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I

Un certain nombre de terrains industriels abandonnés


(ou encore en activité) ont subi au cours de leur exploitation
des pollutions qui se sont traduites par une contamination
des sols et /ou des eaux souterraines et superficielles
par des produits chimiques divers.
Protection des travailleurs
Compte tenu des risques que ces sites présentent
pour l’homme et son environnement, il faut aujourd’hui
sur les chantiers
envisager leur réhabilitation.

Les opérations de réhabilitation des sites pollués s’inscrivent


de réhabilitation de sites
pleinement dans le champ de la “santé publique” tant sur
les aspects liés aux effets des polluants sur la “santé humaine”
industriels pollués
que sur “la santé des travailleurs” chargés des travaux.

Définir et appliquer une politique de “prévention des risques


professionnels” sur les chantiers de dépollution impliquent
de prendre en compte leur complexité et leur caractère
souvent “atypique”. Comme il s’agit d’une activité
relativement récente, les différents acteurs et plus
particulièrement les acteurs de la prévention ne disposent
encore que de connaissances fragmentaires et limitées
sur ce que peuvent être les risques d’exposition
aux polluants ou les risques d’accident.
Le présent ouvrage a pour objet de les sensibiliser à
la nécessité de donner toute sa place à la prévention des
risques (chimiques,..) et de les guider sur la démarche à adopter.

Il a été conçu comme un document de référence dans


lequel figurent :
• les textes réglementaires régissant l’hygiène et la sécurité
sur les chantiers,
• la description des principaux risques susceptibles
d’être rencontrés,
• les règles d’organisation des chantiers,
• les procédures et techniques utilisées pour la protection
collective,
• les équipements de protection individuelle,
• des exemples de gestion du risque chimique
sur des chantiers de réhabilitation.

AGENCE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA MAÎTRISE DE L’ÉNERGIE


Centre d’Angers . Direction de l’Industrie
2 square La Fayette . BP 406 . 49004 Angers cedex 01
Tél. 02 41 20 41 20 . Fax 02 41 87 23 50 . Internet : www.ademe.fr

I
INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SÉCURITÉ
30 rue Olivier-Noyer 75680 Paris cedex 14 . Tél. 01 40 44 30 00
Fax 01 40 44 30 99 . Internet : www.inrs.fr . e-mail : info@inrs.fr
Édition INRS ED 866
1re édition . juin 2002 . 10 000 ex. ISBN 2-7389-1083-1
L’INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SÉCURITÉ POUR COMMANDER LES FILMS (EN PRÊT), LES BROCHURES ET LES AFFICHES DE L’INRS,
ADRESSEZ-VOUS AU SERVICE PRÉVENTION DE VOTRE CRAM OU CGSS
L’Institut national de recherche et de sécurité
(INRS) est une association déclarée sans but
lucratif (loi du 1er juillet 1901), constituée sous
l’égide de la Caisse nationale de l’assurance SERVICES PRÉVENTION DES CRAM
maladie. Il est placé sous la tutelle
ALSACE-MOSELLE BRETAGNE NORD-EST
des pouvoirs publics et le contrôle financier (67 Bas-Rhin) (22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère, (08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne,
de l’État. Son conseil d’administration est 14 rue Adolphe-Seyboth 35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan) 52 Haute-Marne, 54 Meurthe-et-Moselle,
composé en nombre égal de représentants BP 392 236 rue de Châteaugiron 55 Meuse, 88 Vosges)
du Mouvement des entreprises de France 67010 Strasbourg cedex 35030 Rennes cedex 81 à 85 rue de Metz
et des organisations syndicales de salariés. tél. 03 88 14 33 00 tél. 02 99 26 74 63 54073 Nancy cedex
fax 03 88 23 54 13 fax 02 99 26 70 48 tél. 03 83 34 49 02
L’INRS apporte son concours aux services fax 03 83 34 48 70
ministériels, à la Caisse nationale (57 Moselle) CENTRE
de l’assurance maladie, aux Caisses 3 place du Roi-George (18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre, NORD-PICARDIE
régionales d’assurance maladie, aux comités BP 31062 37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret) (02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise,
d’hygiène, de sécurité et des conditions 57036 Metz cedex 1 36 rue Xaintrailles 62 Pas-de-Calais, 80 Somme)
45033 Orléans cedex 1 11 allée Vauban
de travail, aux entreprises, enfin à toute tél. 03 87 66 86 22
tél. 02 38 79 70 00 59662 Villeneuve-d’Ascq cedex
personne, employeur ou salarié, qui fax 03 87 55 98 65
fax 02 38 79 70 30 tél. 03 20 05 60 28
s’intéresse à la prévention. L’INRS recueille,
fax 03 20 05 63 40
élabore et diffuse toute documentation (68 Haut-Rhin)
intéressant l’hygiène et la sécurité du travail : 11 avenue De-Lattre-de-Tassigny CENTRE-OUEST
BP 488 (16 Charente, 17 Charente-Maritime, NORMANDIE
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19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres, (14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche,
renseignements bibliographiques... Il forme 68020 Colmar cedex 86 Vienne, 87 Haute-Vienne) 61 Orne, 76 Seine-Maritime)
des techniciens de la prévention et procède tél. 03 89 21 62 20 4 rue de la Reynie Avenue du Grand-Cours, 2022 X
en son centre de recherche de Nancy aux fax 03 89 21 62 21 87048 Limoges cedex 76028 Rouen cedex
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de sécurité et l’hygiène de travail. AQUITAINE fax 05 55 79 00 64 fax 02 35 03 58 29
(24 Dordogne, 33 Gironde,
40 Landes, 47 Lot-et-Garonne,
Les publications de l'INRS sont distribuées 64 Pyrénées-Atlantiques) ÎLE-DE-FRANCE PAYS DE LA LOIRE
par les Caisses régionales d'assurance 80 avenue de la Jallère (75 Seine, 77 Seine-et-Marne, (44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire,
maladie. Pour les obtenir, adressez-vous 78 Yvelines, 91 Essonne, 53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
33053 Bordeaux cedex 92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-Saint-Denis,
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90 Territoire de Belfort) MIDI-PYRÉNÉES (04 Alpes-de-Haute-Provence,
à même non seulement de déceler les
ZAE Cap-Nord (09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne, 05 Hautes-Alpes, 06 Alpes-Maritimes,
risques 32 Gers, 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées, 13 Bouches-du-Rhône, 2A Corse Sud,
professionnels particuliers à chacune d’elles, 38 rue de Cracovie 81 Tarn, 82 Tarn-et-Garonne) 2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
mais également de préconiser les mesures 21044 Dijon cedex 2 rue Georges-Vivent 35 rue George
préventives les mieux adaptées aux différents tél. 03 80 70 51 22 31065 Toulouse cedex 13386 Marseille cedex 5
postes dangereux et d’apporter, par leurs fax 03 80 70 51 73 tél. 05 62 14 29 30 tél. 04 91 85 85 36
conseils, par la diffusion de la documentation fax 05 62 14 26 92 fax 04 91 85 79 01
éditée par l’Institut national de recherche
et de sécurité, une aide particulièrement
efficace à l’action des comités d’hygiène,
de sécurité et des conditions de travail.
SERVICES PRÉVENTION DES CGSS
GUADELOUPE GUYANE LA RÉUNION MARTINIQUE
Immeuble CGRR Espace Turenne Radamonthe 4 boulevard Doret Quartier Place-d’Armes
Rue Paul-Lacavé Route de Raban, BP 7015 97405 Saint-Denis cedex 97232 Le Lamentin, BP 576
97110 Pointe-à-Pitre 97307 Cayenne cedex tél. 02 62 90 47 00 97207 Fort-de-France cedex
tél. 05 90 21 46 00 tél. 05 94 29 83 04 fax 02 62 90 47 01 tél. 05 96 66 50 79
fax 05 90 21 46 13 fax 05 94 29 83 01 fax 05 96 51 54 00
I

Protection des travailleurs


sur les chantiers
de réhabilitation de sites
industriels pollués

ED 866
La réalisation de ce document a été coordonnée

par Annabel MAISON et Michel HÉRY (INRS)

et Claude MOUTON (ADEME).

© INRS, Paris, 2002. Maquette Patrick Vieuville.


Sommaire

Sommaire

1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

2. Bases réglementaires générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2.1. Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2.2. Le décret n° 92-158 du 20 février 1992 fixant les prescriptions particulières d’hygiène
et de sécurité applicables aux travaux effectués dans un établissement
par une entreprise extérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

2.3. La loi n° 93.1418 du 31 décembre 1993 et le décret n° 94.1159 du 26 décembre 1994


relatifs à l’intégration de la sécurité et à l’organisation de la coordination en matière
de sécurité et de protection de la santé lors des opérations de bâtiment ou de génie civil . . . . . . . . 17
2.3.1. Déclaration d’ouverture de chantier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3.2. Déclaration préalable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3.3. Registre-journal de la coordination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3.4. Plan général de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé
(PGCSPS) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.5. Plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.6. Dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.3.7. Collège interentreprises de sécurité, de santé et des conditions de travail (CISSCT) . . . 25

2.4. Les restrictions à l’emploi de certaines catégories de salariés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

2.5. La surveillance médicale, le rôle du médecin du travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

2.6. Formation spécifique liée au poste de travail ou aux matériels utilisés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

2.7. La réglementation amiante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29


2.7.1. Le décret n° 96-97 du 7 février 1996 relatif à la protection de la population contre
les risques sanitaires liés à une exposition à l’amiante dans les immeubles bâtis . . . . . . 30
2.7.2. Le décret n° 96-98 du 7 février 1996 relatif à la protection des travailleurs contre
les risques liés à l’inhalation de poussières d’amiante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

2.8. Transport des déchets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

3. Analyser et prévenir les risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

3.1. Le risque électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34


3.1.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.1.2. Dommages corporels causés par le courant électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.1.3. Mesures de prévention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

3.2. Le bruit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2.2. Les conséquences d’une exposition professionnelle au bruit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2.3. Mesures de prévention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

3.3. Les radiations ionisantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41


3.3.1. Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3.2. Les effets des rayonnements sur l’homme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.3.3. Mesures de prévention adaptées à un travail de chantier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

3
Sommaire

3.4. Le risque chimique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45


3.4.1. Définition générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.4.2. Les risques toxicologiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.4.3. Mesures de prévention générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

3.5. Le risque amiante. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50


3.5.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.5.2. Les risques toxicologiques liés à l’inhalation de fibres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.5.3. Mesures de prévention (en cas d’enlèvement) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51

3.6. Le risque incendie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52


3.6.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.6.2. Les effets des incendies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

3.7. Les explosions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54


3.7.1. Les différents types d’explosions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.7.2. Les effets des explosions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.7.3. Les mesures de prévention spécifiques au risque explosion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

3.8. L'asphyxie et le travail en atmosphère confinée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56


3.8.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.8.2. Effets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.8.3. Les mesures de prévention spécifiques de l’asphyxie
et du travail en atmosphère confinée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

3.9. Le risque biologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58


3.9.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.9.2. Les effets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.9.3. Les mesures de prévention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

3.10. Manutentions manuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61


3.10.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.10.2. Les effets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.10.3. Les mesures de prévention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62

3.11. Engins, véhicules de manutention et de terrassement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

3.12. Chutes et éboulements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66


3.12.1. Chutes de hauteur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
3.12.2. Chutes de plain-pied . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.12.3. Eboulements ou chutes d’objets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68

3.13. Les vibrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69


3.13.1. Définition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.13.2. Les effets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.13.3. Les mesures de prévention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

3.14. Dispositions spécifiques à la prévention des risques professionnels


sur les chantiers de réhabilitation de sites industriels pollués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.14.1. Le risque électrique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.14.2. Le bruit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.14.3. Les radiations ionisantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.14.4. Le risque chimique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.14.5. Le risque amiante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.14.6. Le risque incendie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.14.7. Le risque d’explosion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.14.8. Le travail en atmosphère confinée et le risque d’asphyxie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.14.9. Les risques biologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.14.10. Manutentions manuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
3.14.11. Engins, véhicules de manutention et de terrassement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
3.14.12. Chutes et éboulements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.14.13. Les vibrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

4
Sommaire

4. L'organisation des chantiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83

4.1. Voies et réseaux divers (VRD) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83

4.2. Les installations sanitaires et lieux de restauration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84

4.3. Les règles d’organisation propres aux chantiers de réhabilitation


de sites industriels pollués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.3.1. L'organisation générale des chantiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4.3.2. Les consignes de sécurité et les procédures d’alerte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.3.3. Matériel de première urgence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90

4.4. Le cas particulier des études de diagnostic. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91


4.4.1. Les règles de la prévention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.4.2. Les visites préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
4.4.3. Les travaux de recueil d’échantillons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

5. Le guide des procédures et des techniques


utilisées pour la protection collective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93

5.1. Protection des personnels contre la pollution générale des chantiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94


5.1.1. Mesures générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
5.1.2. Conducteurs d’engins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95

5.2. Réduire les expositions aux produits chimiques lors des opérations
de reconditionnement de fûts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96

5.3. Réduire les manutentions manuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97

6. La protection individuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99

6.1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99

6.2. Les gants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101

6.3. La protection des yeux et du visage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102

6.4. La protection de la tête . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103

6.5. Les chaussures et bottes de sécurité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103

6.6. La protection auditive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104


6.6.1. Les protecteurs passifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
6.6.2. Les protecteurs non-linéaires (à atténuation asservie) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
6.6.3. Les protecteurs actifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104

6.7. Les genouillères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105

6.8. Les harnais d’antichute. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105

6.9. La protection respiratoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106


6.9.1. Classification des APR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
6.9.2. Efficacité de la protection respiratoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
6.9.3. Stockage et entretien des APR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
6.9.4. Utiliser un APR sur un chantier de réhabilitation de site industriel pollué . . . . . . . . . . . 119

6.10. Les vêtements de protection contre les produits chimiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123

5
Sommaire

7. La gestion du risque chimique sur les chantiers


de réhabilitation de sites industriels pollués. Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . 125

7.1. Evaluation des expositions aux produits chimiques sur les chantiers
de réhabilitation de sites industriels pollués : méthode de travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
7.1.1. Méthodes de prélèvement et d’analyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
7.1.2. Comparaison des valeurs limites d’exposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126

7.2. Suivi des expositions aux polluants chimiques sur quelques chantiers. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
7.2.1. Réhabilitation d’un site pollué par les hydrocarbures polycycliques
aromatiques (HPA) lors du créosotage de poteaux de bois. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
7.2.2. Réhabilitation d’un dépôt à risques de protection chimique.
Protection des travailleurs contre le risque solvants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
7.2.3. Dépollution de terres polluées par des solvants.
Protection des travailleurs contre le risque solvants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
7.2.4. Réhabilitation d’une ancienne usine de régénération d’huiles usagées.
Protection des travailleurs contre les risques liés au dioxyde de soufre . . . . . . . . . . . . 133
7.2.5. Evacuation de fûts entreposés dans une ancienne usine.
Protection des travailleurs contre les solvants et les acides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
7.2.6. Destruction d’un atelier d’électrolyse de chlorure de sodium.
Protection des travailleurs contre les risques les risques silice et mercure . . . . . . . . . . 136
7.2.7. Réhabilitation d’une ancienne usine à gaz
Protection des travailleurs contre les risques les risques solvants
et hydrocarbures polycycliques aromatiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138

7.3. Suivi des expositions à l’aide d’un détecteur à photo-ionisation à lecture directe . . . . . . . . . . . . . . 141
7.3.1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
7.3.2. Matériel et méthodes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
7.3.3. Résultats. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
7.3.4. Applications pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143

Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145

Annexe 1. Décret n° 92-158 du 20 février 1992 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146

Annexe 2. Arrêté du 19 mars 1993 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151

Annexe 3. Le rôle du maître d’ouvrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152

Annexe 4. Le rôle du maître d’œuvre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160

Annexe 5. Le rôle du coordonnateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167

Annexe 6. Le rôle des entreprises et des travailleurs indépendants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174

Annexe 7. Liste des travaux pour lesquels il ne peut pas être fait appel
aux salariés sans contrat de travail à durée déterminée
ou aux salariés des entreprises de travail temporaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180

Annexe 8. Liste des travaux nécessitant une surveillance médicale spéciale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181

Annexe 9. Poste nécessitant une formation technique spécifique


liée au poste de travail ou aux matériels utilisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183

Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques


et exemples de mesures de prévention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184

Annexe 11. Adresses utiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208

6
Introduction

1. Introduction

Un certain nombre de terrains industriels abandon- que les techniques qui sont mises en œuvre sur
nés ou encore en activité ont subi au cours de leur ces chantiers sont encore en pleine évolution, et
exploitation des pollutions (le plus souvent d'origine que les différents acteurs comme les hygiénistes
chimique) qui se sont traduites par une contamina- industriels ne disposent encore que de connais-
tion des sols et/ou des eaux (souterraines et super- sances fragmentaires et limitées sur ce que peu-
ficielles). Compte tenu des risques que ces sites vent être par exemple les risques d'expositions aux 1
présentent pour l'homme et pour l'environnement, il polluants chimiques ou les risques d'accident.
faut aujourd'hui envisager leur réhabilitation. Au- • Quelle que soit la qualité des investigations pré-
delà des aspects environnementaux que revêtent liminaires (reconstitution de l'historique du site par
ces réhabilitations, l'ADEME et l'INRS attachent des entretiens avec différents acteurs ayant connu
bien évidemment une importance particulière à la ses évolutions ou réalisation de travaux de fouille
sécurité et à la santé des travailleurs des entre- destinés à connaître les caractéristiques qualitati-
prises impliquées dans ces opérations. ve et quantitative de la pollution), rien ne permet
de garantir l'exhaustivité des informations
Définir et appliquer une politique hygiène et sécu-
recueillies et le risque subsiste de mise à jour de
rité convenable sur ces chantiers impliquent de
produits chimiques inattendus. De la même façon
prendre en compte leur complexité et le caractère
la réalité du chantier et ses évolutions peuvent
souvent atypique qu'ils présentent :
contraindre les entreprises à modifier au dernier
• Les réhabilitations de sites industriels pollués sont moment les pratiques de travail retenues avant le
des activités historiquement récentes. C'est dire début du chantier.

Vue générale de fûts extraits d’un dépôt à risques (Socotec).

7
Introduction

• La réhabilitation des sites pollués fait intervenir d'une première brochure consacrée à la préven-
des entreprises de cultures (tant au niveau du tra- tion des risques professionnels sur les chantiers
vail que de la prévention des risques profession- de réhabilitation de sites pollués, éditée en com-
nels) différentes : professionnels de la réhabilita- mun en 1995. Il s'agit aussi de sensibiliser l'en-
tion des sites pollués, entreprises spécialisées semble des partenaires de ces opérations (entre-
dans l'élimination des déchets, entreprises de tra- prises, mais aussi maîtres d'ouvrage et maîtres
vaux publics et de transport, etc. L'analyse des d'œuvre, préventeurs, etc.) à la nécessité de don-
risques devra non seulement permettre de ner toute sa place à l'hygiène du travail, dont la
résoudre les problèmes habituels de co-activité, problématique ne saurait se confondre avec celle
mais aussi intégrer le contexte culturel particulier de la protection de l'environnement ou de la santé
qui verra une entreprise de travaux publics publique.
confrontée de façon exceptionnelle à un risque,
La multiplicité des paramètres réglementaires et
chimique en l'occurrence, auquel elle n'est pas
techniques à prendre en compte ne facilite hélas
confrontée de façon habituelle. Le fait que les
pas la lecture de ce document. Il a été conçu
chantiers considérés ont une durée généralement
comme un document de référence dans lequel
comprise entre quelques semaines et quelques
figurent à la fois les principaux textes régissant
mois (de façon exceptionnelle supérieure à un an)
l'hygiène professionnelle sur ces chantiers et les
ne facilite pas la prise en compte des problèmes
données techniques acquises au cours des exper-
de risques professionnels.
tises menées séparément ou en commun par
C'est pour tenter d'apporter une réponse à ces dif- l'ADEME ou l'INRS. Les auteurs se sont efforcés
férents problèmes, ou plus exactement pour four- de les organiser de façon à ce que celui (ou celle)
nir des éléments de réponses de prévention aux qui le consultera puisse accéder commodément
acteurs de ces chantiers, que l'ADEME et l'INRS au chapitre utile. Pour ce faire, ils n'ont pu éviter
ont entrepris de procéder à la réactualisation certaines redites.

Extraction d’un fût sur un dépôt à risques (Serpol).

8
Bases réglementaires générales

2. Bases réglementaires générales

2.1. Généralités interviennent une entreprise de travaux publics et


une entreprise spécialisée dans le reconditionne-
Il n'existe pas de réglementation spécifique appli- ment des fûts, il paraît logique de faire référence
cable aux chantiers de réhabilitation de sites à la législation sur les chantiers mobiles (décret
industriels pollués. Compte tenu de l'importance du 26 décembre 1994), même si au sens strict la
des opérations de type travaux publics sur ces deuxième entreprise n'est pas une entreprise de
chantiers, il est légitime de leur appliquer la régle- travaux publics. Il s'agit en effet d'une opération
mentation correspondante. Il existe actuellement lourde dans laquelle il faudra porter une attention
dans le code du travail deux textes de coordi- particulière aux risques d'interférences entre les
nation en matière de sécurité et de santé. deux activités. En revanche si ces mêmes travaux
ont lieu dans une entreprise en activité, qu'il n'est
2
pas possible d'isoler complètement le chantier et
Le premier, celui du 20 février 1992, est de portée que des risques d'interférence entre la production
générale et s'applique aux travaux effectués dans effectuée sur le site et la réhabilitation existent, il
un établissement par une entreprise extérieure,
conviendra de confier la coordination générale
l'autre celui du 26 décembre 1994 est beaucoup
des mesures de prévention à l'entreprise utilisatri-
plus spécifique et est limité à certaines opérations
ce (exploitant le site) et de faire référence au
de bâtiment ou de génie civil. Ce dernier texte est
décret du 20 février 1992.
d'ailleurs pris en application de la loi n° 93-1418 du
31 décembre 1993 portant transposition de la La philosophie de ces deux décrets est la même,
directive européenne dite "chantiers temporaires même si les modalités d'application diffèrent dans
ou mobiles". La circulaire du 10 avril 1996 de la les deux textes (en particulier quant à la forme
Direction des relations du travail précise qu'il ne que prennent d'une part les plans de prévention et
peut y avoir une application combinée des deux d'autre part les PGCSPS et PPSPS) : il s'agit de
décrets dans le cadre d'une même opération. penser la prévention des risques professionnels
en même temps que la préparation des travaux en
procédant à une analyse des risques préa-
Le décret du 26 décembre 1994 s'applique lors- lable. Quelques exemples permettront d'illustrer
qu'il y a intervention d'au moins deux entreprises ce propos.
(entreprises sous-traitantes incluses) sur un chan-
tier. Il s'applique également si l'opération a lieu
dans un établissement en activité à condition que Dans le cas du décret du 20 février 1992, cette
le chantier soit "clos et indépendant". analyse des risques est de la responsabilité
Pour les travaux de dépollution effectués au sein conjointe des responsables des entreprises utilisa-
d'un établissement en activité, c'est le décret du trice et extérieure(s), la coordination générale
20 février 1992 qui s'applique. étant assurée par le responsable de l'entreprise
utilisatrice. Dans le cas du décret du 26 décembre
1994, l'analyse des risques préalable doit être
Dans la pratique, chaque chantier devra faire l'ob- effectuée par le maître d'ouvrage et le coordonna-
jet d'un examen spécifique. Pour une opération de teur qu'il a désigné, la responsabilité de son actua-
résorption de dépôt à risques où la seule activité lisation au cours du chantier étant assurée par le
qui est effectuée est la réhabilitation pour laquelle coordonnateur en relation avec les entreprises.

9
Bases réglementaires générales

Si les seuils de déclenchement (volume des tra- 2.2. Le décret n° 92-158 du 20 février
vaux) d'un plan de prévention écrit pour le décret 1992 fixant les prescriptions particulières
du 20 février 1992 et d'un plan général de coordi- d'hygiène et de sécurité applicables aux
nation en matière de sécurité et de protection de la travaux effectués dans un établissement
santé (PGCSPS) pour le décret du 26 décembre par une entreprise extérieure
1994 ne sont pas rigoureusement les mêmes, les
objectifs de ces documents sont identiques. De Dans la mesure où le site sur lequel se déroule la
même, une liste de travaux dangereux a été pré- réhabilitation ne constitue pas un chantier clos et
vue dans les deux cas imposant l’établissement de indépendant, les entreprises en charge de cette
ces documents spécifiques en-dessous des seuils réhabilitation doivent être considérées comme
cités ci-dessus. des entreprises extérieures. On trouvera dans le
Enfin dernier exemple, dans les deux cas, des ins- tableau ci-après un résumé des principales dispo-
pections en commun sont prévues préalablement sitions applicables à l'entreprise utilisatrice (celle
à l'exécution des travaux, entre entreprises utilisa- qui est à l'origine des travaux), à l'entreprise exté-
trice et extérieure(s) dans un cas, entre coordon- rieure, ou en commun à ces deux entreprises. Le
nateur et entreprises dans l'autre. texte intégral du décret figure en annexe 1.
L'arrêté du 19 mars 1993 fixe une liste de travaux
dangereux pour lesquels, quel que soit le volume
horaire de travaux concerné, l'élaboration d'un
plan de prévention écrit est obligatoire. On trouve-
ra le texte de cet arrêté en annexe 2.
Parmi ces travaux figurent en particulier :
"les travaux exposant à des substances et prépa-
rations explosives, comburantes, extrêmement
inflammables, facilement inflammables, très
toxiques, toxiques, nocives, cancérogènes, muta-
gènes, toxiques vis-à-vis de la reproduction, au
Stockage aérien de fûts contenant sens de l'article R. 231-51 du code du travail".
des déchets divers (Ademe).

10
Bases réglementaires générales

Dans le cas précis des réhabilitations de sites - la définition des phases d'activité dangereuses
industriels pollués, la présence de produits appar- et des moyens de prévention spécifiques corres-
tenant à au moins une de ces catégories étant pondants ;
probable, un plan de prévention devrait être établi
- l'adaptation des matériels, installations et dispo-
en commun par l'entreprise utilisatrice et chaque
sitifs à la nature des opérations à effectuer ainsi
entreprise extérieure pour tous les chantiers (à
que la définition de leurs conditions d'entretien ;
moins que les investigations préliminaires à la
réalisation du chantier n'aient prouvé formelle- - les instructions à donner aux salariés ;
ment l'absence totale de tels produits). D'autres
travaux réalisés de façon courante au cours des - l'organisation mise en place pour assurer les
réhabilitations de sites, tels que ceux exposant à premiers secours en cas d'urgence et la descrip-
un risque d'ensevelissement, les travaux exposant tion du dispositif mis en place à cet effet par l'en-
à des risques de chute de hauteur de plus de 3 treprise utilisatrice ;
mètres ou les travaux de démolition, figurent éga-
- les conditions de la participation des salariés
lement dans cette liste de travaux dangereux.
d'une entreprise aux travaux réalisés par une
Les mesures prévues par le plan de préven-
tion comportent au moins des dispositions
autre en vue d'assurer la coordination nécessaire
au maintien de la sécurité et, notamment, de l'or-
2
dans les domaines suivants : ganisation du commandement.

11
Bases réglementaires générales

Décret du 20 février 1992


JO 22 février 1992, rectif. 21 mars 1992
nouveaux articles R. 237-1 à R. 237-28 du code du travail
Travaux effectués dans un établissement par une entreprise extérieure
Synthèse des principales dispositions du décret

Dispositions applicables Dispositions communes Dispositions applicables


par l'entreprise utilisatrice aux entreprises par l'entreprise extérieure
utilisatrices et extérieures (= entreprise intervenante)

Obligations générales

Coordination générale - Le chef de l'entreprise


des mesures utilisatrice assure la coor-
de prévention dination générale des
mesures de prévention
(art. R. 237-2, al. 1).

Responsabilité - Chaque chef d'entreprise


de l'application est responsable de l'appli-
des mesures de cation des mesures de
prévention prévention nécessaires à
la protection de son per-
sonnel (art. R. 237-2, al. 1).

Alerte en cas - Obligation pour le chef


de danger grave de l'entreprise utilisatrice
d'alerter le chef de l'entre-
prise extérieure lorsqu'il
est informé d'un danger
grave concernant l'un des
salariés de cette entrepri-
se (art. R. 237-2, al. 3).

Informations à fournir - Informations prévues à l'ar- - Avant le début des tra-


aux autorités ticle R. 237-4, al. 1, tenues à vaux, transmission par
compétentes la disposition de l'inspecteur écrit à l'entreprise utilisa-
du travail, des agents de la trice de certaines informa-
CRAM ou de la MSA, des tions relatives notamment
médecins du travail compé- à l'importance des travaux,
tents, du CHSCT compétent et à l'éventuelle sous-trai-
et le cas échéant, des tance de certains travaux
agents de l'OPPBTP (art. R. (art. R. 237-4, al. 1).
237-4, al. 2).

- Fourniture à la demande
de l'inspecteur du travail
de l'état des heures réel-
lement passées par les
salariés à l'exécution de
l'opération (art. R. 237-4,
al. 3).
Délégation - Conditions de validité de
de pouvoirs la délégation de pouvoirs
autorité, compétence,
moyens (art. R. 237-3).

12
Bases réglementaires générales

Mesures de prévention préalables à l’exécution des travaux

Inspection commune - Inspection commune


préalable préalable des lieux de tra-
vail, des installations et
des matériels éventuels
mis à disposition des
entreprises extérieures
(art. R. 237-6, al. 1).

- Au cours de l’inspection - Communication mutuel-


commune : délimitation le de toutes les informa-
du secteur d’intervention, tions nécessaires à la
matérialisation des zones prévention (art. R. 237-6,
de danger, indication des dernier alinéa).
voies de circulation, des
voies d’accès aux instal-
lations, communication
des consignes de sécuri-
té (art. R. 237-6, al. 2et 3).

Analyse des risques - Analyse des risques pou- 2


vant résulter de l’interfé-
rence entre les activités,
les installations et les
matériels (art. R. 237-7,
al. 1).

Plan de prévention - En cas de risques dus à


l’interférence, élaboration
d’un plan de prévention
définissant les mesures à
prendre par chaque entre-
prise en vue de prévenir
ces risques (art. R. 237-7).
- Formalités relatives aux
salariés susceptibles de
relever de la surveillance
médicale particulière (art.
R. 237-7, al. 3).

Plan de prévention écrit - Plan de prévention écrit :

- si l’opération représente
un nombre total d’heures
de travail prévisible supé-
rieur ou égal à 400
heures sur une période
égale au plus à 12 mois
(art. R. 237-8, al. 1).

Arrêté du 19 mars 1993 - quelle que soit la durée


(voir en annexe 2) prévisible de l’opération,
lorsque ces travaux figu-
rent sur la liste des tra-
vaux dangereux (art. R.
237-8, al. 2).

- Dans les cas visés à


l’art. R. 237-8, plan de
prévention tenu à la dis-
position de l’inspecteur
du travail, des agents de
la CRAM ou de la MSA,
de l’OPPBTP (art. R. 237-
9), des médecins du tra-
vail (art. R. 237-17) et des
membres des CHSCT
(art. R. 237-22).
13
Bases réglementaires générales

- Si travaux d’une durée


supérieure ou égale à
400 heures ou si réalisa-
tion de travaux dange-
reux, information par écrit
de l’inspection du travail
de l’ouverture des travaux
(art. R. 237-9).

Travailleur isolé - Mesures de prévention


pour les travailleurs isolés
(art. R. 237-10, al. 1).

Information des salariés - Information des salariés


sur les risques et
mesures de prévention
(art. R. 237-11).

Mesures de prévention pendant l’exécution des travaux

Mise en œuvre d’un plan - Plan de prévention écrit


de prévention si en cours d’exécution il
apparaît que l’opération
représente 400 heures de
travail (art. R. 237-8, al. 1).

- Reprise des mesures de


prévention préalables en
cas de recours à de nou-
veaux sous-traitants pen-
dant les travaux (art.
R. 237-5, al. 2).

- Pendant l’exécution des


opérations : mise en œuvre
des mesures prévues par
le plan de prévention (art.
R. 237-12, al. 1).

Inspections et réunions - Organisation d’inspec- - Les entreprises non


périodiques tions et de réunions pério- conviées aux réunions et
diques afin de veiller à aux inspections peuvent
l’exécution des mesures demander à y participer
décidées et de coordon- (art. R. 237-12, al. 4 et R.
ner les nouvelles mesu- 237-13).
res adoptées lors du
déroulement des travaux. En l’absence de réunions
Information pour les chefs ou inspections pério-
d’entreprises concernées diques, les chefs des
de la date de ces réu- entreprises extérieures
nions ou inspections (art. peuvent en demander
R. 237-12, al. 1 à 3). l’organisation (art. R. 237-
12, al. 1 à 3).

- Si la durée totale de l’en-


semble des opérations
excède 90 000 heures
pour les 12 mois à venir,
la périodicité minimale
des inspections et
réunions est de 3 mois
(art. R. 237-13).

14
Bases réglementaires générales

Mise à jour du plan - Mise à jour du plan de


de prévention prévention compte tenu
des nouvelles mesures de
coordination (art. R. 237-
12).
- Information de l’entreprise
utilisatrice de l’arrivée de
nouveaux salariés en cours
d’opération. Infor-mation
de ces salariés sur les
risques encourus (art. R.
237-14).

Formation et -Veiller à ce que les entre-


information prises donnent à leurs
des salariés salariés les instructions
appropriées aux risques
liés à l’interférence (art.
R. 237-15).

Locaux et installations à l’usage des salariés des entreprises extérieures


2
Installations sanitaires, - Mise à disposition des - Répartition des charges
vestiaires, locaux entreprises extérieures d’entretien de ces installa-
de restauration d’installations sanitaires, tions (art. R. 237-16, der-
vestiaires, locaux de res- nier alinéa).
tauration sauf dispositif
équivalent mis en place
par ces entreprises (art.
R. 237-16, al. 1 et 2).

Médecine du travail - Surveillance médicale des salariés

Collaboration entre - A la demande du méde- - À la demande du médecin


médecins du travail cin de l’entreprise exté- de l’entreprise utilisatrice,
rieure, fourniture d’infor- communication de certains
mations sur les risques éléments du dossier médical
particuliers des opéra- (art. R. 237-18, al. 1).
tions en cause pour la
santté des salariés (art.
R. 237-16, al. 2).

Examens médicaux - Réalisation des exa- - Possibilité d’un accord


mens complémentaires prévoyant la réalisation
rendus nécessaires par la de l’examen médical
nature et la durée des tra- annuel par le médecin du
vaux effectués. Commu- travail de l’entreprise utili-
nication des résultats au satrice. Communication
médecin de l’entreprise des résultats au médecin
extérieure (art. R. 237-19). de l’entreprise extérieure
(art. R. 237-20).

Accès aux postes - Accord intervenant entre


de travail les entreprises concer-
nées après avis des
médecins sur les condi-
tions d’accès du médecin
de l’entreprise extérieure
aux postes occupés par
les salariés de l’entreprise
extérieure (art. R. 237-21).

15
Bases réglementaires générales

Affichage - Affichage du nom du


médecin et du lieu où se
trouve l’infirmerie (art. R.
237-25).

Rôle des CHSCT

Information du CHSCT. - Possibilité pour le - Information dans cer- - Possibilité pour les
Participation à l’inspection CHSCT de participer à tains délais des CHSCT CHSCT de participer à
préalable l’inspection préalable (art. sur les dates d’inspection l’inspection préalable (art.
R. 237-23, al. 1). préalable ou de réunions R. 237-23, al. 2 et R. 237-
ou inspections pério- 28, al. 1 et 3).
diques de coordination
(art. R. 237-22, al. 1 et 2).

- Information du CHSCT
de toute situation d’ur-
gence et de gravité (art.
R. 237-22, al. 3).

- Dans les cas visés à l’ar-


ticle R. 237-8, le plan de
prévention est tenu à la
disposition des CHSCT
et leur est communiqué
sur leur demande (art.
R. 237-22, al. 4).

- Communication de
toutes les informations
nécessaires à l’exercice
de leur mission (art.
R. 237-22, al. 4).

Réunions et - Initiative du CHSCT en - Avis sur les mesures de - Initiative du CHSCT en


inspections matière d’organisation prévention (art. R. 237- matière d’organisation
périodiques des réunions et inspec- 28, al. 2, R. 237-26, al. 2 des réunions et inspec-
tions périodiques (art. R. et R. 237-23, dernier ali- tions périodiques (art. R.
237-24, al. 1). néa). 237-24, al. 2).

- Participation du CHSCT - Participation du CHSCT


aux réunions et inspec- aux réunions et inspec-
tions périodiques (art. R. tions périodiques (art. R.
237-26, al. 1). 237-28).

Affichage - Noms et lieux de travail


des membres du CHSCT
des entreprises exté-
rieures et utilisatrices (art.
R. 237-25).

Inspections. - Réalisation des inspec-


Enquêtes en matière tions et enquêtes en
d’accidents du travail matière d’accidents du
et de maladie travail ou de maladies
professionnelle professionnelles ou à
caractère professionnel
(art. R. 237-27).

16
Bases réglementaires générales

2.3. La loi n° 93-1418 du 31 décembre Dans le cadre de la mission de coordination, la


1993 et le décret n° 94-1159 réglementation prévoit l'élaboration par le coor-
du 26 décembre 1994 donnateur d'un plan général de coordination en
relatifs à l'intégration de la sécurité matière de sécurité et de protection de la santé
et à l'organisation de la coordination (PGCSPS) pour les chantiers :
en matière de sécurité et de protection - dont l'effectif prévisible est supérieur à vingt tra-
de la santé lors des opérations vailleurs à un moment quelconque et dont la
de bâtiment ou de génie civil durée dépasse trente jours ouvrés ;

La réglementation concernant les chantiers tem- - ou dont le volume prévu des travaux est supé-
poraires et mobiles s'applique pour les réhabilita- rieur à 500 hommes - jours ;
tions de sites industriels pollués qui peuvent être - ou dont l'exécution nécessite la réalisation d'un
considérées comme des chantiers "clos et indé- ou plusieurs travaux figurant sur une liste de tra-
pendants". A ce titre, le maître d'ouvrage, le vaux comportant des risques particuliers.
maître d'œuvre, et le coordonnateur (qui doit être
désigné par le maître d'ouvrage sur les chantiers
où sont appelés à intervenir plusieurs travailleurs Le PGCSPS est rédigé dès la phase de concep- 2
indépendants ou entreprises simultanément ou tion, d'étude et d'élaboration du projet et tenu à
successivement) sont tenus d'appliquer les prin- jour pendant toute la durée des travaux. La mis-
cipes généraux de prévention suivants : sion de coordination étant instituée aux fins
de prévenir les risques résultant des interven-
- éviter les risques ;
tions simultanées ou successives des entre-
- évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; prises ne peut pas faire l'économie d'une ana-
lyse préalable des risques liés aux conditions
- combattre les risques à la source ;
particulières de déroulement du chantier.
- tenir compte de l'état d'évolution de la technique ; Cette analyse préalable des risques peut
- remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est d'ailleurs nécessiter que le maître d'ouvrage et
pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ; le coordonnateur fassent appel à des bureaux
d'études spécialisés (diagnostic solidité, dia-
- planifier la prévention en y intégrant, dans un gnostic amiante, etc.) pour les aider dans leur
ensemble cohérent, la technique, l'organisation du démarche. La remise du PGCSPS parmi les
travail, les conditions de travail, les relations documents fournis aux entreprises envisageant
sociales et l'influence des facteurs ambiants ; de contracter leur permettra de disposer de ren-
- prendre des mesures de protection collective en seignements indispensables à l'élaboration de
leur donnant la priorité sur les mesures de protec- leurs plans particuliers de sécurité et de protec-
tion individuelle. tion de la santé (PPSPS) qui devront être adres-
sés au coordinateur qui les inclura en les harmo-
nisant dans le PGCSPS.
Outre ces principes, les entreprises intervenant
sur les chantiers doivent également appliquer les
deux principes suivants : La liste des travaux particuliers entraînant
l'établissement d'un PGCSPS n'a pas encore
- adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui
été publiée. L'ADEME et l'INRS considèrent
concerne la conception des postes de travail ainsi
que le risque chimique inhérent à la réhabilita-
que le choix des équipements de travail et des
tion des sites industriels pollués doit faire
méthodes de travail et de production, en vue notam-
l'objet d'une analyse préalable qui justifie plei-
ment de limiter le travail monotone et le travail caden-
nement l'établissement d'un PGCSPS, pour
cé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ;
lequel le coordonnateur doit bénéficier du
- donner des instructions appropriées aux tra- concours du maître d'ouvrage. L’analyse des
vailleurs. risques conduite dans le cadre du PGCSPS sera

17
Bases réglementaires générales

également utile aux entreprises contractantes 2.3.1. Déclaration d'ouverture de chantier


pour la rédaction de leurs PPSPS respectifs. Bien
que les décrets du 20 février 1992 et du 26
• Champ d'application
décembre 1994 aient chacun leurs spécificités et
qu'il ne soit évidemment pas possible de transpo- Elle est obligatoire pour les chantiers occupant dix
ser les dispositions de l'un à l'autre, on notera personnes au moins pendant plus d'une semaine.
quand même qu'un plan de prévention (dispositif
analogue au PGCSPS) doit être élaboré dans le • Contenu
cadre du décret du 20 février 1992 quand des
travaux impliquant des composés chimiques Elle est établie par chaque entreprise concernée
(toxiques, nocifs, etc.) sont entrepris. sur le formulaire n° S.6206 et comporte notamment
l'adresse du chantier, la nature des travaux, la date
probable de commencement des travaux, leur
Outre la déclaration d'ouverture de chantier durée, une liste des risques exceptionnels ou parti-
(2.3.1.) rendue obligatoire par le code du travail culiers, l'effectif maximum concerné, et les nom et
(article R. 620-4), l'application du décret du 26 qualité de la personne en charge de la sécurité.
décembre 1994 se traduit par un certain nombre
de dispositions réglementaires dont les caracté- • Destinataires et délai de remise
ristiques sont décrites dans les chapitres 2.3.2. à
2.3.7 : La déclaration d'ouverture du chantier est faite en
trois exemplaires communiqués par les chefs
- déclaration préalable ; d'établissements :
- registre-journal de la coordination ; - à l'inspecteur du travail ;
- plan général de coordination en matière de sécu- - au comité régional de l'OPPBTP ;
rité et de protection de la santé (PGCSPS) ;
- à la CRAM huit jours avant l'ouverture.
- plan particulier de sécurité et de protection de la
santé (PPSPS) ; Les chefs d'établissement doivent tenir à la dispo-
sition de l'inspecteur du travail, au siège de leur
- dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage ; établissement, une liste de leurs chantiers et
- collège interentreprises de sécurité, de santé et autres lieux de travail à caractère temporaire.
des conditions de travail (CISSCT).
Les obligations des différents intervenants (maître
d'ouvrage, maître d'œuvre, coordonnateur, entre-
prises) sont résumées dans les tableaux figurant
de l'annexe 3 à l'annexe 6.
Remarque : L'article L. 235-8 prévoit qu'en
cas de travaux d'extrême urgence dont
l'exécution immédiate est nécessaire pour
prévenir des accidents graves et imminents
ou organiser des mesures de sauvetage,
plusieurs dispositions ne s'appliquent pas :
- la déclaration préalable ;
- le PGCSPS ;
- le(s) PPSPS.

18
Bases réglementaires générales

2.3.2. Déclaration préalable

• Champ d'application
Effectuée par le maître d'ouvrage, la déclaration
préalable est obligatoire pour les opérations de
bâtiment ou de génie civil pour lesquelles :
- l'effectif prévisible des travailleurs doit dépasser
vingt travailleurs à un moment quelconque des
travaux et dont la durée doit dépasser trente jours
ouvrés ;
- et celles dont le volume prévu des travaux doit
être supérieur à 500 hommes-jours ;
sauf dans les cas de travaux d'extrême urgence
dont l'exécution immédiate est nécessaire pour
prévenir des accidents graves et imminents ou 2
organiser des mesures de sauvetage.

• Contenu
Il a été fixé par l'arrêté du 7 mars 1995 et com-
prend :
1/ date de communication ;
2/ adresse précise du chantier ;
3/ nom et adresse du maître d'ouvrage ;
4/ nature de l'ouvrage ;
5/ nom(s) et adresse(s) du (des) maître(s)
d'œuvre ;
6/ nom(s) et adresse(s) du (des) coordonnateur(s)
de sécurité et de santé ;
7/ date présumée du début des travaux ;
8/ délai prévisionnel d'exécution des travaux ;
9/ nom(s) et adresse(s) du (des) titulaire(s) du
(des) marché(s) ou contrat(s) déjà désigné(s) ;
Fouille ouverte pour la résorption
d’un dépôt à risques (Socotec). 10/ nom(s) et adresse(s) du (des) sous-traitant(s)
pressenti(s) ;
11/ effectif prévisionnel des travailleurs appelés à
intervenir sur le chantier ;
12/ nombre d'entreprises présumées appelées à
intervenir sur le chantier.
Le coordonnateur tient à jour dans le PGCSPS les
informations requises aux rubriques 6 et 9 à 12.

19
Bases réglementaires générales

• Destinataires et délai de remise 2.3.3. Registre-journal de la coordination


Le texte de la déclaration doit être affiché sur le
chantier. • Champ d'application
Elle doit être adressée : Il est ouvert par le coordonnateur sur tout chantier
mettant en présence au moins deux travailleurs
- à l'inspecteur du travail ;
indépendants ou entreprises, entreprises sous-
- à la CRAM ; traitantes incluses.
- à l'OPPBTP ;
et ce, • Contenu

- à la date de dépôt de la demande du permis de Le coordonnateur y consigne :


construire ; - les comptes rendus des inspections communes,
- ou, pour les opérations non soumises à cette les consignes à transmettre et les observations
obligation, au moins trente jours avant le début particulières précisées lors de l'inspection com-
effectif des travaux. mune préalable aux travaux qu'il fait viser par les
entreprises concernées,
Remarque : Pour les opérations de bâtiment
ou de génie civil entreprises par les com- - les observations ou notifications qu'il peut juger
munes ou groupements de communes de nécessaire de faire au maître d'ouvrage, au
moins de 5000 habitants, le maître d'œuvre maître d'œuvre ou à tout autre intervenant sur le
peut se voir confier l'application de ces chantier qu'il fait viser dans chaque cas par le ou
règles sur délégation du maître d'ouvrage. les intéressés avec leur réponse éventuelle ;
- dès qu'il en a connaissance, les noms et adresses
des entrepreneurs contractants et sous-traitants,
ainsi que la date approximative d'intervention de
chacun d'eux sur le chantier, et par entreprise, l'ef-
fectif prévisible des travailleurs affectés au chantier
et la durée prévue des travaux. Cette liste est, si
nécessaire, précisée au moment de l'intervention
sur le chantier et tenue à jour ;
- le procès-verbal de passation de consignes avec
le coordonnateur appelé à lui succéder.

• Consultation et conservation
Le coordonnateur présente le registre-journal sur
leur demande :
- au maître d'œuvre ;
- à l'inspecteur du travail ;
- à la CRAM ;
- à l'OPPBTP ;
- aux membres du collège interentreprises de
sécurité, de santé et des conditions du travail s'il
est constitué.
Il est conservé par le coordonnateur pendant une
durée de cinq années à compter de la date de
réception de l'ouvrage.

