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L'objet de cette brochure est d'aider

le chef d'entreprise et le préventeur :


agent de sécurité, médecin du travail,
membre de comité d'hygiène, de sécurité
et des conditions de travail, à résoudre
un problème de bruit dans l'entreprise.

Le succès d'une action de réduction du bruit


dépend pour une large part de la pertinence
de l'analyse des situations de travail réelles
des opérateurs exposés. Au cœur de l'entreprise,
le préventeur est donc un acteur privilégié
dans la préparation, le suivi, la vérification,
voire la conduite des actions d'insonorisation.

La démarche de prévention proposée


est en conformité avec les textes
réglementaires. Elle cherche à créer
une dynamique d'action plutôt
que de délivrer des contenus techniques.
La plupart des solutions techniques existantes
et les différentes méthodes de mesurage
sont néanmoins évoquées.

Réduire le bruit
dans l’entreprise

Institut national de recherche et de sécurité


pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles

30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00
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Fax 01 40 44 30 99 Internet : www.inrs.fr e-mail : info@inrs.fr

Édition INRS ED 808


1re édition (1997) • réimpression octobre 2003 • 5 000 ex. • ISBN 2-7389-0571-4
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L’Institut national de recherche et de sécurité adressez-vous au service prévention de votre CRAM ou CGSS.
(INRS) est une association déclarée sans but
lucratif (loi du 1er juillet 1901), constituée sous
l’égide de la Caisse nationale de l’assurance Services prévention des CRAM
maladie. Il est placé sous la tutelle
des pouvoirs publics et le contrôle financier ALSACE-MOSELLE BRETAGNE NORD-EST
de l’État. Son conseil d’administration est (67 Bas-Rhin) (22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère, (08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne,
35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan) 52 Haute-Marne, 54 Meurthe-et-Moselle,
composé en nombre égal de représentants 14 rue Adolphe-Seyboth
236 rue de Châteaugiron 55 Meuse, 88 Vosges)
du Mouvement des entreprises de France BP 392 81 à 85 rue de Metz
67010 Strasbourg cedex 35030 Rennes cedex
et des organisations syndicales de salariés. tél. 02 99 26 74 63 54073 Nancy cedex
tél. 03 88 14 33 00 tél. 03 83 34 49 02
fax 03 88 23 54 13 fax 02 99 26 70 48
L’INRS apporte son concours aux services fax 03 83 34 48 70
ministériels, à la Caisse nationale (57 Moselle) CENTRE
de l’assurance maladie, aux Caisses (18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre, NORD-PICARDIE
3 place du Roi-George 37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret) (02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise,
régionales d’assurance maladie, aux comités BP 31062 62 Pas-de-Calais, 80 Somme)
36 rue Xaintrailles
d’hygiène, de sécurité et des conditions 57036 Metz cedex 1 11 allée Vauban
45033 Orléans cedex 1
de travail, aux entreprises, enfin à toute tél. 03 87 66 86 22 tél. 02 38 79 70 00 59662 Villeneuve-d’Ascq cedex
personne, employeur ou salarié, qui fax 03 87 55 98 65 fax 02 38 79 70 30 tél. 03 20 05 60 28
s’intéresse à la prévention. L’INRS recueille, fax 03 20 05 63 40
élabore et diffuse toute documentation (68 Haut-Rhin) CENTRE-OUEST
intéressant l’hygiène et la sécurité du travail : 11 avenue De-Lattre-de-Tassigny (16 Charente, 17 Charente-Maritime, NORMANDIE
brochures, dépliants, affiches, films, BP 488 19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres, (14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche,
68020 Colmar cedex 86 Vienne, 87 Haute-Vienne) 61 Orne, 76 Seine-Maritime)
renseignements bibliographiques... Il forme 4 rue de la Reynie Avenue du Grand-Cours, 2022 X
des techniciens de la prévention et procède tél. 03 89 21 62 20
fax 03 89 21 62 21 87048 Limoges cedex 76028 Rouen cedex
en son centre de recherche de Nancy aux tél. 05 55 45 39 04 tél. 02 35 03 58 21
études permettant d’améliorer les conditions fax 05 55 79 00 64 fax 02 35 03 58 29
AQUITAINE
de sécurité et l’hygiène de travail. (24 Dordogne, 33 Gironde,
40 Landes, 47 Lot-et-Garonne, ÎLE-DE-FRANCE PAYS DE LA LOIRE
Les publications de l'INRS sont distribuées 64 Pyrénées-Atlantiques) (75 Paris, 77 Seine-et-Marne, (44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire,
par les Caisses régionales d'assurance 80 avenue de la Jallère 78 Yvelines, 91 Essonne, 53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
33053 Bordeaux cedex 92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-Saint-Denis, 2 place de Bretagne
maladie. Pour les obtenir, adressez-vous 94 Val-de-Marne, 95 Val-d’Oise)
tél. 05 56 11 64 00 BP 93405, 44034 Nantes cedex 1
au service prévention de la Caisse régionale 17-19 place de l’Argonne tél. 02 51 72 84 00
fax 05 56 39 55 93
de votre circonscription, dont vous trouverez 75019 Paris fax 02 51 82 31 62
l’adresse en fin de brochure. tél. 01 40 05 32 64
AUVERGNE
fax 01 40 05 38 84 RHÔNE-ALPES
(03 Allier, 15 Cantal, 43 Haute-Loire,
63 Puy-de-Dôme) (01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme,
48-50 boulevard Lafayette LANGUEDOC-ROUSSILLON 38 Isère, 42 Loire, 69 Rhône,
63058 Clermont-Ferrand cedex 1 (11 Aude, 30 Gard, 34 Hérault, 73 Savoie, 74 Haute-Savoie)
Les Caisses régionales d’assurance maladie 48 Lozère, 66 Pyrénées-Orientales) 26 rue d’Aubigny
tél. 04 73 42 70 22
Les Caisses régionales d’assurance maladie 29 cours Gambetta 69436 Lyon cedex 3
fax 04 73 42 70 15
disposent, pour diminuer les risques 34068 Montpellier cedex 2 tél. 04 72 91 96 96
professionnels dans leur région, tél. 04 67 12 95 55 fax 04 72 91 97 09
BOURGOGNE et FRANCHE-COMTÉ
d’un service prévention composé fax 04 67 12 95 56
(21 Côte-d’Or, 25 Doubs, 39 Jura,
d’ingénieurs-conseils et de contrôleurs 58 Nièvre, 70 Haute-Saône, SUD-EST
de sécurité. Par les contacts fréquents que 71 Saône-et-Loire, 89 Yonne, MIDI-PYRÉNÉES (04 Alpes-de-Haute-Provence,
90 Territoire de Belfort) (09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne, 05 Hautes-Alpes, 06 Alpes-Maritimes,
ces derniers ont avec les entreprises, ils sont ZAE Cap-Nord 32 Gers, 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées, 13 Bouches-du-Rhône, 2A Corse Sud,
à même non seulement de déceler les risques 38 rue de Cracovie 81 Tarn, 82 Tarn-et-Garonne) 2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
professionnels particuliers à chacune d’elles, 21044 Dijon cedex 2 rue Georges-Vivent 35 rue George
mais également de préconiser les mesures tél. 03 80 70 51 22 31065 Toulouse cedex 9 13386 Marseille cedex 5
préventives les mieux adaptées aux différents fax 03 80 70 51 73 tél. 05 62 14 29 30 tél. 04 91 85 75 66
postes dangereux et d’apporter, par leurs fax 05 62 14 26 92 fax 04 91 85 79 01
conseils, par la diffusion de la documentation
éditée par l’Institut national de recherche
et de sécurité, une aide particulièrement
efficace à l’action des comités d’hygiène, Services prévention des CGSS
de sécurité et des conditions de travail.
GUADELOUPE GUYANE LA RÉUNION MARTINIQUE
Immeuble CGRR Espace Turenne Radamonthe 4 boulevard Doret Quartier Place-d’Armes
Rue Paul-Lacavé Route de Raban, BP 7015 97405 Saint-Denis cedex 97210 Le Lamentin cedex 2
97110 Pointe-à-Pitre 97307 Cayenne cedex tél. 02 62 90 47 00 tél. 05 96 66 51 31
tél. 05 90 21 46 00 tél. 05 94 29 83 04 fax 02 62 90 47 01 05 96 66 51 33
fax 05 90 21 46 13 fax 05 94 29 83 01 fax 05 96 51 81 54
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et d’une amende de 150 000 euros (article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).

© INRS, 2003.
Réduire le bruit
dans l’entreprise

Michèle Lefebvre

ED 808
Le bruit assassine les pensées.
Nietzsche, le Gai Savoir.

Brochure réalisée par Michèle Lefebvre


en collaboration avec Jean Jacques, chargé de mission “normalisation en acoustique”,
et la participation des acousticiens de l’INRS.
SOMMAIRE

Avant-propos ............................................................................................................................................ 5

1. Objectif minimal : réduire les décibels ........................................................................ 7


1.1. Un cadre réglementaire européen ............................................................................................ 8
1.2. La réglementation française sur le bruit en milieu professionnel ........................................ 9

2. Convaincre tous les acteurs de l’entreprise ..................................................


de l’intérêt de la prévention ..................................................................................
2.1. Associer l’encadrement et la maîtrise ........................................................................................ 12
2.2. Sensibiliser les salariés .................................................................................................................. 14

3. Mesurer le bruit reçu par les salariés .......................................................................... 29


3.1. Repérer les salariés exposés ........................................................................................................ 30
3.2. Faire appel à un organisme extérieur pour le mesurage ...................................................... 31
3.3. Analyser les situations de travail ................................................................................................ 32
3.4. Procéder aux mesurages ............................................................................................................ 34

4. Impulser les premières actions .......................................................................................... 41


4.1. Organiser la prévention médicale .............................................................................................. 42
4.2. Faire utiliser les protecteurs individuels adaptés .................................................................... 43
4.3. Mettre en place une signalisation des locaux bruyants ........................................................ 48

5. Analyser la situation .................................................................................................................... 53


5.1. Etablir un bilan de l’émission sonore ........................................................................................ 54
5.2. Etudier le comportement acoustique du local ........................................................................ 56

6. S’informer sur les solutions possibles .......................................................................... 59


6.1. Réduire le bruit à la source .......................................................................................................... 60
6.2. Acheter silencieux ........................................................................................................................ 62
6.3. Agir sur la propagation des ondes sonores ............................................................................ 63

7. Etablir, engager et conduire un plan d’action ...................................................... 75


7.1. Préciser les améliorations souhaitées ........................................................................................ 76
7.2. Simuler les performances des diverses solutions .................................................................... 78
7.3. Prévoir un temps d’appropriation des modifications ............................................................ 79
7.4. Organiser le suivi des travaux .................................................................................................... 80
7.5. Faire que l’action de réduction du bruit garde son efficacité .............................................. 80
7.6. Bénéficier d’aides financières ...................................................................................................... 81

Annexes ........................................................................................................................................................ 83
1. Les différents acteurs de la prévention ........................................................................................ 83
2. L’examen audiométrique ................................................................................................................ 85
3. Reconnaître les surdités professionnelles .................................................................................... 86
4. Méthodes de mesurage .................................................................................................................. 89
Index - Fiches-outils - Bibliographie - Adresses utiles ...................................................................... 91

3
AVANT-PROPOS

L’objet de cette brochure est d’aider le chef d’entreprise et le préventeur, agent de


sécurité, médecin du travail, membre de Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions
de travail, à résoudre un problème de bruit dans l’entreprise.

Elle propose une démarche de prévention en conformité avec les textes réglementaires.
Poussées par la nouvelle législation en matière de bruit, de nombreuses entreprises
souhaitent en effet engager une action pour réduire l’exposition de leurs salariés à cette
nuisance.

Des intervenants extérieurs ou consultants en acoustique sont en mesure d’apporter leur


concours et leur conseil, de formuler et de mettre en place des propositions d’actions qui
prennent en compte l’activité de l’entreprise et ses caractéristiques techniques et
économiques.
Parmi eux, les ingénieurs et contrôleurs des services prévention des Caisses régionales
d’assurance maladie peuvent réaliser sur les lieux de travail même des mesures de niveaux
sonores et guider l’entreprise dans le choix des actions de prévention ou de correction
appropriées.

Le préventeur de l’entreprise a néanmoins un rôle très important. Le succès d’une action


de réduction du bruit dépend en effet pour une large part de la pertinence de l’analyse
des situations de travail réelles et non seulement théoriques des opérateurs exposés.
Au cœur de l’entreprise, le préventeur connaît les déplacements et les modes opératoires
effectifs des opérateurs au cours de leurs activités. Il est, pour cette raison, un acteur
privilégié qui sera en mesure d’observer, écouter, recueillir les avis des intéressés, et apprécier
les chances de réussite des actions projetées. Il est en outre la personne la mieux placée pour
sensibiliser et convaincre tous les autres partenaires de l’intérêt d’une action préventive,
et surtout les opérateurs sans l’adhésion et la participation desquels toute action
est vouée à l’échec.

Cette brochure n’est pas un ouvrage technique sur le bruit. La démarche préventive proposée
cherche à créer une dynamique d’action plutôt que de délivrer des contenus techniques.
La plupart des solutions techniques existantes et les différentes méthodes de mesurage
sont néanmoins évoquées, le préventeur d’entreprise devant avoir un rôle important à jouer
dans le suivi, la vérification, voire la conduite des actions d’insonorisation.

La démarche proposée ne constitue bien sûr pas une recette universelle.


Chaque entreprise a ses particularités et ne ressemble à nulle autre.

5
OBJECTIF MINIMAL : RÉDUIRE LES DÉCIBELS 1
Le bruit constitue une nuisance majeure pour de nombreuses
activités professionnelles. A partir d’un certain niveau
d’exposition sonore quotidienne, les opérateurs encourent des
risques de lésions auditives qui, à long terme, peuvent
être irréversibles.

Des dispositions réglementaires ont été prises afin de protéger


les travailleurs exposés et de réduire les niveaux de risque.
Elles portent sur trois domaines :
- la protection des travailleurs,
- la réduction du bruit émis par les machines
et les équipements professionnels,
- la conception des locaux de travail.

La réduction du bruit en milieu professionnel n’incombe plus


aux seuls chefs d’établissements. Les nouveaux textes font
participer à l’objectif de réduction du bruit les constructeurs
de machines ou d’équipements industriels et les concepteurs
de locaux industriels.

7
1.1. UN CADRE machines, des normes-guides sur la conception de
RÉGLEMENTAIRE machines et de lieux de travail à bruit réduit ainsi que
sur la prévision des niveaux sonores, des méthodes de
EUROPÉEN mesurage de la performance acoustique des moyens de
réduction du bruit sur le site.

■ Des objectifs généraux L’INTÉRÊT DES NORMES


- Elles constituent des documents de référence fixant
Il s’agit de :
un langage commun entre des partenaires d’un même
- sensibiliser l’ensemble des partenaires industriels à la
pays (normes nationales), d’un même ensemble
lutte contre le bruit sur les lieux de travail et leur faire
de pays (normes européennes à l’élaboration
connaître les moyens de la pratiquer efficacement,
desquelles participent non seulement les pays de
- promouvoir la prévention du bruit à la conception des
l’Union européenne mais aussi ceux de l’association
machines,
européenne de Libre échange) ou de l’ensemble
- faire entrer dans les meilleures conditions possibles les
de la planète (normes internationales).
constructeurs de machines parmi les acteurs de la
- Elles sont le témoignage de l’état des connaissances
lutte,
sur un sujet.
- réduire, in fine, le bruit sur les lieux de travail, en
- Elles reflètent un consensus technique et politique
développant la prévention dès la conception,
sur un sujet précis.
- assurer, lorsqu’il faut avoir recours à la protection indi-
- Elles témoignent de volontés mutuelles de se mettre
viduelle, le choix des protecteurs de l’ouïe les mieux
d’accord (même si des intérêts divers, voire divergents,
adaptés.
entraînent des compromis).
- Elles sont un moyen puissant de valorisation
■ Des exigences harmonisées des résultats de recherche appliquée.
par des directives - Elles sont utilisées par les laboratoires ou les centres
agréés pour contrôler la conformité des produits.
La directive 86/188/CEE du 12 mai 1986, dite
“directive bruit”, concerne la protection des
travailleurs contre les risques dus à
l’exposition au bruit.

La directive 89/392/CEE du 14 juin 1989, dite


“directive machines”, concerne la sécurité des
machines et spécifie les exigences à respecter
notamment en matière de bruit émis. LES NORMES SONT-ELLES
D’APPLICATION OBLIGATOIRE ?
La directive 89/686/CEE du 21 décembre 1989
rapproche les législations des Etats membres relatives Les normes, même européennes,
aux équipements de protection individuelle. sont d’application volontaire. En
revanche, la reprise en norme nationale
des normes européennes par les pays de
■ Des normes qui précisent l’Union européenne est obligatoire. Ainsi,
les spécifications techniques toute norme française en désaccord avec une
norme européenne doit être annulée.
Elles constituent un prolongement opérationnel de la
réglementation et permettent la réalisation des objec-
tifs visés en mettant à la disposition des construc-
teurs et des entreprises, des éléments méthodo-
logiques et des informations techniques, des
méthodes de mesurage du bruit émis et du
bruit reçu, une méthodologie pour compa-
rer les valeurs d’émission sonore des

8
1.2. LA RÉGLEMENTATION FRANÇAISE
SUR LE BRUIT EN MILIEU PROFESSIONNEL

Référence
du Code du travail

1. Protection des travailleurs contre le bruit


Décret n° 88-405 du 21 avril 1988, titre I
Commentaires relatifs à l’application de ce décret : circulaire du 6 mai 1988
Principes généraux de prévention : art. R. 232-8
Contrôle de l’exposition au bruit : art. R. 232-8-1
arrêté d’application du 22 avril 1988
Prévention technique collective : art. R. 232-8-2
Protection individuelle : art. R. 232-8-3
Surveillance médicale : art. R. 232-8-4
arrêté d’application du 31 janvier 1989
Information et formation : art. R. 232-8-5
Dispositions particulières à certains travaux spécifiques : art. R. 232-8-6
Mises en demeure : art. R. 232-8-7
arrêté d’application du 22 avril 1988

2. Réduction du bruit des machines


Décret n° 92-767 du 29 juillet 1992
Risques dus au bruit art. R. 233-84
Notice d’instructions

3. Insonorisation des locaux de travail


Décret n° 88-930 du 20 septembre 1988
Insonorisation : art. R. 235-2-11
arrêté d’application du 30 août 1990

La réglementation française s’inscrit dans le cadre réglementaire européen.

9
CONVAINCRE TOUS LES ACTEURS DE
L’ENTREPRISE DE L’INTÉRÊT DE LA PRÉVENTION 2
Entreprendre une démarche de réduction de l’exposition
au bruit lorsqu’on se situe au-delà des seuils réglementaires
est une obligation légale qui permet d’éviter la survenance
de surdités professionnelles. Une telle démarche s’inscrit dans
le cadre général de l’amélioration des conditions de travail.

Sans une volonté clairement affichée de la direction


et l’adhésion de l’ensemble du personnel de l’entreprise,
une action de réduction du bruit dans les locaux de travail a peu
de chances d’aboutir. Pour être efficace, elle nécessite en effet
des moyens, du temps, un investissement humain
et un investissement financier qui peut être important.

11
2.1. ASSOCIER Dans les situations de travail, le fait de ne pas pouvoir
L’ENCADREMENT parler normalement à cause d’une ambiance trop sono-
re, de communiquer par gestes ou en lisant sur les
ET LA MAÎTRISE lèvres, peut gêner la compréhension des messages
indispensables à l’activité, voire entaîner une distorsion
Une action de réduction du bruit dans l’entreprise ne
de leur contenu.
peut être menée qu’avec une implication forte de l’en-
cadrement et de la maîtrise. D’abord parce qu’ils sont
Le climat social est très dépendant de la qualité des
eux-mêmes concernés par la surdité professionnelle,
relations interpersonnelles. Celles-ci favorisent le réseau
même s’ils n’en ont pas toujours conscience, ensuite
relationnel qui cimente le collectif de travail. Elles ont
parce qu’ils sont les interlocuteurs habituels des opéra-
aussi, parce qu’elles permettent de rompre la monoto-
teurs.
nie des tâches, une incidence certaine sur la vigilance,
l’attention et en conséquence sur la qualité du travail.
Il faudra donc susciter chez eux une prise de conscien-
ce réelle et en profondeur du risque d’exposition au
bruit.
• Le bruit empêche la concentration
et donc nuit à la qualité du travail
Le bruit diminue la capacité d’attention globale. Le cer-
■ Le bruit a une incidence sur veau humain ne peut concentrer son attention que sur
la compétitivité de l’entreprise une certaine quantité de signaux qui lui parviennent
des organes des sens. La présence de bruit diminue
• A long terme, le bruit provoque donc l’efficacité des autres sens.
des surdités professionnelles
Elles sont la conséquence d’une exposition prolongée, Pour des tâches qui exigent un niveau d’attention élevé,
souvent pendant plusieurs années, à des niveaux de même si, dans un premier temps, le bruit peut avoir un
pression sonore élevés. Leurs causes et effets sont évo- effet “activateur”, l’opérateur devra augmenter son
qués dans les pages suivantes. niveau de vigilance au prix d’un effort supplémentaire.
Si la quantité d’information présentée globalement par
• Le bruit dégrade les relations une situation excède ses facultés d’attention, il se trou-
interpersonnelles et donc le climat social ve alors contraint d’effectuer des choix perceptifs prio-
ritaires. Il délaisse certains aspects secondaires de sa
L’audition est le premier sens qui assure notre contact
tâche au profit des aspects qu’il juge plus importants.
avec les autres. L’oreille, mécanisme d’alerte d’une sen-
Ce faisant, il augmente les risques d’erreurs.
sibilité exceptionnelle, nous permet, en liaison avec
l’oeil, de percevoir le monde extérieur. Facteur de
notre équilibre, elle nous transmet les
éléments indispensables à notre Le climat social est très dépendant de la qualité des relations interpersonnelles.
localisation dans l’espace.

Même à des intensités


moyennes (55 dB(A)),
le bruit isole du
monde extérieur.
La non-perception
du langage rend
impossible
l’expression et
la réponse à
l’autre, en un
mot le bruit
empêche la
communication.

12
■ Le bruit favorise la survenance L’organisme interprète la présence de bruit comme le
d’incidents ou d’accidents signal d’un danger créateur d’angoisse et de stress. A
la longue, des réactions répétitives provoquent des
• Par son effet de masque, déséquilibres : le coeur bat un peu trop vite, la pres-
il peut couvrir des messages d’alerte sion sanguine est trop élevée, la digestion est ralen-
tie... Ces dérèglements de l’équilibre de l’organisme
Le bruit rend difficile la communication verbale parce
peuvent contribuer au bout de plusieurs années à des
qu’il noie le message délivré. Le pouvoir masquant
problèmes plus graves : apparition et évolution d’hy-
d’un son est d’autant plus grand que sa fréquence est
pertension artérielle, maladies cardiaques, désordres
plus basse (son grave) et plus proche de celle du
de la digestion, ulcères d’estomac... Ce stress est
son masqué.
cause également de difficultés et de perturbations du
sommeil et provoque une réduction de l’activité
Le bruit peut avoir des conséquences graves sur la
immunologique de l’organisme qui le rend plus vulné-
sécurité des travailleurs : il peut couvrir la perception
rable aux infections de toutes sortes.
d’un ordre, d’un signal d’alarme, d’un cri avertissant
d’un danger imminent...

Le bruit peut couvrir la perception d’un signal d’alarme.

LE BRUIT AGIT SUR LA TENSION MUSCULAIRE.


La preuve en est : il nous fait sursauter quand il est
soudain. Cette plus grande tension musculaire passe
souvent inaperçue, mais elle se manifeste tout de
même à la fin de la journée par une plus grande
fatigue. Cette augmentation de la tension musculaire
peut gêner l’exécution de certains mouvements
et en altérer la précision.

Tous ces effets peuvent en outre se cumuler ou aggra-


LE BRUIT PEUT ENGENDRER
ver des troubles dus à d’autres nuisances.
UN ACCIDENT DU TRAVAIL

C’est le cas de la surdité traumatique, rare certes mais Le bruit est cause de fatigue, il agit notamment sur le système nerveux.
reconnue comme accident du travail. Elle peut être
provoquée par une exposition courte mais violente à des
bruits très impulsifs.
Une explosion, par exemple, peut occasionner des dégâts
considérables : luxation des osselets, hémorragie interne...
et entraîner une surdité définitive en détruisant immédia-
tement et irrémédiablement les cellules de l’oreille interne.

■ En altérant la santé,
le bruit est source d’absentéisme
Si ses effets à long terme sur la santé sont encore mal
quantifiés, on sait cependant que le bruit est cause de
fatigue et qu’il agit sur les systèmes nerveux, cardio-vas-
culaire et digestif.

13
■ Prévenir les surdités 2.2. SENSIBILISER
pour en limiter le coût LES SALARIÉS
• Les surdités coûtent cher à l’entreprise Cette étape est d’une importance capitale :
S’il est difficile d’estimer le coût social et humain pour
les travailleurs atteints de surdité, on peut évaluer les - pour que les salariés deviennent eux-mêmes
conséquences financières pour l’entreprise. acteurs, pour une part, de leur propre
prévention,
La rente pour surdité professionnelle est à la charge
exclusive des employeurs. Elle a pour objet de compen-
ser la perte de salaire entraînée par l’incapacité perma- - pour qu’ils mesurent la réalité du risque
nente reconnue. Son montant est calculé en encouru et prennent connaissance de quelques
fonction du préjudice subi et du principes qui leur permettent de comprendre
salaire de l’intéressé. ensuite le choix des solutions retenues,

- pour qu’ils soient en mesure de participer à


Pour l’entreprise, le coût moyen d’une la recherche et à la mise en place des solutions,
surdité professionnelle s’élève à
600 KF. La surdité professionnelle - pour qu’ils puissent adhérer aux solutions
représente actuellement près de retenues.
33 % des rentes versées par la
Sécurité sociale pour la réparation de
l’ensemble des maladies professionnelles. La sensibilisation peut se faire lors de stages
ou de réunions ou, de façon plus informelle,
à l’occasion de l’analyse de la situation
et des mesurages acoustiques.

• L’intérêt de la prévention sous l’angle


■ Faire prendre conscience
économique de l’ampleur du problème
La prévention, par les coûts de réparation qu’elle per- L’article R. 232-8-5 du Code du travail stipule :
met d’éviter et par les charges directes et indirectes “Lorsque l’exposition sonore quotidienne subie
qu’elle économise, présente un intérêt économique par un travailleur dépasse les seuils de 85 décibels A
indéniable. (et de 135 décibels pour un niveau de pression
acoustique de crête), les travailleurs concernés
Aux avantages financiers, s’ajoute souvent une amélio- reçoivent une information et une formation adéquates,
ration de la productivité au travail. En effet, en rédui- avec le concours du médecin du travail, en ce qui
sant le bruit, on améliore les conditions de travail, quel- concerne :
quefois on traite en même temps d’autres nuisances a) les risques résultant, pour leur ouïe, de l’exposition
(chaleur, poussière...). au bruit,
b) les moyens mis en oeuvre pour prévenir ces risques,
Dans la plupart des cas, la diminution de l’exposition au notamment en appliquant un programme de mesures
bruit permet en outre de réduire le coût de la sur- de nature technique ou d’organisation du travail,
veillance médicale de l’audition. c) l’obligation de se conformer aux mesures de
prévention et de protection prévues par le règlement
Cependant, contrairement aux accidents, les efforts intérieur ou les consignes,
consentis ne se traduisent pas toujours par des résul- d) le port et les modalités d’utilisation des protecteurs
tats notables à court terme et l’entreprise ne perçoit individuels,
pas nécessairement tout de suite concrètement les e) le rôle de la surveillance médicale de la fonction
résultats de ses efforts de prévention du point de vue auditive.”
sanitaire et financier.
14
• Un salarié sur cinq déclare être gêné NUMÉRO ET NATURE DES TABLEAUX DE MALADIES
pour communiquer avec ses collègues PROFESSIONNELLES (NOMBRE DE CAS)
57 - Affections périarticulaires ............................ 61,69
L’enquête du ministère du Travail menée en 1991 (13 385)
porte sur l’évaluation des salariés quant à leurs 30 - Affections causées ...................................... 13,56
par les poussières d’amiante (2 943)
possibilités de communiquer oralement dans le
98 - Affections chroniques du rachis .................. 7,66
bruit durant leur travail. Un questionnaire a été lombaire dues aux charges lourdes (1 661)
proposé à 18 000 salariés, répartis en 18 secteurs 42 - Affections provoquées par les bruits .......... 2,93
d’activités de l’industrie, du bâtiment et des tra- (635)
vaux publics et des services (ont été exclus les 97 - Affections chroniques du rachis .................. 1,83
lombaire dues aux vibrations (396)
salariés de l’agriculture et de la fonction publique), 30bis - Cancers broncho-pulmonaires par 1,77
composant un échantillon représentatif des sala- l’inhalation de poussières d’amiante (384)
riés en France. 25 - Pneumoconioses consécutives .................... 1,39
à l’inhalation de silice (301)
65 - Lésions eczématiformes .............................. 1,38
Pour estimer l’influence du bruit sur les conditions de mécanisme allergique (299)
de travail, le choix suivant a été proposé : 66 - Affections respiratoires ................................ 1,24
“Quand vous travaillez, si une personne, placée à 2 de mécanisme allergique (270)
69 - Affections provoquées par les vibrations ....
ou 3 mètres de vous, vous adresse la parole : de certaines machines-outils (179)
0,82

a) vous l’entendez si elle parle normalement, 8 - Affections provoquées .................................... 0,81


b) vous l’entendez à condition qu’elle élève la voix, par les ciments (176)
c) vous ne pouvez pas l’entendre.” 79 - Lésions chroniques du ménisque ................ 0,47
(101)
36 - Maladies dues aux huiles, graisses ............ 0,46
Cette évaluation dépend du bruit reçu, des pertes d’origine minérale ou de synthèse (99)
d’audition éventuelles, de l’isolement du poste de 62 - Affections provoquées ................................ 0,43
par les isocyanates organiques (94)
travail et demeure subjective.
47 - Affections provoquées par les bois .............. 0,41
Sur 13,5 millions de salariés, 21,3 % déclarent ne (89)
pas pouvoir entendre une personne qui leur parle 95 - Maladies de mécanisme allergique ............ 0,28
ou ne pouvoir l’entendre que si elle élève la voix. par le latex (61)
Plus d’un salarié sur 5 se déclare donc gêné pour 51 - Maladies provoquées par les résines .......... 0,26
époxydiques (57)
communiquer avec un collègue situé à proximité, 84 - Affections dues aux solvants ...................... 0,25
ce qui permet de penser qu’un salarié sur cinq organiques liquides (55)
serait exposé à des bruits trop intenses. Autres tableaux (512) ........................................ 2,36

Pourcentage par rapport au nombre total


de maladies professionnelles (21 697)
0% 5% 10% 15% 20%

Maladies professionnelles constatées en 2000.


