une façon alarmante, et les glaces
polaires fondants à un rythme effréné, d’immenses pointes cédè-
rent simultanément d’un seul coup, et la Terre bascula sur son
axe. Emportant une partie de l’Europe septentrionale, Norvège
et Suède qui elle, poussée par une gigantesque vague de fond
entraîna sur son passage l’Écosse, l’Irlande, ainsi que des frag-
ments de l’Islande et du Groenland qui eux, se rabattirent dans
un fracas d’eau et de terre sur ce qui restait de l’Amérique du
Nord qui venait tout juste de se sectionner en trois larges seg-
ments asymétriques à la hauteur de la grande faille de San

409
Andréas dans un des plus terrible séisme jamais connu de mé-
moire d’homme. La partie Nord-Est tombant presque en chute
libre dans l’océan Atlantique et allant se loger sur le continent
Africain. Tout le Middle West lui, s’engouffrant sous les eaux.
Alors que le Nord-Ouest piquant du nez en cascade entraîna à sa
suite les deux tiers en longueur de la Californie qui culbuta
complètement dans l’océan Pacifique. Voilà pourquoi il y a tout
ce redécoupage géographique où une nouvelle civilisation
hybride californienne-écossaise-irlandaise y vit chacun de leur
côté d’un ruisseau. Les uns, dans ce qui semble être une grosse
motte de terre de leur patrie; les autres, dans ce qui est resté de
la Californie aux limites même de Hill Valley. Avec ce détail,
que le continent s’est déplacé de quelques miles (kilomètres)
vers l’Est. Voilà pourquoi aussi il y a ces ruines du château
d’Édimbourg devant nous. Nous sommes ici même tout à la fois
en Écosse et en Amérique. C’est la seule explication scientifique
logique et plausible.

MARTY
(en riant) Félicitation pour cet exposé oral géographique, Doc.
Seulement, je ne sais pas si j’arriverai à en retenir le quart!

Doc poursuit :

DOC
(à tous) Maintenant, assez bavardé. Trouvons ce manuscrit. La pe-
tite Estrella a dit qu’il se trouverait sous une pierre marquée d’une
croix et d’un poisson. Allez, tous à la tâche. Plus vite nous le trou-
verons, plus vite nous repartirons.

Chacun va de son côté à la recherche de la pierre marquée.

390. INT. RUINES DU CHÂTEAU – GRANDE SALLE

Jules l’apercevant, s’arrête, et s’écrie :

JULES
(à tous) Je l’ai trouvé! Elle est ici! Venez!

410
Tous y arrivant, ils se placent autour de la pierre marquée d’une
croix et d’un poisson, et Doc s’exclame, jubilant de joie :

DOC
(jubilant) WOUAH, HA, HA, HAAA! (chanté) Victoire!

Les pressant, il poursuit :

DOC
(à tous) Aidez-moi à la soulevée avec ce pied-de-biche!

Ils la soulèvent et découvrent entre deux autres pierres plates très


minces et scellées d’un bitume, le fameux manuscrit, intact et li-
sible. Doc le prend, le déplie, et leur dit :

DOC
C’est quand même incroyable que ce parchemin soit resté intact
depuis tout ce temps. Les gens de cette époque savaient quand mê-
me bien garder leurs affaires.

Marty le voyant captivé, lui dit, craignant encore le pire :

MARTY
Oui, et si on ne fiche pas le camp d’ici, ce sont nos cendres qui se
retrouveront conservés dans ces lieux, Doc.

DOC
Tout à fait!

D’un large sourire, il ajoute :

DOC
(à tous) Rentrer à la maison n’aura jamais été aussi apprécié, je
crois. Tous à l’aérohydroglisseur!

Puis ils partent.

411
391. INT. AÉROHYDROGLISSEUR

Tous à bord de l’aérohydroglisseur, Doc leur défile, programmant


et pianotant leur date d’arrivée :

DOC
(à tous) Bon, il était 11 h 22 du soir quand nous sommes partis de
l’ancienne minoterie. Je programme donc notre retour pour le 31
octobre 1985 à 11 h 25 de l’après-midi, soit exactement 2 heures
34 minutes avant notre départ, évitant ainsi de rencontrer nos
homologues respectifs. Rendu là, nous passerons prendre un
chalumeau et une masse que j’ai toujours chez moi. Nous nous
rendrons ensuite à l’ancienne minoterie où avec l’aide de Jules et
Verne je chaufferai et je dégauchirai la bielle tordue de la loco-
motive. Je rebrancherai le convecteur temporel pour repartir le 25
octobre 1895, soit la journée de ce fatidique duel entre mon beau-
père Wilmor Clayton et le baron John-Lee Cromwell. L’événement
ayant été fixé à 3 h de l’après-midi, j’avais convenu avec Clara d’y
être présent avec le Juge Hodge et les parties concernées une heure
avant, soit à 2 h pile en face du saloon de Virginia City. Je pro-
grammerai alors mon retour à Virginia City pour 8 h du matin. (à
Marty il précise) Ah oui, je ne te l’avais pas encore dit, j’ai ajouté
un nouveau dispositif, l’aiguilleur temporel, me permettant de me
déplacer un peu plus loin à présent. Ce qui devrait me suffire
amplement pour m’y rendre avec Jules et Verne, et intervenir juste
à temps. Pour cela, j’ai prévu d’emprunter une ligne de chemin de
fer inachevée, en raison d’un litige entre la compagnie et les
travailleurs. Elle se trouve à quelques miles de la ville, dans une
région très rurale. J’apporterai bien entendu le fameux manuscrit,
même s’il est certain que les textes du manuscrit falsifié de
Cromwell se seront effacés de l’histoire.