20
Bases réglementaires générales

2.3.4. Plan général de coordination tation du recours aux manutentions manuelles ;


en matière de sécurité et de protection ~ la délimitation et l'aménagement des zones de
de la santé (PGCSPS) stockage et d'entreposage des différents maté-
riaux, en particulier s'il s'agit de matières ou de
• Champ d'application substances dangereuses ;

Le maître d'ouvrage fait établir par le coordonna- ~ les conditions de stockage, d'élimination ou
teur un plan général de coordination en matière d'évacuation des déchets et des décombres ;
de sécurité et de protection de la santé pour les
~ les conditions d'enlèvement des matériaux
chantiers nécessitant l'intervention de plusieurs
dangereux utilisés ;
entreprises :
~ l'utilisation des protections collectives, des
- soumis à déclaration préalable ;
accès provisoires et de l'installation électrique
- ou nécessitant l'exécution d'un ou plusieurs tra- générale ;
vaux inscrits sur la liste (non encore publiée) de
~ les mesures prises en matière d'interactions
travaux comportant des risques particuliers ;
sauf dans les cas de travaux d'extrême urgence
sur le site ;
2
- les sujétions découlant des interférences avec
dont l'exécution immédiate est nécessaire pour
des activités d'exploitation sur le site à l'intérieur
prévenir des accidents graves et imminents ou
ou à proximité duquel est implanté le chantier ;
organiser des mesures de sauvetage.
- les mesures générales prises pour assurer le
maintien du chantier en bon ordre et en état de
• Forme et contenu
salubrité satisfaisant, notamment :
Le PGC est un outil essentiel de prévention : il
~ pour les opérations de génie civil, les disposi-
doit obligatoirement inclure une analyse préa-
tions prises par le maître d'ouvrage pour établir
lable des risques au titre des principes géné-
des conditions telles que les locaux destinés au
raux de prévention (éviter les risques, évaluer
personnel du chantier soient conformes aux
les risques inévitables, etc.) que doivent appli-
prescriptions qui leur sont applicables en matière
quer le maître d'ouvrage et le coordonnateur
de sécurité, de santé et de conditions de travail ;
(notamment à partir des outils proposés au
chapitre 3 et à l'annexe 10 de cet ouvrage). ~ pour les opérations de construction de bâtiment,
les mesures arrêtées par le maître d'ouvrage pour
Le PGC comprend notamment :
réaliser les VRD sur des opérations de bâtiment
- les renseignements d'ordre administratif intéres- excédant un montant de 5 000 000 F ;
sant le chantier et notamment ceux complétant la
- les renseignements pratiques propres au lieu de
déclaration préalable ;
l'opération concernant les secours et l'évacuation
- les mesures d'organisation générale du chantier des personnels ainsi que les mesures communes
arrêtées par le maître d'œuvre en concertation d'organisation prises en la matière ;
avec le coordonnateur ;
- les modalités de coopération entre les entrepre-
- les mesures de coordination prises par le coor- neurs, employeurs ou travailleurs indépendants ;
donnateur en matière de sécurité et de santé et les
- le rappel de la mission du collège interentre-
sujétions qui en découlent, concernant notamment :
prises de sécurité, de santé et des conditions de
~ les voies ou zones de déplacement ou de cir- travail dans le cas où il serait constitué.
culation horizontales ou verticales ;
Le PGC sera complété et adapté en fonction de
~ les conditions de manutention des différents l'évolution du chantier et de la durée effective à
matériaux et matériels, en particulier pour ce qui consacrer aux différents types de travaux ou
concerne l'interférence des appareils de levage phases de travail. Il intègre notamment les PPSPS
sur le chantier ou à proximité, ainsi que la limi- (en les harmonisant et au fur et à mesure de leur

21
Bases réglementaires générales

élaboration) et les plans de prévention s'ils sont 2.3.5. Plan particulier de sécurité
requis. Le coordonnateur veille à son application. et de protection de la santé (PPSPS)

• Destinataires et délai de remise • Champ d'application


Le maître d'ouvrage, ou l'entrepreneur principal Doit établir un PPSPS :
en cas de sous-traitance, mentionne dans les
- toute entreprise, y compris les entreprises sous-
documents remis aux entreprises que le chantier
traitantes, appelée à intervenir à un moment quel-
sur lequel ils travailleront en cas de conclusion
conque des travaux sur un chantier soumis à
d'un contrat sera soumis à l'obligation de PGC.
l'obligation de PGC
Etabli dès la phase de conception, d'étude et
d'élaboration du projet, il est joint aux documents et
remis par le maître d'ouvrage aux entrepreneurs - toute entreprise appelée à exécuter seule des
lors de l'appel d'offres. travaux d'une durée prévue supérieure à un an et
Les modifications apportées à ce PGC seront devant employer, à un moment quelconque des
communiquées aux entreprises. travaux, plus de cinquante salariés plus de dix
jours ouvrés consécutifs
Sur leur demande, le maître d'ouvrage doit
l'adresser dès la phase de consultation des entre- sauf dans le cas de travaux d'extrême urgence
prises : dont l'exécution immédiate est nécessaire pour
prévenir des accidents graves et imminents ou
- à l'inspecteur du travail ;
organiser des mesures de sauvetage.
- à la CRAM ;
- à l'OPPBTP.
• Contenu
Tenu sur le chantier, il est consultable par :
Il comporte quatre parties :
- le médecin du travail ;
1/ Renseignements généraux :
- les membres du CHSCT (ou, à défaut, les délé-
- nom et adresse de l'entrepreneur ;
gués du personnel pour les entreprises ne dispo-
sant pas de CHSCT) appelés à intervenir sur le - évolution prévisible de l'effectif sur le chantier ;
chantier ;
- nom et qualité de la personne chargée de diriger
- les membres du CISSCT ; l'exécution des travaux.
- l'inspecteur du travail ; 2/ Premiers secours :
- la CRAM ; - consignes à observer pour assurer les premiers
secours aux victimes d'accidents et aux malades ;
- l'OPPBTP.
- indication du nombre de travailleurs du chantier
qui ont reçu l'instruction nécessaire pour donner
• Tenue et conservation
les premiers secours en cas d'urgence ;
Tenu sur le chantier, il est conservé par le maître
- indication du matériel médical existant sur le
d'ouvrage pendant une durée de cinq ans à comp-
chantier ;
ter de la date de réception de l'ouvrage.
- mesures prises pour assurer, dans les moindres
Remarque : Pour les opérations de bâtiment
délais, le transport dans un établissement hospi-
ou de génie civil entreprises par les com-
talier de toute victime d'accident semblant présen-
munes ou groupements de communes de
ter des lésions graves.
moins de 5000 habitants, le maître d'œuvre
peut se voir confier l'application de ces Lorsque ces dispositions sont déjà définies dans le
règles sur délégation du maître d'ouvrage. PGC, une mention de renvoi à ce plan sera faite.

22
Bases réglementaires générales

3/ Hygiène des conditions de travail et des locaux Il précise les mesures prises pour assurer la conti-
destinés au personnel : nuité des solutions de protection collective lorsque
celles-ci requièrent une adaptation particulière.
- mesures prises pour assurer l'hygiène des
conditions de travail et celles des locaux destinés Lorsqu'il ressort du PGC et de l'analyse préalable
au personnel (en particulier, en application des des risques menée par l'entreprise que certaines
dispositions du décret n° 65-58 du 8 janvier 1965). des mesures du point 4 n'ont pas été prises du fait
de l'absence de risques, l'entrepreneur en fait
Pour chacune des installations prévues, il men-
mention dans ce plan.
tionne leur emplacement sur le chantier et leur
date de mise en service prévisible. Si une mesure de prévention prévue par le plan
n'a pas pu être appliquée, l'entrepreneur indique
4/ Prévention des risques professionnels :
sur le plan les moyens d'une efficacité au moins
- mesures spécifiques prises par l'entreprise desti- équivalente qui ont été mis en œuvre.
nées à prévenir les risques spécifiques découlant :
Cette substitution est portée à la connaissance :
~ de l'exécution par d'autres entreprises de tra-
vaux dangereux pouvant avoir une incidence par- - du coordonnateur ;
ticulière sur la sécurité et la santé des travailleurs - de la CRAM ;
2
de l'entreprise ou du travailleur indépendant ;
- de l'inspecteur du travail ;
~ des contraintes propres au chantier ou à son
- de l'OPPBTP ;
environnement, en particulier en matière de cir-
culation ou d'activités d'exploitation particulière- - du médecin du travail ;
ment dangereuses ;
- des membres du CHSCT.
- description des travaux et des processus de tra-
vail de l'entreprise pouvant présenter des risques
• Destinataires et délai de remise
pour la sécurité et la santé des autres interve-
nants sur le chantier ; Le PPSPS est adressé avant le début des travaux :

- dispositions à prendre pour prévenir les risques - au coordonnateur par chacune des entreprises y
pour la sécurité et la santé que peuvent encourir compris les entreprises sous-traitantes amenées
les salariés de l'entreprise lors de l'exécution de à intervenir à un moment quelconque des travaux
ses propres travaux. sur un chantier soumis au PGC ;

Pour l'application des dispositions du point 4, le - au maître d'ouvrage par toute entreprise appelée
PPSPS : à exécuter seule des travaux d'une durée supé-
rieure à un an et amenée à employer à un moment
- analyse de manière détaillée les procédés de
quelconque des travaux plus de cinquante salariés
construction et d'exécution ainsi que les modes
pendant plus de dix jours ouvrés consécutifs ;
opératoires retenus dès lors qu'ils ont une inci-
dence particulière sur la santé et la sécurité des - à l'inspecteur du travail, à la CRAM et à
travailleurs occupés sur le chantier ; l'OPPBTP par l'entrepreneur chargé du gros
œuvre ou du lot principal et par celui appelé à
- définit les risques prévisibles liés aux modes
exécuter des travaux présentant des risques par-
opératoires, aux matériels, dispositifs et installa-
ticuliers, accompagné des avis du médecin du tra-
tions mis en œuvre, à l'utilisation de substances
vail et des CHSCT s'il y a lieu.
ou préparations, aux déplacements du personnel,
à l'organisation du chantier. Pour établir ce plan, l'entreprise doit disposer de
trente jours à compter de la réception du contrat
Il indique les mesures de protection collective ou,
signé par le maître d'ouvrage (ou par l'entreprise
à défaut, individuelle, adoptées pour parer à ces
pour les sous-traitants).
risques, ainsi que les conditions dans lesquelles
sont contrôlés l'application de ces mesures et l'en- Le délai peut être ramené à huit jours pour les
tretien des moyens matériels qui s'y rattachent. sous-traitants pour les travaux de second œuvre

23
Bases réglementaires générales

(travaux de bâtiment) ou pour les lots ou travaux 2.3.6. Dossier d'intervention


accessoires dans le cas de travaux de génie civil. ultérieure sur l'ouvrage
L'entreprise doit fournir un exemplaire du PGC à
son ou ses sous-traitant(s) qui tien(nen)t compte • Forme et contenu
de ces informations pour établir son (leur) PPSPS. Au fur et à mesure du déroulement des phases de
De plus, dès la conclusion du contrat, le coordon- conception, d'étude et d'élaboration du projet,
nateur transmet : puis de la réalisation de l'ouvrage, le maître d'ou-
vrage fait établir et compléter par le coordonna-
- le nom, l'adresse des entreprises contractantes teur, qui en a la responsabilité, ce dossier qui ras-
à chacune des entreprises appelées à intervenir
semble toutes les données de nature à faciliter la
sur un chantier soumis à l'obligation d'un PGC ;
prévention des risques professionnels lors d'inter-
- les PPSPS des autres entreprises à celles qui en ventions ultérieures (plans, notes techniques...).
font la demande ;
Il comporte notamment le dossier de maintenan-
- les PPSPS des entreprises chargées du gros ce des lieux de travail et des autres ouvrages.
œuvre ou du lot principal et de celles ayant à exé-
cuter des travaux présentant des risques particu-
• Destinataires et délai de remise
liers aux autres entrepreneurs dans le cas d'opé-
rations de construction de bâtiment. Il est transmis au coordonnateur chargé de la
phase de réalisation des travaux lorsque celui-ci
Le PPSPS peut être consulté pour avis, avant
est différent du coordonnateur de la phase de
toute intervention sur le chantier, par le médecin
conception.
du travail et par les membres des CHSCT (ou, le
cas échéant, par les délégués du personnel). Le dossier mis à jour est aussi remis au maître
d'ouvrage par le coordonnateur en fonction, lors
Un exemplaire à jour du PPSPS avec les avis du
de la réception de l'ouvrage. Il est joint aux actes
médecin du travail et des membres du CHSCT
notariés établis à chaque mutation de l'ouvrage.
peut être consulté sur le chantier par :
Ces transmissions font l'objet de procès verbaux
- les membres du CISSCT ;
joints au dossier.
- le CHSCT (ou les délégués du personnel) ;
Lors de toute nouvelle opération pour laquelle un
- le médecin du travail ; coordonnateur est requis, un exemplaire du dos-
- la CRAM ; sier mis à jour est remis au coordonnateur dési-
gné qui apportera au dossier les modifications et
- l'OPPBTP.
compléments éventuels découlant des nouveaux
L'entrepreneur le tient constamment à la disposi- travaux.
tion de l'inspecteur du travail.

Remarque : Pour les opérations de bâtiment


• Tenue et conservation
ou de génie civil entreprises par les com-
Le PPSPS tenu sur le chantier est conservé cinq munes ou groupements de communes de
ans par chaque entreprise à compter de la récep- moins de 5000 habitants, le maître d'œuvre
tion de l'ouvrage. peut se voir confier l'application de ces
Remarque : Pour les opérations de bâtiment règles sur délégation du maître d'ouvrage.
ou de génie civil entreprises par les com-
munes ou groupements de communes de
moins de 5000 habitants, le maître d'œuvre
peut se voir confier l'application de ces
règles sur délégation du maître d'ouvrage.

24
Bases réglementaires générales

2.3.7. Collège interentreprises 2.4. Les restrictions à l'emploi


de sécurité, de santé de certaines catégories de salariés
et des conditions de travail (CISSCT)
L'arrêté du 8 octobre 1990 modifié par l'arrêté du
• Champ d'application 4 avril 1996 fixe une liste de travaux pour lesquels
il ne peut pas être fait appel aux salariés sous
Le maître d'ouvrage doit constituer un collège contrat de travail à durée déterminée ou aux sala-
interentreprises de sécurité, de santé et des riés des entreprises de travail temporaire. Cette
conditions de travail (CISSCT) lorsque : liste figure en annexe 7. Compte tenu de la gran-
- le chantier doit dépasser un volume de 10 000 de diversité des substances présentes sur
hommes-jours ; cette liste, et en particulier du fait que l'amian-
te y figure, l'entreprise qui souhaitera avoir
et
recours à ce type de main d'œuvre devra inté-
le nombre d'entreprises, travailleurs indépendants grer le fait que l'évolution quelquefois imprévi-
et entreprises sous-traitantes inclus, est supérieur : sible du chantier est susceptible de la mettre à
tout moment en contradiction avec la régle-
- à dix s'il s'agit d'une opération de bâtiment ;
mentation. Cela vaut particulièrement pour les 2
- à cinq s'il s'agit d'une opération de génie civil. réhabilitations de dépôts à risques où il est vrai-
Les conditions nécessaires à la constitution d'un semblable que parmi tous les déchets entreposés
CISSCT rendent sa création peu probable sur un au cours du temps figure de l'amiante. Cependant,
chantier de réhabilitation de sites industriels pol- compte tenu de la très large utilisation de ce pro-
lués. Le lecteur intéressé pourra se reporter au duit au cours des dernières dizaines d'années, sa
texte original du décret du 26 décembre 1994 ou présence peut être suspectée sur l'ensemble des
aux annexes 3 à 6. chantiers de réhabilitation.
L'employeur peut demander une dérogation à
cette disposition de restriction d'emploi de ces
catégories de salariés auprès du Directeur dépar-
temental du travail et de l'emploi. Ce dernier pour-
ra l'accorder si des mesures de prévention parti-
culières, notamment une formation appropriée à
la sécurité, assurent une protection efficace
contre les risques dus à ces travaux.

25
Bases réglementaires générales

2.5. La surveillance médicale, de la visite d'embauche, de la visite annuelle ou


le rôle du médecin du travail lors de la reprise du travail (article R. 241-49).
- Il assure la surveillance particulière de certaines
La prévention médicale est un élément important catégories de professionnels (les salariés handi-
du dispositif général de prévention des risques pro- capés, ceux âgés de moins de 18 ans, les tra-
fessionnels. Toutefois du fait des particularités des vailleurs ayant changé d'activité depuis moins de
conditions de travail et d'exposition sur les chan- 18 mois, les salariés venant de migrer, les
tiers de réhabilitation de sites industriels pollués, femmes enceintes, les mères d'un enfant de
elle ne peut permettre à elle seule d'éviter des pro- moins de deux ans, les travailleurs intérimaires,
blèmes de santé pour les salariés. L'élément les travailleurs vieillissants).
essentiel est la définition correcte et le respect des
- Il inclut également la surveillance médicale
mesures de prévention organisationnelle, collective
spéciale pour les salariés (dont les travailleurs
et individuelle. Parmi les actions qu'il doit mener, le
intérimaires) exposés de façon habituelle à des
médecin du travail devra participer à la mise en
travaux comportant des exigences ou des risques
place de ces mesures techniques préventives.
spéciaux dont la liste figure dans l'arrêté du 11
Par ailleurs plusieurs aspects de sa mission peu- juillet 1977 reproduit en annexe 8. Une circulaire
vent être précisés : du ministère du Travail du 29 avril 1980 précise ce
- action sur le milieu de travail ; qu'il faut entendre par de "façon habituelle". Si
cette expression doit être interprétée en termes
- examen médical des salariés : le médecin doit
de "durée et de répétition suffisamment rappro-
s'assurer de l'aptitude médicale de chaque salarié
chées", il convient également de tenir compte de
et mener des actions sur les lieux de travail (amé-
la nature et de la gravité du risque, ainsi que des
lioration des conditions de travail, adaptation des aptitudes physiques du sujet. Des dispositions
postes, protection des salariés, hygiène). réglementaires précisent pour certains risques la
conduite à tenir dans le cadre de la surveillance
• L'action sur le milieu de travail médicale des salariés exposés.

Il a libre accès aux lieux de travail (article R. 241- Sur les sites industriels pollués, la détermination de
41-2) et consacre le tiers de son temps à ce type l'exposition relève de la coopération étroite entre l'em-
d'intervention. Concrètement cela correspond : ployeur et le médecin du travail. Les dossiers médi-
caux ne sont conservés dans le service de médecine
- à l'élaboration d'un plan d'activité annuelle por-
du travail que cinq ans après le départ du salarié de
tant sur les risques, les postes et les conditions de
l'entreprise, sauf obligation réglementaire particulière
travail tenant compte de l'état et des besoins de
(notamment pour des cancérogènes avérés).
santé propres aux salariés d'une entreprise ;
Cette disposition de mise en surveillance spéciale
- à des visites de l'entreprise ;
permet au médecin du travail de disposer d'une
- à la réalisation et à la mise à jour d'une fiche heure par mois pour dix salariés concernés. Il est
entreprise (arrêté du 29 mai 1989) ; souhaitable, du fait des expositions poten-
- à l'étude de toute technique de production ; tielles multiples, que l'ensemble des salariés
de ce secteur soient inclus dans cette sur-
- à la formation des secouristes et des salariés à veillance médicale spéciale. Les examens médi-
la sécurité ; caux auront non seulement pour objectif de
- à des consultations lors de tout projet de rechercher l'absence de contre indication médica-
construction, d'aménagement ou de modifications le au poste occupé mais surtout l'absence de
apportées aux équipements. pathologie induite par le travail. Dans le cas parti-
culier où le port des équipements de protection
individuelle (EPI) sera requis, l’examen médical
• L'examen médical
servira également à apprécier que l'état de santé
- Il détermine l'aptitude au poste du salarié, lors du sujet lui permette de tolérer ce port.

26
Bases réglementaires générales

Il n'est pas possible d'envisager toutes les situa- de protéinurie à la bandelette) et hématolo-
tions mais il faut savoir que les effets liés au travail giques (numération formule sanguine et pla-
sur un site pollué peuvent essentiellement entraî- quettes). Ces éléments sont importants car ces
ner des aggravations de pathologies existantes ou trois organes sont les plus concernés par les
favoriser l'apparition de troubles non spécifiques. intoxications chimiques, le foie et le rein jouent
Un schéma peut ainsi être proposé pour les exa- par ailleurs un rôle fondamental dans la détoxi-
mens médicaux et complémentaires mais il ne fication et l'élimination des polluants.
saurait être absolu.

• Visites systématiques
• Visite d'embauche
La périodicité de ces visites et des examens com-
- Il est d'abord indispensable de réaliser une plémentaires est fonction de l'exposition et des
recherche des antécédents personnels et fami- facteurs individuels de santé. C'est le médecin du
liaux, médicaux et chirurgicaux. Il est particulière- travail qui en est le juge, après connaissance de
ment important de s'assurer de l'absence d'at- chaque poste de travail, à moins qu'une législa-
teintes hépatiques, rénales ou hématologiques tion ait fixé le rythme de cette surveillance.
évolutives ou ayant laissé des séquelles fonction-
Le contenu de ces visites doit être le même que
2
nelles. L'examen médical sera complet mais du
celui des visites d'embauche. Les effets cliniques
fait des risques prévisibles on recherchera princi-
à rechercher particulièrement sont :
palement :
- des symptômes respiratoires comme une dys-
~ des dermatoses évolutives (qui peuvent favo-
pnée, une respiration courte, des douleurs pulmo-
riser la pénétration des toxiques dans l'organis-
naires, une irritation bronchique, une toux ;
me ou gêner le port d'EPI) ;
- des symptômes généraux comme des cépha-
~ des atteintes pulmonaires qui pourraient s'ag-
lées, une asthénie ;
graver en cas d'exposition à certains polluants
(asthme, fibrose, bronchite chronique) ou gêner - des effets sur la reproduction et le développe-
le port de certains masques de protection respi- ment fœtal ;
ratoire (insuffisance respiratoire sévère) ;
- des symptômes cutanés comme des irritations,
- des atteintes cardiaques qui pourraient empê- des eczémas ;
cher de supporter la charge physique liée au
- des symptômes d'irritation des muqueuses (ocu-
travail et au port des EPI.
laires, des voies aériennes supérieures, digestives) ;
- Afin de disposer dans le dossier médical du
- des effets neuro-psychiques comme une irritabi-
maximum d'informations de base pour permettre
lité, une perte de mémoire, une insomnie, une
des comparaisons ultérieures, il pourra être utile
baisse de la libido ;
d'effectuer quelques examens complémentaires.
On peut suggérer : - des perturbations biologiques du métabolisme
hépatique et de la fonction rénale.
~ radiographie thoracique de face, explorations
fonctionnelles respiratoires du fait de l'exposi- En dehors de ces visites il faut rappeler l'impor-
tion potentielle à des poussières ou toxiques tance des examens médicaux qui sont successifs
pulmonaires ; à certains arrêts de travail pour maladie, accident
du travail ou maladie professionnelle. Le salarié
~ un électrocardiogramme du fait de la charge
doit être informé qu'il peut demander une consul-
physique ;
tation auprès du médecin du travail en cas de pro-
~ un bilan biologique : s'il est inutile de multiplier blème particulier.
les dosages biologiques, il est néanmoins
important de pratiquer un bilan hépatique (dosa-
ge des transaminases ASAT et ALAT, gamma • Surveillance spécifique
GT), rénal (créatinine, recherche d'hématurie et En dehors de ce cadre général, le plus souvent

27
Bases réglementaires générales

suffisant, il est parfois possible de détecter sur ristes du travail. Pour cela il devra définir avec les
certains chantiers un ou quelques polluants pré- formateurs la partie consacrée aux risques spéci-
sentant une toxicité bien particulière et connue. fiques de l'entreprise.
Dans ces cas une surveillance appropriée aux
effets connus de ces substances sera mise en
• Participation à la définition du contenu des
place : par exemple bilan hépatique, recherche
matériels de secours sur les chantiers
d'hématurie et cytologie urinaire en cas d'exposi-
tion à certaines amines aromatiques susceptibles Il doit également jouer le rôle de conseiller sur les
de provoquer une nécrose tubulaire rénale. dispositifs de premiers soins. Il est particulière-
ment important de vérifier que les salariés pour-
De même certaines substances peuvent être
ront bénéficier de moyens efficaces de lavage en
dosées dans les fluides biologiques. S'il n'est pas
cas de projection accidentelle de substances chi-
possible d'envisager une surveillance non dirigée
miques dans les yeux ou sur la peau. Du fait de la
de nombreux indicateurs biologiques d'exposition,
configuration de certains de ces chantiers il faudra
il est souhaitable de disposer d'un polluant de
prévoir des systèmes portables à eau ou à produit
"référence" dont on pourra surveiller l'évolution.
actif. La trousse de secours doit contenir les élé-
L'intérêt de cette démarche, lorsqu'elle peut être
ments nécessaires aux premiers soins de petites
employée, est que la valeur obtenue représente
blessures et brûlures ainsi que des éventuels trau-
une intégration des différentes voies de pénétra-
matismes. Dans certains cas il peut être important
tion des toxiques. Ceci s'adapte mieux à la sur-
de faire figurer dans cette trousse des traitements
veillance de ce type d'activité pour laquelle la sur-
spécifiques à certaines intoxications. Il s'agit sur-
veillance des atmosphères de travail est difficile
tout d'oxygène et d'hydroxocobalamine en cas de
(atmosphères à la pollution complexe).
possible intoxication par les cyanures. Du fait de
La liste et la valeur des indices biologiques d'expo- l'éloignement de certains chantiers des lieux de
sition sont développées dans le document BIOTOX. traitements l'hydroxocobalamine doit pouvoir être
fournie aux secours médicalisés qui n'en disposent
pas en général. Dans tous les cas l'introduction
Cas particuliers d'un moyen de traitement doit être accompagnée
d'une formation spécifique. A quoi servirait en effet
• Exposition à des agents cancérogènes de disposer d'une bouteille d'oxygène si personne
ne sait l'utiliser de façon appropriée !
Ces derniers peuvent entraîner des tumeurs qui
ne se manifesteront souvent que plusieurs
dizaines d'années après l'exposition. Aussi, la sur-
BIBLIOGRAPHIE
veillance médicale initiale n'est pas primordiale
contrairement à la prévention. Les salariés soumis Biotox. Inventaire des laboratoires effectuant
à de tels agents doivent par contre pouvoir béné- des dosages biologiques de toxiques industriels.
ficier d'une surveillance post-professionnelle telle INRS, ED 791.
que prévue par la loi du 5 juillet 1993 et l'arrêté du
28 février 1995. Pour ce faire le salarié doit dispo-
ser d'une attestation d'exposition que le médecin
du travail est chargé de renseigner quant à la
nature et au niveau de ces expositions.

• Participation à l'élaboration des plans de


secours sur les chantiers
Le médecin du travail est le conseiller du chef
d'entreprise en matière de premiers secours. Il
doit donc donner son avis sur le plan de secours
ainsi que sur le nombre et la formation des secou-

28
Bases réglementaires générales

2.6. Formation spécifique liée au poste 2.7. La réglementation amiante


de travail ou aux matériels utilisés
Compte tenu de sa très large utilisation tout au
Une formation spécifique doit être dispensée aux long du vingtième siècle sous des formes très
travailleurs potentiellement exposés à certains diverses (flocages, calorifuges, amiante-ciment,
produits chimiques, intervenant dans des environ- cartons, joints, etc.), la présence de l'amiante doit
nements particuliers ou utilisant certains maté- être envisagée sur tous les chantiers de réhabili-
riels. La liste de ces postes particuliers, qui font tation de sites industriels pollués. Après un pre-
chacun l'objet de prescriptions réglementaires, mier train de mesures en 1977 et 1978 interdisant
figure en annexe 9. en particulier l'utilisation de l'amiante pour le flo-
cage des bâtiments, plusieurs textes réglemen-
Les salariés sous contrat à durée déterminée et
taires ont été publiés, principalement en 1996 por-
les intérimaires doivent recevoir une formation
tant sur l'interdiction de l'amiante, la protection de
identique à celle dispensée aux travailleurs en
la population, la protection des travailleurs, les
contrat à durée indéterminée. Cette formation à la
règles techniques relatives aux activités de confi-
sécurité pour ces salariés sous contrat précaire
nement et de retrait de l'amiante, les modalités de
sera renforcée pour les postes de travail présen-
tant des risques particuliers (liste établie par le
contrôle de l'empoussièrement, etc. On trouvera 2
ci-dessous les principales dispositions de ces
chef d'entreprise).
textes qui peuvent trouver leur application sur les
chantiers.

Site industriel abandonné (Ademe).

29
Bases réglementaires générales

2.7.1. Le décret n°96-97 du 7 février 1996 conservation des flocages et des calorifugeages
relatif à la protection de la population contenant de l'amiante et aux mesures d'empous-
contre les risques sanitaires liés sièrement dans les immeubles bâtis. Un autre arrê-
à une exposition à l'amiante té du 7 février 1996 précise les conditions d'agré-
dans les immeubles bâtis ment des organismes habilités à procéder aux
contrôles de la concentration en poussières
Ce décret impose à tous les propriétaires de pro- d'amiante dans l'atmosphère des immeubles bâtis.
céder avant le 31 décembre 1999 à la recherche Dans le cas d'intervention dans des bâtiments
de flocages, calorifugeages et faux-plafonds (friches industrielles par exemple) il est indispen-
contenant de l'amiante dans tous les immeubles sable, dans le cadre de l'analyse préalable des
bâtis (à l'exception des immeubles à usage d'habi- risques, qu'un diagnostic de la présence de maté-
tation comportant un seul logement). Le maître riaux amiantés aussi complet que possible soit
d'ouvrage faisant procéder à une réhabilitation de réalisé. Ce diagnostic ne devra pas se limiter aux
sites industriels pollués devrait donc disposer d'un matériaux visés par le décret n° 96-97, mais éga-
dossier technique, établi sur la base des investiga- lement intégrer tous les autres matériaux conte-
tions réalisées par un contrôleur technique ou un nant de l'amiante : amiante-ciment, joints, déchets
technicien de la construction ayant contracté une divers, etc. En fonction de ce diagnostic, le maître
assurance professionnelle spécifique, regroupant d'ouvrage pourra prendre et faire prendre toutes
les informations relatives à ces différents maté- les mesures indispensables pour que la réhabili-
riaux. Ce dossier est établi selon les modalités tation ne se traduise pas par une pollution de l'en-
techniques définies par l'arrêté du 7 février 1996 vironnement ou par une exposition des travailleurs
relatif aux modalités d'évaluation de l'état de intervenant sur le chantier.

Site industriel abandonné (Ademe).

30
Bases réglementaires générales

2.7.2. Le décret n°96-98 du 7 février 1996 plique pas pour les entreprises intervenant sur
relatif à la protection des travailleurs des matériaux non friables. Ces opérations (sur
contre les risques liés à l'inhalation matériau friable ou non-friable) doivent faire l'objet
de poussières d'amiante d'un plan de démolition, de retrait ou de confine-
ment, établi par l'entreprise en charge de ces tra-
Ce décret concerne les activités suivantes : vaux, précisant :

- fabrication et transformation de matériaux conte- - la nature et la durée probable des travaux ;


nant de l'amiante (activité non pertinente dans le
- le lieu où les travaux sont effectués ;
cas des réhabilitations de sites industriels pollués) ;
- les méthodes mises en œuvre ;
- retrait (par exemple préalablement à une démo-
lition) ou confinement de l'amiante par fixation, - les caractéristiques des équipements qui doivent
imprégnation ou encoffrement ; être utilisés pour la protection et la décontamina-
tion des travailleurs ainsi que celles des moyens
- interventions sur des matériaux ou des appareils
de protection des autres personnes qui se trou-
susceptibles de libérer des fibres d'amiante mais
vent sur le lieu des travaux ou à proximité ;
dont la finalité n'est pas de traiter l'amiante.
- la fréquence et les modalités des contrôles effec- 2
Dans le cadre de l'établissement d'un plan de pré-
tués sur le chantier.
vention ou d'un PGCSPS, le responsable de l'en-
treprise utilisatrice ou le maître d'ouvrage (en col-
laboration avec le coordonnateur) sont tenus de Ce plan, soumis à l'avis du médecin du travail et
procéder à une évaluation des risques : cette éva- des instances représentatives du personnel com-
luation impose la réalisation d'un diagnostic pétentes en matière de sécurité et de conditions
amiante complet tel que précisé en II.7.1. Dans le de travail, doit être transmis un mois avant le
cadre de l'établissement du plan de prévention démarrage des travaux à l'inspection du travail, à
(obligatoire, l'amiante étant une substance cancé- la CRAM et à l'OPPBTP.
rogène) ou du PPSPS, chaque chef d'établisse-
Pour les interventions sur des appareils ou maté-
ment d'une entreprise intervenant sur le site et
riaux susceptibles de libérer des fibres d'amiante
dont les salariés sont susceptibles d'être exposés
mais dont la finalité n'est pas de procéder au retrait
à l'amiante devra procéder :
de cet amiante, le chef d'établissement de l'entre-
- à une évaluation des risques ; prise réalisant ces travaux doit, sur la base des
- à l'établissement d'une notice pour chaque poste renseignements obtenus auprès du propriétaire du
de travail ; site, procéder en particulier à la mise en place
d'équipements de protections collectives en cas
- à la formation et l'information des travailleurs ;
d'opérations sur des flocages ou des calorifuges
- à la fourniture et l'entretien des équipements de contenant de l'amiante, fournir des vêtements et
protection individuelle appropriés ; appareils de protection respiratoire adaptés.

- au conditionnement et au traitement des


déchets.

L'arrêté du 14 mai 1996 fixe les règles techniques


que doivent respecter les entreprises effectuant
des activités de confinement et de retrait de
l'amiante. Il stipule en particulier, pour toutes les
interventions réalisées sur des matériaux friables,
le recours à des entreprises qualifiées par un
organisme certificateur sur la base d'un référentiel
technique. Cette règle de qualification ne s'ap-

31
Bases réglementaires générales

2.8. Transport des déchets de contacter, en liaison avec le(s) transporteur(s)


retenu(s), la Division transports de la Direction
Le transport des déchets dangereux (terres pol- régionale de l'équipement afin de déterminer avec
luées, produits purs ou en mélange) vers les elle les modalités d'établissement des documents
centres de regroupement ou d'élimination des de transports ainsi que celles d'étiquetage.
déchets doit respecter l'accord européen pour le Les caractéristiques principales du déchet doivent
transport des marchandises dangereuses par route être mentionnées dans le document de transport.
(ADR du 30 septembre 1957 modifié ultérieure- Si le déchet est constitué d'un seul composant
ment) et l'arrêté TMD-Route. Dès que la quantité de dangereux, c'est en fonction de la nature de ce
produits transportés dépasse 100 kilogrammes, un composant que le document de transport sera
bordereau de suivi doit être établi qui peut servir de rempli. Si en revanche le déchet est constitué de
document de transport. Cette réglementation est plusieurs composants dangereux (en particulier
complexe. Elle l'est d'autant plus dans le cas de dans le cas de terres polluées provenant de
déchets provenant de sites industriels pollués que dépôts à risques de produits chimiques), c'est en
souvent de nombreuses inconnues subsistent sur fonction de son éventuelle analyse et de la déter-
leur nature et leur composition. Il est donc forte- mination du composant le plus dangereux que le
ment conseillé aux entreprises de dépollution effec- classement pourra être effectué.
tuant des réhabilitations de sites industriels pollués

32
Analyser et prévenir les risques

3. Analyser et prévenir les risques

En matière de prévention des risques profession- bilitation de sites industriels pollués, et les moyens
nels, la réglementation met l'accent sur la néces- de prévention qui y sont habituellement associés
sité de procéder à une analyse approfondie des pour prévenir les accidents et les maladies pro-
risques liées aux activités. Dans le cas précis des fessionnelles (3.1 à 3.14). Compte tenu de la très
réhabilitations de sites industriels pollués, les dif- grande diversité des situations rencontrées sur les
ficultés spécifiques propres à ces chantiers (chan- chantiers de réhabilitation, sur lesquels des activi-
tiers temporaires confrontant les entreprises inter- tés de type traditionnel peuvent être mises en
venantes à des risques particuliers dont elles ne œuvre (mise en place d'une installation de traite-
sont pas forcément familières, méconnaissance ment des terres analogue à une unité de l'indus-
ou connaissance limitée de certains paramètres trie chimique par exemple), le préventeur a en
dont l'influence peut être déterminante sur les effet besoin de connaître ces données de base.
conditions de travail, etc.) rendent encore plus
cruciale cette analyse. D'ailleurs les deux types de - Dans certains cas précis, les réponses de pré-
réglementation applicables, entreprises exté- vention habituelles doivent être adaptées à cer-
rieures ou chantiers mobiles, accordent une large taines situations particulières rencontrées sur les
place aux instruments de cette prévention : plan sites industriels pollués. On trouvera donc dans une 3
de prévention d'une part, PGCSPS et PPSPS deuxième partie certaines dispositions spécifiques
d'autre part. L'objectif de ce chapitre est donc de prises pour la prévention des risques profession-
fournir aux différents acteurs de la prévention les nels, établies à partir de situations concrètes ren-
informations qui leur permettront d'élaborer, en contrées sur différents chantiers (3.15).
fonction des paramètres propres à chaque chan-
tier, par une analyse des risques pertinente les - Enfin à titre d'illustration (annexes 10, 10.1, 10.2,
outils de prévention les plus efficaces. 10.3, 10.4), pour aider les préventeurs dans l'ana-
lyse des risques et leur apporter une aide à la
rédaction des plans de prévention, des PGCSPS
Ce chapitre a donc été organisé en trois parties :
et des PPSPS, des exemples d'évaluations des
- Une description des principaux risques suscep- risques réalisées pour différents travaux et les
tibles d'être rencontrés sur les chantiers de réha- mesures de prévention proposées.

33
Analyser et prévenir les risques

3.1. Le risque électrique - effet d'ionisation dû au fait que les radiations


ultraviolettes accroissent l'ionisation environnante,
phénomène pouvant provoquer des ré-allumages
3.1.1. Définition d'arcs entre d'autres pièces sous tension, sépa-
rées par un intervalle suffisant en atmosphère
Il existe différentes formes d'énergies élec- normale.
triques :
Une étincelle d'origine électrique est à l'origine
- l'électricité dynamique créée volontairement par de risques d'explosion si les deux conditions sui-
l'homme : courant alternatif et courant continu ; vantes apparaissent simultanément :
- les formes d'énergie créées de façon accidentel- - atmosphère ambiante explosive ;
le : l'électricité statique (correspondant à une
- énergie libérée par la décharge suffisante pour
accumulation de charges de surface) et la foudre.
enflammer le mélange air-gaz ou air-poussières.
Les risques de l'électricité se traduisent par des
électrisations ou des incendies-explosions.

On peut distinguer différentes sortes d'accidents


d'origine électrique :
- les électrisations par contact direct : contact avec
des conducteurs actifs ou des pièces conduc-
trices habituellement sous tension ;
- les électrisations par contact indirect : contact
avec des masses mises accidentellement sous
tension ;
- brûlure, incendie ou explosion d'origine élec-
trique.
L'énergie électrique sous forme de chaleur ou
d'étincelles peut être à l'origine de brûlures et peut
être la source d'énergie nécessaire à l'apparition
d'un incendie ou d'une explosion (voir risque chi-
mique).
Le risque d'incendie se manifeste en cas
d'échauffement (cas de surintensité : surcharge,
court-circuit...), d'arcs électriques ou étincelles,
d'électricité statique ou de foudre.

Les effets d'un arc électrique sont nombreux :


- effet thermique ;
- effet de pression qui se manifeste par l'échauffe-
ment rapide d'un volume d'air limité. Peu d'en-
ceintes ou de portes résistent à de telles pres-
sions internes. L'amorçage d'un arc s'accom-
pagne d'un bruit impressionnant ;
- effet lumineux puisque l'arc est composé de
radiations ultraviolettes ;

34
Analyser et prévenir les risques

3.1.2. Dommages corporels causés par le - des effets thermiques :


courant électrique ~ brûlures électrothermiques dues à l'énergie
dissipée lors du passage du courant dans l'orga-
La gravité des dommages corporels provoqués nisme qui atteint particulièrement les muscles ;
par le courant électrique résulte de la conjugaison
de plusieurs facteurs concomitants : ~ brûlures indirectes par arc également dues à
l'effet Joule produit lorsqu'un arc s'est formé ;
- la valeur de l'intensité du courant électrique cir-
culant à travers le corps humain, valeur qui ~ brûlures par contact dues à l'échauffement
dépend elle-même de la source d'énergie élec- d'un élément conducteur parcouru par un cou-
trique (puissance, tension) et du milieu dans rant électrique.
lequel s'exerce habituellement l'activité du tra- - dans le cas d'un décès consécutif au passage du
vailleur (emplacement de travail isolant ou très courant dans le corps, on parle d'électrocution.
conducteur) ;
- dans le cas de l'électricité statique, la décharge
- le trajet du courant dans l'organisme suivant que électrique peut être engendrée par l'électrisation
le contact s'établit entre deux mains ou entre une du corps humain. Cette électrisation peut interve-
main et les pieds. Le courant électrique suit les nir chez les porteurs de chaussures à semelles
trajets préférentiels qui passent par les organes isolantes, caoutchouc ou matière synthétique à
offrant la moindre résistance tels que le cœur, les l'occasion du simple déplacement sur le sol. Elle
poumons et les reins. Aussi, ces notions de trajet peut aussi être causée par des mouvements pro-
sont-elles déterminantes dans les conséquences voquant le frottement des vêtements entre eux ou
des accidents puisque le courant, en circulant à sur le corps. Cette électrisation peut intervenir 3
l'intérieur du corps, peut affecter ou non les également par influence au contact de matières
organes vitaux ; chargées d'électricité. Elle est sans réel danger
- la durée de passage du courant électrique ; direct pour l'homme sauf si elle est à l'origine d'un
mouvement incontrôlé de l'opérateur (près d'une
- la susceptibilité particulière de la personne sou- machine en mouvement par exemple).
mise à l'action du courant électrique.

Les effets secondaires du courant électrique :


Les principaux effets immédiats physiopatho-
logiques du courant électrique sur l'homme sont - complications cardio-vasculaires, complications
les suivants : neurologiques, complications rénales, complica-
tions sensorielles, oculaires ou auditives (arc élec-
- des effets excito-moteurs ou électrisation dus à trique), complications musculaires, séquelles
l'action du courant sur les muscles ou sur les nerfs cutanées et tendineuses ;
lors du passage du courant :
- les effets incendie-explosion (voir risque chi-
~ secousse électrique ; mique).
~ contraction musculaire involontaire avec pro-
jection ou inhibition et impossibilité de lâcher le
conducteur ;
~ inhibition des centres nerveux si un courant
très important passe par le bulbe rachidien ;
~ tétanisation ;
~ fibrillation cardiaque entraînant un arrêt circu-
latoire qui provoque la mort de la plupart des
électrisés.

35
Analyser et prévenir les risques

3.1.3. Mesures de prévention - la formation du personnel


Le personnel utilisant une installation électrique
3.1.3.1. Mesures visant les personnes ou travaillant à son voisinage doit être informé des
utilisant l'énergie électrique prescriptions de sécurité à respecter par affichage
de consignes ou d'ordres de service ou par remi-
Elles concernent :
se contre décharge d'un "carnet de sécurité".
- les caractéristiques des installations électriques
Ces prescriptions portent notamment sur le signa-
Elles doivent satisfaire à des conditions générales lement à effectuer dans le cas où une défectuosi-
portant notamment sur le respect des normes à té ou une anomalie serait constatée.
appliquer. Elles doivent également répondre à des
La formation en matière de sécurité du personnel
dispositions générales concernant la réalisation
intervenant sur les installations électriques doit
de ces installations électriques, l'identification des
être dispensée et vérifiée par l'employeur et, le
circuits, des appareils, des conducteurs. D'autres
cas échéant, des opérations de formation peuvent
dispositions concernent les installations à très
être organisées en vue de la délivrance de l'habi-
basse tension, la limitation des domaines de ten-
litation à ce personnel.
sion pour certains appareils, la séparation des
sources d'énergie... Le renouvellement annuel de ces habilitations est
recommandé ou obligatoire pour le travail sous
- les procédures d'intervention sur les installations
tension.
électriques
- la protection contre les risques de contact direct
Toutes les adjonctions, modifications, réparations
ou entretiens doivent être confiés à des per- Les principales mesures permettant de mettre
sonnes qualifiées et si possible habilitées appar- hors de portée des personnes les conducteurs
tenant à l'établissement ou à une entreprise d'ins- nus ou les pièces conductrices habituellement
tallation électrique. sous tension sont :

Les procédures définies réglementairement pour ~ soit l'éloignement afin qu'un contact fortuit soit
la réalisation de travaux effectués sous tension ou impossible directement ou non ;
hors tension et de travaux d'entretien doivent être ~ soit l'interposition d'obstacles lorsque les
respectées et une vérification de l'application des mesures d'éloignement ne peuvent être assu-
prescriptions de sécurité doit être réalisée au rées. Ces obstacles peuvent être constitués :
cours de l'exécution des travaux.
. par des parois pleines, percées de trous,
Du matériel adapté à la tension de service et grillagées (la nature, les modalités de réalisa-
maintenu en bon état doit être mis à la disposition tion, les conditions de déplacement et d'enlè-
des travailleurs. vement de ces obstacles étant fixées régle-
- la vérification et la surveillance des installations mentairement) ;

Les installations doivent être vérifiées lors de la . par l'enveloppe des matériels dont l'efficacité
mise en service, après des modifications de struc- de protection est définie dans les normes ;
ture et périodiquement par des techniciens quali- ~ soit par isolation lorsque les mesures précé-
fiés appartenant soit à l'établissement, soit à un dentes ne peuvent être appliquées.
organisme agréé. Les résultats de ces vérifica-
tions sont consignés dans un registre spécial. L'isolant doit être adapté à la tension et choisi en
fonction de la nature et de l'importance des
Outre ces vérifications, une surveillance quasi- risques dus à l'environnement (présence d'eau ou
permanente des installations doit être effectuée de poussières, corrosions, chocs mécaniques...)
par une personne compétente dont le nom est ou aux matières présentes.
porté à la connaissance du personnel.
Des mesures particulières sont à mettre en œuvre
pour les lignes de contact des ponts roulants, le

36
Analyser et prévenir les risques

soudage à l'arc, les locaux réservés aux électri- ~ des canalisations électriques ;
ciens...
~ des conducteurs et des pièces nues sous ten-
- La protection contre les risques de contact indirect sion, non isolés du matériel provoquant arc,
étincelles... ;
Elle peut être assurée, suivant les conditions :
~ des canalisations étrangères au local.
~ par interconnexions et mise à la terre des
masses, associées à des dispositifs de coupure Des mesures complémentaires plus strictes doi-
automatique de l'alimentation de l'installation ou vent être appliquées dans les zones présentant
d'une partie de l'installation. Des dispositifs dif- des risques d'explosion.
férentiels à "haute sensibilité" sont à utiliser sur
Elles consistent :
les installations temporaires de chantiers. Le
temps de coupure maximal du dispositif de pro- ~ en la limitation au strict nécessaire des instal-
tection est fixé réglementairement pour ces ins- lations électriques présentes dans ces locaux ;
tallations temporaires ; ~ en des prescriptions sur les dispositions et la
~ par séparation des circuits ; protection des canalisations ;

~ par double isolation ou isolation renforcée. ~ en l'application de dispositions spécifiques


Cette protection se traduit par l'utilisation du aux différentes zones définies en fonction de la
matériel électrique de classe II présentant de possibilité de formation d'une atmosphère
plus, un degré de protection suffisant (au moins explosive gazeuse (choix du type de matériel en
égal à IP55-IK9 sur les chantiers). Si le degré de fonction du caractère permanent ou pas de
protection est incompatible avec le type de cette atmosphère). 3
matériel utilisé, il doit être protégé par un dispo-
sitif différentiel à haute sensibilité ou par sépa- 3.1.3.2. Mesures visant les personnes
ration des circuits ; travaillant au voisinage des installations
~ par utilisation de la très basse tension. Ce électriques
domaine de tension est obligatoire pour les lieux En application du décret du 14 octobre 1991 et de
de travail où s'exercent des effets nuisibles l'arrêté du 16 novembre 1994, le chef d'établisse-
(poussière, humidité, imprégnation par des ment doit s'informer :
liquides conducteurs...) et dans lesquels le
- lors des travaux de terrassement, fouilles,
maintien d'un bon niveau d'isolement n'est pas
forages, enfoncements : de l'existence éventuelle
possible, ainsi que dans les enceintes conduc-
de canalisations électriques souterraines à l'inté-
trices exiguës (réservoirs, tubes, gaines...).
rieur du périmètre des travaux projetés, ou à
- La protection contre les brûlures et les incendies moins de 1,5 m à l'extérieur de celui-ci ;
ou explosions
- lors de travaux au voisinage de lignes ou d'ins-
Les installations et le matériel doivent satisfaire à tallations électriques : de la valeur des tensions de
des exigences de conception et de réalisation ces lignes ou installations afin de pouvoir s'assu-
concernant la température atteinte par le matériel, rer qu'au cours de l'exécution des travaux, le per-
le raccordement des canalisations entre elles et sonnel ne sera pas susceptible de s'approcher ou
avec les appareils, la protection contre les surin- d'approcher des outils, appareils ou engins, etc. à
tensités, la conception des interrupteurs, coupe- une distance dangereuse des pièces conductrices
circuits, disjoncteurs, matériel contenant plus de nues normalement sous tension. Cette distance
25 litres de diélectrique combustible liquide. est fixée par la réglementation.
Des mesures supplémentaires doivent être prises Lors de l'exécution de travaux, la loi impose des
dans les locaux présentant des risques d'incendie. procédures réglementaires dans les cas suivants :
Ces mesures concernent la disposition et/ou la - quand les travaux sont effectués au voisinage
protection particulière : d'une ligne, d'une canalisation ou d'une installa-

37
Analyser et prévenir les risques

tion électrique qu'il a été convenu de mettre hors 3.2. Le bruit


tension (procédure générale, procédure liée aux
travaux au voisinage d'une ligne, canalisation ou
installation basse tension) ; 3.2.1. Définition
- quand les travaux sont effectués au voisinage
Le bruit est une vibration du milieu dans lequel il
d'une ligne, canalisation ou installation électrique
se propage. Ce milieu peut être gazeux, liquide ou
qu'il a été convenu de laisser sous tension (pro-
solide. La propagation se fait par ondes.
cédure préalable aux travaux, procédure s'appli-
quant aux travaux effectués au voisinage d'une Il est associé à une sensation de gêne ou de
ligne ou installation construite au-dessus du sol désagrément. L'Organisation internationale de
ou travaux effectués au voisinage de canalisations normalisation (ISO) le définit comme "un phéno-
souterraines, cas des engins de chantier évoluant mène acoustique produisant une sensation auditi-
au voisinage de ces installations) ; ve considérée comme gênante et désagréable".

