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Ecole Nationale Polytechnique d’Alger

Département Génie Civil


1ére année
Béton armée

TP N°1 : Formulation béton

ALLACHE Mehana

2019-2020
Composition d’un béton Béton armé 2

I. Introduction :

Le béton est un mélange dont la composition a une profonde influence sur ses
caractéristiques, mais si les caractéristiques attendues sont la plupart du temps bien définies, la
mise au point d’un béton approprié peut s’avérer plus délicate, les paramètres sont en effet
nombreux :

 Les données du projet : caractéristiques mécaniques, dimension de l’ouvrage, ferraillage,


etc.
 Les données du chantier : matériel de mise en œuvre, conditions climatiques, etc.
 Les données liées aux propriétés du béton : maniabilité, compacité, durabilité, etc.

On mesure donc l’importance de l’étude de la formulation du béton, d’autant plus nécessaire


que les caractéristiques requises sont élevées.

II. Le but de l’étude de la composition d’un béton :

L’étude d’une composition de béton consiste à définir un mélange optimisé pour le type de
construction projeté. Mais si l’on tient compte de prime abord de la résistance du béton et de
son ouvrabilité, on doit également tenir compte de l’environnement dans lequel il se situe et de
la durabilité souhaitée afin de réaliser un béton dont les qualités soient celles recherchées pour
la construction de l’ouvrage ou de l’élément en cause.

Plusieurs méthodes sont proposées parmi lesquelles la méthode pratique simplifiée dite
méthodes « DREUX GORISSE »

III. L’objectif de la méthode de DREUX :

Elle permet de définir de façon simple et rapide une formule de composition à peu près
adaptée au béton étudié, elle nous facilite à déterminer en fonction des critères de maniabilité
et de résistance définis par le palier des charges, la nature et les quantités de matériaux
nécessaires à la confection d’un mètre cube de béton (eau, ciment, sable, gravillon et gravier
en kg/m3).

IV. Définitions des données de base :


Il s’agit de définir les différentes quantités des composants à introduire dans le malaxeur afin
d’obtenir un béton répondant aux exigences requises.
Les données du problème sont :
 Une résistance moyenne souhaitée à 28 jours,
 Une ouvrabilité désirée caractérisée par un affaissement au cône d’Abrams.

1. Résistance souhaitée :
Elle est obtenue à partir de la résistance de calcul ƒcj ou ƒc28 nécessaire à la construction
d’un ouvrage donné. En tenant compte des dispersions et des écarts quadratiques, la résistance

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moyenne visée à 28 jours doit, par mesure de sécurité, être supérieure de 15% à la résistance de
calcul ƒcj, soit :
ƒC= ƒC28+ 15% → ƒC = 1.15 x ƒC28

2. Maniabilité désirée :
En fonction des caractéristiques de l’ouvrage et des moyens du chantier, on fixe pour le
béton une maniabilité caractérisée par sa consistance et mesurée par l’essai du cône
d’Abrams. Elle est choisie en fonction du type d’ouvrage, de la difficulté du bétonnage et des
moyens de vibrations disponibles (voir Tableau1.d)

V. Choix de granulats :

Pour permettre une bonne facilité de mise en œuvre du béton, la dimension D max du
granulat se trouve limitée par différentes considérations concernant l’ouvrage à bétonner. Le
tableau ci-dessous donne une évaluation approximative de D (dimension maximale des
granulats) en fonction des caractéristiques de la pièce à bétonner et de l’enrobage des
armatures.

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VI. Le dosage en eau et en ciment :


a. Détermination approximative du dosage en ciment en fonction de C/E et de
l’ouvrabilité désirée :
Le dosage en ciment et en eau dépend de la résistance souhaitée, de la qualité du ciment
ainsi que des granulats, la formule approximative la plus utilisée est celle de « Bolomey », elle
permet de fixer un rapport C/E en fonction de la résistance visée et de la classe vraie du
ciment, elle est de la forme :
ƒc = G x σc (C/E – 0.5)

Où :

ƒc= résistance moyenne en compression visée à 28 jours

C = dosage en ciment en kg/m3 de béton.