Marty lui demande :

MARTY
Et pour moi, qu’est-ce qui arrive?

412
DOC
Très juste. Quelques minutes après notre fulgurant décollage sur le
parking de la Promenade du Pin Solitaire, tu te rendras chez moi
remettre l’aérohydroglisseur dans le petit hangar où tu l’avais dé-
couvert. J’ai laissé les portes ouvertes. Tu prendras bien soin de les
refermer en plaçant le cadenas accroché sur la porte. Après, il ne te
restera qu’à aller rejoindre Jennifer au bal qui on le sait, sera ivre et
n’aura eu connaissance de rien. Donc tout devrait rentrer dans
l’ordre pour tout le monde.

Puis il tourne la clé, le réacteur se met aussitôt en marche à bas


régime, et il leur dit :

DOC
(à tous) À présent les enfants, attachez vos ceintures, nous rentrons
à la maison!

392. EXT. MER – AÉROHYDROGLISSEUR – JOUR

EFFETS SPÉCIAUX ― La nouvelle DeLorean convertie en aéro-


hydroglisseur, accélère sur son coussin d’air, file, et disparaît de la
mer au milieu du feu et des éclairs lorsqu’elle atteint les 88 mph.

393. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR – NUIT

EFFETS SPÉCIAUX ― La nouvelle DeLorean convertie en aéro-


hydroglisseur réapparaît au milieu du feu et des éclairs le 31
octobre 1985 à Hill Valley sur le parking de la Promenade du Pin
Solitaire, rempli de flaques d’eau miroitant sous les lumières,
l’électricité ayant été rétabli à ce moment précis.

394. EXT. RUE – PROXIMITÉ PARKING – CARROSSE

Biff passe non loin de là avec le carrosse de Cendrillon commandé


par Marty. Il se dirige malencontreusement à cette heure au lycée
où se tient le bal de l’Halloween. Apercevant la fulgurante arrivée
du véhicule, il s’arrête et dit, tirant sur les guides et parlant aux
chevaux apeurés :

413
BIFF
(apercevant l’aérohydroglisseur) Euh, mais… qu’est-ce que c’est
que ça encore? (tirant sur les guides et aux chevaux) Oooh! Oh là.

395. EXT. RUE – PROXIMITÉ PARKING – MAGASIN


JCPENNEY

Il descend de son siège et prend par le collier un des deux chevaux


et va les cacher non loin de là. Il revient en prenant soin de ne pas
se faire voir et il va se mettre sur le coin d’un mur extérieur du
magasin JCPenney près du parking de la Promenade et murmure,
le véhicule spatio-temporel immobilisé, les portes papillons s’ou-
vrant avec Doc, Marty, Jules et Verne y descendant :

BIFF
Tiens, mais c’est bizarre ça… une autre DeLorean… sur coussin
d’air celle-là… avec le Doc Brown, Marty, et deux gosses. Qu’est-
ce qu’ils font ici? Marty devrait déjà être au bal avec Jennifer et les
autres?

396. EXT. PARKING – AÉROHYDROGLISSEUR

Tous sur le parking, Doc leur dit, content de l’arrivée réussie, sau-
tant de joie, et courant autour du véhicule :

DOC
(à tous) On a réussi nom de Zeus! (en riant) Whoua, ha, ha, ha,
haaa! (chanté)

Marty lui dit, ayant comme un pressentiment que quelqu’un se


trouve là, et les a vu arriver, Jules et Verne se contentant de les
écouter :

MARTY
(à Doc) Êtes-vous sûr que personne ne nous a vu arriver, Doc?

DOC
(à Marty) Après pareil orage de tous les diables, qui pourrait s’y

414
trouver.

Le voyant sceptique, il lui demande :

DOC
Qu’est-ce qu’il y a, Marty?

Regardant tout autour, il lui dit :

MARTY
C’est drôle, mais moi j’ai comme le pressentiment qu’on nous
observe, Doc.

Doc lui lance en riant :

DOC
Pas des histoires de loups-garous j’espère!

MARTY
C’est ça Doc, vous pouvez toujours vous moquez de moi.

Verne, le voyant faire cette tête lui dit :

VERNE
(à Marty) Dans le fond, quand on y pense, c’est vrai. Qui à part
nous pourrait se trouver ici après un pareil orage de tous les dia-
bles, hein.

MARTY
(à Verne) Bof! Tu as bien raison, Verne. Je me casse la tête pour
rien finalement.

Jules leur rappelle :

JULES
(à tous) Hé! ce n’est pas dit qu’en restant planté ici que la chose ne
finira pas par nous arriver non plus. Il faudrait peut-être penser à
foutre le camp, qu’en dites-vous?

