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KARIM AARAB

Docteur en droit des affaires


Professeur HDR - Responsable du Master Fiscalité Appliquée
Membre de la commission scientifique

SEMINAIRE - DROIT DES SOCIETES

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L’objet du présent fascicule est, sans trop entrer dans les détails et particularités,
d’exposer un aperçu des principales règles que l’on doit observer en matière de droit des
sociétés.

Il est fortement recommandé aux étudiants de se reporter à la lecture des textes de lois
et codes chaque fois que la référence y est indiquée, ainsi que des ouvrages figurant dans
la liste bibliographique.

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BIBLIOGRAPHIE

TEXTES DE LOIS ET CODES

 Loi n° 17-95 relative aux sociétés anonymes, Dahir n° 1-96-124 du 30 aout 1996 ;
Dahir n° 1-08-18 du 23 mai 2008 ; Dahir n° 1-97-65 du 12 février 1997, 3e édition,
Legis Plus, 2012. (Loi n° 78-12 relatif aux sociétés anonymes (SA), visant à simplifier
les procédures relatives à la création de cette catégorie de sociétés.

 Loi n° 5- 96 sur la S.A.R.L., SNC, SCS, SCA, SP, Dahir n° 1-97-49 du 13 février
1997 ; Dahir n° 1-06-21 du 14 février 2006 ; Dahir n° 1-11-39 du 2 juin 2011
promulguant la loi n° 24-10 modifiant et complétant la loi n° 5-96, 4e édition, Legis
Plus, 2011.

 Code de Commerce, Dahir n° 1-96-83 du 1er aout 1996 ; Dahir n° 1-97-65 du 12


février 1997 ; Dahir n° 1-06-170 du 22 novembre 2006, Collection Savoir juridique
pour tous, Edition Dar Al Inma Attaquafi, 2010.

 Code des Obligations et des Contrats incluant les dernières modifications introduites
par la loi n° 53.05 relative à l’échange électronique de données juridiques, Collection
Savoir juridique pour tous, Edition Dal Al Inma Attaquafi, 2011.

 Loi 53 – 00 formant charte de la petite et moyenne entreprise

OUVRAGES DE DROIT MAROCAIN

 Sociétés Commerciales, Memento juridique et fiscal, Collection Fiscus, 2009

 Droit pénal des sociétés au Maroc, Rachid Lazrak, EL Maarif EL JADIDA 1998

 La société Anonyme en droit Marocain, Maria BAHNINI, Headeline, 1998

 Droit civil, Droit des obligations, Saâd MOUMMI, Edition EL BADII, 2000

 Droit civil, volume 1, le contrat, O. AZZIMAN, Edition le Fennec, Casa, 1995

 Théorie générale des obligations à la lumière du D.O.C., M. El KOUZBARI, Casa,


1999

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OUVRAGES DE DROIT FRANÇAIS

 Droit des sociétés, Maurice Cozian, Edition Lexis Nexis, 24e Edition, 2012.

 Droit des sociétés, Bruno Dondero, Edition Dalloz, 2e Edition, 2011.

 Droit des obligations, Stéphanie Porchy-Simon, Edition Dalloz, 6e Edition, 2011.

 Droit des contrats, Christophe Lachièze, Edition Ellopses, 3e Edition, 2012.

RECUEILS ET REVUES

 Recueil des arrêts de la Cour d’Appel de Rabat

 Recueil des arrêts de la Cour Suprême

 Les revues : Al Mouhamat, Al Ichaâ, la gazette des tribunaux du Maroc (G.T.M.), la


Revue de la jurisprudence de la Cour suprême, La revue marocaine de droit (R.M.D.).

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LE CONTRAT DE SOCIETE

Comme tout contrat, le contrat de société doit en premier lieu répondre aux conditions
générales de validité du contrat (Titre I). La société doit remplir par ailleurs des conditions
propres, qui en font un contrat distinct des autres contrats (Titre II).

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Titre I – LE DROIT COMMUN DES SOCIETES

I - Le contrat de société

A – Les conditions générales du contrat de société

1 – Les conditions de fond

Les contrats doivent respecter quatre conditions pour être valablement formés (art. 2 D.O.C.).

Ces conditions sont relatives au consentement de la partie qui s’engage, à sa capacité de


contracter, à l’objet du contrat et à la cause de l’engagement des parties.

Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, la sanction est la nullité du contrat.

a) Le consentement (art. 46 à 51 du D.O.C.)

Le consentement est un accord de deux volontés, au moins, en vue de faire naître une
obligation ou, plus généralement, en vue de produire un effet de droit. Sans un consentement
ainsi caractérisé, nul contrat ne peut se former valablement.

Il doit exister lors de la conclusion du contrat, mais aussi être libre et éclairé.

Le consentement est libre lorsqu’il n’est pas obtenu par violence.

Le consentement est éclairé lorsqu’il n’est obtenu ni par erreur (art. 41 D.O.C.) ni par dol
c’est-à-dire tromperie (art. 52 et 53 D.O.C.).

La violence, l’erreur et le dol sont des vices du consentement.

Lorsqu’il est obtenu par violence, erreur ou dol le consentement est vicié et donc le contrat
encourt la nullité.

La violence consiste en l’emploi de menaces à l’égard d’un individu dans le but de l’intimider
et l’inciter à donner son consentement à un acte. Elle peut être physique ou morale.

L’erreur est le fait de se méprendre sur la réalité. Il existe différents types d’erreurs:
l’erreur sur la nature du contrat, l’erreur sur l’identité de la chose, l’erreur sur
la substance c’est-à-dire la matière dont la chose est faite, l’erreur sur la personne avec
laquelle un individu contracte et l’erreur sur la cause de l’engagement du contractant.