E = dosage en eau totale sur matériaux secs en litres par mètre cube de béton.

σc = classe vraie du ciment à 28 jours en MPa.

G = coefficient granulaire sans dimension.

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Les valeurs approximatives de G sont regroupées dans le tableau 3.d.

Ces valeurs correspondent à des bétons de plasticité courante, autrement dit, des bétons
ayant un affaissement compris entre 4 et 9 cm. Connaissant le rapport C/E (par application de
la formule de Bolomey) et l’affaissement souhaitée, on en déduit à l’aide de la figure ci-dessous
le dosage en ciment :

Cet abaque à double entrée, en abscisse la valeur de l’affaissement désirée et en ordonnée le


rapport C/E, permet d’évaluer approximativement le dosage en ciment en kg. Une fois le
dosage en ciment C connu, on en déduit le dosage approximatif en eau totale à prévoir et qu’il
faut, bien sûr, ajuster par la suite par des essais de plasticité et d’ouvrabilité.

Remarque :

Le dosage en ciment est limité à 400 kg/m3 de béton en place. Au-delà, le ciment et l’eau
seraient en trop forte concentration dans le béton, ce qui risque de provoquer des fissures de
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retrait. Aussi, pour un rapport C/E et une ouvrabilité nécessitant plus de 400 kg de ciment pour
1 m3 de béton, il faut ajouter un fluidifiant.

b. Correction du dosage en eau en fonction de D :

L’eau doit pouvoir humidifier tous les grains du mélange. Aussi, la quantité d’eau nécessaire
dépend du diamètre des grains à mouiller : plus le diamètre est petit plus la quantité d’eau
augmente.
L’abaque précédent est spécifique aux bétons pour lesquels la dimension maximale des
granulats est égale à 25 mm. Pour les autres diamètres, il faut soit majorer ou minorer selon le
diamètre (plus petit que 25 mm ou plus grand).

Le tableau ci-dessous fournit la correction à apporter sur le dosage en eau en fonction de la


dimension maximale D du granulat.

VII. Dosage des granulats :


VIII. FORMULATION D’UN BETON POUR L’ETUDE D’UNE POUTRE 
a) Tracé de la courbe granulaire de référence  :

Il s’agit de déterminer les pourcentages de sable et de gravier permettant d’obtenir un


squelette granulaire avec un minimum de vides. Ce qui veut dire, dans quelle proportion
mélanger le sable et le gravier pour obtenir la meilleure compacité ?

L’étude des mélanges granulaires montre que quel que soit le mélange (sable + gravillon +
gravier), le tracé de la courbe peut être représenté approximativement par deux segments de
droite (OA et AB), d’où les point O et B ont pour coordonnées :

O (0.080 mm, 0%) : représente l’origine.

B (D, 100%) : extrémité de la courbe.

A : point de brisure.

Cette propriété caractéristique des courbes granulaires est généralement utilisée pour définir
la composition granulaire de référence théorique pour le béton étudié.

L’examen d’un grand nombre de tracés granulaires montre, que pour les granulats à béton, les
points O et B sont invariables quel que soit les proportions du mélange

Quant au point de brisure A, il se situe en moyenne entre le module 38 et le module


correspondant à D, le problème consiste donc à déterminer (lors d’une composition de béton
donnée) l’ordonnée du point de brisure qui permet d’obtenir la meilleure compacité du béton.
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La démarche proposée par Dreux pour déterminer le mélange optimum avec un minimum de
vides, c’est-à- dire une meilleure compacité, est la suivante :

Sur un graphique d’analyse granulométrique, on trace une composition granulaire de


référence OAB : c’est une courbe composée de deux segments de droite OA et AB.

Le point O est défini par : XO = 0.080 mm YO= 0% (tamisât)

Le point B est défini par : XB = D YB = 100%

D
Le point A est défini par :
{ X A=
2
si D ≤ 20 mm
Module( x )=moduleD+ module 38
2
si D>20 mm }
YA = 50 – √125D + k’
Où: k’ = k + ks + kp : termes correcteurs supplémentaires sur YA pour tenir compte de la forme
des granulats, du dosage en ciment, de la vibration, de la finesse du sable et de la mise en
œuvre du béton.