Répartition en nombre et en pourcentage suivant les différents tableaux.

Evolution du nombre
de surdités professionnelles
constatées entre 1985
et 2000
(CNAMTS, régime général).

15
• Les médecins Secteur Proportion de salariés exposés à un bruit Proportion de salariés exposés à
du travail estiment d’activité supérieur à 85 dbA en pourcentage des nuisances sonores en pourcentage
que plus de 27 %
des salariés sont Agriculture, sylviculture, pèche 34,7 Secteur d’activité économique
Industrie 42,9
exposés à des Industrie 26,0 Construction 46,3
bruits de plus Industries agricoles et alimentaires 22,6 Tertiaire 16,5
de 85 dB(A) Habillement, cuir ns Agriculture 46,9
Editions, imprimerie, reproduction 14,8
Les médecins du travail Pharmacie, parfumerie et entretien ns Catégorie socioprofessionnelle
furent invités par le Industries des équipements du foyer 21,6 Cadres et prof. intell. supérieures 10,4
ministère du Travail en Industrie automobile 31,9 Professions intermédiaires 22,0
1994 à apprécier les dif- Construction navale, aéronautique et ferroviaire 18,1 Employés 12,8
Industrie des équipements mécaniques 34,4 Ouvriers 46,7
férents risques profes- Industrie des équipements électriques et électroniques ns
sionnels auxquels sont Industrie des produits minéraux 35,9 Taille de l’établissement
soumis les salariés. Industrie textile 27,4 1 à 9 salariés 23,0
L’enquête (SUMER - Industrie du bois et du papier 49,4 10 à 49 salariés 25,6
Surveillance médicale Chimie, caoutchouc, plastiques 26,0 50 à 199 salariés 30,8
Métallurgie et transformation des métaux 39,6 200 à 499 salariés 30,9
des risques) fut menée Industrie des composants électriques et électroniques 14,6 500 salariés et plus 31,1
par questionnaire. La Energie 26,0
population étudiée (12 Ensemble des salariés 27,4
millions de salariés) Construction 28,2
recouvre le même
Tertiaire 3,5
champ que l’enquête
précédente (les mêmes ns : non significatif (effectifs trop faibles) source : MTAS-DARES, enquête SUMER 94
18 secteurs). L’enquête
montre que plus de On constate des pourcentages très élevés dans les secteurs
27 % des salariés sont de la métallurgie, de la fonderie et du travail des métaux.
considérés par les méde-
cins du travail comme acoustiques transmises de proche en proche par le
exposés à des bruits milieu ambiant. Ces dernières se compriment, se dila-
supérieurs à 85 dB(A). tent et vibrent de proche en proche jusqu’à l’oreille,
provoquant la sensation de bruit après mise en vibra-
• Plus de 600 surdités professionnelles tion de la membrane du tympan.
sont reconnues chaque année
• Les bruits sont des sons indésirables
Le nombre des surdités reconnues par le régime géné-
ral de la Sécurité sociale a été de 613 en 2000 (statis- Pour l’Organisation internationale de normalisation
tiques CNAMTS). C’est la troisième cause des maladies (ISO), le bruit est “un phénomène acoustique produi-
professionnelles. sant une sensation auditive considérée comme gênante
et désagréable”.
L’Association française de normalisation (AFNOR) qua-
lifie de bruit “toute sensation auditive désagréable ou
■ Donner des notions élémentaires gênante, tout phénomène acoustique produisant cette
sur le bruit sensation”.
• Le bruit, une vibration dont les effets se
propagent jusqu’au cerveau Le bruit est une
vibration de l’air
Un son est le résultat de la vibration d’un corps provoquée par un
solide, liquide ou gazeux. Mis en mouvement, ou plusieurs sons.
la membrane du haut-parleur, la corde de Elle se propage
guitare, les pales du ventilateur, l’échappe- en ondes un peu
comme celles que
ment d’air comprimé... produisent l’oscilla- provoque le jet
tion des molécules d’air autour de leur d’un caillou à la
point d’équilibre et engendrent des ondes surface de l’eau.

16
Cette notion de gêne ou de désagrément est bien sûr joue le rôle d’adaptateur entre le milieu aérien (oreille
très subjective. Ainsi une musique, agréable pour externe) et le milieu liquide (oreille interne).
ceux qui ont choisi de l’écouter, sera vécue comme
insupportable par les voisins. En matière de bruit, les Elle protège également le système auditif de certains
sons que nous subissons paraissent toujours plus bruits trop intenses en réduisant leur transmission à
détestables que ceux que nous choisissons l’oreille interne.
de notre plein gré.
• L’oreille interne est un “ampli-tuner”
Elle est constituée de sacs membraneux remplis de
Le bruit est le résultat d’une vibration. liquides : la partie vestibulaire qui enferme les sacules et
Prenez un élastique entre deux doigts. les canaux semi-circulaires, organes de l’équilibre, et la
Quand vous le tendez et le relâchez, la vibration cochlée, organe perceptif des sons. Enroulée sur elle-
est visible et le son produit facilement audible. même, la cochlée ressemble à un minuscule coquillage,
Posez un doigt sur votre gorge et parlez. on l’appelle aussi limaçon. Elle est divisée sur toute sa
Les vibrations que l’on perçoit correspondent longueur en deux rampes :
au va-et-vient des ondes sonores. - la rampe vestibulaire (fermée par une membrane
souple, la fenêtre ovale),
- la rampe tympanique (fermée par une membrane
souple, la fenêtre ronde).
Ces deux rampes sont séparées par une membrane
• L’oreille externe capte les sons souple, la membrane basilaire, qui suppor te
Elle est une simple structure d’amplification, de protec- l’organe de Corti : il comprend environ 20 000 cellules
tion et de résonance. Elle comprend le pavillon et le ciliées recouvertes d’une masse gélatineuse épaisse, la
conduit auditif. membrane tectoriale.
Le pavillon capte les sons et contribue à leur localisa-
tion spatiale. Les ondes sonores captées se propagent Les cellules ciliées amplifient les vibrations sonores et
par le conduit auditif. les sélectionnent par fréquence, de la plus grave à la
Long de 2,5 cm environ, ce conduit, que ferme le tym- plus aigüe. Par l’intermédiaire de médiateurs chimiques,
pan, amplifie les fréquences moyennes, les plus utiles à elles délivrent au cerveau des impulsions électriques qui
la perception de l’environnement sonore et de
la parole en particulier, et protège égale-
ment le tympan.
Le tympan est une membrane
souple qui se déforme sous l’effet 1 2 3
des ondes sonores comme le fait
la membrane d’un microphone.

• L’oreille moyenne réagit


à la façon d’un pré-ampli
C’est une cavité remplie d’air
reliée à l’arrière-gorge par la
trompe d’Eustache, qui s’ouvre
par intermittence (lors de la
déglutition, par exemple), ce qui
permet un équilibrage de la pres-
sion de part et d’autre du tympan.
Elle contient la chaîne des osselets,
composée du marteau, de l’enclume
et de l’étrier. 1. oreille externe 2. oreille moyenne 3. oreille interne

L’oreille moyenne transmet les vibra- L’oreille moyenne transmet les vibrations du tympan à l’oreille interne
tions du tympan à l’oreille interne et dont les cellules délivrent des impulsions électriques au cerveau.

17
cellules intactes cellules détruites
avec la fréquence. Pour une même intensité, un son
dont la fréquence se situe entre 1000 et 4000 Hz sera
mieux perçu qu’un son grave ou très aigu.

LA FRÉQUENCE CARACTÉRISE LA HAUTEUR DU SON


C’est le nombre d’oscillations par seconde des molécules
d’air autour de leur position d’équilibre au passsage
de l’onde sonore. Un hertz correspond à une vibration
par seconde.
Les sons de fréquence basse (vibrations lentes,
inférieures à quelques centaines de hertz) sont
les plus graves, ceux de fréquence élevée (vibrations
rapides) sont les plus aigus. La hauteur d’un son
est objectivement désignée par sa fréquence : ainsi
le “la 3” du diapason est, en France, le son de 440 Hz.
Les 20 000 cellules ciliées de chaque oreille captent les sons
et les transmettent au cerveau. Tout bruit excessif les fatigue et finit • Plus ou moins intenses, les vibrations
par les détruire. produisent des sons de niveaux sonores
forts ou faibles
provoqueront la sensation sonore, dans les quelque
32 000 fibres nerveuses du nerf cochléaire auxquelles Les mouvements périodiques des molécules d’air
elles sont reliées. Il ne reste plus au cerveau qu’à déco- autour de leur position d’équilibre, provoqués par une
der et à interpréter les messages reçus. source de bruit, induisent localement une variation de
la pression atmosphérique de l’air : la pression acous-
tique instantanée p(t), qu’on mesure en pascals. A cette
■ Un son se caractérise par pression acoustique est associée une certaine énergie
sa fréquence et son niveau sonore sonore. L’une et l’autre sont décrites par le “niveau de
pression acoustique” couramment appelé “niveau sono-
• Des vibrations plus ou moins rapides re” et noté L(p).
correspondent à des sons aigus ou graves
Les sons ne sont
audibles que dans
une certaine gamme Combien de temps l’onde sonore
de fréquences et qui entre dans l’oreille met-elle pour
de niveaux qui être traduite en sensation sonore
constitue le champ par le cerveau ?
auditif. Le domaine Moins de 20 millièmes de seconde.
des fréquences
audibles s’étend
approximativement
de 20 à 20 000
hertz (Hz). Avec
• Notre oreille est un organe
l’âge, la limite supé-
extraordinairement sensible
rieure des fré- Elle perçoit des bruits allant du bruissement du feuillage
quences audibles d’un arbre jusqu’au vacarme du tonnerre (de
s’abaisse ; les per- 1/100 000 pascal à 10 et 100 pascals). C’est dire com-
sonnes âgées sont bien l’échelle physique des bruits est étendue.
peu sensibles aux Pour faciliter les calculs (et réduire le nombre de
sons les plus aigus. zéros !) les acousticiens ont adopté pour unité de
On parle de pres- mesure du niveau sonore, le décibel noté dB.
byacousie. On
Le nombre de vibrations par seconde constate que le La relation entre la sensation sonore et l’énergie sono-
s’appelle la fréquence et se mesure seuil de sensibilité re n’est pas simple. La sensation sonore n’est pas pro-
en hertz (Hz). de l’oreille varie portionnelle à l’énergie sonore reçue par l’oreille (si
18
Les niveaux sonores ne s’additionnent pas commes des unités classiques. Ils se
Un auditeur normal est capable de composent. Le bruit augmente de 3 décibels chaque fois que son énergie double.
détecter une variation du niveau
sonore de 1 dB.
Ceci correspond à une variation de
12 % environ de la pression acoustique.

c’était le cas, la sensation provoquée par le bruit du


tonnerre serait insupportable). Ces deux grandeurs
sont reliées par une loi assez proche d’une loi loga-
rithmique. C’est la raison pour laquelle une échelle
logarithmique (celle du décibel) a été retenue pour
exprimer le niveau sonore. Suivant cette échelle, le
résultat de l’addition de deux niveaux sonores iden-
tiques n’est pas un niveau sonore double mais le
niveau sonore augmenté de 3 décibels

• Le décibel A permet de reproduire


la sensibilité de l’oreille Le seuil d’audition pour une oreille normale est de 0 dB (A)
Notre oreille est plus sensible aux moyennes fré- (environ) à 1000 Hz. La gamme des fréquences conver-
quences qu’aux basses et hautes fréquences. Pour sationnelles (voix) n’occupe qu’une faible part du
tenir compte de ce comportement physiologique de champ auditif. L’homme entend le mieux dans les fré-
l’oreille, les instruments de mesure sont équipés d’un quences moyennes correspondant grossièrement aux
filtre dit “de pondération A” dont la réponse en fré- sons du langage. La musique orchestrale, par exemple,
quence est la même que celle de l’oreille. L’unité de couvre une plage de fréquences beaucoup plus
mesure s’appelle alors le décibel pondéré A (dB(A)). étendue. Les infrasons et les ultrasons ne sont
Il permet de décrire globalement la sensation quand pas perceptibles par l’ouïe, chez l’homme. Ils
l’excitation sonore couvre une large plage de fré- se situent aux frontières du domaine
quences, ce qui est le cas de presque tous les bruits audible.
auxquels nous sommes soumis.
Aux fré-
quences infé-
TYPES DE BRUIT dBA SENSATION AUDITIVE CONVERSATION
120 DÉCIBELS : rieures à 16 Hz,
LE SEUIL DE LA DOULEUR. nous n’entendons
0 seuil d’audibilité
Un son très intense, au lieu pas de sons mais
bruissement de feuilles 15
chuchotements 30 voix normale
d’être véritablement entendu, percevons des vibra-
bureau calme 45 calme procure une sensation tions (infrasons). Les
conversation normale 60 désagréable, puis infrasons peuvent
restaurant bruyant 70 bruyant mais supportable voix assez forte douloureuse. être générés par
pool dactylographique 75 difficile Au-delà de 120 dB, certaines machines
camion 80 les tympans peuvent éclater. (brûleurs, com-
RISQUE DE DÉTÉRIORATION DE L’OUÏE presseurs à pis-
atelier de couture 90
tons...), par
moto 95 difficilement supportable obligation de crier des gaines de
marteau piqueur 100 climatisation, par le vent dans des immeubles éle-
boîte de nuit 105 vés, par des réacteurs d’avions, etc. Au-dessus de
klaxon puissant 120 douloureux impossible 16 000 Hz environ, nous n’entendons rien, il s’agit d’ul-
avion à réaction 140 trasons que peuvent percevoir certains animaux (chiens,
chauves-souris...). Des techniques de soudage et de net-
L’intensité du bruit se mesure en décibels (dB). toyage utilisent fréquemment des ultrasons dits de
Le décibel A prend en compte le niveau réellement perçu par l’oreille. basses fréquences (entre 20 000 et 100 000 Hz).
19
■ Sensibiliser les salariés aux risques sonore. C’est une surdité de perception due à la
de surdité dégradation des cellules sensorielles de la cochlée ou
du nerf auditif. L’oreille continue à recevoir les ondes
Les différents troubles cardio-vasculaires, stress, hyper- sonores, mais elle n’a plus les moyens de les convertir
tension... sont évoqués dans le chapitre 1. en influx nerveux pour les envoyer au cerveau.

• Les problèmes commencent généralement Dans un premier stade, le sujet ne se rend compte de
par ce qu’on appelle la fatigue auditive rien. Seule la zone des fréquences centrées sur
4000 Hz est touchée. C’est en effet dans cette zone
Après un certain temps passé dans une ambiance
que l’ouïe est la plus sensible et aussi la plus fragile. La
bruyante, vous vous retrouvez tout à coup dans une
perte atteint 30 à 40 décibels : les fréquences adja-
ambiance tranquille. Les sons vous parviennent
centes sont peu touchées, notamment dans la zone
assourdis. Votre propre voix vous semble lointaine.
conversationnelle entre les fréquences 500 à
Vous avez l’impression d’avoir les oreilles bouchées.
2000 Hz.
C’est le premier stade de l’atteinte de l’ouïe. Il suffit
Quand on devient “dur d’oreille”, la surdité est déjà
d’une exposition de quelques heures à un bruit inten-
bien établie. L’encoche s’approfondit jusqu’à 60 ou
se pour que cette fatigue s’installe provoquant une
70 dB(A). Elle s’élargit également : les fréquences
baisse temporaire de l’acuité auditive. La fonction
aigües de la conversation sont touchées. Le sujet fait
auditive normale est récupérée après une période
répéter, n’entend plus certains sons, surtout s’ils sont
variant entre 12 et 36 heures selon les individus et
aigus, et de ce fait, commence à subir une gêne sen-
l’importance de l’exposition. Tant que la perte auditi-
sible dans sa vie sociale et professionnelle. Il ne com-
ve reste temporaire, on parle de fatigue auditive. Mais
prend plus distinctement ce qui se dit surtout quand
si l’exposition se prolonge ou si le bruit est plus inten-
plusieurs personnes parlent. De légers troubles tels
se, la perte auditive ne sera plus entièrement récupé-
que sifflements et sensation d’oreilles bouchées peu-
rée. Peu à peu, cette fatigue, réversible, se transforme
vent apparaître. L’audiogramme montre que les fré-
en perte d’audition permanente qui peut évo-
quences voisines de 2 000 Hz et 4 000 Hz sont alté-
luer jusqu’à la surdité.
rées.

Au troisième stade c’est la surdité profonde. La perte


auditive atteint 100 voire 110 dB(A) à la fréquence
4000 Hz. Les fréquences adjacentes sont largement
TORDEZ LE COU AUX IDÉES FAUSSES.
touchées aussi : on note une perte sensible de l’audi-
Dites et redites autour de vous que :
tion de la voix. La perte est importante dans la zone
1- on ne s’aperçoit pas qu’on devient
conversationnelle : par exemple 70 dB(A) à 1000 Hz,
sourd,
40 dB(A) à 500 Hz.
2- on ne ressent pas de douleurs,
3- une fois que les cellules sont détruites,
Contrairement à la surdité de transmission (malforma-
on ne peut plus rien faire.
tions, etc.) et à celle provoquée par un traumatisme
violent (explosion, brusque variation de pression...)
qui affectent l’oreille moyenne, la surdité de percep-
tion est due à une destruction irrémédiable et définiti-
• La surdité professionnelle ve des cellules ciliées de l’oreille interne. Aucune inter-
évolue de façon lente et insidieuse vention chirurgicale ne peut y remédier. Les aides
auditives ne peuvent que très partiellement pallier ces
déficiences et les résultats d’un appareillage sont aléa-
Certaines professions présentent un risque de surdité
toires et toujours imparfaits.
important : chaudronniers, techniciens sur réacteurs
dans l’industrie aéronautique, mineurs, employés de
chantiers navals...
• La surdité s’accompagne en général de
- Recrutement, c’est-à-dire d’une hypersensibilité aux
La surdité professionnelle est la conséquence d’une variations de niveau sonore. La sensibilité à l’audition
exposition prolongée à des niveaux de pression sono- baisse, la sensibilité à la douleur augmente. A peine
re élevés. Elle peut aussi être due à un traumatisme perçu, le son devient très vite intolérable.
20
- Sifflements ou bourdon-
nements d’oreilles
(acouphènes).
Extrêmement gênants,
ils peuvent apparaître à 5
n’importe quel moment
(habituellement en envi-
10
ronnement calme au
moment du coucher
par exemple) ou être 15
continus.
20
- Troubles au niveau de la
compréhension des
messages sonores, 25
notamment verbaux,
qui, par leurs consé- 30
quences psycholo-
giques, vont bien au- 35
delà d’une simple perte
de sensibilité auditive.
40

45

50

55

21
FICHE-OUTIL N° 1

DES EXEMPLES D’ACCIDENTS SURVENUS


EN AMBIANCE BRUYANTE
Ces accidents sont tirés de la banque de données EPICEA de l’INRS. Le bruit est l’un des facteurs qui peuvent
expliquer leur survenue.

Le bruit du véhicule
était noyé dans le niveau Malgré les appels sur talkie-walkie
sonore de l’environnement
Monteur de lignes, la victime s’apprêtait avec un collègue
La victime, manutentionnaire, après avoir à décrocher au sol le palonnier de jonction sur une ligne
quitté le garage, se dirigeait vers le parc aérienne. Le palonnier ayant un mouvement d’élévation,
auto. Quelques instants après, le les deux monteurs se saisirent du câble pour le maintenir
chauffeur de l’autocar effectua en marche au sol. Mais, en même temps, le treuil, situé sur un camion
arrière un braquage pour se désenclaver. à une centaine de mètres, fut mis en mouvement.
La victime, heurtée dans le dos, tomba et Les deux monteurs, accrochés au cable, ne lâchèrent prise
fut écrasée sous la roue arrière gauche. qu’à une hauteur de 25 mètres. L’un des deux décéda
Elle devait décéder rapidement. de traumatismes multiples.

Le bruit du moteur était couvert Le bruit des moteurs diesel


par le bruit de la sono l’empêcha d’entendre
La victime était une serveuse de bar. Elle venait de broyer l’avertissement de son
des glaçons à l’aide d’une machine combinée (broyeur à collègue qui lui signalait
glace, presse-citron, centrifugeur). N’entendant pas le bruit l’arrivée d’un chariot
du moteur, elle en déduisit que la machine était arrêtée et
introduisit son majeur droit dans l’orifice d’éjection de la La victime était un manutentionnaire
glace broyée pour la récupérer. Le mécanisme happa intérimaire chargé d’appliquer des
l’extrémité du doigt et le sectionna. housses de protection sur des palettes
de sacs de ciment. Le transport des
palettes était effectué par chariot
élévateur. Lors d’une manoeuvre en
marche arrière, l’un des chariots roula
Le bruit du train sur le pied de la victime et occasionna
était couvert La liaison une entorse de la cheville droite et la
par le groupe fracture du gros orteil.
se faisait par
de meulage la voix mais dans
La victime meulait un environnement
des soudures alumino- très bruyant
thermiques dans
un virage, sur une voie La victime réalisait le graissage des chaînes d’un convoyeur. Elle avait retiré
de chemin de fer. le protecteur supérieur et se trouvait en léger déséquilibre. Un collègue,
Heurté à la tête, hors de vue, commandait la rotation du moteur à partir de l’armoire
elle devait décéder de commande, guidé par la voix de la victime. Cette dernière, ayant perdu
rapidement. l’équilibre et voulant se retenir, ne put empêcher que sa main soit happée
entre le pignon et la chaîne. Plusieurs doigts durent être amputés.

22
FICHE-OUTIL N° 2

ORGANISER
UNE CAMPAGNE D’AFFICHAGE

Pour vous procurer gratuitement les affiches, il vous suffit d’en faire la demande
au service prévention de votre Caisse régionale d’assurance maladie

AD 587 AD 532 AD 652

AD 659 AD 519 AK 663

23
FICHE-OUTIL N° 3

ÊTES-VOUS EN TRAIN DE DEVENIR SOURD


SANS LE SAVOIR ?
Proposez ce petit audio-test à vos collègues.
On peut être sensibilisé aux risques que présente le bruit et ne pas se rendre
compte qu’on commence soi-même à devenir sourd.
• Eprouvez-vous des difficultés en conversation de groupe ?

• Entendez-vous, lorsqu’on frappe à la porte ?

• Entendez-vous l’eau qui bout ?

• Tournez-vous la tête du mauvais côté, lorsque quelqu’un vous appelle ?

• Pouvez-vous dire habituellement au son à quelle distance se trouve une personne qui
vous appelle ?

• Trouvez-vous que les gens qui parlent à la télé marmonnent ?

• Pouvez-vous suivre sans difficulté une conversation téléphonique ?

• Comprenez-vous quelqu’un qui vous parle, pendant que vous mangez des aliments
croustillants (des chips par exemple) ?

• Arrive-t-il que votre entourage entende des bruits légers que vous n’avez pas perçus ?

• Faites-vous répéter vos interlocuteurs, parce que vous avez entendu mais pas compris
leurs propos ?

• Dans une ambiance bruyante, comprenez-vous difficilement les paroles de votre


interlocuteur ?

• Avez-vous tendance à monter le son de la radio ou du téléviseur ?

• Avez-vous parfois la sensation d’avoir les oreilles bouchées ou du coton dans les oreilles ?

• Vous reproche-t-on souvent de parler fort ?

Si vos collègues ont répondu oui à une ou plusieurs questions,


incitez-les à en parler au médecin du travail qui contrôlera leur audition.

24
FICHE-OUTIL N° 4

DES FILMS, UN DÉPLIANT, POUR VOUS AIDER


À CONVAINCRE

DES FILMS

Vos gueules les décibels


Film 9 minutes, 1995.
Code commande VHS Secam VS 0229
Pour commander Prêt : Service prévention CRAM-CGSS
Vente : INRS
Objectif Montrer différentes approches de la prévention des risques
de surdité professionnelles à travers une série de reportages
en entreprise.

Inutile de crier
Film 23 minutes, 1987.
Code commande VHS Secam VS 0185
Pour commander Prêt : Service prévention CRAM-CGSS
Vente : INRS
Objectif Sensibiliser les salariés et leur encadrement
au risque de surdité professionnelle.

PL IANT
Tinta... marre UN DÉ
Spot 7 minutes, 1994.
s les d écibels
Code commande VHS Secam VS 0220
Vo s gueule
, 1987
Pour commander Prêt : Service prévention CRAM-CGSS
il lu s t ré 4 volets
Vente : INRS Dépliant sion 2000).
s
Objectif Vidéogramme à projeter en continu (réimpre e ED 707
c
sur les lieux de travail ou à l’occasion Référen
de campagnes sur le bruit.
Sensibiliser les salariés aux effets du bruit
sur leur santé.

Entre les oreilles, la vie


Film de 12 minutes, 2000.
Code commande VHS Secam VS 0289
Pour commander Prêt : Service prévention CRAM-CGSS
Vente : INRS
Objectif Sensibiliser au risque de surdité professionnelle
et donner quelques informations de base
sur l’appareil auditif, les effets du bruit
sur celui-ci ainsi que les principes
de prévention.

25
FICHE-OUTIL N° 5

PROPOSER DES FORMATIONS


Formation des salariés
DÉCIBELS EN SOURDINE
Aide pédagogique destiné à permettre aux salariés de prendre leur part dans le processus de maîtrise
des risques mis en oeuvre dans l’entreprise.
Il comprend une vidéocassette (29 minutes), un guide pour le formateur comprenant un guide d’utilisation
par séquence, des transparents, des fiches ressources, un questionnaire pour participants.
Durée de la formation : 4 heures en 6 séquences.
Pour commander : Prêt : Service prévention CRAM-CGSS. Vente : INRS

Médecins du travail
PRATIQUER L’AUDIOMÉTRIE EN MILIEU PROFESSIONNEL
Ce stage doit permettre aux participants de choisir et utiliser
le matériel d’audiométrie, d’interpréter les résultats des tests audiométriques, en vue du suivi des travailleurs
exposés au bruit et du dépistage des surdités professionnelles.
Durée : 2 jours et demi.
Inscriptions à l’INRS. Service Formation,
30 rue Olivier-Noyer, 75680 Paris cedex 14.
Téléphone 01 40 44 30 11, télécopie 01 40 44 14 19.

Tous préventeurs d’entreprise


EVALUER ET PRÉVENIR
LES NUISANCES SONORES
Il doit permettre aux participants de détecter et d’évaluer les risques encourus par les opérateurs exposés au
bruit sur les lieux de travail, de choisir les moyens de prévention adaptés et de participer à leur mise en œuvre
et au suivi de leur utilisation.
Durée : 4 jours.
Inscriptions à l’INRS. Service Formation,
30 rue Olivier-Noyer, 75680 Paris cedex 14.
Téléphone 01 40 44 30 11, télécopie 01 40 44 14 19.

26
FICHE-OUTIL N° 6

DÉFICIT AUDITIF EN FONCTION


DU NOMBRE D’ANNÉES D’EXPOSITION
Lorsque les salariés sont exposés à un niveau d’exposition sonore quotidienne égal ou supérieur à 90 dB(A),
il existe un risque de surdité qui s’accroît avec le nombre d’années d’exposition.

La norme française NF S 31-013 “Evaluation de l’exposition au bruit en milieu professionnel et estimation du


déficit auditif, induit par le bruit, de populations exposées” décrit, sur le plan statistique, l’estimation du déficit
auditif en fonction de l’âge et du sexe des populations exposées, du nombre d’années et du niveau sonore
d’exposition, pour les fréquences audiométriques comprises entre 500 Hz et 6000 Hz.

La figure ci-dessous indique le déficit auditif minimal, en décibels, qui atteindra 10 % de la population exposée
quotidiennement à 100 dB(A), en fonction du nombre d’années d’exposition. Il est calculé suivant
la formule du tableau 42 des maladies professionnelles sur lequel se basent la reconnaissance
et la réparation des surdités professionnelles (voir en annexe). Par exemple : parmi une population qui aurait été
exposée chaque jour pendant 25 ans à 100 dB(A), 10 % des personnes présenteraient
un déficit auditif d’au moins 36 dB.

46 dB perdus
42 dB perdus
39 dB perdus
36 dB perdus
33 dB perdus
29 dB perdus
26 dB perdus
23 dB perdus

5 10 15 20 25 30 35 40
Années d’exposition

On devient sourd progressivement... mais par étapes


1) Au début de l’activité : l’audition est très sensible. Chez les apprentis de secteurs bruyants par exemple,
des pertes d’audition sont notées au bout de 3 ans seulement d’apprentissage, pour 12 heures
hebdomadaires d’exposition. La perte d’audition augmente rapidement : de 5 à 10 ans, on note des
augmentations aux fréquences 2000 et 4000 Hz de 1 à 5 dB par an.
2) Au-delà de 5 à 10 ans d’activité : l’évolution de la perte auditive est plus lente. La perte est en moyenne
de 0,3 dB à 1,6 dB par an.
3) Au-delà de 30 à 35 ans d’activité : on constate une nouvelle accélération de la perte auditive. L’oreille
interne est fragilisée.

27
MESURER LE BRUIT REÇU PAR LES SALARIÉS 3
Vous avez le sentiment qu’il existe un problème de bruit
dans votre entreprise et que les seuils réglementaires sont
atteints ou dépassés. Vous allez procéder à une estimation
et, si besoin, à un mesurage, comme le prévoit
la réglementation.

Quelques actions simples vous permettront de procéder


aux premières évaluations des niveaux sonores et, s’il y a lieu,
de guider ainsi l’intervenant extérieur dans les mesures
ultérieures.

29
3.1. REPÉRER LES SALARIÉS tion bruyante. La difficulté de communication est un
EXPOSÉS indice de niveaux sonores trop élevés.