Le dol désigne toute manœuvre frauduleuse employée pour tromper le contractant et ainsi le
déterminer à consentir un acte. Le fait de garder le silence sur un élément essentiel du contrat
pour celui qui s’engage est considéré comme une manœuvre frauduleuse, plus précisément
une réticence dolosive.

b) La capacité (art. 3 D.O.C)


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La capacité est la qualité d’une personne qui est en état de comprendre, de faire.

L’article 3 DOC pose le principe en des termes très clairs : « Toute personne est capable
d’obliger et de s’obliger si elle n’en est déclarée incapable par cette loi», il apparaît ainsi très
nettement que l’incapacité est l’exception.

Pour qu’un contrat soit valablement formé, les parties qui donnent leur consentement doivent
être dotées de la capacité de contracter. Cela signifie qu’aucune décision de justice leur
interdisant d’accomplir des actes juridiques en tout ou partie ne doit exister à leur encontre.

L’incapacité peut frapper autant les mineurs que les majeurs.

Certaines personnes peuvent être frappées d'incapacité, d'interdiction ou de déchéance :


Les majeurs protégés sont les individus majeurs qui sont classés sous tutelle ou sous curatelle
Les interdictions et les déchéances sont des sanctions prononcées par le tribunal

c) L’objet (art. 57 et s. du D.O.C.).

L’objet du contrat fait référence à la chose due en exécution du contrat ainsi qu’à la prestation
due par les parties lors de la conclusion du contrat.

Cette prestation consiste soit en une obligation de faire, soit en une obligation de ne pas faire
ou soit en une obligation de donner quelque chose. Ces obligations constituent l’objet de
l’obligation des parties.

L’objet est l’une des conditions de validité du contrat.

L’objet de l’obligation doit exister lors de la conclusion du contrat. Il doit être déterminé
précisément ou déterminable à partir d’éléments contenus dans le contrat. Il doit être
licite, sachant que seuls les objets qui sont dans le commerce juridique constituent des objets
licites.

Enfin, tout contrat doit comporter un objet moral c’est-à-dire conforme à l’ordre public et aux
bonnes mœurs.

d) La cause (art. 62 et 65 du D.O.C.)

La cause correspond aux motifs qui ont déterminé les parties à s’engager. Elle détermine
pourquoi les parties ont contracté.

La cause est un élément de validité des contrats. Elle s’apprécie donc lors de la formation du
contrat. Comme l’objet, la cause doit être licite et morale.

2 – La pluralité d’associés

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Par définition, un contrat suppose la présence de deux parties, voire plus, alors que l’acte
juridique qui n’est l’œuvre que d’une seule volonté est unilatéral. Cette règle vaut en principe
pour toute société, notamment lors de sa création. Pourtant le principe souffre une atténuation
et une exception.

D’une part, en cours de vie sociale, la société peut survivre momentanément alors que toutes
les parts sociales seraient concentrées dans les mains d’un seul. D’autre part, il existe le cas
particulier de la société unipersonnelle.

B – Les conditions spécifiques du contrat de société

1 – La mise en commun d’apports

L’apport en société est un élément essentiel du contrat de société, sans lequel cette dernière ne
pourrait être valablement constituée.

Par l’acte d’apport, les associés manifestent leur volonté d’œuvrer ensemble et rendent
possible l’accomplissement du but intéressé de la société. En outre, les apports donnent la
mesure du capital social, instrument essentiel du fonctionnement de la société.

Il existe néanmoins différentes catégories d’apports :

- L’apport en numéraire

C’est l’apport que l’associé réalise par le versement d la somme à laquelle il


s’est engagé. En contrepartie de son apport, l’associé reçoit des droits sociaux
(actions, parts sociales)

- L’apport en nature

Il consiste en tout bien attribué à la société, autre qu’une somme d’argent,


susceptible d’une évaluation pécuniaire et pouvant être exploité
commercialement (biens immobiliers ou mobiliers, fonds de commerce…).

- L’apport en industrie

L’apport en industrie est en premier lieu un apport en travail. C’est l’apport par
un individu de son activité, de sa compétence, de son expérience
professionnelle.

2 – La participation aux résultats

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La loi exige que les associés participent tous aux résultats, c’est-à-dire aux profits et aux
pertes.

La participation aux résultats consiste soit à partager les bénéfices résultant de l’exploitation,
soit à réaliser des économies, soit à contribuer aux pertes éventuelles.

 Le partage des bénéfices :

La recherche de bénéfices, afin de le partager, est l’objectif assigné à toute


société. Tel est le but de la société, qui a toujours permis de la distinguer
d’autres groupements.

 La réalisation d’économies :

Désormais, doivent être considérées comme sociétés, non seulement les


groupements ayant pour fin la réalisation et le partage des bénéfices, mais
encore ceux qui cherchent à réaliser une économie en commun.

 La contribution aux pertes :

En contrepartie de leur participation aux bénéfices, ou à l’économie réalisée,


les associés s’engagent à contribuer aux pertes.

3 – La volonté de s’associer

Supposant que plusieurs personnes aient convenu chacune d’effectuer un apport dans
l’intention de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter, le
contrat conclu ne sera un contrat de société que si tous les contractants ont, en outre,
l’intention de s’associer. Cette intention prend le nom d’affectio societatis. Bien qu’elle ne
soit pas formellement exigée, elle constitue le troisième élément caractéristique du contrat de
société.