1. Terme correcteur k :


Cette correction permet d’optimiser la compacité en fonction du type de vibration, de la forme
des granulats et du dosage en ciment. Les valeurs de k sont regroupées dans le tableau suivant :

2. Corre
ction
ks :

La

correction en fonction du module de finesse du sable (MF) est :

Ks= 6MF – 15

Ks tient compte de la granularité du sable. Si nous sommes en présence d’un sable grossier,
autrement dit un module de finesse fort, une correction supplémentaire doit être apportée pour
relever le point A, donc majoration du dosage en sable. Si le module de finesse est faible, il
faut minorer le dosage en sable.

Le module de finesse du sable est compris entre 2 et 3 avec une valeur optimale voisine de 2,5
pour laquelle il n’y a pas de correction (ks = 6 x 2.5 - 15 = 0).

3. Terme correcteur kp :

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Si le béton est pompé, il faut ajuster le dosage en sable pour faciliter son transfert (pompes
à béton). Pour cette raison, il faut donner au béton le maximum de plasticité et l’enrichir en
sable par rapport à un béton courant. Soit :

Kp = 0 → béton non pompé

Kp = 5 à 10 (selon la plasticité désirée) → béton pompé

b) Pourcentage de granulats :

La courbe granulaire de référence OAB doit être tracée sur le même graphique que les
courbes granulométriques des granulats composant le béton à formuler. Et, pour déterminer les
pourcentages de sable et de gravillon, il suffit de tracer les lignes de partage entre chaque
granulat en joignant les points suivants:

- M : point de la courbe granulométrique du sable pour un tamisât de 95%

- N : point de la courbe granulométrique du sable pour un tamisât de 5%

La droite de partage MN coupe la courbe de référence en I. Le point d’intersection(I) entre ces


deux droites de partage et la courbe de référence détermine les pourcentages en volume absolu
des différents granulats.

c) Coefficient de compacité (γ) :

Les grains solides ne remplissent pas la totalité du volume de béton à cause de la présence
d’eau interstitielle et de poches d’air. Pour évaluer la masse des granulats, il faut donc
déterminer la compacité du béton γ (rapport du volume absolu des matières solides au volume
total de béton frais):

γ = Vms/1000 = Vabs/Vapp d’où : Vabs = VG+ VS + VC +Vg


γ dépend du diamètre des granulats, des conditions de vibration et de la plasticité (voir tableau
6.d).

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Les valeurs du tableau ci-dessus sont adaptées aux granulats roulés et à un dosage en ciment de
350 kg. Dans le cas contraire, il faut apporter des corrections. 

d) Dosage en masse des constituants :

Une fois connus le volume total de l’ensemble des granulats V abs et les pourcentages en
volume absolu de sable (S%), de gravillon (g%) et de gravier (G%), il est alors facile de calculer
les différents volumes absolus de chacun des granulats. Si :
C : dosage en ciment en kg/m3 → Vc = (ρc masse volumique absolue en kg/m3)

Vabsvolume absolu de l’ensemble des granulats → Vabs = VG + Vg + VS = (1000 γ) – VC

Le volume de chacun des granulats est :

VS = Vabs x S% → MS = Vabs x S% x ρs, abs

Vg = Vabs x g% → Mg = Vabs x g% x ρg, abs

VG =Vabs x G% → MG = Vabs x G% x ρG, abs

Par conséquent, la masse totale d’un mètre cube de béton en place est : M = M S + Mg
+ M G + MC + ME

La densité théorique d’un mètre cube de béton :


∆o= : M = MS + Mg + MG + MC + ME /1000

Et, bien sûr, comme toute autre composition, le résultat obtenu doit être vérifié par une gâchée
d’essai afin d’améliorer le dosage en eau et de contrôler la masse volumique du béton.