Pour procéder à ce repérage, l’entreprise peut avoir Observez ce qui se passe à un poste de travail lorsque les
recours à une estimation. Si cette première évaluation machines fonctionnent. A quelle distance de la personne
laisse supposer des niveaux sonores trop élevés, la faut-il se mettre et avec quelle force de la voix faut-il par-
réglementation prévoit de faire entreprendre une cam- ler pour avoir une conversation compréhensible ?
pagne de mesures de niveaux sonores afin d’apprécier
la gravité du risque. Le mesurage du bruit est abordé
Niveau de bruit maximal
dans les pages suivantes.
Distance reçu par l’oreille, quand il faut,
en cm entre pour s’entendre, parler à :
L’article R. 232-8-1 du Code du travail spécifie : interlocuteurs
“L’employeur procède à une estimation, et si besoin voix voix voix voix
criée très forte forte normale
est, à un mesurage du bruit subi pendant le travail,
de façon à identifier les travailleurs pour lesquels 15 cm 90 dBA 84 dBA 78 dBA 72 dBA
l’exposition sonore quotidienne atteint ou dépasse 30 cm 84 dBA 78 dBA 72 dBA 66 dBA
le niveau de 85 dB(A) ou pour lesquels la pression 60 cm 78 dBA 72 dBA 66 dBA 60 dBA
acoustique de crête atteint ou dépasse le niveau 120 cm 72 dBA 66 dBA 60 dBA 54 dBA
de 135 dB”.
La circulaire du 6 mai 1988 commente ainsi les Evaluation du niveau de bruit selon la distance de compréhension
dispositions du Code du travail : “ Pour procéder à voix normale, forte, très forte ou criée.
à cette identification, l’employeur peut avoir recours
Le tableau permet d’estimer le niveau sonore. Il est pratique et simple
à une estimation. L’estimation est une opération à utiliser mais ne fournit que des indications approximatives.
qualitative d’écoute du bruit ou une opération
quantitative d’orientation à l’aide d’un sonomètre”.

■ Estimer le niveau sonore ■ Observer, recueillir les avis,


L’évaluation qualitative du niveau peut se faire en croi-
apprécier la gêne
sant deux informations :
Les opérateurs sont au plus près des problèmes.
- la force de la voix qu’il faut utiliser pour être entendu,
Demandez-leur, au cours d’entretiens et d’observations
- la distance entre deux personnes,
sur les lieux du travail, ce qu’ils pensent des niveaux
quand ces deux personnes se parlent dans une situa-
sonores dans leur atelier, recueillez leur avis sur la gêne
qu’ils peuvent ressentir.

Ce genre de méthode, de type ergono-


mique, suppose la coopération des
acteurs. Il est impératif d’expliquer aux
intéressés, avant tout questionnement, les
raisons de la démarche, les méthodes d’ex-
ploration qui seront utilisées et quelle
exploitation sera faite des résultats. Si les
objectifs de votre questionnement ne sont
pas bien compris, les intéressés pourraient
être incités à développer des attitudes de
méfiance et en conséquence grossir ou
minimiser, selon les cas, les problèmes liés
à leur situation de travail. Prenez en comp-
te la subjectivité des appréciations : si elles
sont toujours fondées, elles peuvent en
revanche être trompeuses, même si elles
sont unanimes.
Questionnez les opérateurs. Ce sont eux qui supportent le bruit.

30
N’oubliez pas d’interroger les personnels circulant dans Dans le cas où le bruit est soumis à de fortes fluctua-
l’atelier : personnels d’entretien, caristes, maîtrise et tions, ou si le salarié effectue des déplacements fré-
encadrement... qui peuvent être également soumis à quents, il peut être utile d’utiliser un dosimètre à
des expositions importantes. mémoire (ou exposimètre). Cet appareil de petite
taille, aisément porté par le salarié lui-même, permet de
Il est possible également de réunir des informations sur recueillir des données pendant toute la durée du travail.
des comportements collectifs en rassemblant et en
exploitant des données déjà présentes dans les diffé- Si les résultats
rents services de l’entreprise. Ainsi, les délégués du per- font apparaître
sonnel et les membres de CHSCT ont connaissance des des niveaux d’ex- L’employeur procède à une nouvelle
réactions sur les conditions de travail. Ils sont générale- position supérieurs estimation et, si besoin est,
ment au courant des points critiques dans l’entreprise. à 85 dB (A), vous à un nouveau mesurage
Proches des salariés, ils seront associés à l’information devez mettre en place tous les trois ans
sur les risques et les effets du bruit. Le médecin du tra- une stratégie de mesu- et lorsqu’une modification
vail peut fournir des éléments d’appréciation extrême- rages plus précis. des installations
ment intéressants. Dans le cadre de son activité, il peut ou des modes de travail
également procéder à des études portant sur les est susceptible d’entraîner
postes de travail et sur les nuisances. une élévation des niveaux de bruit
(Code du travail, art. R. 232-8-1).
■ Evaluer le bruit avec un sonomètre
Les données recueillies et l’évaluation qualitative du
bruit dans les ateliers vous auront permis de localiser 3.2. FAIRE APPEL À UN
les zones les plus sensibles et d’identifier les salariés qui
semblent exposés à plus de 85 dB(A). Dans ce cas,
ORGANISME EXTÉRIEUR
l’employeur doit effectuer (ou faire effectuer) un mesu- POUR LE MESURAGE
rage précis d’exposition sonore en employant, par
La réglementation prévoit un certain nombre de cri-
exemple, un sonomètre.
tères opératoires pour le mesurage des niveaux
sonores sur les lieux de travail concernant les
méthodes et appareillages, l’échantillonnage, etc.
Si les entreprises n’ont pas les moyens ou les compé-
tences pour effectuer elles-mêmes ces opérations, elles
peuvent faire appel à des organismes spécialisés en
acoustique industrielle.

Parce qu’il est neutre et compétent, ce prestataire


agréé par le ministère chargé du Travail est le seul orga-
nisme capable de délivrer une attestation opposable en
cas de litige. Le ministère chargé du Travail publie
chaque année, avec la collaboration de l’INRS, la liste et
les tarifs des prestataires agréés. Vous pouvez vous la
procurer auprès de l’INRS.

Le service prévention des accidents du travail et


des maladies professionnelles de votre Caisse régio-
nale d’assurance maladie peut également vous
aider. Ses ingénieurs et contrôleurs de sécurité
effectuent des mesurages dans votre entreprise ou
font appel aux Centres interrégionaux de mesures
physiques équipés de matériels de mesures acous-
tiques performants.
Le sonomètre permet d’affiner les premières estimations.

31
Pendant le mesurage, les activités “doivent être repré-
sentatives de celles qui sont le plus fréquemment
L’intervention d’un organisme agréé effectuées”.
est requise par la réglementation,
si le mesurage fait suite à une mise Entre la description off icielle de la tâche et les
en demeure de l’inspection du travail. modes opératoires réellement mis en oeuvre par les
opérateurs, il y a souvent des différences notables.
Dans l’accomplissement de son travail, l’homme est
en effet soumis à des événements extérieurs qui
3.3. ANALYSER LES fluctuent (bruits provoqués par les opérateurs et les
machines proches, nature de la production, organisa-
SITUATIONS DE TRAVAIL tion du travail...). De même, d’autres situations
Le bruit que reçoivent les travailleurs dépend des cir- échappent à la description théorique de la tâche :
constances de l’exposition au bruit émis par les récupération de certains aléas (engorgements de
machines et équipements bruyants et de la nature des chaînes, bourrages, par exemple...), coups de main
activités. en cas de diff icultés passagères d’un opérateur
voisin... Ces régulations ont des conséquences
à la fois positives et négatives pour l’entreprise :
elles permettent de réduire les fluctuations de
■ Analyser le travail réel pour que production
le mesurage soit représentatif dues à la
fatigue par
Tout échantillonnage doit être représentatif exemple, de
de l’exposition des travailleurs au bruit, compenser des
Le recueil des informations par
arrêté du 22 avril 1988. événements
questionnaire est insuffisant.
imprévus... mais
Les opérateurs eux-mêmes
La description des circonstances de l’exposition sonore elles sont égale-
peuvent, consciemment
est indispensable pour éviter les erreurs provenant ment sources de
ou non, occulter certaines
d’un mesurage risques d’autant
tâches qui ne sont pas
non représen- plus difficiles à
prévues dans la définition
tatif de l’expo- réduire qu’elles
de leur poste. Certaines
sition sonore. ne sont pas
tâches inhabituelles peuvent
L’analyse du répertoriées.
en outre être oubliées. Préférez
travail a pour
des attitudes plus actives
objet d’assurer Pour con-
qui impliqueront les opérateurs dans
que les cir- ser ver des
la démarche, l’analyse, puis plus tard
constances du résultats
dans la recherche des solutions.
mesurage cor- satisfai-
respondent sants et
bien à des minimi-
phases d’expo- ser les efforts et les effets
sition typiques, négatifs sur lui-même, l’opérateur
conformé- adapte son activité réelle et élabore
ment aux spé- d’autres modes opératoires.
cifications S’intéresser au travail réel suppose donc
de la norme d’identifier les modes opératoires, les condi-
NF S 31-084. tions de réalisation des tâches, les déplacements
Le mesurage et les logiques qui conduisent aux prises d’informa-
doit ”représen- tion et de décision. Grâce à cette analyse, il sera pos-
ter fidèlement” sible d’une part de mettre en place une stratégie de
l’exposition so- mesure qui corresponde aux situations réelles,
nore subie par d’autre part de repérer les éléments positifs à pré-
S’intéresser au travail réel suppose d’identifier
les conditions de réalisation de la tâche. le travailleur. server et les éléments négatifs à corriger.

32
■ Identifier les événements acoustiques Il faut évaluer l’impact de ces événements sur tous les
rares et intenses travailleurs exposés : non seulement ceux qui créent
ces bruits rares, mais aussi les travailleurs affectés à
Le travail peut comprendre certaines phases d’activités des postes de travail proches et qui les subissent
spécifiques, différentes du travail habituel, qui provo- aussi.
quent l’exposition à des bruits intenses. Même s’ils sont
rares, ces bruits doivent impérativement être pris en
compte dans le mesurage des niveaux d’exposition
sonore ; émergeant de l’ambiance d’ateliers bruyants,
Un bruit impulsionnel est un bruit
ils apportent en effet une contribution prépondérante
consistant en une ou plusieurs impulsions
à l’exposition sonore de tous les travailleurs qui y sont
d’énergie acoustique ayant chacune
soumis.
une durée inférieure à une seconde
et séparées par des intervalles de durées
Un exemple fera comprendre l’importance
supérieures à 0,2 secondes.
de leur repérage : dans un atelier de construction
Exemples : coups de marteau, chocs
mécanique de précision, un tourneur usine des pièces
de presse manuelle, échappements libres
de moyennes séries. L’analyse du travail montre
d’air comprimé de vérins, tirs de pistolet
qu’il nettoie son tour soit manuellement, soit à l’aide
de scellement...
d’une soufflette à air comprimé. Cette phase
de nettoyage dure 30 secondes et se renouvelle 10 fois
par jour, en moyenne. Quand il nettoie son tour
manuellement, le niveau d’exposition sonore
quotidienne est de 83, 3 dB(A). L’activité principale
de ce poste, le tournage, correspond à 75 % du temps ■ Repérer les différentes phases
quotidien et à 88 % de l’exposition sonore globale. d’activité et évaluer leur durée
Quand il utilise la soufflette, le niveau d’exposition
sonore quotidienne atteint 87, 3 dB(A). Le niveau Il s’agit à ce stade d’observation de noter les change-
d’action réglementaire de 85 dB(A) est alors dépassé ! ments de production et d’activité durant le temps de
L’activité annexe (du nettoyage) devient alors travail. Il est utile d’observer la position dans le temps
prépondérante : avec 1 % du temps de travail des périodes d’activité représentatives de l’exposition
quotidien, l’usage de la soufflette contribue pour 61 % et la durée de chacune des phases d’exposition.
à l’exposition sonore globale du poste. Or cette phase
de nettoyage peut, si l’observation n’est pas réalisée Situez, durant le temps de travail, les phases d’activité
avec soin, être oubliée. Ceci conduirait à sous-évaluer bruyante :
de 4 dB(A) le niveau d’exposition sonore quotidiennne
de ce tourneur et à le considérer comme non-exposé. a) lors du travail habituel et lors des autres phases
d’activité :
Il faudra donc, pour assurer que l’échantillonnage de - quand se produisent les phases d’exposition sonore
l’exposition sonore englobe les phases d’activités les des travailleurs ?
plus bruyantes, signaler : - quelles sont les durées des phases d’exposition ?
- l’emploi de soufflettes à fort débit d’air comprimé - si l’activité est cyclique : durée du cycle ?
(nettoyage, refroidissement...),
- l’exposition à des bruits intenses, imprévisibles (chocs b) si le travail est irrégulier :
métalliques occasionnels : redressage, martelage... , - quelles sont les activités, machines ou opérations
échappements d’air comprimé : décharge de vanne, réputées les plus bruyantes ?
purge de compresseur...), - quand se déroulent-elles ?
- les travaux en début et en fin de poste (appro- - quelle est leur durée ?
visionnement, changement d’outillage, essais, réglages,
ébavurage, retouche, évacuation des produits, net- c) si des événements acoustiques intenses peuvent
toyage...), survenir :
- les interventions en cas d’incident (bourrage, - quand se produisent-ils ?
panne...), - quelles sont la durée et la fréquence quotidienne de
- les périodes de maintenance. ces événements ?

33
3.4. PROCÉDER gie que celle qu’il reçoit effectivement en étant exposé
AUX MESURAGES à ces bruits fluctuants ou intermittents. Si T = 8 heures,
alors LEx,d = LAeq,T (voir fiche-outil 7 pour le calcul
de LEx,d à partir de LAeq,T). L’extension à une semai-
■ Mesurer deux indicateurs : ne est utile quand le bruit varie d’un jour à l’autre.
LEx,d et Lpc
Il s’agit Exemple de valeurs de LAeq,T, pour différentes distribu-
de mesurer tions temporelles des niveaux sonores sur une durée
le bruit reçu. Le bruit reçu dépend T = 8 heures.
de la nature des activités professionnelles
et des circonstances de l’exposition
au bruit des machineset équipements.
Il varie en fonction de l’espace et du temps.
Il n’a pas les mêmes caractéristiques
que le bruit émis par les machines.

Même si le bruit émis


par les machines est stable dans le temps,
le bruit reçu varie selon que l’on s’éloigne ou se rap-
proche de la machine. L’exposition est variable : l’opéra-
teur qui plonge le nez (et les oreilles) dans la machine
est plus exposé. Le mesurage de l’exposition doit
prendre en compte toutes ces fluctuations.
Cas 1 : sur 8 heures, une personne est exposée :
Le Code du travail précise (art R. 232-8-1) que
- pendant 1 heure à 80 dB,
l’employeur procède à une estimation et, si besoin est, à
- pendant 4 heures à 85 dB
un mesurage du bruit subi pendant le travail, de façon à
- pendant 3 heures à 82,5 dB.
identifier les travailleurs pour lesquels le niveau
LAeq, 8 h = 83,8 dB
d’exposition sonore quotidienne LEx ,d atteint ou
dépasse le niveau de 85 dB(A) ou pour lesquels la
Cas 2 : identique au cas 1
pression acoustique de crête Lpc atteint ou dépasse le
mais 5 impulsions d’une seconde
niveau de 135 dB.
et de niveau sonore 120 dB interviennent
pendant la phase à 80 dB.
L’exposition sonore d’un travailleur résulte d’un proces-
LAeq, 8 h = 86,1 dB
sus dans lequel se retrouvent toujours trois caractéris-
tiques :
Cas 3 : identique au cas 2
- le bruit est émis par une ou plusieurs machines et des
mais la phase impulsionnelle dure 1 minute.
activités bruyantes,
LAeq, 8 h = 93,7 dB.
- le bruit se propage dans un milieu qui est le local de
travail,
- le bruit est reçu par le travailleur, au cours de ses acti-
vités professionnelles, qui peuvent être multiples s’il se
déplace d’un poste de travail à un autre. Le niveau de pression acoustique de crête,
Lpc est exprimé en dB.
Le niveau LEx,d peut être calculé à l’aide du “niveau de C’est la valeur maximale
pression acoustique continu équivalent pondéré A”, de la pression acoustique
LAeq,T. instantanée, observée durant
Ce dernier représente le niveau sonore stable et conti- une période de temps
nu, tel que si l’opérateur était exposé à ce bruit pen- représentative de la journée
dant un temps T, il recevrait la même quantité d’éner- de travail.

34
Le niveau 1. les sources majeures d’exposition sonore, lors du
d’exposition sonore quotidienne, LEx,d, travail habituel, lors des phases inhabituelles d’activi-
est le niveau de bruit qui conduirait tés, en cas d’événements acoustiques intenses.
un salarié à recevoir pendant 8 heures
la même énergie sonore - donc à être 2. les périodes d’activités professionnelles à prendre en
exposé au même risque - que celle compte lors du mesurage, leur position et leur durée.
qu’il reçoit effectivement à son poste
de travail pendant la durée réelle 3. le type d’exposition sonore. Il en existe cinq :
quotidienne de travail (qui peut être différente - bruit reçu stable,
de 8 heures). - bruit reçu stable mais par palier (poste multiple),
- bruit reçu fluctuant de façon répétitive,
- bruit reçu fluctuant avec événements acoustiques
■ Établir un plan de mesurage prévisibles,
- bruit reçu fluctuant de façon imprévisible.
L’employeur est tenu, à partir des niveaux d’action
réglementaire, d’établir un plan de mesurage Chacun d’entre eux déterminera le choix d’une straté-
présentant la campagne de mesure et de conserver gie de mesure, notamment le matériel à prévoir pour
pendant 10 ans les résultats des mesures. Le les mesurages.
mesurage est prévu dans un document établi par
l’employeur. Ce document est soumis pour avis au
Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de
travail ou, à défaut, aux délégués du personnel, ainsi Il existe cinq situations typiques de l’exposition sonore,
qu’au médecin du travail. (Code du travail, article de la plus simple à la plus générale.
R. 232-8-1). Ce document indique les travailleurs qui
ont été identifiés (...) et pour lesquels un mesurage de
l’exposition au bruit doit être effectué (circulaire du 6
mai 1988).
Ce document est réexaminé et éventuellement adapté
par l’employeur, lors des modifications des installations
ou des modes de travail, ou sur proposition du médecin
du travail (Code du travail, article 232-8-1).

Après avoir identifié ce qui détermine fortement l’ex-


position sonore et décrit les activités des travailleurs,
une synthèse de ces informations est nécessaire. Elle a
pour objectif de définir des périodes de travail repré- Figure 1 Exemple de bruit stable
observé durant 20 min
sentatives de l’exposition sonore et de regrouper les
travailleurs qui subissent le même type d’exposition.
Elle constitue le plan de mesurage.

Ce plan est un document établi par l’employeur, dans


lequel doit figurer la liste des travailleurs exposés au
bruit :
- les travailleurs ayant une activité ou une exposition
sonore spécifique,
- les groupes d’exposition “homogène” de travailleurs.
Plusieurs travailleurs constituent un groupe d’exposi-
tion homogène s’ils effectuent des travaux typiques
semblables et sont exposés au bruit dans les mêmes cir-
constances.
Figure 2 Exemple de bruit stable par paliers,
Pour chaque groupe de travailleurs, il convient de observé durant 60 min
rappeler :

35
■ Choisir les modes opératoires
Deux impératifs :
- éviter d’enregistrer des bruits intempestifs,
- placer le micro au plus près des oreilles
du salarié exposé.

1. Suivre au plus près le travailleur contrôlé


L’arrêté du 22 avril 1988 prévoit que “le mesurage de
Figure 3 Exemple de bruit fluctuant selon un cycle l’exposition au bruit doit être effectué en utilisant la
de 2 min environ, observé durant 15 min méthode et l’appareillage spécifiés par la norme
française NF S 31-084”. Cette norme précise : “Pour
évaluer l’exposition sonore quotidienne d’un travailleur,
il faut chercher à suivre au plus près la situation du
sujet, dans l’espace et dans le temps”.

Les emplacements des points de mesurage et la durée


de mesurage doivent être choisis de manière à repré-
senter fidèlement l’exposition au bruit subie par le
groupe de travailleurs contrôlés. Les activités obser-
vées et les activités voisines doivent être représenta-
tives de celles qui sont le plus fréquemment effectuées.

Il existe trois façons de contrôler l’exposition sonore


Figure 4 Exemple de bruit fluctuant, observé durant 45 min des travailleurs. Leur différence réside dans la réparti-
et comprenant deux événements acoustiques tion des mesurages parmi les périodes de travail carac-
téristiques des activités et représentatives de l’exposi-
tion sonore.

Dans tous les cas, le travailleur contrôlé doit être suivi,


lors des mesurages, dans tous les lieux où se déroulent
ses activités. Ce type de mesurage est dit “ambulatoi-
re”. Il doit être distingué de prélèvements sonores qui
seraient effectués à des points fixes.

• Le mesurage en continu
Le mesurage porte sur la totalité de la durée de chaque
période caractéristique de l’exposition sonore. Il se fait
à l’aide d’un exposimètre porté durant une journée
Figure 5 Exemple de bruit fluctuant de façon imprévisible,
observé durant 30 min
complète de travail. Cette technique, d’emploi très
général, est la seule qui permette de contrôler l’exposi-
tion sonore à des postes particuliers, très mobiles ou
d’accès réduit. En revanche, il n’est pas optimal si les
Avant périodes caractéristiques de l’exposition sonore s’éten-
de procéder dent sur plus d’une journée.
au mesurage, il faut
absolument rappeler aux intéressés pourquoi • Le mesurage par échantillonnage guidé
on fait des mesures et comment elles vont par la personne effectuant le mesurage
être faites. Sinon, les opérateurs peuvent
être tentés de provoquer des bruits Celle-ci choisit la position et la durée des intervalles de
intempestifs ou de modifier leurs modes mesurage, dans chaque période caractéristique de l’ex-
opératoires habituels pour influencer position sonore.
les résultats du mesurage.

36
• Le mesurage par échantillonnage aléatoire activité professionnelle. Leur prix les rend accessibles.
La seule contrainte vient du fait qu’ils ne permet-
La position des intervalles de mesurage résulte d’un
tent le contrôle que d’une personne
tirage au hasard. Ce mode opératoire est plus délicat à
à la fois.
mettre en œuvre, mais son emploi autorise le mesura-
ge sur des périodes réparties parmi différentes
journées de travail. 3 classes de précision sont attribuées
aux appareils selon leur fiabilité :
COMMENT - classe 1 : précision meilleure que 1, 5 dB,
ÉCHANTILLONNER ? - classe 2 : précision entre 1, 5 et 3 dB,
Le nombre, la durée et la répartition des échantillons - classe 3 : précision de 3 à 6 dB.
dépendent du type d’exposition sonore.
Leur nombre ne doit jamais être inférieur à 5,
leur durée est de l’ordre de quelques minutes.
En outre, si le bruit reçu est fluctuant,
le temps global de mesurage doit atteindre
5 % du temps quotidien d’exposition
(ou 10 % si le niveau de pression
acoustique de crête dépasse 120 dB).
Il existe des méthodes statistiques capables
de dimensionner au mieux l’échantillon
à prélever.
.

2. Préférer des appareils à mémoire


Les appareils les mieux adaptés au mesurage de l’expo-
sition sonore sont les sonomètres intégrateurs et les
exposimètres. Ces appareils sont autonomes et dotés
de mémoire ce qui permet de stocker la série chrono-
logique des valeurs mesurées sur une durée donnée,
par exemple la durée de la journée de travail. La durée
de mesurage T est choisie par la personne effectuant le
mesurage. Ces appareils mesurent LAeq,T et L pcrête
et calculent LEx,d à partir du LAeq,T. Dotés d’une
autonomie supérieure à 8 heures, ils permettent de
situer dans le temps de travail les phases qui exposent
aux niveaux sonores les plus élevés. L’analyse statis-
tique ultérieure des niveaux sonores stockés, particuliè-
rement utile dans le cas de bruits intermittents ou fluc-
tuants, peut être effectuée sur micro-ordinateur.

Les sonomètres intégrateurs sont normalisés et précis.

Les exposimètres (appelés aussi “dosimètres stockeurs”


ou “dosimètres à mémoire”) sont normalisés, perfor-
mants et plus récents que les sonomètres intégrateurs.
Ils présentent l’avantage d’être portables par la person-
ne dont on veut connaître l’exposition sonore.
L’appareil est glissé dans une poche et le microphone
fixé au plus près de l’oreille, sur le casque anti-bruit par
exemple. L’exposimètre suit donc la personne dans
Les sonomètres intégrateurs et les exposimètres sont capables
tous ses mouvements, dans toutes les phases de son de stocker les données sur une journée de travail.

37
beaucoup d’informations mais ne sont pas conçues pour
le mesurage de l’exposition sonore des personnes.

3. Placer le microphone à proximité des oreilles


du salarié
Il est essentiel que le bruit capté par le microphone repré-
sente bien ce que reçoivent les oreilles du travailleur.
Lorsque le travailleur contrôlé porte lui-même le micro-
Dans cette chaîne de mesurage, un micro-ordinateur
est relié à un ou plusieurs microphones.
phone et l’appareil de mesurage, le microphone doit être
accroché au revers du col de son vêtement afin de main-
tenir le microphone à proximité d’une de ses oreilles.
On trouve aussi sur le marché des sonomètres non Lorsque le mesurage est effectué par une autre person-
dotés de mémoire, des sonomètres ordinaires (non ne, celle-ci doit maintenir, pendant la durée du mesurage,
intégrateurs), des dosimètres (de conception plus le microphone à moins de 40 cm de l’oreille du travailleur
ancienne que les exposimètres et non dotés de mémoi- qu’il contrôle. Si pour certaines raisons, la mesure doit
re). Plus rudimentaires et moins précis, ces appareils ne être faite en l’absence du travailleur, le microphone sera
sont en règle générale plus adaptés au contrôle de l’ex- placé exactement à l’emplacement du poste de travail et
position tel que le prévoit la réglementation actuelle. à une hauteur du sol de 1 m 20 ou de 1 m 70 selon que
l’opérateur est normalement assis ou debout.
Les chaînes de mesure constituées d’un micro-ordina-
teur associé à un système d’acquisition de données Lors des mesurages, on évitera que des personnes vien-
acoustiques ou d’un enregistreur en continu du signal nent modifier le champ sonore en se regroupant autour
sonore permettent d’obtenir, par traitement différé, de l’appareil de mesure.

92 db(A) 89 db(A)

Le microphone doit être placé à proximité Le bruit reçu par le travailleur à son poste n’est pas du même niveau
de l’oreille de l’opérateur. que celui qui serait mesuré dans une allée.

38
FICHE-OUTIL N° 7

CALCUL DU NIVEAU
D’EXPOSITION SONORE QUOTIDIENNE LEx,d
à partir du niveau sonore mesuré par un exposimètre ou un sonomètre intégrateur pendant une durée
d’exposition T.
Le LEx,d est le niveau de bruit qui conduirait un salarié à recevoir, pendant huit heures, la même énergie sonore
- donc à être exposé au même risque - que celle qu’il reçoit effectivement à son poste de travail pendant la durée
réelle quotidienne de travail (qui peut être différente de 8 heures).

Cette grandeur permet, notamment, de comparer des situations d’exposition pour lesquelles les niveaux
sonores d’une part et les temps
d’exposition d’autre part ne sont CALCUL DU NIVEAU D’EXPOSITION SONORE QUOTIDIENNE LEX.d
pas les mêmes.
Td 1min 5min 15min 20min 30min 45min 60min 2h 4h 6h 8h 9h
LAeq.Td
Exemple : 80 53 60 65 66 68 70 71 74 77 79 80 81
Un salarié est exposé à 98 dB(A) 81 54 61 66 67 69 71 72 75 78 80 81 82
pendant 4 heures, ce qui entraîne 82 55 62 67 68 70 72 73 76 79 81 82 83
un LEx,d de 95 dB(A). 83 56 63 68 69 71 73 74 77 80 82 83 84
C’est-à-dire que son exposition à 84 57 64 69 70 72 74 75 78 81 83 84 85
85 58 65 70 71 73 75 76 79 82 84 85 86
98 dB(A) pendant 4 heures, est 86 59 66 71 72 74 76 77 80 83 85 86 87
équivalente à une exposition 87 60 67 72 73 75 77 78 81 84 86 87 88
à 95 dB(A) pendant 8 heures. 88 61 68 73 74 76 78 79 82 85 87 88 89
89 62 69 74 75 77 79 80 83 86 88 89 90
Autres exemples : 90 63 70 75 76 78 80 81 84 87 89 90 91
91 64 71 76 77 79 81 82 85 88 90 91 92
- 93 dB(A) pendant 4 heures 92 65 72 77 78 80 82 83 86 89 91 92 93
conduit à LEx,d de 90 dB(A) 93 66 73 78 79 81 83 84 87 90 92 93 94
- 96 dB(A) pendant 2 heures 94 67 74 79 80 82 84 85 88 91 93 94 95
conduit à LEx,d de 90 dB(A). 95 68 75 80 81 83 85 86 89 92 94 95 96
Ces deux situations sont 96 69 76 81 82 84 86 87 90 93 95 96 97
97 70 77 82 83 85 87 88 91 94 96 97 98
équivalentes. Les LEx,d sont 98 71 78 83 84 86 88 89 92 95 97 98 99
les mêmes, le risque pour 99 72 79 84 85 87 89 90 93 96 98 99 100
l’audition est le même. 100 73 80 85 86 88 90 91 94 97 99 100 101
101 74 81 86 87 89 91 92 95 98 100 101 102
Le calcul qui permet, à partir du 102 75 82 87 88 90 92 93 96 99 101 102 103
103 76 83 88 89 91 93 94 97 100 102 103 104
“niveau sonore continu équivalent 104 77 84 89 90 92 94 95 98 101 103 104 105
pondéré A” au poste de travail 105 78 85 90 91 93 95 96 99 102 104 105 106
(noté LAeq,T) et du temps 106 79 86 91 92 94 96 97 100 103 105 106 107
d’exposition (noté T) de 107 80 87 92 93 95 97 98 101 104 106 107 108
déterminer le LEx,d est basé sur 108 81 88 93 94 96 98 99 102 105 107 108 109
109 82 89 94 95 97 99 100 103 106 108 109 110
une loi logarithmique. 110 83 90 95 96 98 100 101 104 107 109 110 111
L’application de cette loi conduit 111 84 91 96 97 99 101 102 105 108 110 111 112
aux résultats du tableau. 112 85 92 97 98 100 102 103 106 109 111 112 113
113 86 93 98 99 101 103 104 107 110 112 113 114
114 87 94 99 100 102 104 105 108 111 113 114 115
Attention : 115 88 95 100 101 103 105 106 109 112 114 115 116
le tableau n’est valable 116 89 96 101 102 104 106 107 110 113 115 116 117
que s’il n’y a pas de bruit 117 90 97 102 103 105 107 108 111 114 116 117 118
hors la période d’exposition 118 91 98 103 104 106 108 109 112 115 117 118 119
spécifiée. 119 92 99 104 105 107 109 110 113 116 118 119 120
120 93 100 105 106 108 110 111 114 117 119 120 121
121 94 101 106 107 109 111 112 115 118 120 121 122
122 95 102 107 108 110 112 113 116 119 121 122 123
LEx,d = LAeq,Td + 10 Log Td/To 123 96 103 108 109 111 113 114 117 120 122 123 124
To = 8 heures 124 97 104 109 110 112 114 115 118 121 123 124 125
Td = durée d’exposition quotidienne 125 98 105 110 111 113 115 116 119 122 124 125 126

39
IMPULSER LES PREMIÈRES ACTIONS 4
Si les mesurages de l’exposition sonore des salariés
ont mis en évidence des niveaux d’exposition sonore
supérieurs à 90 dB(A) ou lorsque le niveau de pression
acoustique de crête dépasse 140 dB, “l’employeur établit
et met en oeuvre un programme de mesures de nature
technique ou d’organisation du travail destiné à réduire
l’exposition au bruit” (Code du travail, art. R. 232-8-2).