II - La personnalité morale de la société (art 2 de la loi n° 5- 96)

A – La constitution de la société

La loi précise que les sociétés jouissent de la personnalité morale à dater de leur
immatriculation au Registre du commerce. En précisant le moment où la société acquiert la
personnalité morale, le législateur a donc levé l’incertitude quant aux conditions de
l’acquisition de la personnalité morale. Il a en revanche soulevé la question du statut de la
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société en formation à laquelle un sort particulier doit être réservé. Il conviendra enfin
d’étudier quels sont les effets attachés à l’acquisition de la personnalité morale.

1 – L’acquisition de la personnalité morale

Outre les conditions attachées à l’existence du contrat de société, la future société doit obéir à
certaines formalités pour être constituée.

Les formalités nécessaires à l’obtention de la personnalité morale pour les sociétés se


justifient par un souci de protection des associés comme des tiers. D’une part, les associés qui
entrent dans la société en cours de vie sociale doivent pouvoir connaître leurs droits et leurs
obligations bien après la fondation de la société. D’autre part, les tiers qui traiteront avec la
société doivent pouvoir à tout moment se renseigner sur les particularités de la société avec
laquelle ils contractent.

Ces formalités sont communes aux sociétés civiles et commerciales. Il revient aux fondateurs
de la société de procéder à ces formalités de constitution, sous peine d’engager leur
responsabilité. La rédaction des statuts constituant l’élément central de ces formalités, il est
possible de distinguer deux étapes dans leur déroulement :

- les formalités préalables à la signature des statuts : la rédaction et la signature des


statuts

- les formalités qui lui sont postérieures : Enregistrement et dépôt au greffe,


immatriculation au registre du commerce, publicité.

2 - Le statut de la société en formation

D’un côté, la société en formation est une société régulièrement constituée ou en phasse de
l’être. Mais, d’un autre, elle n’est pas encore immatriculée et n’a donc pas acquis la
personnalité morale.

La société en formation est donc une société en devenir, elle suppose la volonté de créer une
société.

La plus grande difficulté tient au fait qu’aucune disposition législative ne fixe la durée de la
période de formation. D’une part, le début de cette période remonte habituellement à la
signature des statuts. D’autre part, s’il ne fait aucun doute que la période de formation
s’achève avec l’immatriculation de la société au Registre du commerce, encore faut-il que
cette immatriculation ne se fasse pas in extremis.

Il résulte du silence du législateur qu’une société peut rester en formation pour une durée très
longue sans encourir aucune sanction. Il convient donc de s’interroger sur le sort des actes
accomplis pendant cette période de formation.

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La loi prévoit donc que les personnes qui ont agi au nom de la société en formation avant son
immatriculation sont tenues responsables personnellement des actes ainsi accomplis », « la
société régulièrement immatriculée peut reprendre les engagements souscrits, qui sont alors
réputés avoir été dès l’origine contractés par celle-ci.
En l’absence de reprise, s’applique le principe de la responsabilité personnelle des personnes
qui ont agi au nom de la société en formation.

3 – Les effets de la personnalité morale

Une fois la société régulièrement constituée, la société acquiert la personnalité juridique qui a
pour effet d’accorder à la société un certain nombre d’attributs et de responsabilités.

a) Les attributs de la société

Les attributs extrapatrimoniaux : ils permettent d’individualiser la société et s’opère par


l’attribution d’un non (la dénomination sociale), d’un domicile (le siège social), d’une
nationalité. Il existe en outre un critère propre aux sociétés : leur qualité, civile ou
commerciale.

Les attributs patrimoniaux :

 le patrimoine social, qui est distinct de celui des associés, et, qui se compose
des biens apportés à la société lors de sa constitution et des biens acquis
postérieurement.
 Les capitaux propres qui représentent la véritable valeur de la société. Ils
comprennent le montant du capital social, les réserves ou les pertes de la
société.

b) La responsabilité de la société

La responsabilité civile de la personne morale :

Sur le plan civil, la société encourt une responsabilité de droit commun de nature contractuelle
comme délictuelle. Il est possible d’agir directement contre la société sans avoir à mettre en
cause la personne qui est intervenue dans la réalisation du dommage, dirigeant ou préposé.

La responsabilité pénale de la personne morale :

Aux termes de l’article 127 du code pénal marocain les personnes morales ne peuvent être
condamnées qu'à des peines pécuniaires et aux peines accessoires prévues sous les numéros 5,
6, 7 de l'article 36, elles peuvent être soumises aux mesures de suretés de l'article 62. Il
convient de préciser que le code pénal de 1962 était novateur en ce qu'il posait le principe de
la responsabilité pénale des personnes morales et ce bien avant le code pénal français. En effet
ce dernier ne l'a admis que trente ans après, avec la loi du 22 juillet 1992.
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En droit français les personnes morales sont responsables pénalement des infractions
commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants. La responsabilité des
personne morales n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes
faits.

B – L’organisation interne de la société

L’organisation interne des sociétés traduit un équilibre fragile entre les associés, l’organe de
gestion et l’organe de contrôle.

1 – Les associés

La notion d’associé se définit à partir de deux critères : la réalisation d’un apport et la


participation à la vie sociale. L’associé ne se voit pas reconnaître un véritable statut, mais il
dispose d’un certain nombre de droits individuels. Ces droits peuvent, le cas échéant, être
réduits mais ne peuvent être supprimés sans son consentement.

La loi n’a précisé ni le domaine ni l’étendue de ces droits. La détermination de ces droits
individuels est donc élaborée au cas par cas à l’occasion soit d’une clause de statuts, soit
d’une décision prise en assemblée générale.