- quand les travaux sont effectués à l'intérieur de Le bruit est composé de sons.
locaux ne comportant que des lignes ou installa-
tions électriques du domaine basse tension. Le son se caractérise par :
- Sa hauteur, qualité qui permet de distinguer un
son grave d'un son aigu. Le nombre de vibrations
BIBLIOGRAPHIE par seconde du milieu détermine la hauteur du
son. Ce nombre s'appelle fréquence du son. La
• Protection des travailleurs dans les établisse-
fréquence s'exprime en Hertz (Hz). La hauteur du
ments qui mettent en œuvre des courants élec-
son croît avec la fréquence.
triques. INRS, ED 723.
- Son intensité, qualité qui permet de distinguer un
• Le risque électrique - Enseigner la prévention
son faible d'un son fort. L'intensité s'appréhende par
des risques professionnels. INRS, ED 1501.
son niveau ; ce dernier s'exprime en décibels (dB).
• L'électricité, qu'est-ce que l'électricité ? Origine
L'ouïe humaine est plus sensible aux sons de
de l'électricité, prévention des accidents dus à
moyenne fréquence qu'aux sons de basse ou de
l'utilisation de l'énergie électrique. INRS, ED 596.
très haute fréquence. Pour tenir compte de cette
sensibilité, on affecte aux niveaux physiques réels
des sons mesurés un système de pondération
fonction de la nature des sons entendus. Le sys-
tème de pondération A est le plus utilisé. L'unité
psychophysiologique employée est le dB(A).
Pour une personne ontologiquement normale, le
seuil d'audition à 1000 Hz est conventionnelle-
ment fixé à 0 dB. On convient également qu'à
cette même fréquence le niveau d'inconfort est
atteint à 120 dB.
Les niveaux sonores se composent selon une loi
interne très différente de l'addition ordinaire. Ainsi,
lorsque deux machines identiques fonctionnent
simultanément, le fait d'en arrêter une diminue le
niveau résultant de 3 dB seulement.

38
Analyser et prévenir les risques

3.2.2. Les conséquences dier et les aides auditives ne palliant que partiel-
d'une exposition professionnelle au bruit lement les déficiences.
La surdité provoquée par certaines ambiances
3.2.2.1. L'atteinte auditive bruyantes de travail est inscrite au tableau 42 des
maladies professionnelles et peut donc ouvrir un
- Le premier stade de l'atteinte de l'ouïe se traduit
droit à réparation. La surdité traumatique est,
par une fatigue auditive : après une exposition de
quant à elle, reconnue comme accident du travail.
quelques heures à un bruit intense, cette fatigue
s'installe provoquant une baisse temporaire de
l'acuité auditive. La fonction auditive normale est La surdité s'accompagne en général de :
récupérée après une période variant entre 12 et
- recrutement : il s'agit d'hypersensibilité aux
36 heures selon les individus et l'importance de
variations de niveau sonore ;
l'exposition.
- sifflements ou bourdonnements d'oreilles ;
- Si l'exposition se prolonge ou si le bruit est plus
intense, la perte auditive ne sera plus entièrement - troubles au niveau de la compréhension des
récupérée. Peu à peu, cette fatigue réversible se messages sonores, notamment verbaux.
transforme en perte d'audition permanente qui
peut évoluer jusqu'à la surdité. Il existe d'autres types de surdités n'affectant que
- La surdité professionnelle est la conséquence l'oreille moyenne. Contrairement à la surdité de
d'une exposition prolongée à des niveaux de pres- perception, ils peuvent être opérés ou corrigés.
sion sonore élevés ou d'un traumatisme sonore 3
(exposition courte mais violente à des bruits impul-
3.2.2.2. Autres conséquences
sionnels). On parle de surdité de perception.
Le bruit, signal d'un danger créateur de stress et
d'angoisse, est cause de fatigue et il agit sur les sys-
On note plusieurs étapes dans l'évolution de cette
tèmes nerveux, cardio-vasculaire et digestif. À long
surdité :
terme, des problèmes de santé peuvent appa-
- Premier stade : le sujet ne se rend compte de raître : apparition et évolution d'hypertension arté-
rien. Seule la zone des fréquences centrées sur rielle, maladies cardiaques, désordres de la
4000 Hz est touchée. La perte atteint 30 à 40 dB. digestion, ulcères d'estomac, etc. Ce stress est
- Deuxième stade : le sujet fait répéter, n'entend cause de difficultés et de perturbations du som-
plus certains sons surtout s'ils sont aigus. Il ne meil. Il peut provoquer une réduction de l'activité
comprend plus distinctement ce qui se dit surtout immunologique de l'organisme qui le rend plus
quand plusieurs personnes parlent. De légers vulnérable aux infections de toutes sortes.
troubles tels que sifflements, sensations d'oreilles
bouchées peuvent apparaître. Les fréquences voi- Le risque d'exposition au bruit se traduit aussi par :
sines de 2000 Hz et 4000 Hz sont altérées.
- une dégradation des relations interpersonnelles
L'encoche s'approfondit jusqu'à 60 ou 70 dB(A).
et donc du climat social ;
- Troisième stade : c'est la surdité profonde. On
- un risque accru d'erreurs dans le travail réalisé
note une perte sensible de l'audition de la voix. La
lié aux troubles de la vigilance ;
perte auditive atteint 100 voire 110 dB(A) à la fré-
quence de 4 000 Hz, la zone conversationnelle est - un risque accru d'incidents ou d'accidents.
touchée (70 dB(A) à 1000 Hz, 40 dB(A) à 500 Hz,
Par son effet de masque, il engendre la difficulté à
par exemple).
communiquer verbalement. Le bruit peut donc
La surdité de perception est due à une destruction avoir des conséquences graves sur la sécurité
irrémédiable et définitive des cellules ciliées de des travailleurs. Il peut couvrir la perception d'un
l'oreille interne. Cette surdité est donc irréversible, ordre, d'un signal d'alarme, d'un cri d'avertisse-
une intervention chirurgicale ne pouvant y remé- ment, d'un danger imminent...

39
Analyser et prévenir les risques

3.2.3. Mesures de prévention interventions des entreprises, etc.

Les mesures de prévention des nuisances liées Des mesures techniques et mesures d'organisa-
au bruit en milieu professionnel sont destinées à tion doivent être mises en place :
réduire le bruit de manière à ce qu'il ne présente - afin d'identifier les postes de travail pour lesquels
pas de risque pour la santé du personnel, notam- le niveau d'exposition sonore quotidienne est
ment pour l'ouïe. compris entre 85 et 90 dB(A) ou pour lesquels la
Le niveau compatible avec la protection de l'ouïe pression acoustique de crête est comprise entre
est fixé à 85 dB(A) pour une exposition sonore 135 et 140 dB ;
quotidienne (à 135 dB pour la pression acoustique - par le biais d'un programme de mesures de
de crête). nature technique ou d'organisation du travail dans
le cas où le niveau d'exposition sonore quotidien-
Les différentes mesures de prévention à mettre ne est supérieur à 90 dB(A) ou si la pression
en place sont : acoustique de crête est supérieure à 140 dB.

• Le contrôle de l'exposition • La protection individuelle


Il consiste en l'identification des personnes expo- Le choix des protecteurs individuels de l'ouïe
sées au bruit par estimation ou par mesurage. Il (casques enveloppants, serre-têtes, bouchons
permet d'identifier les personnes exposées à des d'oreilles) est utilement fait en concertation entre
niveaux sonores quotidiens supérieurs ou égaux employeur, médecin du travail et salariés concernés.
à 85 dB(A) ou à une pression acoustique de crête
Pour plus de 85 dB(A) ou pour une valeur de crête
supérieure ou égale à 135 dB.
de plus de 135 dB, ils doivent obligatoirement être
S'il se révèle nécessaire, le mesurage sera défini mis à la disposition des salariés si une protection
dans un document. collective ou des mesures d'organisation du
temps de travail ne sont pas réalisables.
• La réduction du bruit à la source Pour plus de 90 dB(A) ou pour une valeur de crête
de plus de 140 dB, le port de ces protecteurs est
Elle peut consister en la restructuration d'une machi-
obligatoire.
ne dans le but de limiter sa puissance acoustique, à
réinvestir dans des machines moins bruyantes... Par ordre de priorité, on tentera de recourir à la
réduction du bruit à la source, à la prévention
technique collective puis, en dernier recours, à la
• La protection collective
protection individuelle.
Elle peut être réalisée :
Pour être efficace et totalement préventif, le pro-
- par isolation acoustique ou vibratoire : réalisation tecteur individuel de l'ouïe convenablement choisi
d'encoffrement de machines, d'écrans acous- doit être porté pendant toute la durée de l'exposi-
tiques, de cabines insonorisées, de montages tion potentiellement traumatique.
anti-vibratiles, etc. ;
- par traitement acoustique ou insonorisation des
• L'information et formation du personnel
locaux.
L'information et la formation sur les risques liés au
bruit, sur les moyens de mise en œuvre pour les
• Les mesures d'organisation du temps de tra-
prévenir, sur le rôle de la surveillance médicale,
vail
sur l'obligation de se conformer aux mesures de
Elles peuvent consister en une limitation de la prévention et de protection, sur le port et les
durée d'exposition sonore à un poste de travail modalités d'utilisation des protecteurs individuels,
bruyant, en un éloignement ou cloisonnement des sont fixées réglementairement pour les atmo-
postes non bruyants, en une coordination des sphères bruyantes.

40
Analyser et prévenir les risques

La formation est obligatoire pour des niveaux d'ex- 3.3. Les radiations ionisantes
position dépassant 85 dB(A) ou pour une valeur
de crête supérieure à 135 dB.
3.3.1. Définitions
L'information comprend également la signalisa-
tion : panneaux de signal d'avertissement de la Les substances radioactives sont des substances
présence éventuelle de danger dû au bruit, pan- qui possèdent des atomes instables.
neaux d'obligation de port de protecteurs indivi- En s'acheminant vers une forme stable, ces
duels, panneaux réglementant l'accès des lieux. atomes se désintègrent en émettant des parti-
Ces panneaux sont obligatoires ou recommandés cules ionisantes :
en fonction des niveaux sonores atteints. - particules alpha : ce sont des noyaux d'hélium
émis par les éléments lourds ;
• La prévention médicale - particules bêta : ce sont des électrons ou des
Elle est obligatoire pour les personnes affectées à positons ;
des travaux comportant une exposition sonore - photons gamma : ce sont des rayonnements
quotidienne supérieure ou égale à 85 dB(A). électromagnétiques souvent émis en même
temps que les particules alpha et bêta ;
- photons X : ils sont analogues aux rayonnements
BIBLIOGRAPHIE
gamma et produits à l'occasion du réarrangement
• Réduire le bruit dans l'entreprise. INRS,
ED 808.
de couches d'atomes ionisés ou excités ;
3
- neutrons : les noyaux d'éléments lourds tels que
• Vos gueules les décibels. INRS, ED 707. l'uranium ou le plutonium peuvent subir une fis-
• Le bruit. Collection Enseigner la prévention des sion. Dans ce cas, il y a naissance d'éléments
risques professionnels. INRS, ED 1502. plus légers, de neutrons et de chaleur.

• L'efficacité effective des protecteurs de l'ouïe. Le flux de ces particules émises constitue des
INRS, Travail et sécurité, n° 542, pp. 606-614. rayonnements ionisants.
Les rayonnements ionisants ont des pouvoirs de
pénétration et de parcours dans l'air différents. La
nature du risque dépend donc du rayonnement
ionisant émis et du conditionnement de la source
qui les émet.

On distingue deux types de sources de rayonne-


ments ionisants :

• Sources scellées
Elles contiennent, sous un faible volume, des sub-
stances radioactives généralement solides, pla-
cées dans un étui métallique (ou dans une matiè-
re réfractaire étanche) résistant à de sévères
actions mécaniques et thermiques.
Elles ne laissent pas "fuir" les substances qu'elles
contiennent sauf en cas d'agressions mécaniques
et thermiques de sévérité exceptionnelle.

41
Analyser et prévenir les risques

• Sources non scellées 3.3.2. Les effets des rayonnements


Ce sont des amas de substances radioactives qui sur l'homme
ne sont pas contenues dans des enveloppes
étanches et qui peuvent donc être disséminées. L'action des rayonnements ionisants sur les tissus
vivants s'exerce au niveau des molécules qui
constituent les cellules. Ils peuvent provoquer des
Les risques encourus sont alors de deux types : réactions chimiques anormales, des modifications
ou des destructions de molécules. Il peut s'en-
• L'irradiation suivre, pour des irradiations importantes, des irrita-
tions, des brûlures (ou radiodermites) de la peau,
L'irradiation d'une personne peut être :
des nécroses, des cataractes et des cancers, etc.
- externe si les rayonnements proviennent d'une
Les effets biologiques des rayonnements ioni-
source extérieure à la personne ;
sants sont liés directement aux doses reçues et à
- interne si les rayonnements proviennent de sub- la durée des expositions pendant lesquelles ces
stances contenues dans l'organisme. doses sont subies.
Ainsi, une même dose prise en quelques minutes
• La contamination ou en quelques heures est considérablement plus
dangereuse que si elle est étalée sur quelques
C'est la présence indésirable de substances
semaines ou sur quelques années.
radioactives, dans un milieu solide, liquide, dans
l'atmosphère ou au contact d'une surface (sous En regard de doses maximales admissibles fixées
forme d'aérosols, poussières, solutions ou gaz). par la réglementation, des troubles n'apparaissent
que pour des doses (reçues en un court laps de
Il peut y avoir :
temps) de plus d'un Sievert (Sv) Le Sievert est
- contamination externe l'équivalent de dose intégrant des effets biolo-
La contamination externe de l'homme est la pollu- giques différents selon le type de rayonnement.
tion de la surface du corps ou des vêtements par
ces substances radioactives. Elle a pour consé- Selon les équivalents de doses d'exposition
quence une irradiation externe. reçues (exposition externe) :
La contamination externe des surfaces par des - 0 à 0,5 Sv : pas de troubles apparents ;
poussières radioactives peut entraîner, lorsqu'elle
- 0,5 à 1 Sv : modification possible de la formule
n'est pas fixée, la mise en suspension dans l'air
sanguine, pas d'indisponibilité ;
de poussières radioactives.
- 2 à 4 Sv : troubles graves pendant plusieurs
- contamination interne
semaines, mort possible, récupération obtenue
La contamination interne de l'homme est l'absorp- généralement ;
tion de telles substances par ingestion, inhalation
- 4 à 5 Sv : doses mortelles pour la moitié des
ou par voie cutanée. Elle a pour conséquence une
sujets environ, lésions permanentes ;
irradiation interne.
- 10 Sv : dose correspondant actuellement à
une mort inévitable.
Il s'agit de doses reçues sur tout le corps. Les
mêmes doses d'exposition, étalées sur plusieurs
années, peuvent ne pas entraîner de dommages
apparents.

42
Analyser et prévenir les risques

3.3.3. Mesures de prévention adaptées ~ des renseignements concernant l'identité du


à un travail de chantier médecin, de la "personne compétente", l'exis-
tence d'une zone contrôlée et d'une zone sur-
veillée, les dispositions spécifiques du règle-
3.3.3.1. Mesures générales
ment intérieur, le respect de consignes de sécu-
La réglementation concernant la protection des rité... sont à fournir aux opérateurs ;
travailleurs contre les rayonnements ionisants
~ en cas de dépassement des valeurs limites
dans les établissements mettant en jeu des sub-
réglementaires, une procédure d'information
stances radioactives impose des mesures de pré-
des travailleurs, du CHSCT (ou des délégués du
vention et de protection.
personnel si l'entreprise ne dispose pas de
CHSCT), de l'inspecteur du travail et de l'Office
Cette réglementation repose sur les principes sui- central de protection contre les rayonnements
vants : Ionisants (OPRI) doit être appliquée ;
- désignation d'une "personne compétente" ayant - suivi médical.
reçu une formation appropriée et chargée d'assu-
rer la surveillance de toute intervention sur les
3.3.3.2. Mesures de prévention vis-à-vis
matières et sources radioactives ;
de la contamination
- délimitation de zones de travail ; il peut s'agir de
Ces mesures doivent être prises :
zone à accès libre, de zone surveillée, de zone
contrôlée ou de zone spécifiquement réglementée ou - au niveau des installations contenant des
interdite en fonction de l'exposition à laquelle peuvent matières radioactives : 3
être soumis les opérateurs travaillant à l'intérieur ; ~ les locaux doivent être constitués de murs,
- signalisation de ces zones et de leur accès ; sols, surfaces et matériel facilement décontami-
nables par lavage. Il convient de prévoir des
- mesure et évaluation des risques par mesure de
enceintes et des boîtes à gants pour le stocka-
débits de dose provenant de la contamination à
ge et la manipulation de sources non scellées.
l'aide de débitmètres, mesures des doses reçues
Une ventilation adaptée doit être prévue et l'air
par les personnes à l'aide de dosimètres... ;
rejeté à l'extérieur doit être filtré.
- aménagement du stockage et procédure de
- au niveau des manipulations :
conditionnement : lieux de stockage fermés à clé
et signalés... ; ~ il faut prévoir une planification du travail, limi-
ter la surface de travail et du matériel de mani-
- prévision d'intervention en cas d'incident, d'acci-
pulation, employer des plateaux de travail, des
dent, d'incendie... ;
papiers absorbants, etc., propres à éviter un
- respect de la réglementation en vigueur concer- épandage de produits contaminés, notamment
nant le transport ; liquides ;
- information et formation auprès des travailleurs ~ port d'un équipement de protection individuelle :
qui sont ou pourraient être exposés à des rayon- gants, bottes, bonnets, blouses fermées, éven-
nements ionisants : tuellement combinaisons en toile ou étanches sur
~ une notice écrite doit notamment leur être des sous-vêtements en coton, appareils respira-
remise les informant sur les risques encourus, toires filtrants munis de filtres appropriés ou, pour
sur les dispositions et les moyens de prévention un risque important, isolants ;
et de protection, sur les méthodes de travail ~ mise en place de mesures d'hygiène : inter-
convenables à respecter, sur les mesures phy- diction de boire, manger, fumer et se maquiller ;
siques et médicales devant être respectées ;
~ assurer le contrôle de la contamination atmo-
~ une information spécifique doit être dispensée sphérique par des appareils appropriés, ainsi
aux femmes ; que le contrôle des surfaces et celui du matériel

43
Analyser et prévenir les risques

utilisé après manipulation ; lieux contaminés ;


~ veiller à l'étanchéité des sources scellées par ~ contrôler la contamination externe des per-
l'utilisation d'un débitmètre. sonnes quittant une zone contaminée ;
- au niveau du stockage, du rejet et de l'évacua- ~ si nécessaire, appliquer la procédure de
tion des déchets : décontamination des personnes.
~ séparation en différentes catégories, etc. - veiller à la décontamination du matériel qu'il soit
fixe ou mobile (les objets mobiles, les matériels
Dans le cas d'intervention dans une zone conta-
délicats, les vêtements doivent être généralement
minée, les mesures immédiates à prendre sont
traités dans des stations spécialisées).
les suivantes :
- isoler, confiner, délimiter, baliser la zone conta-
3.3.3.3. Mesures de prévention
minée :
contre le risque d'irradiation
~ éviter l'extension de la contamination en fixant
Trois mesures sont possibles :
les liquides radioactifs par de la terre, du sable,
des papiers absorbants, ou en fixant les pro- - réduire autant que possible la durée d'exposition
duits solides et pulvérulents par de l'eau pulvé- en réalisant une bonne organisation des tâches ;
risée, du bitume... ;
- travailler à la plus grande distance possible des
~ ne pas procéder à des essuyages malencon- sources : télécommandes, manipulation à distance ;
treux qui étendent la contamination ;
- se protéger par des écrans.
~ enfermer les objets contaminants dans des
enveloppes étanches. BIBLIOGRAPHIE
- protéger les personnes intervenantes : • Principes élémentaires de radioprotection.
~ prévenir la contamination des personnes par INRS, ED 658.
le port de tenues étanches avec gants, cagoule, • Aide-mémoire de radioprotection. INRS,
bottes, et pour la personne appelée à intervenir ED 483.
directement sur la source de pollution le port
• Rayonnements ionisants, protection des tra-
d'un masque isolant ;
vailleurs. Aide-mémoire juridique 17. INRS, TJ 17.
~ interdire de boire, manger ou fumer sur les

Stockage de produits chimiques dans une ancienne usine de traitement de surfaces (Ademe).

44
Analyser et prévenir les risques

3.4. Le risque chimique 3.4.2. Les risques toxicologiques

Les effets d'un produit chimique sur l'organis-


3.4.1. Définition générale me diffèrent selon :
- les caractéristiques des produits (propriétés phy-
Il a pour origine les produits chimiques, sub-
siques, chimiques...) ;
stances ou préparations présentes sur le lieu de
travail à l'état de solides, de liquides, de gaz ou - les conditions d'introduction du toxique dans l'or-
vapeurs, et d'aérosols solides (poussières, ganisme (dose absorbée, durée, fréquence, voie
fumées) ou liquides (brouillards). d'administration...) ;
- les facteurs individuels (caractéristiques génétiques,
Les différents dangers des produits chimiques état immunologique, hormonal, âge, sexe...) ;
sont liés : - les facteurs environnementaux (température,
- à leurs propriétés physico-chimiques, toxicolo- pression atmosphérique, lumière, bruit, facteurs
giques et écotoxicologiques ; sociaux, association d'un ou plusieurs composés
chimiques...).
- aux réactions chimiques entre produits incompa-
tibles ;
Les voies de pénétration, directement liées à
- aux conditions de leur mise en œuvre.
l'état physique du produit chimique, sont essen-
tiellement au nombre de trois :
Les différents risques liés aux produits chi-
- La voie digestive (ou orale) ou pénétration par
3
miques sont :
ingestion
- une altération de la santé (intoxications, irrita-
L'ingestion se produit le plus souvent par accident
tions, brûlures, lésions...) liés à leurs propriétés
ou imprudence : aspiration d'un produit à l'aide
toxicologiques ;
d'une pipette, défaut d'hygiène par absence de
- des incendies ; lavage de mains avant un repas... L'ingestion peut
- des explosions ; aussi se faire par déglutition de produits précé-
demment inhalés.
- des asphyxies ;
Les produits peuvent gagner les différents organes
- une pollution de l'environnement, pouvant elle- en suivant la voie normale de la digestion.
même induire des risques pour la santé des tra-
vailleurs intervenant sur des opérations de réhabi- - La voie percutanée
litation de sites industriels pollués. Certains produits agissent localement à l'endroit
du contact sur la peau, les muqueuses ou les
yeux, d'autres absorbés par la peau, se disper-
L'article R. 231-51 du code du travail définit quin-
sent dans tout l'organisme en gagnant le sang.
ze types de substances et de préparations dange-
reuses : explosibles, comburantes, extrêmement - La voie pulmonaire (ou respiratoire) ou pénétra-
inflammables, facilement inflammables, inflam- tion par inhalation
mables, très toxiques, toxiques, nocives, corrosives,
C'est la voie de pénétration la plus fréquente sur
irritantes, sensibilisantes, cancérogènes, muta-
le lieu de travail, les polluants pouvant être intime-
gènes, toxiques pour la reproduction, dangereuses
ment mélangés à l'air ambiant.
pour l'environnement. Les définitions des différentes
classes relatives au risque toxicologique sont don- Les poussières, suivant leur granulométrie, sont
nées dans les paragraphes suivants. piégées à des niveaux différents dans les voies res-
piratoires, les plus grosses étant stoppées au
niveau des voies respiratoires supérieures, les plus
fines pouvant atteindre les alvéoles pulmonaires.

45
Analyser et prévenir les risques

Les vapeurs et les fumées peuvent traverser la lorsque la concentration en toxique dans l'orga-
paroi pulmonaire et se retrouver dans le circuit nisme augmente progressivement jusqu'à l'obten-
sanguin. Certaines d'entre elles peuvent provo- tion d'une concentration suffisante, soit parce que
quer des lésions sur les muqueuses respiratoires. les effets engendrés s'additionnent sans que le
toxique se soit accumulé dans l'organisme. À des
effets immédiats consécutifs à chaque exposition
On distingue deux grands types d'intoxications :
peut s'ajouter un effet à long terme.
- L'intoxication aiguë
On parle d'intoxication aiguë lorsque les effets se Les effets varient en fonction des propriétés
produisent après une exposition au produit chi- intrinsèques de la substance ou de la préparation.
mique de courte durée sur une période de moins de La réglementation définit des classes de danger
24 heures et qu'il y a absorption rapide du produit. liées à leurs propriétés toxicologiques :
Les effets successifs à une telle intoxication sont - Très toxiques
immédiats (vomissements, maux de tête,
Substances et préparations qui, par inhalation,
malaises, brûlures, arrêts respiratoires qui peu-
ingestion ou pénétration cutanée en très petites
vent entraîner la mort...) mais des effets retardés
quantités, entraînent la mort ou des risques aigus
peuvent aussi être observés.
ou chroniques.
- L'intoxication chronique
- Toxiques
On parle d'intoxication chronique lorsque les
Substances et préparations qui, par inhalation,
effets se produisent après une exposition au pro-
ingestion ou pénétration cutanée en petites quan-
duit pendant des périodes longues ou répétées.
tités, entraînent la mort ou des risques aigus ou
Les manifestations cliniques apparaissent soit chroniques.

Fût corrodé dans une ancienne usine de traitement de surfaces (Ademe).

46
Analyser et prévenir les risques

Ouverture manuelle d’un fût mis à jour sur un dépôt à risques (Socotec).

3
- Nocives - Irritantes
Substances et préparations qui, par inhalation, Substances et préparations non corrosives qui,
ingestion ou pénétration cutanée, peuvent entraî- par contact immédiat, prolongé ou répété avec la
ner la mort ou des risques aigus ou chroniques. peau ou les muqueuses, peuvent provoquer une
- Cancérogènes réaction inflammatoire.

Substances et préparations qui, par inhalation, - Sensibilisantes


ingestion ou pénétration cutanée peuvent produi- Substances et préparations qui, par inhalation ou
re le cancer ou en augmenter la fréquence. pénétration cutanée, peuvent donner lieu à une
- Mutagènes réaction d'hypersensibilité telle qu'une exposition
ultérieure à la substance ou à la préparation pro-
Substances et préparations qui, par inhalation,
duira des effets indésirables caractéristiques. Ces
ingestion ou pénétration cutanée, peuvent produi-
produits sensibilisants sont à l'origine des aller-
re des défauts génétiques héréditaires ou en aug-
gies. Ce phénomène allergique se déroule en
menter la fréquence.
deux étapes :
- Toxiques pour la reproduction
~ la sensibilisation : lors d'une exposition qui n'est
Substances et préparations qui, par inhalation, pas nécessairement la première, l'organisme va
ingestion ou pénétration cutanée, peuvent produi- mémoriser une réaction anormale qu'il déclen-
re ou augmenter la fréquence d'effets indésirables chera lors de tout contact futur ;
non héréditaires dans la progéniture ou porter
~ l'allergie : suite à cette sensibilisation, tout
atteinte aux fonctions ou capacités reproductives.
contact avec le produit déclenchera une réac-
- Corrosives tion de la peau ou, dans certains cas, du systè-
Substances et préparations qui, en contact avec me respiratoire. Ces réactions sont plus ou
des tissus vivants, peuvent exercer une action moins fortes, à effets immédiats ou retardés.
destructrice sur ces derniers.

47
Analyser et prévenir les risques

3.4.3. Mesures de prévention générales 3.4.3.2. la maîtrise du risque à l'origine


Elle consiste à :
La prévention du risque chimique dans une situa-
tion de travail donnée porte à la fois sur : - éliminer autant que possible les produits dange-
reux en utilisant les produits de substitution moins
- la nature des produits chimiques manipulés dangereux ;
et/ou présents sur le lieu de travail ;
- limiter le nombre de personnes exposées ;
- les conditions d'utilisation de ces produits ;
- définir un processus d’utilisation non dangereux.
- les conditions d'exposition à ces produits.

3.4.3.3. la mise en œuvre de mesures de pro-


Elle concerne : tection collective
Elle peut être réalisée :
3.4.3.1. l'évaluation des risques
- par la mise en place de systèmes de ventilation
Elle comprend un contrôle de l'exposition. ou d'aspiration efficaces qui doivent être vérifiés
Il doit permettre de s'assurer du respect des et maintenus en parfait état de marche ;
valeurs limites d'exposition professionnelles. De - en éliminant les contacts possibles entre pro-
caractère réglementaire, indicatif ou recomman- duits et utilisateur (travail en système clos...).
dé, ces valeurs limites représentent des objectifs
minimaux de la concentration dans l'air d'un pro-
duit chimique que peut respirer une personne 3.4.3.4. des mesures d'organisation du travail
pendant un temps déterminé sans risque d'altéra- Elles peuvent consister à :
tion pour sa santé (même si des modifications
- éloigner les opérateurs des lieux d'utilisation et
physiologiques réversibles sont parfois tolérées).
de stockage ;
On distingue :
- aménager le poste de travail pour faciliter le travail
- les valeurs limites d'exposition ou VLE : valeurs de l'opérateur tout en limitant les manipulations
plafonds mesurées sur une durée maximale de 15 inutiles et le temps d'exposition aux produits ;
minutes en fonction de la nature du risque, des
- retenir des modes opératoires limitant les
conditions de travail et des possibilités techniques
risques ;
de mesurage. Leur respect permet d'éviter le
risque d'effets toxiques immédiats ou à court - organiser la distribution des produits chimiques
terme ; et les stockages.

- les valeurs limites de moyenne d'exposition ou Les règles d'organisation du stockage doivent
VME destinées à protéger les travailleurs des concerner :
effets à terme, mesurées ou estimées sur la durée ~ son implantation (facilité d'accès par les véhi-
d'un poste de travail de 8 heures. Elles peuvent cules, mise à l'écart de tout local de travail ou
être dépassées sur de courtes périodes, sous d'habitation, organisation en classes de produits
réserve de ne pas dépasser la VLE correspon- distinctes, identification...) ;
dante lorsqu'elle existe.
~ sa gestion (plan de stockage, registre des
Des valeurs allemandes et américaines (en parti- stocks...) ;
culier celles de l'ACGIH : American Conference of
Governmental Industrial Hygienists) ont aussi été ~ la mise en œuvre de règles techniques pour le
fixées. On y fait généralement référence en cas stockage en réservoirs fixes (résistance à la cor-
d'absence de valeur limite française. rosion, marquage...) et en conteneurs mobiles
(en local : éléments de construction, sol, voies
Dans le cas où il y dépassement des valeurs de circulation...).
limites, des mesures de prévention visant à abais-
ser l'exposition doivent être mises en œuvre.

48
Analyser et prévenir les risques

3.4.3.5. la mise en œuvre d'équipements de En cas de reconditionnement, l'étiquette doit être


protections individuelles reproduite.
Elle consiste à :
- la signalisation des risques dans les locaux de travail
- choisir les équipements adaptés ;
Cette signalisation prendra la forme de panneaux
- définir les règles d'utilisation ;
d'avertissement et de signalisation de risque ou
- assurer l'entretien et le remplacement de ces de danger (matières toxiques, comburantes...), de
équipements. panneaux d'interdiction (défense de fumer...) et

Ouverture manuelle d’un fût mis à jour sur un dépôt à risques (Socotec).

3.4.3.6. l'information des utilisateurs d'obligation (protection obligatoire du corps, des


voies respiratoires...).
Elle passe par :

- l'étiquetage de tout contenant - l'affichage d'une notice de poste de travail

Il est fait obligation à tout chef d'établissement fai- L'employeur est tenu d'établir une notice d'infor-
sant usage de substances et préparations dange- mation à chaque poste de travail exposant l'opé-
reuses d'étiqueter tout récipient les contenant. rateur à des substances et préparations chi-
miques dangereuses.
L'étiquette, dont la conception est réglementée,
informe l'utilisateur : Cette notice doit préciser les risques d'exposition
et les dispositions à prendre pour les éviter.
~ sur l'identification du produit et du fabricant,
distributeur ou importateur ; Elle devrait être présentée oralement lors de l'ac-
cueil au poste de travail.
~ sur les risques liés à l'utilisation du produit
grâce aux symboles de danger et phrases R (ou - la détention des fiches de données de sécurité
phrases de risque) ;
Elles doivent être transmises par le fabricant, l'im-
~ sur les mesures à prendre pour manipuler ou portateur ou le vendeur aux entreprises utilisa-
stocker le produit en toute sécurité grâce aux trices qui, elles-mêmes les communiquent au
phrases S (ou conseils de prudence). médecin du travail.

49
Analyser et prévenir les risques

BIBLIOGRAPHIE ments de protections individuelles, sur les codes


relatifs à l'étiquetage, sur les procédures d'urgen-
• Le risque chimique. Collection Enseigner la ce à respecter, les risques liés aux propriétés toxi-
prévention des risques professionnels. INRS, cologiques et écotoxicologiques des produits, etc.
ED 1504.
La réglementation fixe des obligations concernant
• Stockage et transvasement des produits chi-
la formation lors de l'exposition au benzène, au
miques dangereux. INRS, ED 753.
plomb métallique et à ses composés, aux gaz de
• Moi, dans mon entreprise, j'étiquette les pro- fumigation, aux agents cancérogènes.
duits méchants. INRS, ED 745.

• Hygiène industrielle. Tiré à part des Techniques 3.4.3.8. la surveillance médicale et


de l'ingénieur. INRS, ED 1479. l'éloignement des individus sensibles
• La fiche de données de sécurité. INRS, ED 55. Ce sujet est développé dans la partie 2.5 : La sur-
• R. Lauwerys - Toxicologie industrielle et intoxi- veillance médicale, le rôle du médecin du travail.
cations professionnelles, 4e édition, Masson,
1999.

• C.D. Klaasser - Casarett's and Doull's toxicolo-


3.5. Le risque amiante
gy, 5e édition, Mc Graw Hill, 1996.

• Recueil des fiches toxicologiques. INRS, ED 613.


3.5.1. Définition
Egalement disponible en CD-rom, CD 613, et
sur le site INRS : www.inrs.fr.
L'amiante, matériau naturel fibreux, a été large-
ment utilisé dans des bâtiments et dans des pro-
• Valeurs limites d'exposition professionnelle aux cédés industriels au cours des dernières décen-
agents chimiques en France. INRS, nies. Ceci est principalement lié au fait que ce
ND 2098-174-1999. matériau possède des propriétés exceptionnelles
• Valeurs limites d'exposition professionnelle aux de résistance aux hautes températures, des qua-
substances dangereuses. Valeurs de l'ACGIH lités d'isolant phonique associées à de bonnes
(Etats-Unis) et de la Commission MAK performances mécaniques. Ce terme d'amiante
(Allemagne). INRS, ND 2114-176-1999. sert à désigner une série de substances natu-
relles fibreuses dont les plus courantes sont :
• le chrysotile (famille des serpentines) ou amian-
Renfermant des informations nécessaires à la
te blanc ;
protection de la santé et de l'environnement, elles
permettent au chef d'établissement d'établir des • les amphiboles, avec en particulier, la crocido-
mesures de prévention et de protection adaptées lite (amiante bleu), l'amosite (amiante brun), la
au poste de travail de son entreprise et, notam- trémolite et l'actinolite.
ment de rédiger la notice d'information. Ces différentes variétés ont été utilisées seules ou
Les fiches toxicologiques de l'INRS, la notice en mélange dans des produits très différents :
technique du fournisseur, etc. sont d'autres bourres pour calorifuge, flocages, feuilles, plaques,
sources d'information. tresses (cordes, presse-étoupe, joints anti-feu,
etc.), tissus (filtres, couvertures, rideaux coupe-feu,
etc.), amiante-ciment (plaques, tuiles, panneaux,
3.4.3.7. la formation
tuyaux, clapets, bacs de culture, etc.), garnitures de
Elle peut être axée sur les mesures d'hygiène à friction, revêtements routiers, dalles de sol, enduits
respecter, sur la bonne utilisation des équipe- divers, plâtres, mortiers, peintures, etc.

50
Analyser et prévenir les risques

3.5.2. Les risques toxicologiques liés 3.5.3. Mesures de prévention


à l'inhalation de fibres (en cas d'enlèvement)

L'exposition à l'amiante est susceptible de provo- L'amiante ayant été utilisé dans une gamme de
quer différentes maladies : produits très étendue aux caractéristiques méca-
niques, de résistance aux chocs, de pouvoir émis-
sif de fibres, très diverses, la prévention revêtira
• l'asbestose : c'est une fibrose pulmonaire pro-
des modalités très différentes. On ne traitera pas
voquée par l'accumulation d'amiante dans les
de la même façon, à l'enlèvement, un matériau très
poumons qui entraîne un épaississement fibreux
friable comme un flocage, susceptible d'émettre
et progressif dans les parois alvéolaires d'où un
des centaines de fibres par centimètre cube d'air,
manque d'oxygénation du sang et une surcharge
et un matériau non-friable comme l'amiante-ciment
cardiaque ;
qui, pourvu qu'il soit déconstruit correctement, peut
n'émettre que des quantités de fibres très faibles.
• les plaques pleurales : elles correspondent à Deux brochures éditées en commun par le minis-
une fibrose localisée de la plèvre. Elles apparais- tère du travail, l'OPPBTP et l'INRS (référencées en
sent longtemps après le début de l'exposition au bibliographie) présentent les solutions de préven-
risque ; tion adaptées à chaque situation. On se contente-
ra ici de rappeler les principes majeurs sur lesquels
est bâtie cette prévention :
• le cancer broncho-pulmonaire primitif : il ne
présente aucune particularité clinique, radiolo-
gique ou histologique par rapport au cancer bron- • l'identification du danger amiante : toute inter-
3
cho-pulmonaire ayant d'autres origines. Toutes les vention mettant en œuvre une technique inadap-
catégories d'amiante sont cancérogènes. Le tée sur un matériau amianté est susceptible de
temps de latence est long ; libérer des quantités importantes de fibres. Il
importe donc d'effectuer un recensement préa-
lable et exhaustif de tous les matériaux amiantés
• le mésothéliome : c'est un cancer spécifique de
présents sur un site industriel ;
l'exposition à l'amiante, localisé soit sur la plèvre,
soit sur le péritoine ou sur le péricarde. Il ne
nécessite pas forcément de fortes expositions à • toute intervention sur un matériau, quel qu'il
l'amiante. Son temps de latence est généralement soit, doit intégrer le confinement de la pollution
très long. émise : ce confinement pourra être très complet,
avec isolement complet de la zone et mise en
dépression, dans le cas de l'enlèvement d'un flo-
cage, ou plus réduit pour un matériau non-friable,
mais le principe est toujours d'éviter que la pollu-
tion qui pourrait être émise puisse se répandre et
polluer l'environnement de travail ;

• il faut éviter l'émission de la pollution. Les


techniques de travail à l'humide doivent être privi-
légiées. Les poussières doivent être captées à la
source par un dispositif d'aspiration à filtre absolu ;

• la protection respiratoire des travailleurs doit


être assurée par du matériel de classe 3 en privi-
légiant les appareils de protection respiratoire à
adduction d'air (à défaut à ventilation assistée) par

51
Analyser et prévenir les risques

rapport aux appareils de protection respiratoire à 3.6. Le risque incendie


ventilation libre. Des vêtements de protection spé-
ciaux doivent être mis à la disposition des tra-
vailleurs pour éviter toute pollution des vêtements 3.6.1. Définition
de travail ordinaires ; La réunion de trois éléments est nécessaire pour
provoquer un feu :
• les déchets doivent être recueillis et éliminés
suivant une filière spécialisée. • un combustible : matière solide, liquide ou
gazeuse capable de se consumer. Parmi les caté-
gories de substances et préparations dange-
BIBLIOGRAPHIE
reuses, la législation distingue les produits extrê-
• Travaux de retrait ou de confinement d'amiante mement inflammables, facilement inflammables et
ou de matériaux en contenant. Guide de pré- inflammables ;
vention. INRS, D 815.

• Exposition à l'amiante dans les travaux d'en- • un comburant : corps qui, en se combinant avec
tretien et de maintenance. Guide de prévention. un autre, permet la combustion ;
INRS, ED 809.

Bouteilles de gaz comprimés abandonnées dans une usine désaffectée (INRS).

52
Analyser et prévenir les risques

• une énergie d'activation ou source d'inflamma- 3.6.2. Les effets des incendies
tion : énergie nécessaire au démarrage de la réac-
On note trois effets importants des sinistres sur
tion chimique de combustion. Elle est apportée
l'homme :
par une source de chaleur, une étincelle...
L'incendie est un feu qui se développe d'une maniè-
• les émissions des gaz et fumées. Elles pré-
re incontrôlée dans le temps et dans l'espace.
sentent les dangers suivants :
- la température à l'origine de brûlures internes
Quelques caractéristiques de l'inflammabilité par :
par inhalation ;
- l'opacité à l'origine de gêne pour l'évacuation et
• Les combustibles liquides
l'intervention des secours ;
Les vapeurs émanant du liquide doivent être pré-
- la réduction de teneur en oxygène de l'air provo-
sentes dans des concentrations comprises entre
cant des asphyxies ;
deux limites appelées concentrations limites d'in-
flammabilité : - la toxicité de ces produits (gaz anoxiants purs,
toxiques, à effets corrosifs).
- la limite inférieure d'inflammabilité d’une vapeur
(ou d'explosivité) (LII ou LIE) est la concentration
minimale en volume dans l'air au-dessus de • la chaleur dégagée à l'origine de cloques, dou-
laquelle elle peut être enflammée ; leurs, brûlures ;

- la limite supérieure d'inflammabilité d’une vapeur


(ou d'explosivité) (LSI ou LSE) est la concentra- • les flammes entraînant des brûlures de diffé-
3
tion maximale en volume dans l'air au-dessous de rents degrés et un danger pour les yeux par leur
laquelle elle peut être enflammée. effet lumineux.

Le point d'éclair (déterminé expérimentalement) Les conséquences sur les bâtiments vont
est la température minimale à laquelle dans des dépendre de l'importance de l'incendie, de la
conditions d'essais spécifiées, un produit donne charge calorifique et du comportement au feu des
suffisamment de gaz inflammable capable de matériaux et des éléments de construction.
s'enflammer momentanément en présence d'une
source d'inflammation.
BIBLIOGRAPHIE
La température d'auto-inflammation est la tempé-
• Incendie et lieux de travail. INRS, ED 789.
rature minimale à laquelle un mélange, en propor-
tion convenable, s'enflamme spontanément.

• Les combustibles gazeux


Les concentrations de ce gaz doivent être com-
prises entre la LIE et la LSE.

53
Analyser et prévenir les risques

3.7. Les explosions 3.7.2. Les effets des explosions

En plus des effets thermiques, les explosions pré-


3.7.1. Les différents types d'explosions sentent des conséquences dues à l'effet de l'onde
de souffle.
Il existe plusieurs types d'explosions d'origine chi-
Suivant la surpression produite, les effets sur l'or-
mique :
ganisme peuvent être peu importants, engendrer
une rupture des tympans, des lésions graves aux
• Explosion d'un mélange de gaz ou de oreilles et aux poumons, ainsi que des blessures
vapeurs inflammables occasionnées par une projection au sol, par des
Le régime et la violence de ce type d'explosion chutes de hauteur, par l'effondrement des bâti-
dépendent de plusieurs facteurs : concentration ments ou la projection de fragments.
des vapeurs ou gaz inflammables dans l'atmo- Les effets sur les bâtiments peuvent se caractéri-
sphère, énergie de la source d'inflammation, volu- ser par un bris de glace jusqu'à la destruction
me et forme de l'enceinte, turbulence de l'atmo- totale.
sphère, pression initiale de l'atmosphère.

• Explosion d'aérosols
Pour que des poussières ou des brouillards puis-
sent exploser, il faut :
- des poussières ou brouillards de matières com-
bustibles ;
- un comburant dans une certaine proportion ;
- une source d'inflammation ou une température
d'auto-inflammation.
De plus :
- les poussières doivent être en suspension dans
l'air et former un nuage ;
- la présence d'un confinement est nécessaire ;
- la concentration en poussières doit être compri-
se entre la LIE et la LSE.

• Explosion suite à des réactions chimiques

• Explosion de produits explosifs


Les produits explosifs sont des produits solides,
liquides, pâteux ou gélatineux qui, même sans
intervention d'oxygène atmosphérique, peuvent
présenter une réaction exothermique avec déve-
loppement rapide de gaz et qui, détonent, défla-
grent rapidement ou, sous l'effet de la chaleur,
explosent en cas de confinement partiel.

54
Analyser et prévenir les risques

3.7.3. Les mesures de prévention ventilation et transport pneumatique, nettoyage


spécifiques au risque explosion fréquent...

~ Actions sur le comburant


Elles concernent :
L'introduction de gaz inertes dans un mélange
• L'analyse des risques : la détermination des d'air avec un gaz ou des vapeurs inflammables
zones à risques rend ininflammable ce mélange. Le gaz le plus
fréquemment utilisé est l'azote. Cet inertage
L'analyse des risques va permettre de déterminer peut cependant présenter des dangers pour les
la possibilité que se forme une atmosphère explo- intervenants (diminution de la concentration en
sive (concentrations comprises entre la LIE et la oxygène de l'air respiré).
LSE).
L'utilisation de poussières inertes peut rendre
Les risques d'explosion doivent être analysés
impossible, moins probable ou moins violente
dans les installations industrielles notamment de
l'explosion d'autres poussières.
stockage, d'utilisation de produits chimiques, etc.
- Dans un second temps, suppressions des
Le résultat de cette analyse est la détermination
sources d'inflammation
des zones à risque d'explosion.
Elles consistent à éliminer les flammes et feux
nus, les surfaces chaudes, les étincelles d'origine
• La limitation des risques
mécanique, les étincelles et les échauffements
Lorsqu'un risque d'explosion existe, les mesures dus aux matériels électriques et aux moteurs ther-
de prévention à prendre sont les suivantes : miques, les étincelles provenant des décharges 3
électrostatiques.
- Dans un premier temps, actions sur les gaz,
vapeurs ou poussières inflammables ou sur les Parmi ces mesures, on note :
propriétés comburantes de l'atmosphère :
~ l'interdiction des travaux "par points chauds"
~ Actions sur le combustible sauf si des précautions particulières sont prises
avec mise en place de la procédure du "permis
Concernant les gaz et vapeurs, si les produits
de feu" ;
ne peuvent être remplacés par des produits non
combustibles, elles consistent à diminuer la ~ l'interdiction de fumer et d'utiliser certains
concentration de combustible de manière à ce moyens de chauffage ;
que la composition de l'atmosphère se situe
~ le calorifugeage des surfaces chaudes ;
dans des concentrations hors des limites d'ex-
plosivité. ~ les appareils ou objets susceptibles de pro-
duire des étincelles d'origine mécanique doivent
On favorisera le maintien de la proportion de
être proscrits ou étudiés pour éviter ces étin-
combustible au-dessous de la LIE par une ven-
celles (emploi d'outils anti-étincelants par
tilation ou une aération adaptée.
exemple, captage ou rétention des particules
La surveillance de la concentration en combus- susceptibles de produire des étincelles par
tible est alors indispensable : l'utilisation d'un choc...) ;
explosimètre permet de s'assurer de l'inexplosi-
~ la limitation des sources d'inflammation à ce
vité de l'atmosphère.
qui est indispensable aux besoins de l'exploita-
Concernant les poussières combustibles, si tion des installations électriques ;
elles ne peuvent être remplacées par des pro-
~ l'emploi d'un matériel utilisable en atmosphère
duits non combustibles, les actions entreprises
explosible conformément à la réglementation ;
doivent empêcher la formation de nuages et de
dépôts susceptibles d'être dispersés : action sur ~ la suppression des étincelles provenant de
la conception et construction des locaux, élimi- décharges d'électricité statique par humidifica-
nation des dépôts de poussières, extraction par tion de l'air, utilisation de produits conducteurs

55
Analyser et prévenir les risques

et antistatiques sur les EPI (équipements de 3.8. L'asphyxie et le travail


protection individuels), mise à la terre et établis- en atmosphère confinée
sement de liaisons équipotentielles, diminution
des vitesses d'écoulement des liquides et des
gaz, réduction des hauteurs de chute de 3.8.1. Définition
liquides inflammables dans les réservoirs, inter- La composition de l'air ambiant est normalement
diction de déversement en pluie, neutralisation de :
des charges par ionisation de l'air, etc. ;
• 21 % d'oxygène ;
~ la suppression des points chauds, retours de
flamme, étincelles de moteur électriques par uti- • 78 % d'azote ;
lisation de moteurs Diesel répondant à des spé- • 1 % d'argon, de dioxyde de carbone et d'autres
cificités réglementaires ; gaz.
~ l’interdiction d'utilisation d'émetteurs d'ondes
électromagnétiques (radio, radar...).
L'asphyxie peut se produire dans plusieurs condi-
Des mesures de protection contre l'explosion doi- tions :
vent aussi être mises en œuvre afin de réduire ou
• lorsque l'oxygène de l'air a été consommé :
d'atténuer les effets engendrés (évents, extinc-
teurs déclenchés...). - par combustion ;
- par la respiration : utilisation de l'oxygène dans
un espace confiné ;
BIBLIOGRAPHIE
- par réaction chimique : par oxydation lente, il
• Les mélanges explosifs. INRS, ED 335.
peut y avoir formation de rouille dans un conte-
neur fermé.
• lorsque l'oxygène de l'air se trouve dilué ou
remplacé par un gaz inerte vis-à-vis de la res-
piration :
- cas de l'inertage à l'azote destiné à rendre inin-
flammable l'atmosphère d'enceintes, mauvais cap-
tage de l'azote lors de l'utilisation de bouteilles de
gaz comprimé remplies dans des espaces res-
treints ;
- création de poches d'azote gazeux lors de l'éva-
poration d'azote liquide utilisé comme fluide frigo-
rifique ;
- erreurs de branchements d'appareils de protec-
tion respiratoire à adduction d'air ;
- cuves dont les fonds fermentent ou se décompo-
sent ;
- etc.

