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Leçon 2 

: La formation des empires coloniaux (XVII-XVIII)

Problématique : Comment la formation des empires bouleverse-t-elle le rapport des européens


au monde ?

Document 1 : Les principaux empires au 17ème siècle


La France de la fin du XVIIe siècle a réussi à se constituer un grand empire colonial. L’empire peut
être divisé en trois zones géographiques, la Nouvelle-France, les Antilles, et les possessions sur la
route des Indes. Chacune de ces zones a ses ressources, son système administratif et commercial
qui lui est propre. Le but de la colonisation en Amérique du Nord est d’abord l’exploitation des aires de
pêche, mais aussi la traite des fourrures avec les Indiens et l’exploitation du bois. Les Français
développent aussi dans la région l’agriculture sous l’impulsion de Jean Talon. L’installation a été
difficile, face à un peuplement épars que les autorités ont du mal à regrouper en villages. Bien que
leur nombre augmente fortement grâce à la politique de peuplement impulsée par Colbert, les colons
sont relativement peu nombreux comparé aux colonies britanniques d'Amérique du Nord. Les Antilles
sont d’abord pour les Français un lieu propice à la culture du tabac, mais rapidement l’implantation de
la canne à sucre permet de meilleurs profits. La production sucrière conditionne le développement
d’une société coloniale particulière. Au centre du système se trouve le riche colon et son exploitation
de canne à sucre. Des engagés sont envoyés de France travailler dans les plantations, dans des
conditions difficiles. Mais très vite l’esclavage se développe. Dans toutes les îles à la fin du siècle, plus
de la moitié de la population est composée d’esclaves. Ceux-ci dirigés par un commandeur, travaillent
dans les plantations dans des conditions atroces, pour des maîtres tout puissant. Le besoin d’esclaves
entraîne le développement de comptoirs français sur les côtes africaines. Les Antilles françaises sont
densément peuplées et on voit l’apparition de villes où se retrouvent colons et marchands, deux
classes souvent en opposition. Mais y sont présents aussi de nombreux flibustiers ou boucaniers. La
France d’abord lancée dans l’aventure américaine a délaissé l’Asie. La route du Cap de Bonne
Espérance est bien contrôlée par les Portugais puis par les Néerlandais. Pourtant les Français sont
intéressés par les marchandises asiatiques, épices et textiles qu’il est nécessaire de faire importer.
Les compagnies fondées par Richelieu tentent d’établir un commerce régulier avec les Indes mais
c’est un échec. La compagnie des Indes orientales créée par Colbert doit assurer le monopole des
importations françaises d’Asie. Il compte s’appuyer sur Madagascar colonisé alors par la France mais
c’est un échec, d’autant plus que cette colonisation manquée coûte très cher. En 1664, on colonise
l’île Bourbon, puis en 1715 l'Isle de France, qui servent d’étape aux navires de commerce et de guerre
sur la route des Indes. Enfin les Français s’installent en Inde et fondent un comptoir à Pondichéry, qui
devient dès la fin du XVIIe siècle un établissement commercial florissant pour les Français. De là, les
Français gagnent le commerce d’autres zones d’Asie comme le Bengale ou le Siam.

Document 2 : Le commerce colonial aux 17 et 18 ème siècles


Au XVIIIe siècle, maîtriser les océans permet aux principaux Etats européens (Angleterre, Espagne,
France, Portugal, Provinces Unies) d’affirmer leur puissance commerciale. La route maritime vers le
continent américain devient le lieu d’un commerce intensif. Les compagnies de commerce jouent un
rôle important dans ces échanges. Le commerce triangulaire est au cœur des échanges. C’est un
système qui relie le continent européen aux Amériques et aux Caraïbes. Les Européens déportent des
esclaves africains vers les Amériques. En retour, de nouveaux produits (sucre, café, tabac, cacao...)
sont exportés vers l’Europe où ils modifient les habitudes de consommation. Ce commerce repose
donc autant sur la commercialisation des produits que sur celle des femmes et des hommes africains.
Ce commerce maritime entraîne le développement de grands ports qui enrichissent des villes de la
façade Atlantique comme Nantes, Bordeaux, Londres ou Liverpool. Les négociants, les armateurs et
les marchands forment une nouvelle bourgeoisie qui investit son argent dans le commerce et vit dans
le luxe.