Remarque :

A défaut d’indications précises concernant les masses volumiques des matériaux, on peut
utiliser en première approximation les valeurs suivantes :

ρC,abs = 3.1 t/m3 et ρS,abs = ρg,abs = ρG,abs = 2.6 t/m3

e) Correction de la formulation en fonction de la teneur en eau avant la préparation  :

La composition théorique du béton étant établie pour des matériaux secs, il est donc
nécessaire de prendre en considération l’eau contenue dans les granulats. La mesure de la
teneur en eau des granulats doit être réalisée, et elle est égale à :

ω = Masse d’eau/masse sèche

A défaut de mesure précise, on peut estimer l’eau contenue dans les granulats en nous aidant
du tableau
7.d.

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Composition d’un béton Béton armé 2

f) Correction de la formulation après des essais sur béton frais  :

En fonctions des résultats obtenus des essais sur béton frais, les corrections à apporter
doivent être effectuées sur chaque matériau composant le béton, à savoir :

- ajustement de la quantité d’eau par rapport à l’affaissement au cône d’Abrams,

- ajustement de la quantité de granulat grâce à la mesure de la masse volumique réelle du


béton △.

 Correction sur l’eau (ouvrabilité) :

Supposons que l’affaissement obtenu au cône d’Abrams est différent de celui visé, la
correction sur le volume d’eau doit s’effectuer en s’aidant de l’abaque représenté sur la figure
4.d

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Composition d’un béton Béton armé 2

Figure 4.d

Le volume d’eau corrigé est obtenu en procédant comme ce qui suit : sur le graphe de la figure
précédente, placer le point ayant pour coordonnées E utilisée et

Aff,obtenu,

Par ce point, faire passer une courbe homothétique aux deux existantes, et à partir de
l’affaissement visé Aff, visé en déduire le volume d’eau à utiliser E corrigée.

IX. FORMULATION D’UN BETON POUR L’ETUDE D’UNE POUTRE :


1. Données :

Il s’agit de déterminer la composition d’un béton composé d’un sable 0/5, d’un gravillon 3/8
et d’un gravier 8/15 par la méthode de Dreux en utilisant les éléments suivants :

- Partie d’ouvrage : poutre armée en milieu non agressif

- Plasticité : affaissement au cône d’Abrams de 7 cm

- Mode de serrage : vibration normale

- Ciment CPJ–CEM II/B 32,5 (ciment Portland composé) de classe vraie*moyenne à 28 jours : σ’ C
= 40 MPa (ρ = 3.1 t/m)

- Résistance moyenne à la compression à 28 jours f = 23 MPa

- Granulats concassés de bonne qualité

- Masse volumique absolue du sable sec : ρ = 2.6 t/m^3

- Masse volumique absolue du gravier : ρ = 2.6 t/m^3

- Masse volumique absolue du gravillon ρ = 2.6 t/m^3

2. Caractéristiques de la pièce à bétonner  :

 Diamètre
maximale
des granulats est D=14mm
 Dosage de ciment : ƒC = G x σC (C/E – 0.5)

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σC=45Mpa ; G=0,45 ; fc=25, 3Mpa

Donc C/E=1,97 et C=400kg

E=390/1,9=203,04l (si D=25mm)

 Correction sur E pour D=15mm

E=205,3*1,06=213,5 l

 Module de finesse :

D (mm) 0,16 0,35 0,63 1,25 2,5 5


Refus 99,05 99,05 73,7 73,7 39,35 3,4
cumulés %

MF=∑ Refus % /100 MF=3,23

 Tracé la courbe granulaire de référence OAB caractérisé par le point O et B (O et B sont


invariables) :

XO=0,8mm XB=D=15mm

YO=0% YB=100%

Le point A :

XA=D/2=15/2=7,5mm (car D<20mm)

YA=50- √1,25D+k’ k’=k+kp+ks

k=0 ( granulats concassés ,vibration normale)

kp=0 (n’est pas un béton pompé) k’= 4,38

ks=6MF-15=8,28
D’où: XA=7mm

YA= 50,64%

 Pourcentage des granulats :

Sable 0/5=43%

Gravillon=11%

Gravier=46%

 Compacité :

Vciment +Vsable +Vgravier + Vgravillon +Veau =(Vsolide)abs

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On choisit une compacité c=γ a partir du tableau : on doit faire une correction sur le dosage
en ciment : (c-350) /5000

La 2éme correction :