56
Analyser et prévenir les risques

3.8.2. Effets 3.8.3. Les mesures de prévention


Un individu atteint d'asphyxie rapide est incapable
spécifiques de l'asphyxie
de reconnaître les faits, ainsi que la nature et le
et du travail en atmosphère confinée
degré de ses difficultés. Une séquence de réac-
tions anormales, passant inaperçue de la victime, Avant toute intervention en atmosphère confinée,
se produit et conduit à la perte de connaissance on devra procéder à une analyse détaillée des
dans un temps de quelques minutes au plus. risques. C'est seulement en fonction de cette ana-
lyse que seront déterminés la procédure et les
Lorsque la diminution d'oxygène se fait progressi- moyens de consignation, le contrôle d'atmosphè-
vement, le sujet a le temps de percevoir le phéno- re avant pénétration, les moyens permettant de
mène d'asphyxie, mais il est cependant souvent rendre (et de maintenir pendant l'intervention) l'at-
devenu incapable de se porter secours à lui-même. mosphère salubre (cf Annexe 10.4).
Les conséquences d'un manque d'oxygène
Le contrôle de l'atmosphère comprendra notamment :
dépendent de sa concentration dans l'air :
• le contrôle du risque d'explosion : on utilisera
• entre 12 et 16 % : augmentation du rythme res-
des explosimètres portables. Même si les concen-
piratoire et du pouls, perturbation de la coordina-
trations sont inférieures à 10 % de la LIE, le maté-
tion des mouvements ;
riel électrique (y compris le matériel d'éclairage)
• entre 10 et 14 % : signes émotionnels avec devra être de type "matériel de sécurité pour
fatigue anormale, respiration inégale ; atmosphères explosives" ;

• entre 6 et 10 % : nausées, vomis-


sements, pertes de consciences
3
probables ;
• en dessous de 6 % : convulsions,
inconscience, arrêt de la respiration,
arrêt du cœur.

Vidange de catalyseur dans une ancienne


usine de synthèse d’ammoniac (INRS).

57
Analyser et prévenir les risques

• la teneur en oxygène : si la concentration en 3.9. Le risque biologique


oxygène est inférieure à 19 %, la pénétration ne
devra s'effectuer qu'avec un équipement de pro-
tection respiratoire isolant ;
3.9.1. Définition

• la toxicité de l'atmosphère : en cas de suspi- Les risques biologiques sont liés au contact avec
cion de présence d'un gaz toxique (monoxyde de des agents biologiques, à savoir :
carbone, hydrogène sulfuré, etc.) on pourra utili-
• les microorganismes : algues, bactéries, cham-
ser des détecteurs spécifiques ou d'autres types
pignons, protozoaires, virus ;
de détecteurs (tubes colorimétriques, infrarouge,
etc.). • les cultures cellulaires : cultures de cellules ani-
males.
Si un risque est détecté, la pénétration en zone ne
pourra avoir lieu qu'après assainissement du volu-
me intérieur par ventilation (captage ou dilution de Ces organismes peuvent être d'origine naturelle
la pollution). La pénétration dans la zone ne pour- ou génétiquement modifiés. Ces agents peuvent
ra avoir lieu qu'après qu'un nouveau contrôle aura généralement être rencontrés :
montré le caractère satisfaisant de l'atmosphère à • dans les domaines de production alimentaire,
l'intérieur de la zone. En cas de risque permanent pharmaceutique, etc. ;
(venue naturelle de polluant), on procédera à un
assainissement permanent pendant toute la • en recherche et développement en médecine,
durée des travaux. En cas de nécessité, le tra- biologie, biochimie ;
vailleur ne pénétrera que sous protection respira- • en laboratoire de médecine et de microbiologie ;
toire isolante.
• en traitement des eaux.
La personne qui pénètre en atmosphère confinée
doit être surveillée en permanence, encordée à
Le potentiel de risque est évalué d'après :
l'aide d'un baudrier de sécurité, et le surveillant
extérieur doit disposer d'un équipement permet- • la pathogénicité et la virulence de l'agent patho-
tant de lui porter secours (dispositif d'appel, appa- gène ;
reil respiratoire isolant autonome, etc.).
• son mode de transmission ;
• des données épidémiologiques (présence et
degré de propagation de l'agent, immunisation de
BIBLIOGRAPHIE la population, etc.) ;

• Pas de vie sans oxygène. INRS, ED 632. • la résistance de l'agent ;

• Ventilation des espaces confinés. Guide pra- • l'existence de vaccins et/ou de traitements efficaces.
tique de ventilation n°8. INRS, ED 703.

• Cuves et réservoirs. Recommandation de la


CNAMTS. INRS, R 276.

58
Analyser et prévenir les risques

3.9.2. Les effets 3.9.3. Les mesures de prévention

Les micro-organismes pathogènes pour l'homme


• Evaluer les risques
peuvent provoquer maladies infectieuses (téta-
nos, SIDA, hépatite...), intoxications ou allergies. Cette évaluation doit prendre en compte la durée,
la nature et les conditions de l'exposition des tra-
vailleurs, du classement des agents biologiques...
Il existe plusieurs voies d'infection possibles :
• Eviter l'utilisation d'un agent biologique dan-
• l'infection par contact avec la peau et les gereux en le remplaçant par un agent pas ou
muqueuses, intactes ou non ; moins dangereux. (Cette règle générale n'est
• l'infection par ingestion (prise d'aliments, contact évidemment pas applicable sur les chantiers de
main-bouche, etc.) ; réhabilitation de sites industriels pollués).

• l'infection par inhalation de poussières ou d'aé- • Eviter l'exposition si l'évaluation révèle un


rosols, par exemple ; risque.

• l'infection par inoculation (blessure par objet • Si elle ne peut être évitée, prendre les mesures
pointu ou coupant, piqûre d'insecte...) ; suivantes vis-à-vis des agents pathogènes :

• l'infection du fœtus par voie transplacentaire - limiter le nombre de personnes exposées, les
chez une femme infectée. dispositions concernant les jeunes travailleurs et
les femmes enceintes doivent en particulier être
respectées ;
- définir des processus de travail et des mesures de
3
contrôle technique ou de confinement afin d'éviter
ou de minimiser le risque de dissémination ;
- prendre des mesures de protection collective ;
- à défaut, utiliser la protection individuelle. Les EPI
étant retirés lorsque le travailleur quitte le lieu de tra-
vail. S'ils sont réutilisables, ils doivent être rangés
dans un endroit spécifique, nettoyés, désinfectés,
vérifiés avant et après chaque utilisation, réparés ou
remplacés si nécessaire. Les EPI non réutilisables
seront considérés comme des déchets contaminés ;
- mettre en place des installations sanitaires
appropriées, un dispositif de lavage oculaire, des
antiseptiques pour les yeux et des collyres ;
- prendre des mesures d'hygiène pour réduire ou
éviter le risque de dissémination ;
- établir des plans à mettre en œuvre en cas d'ac-
cident ;
- mettre en place des mesures de détection de la
présence, en dehors de l'enceinte de confine-
ment, d'agents pathogènes utilisés ou de détec-
tion de toute rupture de confinement ;
- mettre au point des procédures et mettre à dis-
position des matériels adaptés pour la manipula-
tion, le prélèvement d'échantillons d'origine
humaine ou animale ;

59
Analyser et prévenir les risques

- mettre en œuvre des procédures permettant 3 et 4 complétée par des informations sur le
d'effectuer le tri, la collecte, le stockage, le trans- type de travail effectué, sur l'agent biologique
port et l'élimination des déchets (utilisation de en cause si possible et des données relatives
récipients sûrs et identifiables, etc.) ; aux accidents, incidents et expositions ;
- mettre en œuvre des mesures permettant de ~ la mise à disposition des travailleurs exposés,
manipuler et de transporter sans risque des de l'inspecteur du travail, de la CRAM, du
agents biologiques ; médecin du travail, du CHSCT ou des délégués
du personnel, de l'ensemble des renseigne-
- établir des consignes de sécurité interdisant l'in-
ments nécessaires à l'accomplissement de leur
troduction dans les lieux de travail où existe un
mission de prévention. Ces renseignements
risque de contamination, de nourriture et de bois-
comprennent notamment les résultats de l'éva-
sons, d'articles pour fumeurs, de cosmétiques, de
luation, les activités, le nombre de travailleurs
mouchoirs autres que les mouchoirs en papier pou-
exposés, les coordonnées du médecin du tra-
vant être éliminés comme déchets contaminés ;
vail et du responsable de la sécurité sur le lieu
- informer et former de travail, les procédures et méthodes de tra-
La formation dispensée doit concerner : vail employées, les mesures de protection et de
prévention, le plan d'urgence contre les agents
~ les risques pour la santé et les prescriptions des groupes 3 et 4 en cas de défaillance du
en matière d'hygiène ; confinement physique ;
~ les précautions à prendre pour éviter l'expo- - assurer une surveillance médicale.
sition ;
~ le port et l'utilisation des équipements et
vêtements de protection individuelle ;
BIBLIOGRAPHIE
~ les modalités de tri, de collecte, de stocka-
ge, de transport et d'élimination des déchets ; • Maîtrise du risque dans l'emploi des agents
biologiques. Brochure 1 : principes. Comité inter-
~ les mesures à prendre pour prévenir ou pal- national de l'AISS, Allemagne, 1996.
lier les incidents ;
~ la procédure à suivre en cas d'accident.
L'information repose sur :
~ l'utilisation d'une signalisation appropriée ;
~ la communication aux travailleurs, CHSCT
(ou aux délégués du personnel dans les éta-
blissements ne disposant pas de CHSCT) et
au médecin du travail de tout accident ou inci-
dent ayant pu entraîner la dissémination d'un
agent biologique pouvant porter atteinte à la
santé. À partir de ces éléments, il faut déter-
miner le plus rapidement possible la cause de
cet accident ou incident et les mesures à
prendre pour remédier à une telle situation ;
~ le signalement immédiat par les travailleurs
de tout accident ou incident mettant en cause
un agent biologique pathogène ;
~ l'établissement et la communication au
médecin du travail d'une liste des travailleurs
exposés aux agents biologiques des groupes

60
Analyser et prévenir les risques

3.10. Manutentions manuelles pas au travailleur la manutention manuelle de


charges à une hauteur sûre et dans une bonne
posture ;

3.10.1. Définition - sol ou plan de travail présentant des dénivella-


tions impliquant la manipulation de la charge sur
Les manutentions manuelles comprennent toute différents niveaux ;
opération de transport ou de soutien d'une char- - sol ou point d'appui instables ;
ge, dont le levage, la pose, la poussée, la traction,
le port ou le déplacement exigeant un effort phy- - température, humidité ou circulation de l'air
sique. inadéquates.

La manutention manuelle peut se faire sans ou à


l'aide de matériel (chariot manuel, pelle...). • Au type d'activité

Les risques présentés par les manutentions - efforts physiques sollicitant notamment le rachis,
manuelles sont notamment liés : trop fréquents ou trop prolongés ;
- périodes de repos physiologique ou de récupé-
• Aux caractéristiques de la charge ration insuffisantes ;

- dimension ou masse de la charge trop élevée ; - distances trop grandes d'élévation, d'abaisse-
ment ou de transport ;
- encombrement ou difficultés de préhension de la
charge ; - cadence imposée par un processus non suscep-
tible d'être modulé par le travailleur.
3
- équilibre instable de la charge ou risque de
déplacement du contenu ;
• Aux autres facteurs
- la charge est placée de telle façon qu'elle doit
être tenue ou manipulée à distance du tronc ou - inadéquation des vêtements, chaussures ou
avec une flexion ou une torsion du tronc ; autres effets personnels portés par le travailleur ;

- du fait de son aspect extérieur et/ou de sa - insuffisance ou caractère inapproprié des


consistance, la charge est susceptible d'entraîner connaissances ou de la formation.
des lésions pour le travailleur (notamment en cas
de heurt).

• A l'effort physique fourni


- trop important ;
- ne pouvant être réalisé que par un mouvement
de torsion du tronc ;
- pouvant entraîner un mouvement brusque de la
charge ;
- accompli alors que le corps est en position
instable.

• Aux caractéristiques du milieu du travail


- espace libre insuffisant ;
- sol inégal ou glissant ;
- emplacement ou milieu de travail ne permettant

61
Analyser et prévenir les risques

3.10.2. Les effets 3.10.3. Les mesures de prévention

Une mauvaise organisation des manutentions 3.10.3.1. Eviter les manutentions manuelles
manuelles peut avoir pour conséquences :
Dans un premier temps, l'employeur doit mettre
• des écrasements, coupures, piqûres, brûlures, tout en œuvre pour éviter le recours à la manu-
fractures, contusions ; tention manuelle :
• des atteintes de la colonne vertébrale : douleurs, - par des mesures d'organisation ;
lumbagos, sciatiques, hernies discales ;
- par la mise en place de moyens adéquats tels
• des atteintes musculaires et articulaires : inflam- que les équipements mécaniques.
mation des tendons, déchirures musculaires,
luxations, entorses ;
3.10.3.2. Mesures dans le cas de manuten-
• des troubles cardiaques ou circulatoires dus à la tions inévitables
fatigue...
Dans un second temps, si la manutention manuelle
est inévitable, diverses mesures doivent être prises :
- réaliser une évaluation des risques, si possible
préalable ;
- organiser les postes de travail afin de réduire ou
d'éviter les risques.
Ces mesures doivent être prises en tenant comp-
te des caractéristiques de la charge, de l'effort
physique requis, des caractéristiques du milieu de
travail, des exigences de l'activité et des facteurs
individuels de risque.

L'organisation des postes de travail peut consister


en :
- un respect des règles en matière de conception
des lieux de travail : dimension des espaces de
travail, bon éclairage, aération adéquate, signali-
sation de zones à risques de chutes, conception
des sols, aménagement des lieux de travail
concernant la circulation, organisation des flux... ;
- l'aménagement du poste de travail : mise à dis-
position d'aides mécaniques ou d'accessoires de
préhension, d'équipements de protection indivi-
duelle, mise à niveau des charges, espace de tra-
vail dégagé, plans de travail à bonne hauteur... ;
- l'alternance des tâches, l'adéquation des effectifs
avec des tâches à réaliser, l'agencement des
pauses, l'organisation évitant le travail isolé... ;
- un bon entretien du matériel utilisé et des sols ;
- un respect des limitations du poids des charges :
d'après la loi, un travailleur ne peut être admis à
porter de façon habituelle des charges supérieures

62
Analyser et prévenir les risques

à 55 kg que s'il est reconnu apte par le médecin du appareils de levage, aménagement des recettes,
travail sans que ces charges soient supérieures à travaux à proximité de lignes ou installations élec-
105 kg. En complément de cette obligation, il est triques, etc.
recommandé d'appliquer les prescriptions de la
norme X 35.109 fixant des limites acceptables de
port de charges en tenant compte de la masse
transportée, de la fréquence du transport, de la BIBLIOGRAPHIE
distance parcourue, des conditions de parcours,
du soulèvement éventuel ainsi que de l'âge et du • Méthode d'analyse des manutentions manuelles.
sexe du sujet. De plus, les dispositions réglemen- INRS, ED 776.
taires particulières applicables aux femmes et aux • Manutention manuelle. Aide-mémoire juridique
jeunes travailleurs concernant les limitations de 18. INRS, TJ 18.
charge doivent être adoptées.

• Former et informer le personnel


Le personnel doit recevoir une formation spéci-
fique à la manutention manuelle, à caractère
essentiellement pratique, au cours de laquelle il
est instruit sur les gestes et postures à adopter
pour réaliser en sécurité les manutentions.
D'autre part, une information doit être faite :
3
- sur les risques encourus à ne pas exécuter les
manutentions d'une manière techniquement cor-
recte ;
- sur le poids des charges manipulées ;
- sur la position du centre de gravité de la charge
ou de son côté le plus lourd quand la charge est
placée de façon excentrée dans un emballage ;
- dans le cas de manutention de machines, par le
biais de la notice d'instructions accompagnant
chaque machine ;
- dans le cas de manipulations de produits chi-
miques dangereux, sur les risques encourus par
le biais d'une notice et sur les dispositions prises
pour les éviter.

• Recourir à la surveillance médicale.

• Appliquer les dispositions spécifiques


fixées par la loi et par les recommandations
de la CNAM.
Les dispositions législatives concernent l'interdic-
tion de certains travaux pour les jeunes tra-
vailleurs, les opérations de manutention spéci-
fiques à certains travaux : agents biologiques,

63
Analyser et prévenir les risques

3.11. Engins, véhicules de manutention Un certain nombre de prescriptions sont à mettre


et de terrassement en application pour prévenir ces risques :

• Les principaux risques liés à l'utilisation de ces • Mesures relatives au matériel


engins sont :
Les chefs d'établissements sont soumis à un cer-
- le renversement ; tain nombre d'obligations concernant le matériel
- la collision d'engins ; notamment :

- la chute de quais ; - assurer la sécurité et la santé des travailleurs


dans l'établissement ;
- les heurts de personnes ;
- utiliser du matériel conforme à la réglementation ;
- les chutes de matériaux ;
- maintenir le matériel en état de conformité ;
- la mise en marche inopinée ;
- procéder à des vérifications : vérification de mise et
- les glissades dans les accès aux postes de de remise en service, vérifications générales pério-
conduites ou d'entretien ; diques, visites hebdomadaires pour les chariots
- le contact fortuit avec les lignes électriques ou automoteurs, visites techniques pour les véhicules
canalisations enterrées ; immatriculés... Divers registres sont prévus pour
consigner les résultats des examens, les observa-
- les vibrations ;
tions ou anomalies relevées : carnet d'entretien,
- le bruit... registre de sécurité, registre d'observations... ;
- mettre en conformité le matériel existant.

Extraction de fût en fond de fouille (Socotec).

64
Analyser et prévenir les risques

• Mesures relatives au conducteur ~ Autorisation de conduite


- Âge du conducteur Cette autorisation est la reconnaissance par
l'employeur de l'aptitude du salarié à exécuter
Il est interdit d'employer des jeunes de moins de
certains travaux en sécurité.
18 ans à la conduite des engins, véhicules de
manutention et de terrassement. Etablie et délivrée par l'employeur, elle nécessite :
- Choix du conducteur . la vérification préalable de l'aptitude médica-
le (vérifiée régulièrement) par un examen
Pour la conduite de tout appareil de levage, il est
médical pouvant être complété par des tests
interdit d'employer des opérateurs que la connais-
psychotechniques ;
sance imparfaite des consignes et des
manœuvres, l'état de santé, les aptitudes phy- . un contrôle des connaissances et du savoir-
siques visuelles ou auditives rendraient impropres faire pour la conduite en sécurité ;
à remplir ces fonctions et dont les aptitudes n'au-
. une connaissance des lieux et des instruc-
raient pas été reconnues satisfaisantes par un
tions à respecter sur le ou les sites d'utilisa-
examen médical préalable.
tion.
- Formation
Elle est complétée par des instructions ou
~ Formation professionnelle consignes particulières.
La conduite des équipements de travail mobiles C'est un document personnel, limité dans le
automoteurs et des équipements de travail ser- temps, valable pour une seule catégorie d'engin
vant au levage est réservée aux travailleurs qui qui peut être retiré à tout moment par le chef 3
ont reçu une formation adéquate. Cette forma- d'établissement.
tion doit être complétée et réactualisée chaque
Tout conducteur d'engin mobile peut être titulai-
fois que nécessaire.
re de plusieurs autorisations de conduite. Il doit
~ Permis de conduire et code de la route pouvoir présenter une autorisation sur le lieu de
travail.
Le permis de conduire est exigé pour certains
engins quel que soit le lieu de circulation (véhi-
cules-bennes immatriculés, grues de charge- Arrimage d’un fût avant son extraction (Socotec).
ment...) ou uniquement lorsqu'ils empruntent
une voie ouverte à la circulation publique (pelles
hydrauliques montées sur camions...). Pour
d'autres engins (chargeuses sur roues, char-
geuses-pelleteuses...), il n'est pas obligatoire
même pour un déplacement sur route. Plus
généralement le permis de conduire de la caté-
gorie correspondant au poids total en charge du
chariot est exigé si celui-ci dépasse les 25 km/h.
Dans tous les cas, pour tout déplacement rou-
tier ou pour l'exécution de travaux sur des voies
ouvertes à la circulation, le personnel est tenu
de connaître le code de la route qui régit l'usa-
ge des voies ouvertes à la circulation publique.
De plus, bien qu'il ne soit pas applicable à l'inté-
rieur des chantiers de travaux publics, il est
recommandé de le respecter à défaut de règles
de circulation précises sur le chantier.

65
Analyser et prévenir les risques

• Mesures relatives à l'utilisation 3.12. Chutes et éboulements


Elles consistent en l'application de la réglementa-
tion et des recommandations de la CNAM rela-
tives à l'utilisation des engins de chantiers, des 3.12.1. Chutes de hauteur
chariots de manutention, aux travaux du BTP...
Il y a risque de chute de hauteur lorsqu'il n'existe
pas d'obstacle suffisamment efficace en bordure
BIBLIOGRAPHIE d'un vide ou lorsque le plan de travail présente
• Aide-mémoire BTP. Prévention des accidents une résistance insuffisante.
du travail et des maladies professionnelles dans Elle peuvent notamment se produire lors de l'utili-
le bâtiment et les travaux publics. INRS, sation de matériels tels que des échelles, des
ED 790. échafaudages, des plate-formes, lors de construc-
• Hygiène et sécurité dans les travaux du bâti- tions, lors d'interventions sur des structures
ment, travaux publics et tous autres travaux instables ou en mauvais état, à proximité de tran-
concernant les immeubles. Décret du 8 janvier chées, etc.
1965 et textes d'application, modifié par décret Afin de prévenir ces risques, il faut :
du 6 mai 1995. INRS, ED 535.

• Chargeuses sur roues. INRS, ED 475.


• Eviter le risque :
• Tracteurs sur chenilles. INRS, ED 499.
- en prévoyant un maximum d'opérations au sol ;
• Pelles hydrauliques. INRS, ED 500.
- en utilisant des matériaux solides et stables ;
• Grues mobiles. INRS, ED 516.
- en respectant les règles de sécurité d'utilisation
• Grues à tour. INRS, ED 813. des équipements de travail (échafaudages, plate-
formes, etc.) conçus et installés de façon à
• Compacteurs. INRS, ED 833.
répondre à des prescriptions réglementaires et
• Moto-basculeurs, véhicules bennes et tombe- normatives ;
reaux. INRS, ED 615.
- en mettant en place des éléments constructifs
• Sondeuses de reconnaissance. INRS, ED 631. définitifs (escaliers, rampes, garde-corps, etc.) au
• Décapeuses. INRS, ED 633. fur et à mesure de l'exécution d'une construction ;

• Chargeuses-pelleteuses. INRS, ED 664. - en vérifiant l'état des structures avant une inter-
vention ;
• Grues de chargement. INRS, ED 676.
- en respectant les règles de sécurité lors de tra-
• Ponts roulants. INRS, ED 716. vaux sur toiture ;
• Niveleuses. INRS, ED 764. - en assurant un bon éclairage des lieux de travail
• Chariots automoteurs de manutention. Manuel et de leur accès.
de conduite. INRS, ED 766.

• L'utilisation et l'entretien des engins de chantier. • Mettre en place des mesures de protection
Recommandation de la CNAMTS. INRS, R 372. collective :

• Chariots automoteurs de manutention à - en utilisant des protections interdisant la chute


conducteur porté. Recommandation de la telles que les garde-corps et plinthes au niveau
CNAMTS. INRS, R 369. des équipements de travail ou à l'intérieur d'un
bâtiment, ou en tête de fouille ;
• L'utilisation des grues à tour. Recomman-
dation de la CNAMTS. INRS, R 377. - en délimitant, signalant et interdisant l'accès des
parties dangereuses d'une zone par des disposi-
tifs matériels.

66
Analyser et prévenir les risques

• Mettre en œuvre les protections individuelles : 3.12.2. Chutes de plain-pied


- dans certaines conditions ou lorsque les
mesures collectives ne peuvent pas être utilisées, Elles sont liées à un déséquilibre provoqué par
on peut avoir recours à des systèmes d'arrêt de des glissades, des trébuchements ou des heurts.
chute (harnais de sécurité). De l'accident bénin à la chute mortelle, elles peu-
vent avoir pour conséquence des fractures, des
entorses, des amputations, etc.
Ces chutes résultent de défaillances techniques
(sol glissant, éclairage insuffisant ou manquant),
et/ou de déficiences organisationnelles (absence
de voies de circulation des personnes ou de
signalisation...) et/ou des comportements
contraires à la sécurité (désordre, encombrement,
port de chaussures inappropriées...).

Les mesures de prévention :


- maintenir l'ordre matériel ;
- éviter la "course d'obstacles" sur les voies de cir-
culation : délimitation, absence d'encombrement,
séparation des voies de circulation pour les per- 3
sonnes et les véhicules, marquer ou signaler les
voies et les croisements, débarrasser la neige ou
le verglas... ;
- optimiser l'éclairage : prévoir de l'éclairage dans
tous les lieux où l'on circule, installer des interrup-
teurs lumineux accessibles, remplacer les appa-
reils d'éclairage défectueux, éviter les effets
Repérage de fûts au fond d’une fouille (Socotec).
d'ombre et d'éblouissement, éviter les contrastes
clair/obscur trop violents entre différentes zones... ;
- prévenir les accidents liés à la présence de
marches : marquer les marches de façon voyante
si elles ne peuvent être évitées, poser des bandes
antidérapantes au bord des marches lisses, ins-
taller une main courante, fermer, recouvrir ou
entourer les ouvertures dans les planchers... ;
- éviter la précipitation lors des déplacements ;
- mettre à disposition des chaussures appropriées :
chaussures de sécurité antidérapantes pour les
secteurs à risques, chaussures adaptées, en bon
état et qui maintiennent bien le pied ;
- entretenir les sols :
~ mettre en évidence les zones souillées ;
~ signaler et faire réparer immédiatement les
revêtements de sol endommagés ;

67
Analyser et prévenir les risques

~ installer un revêtement de sol antidérapant 3.12.3. Eboulements ou chutes d'objets


dans les zones à risque de glissade élevé ;
~ maintenir les sols propres ; Les mesures de prévention concernent l'utilisation
d'équipements de travail conformes, le respect
- informer les nouveaux arrivants en leur faisant des règles de sécurité relatives à l'utilisation des
profiter des expériences acquises en la matière. engins (appareils de levage, chariots automo-
Cette liste de mesures n'est pas exhaustive et teurs...), aux travaux de terrassement à ciel ouvert
peut être, entre autres, complétée par les (respect des pentes de talus, enlèvement ou
mesures mises en place pour l'organisation de la maintien des objets, blocs ou arbres se trouvant à
circulation dans l'entreprise. proximité des fouilles, mise en place de blindages,
étrésillons ou étais dans les tranchées, délimita-
tion, signalisation, mesures d'évacuation rapide
des personnes), aux travaux souterrains (soutè-
nement, purge, surveillance...) et de démolition, à
la stabilité des matériaux stockés... .

BIBLIOGRAPHIE

• Prévention des chutes de plain-pied. Synthèse


des travaux et recommandations. INRS, ND 2068.

• Le guide de la circulation en entreprise. INRS,


ED 800.

• Aide-mémoire BTP. Prévention des accidents


du travail et des maladies professionnelles dans
le bâtiment et les travaux publics. INRS, ED 790.

• Hygiène et sécurité dans les travaux du bâti-


ment, travaux publics et tous autres travaux
concernant les immeubles. Décret du 8 janvier
1965 et textes d'application, modifié par décret
du 6 mai 1995. INRS, ED 535.

• Maintenance et prévention des risques profes-


sionnels dans les projets du bâtiment. INRS,
ED 829.

• B. Anselme, F. Albasini - Les risques profes-


sionnels, connaissance et prévention. Editions
Nathan, Paris, 1994.

• Plates-formes élévatrices mobiles de person-


nel. INRS, ED 801.

68
Analyser et prévenir les risques

3.13. Les vibrations 3.13.2. Les effets

• Vibrations transmises au système main bras


3.13.1. Définition
Les travailleurs dont les mains sont régulièrement
exposées à des vibrations élevées peuvent souf-
Les vibrations sont définies par leur amplitude
frir de différents types de troubles au niveau des
(accélération exprimée en m/s2) et leur fréquence
membres supérieurs :
(en Hertz).
- perturbation de la circulation sanguine ;

On distingue les vibrations transmises : - atteintes du système nerveux et des muscles ;

- au système main bras : elles résultent de l'utili- - pathologies du poignet et du coude.


sation de machines portatives ou guidées à la Collectivement, ces troubles sont connus sous le
main (brise béton, burineurs, meuleuses ...) ; nom de syndrome des vibrations et sont couverts
- à l'ensemble du corps : elles sont surtout pré- par le tableau 69 des maladies professionnelles. Il
sentes sur les véhicules, engins de chantier, cha- s'agit de troubles qui peuvent être douloureux et qui
riots de manutention, grues, ponts roulants, etc. sont fréquents dans les industries où des machines
(vibrations transmises par les sièges) mais aussi vibrantes sont utilisées. Le syndrome des vibrations
sur les machines industrielles travaillant à poste diminue globalement les capacités manuelles des
fixe (vibrations transmises par le plancher sur personnes utilisant des machines à risque, ce qui
lequel se tiennent les opérateurs). pourrait accroître leur probabilité de se blesser.
- Les perturbations de la circulation sanguine sont
3
connues sous le terme de syndrome de Raynaud,
maladie des doigts blancs ou des doigts morts. Au
début de la maladie, le travailleur éprouve des
picotements dans les doigts à la fin du poste. Si
l'exposition régulière continue, la personne peut
souffrir d'attaques périodiques au cours des-
quelles les doigts changent de couleur après une
exposition au froid.
- Les atteintes du systèmes nerveux peuvent être
simultanées ou non aux perturbations de la circu-
lation sanguine. Elles se manifestent sous la
forme d'une atteinte des mécano-récepteurs qui
se traduit par une diminution de la sensibilité au
chaud, au froid et du toucher.
- Les troubles ostéo-articulaires du poignet et du
coude. La maladie de Kienböck est une nécrose
du semi-lunaire (os carpien). L'os insuffisamment
irrigué se fragilise. Cette pathologie, peu fréquen-
te, peut être très invalidante et nécessiter une
intervention chirurgicale au niveau du poignet. Au
niveau du coude, peut se développer une arthro-
se qui se caractérise par une hyper-ossification
des insertions des tendons (becs de perroquet) et
peut se manifester par une limitation des mouve-
ments d'extension ou de flexion du bras.

69
Analyser et prévenir les risques

• Vibrations transmises à l'ensemble du corps 3.13.3. Les mesures de prévention


Il n'y a pas, comme dans le cas des vibrations
Elles consistent en des mesures techniques.
transmises au système main-bras, une pathologie
spécifique reconnue, induite par l'exposition aux Elles doivent permettre de réduire les vibrations à
vibrations de l'ensemble du corps. Certains des la source et entre la source et l'opérateur (trans-
effets signalés comme liés aux vibrations trans- mission des vibrations).
mises à l'ensemble du corps, se distinguent peu
de ceux dus à une mauvaise position assise, à • Réduction des vibrations à la source
des tâches de manutention de charges lourdes ou
au vieillissement. Plusieurs enquêtes épidémiolo- Quel que soit l'environnement, il y a lieu de pren-
giques comparatives entre populations exposées dre les mesures suivantes :
et non exposées démontrent que la combinaison - un bon choix du véhicule ou de la machine en
de la position assise prolongée et de l'exposition fonction du terrain ou de la tâche à accomplir ;
aux vibrations augmente le risque de troubles de
- un entretien régulier du matériel ;
la colonne vertébrale (tableau 97 de maladies pro-
fessionnelles) : les symptômes les plus fréquem- - une information des opérateurs sur les métho-
ment rapportés sont les lombalgies, les excrois- des de travail à employer.
sances osseuses et les hernies discales.
Concernant les vibrations transmises au système
main-bras, il peut s'agir par exemple de remplacer
les machines portatives percutantes par d'autres
dont le principe de fonctionnement engendre peu de
vibrations (utilisation de tronçonneuses pour couper
le revêtement routier au lieu de marteaux piqueurs).
Concernant les vibrations transmises à l'en-
semble du corps, les mesures à prendre consis-
tent à niveler les irrégularités du terrain et à rédui-
re la vitesse au passage des obstacles.

• Réduction de la transmission des vibrations


Concernant les vibrations transmises au système
main-bras, on utilisera des machines équipées de
systèmes anti-vibratiles tels que les poignées sus-
pendues pour les brise-béton.
Concernant les vibrations transmises à l'en-
semble du corps, on cherchera à intercaler des
dispositifs de suspension entre le sol et l'opéra-
teur : pneus souples, sous le châssis, et/ou la
cabine, suspension de sièges bien adaptée. On
adoptera des profils de siège et des dimensions
de poste de travail qui permettent l'optimisation de
la posture de l'opérateur.

• Une organisation du travail qui permette de


réduire les temps d'exposition
Les normes AFNOR ENV 25349 et E 90401-2
précisent les méthodes d'évaluation de l'exposi-

70
Analyser et prévenir les risques

tion aux vibrations transmises respectivement au 3.14. Dispositions spécifiques


niveau du système main bras ou de l'ensemble du à la prévention des risques
corps. La grandeur utilisée est la valeur efficace professionnels sur les chantiers de
de l'accélération pondérée (en m/s2) en fréquence réhabilitation de sites industriels pollués
pour tenir compte des variations de sensibilité de
l'homme.
3.14.1. Le risque électrique
• L'utilisation de la protection individuelle
Toutes les installations mises en place sur les sites
En l'état actuel de la technique, la protection indi- industriels pollués, tous les engins et tous les outils
viduelle est peu efficace. Le rôle principal des utilisés au cours des opérations de réhabilitation
gants reste toujours de maintenir la main au doivent évidemment respecter les mesures géné-
chaud et de la protéger contre les agressions. Le rales de prévention du risque électrique, en tenant
rôle bénéfique de la ceinture lombaire n'est pas tout particulièrement compte de la possibilité pour
bien établi et est controversé. ces installations et ces engins de se retrouver de
façon permanente ou occasionnelle en zone
• L'information et la surveillance médicale explosive sur certains chantiers.
du personnel Compte tenu du caractère particulier de ces chan-
tiers (intervention de plusieurs entreprises, sous-
traitance, durée limitée des travaux, utilisation
d'engins de chantier), la partie du diagnostic pré-
liminaire du site concernant le recensement des
3
BIBLIOGRAPHIE canalisations souterraines, des lignes et des ins-
tallations électriques devra être particulièrement
• Les vibrations au poste de travail. Comité inter-
précise. En effet, dans le cas de sites laissés à
national AISS pour la recherche, INRS, Paris,
l'abandon pendant une période plus ou moins
1989.
longue, on ne peut avoir la certitude que toutes les
• P. Donati, P. Boulanger, J.P. Galmiche. Confort informations nécessaires ont été transmises ni de
vibratoire dans les véhicules industriels et les leur complète fiabilité. Si le chantier nécessite un
engins de chantier. Travail et sécurité, n° 509, éclairage, il faudra veiller à ce que la mise en
février 1993, pp. 150-158. place des infrastructures nécessaires et leurs
caractéristiques techniques soient compatibles
avec les règles de sécurité imposées par la circu-
lation de nombreux engins et les conditions d'ex-
ploitation du chantier (atmosphères explosives,
conditions météorologiques).
De la même façon, on devra définir une (ou des)
procédure(s) d'urgence en cas d'incident de type
électrique : les responsabilités et les habilitations
doivent être clairement définies.

71
Analyser et prévenir les risques

3.14.2. Le bruit 3.14.3. Les radiations ionisantes

Sur les chantiers de réhabilitation de sites indus- Dans la majorité des cas, la contamination radio-
triels pollués, les machines (de criblage, de recon- active d'un site industriel pollué sera connue des
ditionnement des déchets, de traitement des terres services spécialisés ou bien l'enquête préliminai-
polluées, etc.) doivent être considérées comme re à la réalisation des travaux permettra de mettre
telles et faire l'objet de traitements adéquats (encof- en évidence cette pollution, ou de la suspecter.
frement, écrans acoustiques, insonorisation). Dans ce cas, les travaux seront entrepris sous le
contrôle de l'ANDRA (Agence nationale pour la
Il faudra prendre en compte de façon impérative
gestion des déchets rAdioactifs) qui édictera les
d'éventuelles conséquences de la co-activité non
règles techniques et sanitaires qui devront être
pas tant pour les nuisances sonores en elles-
suivies au cours de la réhabilitation. Les éléments
mêmes, qui peuvent en général être traitées selon
de prévention généraux, propres au travail en pré-
les méthodes habituelles, que pour les consé-
sence de rayonnements ionisants pourront alors
quences en termes d'accidents entraînés par la
être mis en œuvre.
non-perception du danger ou des signaux d'aver-
tissement. On peut en particulier signaler les Cependant les produits enfouis dans les anciens
risques liés à la circulation des engins ou à leur dépôts de déchets industriels sont en général
évolution dans leur zone de travail. Des réponses inconnus. Pas plus qu'on ne connaît précisément
doivent être apportées en termes de vigilance la nature des produits chimiques qui y ont été
accrue, d'établissement de règles de circulation enfouis (que ce soit au cours de leur exploitation
précises ou d'interdictions de séjour dans cer- normale ou de façon incontrôlée au cours des
taines zones. années qui ont suivi), on ne dispose d'indications
sur la présence de produits radioactifs qui pour-
raient s'y trouver (molécules marquées, sources
radioactives, etc.). Les enquêtes réalisées au
cours du diagnostic préliminaire permettront dans
certains cas, en fonction de la provenance des
produits qui ont été entreposés, de suspecter la
présence de ces produits radioactifs, et d'associer
l'ANDRA à la gestion de la réhabilitation.
Le risque demeure néanmoins que de tels pro-
duits soient mis en évidence de façon inopinée à
l'occasion de l'ouverture de fouilles. Il n'est en
effet jamais possible de garantir l'exhaustivité de
l'inventaire des produits qui aura été effectué au
cours des études de diagnostic. Il importe donc
sur le chantier de disposer d'un moyen qui per-
mette de mettre en évidence la présence de pro-
duits radioactifs : le compteur Geiger-Müller.
L'entreprise en charge des travaux sera alors en
mesure de prendre les mesures conservatoires
minimales afin d'éviter la dissémination de la pol-
lution. Elle pourra également, en s'inspirant des
mesures de décontamination prévues pour les
installations fixes, procéder aux opérations néces-
saires à la mise en sûreté des travailleurs qui sont
intervenus sur le chantier. Les travaux devront
évidemment être suspendus immédiatement
(mesures conservatoires mises à part) au moins

72
Analyser et prévenir les risques

dans la zone de découverte, jusqu'à expertise 3.14.4. Le risque chimique


spécialisée. De nouvelles procédures d'interven-
La protection contre les risques chimiques sur les
tion devront alors être définies intégrant la pré-
chantiers de réhabilitation de sites industriels pol-
sence de ces produits radioactifs.
lués se situe dans un cadre très particulier : en
Dans le cas d'anciens sites industriels dont l'ex- effet dans de nombreux cas, les produits contre
ploitation a cessé depuis un temps plus ou moins lesquels il faut protéger les travailleurs sont mal
long, il conviendra, préalablement à l'exécution connus, voire inconnus. C'est en particulier le cas
des travaux d'interroger la CIREA (Commission pour les anciens dépôts de déchets industriels. De
interministérielle des radioéléments artificiels) sur la même façon quand on procède à la réhabilita-
la présence de sources scellées ou non scellées tion d'anciennes usines dans lesquelles des pro-
dans les locaux concernés. duits chimiques ont été abandonnés, il n'est sou-
vent pas possible de garantir l'exactitude de l'éti-
quetage (qu'il soit précis avec le nom de produits
ou limité aux classes de risque) éventuellement
porté sur les différents fûts.
Procéder à une analyse complète de tous les fûts
qui doivent être traités au cours d'une opération
de réhabilitation n'est pas envisageable car ils
sont souvent très nombreux (jusqu'à plusieurs mil-
liers sur certains sites). Cela ne présenterait
d'ailleurs aucun intérêt pour la réhabilitation du 3
site. Les analyses se limiteront donc à une déter-
mination rapide de la nature du contenu du fût
(acide, base, solvant chloré ou non, présence de
métaux et de leurs sels ou oxydes, etc.) de façon
à pouvoir déterminer sa filière d'élimination (traite-
ment physico-chimique, enfouissement en déchar-
ge contrôlée, préparation de combustible pour
cimenterie, incinération dans un centre spécialisé,
etc.). L'hygiéniste industriel va donc devoir mettre
en place une protection des travailleurs en ne dis-
posant souvent que des indications recueillies au
cours des phases d'analyse historique et de dia-
gnostic du site. On voit bien dans un tel contexte
les limitations des préconisations générales en
matière de protection contre le risque chimique :
elles demeurent évidemment valables, mais il faut
être en mesure de les adapter à la réalité du
chantier.

En termes d'évaluation des risques, la situation


est complexe. Le recours au mesurage de la pollu-
tion est possible dans certains cas où la pollution
est parfaitement connue et où les opérations qui
vont être entreprises sont parfaitement définies. En
revanche dans le cas de terres polluées par de
multiples solvants, ce mesurage peut s'avérer diffi-
cile à mettre en œuvre. La pollution des sols n'étant

73
Analyser et prévenir les risques

pas toujours homogène, il pourra être difficile de On trouvera dans le chapitre 7 "Gestion du risque
définir un traceur qui pourrait être suivi par une chimique sur les chantiers. Exemples" des
méthode simple (tube colorimétrique à lecture exemples de ce que la réalisation de campagnes
directe, ou appareil à photoionisation). Le recours à de mesure a permis de réaliser en matière d'éva-
une analyse complète ne sera évidemment pas luation de risques, tant dans des situations
possible en routine, tant pour des raisons de coût simples avec polluants et procédures de travail
que pour des raisons de délai d'exécution trop long. bien définis que dans des cas où les connais-
sances de base étaient plus fragmentaires.
Cette évaluation des risques peut donc s'avérer
une opération très complexe pour certaines opé-
rations. Plusieurs types de situations peuvent se La maîtrise du risque à l'origine ne peut évi-
présenter : demment pas passer par une substitution de pro-
duits. En revanche, elle peut porter sur une adap-
- La pollution est parfaitement connue (dans le tation des techniques de travail destinée à mieux
cas par exemple d'un déversement accidentel protéger les salariés. Plusieurs de ces techniques
provenant d'un camion ou d'une cuve de stocka- sont recensées dans le chapitre 5 "Guide des pro-
ge). L'évaluation des risques sera construite à cédures et des techniques utilisées pour la pro-
partir de la fiche de données de sécurité et les tection collective". Seul un recensement des prin-
entrepreneurs en charge de l'opération pourront cipes sera réalisé ici, illustré par l'exemple précis
définir leur système de gestion du risque (tech- du traitement des fûts.
nique opératoire, évaluation des expositions, pro-
tection collective, protection individuelle, etc.) en L'ouverture des fûts par exemple est une opération
fonction de ces données de base. qui peut à la fois provoquer des brûlures chimiques
dues aux éclaboussures et l'inhalation de sub-
- L'incertitude sur la nature de la pollution est stances dangereuses. Si des liquides sont répan-
faible. Une telle situation peut se rencontrer sur un dus, la concentration atmosphérique des polluants
site industriel récent ou dont l'historique est bien augmentera en même temps que l'exposition des
connu et pour lequel on dispose d'une bonne travailleurs. Que ce soit pour une prise d'échan-
connaissance de la pollution. Malgré la faible pro- tillons ou à des fins de reconditionnement, les fûts
babilité d'une découverte inattendue, le cas devront donc être ouverts en minimisant le risque
échéant, l'évaluation des risques devra prendre de projection et en évitant de détériorer l'envelop-
en compte la nécessité de la mise en place d'une pe. Une ouverture de taille réduite est suffisante
procédure de vigilance (suspension provisoire des pour un transfert par pompe dans un fût neuf, si
travaux jusqu'à plus ample information quant à la l'état du fût d'origine le nécessite. Si le recondition-
nature et au danger des produits découverts). nement doit être effectué à distance dans une ins-
tallation spécialisée mise en place sur le site, en
- Enfin le cas le plus complexe sera évidemment
réduisant la taille de l'ouverture on minimisera le
celui de la réhabilitation d'un dépôt à risques de
risque de répandre la pollution pendant le transfert.
produits chimiques où la connaissance des pro-
duits stockés (souvent enfouis) sera le plus sou- On privilégiera donc l'ouverture par les orifices
vent incomplète, et où le risque de découverte prévus (bondes) éventuellement à l'aide d'appa-
d'un produit inconnu et très dangereux (toxicité, reils pneumatiques, ou par des outils anti-étince-
risque d'incendie-explosion, etc.) subsistera. lants en évitant tout choc et en se protégeant avec
L'évaluation des risques devra souligner la néces- un écran des projections éventuelles. De même,
sité pour les entrepreneurs de devoir s'adapter la prise d'échantillons se fera au moyen de
dans l'urgence à des situations imprévues. La cannes d'échantillonnage. On prévoira aussi tous
réponse de l'entrepreneur se fera en fonction de les moyens nécessaires (levées de terre, maté-
l'estimation du niveau de risque : mesurage en riau absorbant) pour éviter que des produits
continu de la pollution ou d'un indice représentatif s'échappant de fûts détériorés ne polluent davan-
de cette pollution, mise à la disposition d'appareils tage le site en augmentant ainsi les risques de
de protection respiratoire isolants, etc. contamination, d'exposition ou d'accident.