Le domaine des droits individuels de l’associé comporte :

- le droit de participer à la vie sociale : droit à l’information, droit de vote, droit aux
dividendes.

- le droit au maintien de la qualité d’associé : il ne peut pas être privé malgré lui de sa
qualité d’associé dès lors qu’il a rempli ses obligations mais il se voit aussi
reconnaitre le droit de rester associé sans que ses engagements puissent être
augmentés sans son consentement.

- le droit de céder ses titres : les droits sociaux, parts sociales ou actions, ont une
valeur vénale et font partie du patrimoine de l’associé. La cession de droits sociaux
reste une convention privée entre deux personnes. On en déduit que le droit de céder
ses droits sociaux constitue l’un des droits fondamentaux de tout associé.

2 – L’organe de gestion

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Toute société est dotée d’un organe de gestion dont les membres sont les dirigeants de la
société. Ils détiennent leurs pouvoirs propres de la loi et ont vu le domaine de ces pouvoirs
largement étendu.

a) Les pouvoirs des dirigeants

Les dirigeants sociaux ont pour mission d’agir, en toutes circonstances, dans l’intérêt de la
société. En cas contraire, les dirigeants engageraient leur responsabilité pour faute.

Dans les rapports internes, les dirigeants sociaux peuvent effectuer, vis-à-vis des associés,
tous actes de gestion, ce qui exclut toute compétence que la loi attribue de manière exclusive
à un autre organe social. Tel est le cas de la répartition annuelle des dividendes et de
l’approbation des comptes que la loi réserve à la seule assemblée des associés ou des
actionnaires.

Concernant les rapports avec les tiers, une distinction s’impose. Alors que la limite des
pouvoirs des dirigeants est traditionnellement constituée par l’objet social et le reste dans les
sociétés à responsabilité illimité, une extension des pouvoirs a, à l’inverse, été réalisé dans les
sociétés à responsabilité limitée.

b) La responsabilité des dirigeants

- Responsabilité civile : la responsabilité du dirigeant sera engagée s'il est


prouvé qu'il a commis une faute source pour l'entreprise ou les tiers d'un
préjudice réparable.

Si plusieurs dirigeants ont participé à l'infraction, leur responsabilité solidaire


sera engagée. Le tribunal déterminera la part contributive de chacun dans la
réparation du dommage.

- Responsabilité pénale : une personne morale (société civile ou commerciale,


association, GIE, etc.) peut être condamnée pénalement lorsqu'une infraction a
été commise pour son compte par l'un de ses organes de direction ou par toute
personne au titre d'une délégation de pouvoir.

- Responsabilité fiscale : la responsabilité du dirigeant sera engagée si par


exemple lorsque le recouvrement des impositions de toute nature et des
pénalités fiscales due par la société a été rendu impossible par des manœuvres
frauduleuses (organisation intentionnelle de l'insolvabilité de la société:
détournement de l'actif, distribution de dividendes fictifs…) ou l'inobservation
répétée des diverses obligations fiscales (un manquement isolé ne suffit pas: le
défaut de déclaration pour un seul exercice), le ou les gérants, peuvent être
rendus solidairement responsables avec cette société du paiement des
impositions et pénalités

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3 – L’organe de contrôle

L’article 159 de la loi 17 – 95 stipule que dans chaque société, il doit être nommé un ou
plusieurs commissaires aux comptes, chargés de contrôler et surveiller les comptes sociaux

En effet, l’entreprise tout au long de son existence est censée rendre des comptes, elle est ainsi
amenée à produire un certain nombre d’informations répondant aux diverses préoccupations
qu’elle suscite. Il ne s’agit pas de vérifier l’exhaustivité des opérations mais de définir, de par
sa connaissance de l’entreprise et de l’environnement de contrôle interne, la nature et l’étendu
des diligences à mettre en œuvre lors de la vérification des comptes à la date de clôture.

La nature légale du commissariat aux comptes est toujours liée aux réglementations en
vigueur, leurs définitions, leurs missions et leurs interprétations. La loi 17-95 qui régit les
sociétés anonymes a prévu les dispositions légales relatives au commissariat aux comptes. Il
reste à préciser que le commissariat aux comptes n’a jamais fait l’objet d’une réglementation
à part, il est toujours intégré dans les dispositions des différentes lois relatives aux sociétés et
de la loi réglementant la profession d’expert-comptable au Maroc (loi 15-89). La loi 17-95
peut être considérée comme l’unique réglementation réelle marocaine en matière de
commissariat aux comptes

C – Les restructurations de sociétés

Afin de s’adapter à l’environnement économique, les structures sociétaires doivent pouvoir


elles-mêmes évoluer souplement.

1 – La transformation de la société

C’est l’opération par laquelle la société change de forme juridique, sans que sa personnalité
morale en soit modifiée. Elle rend nécessaire une modification statutaire et doit faire l’objet
de mesures de publicité avec dépôt au Greffe de la décision de transformation.

La transformation régulière d’une société, grâce au maintien de la personnalité morale, aura


des effets limités de point de vue juridique (maintien des droits et obligations contractés par la
société). Les nouveaux droits des associés prennent effet à partir de la date de transformation.
De plus, cette transformation ne doit pas atteindre les droits des créanciers sociaux antérieurs.

2 – La concentration des sociétés

L’efficacité économique et l’ouverture des marchés poussent les entreprises à la


concentration. Une opération de concentration est réalisée grâce à des procédures juridiques
qui reposent toutes sur les mêmes techniques : la fusion, la scission, l’apport partiel d’actifs.