Document 3 : La naissance des grandes compagnies

Le 20 mars 1602, les marchands hollandais fondent ensemble la « Verenigde Oost Indische
Compagnie» (VOC ou Compagnie des Indes Orientales). Leur objectif est de commercer avec les
Indes orientales, c'est-à-dire les pays de l'océan Indien et de l'Insulinde, et d'en ramener les épices
sans lesquelles il n'est pas de bonne cuisine : clous de girofle, poivre, noix de muscade... L'idée leur
en est venue après qu'un jeune homme eût raconté à Amsterdam ses voyages dans les
établissements portugais de l'océan Indien.

La création de la VOC remédie à une concurrence qui fait chuter les cours et ruine les actionnaires. La
nouvelle compagnie reçoit le monopole du commerce avec les Indes ainsi que le droit d'y bâtir des
forts et d'y lever des troupes. En 1619, l'un de ses agents débarque à Djakarta et, avec une armée
privée, s'empare de l'île de Java. Djakarta est rebaptisée Batavia, d'après le nom latin des Pays-Bas
(la ville reprendra son ancien nom lors de l'indépendance de l'Indonésie, en 1948). De conquête en
conquête, la VOC va créer le deuxième empire colonial du monde après l'empire britannique (en
terme de richesse) ! Amsterdam devient la plaque tournante du fructueux commerce des épices et sa
Bourse des valeurs, prenant le pas sur celle d'Anvers, va très vite dominer le capitalisme naissant (la
Bourse tire son nom d'un marchand brugeois : van der Bursen).

Document 4 : Les empires coloniaux à la fin du 18ème

Les hostilités ont débuté deux ans avant la déclaration de guerre officielle avec une échauffourée
dans les forêts du Nouveau Monde : une poignée de Virginiens sous le commandement d'un certain...
George Washington (22 ans), attaque une délégation française et tue son chef, Jumonville, dans le
dessein de s'emparer de Fort-Duquesne, un fort qui tient la vallée de l'Ohio, la «  Belle Rivière  ». De
riposte en réaction, Londres, qui n'arrive pas à l'emporter sur terre, ordonne la saisie de 300 navires
de commerce français dans différents ports, partout dans le monde. La guerre générale devient dès
lors inéluctable... En prévision de celle-ci, le gouvernement anglais ne néglige aucune précaution.
C'est ainsi qu'il ordonne la déportation des Acadiens francophones susceptibles de trahir la couronne.

Se déroulant sur le continent européen mais aussi en Amérique, en Afrique, aux Indes et sur les mers,
en impliquant toutes les grandes puissances européennes, cette guerre sera a posteriori considérée
par les historiens comme la première guerre mondiale ! Elle est provoquée d'une part par l'amertume
des Français qui, dans la guerre de la Succession d'Autriche (1740-1748) ont « travaillé pour le roi de
Prusse » et sont, outre-mer, de plus en plus en concurrence avec les Anglais ; d'autre part par la soif
de revanche des Autrichiens qui se sont vus enlever la Silésie par le roi de Prusse Frédéric II pendant
la guerre précédente.

La paix va venir des dissensions internes et de la lassitude, principalement en Angleterre. Les


pourparlers sont suspendus du fait de l'entrée en guerre de l'Espagne aux côtés de la France et la
guerre ne se terminera qu'en 1763 avec deux traités, à Paris et Hubertsbourg, qui dessineront pour un
siècle et demi le nouveau visage de l'Europe. La guerre a affaibli les finances des états comme
l’Angleterre, lourdement endettée, qui décide de taxer les colons américains.

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