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Thomassique en Deuil

La nouvelle est tombée. Thomassique


vient de perdre l’un de ses fils.
Adolphe André (Ti Dòl) nous a
quittés. Il s’est éteint le samedi 19 juin
à 5:30 heures du matin à Duval,
commune de Croix-des-Bouquets des
suites d’une maladie courageusement
supportée.
Aldophe André est né à Thomassique
le 11 février 1961. Fils de Calizaire
André et de Saintanise Isidor, il était le
benjamin de la famille. Après son
certificat d’études primaires (CEP) à
l’Ecole Presbytérale de Thomassique,
il va se rendre à Port-au Prince pour
des études secondaires notamment au
Collège Saint Louis Roi de France et
au Lycée Pétion.
Dans les années 80, il va retourner définitivement dans sa ville natale pour
se mettre au service de la communauté à titre de stagiaire au bureau des
impôts. Maitrisant vite les rudiments du métier, il allait se frayer un
chemin jusqu’au sommet comme responsable des centres d’impôts de
Cerca La Source et de Cerca Carvajal.
Ti Dòl était un dactylographe accompli, avec une vitesse de frappe
exceptionnelle. Il pouvait taper des tonnes de documents administratifs
sans même regarder au clavier.
Aimant la vie et souriant, Ti Dòl avait un sens de l’humour très poussé et
un goût particulier pour les activités sociales et communautaires. Musicien
dans l’âme, son amour pour la musique était sans bornes. Ses sérénades de
flûte ou d’harmonica faisaient la joie de plus d’un. Fervent fan du Scorpio
Universel, il prenait plaisir à engager des discussions interminables avec
les mordus du DP Express notamment lors des périodes carnavalesques. Il
défendait du bec et des ongles les couleurs bleu et blanc même dans les
moments où le train semblait avoir un avantage nettement différentiel sur
la bête dans la perception publique.
Amant du ballon rond, Ti Dòl se délectait des hauts faits des équipes
participantes de la coupe de monde de 1982. Figure très connue du
paysage footballistique thomassiquois, il était un minutieux gardien de but
qui mettait des années d’expérience au service de pas mal d’équipes dans
la ville du père des philosophes. Qui n’a pas en souvenir ses étirages en
hauteur et ses plongeons en largeur pour arrêter les tirs dangereux des
attaquants adverses.
Ma dernière interaction en tant que joueur avec Ti Dòl remonte en 1985
(l’année de la jeunesse), lors du championnat de vacances réalisé sur le
Terrain de Martial Isidor dans la ville de Thomassique. Les équipes Biz-
Night, Marabou, Zouk-la et Tchap Tchap Tchoup devaient s’affronter les
unes aux autres dans une compétition très serrée. Ailier gauche de
Marabou, j’allais faire mordre de la poussière à mon cousin Ti Dòl, alors
portier de Biz-Night.
Sur une passe millimétrée d’un coéquipier, je me retrouvais sur l’aile
gauche du terrain, dans les parages de la surface de réparation en face de
Ti Dòl. Couvrant le premier poteau, il se croyait en toute sécurité pour
protéger sa cage. Un bloc et un contrôle, du pied gauche, je tirais
fermement au deuxième poteau. Et le ballon qui roulait, qui franchissait la
ligne de but et qui allait se loger dans les filets, au grand dam de Ti Dòl
qui en dépit de son plongeon latéral, n’avait de choix que de constater la
prouesse et la technicité de mon tir. J’ai encore en mémoire ce but
magnifique que j’ai marqué contre Biz-Night. C’était vraiment un but
d’anthologie. Malheureusement à cette époque, nous ne disposions pas
d’appareils vidéo pour rendre mémorables ces instants d’éternité.
Catholique, Ti Dòl se donnait corps et âme dans les activités de son église.
Que ce soit à la chorale (où il fut un membre très actif et très dévoué
jusqu’au jour où l’état de sa santé ne lui permettait pas de participer aux
répétitions et aux prestations), ou au cénacle des activités pour les jeunes,
il répondait toujours présent. Membre du comité de loisir de la salle
paroissiale, sa contribution dans l’élaboration et la mise en œuvre des
activités culturelles, théâtrales et sportives au sein de la communauté fut
énorme.
Passionné du sport, il allait vite devenir moniteur en charge des activités
culturelles et récréatives pour la fête du drapeau « 18 Mai ». Là, il allait
mettre en exergue les techniques qu’il a apprises et maitrisées au peloton
d’honneur durant son passage au lycée Pétion de Port-au-Prince. Sous son
leadership, les parades estudiantines à Thomassique se faisaient avec éclat
et panache.
Ti Dòl est parti, mais il laisse derrière lui le souvenir d’un père aimant,
l’exemple d’un homme social qui communiquait le goût de la vie et la joie
de vivre à tous ceux ou celles qui ont eu la chance de le côtoyer.
Nous présentons nos sympathies à son épouse née Anita Joseph, à sa fille
Francesca André, à son fils médecin Carl-Rodolphe André, à ses petits-
enfants, à ses frères et sœurs, à ses neveux et nièces, à ses nombreux
cousins et cousines et à tous les autres parents, familles, amis et alliés
affectés par cette disparition.
Les funérailles de Adolphe André (Ti Dòl) seront chantées dans la matinée
du samedi 26 juin 2021 en l’église Christ Roi de Morne Rouge, Cap
Haïtien.

Ives Isidor
25 juin 2021