Notre granulat est concassé alors la correction sur γ est de : -0,03

Γ = 0,815+0,01-0,03=0,792

 Γ = volume absolue/volume apparent Γ


= (Vciment +Vsable +Vgravier + Vgravillon) /1000

V abs total = 795 L

V abs ciment =400/3,1=129 L

V abs granulat =(Vt) abs – (V ciment ) =795-129=666L


abs

V sable =283,38L

V gravillon =73,26L

V gravier= 306,36L

M sable =283,38*2,6=744,58kg

M gravillon = 73,26*2,6=190,476kg

M gravier =306,36*2,6=796,53kg

M eau = 215,23kg

M ciment = 400kg

ρthéorique = 2343,18kg/m3

Les données des éprouvettes :

6 éprouvettes cylindriques d=16cm L= 32 cm V1=0,0386m3

3 éprouvettes cubiques (10*10*10) V2=0,003m3

3 éprouvettes prismatiques (10*10*10) V 3=0,012m3

D’où le volume total des éprouvettes est :

VT=0,0386+0,003+0,012=0,0616m3

Donc on peut déduire les masses nécessaires pour les éprouvettes on prend 65 litres pour le
volume totale :

M sable =744,58*0,065=48,39kg

M gravillon = 190,47*0,065=12,38kg
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M gravier =769,53*0,065=50,01kg

M eau=215,23*0,065=13,99kg

M ciment = 400*0,065=26kg

Etude théorique d’une poutre en flexion 4 points :


1-Hypothéses :
Afin de réaliser l’étude théorique du comportement de la poutre à la ruine, les hypothèses
suivantes sont considérées :
 Les effets de fluage sont négligés, la poutre n’ayant été soumise à aucun
chargement depuis sa fabrication. Le coefficient de fluage ρef sera donc considéré
comme nul ;
 Pour le calcul du moment de ruine, la fibre supérieure est considérée soumise à
une déformation correspondant au pivot 𝐵, soit s𝑏, sup = s𝑐𝑢 = 3,5 ‰ ;
 Utilisation du modèle de comportement parabole rectangle pour le béton ;
 Le comportement de l’acier est considéré comme élasto-plastique parfait ;
 La section est considérée comme non-fissurée pour le calcul du moment critique.

2-Détermination du moment critique de première fissuration :


2-1/Définition :
Dans un premier temps sont déterminés le moment critique de première fissuration 𝑀𝑐𝑟, ainsi
que l’effort 𝑄𝑐𝑟 à appliquer sur la poutre pour y parvenir.

On définit la contrainte 𝜎 générée dans la section de la poutre par l’expression suivante :

N Mz M
σ ( y , z) = − ∗ y+ y ∗z
A IGz
IG y

Avec 𝑁 l’effort normal appliqué sur la section [N], 𝐴 l’aire de la section [m2], 𝑀𝑧 le moment
autour de l’axe (0𝑧) [N.m], 𝑀𝑦 le moment autour de l’axe (0𝑦) [N.m], 𝐼𝐺𝑧 le moment quadratique au
centre de gravité de la poutre par rapport à l’axe (0𝑧) [m4], 𝐼𝐺𝑦 le moment quadratique au
centre de gravité de la poutre par rapport à l’axe (0𝑦) [m4].
La poutre est sollicitée en flexion pure sur 𝑥  [L/3 ; 2.𝐿/3], intervalle où le moment est
maximal, par conséquent :
N = 0 et My = 0

On obtient donc :
−M z
σ ( y )= ∗y
IGz

La poutre étudiée est en béton armé, il est donc également nécessaire de prendre en compte
les sections d’acier en homogénéisant la section ; le repère est placé au niveau de la position du
1
AS2
x d2
Axe neutre
h d1
Composition d’un béton Béton armé 2
dE
centre élastique 𝑑𝐸 (figure 2), que l’on définira à Apartir
S1
de la fibre inférieure de la section (fibre
tendue). Sachant que la première fissure sera localisée au niveau de la fibre tendue, on recherche
donc 𝜎(𝑦 = 𝑑𝐸).