D’autre part, au-delà de niveaux sonores respectivement


de 85 dB(A) et de 135 dB, l’employeur doit prévoir
une surveillance médicale, fournir des protecteurs individuels
et informer les salariés sur les risques pour leur audition.

41
4.1. ORGANISER LA ■ Contrôler l’ouïe des salariés de façon
PRÉVENTION MÉDICALE périodique
Pour une meilleure prévention médicale des surdités Un examen médical
professionnelles, un dépistage préventif doit être pra- Cet examen doit être renouvelé tous les ans, en vue de
tiqué selon des modalités adaptées. Depuis 1990, la s’assurer du maintien de l’aptitude du salarié au poste
réglementation incite à détecter les atteintes auditives de travail occupé.
avant qu’elles ne soient associées à des incapacités
auditives. Un examen auditif dit “audiométrique”
La fréquence du contrôle audiométrique peut être
L’article R. 232-8-4 du Code du travail et l’arrêté du modulée selon le niveau d’exposition sonore quotidien-
31 janvier 1989 donnent les recommandations et ne des travailleurs :
fixent les instructions techniques que doivent respec- - tous les ans, si le niveau d’exposition sonore quotidien-
ter les médecins du travail. Ils prévoient une sur- ne dépasse 100 dB(A),
veillance clinique et audiométrique dont le but est de - tous les deux ans, si ce niveau est compris entre 90 et
diagnostiquer tout déficit auditif induit par le bruit et 100 dB(A) ou si le niveau de pression acoustique de
d’assurer la conservation de la fonction auditive. crête atteint 140 dB,
- tous les trois ans, si le niveau d’exposition sonore quo-
tidienne est compris entre 85 et 90 dB(A) et si le
niveau de pression acoustique de crête reste inférieur
■ Avant l’affectation à un poste de à 140 dB ( arrêté du 31 janvier 1989).
travail exposant au bruit L’origine de cette modulation s’explique par le caractè-
re progressif des pertes auditives.
• Vérifier que le salarié ne présente pas
de contre-indication Il s’agit d’un “contrôle audiométrique tonal en
Le médecin du travail doit procéder à un examen conduction aérienne (...) afin de rechercher des signes
médical préalable à l’affectation à un poste de travail traduisant une fragilité de la fonction auditive”.
exposant au bruit. Arrêté du 31 janvier 1989.

L’article R. 232-8-4 du Code du travail est très


explicite : “Un travailleur ne peut être affecté à des
travaux comportant une exposition sonore quotidienne
supérieure ou égale au niveau de 85 Le sujet signale le franchissement du seuil de son audition.
dB(A) que s’il a fait l’objet d’un
examen préalable par le médecin
du travail et si la fiche d’aptitude
atteste qu’il ne présente pas de
contre-indication médicale à ces
travaux”.

• Dépister les affections de


l’oreille pré-existantes
Le médecin du travail doit procéder
à un contrôle audiométrique visant
à dépister les éventuelles affections
de l’oreille avant l’exposition aux
bruits professionnels. Cet examen
audiométrique préalable est indis-
pensable pour fournir une référen-
ce lors du suivi ultérieur du niveau
d’audition et pour apprécier l’am-
pleur d’une éventuelle diminution
des capacités auditives.
42
• Procéder à l’examen audiométrique avec un ■ Exploiter les résultats de façon
audiomètre étalonné, dans un local très calme statistique
L’audiométrie de dépistage étant une mesure du seuil
Compte tenu du caractère progressif des pertes d’audi-
d’audition, l’examen doit se dérouler en l’absence de
tion, le législateur incite à interpréter les résultats audio-
bruit de fond. La norme NF EN 26189 définit les
métriques de façon statistique en employant un indicateur
niveaux de pression acoustique maximaux admissibles
précoce d’alerte (IPA), appliqué à une population de taille
du bruit ambiant dans la salle d’audiométrie.
suffisante et présentant des conditions semblables d’expo-
sition. Cet indicateur est basé sur les pertes d’audition à
L’audiomètre doit être au moins de “classe 4”. La norme
trois fréquences sensibles : 3 kHz, 4 kHz et 6 kHz. Il per-
NF S 31-001 précise les caractéristiques techniques des
met de confirmer l’existence d’un risque pour la popula-
audiomètres. L’arrêté du 31 janvier 1989 précise
tion exposée, bien avant que les pertes d’audition n’attei-
qu’”afin de rendre possibles les études comparatives
gnent le stade de la surdité indemnisable.
d’évolution individuelle et, le cas échéant, les études sta-
tistiques, il est indispensable que les moyens techniques
En ce qui concerne la communication de ces données, le
utilisés répondent aux spécifications de ces normes”.
médecin du travail est tenu (arrêté du 31 janvier 1989)
Cette spécification de classe signifie qu’il faut disposer
de “donner des renseignements quantifiés de caractère
d’un audiomètre de dépistage, doté de deux écouteurs,
collectif, afin de permettre l’amélioration de la préven-
permettant de tester, par pas maximal de 5 dB, les
tion ou le renforcement des mesures d’hygiène”.
niveaux d’audition en conduction aérienne au moins
aux fréquences audiométriques suivantes : 500, 1000,
Cette interprétation peut compléter l’estimation de
2000, 3000, 4000 Hz.
niveau de risque basée sur des mesures sonométriques,
notamment dans les cas d’exposition variables, com-
L’étalonnage de l’audiomètre doit être vérifié périodi-
plexes. Bien entendu, les résultats individuels restent
quement. La norme NF EN 26189 prévoit deux types
couverts par le secret médical.
de vérifications techniques :
- le mesurage des fréquences et des niveaux de pres-
La norme NF S 31-013 fournit une estimation des
sion acoustique des sons d’essai doit être effectué
niveaux moyens d’audition de populations exposées, en
tous les trois mois pour vérifier l’absence de variation,
fonction de paramètres donnés d’exposition. Elle
- un étalonnage complet est nécessaire tous les deux ans.
constitue une référence pour comparer les résultats
audiométriques d’un groupe de travailleurs, exprimés
Le médecin du travail peut demander que le salarié subisse
en particulier selon l’indicateur précoce d’alerte.
l’examen dans un lieu ou une cabine audiométrique
convenable. L’employeur ne peut s’opposer à cette décision.

La préparation du test audiométrique et les modalités


de l’examen sont exposées en annexe. 4.2. FAIRE UTILISER
• Informer les salariés des résultats LES PROTECTEURS
L’article R. 232-8-4 du Code du travail stipule que
INDIVIDUELS ADAPTÉS
“chaque travailleur est informé par le médecin du tra- À L’ENVIRONNEMENT
vail des résultats des examens médicaux auxquels il a
été soumis et de leur interprétation”.
DE TRAVAIL
Lorsque l’exposition sonore quotidienne subie par
Les résultats non nominatifs des examens audio- un travailleur dépasse le niveau de 85 dB(A) ou lorsque
métriques sont tenus à la disposition du CHSCT, de la pression acoustique de crête dépasse le niveau
l’inspecteur du travail, du service de prévention des de 135 dB, des protecteurs individuels doivent être mis
organismes de Sécurité sociale et des organismes pro- à sa disposition. L’article R. 232-8-3 du Code du travail
fessionnels d’hygiè- précise : “Lorsque l’exposition sonore quotidienne subie
ne, de sécurité et des par un travailleur dépasse le niveau de 90 dB(A)
conditions de travail. Le médecin du travail ou lorsque la pression acoustique de crête dépasse le
conserve les dossiers niveau de 140 dB, l’employeur prend toutes dispositions
médicaux pendant dix ans. pour que les protecteurs individuels soient utilisés”.

43
FICHE-OUTIL N° 11

La réglementation française sur la protection des tra- ce son devient plus intense, ou par un dispositif élec-
vailleurs contre le bruit accorde la priorité à la réduc- tro-acoustique comprenant un microphone captant le
tion du bruit à la source ou au cours de sa propagation. son ambiant, un amplificateur non linéaire et un écou-
teur restituant le son ambiant avec une intensité d’au-
Nous abordons néanmoins ce chapitre sur les protec- tant plus faible que le niveau du son ambiant augmen-
teurs individuels avant que ne soient évoqués les te.
moyens de prévention collectifs. Leur emploi est en - Des protecteurs “actifs”. Leur appareillage électro-
effet recommandé, dans le cadre de notre démarche, en nique produit un “‘anti-bruit” qui leur permet de rédui-
attendant la mise en place d’un plan de lutte plus général. re activement le bruit. Un microphone prélève en
effet le son résiduel parvenant sous le protecteur et
La protection individuelle n’est qu’un palliatif, à envisa- un montage électronique associé à un écouteur émet
ger lorsque les autres moyens sont inapplicables. Ces un son sensiblement identique mais en opposition de
équipements seront d’autant mieux portés que les utili- phase avec celui capté sous le protecteur.
sateurs auront été informés que la réduction du bruit
par un moyen collectif n’est pas réalisable ou que le
recours à cette protection n’est que temporaire ou limi-
té à des opérations occasionnelles. ■ Prendre en compte l’environnement
de travail
Il existe :
- Des protecteurs “passifs” (bouchons, serre-tête, Le type de protecteur doit être choisi en fonction de la
serre-nuque, casques enveloppants...). Leur affaiblisse- production et de l’environnement de travail de façon à
ment acoustique est constant quel que soit le niveau apporter une protection acoustique satisfaisante et une
sonore extérieur. Ils sont une simple barrière matériel- gêne minimale.
le à la propagation des ondes sonores.
- Des protecteurs “non linéaires”. Appelés aussi “à 1. Port continu ou intermittent
atténuation asservie”, ils présentent une atténuation
acoustique qui augmente avec le niveau sonore
• Pour un port continu
ambiant. L’effet de non-linéarité peut être produit par Les bouchons d’oreille sont le plus souvent préférés
un élément mécanique (orifice très fin ou fente étroi- pour un port continu, d’une part parce qu’ils sont
te) laissant passer le son d’autant moins aisément que moins gênants, d’autre part parce qu’ils sont discrets

Les protecteurs
individuels
ont en commun,
dans leur fonction
fondamentale,
de s’opposer
à la propagation
des sons provenant
de l’environnement
vers le tympan
du porteur.

44
(notamment pour les bouchons moulés individualisés). sont surtout efficaces dans les aigus et peuvent per-
Ils sont particulièrement appréciés en ambiance chaude mettre des affaiblissements allant jusqu’à 40 dB.
et humide ou lorsqu’ils doivent être portés avec Les plus performants d’entre eux présentent également
d’autres protecteurs (lunettes, masque...). Ils sont tou- un affaiblissement allant jusqu’à 30 dB dans les graves.
tefois déconseillés aux sujets ayant des conduits auditifs Leur efficacité dépend du soin apporté à la prise d’em-
sensibles ou lorsque les précautions d’hygiène requises preinte ainsi qu’à la confection et à la finition du bou-
ne peuvent être assurées (par exemple dans le cas d’un chon. En effet, la présence de fuites acoustiques fait
environnement hostile : poussières, vapeurs....) ne per- très rapidement chuter les performances.
mettant pas une manipulation avec des mains
propres et un stockage correct des bouchons. • Pour un port intermittent
Pour un port intermittent en ambiance moyennement
bruyante, on préfèrera les bouchons d’oreille réunis par
une bande élastique ou un arceau, les serre-tête ou les
Les bons bouchons d’oreille sont aussi serre-nuque.
efficaces que les bons serre-tête. Ils peuvent être soit insérés, soit appliqués à l’entrée du
Ils sont conseillés pour un travail conduit auditif.
physique intense.
Les serre-tête, composés de deux coquilles reliées par
un arceau élastique passant par le dessus du crâne, sont
recommandés pour des interventions de courte durée
dans une zone bruyante, car ils sont faciles à mettre en
Les bouchons peuvent être “prémodelés”, “façonnés
place et à retirer. Il est déconseillé de les porter toute
par l’utilisateur” ou “moulés individuels”.
une journée en raison d’une part du manque de
confort dû à la pression qu’ils exercent sur le pourtour
Les bouchons d’oreille prémodelés peuvent être intro-
de l’oreille, d’autre part à l’élévation de la température
duits dans le conduit auditif sans façonnage préalable. Ils
à l’intérieur des coquilles.
sont généralement fabriqués en silicone, caoutchouc ou
autre matière souple, souvent disponibles en plusieurs
Pour les serre-nuque, l’arceau se place derrière la
tailles. Ils doivent avoir une taille adaptée au porteur :
nuque. Ils s’utilisent comme les serre-tête. Lorsque
trop gros, ils deviennent rapidement insupportables ;
l’usager est soumis à de fortes vibrations ou secousses
trop petits, ils présentent des fuites acoustiques ren-
(emploi de marteau-piqueur par exemple), le modèle
dant leur efficacité illusoire.
retenu devra comporter, outre la bande de nuque, une
lanière souple (utile dans tous les cas, voire indispen-
Les bouchons d’oreille façonnés par l’utilisateur sont
sable) s’appuyant sur le dessus de la tête pour assurer
fabriqués dans des matériaux que l’utilisateur malaxe et
son maintien en position. Certains de ces appareils sont
comprime avant de les introduire dans le conduit audi-
compatibles avec un casque de protection anti-choc.
tif. Ils doivent être manipulés et stockés dans des condi-
tions d’hygiène rigoureuse. Leur efficacité et leur
confort sont en général assez bons grâce à l’ adaptation
2. Travaux spécifiques ou travail exposant
du matériau au conduit auditif.
à des chocs

Les bouchons d’oreille réalisés sur mesure sont géné-


• Préférer les casques enveloppants
ralement en résine synthétique, acrylique ou silicone. Ils Les casques enveloppants recouvrent une grande partie
sont obtenus à partir d’un moulage du conduit auditif de la tête et sont munis de coquilles qui recouvrent les
et de l’oreille externe du porteur et sont de ce fait indi- oreilles. Ils sont essentiellement utilisés dans les applica-
vidualisés. Ils sont en général percés d’un trou dans tions aéronautiques ou militaires (avions, hélicoptères,
lequel est inclus un filtre acoustique destiné à per- chars...). A ce titre, ils n’ont été pris en considération à ce
mettre différents niveaux d’affaiblissement en fonction jour ni par la réglementation ni par les normes civiles. Ils
de l’ambiance sonore d’utilisation, tout en laissant pas- sont pourtant capables d’assurer un bon affaiblissement
ser certaines fréquences graves favorisant une bonne acoustique vis-à-vis des bruits extérieurs ainsi qu’une cer-
intelligibilité du message vocal. Ils connaissent actuelle- taine protection contre les chocs. Ils sont souvent équi-
ment un grand succès commercial qui s’explique par pés d’écouteurs et de microphones permettant une com-
leur personnalisation et par le confort qu’ils offrent. Ils munication verbale avec d’autres correspondants.

45
4. Nécessité de préserver la
perception des messages vocaux
La bonne perception des messages ou des
cris d’avertissement d’un danger est fonda-
mentale pour la sécurité. Le protecteur ne
doit pas présenter un affaiblissement acous-
tique disproportionné au niveau sonore
ambiant, car il risquerait de masquer la per-
ception des signaux sonores d’avertissement
ou de danger. Son spectre d’affaiblissement
ne doit pas non plus dégrader la perception
du signal. Ceci est difficile, car la plupart des
Les serre-tête montés sur casque sont utilisés par les bûcherons appareils affaiblissent davantage les sons
et par les personnes travaillant sur chantiers. médiums ou aigus que ceux de basses fré-
quences. Or, ces dernières ont précisément
un pouvoir masquant important.
Les serre-tête montés sur casque sont composés de
coquilles fixées à un casque de sécurité. Ils trouvent
Des appareils spéciaux existent : les protecteurs actifs,
leur application lorsque le port du casque de protection
non linéaires ou à communication. Les protecteurs
anti-choc est requis et que les usagers sont soumis à
actifs comportent un circuit électronique qui permet,
des bruits intermittents. Ces appareils permettent de
par injection d’un son en opposition de phase avec le
limiter le port de la protection de l’ouïe et la gêne qui
bruit résiduel parvenant sous la coquille, d’améliorer son
résulte de la pression des coquilles aux seules phases
atténuation vis-à-vis des sons de basse fréquence. Le
bruyantes.
spectre d’affaiblissement est alors presque plat, amélio-
rant ainsi la perception de la parole en milieu bruyant.
3. Niveaux sonores élevés ou très élevés.
Bruits impulsionnels Les protecteurs non-linéaires, pour la plupart élec-
Les casques enveloppants sont les plus efficaces pour troniques eux-aussi, présentent une atténuation qui
les niveaux sonores élevés. Eux seuls peuvent notam- augmente avec le niveau sonore extérieur. Ils sont
ment réduire le bruit transmis par conduction osseuse, particulièrement appréciés dans le cas d’ambiances
qui limite l’efficacité des autres types de protecteurs. sonores relativement calmes présentant des phases
très bruyantes sporadiques. Ils permettent alors la
Les dispositifs non linéaires présentent un intérêt communication avec l’environnement durant les
certain dans le cas d’ambiances comportant des périodes calmes et protègent instantanément le por-
bruits intermittents ou impulsionnels. Ceux qui com- teur lors de l’arrivée d’un son intense.
portent des dispositifs mécaniques ne présentent un
effet de non-linéarité qu’à des niveaux sonores éle- Enfin, les protecteurs dits de communication com-
vés, 120 à 130 dB dans le meilleur des cas, et seront portent un écouteur intégré, relié à une ligne de com-
surtout efficaces vis-à-vis de bruits impulsionnels munication qui peut être filaire, radiofréquence, infra-
intenses. rouge. Ils permettent la réception de programmes
récréatifs (“casques à musique”) et surtout la commu-
Les dispositifs de restitution électroacoustique nication verbale à distance, même dans des ambiances
deviennent non-linéaires dès que le niveau sonore extrêmement bruyantes.
ambiant atteint 65 à 70 dB. Convenablement conçus
et réglés, ils sont aptes à restituer l’environnement
sonore durant les périodes “calmes” tout en assurant
une protection instantanée lors de l’apparition de
■ Déterminer les critères du choix
phases bruyantes. Il convient de souligner que, si
l’ambiance est en permanence très bruyante, de tels
1. Etre conforme aux normes
appareils n’apportent rien de plus qu’un protecteur Les protecteurs individuels contre le bruit doivent être
passif classique, car la restitution électroacoustique soumis à un “examen CE de type” auprès de labora-
est alors constamment inopérante. toires agréés (INRS en France) permettant de vérifier

46
leur conformité aux exigences essentielles de la directi- L’INRS a mené des campagnes d’essais qui ont permis
ve européenne relative aux équipements de protection de classer les appareils en trois classes de confort, pour
individuelle. Une fois la conformité établie, le fabricant les serre-tête d’une part, et pour les bouchons d’oreille
appose sur le matériel le marquage de conformité CE. d’autre part. La notion de confort pour les serre-tête,
Pour faciliter cet examen, les normes européennes EN concerne surtout la masse du protecteur, la facilité des
352-1, 352-2, 352-3 (respectivement pour les serre- manipulations et de réglage, la raideur de la monture, la
tête, les bouchons d’oreille et les coquilles adaptables pression d’application des oreillettes et la pression
aux casques de chantier) fixent des exigences en matiè- d’adaptation de l’oreillette à un contour local (simulant
re d’innocuité des matériaux constitutifs, de dimension- une branche de lunettes) liée elle-même à la dureté de
nement des appareils, de résistance mécanique et ther- l’oreillette. L’aptitude des coussinets (gainés de cuir ou
mique, etc. Elles fixent également des valeurs minimales de vinyl et remplis de mousse ou de liquide) d’un serre-
d’affaiblissement acoustique ainsi que des limites à la tête à s’adapter au pourtour de l’oreille en limitant les
force et à la pression d’application des oreillettes dans fuites acoustiques est également importante.
le cas des serre-tête. Enfin, elle fait obligation au fabri- Pour les bouchons, l’évaluation du confort porte sur la
cant de fournir un certain nombre d’informations à taille, le contact avec le canal auditif, la facilité de mise
l’usager concernant les performances de l’appareil, son en place et de retrait, la sensation de gêne, etc.
utilisation et ses limites, son entretien.
Tous ces facteurs d’inconfort ou de gêne sont difficiles
2. Atténuer efficacement le niveau sonore à pondérer et à intégrer dans un indice de confort
unique, qui puisse faire l’objet d’une normalisation au
Il existe des méthodes normalisées (série des normes
plan européen. C’est à l’usager qu’il appartiendra en
NF EN ISO 4869) pour mesurer les performances des
dernier lieu de porter un jugement sur le confort, dans
bouchons, serre-tête, serre-nuque, casques envelop-
les conditions réelles d’utilisation sur le terrain.
pants (protecteurs passifs). Des projets de normes sont
Il est donc conseillé de laisser le choix définitif aux
à l’étude pour les appareils non linéaires et actifs.
utilisateurs, entre plusieurs appareils
présélectionnés.
Le mesurage des performances acoustiques de protec-
teurs individuels permet le calcul de l’affaiblissement
acoustique. Ce dernier est égal à la différence entre le
Si l’on veut que les protecteurs soient portés, la
niveau sonore perçu sans protecteur et le niveau sono-
préférence personnelle du porteur doit pouvoir
re perçu par l’oreille derrière le protecteur correcte-
s’exprimer ainsi que toutes considérations
ment porté.
d’esthétique, de discrétion du port,
d’adaptation à une morphologie ou à des goûts
particuliers.

ATTENTION ! ■ Apprendre aux salariés à les utiliser


Les indices figurant sur l’étiquette
surestiment la protection réelle. correctement
Ils correspondent seulement à une 1. S’assurer qu’ils sont portés en permanence
protection potentiellement réalisable.
Une certaine marge de sécurité (de l’ordre de 5 Les protecteurs individuels, solution de prime abord la
à 10 dB(A)) est conseillée. plus simple et la plus économique, ne sont efficaces
que s’ils sont correctement portés la totalité du temps
d’exposition au bruit. Le retrait du protecteur, même
pendant une courte durée, fait chuter la protection
(norme NF EN 458). A titre d’exemple, le niveau
3. Ne pas être source d’inconfort ou de gêne d’exposition de 90 dB(A) serait dépassé pour tout
L’évaluation du confort est complexe et subjective. On opérateur qui resterait, sans casque ou sans bouchon,
ne peut la faire que de façon comparative sur un 5 minutes par jour, à proximité d’un broyeur ou d’une
ensemble de protecteurs de même type par un panel machine à former dont les niveaux sonores sont voi-
de sujets. sins de 110 dB(A).

47
2. Règles 4.3. METTRE EN PLACE
Installer d’hygiène UNE SIGNALISATION
des distributeurs
de protecteurs
La norme NF EN 458
spécifie que l’usager doit
DES LOCAUX BRUYANTS
à disposition être informé, de préféren- Les mesurages de niveaux d’exposition sonore
du personnel peut inciter ce par le personnel médi- ont permis de repérer les ateliers ou les
les opérateurs à jeter cal, sur la mise en place
les bouchons souillés.
emplacements de travail où existe un risque
correcte de l’appareil et potentiel. S’ils sont occupés en permanence ou
sur son entretien. durant huit heures par jour, un certain nombre
de dispositifs de signalisation doivent
Le protecteur doit être
impérativement être installés.
mis en place avec des
mains propres, surtout pour les bouchons. Les bou-
chons sont strictement personnels et ne doivent La signalisation de sécurité que définit l’arrêté du
donc jamais être utilisés par plusieurs personnes. Un 4 novembre 1993 est mise en oeuvre “toutes les
serre-tête déjà porté qui serait confié à une autre fois que sur un lieu de travail, un risque ne peut
personne doit, avant, être nettoyé dans des condi- pas être évité ou prévenu par l’existence d’une
tions hygiéniques. Toute irritation de la peau ou du protection collective ou par l’organisation du
conduit auditif pendant ou après l’utilisation doit être travail”.
signalée au service médical. Lors des périodes d’em-
ploi, les protecteurs individuels doivent être stockés C’est au chef d’entreprise de déterminer la
dans des conditions de propreté (sacs ou coffrets signalisation de sécurité après consultation du
pour les serre-tête, étuis ou sachets pour les bou- CHSCT ou à défaut des délégués du personnel.
chons). On veillera également à ce que l’arceau des
serre-tête ne soit pas étiré et que les oreillettes ne
Au-delà de niveaux sonores de 85 dB(A), il est fortement
soient pas déformées.
conseillé de signaler la présence des zones bruyantes.
A des niveaux plus importants ... “Les lieux ou
L’entretien des protecteurs (à l’exception des bou-
emplacements de travail où l’exposition sonore
chons jetables) doit être effectué selon les instruc-
quotidienne subie par un travailleur ou la pression
tions que doit fournir le fabricant en conformité avec
acoustique de crête sont susceptibles de dépasser
la norme EN 352-1 à 3. Après lavage ou nettoyage,
respectivement les niveaux de 90 dB(A) et 140 dB font
les appareils doivent être séchés puis rangés dans un
l’objet d’une signalisation appropriée” (Code du travail,
emplacement propre avant un nouvel usage. Les pro-
art. R. 232-8-5).
tecteurs doivent être réformés lorsqu’ils ont atteint
leur limite d’emploi ou lorsqu’ils ont été endomma-
gés.
■ Avertir les salariés du danger
3. Adaptation correcte au conduit auditif ou du risque
Il est essentiel, pour obtenir un affaiblissement satis-
faisant, d’apprendre aux salariés à adapter correcte-
1. Les niveaux sonores atteignent
ment leurs protecteurs, particulièrement lorsqu’il
ou dépassent 85 dB(A)
s’agit de dispositifs à insérer. Lorsque les salariés ne Lorsque des bruits potentiellement lésionnels (à partir
disposent que des instructions du fabricant figurant de 85 dB(A)) peuvent être émis par une ou plusieurs
sur l’emballage (quelquefois succinctes ou difficiles à sources sonores sur un site de travail, il est conseillé
lire), ils mettent souvent leurs protecteurs en place d’avertir le personnel de la présence éventuelle de dan-
de façon incorrecte ou incomplète. ger dû au bruit.

Une information complémentaire sur la mise en place Il est possible de le faire de trois façons :
des protecteurs est donc indispensable. - soit un affichage en clair des informations réglemen-
taires concernant le niveau sonore susceptible d’être
atteint ou dépassé,
- soit un panneau de signal d’avertissement défini dans

48
la norme NF X 08-003, plus ■ Réglementer l’accès des lieux
explicite. Il avertit de la pré- où les niveaux sonores atteignent
sence éventuelle de danger ou dépassent 105 dB(A)
dû au bruit, mais aussi invi-
te le personnel à s’assu- Il signifie : Entrée interdite
rer qu’il dispose de aux personnes non
l’équipement de pro- autorisées.
tection individuelle Interdiction de péné-
de l’ouïe adapté à trer sans motif
la situation et, à de service. L’article
titre préventif, en R. 232-8-5 du Code
recommande le port, du travail prévoit
- soit une combinaison des deux informations. que : “L’employeur
réglemente l’accès des
2. LEx,d dépasse 90 dB(A) ou Lpc dépasse 140 dB lieux de travail lorsque
le risque d’exposition le
Ce signal devient obligatoire.
justifie”.