415
DOC
(à tous) Il a raison. Ne traînons plus. Montons! Allons chercher les
outils dont j’ai besoin chez moi, et filons à l’ancienne minoterie.

397. INT. AÉROHYDROGLISSEUR.

Tous à bord du véhicule et juste avant de tourner la clé il leur


confie :

DOC
(à tous) L’expérience des voyages spatio-temporels m’a appris que
des retours dans le temps trop souvent répétés à la même époque
sont comme, des retours de flammes dans un incendie, ils pour-
raient finir par nous surprendre et nous détruire.

Il démarre, et partent.

398. EXT. RUE – PROXIMITÉ PARKING – MAGASIN


JCPENNEY

Biff dit, resté pensif, et voulant percer le mystère :

BIFF
(lentement) Tout ça n’est pas normal… il faut que je vois ce qu’il y
a là-dessous.

Puis il part.

399. INT. MINOTERIE – TRAIN ELB

Doc donne les derniers coups de masse sur la bielle de sa loco-


motive et il crie à Jules au poste de commande de la locomotive
volante ELB de la faire avancer pour voir si tout fonctionne bien,
Verne et Marty se contentant de les observer au milieu de tout ce
vacarme :

416
DOC
(à Jules) Vas-y encore une fois Jules!

Jules exécutant l’ordre, les roues tournent et font plus d’un tour
complet. La locomotive avance lentement. Doc exubérant de joie
s’esclaffe, laissant tomber sa masse et regardant Marty :

DOC
(à Marty) Tu as vu! Elle avance de nouveau! C’est le pied!

Marty empruntant son expression lui répond :

MARTY
(content) Ouais! Dans le sac nom de Zeus! Je suis content pour
vous, Doc.

Poursuivant l’opération de vérification il crie à Jules :

DOC
(à Jules) Mets-là en marche arrière à présent!

JULES
5 sur 5! Message reçu mon capitaine!

Jules actionne la marche arrière, elle recule lentement et sort à


l’extérieur.

400. EXT. MINOTERIE – CHEMIN DE FER – TRAIN


ELB

Ayant repris le chemin de fer en ligne droite, Jules l’immobilise,


l’engin ronronnant et rejetant ses vapeurs. L’ouverture de la porte
et le déploiement de l’escalier s’opérant, Verne le premier, monte à
bord, suivi de Doc qui prend les commandes.

401. INT. TRAIN ELB – POSTE CHAUFFEUR

Doc se place sur le bord de la porte à l’intérieur et sort le bras par

417
la fenêtre avec télécommande dans sa main, regarde Marty qui
s’apprête à changer manuellement l’aiguillage et lui dit, – Jules et
Verne à ses côtés, l’écoutant et le regardant :

DOC
Non Marty, ce n’est même plus nécessaire. J’avais prévu cela.

Il ajoute en lui montrant la télécommande qu’il a inventée :

DOC
Regarde!

Pianotant les touches de la télécommande le changement d’aiguil-


lage s’effectue.

402. EXT. BORD CHEMIN DE FER

Marty renversé s’écrie :

MARTY
Wow! Où avez-vous eu ce truc, Doc?

403. INT. TRAIN ELB – POSTE CHAUFFEUR

Doc lui répond, enthousiaste :

DOC
Ce truc est de ma propre invention, Marty. Et il marche!

Il poursuit en lui montrant une grosse boîte métallique fixée sur un


poteau, un terminal de communication pour le réseau ferroviaire,
éclairé par les phares de la locomotive :

DOC
Tu vois cette boîte là-bas, c’est grâce à cela. (en riant) Seule-
ment… j’ai toujours aimé être en avance sur mon temps!

418
404. EXT. BORD CHEMIN DE FER

MARTY
C’est super génial, Doc.

405. INT. TRAIN ELB – POSTE CHAUFFEUR

Doc le salue et tient à le rassurer sur son avenir, – un peu comme à


la fin de RVLF 3 :

DOC
À la prochaine peut-être Marty et ne t’inquiète pas pour moi, ni
pour toi et Jennifer, il n’y aura rien de changé.

Se tournant vers ses fils il leur dit :

DOC
(à Jules et Verne) Les garçons!

Ils le saluent, Jules le premier, Verne le second :

JULES
Salut Marty, j’espère qu’on se reverra!

VERNE
Salut Marty, et n’oublie pas... le futur n’est jamais écrit à l’avance!

406. EXT. BORD CHEMIN DE FER

MARTY
(à Jules et Verne) Salut les garçons, bon retour à la maison et
saluez votre mère et vos grands-parents de ma part!

407. INT. TRAIN ELB – POSTE CHAUFFEUR – FENÊTRE

JULES
Bien sûr, avec le plus grand plaisir Marty.

419
La locomotive volante ELB s’envole et disparaît au milieu du feu
et des éclairs lorsqu’elle atteint les 88 mph. (Page 421)

420
Cette dernière parole dite, Jules et Verne prennent place et Doc
leur dit :

DOC
(à Jules et Verne) Attention les enfants! Heu, je veux dire les gar-
çons… tout droit à Virginia City!

Puis il glisse la vitre de la fenêtre et part.