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La fusion est le regroupement de deux ou plusieurs sociétés indépendantes en une société
nouvelle réunissant les biens sociaux des sociétés d'origine. (On distingue la fusion, la
scission, la fusion-absorption et la fusion-scission.)

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Titre II – LE DROIT SPECIAL DES SOCIETES

I – Les sociétés de personnes

A – La société civile

La société civile est de loin la forme la plus répandue. Son régime juridique, très souple est
règlementé en tant que contrat qui donne naissance à la personne morale dotée de la
personnalité juridique dès que les conditions nécessaires à sa formation sont réunies. Par
contre la naissance de la personne morale des sociétés commerciales résulte de leur
immatriculation au registre du commerce.

B – La société en nom collectif (art 3 et S de la loi 5-96)

1 - La constitution de la SNC

La société en nom collectif est constituée d’au moins deux associés. Les associés ont tous la
qualité de commerçants et répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales.

La société en nom collectif est désignée par une dénomination sociale, à laquelle peut être
incorporé le nom d’un ou plusieurs associés, et qui doit être précédée ou suivie
immédiatement de la mention « Société en nom collectif ».

2 - Le fonctionnement de la SNC

Tous les associés sont gérants, sauf stipulation contraire des statuts qui peuvent désigner un
ou plusieurs gérants associés ou non, ou en prévoir la désignation par acte ultérieur.

La révocation des gérants ne peut être décidée qu’à l’unanimité des associés. Cette révocation
entraîne la dissolution de la société, à moins que sa continuation ne soit prévue par les statuts
ou que les autres associés ne la décident à l’unanimité.

Les associés peuvent nommer à la majorité des associés, un ou plusieurs commissaires aux
comptes. Cependant, les sociétés dont le chiffre d’affaires à la clôture de l’exercice social
dépasse le montant de 50 millions de DH, sont tenues de désigner un commissaire au moins.

Les parts sociales dans la SNC sont nominatives et ne peuvent être cédées qu’avec le
consentement de tous les associés.

3 - Dissolution de la SNC

La société prend fin par le décès de l’un des associés sauf s’il a été stipulé que la société
continuerait, soit avec les associés seulement, soit avec un ou plusieurs héritiers, ou toute
autre personne désignée par les statuts.
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C – La société en commandite simple (art 20 et s de loi 5-96)

1 – La constitution de la SCS

La société en commandite simple est constituée d’associés commandités et d’associés


commanditaires. Elle est désignée par une dénomination sociale à laquelle peut être incorporé
le nom d’un ou plusieurs associés commandités et qui doit être précédée ou suivie
immédiatement de la mention « Société en commandite simple ».

Les dispositions relatives aux sociétés en nom collectif sont applicables aux sociétés en
commandite simple (sous réserve des règles prévues au premier chapitre de la loi sur les
sociétés en commandite simple).

2 – Le fonctionnement de la SCS

Les Commandités :

Les associés commandités sont tenus indéfiniment et solidairement des dettes sociales.

Les Commanditaires :

Les associés commanditaires répondent des dettes sociales seulement à concurrence de leur
apport. Celui-ci ne peut être un apport en industrie.
L’associé commanditaire ne peut faire aucun acte de gestion engageant la société vis à vis des
tiers, même en vertu d’une procuration .Toute modification des statuts est décidée avec le
consentement de tous les commandités et de la majorité en nombre et en capital des
commanditaires.
La société continue malgré le décès d’un commanditaire.

3 – La dissolution de la SCS

La société continue malgré le décès d’un commanditaire. S’il est stipulé que malgré le décès
de l’un des commandité la société continue avec ses héritiers, ceux-ci deviennent
commanditaires lorsqu’ils sont mineurs non émancipés. Si l’associé décédé était le seul
commandité et si ses héritiers sont tous mineurs non émancipés, il doit être procédé à son
remplacement par un nouvel associé ou à la transformation de la société, dans le délai d’un an
à compter du décès. A défaut, la société est dissoute de plein droit à l’expiration de ce délai.

En cas de redressement ou de liquidation judiciaires d’un des associés commandités,


d’interdiction d’exercer une profession commerciale ou d’incapacité frappant l’un des
associés commandités, la société est dissoute, à moins que, s’il existe un ou plusieurs autres
associés commandités, la continuation de la société ne soit prévue par les statuts ou que les
associés ne la décident à la majorité requise pour la modification des statuts.

II – La société à responsabilité limitée

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La société à responsabilité limitée est une société commerciale par la forme. La responsabilité
de chaque associé y est, en principe, limitée au montant de son apport. Les parts sociales, à la
différence des actions, ne sont pas librement cessibles. La société à responsabilité limitée
s’avère donc particulièrement adaptée pour les petites et moyennes entreprises.

A - La constitution de la SARL (art 50 à 53 de la loi 5-96)

Les sociétés à responsabilité limitée sont naturellement soumises aux conditions générales de
constitution des sociétés. Elles obéissent aussi à certaines conditions propres aux SARL. .

1 – Les conditions de fond

Les associés

Une seule personne dite - associée unique- peut constituer la SARL. Le nombre maximum
d’associés ne peut dépasser 50.

Capital social

Le montant du capital social minimum n’est plus exigible selon la loi 24-10. Son retrait ne
peut être effectué qu’après immatriculation au Registre de Commerce.

Parts sociales

La part sociale est d’au moins 100 DH. Les parts sociales détenues qui peuvent être
transmissibles par voie de succession et cessibles entre conjoints et parents successibles ne
peuvent être cédées à des tiers qu’après consentement de la majorité des associés.