74
Analyser et prévenir les risques

Certains opérateurs écartent a priori tout recondi- Sur les chantiers de réhabilitation comme sur
tionnement sur le site et préfèrent un transfert immé- tous les lieux de travail, la primauté doit être
diat du fût dès sa mise à jour dans une caisse-palet- donnée à la protection collective. Cependant
te étanche. Ces caisses-palettes sont ensuite expé- les contraintes des chantiers, particulièrement
diées vers un centre de traitement de déchets où le pour les opérations d'extraction ou d'ouverture de
reconditionnement pourra être effectué plus facile- fûts, ainsi que la connaissance souvent lacunaire
ment dans des installations spécialisées. des expositions potentielles, font que le recours à
la protection individuelle dans le domaine respi-
ratoire est souvent indispensable. Par ailleurs le
La protection collective est trop souvent négli-
port de vêtements spéciaux, gants, casques, etc.
gée sur les chantiers de réhabilitation de sites
est le plus souvent indispensable. Un chapitre spé-
industriels pollués, alors que la plupart des entre-
cial (6. La protection individuelle) est consacré à ce
prises l'ont intégrée dès la conception de leurs ins-
sujet : la protection individuelle est un outil utile,
tallations pérennes. Pourtant le caractère tempo-
mais qui génère des contraintes et dont l'efficacité
raire des chantiers ne doit pas dispenser d'une
n'est pas absolue. Il convient d'en connaître les
réflexion sur la possibilité de prévoir la protection
limites pour pouvoir l'utiliser de façon raisonnable
collective en même temps que les outils ou instal-
et efficace.
lations qui seront mis en place. Ainsi, si une station
de reconditionnement des déchets est prévue sur
le site, elle doit être équipée d'un dispositif d'aspi- La formation et l'information des opérateurs
ration des poussières et des gaz de la même façon sont des éléments indispensables au bon dérou-
que dans une installation pérenne on ne doit pas
envisager un poste de pesée de pulvérulents ou
lement d'un chantier. Dans le domaine du risque
chimique, elles sont d'autant plus indispensables
3
une installation de dépotage de solvants sans une et difficiles à mettre en œuvre qu'elles vont
aspiration des polluants à la source. Sur le même s'adresser dans la majorité des cas à un public
principe, un poste de criblage peut être ventilé, et dont la formation de base dans ce domaine est
la cabine d'un engin de chantier, pressurisée avec réduite, voire inexistante. Les opérations de réha-
mise en place de filtres ou de charbon actif desti- bilitation de sites emploient en effet le plus sou-
nés à épurer l'air que respirera le conducteur. Il est vent des salariés des activités de travaux publics,
également possible dans le cas d'un travail en domaine dans lequel le risque chimique n'est
tranchée de ventiler le volume dans lequel évolue généralement pas primordial. La difficulté réside
l'opérateur (par aspiration et/ou par soufflage en dans une prise en compte du risque à son juste
fonction de la configuration du chantier) de façon à niveau, sans qu'il soit négligé, ni qu'il devienne
assurer l'assainissement de l'air au fond de la une phobie chez des travailleurs qui n'y sont pas
fouille pour les travailleurs présents. habituellement confrontés.

L'organisation du travail découlera dans la plu-


Les prescriptions générales établies pour la pré-
part des cas des règles d'organisation des chan-
vention du risque chimique s'appliquent, mais doi-
tiers. Un chapitre particulier (4. L'organisation des
vent être adaptées à la spécificité de la situation.
chantiers) est consacré à ce sujet qui conditionne
Un affichage des risques et des dispositions à
un déroulement correct, y compris en matière
prendre pour les éviter seront par exemple indis-
d'hygiène et de sécurité, des opérations. Le choix
pensables sur les zones de transit comme dans
des lieux de stockage des produits reconditionnés
tout stockage de produits chimiques. L'impossi-
avant enlèvement vers la filière d'élimination, les
bilité de procéder dans la plupart des cas à un éti-
procédures d'entrée et de sortie en zone de tra-
quetage ne dispense pas le responsable du chan-
vail, les opérations de décontamination sont en
tier d'une étude minimale des risques liés aux pro-
particulier des éléments essentiels d'une politique
duits (même en mélange) devant se concrétiser
hygiène et sécurité efficace.
par une signalisation adaptée (et un affichage
dans les locaux de stockage) mettant en évidence

75
Analyser et prévenir les risques

les risques principaux. Un simple étiquetage 3.14.5. Le risque amiante


"déchets" est en particulier inacceptable si le
contenu du fût est susceptible d'être irritant, La prévention contre le risque amiante sur les
toxique, etc. chantiers de réhabilitation de sites industriels pol-
Etant donné la nature de certains chantiers, il ne lués doit a priori respecter les règles générales.
sera pas toujours possible d'exiger du respon- Les principes généraux de recensement exhaustif
sable du chantier qu'il ait à sa disposition les de la pollution, d'isolement de la zone de travail,
fiches de données de sécurité de l'ensemble des d'abattage et de captage à la source de la pollu-
produits présents sur le site (cas en particulier des tion émise, d'équipement des travailleurs et de
dépôts à risques pour lesquels on ne peut pas respect d'une filière déchets spécifique s'appli-
connaître a priori la totalité des composés). quent évidemment. Ces principes valent égale-
Toutefois les renseignements recueillis au cours ment pour toutes les opérations d'enlèvement de
des phases préliminaires du chantier devraient flocage ou de calorifugeage, et de déconstruction
permettre de définir les fiches indispensables cor- de bâtiment couverts ou bardés d'amiante-ciment.
respondant aux produits les plus courants. Cependant, comme dans le cas des produits chi-
miques, le risque de découverte de matériaux
amiantés non détectés au cours de la phase de
La formation devra être adaptée à chaque chan- préparation de chantier doit être pris en compte.
tier. L'accent devra être mis sur quelques points Ceci est particulièrement vrai pour les anciens
essentiels tels que : dépôts de déchets industriels. Une intervention
- les caractéristiques principales des produits chi- non maîtrisée sur ce matériau peut générer des
miques, en insistant en particulier sur les incom- expositions très élevées et une pollution de l'envi-
patibilités de certains mélanges ; ronnement immédiat, susceptible de provoquer
des expositions différées. Tout matériau suspect,
- les procédures de décontamination et d'évacua-
par son aspect, d'être de l'amiante ou d'en conte-
tion d'urgence ;
nir devra être considéré comme tel tant que la
- les premiers secours aux blessés ; preuve du contraire ne sera pas apportée.
Pratiquement un mouillage abondant du matériau
- l'utilisation des équipements de protection indivi-
réduira dans des proportions importantes les pos-
duelle, et en particulier les règles de port efficace
sibilités d'émission de fibres.
des appareils de protection respiratoire.
S'agissant de chantiers pour lesquels les tech-
niques évoluent rapidement (souvent différentes
entre le début du chantier et la fin), il ne faut pas
considérer que la formation a été dispensée une
fois pour toutes : elle doit être sans arrêt adaptée
aux réalités du chantier.

La surveillance médicale est traitée dans un


chapitre spécial (2.5).

76
Analyser et prévenir les risques

3.14.6. Le risque incendie 3.14.7. Le risque d'explosion

La principale spécificité du risque incendie sur les La prévention des risques d'explosion sur les
chantiers de réhabilitation de sites industriels pol- chantiers de réhabilitation de sites industriels pol-
lués par rapport aux activités industrielles habi- lués va présenter beaucoup d'analogie avec la
tuelles tient à la manipulation de fûts contenant prévention du risque d'incendie. Les risques sont
des produits de nature parfois indéterminée et très liés : un incendie peut entraîner une explosion
dont le mélange accidentel ou volontaire peut se et réciproquement. La spécificité du risque d'ex-
traduire par un risque d'incendie accru. plosion sur ces chantiers tient en effet à la pré-
sence et à la manipulation de produits chimiques
qui nécessitent dans les deux cas les mêmes pré-
En règle générale, l'incendie sera lié à : cautions. Acquérir une connaissance aussi préci-
- des réactions chimiques qui se traduisent par se que possible des principales propriétés phy-
une inflammation ; siques et chimiques des composés s'avère une
nécessité : manipuler un fût contenant des per-
- l'inflammation de produits chimiques combustibles ;
oxydes impose par exemple des précautions par-
- l'inflammation due à un apport d'oxygène ; ticulières. De la même façon, il faudra éviter de le
mélanger à des produits susceptibles de provo-
- l'agitation de composés sensibles aux chocs ou
quer un échauffement, ce qui augmenterait le
à la friction ;
risque d'explosion.
- la détente de matériaux sous pression.
Au-delà des effets habituels des incendies, l'in-
La transformation en milieu anaérobie des pro-
duits organiques présents dans les décharges
3
flammation de produits souvent toxiques peut se mixtes de produits chimiques et d'ordures ména-
traduire par l'émission de vapeurs et de fumées gères est à l'origine de la production d'un gaz
contre lesquelles il faudra être en mesure de pro- extrêmement inflammable, le méthane. Le risque
téger les travailleurs présents sur le site. d'explosion d'une poche de méthane libérée par
les travaux de réhabilitation doit être envisagé au
Il conviendra donc : cours de la préparation des différents plans de
prévention : l'historique du site, mais aussi des
- de gérer les problèmes d'incompatibilité chi- sondages préalablement au chantier ou pendant
mique par une détermination soigneuse des son déroulement peuvent fournir des indications
filières d'élimination de façon à éviter les en ce sens.
mélanges indésirables ;
Certains sites industriels anciens (usines à gaz,
- de procéder aux opérations de dégagement, établissements situés à proximité des nœuds fer-
d'extraction, de transfert et de reconditionnement roviaires ou des gares de triage) ont pu être bom-
de fûts avec précaution, afin d'éviter les frictions et bardés en particulier au cours de la Seconde
les risques de répandre leur contenu ; Guerre mondiale. Si l'enquête préalable menée au
- d'interdire toutes les sources d'ignition dans les moment de l'analyse historique du site confirme
atmosphères potentiellement inflammables ; une telle possibilité, il conviendra d'attirer l'atten-
tion du personnel, et en particulier des conduc-
- de privilégier l'utilisation d'outils anti-étincelants
teurs d'engins de chantier sur l'éventualité de
pour les ouvertures de fûts.
mise au jour d'objets explosifs. Il existe des des-
criptifs (avec schémas) qui peuvent aider à la
reconnaissance des différents types de bombes
et autres matériels explosifs.

77
Analyser et prévenir les risques

3.14.8. Le travail en atmosphère confinée 3.14.9. Les risques biologiques


et le risque d'asphyxie
S'agissant d'anciens dépôts de déchets qui ont pu
Le travail en atmosphère confinée et le risque rester sans surveillance pendant parfois plusieurs
d'asphyxie (ou d'exposition à des polluants chi- années ou sur lesquels l'admission des déchets
miques) correspondant à la pénétration dans des n'a pas toujours fait l'objet de toutes les précau-
capacités, des réacteurs ou des stockages aban- tions nécessaires, on ne peut pas exclure a priori
donnés concernent les travailleurs employés sur la présence de déchets émanant d'hôpitaux ou de
les chantiers de réhabilitation de sites industriels laboratoires de recherche mettant en œuvre des
pollués au même titre qu'ils concernent les tra- composés biologiques. À cet égard, l'analyse his-
vailleurs de l'industrie en général. Les mêmes torique au moment de l'établissement du diagnos-
règles de prévention peuvent donc s'appliquer. tic de la pollution du site peut fournir des indica-
Dans le cas spécifique des réhabilitations, le creu- tions qui ne seront cependant pas forcément com-
sement de tranchées dans des zones contenant plètes. La protection des travailleurs sera a priori
des déchets peut aboutir à créer des volumes à assurée par des éléments analogues à ceux utili-
forte pollution en espace semi-confiné, dans les- sés pour la protection contre le risque chimique
quelles on appliquera les mesures de prévention (vêtements, appareils de protection respiratoire,
générale : captage ou dilution de la pollution, équi- etc.), adaptés aux spécificités des risques biolo-
pement du travailleur de protection respiratoire iso- giques suspectés. Les mesures de prévention
lante, ainsi que les règles de surveillance habi- d'ordre général citées précédemment s'appliquent
tuelles. En outre la pollution peut être renouvelée en également aux activités de réhabilitation.
permanence (vaporisation de la pollution organique
Il existe également des risques biologiques liés
imprégnant les terres par exemple) quelles que
aux activités générales de chantier : les risques
soient les mesures d'assainissement mises en
de tétanos, de piqûres d'insectes ou de morsures
œuvre, et sa nature peut évoluer avec l'avancement
de serpents, mais aussi de leptospirose en pré-
du chantier : même si les résultats des mesures de
sence de rongeurs, etc. Il appartiendra alors au
contrôle sont satisfaisants, le préventeur doit garder
médecin du travail en fonction d'une analyse des
à l'esprit que cette situation peut être remise en
risques propres au site de déterminer les mesures
cause à tout moment.
à prendre (en particulier les vaccinations) afin
d'assurer la protection des travailleurs contre ces
risques. Des procédures de décontamination
adaptées à la situation du site devront également
être définies : lavage des parties du corps ou des
vêtements souillés, décontamination, etc.

78
Analyser et prévenir les risques

3.14.10. Manutentions manuelles 3.14.11. Engins, véhicules


de manutention et de terrassement
La durée limitée des chantiers et le caractère pro-
visoire des installations ne doivent pas constituer Il est pratiquement impossible de mener un chan-
des obstacles à une analyse des conditions de tier de réhabilitation de site pollué sans utiliser des
manutention manuelle et à la mise en œuvre engins de chantiers dont l'utilisateur devra s'assu-
consécutive d'une politique de prévention des rer de la conformité. Le caractère particulier de
risques liés à ces manutentions. De la même cette activité va avoir des conséquences sur le
façon qu'on n'imagine pas que dans une installa- type d'engins et leur modalité d'utilisation, en par-
tion industrielle classique des aménagements ne ticulier pour toutes les opérations d'excavation
soient pas effectués pour les opérations de manu- réalisées dans les dépôts de produits chimiques.
tention de bidons, fûts, etc., il ne serait pas accep-
L'utilisation des engins qui constitue un progrès
table que le caractère provisoire du chantier soit
puisqu'elle permet de minimiser les manutentions
un frein à la conception de dispositifs permettant
manuelles, ne doit pas se traduire par un risque
le déplacement, le levage ou le transvasement de
supplémentaire pour les travailleurs en termes
fûts : de tels équipements pourront, éventuelle-
d'exposition aux produits chimiques ou par un
ment après une adaptation plus ou moins pous-
risque d'incendie ou d'explosion. Il conviendra
sée, être utilisés sur un autre chantier. Un recen-
donc de faire en sorte que cette utilisation d'en-
sement de certaines de ces techniques a été
gins n'aboutisse pas à un éclatement des fûts au
effectué dans un chapitre spécifique "5. La pro-
moment de leur mise à jour ou de leur manuten-
tection collective".
Cette mécanisation des tâches s'avère d'autant
tion. Si le contenu du fût est répandu au moment
de sa mise à jour, on augmente les risques d'ex-
3
plus nécessaire que le travail pourra s'effectuer position aux produits chimiques, mais aussi ceux
dans des conditions difficiles : travail en tranchées d'incendie ou d'explosion. De la même façon, des
sur des sols inégaux, glissants ou boueux, trans- heurts trop violents entre le godet et le fût peuvent
vasement de fûts en mauvais état, qui peuvent aboutir à des explosions selon la nature du produit
générer des risques d'exposition aux produits chi- contenu à l'intérieur du fût. L'expérience acquise
miques ou de blessures, etc. sur les chantiers montre que l'utilisation d'engins
courants ne pose en règle générale pas de pro-
blèmes particuliers si elle intègre des règles élé-
mentaires de sécurité propres à ce type de chan-
tiers. Pour ce faire, on privilégiera l'utilisation d'en-
gins de taille réduite telles des micro-pelles qui
permettront au conducteur un travail suffisam-
ment précis et soigneux. En termes d'organisa-
tion, un tel travail impose le recours à un conduc-
teur d'engins expérimenté. Il ne devra pas non
plus être soumis à des exigences de rendement
qui pourraient se révéler incompatibles avec la
précision et le soin nécessités par une telle activi-
té. Un dégagement peu soigneux des fûts, qui
dans un premier temps peut sembler plus écono-
me en temps, se traduira immanquablement par
une dissémination de la pollution qui aboutira,
outre à des risques plus élevés pour les tra-
vailleurs, à des travaux supplémentaires pour sa
résorption et donc à une perte de temps (et à des
coûts supplémentaires).

79
Analyser et prévenir les risques

Pour que le conducteur d'engins puisse effectuer Les opérations de diagnostic des sites nécessitent
son travail avec tout le soin et toute la précision souvent l'emploi de machines de forage, de tarières
requis, il pourra être nécessaire qu'une aide lui et de foreuses qui imposent que des mesures de
soit fournie en termes de guidage. Cette aide peut prévention spécifiques soient prises. Des vêtements
être apportée par un opérateur présent à proximi- flottants risquent de se prendre dans les pièces
té de la zone d'évolution de l'engin qui pourra tournantes et peuvent occasionner des blessures
communiquer au conducteur par un moyen appro- graves. De la même façon, les phases de démarra-
prié (gestes, voix, avec éventuelle utilisation d'ap- ge et d'arrêt peuvent générer des accidents si on ne
pareils de télécommunication) toute indication s'assure pas de l'arrêt total des tiges de forage
nécessaire à la précision du travail de mise à jour avant intervention sur les machines. Des vissages
ou de dégagement. Pour toutes les opérations de incorrects des pièces peuvent également être la
diagnostic qui correspondent généralement à des cause d'accidents sur les machines.
fouilles peu profondes la présence de l'opérateur
au fond de l'excavation doit être proscrite.
Les conducteurs d'engins pourront être exposés
aux polluants émis au cours des opérations de
En revanche, la présence de travailleurs au fond
réhabilitation. Il est donc souhaitable que soient
d'excavations profondes, correspondant générale-
mis à leur disposition des engins pourvus de
ment à des opérations d'enlèvement de déchets
de grande ampleur (par exemple la réhabilitation cabines alimentés en air filtré. À défaut et en fonc-
d'anciens dépôts de déchets industriels) peut être tion des risques d'exposition, une protection res-
tolérée aux conditions suivantes : piratoire doit être envisagée. Si l'analyse des
risques, basée en particulier sur des prélève-
- espace suffisant pour permettre un éloignement
ments d'atmosphère, montre que le port de cette
en urgence de l'opérateur présent dans la fouille
protection respiratoire doit être permanent, on
de la zone d'évolution du godet ou de l'engin ;
aura recours à des appareils à ventilation assistée
- état de surface du fond de la fouille satisfaisant, seuls capables, en raison de la contrainte physio-
en termes de glissance (présence de produits chi-
logique, d'assurer la protection respiratoire sur
miques) et de régularité de surface, permettant
des durées supérieures à quelques dizaines de
également un dégagement rapide de l'opérateur
minutes. En revanche si le port de la protection
présent en fond de fouille en cas d'incident ;
respiratoire n'est nécessaire que pour certaines
- mise en sécurité des parois de l'excavation (blinda- opérations de durée limitée, il sera utile de cerner
ge, talutage) afin d'éviter tout risque d'éboulement et au mieux ces périodes afin de ne pas imposer à
d'ensevelissement, particulièrement élevé dans le l'opérateur un port inutile. Compte tenu des
cas des terrains hétérogènes qu'on rencontre le plus contraintes qu'il impose, pour être accepté par le
souvent sur les dépôts de produits chimiques. travailleur et donc être pleinement efficace, le port
de la protection respiratoire doit être limité, quand
La présence d’un opérateur en fond de fouille c'est possible, aux seules périodes où il est
constitue évidemment une raison supplémentaire nécessaire.
pour que des exigences de rendement déraison-
nables en fonction des exigences de précision et de
sécurité ne soient pas imposées aux conducteurs Les engins de chantier peuvent être les vecteurs
d'engins. La mise en sécurité de l'opérateur présent d'une dissémination de la pollution, dont on a vu
en fond de fouille implique également qu'au moment précédemment qu'elle doit être évitée. Des opéra-
de l'analyse des risques soit intégré le fait qu'il sera tions de décontamination devront être prévues
dans la plupart des cas porteur d'équipements de régulièrement sur des aires ou des installations
protection individuelle. En conséquence sa percep- spécialisées, situées sur le chantier. Un soin par-
tion (vision, audition) du danger, comme sa capaci- ticulier en matière de décontamination devra être
té de réaction (rapidité d'évacuation, aisance des apporté aux sorties de zones polluées, en parti-
mouvements) face à ce danger pourront être dimi- culier quand elles correspondent à un départ de
nuées de façon significative. l'engin vers un autre chantier.

80
Analyser et prévenir les risques

3.14.12. Chutes et éboulements travaux de terrassement est souvent effectué au


cours de telles opérations. Les activités exercées
Comme dans toute activité, les risques de chutes dans le passé sur le site ont souvent pour consé-
sont parmi les plus importants auxquels sont sou- quence une forte hétérogénéité de la terre, de par
mis les travailleurs des chantiers de réhabilitation la nature différente des matériaux rapportés ou
de sites industriels pollués. La prévention habituel- simplement de par la présence de fûts et autres
lement mise en œuvre dans les établissements objets mis en dépôt. Cette terre peut d'ailleurs être
industriels et sur les chantiers est donc directe- imbibée de produits chimiques : cette imprégna-
ment applicable à ce type d'activité. En particulier, tion pouvant être très variable à quelques mètres
les fouilles en tranchées de plus de 1,30 m de pro- de distance, l'instabilité des matériaux en sera
fondeur et d'une largeur égale ou inférieure aux renforcée. La présence d'engins circulant ou tra-
deux tiers de la profondeur doivent, lorsque leurs vaillant à proximité des sommets de la fouille
parois sont verticales, ou sensiblement verticales, constitue un facteur aggravant pour les risques
être blindées, étrésillonnées ou étayées. d'éboulements. En outre, on a vu précédemment
que la présence de travailleurs peut être néces-
Une attention particulière doit être apportée à la saire dans les excavations profondes correspon-
prévention des risques d'éboulement, en particu- dant à la réhabilitation des anciens dépôts de
lier au cours des résorptions des anciens dépôts déchets industriels afin de guider les conducteurs
de déchets industriels. Un volume important de des engins de terrassement dans leurs travaux de

3
Opérations d’excavations (Enviro Services France).

81
Analyser et prévenir les risques

dégagement ou d'extraction des fûts. Indépen- 3.14.13. Les vibrations


damment de ces opérations de guidage, les opé-
rateurs sont fréquemment amenés à intervenir en Sur ces chantiers, le principal risque lié aux vibra-
fond de fouille pour fixer une élingue, pour procé- tions est l'utilisation de quelques machines tenues à
der à l'échantillonnage d'un fût ou à son recondi- la main et d'engins d'excavation et de manutention.
tionnement par pompage, etc. En fonction de la Les mesures de prévention résumés dans la partie
nature du site, de sa pollution, et de la méthode précédente consacrée aux réponses de prévention
de travail adoptée pour la réhabilitation, des habituelles sont adaptées à ces cas particuliers.
méthodes de prévention diverses devront être
adoptées : talutage, blindage, etc.
Les travailleurs opérant en fond de fouille étant
dans la plupart des cas porteurs d'équipements
de protection individuelle (appareils de protection
respiratoire et vêtements spéciaux destinés à les
protéger du risque chimique par exemple), leur
capacité de réaction face à un danger peut être
diminuée ou au moins ralentie. Cette situation est
une raison supplémentaire pour éviter tout risque
d'éboulement : la mobilité moindre du travailleur
dans un terrain souvent difficile peut se traduire, à
défaut d'un ensevelissement, par un risque accru
de chute de plain-pied au cours de son évacuation
du lieu dangereux.

82
L’organisation des chantiers

4. L’organisation des chantiers

4.1. Voies et réseaux divers (VRD) Cette voie est prolongée dans le chantier par
d'autres voies permettant aux travailleurs d'accé-
der aux zones où sont installés les divers locaux
Champ d'application qui leur sont destinés. Ces voies doivent être
constamment praticables (eaux pluviales drainées
Le décret du 26 décembre 1994 applicable aux et évacuées) et convenablement éclairées ;
opérations de bâtiment et de génie civil a fixé
l'obligation de réaliser certains VRD pour les opé- • un raccordement à un réseau de distribution
rations de construction de bâtiment dépassant d'eau potable permettant une alimentation suffi-
5 millions de francs. sante des divers points d'eau prévus dans les
locaux destinés au personnel ;
Réalisation
• un raccordement à un réseau de distribution
Avant toute intervention des entreprises et des électrique permettant de disposer d'une puissan-
sous-traitants, le maître d'ouvrage doit faire réali- ce suffisante pour alimenter les divers équipe-
ser les VRD suivants : ments et installations prévus dans les locaux des-
tinés au personnel ;
• une voie d'accès au chantier permettant aux
véhicules et aux piétons de parvenir en un point • une évacuation des matières usées
au moins du périmètre d'emprise du chantier. conformes aux règlements sanitaires en vigueur.
4
Résorption d’un dépôt à risques (INRS).

83
L’organisation des chantiers

Sous réserve de mesures compensatrices d'hygiè-


BIBLIOGRAPHIE
ne et de sécurité et dans des conditions strictement
définies, des décisions de dérogations, sur deman- • Hygiène et sécurité dans les travaux du bâti-
de du maître d'ouvrage, concernant les voies d'ac- ment, travaux publics et tous autres travaux
cès et le raccordement à un réseau d'eau potable concernant les immeubles. Décret du 8 janvier
et d'électricité peuvent être prises par le directeur 1965 et textes d'application, modifié par décret
départemental du travail et de l'emploi après du 6 mai 1995. INRS, ED 535.
consultation du comité régional de l'OPPBTP. • Aide-mémoire BTP. Prévention des accidents
du travail et des maladies professionnelles dans
le bâtiment et les travaux publics. INRS, ED 790.
4.2. Les installations sanitaires et lieux
de restauration • Intervention d'entreprises extérieures. Aide-
mémoire pour la prévention des risques. INRS,
Pour un certain nombre de mesures générales ED 757.
d'hygiène, la réglementation distingue les chan- • Conception des lieux de travail. Démarches,
tiers de bâtiment et de génie civil dont la durée méthodes et connaissances techniques. INRS,
n'excède pas quatre mois de ceux supérieurs à ED 718.
quatre mois.
• Installations sanitaires des entreprises. Aide-
C'est ainsi que dans les chantiers n'excédant pas mémoire juridique 11. INRS, TJ 11.
quatre mois, il peut être dérogé à certaines pres-
criptions du code du travail sous réserve de l'ob-
servation des mesures d’hygiène qui leur sont
applicables.
Les principales dispositions sont résumées dans la
fiche H3 M 02 99 de l'OPPBTP reproduite à la page
suivante.

Installations d’accueil
des salariés sur chantiers

Légendes du tableau ci-contre


● Dispositions réglementaires de droit commun.
● Dispositions réglementaires pour les cas
particuliers de certains chantiers d’une durée
inférieure à 4 mois.
❇ Conseils de l’OPPBTP

84
L’organisation des chantiers

Installation d’accueil Durée du Observations, cas particuliers Code du


dans les chantiers chantier travail

> 4 mois < 4 mois

Tous ● ● Aérés, éclairés et chauffés L. 232-1


locaux tenus en état de propreté constant
● - Si les locaux fixes ne sont pas adaptés, possibilité D.8/01/65
d’utiliser des véhicules de chantier, spécialement art. 187
aménagés à cet effet, qui doivent pouvoir répondre et 188
aux mêmes besoins.
- Pour un chantier de travaux souterrains, le local-
vestiaire doit se trouver au jour.
Le local en sous-sol n’est toléré qu’exceptionnellement,
à défaut d’autre solution. Il n’est accepté que si il est
possible de l’aérer et de l’éclairer convenablement, et
de le tenir en état constant de propreté.
Local Armoires vestiaires ● ● Ininflammables, à deux compartiments D.8/01/65
vestiaire art. 187
R. 232-2-2
● Si le chantier est trop exigu pour des armoires, D.8/01/65
possibilité de les remplacer par des patères art. 187
en nombre suffisant
Sièges ● ● En nombre suffisant (1 par salarié ou bancs) D.8/01/65
art. 187
R.232-2-2
Local Tables et chaises ● ● En nombre suffisant, nettoyage après chaque repas D.8/01/65
réfectoire
(Dès que Appareil de ● ● Chauffe-gamelle, cuisinière ou micro-ondes
art. 190
D.8/01/65
4
des salariés réchauffage ou avec consignes d’utilisation art. 190
prennent leur de cuisson
repas sur Eau potable ● ● ❇ Un robinet pour 10 usagers conseillé (obligatoire R. 232-10-1
le chantier) fraîche et chaude dès que 25 salariés prennent leur repas)
Garde-manger ● ● ❇ Réfrigérateur conseillé D.8/01/65
ou réfrigérateur art. 190
Eau Pour la boisson ● ● Eau potable fraîche, 3 litres au moins par jour D.8/01/65
potable et par travailleur art. 191
Sanitaires Lavabos ● ● Lavabos, 1 au moins pour 10 travailleurs ou R. 232-2-3
système de rampes équivalent
Eau pour se laver ● ● Eau courante à température réglable R. 232-2-3
● - Si l’eau courante est impossible, possibilité de D.8/01/65
raccorder sur un réservoir, avec quantité suffisante art. 189
- Si possible, l’eau doit être à température réglable
Moyens de ● ● Savon liquide adapté, rouleaux tissu ou séchoirs D.8/01/65
nettoyage, séchage électriques adaptés art. 189
ou essuyage R. 232-2-3
Cabinets ● ● - Un cabinet et un urinoir pour 20 (ou 2 cabinets) D.8/01/65
d’aisance papier hygiénique art. 192
(WC, urinoirs) - Un cabinet au moins par poste d’eau R. 232-2-5
Douches ● ● ❇ Installation conseillée R. 232-2-4
Une douche pour 8 personnes est obligatoire
pour les travaux insalubres ou salissants,
définis par décret

85
L’organisation des chantiers

4.3. Les règles générales - le contrôle des relations chantier / extérieur ou


d'organisation propres aux chantiers de entre les différentes zones de travail à l'intérieur
réhabilitation de sites industriels pollués d'un même chantier.

4.3.1.1. Les moyens d'accès aux chantiers


4.3.1. L'organisation générale
des chantiers Il est souhaitable que le chantier soit isolé de son
environnement extérieur. Quand les conditions le
Les opérations de réhabilitation peuvent être permettront, cet isolement devra être assuré par
menées sur des sites très différents : une clôture de nature à décourager les intrusions
de personnes non averties ou mal intentionnées
- locaux fermés ayant abrité des activités de syn-
(actes de malveillance). S'il n'est pas possible de
thèse chimique, de traitements de surfaces ;
réaliser une clôture en raison de la taille du chantier,
- anciennes installations de production de type ou pour toute autre raison, il faudra réaliser une
métallurgique, chimique ou pétrochimique large- signalisation précise de la zone concernée de façon
ment ouvertes ; à éviter l'entrée involontaire de personnes exté-
rieures au chantier. Les moyens d'accès au chantier
- anciennes décharges de produits chimiques peu
devront être clairement indiqués par une signalé-
ou mal gérées, comprenant souvent des stoc-
tique adaptée, afin que les visiteurs soient dirigés
kages enterrés ;
vers un point d'accès contrôlé en permanence.
- anciens sites industriels dont les bâtiments ont
été détruits, mais dont il reste à dépolluer les sols
Ce contrôle permet de connaître à tout moment le
avant de réinstaller une autre activité ;
nombre et l'identité des personnes présentes sur
- etc. le site, ainsi que la nature de leurs activités et,
Les travaux à entreprendre pourront donc être de quand c'est possible, leur localisation précise (en
natures très différentes. particulier pour les entreprises intervenant de
façon ponctuelle) sur le site. Ces informations sont
indispensables à la bonne application des procé-
Ces sites peuvent également différer grandement par dures de sécurité, en particulier en cas d'évacua-
de nombreux aspects liés à leur environnement : tion d'urgence. Il permet également de fournir aux
visiteurs toutes les consignes et informations (ou
- la topographie des sites ;
formations) nécessaires à leur propre sécurité,
- le régime climatique (vent, pluie, température) ; ainsi qu'à celles des personnes et des biens du
- l'environnement géographique (milieu urbain / chantier et de son environnement immédiat. Les
milieu industriel / milieu rural) ; visiteurs peuvent à ce point de contrôle être dotés
des équipements de protection individuelle
- la proximité des services (alimentation en (chaussures, vêtements spéciaux, casques,
fluides, communications, services de secours, appareils de protection respiratoire) nécessaires
etc.). sur le chantier.

Malgré ces différences de nature entre les chan- Hors des périodes d'activité du chantier (nuits, fins
tiers un certain nombre de principes communs de semaines, périodes d'interruption des travaux),
doivent être mis en œuvre dans leur organisation : et même si un gardiennage est assuré de façon
continue, des dispositions devront être prises en
- l'isolement du chantier du milieu extérieur ;
fonction des possibilités techniques, afin de sécu-
- la compartimentation des chantiers en zones riser le chantier contre les risques d'intrusion :
d'activité distinctes en fonction de l'activité qui mise hors circuit des machines et engins, isole-
devra être menée dans chacune d'entre elles ; ment des zones et des produits à risques, etc.

86
L’organisation des chantiers

4.3.1.2. L'organisation des activités sur le - La zone rouge


chantier
Elle englobe toutes les aires d'activité du chantier
Le législateur a institué le système de coordination dans lesquelles les travailleurs sont susceptibles
sur les chantiers afin de limiter les risques liés à la d'être exposés à un risque. Elle devra être matéria-
présence simultanée de plusieurs entreprises sur lisée sur le terrain de façon très visible : clôture, bar-
un même site. Pour les chantiers de réhabilitation rières, levées de terre, rubans de balisage, etc. Elle
de sites industriels pollués, où les dangers sont devra englober une surface suffisante pour que les
généralement plus nombreux et plus divers que sur conséquences immédiates d'un accident (explo-
les chantiers de travaux publics ou de construction, sion, incendie, émission brutale de produits chi-
cette coordination des activités ne trouvera sa plei- miques gazeux, etc.) ou du fonctionnement normal
ne efficacité que si l'organisation générale du chan- du chantier (émission continue de pollution par gaz
tier permet de définir pour chaque zone de travail ou poussières, risques de chutes dans une excava-
un inventaire des dangers, en évitant en particulier tion, évolution des engins du chantier, etc.) soient
que le chantier tout entier ne soit soumis aux limitées à la zone concernée. Cette zone est un lieu
risques engendrés par un travail précis. On doit évi- de travail où il est interdit de fumer, boire et manger,
ter par exemple que l'extraction de fûts contenant et où en conséquence ne doivent pas être introduits
des produits chimiques se traduise par une diffu- nourriture, cigarettes, allumettes et briquets.
sion de la pollution à une autre partie du site qui en
Les points d'entrée et de sortie de cette zone
était jusque là exempte. Une telle diffusion irait bien
devront être définis précisément. Ils seront en
évidemment à l'encontre de l'objectif recherché de
nombre limité. Seuls pourront pénétrer dans la
dépollution du site, mais pourrait aussi faire courir
zone les personnes habilitées par le responsable
des risques à la santé et à la sécurité des tra-
du chantier. L'entrée et la sortie des visiteurs
vailleurs présents sur le site.
seront contrôlées. Les personnels du chantier et
les visiteurs ne seront autorisés à pénétrer dans
Il est donc souhaitable de définir des zones d'ac- la zone que s'ils sont munis des équipements de
tivité, dont la taille et la localisation pourront évo- protection individuelle nécessaires. On proscrira 4
luer en fonction de l'avancement du chantier. la présence de tout travailleur isolé à l'inté-
Cette séparation est d'autant plus indispensable rieur de la zone. De même ne doit pénétrer dans
que dans la plupart des cas, il faudra installer à cette zone que le matériel indispensable à la réa-
l'intérieur du chantier des zones qui devront être lisation du travail prévu.
exemptes de toute pollution et de tout risque Les axes de circulation pour les piétons et pour
(zone de vie, laboratoires d'analyses, bureaux, les engins devront également être définis, comme
salles de réunions). ils doivent l'être sur l'ensemble du chantier.
La sortie des opérateurs nécessitera une décon-
On appellera zone rouge toute zone où seront tamination plus ou moins poussée selon les parti-
entrepris des travaux. La dénomination de zone cularités du chantier : une zone spécifique sera
verte sera réservée aux autres espaces. Ces prévue aux points de sortie.
dénominations ne sont pas immuables, et le statut
de toute zone pourra être reconsidéré en fonction
de l'avancement des travaux : pendant le déroule- Cette zone doit être conçue de la façon suivante :
ment du chantier, une surface considérée comme
rouge peut, une fois sa réhabilitation réalisée, être
~ un vestiaire “sale” (rouge) pour l'abandon
affectée à un usage de zone verte. Des procédures
des vêtements, sur-vêtements, sur-bottes et
d'entrée et de sortie en zone rouge doivent être
équipements de protection individuelle ;
prévues en fonction de l'analyse des risques.
~ un bloc sanitaire avec douches, lavabos,
cabinets d'aisance ;
~ un vestiaire “propre” (vert).

87
L’organisation des chantiers

- La zone verte
L'équipement de cette zone pourra varier en
fonction des nécessités imposées par le Elle sera située dans une zone exempte de toute
chantier. Elle pourra comprendre par exemple pollution et de toutes activités de chantier suscep-
les équipements suivants : tibles d'en générer. Elle abritera les vestiaires (ves-
tiaires "propres" si la forte salissure des vêtements
~ un lave-bottes permanent (ingelable) ;
de travail impose la création de vestiaires "sales"
~ des brosses, des grattoirs ; au point de décontamination de sortie de zone
rouge), le réfectoire, les bureaux, salles de réunion,
~ une alimentation en eau, éventuellement
laboratoire d'analyses, local de premiers soins, etc.
pressurisée, ou en vapeur ;
~ des essuie-mains, des serviettes en papier ;
Cette zone doit être considérée comme une zone
~ des détergents pour le nettoyage des vête- de travail, et à ce titre, elle est soumise aux res-
ments. trictions d'accès signalées précédemment :
contrôle des entrées et des sorties, accompagne-
ment des visiteurs, prise de consignes à appliquer
Si la pollution du matériel est forte, et si la circula-
pour les procédures d'alerte et d'évacuation. Cette
tion est importante (sortie de nombreux camions
zone est une partie intégrante du chantier.
contenant des déchets par exemple), il peut y
avoir lieu de prévoir l'installation d'une station de
décontamination spécifique pour le matériel. Dans
tous les cas (nettoyage des vêtements ou du
matériel), les déchets générés par ces opérations
de nettoyage et de décontamination (eaux, vête-
ments spéciaux, etc.) devront faire l'objet d'une
élimination ou d'un traitement.

En fonction de l'étendue de la zone rouge, et de


son éloignement de la base de vie, il peut être
nécessaire de prévoir sur la zone elle-même la
présence de matériel de secours permettant par
exemple une décontamination en urgence.
L'équipement de cette zone dépendra là aussi des
risques prévisibles : accident grave, projection
étendue de produits chimiques sur la peau et les
vêtements, etc.
Sans que cette liste soit limitative, on peut envisager :

~ un lave-œil ;
~ du savon, des détergents, des solutions
spécialisées pour le traitement de certains
acides (acide gluconique pour l'acide fluorhy-
drique) ;
~ une douche ou des douches autonomes por-
tables (se présentant dans un format analogue
à celui d'un extincteur portable) permettant
une décontamination du corps en urgence ;
~ des couvertures anti-feu.

88
L’organisation des chantiers

4.3.2. Les consignes de sécurité - une formation et une information régulièrement


et les procédures d’alerte effectuées, qui intègrent en particulier les évolu-
tions du chantier.
L'efficacité d'une procédure d'urgence est subor-
donnée à la mise en place de structures précises
• Au niveau de l'organisation du chantier :
permettant une bonne organisation du chantier et
à la réalisation préalable et constante d'actions de - des zones de travail bien identifiées (zones rouge
prévention indispensables. On peut citer : et verte), dont l'équipement tiendra compte de
l'analyse des risques effectuée préalablement à
• Au niveau du personnel du chantier : l'ouverture du chantier et sera réactualisé en fonc-
- une liste du personnel mise à jour quotidienne- tion de l'avancement des travaux ;
ment, tenant compte dans la journée de la présen-
- des responsabilités clairement définies, en parti-
ce des interventions ponctuelles d'entreprises exté-
culier pour tout ce qui concerne la co-activité qui
rieures au chantier, et de la présence de visiteurs ;
aura été analysée lors de l'élaboration du PGC
- des responsabilités clairement définies ; (plan général de coordination).

Une procédure d'alerte est généralement conçue 3. Organisation des secours :


selon la séquence suivante :
- demande d'aide à l'extérieur : déclenchement de
1. Alerte du personnel, si l'accident peut avoir la procédure d'alerte des services compétents ;
des conséquences sur le déroulement des tra-
- définition des tâches du personnel de chantier :
vaux en cours, avec éventuellement :
organisation du personnel utile pour les secours,
- arrêt du travail ; maintien au point de rassemblement du personnel

- évacuation du chantier par les moyens et les che-


inutile pour les secours ; 4
minements prévus, en réalisant les mises en sécu- - soins de première urgence :
rité définies préalablement ;
~ mise en sécurité ;
- rassemblement en zone verte en un point défini à
~ soins aux personnes par les secouristes du tra-
l'avance et clairement signalé dans les procédures
vail et le personnel médical ;
d'urgence.
~ protection des intervenants dans les opérations
de secours ;
2. Bilan immédiat de l'accident effectué par le
responsable du chantier : ~ guidage des équipes de secours extérieures.

- situation géographique et étendue ;


4. Après l'incident et avant toute reprise d'activité :
- cause ;
- renouvellement des stocks de matériel de premiè-
- victimes, en incluant toute personne potentielle-
re urgence consommés et remise en état de fonc-
ment exposée à d'éventuels dégagements de pro-
tionnement de celui qui a été utilisé (remplissage
duits chimiques par exemple même si elle ne pré-
des extincteurs, des douches portables, des rince-
sente pas de symptômes immédiats ;
oeil, réapprovisionnement en pansements, maté-
- conséquences, risques éventuels pour la santé riels et produits de soin, etc.) ;
des travailleurs et l'environnement ;
- analyse de l'incident débouchant éventuellement
- définition des actions à entreprendre à court et sur des modifications des procédures de travail ou
moyen terme. des mesures de sécurité, intégration des nouvelles
règles dans les PGC et PPSPS ;

- réactualisation des procédures d'urgence.

89
L’organisation des chantiers

• Au niveau des relations avec l'extérieur : 4.3.3. Matériel de première urgence


- des moyens d'alerte opérationnels pendant toute
la durée du chantier ; Du matériel de première urgence doit être dispo-
nible sur le chantier. La liste des équipements
- une information régulière de l'évolution du chan- nécessaires doit être établie en fonction des parti-
tier des partenaires extérieurs en charge de la cularités et des nécessités du chantier.
sécurité.
Elle peut comprendre en particulier :

Dans le cadre de la procédure d'urgence, il sera


~ une trousse de première urgence avec pan-
fait appel à des services extérieurs. Une liste de
sements et désinfectants ;
numéros de téléphone doit être établie. Elle com-
prendra notamment : ~ des couvertures de survie ;
~ SAMU ; ~ des feuilles de protection du visage ;
~ sapeurs pompiers ; ~ une douche portative permettant une
décontamination rapide du corps ;
~ médecins généralistes de proximité (y compris
le service de garde 24 h / 24 h) ; ~ un lave œil portatif ;
~ protection civile ; ~ un appareil de protection respiratoire isolant
autonome (maintenu en état après chaque
~ service médical du travail ;
intervention), éventuellement sous forme de
~ hôpitaux ; masque de fuite autonome plus maniable,
~ infirmiers et ambulanciers locaux ; mais de plus faible durée d'utilisation.

~ centre anti-poisons ; ~ un dispositif de production instantanée de


froid (par réaction chimique) permettant l'em-
~ médecins spécialistes de proximité (et en par-
ballage et le transport d'un doigt ou d'une
ticulier les ophtalmologistes) ;
main coupée ;
~ gendarmerie, police nationale ;
~ si le personnel est entraîné régulièrement
~ autorités et administrations locales (mairie, en tant que secouriste réanimateur :
équipement, etc.) ;
. des attelles ;
~ inspection du travail ;
. un appareil pour assistance
~ service prévention des risques professionnels respiratoire manuelle.
de la CRAM ;
~ OPRI (Office central de protection contre les
rayonnements ionisants).

90
L’organisation des chantiers

4.4. Le cas particulier des études 4.4.1. Les règles de prévention


de diagnostic
Les règles de prévention préconisées pour les
Les réhabilitations de sites industriels pollués pro- chantiers s'appliquent évidemment à ces opéra-
prement dites sont précédées d'opérations d'audit tions de diagnostic, mais elles doivent l'être dans
destinées à estimer la nature et l'ampleur de la pol- un contexte différent. Certains éléments sont de
lution. Ces phases préliminaires permettent de nature à diminuer les risques :
définir ensuite la nature des travaux à entre-
prendre et les techniques qui doivent être
• les travaux entrepris sont beaucoup plus limi-
employées. Leur volume est très variable. Elles
tés, et les risques liés à l'utilisation des machines
peuvent consister en une simple visite destinée à
seront moins grands ;
étudier la topologie des lieux jusqu'à des opéra-
tions plus lourdes telles que le prélèvement
d'échantillons, ou la réalisation de forages pour • la co-activité ne constituera généralement pas
estimer la pollution des nappes souterraines ou un facteur aggravant puisque les opérations
des sols. La durée de ces opérations sera généra- seront simples et ne consisteront pas à traiter les
lement limitée : de quelques heures à quelques sols pollués ou les déchets, mais simplement à
jours. Indépendamment de ce volume de travaux, prélever des échantillons de volume réduit.
une attention particulière doit être portée à l'exis-
tence de travaux dangereux (au sens de l'arrêté du En revanche, ces opérations de diagnostic seront
19 mars 1993 précisant les cas particuliers d'éta- menées dans un milieu dont les caractéristiques
blissement d'un plan de prévention dans le cas sont très peu connues, de façon d'autant plus évi-
d'interventions d'entreprises extérieures) ou de dente qu'elles sont justement entreprises pour
risques particuliers (au sens du décret du 26 parfaire cette connaissance. Seule une enquête
décembre 1994 relatif à l'intégration de la sécurité préliminaire auprès des différents services com-
et à l'organisation de la coordination en matière de
sécurité et de protection de la santé).
pétents (DRIRE ou Chambres de commerce et
d'industrie par exemple) ou de témoins de l'activi-
4
té (anciens exploitants, voisins, services locaux)
aura permis d'acquérir une connaissance minima-
le de la situation, donc des risques. Il conviendra
de conduire sur ces bases, préalablement à
ces opérations de diagnostic, une analyse des
risques, notamment par l'élaboration d'un
PGCSPS ou d'un plan de prévention si nécessai-
re. Cette analyse sera d'autant plus importante
que, sur une structure légère, les mesures d'ur-
gence (évacuation, information des services com-
pétents tels que les sapeurs pompiers ou les
structures hospitalières) peuvent ne pas encore
avoir toute l'efficacité qu'elles devront acquérir
plus tard.

91
L’organisation des chantiers

4.4.2. Les visites préliminaires Au cours de ces visites préliminaires, seules des
opérations simples mettant en œuvre un minimum
Ces visites sont des visites préalables à la réali- d'outils manuels (canne de prélèvement, ...) peu-
sation des chantiers, afin de préparer par exemple vent être entreprises. Une grande prudence sera
les cahiers des charges de consultation des demandée aux intervenants : il n'est pas envisa-
bureaux d'étude. Il n'est pas envisageable que geable de pénétrer par exemple dans un bâtiment
ces visites soient effectuées par une personne si on peut supposer le moindre risque de chute de
seule. Les intervenants devront en outre être tôles ou de tout autre élément de construction.
munis d'un dispositif d'alerte (le plus simple étant L'accès à des terrains dont la stabilité est sujette
évidemment un téléphone portable) afin d'être en à caution doit évidemment être proscrit.
mesure de donner l'alarme rapidement en cas
d'accident tel qu'une chute.
4.4.3. Les travaux de recueil d'échantillons
Ils devront avoir à leur disposition un minimum
d'équipements de protection individuelle.
Ces phases plus importantes en volume sont sus-
ceptibles de se traduire par la mise en œuvre
d'engins pour réaliser des forages ou des tran-
chées. Il n'est évidemment pas possible d'édicter
Ce minimum comprend :
des règles précises pour des travaux dont la natu-
~ des chaussures ou bottes de sécurité ; re pourra être très variable. Elles devront absolu-
~ un casque ; ment intégrer les règles de prévention des risques
sur les chantiers citées précédemment (analyse
~ des vêtements de protection (aussi simple des risques, élaboration des documents de pré-
qu'une combinaison en Tyvek par exemple, vention, etc.).
légère et dont l'élimination est facile) ;
~ des gants ;
~ éventuellement une protection auditive (réa-
lisation de travaux de reconnaissance par
forage).
En fonction des risques supposés, ce minimum
pourra être complété par des équipements tels
que :
~ une lampe de poche (de préférence à sécu-
rité intrinsèque) ;
~ un masque de fuite ou éventuellement un
appareil de protection respiratoire (masque
anti-poussière), ou masque de protection
contre les gaz prêt à l’emploi de conception
jetable (type FF) ;
~ des lunettes.