■ Signaler que le port des protecteurs ■ Optimiser l’efficacité des panneaux


individuels est recommandé
ou obligatoire
Les panneaux conformes
Il est recommandé si les à la norme NF X 08-OO3 répondent
niveaux sonores avoi- à toutes les exigences suivantes.
sinent 85 dB(A). Il
est obligatoire si le
niveau d’exposition
sonore est suscep-
tible de dépasser
90 dB(A) et si le lieu
• Un panneau doit être compris
est occupé pendant Les formes et les couleurs doivent immédiatement don-
tout le temps de travail ner l’essentiel du message qu’on veut émettre : ce sont
quotidien ou si le niveau celles utilisées dans la circulation routière : rouge inter-
de pression acoustique de diction, jaune ou jaune orangé avertissement, bleu obli-
crête est susceptible de dépasser gation, vert sauvetage ou secours.
140 dB. Ce panneau indique sans ambiguïté l’obliga-
tion de porter l’équipement de protection indivi- Le personnel doit être informé précisément de la signi-
duelle de l’ouïe adapté à la situation, comme fication des signaux, des couleurs et des instructions
c’est le cas notamment en poste fixe concernant le comportement à adopter. C’est au chef
dans une zone de bruits intenses. d’entreprise d’assurer la formation et l’information des
salariés après consultation du CHSCT ou à défaut des
délégués du personnel.
L’arrêté du 4 novembre 1993 (article 5) stipule : “les
travailleurs sont informés de manière appropriée sur
Les dispositions en matière de les indications relatives à la sécurité ou à la santé four-
signalisation doivent être nies par la signalisation et la conduite à tenir qui en
mentionnées dans le règlement résulte”.
intérieur de l’établissement.
• Un panneau doit être visible
Les panneaux de signalisation doivent être apposés de
manière visible en nombre suffisant en fonction de l’im-

49
portance des zones et des emplacements de travail dépasse la cote de 90 dB(A) ou 140 dB durant plus de
concernés. Leur dimension et leur positionnement doi- 600 millisecondes. En toute rigueur, cette mesure n’af-
vent garantir la permanence de leur visibilité. Les pan- franchit pas des risques liés à l’apparition accidentelle
neaux doivent être installés, en principe, à une hauteur d’un bruit à caractère impulsionnel dont le niveau perçu
et selon une position appropriées par rapport à l’angle à travers le protecteur individuel serait encore poten-
de vue, compte tenu d’éventuels obstacles. Installés soit tiellement lésionnel.
à l’entrée d’une zone pour un risque général, soit à
proximité immédiate d’un risque déterminé ou d’un Chaque fois que cette signalisation est mise en place,
objet à signaler, ils doivent être suffisamment éclairés soit pour détecter la présence de bruits dangereux, soit
pour être facilement visibles. pour imposer le port des protecteurs individuels, il est
Des couleurs phosphorescentes, des matériaux réflé- souhaitable que son activation dure aussi longtemps
chissants ou un éclairage artificiel peuvent pal- que l’opération bruyante.
lier un mauvais éclairage naturel.

ATTENTION à ce que d’autres


panneaux ne viennent pas “brouiller
le message” : évitez d’apposer
un nombre excessif
de panneaux à proximité
immédiate les uns des autres.
N’utilisez pas en même temps
deux signaux lumineux qui peuvent être
confondus.

• Un panneau doit être adapté au type de bruit


Bruits stables ou continus
La mise en place de panneaux de signalisation fixes est
la mesure la plus appropriée. Elle conduit au port prati-
quement sans intermittence d’équipements de protec-
tion individuelle de l’ouïe.

Bruits fluctuants
Si la protection individuelle apparaît comme le moyen
temporaire préventif le mieux adapté à la situation, il
convient de déterminer les périodes durant lesquelles
le personnel concerné doit être protégé et d’indiquer
clairement ces périodes.

Niveaux d’exposition journalière difficiles


à anticiper
Il est possible, à titre préventif, d’indiquer par un dispo-
sitif de signalisation électronique à affichage lumineux le
niveau sonore moyen mesuré et intégré sur une courte
durée d’observation (une minute par exemple) qui

50
FICHE-OUTIL N° 8

INTERPRÉTER UN AUDIOGRAMME
Un audiogramme indique le niveau des pertes d’audition à toutes les fréquences testées. L’audition
est considérée comme normale entre + 10 et - 10 décibels quelles que soient les fréquences. L’échelle
horizontale indique les fréquences audiométriques testées, des sons graves (500 Hz) aux sons aigus
(8000 Hz). L’échelle verticale indique les pertes d’audition, elle se lit de haut en bas.

Le niveau de perte de 0 dB correspond à une référence normalisée, égale à la valeur moyenne


du niveau d’audition d’une population âgée de 18 ans à 30 ans et n’ayant jamais été exposée
à des bruits élevés.

Une “encoche” de plus de 25 dB sur la fréquence 4000 Hz est caractéristique d’un début d’atteinte
auditive. Elle peut demeurer imperceptible. Si les pertes dépassent 30 dB sur plusieurs fréquences
et si l’exposition au bruit se prolonge plusieurs années, le risque d’atteindre un niveau de surdité grave
est sérieux.

Pour l’interprétation des résultats audiométriques dans une perspective de possible indemnisation
d’une surdité professionnelle, voir l’annexe : “Reconnaître une surdité professionnelle”.

La courbe
dans la partie grisée
du premier audiogramme
correspond à
un audiogramme normal.

Dans le deuxième
audiogramme,
l’audition n’est pas normale.
Il existe des déficits
importants au delà
de 2 000 Hz, qui vont
altérer la conversation.

51
ANALYSER LA SITUATION 5
Les résultats du mesurage de l’exposition des salariés une fois
interprétés, il s’agit maintenant de conduire efficacement
la démarche de réduction du bruit. L’analyse préalable
du lieu de travail s’impose, à la fois pour analyser
la contribution des différentes sources de bruit
et le comportement acoustique du local.

Les choix des solutions et l’ordre de priorité


de leur mise en œuvre dépendent de la pertinence de ce bilan.
En règle générale, cette étape ne peut être menée que
par un professionnel de l’acoustique industrielle.
Toutefois, il est important que le chargé de sécurité
de l’entreprise puisse comprendre le langage
et la démarche de ces spécialistes, pour mieux dialoguer
avec eux et accompagner l’action de prévention.

53
5.1. ETABLIR UN BILAN DE L’ÉMISSION SONORE
Quelques notions

Source sonore ATTENTION !


La déclaration “bruit”
Une source sonore est tout élément “Niveau de pression acoustique réglementaire
matériel capable de créer de l’énergie d’émission au poste de travail”
La norme NF EN ISO 4871 définit la
sonore. et “niveau de puissance acoustique”
déclaration de l’émission sonore comme
Dans le domaine industriel, les sources s’expriment tous deux en décibels.
l’”information sur le bruit émis par
sonores sont : Afin de ne pas les confondre,
la machine, donnée par le constructeur
la notation correcte Lp ou LwA
- les machines, procédés, équipements ou le fournisseur dans des documents
doit être utilisée et le texte
divers, activités humaines, systèmes techniques ou tout autre document,
d’accompagment doit être très clair.
de ventilation, etc., relative aux valeurs d’émission sonore”.
- les composants mécaniques des
machines et équipements : organes Les codes d’essai acoustique Pour inciter les constructeurs
à construire silencieux et aider
de transmission tels que engrenages, Il s’agit de normes spécifiant, pour
les acheteurs dans leur choix,
roulements, paliers, courroies, etc., une famille bien identifiée de machines
la réglementation oblige les fabricants
chassis et bâti, moteurs, pompes, ou équipements :
à déclarer l’émission sonore
ventilateurs, etc.
- la façon dont l’émission sonore doit être des machines. Cette déclaration est
mesurée (en référence à des normes requise par deux directives européennes :
Emission sonore générales sur ce type de mesurage),
- la directive CEE 86/188 du 12 mai 1986,
L’émission sonore concerne strictement
- les conditions de montage et de dite “directive bruit”, relative à la
le bruit émis par les sources sonores.
fonctionnement de la machine pendant protection des travailleurs contre le bruit,
Elle est de la responsabilité du
le mesurage de son émission sonore,
constructeur de la source de bruit. - la directive CEE 89/392 du 14 juin
- la position du ou des poste(s) de travail 1992 sur la sécurité des machines
ATTENTION !
de la machine. dite “directive machines”
A ne pas confondre avec l’exposition
et ses amendements successifs,
sonore qui concerne le bruit perçu
L’emploi systématique de ces codes transcrite en droit français par le décret
par des personnes.
d’essai rend possible la comparaison 92-767 du 29 juillet 1992.
L’émission sonore est caractérisée des émissions sonores de machines
par deux grandeurs physiques : fabriquées par des constructeurs Le constructeur est tenu de déclarer
différents, éventuellement dans des pays l’émission sonore.
- le “niveau de pression acoustique
différents. C’est un objectif de base Il s’agit de la valeur du “niveau
d’émission au poste de travail”, noté
de la politique européenne de libre de pression acoustique d’émission
Lp : c’est le niveau sonore au poste
circulation de machines plus sûres au poste de travail”, valeur moyenne
de travail de la machine dû au bruit,
au sein de l’Union européenne. pondérée A toujours, valeur maximale
venu directement de la machine
pondérée C seulement si la machine
jusqu’au poste. Il s’exprime en décibels.
Des codes d’essai acoustique existent émet un bruit impulsionnel. Si la valeur
- le “niveau de puissance acoustique”, déjà au niveau national pour diverses moyenne pondérée A excède
noté Lw : il correspond à l’énergie familles de machines. Plusieurs sont 85 dB(A), le constructeur doit
sonore totale rayonnée par une source en fin d’élaboration en tant que normes également déclarer le niveau pondéré
dans toutes les directions de l’espace. européennes (machines agricoles, A de puissance acoustique. La valeur
La puissance acoustique d’une source de fonderie, de l’industrie agro- déclarée doit être la valeur mesurée,
s’exprime en watts et le niveau alimentaire, machines à bois, machines l’incertitude de mesure (propre
de puissance acoustique en décibels. portatives, compresseurs, pompes, etc.) à la méthode de mesure utilisée)
Le niveau de puissance acoustique A terme, chaque famille, voire étant indiquée séparément
moyen sur un ou plusieurs cycles sous-famille de machines, devrait avoir (c’est ce qu’il est convenu d’appeler,
de fonctionnement de la machine est son code d’essai acoustique. selon la norme NF EN ISO 4871,
toujours pondéré A et se note alors LwA. une déclaration par valeur séparée).

54
■ Repérer l’origine des bruits
Le plus souvent, dans un atelier, les sources sonores
sont multiples et complexes (présence de nombreuses
machines très différentes, bruits de ventilation, etc.). Ne vous attendez pas à voir
une étiquette : en aucun cas,
Faire le bilan de l’émission sonore est nécessaire pour la directive “machines” ne demande
bien connaître la situation d’un atelier. Ceci nécessite d’apposer une étiquette
d’identifier les sources sonores une par une. Le service sur la machine. Le vocable “étiquetage
entretien, qui connaît bien les machines, leur mode du bruit” est d’ailleurs aujourd’hui banni,
d’utilisation, leur état, leurs défauts, est tout désigné au profit de “déclaration du bruit”.
pour participer à ce bilan et guider le professionnel
de l’acoustique industrielle dans cette tâche.
Efforts des courroies, vibrations d’un chassis mal fixé,
jeux dans les dentures ou les roulements... à l’origine de
bruits anormaux, peuvent ainsi être détectés.

■ Déterminer l’émission sonore 2. Faire procéder à une estimation


des machines par mesurage in situ
Cette action ne peut être conduite que par un profes-
sionnel de l’acoustique industrielle. Réaliser un bilan
Le public quantitatif de la situation sonore d’un atelier en
rapproche souvent à tort termes de sources de bruit n’est pas chose simple, car
la puissance électrique consommée les conditions in situ se prêtent mal au mesurage de
par un appareil et la puissance acoustique l’émission sonore. La raison est que le niveau sonore
délivrée dont les valeurs sont très différentes. mesuré in situ à proximité d’une machine, au poste de
Une enceinte HI FI domestique, travail par exemple, n’est pas un niveau d’émission,
qui consomme environ 50 watts électriques car il est affecté :
délivre un peu moins de 200 milliwatts - par le local où est installée la machine (son volume, la
acoustiques, ce qui correspond nature de ses parois et son encombrement),
à un niveau de pression acoustique - par les autres sources de bruit en fonctionnement
de l’ordre de 105 dB à 1 mètre de l’enceinte. dans le local (autres machines et activités, ventilation,
bruit venu d’ateliers voisins, etc.)

Seul l’arrêt complet de l’atelier et l’emploi de


méthodes de mesurage capables d’éliminer l’influence
1. Se servir des notices du constructeur du local permettent de mesurer l’une après l’autre
Cette action peut être conduite par le chargé de sécuri- l’émission sonore de chaque machine. Dans les faits,
té et/ou le bureau d’études de l’entreprise. Elle consis- les mesurages sont effectués pendant les pauses, les
te à consulter les sociétés ayant fourni les machines en fins de semaine, la nuit ou les périodes de congés. Si le
service et à leur demander de communiquer l’informa- bruit de fond (bruit résiduel après arrêt des autres
tion dont elles disposent sur l’émission sonore des sources) est trop élevé, il faudra, soit chercher à le
machines utilisées. diminuer (arrêt de la ventilation ou de la climatisation,
mesurages en soirée ou de nuit...), soit envisager de
Les valeurs d’émission sonore que vous fournira le déplacer la machine dans un autre local plus calme,
constructeur n’ont de sens qu’en référence à des condi- soit, si la grandeur recherchée est le niveau de puis-
tions précises de fonctionnement de la machine (celles sance acoustique, faire appel à la méthode de mesura-
fixées par le code d’essai acoustique s’il existe), qui ne ge dite “par intensimétrie”.
seront pas nécessairement vos conditions de fonction-
nement. Les données fournies doivent donc être utili- Différentes méthodes de mesurage de l’émission sono-
sées avec précaution mais sont toujours utiles. re sont évoquées en annexe.

55
5.2. ETUDIER LE COMPORTEMENT ACOUSTIQUE DU LOCAL
■ Caractériser le local
Quelques notions
Afin de caractériser le comportement acoustique d’un
Le bruit émis par une machine peut parvenir local, on utilise couramment :
à un opérateur par plusieurs cheminements.
- la durée de réverbération du local
Les deux principaux sont aériens :
- bruit propagé directement depuis la machine C’est le temps en secondes qu’il faut au niveau de pres-
(dit “champ direct”), sion acoustique en un point du local pour diminuer de
60 dB après arrêt de la source. En effet, quand la sour-
ce cesse d’émettre, le niveau sonore ne décroît pas ins-
tantanément, il y a d’abord disparition de l’onde directe
puis disparition des ondes réfléchies.

En laboratoire, il est possible d’effectuer des mesurages


éliminant tout bruit extérieur à la source.
Ce sont des “chambres anéchoïques” aussi appelées “chambres sourdes”.

LE CHAMP DIRECT OU LIBRE


En extérieur, un opérateur perçoit uniquement
le bruit direct émis par une source.
En l’absence de tout obstacle, le niveau sonore décroît de 6 dB
chaque fois que l’on double la distance à la source :
c’est le cas idéal du champ libre.

- bruit parvenant à l’opérateur après réflexion


sur les parois et l’encombrement du local
(dit “champ réfléchi” ou “champ réverbéré”).

DANS UN ATELIER AU PLAFOND TRÈS HAUT...


A la suite de nombreuses plaintes concernant
les conditions de travail - bruit et chaleur notamment -,
LE CHAMP RÉVERBÉRÉ
la direction prit la décision d’installer un faux-plafond
A l’intérieur des locaux, en plus du bruit direct, l’opérateur à 3,5 m de hauteur, le plafond initial étant encombré
perçoit le bruit réfléchi par les parois du local de gaines calorifugées. L’éclairage et le chauffage du local
(champ réverbéré). s’en trouvèrent nettement améliorés. En revanche,
Dans les locaux de travail, la décroissance du niveau sonore l’ambiance sonore de l’atelier fut nettement aggravée.
par doublement de distance à une source est inférieure à 6 dB. Une mesure de la durée de réverbération et de la
décroissance sonore spatiale dans le local initial, auraient
Un troisième cheminement possible fait intervenir la permis d’observer que la hauteur du local (8 m) associée
transmission des vibrations de la machine (dite “par voie au rôle acoustique favorable apporté par l’encombrement
solide”) par les parois et le sol du local. Les parois mises sous plafond, donnaient au local un comportement
en vibration émettent des ondes acoustiques comme le acoustique acceptable. En abaissant le plafond, seul
ferait la membrane d’un haut-parleur. un traitement acoustique très performant pouvait
permettre d’améliorer l’ambiance sonore de l’atelier.

56
LES MAÎTRES D’OUVRAGE ONT OBLIGATION DE ...
Afin d’encourager la conception de locaux de travail
moins bruyants, l’article R. 235-2-11 du Code du travail
et l’arrêté du 30 août 1990 fixent les obligations
des maîtres d’ouvrage pour les locaux où doivent être
installées des machines susceptibles d’exposer
les travailleurs à un niveau d’exposition sonore
quotidienne supérieur à 85 dB(A).
Le critère réglementaire d’acceptabilité d’un local
est basé sur la valeur de la pente par doublement
de distance de la courbe de décroissance sonore
spatiale. L’arrêté du 30 août 1990 fixe la méthode
Dans une cathédrale, chaque son se prolonge dans le temps.
de mesurage de cette grandeur.
C’est ce qu’on appelle la réverbération. Elle dépend de la nature
de la salle, de la fréquence du son et de la nature des parois.

- la courbe de décroissance sonore spatiale


du local
Elle indique comment décroît le niveau de pression
acoustique quand on s’éloigne de la source.

A partir de cette courbe, on détermine :

- la pente par doublement de distance,

- l’amplification du local.

La spécificité de ces différentes grandeurs et la com-


plexité des situations industrielles font que, en règle
générale, leur détermination nécessite l’intervention
d’un professionnel de l’acoustique industrielle.

L’emploi de la durée de réverbération ou de la


décroissance sonore spatiale dépend de la pratique
de l’intervenant acousticien. A noter toutefois que la
décroisssance sonore spatiale fournit une information
plus facilement exploitable en terme de prévention.
Toutefois, pour les locaux de forme quasi-cubique
et dont l’absorption des parois est homogène ou
pour les locaux de petite taille, la caractérisation du
local par la seule durée de réverbération peut être
suffisante.

Le bruit reçu en un point ne dépend donc pas que


des sources sonores présentes et de la distance à
ces sources. Il est la somme du champ direct et du
champ réfléchi (qui peut être plus puissant que le Les machines, dispersées auparavant dans quatre bâtiments, devaient
champ direct) et dépend donc aussi du local. Le local être regroupées dans un atelier neuf unique de 4000 m2.
constitue un amplif icateur du bruit émis par les Avant toute action, le centre interrégional de mesures physiques,
machines. caractérisa le local en y effectuant des mesurages acoustiques.

57
S’INFORMER SUR LES SOLUTIONS POSSIBLES 6
Il existe un grand choix de solutions préventives collectives
pour résoudre un problème de bruit. La plus efficace
consiste bien sûr à supprimer le bruit à la source,
c’est-à-dire dès la conception des machines.

N’oubliez pas que les résultats obtenus seront


toujours meilleurs si plusieurs actions
de prévention collective sont combinées.
Leur complémentarité accroît leur efficacité.

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59
6.1. RÉDUIRE LE BRUIT NE TRAITER
À LA SOURCE QU’UNE SEULE MACHINE
N’EST PAS UNE SOLUTION.
Les dispositions réglementaires prévoient, au-delà des
seuils précédemment évoqués, que l’employeur établit
et met en oeuvre un programme de mesures de nature
technique ou d’organisation du travail destiné à réduire
l’exposition au bruit (article R. 232-8-2 du Code du L’intervention porte souvent sur les machines les plus
Travail). La circulaire du 6 mai 1988 commente ainsi : bruyantes. Dans de nombreux cas, la diminution du
“Par mesures de nature technique, on entend toute niveau sonore de ces machines ne se traduit pas par
action sur l’émission, la propagation ou la réflexion des une atténuation du même ordre pour l’ensemble de
bruits (réduction à la source, amortissement visco-élas- l’atelier et pour le personnel qui y travaille. En effet, l’ef-
tique, capotages, écrans, correction acoustique des fet cumulatif dû au bruit des autres machines non inso-
parois du local...)”. norisées peut compromettre les efforts réalisés. De
plus, la diminution de l’émission de la source la plus
Empêcher la génération du bruit constitue la solution la intense ne sera pas forcément la solution finale du pro-
plus efficace. Ceci suppose de réduire le bruit à la sour- blème, si une autre source émet une énergie à peine
ce, au stade de la conception des machines et équipe- inférieure à la précédente. Parfois même, le bruit aigu
ments. La réglementation y invite les constructeurs. produit par un petit auxiliaire masqué initialement par
la machine principale, apparaîtra comme encore plus
Dans les installations industrielles, le bruit peut gênant quand il sera seul, après atténuation de l’émis-
présenter une origine sion principale !
- pneumatique (verrins...)
- mécanique (grincement de pièces non lubrifiées,
vibration de parois...) ■ Favoriser la progressivité
- électrique (fermeture de relais, ronflement des circuits
magnétiques des transformateurs...) des mouvements
- hydraulique (turbulences, aspiration des pompes...)
On pourra par exemple augmenter la distance entre
- aéraulique (ventilation, turbines...)
l’aube mobile et l’aube fixe d’une pompe ou remplacer
une butée rigide par une butée souple... ou bien pré-
voir l’attaque progressive d’un outil, privilégier un
engrenage hélicoïdal par rapport à un droit, rompre les
périodicités en répartissant de façon inégale les dents
d’une lame de scie, éviter également heurts ou à-coups.

■ Supprimer les chocs ou les amortir


Les chocs sont associés à des variations brutales de
vitesse. La solution la plus générale consiste à réduire
l’amplitude et la soudaineté de la variation de vitesse,
Dans cet atelier ou, à la conception, à utiliser des processus ne générant
de préfabrication pas de chocs.
de voussoirs pour
la construction
d’un tunnel, On pourra, par exemple, éviter l’entrechoquement
les niveaux sonores bruyant de pièces contre les côtés d’un conteneur par
atteignaient le traitement des parois, favoriser la circulation des
102 dB(A). pièces sur des chemins de roulement plans, freiner la
Les visseuses
pneumatiques variation de vitesse par l’interposition d’un matériau
remplacent élastique ou visco-élastique. On peut aussi freiner les
maintenant chutes et en réduire les hauteurs ou, à la conception,
les clefs à choc préférer des processus ne générant pas de chutes.
pneumatiques.

60
Dans une usine métallurgique, la suppression de la chute Désolidarisez les systèmes excitateurs du reste de la
des tôles a non seulement réduit l’ambiance sonore machine en respectant les exigences de précision et de
de 10 dB(A) environ, mais également, en éliminant sécurité qui nécessitent parfois des liaisons rigides (pan-
le relèvement des tôles, a diminué les dépenses neaux montés avec joint souple, plots antivibratiles, liai-
énergétiques de l’entreprise de 15 %. sons flexibles-transmission d’air ou hydraulique, colliers
isolants).

■ Eviter les vibrations inutiles


Il est possible par exemple de fixer les éléments du bâti
■ Modifier les outillages et les techniques
susceptibles de vibrer et renforcer sa rigidité aux points Remplacer une technique bruyante par une technique
de fixation ou bien de supprimer des porte-à-faux, du plus silencieuse constitue bien sûr la solution la plus
“jeu”, de façon à limiter les vibrations génératrices de efficace. On peut ainsi remplacer une opération de
bruits. poinçonnage sur une tôle par un découpage au rayon
laser. Mais, plus simplement, des modifications d’outils,
faciles à mettre en œuvre et peu onéreuses, peuvent
permettre de réduire le bruit. Par exemple, les outils
■ Découpler les machines à bois (généralement à quatre lames) procèdent par
de leur environnement coups successifs générateurs de bruit, de vibrations et
de fatigue pour les éléments de la machine (lames,
paliers, etc.). La modification de la forme des lames
peut permettre de réduire le bruit de plus de
10 dB(A), de diminuer la puissance du moteur et de
multiplier la longévité des lames et des paliers. De la
même façon, on peut choisir chaque fois que possible
des outils silencieux (outils hélicoïdaux, soufflettes à
effet Coanda, etc.)

Dans certaines forges, le calibrage des pièces se faisait


à froid sur presse à vis et des butées de fin de course
permettaient de tenir la cote. En fait, on a pu constater
que ces butées encaissaient jusqu’à 80 % de l’énergie
dépensée au cours du cycle. Le réglage précis
de la commande de la presse a permis la suppression
Pour réduire la transmission des vibrations et du bruit,
les machines reposent sur des plots antivibratiles. des butées, ce qui a divisé par cinq l’énergie dépensée
en même temps que le niveau sonore au poste de travail
diminuait de 9 dB(A).
L’isolation antivibratile permet de limiter la transmission
des vibrations de la machine à son support et ainsi
empêcher la propagation du bruit par voie solide. Cette ■ Eviter les variations brutales
opération est quelquefois complexe, pour les presses de pression
par exemple. Néanmoins, dans certains cas, on peut
obtenir des résultats appréciables en posant la machine Les opérations de soufflage et les échappements d’air
sur des suspensions amorties : ressorts amortis, plots comprimé s’accompagnent de variation brutale de
de caoutchouc, matelas élastique... avec une fréquence pression du circuit d’air comprimé et sont donc sou-
de résonance nettement inférieure à la plus basse fré- vent extrêmement bruyantes. Des détendeurs limi-
quence d’excitation. On se méfiera des effets de réso- tent efficacement la pression. Il existe également des
nance et on préférera alors des limiteurs de course ou buses silencieuses qui permettent une variation conti-
un amortissement suffisant. Toutes les liaisons rigides nue de pression. On peut aussi poser des silencieux
avec la machine (conduits d’air comprimé par exemple) en sortie de vérins, prévoir la collecte des échappe-
seront remplacées par des liaisons souples (manchons ments vers un silencieux à cartouche filtrante.
en caoutchouc).

61
Les outils pneumatiques seront avantageusement rem- - la garantie de non-dépassement de telle valeur d’émis-
placés par des outils électriques. sion sonore dans les conditions de montage et de
fonctionnement dans lesquelles vous allez utiliser la
Dans les ateliers de découpage des petites pièces, l’éjec- machine et, s’il s’agit du niveau de pression acoustique
tion se fait généralement par air comprimé, avec un d’émission au poste de travail, pour une position spéci-
rendement de l’ordre de 1% par rapport à l’énergie fiée du travailleur,
électrique consommée, mais avec un niveau sonore de - la garantie de non-dépassement d’un niveau d’exposi-
l’ordre de 100 dB(A) aux postes de travail. L’utilisation tion des personnes une fois la machine installée et en
de la technique du coussin d’air permet d’augmenter le fonctionnement dans des conditions spécifiées,
rendement et de diminuer le niveau sonore de 15 à - la garantie de mise à disposition dans des délais raison-
20 dB(A). nables des pièces de rechange spécifiques à un éven-
tuel dispositif d’insonorisation fourni avec la machine,
- les conditions de montage et de fonctionnement de la
machine requises pendant les mesurages de réception
acoustique de la machine, si une telle réception est
6.2. ACHETER SILENCIEUX prévue.
Le décret du 29 juillet 1992 a introduit dans le Code
du travail un article R. 233-84 qui concerne les règles Si une étude spécifique conditionnelle à la passation
techniques applicables lors de la conception et de la de la commande est envisagée, elle pourra nécessiter
construction des machines. Une clause notamment l’intervention d’un professionnel de l’acoustique indus-
concerne l’émission sonore des machines : “La machine trielle.
doit être conçue et construite pour que les risques
résultant de l’émission du bruit aérien produit soient Pour permettre l’élaboration de la clause bruit, l’entre-
réduits au niveau le plus bas possible, compte tenu de la prise devra réunir, dans l’ordre, les données, les
disponibilité de moyens de réduction du bruit, notam- besoins, les contraintes, les exigences qui en découlent.
ment à la source”. Certains aspects énumérés ci-après ne sont pas spéci-
fiques au bruit, mais tous concourent à l’élaboration
La circulaire du 6 mai 1988 est explicite : “Il convient d’un cahier des charges de qualité.
de souligner qu’une occasion privilégiée pour l’applica-
tion de ce principe de prévention se trouve être le rem- 1. Les données permettront de prendre connaissance
placement de machines ou d’installations”. de l’environnement physique des postes de travail au
voisinage de cette machine. Il s’agit en particulier des
plans topographiques généraux de l’atelier concerné,
Achetez silencieux même si vous pensez des données sur la nature des parois, du sol et
que personne ne travaillera éventuellement du sous-sol (s’il s’agit d’une grosse
à proximité de la machine ! machine, source notamment de vibrations), des relevés
Pensez aux réglages, sonométriques, thermométriques ou autres agents
aux défaillances, à la surveillance physiques potentiellement présents sur le lieu de travail,
des opérations et à la maintenance... des voies d’accès et chemins de passage.

2. Les besoins. Il s’agira d’exprimer en termes aussi


quantifiés et objectifs que possible les surfaces, les
■ Prévoir une clause bruit volumes, les liaisons nécessaires à la couverture des
dans le cahier des charges besoins fonctionnels de la machine, de définir les
impératifs de production en terme de vitesse
Lors de l’achat d’une machine, l’utilisateur doit faire
d’exécution, de cadence et de processus de
figurer dans le cahier des charges une clause bruit. Le
fabrication, de formuler les souhaits en matière
contenu de cette clause relève d’une relation privée
d’ergonomie, de qualité et de pérennité d’ouvrage,
entre client et fournisseur. Selon vos exigences, la clau-
mais aussi de limitation du surcoût entraîné et du délai
se bruit pourra, en plus de la déclaration de l’émission
d’exécution.
sonore (exigée par la réglementation dans la documen-
tation technique de la machine et dans la notice d’ins- 3. Les contraintes, notamment réglementaires, en se
tructions) faire apparaître : bornant à les énumérer et les décrire.

62
4. Les exigences. Elles découlent des autres contraintes le choix entre deux solutions :
imposées à l’exploitant et constituent les conditions - absorber les ondes sonores, c’est-à-dire rendre le local
restrictives que l’acheteur impose au vendeur. Ce sont les plus sourd et moins sonore en modifiant l’état des sur-
niveaux de qualité exigibles de la machine installée in situ faces de ses parois,
(niveaux maximaux à ne pas dépasser d’émission sonore, - assurer l’isolation acoustique du local, c’est-à-dire empê-
performances des dispositifs d’évacuation des calories, cher, par un obstacle, les ondes de se transmettre du
accessibilité des organes de contrôle-commande, visibilité local vers un autre.
des dispositifs de signalisation propre), la garantie des
résultats acoustiques, la périodicité des visites de
maintenance spécifique.
Isoler n’accroît pas nécessairement l’absorption
et inversement. Isoler deux locaux n’améliore
pas en général la sonorité de chacun d’eux.
Inversement rendre un local plus sourd
6.3. AGIR SUR n’améliore pas obligatoirement son isolement
LA PROPAGATION vis-à-vis de l’extérieur.

DES ONDES SONORES


Pour mieux comprendre, un matelas de laine de roche
de 20 mm d’épaisseur (a) et un panneau de bois
étanche d’épaisseur 20 mm (b) offrent respectivement :
(a) isolation 3 dB absorption 70 %
(b) isolation 30 dB absorption 3 %

Sur 100 % d’énergie acoustique qui atteint le matelas


(a), environ 30 % retourne vers la source : les 70 %
restants peuvent être dissipés sous forme de chaleur
dans le matelas ou bien traverser le panneau.