408. EXT. CHEMIN DE FER

EFFETS SPÉCIAUX — Les roues se mettent à l’horizontale, le


train se soulève par les jets, les ailes sortent, l’engin prend son
accélération, s’envole et disparaît au milieu du feu et des éclairs
lorsqu’il atteint les 88 mph.

Marty resté immobile et songeur entre les deux rails dit :

MARTY
(se parlant) Bon, vaut mieux que je m’enlève avant qu’un train
venant à grande vitesse, et comble de tous les malheurs, me frappe
et me réduise en une belle fricassée. (s’enlevant d’entre les rails)

409. EXT. BORD CHEMIN DE FER

Regardant une dernière fois dans la direction prise par locomotive


volante, il ajoute :

MARTY
Salut Doc… je crois que je vais aller m’amuser, à présent.

Il monte dans l’aérohydroglisseur, démarre, et part.

421
410. EXT. PARKING – INT. AÉROHYDROGLISSEUR

Marty arrive quelques minutes avant leur fulgurant décollage sur le


parking de la Promenade du Pin Solitaire. Il gare l’aérohydroglis-
seur en bordure d’une rue non loin de là. Il revient en courant vers
l’enseigne de la Promenade du Pin Solitaire indiquant 1:57 AM et
il se cache derrière. Puis il se revoit avec Doc, Jules et Verne
monter à bord de l’aérohydroglisseur et partir à 1:59 AM —
EFFETS SPÉCIAUX — Après il retourne en courant vers l’aéro-
hydroglisseur, remonte, démarre, et se rend à la maison de Doc.

411. EXT. MAISON DOC BROWN – CÔTÉ ARRIÈRE –


HANGAR

Il tourne et emprunte la rue avant le restaurant Burger King. Dans


la cour arrière, les portes du hangar déjà ouvertes, il y entre et gare
le véhicule.

412. INT. AÉROHYDROGLISSEUR

Éteignant le réacteur fonctionnant à bas régime et retirant la clé du


contact, il murmure, les deux mains sur le volant, pensif :

MARTY
Voilà Doc… il est garé… j’espère que les choses sont rentrées
dans l’ordre pour vous, Clara, et votre beau-père Wilmor, et que
vous êtes heureux… (FADE OUT)

422
413. EXT. VIRGINIA CITY – RUE – SALOON

EN 1895, À VIRGINIA CITY, tel que convenue, Clara se présente


en face du saloon quelques minutes avant 2 h de l’après-midi en
compagnie de sa mère Béatrice et de son père Wilmor. John-Lee
Cromwell déjà sur place et, la voyant venir avec son père lui lance,
sarcastique, savourant déjà sa victoire et ricanant tout en reluquant
sa montre de poche :

CROMWELL
(à Clara) Hi, hi, hi, eh bien, Madame Brown, vous n’allez pas me
dire que votre mari n’a pas pu être à l’heure parce que son cheval a
perdu un fer, j’espère. Vous m’en verriez navré.

Doc arrive avec ses deux fils et l’interrompt :

DOC
Je suis ici Cromwell, et à l’heure à part ça!

Il marche vers lui, la foule s’écartant pour le laisser passer. Clara


l’apercevant avec Jules et Verne accoure, folle de joie. Elle se jette
dans ses bras et lui dit avec tendresse :

CLARA
Emmett.

DOC
Clara... je t’avais bien dit que je reviendrais.

S’accroupissant elle prend ses fils, les presse contre elle et les em-
brasse chacun leur tour et leur dit :

CLARA
Mes lapins… vous savez que j’étais morte d’inquiétude pour vous.

Pleins de regrets ils lui répondent, Jules le premier, Verne le se-


cond :

423
JULES
Je sais maman, on s’excuse.

VERNE
Nous le regrettons, on ne voulait pas vous faire de la peine.

Doc, très fier d’eux, lui dit :

DOC
(à Clara) Je dois souligner qu’ils ont été tout à fait formidables,
Clara.

Émerveillée, les contemplant, elle leur dit :

CLARA
(à Jules et Verne) C’est vrai...!

Le baron les interrompt et dit à la foule avec sarcasme :

CROMWELL
(à la foule) Quel spectacle attendrissant que de voir une famille qui
se retrouve ensemble, bien que vous conviendrez que ce n’est pas
là l’objet de cette rencontre.

Doc s’avance avec le manuscrit récupéré et lui balance :

DOC
Tout à fait Cromwell! Voici la preuve incontestable tel que promis.
(le montrant à la foule) Un testament olographe datant du XIe siè-
cle, de l’an 1015 plus précisément. Signée de la main de Charles-
Philippe Clayton, duc d’Édimbourg, et muni de son sceau. Il prou-
ve hors de tout doute que ses descendants Wilmor Clayton ainsi
que sa fille Clara, fille unique de ce dernier, sont les véritables hé-
ritiers de son château et de tous les titres s’y rattachant.

Se tournant vers le juge Hodge il le lui remet et complète :

424
DOC
Juge Hodge, si vous vous voulez bien vous donnez la peine d’exa-
miner ce testament.

Grand silence — Le juge l’examine, relevant la tête de temps à


autre, puis s’arrête et leur dit haut et fort :

JUGE HODGE
(à tous) Ce document est authentique!