92
Le guide des procédures et des techniques utilisées

5. Le guide des procédures et des techniques


utilisées pour la protection collective

Parmi les principes généraux de prévention en • La protection contre l'inhalation de polluants


matière d'hygiène et de sécurité sur les lieux de gazeux ou particulaires provenant de sources
travail rassemblés dans la loi n° 91-1414 du 31 diffuses. Les terres polluées, mises à jour au
décembre 1991, le législateur a institué la moment de la réalisation d'excavations, consti-
nécessité de "prendre des mesures de protec- tuent souvent des sources de pollution impor-
tion collective en leur donnant la priorité sur tantes soit pendant leur stockage en attente de
les mesures de protection individuelle". Ces traitement, soit au cours de leur transport (dans
principes s'appliquent évidemment aux chantiers les godets des engins, par bandes transporteuses
de réhabilitation de sites industriels pollués ou tout autre moyen), ou bien au cours de leur cri-
comme à toute autre activité de type industriel et blage, etc. Les fûts, souvent en mauvais état en
environnemental. Ces chantiers de réhabilitation particulier lorsqu'ils ont été précédemment
voient cohabiter sur un même site plusieurs activi- enfouis, peuvent également constituer d'autres
tés exercées par des entreprises de culture sou- sources de pollution de l'air des chantiers. Une
vent différentes (entreprises de TP, entreprises manutention ou un reconditionnement inappro-
spécialisées dans la réhabilitation des sols et leur priés peuvent en effet générer des renversements
traitement, analystes chimistes, etc.) qui, chacune qui se traduiront par une augmentation du volume
dans leur domaine, sont tenues de mettre en des terres souillées ou de leur pollution et par
œuvre ces principes de prévention, et donc de pri- conséquent par une augmentation de la pollution
vilégier la recherche de solution de protection col- ambiante.
lective. Ce chapitre n'a pas pour objectif de rappe-
ler ces obligations, ni les solutions techniques qui
en découlent pour chaque corps d'état. Il s'agit • Les fûts, indépendamment des problèmes de
plutôt d'insister sur la nécessité de prendre en renversement et de pollution diffuse signalés au
compte dans le travail quelques principes spéci- paragraphe précédent, peuvent être une source
fiques à la prévention des risques sur les chan- d'exposition pour les travailleurs chargés de leur
tiers de réhabilitation dont le non-respect pourrait ouverture, de leur manutention et de leur recondi- 5
générer des risques pour l'ensemble des interve- tionnement.
nants sur le site. Le suivi de chantiers et les
contacts pris avec les entreprises spécialisées au
cours de l'élaboration de ce guide ont montré que • Les manutentions des fûts peuvent égale-
peu de réalisations concrètes existent aujourd'hui ment être la cause d'accidents de personnes,
dans le domaine des équipements de protection en particulier quand elles sont manuelles. Ces
collective sur les chantiers de réhabilitation. La problèmes sont d'autant plus difficiles à résoudre
liste qui suivra sera donc réduite. que l'opérateur peut devoir manipuler des fûts en
mauvais état (cabossés, fuyards, etc.)
On recensera en particulier dans ce document
quelques situations de travail spécifiques aux réha-
bilitation de sites industriels pollués auxquelles il
serait souhaitable d'apporter des réponses de pré-
vention basée sur la protection collective plutôt
qu'avoir recours systématiquement à la protection
individuelle, en particulier aux appareils de protec-
tion respiratoire. C'est en particulier le cas pour :

93
Le guide des procédures et des techniques utilisées

5.1. Protection des personnels contre la d'absorption de la pollution extraite par barbotage
pollution générale des chantiers dans une solution absorbante ou sur du charbon
actif par exemple. De la même façon, la couvertu-
re des zones polluées pendant les périodes où
aucune opération n'y est réalisée se traduira
5.1.1. Mesures générales
généralement par une amélioration de la qualité
de l'atmosphère de travail.
5.1.1.1. Prévention de la pollution particulaire
Toujours dans le domaine de la ventilation, cer-
Les envolements de poussières contribuent sou- taines machines ou engins peuvent être équipés
vent de façon significative à la pollution ambiante de captages localisés comme ils le sont habituel-
des chantiers, en particulier dans le cas d'une pol- lement dans les installations industrielles
lution par des métaux. Un arrosage régulier du pérennes. C'est en particulier le cas des bandes
chantier, et en particulier des voies de circulation, transporteuses de terre ("sauterelles") dont la
doit permettre de limiter la concentration de pous- couverture permet de diminuer les sections
sières dans l'atmosphère. Compte tenu des condi- ouvertes, ce qui réduit les débits de ventilation à
tions météorologiques ou de la nature du sol il appliquer. C'est aussi le cas des cribles et concas-
peut être nécessaire de renouveler cet arrosage seurs qui peuvent aussi être équipés de disposi-
assez fréquemment. Cet arrosage peut égale- tifs de captage sans que des débits très élevés
ment concerner le site lui-même au cours de son soient nécessaires si leur surface ouverte n'est
traitement. Il faudra alors avoir recours à des dis- pas trop grande.
positifs d'aspersion sous forme de rampes, de
mâts ou de tourniquets.

5.1.1.2. Captage des polluants gazeux


Certaines opérations d'excavation (en particulier
Vidange de cuve contenant des déchets liquides
quand il s'agit de déterrer des fûts contenant des (Enviro Services France).
déchets chimiques tels que des solvants) peuvent
se traduire par la création d'une zone de travail
relativement isolée du reste du chantier et limitée
en surface et en volume. C'est le cas en particu-
lier de tranchées relativement étroites pour des
opérations d'extraction de fûts. Il peut être alors
possible dans certains cas de mettre en place une
ventilation générale de cette zone, soit par aspira-
tion, soit par soufflage. En fonction de la configu-
ration des lieux les débits à mettre en œuvre peu-
vent être peu élevées. En complément une orga-
nisation rationnelle de l'activité (travailleur placé
entre la zone d'émission de la pollution et la zone
de soufflage, ou aspiration de la zone polluée d'un
côté et travailleur intervenant de l'autre côté) peut
permettre de diminuer l'exposition aux polluants.
Cette aspiration ou ce soufflage de la pollution ne
permettra qu'un déplacement de la pollution, à
bénéfice nul en termes de pollution environne-
mentale, mais qui peut se traduire par une amé-
lioration significative des conditions de travail.
Dans le cas où une aspiration est mise en place il
est malgré tout possible de prévoir un dispositif

94
Le guide des procédures et des techniques utilisées

5.1.2. Conducteurs d'engins cation de la conception du lieu de travail. Par


ailleurs, compte tenu de la pénibilité du port des
Une part significative des travaux réalisés sur les appareils de protection respiratoire (même équi-
chantiers de réhabilitation de sites industriels pol- pés de ventilation assistée), leur efficacité ne peut
lués est souvent réalisée au moyen d'engins de que décliner après une durée limitée de port
terrassement : pelles mécaniques, chargeurs, (quelques heures) et ne peut pas être garantie
camions, etc. Les conducteurs de ces engins pendant tout un poste de travail.
interviennent donc souvent dans des zones où
l'émission de pollution peut être maximale puis-
Toutefois, si le conducteur d'engin est amené à
qu'ils vont mettre à jour, charger ou déplacer des
séjourner de façon prolongée et/ou répétée en
matériaux pollués. Il ne s'agit donc généralement
dehors de sa cabine ou s'il est amené à traverser
pas d'un travail épisodique et de durée limitée
une zone polluée à un niveau significatif pour
pour lequel le recours à la protection individuelle
rejoindre ou quitter son engin, un masque de pro-
(respiratoire en l'occurrence) serait acceptable. Il
tection respiratoire adapté aux polluants rencon-
faut donc, pour respecter la législation consacrée
trés sur le chantier et à la durée et à la nature des
aux principes généraux de prévention en matière
tâches qu'il entreprendra en dehors de son engin
d'hygiène et de sécurité sur les lieux de travail
devra être mis à sa disposition.
citée précédemment, "adapter le travail à l'hom-
me, en particulier en ce qui concerne la concep-
tion des postes de travail ainsi que le choix des Le recours à ces cabines ventilées, à air filtré et
équipements de travail (...)". Cette adaptation climatisé, entraîne des coûts supplémentaires,
passe par l'équipement des engins avec des tant en investissement initial qu'en fonctionne-
cabines de conduite pressurisées, alimentées en ment. Il est donc légitime d'en réserver l'emploi à
air propre et conditionné. La qualité de l'air d'ali- des situations de travail où des expositions signi-
mentation de la cabine peut être assurée par des ficatives à des polluants chimiques sont suscep-
dispositifs embarqués de filtration de l'air ambiant tibles d'intervenir. La difficulté réside dans le fait
contre les poussières ou les gaz. Cette alimenta- que, quelle que soit la qualité des études d'audit
tion en air peut également être assurée par des du site, il ne sera pas toujours possible d'en dédui-
bouteilles d'air comprimé auto-portées ou stoc- re le niveau des expositions rencontrées pendant
kées en rack à proximité : des engins de chantier la réhabilitation. Les exemples rassemblés dans le
sont équipés de tels dispositifs qui leur assurent chapitre 5 de cette brochure peuvent fournir des
une autonomie de plusieurs heures avant remplis- indications sur les situations dans lesquelles l'uti- 5
sage des bouteilles. La climatisation de la cabine lisation de telles cabines s'impose. C'est égale-
constitue également un élément important dont ment de la responsabilité du maître d'ouvrage, au
l'absence risquerait de rendre inopérantes, parti- moment de la rédaction du PGCSPS ou du plan
culièrement en été, la pressurisation et l'alimenta- de prévention, de mettre à la disposition des
tion en air propre des cabines. entreprises les principaux éléments qui leur per-
mettront de procéder à une analyse des risques
convenable et de définir ainsi les équipements de
L'utilisation de ce type de cabine devrait être la
protection adaptés. Dans le doute, s’il n’y a aucun
règle sur tout chantier de réhabilitation où des
élément permettant de montrer que les exposi-
expositions significatives à des polluants chi-
tions seront contenues à un niveau faible (en tout
miques (par exemple par rapport aux valeurs
cas par rapport aux valeurs limites d'exposition),
limites d'exposition) sont susceptibles d'intervenir.
l'utilisation de cabines pressurisées doit être privi-
Rien en tout cas ne justifierait une solution alter-
légiée.
native qui consisterait à équiper le conducteur
d'engin d'un masque respiratoire (fut-il à ventila-
tion assistée) : le port d'une protection individuel- La durée des chantiers (en particulier celle des
le ne constitue pas une adaptation du travail à travaux engagés lors des phases d'investigations
l'homme, alors que l'aménagement de la cabine préalables) ne constitue pas un élément de choix
de conduite relève bien en revanche d'une modifi- déterminant pour l'emploi de ces cabines. Une

95
Le guide des procédures et des techniques utilisées

exposition élevée, même de courte durée, peut 5.2. Réduire les expositions
avoir des conséquences sérieuses à court, moyen aux produits chimiques lors des
ou long terme. Dans ce cas également, un doute opérations de reconditionnement de fûts
quant aux équipements nécessaires pour assurer
la protection des travailleurs doit se traduire par le En fonction des conditions de réalisation des
choix de la protection la plus efficace. chantiers (nombre et état des fûts, nature du ter-
rain, filière d'élimination retenue, etc.) les tech-
Dans certains cas, des dispositifs de blindage des niques de reconditionnement des fûts seront diffé-
engins (protection des vitrages par matériau spé- rentes. Si le fût est fuyard, si son extraction est dif-
cial et blindage du bas de l'engin) devraient être ficile ou fait courir le risque de voir le contenu se
envisagés pour protéger le conducteur des répandre au sol, un reconditionnement sur place
risques d'explosion et d'incendie. par pompage dans un fût neuf sera souvent privi-
légié. En revanche, si les fûts sont en bon état, et
s'ils sont assez nombreux, l'organisation du chan-
tier pourra prévoir l'existence d'une installation de
reconditionnement spécialisée. En termes d'hy-

Commande à distance

Valve

Cylindre hydraulique

Fût

Vanne à
3 voies

Convoyeur
Plateau anti-
éclaboussures

Portes

Tapis roulant

Tuyau d’écoulement
vers camion-citerne Rainures pour fourches
ou cuve de stockage de chariot élévateur
de déchets
Réceptacle pour déchets et châssis

Figure 5.2 (in : NIOSH, OSHA, USCG, EPA – Occupational safety and health guidance manual for hazardous waste
site activities. Department of Health and Human Services, Cincinnati, 1985).

96
Le guide des procédures et des techniques utilisées

giène et de sécurité, il sera évidemment plus faci- 5.3. Réduire les manutentions manuelles
le d'équiper une telle station de reconditionne-
ment des dispositifs de ventilation nécessaires :
on se retrouvera en effet confronté à une installa- En fonction des techniques de travail retenues
tion industrielle de type habituel. (en particulier quand le choix d'une installation
d'une station de reconditionnement spécialisée a
Un nombre élevé de fûts à reconditionner peut été fait), il pourra être nécessaire de procéder au
amener à prévoir une relative automatisation de la transfert de fûts. La méthode de travail retenue
tâche (dispositif de levage des fûts pour le renver- devra tenir compte de l'état des fûts. S'il s'avère
sement dans le nouveau conditionnement par impossible de reconditionner sur place par pom-
exemple). Des dispositifs tels que celui représen- page un fût endommagé, son transfert ne pourra
té sur la figure 5.1 permettront avec une aspiration être effectué que par un dispositif évitant que la
réduite de limiter l'émission de vapeurs dans l'at- pollution ne se répande : par exemple des
mosphère de travail. bennes, voire des bennettes (plus facilement
transportables) conçues pour le transfert d'un seul
fût.
L'ouverture des fûts est une opération au cours de
laquelle leur contenu est susceptible de se
De manière générale, toutes les opérations de
répandre ou d'éclabousser les travailleurs se trou-
manutention des fûts (extraction du sol, transfert
vant à proximité. L'utilisation d'outils type "mar-
d'un point à un autre, renversement pour recondi-
teau - burin" ou de tout instrument risquant de pro-
tionnement dans un nouveau fût, etc.) devront
duire des chocs est également déconseillée puis-
être effectuées à l'aide d'engins. Les manuten-
qu'elle peut produire des étincelles susceptibles
tions manuelles sont à proscrire absolument. Pour
de provoquer incendies et/ou explosions : on pré-
le transfert de fûts en bon état (solidité et
férera un poinçon pneumatique. Dans le cas où
étanchéité), des engins (généralement des cha-
une installation spécialisée de reconditionnement
riots automoteurs) ont été spécialement équipés
pourrait être mise en place sur le site, des dispo-
d'une pince hydraulique pivotante, commandée à
sitifs tels que celui de la figure 5.2 devraient être
partir du poste de pilotage, qui permet de manu-
utilisés.
tentionner les fûts mécaniquement (quand ils
Il permet de procéder à l'ouverture du fût en mini- n'ont pas été déposés sur palettes). Cette pince
misant les risques d'éclaboussures tout en per- est équipée de deux ergots mobiles (larges de
mettant de récupérer les déchets qui auraient pu
se répandre au sol, le tout placé dans un disposi-
façon à répartir la pression et à éviter les risques
d'écrasement) qui viennent pincer les fûts sur les
5
tif semi-fermé qui peut être ventilé aisément. Il côtés. Un tel chariot est représenté sur la figure
peut également être facilement déplacé au moyen 5.3. Son utilisation permet de supprimer toutes
d'un chariot automoteur. les manutentions manuelles qui réclament force

aspiration

Figure 5.1.
Vidage de fûts.

97
Le guide des procédures et des techniques utilisées

et habileté et posent des problèmes


de sécurité : risques d'écrasement et de
lombalgies par exemple.

Si l'utilisation d'un chariot automoteur


s'avère impossible ou difficile sur des sites
où des fûts ont été enfouis (ou sur un ter-
rain inégal), elle est généralement possible
sur des sites où les fûts ont été stockés à
l'air libre. En cas d’inégalités de terrain
importantes, par exemple en fond de
fouille, il faut prévoir l'installation de la
pince hydraulique sur un engin adapté
(muni de chenilles).
0n trouvera sur la figure 5.4 un exemple de
dispositif conçu pour réaliser à la fois la Figure 5.3. Adaptation d’un chariot automoteur
manutention et l'ouverture de fûts en mini- pour la manipulation de fûts.
misant les risques d'éclabousser ou de
répandre le liquide.

Cylindre hydraulique

Pointeau
Plateau anti-
Bras de pelle éclaboussures
mécanique

Pince à fûts

Fût

Lignes Patte de fixation


hydrauliques
Réceptacle mobile pour déchets

Tuyau d’écoulement vers


camion-citerne ou cuve
de stockage de déchets

Figure 5.4 (in : NIOSH, OSHA, USCG, EPA – Occupational safety and health guidance manual for hazardous waste site
activities. Department of Health and Human Services, Cincinnati, 1985)

98
La protection individuelle

6. La protection individuelle

6.1. Introduction chantiers de réhabilitation de sites industriels pol-


lués peuvent être amenés à utiliser. L'accent sera
Sur les chantiers de réhabilitation de sites indus- mis sur la protection respiratoire. Le choix de cette
triels pollués comme sur tous les lieux de travail protection respiratoire, souvent ardu, est encore
en général, la priorité doit être donnée en matière compliqué par la nature de certains chantiers de
d'hygiène et de sécurité à la protection collective. réhabilitation. Sur ces chantiers particuliers, on ne
Dans le chapitre précédent, on a vu la difficulté peut pas garantir la complétude des renseigne-
de mise en œuvre des équipements de protec- ments recueillis au cours des phases de diagnos-
tion collective liée : tic, même quand des mesures de la pollution des
sols ou de l'air ont pu être effectuées. Dans de
telles conditions, il est par exemple difficile d'effec-
• aux fortes spécificités de chaque chantier qui tuer le choix des cartouches anti-gaz si des incon-
dans certains cas pourraient nécessiter que des nues subsistent quant à la nature de la pollution.
dispositifs particuliers soient conçus pour
répondre aux problèmes particuliers : la faible
demande en la matière n'a pas encore généré Mise en place d’équipements de protection individuelle
d'offre commerciale significative ; (masque à ventilation assistée) (ATE-Geoclan).

• à la durée souvent courte des chantiers qui


n'incite pas les entreprises à investir dans des dis-
positifs lourds qu'elles n'ont pas l'assurance de
pouvoir utiliser à nouveau puisqu'ils ne convien-
dront pas forcément au chantier suivant ;

• à la relative nouveauté des opérations de


réhabilitation qui fait que les entreprises spécia-
lisées ne disposent pas toujours aujourd'hui d'un
recul suffisant pour appréhender au mieux par
des équipements de protection collective la pro-
tection des travailleurs. Cette activité récente ne
bénéficie pas encore d'un savoir-faire stabilisé, en 6
tout cas en matière de protection des travailleurs.

Il est donc inévitable que des équipements de pro-


tection individuelle (désignés dans ce texte sous
le terme d'EPI) soient utilisés de façon courante sur
les chantiers, y compris dans des cas où il aura été
possible d'installer un équipement de protection col-
lective, l'EPI venant alors en complément.
L'objectif de ce chapitre est donc de recenser les
différents types d'EPI que les travailleurs des

99
La protection individuelle

Le choix des autres EPI pour la protection de la exemple, faire le choix de la ventilation libre ou de
tête ou du corps est souvent plus simple : les la ventilation assistée, voire celui de l'adduction
entreprises, en particulier celles de travaux d'air ? Combien de temps une cartouche anti-gaz
publics, sont aussi plus souvent confrontées à ce peut-elle être utilisée avant saturation ?
type de problèmes qu'elles résolvent donc plus
facilement. Si le port d'un EPI constitue une protection, il
constitue également une contrainte. De la mêmefa-
Au-delà de ce choix des EPI, et indépendamment çon que le choix de l'EPI s'effectuera en fonction
de sa pertinence, se pose également le problème d'une analyse du poste de travail, le port d'un EPI
de leur efficacité. En effet aucun EPI n'est effica- aura lui-même souvent des conséquences sur la
ce à 100 %. Quand le type d'EPI aura été conve- tâche que le travailleur équipé pourra effectuer.
nablement choisi (protection contre les vapeurs L'appréhension de l'environnement de travail pour-
organiques ou protection contre les poussières ra par exemple être modifiée par le port d'un
par exemple), il faudra donc se poser la question casque ou d'une protection respiratoire ou auditive.
de son efficacité. En fonction des expositions De la même façon le port d'un masque à ventilation
potentielles (celles auxquelles le travailleur serait libre impose à l'opérateur équipé un travail respira-
soumis s'il ne portait pas un appareil de protec- toire supplémentaire qui peut nécessiter l'aména-
tion respiratoire par exemple) et des expositions gement du poste ou des rythmes de travail. Autre
acceptables (souvent définies en fonction des exemple : une combinaison étanche de protection
valeurs limites mais pas forcément à leur niveau), contre les produits chimiques diminuera les
on devra déterminer le facteur de protection échanges de chaleur entre le corps et l'extérieur.
nécessaire. Ce facteur de protection nécessaire
dictera le choix du modèle de masque. Pour en Toutes ces contraintes (spécificité de l'EPI
rester à la protection respiratoire faut-il, par pour un type de polluant donné, efficacité limi-

Vidange d’un stockage de trioxyde


d’arsenic par aspiration
(ICF Environnement).

Stockage d’un dépôt de trioxyde


d’arsenic par aspiration
(ICF Environnement).

100
La protection individuelle

tée, contraintes physiologiques voire psycho- 6.2. Les gants


logiques) plaident à l'évidence pour une utili-
Les opérations conduites sur les chantiers de
sation raisonnée de la protection individuelle.
réhabilitation de sites industriels pollués sont sus-
Si la sous-protection fait courir des risques à
ceptibles d'exposer les opérateurs à des risques
l'opérateur, une sur-protection peut créer des
principalement d'origine mécanique, chimique ou
risques inutiles par les contraintes qu'elle
thermique. Les risques mécaniques sont principa-
impose. En outre, elledécrédibilise les mesures
lement liés aux manutentions de déchets et peu-
de protection qui risqueront d'être peu ou mal
vent se traduire par des coupures, des piqûres ou
appliquées quand elles deviendront indispen-
des frottements. Les risques d'origine chimique
sables. Cette politique d'utilisation de la protection
correspondent essentiellement aux produits conte-
individuelle doit donc être étudiée et définie aussi
nus dans les fûts ou qui souillent les terres. Les
précisément que possible préalablement au chan-
risques thermiques sont a priori associés davanta-
tier. Elle devra aussi être réactualisée en fonction
ge à des installations de traitement des terres pol-
des évolutions de ce chantier. Pour être comprise
luées (désorption thermique ou distillation de sol-
et donc efficace, cette politique doit être mise en
vants ayant servi à une extraction chimique des
œuvre par des opérateurs formés et informés. Le
polluants) plutôt qu'aux opérations d'excavation ou
port d'un EPI impose donc que les utilisateurs
de manipulation de matériaux pollués.
soient formés à son utilisation (dans le cas de
la protection respiratoire par exemple : mise La normalisation européenne a prévu un marquage
en place, détection des fuites au visage, etc.), sous forme de pictogrammes décrivant les risques
mais aussi qu'aient été définies des consignes contre lesquels les gants protègent. Ces picto-
raisonnées d'utilisation. De même le stockage, grammes permettent par exemple de repérer qu'un
le nettoyage, l'entretien, l'éventuelle révision type de gants a été testé contre les risques chi-
périodique et la désinfection de ces équipements miques ou contre les risques mécaniques. En fonc-
doivent faire l'objet d'une notice communiquée à tion des résultats à ces tests normalisés, les gants
leurs utilisateurs : cette notice dont la fourniture se voient attribuer pour chaque risque un niveau de
par le fabricant est obligatoire peut devoir être performance croissant avec la qualité du produit.
adaptée au contexte précis d'utilisation de l'EPI. Les résultats des essais normalisés sont traduits en
terme de niveaux de performance exprimés par un
La fourniture des EPI est de la responsabilité
chiffre compris entre 1 et 6. Un chiffre élevé corres-
du chef d'entreprise qui doit s'assurer de leur
pond à un niveau de performance élevé.
adéquation au risque, de leur bon fonctionne-
ment et de leur état hygiénique satisfaisant. Le La lecture attentive de la notice d’emploi des
chef d'entreprise doit également veiller au port gants est indispensable dans le cas des gants de
effectif des EPI. L'attribution des EPI doit être protection chimique. Ceux-ci ne protègent que
gratuite et personnelle. contre certains produits chimiques et cette protec-
tion est limitée dans le temps.
L'entretien des gants revêt une importance parti-
6
culière. De même, une grande vigilance doit être
observée pendant leur port. En cas de pénétration
d'un produit (en particulier liquide) à l'intérieur d'un
gant, ce produit peut, à la faveur du port du gant,
séjourner au contact de la peau et causer des irri-
tations, des brûlures ou aboutir à une pénétration
percutanée. Si un opérateur soupçonne qu'un pro-
duit a pénétré à l'intérieur de son gant, il doit impé-
rativement se laver immédiatement les mains, et
procéder au changement ou au lavage de ce gant.
La même démarche doit être entreprise en cas de
déchirure ou de perforation du gant.

101
La protection individuelle

6.3. La protection des yeux et du visage correctrices. Il est évidemment également possible
que les verres dont sont équipées ces lunettes de
Le choix d'un protecteur des yeux et du visage sécurité soient eux-mêmes correcteurs.
devra évidemment s'effectuer en fonction d'une
analyse préalable des risques. Nombreuses sont Les lunettes masques sont constituées d'un pro-
les activités qui peuvent aboutir à des projections tecteur de l'œil fixé dans une monture souple et
de matériaux divers : le débroussaillage, toutes les couvrante enfermant la région orbitale. Elles sont
opérations de terrassement, le reconditionnement maintenues en place par un serre-tête élastique.
de fûts (compris au sens large : ouverture de fûts, Le port de lunettes correctrices est possible par-
manutention, transvasement, etc.), sans oublier dessous certains modèles de lunettes-masques.
les risques liés aux différentes machines qui peu-
vent être mises en œuvre pour procéder aux opé-
rations de traitement des sols proprement dits La protection la plus complète est assurée par les
(désorption thermique, extraction par solvants). écrans faciaux, puisqu'ils assurent la protection
On pourra donc être confronté à des projections des yeux, du visage et d'une partie du cou. Dans
de solides ou de liquides, mais aussi de gaz, de le cas des réhabilitations de sites industriels pol-
taille et de consistance très variées, pour les- lués, leur utilisation peut s'imposer en particulier
quelles des réponses de prévention diverses peu- pour les opérations de reconditionnement. En
vent être apportées. matière plastique transparente, ils s'adaptent faci-
lement sur un casque. Leur utilisation n'exclut pas
On distingue généralement trois types de pro-
non plus le port d'un masque respiratoire (en par-
tecteurs des yeux et du visage (Figure 6.1.) :
ticulier un demi-masque). La plupart des écrans
• les lunettes à branche ; faciaux peuvent être portés sans inconvénient
• les lunettes masques ; par-dessus des lunettes correctrices.
• les écrans faciaux. Comme les autres EPI, les protecteurs des yeux
et du visage nécessitent un entretien et un net-
Par rapport aux lunettes de type courant, les toyage régulier. Un protecteur sale ou détérioré
lunettes de sécurité à branches sont des protec- altère la vision et va donc provoquer une fatigue
teurs qui comportent des coques latérales afin de visuelle susceptible de produire des incidents ou
garantir une meilleure protection de l'œil. Quand accidents. Sa détérioration peut également entraî-
elles ne comportent qu'un oculaire, elles peuvent ner des réactions de rejet qui aboutiront à ce qu'il
généralement être portées par-dessus des lunettes ne soit plus ou mal porté.

Lunettes à branches et Lunettes Ecrans


coques latérales masques faciaux

Figure 6.1. Exemples


d’équipements de protection
individuelle des yeux
et du visage.

102
La protection individuelle

6.4. La protection de la tête 6.5. Les chaussures et bottes


de sécurité
Le port du casque est nécessaire chaque fois que
l'opérateur est exposé à un risque de chute d'ob- Le choix des chaussures et des bottes de sécuri-
jets à partir d'un niveau supérieur. C’est le cas té doit être fait de façon à assurer la protection
notamment sur les friches industrielles où les bâti- de l'opérateur contre les risques :
ments sont en règle générale en très mauvais état.

• mécaniques :
Les casques ont une durée d'utilisation de vie limi-
- les inserts de protection métallique incorporés
tée car ils vieillissent sous l’influence du soleil et
dans le semelage de la chaussure permettent
des intempéries. La date limite d'utilisation doit
d'éviter la perforation de la semelle ;
figurer dans la notice d'utilisation du fabricant. A
défaut d’indications précises dans la notice du - les embouts de protection permettent de proté-
fabricant, on réformera un casque après une ger contre la chute d'objets sur les orteils ;
durée d'utilisation de deux ans maximum dans - les protecteurs latéraux contre la coupure (pou-
des conditions normales d'utilisation. Après un vant intervenir sur le côté de la chaussure) et les
choc violent, même si le casque ne présente pas protecteurs du métatarse ;
de signe apparent d'altération, il doit absolument
- les semelles anti-dérapantes particulièrement
être réformé. On veillera également à l'état de la
utiles sur des sols parfois imbibés de produits chi-
calotte du casque, qui ne doit présenter ni décolo-
miques ;
ration ni craquelures.
- les talons absorbeurs d'énergie permettent de
limiter l'énergie de chocs en cas de glissades.

• chimiques :
- semelle résistante aux hydrocarbures ;
- semelle et tige résistantes et imperméables aux
produits chimiques.

• liés aux intempéries.


Des articles chaussants sont également conçus
pour assurer la protection contre les risques élec-
triques et thermiques (a priori plus rares dans le
cas des réhabilitations). 6

103
La protection individuelle

6.6. La protection auditive 6.6.2. Les protecteurs non-linéaires


(à atténuation asservie)
Lorsque l'exposition sonore quotidienne subie par
un travailleur dépasse le niveau de 85 dB(A) ou Ce sont des casques enveloppants protecteurs
lorsque la pression acoustique de crête dépasse qui permettent une atténuation qui évolue avec le
le niveau de 135 dB, des protecteurs individuels niveau sonore externe ambiant. Ces équipements
doivent être mis à sa disposition. On distingue permettent donc de préserver au mieux la
trois principaux types : communication avec l'environnement pendant
les périodes calmes, en particulier dans des
• les protecteurs passifs ;
ambiances de travail dont le niveau sonore évolue
• les protecteurs non-linéaires ; fortement au cours du temps.
• les protecteurs actifs.

6.6.3. Les protecteurs actifs


6.6.1. Les protecteurs passifs
Comme les précédents, ce sont des protecteurs
Ce sont des bouchons d’oreille, des serre-tête, des de type électronique. Ces équipements permet-
casques enveloppants, etc. Le choix entre ces dif- tent l'injection d'un son en opposition de phase
férents équipements sera effectué en fonction de avec le bruit résiduel traversant le protecteur. Ils
leur usage. On réservera généralement les serre- ont surtout une bonne efficacité pour les plus
tête et serre-nuque pour des ports intermittents. basses fréquences. Ils améliorent souvent de
Dans le cadre des activités de chantiers et en par- façon très satisfaisante la perception de la parole
ticulier sur les sites industriels pollués, il convient en milieu bruyant, et permettent de maintenir un
de noter la possibilité de monter les serre-tête sur niveau de communication satisfaisant comme les
les casques. protecteurs non-linéaires cités précédemment.

Pour un port continu on aura le plus souvent Outre les règles d'hygiène très strictes sur les-
recours aux bouchons d'oreilles, discrets et peu quelles on a déjà insisté (les casques anti-bruits
encombrants, mais qui nécessitent des précau- doivent être considérés comme des équipements
tions d'hygiène assez strictes : ils ne doivent être individuels, et un serre-tête doit être nettoyé avant
manipulés que par des mains propres et doivent d'être transmis à un autre porteur), ces protec-
pouvoir être stockés dans un lieu propre exempt teurs doivent comme les autres faire l'objet d'un
de toute pollution. entretien régulier. Leur stockage doit être effectué
dans d'excellentes conditions de propreté à l'abri
Selon les types, les niveaux d'affaiblissement de de la poussière et la pollution.
l'ambiance sonore peuvent atteindre 30 à 40 dB
selon les fréquences. Il existe plusieurs types de
bouchons d’oreille :
- bouchons d'oreille réalisés sur mesure en
résines synthétiques, donc moulés à partir du
conduit auditif et de l'oreille externe du porteur ;
- bouchons d'oreilles prémodelés en silicone ou
caoutchouc : l'utilisateur devra apporter un soin
particulier au choix d'une taille adaptée ;
- bouchons d'oreilles façonnés par l'utilisateur
avant introduction dans le conduit auditif : s'ils
donnent généralement satisfaction à l'utilisateur
qui peut les adapter correctement à sa morpholo-
gie, un soin tout particulier devra être apporté à
l'hygiène et au stockage.

104
La protection individuelle

6.7. Les genouillères 6.8. Les harnais d'antichute

Un opérateur doit être équipé de genouillères s'il L’utilisation d’un système antichute doit être réser-
est amené à effectuer des travaux, de façon fré- vée à des opérations exceptionnelles ou de cour-
quente et/ou prolongée, à genoux. Sur la plupart te durée. La prévention des chutes de hauteur doit
des chantiers, il devrait être possible de procéder bien évidemment privilégier l'aménagement du
à un aménagement du poste de travail afin d'évi- poste de travail et la mise en place de dispositifs
ter aux travailleurs d'adopter la position à genoux. de protection collective. Cet équipement ne peut
être utilisé que s'il existe un point d'ancrage
accessible et sûr situé au-dessus de l'opérateur
équipé. Il existe deux types principaux de sys-
tèmes antichute :

• les systèmes à coulisseau sur corde, câble ou


rail vertical qui se bloquent en cas de chute ;

• les systèmes à enrouleur pour lesquels le


câble ou la sangle se déroule ou s'enroule en
fonction des déplacements de l'opérateur et se
bloque en cas de chute. Ces systèmes à enrou-
leur permettent des déplacements latéraux de
plus grande amplitude que ceux autorisés par les
systèmes à coulisseau.

Les systèmes avec longe et absorbeur ne seront


utilisés que s’il est impossible d’utiliser des sys-
tèmes antichute.
Un harnais d'antichute qui présente un signe de
détérioration ou qui a déjà servi à arrêter une
chute doit être réformé immédiatement.

105
La protection individuelle

6.9. La protection respiratoire


Les objectifs de ce chapitre sont de fournir au
Faire le choix d'un appareil de protection respira- lecteur :
toire (APR) est souvent fort ardu puisqu'il faut • une typologie des différents APR disponibles
concilier des critères d'efficacité et de confort des afin de guider le choix des utilisateurs ;
opérateurs. Il faut également déterminer les
périodes de port puisque, sauf exception, un APR • une réflexion sur l'utilisation des APR les plus
ne pourra être porté que pendant une période limi- courants sur les chantiers de réhabilitation de
tée. Ce choix est rendu encore plus compliqué par sites industriels pollués ;
l'existence de multi-pollution fréquentes sur les • une estimation des performances des diffé-
chantiers de réhabilitation de sites industriels pol- rents équipements dans les conditions réelles
lués. Certains chantiers présentent en outre la par- d'utilisation ;
ticularité d'exposer potentiellement les opérateurs
• un rappel des principales règles de stockage
à une pollution dont on ne connaît pas toujours les
et d'entretien.
composants, et dont les niveaux peuvent varier for-
tement au cours du temps.

Appareils de protection respiratoire

Appareils filtrants Appareils isolants


= =
Pièce faciale + dispositif Pièce faciale + dispositif
de filtration d’apport d’air ou d’oxygène
épuration de l’air ambiant indépendants de l’air ambiant

Figure 6.2

106
La protection individuelle

6.9.1. Classification des APR mettant d'arrêter plusieurs types de gaz, ou un


gaz et des poussières, etc. Dans certains cas,
c'est la pièce faciale qui constitue elle-même le
6.9.1.1. Appareils filtrants et appareils isolants
filtre (contre les poussières et/ou contre les gaz) :
Les appareils filtrants épurent l'air ambiant on parle alors de pièce faciale filtrante.
contaminé. Ils sont généralement constitués d'une
pièce faciale qui recouvre les voies aériennes Le passage de l'air à travers le filtre peut être
supérieures (bouche et nez) plus ou moins large- assuré par le travail respiratoire du porteur : on
ment selon le type de la pièce filtrante (le masque parle alors de ventilation libre. Ce passage de
complet englobe par exemple tout le visage). l'air à travers le filtre peut aussi être assuré par un
Cette pièce faciale est munie d'un filtre adapté au ventilateur motorisé fixé à la pièce faciale ou à la
type de polluant qui doit être piégé : aérosols ceinture du porteur : on parle alors de ventilation
(solides ou liquides) ou gaz. Ce filtre peut assistée. Ces données sont résumées sur le
d'ailleurs être une combinaison de supports per- schéma de la figure 6.3.

Appareils filtrants
anti-aérosols
ou
anti-gaz

A ventilation libre A ventilation assistée

6
Pièce faciale Demi-masque ou Demi-masque ou Casque
filtrante masque complet masque complet ou cagoule
jetable + + ou écran facial
filtre(s) ventilateur ou combinaison
motorisé +
+ ventilateur
filtre(s) “TM” motorisé
+
filtre(s) “TH”

Figure 6.3

107
La protection individuelle

Les appareils isolants sont alimentés à partir - l'alimentation en air peut être continue ou limitée
d'une source d'air non contaminé indépendante aux phases d'inspiration ;
de l'atmosphère polluée dans laquelle évoluent
- l'air alimentant la pièce faciale peut y être amené
les porteurs de ces APR isolants. L'alimentation
par le seul travail respiratoire du porteur ou grâce
de la pièce faciale est alors assurée par un tuyau
à une assistance motorisée ;
qui amène l'air d'une zone non polluée, ou d'une
source d'air comprimé (compresseur ou bou- - une pression positive peut être garantie ou pas
teilles). Plusieurs cas de figures sont possibles : sous la pièce faciale ;

- la source d'air comprimé peut être portée par - etc.


l'opérateur (bouteille) ou à poste fixe (bouteilles
ou compresseur) ; On trouvera un résumé de ces possibilités sur la
figure 6.4.

Appareils isolants

Non autonome Autonome

A air libre A adduction A air A oxygène A


d’air comprimé comprimé comprimé génération
d’oxygène

Non A débit
assistés continu

A assistance A la A la
motorisée demande demande

A la A la
demande, demande,
à pression à pression
positive positive

Figure 6.4

108
La protection individuelle

6.9.1.2. Pièces faciales


Demi-masque filtrant
La pièce faciale est la partie de l'APR directement anti-poussières
1. Pièce faciale
en contact avec le visage de la personne équipée. 2. Jeu de brides
Par son joint facial, elle doit en particulier assurer 3. Pince-nez

l'étanchéité entre l'atmosphère ambiante (polluée


ou susceptible de l'être) et l'intérieur de l'appareil.
Les principaux types de pièces faciales sont :
- Le demi-masque (figure 6.5)
Il recouvre le nez, la bouche et le menton. Il est
constitué d'un matériau souple et étanche.
Il comporte des brides de fixation, des soupapes
inspiratoires et expiratoires et un raccord destiné Figure 6.6.
à recevoir un filtre ou un dispositif d'apport d'air. Il Demi-masque filtrant anti-poussières.
est utilisable dans des configurations variées
(ventilation libre ou assistée, adduction d'air, etc - Le masque complet (figure 6.7)
Il recouvre les yeux, le nez, la bouche et le men-
ton. Il est constitué d'un matériau souple et
Demi-masque
1. Jupe de masque
étanche. Il comporte des brides de fixation, un
2. Jeu de brides oculaire, des soupapes inspiratoires et expira-
3. Soupape expiratoire
toires, un demi-masque intérieur pourvu d'une
4. Soupape inspiratoire
5. Raccord soupape inspiratoire et un raccord destiné à rece-
voir un filtre ou un dispositif d'apport d'air. Il est uti-
lisable dans des configurations variées (ventilation
libre ou assistée, adduction d'air, etc.)

Masque complet 6. Raccord


1. Jupe de masque 7. Soupape expiratoire
2. Bordure d’étanchéité 8. Soupape inspiratoire
3. Oculaire du demi-masque intérieur
4. Demi-masque intérieur 9 Soupape inspiratoire
Figure 6.5. Demi-masque. 5. Jeu de brides 10. Membrane phonique

- Le demi-masque filtrant (pièce faciale filtrante)


6
(figure 6.6)
Il s'agit d'un demi-masque. Il recouvre donc nez,
bouche et menton. A la différence du précédent
c'est le masque lui-même, en totalité ou pour par-
tie, qui constitue le média filtrant : il n'est pas
nécessaire d'y ajouter un filtre. Il ne peut en
revanche être utilisé qu'en ventilation libre. Selon
les modèles, il peut être efficace contre les aéro-
sols solides ou liquides, les gaz, ou toute combi-
naison de ces polluants. Figure 6.7. Masque complet.

109
La protection individuelle

- La cagoule (figure 6.8)


Casque 3. Joint facial
Elle est constituée d'un matériau souple. Elle 1. Casque 4. Tuyau respiratoire,
2. Visière basse pression
recouvre l'ensemble de la tête et parfois les
épaules. Elle comporte un large oculaire et un dis-
positif d'apport et de répartition de l'air. Elle ne peut
pas être utilisée en ventilation libre, elle nécessite
donc un apport d'air extérieur (par ventilation
assistée ou par adduction d'air). Elle peut cepen-
dant aussi être utilisée sous la forme d'un appareil
filtrant pour permettre à son porteur d'évacuer un
local touché par un incendie (donc dans ce cas
avec une durée d'utilisation très limitée).

Cagoule 4. Tuyau respiratoire,


basse pression
Figure 6.9. Casque.
1. Cagoule 5. Robinet de commande
2. Jeu de brides 6. Accouplement
3. Oculaire 7. Ceinture

- L'embout buccal (figure 6.10)


Il s'agit d'un ensemble constitué d'une pièce
d'étanchéité tenue dans la bouche, d'une pince
d'obturation des narines et éventuellement
d'autres accessoires (brides, soupape expiratoire
et/ou inspiratoire). L’embout buccal n’est jamais
utilisé pour des situations de travail ; il est exclusi-
vement utilisé en cas d’évacuation rapide.

Ensemble embout 4. Mentonnières


buccal 5. Jeu de brides
1. Corps d’embout buccal 6. Pince-narines
2. Raccord 7. Soupape expiratoire.
3. Embout buccal

Figure 6.8. Cagoule.

- Le casque (figure 6.9)


Il s'agit d'un casque résistant aux chocs auquel a
été ajoutée une visière transparente reliée aux
contours du visage, ainsi qu'éventuellement au cou
et aux épaules par une jupe étanche et souple.
Comme la cagoule, le masque ne peut être utilisé
qu'en adduction d'air ou en ventilation assistée. Figure 6.10. Ensemble embout buccal.

110
La protection individuelle

6.9.1.3. Les filtres Le marquage du filtre doit faire apparaître son effi-
cacité (P1 à P3) ainsi que sa limitation aux aéro-
On distingue :
sols solides uniquement (S) ou son efficacité pour
- les filtres anti-aérosols qui protègent dans tous les solides et les liquides (SL).
les cas contre les particules solides, et pour cer-
Les pièces faciales filtrantes, dont le matériau
tains d'entre eux contre les particules liquides ;
constitue le media filtrant sont classées sur des
- les filtres anti-gaz ; critères analogues de FFP1 à FFP3.
- les filtres combinés qui associent filtres anti- Chaque type de filtre anti-gaz est spécifique d'un
aérosols et filtres anti-gaz. gaz ou d'une famille de gaz ou vapeurs.
Les filtres anti-aérosols sont classés en trois caté- Le tableau 6.1 résume les différents types existant
gories en fonction de leurs résultats à des tests actuellement et décrit leur domaine d'utilisation.
normalisés :
En fonction de leur capacité d'adsorption, les
- les filtres de faible efficacité P1 qui arrêtent au
filtres anti-gaz sont classés en trois catégories :
moins 80 % de l'aérosol de chlorure de sodium
défini par l'essai normatif ; - les galettes de classe 1 qui ont la plus faible
capacité ;
- les filtres d'efficacité moyenne P2 qui arrêtent au
moins 94 % de cet aérosol ; - les cartouches de classe 2 de capacité moyenne ;

- les filtres de haute efficacité P3 qui arrêtent au - les bidons de classe 3 qui ont la plus grande
moins 99,95 % de l'aérosol. capacité.

Type Couleur Domaine d'utilisation


A Marron Gaz et vapeurs organiques dont le point d'ébullition est supérieur à 65 °C

B Gris Gaz et vapeurs inorganiques (sauf le monoxyde de carbone CO)

E Jaune Dioxyde de soufre (SO2) et autres gaz et vapeurs acides

K Vert Ammoniac et dérivés organiques aminés

HgP3 Rouge + Blanc Vapeurs de mercure


NOP3 Bleu + Blanc Oxydes d'azote

AX Marron Composés organiques à bas point d'ébullition (inférieur à 65°C)

SX Violet Composés spécifiques désignés par le fabricant

Tableau 6.1
6
Il convient de noter que ces chiffres correspon- On peut donc disposer par exemple d'une car-
dent à l'efficacité des filtres, et non pas à celle de touche anti-gaz de type A2B2 pour la protection
l'APR global dont le filtre n'est qu'un élément contre les gaz et vapeurs organiques dont le point
constitutif. Pour estimer la fuite (complément à d'ébullition est supérieur à 65°C et les gaz et
100 % de l'efficacité) d'un APR, il convient de vapeurs inorganiques (à l'exception du monoxyde
sommer les fuites de ses éléments constitutifs. Il de carbone CO). Contrairement aux filtres anti-
faut donc par exemple rajouter à la fuite d'un filtre poussières, le chiffre de 1 à 3 ne caractérise pas
celle pouvant résulter du manque d'étanchéité de l'efficacité de la filtration, mais la capacité croissan-
la pièce faciale au visage du porteur. Cette notion te de rétention de la cartouche.
de fuite globale (ou d'efficacité) d'un APR sera
discutée plus loin. A la différence des filtres anti-poussières dont le
colmatage au fur et à mesure de leur utilisation va

111
La protection individuelle

augmenter la perte de charge sans nuire à leur des conditions de test normatif de la capacité des
efficacité (au moins vis-à-vis de l'essai normatif), filtres et des temps minimaux de saturation égale-
un filtre anti-gaz est susceptible d'être saturé. ment définis par la norme (cf. tableau 6.2), on peut
Quand les sites d'adsorption de l'élément actif déterminer un temps de saturation dans les condi-
(généralement du charbon actif) seront tous utili- tions réelles d'utilisation. Le fournisseur du filtre
sés par le polluant, les nouvelles molécules anti-gaz peut être sollicité pour une telle détermi-
gazeuses traverseront le lit de charbon sans y être nation : il aura généralement accumulé des don-
arrêtées et se retrouveront à l'intérieur de la pièce nées dans ce domaine.
faciale (masque). Il faut être très vigilant quant à
Un filtre anti-gaz est à usage unique. Il ne
ce phénomène de saturation puisqu'il va aboutir à
devrait pas après un premier usage pour protéger
une exposition de la personne équipée d'un APR
contre un premier polluant, être ensuite utilisé
qui se croira pourtant à tort protégée.
pour un polluant différent : il existe en effet un
Il n'existe pas aujourd'hui de détecteur de saturation risque que le second polluant déplace ou fasse
satisfaisant. On ne peut pas se fier à l'odorat relarguer le premier polluant adsorbé sur le char-
puisque certains gaz ont des seuils de détection bon. De la même façon après un premier usage,
olfactive supérieurs à leur valeur limite d'exposition. le polluant adsorbé peut migrer sur le charbon
Divers paramètres (la température, l'humidité de actif avec un risque de moins bonne adsorption du
l'air ambiant, la concentration de polluant, le débit polluant à l'occasion d'un second usage, s'il inter-
de passage de l'air à filtrer à travers le filtre, etc.) vient plusieurs semaines ou plusieurs mois après
influent sur le temps de saturation. En fonction le premier.