Sur 100 % d’énergie acoustique qui atteint le panneau


étanche (b), environ 97 % retourne vers la source.
Le bruit émis par les machines bruyantes se propage dans Seulement 0,1 % traverse le panneau et le reste est
le local avant sa réception par les oreilles des travailleurs exposés.
Différents modes d’exposition au bruit : absorbé.
1. ondes sonores directes
2. ondes sonores réfléchies par les
parois du local
3. ondes sonores produites par les
vibrations transmises par les
machines au plancher.

Lorsqu’une onde acoustique


frappe une paroi, une fraction
de l’énergie sonore est trans-
mise. C’est la transmission
directe au travers de la paroi.
L’autre fraction se décompose
en deux parties : l’une est
absorbée par la paroi (absorp- Projections d’huile de coupe ou de trempage,
tion), l’autre est réfléchie vers dépôts de graisses, etc. Les risques de glissade
le local (réflexion). étaient nombreux dans cet atelier de mécanique de l’Est.
Une des solutions a consisté à limiter ces projections
Pour limiter la propagation en capotant les machines... réduisant du même coup
des ondes sonores, on a donc les nuisances sonores.

63
■ Absorber les bruits produits modifié. En conséquence, le traitement acoustique du
à l’intérieur du local local permet de réduire le niveau de bruit principale-
ment loin des machines bruyantes.
Lorsque plusieurs machines sont en cause, le traitement
acoustique du local permet de tirer une efficacité maxi- Les techniques actuelles (dans ce cas, des baffles suspendus
male des autres moyens collectifs de réduction du bruit au plafond) offrent dans bien des cas des solutions efficaces.
(encoffrements, écrans).

Cependant, le traitement absorbant des parois, qui


modifie les ondes réfléchies, ne permet pas de réduire
de façon significative le bruit aux postes de travail situés
près des machines très bruyantes en champ direct. Le
gain est d’autant plus sensible que les sources de bruit
sont éloignées.
Le gain attendu du seul traitement absorbant des
parois n’est significatif que si le local était initialement
réfléchissant et si la distance source-opérateur est
importante.

En revanche, d’autres avantages sont souvent associés à


ce type de traitement :
- la perception des messages significatifs et utiles qui
proviennent le plus souvent des sources proches est
améliorée,
- les performances attendues d’un éloignement sources-
opérateurs ou d’une interposition d’écrans sont aug-
mentées.

Les exigences applicables aux concepteurs,


constructeurs ou aménageurs de bâtiments font l’objet Dans certaines configurations,
de l’article R. 235-2-11 du Code du travail : un bon traitement acoustique permet
“Les locaux où doivent être installés des machines de diminuer la contribution
ou appareils susceptibles d’exposer les travailleurs de chaque source de bruit de 2 dB
à un niveau d’exposition sonore quotidienne supérieure à proximité d’elle, de 5 dB à une distance
à 85 dB(A) doivent être conçus, construits ou aménagés, de 10 m et plus à grande distance.
compte tenu de l’état des techniques, de façon
à réduire la réverbération du bruit sur les
parois de ces locaux lorsque la réverbération
doit occasionner une augmentation notable
du niveau d’exposition des travailleurs (...)”.

Le traitement acoustique du local consiste à


recouvrir les parois de matériaux absorbants.
Son efficacité dépend pour chaque bande de
fréquence, du coefficient d’absorption du
matériau choisi compte tenu de son mode de
pose (pose à plat avec ou sans espace d’air à
l’arrière du matériau, pose verticale en réseau
de baffles). Généralement, on traite en priori-
té le plafond, puis si nécessaire, la partie haute
des parois verticales. On réduit ainsi le champ
sonore réverbéré apporté par toutes les En traitant le plafond, on réduit le champ sonore réverbéré apporté
sources de bruit. Le champ direct n’est pas par les sources de bruit.

64
Lorsqu’une source de bruit est située très près d’une absorbant n’empêchera pas le son de traverser les cloi-
paroi verticale, un traitement qui consiste à recouvrir sons. Pour cela, il faut un matériau isolant.
localement cette paroi de matériau absorbant permet
de diminuer le champ réfléchi. Les plus efficaces sont les matériaux poreux ou
De même, lorsqu’il existe une source de bruit prépon- fibreux. En général, une faible épaisseur de ces maté-
dérante dans un atelier, le fait de disposer au-dessus riaux est efficace dans les fréquences aiguës. Cette effi-
d’elle une “hotte acoustique” (traitement partiel à l’aide cacité augmente avec l’épaisseur du matériau dans les
d’un réseau de baffles placés au-dessus de cette machi- fréquences moyennes et, pour certains, dans les fré-
ne) peut suffire pour réduire le niveau de bruit dans les quences graves (matériaux denses).
zones où l’énergie sonore venue directement de la
machine n’est pas prépondérante. - Les matériaux poreux sont constitués de cellules
ouvertes, donc communicantes : l’énergie acoustique
Le traitement acoustique du local peut être réalisé pénètre dans les cellules et est ensuite dégradée en
- lors de la conception du local, conformément à l’arrê- chaleur par friction des molécules d’air. Parmi ces
té du 30 août 1990 qui “est applicable à la construc- absorbants, citons les mousses (matériaux souples :
tion ou à l’aménagement des locaux de travail visés à mousses synthétiques, polyéthylène, polyuréthane à
l’article R. 235-2-11 du Code du travail, où doivent pores ouverts, minéraux expansés rigides tels que la
être installés des machines et appareils susceptibles mousse d’argile).
d’exposer les travailleurs à un niveau d’exposition
sonore quotidienne supérieur à 85 dBA”, - Les matériaux fibreux dissipent l’énergie acoustique
- comme moyen de correction pour diminuer les de la même façon. Ce sont les laines de verre, les
niveaux sonores existants. laines de roche, les matériaux à fibres végétales, ani-
males ou synthétiques, ... L’absorption des basses fré-
L’efficacité d’un traitement peut être mesurée quences est améliorée par un espace libre derrière la
- en termes de caractérisation du local à partir de la matière absorbante (plénum).
courbe de décroissance spatiale de l’énergie sonore.
La pente par doublement de distance de cette courbe - Les matériaux à cellules fermées (polystyrène
peut être comparée à la valeur limite définie dans l’ar- expansé, certaines mousses rigides à pores fermés)
rêté du 30 août 1990,
- en terme de réduction des
niveaux sonores aux postes de
travail lorsqu’il s’agit d’une
action de correction,
- en terme de réduction des ni-
veaux d’exposition du personnel.

1. Les matériaux absorbants


Ce sont ceux qui ont la proprié-
té de ne pas réfléchir les ondes
sonores.
C’est pourquoi ils sont
employés pour empêcher la
réflexion du son par les parois
d’une salle. On les utilise pour
réduire le bruit dans la pièce où
se trouvent les sources de
bruit.
En revanche, si vous recouvrez
vos murs d’un matériau absor- Dans cette usine de fabrication de boîtes de conserve, Les murs sont en aggloméré et en bacs acier recouverts
le plafond est constitué de bacs en aluminium doublés sur la totalité de la surface de matériaux absorbants.
bant acoustique, vous ne serez d’un matériau thermo-acoustique. Il est composé
pas isolé du bruit provenant de plusieurs plans décalés et de formes différentes
d’un autre local. Le matériau qui reposent sur une charpente en bois lamellé-collé.

65
sont, quant à eux, très peu absorbants. Ils technique de montage lui permet de fonctionner en
peuvent même dégrader les perfor- panneau fléchissant, donc d’être plus absorbants dans
mances en absorption de la paroi les basses fréquences.
qu’ils recouvrent.
La mise en place d’un matériau fibreux derrière un pan-
L’efficacité des matériaux neau perforé améliore l’absorption aux fréquences
est quantifiée par le coefficient aiguës.
d’absorption. Les différentes
méthodes de mesure Les performances en absorption d’un matériau sont
sont évoquées en annexe. modifiées si celui-ci est recouvert d’un pare-vapeur. Ce
dernier doit être perméable à l’air, pour ne pas trop réflé-
chir les ondes sonores. Si celui-ci est recouvert par un
matériau de protection (tôle perforée, film plastique, voile
2. Les techniques absorbantes de verre), le taux de perforation doit être très élevé,
l’épaisseur du film très mince, le voile de verre très pro-
L’assemblage de matériaux “non absorbants” peut pré-
gressif, sans quoi l’absorption est fortement dégradée.
senter des qualités d’absorption intéressantes si leur
mode de fixation ou leur structure est adéquat.
Dans certains cas, et notamment pour des locaux
industriels de grande hauteur, on utilise des baffles : ce
- Les résonateurs plans ou panneaux fléchissants : ces
sont des assemblages de panneaux absorbants, suspen-
panneaux, fixés sur tasseaux ou ossature indépendante
dus au plafond. En fonction de leur nombre par unité
et espacés de la paroi à traiter par une lame d’air, se
de surface, de leur épaisseur, de leur disposition et de
déforment sous la pression des ondes sonores. Une
leur hauteur, les résultats sont améliorés en particulier
fraction de l’énergie est alors transformée en énergie
pour les fréquences au-delà de 400 Hz.
vibratoire puis dégradée en chaleur par amortissement.
L’application de matériaux absorbants en plafond, soit
L’absorption est en général maximale dans les basses
en baffles suspendus, soit en faux-plafond, et sur les
fréquences.
parois verticales s’avère être une solution intéressante
- Les résonateurs perforés ou à cavités : ce sont dans de nombreux cas. L’amélioration apportée se situe
essentiellement des plaques, des panneaux de généralement entre 3 et 9 dB(A).
matériaux divers qui ont été perforés, fixés comme
les panneaux fléchissants, ou des briques creuses, des
agglomérés creux de béton. Grâce à leur structure, ils
fonctionnent comme des résonateurs. Le plus simple
■ Isoler le local des bruits extérieurs
système résonateur de ce type est le résonateur dit Pour isoler un local, il faut interposer un obstacle à la
de Helmoltz, constitué d’un volume d’air contenu propagation des ondes sonores de l’extérieur vers l’in-
dans une cavité séparée du milieu extérieur par un térieur : un mur ou une cloison par exemple.
col. Lorsqu’une onde sonore frappe l’ouverture, le
volume d’air contenu dans le col entre en vibrations Une paroi simple, pleine, étanche à l’air et réalisée en
alors que celui enfermé dans la cavité se comporte matériau homogène (béton...) est efficace. Une paroi
comme un ressort. Pour une certaine fréquence, double donne pour une même masse par unité de sur-
généralement située dans les fréquences moyennes, face des résultats encore meilleurs.
qui dépend des caractéristiques géométriques du
résonateur, ce système devient résonant et son L’isolation obtenue dépend de la masse surfacique de l’élé-
pouvoir d’absorption est maximal. ment séparatif et de la fréquence des sons considérés.

MESURER L’ISOLEMENT D’UNE PAROI


3. Choix des solutions On obtient la valeur de l’isolement d’une paroi
Le plus souvent, pour obtenir une efficacité accrue, (dit aussi indice d’affaiblissement acoustique)
couvrant une gamme de fréquences plus large, on com- en mesurant le niveau de bruit, dans un local fortement
bine techniques et matériaux absorbants. réverbérant, et le niveau de bruit transmis dans un local
La pose sur tasseaux d’un matériau fibreux rigide en de réception contigu, séparé par la paroi à étudier.
est un exemple. On utilise alors les propriétés absor- Les conditions de la mesure et le calcul sont précisés
bantes du matériau dans les hautes fréquences et la dans les normes NF S 31-045 et NF S 31-051.

66
1. Encoffrement de la source
L’encoffrement d’une machine permet de réduire le
niveau de bruit apporté par cette machine en tout
point du local et notamment à proximité. Il s’agit d’em-
pêcher la propagation du bruit émis par la machine.
Dans ce but, on enferme la machine dans une boîte
appelée encoffrement ou capotage.

UN CAPOTAGE
DANS UNE ENTREPRISE D’EMBOUTEILLAGE
Le niveau sonore était particulièrement élevé (il oscillait
autour de 92 dB(A)) dans une tour de stérilisation On peut dans le cas de la raboteuse de cette scierie parler
des bouteilles fonctionnant en continu. Les goulots de “piège à sons”. Seuls sont accessibles le bouton d’arrêt d’urgence
et l’accès pour l’alimentation.
d’étranglement du convoyeur provoquaient
en effet des ralentissements dans le cheminement
des récipients en verre et les derniers arrivés venaient
heurter violemment les premiers. A ce bruit, s’ajoutait celui
qu’occasionnait le basculement des bouteilles.
Le capotage réalisé forme une cabine entièrement
démontable qui vient englober complètement
la machine de transfert et son convoyeur d’alimentation.
Des ouvertures ont été aménagées : une porte
permet l’accès à l’intérieur de la cabine
et des fenêtres en polycarbonate assurent
les interventions de routine ou de surveillance.
Les commandes ont été reportées à l’extérieur.
Les contrôles effectués, après installation de
la cabine, par le centre interrégional de mesures
physiques de la CRAM, attestent d’un abaissement
du niveau sonore de 8 dB(A).
L’opérateur situé face à l’extrudeuse-
On distingue trois types d’encoffrements : souffleuse, dans cette PME
de fabrication d’emballages plastiques,
était exposé à des niveaux sonores
- Les encoffrements intégrés ou capotages de 85,3 dB(A).
spécifiques qui sont réalisés au plus près de
la machine. Leur intégration est prise en La cabine a permis un gain
remarquable de 9 dB(A).
compte dès la conception : ils contribuent en
partie à la structure de la machine. Leur mise
en oeuvre s’apparente à une action de Ouverte dans sa partie supérieure,
elle est surmontée
réduction du bruit à la source. de baffles anti-bruit verticaux.

- Les encoffrements complets, de type


modulaire : ce sont les plus couramment
utilisés au stade de la correction acoustique.
La plupart sont constitués d’un ensemble
de panneaux munis de portes d’accès,
de vitrages, de panneaux pré-équipés
(ventilation, aménagements spécifiques, etc.) ;
ces éléments préfabriqués s’assemblent et
réalisent un capotage qui assure une certaine
étanchéité acoustique. Ils peuvent être

67
conçus et réalisés par l’entreprise ou sous-traités à
une entreprise spécialisée. Un encoffrement mal conçu
ou mal réalisé
- Les encoffrements partiels : il s’agit d’un ensemble peut amplifier le bruit.
d’écrans entourant une source sur plusieurs côtés. Ils
sont utilisés lorsqu’il est impossible de réaliser un
encoffrement complet pour des raisons techniques :
accessibilité, ventilation, refroidissement...
Lorsque les impératifs d’accès et de fonctionnement de
la machine le permettent (c’est le cas des machines
automatiques), l’encoffrement intégral de la machine
constitue une très bonne solution. Un bon encoffre-
ment du commerce peut apporter un affaiblissement
de l’ordre de 15 à 20 dB(A).

2. Vous devez observer les règles suivantes :


Sur la photo
ci-contre - Prévoir des parois dont la masse par unité
l’encoffrement de surface est suffisante
est composé Cette masse sera d’autant plus importante que les
de panneaux composés
d’une couche de laine fréquences à arrêter sont plus basses. Des matériaux
de roche prise divers peuvent être utilisés à condition d’être suffi-
entre une peau samment lourds et bien amortis : maçonnerie pour
extérieure les grands encoffrements, tôle d’acier épaisse, bois
en acier galvanisé aggloméré, feuille de plomb et surtout des matériaux
et une peau intérieure
en acier galvanisé composites : deux ou plusieurs panneaux de bois
perforé, avec 45 % aggloméré ou métalliques, séparés par de la laine
de vide. minérale, sans “ponts phoniques” entre les panneaux.
Les vitres sont
en verre triplex - Découpler l’encoffrement par rapport
monté sur joints
de caoutchouc à la machine
type pare-brise. C’est le non-respect de ce principe qui ruine le plus
souvent l’efficacité du dispositif d’encoffrement. En
effet, la machine transmet des vibrations à l’encoffre-
ment qui rayonne alors un bruit, de la même façon
qu’une membrane de haut-parleur. L’encoffrement
pourra reposer directement sur le sol si la machine
est déjà découplée de celui-ci, ou sinon sur une
semelle élastique appropriée. Si l’encoffrement ne
peut être fixé que sur la machine, même si celle-ci est
découplée du sol, il faudra isoler l’encoffrement de la
machine par des éléments de découplage appropriés.
Dans cet atelier Lorsqu’ il y a un risque de couplage vibratoire, faites
de fabrication appel à un spécialiste.
de boîtes de conserve,
à l’extrémité
de chaque ligne, - Améliorer l’absorption à l’intérieur
le convoyeur de l’encoffrement
de retour est Le niveau de bruit produit par une source sonore à
enfermé dans l’intérieur d’une enceinte est d’autant plus élevé que
un encoffrement cette enceinte est réverbérante. La présence de
surmonté
d’une coupole vitrée. matériaux absorbants à l’intérieur de l’encoffrement,
Le fait de soulever cette d’une part diminue le niveau sonore réverbéré à l’in-
dernière provoque térieur, d’autre part augmente les propriétés iso-
l’arrêt immédiat lantes des parois. Toute diminution du niveau sonore
de la ligne.

68
Un écran est une paroi isolée faisant obstacle
à la propagation du son. Il permet
à l’intérieur de l’enceinte, par apport de surfaces de supprimer le champ direct
absorbantes, sera répercutée à l’extérieur. et une partie du champ réfléchi
L’épaisseur du revêtement absorbant doit être d’au- par le plancher pour des postes de travail
tant plus importante que les fréquences à absorber situés derrière l’écran. Son action
sont plus basses. Pour les très basses fréquences et est locale, le champ réverbéré
pour les bruits à fréquences discrètes, on utilise des n’est pas modifié.
absorbeurs sélectifs à panneaux résonants ou à réso-
nateurs d’Helmoltz.
Un écran ne sera efficace que si :
- Exiger une parfaite étanchéité de l’encoffrement - Le local a été traité acoustiquement. Dans un local
Les encoffrements ouverts sont peu efficaces. La pré- réverbérant, le bruit se propageant par voie directe serait
sence d’ouvertures fonctionnelles, de fentes, de effectivement arrêté, mais le bruit transmis par réflexion
défauts d’étanchéité diminue considérablement l’effi- est presque intégralement transmis.
cacité d’un encoffrement. Si des passages de pièces - La source est proche du récepteur ou le récepteur
doivent être maintenus par exemple, on aura recours est très proche de l’écran.
à des portes escamotables, à des lames souples, à des - Sa masse par unité de surface est suffisante.
sas insonorisés. Si une ventilation est nécessaire, on Généralement, lorsqu’ elle est supérieure à 5 kg/m2,
lui adjoindra des silencieux d’arrivée et d’extraction la transmission sonore à travers la paroi est négligeable.
d’air tels qu’il en existe maintenant couramment dans - Ses dimensions sont suffisantes pour être un réel
le commerce. D’une façon générale, toutes les ouver- obstacle. Il doit aller suffisamment haut et bas,
tures (fenêtres, portes) ainsi que le raccordement de jusqu’au sol si possible.
l’encoffrement avec le sol seront pourvus de joints - Il ne constitue pas une gêne. Par exemple, en réduisant
souples résistant bien aux huiles en particulier. la visibilité. Attention aux écrans mobiles qui resteront
rangés s’ils sont gênants.
Beaucoup de capotages pêchent par une ventilation - Les sources de bruit ne sont pas nombreuses. A la limite,
inappropriée mettant en danger la survie de la machi- en champ réverbéré prépondérant ou si les sources de bruit
ne et présentant une surface de fuites qui altère sont multiples, l’efficacité des écrans est nulle. En revanche,
considérablement la performance de l’ensemble. en champ direct prépondérant, l’efficacité d’un écran peut
être bonne, principalement si les fréquences sont aiguës.
- Il est lui-même non réfléchissant, revêtu de matériaux
absorbants, en particulier sur sa face tournée vers
■ Organiser le travail la machine.
Sous ces réserves, on peut espérer une réduction
1. Isoler les salariés des sources de bruit du niveau sonore de 3 à 10 dB(A).

- Les écrans simples - Les parois de sépa-


Ils sont utilisés pour ration partielle
protéger un poste Elles sont fixes et font
de travail d’une partie intégrante du
machine bruyante. local. Elles sont utili-
Ils présentent l’avan- sées pour protéger un
tage de pouvoir être certain nombre de
déplacés facilement postes de travail dans
pour s’adapter aux une partie du local
exigences d’un poste contre le bruit éma-
de travail. Ce type nant des autres
d’écran est efficace postes de travail, sans
pour éliminer le pour autant obstruer
champ direct apporté les voies de passage,
par une machine dans Ce hall est celui d’une tôlerie industrielle. Les poinçonneuses constituaient ou gêner le fonction-
une direction. une gêne sonore importante pour l’ensemble des occupants de l’atelier. nement des installa-
La solution de leur encoffrement, présentant des contraintes trop lourdes tions communes (ven-
pour les opérateurs, ne pouvait être retenue. On isola donc la zone
par un cloisonnement de tôles perforées enfermant un matériau isolant. tilation, éclairage).

69
Les zones de stockage pourront par exemple être dis-
posées de telle sorte qu’elles créent des espaces tam-
pons entre zones de travail, limitant ainsi l’addition
des bruits et facilitant la mise en place d’écrans. Des
locaux spécifiques seront prévus pour les pompes,
moteurs, compresseurs, broyeurs ou autres machines
bruyantes.

Dans cet atelier l’opérateur est protégé par un écran acoustique à


double vitrage avec vide interstitiel.

- Les cabines ou box. Lorsque l’isolation acoustique


des machines par encoffrement intégral ne peut être
envisagée, l’isolation du personnel en cabine ou en box
insonorisé peut être conseillée. C’est le cas notamment
des salles de commande de bancs d’essais ou des
postes de surveillance de chaînes automatiques. Il est
préférable qu’une telle cabine soit entièrement fermée.
Outre ses qualités acoustiques, une telle cabine devra
comporter une bonne ventilation ou climatisation, un
bon éclairage et une bonne visibilité vers l’extérieur
(vitres). Le non-respect de l’une ou l’autre de ces
recommandations se traduirait par l’ouverture des Séparer les secteurs qui génèrent du bruit de ceux qui n’en génèrent
portes de la cabine et replacerait le personnel en pas peut constituer une des armes de lutte contre le bruit.
ambiance sonore élevée.

Si la cabine est seulement partiellement fermée, elle


entre alors dans la catégorie des écrans.
3. Limiter la durée de l’exposition
Réduire le temps pendant lequel les salariés sont
La réduction du niveau sonore qu’on peut en attendre exposés au bruit peut être un moyen de diminuer les
varie le plus souvent entre 15 et 20 dB(A) et comme niveaux d’exposition sonore quotidienne. A condition
pour les capotages, il sera toujours très difficile d’at- toutefois que cette réduction soit importante : la divi-
teindre 30 dB(A), en raison notamment de la présence sion du temps d’exposition par deux conduit à une
de l’indispensable porte d’accès. diminution du niveau d’exposition sonore quotidienne
de 3 dB(A) : il faudrait réduire par dix le temps d’ex-
position pour aboutir à une diminution du niveau
2. Eloigner les hommes des machines bruyantes d’exposition sonore quotidienne de 10 dB(A) et par
La séparation des machines bruyantes et des postes de cent pour une réduction de 20 dB(A).
travail silencieux est à rechercher dans la mesure où l’orga-
nisation du travail, la circulation des hommes et des pro- Pour ce faire, des aménagements peuvent être instau-
duits le permettent. Pour que ce moyen soit efficace, il faut rés dans l’entreprise, notamment par la rotation du
que l’éloignement soit important. personnel aux postes les plus exposés.

70
FICHE-OUTIL N° 9

PERFORMANCES DES MATÉRIAUX


ISOLATION . ABSORPTION EN ACOUSTIQUE

Isolation
A titre d’information, valeurs indicatives de l’isolation phonique aux moyennes fréquences :
- contre-plaqué 6 mm : 17 dB
- tôle 15/10 mm : 25 dB
- feuille de plomb 3 mm : 32 dB
- parpaing plein 100 mm : 42 dB L’isolation phonique
- béton armé 200 mm : 52 dB d’un matériau dépend fortement
de la fréquence du son.
D’une manière générale, elle croît
avec la fréquence.

Absorption
A titre d’information, valeurs indicatives du coeffficient d’absorption aux moyennes fréquences :
- laine de verre brute : 0,9
- laine de roche protégée par voile de verre : 0,8
- laine de verre protégée par tôle à fort taux de perforation : 0,8
- mousse de polyuréthane à pores ouverts : 0,7
- aggloméré de béton brut : 0,4
- bois : 0,2 L’absorption phonique
- bardage métallique plein : 0,1 d’un matériau dépend
- aggloméré de béton enduit ou peint : 0,1 fortement de la fréquence
du son, de l’épaisseur,
de la densité et de l’état de surface
du matériau.
Le polystyrène expansé
(cellules fermées) est un isolant
thermique et non phonique.

laine de verre absorbant


laine de roche absorbant
matériaux à fibres végétales absorbant
marbre isolant
béton isolant
fibres textiles absorbant
mousse synthétique (à pores ouverts) absorbant
verre isolant

71
FICHE-OUTIL N° 10

RELATION DURÉE D’EXPOSITION/NIVEAU SONORE

Calcul des durées maximales d’exposition sonore quotidienne à ne pas dépasser,


de façon à ce que le niveau d’exposition sonore ne dépasse pas 85 dB(A).

Niveau sonore Durée d’exposition


en décibels A quotidienne maximale
85 8 heures
88 4 heures
91 2 heures
94 1 heure
97 30 minutes
100 15 minutes

On note que chaque fois que l’on augmente de 3 dB(A),


on divise le temps par deux.

95 dB(A) pendant 8 heures,


c’est aussi 96 dB(A) pendant 6 heures.

95 dB(A) pendant 8 heures,


c’est aussi 99 dB(A)pendant 3 heures.

Le risque pour l’audition est le même.

72
FICHE-OUTIL N° 11

DES EXEMPLES DE RÉALISATIONS EN PME


une usine de sous-traitance une usine de fabrication de protections
de l’industrie électronique hygiéniques féminines
(34 salariés) La matière est essentiellement de la pâte
Dans l’atelier, deux ou trois postes à papier. L’atelier de fabrication est équipé VOS GUEULES
de travail côtoient deux machines de machines broyeuses à chaîne très LES DÉCIBELS,
d’emboutissage très bruyantes bruyantes : de l’ordre de 120 décibels. un film de 9 minutes.
(percement de tôles par système Un exemple de prévention intégrée : Pour commander,
de forets). la fabrication d’un prototype de transmission référence VHS :
La solution retenue : l’encoffrement par cardans. VC 0229.
des machines d’emboutissage. Un système d’entraînement de chaîne
Gain : 6 à 8 décibels. par cardans, beaucoup moins bruyant
Coût total : 15 300 euros. que les chaînes existantes, a été mis au point.

un centre d’entretien une carrière


et de révision de l’aviation civile
(20 salariés)
(environ 100 salariés) La production réalisée à partir du concassage de filons de basalte
Dans le secteur le plus exposé, est utilisée pour les matériaux routiers, les matériaux pour bétons
on procède à des essais de moteurs et les pouzzolanes pour pépiniéristes.
d’avion et les niveaux sonores Pour isoler les opérateurs du bruit, ils travaillent désormais dans une cabine
avoisinnent les 120 dB. désolidarisée du concasseur grâce à un montage sur plots antivibratiles.
Une cabine permet d’isoler Les niveaux sonores tournaient autour de 105 décibels.
les opérateurs. Elle comporte De sa cabine, l’opérateur effectue maintenant toutes les commandes.
une cloison double très épaisse Gain : environ 20 dB. Coût : 1 500 euros.
avec vide d’air et un quadruple vitrage
avec vitres obliques. Le banc d’essai
est monté sur dalle flottante sur socle une usine de fabrication de résines, phénoliques
de caoutchouc complètement et mélaminées
désolidarisée du plancher du local
d’essais.
encoffrement des machines
Gain : 40 à 45 décibels. Les machines à déligner et à poncer sont désormais complètement
enfermées. Les opérateurs effectuent toutes les manoeuvres
de l’extérieur. Les parois de la cabine sont coulissantes
l’imprimerie d’un grand quotidien : et vitrées, ce qui facilite l’utilisation des commandes.
Les travaux d’encoffrement ont permis des gains importants
salle des rotatives en décibels. Les opérateurs mentionnent aussi une amélioration
de la qualité des produits et de la propreté de l’atelier.
la solution retenue :
une cabine isolant les rotativistes traitement acoustique du local
Le fonctionnement des rotatives occasionnait des
Les travaux d’isolation du plafond (suspension de baffles
bruits de l’ordre de 90 à 95 décibels. La cabine est
en laine de roche) et des murs, ont permis de gagner
maintenant entièrement vitrée et totalement séparée
environ 8 décibels.
des rotatives. Toutes les commandes ont été transfé-
rées à l’intérieur de la cabine. Un système vidéo per-
met d’observer les points importants des rotatives.
réduction du bruit à la source
Grâce à cette solution, les rotativistes ne sont plus Le cylindre de la polisseuse rotative de miroirs
exposés qu’à des niveaux sonores de 64 dB. (pour la fabrication du formica) a été enlevé et remplacé
Coût des travaux : 170 000 euros. par des tampons rotatifs munis de disques abrasifs.

73
ETABLIR, ENGAGER ET CONDUIRE
UN PLAN D’ACTION 7
Le comportement acoustique du local a été analysé.
Les différentes sources de bruit ont été identifiées.
Il s’agit, à cette étape de choisir et de mettre en œuvre
les moyens de réduction du bruit les plus adaptés.

Des outils d’acoustique prévisionnelle permettent de simuler


les niveaux sonores pour chaque solution envisagée, aussi bien
pour un atelier en projet que pour un local existant.

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à br

75
machines. La scie qui commence à être
usée émet un bruit différent de l’outil en
bon état. De même, le fraiseur travaille
au jugé et règle la vitesse de coupe sur
les indications auditives que lui fournit la
machine.