Une euphorie générale se traduit instantanément par des cris de joie


et des coups feux tirés en l’air. Jules et Verne s’écrient :

JULES ET VERNE
OUAIS!!

Béatrice s’évanouie. Wilmor et Clara l’interpelle :

WILMOR
Béatrice, ça va?

CLARA
Maman, tu n’as rien de cassé j’espère?

L’euphorie générale s’estompant, Cromwell resté impassible, leur


dit :

CROMWELL
(à toute la foule) C’est un faussaire! Puisque je possède depuis
toujours ce manuscrit me venant de mon ancêtre Robert Cromwell,
comte d’Oxford. Il est très facile de nos jours avec les progrès de
l’imprimerie d’en monter un de toutes pièces. Cela ne prouve ab-
solument rien. La réalité est qu’il cherche à soustraire son beau-
père Wilmor du duel qui avoir lieu comme prévu!

Doc riposte :

425
DOC
(à Cromwell) Faussaire toi-même Cromwell! Il faudrait peut-être
que tu nous montres le tien. Là, nous verrons qui est le véritable
faussaire!

C’est l’euphorie générale. La foule lui témoigne sa sympathie par


des cris et des coups de feu tirés en l’air. Puis, le calme revenant, le
juge trouve que le baron n’était pas trop empressé de s’exécuter, et
lui lance, impatient :

JUGE HODGE
(à Cromwell) Eh bien Cromwell, tu nous le montres, ton manus-
crit!

Riant et se moquant d’eux il leur dit :

CROMWELL
(à tous) Mwahahaha! bandes d’ignobles colonisés!

Puis il commande à son valet, sans se retourner et ne prononçant


que la première syllabe de son prénom :

CROMWELL
(à Ludwig) Lud, le manuscrit!

Il le tire du porte-document en lui disant :

LUDWIG
(respectueusement exagéré) Tenez, maître.

Cromwell le remet au juge et lui dit, ricanant de gros rires jugu-


laires, virevoltant et regardant la foule :

CROMWELL
(au juge Hodge) Regardez par vous-même. MWAHAHAHA!
MWAHAHAHA!

N.B. — Doc ayant récupéré le manuscrit en 2135 le futur a été mo-

426
difié et le manuscrit de Cromwell effacé.

Il le prend, le déplie, l’ouvre à la première page, n’y voit aucune


espèce d’écriture. Il passe à la seconde, à la troisième, et ainsi de
suite, levant les yeux et dévisageant Cromwell chaque fois qu’il se
retrouve devant des pages blanches pour finalement lui balancer,
exaspéré :

JUGE HODGE
(à Cromwell) Voilà qu’en plus d’être faussaire, tu es menteur avec
ça! Non mais, tu as un sacré culot, Cromwell…

Il ajoute en le lui brandissant en pleine figure :

JUGE HODGE
Ce ne sont que des pages blanches, pauvre idiot!

Cromwell le réalisant leur dit, confus :

CROMWELL
(à tous) Mais voyons c’est impossible… je l’ai revu il y a deux
jours à peine…

S’arrêtant, virevoltant de tous bords, les yeux en flamme et les


dents serrées, il poursuit en déchirant et lançant au bout de ses bras
les pages de son manuscrit, la foule immobile, le dévisageant, bien
déterminé lui faire payer l’odieux mensonge :

CROMWELL
(à tous) C’est une arnaque… vous vous êtes mis ensemble pour
conspirer contre moi c’est ça hein! (il lance le reste de son ma-
nuscrit qui s’envole et tombe par terre)

Le juge se tourne vers Fred Miller et lui demande avec ironie :

JUGE HODGE
(à Fred Miller) Dis-moi Fred… quel châtiment réserve-t-on au
menteur dans notre pays, te souviens-tu!

427
Il lui répond, ravi :

FRED
(au juge Hodge) Oui, et à qui le dites-vous… Dieu que j’attendais
ce moment depuis longtemps. (aux hommes autour de lui) Venez-
vous autres, il va avoir ce qu’il mérite à présent!

Les deux cow-boys, Will Bennett, le conducteur de la diligence, et


Roof Cashman s’avancent vers le baron et lui disent, avant de
l’empoigner et l’emmener :

WILL
Il y a longtemps que j’attendais ce moment moi aussi.

ROOF
Ouais… et crois-moi que ça va être ta fête, sale loyaliste!

Cromwell se débat et se tourne vers son valet pour le blâmer et le


rouer de coups de canne :

CROMWELL
(à Ludwig) Espèce d’idiot… (le frappant avec sa canne) tout ça est
de ta faute!

Ludwig larmoyant lui répond :

LUDWIG
Voyons baron, je n’y suis pour rien, mais que faites-vous là, ar-
rêtez! Puisque je vous dis que je n’y suis pour rien, arrêtez voyons!

Fred Miller et les deux cow-boys l’emmenant il leur crie :

CROMWELL
(à Fred, Will et Roof) Vous n’avez pas le droit!! Vous allez en
entendre parler!! Je vous poursuivrai en justice!! J’irai voir la reine
s’il le faut!!