Type Concentration du Temps minimaux


et classe de filtre gaz d’essai (ppm) de saturation (mn)
A1 1000 80

B1 (chlore) 1000 20

B1 (sulfure d'hydrogène) 1000 40

B1 (cyanure d'hydrogène) 1000 25

E1 1000 20

K1 1000 50

A2 5000 40

B2 (chlore) 5000 20

B2 (sulfure d'hydrogène) 5000 40

B2 (cyanure d'hydrogène) 5000 25

E2 5000 20

K2 5000 40

A3 10000 60
B3 (chlore) 10000 30

B3 (sulfure d'hydrogène) 10000 60

B3 (cyanure d'hydrogène) 10000 35

E3 10000 30

K3 10000 60

Tableau 6.2

112
La protection individuelle

Les filtres combinés associent filtre anti-aéro- n'ont pas d'appareils spécialisés. Il est donc géné-
sols et filtre(s) anti-gaz. Ces filtres peuvent être ralement impossible pour un utilisateur de
très complets. Les filtres A2B2E2K2P3Hg sont connaître la qualité de l'air comprimé qu'il va
par exemple assez répandus sur le marché. Le mettre à la disposition des opérateurs, même s'il
prescripteur doit cependant tenir compte du fait adopte la précaution élémentaire qui consiste à
qu'un filtre très complet (tel que celui cité ci-des- proscrire les compresseurs thermiques et à n'ad-
sus) opposera une forte perte de charge au travail mettre que les compresseurs électriques. Par
respiratoire. Cette forte perte de charge risque de ailleurs, quelle que soit la qualité des dispositifs
se traduire par une fatigue de l'utilisateur, qui peut épurateurs d'air (en particulier les filtres ou pièges
l'inciter à générer, même involontairement, des à huile), ils peuvent être pris en défaut si la quali-
fuites au visage. On réservera donc ces filtres très té de l'air en sortie du compresseur est trop mau-
complets à des utilisations brèves. On en exclura vaise : les filtres quand ils sont saturés, laissent
l'usage pour des travaux physiquement exigeants passer les gouttelettes d'huile. Il est donc néces-
pour lesquels la surcharge de travail respiratoire saire de procéder régulièrement à des contrôles
risque d'être excessive. Si l'utilisation d'une telle en sortie de compresseur et en sortie de borne
cartouche se révèle indispensable, on associera épuratrice afin de s'assurer de la bonne qualité de
son utilisation à celle d'une assistance motorisée l'air distribué.
(ventilation assistée) qui dispense le porteur de
La teneur en monoxyde de carbone et en dioxyde
tout effort respiratoire supplémentaire. Il convient
de carbone constitue un autre problème, en parti-
également de sélectionner correctement le type
culier en cas de travail en milieu urbain, et particu-
de filtres : il est inutile de sur-protéger en utilisant
lièrement dans des lieux où la circulation est
un filtre combiné trop complet.
importante. Il faudra donc accorder une attention
particulière à l'endroit où on installe le compres-
6.9.1.4. Qualité de l'air fourni à un appareil seur, même s'il est équipé de dispositifs d'épura-
respiratoire isolant tion, en évitant des lieux trop pollués (en particulier
L'air fourni à un appareil de protection respiratoire trop confinés).
doit être aussi pur que possible et sa composition
aussi proche que possible de celle de l'air naturel.
L'air comprimé pour appareil de protection respira-
toire isolant ne doit pas avoir d'odeur, ni de goût
significatif, et sa teneur en huile (gouttelette ou
brouillard) ne doit pas excéder 0,5 mg.m-3. Sa
teneur en monoxyde de carbone (CO) ne doit pas
excéder 15 ppm. Il ne doit pas contenir d'eau sous
forme liquide et son point de rosée doit être suffi-
samment bas pour éviter toute condensation ou tout
givrage interne dans les tuyaux d'alimentation ou
6
dans les pièces faciales des APR. Pour parvenir à
ces résultats, il est possible d'intervenir sur les
lignes d'alimentation : il existe des filtres qui permet-
tent d'éliminer les poussières ou les gouttelettes
d'huile, des pièges à eau ou à huile, des systèmes
de réchauffement ou de refroidissement de l'air.
La législation n'impose pas actuellement de règles
particulières pour le choix des compresseurs des-
tinés à fournir de l'air respirable. En conséquence,
les loueurs de matériel, qui fournissent une part
importante du parc de matériel utilisé à cet effet,

113
La protection individuelle

6.9.2. Efficacité de la protection excellente étanchéité entre le visage et la pièce


respiratoire faciale, d'où un soin particulier apporté au rasage
du visage des sujets pratiquant les essais. La réa-
Dans le cadre de la qualification des APR, plu- lité industrielle montre que souvent les travailleurs
sieurs tests normatifs visent à quantifier l'efficacité équipés d'APR n'ont pas été informés de l'impor-
de leurs divers composants seuls ou combinés : tance de ce facteur. Et même si cette information
par exemple la pièce faciale ou les filtres. En fonc- a été faite, les nécessités de la vie font que ces
tion des résultats à ces tests, les APR sont prescriptions ne sont souvent pas respectées.
d'ailleurs classés dans les différentes catégories • Des efforts physiques intenses se traduisent
mentionnées précédemment : par exemple de P1 à
par une demande d'air importante. On a vu que ce
P3 pour un filtre anti-poussières ou de FFP1 à
phénomène peut générer des fuites. Il convient
FFP3 pour une pièce faciale filtrante. Le marquage
d'insister sur le fait que même dans le cas de l'uti-
de conformité CE confirme la conformité du maté-
lisation de masques à ventilation assistée, le débit
riel aux exigences essentielles de la normalisation.
fourni par la motorisation peut se révéler insuffi-
Pour autant, l'expérience acquise par les hygié- sant pour répondre de façon instantanée, ou sur
nistes du travail et certains fabricants d'APR eux- quelques secondes aux besoins du porteur de
mêmes a montré que l'efficacité des APR au l'APR. Même des débits de 200 l.min-1, qui ne
poste de travail est en règle générale très infé- sont pas atteints par les APR à ventilation assis-
rieure à celles mesurées au cours des tests de tée et très rarement par les APR à adduction d'air
qualification selon les tests normatifs. A cela on en raison de la gêne que ces débits entraînent
peut trouver plusieurs explications : (sensation de froid au visage ou de courant d'air),
peuvent être dépassés de façon instantanée en
• Les tests normatifs sont effectués sur des créant ainsi une dépression sous la pièce faciale.
durées courtes (quelques minutes) alors qu'un Il y a alors risque que la pollution ambiante
APR peut être porté par un opérateur pendant pénètre dans la pièce faciale, ce qui entraînerait
plusieurs heures consécutives. La fatigue phy- une chute très forte du facteur de protection assu-
sique et respiratoire du travailleur n'est donc pas ré par l'APR.
la même que celle du sujet effectuant l'essai nor- Afin de fournir aux utilisateurs des données
matif. Cette fatigue respiratoire peut inciter le tra- exploitables les guidant dans le choix d'un type de
vailleur à créer, même involontairement, des fuites protection respiratoire, différents organismes et
au visage pour s'assurer à moindre coût physiolo- chercheurs ont donc créé la notion de facteur de
gique une quantité d'air suffisante. De la même protection estimé (assessed protection factor ou
façon, la sudation peut être supérieure avec le assigned protection factor) qui est basée sur des
risque de perte d'étanchéité entre le visage et la études mesurant le facteur de protection (c'est-à-
pièce faciale. dire le rapport entre l'exposition à laquelle l'opéra-
teur serait soumis s'il ne portait pas d'APR et l'ex-
• Les mouvements prescrits au sujet pendant la position mesurée à l'intérieur de la pièce faciale)
réalisation de l'essai normatif sont souvent moins en situation réelle de travail.
rapides et moins énergiques que ceux effectués Plusieurs organismes ou chercheurs ont proposé
dans la plupart des travaux courants dans l'indus- des tableaux complets de ces valeurs pour les
trie (en tout cas ceux nécessitant le port d'une
principaux types de masques. Un certain nombre
protection respiratoire). Les risques de déplace-
de divergences subsistent encore pour certaines
ment de la pièce faciale et de perte d'étanchéité
valeurs. On trouvera à titre d'exemple dans le
au visage sont donc supérieurs en configuration
tableau 6.3 la proposition formulée au niveau
réelle d'utilisation.
européen par Howie, dans le tableau 6.4 les
recommandations du NIOSH (National Institute
• La norme insiste particulièrement sur la néces- for Occupational Safety and Health) organisme
sité pour le porteur d'être en mesure d'assurer une américain homologue de l'INRS pour les APR

114
La protection individuelle

anti-poussières et dans le tableau 6.5 les recom- dans ce cas est celle de garantie de l'existence
mandations du même organisme pour les APR d'une pression positive à l'intérieur du masque par
anti-gaz. rapport à l'extérieur : un appareil qui garantit une
Malgré certaines divergences apparentes, il n'exis- telle pression positive se voit attribuer un facteur
te pas de grosses différences entre les valeurs pro- de protection de 1000 par le NIOSH. De la même
posées par ces deux sources. Pour ce qui concer- façon, c'est une valeur de 500 qui est aussi pro-
ne la protection assurée par les masques à ventila- posée par Howie dans le cas d'une alimentation
tion assistée, on peut être frappé par les valeurs par adduction d'air qui permet a priori de s'affran-
relativement faibles (40 pour Howie, 50 pour le chir des risques de voir l'intérieur du masque pas-
NIOSH) qui sont proposées. La notion importante ser en dépression par rapport au milieu extérieur.

115
La protection individuelle

Facteur de
4 10 20 40 100 500 1 000
protection
évalué

Quart de
masque,
demi-masque - P1 - P2 - P3 - - - -
+ filtre (venti- - Anti-gaz
lation libre)

Pièce faciale
filtrante sans
soupape - FFP1 - FFP2 - FFP3 - - - -
d’inhalation - Anti-gaz
(ventilation
libre)

Pièce faciale
filtrante avec - Combiné : - Combiné : - Combiné : - - - -
soupape anti-gaz + P1 anti-gaz + P2 anti-gaz + P3
d’inhalation - Anti-gaz
(ventilation
libre)

Masque
complet - P1 - P2 - Anti-gaz - P3 - - -
+ filtre
(ventilation
libre)

Ventilation
Toute pièce Toute pièce Quart ou demi- Masque - - -
assistée
faciale + filtre faciale + filtre masque complet
avec quart de de niveau P1 de niveau P2 + filtre de + filtre de
masque, niveau P3, niveau P3,
demi-masque anti-gaz anti-gaz ou
ou masque ou combiné combiné
anti-gaz P3 anti-gaz P3
complet

Ventilation
Toute pièce Toute pièce Demi-cagoule + Cagoule - - Combinaison
assistée faciale + filtre faciale + filtre filtre de niveau + filtre de + filtre de
avec casque de niveau P1 de niveau P2 P3, niveau P3, niveau P3,
ou cagoule anti-gaz ou anti-gaz ou anti-gaz ou
combiné combiné combiné
anti-gaz P3 anti-gaz P3 anti-gaz P3

-
Appareil
- Demi-masque Masque Embout buccal Masque Embout
respiratoire + air libre ou complet + air libre complet buccal ou
isolant comprimé + air libre Cagoule ou gilet combinaison
non- Cagoule enveloppante + air comprimé + air
autonome + air comprimé + air comprimé comprimé
-
Appareil - - Masque Embout buccal - Embout buccal
complet + alimentation ou masque
respiratoire
+ alimentation sans pression complet
isolant sans pression positive + alimentation
autonome positive garantie à pression
garantie positive
garantie

Tableau 6.3. Facteurs de protection de différents types d’appareils de protection respiratoire


(proposition de Robin Howie au Comité européen de normalisation (1995).

116
La protection individuelle

Facteur de Type d'appareil


protection de protection respiratoire
estimé

5 • Masque à usage unique ou quart de masque

10 • Tout demi-masque (y compris jetable) à ventilation libre équipé d'un filtre,


sauf les masques à usage unique

• Tout masque complet à ventilation libre équipé d'un filtre à particule

• Tout demi-masque alimenté en air à la demande sans garantie de


pression positive à l'intérieur de la pièce faciale

25 • Tout casque ou cagoule à ventilation assistée équipé d'un filtre à particule

• Tout casque ou cagoule alimenté par un débit d'air continu

50 • Tout masque complet à ventilation libre équipé d'un filtre de haute efficacité

• Tout masque à ventilation assistée assurant une bonne étanchéité au


visage équipé d'un filtre de haute efficacité

• Tout masque complet alimenté en air à la demande sans garantie de


pression positive à l'intérieur de la pièce faciale

• Tout masque assurant une bonne étanchéité au visage alimenté par un


débit d'air continu

• Tout masque complet autonome alimenté en air à la demande sans


garantie de pression positive à l'intérieur de la pièce faciale

1 000 • Tout demi-masque alimenté en air avec garantie de pression positive à


l'intérieur de la pièce faciale

2 000 • Tout masque complet alimenté en air avec garantie de pression positive
à l'intérieur de la pièce faciale

10 000 • Tout masque complet autonome avec garantie de pression positive à


l'intérieur de la pièce faciale

• Tout masque complet alimenté en air avec garantie de pression positive


à l'intérieur de la pièce faciale associé à un appareil autonome
fonctionnant avec garantie de pression positive

Tableau 6.4. APF (Assigned Protection Factor).


Facteurs de protection respiratoire pour les appareils de protection respiratoire anti-poussières (NIOSH 1987).
6

117
La protection individuelle

Facteur de Type d'appareil


protection de protection respiratoire
estimé

10 • Tout demi-masque (y compris jetable) à ventilation libre équipé du filtre


anti-gaz convenable.

• Tout demi-masque alimenté en air à la demande sans garantie de


pression positive à l'intérieur de la pièce faciale.

25 • Tout casque ou cagoule (à étanchéité non renforcée) à ventilation


assistée équipé du filtre anti-gaz convenable.

• Tout casque ou cagoule alimenté par un débit d'air continu.

50 • Tout masque complet à ventilation libre équipé du filtre anti-gaz


convenable.

• Tout masque à ventilation assistée assurant une bonne étanchéité au


visage équipé du filtre anti-gaz convenable.

• Tout masque complet alimenté en air à la demande sans garantie de


pression positive à l'intérieur de la pièce faciale.

• Tout masque à ventilation assistée assurant une bonne étanchéité au


visage alimenté par un débit d'air continu.

• Tout masque complet autonome alimenté en air à la demande sans


garantie de pression positive à l'intérieur de la pièce faciale.

1 000 • Tout demi-masque alimenté en air avec garantie de pression positive à


l'intérieur de la pièce faciale.

2 000 • Tout masque complet alimenté en air à la demande avec garantie de


pression positive à l'intérieur de la pièce faciale.

10 000 • Tout masque complet autonome avec garantie de pression positive à


l'intérieur de la pièce faciale.

• Tout masque complet alimenté en air avec garantie de pression positive


à l'intérieur de la pièce faciale associé à un appareil autonome
fonctionnant avec garantie de pression positive.

Tableau 6.5. APF (Assigned Protection Factor).


Facteurs de protection respiratoire pour les appareils de protection respiratoire anti-gaz
(NIOSH 1987).

118
La protection individuelle

6.9.3. Stockage et entretien des APR 6.9.4. Utiliser un APR sur un chantier
de réhabilitation de site industriel pollué
Après chaque utilisation, un appareil doit être net-
toyé, désinfecté et préparé pour sa réutilisation Compte tenu des conditions de réalisation des
ultérieure (qu'il s'agisse du même utilisateur ou réhabilitations de sites industriels pollués, l'utilisa-
d'une réaffectation de l'appareil) ou son stockage. tion de la protection respiratoire peut revêtir une
Les appareils ne seront nettoyés et entretenus importance considérable. La durée limitée des
qu'avec les produits indiqués par le fabricant, pour chantiers, la difficulté de concevoir des dispositifs
éviter les risques de perturbation de leur fonction- de protection collective font que la prévention de
nement que ferait courir l'emploi d'autres produits. l'exposition professionnelle aux poussières et/ou
aux gaz intègre souvent la protection respiratoire
Le remplacement des éléments défectueux, les
sur ces chantiers. Une difficulté supplémentaire
petites réparations et les différents réglages
est liée au fait que sur certains, on est confronté à
nécessaires seront effectués par une personne
la difficulté de connaître non seulement les
compétente et selon les instructions du fabricant.
niveaux d'exposition que les conditions de dérou-
Les pièces de rechange seront celles prévues par
lement des travaux en plein air ne permettent pas
le fabricant. Le programme d'entretien des APR
toujours d'appréhender, mais aussi plus fonda-
doit porter sur les points suivants :
mentalement la nature des polluants. Face à de
• le nettoyage ; telles incertitudes il est difficile de préconiser le
• la désinfection ; type d'APR convenable.

• les conditions de stockage ; Il n'est pas possible dans ce document de fournir


des recettes qui seraient applicables à tous les
• le contrôle du bon fonctionnement aux inter-
chantiers dans leur diversité. L'objectif est plutôt
valles prescrits ;
de fournir des éléments qui permettront d'aider à
• les vérifications et remplacements systéma- la définition d'une politique de port des APR sur
tiques de pièces aux intervalles prescrits. un chantier.

6.9.4.1. Ventilation libre, ventilation assistée,


adduction d'air ?
La ventilation libre, pour être efficace, doit être
réservée à des opérations de courte durée
sans contrainte physique importante. Quand
une opération pénible est susceptible de durer
plus de 30 ou 45 minutes (chiffres indicatifs qui
doivent être modulés en fonction de la pénibilité
de la tâche qui nécessite le port de la protection 6
respiratoire), il est préférable de substituer à cette
ventilation libre une ventilation assistée ou une
adduction d'air. Même si des réticences sont sou-
vent enregistrées de la part des personnels qui
redoutent l'encombrement lié à ces techniques
alternatives, en règle générale une brève période
d'essai suffit à emporter la décision. D'autres réti-
cences sont liées, dans le cas de la ventilation
assistée, à l'arrivée d'un flux d'air froid dans la
zone de la nuque pour des travaux en extérieur au
cours de la saison froide. Cet inconvénient peut
être résolu par l'utilisation de l'adduction d'air, qui

119
La protection individuelle

permet de réchauffer ou de refroidir l'air d'alimen- 6.9.4.2. Comment protéger les opérateurs au
tation, mais cet avantage se fera au détriment de cours d'une phase de diagnostic ?
la mobilité des opérateurs qui seront alors tribu-
L'objet d'un diagnostic est de collecter l'ensemble
taires du tuyau d'alimentation. Le recours à des
des données (nature des polluants, localisation,
bouteilles portées par l'opérateur ne peut être
quantités…) qui permettront de définir le scénario de
qu'exceptionnel, en raison de l'encombrement, du réhabilitation le mieux adapté au site étudié. C'est au
poids et de la gêne des opérateurs qui en résul- cours du diagnostic que seront également recueillies
tent et de la faible autonomie qu'elles autorisent. les informations utiles à l'organisation du futur chan-
tier de travaux. Deux cas de figure peuvent se pré-
Quand les inconnues (nature des polluants, senter lors de la réalisation des investigations.
concentration dans l'air, etc.) sont grandes, la Sur certains sites, dont la nature de la pollution est
solution la plus intéressante reste évidemment relativement bien connue, il s'agit surtout de loca-
l'adduction d'air. Elle suppose que soient résolus liser les points et les niveaux de pollution au
les problèmes de la qualité de l'air d'alimentation moyen de forages ou d'excavations. La nature des
et en particulier de l'absence des polluants géné- polluants est déjà connue, et le choix des media fil-
rés par la réhabilitation du site. Il faut donc en per- trants (anti-poussières ou anti-gaz) ne pose pas de
manence disposer d'une zone d'alimentation problème. Si, comme c'est probable, le niveau
dépourvue de pollution : une étude de la pollution d'exposition est inconnu, on choisira un niveau de
du site générée par les travaux s'avère donc protection élevé (de type 3), la condition de sa
indispensable. Au cours des travaux conduits par mise en œuvre (pour faire simple : ventilation libre
l'INRS ces dernières années, il est apparu que le ou ventilation assistée) étant surtout conditionnée
niveau de pollution dans ce type de travaux réali- par la pénibilité des travaux et la durée pendant
sés à l'air libre diminue très rapidement grâce à la laquelle l'opérateur est susceptible d'être exposé
dilution dans l'air ambiant quand on s'éloigne de la (voir paragraphe précédent).
zone d'émission (généralement celle des travaux).
En revanche, sur d'autres sites, la connaissance
Les autres problèmes de qualité de l'air respirable
préalable des activités qui y ont été menées (ou
(présence d'huile, température de l'air, etc.) peu-
des déchets qui ont pu y être enfouis) n'est pas
vent toujours trouver une solution technique géné-
suffisante pour déterminer le type de filtres (ou de
ralement simple. Reste également que l'adduction cartouches) utilisable. Il est aussi possible qu'on ait
d'air nécessite une liaison (tuyau) entre le distri- de forts indices montrant que toutes sortes de pro-
buteur d'air et le masque : si la zone d'évolution de duits pourront être rencontrés. Dans de telles
l'opérateur n'est pas trop étendue, il reste possible conditions, au moins pour la phase de diagnostic,
de construire un réseau sommaire de distribution c'est un media filtrant très complet (par exemple
d'air comprimé sur le site, auquel l'opérateur vient ABEKP, voire Hg, ou d'autres supports spéciaux)
se connecter sans que la longueur de tuyau à qui devra être utilisé. Cette utilisation devra se faire
gérer par l'opérateur soit trop grande. Dans le dans des conditions analogues à celles décrites
choix de la pièce faciale filtrante utilisée en adduc- dans le cas précédent, c'est-à-dire que le type
tion d'air on privilégiera les appareils munis d'un d'APR devra être choisi en fonction du type de tra-
filtre en série. Ils permettent en effet de minimiser vail et de sa durée prévisible. L'utilisation de l'ad-
l'exposition du travailleur au cours des phases de duction d'air offre une alternative intéressante
déconnexion / connexion, puisque ce filtre en dans la mesure où on pourra disposer d'une prise
série permet l’alimentation en air filtré (ventilation d'air située dans une zone qui n'est pas suscep-
libre) du travailleur pendant ces périodes. Quoi tible d'être polluée par les investigations effectuées
qu'il en soit les phases de déconnexion / sur le site. Il peut être possible d'envisager égale-
connexion doivent rester aussi courtes que pos- ment, pour l'alimentation des masques, l'utilisation
sible, le temps pour l'opérateur de passer d'une d'air comprimé en bouteilles placées sur un rack
borne à l'autre. mobile, ce qui garantira un complet isolement (de
l'air respiré par l'opérateur) de l'atmosphère exté-
rieure.

120
La protection individuelle

6.9.4.3. Comment protéger les opérateurs au préalable des risques la présence de polluants
cours d'une phase de réhabilitation ? nombreux et toxiques est suspectée, des
méthodes plus sophistiquées seront nécessaires.
La phase de diagnostic des sites étant générale-
Pour que le choix de la protection respiratoire
ment relativement courte (en tout cas par rapport
puisse s'effectuer sur des bases solides, il faudra
au chantier proprement dit), le choix d'une protec-
prélever un nombre suffisant d’échantillons repré-
tion respiratoire de haut niveau telle que préconi-
sentatifs.
sée précédemment ne représente pas dans la
plupart des cas un véritable enjeu en termes de La protection ne sera pas forcément uniforme sur
coût direct (le coût en dépenses de fonctionne- le chantier : une analyse des tâches et l'analyse
ment de l'APR), ni en termes de coût indirect (la des risques correspondants devront permettre de
protection individuelle en général et la protection la moduler selon les postes de travail. Si des élé-
respiratoire en particulier peuvent avoir pour effet ments nouveaux apparaissent pendant le déroule-
de ralentir le rythme de travail). ment du chantier, cette protection devra être revue
à la hausse ou à la baisse. Au moment de l'élabo-
En revanche pour l'opération de réhabilitation pro-
ration des plans de prévention, PGCSPS et
prement dite, les enjeux peuvent être autres.
PPSPS, on devra donc se baser sur le “probable”
Le choix de la protection respiratoire doit s'effec- pour déterminer le type de protection et son
tuer en tenant compte : niveau, en se réservant la possibilité de les modi-
• de la nature des tâches qui vont être effectuées fier si des éléments nouveaux apparaissaient.
(excavations, reconditionnement, criblage, inter- Le prescripteur d'APR doit garder à l'esprit
ventions de maintenance sur machines...) ; que ces équipements représentent une gêne
• de leur durée et du rythme auquel elles vont se certaine, qu'ils doivent être adaptés au tra-
reproduire ; vailleur, et que ce n'est justement pas au tra-
vailleur de s'adapter à eux. Sur cette base, sauf
• de la nature des produits, de leurs propriétés
si le recours aux APR est limité à un maximum de
physico-chimiques (volatilité, caractère pulvéru-
quelques dizaines de minutes, à raison de deux
lent, etc.), des conditions de leur mise en œuvre
ou trois périodes de port par jour, et que la char-
(opérateur isolé dans une cabine pressurisée et
ge de travail reste modérée à faible, c'est un
alimentée en air filtré, dégagement manuel d'un
recours préférentiel à la ventilation assistée (ou à
fût éventré en fond de fouille,...) ;
l'adduction d'air quand on pourra trouver une zone
• des propriétés toxicologiques de ces produits, de prélèvement d'air exempte de pollution) qui
de leurs valeurs limites d'exposition. devra d'abord être envisagé. La ventilation libre
devrait constituer l'exception.
Il est évidemment difficile quand un chantier n'est
pas encore commencé de maîtriser totalement Le recours à la protection respiratoire doit s'ac-
ces données et de procéder à une analyse de compagner d'une réflexion sur l'organisation du
risques qu'on peine parfois à mettre en évidence travail sur le chantier. Toutes les tâches effectuées 6
au niveau du diagnostic. Si le chantier est d'une ne nécessitent pas forcément le port de la protec-
certaine ampleur (au moins quelques mois), il tion respiratoire. Organiser le chantier de telle
paraît raisonnable qu'au cours des premiers jours façon que chacun remplisse à tour de rôle les
de son déroulement, des échantillons atmosphé- tâches les plus exposées qui imposent le port de
riques représentatifs de l'exposition des opéra- la protection respiratoire, doit permettre de minorer
teurs soient pris afin de déterminer l'exposition la pénibilité du travail en répartissant le port des
potentielle ainsi que le niveau de la protection res- APR sur toute l'équipe.
piratoire. Les techniques de prélèvement et d'ana-
lyse dépendront de la nature de la pollution. En
cas de mono-pollution des techniques très
simples pourront être utilisées (tubes colorimé-
triques par exemple). Si en fonction de l'analyse

121
La protection individuelle

6.9.4.4. Comment déterminer la durée Tous les paramètres doivent être pris en compte
d'utilisation d'un filtre ? et pas seulement, comme c'est trop souvent le
cas actuellement, les critères économiques. Seule
Ce problème revêt une acuité particulière dans le
une analyse poussée de la situation prenant en
cas des filtres anti-gaz. En effet, un filtre anti-
compte tous les paramètres, et en particulier les
poussières en se chargeant verra sa perte de
facteurs humains (exposition aussi faible qu'il est
charge augmenter, mais son efficacité de fil-
techniquement possible, choix de la solution la
tration ne diminuera pas (sauf si la perte de
moins inconfortable pour le porteur), doit guider le
charge devient trop grande et entraîne des pro-
choix de cette protection.
blèmes d'étanchéité pièce faciale / visage, le tra-
vail respiratoire à fournir pour faire passer l'air à
travers le filtre devenant trop grand). En revanche
un filtre anti-gaz quand il sera saturé laissera
passer la pollution, au risque de la santé du
porteur.
En règle générale, en fonction de la pollution
(déterminée qualitativement et quantitativement)
de l'atmosphère contre laquelle le filtre anti-gaz
doit protéger le porteur et du débit de passage de
l'air à travers ce filtre, le fournisseur de filtre anti-
gaz devrait être en mesure d'indiquer la durée
d'utilisation de ce filtre. Dans ce cas également,
cette durée peut être très différente selon les
postes de travail. Elle variera également en fonc-
tion du type d'APR utilisé : la ventilation assistée
qui fait passer un volume d'air bien supérieur à
celui de la ventilation libre consommera beaucoup
plus de filtres.
Pour déterminer la durée d'utilisation d'un filtre il ne
s'agit pas d'effectuer une détermination complète
de la pollution de l'air, ni de connaître précisément
les niveaux d'exposition, qui vont d'ailleurs certai-
nement varier d'un jour à l'autre. Il faut simplement
avoir une idée des quantités des principaux com-
posants présents dans l'air pour pouvoir estimer la
durée de saturation du filtre. De même si seuls des
hydrocarbures sont présents dans l'air, il n'est pas
justifié d'avoir recours à un filtre composé com-
plexe, dont la quantité de media filtrant réellement
utile sera faible par rapport à la quantité de media
filtrant totale. Dans ce cas précis, un simple filtre de
type A sera aussi utile, moins coûteux et durera
plus longtemps qu'une cartouche associant inutile-
ment des media différents.

6.9.4.5. Conclusion
Le choix de la protection respiratoire est
important sur les chantiers. Il est souvent dif-
ficile. Aucune solution ne s'impose a priori.

122
La protection individuelle

6.10. Les vêtements de protection contre n'auront pas été spécifiquement testés. Des
les produits chimiques mélanges de produits peuvent se révéler beaucoup
plus agressifs pour les vêtements que ne le sont
La salissure des vêtements de travail, en particu- leurs composants considérés individuellement.
lier par des éclaboussures de produits chimiques
est importante sur les chantiers de réhabilitation
Il n'existe pas de vêtements parfaitement résis-
de sites industriels pollués. Indépendamment de
tants. Les procédures de travail devront être orga-
ces risques à conséquences immédiates (péné-
nisées de façon à limiter autant que possible la
tration percutanée, brûlure chimique par des pro-
salissure des vêtements. De la même façon, l'opé-
duits acides ou corrosifs, etc.), il faut de toute
rateur devra, y compris pendant son travail, main-
façon équiper les opérateurs de vêtements spéci-
tenir son vêtement dans un état de propreté rela-
fiques. Il s'agit en effet d'éviter que des vêtements
tif en le débarrassant au fur et à mesure des salis-
qu'ils conserveraient en dehors du poste de travail
sures les plus importantes. Cette disposition vaut
ne libèrent des substances chimiques contre les-
également dans le cas d'un vêtement jetable dont
quelles ils ne seraient plus protégés, en particulier
le travailleur se débarrassera dans un laps de
du point de vue respiratoire. On peut citer
temps plus ou moins proche. Si besoin est, des
l'exemple de vêtements de travail souillés qui en
dispositifs de nettoyage devront être installés sur
séchant pourraient libérer des vapeurs ou des
le chantier lui-même ou des outils mis à disposi-
poussières dangereuses pour la santé du tra-
tion (indépendamment de ceux qui doivent être
vailleur ou de son entourage. Il faut donc que les
prévus aux points d'entrée / sortie) pour procéder
opérateurs soient équipés de vêtements conçus
à la décontamination des EPI en général et des
pour résister aux phénomènes de :
vêtements en particulier.
- perméation : c'est le phénomène par lequel un
produit chimique va traverser le vêtement même
si aucune modification de surface du vêtement Comme pour tout EPI, le port du vêtement se tra-
n'apparaît ; duit par une contrainte physiologique. Plus le vête-
ment sera étanche, moins les échanges avec l'ex-
- dégradation : les produits chimiques, mais aussi térieur s'effectueront facilement, plus forte sera
les agents physiques (usure, exposition à la lumiè- cette contrainte. Il peut être nécessaire dans cer-
re) peuvent avoir pour effet de modifier les pro- taines situations de travail (vêtement très étanche,
priétés de résistance du matériau du vêtement ; faibles échanges thermiques avec l'extérieur via
- pénétration : indépendamment de la perméation un matériau isolant, forte charge physique de tra-
à travers le matériau constituant le vêtement, le vail, température extérieure élevée, etc.) de pro-
produit chimique peut pénétrer par les manches, le céder à une étude de ces contraintes physiolo-
col ou les dispositifs de fermeture (fermetures à giques afin de déterminer si elles ne mettent pas
en danger la santé du travailleur. Il existe par
glissières, boutons, etc.) ou tout orifice des vête-
ments si une bonne étanchéité n'est pas assurée. exemple des combinaisons ventilées qui permet- 6
tent de minimiser ces phénomènes, même si leur
port se traduit souvent par une mobilité moindre
Le choix du vêtement et de son matériau doit donc pour leur porteur. Leur emploi a montré leur utilité
être réalisé en fonction de l'analyse des risques, et dans le cas des opérations d'enlèvement d'amian-
en particulier en fonction des propriétés physico- te. Le problème de la "portabilité" de ces vête-
chimiques des polluants attendus. Les fabricants ments est important dans la mesure où il faut évi-
de vêtements sont en mesure de guider l'utilisateur demment éviter que le port d'un EPI en général, et
dans son choix, même si des problèmes particu- d'un vêtement protecteur en particulier, aboutisse
liers peuvent se poser sur les sites industriels pol- à une gêne du salarié qui risque de se traduire par
lués. Il sera difficile en particulier de traiter le pro- un risque d'accident accru. Dans ce cas égale-
blème des mélanges : les fûts de déchets par ment, il faut adapter la protection au risque encou-
exemple sont susceptibles de contenir des ru : une sur-protection peut se révéler inutile, voire
mélanges très variés, pour lesquels les matériaux nuisible.

123
La protection individuelle

Un grand soin devra être apporté au nettoyage et devra également être réalisé dans un endroit
à la désinfection, si elle s'avère nécessaire, de propre exempt de toute pollution. Chaque vête-
ces vêtements. Il faut en particulier éviter que des ment devra faire l'objet d'un examen attentif avant
opérations mal conduites n'aboutissent à une pol- d'être réutilisé, afin de détecter d'éventuelles
lution interne des vêtements dont les consé- déchirures ou détériorations. Comme pour tous
quences peuvent s'avérer aussi graves (sinon les EPI, formation au port et information sur les
plus) qu'une exposition dont le porteur aura eu risques contre lesquels les vêtements sont prévus
conscience. Le stockage entre les utilisations doivent être dispensés à l'utilisateur.

Bibliographie

• Généralités • Les genouillères

- Equipements de travail et équipements de pro- - Leurs genoux sont fragiles, protégez-les...


tection individuelle (EPI). Conditions d'utilisation, INRS, ED 786.
périodicité des vérifications. INRS, ND 1941. - Vos genoux sont fragiles, protégez-les... INRS,
- Equipements de travail et équipements de pro- ED 787.
tection individuelle (EPI). Normes satisfaisant aux
• Les harnais d'antichute
règles techniques de sécurité. INRS, ND 2069.
- Etudes et essais de parachutes d'échafau-
• Les gants dages volants mus à la main. INRS, ND 1942.

- La main (bâtiment et travaux publics). INRS, - Lignes de vie. Spécifications. Essais. INRS, ND
ED 611. 2091.

- Résistance des gants de protection aux sol- • La protection respiratoire


vants industriels. Tableaux récapitulatifs. INRS, - Les appareils de protection respiratoire. Choix
ED 1431. et utilisation. INRS, ED 780.
- Méthodes d'évaluation de la résistance des - Les fournisseurs d'équipements de protection
gants aux produits chimiques. INRS, ND 1998. individuelle pour les activités pouvant exposer à
l'amiante. INRS, ED 66.
• La protection des yeux et du visage
- Appareils de protection respiratoire contre les
- Les équipements de protection individuelle des poussières. Comparaison de l'évaluation subjec-
yeux et du visage. Choix et utilisation. INRS, tive avec les tests objectifs normalisés. Intérêt
ED 798. pratique. INRS, ND 1805.
- Efficacité de demi-masques anti-poussières
• Les chaussures et bottes de sécurité
non ventilés en situation industrielle. INRS,
- Articles chaussants de protection. Choix et uti- ND 1949.
lisation. INRS, ED 811. - Comparaison des seuils olfactifs de sub-
stances chimiques avec des indicateurs utilisés
• La protection auditive en milieu professionnel. INRS, ND 1967.
- Les équipements de protection individuelle de - Demi-masques à pression négative. Influence
l’ouïe. Choix et utilisation. INRS, ED 868. des conditions de travail sur leur confort et leur
- Affaiblissement acoustique apporté par une efficacité. INRS, ND 2077.
double protection de l'ouïe (serre-tête + bou-
• Les vêtements de protection
chons d'oreille). INRS, ND 1789.
contre les produits chimiques
- Les protecteurs individuels contre le bruit
- Les fournisseurs d'équipements de protection
(PICB). Performances, choix, utilisation. INRS,
individuelle pour les activités pouvant exposer à
ND 1959.
l'amiante. INRS, ED 66.

124
La gestion du risque chimique

7. La gestion du risque chimique sur les chantiers


de réhabilitation de sites industriels pollués.
Exemples

7.1. Evaluation des expositions Le débit de prélèvement est choisi en fonction de


aux produits chimiques sur les chantiers la nature du polluant concerné. Si, pour les pol-
de réhabilitation de sites industriels luants gazeux, ce débit est conditionné par la
pollués : méthode de travail vitesse de réaction (ou d'adsorption) entre le pol-
luant et le support de rétention et la capacité de
ce dernier, dans le cas des polluants particulaires
7.1.1. Méthodes de prélèvement
(aérosols solides ou liquides), la taille des parti-
et d'analyse
cules doit aussi être considérée. Le plus souvent
c'est la fraction inhalable qui sera considérée,
Afin de mieux cerner l'exposition individuelle, ces
c'est-à-dire celle qui est susceptible d'être inhalée
campagnes de mesure ont privilégié la réalisation
par le système respiratoire. Dans certains cas
de prélèvements ambulatoires portés par les tra-
particuliers on adaptera la forme des capteurs et
vailleurs pendant la durée de leur poste de travail.
le débit auquel ils sont échantillonnés aux prélè-
A cet effet, le travailleur est équipé d'une pompe vements de sous-fractions particulières : la frac-
de prélèvement dont le débit est connu, reliée à tion thoracique ou la fraction alvéolaire définies
un capteur situé à proximité immédiate de ses par les particules susceptibles de se déposer
voies respiratoires supérieures. La nature de ce dans telle partie du système respiratoire. C'est par
capteur est variable selon le ou les polluant(s) exemple la fraction alvéolaire qui est retenue pour
qu'on cherche à mesurer. l'évaluation de l'exposition à la silice cristallisée.

Nature du polluant Méthode de prélèvement Méthode d'analyse

Hydrocarbures Sur filtre en fibre de verre CLHP (chromatographie


polycycliques Débit : 1 l. min-1 liquide haute performance)
aromatiques (HPA) avec détection fluorimétrique

Solvants Sur charbon actif CPG (chromatographie


Débit compris en phase gazeuse)
entre 0,05 et 0,2 l. min-1 avec détection FID
(ionisation de flamme)

Dioxyde de soufre (SO2) Sur filtre en fibre de quartz CLHP avec détection
imprégné de potasse conductimétrique
Débit : 1 l. min-1 après oxydation du SO2
en sulfates (SO4)

Mercure Sur charbon actif Spectroscopie d'absorption


atomique à vapeur froide 7
Silice cristallisée Sur filtre PVC situé après Diffraction de rayons X
un dispositif de sélection
des particules de la fraction
alvéolaire

Tableau 7.1.
Méthodes de prélèvement et de dosage utilisées.

125
La gestion du risque chimique

Les capteurs nécessitent généralement une ana- 7.1.2. Comparaison aux valeurs limites
lyse au laboratoire. Différentes techniques peu- d'exposition
vent être utilisées. Sans prétention à l'exhaustivi-
té, on trouvera dans le tableau ci-dessus (tableau La valeur limite d'un produit représente sa
7.1.) les principales caractéristiques des concentration dans l'air que peut respirer une per-
méthodes de prélèvement et de dosage utilisées sonne pendant un temps déterminé sans risque
au cours des différentes interventions réalisées d'altération pour sa santé, même si des modifica-
par l'INRS, décrites dans ce document. tions physiologiques réversibles sont parfois tolé-
rées. Aucune atteinte organique ou fonctionnelle
Toutes ces méthodes de prélèvement et d'analyse
de caractère irréversible ou prolongé n'est raison-
ne permettent de connaître l'exposition des tra-
nablement prévisible.
vailleurs qu'a posteriori puisqu'elles nécessitent
une analyse au laboratoire. Dans le cas particulier Toutefois, l'expérience montre que de nouvelles
de l'exposition à des solvants (seuls ou en mélan- pathologies continuent d'être découvertes. C'est
ge), l'INRS a testé les possibilités d'utilisation d'un pourquoi, il convient que les pratiques retenues
détecteur à photo-ionisation (PID) fonctionnant en visent à abaisser les niveaux d'exposition à des
semi-continu qui permet donc une estimation de valeurs aussi basses que raisonnablement pos-
l'exposition d'un travailleur en temps réel. Les sible : les VL doivent être considérées comme
résultats de ces travaux sont présentés dans le des objectifs minimaux.
chapitre 7.3. intitulé "Suivi des expositions à l'aide
d'un détecteur à photo-ionisation à lecture directe" • VME : Valeurs limites de moyenne d'exposition
proposé à la suite des fiches décrivant les
Elles sont établies en France par le ministère du
mesures d'exposition réalisées par l'INRS sur dif-
travail. Elles sont destinées à protéger les tra-
férents chantiers de réhabilitation de sites indus-
vailleurs des effets à terme. Elles sont mesurées
triels pollués.
ou estimées sur la durée d'un poste de travail de
huit heures. La VME peut être dépassée sur de
courtes périodes sous réserve de ne pas dépas-
ser la VLE, lorsqu'elle existe.

• TLV-TWA : Threshold Limit Values - Time


Weighted Average
Elles sont établies par l'ACGIH (American
Conference of Governmental Industrial Hygie-
nists). Ce sont des valeurs moyennes pondérées
sur huit heures par jour et quarante heures par
semaine. Ce sont les équivalents des VME.

• VLE : Valeurs limites d'exposition (à court


terme)
Elles sont établies en France par le ministère du
travail. Leur respect permet d'éviter le risque d'ef-
fets toxiques immédiats ou à court terme. La VLE
est une valeur plafond mesurée sur une durée
maximale de quinze minutes en fonction de la
nature du risque, des conditions de travail et des
possibilités techniques de mesurage.

126
La gestion du risque chimique

7.2. Suivi des expositions aux polluants - analyse du benzo[a]pyrène (BaP) atmosphé-
chimiques sur quelques chantiers rique, élément traceur de la pollution par les HPA
cancérogènes, ainsi que du pyrène ;
Valeur limite d'exposition pour le BaP (recom-
mandation CNAM) : 150 ng.m-3 d'air.
Cas 1
- analyse de l'hydroxypyrène (métabolite du pyrè-
ne) urinaire des deux opérateurs exposés.
7.2.1. Réhabilitation d'un site pollué
par les hydrocarbures polycycliques Il n'existe pas de valeur biologique d'exposition
aromatiques (HPA) lors du créosotage pour l'hydroxypyrène.
de poteaux de bois
• Niveaux d'exposition
• Le site Ils ont été déterminés lors des opérations a priori
Il s'agit d'une ancienne usine de traitement préven- les plus polluantes du chantier : excavation des
tif de poteaux de bois, constituée d'un grand atelier lots de terre les plus chargés en HPA, condition-
couvert pour l'imprégnation et d'une aire (plusieurs nement et mise sous serre.
hectares) non abritée pour le stockage du bois Plusieurs séries de prélèvements ont été effec-
avant et après traitement. Depuis plusieurs années, tuées. La plus importante s'est déroulée sur trois
le site n'était plus utilisé que pour du stockage. jours comprenant un suivi atmosphérique
(pompes individuelles) durant l'exposition ainsi
• Travaux effectués que le suivi urinaire (urines de 24 heures) complet
Démolition de l'atelier, excavation d'une grande des deux opérateurs concernés par le chantier :
partie de l'aire de stockage polluée par la créoso- un responsable, relativement proche des sources
te (fuites diverses, égouttage du bois imprégné, d'émission de poussières, et un conducteur d'en-
etc.). Après excavation, les terres polluées sont gin, un peu plus en retrait.
traitées sur place : mélange de lots suivant leur Pour cette intervention et malgré des conditions
degré de pollution, ajout de charge cellulosique, relativement favorables (plein air, vent), les
puis stockage sous serre plus ou moins ventilée niveaux de pollution se sont avérés non négli-
durant plusieurs semaines : c'est le temps néces- geables, notamment pour le responsable, lors de
saire à certaines bactéries spécifiques pour dégra- certaines étapes d'homogénéisation : deux
der la majeure partie des HPA contaminants. valeurs (130 et 140 ng.m-3) sont en effet proches
Compte tenu de plusieurs contretemps d'origine de la valeur limite.
climatique ou technique, le chantier s'est déroulé
sur plus de trois ans. En revanche, le nombre de
travailleurs présents sur le chantier était limité :
généralement pas plus de deux personnes. Nombre de filtres échantillonnés 10

Gamme d'exposition au BaP 11 - 140


• Polluants recherchés (minimum - maximum) (ng.m-3)

Une analyse de la terre polluée a démontré que


les aromatiques légers (benzéniques, crésols, …)
Moyenne de l'exposition
au BaP (ng.m-3)
49
7
n'étaient présents qu'à l'état de traces. Quelques
Tableau 7.2
prélèvements atmosphériques ont tout de même
été effectués : les concentrations correspon-
dantes étaient effectivement quasiment nulles.
Les interventions ont donc essentiellement porté Malgré ces valeurs atmosphériques que l'on peut
sur le risque lié aux HPA contenus dans la créo- considérer comme acceptables (d'autant plus
sote souillant la terre suivant deux approches : que les temps réels d'exposition sont bien infé-

127
La gestion du risque chimique

rieurs à la durée du poste), les concentrations en


Cas 2
1-hydroxypyrène urinaire sont relativement éle-
vées, surtout pour le responsable.
7.2.2. Réhabilitation d'un dépôt
L'étude qualitative de la cinétique d'élimination, de produits chimiques.
avec un maximum d'excrétion situé plusieurs Protection des travailleurs
heures après la fin de l'exposition, semble indiquer contre le risque solvants
que l'imprégnation se fait essentiellement par voie
percutanée : aérosols déposés sur la peau du
visage et des avants bras, vêtements souillés. • Le site
Plusieurs milliers de fûts contenant des produits
• Protection des travailleurs, chimiques divers, et plus particulièrement des sol-
la réalité du chantier vants, ont été enfouis sur ce site qui n'avait fait
La protection respiratoire des opérateurs était assu- l'objet d'aucun aménagement spécifique lui per-
rée par des masques papier avec valve, imprégnés mettant de les recevoir dans des conditions envi-
de charbon actif (type 9916 de chez 3M). Le facteur ronnementales satisfaisantes. La décision a été
de protection de ces masques, mesuré sur le site, prise de procéder dans un premier temps à l'ex-
est de l'ordre de 90 % pour le BaP. traction des fûts enfouis et dans un second temps
Pour la protection cutanée, les opérateurs étaient au traitement des terres polluées.
équipés de combinaisons en papier tissé jetables
(type Tyvek) dont on a pu démontrer par ailleurs la • Les travaux effectués
perméabilité aux HPA même non volatils.
- Excavation du site pour mise à jour des fûts
• Préconisations de l'INRS
- Reconditionnement des fûts endommagés (par
- Protection collective pompage ou par verse en fonction de l'état du fût
Elle est difficilement envisageable pour les opéra- et des possibilités techniques de manutention)
tions d'excavation et de conditionnement sauf
pour le conducteur d'engin dont l'air de la cabine - Création d'une lagune pour le stockage tempo-
pourrait être filtré et conditionné (on a vu cepen- raire des terres polluées (dans l'attente de la
dant que celui-ci était peu exposé car relativement détermination du traitement à mettre en œuvre)
éloigné des émissions de poussières).
Ces opérations se sont déroulées sur plus de six
mois mobilisant jusqu'à une quinzaine de per-
- Protection individuelle
sonnes employées par plusieurs entreprises (entre-
Elle s'adresse essentiellement à l'autre opérateur. prises spécialisées dans les interventions sur sites
Le masque papier testé est en principe suffisam- industriels pollués, entreprises de travaux publics)
ment efficace. Il doit donc absolument être porté
lors des opérations les plus polluantes et changé
• Les polluants
à chaque milieu de poste.
Compte tenu de l'importance de la pénétration De très nombreux polluants (dont beaucoup de
percutanée, il faut insister sur les règles élémen- solvants n'ayant pas pu être identifiés malgré des
taires d'hygiène : lavage du visage et des avants techniques d'analyse sophistiquées) ont été ren-
bras (eau savonneuse) en milieu de poste, contrés dans les atmosphères de travail. On peut
douche immédiatement après la fin de poste sui- citer en particulier (soit pour leur dangerosité, soit
vie du port de sous-vêtements et de vêtements pour leur présence habituelle) le benzène, le
propres (la réutilisation des combinaisons jetables toluène, le trichloroéthylène, le perchloroéthylène,
étant bien sûr interdite). la méthyl éthyl cétone, la méthyl isobutyl cétone,
Le port de combinaisons plus étanches semble le chloroforme, le dichlorométhane, le 1,1,1-tri-
peu réaliste car beaucoup plus contraignant sans chloroéthane, le 1,2-dichloroéthane, le xylène,
que l'on soit assuré d'une amélioration suffisante. l'éthylbenzène et le triméthylbenzène.