Sur un chantier de bûcheronnage,


les niveaux sonores occasionnés
par les tronçonneuses approchaient
100 à 115 dB. Suite à des campagnes
de mesurages, la direction avait préconisé
le port systématique de casques anti-
bruit. Les bûcherons ne les portèrent que
Dans cet atelier textile quelques semaines... L’observation
de teinture, l’objectif des phases de travail mit en évidence
à atteindre l’importance de certaines informations
était de réduire auditives pour les bûcherons : pendant
d’au moins 15 dB(A)
le niveau sonore les phases répétées de ralenti
aux postes de séchage de la tronçonneuse par exemple,
en autoclave des bobines certains bruits les aidaient à localiser
de fil teinté. leurs collègues, certains craquements
Le gain apporté de branches leur permettaient d’anticiper
par l’encoffrement
est de l’ordre la chute de l’arbre.
de 20 dB(A).

Certains bruits peuvent


être utiles
à l’accomplissement
de la tâche.

7.1. PRÉCISER
LES AMÉLIORATIONS ■ Tirer des leçons du passé
SOUHAITÉES Etes-vous sûr que vous n’allez pas vous retrouver
confronté aux mêmes habitudes ou aux mêmes réti-
■ Définir des objectifs clairs et réalistes cences qui ont entraîné l’échec de telle ou telle solution
dans le passé ? Dans toutes les entreprises, des capots
Quel que soit l’objectif visé, il doit être réaliste : il vaut sont rendus inopérants parce que constamment rele-
mieux, par exemple, réduire le niveau sonore de 5 déci- vés, des portes de cabines restent ouvertes, ...
bels seulement (en modifiant un outil par exemple) que Cherchez-en les raisons. Il y en a toujours : les pannes
de viser une réduction plus importante offerte par un ou les interventions sont trop fréquentes, les protec-
encoffrement de machine si l’on sait que l’opérateur tions individuelles occasionnent gêne ou transpiration,
devra intervenir, capot ouvert, plusieurs fois dans la etc. ou plus généralement la consultation des intéressés
journée. a été insuffisante, entraînant une non-appropriation des
solutions, voire un phénomène de rejet.
C’est le moment de définir précisément quels sont les
bruits que l’on veut réduire. Certains d’entre eux peu- L’ACTIVITÉ RÉELLE DE TRAVAIL
vent en effet être “utiles” à l’accomplissement de la N’AVAIT PAS ÉTÉ SUFFISAMMENT ÉTUDIÉE
tâche et leur suppression créer plus de problèmes C’est l’histoire d’une fabrique de flacons de verre
qu’elle n’en résout. Le bruit fait souvent partie des dans laquelle les niveaux sonores sont compris entre
moyens d’appréciation du fonctionnement des 95 et 110 dB(A). Sur pression du CHSCT

76
et revendications du personnel, une entreprise extérieure ■ Tenir compte des contraintes
conçoit et installe une cabine anti-bruit. L’inspecteur
Outre des paramètres humains et économiques qui
et le médecin du travail sont consultés ainsi que
peuvent influencer le choix des solutions, des aspects
le technicien de la Caisse régionale d’assurance maladie.
techniques non acoustiques sont à prendre en compte :
Au bout d’une semaine, le consensus est rompu :
thermique, ventilation, éclairage, hygiène, etc.
les opérateurs ne veulent plus de la cabine. De l’intérieur
de la cabine, ils ne peuvent en effet ni surveiller
la machine, ni agir sur les points de réglage, ni changer
les moules, ni les graisser, ni évacuer les mauvais
flacons, car ils n’entendent plus les indices (bruit
significatif du flacon qui se coince ou se casse)
qui leur permettent d’intervenir et d’anticiper.
Ils restent donc à l’extérieur de la cabine, privilégiant
la maîtrise de la conduite : ils donnent ainsi l’impression
de refuser un aménagement destiné à améliorer Sur cette chaîne
leur situation de travail. de fabrication
Le bruit a été réduit à ses caractéristiques physiques, de boîtes de conserve,
à une question strictement technique que l’on a cru les cabines insonorisées
pouvoir résoudre indépendamment de la nature ne sont pas fermées
dans leur partie
du travail à réaliser, des prises d’information nécessaires, supérieure
et de l’avis des intéressés. pour permettre
l’élimination
de la chaleur
des machines.

Dans certaines industries - salles blanches ou agro-ali-


mentaire par exemple -, des matériaux peuvent être
déconseillés voire interdits pour des contraintes d’hy-
giène. Notons que la réglementation stipule que les exi-
gences sanitaires prévalent sur les exigences de lutte
contre le bruit (arrêté du 30 août 1990).

Encoffrer la machine bruyante est souvent la solution aux problèmes


de bruit. Encore faut-il que sa réalisation réponde aux exigences
spécifiques de la situation. Dans cette usine de préfabrication
de planchers en béton alvéolaire précontraint, le capot mis en place
initialement était beaucoup trop léger. Il pèse maintenant 2,5 tonnes,
les parois sont épaisses de 170 mm et il enferme totalement
l’extrudeuse dont il étouffe le bruit.

77
Dans les garages par exemple, l’utilisation d’une laine de verre non protégée
en parois est déconseillée en raison des vapeurs d’eau et d’huile.

7.2. SIMULER transformer et de déterminer à l’avance les aménage-


ments les plus adaptés.
LES PERFORMANCES
DES DIVERSES SOLUTIONS Un logiciel informatique RAYSCAD permet une
approche plus précise de la réalité, par la mise en
oeuvre de l’acoustique dite géométrique. La méthodo-
■ L’acoustique prévisionnelle intérieure logie repose sur :
- la modélisation des sources de bruit que sont les
Dans la plupart des situations industrielles, ce n’est que machines,
lorsque l’atelier est opérationnel qu’on peut juger de son - la modélisation de la propagation de l’énergie sonore
ambiance sonore, voire de l’excessivité de celle-ci. qu’elles émettent, prenant en compte les réflexions
Comment dès lors concevoir à l’avance un atelier dans sur les parois du local et les objets qu’il contient :
lequel le niveau sonore soit acceptable ou corriger une machines, mobilier, matière stockée...
situation existante non satisfaisante ? Sur quels critères
choisir le ou les meilleurs moyens de lutte contre le bruit ? Ce modèle est basé sur la technique des rayons, qui
consiste à émettre des rayons sonores depuis chaque
La complexité des situations réelles rencontrées (rayon- source de bruit, à suivre leur parcours dans le local et à
nement sonore des machines, conditions géométriques enregistrer leurs réflexions successives sur les surfaces.
et acoustiques liées aux parois du local et aux objets Il prend en compte la géométrie réelle du local ainsi
qu’il contient) rend difficile, voire impossible, une modé- que la présence de zones d’encombrements différents.
lisation globale. En effet, le nombre de paramètres à Les principales étapes du calcul sont les suivantes :
prendre en compte pour décrire une situation réelle - le tirage aléatoire de rayons depuis chaque point
est trop grand : position, géométrie, directivité et éner- source,
gie émise pour chaque fréquence par chaque source de - le suivi du trajet de chacun d’eux, subissant une
bruit ; géométrie détaillée du local ; propriétés de réflexion spéculaire sur les parois du local et des gros
réflexion de chaque élément de paroi ; position, géo- obstacles,
métrie et propriétés de réflexion de chaque obstacle... - la prise en compte de la diffusion du son par les petits
obstacles par une technique statistique faisant interve-
Cette difficulté a été surmontée par la mise en oeuvre nir le libre parcours moyen d’un rayon entre deux
de techniques de simulation de la propagation sonore obstacles,
dites d’acoustique prévisionnelle, démarche qui permet - la collation de l’énergie transportée par les rayons
d’anticiper les niveaux sonores dans un local neuf ou à dans des cellules de réception volumiques, qui donne

78
naissance à la carte de bruit prévisionnelle, c’est-à-dire 2. Local existant
au niveau sonore estimé en différents points uniformé-
C’est la situation la plus courante. L’aménagement du
ment répartis dans un plan du local.
local est envisagé, soit en raison de niveaux sonores
excessifs, soit à la suite d’une évolution de l’activité de
Le logiciel permet la simulation des niveaux sonores
l’entreprise qui impose par exemple l’introduction de
aussi bien pour un atelier en projet que pour un local
machines nouvelles...
existant.
Les étapes sont les mêmes que pour un atelier en pro-
jet. Le calcul prévisionnel est en général plus précis car
LES DISPOSITIONS RÉGLEMENTAIRES
on peut s’aider des résultats de mesures effectuées
font l’objet du commentaire officiel suivant (circulaire
dans l’atelier existant. Comme pour l’atelier en projet,
du 6 mai 1988) : “L’aménagement de nouveaux locaux
les cartes de bruit et de gain prévisionnelles permettent
de travail” constitue “une occasion privilégiée” pour
de confronter différents moyens d’action : réduction du
l’application par les employeurs du principe de réduction
bruit à la source, encoffrement d’une ou plusieurs
du bruit. “Dans cette circonstance, l’employeur peut
machines, déplacement de machines, mise en place
disposer les machines et installations dans les locaux
d’écrans, traitement acoustique des parois, changement
de manière à réduire l’exposition au bruit qui pourrait
de forme ou de dimensions du local ou toute combinai-
en résulter ; la mise en place d’écrans, la correction
son de ces différents moyens d’action.
acoustique des parois des locaux, la meilleure
implantation des machines peut se fonder
Dans le cas où une seule source de bruit est considérée
sur les techniques de l’acoustique
en fonctionnement dans une zone dégagée du local, le
prévisionnelle”.
logiciel calcule la courbe de décroissance sonore spatia-
le et par suite la pente par doublement de distance. Il
permet également le calcul des courbes de décroissan-
La norme ISO TR 11690-3 est consacrée ce spatiale sonore dans des allées et de vérifier la
à la prévision des niveaux sonores conformité des locaux aux prescriptions de l’arrêté du
sur les lieux de travail. 30 août 1990.

La norme ISO 11690-1 détaille Le logiciel RAYSCAD, développé par l’INRS,


les différentes étapes de la réalisation est exploité exclusivement par la société Campagna
d’un projet d’insonorisation (conception et Varenne spécialisée dans les problèmes de bruit
d’un nouvel atelier, correction d’un et de vibrations industrielles. Il est interfacé
atelier avec AUTOCAD, outil de dessin assisté par ordinateur.
Les Centres de mesures physiques des CRAM
disposent de ce logiciel. D’autres logiciels de prévision
acoustique sont sur le marché. La grande majorité
des professionnels de l’acoustique industrielle
1. Atelier en projet possèdent le savoir-faire et les outils de calcul
nécessaires pour pratiquer la prévision acoustique.
Trois étapes :
- simuler une configuration de base où sont représentés
le local et les machines, ainsi qu’un certain nombre de
variantes,
- procéder à l’acquisition des données acoustiques rela-
tives aux machines et aux matériaux dont l’emploi est
projeté pour les parois,
7.3. PRÉVOIR UN TEMPS
- calculer et tracer des cartes de gain acoustique qui D’APPROPRIATION
donnent, point par point, la différence entre les
niveaux sonores prévus pour la configuration de base
DES MODIFICATIONS
et pour chaque variante. Une action de réduction du bruit ne modifie pas seule-
ment le bruit mais aussi (et quelquefois profondément)
La comparaison des cartes de gain permet de classer, l’activité de travail des opérateurs. Par exemple, implan-
par ordre d’efficacité, diverses solutions techniques ter un encoffrement peut avoir des conséquences posi-
pour réduire le bruit. tives ou négatives dans des domaines aussi variés que la

79
Il faut absolument établir un cahier des charges
contractuel fixant le partage des tâches et
les responsabilités.

• Le cahier des charges doit exprimer


clairement
- les objectifs à atteindre : permettre une
conversation normale, ne pas dépasser tel
niveau sonore dans tel atelier, etc.,
- les contraintes particulières,cadences, manuten-
tions, nettoyages, entretien, produits manipu-
lés, c’est-à-dire les conditions précises de l’utili-
sation des lieux et de l’environnement.

Son mode d’élaboration et son contenu sont voi-


sins de celui du cahier préparé pour “acheter
silencieux”, l’accent étant ici également mis sur la
nature et les performances de moyens techniques
de réduction du bruit à mettre en oeuvre.

A l’issue des travaux, ou à la réception des four-


nitures, vérifiez que le cahier des charges a été
respecté, la cohérence de la démarche et le res-
pect des objectifs fixés.

Le bruit fournit quelquefois des indications utiles à l’exercice de la tâche.


Avec son casque anti-bruit, le bûcheron ne percevra peut-être pas le
craquement de l’arbre ou l’efficacité de son outil. Du temps est souvent
7.5. FAIRE QUE L’ACTION
nécessaire pour acquérir de nouvelles façons de travailler. DE RÉDUCTION
DU BRUIT GARDE
sécurité, les délais d’intervention, les prises d’informa- SON EFFICACITÉ
tion ou le refroidissement du matériel.
Les résultats sont à la hauteur de ce qui était escompté.
La suppression du bruit peut aussi supprimer des
Mais un ou deux ans après ?
signaux utiles pour l’exercice du travail des opérateurs.
Un réapprentissage est dès lors nécessaire pour recons-
- Les capots des machines sont-ils toujours maintenus
truire les nouveaux indices et les nouveaux modes opé-
fermés ?
ratoires.
- Les opérateurs utilisent-ils les mêmes outillages ?
L’appropriation ne se fera bien que si les opérateurs
- Les réglages n’ont-ils pas été modifiés ?
perçoivent spontanément une amélioration et que les
- Les machines silencieuses acquises sont-elles toujours à
inconvénients associés à la réduction du bruit sont per-
la même place ?
çus moins contraignants que le bruit supprimé.
- La maintenance des dispositifs d’insonorisation a-t-elle
été correctement effectuée ?
- Etc.
Ces changements, souvent justifiés par d’autres impéra-
7.4. ORGANISER tifs, peuvent modifier fortement l’exposition au bruit
des travailleurs. Un suivi systématique est souhaitable
LE SUIVI DES TRAVAUX pour rappeler les objectifs de départ et éviter les
Si vous confiez des travaux à une entreprise extérieu- réaménagements à l’aveuglette. Celui-ci sera efficace-
re, vos partenaires n’ont pas forcément participé à ment effectué dans le cadre d’un programme à long
votre réflexion, ils connaissent mal votre problème. terme de réduction du bruit dans l’entreprise.

80
des bouteilles en raison notamment de ralentissements
dans le cheminement des récipients en verre et du heurt
de ces derniers, violemment sur les premiers. Pour aider
à capoter, dans un premier temps, le poste de transfert
des bouteilles, la Caisse régionale d’assurance maladie
a consenti à l’entreprise une aide financière de 1 524
euros (sur les 15 244 engagés) et une avance à taux
d’intérêt réduit avec remboursement étalé sur 3 ans.

Le Fonds pour l’amélioration des conditions de travail


(FACT) est ouvert à toutes les entreprises industrielles,
agricoles ou commerciales. Ce mécanisme d’aide
publique est destiné à encourager la réalisation d’ac-
tions exemplaires. Les opérations envisagées doivent
répondre aux trois critères suivants : - dépasser le
simple respect des obligations légales et réglementaires,
- présenter un caractère exemplaire, - offrir la possibili-
té d’être généralisées.

Pour un investissement total de 259 163 euros,


une petite entreprise spécialisée dans la fonderie
de micropièces en alliage léger bénéficie
d’une subvention de 58 693 euros, accordée
par le fonds pour l’amélioration des conditions de travail
Pour que cet encoffrement garde son efficacité, l’état et l’étanchéité
(FACT) et d’un prêt de 38 112 euros, remboursable
des huisseries, des portes, panneaux ou baies, doivent être vérifiés en trois ans. Le réaménagement de deux ateliers
régulièrement. et l’encoffrement de 20 presses a permis non seulement
d’abaisser le niveau sonore au-dessous de 80 dB (A)
mais aussi de supprimer toutes les émissions de fumées
et d’aérosols.
7.6. BÉNÉFICIER
D’AIDES FINANCIÈRES Le concours financier du ministère du Travail peut
atteindre au maximum 50 % du coût des études et
Dans certains cas, les CRAM peuvent accorder une 30 % du coût des équipements. Si le projet vise en
aide financière à l’entreprise qui engage des travaux même temps plusieurs objectifs - comme par exemple
visant à réduire les risques professionnels. les modifications entraînant directement des gains de
productivité - seul le surcoût entraîné par l’amélioration
Le dossier technique est examiné par le service préven- des conditions de travail est pris en compte.
tion de la caisse régionale d’assurance maladie qui sou-
met le projet au Comité technique régional. L’avis favo- Le contrat établi avec l’entreprise prévoit l’obligation
rable du CHSCT de l’entreprise, ainsi que celui de la pour celle-ci d’accepter une diffusion des résultats de
Direction régionale du travail sont indispensables pour l’opération. Le but poursuivi est en effet de montrer la
que la proposition soit instruite. faisabilité économique et technique de telles réalisations
et de favoriser la diffusion des innovations techniques.
Des avances peuvent aussi être accordées aux entre-
prises qui souscrivent à la convention d’objectifs, préala- L’ANVAR, de son côté, a pour mission de mettre en
blement approuvée par la Caisse nationale d’assurance valeur les résultats des recherches scientifiques et tech-
maladie et fixant un programme d’actions de préven- niques et de promouvoir l’innovation. Elle renseigne et
tion spécifique à une branche d’activité donnée. conseille les entreprises sur les procédures d’aide
publique et attribue des aides financières à la recherche
Le niveau sonore, dans une entreprise d’embouteillage et à l’innovation. Ces modes d’actions s’exercent à tra-
du bordelais, était particulièrement élevé (autour vers les délégations régionales de l’ANVAR qui bénéfi-
de 92 dB( A)) dans une tour de stérilisation cient d’une large autonomie.

81
ANNEXES

ANNEXE 1
LES DIFFÉRENTS ACTEURS DE LA PRÉVENTION
■ Dispositions à prendre pour un niveau d’exposition sonore compris
entre 85 et 90 dB(A) ou un niveau de pression crête compris entre 135 et 140 dB

Niveaux
sonores Par l’employeur Par le personnel concerné Par le CHSCT Par le médecin du travail
d’exposition

• Identifier tous • Pouvoir accéder • Donner un avis sur • Donner un avis sur le document
les travailleurs exposés aux résultats des le document prévoyant prévoyant le mesurage
85 dB(A) au bruit et mesurer mesures d’exposition et le mesurage de l’exposition des travailleurs
≤ LEx,d ≤ leur exposition. bénéficier d’explications. de l’exposition au bruit et sur le choix
Ce mesurage est des travailleurs au bruit des protecteurs à utiliser.
90 dB(A) effectué tous les 3 ans • Disposer de protecteurs. et sur le choix
et en cas de modification des protecteurs à utiliser. • Etablir une fiche d’aptitude
susceptible d’accroître • Bénéficier médicale préalablement
le bruit. de la surveillance • Pouvoir accéder à l’affectation d’un travailleur
135 dB
médicale spéciale aux résultats à un poste bruyant.
≤ Lpc ≤ • Etablir un document et être informé des mesures d’exposition
140 dB présentant la campagne des résultats par accompagnés • Assurer la conservation
de mesure. Le soumettre le médecin du travail. éventuellement de la fonction auditive
pour avis au CHSCT d’explications des travailleurs exposés
et au médecin du travail. • Demander le suivi sur leur signification. par une surveillance médicale
de son dossier médical. spéciale qui comprend
• Conserver les résultats • Pouvoir accéder notamment un contrôle
de mesure pendant • Recevoir aux résultats non audiométrique. Ce contrôle
10 ans. Tenir ces une information nominatifs des examens est renouvelé tous les 3 ans
résultats à la disposition et une formation médicaux des travailleurs si le niveau sonore
des travailleurs exposés sur les risques dus exposés au bruit. est ≥ 85 dB(A).
au bruit, du médecin à l’exposition au bruit,
du travail, du CHSCT. les moyens • Donner un avis sur • Conserver pendant 10 ans
de se prévenir les dérogations les dossiers médicaux après
• Fournir aux travailleurs de ces risques, demandées cessation de l’exposition au bruit.
exposés au bruit, l’obligation par l’employeur
gratuitement, de se conformer à l’inspection du travail. • Informer les travailleurs
des protecteurs aux consignes des résultats et de l’interprétation
individuels adaptés. de prévention des examens médicaux auxquels
et de protection, ils ont été soumis.
• Informer et former le rôle de la surveillance
les travailleurs sur auditive. • Tenir les résultats non nominatifs
les risques liés au bruit, des examens médicaux
sur les moyens mis en à la disposition du CHSCT,
œuvre pour les prévenir de l’inspection du travail
et sur le rôle de et des services de prévention.
la surveillance médicale.
• Participer à l’information
et à la formation des travailleurs
exposés au bruit.

• Donner un avis
sur les dérogations demandées
par l’employeur
à l’inspection du travail.

83
■ Dispositions à prendre pour un niveau d’exposition sonore
supérieur à 90 dB(A) ou un niveau de pression crête supérieur à 140 dB

Niveaux
sonores Par l’employeur Par le personnel concerné Par le CHSCT Par le médecin du travail
d’exposition

• Etablir et mettre en • Porter des protecteurs • Donner un avis chaque • Donner un avis sur le document
œuvre un programme individuels qui année sur les mesures prévoyant le mesurage
LEx,d > de mesures de nature permettent d’assurer de nature technique ou de l’exposition des travailleurs
technique ou une exposition sonore d’organisation du travail au bruit et sur le choix
90 dB(A) d’organisation du travail inférieure à 85 dB(A). prises par l’entreprise des protecteurs à utiliser.
destiné à réduire pour réduire l’exposition
l’exposition au bruit. sonore, spécifiées dans • Etablir une fiche d’aptitude
Lpc > le programme annuel médicale préalablement
140 dB • Présenter ce programme de prévention des à l’affectation d’un travailleur
au CHSCT une fois risques professionnels à un poste bruyant.
par an, dans le cadre et d’amélioration
du programme annuel des conditions de travail. • Assurer la conservation
de prévention des de la fonction auditive
risques professionnels des travailleurs exposés
et d’amélioration par une surveillance médicale
des conditions de travail. spéciale qui comprend
notamment un contrôle
• Prendre toutes audiométrique. Ce contrôle
les dispositions est renouvelé tous les 2 ans
nécessaires pour que si le niveau sonore est compris
les protecteurs entre 90 et 100 dB(A),
individuels soient utilisés. tous les ans si le niveau sonore
est supérieur à 100 dB(A).
• Solliciter des dérogations
de l’inspection du travail • Conserver pendant 10 ans
quand il n’est pas les dossiers médicaux après
possible de réduire cessation de l’exposition au bruit.
l’exposition sonore
au dessous du seuil. • Informer les travailleurs
des résultats et de l’interprétation
des examens médicaux auxquels
ils ont été soumis.

• Tenir les résultats non nominatifs


des examens médicaux
à la disposition du CHSCT,
de l’inspection du travail
et des services de prévention.

• Participer à l’information
et à la formation des travailleurs
exposés au bruit.

• Donner un avis
sur les dérogations demandées
par l’employeur
à l’inspection du travail.

84
ANNEXE 2 être identiques pour chaque sujet. L’opérateur veillera
L’EXAMEN ainsi à supprimer toutes variations.

AUDIOMÉTRIQUE Il existe deux grandes méthodes audiométriques de


détection des atteintes auditives : l’audiométrie manuel-
le et l’audiométrie automatique.
■ Préparer le test audiométrique
• L’audiométrie manuelle
Le chapitre 7 de la norme NF EN 26 189 indique com-
ment doit être effectuée la préparation d’un test audio- C’est la méthode la plus utilisée. Elle peut être réalisée
métrique. à l’aide d’appareils relativement rudimentaires et peu
coûteux. Ils doivent toutefois répondre aux spécifica-
a) Eviter l’exposition au bruit excessif tions de la norme NF 31-001 “Audiomètres”, relative à
avant l’examen la détermination des pertes auditives par rapport à un
niveau de seuil normalisé.
Une exposition récente au bruit peut causer une
fatigue auditive qui , s’ajoutant aux pertes auditives per-
La norme NF S 31-081 décrit le protocole d’examen.
manentes fausserait le résultat du test. On pratiquera
Pour des fréquences données, un générateur acous-
en conséquence l’examen avant toute exposition au
tique émet des sons purs en faisant varier leur niveau.
bruit, ou bien on s’assurera que le sujet a porté un pro-
Le sujet signale le franchissement du seuil de son audi-
tecteur individuel contre le bruit le jour de l’examen.
tion. De point en point, on trace ainsi l’audiogramme
des deux oreilles successivement en commençant par la
Attention ! la trace de la fatigue est d’autant plus
meilleure.
importante que le sujet est indemne de surdité.
Si les résultats montrent qu’une oreille est beaucoup
b) Familiariser le sujet avec le test audiométrique plus atteinte que l’autre, on doit recourir à l’application
Avant le test, il est utile d’informer la personne de son d’un bruit de masquage de l’oreille la moins atteinte
déroulement, s’assurer qu’elle a compris la procédure, pendant l’examen. Cette opération relève d’un spécia-
puis la familiariser avec les sons d’essai et le mode de liste.
réponse.
Les audiomètres manuels peuvent disposer d’une impri-
mante couplée (qui permet l’édition de l’audiogramme),
d’une sortie informatique, parfois même d’un calcul de
■ Pratiquer l’examen audiométrique la perte auditive par rapport à des valeurs théoriques.
L’examen de dépistage préventif, réalisé par le médecin
du travail, doit être au moins aussi sensible et précis
que celui effectué par le spécialiste ORL.
• L’audiométrie automatique
Cet examen s’effectue par voie aérienne. Les vibra- L’opérateur n’intervient pas. L’appareil réagit automati-
tions sonores sont transmises au sujet par un casque quement, au signal de la personne examinée, en aug-
d’écoute. L’indication globale de la perte d’audition mentant ou en diminuant progressivement le niveau du
suffit sans préciser s’il s’agit d’un trouble de transmis- son et enregistre les seuils. Toutes les fréquences
sion ou de perception. Cet examen peut concerner audibles sont systématiquement explorées.
de nombreux travailleurs. Il ne doit pas pour autant
être pratiqué trop rapidement. 15 à 20 minutes peu- Une autre technique consiste à fixer un niveau sonore
vent être nécessaires, à la fois pour familiariser le sujet et à rechercher, par balayage de toutes les fréquences
à chaque fréquence à tester et pour assurer la validité audibles, la fréquence pour laquelle le sujet a un seuil
de la mesure. d’audition correspondant au niveau sonore fixé initiale-
ment. Cette méthode, mise au point à l’INRS, a fait
La norme NF S 31-081 précise le mode opératoire et l’objet d’une réalisation commercialisée sous le nom
les conditions des examens audiométriques. Elle a été d’Audioscan. Le tracé se fait automatiquement en fonc-
transposée en norme européenne sous la référence NF tion de la réponse du sujet.
EN 26 189. Pour que l’examen puisse être ensuite Cette méthode permet de détecter avec une grande
interprété au niveau statistique, les modalités doivent finesse et très rapidement les plus petits déficits auditifs.

85
ANNEXE 3
RECONNAÎTRE LES SURDITÉS PROFESSIONNELLES
■ Tableau 42 des maladies professionnelles : surdités
Surdité provoquée par les bruits lésionnels
Dernière mise à jour : 18 janvier 1995 (décret du 12 janvier 1995)

DÉSIGNATION DÉLAI LISTE LIMITATIVE DES TRAVAUX


DES MALADIES de prise en charge susceptibles de provoquer ces maladies

Déficit audiométrique 1 an après cessation Travaux exposant aux bruits lésionnels provoqués par :
bilatéral par lésion de l’exposition • les travaux sur métaux par percussion, abrasion ou projection tels que :
cochléaire irréversible. au risque acoustique - le décolletage, l’emboutissage, l’estampage, le broyage, le fraisage, le martelage,
Ce déficit est évalué par (sous réserve le burinage, le rivetage, le laminage, l’étirage, le tréfilage, le découpage, le sciage,
une audiométrie effectuée d’une durée le cisaillage, le tronçonnage ;
de trois semaines à un an d’exposition - l’ébarbage, le meulage, le polissage, le gougeage par procédé arc-air, la métallisation ;
après cessation d’un an, réduite • le câblage, le toronnage et le bobinage de fils d’acier ;
de l’exposition aux bruits à trente jours • l’utilisation de marteaux et de perforateurs pneumatiques ;
lésionnels, en cabine en ce qui concerne • la manutention mécanisée de récipients métalliques ;
insonorisée avec la mise au point • les travaux de verrerie à proximité des fours, machines de fabrication, broyeurs
un audiomètre calibré. des propulseurs, et concasseurs ; l’embouteillage ;
réacteurs • le tissage sur métiers ou machines à tisser, les travaux sur peigneuses, machines à filer
Cette audiométrie et moteurs incluant le passage sur bancs à broches, retordeuses, moulineuses, bobineuses
doit être tonale et vocale thermiques). de fibres textiles ;
et faire apparaître • la mise au point, les essais et l’utilisation des propulseurs, réacteurs, moteurs
au minimum sur thermiques, groupes électrogènes, groupes hydrauliques, installations
la meilleure oreille de compresssion ou de détente fonctionnant à des pressions différentes
un déficit moyen de la pression atmosphérique, ainsi que des moteurs électriques de puissance
de 35 décibels, calculé comprise entre 11 kW et 55 kW s’ils fonctionnent à plus de 1 320 tours
en divisant par 10 par minute, de ceux dont la puissance est comprise entre 55 kW et 220 kW
la somme s’ils fonctionnent à plus de 1 320 tours par minute et de ceux dont la puissance
des déficits mesurés dépasse 220 kW ;
sur les fréquences • l’emploi ou la destruction de munitions ou d’explosifs ;
500, 1 000, 2 000 • l’utilisation de pistolets de scellement ;
et 4 000 hertz, pondérés • le broyage, le concassage, le criblage, le sciage et l’usinage de pierres et de produits
respectivement par minéraux ;
les coefficients 2, 4, 3 et 1. • les procédés industriels de séchage des matières organiques par ventilation ;
• l’abattage, le tronçonnage et l’ébranchage mécaniques des arbres ;
Aucune évolution • l’emploi des machines à bois en atelier : scies circulaires de tous types, scies à ruban,
de ce déficit ne peut être dégauchisseuses, raboteuses, toupies, machines à fraiser, tenonneuses, mortaiseuses,
prise en compte après moulurières, plaqueuses de chants intégrant des fonctions d’usinage, défonceuses,
l’expiration du délai ponceuses, clouteuses ;
de prise en charge, • l’utilisation d’engins de chantier : bouteurs, décapeurs, chargeuses, moutons, pelles
sauf en cas de nouvelle mécaniques, chariots de manutention tous terrains ;
exposition au risque. • le broyage, l’injection et l’usinage de matières plastiques et du caoutchouc ;
• le travail sur les rotatives dans l’industrie graphique ;
• la fabrication et le conditionnement mécanisé du papier et du carton ;
• l’emploi de matériel vibrant pour l’élaboration de produits en béton ;
• les essais et la réparation en milieu industriel des appareils de sonorisation ;
• les travaux de moulage sur machines à secousses et de décochage sur grilles
vibrantes ;
• la fusion en four industriel par arcs électriques ;
• les travaux sur ou à proximité des aéronefs dont les moteurs sont en
fonctionnement dans l’enceinte d’aérodromes ou d’aéroports ;
• l’exposition à la composante audible dans les travaux de soudage par ultrasons
des matières plastiques.