Le juge Hodge lui dit, le regardant s’en aller :

428
JUGE HODGE
(à Cromwell) Oh que si, on a le droit, Cromwell…

Jules le premier et Verne le second lui crie :

JULES
Voilà qui est bien fait pour toi, menteur!

VERNE
Oui, tu l’as dit, menteur! (se faisant chacun un clin d’œil ils pouf-
fent de rires ensemble)

Doc regarde sa famille et ses beaux-parents et leur dit :

DOC
Eh bien… on dirait que tout est bien qui finit bien.

Béatrice, revenue à elle et marchant avec eux, rajoute :

BÉATRICE
Oui, et bon débarras!

Elle poursuit, les conviant au repas qu’elle a préparé :

BÉATRICE
Si vous le voulez bien, j’ai au four un bon rôti de bœuf qui a mijoté
toute la nuit…

Reluquant Jules et Verne elle complète en leur disant :

BÉATRICE
(à Jules et Verne) ...avec une grosse tarte aux pommes toute
fraîche!

Tour à tour, sautant de joie, ils lui disent, Jules le premier, Verne le
second :

429
« Hum... mon dessert préféré! Après on jouera au Frisbee. »
(Page 431)

430
JULES
Super! Miam, miam, miam!

VERNE
Hum... mon dessert préféré! Après on jouera au Frisbee.

Rappel — Marty en 1885, à la kermesse, avait saisi un plat à tarte


en métal et l’avait lancé sur la main de Buford Tannen s’apprêtant
à tirer sur Doc. Sur le fond du plat, il y était écrit le mot, Frisbie,
venant de la Frisbie Pie Company qui fabriquait des moules à
tartes. La compagnie Wham-O commercialisa le “Pluto Platter”,
renommé un an plus tard “Frisbee”, une référence à peine voilée à
la Frisbie Pie Company qui avait inspiré la création du jouet.

CLARA
(à tous) Dans ce cas, qu’attendons-nous… allons-y!

Tout en marchant, Jules, curieux de savoir, demande à son grand-


père :

JULES
(à Wilmor) Dites-moi grand-père… quel est ce châtiment qu’ils
vont lui infliger?

WILMOR
Eh bien… deux hommes mandatés par le shérif vont l’accompa-
gner dans le train se rendant à New York. Arrivés là-bas, ils le
mettront sur le pont du premier bateau en partance pour l’Angle-
terre. Ensuite, ils lui passeront la tête et les deux bras dans une
guillotine à tarte sur laquelle il y sera inscrit “escroc”. Après, de-
vant tous les gens et à tour de rôle, chacun sera invité à lui lancer
une tarte à la crème au visage. Rentrant chez lui ainsi… voilà ce
qu’il va recevoir.

Se tournant vers Doc et tout en revoyant le testament olographe il


lui demande, intrigué :

431
WILMOR
(à Doc) OK Emmett… je suis content que tout soit réglé une fois
pour toutes. Seulement voilà, où as-tu trouvé pareil manuscrit? J’ai
cherché longtemps moi-même tu sais et je n’ai jamais pu mettre la
main là-dessus, par Jupiter!

DOC
(surpris) Heu… eh bien… en fait, c’est un bon tuyau que j’ai eu là
vous savez...

Reluquant furtivement Clara, sourire en coin, il complète :

DOC
…un ami à moi que j’ai connu dans le temps m’a aidé à me le pro-
curer.

Ils montent dans la voiture et partent. (FADE OUT)

432
414. INT. MAISON DOC BROWN – CLASSEUR

EN 1985 À HILL VALLEY… À la maison de Doc Brown, Biff


vient de pénétrer par infraction et découvre en fouillant dans le
premier tiroir du classeur un dossier et lit, s’éclairant avec une
torche électrique qu’il tient de son autre main :

BIFF
Le Voyage dans le Temps – Plan du convecteur temporel…

Il reste pensif quelques secondes, ouvre le dossier, regarde tout au-


tour et sort le plan. Puis il le déplie sur la table à dessin et dit,
l’examinant, lisant la première ligne d’une notice, et comprenant
du même coup tout à présent :

BIFF
Le Voyage dans le Temps rendu possible… (s’arrêtant pour réflé-
chir)

Il poursuit, se rappelant ce qui lui était arrivé en 1955 avec la fa-


meuse almanach, 50 ans de résultats sportifs (50 years of Sports
Statistics), que Marty avait finalement réussi à lui enlever dans
RVLF 2 :

BIFF
(se parlant) OK, là je m’y retrouve… Marty en 1955… l’alma-
nach…

S’arrêtant et réalisant la chose il ajoute :

BIFF
(pensif) …Doc Brown et Marty voyage dans le temps…!