Les apports

Les apports peuvent être en nature. Ils sont évalués par un commissaire aux comptes ;

Le contrôle de la gestion d’une SARL est confié à un ou plusieurs commissaires aux comptes
;

Le procureur est habilité, de sa propre initiative à désigner un ou plusieurs commissaires aux


comptes afin de présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion ;

Gérance

La gestion d’une SARL peut être assumée par une ou plusieurs personnes physiques
responsables individuellement ou solidairement vis à vis des tiers.

Les décisions sont prises en assemblée générale sauf disposition contraire prévue par les
statuts.

Le gérant peut être révoqué par décision des associés représentant seulement plus de la moitié
des parts sociales ;

Interdiction faite aux gérants ou associés de contracter des emprunts auprès de la société ou de
faire cautionner leurs engagements personnels par la société ;
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Les associés détenant le 1/10ème du capital peuvent exercer une action en justice contre les
gérants.

2 – Les conditions de forme

Tous les associés doivent intervenir à l’acte constitutif de la société, comme dans les sociétés
de personnes. Les statuts sont établis soit par acte authentique (pour les apports d’immeubles)
soit par acte sous seing privé, avec autant d’originaux qu’il est nécessaire pour le dépôt d’un
exemplaire au siège social et l’exécution des diverses formalités requises. En outre, un
exemplaire des statuts doit être remis à chaque associé.

Aux statuts sont annexés, le cas échéant, le rapport du commissaire aux apports ainsi que
l’état des actes accomplis pour le compte de la société en formation. Cet état doit indiquer,
pour chaque acte considéré, l’engagement qui en résultera pour la société. La signature des
statuts par les associés emportera reprise des engagements par la société lorsque celle-ci aura
été immatriculée.
La société est désignée par une dénomination sociale, à laquelle peut être incorporé le nom
d’un ou plusieurs associés. Elle doit toujours être précédée ou suivie des mots « société à
responsabilité limitée », ou des initiales « SARL », et du montant du capital social.

Après signature, il doit être procédé aux formalités de publicité classiques : avis dans un
journal d’annonces légales, dépôt au greffe du tribunal de commerce du lieu du siège social
des statuts en doubles exemplaires, immatriculation de la société au Registre du commerce,
publicité au BO.

B - L’organisation de la SARL

La loi précise les droits reconnus aux associés de SARL ainsi que le régime de cession et
transmission des parts sociales.

1 – Le droit des associés

Le droit aux dividendes


Le porteur de parts participe à la répartition des bénéfices sociaux qui obéit aux règles de droit
commun. En cas de distribution de dividendes fictifs, la responsabilité pénale des dirigeants
pourra être engagée.

Le droit à l’information
Les associés disposent d’une information étendue pour laquelle la loi fixe des règles
minimales. Cette information est soit permanente, soit préalable à la prise des décisions
collectives. Par ailleurs, les comptes annuels, le rapport de la gérance et celui, le cas échéant,
du commissaire aux comptes doivent être adressés à tous les associés.

Le droit de participer aux décisions collectives

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Chaque associé dispose d’un nombre de voix égal à celui des parts sociales qu’il détient.
Toute clause contraire est réputée non écrite.

2 – La cession et la transmission des parts sociales ( art. 56 à 61)

Les parts sociales sont librement transmissibles par voie de succession et librement cessibles
entre conjoints, parents et alliés jusqu’au deuxième degré inclusivement.

Toutefois, les statuts peuvent stipuler qu’une des personnes susvisées ou l’héritier ne peuvent
devenir associés qu’après avoir été agréés dans les conditions qu’ils prévoient.

Les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers qu’avec le consentement de la majorité
des associés, représentant au moins les trois quarts des parts sociales.

3 – La gérance (art.62 à 70)

La SARL est gérée par une ou plusieurs personnes physiques.

Les gérants peuvent être choisis en dehors des associés. Ils sont nommés et la durée de leur
mandat fixée par les associés dans les statuts ou par un acte postérieur. En l’absence de
dispositions statutaires, le gérant, associé ou non, est nommé pour une durée de 3 ans.

Les pouvoirs des gérants sont déterminés par les statuts, et, dans le silence de ceux-ci, chaque
associé peut effectuer tout acte de gestion dans l’intérêt de la société. Dans les rapports avec
les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au
nom de la société, sous réserve des pouvoirs que la loi attribue expressément aux associés.

C - La dissolution de la SARL (art 85 à 86)

La dissolution marque le terme de l’existence social. Il convient alors de le liquider, de payer


les créanciers sociaux et de partager le solde entre les associés.

1 – Les causes de dissolution

La dissolution de plein droit :

- Arrivée du terme
- Réalisation ou extinction de l’objet social
- Annulation du contrat de société
- Liquidation judiciaire

La dissolution voulue :

- Par les associées


- Dissolution judiciaire anticipée
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2 – Les effets de la dissolution

La dissolution de la société, que la cause soit de plein droit, conventionnelle ou judiciaire,


entraîne immédiatement sa liquidation. A l’égard des tiers, la dissolution produit effet après
les formalités de publicité de la dissolution de la société.

La dénomination sociale est complétée par la mention « société en liquidation » et il est fait
mention des liquidateurs.

La dissolution s’effectue en deux étapes :

- la liquidation : elle correspond à l’ensemble des opérations nécessaires pour


terminer les affaires dans lesquelles est engagée la société et pour régler la
situation sociale, pour réunir les éléments d’actifs, pour éteindre son passif en vue
de procéder au partage entre les associés de l’actif net restant.