86
■ Décret n° 88-405 du 21 avril 1988 et circulaire du 6 mai 1988

DÉCRET N° 88-405 CIRCULAIRE DU 6 MAI 1988

Protection des travailleurs contre le bruit

Article R. 232-8 Article R. 232-8


Principes généraux de prévention

L’employeur est tenu de réduire le bruit au niveau L’article R. 232-8 fixe les principes généraux de prévention contre les risques dus
le plus bas raisonnablement possible compte tenu au bruit.
de l’état des techniques.
L’exposition au bruit doit demeurer à un niveau 1° Le premier principe est que l’employeur doit réduire le bruit au niveau le plus
compatible avec la santé des travailleurs, notamment bas raisonnablement possible compte tenu de l’état des techniques.
avec la protection de l’ouïe. Par “raisonnablement possible compte tenu de l’état des techniques”, on doit
entendre que la réduction du bruit doit être opérée dans toutes les mesures
où les techniques de lutte contre le bruit le permettent et en tenant compte
des possibilités de l’entreprise.
Il convient de remarquer que le bruit dont il s’agit est celui auquel sont exposés
les travailleurs. Aucune obligation n’est faite de réduire le bruit dans les locaux
en permanence inoccupés. De la même façon le principe posé peut être satisfait
en éloignant les travailleurs des installations bruyantes.
Le principe de réduction du bruit s’applique tant que le bruit présente un risque
pour la santé des travailleurs, notamment pour l’ouïe.
La référence à l’état des techniques implique que l’obligation de réduction
du bruit est limitée aux moyens de lutte contre le bruit effectivement disponibles,
mais aussi qu’une nouvelle réduction du bruit doit être pratiquée dès lors
que les techniques d’insonorisation viennent à progresser.
Il convient de souligner qu’une occasion privilégiée pour l’application
de ce principe de prévention se trouve être le remplacement de machines ou
d’installations. L’employeur bénéficie alors des dispositions de l’article
R. 233-104-1 du Code du travail qui fait obligation aux fournisseurs de machines
ou d’installations de réduire les risques liés à l’émission de bruit du matériel
qu’il propose et de mettre à disposition une information sur le bruit
effectivement émis. De cette façon l’employeur peut choisir le matériel le moins
bruyant sur le marché qui réponde à ses besoins et à ses critères économiques.
La remarque précédente vaut, a fortiori, lors de l’aménagement de nouveaux
locaux de travail. Dans cette circonstance l’employeur peut en outre disposer
les machines et installations dans les locaux de manière à réduire l’exposition
au bruit qui pourrait en résulter ; la mise en place d’écrans, la correction
acoustique des parois des locaux, la meilleure implantation des machines,
peuvent être fondées sur les techniques de l’acoustique prévisionnelle.

2° Le second principe exprime que l’exposition sonore doit demeurer


à un niveau compatible avec la santé des travailleurs, notamment
avec la protection de l’ouïe.
Le niveau compatible avec la protection de l’ouïe est fixé à l’article R. 232-8-3,
au III, 2è alinéa, soit un niveau d’exposition sonore quotidienne de 85 dB(A)
et un niveau de pression acoustique de crête de 135 dB. A ce niveau d’autres
effets sur la santé, tels ceux sur le système cardio-vasculaire ou sur le sommeil,
sont sensiblement réduits.

Si l’application du premier principe conduit à un niveau d’exposition sonore


des travailleurs inférieur ou égal au niveau mentionné ci-dessus, le second
principe est satisfait. Si ce niveau n’est pas atteint pour certains travailleurs,
et tant que ce niveau n’a pas été atteint sous l’effet du premier principe,
le second principe implique la mise en œuvre de la protection individuelle
dans les conditions prévues à l’article R. 232-8-3.

87
■ Pour que la surdité soit reconnue ■ Faire reconnaître une maladie
Depuis 1963, la surdité provoquée par certaines
professionnelle
ambiances bruyantes de travail est inscrite au tableau
42 des maladies professionnelles et peut donc ouvrir un
1. Constater la maladie à l’aide de deux examens
droit à réparation. Le tableau donne une liste limitative Le premier examen constate la surdité : il peut être
des lésions pathologiques et des travaux admis pour la seulement tonal et peut se faire avant la cessation de
reconnaissance de la maladie et précise les principes l’exposition au risque (si possible toutefois à une date
médicaux sur lesquels il repose. assez rapprochée de la date de cessation).
Le deuxième examen audiométrique doit être tonal (en
1. Lésions conduction aérienne et surtout osseuse) et vocal et fait
dans un délai de 3 semaines à 1 an après cessation de
L’énumération des lésions pathologiques que doit pré-
l’exposition au risque. Il va permettre d’évaluer le défi-
senter le malade est limitative et figure dans la colonne
cit auditif. Ce délai permet de tenir compte de tout ou
de gauche du tableau. Elle repose sur les principes
partie de la fatigue auditive. Précisons que la courbe
médicaux suivants :
tonale en conduction osseuse est une référence capitale
- L’affection professionnelle se définit par un déficit
d’appréciation du préjudice professionnel.
audiométrique bilatéral, par lésion cochléaire donc
appréciée par audiométrie tonale (en conduction
aérienne et surtout osseuse) et vocale.
2. Déclarer la maladie
- Ce déficit doit avoir une certaine importance pour - Déclaration par le salarié
fonder un droit à réparation. Il se réfère à la compré- Comme pour les autres maladies professionnelles, la
hension de la conversation normale. De ce fait, il surdité doit être déclarée à la Caisse primaire d’assu-
tiendra compte des fréquences 500 Hz, 1000 Hz, rance maladie par le salarié au plus tard dans le délai de
2000 Hz et 4000 Hz. prise en charge.
Le déficit moyen sur la meilleure oreille doit être au La déclaration comprend :
moins égal à 35 dB pour ouvrir doit à réparation. En - une déclaration de maladie professionnelle accompa-
fait, compte tenu de la précision audiométrique, la répa- gnée d’un certificat médical (formulaire fourni par le
ration pourra intervenir à partir de 30 dB. médecin praticien) donnant généralement les résultats
de l’examen audiométrique. Dès réception, copie est
2. Travaux communiquée par la Caisse primaire d’assurance mala-
die à l’employeur. Il lui appartient également d’infor-
La liste des travaux susceptibles de provoquer l’affec-
mer les intéressés de la procédure à suivre.
tion en cause figure dans la colonne de droite du
- la liste des entreprises employeurs, les différents
tableau. Elle est limitative : de ce fait, seuls les tra-
emplois occupés ainsi que leur durée respective.
vailleurs affectés aux travaux énumérés ont droit à
réparation au titre des maladies professionelles - à
- Procédure d’instruction par la Caisse primaire
condition toutefois que le salarié n’ait pas cessé d’être
d’assurance maladie de la demande de prise en charge
exposé un an avant l’apparition de l’affection -.
La Caisse primaire d’assurance maladie dispose d’un
délai de 60 jours à compter de la réception de la décla-
3. Seuils d’indemnisation
ration pour apprécier si la demande de réparation au
Le déficit audiométrique est évalué selon le tableau. Il titre professionnel est justifiée ou non. Elle peut faire
permet de situer un déficit par rapport au seuil à partir procéder à tous examens de contrôle jugés utiles et à
duquel la surdité professionnelle est indemnisable. Il est une enquête, auprès du salarié et de l’employeur, si le
calculé suivant la formule suivante : dossier présente des éléments de contestation.
D = 2d500+ 4d1000 + 3d2000 + d4 000/10 En cas d’enquête, la Caisse primaire d’assurance mala-
où d500, d1000, etc. désignent respectivement les défi- die doit informer le salarié et l’employeur, avant l’expi-
cits obtenus pour les fréquences audiométriques de ration du délai (60 jours), qu’elle réserve sa décision
500 Hz, 1000 Hz, etc. jusqu’à plus ample informée. Si besoin est, la Caisse
régionale d’assurance maladie est consultée, notam-
ment en ce qui concerne les postes ou ateliers bruyants
de l’entreprise. Si l’employeur considère que les condi-
tions d’exposition au bruit ne sont pas réunies par le
salarié ou s’il estime devoir faire vérifier que toutes les

88
conditions médicales soient effectivement réunies pour ANNEXE 4
qu’il y ait surdité professionnelle, il doit intervenir dès
réception du double de la déclaration du salarié, trans-
MESURAGE DE L’ÉMISSION
mis par la Caisse primaire d’assurance maladie . SONORE DES MACHINES
Un ensemble de méthodes normalisées permettent de
- Réparation par la Sécurité sociale
mesurer, d’une part, le niveau de puissance acoustique
Si la Caisse primaire d’assurance maladie reconnaît le
et, d’autre part, le niveau de pression acoustique
caractère professionnel de la surdité, elle notifie sa déci-
d’émission au poste de travail.
sion motivée au salarié et en adresse un double à l’em-
ployeur si celui-ci a émis des réserves. Une rente viagè-
La détermination des grandeurs d’émission sonore
re est attribuée à la victime, destinée à indemniser
d’une machine nécessite de bonnes compétences en
l’incapacité permanente partielle (IPP) reconnue d’origi-
métrologie acoustique et une pratique régulière.
ne professionnelle. Son taux dépend du déficit auditif
L’utilisateur d’une machine est, par conséquent, très
enregistré lors de l’audiométrie de contrôle. La répara-
rarement en mesure d’effectuer cette détermination
tion est adaptée au préjudice subi.
lui-même.
- Notification de la rente
Le mesurage de ces deux grandeurs est souvent diffici-
Le double de cette décision est envoyé à la Caisse
le en raison du fait qu’une machine fonctionne nécessai-
régionale d’assurance maladie et à l’employeur du sala-
rement dans un environnement, un local, qui n’est pas
rié. L’attribution de rente au salarié doit compter les
neutre sur le plan acoustique et qui empêche un mesu-
éléments justificatifs suivants : la date de la décision de
rage direct de l’énergie sonore émise par la machine.
la Caisse statuant sur la rente, le salaire de base de la
victime, le taux d’IPP, le montant annuel de la rente, le
point de départ de la rente, c’est-à-dire la date de
retrait de l’ambiance sonore ou bien, si elle est posté-
rieure, la date de la première audiométrie.

Comme l’illustre la figure ci-dessus, en un point de


réception donné, le niveau de pression acoustique est la
somme de trois composantes :

- la composante notée en rouge qui provient directe-


ment de la machine, c’est celle que l’on recherche.

89
- deux composantes parasites : la composante notée L’effort déployé ces dernières années a porté sur le
en vert, qui provient du bruit de la machine réfléchi développement de telles méthodes.
par les parois et les obstacles environnants et la com-
posante bleue, qui est la contribution des autres Les normes NF EN ISO 11201 à 11204 proposent
sources de bruit en fonctionnement (appelée “bruit quatre méthodes de détermination du niveau de pres-
de fond”) situées plus ou moins à proximité de la sion acoustique d’émission au poste de travail. La
machine. norme NF EN ISO 11200 est un guide pour le choix de
la méthode. Vous pouvez vous procurer auprès de
La méthodologie de mesurage va donc consister à l’INRS la note documentaire ND 2035-164-96, consa-
extraire la composante rouge de la somme des trois crée à cette série de normes.
composantes.
Les normes NF EN ISO 3741 à 3747 (méthodes clas-
Suivant le dosage relatif du rouge, du vert et du bleu, la siques basées sur le mesurage de niveaux de pression
méthode à mettre en oeuvre pour extraire la compo- acoustique) et NF EN ISO 9614 (méthodes intensimé-
sante rouge sera différente et la précision de la mesure triques) sont spécifiques à la détermination du niveau
plus ou moins bonne. de puissance acoustique. La norme NF EN ISO 3740
est un guide pour le choix de la méthode. L’INRS
C’est pourquoi un ensemble de méthodes a été déve- consacre sa note documentaire ND 2018-163-96 à
loppé. Elles diffèrent par : cette série de normes.

- La nature de l’environnement de mesure : très


absorbant dans une chambre anéchoïque (dite aussi
chambre sourde) ou semi-anéchoïque, très
réverbérant dans une chambre réverbérante,
intermédiaire dans un local de travail industriel.

- L’importance du bruit de fond (appor té, par


exemple, par un équipement auxiliaire qui ne peut pas
être arrêté, par la ventilation du local) : si celui-ci est
proche de l’émission sonore, et a fortiori s’il est plus
élevé, la composante rouge ne peut pas être extraite
du niveau de pression acoustique mesuré en un point.
Pour déterminer le niveau de puissance acoustique
dans une telle situation, il faut utiliser une autre
technique qui repose sur le mesurage non pas de
classiques niveaux de pression acoustique au moyen
de microphones, mais de niveaux d’intensité
acoustique (méthode dite intensimétrique utilisant une
sonde spéciale composée de deux microphones).

- La classe de précision du résultat qui est déterminée


par les deux paramètres précédents.

Les meilleurs résultats sont obtenus dans les situations


où la contribution des composantes verte et bleue est
nulle ou très faible. Ceci suppose souvent de transpor-
ter la machine sur un site de mesure spécialisé ce qui
n’est pas toujours techniquement et économiquement
possible. Les méthodes les plus appréciées sont celles
applicables sur le site où fonctionne normalement la
machine, chez son constructeur ou chez son utilisateur.

90
INDEX
absorption . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57, 63 à 66, 68, 71 fréquence. . . . . . . . . . . . . . . 13, 17 à 20, 27, 43, 46, 65
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66, 68, 69, 85, 86, 88
accident lié au bruit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
hertz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18, 86
acouphène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
indicateur précoce d’alerte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
acoustique prévisionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78, 79
infrason . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
affiche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
isolation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61, 63, 66, 70, 71, 73
appareil de mesure : sonomètre . . . . . . . . . . 30, 36, 38
exposimètre . . . . . . . 29, 36 à 38 LEx,d . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34, 37, 39, 47
appareil intégrateur . . . . . . 36, 37
Lpc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34, 47
audiométrie (test, examen, audiométrie manuelle,
automatique, Audioscan) . . . . . . . . . . . 26, 27, 41 à 43 LwA, Lw . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85, 86, 88, 89 matériau absorbant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65, 66, 71
bouchon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44, 45, 47, 48 mesurage (plan, échantillonnage, mode opératoire) . .
bruit (stable, impulsionnel) . . . . . . . 34, 35, 46, 50, 54 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 à 38

cabine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67, 70, 73, 76 norme . . . . . . . . 8, 32, 36, 43, 45 à 49, 54, 66, 85, 90

cahier des charges (clause bruit) . . . . . . . . . . . . . 62, 80 oreille . . . . . . . . . . . 12, 13, 16 à 21, 24, 42, 85, 86, 88

capotage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60, 67, 69, 70 paroi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56, 57, 60, 62 à 69, 88

casque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 à 47, 76 pente par doublement de distance . . . . . . . . 57, 65, 79

cellule ciliée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17, 20 presbyacousie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

champ auditif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 pression acoustique . . . . . . . . . . . . . 18, 34, 43, 54 à 57


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62, 87, 89, 90
champ sonore (réverbéré, direct, réfléchi) . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57, 64, 65, 68, 69 pression acoustique de crête. . . . . . . . . . 14, 30, 34, 42
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43, 48, 49
code d’essai acoustique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54, 55
propagation . . . . . . . . . . . . . . . . 58, 61 à 63, 66, 67, 78
décibel (pondéré, composition des décibels) . . . 19, 54
protecteur individuel . . . . . . . . . . 8, 9, 14, 43 à 50, 85
déclaration bruit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
puissance acoustique . . . . . . . . . . . . 54, 55, 87, 88, 90
déficit auditif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27, 42, 88, 89
recrutement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
directive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 47, 54
réverbération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56, 57, 64
écran . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64, 69
signalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 à 50
effet de masque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
source sonore . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
émission sonore . . . . . . . . . . . . . . . . 54, 55, 62, 63, 89
subvention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
encoffrement . . . . . . . . . . . . . . 64, 67 à 70, 73, 76, 81
surdité professionnelle (coût, nombre, dépistage,
exposition sonore . . . . . . . . . . 14, 27, 30 à 39, 41 à 43 reconnaissance, rente) . . . . . . . 10, 14 à 16, 20, 24, 26
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48, 49, 71, 72, 83, 84 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27, 42, 43, 85 à 89
fatigue auditive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20, 85, 88 traitement acoustique . . . . . . . . . . . 62, 64, 65, 73, 79
ultrason . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19, 86

91
FICHES-OUTILS BIBLIOGRAPHIE
pages Documents INRS disponibles
1. Des exemples d’accidents survenus auprès des CRAM
en ambiance bruyante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Le bruit en milieu de travail. Aide-mémoire juridique
n° 16. 2003, 28 p.
Synthèse des dispositions réglementaires relatives
2. Organiser une campagne d’affichage . . . . . . . . . . 23
au bruit en milieu professionnel.

3. Etes-vous en train de devenir sourd


Correction acoustique des locaux de travail.
sans le savoir ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Commentaires pour une mise en œuvre de l’arrêté du
30 août 1990.
Cahiers de notes documentaires, 1993, 151, ND 1931,
4. Des films, un dépliant pour vous aider
4 p.
à convaincre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Commentaire de la réglementation relative
à l’insonorisation des locaux de travail.
5. Proposer des formations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
La série de normes en ISO 11200.
Détermination du niveau de pression acoustique
6. Déficit auditif en fonction du nombre
d’émission au poste de travail de machines industrielles.
d’années d’exposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Cahiers de notes documentaires, 1996, 165, ND 2035,
17 p.
7. Calcul du niveau d’exposition sonore
quotidienne LEx,d . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Panorama des normes d’acoustique industrielle
élaborées dans le cadre de la nouvelle approche.
Cahiers de notes documentaires, 1996, 163, ND 2018,
8. Interpréter un audiogramme . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
16 p.

9. Performances des matériaux . . . . . . . . . . . . . . . . . 71


Conception des lieux de travail.
Démarches, méthodes et connaissances techniques.
ED 718, 2001, 92 p.
10. Relation durée exposition / niveau sonore . . . . 72

Exposition au bruit des travailleurs.


11. Des exemples de réalisations en PME . . . . . . . . 73
Méthode de mesurage.
ED 772, 2002, 56 p.

Vos gueules les décibels !


ED 707, dépliant illustré, 4 volets, 2001.

92
Autres ouvrages Textes réglementaires
GAMBA R., ABISOU G. Circulaire du 6 mai 1988 relative à l’application
La protection des travailleurs contre le bruit : du décret n° 88-405 du 21 avril 1988
les points-clés. relatif à la protection des travailleurs contre le bruit.
Collection Outils et Méthodes, ANACT, 1992, 116 p.
Brochure présentant les moyens pratiques utiles
à la conduite d’une action de réduction du bruit.

GAMBA R., JOSSERAND P., PAOLI P.


Normes
Réduire le bruit au travail : une démarche. Norme française NF S 31-084.
Collection Outils et Méthodes, ANACT, 1987, 147 p. Acoustique. Méthode de mesurage des niveaux
Brochure présentant les différentes techniques sonores en milieu de travail en vue de l’évaluation
de réduction du bruit à partir d’exemples simples du niveau d’exposition sonore quotidienne
et illustrés. des travailleurs.
AFNOR, 1987, 16 p.

LIÉNARD P., FRANCOIS P.


Acoustique industrielle et environnement. Norme française NF S 31-013.
Paris, Eyrolles (Ed.), 1983, 252 p. Acoustique. Évaluation de l’exposition au bruit
Eléments fondamentaux de l’acoustique physique en milieu professionnel et estimation du déficit auditif,
et physiologique. induit par le bruit, de populations exposées.
AFNOR, 1985, 29 p.

MALCHAIRE J.
Programmes de conservation de l’audition. ISO/DIS - 11690.
Paris, Masson (Ed.), 1994, 162 p. Acoustique. Recommandations pratiques
Notions de base de l’acoustique industrielle. pour la conception de lieux de travail moins bruyants
contenant des machines.
Partie 1 : Stratégies de réduction du bruit.
Produits pour la correction acoustique. Partie 2 : Moyens de réduction du bruit.
Catalogue du CATED.
Documentation française du bâtiment.
Publications du Moniteur, 1991.

93
ADRESSES UTILES
CIDB
Centre d’information et de documentation sur le bruit.
12-14 rue Jules-Bourdais 75017 Paris
Tél. 01 47 64 64 64
Fax 01 47 64 64 65
Edite un bulletin d’information mensuel (actualité,
législation, techniques, réalisation, bibliographie...) :
“Echo bruit”.
Un annuaire “bruit” est édité chaque année.
Les noms et adresses des prestataires de services
en acoustique, des fabricants et distributeurs
de matériels peuvent être obtenus auprès du CIDB.

ANACT
Agence nationale pour l’amélioration des conditions
de travail.
40-41 quai Fulchiron 69321 Lyon cedex 05
Tél. 04 72 56 13 13
Fax 04 78 37 96 90
Documentation, publications, réalisations de réduction
sonore.

AFNOR
Association française de normalisation.
11 avenue Francis-de-Préssensé
93571 Saint-Denis-la-Plaine cedex
Tél. 01 41 62 80 00
Fax 01 49 17 90 00
Internet : www.afnor.fr
A consulter pour tout achat de normes.

94
COMPOGRAVURE
IMPRESSION, BROCHAGE
IMPRIMERIE CHIRAT
42540 ST-JUST-LA-PENDUE
OCTOBRE 2003
DÉPÔT LÉGAL 2003 N° 9528

IMPRIMÉ EN FRANCE
L’Institut national de recherche et de sécurité Pour commander les films (en prêt), les brochures et les affiches de l’INRS,
L’Institut national de recherche et de sécurité adressez-vous au service prévention de votre CRAM ou CGSS.
(INRS) est une association déclarée sans but
lucratif (loi du 1er juillet 1901), constituée sous
l’égide de la Caisse nationale de l’assurance Services prévention des CRAM
maladie. Il est placé sous la tutelle
des pouvoirs publics et le contrôle financier ALSACE-MOSELLE BRETAGNE NORD-EST
de l’État. Son conseil d’administration est (67 Bas-Rhin) (22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère, (08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne,
35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan) 52 Haute-Marne, 54 Meurthe-et-Moselle,
composé en nombre égal de représentants 14 rue Adolphe-Seyboth
236 rue de Châteaugiron 55 Meuse, 88 Vosges)
du Mouvement des entreprises de France BP 392 81 à 85 rue de Metz
67010 Strasbourg cedex 35030 Rennes cedex
et des organisations syndicales de salariés. tél. 02 99 26 74 63 54073 Nancy cedex
tél. 03 88 14 33 00 tél. 03 83 34 49 02
fax 03 88 23 54 13 fax 02 99 26 70 48
L’INRS apporte son concours aux services fax 03 83 34 48 70
ministériels, à la Caisse nationale (57 Moselle) CENTRE
de l’assurance maladie, aux Caisses (18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre, NORD-PICARDIE
3 place du Roi-George 37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret) (02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise,
régionales d’assurance maladie, aux comités BP 31062 62 Pas-de-Calais, 80 Somme)
36 rue Xaintrailles
d’hygiène, de sécurité et des conditions 57036 Metz cedex 1 11 allée Vauban
45033 Orléans cedex 1
de travail, aux entreprises, enfin à toute tél. 03 87 66 86 22 tél. 02 38 79 70 00 59662 Villeneuve-d’Ascq cedex
personne, employeur ou salarié, qui fax 03 87 55 98 65 fax 02 38 79 70 30 tél. 03 20 05 60 28
s’intéresse à la prévention. L’INRS recueille, fax 03 20 05 63 40
élabore et diffuse toute documentation (68 Haut-Rhin) CENTRE-OUEST
intéressant l’hygiène et la sécurité du travail : 11 avenue De-Lattre-de-Tassigny (16 Charente, 17 Charente-Maritime, NORMANDIE
brochures, dépliants, affiches, films, BP 488 19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres, (14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche,
68020 Colmar cedex 86 Vienne, 87 Haute-Vienne) 61 Orne, 76 Seine-Maritime)
renseignements bibliographiques... Il forme 4 rue de la Reynie Avenue du Grand-Cours, 2022 X
des techniciens de la prévention et procède tél. 03 89 21 62 20
fax 03 89 21 62 21 87048 Limoges cedex 76028 Rouen cedex
en son centre de recherche de Nancy aux tél. 05 55 45 39 04 tél. 02 35 03 58 21
études permettant d’améliorer les conditions fax 05 55 79 00 64 fax 02 35 03 58 29
AQUITAINE
de sécurité et l’hygiène de travail. (24 Dordogne, 33 Gironde,
40 Landes, 47 Lot-et-Garonne, ÎLE-DE-FRANCE PAYS DE LA LOIRE
Les publications de l'INRS sont distribuées 64 Pyrénées-Atlantiques) (75 Paris, 77 Seine-et-Marne, (44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire,
par les Caisses régionales d'assurance 80 avenue de la Jallère 78 Yvelines, 91 Essonne, 53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
33053 Bordeaux cedex 92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-Saint-Denis, 2 place de Bretagne
maladie. Pour les obtenir, adressez-vous 94 Val-de-Marne, 95 Val-d’Oise)
tél. 05 56 11 64 00 BP 93405, 44034 Nantes cedex 1
au service prévention de la Caisse régionale 17-19 place de l’Argonne tél. 02 51 72 84 00
fax 05 56 39 55 93
de votre circonscription, dont vous trouverez 75019 Paris fax 02 51 82 31 62
l’adresse en fin de brochure. tél. 01 40 05 32 64
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fax 01 40 05 38 84 RHÔNE-ALPES
(03 Allier, 15 Cantal, 43 Haute-Loire,
63 Puy-de-Dôme) (01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme,
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63058 Clermont-Ferrand cedex 1 (11 Aude, 30 Gard, 34 Hérault, 73 Savoie, 74 Haute-Savoie)
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tél. 04 73 42 70 22
Les Caisses régionales d’assurance maladie 29 cours Gambetta 69436 Lyon cedex 3
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professionnels dans leur région, tél. 04 67 12 95 55 fax 04 72 91 97 09
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d’ingénieurs-conseils et de contrôleurs 58 Nièvre, 70 Haute-Saône, SUD-EST
de sécurité. Par les contacts fréquents que 71 Saône-et-Loire, 89 Yonne, MIDI-PYRÉNÉES (04 Alpes-de-Haute-Provence,
90 Territoire de Belfort) (09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne, 05 Hautes-Alpes, 06 Alpes-Maritimes,
ces derniers ont avec les entreprises, ils sont ZAE Cap-Nord 32 Gers, 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées, 13 Bouches-du-Rhône, 2A Corse Sud,
à même non seulement de déceler les risques 38 rue de Cracovie 81 Tarn, 82 Tarn-et-Garonne) 2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
professionnels particuliers à chacune d’elles, 21044 Dijon cedex 2 rue Georges-Vivent 35 rue George
mais également de préconiser les mesures tél. 03 80 70 51 22 31065 Toulouse cedex 9 13386 Marseille cedex 5
préventives les mieux adaptées aux différents fax 03 80 70 51 73 tél. 05 62 14 29 30 tél. 04 91 85 75 66
postes dangereux et d’apporter, par leurs fax 05 62 14 26 92 fax 04 91 85 79 01
conseils, par la diffusion de la documentation
éditée par l’Institut national de recherche
et de sécurité, une aide particulièrement
efficace à l’action des comités d’hygiène, Services prévention des CGSS
de sécurité et des conditions de travail.
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Immeuble CGRR Espace Turenne Radamonthe 4 boulevard Doret Quartier Place-d’Armes
Rue Paul-Lacavé Route de Raban, BP 7015 97405 Saint-Denis cedex 97210 Le Lamentin cedex 2
97110 Pointe-à-Pitre 97307 Cayenne cedex tél. 02 62 90 47 00 tél. 05 96 66 51 31
tél. 05 90 21 46 00 tél. 05 94 29 83 04 fax 02 62 90 47 01 05 96 66 51 33
fax 05 90 21 46 13 fax 05 94 29 83 01 fax 05 96 51 81 54
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’INRS,
de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite.
Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction,
par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle).
La violation des droits d’auteur constitue une contrefaçon punie d’un emprisonnement de deux ans
et d’une amende de 150 000 euros (article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).

© INRS, 2003.
L'objet de cette brochure est d'aider
le chef d'entreprise et le préventeur :
agent de sécurité, médecin du travail,
membre de comité d'hygiène, de sécurité
et des conditions de travail, à résoudre
un problème de bruit dans l'entreprise.

Le succès d'une action de réduction du bruit


dépend pour une large part de la pertinence
de l'analyse des situations de travail réelles
des opérateurs exposés. Au cœur de l'entreprise,
le préventeur est donc un acteur privilégié
dans la préparation, le suivi, la vérification,
voire la conduite des actions d'insonorisation.

La démarche de prévention proposée


est en conformité avec les textes
réglementaires. Elle cherche à créer
une dynamique d'action plutôt
que de délivrer des contenus techniques.
La plupart des solutions techniques existantes
et les différentes méthodes de mesurage
sont néanmoins évoquées.

Réduire le bruit
dans l’entreprise

Institut national de recherche et de sécurité


pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles

30, rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 Tél. 01 40 44 30 00
• •
Fax 01 40 44 30 99 Internet : www.inrs.fr e-mail : info@inrs.fr

Édition INRS ED 808


1re édition (1997) • réimpression octobre 2003 • 5 000 ex. • ISBN 2-7389-0571-4