415. EXT. RUE – PROXIMITÉ COURTHOUSE SQUARE

Marty s’amène en courant vers le lycée. Il entend un tintamarre


venant de l’endroit où il a abandonné le pick-up GMC de Peabody
dans une petite rue près du carré de l’hôtel de ville. Il s’arrête

433
quelques secondes puis, vivement intrigué, décide de s’y rendre.
En passant devant l’hôtel de ville il voit que la grande horloge
indique 2:27 AM. En arrivant sur les lieux, il voit tout ce boucan
autour de la camionnette du fermier avec des voitures de police et
leurs sirènes qui n’en finissaient plus de retentir. Il y a des gens de
la presse écrite, entre autres du Dailey News, ainsi que les grandes
chaînes de télévision américaines, des représentants du Pentagone
enquêtant avec plusieurs unités de la force spéciale se déployant, et
des membres du Centre d’études des ovnis CUFOS (The Center
for Unidentified Flying Object Studies), expliquant et défendant
l’existence d’extraterrestres. En entendant la voix du reporter ainsi
que celle de Sherman Peabody, 38, fils du fermier, qui a plus que
mordu à sa farce, il s’arrête et observe, le REPORTER TV disant,
micro à la main, face à la caméra :

REPORTER TV
Je me trouve présentement dans la petite ville de Hill Valley en
Californie, où une fête de l’Halloween jusqu’ici sans problème
s’est transformée en un véritable cauchemar. Des personnes qui y
habitent depuis longtemps affirment en effet, que des mutants
venus d’une autre galaxie y auraient débarqué ce soir et se
prépareraient à envahir notre planète en se dissimulant derrière des
copies conformes de chacun d’entre nous. L’un d’eux, monsieur
Sherman Peabody, le premier à avoir alerté les autorités de la chose
déclare à qui veut l’entendre que ceux-ci auraient même volé la
camionnette de son père il y a de cela environ trois heures et
l’auraient ensuite abandonné juste ici, derrière moi.

Il tend le micro à Sherman Peabody et lui demande :

REPORTER TV
(à Sherman) Monsieur Peabody, qu’avez-vous à dire à la popu-
lation?

SHERMAN leur dit haut et fort, son fils Salomon, 13, à ses côtés
l’accompagnant et l’écoutant :

434
SHERMAN
Les mutants sont de retour. Ils ont volé le pick-up de mon père. Ils
sont maintenant ici dans cette ville et se préparent à nous envahir.
Je n’ai qu’une chose à dire aux gens, il y a trente ans un de ces
êtres venu de l’espace avait atterri sur notre ferme en saccageant la
grange. Mais on ne sait pas laisser faire. Mon père les a chassé à
coup de gros calibre. Cependant, voyez ce que j’ai trouvé d’écrit
sur le mur intérieur du hangar abritant le pick-up de mon père…
(s’arrêtant il montre l’inscription laissée par Marty à la caméra)

NOUS SOMMES DE RETOUR.

LES MUTANTS

Puis il ajoute :

SHERMAN
Alors qu’on se le dise… maintenant ils sont revenus pour s’empa-
rer de notre bonne vieille Terre!

Le reporter TV enchaîne, tout en s’éloignant de Sherman et donc,


graduellement de plus en plus faiblement pour ne plus l’entendre :

REPORTER TV
Quoiqu’il en soit, le Pentagone a déjà dépêché une équipe d’expert
sur place ainsi que plusieurs unités de la force spéciale, prêts à in-
tervenir…

Marty s’exclaffe :

MARTY
(se parlant) Non mais tu parles… je ne croyais pas que cette
blague prendrait une telle ampleur médiatique.

416. EXT. RUE – AUTOPATROUILLE

Il voit l’autopatrouille du sergent Fielmans emmenant Needles me-


notté dans sa voiture, qui hurle à travers la vitre baissée de la por-

435
tière, hystérique :

NEEDLES
(À tous) Hé!! Sherman a raison!! Il faut arrêter ce savant fou d’Em-
mett Brown!! Il doit être complice avec eux!! Il a un double de lui-
même!!

Le sergent Fielmans outré, lui ordonne :

SERGENT FIELMANS
Non mais tu vas te rentrer la tête et te taire!! Sinon je te donne un
bon coup matraque!! Tu entends ce que je te dis!!

417. EXT. TROTTOIR – LAMPADAIRE –


COURTHOUSE SQUARE

Le directeur de son lycée, Gerald Strickland, sous un lampadaire,


lit au milieu de tout ce vacarme. Piqué de curiosité, Marty s’appro-
che par derrière et le surprend plongé dans le best-seller de son pè-
re, le roman A Match Made In Space, et lui lance, moqueur :

MARTY
(à Strickland le directeur) Pas mal le gars, hein.

LE DIRECTEUR STRICKLAND se retourne et réplique en bran-


dissant le livre :

LE DIRECTEUR STRICKLAND
(brandissant le livre) Seulement que des stupidités!

Souriant et détendu Marty lui dit :

MARTY
En tout cas, à vous voir plongé dedans tout à l’heure…

Le directeur, piqué au vif, se place nez à nez avec lui et dit :

436
LE DIRECTEUR STRICKLAND
C’est que je trouve ça très bizarre, McFly. Parce qu’il y a à peine
une semaine, rien ne laissait présager une telle chose.

MARTY
(nez à nez - droit dans les yeux) Oh, mais c’est vilain ça… on s’at-
triste du bonheur des autres et on s’entiche de plus être le petit
premier de la classe, monsieur Strickland. Je vous l’avais bien dit
qu’un jour… l’histoire… elle allait changée.