- le partage : le partage porte soit sur l’actif restant après extinction du passif, soit
sur le passif après réalisation de l’actif. Ce partage est, en principe amiable, mais
peut être judiciaire si les associés ne s’entendent pas ou si figurent parmi eux des
« incapables ».

III – Les sociétés de capitaux

A – La société anonyme (art 17 à 38 de loi 17-95)

1 – La constitution de la SA

La société anonyme est constituée par l’accomplissement des quatre actes ci-après :

- la signature des statuts par tous les actionnaires,


- la libération de chaque action de numéraire d’au moins le quart de sa valeur
nominale,
- Le transfert à la société en formation des apports en nature après leur évaluation,
- L’accomplissement des formalités de publicité prévues à l’article 31 (dahir du 23
mai 2008).

2 – L’organisation interne de la SA

Trois grandes fonctions sont assurées par différents organes intervenant dans la société
anonyme. Alors que l’assemblée d’actionnaires constitue l’organe délibérant, l’essentiel du
pouvoir est concentré au sein des organes de gestion sous la surveillance des organes de
contrôle.

a) L’assemblée d’actionnaires

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- L’assemblée générale ordinaire :

Elle se réunit au cours de la vie sociale dans un autre but que de modifier les statuts. Elle doit
se réunir au moins une fois par an aux fins de délibérer sur les comptes annuels.
L’assemblée générale ordinaire est compétente pour prendre toute décision qui n’entraine pas
de modification des statuts (comptes sociaux, organisation interne, autorisation d’actes de
gestion).

- L’assemblée générale extraordinaire :

Elle est seule habilitée à modifier les statuts. Elle peut donc opérer des modifications
importantes, telles que l’augmentation de capital, la modification de l’objet social, la
transformation de la société ou encore la dissolution anticipée.

c) Les organes de gestion

Le législateur donne le choix, à la libre disposition des fondateurs ou des actionnaires, entre
deux types de gestion, la gestion classique avec conseil d’administration et son président et la
SA avec directoire et conseil de surveillance. Le changement entre les systèmes peut s’opérer,
en cours de vie sociale, pour une modification statutaire décidée en assemblée générale
extraordinaire.

- La SA avec conseil d’administration

Le conseil d’administration est composé d’administrateurs mais il est un organe collégial. Il


résulte de ce mode de fonctionnement que ses membres, pris isolément, n’ont aucun pouvoir
de gestion dans la société. Le pouvoir appartient au seul organe collégial et non aux individus
qui le composent (pour les fonctions, pouvoirs, nomination des organes d’administration et de
direction voir art. 39 à 76 de la loi 17-95).

- La SA avec directoire et conseil de surveillance

A l’instar du conseil d’administration, le directoire est un organe collégial. Pourtant, le


pouvoir d’engager la société est réduit à son seul président (pour les fonctions, pouvoirs,
nomination des organes d’administration et de direction voir art. 77 et s. de la loi 17-95).

Le conseil de surveillance est un organe collégial. Le statut juridique des membres du conseil
de surveillance est semblable à celui des administrateurs. De même, les règles de
fonctionnement du conseil de surveillance sont proches de celles qui gouvernent le
fonctionnement du conseil d’administration. Seule différence essentielle entre les deux
organes, les attributions du conseil de surveillance sont plus limitées.

B – La société en commandite par actions (art 31 à 43)

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1 – La constitution de la SCA

La société en commandite par actions dont le capital est divisé en actions est constituée entre
un ou plusieurs commandités, qui ont la qualité de commerçants et répondent indéfiniment et
solidairement des dettes sociales, et des commanditaires qui ont la qualité d’actionnaires et ne
supportent les pertes qu’à concurrence de leurs apports.

La société en commandite par actions est désignée par une dénomination ou le nom d’un ou
de plusieurs associés commandités peut être incorporé et doit être précédé ou suivi
immédiatement de la mention « société en commandite par actions »

2 – Le fonctionnement de la SCA

Le nombre des associés commanditaires ne peut être inférieur à trois (3) ;

Le ou les premiers gérants sont désignés par les statuts. Ils accomplissent les formalités de
constitution dont sont chargés les fondateurs de sociétés anonymes ;

Au cours de l’existence de la société (sauf clause contraire des statuts), le ou les gérants sont
désignés par l’assemblée générale ordinaire des actionnaires avec l’accord de tous les associés
commandités ;

L’assemblée générale ordinaire des actionnaires nomme un conseil de surveillance, composé


de 3 actionnaires au moins ;

Un associé commandité ne peut être membre du conseil de surveillance; et les actionnaires


ayant la qualité de commandités ne peuvent participer à la désignation des membres de ce
conseil ;

L’assemblée générale ordinaire des actionnaires désigne un ou plusieurs commissaires aux


comptes ;

Le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de
la société.

Le conseil de surveillance assume le contrôle permanent de la gestion de la société. Il dispose


à cet effet, des mêmes pouvoirs que les commissaires aux comptes ;

La transformation de la société en commandite par actions en société anonyme ou en société à


responsabilité limitée est décidée par l’assemblée générale extraordinaire des actionnaires
avec l’accord des deux tiers des associés commandités, à moins que les statuts ne fixent un
autre quorum.