Figure 2 : Position de l'axe neutre

Il y a fissuration si la contrainte au niveau de la fibre tendue devient supérieure à la


résistance en traction ƒ𝑐𝑡𝑚 du béton. On recherche alors M z =M cr tel que 𝜎 (𝑦 = - 𝑑𝐸) = ƒ𝑐𝑡𝑚.

D’après les hypothèses précédemment énoncées, on considère que la section n’est pas
fissurée ; on considère donc pour le calcul, le moment quadratique 𝐼𝐼 de la section homogénéisée non
fissurée. On obtient finalement :
f ctm∗I G
M cr = z

dE

2-2/Détermination de l’aire homogénéisée :


Considérons une section d’acier 𝐴𝑆 soumise à un effort 𝐹, et de module d’élasticité 𝐸𝑆. Le
principe de l’homogénéisation est de remplacer cette section d’acier 𝐴𝑆 par une section équivalente de
béton Ac , éq, de module d’élasticité Ec , eff (module d’élasticité prenant en compte le fluage), capable de
reprendre le même effort.

De plus, on considère que la section d’acier est soumise à la même déformation que la
section de béton, soit : Ss =S c
On obtient alors, d’après la loi de Hooke :
σS σ
= C
ES Ec , eff
Sachant que :
F F
σ S= Et σ C =
AC A C ,ég
On obtient finalement :
ES
AC , ég= =α E∗A S
EC , eff
Soit :
ES E cm
α E= Et EC , eff =
E C ,eff 1+φ ef
1
Composition d’un béton Béton armé 2

Or, d’après les hypothèses formulées, 𝜑𝑒ƒ =0 ; on obtient donc :


ES
α E=
E cm
L’aire de la section homogénéisée 𝐴𝐻 reprenant des efforts s’exprime alors d’après la
relation suivante :
A H = AC + α E .( A S 1 + A S 2)
A H =b . h+ ( α E−1 ) .( A S 1 + A S 2 )
2-3/Détermination de la position du centre élastique :
La position du centre élastique par rapport à 𝑦 est définie comme étant la somme des
moments statiques divisée par la section homogénéisée. L’axe de référence pour le calcul des
moments statiques est choisi comme étant l’axe passant au niveau de la fibre supérieure. La position
de l’axe neutre est alors définie par la relation suivante :

d E=
∑ St / z
AH
Soit :
b .h ²
+ A S 1 . ( h−d 1 ) + A S 2 .( h−d2 )
2
d E=
b .h+ ( α E −1 ) .( A S 1 + A S 2)

2-4/Détermination du moment quadratique de la section homogénéisée :


Dans le cas où la section n’est pas fissurée, il est nécessaire de calculer le moment quadratique de la
totalité de la section homogénéisée I I , par rapport à la position de l’axe neutre. Afin de simplifier le
calcul, les moments quadratiques des sections d’aciers A S 1 et A S 2 ne seront pas pris en compte, car
négligeables devant celui de la section de béton. Par contre, on appliquera le théorème du transfert aux
sections d’aciers. On obtient alors, en appliquant le théorème de Huygens :

b . h3 h 2
II=
12 ( ) 2 2
+b . h . d E− +α E [ A S 1 . ( d 1−X ) + A S 2 . ( d2 −X ) ]
2
Avec : X =h−d E
2-5/Calcul du moment critique de fissuration :
Par les essais sur éprouvettes (voir ressource « Essais destructifs sur éprouvettes en béton et
acier d’armature » [3], sont connus : Ecm = 41 GPa, E S= 237 GPa, f ctm= 3,2 MPa.
Les caractéristiques de la poutre sont (figure 3) : b = 15 cm, h= 22 cm, A S 1= 101 mm2, A S 2 =
402 mm2, d 1= 19,1 cm,d 2= 2,5 cm, L= 3 m (voir ressource « Fabrication d’une poutre en béton armé » [2]
et « Annexe : Plan de ferraillage d’une poutre en béton armé »).

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Composition d’un béton Béton armé 2

On obtient : α E = 5,78, A H = 354 cm², d E= 108 mm, X = 112 mm, I I = 1,52.10−4 m 4


Soit : Mcr = 4,52 kN.m

2-6/Identification de la charge correspondant à la première fissuration Qcr :

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