Puis il repart en direction du lycée rejoindre Jennifer et murmure


en riant, le directeur se contentant de le regarder s’en aller sans rien
n’ajouter :

MARTY
(en riant) Non mais… ce qu’il peut être mauvais perdant celui-là.

418. EXT. LYCÉE – PORTIQUE

Disco gymnase du lycée : musique Drowning man du groupe U2.

N.B. — Biff a passé avec le carrosse de Cendrillon et le bel atte-


lage de chevaux blancs à l’heure où Doc a programmé leur retour
en 1985 et s’est arrêté au moment de l’arrivée de l’aérohydroglis-
seur sur le parking de la Promenade du Pin Solitaire et ne s’est
pas présenté comme prévu au bal, mais a plutôt choisi d’aller à la
maison de Doc pour découvrir ce qui se cache derrière ce qu’il a
vu. Par conséquent, Jennifer n’a pas pu se soûler.

Marty arrive sous la pièce musicale Drowning man de U2 se ré-


percutant jusqu’à l’extérieur, les portes du lycée étant toutes gran-
des ouvertes et la fête battant son plein. Il aperçoit Jennifer se
promenant de long en large sous le portique en faisant tourner son
ombrelle sur son épaule à grand coup, visiblement impatiente. Elle
s’arrête, silencieuse, le regardant venir vers elle. Confus, n’y com-
prenant plus rien, mais n’ayant plus le choix de faire face à la
situation, il lui bégaye :

437
MARTY
(confus) Mais qu-que se passe-t-il? Où est Biff? Il devrait déjà être
ici avec le-le carrosse de Cendrillon que je lui avais commandé.

Rubiconde de colère, elle éclate et lui balance :

JENNIFER
Le carrosse de Cendrillon mon œil!! Non mais, tu rêves encore
Marty!! Ça doit faire plus de deux heures que je t’attends et c’est
tout ce que tu trouves à me dire!!

Il murmure à voix basse :

MARTY
(se parlant à voix basse) Elle n’est plus soûle… le futur a dû être
modifié par quelque chose… mais quoi?

Elle reprend, survoltée :

JENNIFER
Hé, mais tu dis quoi encore là Marty, hein!

Il s’empresse de s’excuser et lui explique :

MARTY
OK, c’est vrai, je suis en retard, je m’excuse, j’ai bousillé la trans-
mission de mon 4x4 en voulant prendre un raccourci dans les bois
près de la Glenn quarry. Enfin, c’est pour ça. Je suis vraiment
désolé, Jennifer. Tout a été de travers pour moi aujourd’hui. À
commencer par ce cauchemar que j’ai fait la nuit dernière…

S’approchant d’elle et se faisant plus romantique il complète :

MARTY
…où j’ai cru même, que j’allais te perdre à jamais.

JENNIFER
(lentement avec douceur) C’est vrai ce que tu me dis là, Marty.

438
La fixant tendrement droit dans les yeux il répond :

MARTY
(lentement avec douceur) C’est la vérité, Jennifer. (l’embrassant)

N.B. — Jennifer ne sait pas que Biff s’est rendu à la maison de Doc
au lieu de venir au bal. Même chose pour Marty.)

Jennifer reconquise, tire un trait, oublie tout, et lui dit, pétillante,


sourire et joie de vivre retrouvé :

JENNIFER
OK, oublions tout ça et profitons des quelques instants qu’ils nous
restent pour danser et s’amuser un peu. Pour Biff et le carrosse, ce
n’est pas grave. Il a dû renoncer de venir à cause de l’orage.

Elle ajoute, invitante :

JENNIFER
Qu’en pensez-vous, messire McFly.

MARTY
Alors là, 100% d’accord avec toi, Jennifer.

Ils entrent à l’intérieur du lycée en se tenant par la main.

419. INT. LYCÉE – GYMNASE – DISCO

Disco gymnase du lycée : musique It’s A Heartache de Bonnie


Tylor.

Arrivés dans le gymnase transformé en une disco magnifiquement


décorée en raison du bal de l’Halloween sur la musique It’s A
Heartache de Bonnie Tylor et sous les jets de fumée enivrant et les
jeux de lumières des stroboscopes ils se joignent aux autres dan-
seurs costumés sur la piste de danse.

439
N.B. — Ce scénario peut être réalisé en supprimant une grande
partie de l’histoire se déroulant au Far West en 1895 pour en faire
une Partie IV avec possibilité d’une Partie V ou encore en une
Partie IV et V avec possibilité d’une Partie VI. D’autres options
existent. Dans le cas d’une Trilogie II RVLF Partie IV, V, et VI,
une tétralogie RVLF avec une Partie VII est possible. Pour le
moment, je laisse la Partie VI avec la possibilité d’une Partie VII.

420. EXT. NEW YORK – BATEAU – PONT

EN 1895 À NEW YORK sur un bateau en partance pour


l’Angleterre, le baron John-Lee Cromwell sur le pont, tête et mains
dans une guillotine à tarte, reçoit son juste châtiment et dit,
ruminant sa vengeance, la figure pleine de tarte à la crème :

CROMWELL
Vous me le pairez!

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