C – La société par actions simplifiée

Le législateur marocain permet à deux ou plusieurs sociétés de constituer entre elles une
société anonyme simplifiée (SAS), en vue de créer ou de gérer une filiale commune ou de
créer une société qui deviendra leur société mère commune.
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1 – La constitution de la SAS

Les conditions de constitution d’une SAS sont les mêmes que celles des sociétés anonymes,
sous réserve des particularités exposées ci-après.

a) Associés

La SAS ne peut être constitué qu’entre des sociétés, dont le capital social doit être au moins
égal à 2 Millions de dirhams ou, pour les sociétés étrangères, à la contre-valeur de cette
somme en monnaie étrangère. La loi marocaine n’exige pas que le capital requis soit
entièrement libéré. La SAS peut valablement ne comprendre que deux associés. Il n’est pas
fixé de maximum au nombre des associés.

Une société, associée, qui réduirait son capital au-dessous de 2 millions dirhams de dirhams
dispose d’un délai de six mois à compte de cette réduction pour le porter à nouveau à ce
montant ou pour céder ses actions dans les conditions fixées dans les statuts. A défaut, les
associés de la SAS doivent prononcer la dissolution ou la transformation en société d’une
autre forme. La dissolution peut également être demandée au tribunal pat tout intéressé ou par
le ministère public. Toutefois, le tribunal peut accorder à l’associé un « délai maximal » pour
qu’il régularise sa situation (aucun délai légal).

b) Appel public à l’épargne

A l’instar de la loi française, il est interdit à la SAS de faire publiquement appel à l’épargne
pour le placement de ses titres. Cette interdiction s’applique à la société et non à ses associés.

c) Capital social

Comme pour les SA faisant pas appel public à l’épargne, le capital social des SAS ne peut pas
être inférieur à 300 000 dhs. A la différence de la législation française, il doit être
intégralement libéré lors de la signature des statuts.

d) Conditions de forme

Les règles de constitution des SAS sont les mêmes que celles des sociétés anonymes ne
faisant pas appel public à l’épargne, étant toutefois observé que les actions souscrites en
numéraire doivent être libérées en totalité lors de la signature des statuts.

Il est à noter que la promulgation de la Loi n° 20-05 modificative de la loi 17-95 a allégé
relativement les formalités de constitution de cette forme juridique

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1. Le groupement d’intérêt économique (GIE)

8.1 Législation applicable

Le groupement d’intérêt économique ne constitue pas une entreprise autonome. Il est


complémentaire aux sociétés dans la mesure où il permet à ces dernières de collaborer avec
comme objectif d’exploiter des intérêts communs tout en réduisant leurs coûts respectifs. Il
est régit par :

 Dahir n° 1-99-12 du 18 chaoual 1419 (5 février 1999) portant promulgation de la loi


n° 13-97 relative aux groupements d'intérêt économique

8.2 Les caractéristiques

Le but d’un groupement d’intérêt économique est de faciliter ou de développer l’activité


économique de ses membres, d’améliorer ou d’accroître les résultats de cette activité ; son
objectif n’est pas de réaliser des bénéfices par lui-même. Son activité doit se rattacher à
l’activité économique de ses membres et ne peut avoir qu’un caractère auxiliaire par rapport à
celle-ci.

Le groupement d’intérêt économique est doté de la personnalité morale à partir de son


immatriculation au registre de commerce. Il doit avoir une dénomination.
Il est constitué pour une durée déterminée, par au moins deux personnes morales, qui n’ont
pas la qualité de commerçant et nécessite un acte écrit.
L’objet du groupement d’intérêt économique peut être commercial ou civil.
La constitution d’un capital n’est pas obligatoire. Si des apports sont réalisés, les titres
remis aux membres du groupement d’intérêt économique ne sont pas négociables.
Les membres du groupement d’intérêt économique sont indéfiniment et solidairement
responsables des dettes du groupement.

Le régime fiscal du groupement d’intérêt économique est celui des sociétés de personnes ; il
est donc soumis à l’impôt sur les sociétés.

8.3 Les règles de fonctionnement

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8.3.1 Les administrateurs

Le groupement d’intérêt économique est administré par une ou plusieurs personnes,


physiques ou morales, ces dernières doivent désigner un représentant permanent.
Les responsabilités civile et pénale des administrateurs sont identiques à celles des
administrateurs des sociétés anonymes.

Les pouvoirs et les conditions de révocation des administrateurs sont fixés librement par
le contrat ou par l’assemblée des membres. Dans ses rapports avec les tiers, l’administrateur
engage le groupement pour tout acte qui entre dans l’objet de celui-ci.

8.3.2 Le contrôle de la gestion et des comptes

Le contrôle de la gestion est exercé par des personnes physiques, membres ou non du
groupement d’intérêt économique, et dans les conditions prévues par le contrat.

La régularité et la sincérité des comptes sont contrôlées conformément aux conditions


prévues au contrat ou obligatoirement par un commissaire aux comptes lorsque le groupement
d’intérêt économique émet des obligations.

8.3.3 L’assemblée des membres

L’assemblée des membres prend toutes décisions dans les conditions déterminées par le
contrat. Chaque membre dispose d’une voix.
En principe, dans le silence du contrat, les décisions sont prises à l’unanimité.
L’assemblée doit être obligatoirement convoquée à la demande d’un quart au moins des
membres du groupe.

8.3.4 La dissolution et la liquidation

En dehors des causes communes de dissolution, le groupement d’intérêt économique est


dissout :

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- Par dissolution de l’un de ses membres, personne morale, sauf clause contraire du
contrat;
- Lorsque toutes les parts se trouvent réunies entre les mains d’un seul membre, ce
dernier dispose d’un délai d’un an pour régulariser la situation ;
- Par décision judiciaire pour justes motifs,
- Par la réalisation ou l’extinction de son objet ;

La dissolution du groupement d’intérêt économique entraîne automatiquement sa liquidation

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