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Le théâtre : de ses origines au XIXème siècle.

Bacchanales devant la statue de Pan


(1631-33) par Nicolas POUSSIN
National Gallery, Londres.
Nous avons une représentation de Dionysos, le dieu du vin, des arts et du
théâtre, entouré d’autres personnages avec lesquelles il danse, chante, et
procède à des rites et des processions. Cela marque les débuts du théâtre, en
Grèce Antique.

Les origines du théâtre


Le théâtre existe depuis la Grèce Antique, dès le VIème et Vème siècle avant
JC, lors de célébrations à l’intention de Dionysos, dieu du vin, des arts et de la
fête. Ces célébrations étaient donc consacrées aux dieux et aux héros, et
composées de processions, de chants, de danses et de rites. A l’origine, ces
célébrations se produisaient dans des temples, puis dans des espaces ouverts
où les spectateurs se plaçaient dans des gradins.
Le terme théâtre vient donc du grec théâtron qui signifie “lieu où l’on regarde”,
et qui désigne l’espace de la scène.

Remarque : les pièces de l’époques sont toutes construites sur un même modèle. Elles
débutent par un prologue, puis vient l’entrée du Chœur (“parodos”). Ensuite les actes
s’enchainent, ponctués par les chants du Chœur. Enfin, celui-ci sort, ce qui clos la pièce
(“exodos”).

Théâtre du XVIIème
Théâtre du XVIII
Entre le XVII et XVIIIème siècle, peu de choses sont restés identiques. On
peut alors remarquer de nombreux renouvellements dû au contexte historique
et social :
En effet, la régence de Phillipe d’Orléans jusqu'à Louis XV a créé une période
de relâchement à l’opposé de l’absolutisme de Louis XIV. Des cercles de nobles
et de bourgeois éclairés sont alors apparus. Ce sont les Lumières. Et toute cette
période a remis en question les trois ordres féodaux, la noblesse, le clergé, et
le tiers état, car la bourgeoisie devenait plus riche que les nobles de par leur
travail. La valeur de l’argent a alors remplacé peu à peu celle du sang.
Malgré ça, certains genres littéraires comme la tragédie, la comédie et la
tragicomédie, sont toujours présents dans le monde du théâtre avec
cependant des changements dû au renouvellement du théâtre à cause du
contexte historique et social.
D’autres genres littéraires comme le drame et la comédie des mœurs, par
Marivaux, ont fait leur apparition.
Le tableau ci-dessous retrace les renouvellements qu’on remarque dans
l’œuvre Les fausses confidences de Marivaux.

Différences Exemples
Dimension plus réaliste : les classes Dans l’œuvre Les fausses confidences
sociales sont floutées et les rapports de Marivaux : Le valet Dubois dirige
entre ces classes ont évolués. son ancien maître Dorante, ou encore,
la bourgeoise Araminte a comme
rivale amoureuse la servante
Marthon.
Ici les relations entre les maîtres, les
valets et les servantes sont floutées.
Le côté psychologique du Dans l’œuvre Les fausses confidences
mouvement des lumières apparait de Marivaux : on remarque un
dans les œuvres du XVIII, avec des cheminement des passions avec un
comédies psychologiques, spirituels côté psychologique très présent,
et satiriques. marqué par des problèmes au sein
même des personnages qui influent
sur les relations amoureuses, ainsi que
des mécanismes du sentiments
amoureux.
En effet, Marivaux va s’attarder sur
des histoires d’amour, comme celle de
Dorante et Araminte, avec des
problèmes les concernant
personnellement, ce qui va impacter
leur relation.
Les règles classiques sont beaucoup Dans l’œuvre Les fausses confidences
moins respectées, d’autant plus avec de Marivaux : Araminte est une
le déclin de la tragédie classique. En femme riche, et elle n’a pas besoin
effet, elle fait face à un profond d’un mari pour subvenir à ses besoins,
renouvellement puisque les tragédies ou encore, le valet Dubois semble
du XVIII siècle vont évoquer des avoir plus d’importance que son
sujets plus modernes. ancien maître Dorante de par ses
ruses et stratagèmes.
Apparition de la comédie des mœurs. Dans l’œuvre Les fausses confidences
de Marivaux : Marivaux va s’attarder
sur la société en mutation du XVIIIème
siècle, avec la remise en question des
trois ordres (noblesse, clergé, tiers
état)

Le théâtre du XIXème siècle voit la naissance d’un nouveau genre : le drame


romantique, qui s’oppose au classicisme présent durant le siècle passé.
En effet, le classicisme repose sur la raison, le respect des règles, et la
bienséance. Or le romantisme met en avant les sentiments et la liberté : il y a
une valorisation des passions.
Le drame romantique présente des personnages de milieux sociaux variés,
purs et passionnés, en total contradiction avec les personnages du théâtre
classique.
Le XIXème siècle voit également la naissance du théâtre de boulevard. Celui-ci
était déjà présent durant la fin du XVIIIème siècle, mais était essentiellement à
destination d’un public populaire, n’étant que du pur divertissement.
Il s’est démocratisé au XIXème.
Le théâtre de boulevard est constitué de deux genre :
- Le mélodrame, qui est une pièce dramatique et pathétique, avec des
personnages manichéens. Il réunit le chant et la mélodie à l’action
dramatique.
- Le vaudeville, une comédie d’intrigue naturaliste et réaliste. Ce genre
représente l’apparition des pièces à la psychologie profonde. D'ailleurs, la
pièce Cyrano de Bergerac s’oppose à ce genre de par son romantisme.
Cyrano de Bergerac est une pièce de théâtre écrite en 1897 par Edmond
Rostand. C'est une comédie héroïque, qui comporte de nombreuses influences
du théâtre romantique.
En effet, cette pièce a des inspirations romantiques, avec la présence de la
farce, de scènes d’amour, du pathétique et de l’alternance entre la langue
familière et noble. Mais elle a aussi des inspirations classico-tragiques, de par
son découpage en cinq actes et la présence de l’unité d’action.
En revanche, conformément au mouvement du XIXème, il y a un refus des
règles classiques : il n’y a pas de bienséance, ni d’unité de temps et d’action.