128
La gestion du risque chimique

Valeurs limites d'exposition expositions mesurées au cours de ces interven-


tions (c'est-à-dire pendant la dizaine de minutes
Dans le cas de mélanges de solvants qui agissent
de l'intervention, et non plus pendant un poste de
simultanément à un même niveau de l'organisme
travail comme pour les chiffres du tableau 7.3)
humain, on considère que si la somme (indice
correspondaient à des indices d'exposition variant
d'exposition) :
entre 0,5 et 3.
C1 / VL1 + C2 / VL2 + ... + Cn /VLn
Bien que les contenus des différents fûts extraits
est supérieure à 1, la valeur limite du mélange est aient été très différents tant qualitativement que
dépassée (avec Cn la concentration atmosphé- quantitativement, une certaine homogénéisation
rique mesurée du polluant n, et VLn la valeur limi- de la pollution des sols avait eu le temps de s'ef-
te correspondante). fectuer. L'atmosphère du chantier et les exposi-
tions des travailleurs étaient donc relativement
• Evaluation des expositions constantes dans le temps, du moins en tranchée,
et les variations plus quantitatives que qualitatives.
Les expositions individuelles correspondant aux
La mise à jour d'un fût et son ouverture n'avaient
principales opérations réalisées sur le chantier
qu'une influence limitée sur ce fond de pollution.
(excavation, extraction et reconditionnement des
fûts, transport de fûts et de terres polluées) ont été Malgré la présence de métaux tels que le plomb
mesurées tout au long du déroulement du chantier et le zinc (dont les sels sont souvent utilisés
(au total quatre interventions de l'INRS sur une comme pigments dans les peintures qui consti-
base mensuelle). Compte tenu de la grande diver- tuaient une part importante des déchets entrepo-
sité des polluants rencontrés, l'exposition à un pol- sés sur le site), les concentrations atmosphé-
luant déterminé n'a aucun sens et les résultats ras- riques de ces métaux se situaient sous les limites
semblés dans le tableau ci-après sont exprimés de détection. Ce résultat ne constitue pas une
par rapport à l'indice d'exposition construit selon la surprise compte tenu des méthodes de travail
formule développée ci-dessus. La répartition en employées peu susceptibles de générer des
nombre des 25 prélèvements individuels par aérosols liquides de peintures. De même, les
tranche d'exposition est donnée dans le tableau expositions aux acides minéraux et organiques et
suivant. Ces prélèvements ont été réalisés pen- aux aldéhydes ont été faibles pendant le déroule-
dant un demi-poste ou un poste de travail. ment du chantier.

Indice Opérateur dans Opérateur Opérateur Conducteur


d'exposition (IE) la tranchée reconditionnement reconditionnement d'engins
(tranchée) (stockage)

0 < IE < 0,05 1 1 0 3

0,05 < IE < 0,25 2 4 1 3

0,25 < IE < 1 3 1 2 2

1 < IE 1 0 1 0

Tableau 7.3 7
Il a fallu constituer durant les travaux des stoc- • Protection des travailleurs : la réalité
kages de fûts endommagés après le transfert de du chantier
leur contenu dans des fûts neufs. Ces stockages
ne constituaient pas des postes de travail dans la Tout travailleur pénétrant dans la zone "rouge" qui
mesure où les travailleurs n'y séjournaient guère correspondait pratiquement à la zone d'extraction
plus de 10 à 15 minutes par intervention. Les des fûts devait, outre les vêtements de protection,

129
La gestion du risque chimique

être équipé d'un masque face complète à ventila-


Cas 3
tion libre muni d'une cartouche de type ABEKP.
Compte tenu de la pénibilité du port de cet équi-
7.2.3. Dépollution de terres polluées
pement de protection individuelle qui nécessite un
par des solvants.
fort travail respiratoire de la part du porteur, une
Protection des travailleurs
certaine rotation des tâches avait été organisée
contre le risque solvants
entre la zone d'extraction et la zone de prépara-
tion (où la protection respiratoire n'était pas
nécessaire) pour que la durée de port de ce • Le site
masque ne dépasse pas deux heures. C'est en définitive un traitement chimique qui a été
retenu pour le traitement des terres stockées,
• Les préconisations de l'INRS après extraction, sur le site décrit dans la fiche
"Réhabilitation d'un dépôt à risques de produits
- Protection collective chimiques" (7.2.2). Ce traitement est basé sur l'ex-
traction des polluants par un solvant, le dichloro-
Il est toujours difficile de mettre en place des sys-
méthane, qui est ensuite redistillé. Les résidus de
tèmes de ventilation et de captage des polluants
cette distillation (c'est-à-dire les polluants présents
sur les chantiers en plein air. Cependant, une sta-
dans la terre à l'origine) peuvent ensuite être réin-
tion de dépotage des fûts ayant été mise en place
troduits dans une filière d'élimination classique.
à l'écart de la zone d'extraction, il aurait été sou-
haitable qu'un dispositif de captage des polluants
(par exemple un anneau aspirant placé à l'extrémi- • Les travaux effectués
té supérieure du fût de reconditionnement) y soit
installé, qui aurait probablement permis d'éviter le - Reprise des terres par chargeurs.
port de la protection respiratoire. Par ailleurs,
comme sur la plupart des chantiers de réhabilita- - Criblage des terres polluées.
tion de sites industriels pollués, il aurait été préfé-
rable d'utiliser des engins munis de cabines en - Extraction des polluants au dichlorométhane.
surpression alimentées en air filtré et à températu- Une dizaine de travailleurs environ a été impliquée
re régulée. dans ce chantier dont la réalisation a pris environ
un an. A une activité de type Travaux publics (repri-
- Protection individuelle se et transport de terres criblées ensuite) (deux à
Malgré la mise en place du système de rotation quatre opérateurs) se juxtaposait une activité de
des tâches qui a permis de limiter le port du type industriel avec extraction de la pollution des
masque complet à ventilation libre, il aurait été pré- terres par solvant dans une unité spécialisée.
férable, pour le confort des travailleurs mais aussi
pour une meilleure protection, qu'ils aient à leur • Les polluants
disposition des masques à ventilation assistée.
Les polluants déjà identifiés au cours des précé-
dentes opérations d'excavation de fûts et de
terres polluées menées sur le site ont été retrou-
vés au cours de l'opération décrite dans cette
fiche. Pour mémoire, il s'agit du benzène, du
toluène, du trichloroéthylène, du perchloroéthylè-
ne, de la méthyl éthyl cétone, de la méthyl isobu-
tyl cétone, du chloroforme, du dichlorométhane,
du 1,1,1-trichloroéthane, du 1,2-dichloroéthane,
des xylènes, de l'éthylbenzène, et des triméthyl-
benzènes.

130
La gestion du risque chimique

Valeurs limites d'exposition niveaux d'exposition du tableau ci-dessus sont


donc donnés par défaut. Cependant compte tenu
Dans le cas de mélanges de solvants qui agissent
de leur répartition (43 mesures avec un indice
simultanément à un même niveau de l'organisme
d'exposition inférieur à 0,25 pour seulement 6
humain, on considère que si la somme (indice
mesures entre 0,25 et 1), même en considérant
d'exposition) :
que ces mesures ont pu être minorées par la non-
C1 / VL1 + C1 / VL1 + ... + Cn / VLn détection de polluants présents dans l'atmosphè-
est supérieure à 1, la valeur limite du mélange est re, le pourcentage de prélèvements pouvant se
dépassée (avec Cn la concentration atmosphé- situer au-dessus de la valeur limite d'exposition
rique mesurée du polluant n, et VLn la valeur limi- resterait faible.
te correspondante). Par ailleurs, en raison du caractère intermittent des
activités de criblage, on a également cherché à
déterminer le profil d'exposition des travailleurs
• Evaluation des expositions
impliqués dans ces opérations (conducteurs d'en-
Les expositions individuelles correspondant aux gins, opérateurs trémie et crible). Cette évaluation
principales opérations réalisées sur le chantier a été réalisée grâce à un détecteur à photo-ionisa-
(reprise des terres, criblage, extraction au dichlo- tion porté par l'opérateur. Sans entrer dans les
rométhane) ont été mesurées tout au long du détails de l'exploitation compliquée de tels prélè-
déroulement du chantier (au total quatre interven- vements, on se contentera de dire qu'au cours de
tions de l'INRS réparties sur cinq mois de dérou- certains postes de travail et sur des périodes
lement du chantier). Compte tenu de la grande courtes (de deux à douze minutes) l'opérateur était
diversité des polluants rencontrés, l'exposition à soumis à des concentrations de polluants exces-
un polluant déterminé n'a aucun sens et les résul- sives par rapport aux valeurs limites établies pour
tats sont donc exprimés par rapport à l'indice d'ex- les courtes durées d'exposition. Ces dépasse-

Indice Reprise des terres Criblage Extraction


d'exposition (IE) (conducteurs
d'engins)

0 < IE < 0,05 6 4 3

0,05 < IE < 0,25 6 17 7

0,25 < IE < 1 1 5 0

1 < IE 0 0 0

Tableau 7.4

position construit selon la formule développée ci-


ments étaient généralement causés par des inter-
dessus. La répartition en nombre des 49 prélève-
ments individuels par tranche d'exposition est
ventions de "débourrage" sur le crible lui-même.
On trouvera ci-dessous un profil d'exposition enre-
7
donnée dans le tableau ci-après. Ces prélève-
gistré au cours d'un tel poste de travail. Ce gra-
ments ont été réalisés pendant un demi-poste ou
phique montre bien la très grande variabilité des
un poste de travail.
niveaux de concentration (exprimés sur le graphi-
La composition de ces atmosphères de travail est que par rapport à un polluant arbitraire, l'isobutylè-
très complexe. Aussi l'hygiéniste du travail ne peut- ne, utilisé pour l'étalonnage de l'appareil de mesu-
il pas avoir la certitude d'avoir mesuré l'ensemble re) auxquels l'opérateur était exposé successive-
des polluants présents dans l'atmosphère. Les ment au cours de son poste de travail.

131
La gestion du risque chimique

Alimentation trémie

Figure 7.1

• Protection des travailleurs. • Les préconisations de l'INRS


La réalité du chantier
Afin d'éviter l'émission de polluants gazeux, l'ins-
- Protection collective
tallation de criblage avait été conçue pour pouvoir La démarche qui a consisté dès la conception du
être mise en dépression dans sa totalité. De nom- chantier à mettre en dépression les bandes d'ali-
breux incidents de fonctionnement se traduisant mentation et le crible est un excellent exemple de
par des interventions humaines sur les cribles sécurité intégrée. Les améliorations apportées
pour parer aux problèmes de "bourrage" ont ensuite au procédé prendront certainement leur
conduit à une modification profonde du système plein effet sur de futurs chantiers.
qui a permis de minimiser ces interventions
De même, l’unité d'extraction des solvants des
humaines.
terres étant conçue pour tourner en circuit fermé,
De la même façon, les masques à ventilation libre on n'a pas mesuré en fonctionnement normal des
dont étaient équipés les opérateurs au début du concentrations significatives de dichlorométhane.
chantier ont été remplacés au moins partiellement Seules les opérations de maintenance nécessi-
par des masques à ventilation assistée. Les inter- taient le port de la protection respiratoire.
ventions sur les cribles qui demandaient une forte
En revanche, il a fallu procéder sur cette machine
activité physique n'étaient en effet pas compa-
à un certain nombre de modifications en raison
tibles avec le travail respiratoire nécessité par le
des risques mécaniques ou de chutes.
port d'un masque à ventilation libre.

- Protection individuelle
le chantier a montré la nécessité de substituer des
appareils de protection respiratoire à ventilation
assistée aux appareils à ventilation libre, y compris
pour des opérations de courte durée quand la
charge physique de travail est forte.

132
La gestion du risque chimique

• Les polluants
Cas 4
- Les hydrocarbures polycycliques aromatiques
7.2.4. Réhabilitation d'une ancienne
(HPA)
usine de régénération d'huiles usagées.
Protection des travailleurs contre Le traitement par l'acide sulfurique avait comme
les risques liés au dioxyde de soufre objectif d'épurer les huiles de leurs impuretés
(dont les HPA), il est donc logique de retrouver
ces composés dans les goudrons acides encore
• Le site présents sur le site.

Il s'agit d'une ancienne usine qui procédait à la Valeur limite d'exposition pour le benzo[a]pyrène
régénération d'huiles usagées par raffinage à retenu comme traceur :
l'acide sulfurique, filtration sur terres de diatomées VME (ng.m-3) = 150
et distillation. Ces opérations permettaient d'épu-
rer les huiles de leurs impuretés (additifs, hydro- - Le dioxyde de soufre
carbures polycycliques aromatiques [HPA],
métaux, suies, etc.) Ce raffinage était lui-même Pour pouvoir être traités ultérieurement, les gou-
générateur de déchets, en particulier des gou- drons acides devaient être partiellement neutrali-
drons acides brûlés sur le site. sés à la soude. Cette opération génère du dioxy-
de de soufre, composé fortement irritant.

• Les travaux effectués Valeur limite d'exposition :

A la cessation d'activité de cette entreprise, des VME (mg.m-3) = 5


stocks de divers produits employés dans le pro- VLE (mg.m-3) = 10
cess sont restés sur le site. La réhabilitation de
l'entreprise avait pour objectif de procéder à leur
• Evaluation des expositions
évacuation. Parmi ces produits, on peut citer :
Deux types d'opérations ont été suivis : la neutra-
- des huiles après raffinage et avant neutralisa-
lisation partielle des goudrons et le dépotage des
tion (donc légèrement acides) ;
cuves dans les camions prévus pour l'évacuation
- des terres de diatomées utilisées pour filtrer de ces goudrons acides.
les huiles après raffinage ;
- du fuel destiné au chauffage des tours de dis- - Exposition aux hydrocarbures polycycliques
tillation ; aromatiques

-des goudrons acides. Aucune des opérations étudiées (chauffage de la


cuve, dépotage, etc.) dont les résultats figurent
C'est plus particulièrement l'évacuation de ces
dans le tableau ci-après n'a généré d'exposition
goudrons acides qui a été suivie dans cette étude
significative des travailleurs. Ces résultats sont
puisqu'elle impliquait une neutralisation à la soude
confirmés par les prélèvements à poste fixe réali-
et un chauffage nécessaire au débouchage des
sés en parallèle ainsi que par des prélèvements
sorties de cuve et au bon écoulement des pro-
urinaires effectués sur les opérateurs et qui ont
duits. Cette opération s'est déroulée sur quelques
semaines avec des effectifs limités : quelques
donné des résultats négatifs. 7
employés d'une société spécialisée dans le traite-
ment des déchets industriels. Nombre de filtres échantillonnés 4

Gamme d'exposition (minimum - 0,5 - 1,5


maximum) (ng.m-3)

Nombre de dépassements de la 0
valeur limite

Tableau 7.5

133
La gestion du risque chimique

- Exposition au dioxyde de soufre • Les préconisations de l'INRS


Quelle que soit l'opération réalisée (chauffage de la
- Protection collective
cuve, démontage, nettoyage, ajout de soude, etc.),
toutes les expositions mesurées sur les travailleurs Ce chantier a souffert d'une analyse trop approxi-
se situent au-dessus (voire très largement au-des- mative des risques générés par la méthode de tra-
sus) de la valeur limite d'exposition (mesurée sur vail retenue. La neutralisation partielle par la
une longue durée comme la VME ou sur une cour- soude (en elle-même un produit caustique dont la
te durée comme la VLE). Les résultats sont ras- manipulation est délicate) des goudrons acides
semblés dans le tableau ci-après. Le nombre de dont le pH est très bas s'est avérée trop éner-
dépassements de la valeur limite est exprimé par gique. Des solutions plus douces, comme l'utilisa-
rapport à la VME puisqu'il s'agit de prélèvements tion de carbonate de sodium ou d'une lessive de
de longue durée (deux heures et plus). soude diluée, auraient mérité d'être étudiées.

Les prélèvements à poste fixe réalisés en parallè- De même, un dispositif de captage et de neutralisa-
le confirment les échantillonnages effectués sur tion du dioxyde de soufre aurait dû être mis en place.
l'individu.
- Protection individuelle
Même avec des dispositifs de protection collective
bien conçus et efficaces, il aurait été nécessaire
Nombre de filtres échantillonnés 10 de prévoir avant le début du chantier la présence
Gamme d'exposition (minimum - 7 - 110 sur le site de masques anti-gaz de type E afin de
maximum) (ng.m-3) permettre aux travailleurs de s'équiper en cas d'in-
Nombre de dépassements de la 10 cident ou d'intervention sur machine.
valeur limite
Dans les conditions de déroulement du chantier
Tableau 7.6 où les travailleurs devaient être équipés d'un
masque pendant plusieurs heures pour être pro-
tégés de concentrations élevées de dioxyde de
soufre, le recours à la ventilation assistée s'impo-
sait. Compte tenu de la contrainte physiologique
• Protection des travailleurs, (en particulier les contraintes respiratoires) liée au
la réalité du chantier port d'un masque complet à ventilation libre, on ne
peut pas espérer protéger un travailleur pendant
Aucun dispositif de protection collective (du type
plus de quelques dizaines de minutes avec un
ventilation par exemple) n'avait été prévu sur ce
matériel de ce type surtout quand ce travailleur
chantier. La tentative d'utiliser une ancienne che-
est en plus obligé d'exercer une activité physique
minée pour dégager en hauteur le dioxyde de
forte.
soufre libéré au cours des opérations de dépota-
ge et éviter qu'il ne pollue fortement les lieux de
travail a échoué en raison de la densité de ce gaz
(bien supérieure à celle de l'air). De même, le bar-
botage via un exutoire dans une cuve d'eau s'est
révélé d'autant moins concluant que le tuyau
d'évacuation du dioxyde de soufre était percé en
de nombreux endroits.
Les appareils de protection respiratoire à ventila-
tion libre (masque complet avec cartouche E2P3)
sont apparus tardivement sur le chantier : ils
n'avaient pas été prévus lors de l'élaboration du
plan de travail.

134
La gestion du risque chimique

(VME = 335 mg.m-3), 10 mg.m-3 pour la méthyl


Cas 5
éthyl cétone (VME = 600 mg.m-3) ou 2,5 mg.m-3
pour l'acide acétique (VLE = 25 mg.m-3).
7.2.5. Evacuation de fûts entreposés dans
une ancienne usine.
Protection des travailleurs • Protection des travailleurs,
contre les solvants et les acides la réalité du chantier
Pour toutes les opérations d'ouverture et d'échan-
• Le site tillonnage de fûts, les opérateurs étaient équipés
de masques face complète à ventilation libre avec
Suite à une liquidation après faillite, des centaines
cartouches ABEKP.
de fûts de taille et de contenus divers ont été
abandonnés dans une usine chimique dont la
spécialité était de réaliser des synthèses à façon. • Les préconisations de l'INRS
Compte tenu de la faible durée des interventions
• Les travaux effectués sur les fûts (5 à 10 minutes) séparées par des
périodes plus longues au cours desquelles les tra-
Afin de déterminer la filière d'élimination et avant
vailleurs n'étaient pas susceptibles d'être exposés
de procéder à un regroupement du contenu des
aux produits chimiques, le choix de la ventilation
fûts par famille de produits, il fallait procéder à une
libre avec cartouches complètes était suffisant.
identification sommaire de ce contenu. Pour ce
faire, des échantillons étaient prélevés dans
chaque fût. Ultérieurement (mais cette opération
n'a pas été suivie par l'INRS), ces fûts devaient
être dépotés dans des camions citernes chargés
de les transporter vers l'installation d'élimination.
Ces travaux ont été réalisés pendant plusieurs
semaines par quelques employés d'une société
spécialisée dans l'élimination des déchets.

• Les polluants
De nombreuses familles de produits ont été iden-
tifiées au cours de cette opération. Parmi celles-ci,
on a détecté dans l'atmosphère des solvants
(méthyl éthyl cétone, perchloroéthylène, xylènes,
toluène), des acides minéraux (acide chlorhy-
drique ou organiques (acide acétique, acide pro-
pionique) et des aldéhydes (formaldéhyde).

• Evaluation des expositions


Compte tenu de la forte parcellisation du travail et 7
de la forte hétérogénéité des produits contenus
dans les fûts, il a été très difficile d'évaluer les
expositions des travailleurs intervenant sur ce site.
En règle générale, les expositions n'ont pas dépas-
sé, pour les plus élevées d'entre elles, quelques
pour cent de la valeur limite de chaque produit. On
a ainsi relevé 20 mg.m-3 pour le perchloroéthylène

135
La gestion du risque chimique

Valeur limite d'exposition :


Cas 6
VME (mg.m-3) = 10 / (q + 2)
7.2.6. Destruction d'un atelier
avec q : pourcentage de quartz dans l'échantillon.
d'électrolyse de chlorure de sodium.
Protection des travailleurs Remarques : Cette valeur limite d'exposi-
contre les risques silice et mercure tion doit être mesurée en fraction alvéolaire
(dispositif de prélèvement spécifique :
cyclone 10 mm ou matériel équivalent).
• Le site
Il existe d'autres espèces de silice cristalli-
Menée dans une usine fabriquant des produits
ne telles que la cristobalite ou la tridymite
chimiques de base, la réhabilitation concerne un
(avec des valeurs limites spécifiques), mais
atelier désaffecté depuis une dizaine d'années
leur présence est peu probable dans des
ayant contenu une unité de fabrication de chlore
opérations de bâtiment / travaux publics.
et de soude par électrolyse du chlorure de sodium
dans des cellules à mercure. Ces cellules d'élec-
- Mercure
trolyse ont été transférées sur un autre site au
moment de la fermeture de l'unité. Les cellules d'électrolyse de chlorure de sodium
mettent en œuvre de grosses quantités de mer-
cure (plusieurs centaines de tonnes par installa-
• Les travaux effectués
tion). Ce métal liquide est très mobile. Il est donc
susceptible, s'il est renversé, de polluer les infra-
- Démolition de l'atelier (bâtiment bétonné) afin de
structures des bâtiments dans lesquels il est utili-
réutiliser la surface au sol pour la construction
sé. Il peut également former des amalgames avec
d'un nouveau bâtiment.
d'autres métaux.

- Opérations unitaires : La destruction d'un bâtiment ayant contenu des


cellules d'électrolyse à mercure est donc suscep-
~ démolition des structures : utilisation de pelles
tible de générer des concentrations de mercure
munies de pointeroles et de chargeuses pour le
atmosphériques préoccupantes en termes d'hy-
déblaiement ;
giène et de sécurité (malgré sa faible tension de
~ tri, concassage et chargement dans des vapeur) dans la mesure où le mercure est un
camions en fonction de la teneur en mercure : métal très toxique.
utilisation des mêmes engins ;
Valeurs limites d'exposition :
~ évacuation vers différents centres en fonction
VME (mg.m-3) = 0,05
de la teneur en mercure.
TLV-TWA (mg.m-3) = 0,025
Ces travaux ont concerné principalement des
conducteurs d'engins (pelles mécaniques,
camions) pendant les quelques semaines • Evaluation des expositions
nécessaires à la démolition des anciennes ins- Les expositions des conducteurs d'engins (à l'inté-
tallations industrielles. rieur des cabines de conduite) ont été mesurées
pendant huit journées (réparties sur deux semaines
• Les polluants séparées par un intervalle de quinze jours).

- Silice
La destruction d'un bâtiment en béton peut géné-
rer de forts empoussièrements. La présence de
silice cristalline dans le béton justifie d'un suivi de
l'exposition au cours des opérations de démoli-
tion, de tri et de concassage.

136
La gestion du risque chimique

- Expositions à la silice luations effectuées sur les travailleurs embarqués


dans les engins, mais confirment le niveau des
La valeur limite d'exposition dépendant de la
concentrations atteint dans les cabines.
concentration en quartz dans la poussière, les
résultats de l'évaluation des expositions sont
exprimés sous la forme du rapport Indice d'expo-
sition égal à :
Nombre de filtres échantillonnés 25
Exposition à la poussière mesurée en fraction
Gamme d'exposition (minimum - 0,015 - 0,177
alvéolaire / valeur limite d'exposition maximum) (mg.m-3)
Une valeur supérieure à un correspond à un Nombre de dépassements de la 5
dépassement de la valeur limite. valeur limite française

Nombre de dépassements de la 14
valeur limite américaine

Nombre de filtres échantillonnés 23 Tableau 7.8

Nombre de filtres exploitables 10

Indice d'exposition (minimum - 0,08 - 1,84


maximum)
• Protection des travailleurs,
Nombre de dépassements de la 2
valeur limite la réalité du chantier
Sur le chantier tel qu'il s'est déroulé, la protection
Tableau 7.7
respiratoire des travailleurs était assurée par des
masques anti-poussières à ventilation libre (type
FFP2). Compte tenu des concentrations de pous-
Remarque : Plus de la moitié des filtres sières relativement limitées, ces appareils de pro-
n'ont pas pu être exploités en raison d'une tection respiratoire, même s'ils n'étaient pas portés
quantité de matière échantillonnée trop en continu par les opérateurs, ont suffi à assurer
faible qui n'a pas permis de déterminer par une protection suffisante contre le risque silicotique.
spectrométrie de rayons X le pourcentage En revanche, ils n'avaient aucune efficacité pour
de quartz dans les échantillons prélevés.
protéger les travailleurs contre le danger mercure.
Cette teneur en quartz variait généralement
entre 4 et 6 % selon les échantillons.
• Les préconisations de l'INRS

- Expositions au mercure
- Protection collective
Vingt cinq échantillons ont été prélevés en paral-
La protection collective des travailleurs est techni-
lèle avec les mesures de l'exposition à la silice
quement assez simple à réaliser sur un tel chan-
(quartz). Les résultats sont rassemblés dans le
tableau ci-après. La comparaison est effectuée tier, même si elle peut nécessiter des investisse-
successivement par rapport à la valeur limite fran- ments importants.
çaise et par rapport à la valeur limite américaine.
Des mesurages ont en outre été effectués au
Dans un premier temps, un simple arrosage du
chantier aurait pu permettre un abattement des
7
niveau de la dalle de béton par un appareil à lec- poussières. Même si le risque silicotique n'était pas
ture directe pour évaluer l'exposition d'un tra- très important dans ce cas précis où les particules
vailleur à pied. Les concentrations sont comprises étaient assez grossières, il convient de garder à
entre 0,08 et 0,16 mg.m-3, c'est-à-dire des l'esprit que les valeurs limites sont des objectifs
concentrations très supérieures aux différentes minimaux à atteindre et que la réduction des expo-
valeurs limites. Ces prélèvements sont moins sitions doit être poussée aussi loin que possible
représentatifs de l'exposition réelle que les éva- surtout quand elle est simple à mettre en œuvre.

137
La gestion du risque chimique

En revanche, pour le risque mercure, seul le


Cas 7
recours à des cabines de conduite en surpression
par rapport à l'extérieur, alimentées en air filtré ou
7.2.7. Réhabilitation d'une
en air comprimé propre et régulées en températu-
ancienne usine à gaz.
re (afin d'éviter une ouverture intempestive des
Protection des travailleurs contre les
fenêtres qui réduirait à néant l'efficacité de l'ali-
risques solvants et hydrocarbures
mentation en air propre), permet de résoudre le
polycycliques aromatiques
problème de l'exposition.

- Protection individuelle • Le site

A défaut de cette protection collective, on peut Il s'agit d'une ancienne usine à gaz. Le terrain doit
avoir recours à la protection respiratoire. Compte être réhabilité avant d'être utilisé pour la construc-
tenu de la durée du port de ces appareils de pro- tion de logements et de bureaux.
tection respiratoire (une journée de travail), seule
la ventilation assistée peut être envisagée. • Les travaux effectués
Le masque doit être muni de cartouche(s) P2Hg
qui permettent la protection contre les poussières - Excavation de terres polluées et démolition de
et le mercure. En fonction des concentrations de structures enterrées (cuves) ayant contenu des
mercure mesurées dans l'atmosphère et du débit sous-produits de la production de gaz à l'eau :
de l'alimentation du masque respiratoire en air, le goudrons, engrais azotés (dérivés de l'ammo-
temps de saturation des cartouches peut être niac), ferro-ferricyanures...
assez facilement estimé par le fournisseur.
- Traitement des terres extraites : en fonction de
leur concentration en polluants, les terres extra-
ites étaient dirigées soit vers une unité de
désorption thermique soit vers une unité de trai-
tement biologique.

- Opérations unitaires :
~ excavation des terres à une profondeur
variable selon la pollution mesurée (maximum
de trois mètres) ;
~ transport en camion vers un crible ;
~ désorption thermique ou stockage avant trai-
tement biologique.
Si on considère les opérations de réhabilitation du
site proprement dites (excavations et transport
des terres) et les opérations de traitement des
terres, ce chantier s'est déroulé sur une durée
totale de plusieurs mois.

• Les polluants
L'intervention de l'INRS a été effectuée vers la fin
des principales opérations de terrassement. Il n'a
donc pas été possible d'assister à des opérations
de démolition de capacités ayant contenu des
ferro-ferricyanures ou des engrais azotés. En

138
La gestion du risque chimique

revanche, le désorbeur thermique en était encore - Hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA)


aux opérations préliminaires de réglage : son acti-
Les HPA sont les constituants majeurs des gou-
vité (ainsi que celle du criblage) était modérée.
drons de houille. Le benzo[a]pyrène (BaP) est
En conséquence, les mesures effectuées par retenu comme élément traceur des hydrocarbures
l'INRS ont surtout porté sur l'exposition aux aro- à cinq cycles parmi lesquels on retrouve la majo-
matiques (benzène, éthylbenzène, toluène, xylè- rité des HPA cancérogènes.
ne pour ne citer que les principaux) et au
Valeur limite d'exposition du benzo[a]pyrène :
benzo[a]pyrène, traceur de la famille des hydro-
carbures polycycliques aromatiques (HPA), au VME (ng.m-3) = 150
cours des opérations d'excavation et, dans une
moindre mesure, d'alimentation du crible. • Evaluation des expositions
Les expositions des conducteurs d'engins (à l'in-
- Aromatiques
térieur des cabines de conduite) ont été mesurées
La production de gaz à partir de la houille générait pendant deux journées consécutives.
également (entre autres produits) des aroma-
tiques, ce qui explique leur présence dans les - Exposition aux aromatiques
terres polluées du site. Dans l'impossibilité de les
Tous les conducteurs d'engins dont l'exposition a
doser tous, on s'est limité aux plus courants et au
été mesurée étaient occupés à l'excavation ou au
plus nocif (le benzène) dont on trouvera ci-après
transfert de terres polluées. Compte tenu de la
les valeurs limites d'exposition.
multiplicité des polluants, l'exposition est expri-
mée sous la forme d'un indice d'exposition (voir
définition ci-dessus).
Produit VME TLV-TWA
(France) (ACGIH -
(mg.m-3) USA)
(mg.m-3)
Nombre de tubes échantillonnés 5
Benzène 16 32
Indice d'exposition (minimum - < 0,01 - 0,02
Ethylbenzène 435 434 maximum)
Toluène 375 188 Nombre de dépassements de la 0
valeur limite
Xylènes (tous iso- 435 434
mères)
Tableau 7.10
Tableau 7.9

Ces très faibles expositions sont confirmées par


des mesures à poste fixe réalisées aux différents
Remarque : Dans le cas de mélanges de sol-
points d'intervention des engins (excavations,
vants, on considère que si la somme (indice
crible, désorbeur).
d'exposition) C1 / VL1 + C2 / VL2 +…+ Cn
/VLn est supérieure à un, la valeur limite du
mélange est dépassée (avec Cn la concen- 7
tration atmosphérique mesurée du polluant n
et VLn la valeur limite correspondante).

139
La gestion du risque chimique

- Exposition aux hydrocarbures d'ailleurs ultérieurement sur le criblage et le désor-


polycycliques aromatiques beur thermique) étant des chauffeurs d'engins, la
protection collective des travailleurs est technique-
Comme pour les solvants, c'est l'exposition des
ment assez simple à réaliser même si elle peut
conducteurs d'engins qui a été mesurée. Les
nécessiter des investissements importants.
expositions au benzo[a]pyrène sont résumées
dans le tableau ci-après. Un arrosage régulier des voies de circulation du
chantier permettait un abattement significatif des
poussières. Les techniques de traitement des
terres extraites (criblage, puis traitement ther-
Nombre de filtres échantillonnés 5 mique) ne permettaient malheureusement pas de
généraliser cet arrosage à l'ensemble du chantier,
Gamme d'exposition (minimum - 6 - 430 donc de diminuer l'exposition aux HPA adsorbés
maximum) (ng.m-3)
sur les poussières.
Nombre de dépassements de la 3
valeur limite La différence spectaculaire entre l'exposition du
conducteur d'engin à cabine de conduite en sur-
Tableau 7.11 pression, alimentée en air filtré et régulée en tem-
pérature, et celle de ses collègues utilisant des
engins ordinaires montre bien que l'utilisation de
ces engins spécialement équipés devrait se géné-
Trois résultats se situent à une valeur supérieure raliser sur les chantiers de réhabilitation de sites
à la valeur limite d'exposition de 150 ng.m-3, le industriels pollués.
quatrième en étant très proche (141 ng.m-3).
Seule la mesure effectuée sur le conducteur d'une - Protection individuelle
pelleteuse à air filtré et climatisé se situe très net-
A défaut de cette protection collective, on peut
tement en-dessous de cette valeur limite.
avoir recours à la protection respiratoire. Compte
Ces valeurs sont confirmées par des prélève- tenu de la durée du port de ces appareils (une
ments à poste fixe effectués aux lieux d'interven- journée de travail), seule la ventilation assistée
tion des engins. peut être envisagée.
Le masque doit être muni de cartouches(s) AP2
• Protection des travailleurs, qui permettent la protection contre la fraction
la réalité du chantier gazeuse des HPA et les poussières. Compte tenu
des faibles concentrations de composés gazeux,
Sur le chantier tel qu'il s'est déroulé, la protection
les risques de saturation des cartouches sont
respiratoire était assurée par des masques anti-
faibles et un changement, par exemple hebdoma-
poussières à ventilation libre (type FFP2). Compte
daire, peut être envisagé (sous réserve que la
tenu de la forme physique de la pollution par les
charge du filtre en poussières ne soit pas impor-
HPA (particulaire ou adsorbée sur des poussières
tante au point de diminuer le débit d'alimentation
d'une part, mais aussi gazeuse d'autre part), ce
de la ventilation assistée).
type d'appareil de protection respiratoire ne per-
mettait pas de protéger contre la totalité de cette Remarque : Au cours de cette intervention,
pollution. ni les dérivés ammoniacaux ni les ferro-fer-
ricyanures n'ont été étudiés. Il pourrait
s'avérer nécessaire de compléter la car-
• Les préconisations de l'INRS touche de filtration de l'air par une protec-
tion contre l'ammoniac (AKP2).
- Protection collective
La majorité des travailleurs intervenant sur les
opérations d'excavation et de transport (comme

140
La gestion du risque chimique

7.3. Suivi des expositions à l'aide 7.3.2. Matériel et méthodes


d'un détecteur à photo-ionisation
à lecture directe Le principe du PID étant basé sur la détermination
de toutes les espèces photo-ionisables, il ne per-
met pas de distinguer les différents polluants pré-
7.3.1. Introduction sents dans l'atmosphère. La concentration est
donc indiquée sous la forme d'un indice composi-
La prévention des maladies d'origine profession- te. Les différents composés n'ayant pas la même
nelle demande que l'exposition des personnes toxicité, ni donc les mêmes valeurs limites d'expo-
aux polluants présents dans l'air soit évitée ou sition, le seul suivi des variations de la réponse du
réduite aux niveaux les plus faibles possibles. PID n'est pas suffisant et doit donc s'accompa-
Dans la pratique, il est utile de définir pour les gner, au moins au début d'un chantier, de la déter-
concentrations atmosphériques des niveaux à ne mination précise de la composition de l'atmosphè-
pas dépasser. Ces niveaux correspondent aux re. Cette détermination implique la réalisation de
valeurs limites d'exposition professionnelle dont la prélèvements classiques sur tube de charbon actif
définition a été donnée précédemment (voir 7.1. avec analyse en chromatographie en phase
Evaluation des expositions aux produits chi- gazeuse (CPG) selon la méthode décrite précé-
miques sur les chantiers de réhabilitation de sites demment (pompe de prélèvement + capteur).
industriels pollués : méthode de travail).
La plupart des méthodes de prélèvement asso- • Détecteur à photo-ionisation
ciées à ces évaluations d'exposition impliquent
Un PID de marque Photovac (modèle 2020 PE) a
une analyse au laboratoire, ce qui diffère de
été utilisé. Il était calibré avant chaque utilisation
quelques jours ou de quelques semaines l'obten-
avec un gaz étalon à 100 ppm d'isobutylène. Cet
tion du résultat. Dans le cas de réhabilitations de
appareil effectue une mesure par seconde, mais
sites industriels pollués où la situation est souvent
en pratique sa capacité d'acquisition étant limitée
très évolutive, ce délai est souvent trop long.
à 1 000 mesures, il a été réglé de façon à effec-
L'utilisation de tubes colorimétriques (tubes
tuer une acquisition moyennée par minute, ce qui
Dräger par exemple) à lecture instantanée peut
permettait un échantillonnage de plusieurs heures
constituer une alternative. Ces tubes présentent
sans qu'il soit nécessaire de procéder au transfert
pourtant l'inconvénient d'être peu spécifiques.
des données sur micro-ordinateur.
Dans le cas de mélanges de solvants en particu-
lier, la valeur obtenue peut être sujette à caution
et sera très difficilement comparable à une valeur • Echantillonnage et analyse de tubes
limite d'exposition. L'analyse d'un mélange com- de charbon actif
plexe peut d'autre part conduire à utiliser de nom- Des tubes de charbon actif (SKC 226.01) étaient
breux tubes pour un résultat global moins satisfai- échantillonnés en parallèle à un débit de 0,1 l.min-1.
sant que celui obtenu par l'utilisation d'un support Après désorption dans du sulfure de carbone à
de prélèvement comme le charbon actif. faible teneur en benzène (Aldrich 34 227-0), ces
Dans le cadre d'un chantier de réhabilitation tubes étaient analysés par CPG (colonne capillai-
(décrit en 7.2.2 et 7.2.3) où l'atmosphère était pol- re Supelco SPB1 et détection par ionisation de
luée par un mélange particulièrement complexe
de solvants, l'INRS a entrepris de tester la possi-
flamme).
7
bilité d'utiliser un détecteur à photo-ionisation à
lecture directe (PID). On trouvera ci-dessous les
premiers résultats de cette démarche qui deman-
de à être poursuivie sur d'autres types de pollution
avant de pouvoir être considérée comme validée
définitivement.

141
La gestion du risque chimique

7.3.3. Résultats

Au laboratoire, la linéarité de la réponse du PID


pour un certain nombre de composés simples (p-
xylène, m-xylène, styrène et éthylbenzène) ou
complexes (white spirits) a été vérifiée en procé-
dant aux mesures simultanées des concentrations
sur tubes et sur PID. Ces expérimentations ont
permis par ailleurs de vérifier les facteurs de
réponse théoriques fournis par le constructeur.
On a ensuite procédé de la même façon (tubes de
charbon et PID en parallèle) à six mesures de la
concentration ambiante sur le chantier de réhabi-
litation décrit dans les cas 7.2.2 et 7.2.3.
Les résultats des échantillonnages sur tubes ont
été établis sous la forme d'un indice d'exposition
Iexp répondant à la définition suivante :
Iexp = C1/VL1 + C2/VL2 +...+Cn/VLn
Une corrélation entre cette série de résultats expri-
més sous cette forme Iexp et la réponse obtenue
par la lecture sur le PID a été effectuée. Elle cor-
respond à un coefficient de corrélation de r2 =
0,87. Ce coefficient montre que, si la corrélation
Contrôles d’atmosphère en continu sur une résorption de
n'est pas excellente, la réponse du PID évolue
site pollué par le mercure (ATE - Geoclan).
malgré tout de façon sensiblement proportionnelle
à l'indice d'exposition. Quand on examine attenti-
vement les concentrations relatives des différents
polluants pour les échantillonnages réalisés en
parallèle, on constate que, bien que la composition
de l'atmosphère évolue au cours du temps (plus
de quinze polluants en proportions variables ont
été mis en évidence), cette variation est suffisam-
ment faible pour que cette proportionnalité entre
les deux réponses (tubes + PID) demeure.

142
La gestion du risque chimique

7.3.4. Applications pratiques limites des différents composants de la pollution,


il était possible de déterminer la valeur de la
réponse du PID à partir de laquelle la valeur limi-
• Cas d'un chantier avec mono-pollution
te du mélange pouvait être atteinte.
par un solvant organique
Sur un tel chantier, la démarche suivante pourrait
On dispose pour certains composés du facteur de
dès lors être adoptée :
réponse du PID. Mesurer la pollution réelle au
moyen du PID ne pose donc aucune difficulté. On
sera en mesure d'effectuer le suivi des exposi- - Réalisation simultanée de prélèvements sur
tions. Le poids et l'encombrement de l'appareil tubes de charbon actif et PID afin de calibrer la
étant raisonnables, ce suivi peut s'effectuer sous réponse du PID en fonction de l'indice Iexp éta-
la forme de prélèvements individuels, l'appareil bli à partir des concentrations mesurées dans
étant porté par l'opérateur. l'atmosphère et des valeurs limites d'exposition.

Dans le cas où cette mono-pollution est due à un Exemple :


produit de composition complexe mais constante, Composition de la pollution de l'air due à des com-
comme un white spirit ou une autre coupe pétro- posés organiques volatils : 25 % de toluène (tol),
lière, il est possible de procéder à un étalonnage 35 % de méthyl éthyl cétone (mek) et 40 % d'iso-
du PID sur la base de quelques séries de prélè- butanol (isob).
vements PID et tubes de charbon actif effectués
en parallèle et simultanément. Il sera évidemment L'indice d'exposition (IE) peut donc s'exprimer par
prudent de vérifier à intervalles réguliers au cours rapport à la concentration totale (CT), aux valeurs
du déroulement du chantier que les proportions limites (VLx) et aux concentrations relatives des
relatives des différents composants restent trois composants (Cx) :
constantes et que l'étalonnage effectué initiale- IE = Ctol / VLtol + Cmek / VLmek + Cisob / VLisob=
ment reste valable. (0,25 CT / 375) + (0,35 CT / 600) + (0,4 CT / 150)

IE = 3,92 . 10-3 CT
• Cas d'un chantier avec multi-pollution
par solvants organiques D'autre part la réponse du PID va varier en fonction
du produit. Les données du constructeur indiquent :
Pour un chantier dont la pollution de l'air restera
relativement constante au moins quantitativement Repx = Cx / FRx
pendant toute sa durée, ce PID peut également Avec Repx = la réponse du PID pour le composé
être utilisé pour la comparaison aux valeurs x et FRx = le facteur de réponse du composé x
limites d'exposition, exprimées sous la forme d'un
indice d'exposition. Le chantier décrit en 7.2.3. La réponse du PID au mélange (RT) peut donc
répond à ces conditions. Il s'agit en effet d'un s'exprimer sous la forme :
chantier dont la deuxième phase consistait dans RT = Reptol + Repmek + Repisob
le traitement des terres extraites au cours de la
RT = Ctol / FRtol + Cmek / FRmek + Cisob / FRisob
première phase. L'expérience montre que la com-
position de la pollution de l'air générée par ces Comme FRtol = 0,5, FRmek = 0,8 et FRisob = 4,4
terres est restée relativement constante quantita-
tivement (c'est-à-dire que les mêmes composants
(données fournies par le constructeur), il vient :
7
RT = CT ([0,25 / 0,5] + [0,35 / 0,8] + [0,4 / 4,4]) =
étaient présents en proportions relatives sensible-
1,03 CT
ment constantes) tout au long du suivi effectué
pendant six mois. Il était donc possible de procé- Il faudra donc diviser la réponse du PID par un
der à un étalonnage de la réponse de l'appareil facteur 1,03 pour estimer la concentration totale
par rapport aux concentrations réelles mesurées des trois polluants dans l'atmosphère, et multiplier
sur les tubes de charbon actif échantillonnés en cette valeur par 3,92.10-3 pour pouvoir effectuer la
parallèle. En particulier en fonction des valeurs comparaison à l'indice d'exposition.

143
La gestion du risque chimique

• A intervalles réguliers (sur une base mensuelle tatives du poste de travail et être ensuite intégrées
par exemple), vérification par la réalisation de pour pouvoir être comparées à l'indice Iexp construit
quelques séries de prélèvements comparatifs (tubes à partir des VME (valeurs limites de longue durée).
de charbon actif + PID) que la composition n'a pas De la même façon, il est possible, si le travail est
changé significativement et que la droite de corréla- susceptible d'exposer le travailleur à de fortes
tion établie au début du chantier reste valable. concentrations sur des durées limitées (quelques
minutes par exemple), de construire un indice Iexp
• Entre ces vérifications, le suivi des expositions à partir des VLE (valeurs limites de courte durée).
peut s'effectuer par simple mesure au PID. Ces La comparaison s'effectuera alors sur les durées
mesures de suivi au PID doivent alors être effec- d'échantillonnage correspondant aux pics d'exposi-
tuées sur une durée de plusieurs heures représen- tion (cf. exemple de la fiche 7.2.3).

Fûts percés au cours de leur extraction.

144
Annexes

Annexes

Annexe 1 Décret n° 92-158 du 20 février 1992

Annexe 2 Arrêté du 19 mars 1993

Annexe 3 Le rôle du maître d’ouvrage

Annexe 4 Le rôle du maître d’œuvre

Annexe 5 Le rôle du coordonnateur

Annexe 6 Le rôle des entreprises et des travailleurs indépendants

Annexe 7 Liste des travaux pour lesquels il ne peut pas être fait appel
aux salariés sans contrat de travail à durée déterminée
ou aux salariés des entreprises de travail temporaire

Annexe 8 Liste des travaux nécessitant une surveillance


médicale spéciale

Annexe 9 Poste nécessitant une formation technique spécifique


liée au poste de travail ou aux matériels utilisés

Annexe 10 Exemples de travaux occasionnant des risques et


exemples de mesures de prévention

Annexe 11 Adresses utiles

145
Annexe 1. Décret du 20 février 1992

Annexe 1. Décret n° 92-158 du 20 février 1992


(modifié par décret n° 94-1159 du 26 décembre 1994)

146
Annexe 1. Décret du 20 février 1992

147
Annexe 1. Décret du 20 février 1992

148
Annexe 1. Décret du 20 février 1992

149
Annexe 1. Décret du 20 février 1992

150
Annexe 2. Arrêté du 19 mars 1993

Annexe 2. Arrêté du 19 mars 1993

151
152
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

Type de chantier Obligations

Principes généraux de prévention Mettre en œuvre les principes a, b, c, e, f, g, h tant au cours de la phase
de conception, d'étude et d'élaboration du projet que pendant la réali-
a/ éviter les risques ; Cas général sation de l'ouvrage.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

b/ évaluer les risques inévitables ;

c/ combattre les risques à la source ;

d/ adapter le travail à l'homme ;

e/ tenir compte de l'évolution des techniques ;

f/ remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dan-


gereux ou par ce qui est moins dangereux ;

g/ planifier la prévention ;

h/ prendre des mesures de protection collective en priorité


sur la protection individuelle ;

i/ donner des instructions appropriées.

Peut déléguer cette mission au maître d'œuvre.

Opérations de bâtiment ou de
génie civil entreprises par les
communes ou groupements de
communes de moins de 5 000
habitants.
Type de chantier Obligations

Déclaration Opérations de bâtiment ou de Cas général • Adresser la déclaration préalable à :


préalable génie civil : - l'inspecteur du travail,
• volume prévu - la CRAM,
> 500 hommes-jours - l'OPPBTP,
OU à la date de dépôt de la demande du permis de construire si requis ou
• effectif prévisible au moins 30 jours avant le début effectif des travaux (pour travaux non
> 20 à un moment soumis à permis).
quelconque • Afficher le texte de cette déclaration sur le chantier.
et
• durée
> 30 jours ouvrés

Opérations de bâtiment ou de Peut déléguer au maître d'œuvre l'envoi et l'affichage de cette décla-
génie civil entreprises par les ration.
communes ou groupements de
communes de moins de 5000
habitants.

Travaux d'extrême urgence Les obligations concernant la déclaration préalable ne s'appliquent


dont l'exécution immédiate est pas.
nécessaire.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

153
154
Type de chantier Obligations

Coordination en Opération effectuée par au Cas général • Désigner le(s) coordonnateur(s) répondant aux conditions requises
matière de sécurité moins deux travailleurs indé- pour l'exercice de sa fonction avant le début de la phase de prépara-
et de santé pendants ou entreprises, tion du chantier dans le cas où le coordonnateur, pour la phase de réa-
entreprises sous-traitantes lisation, est distinct de celui de la phase de conception, d'étude et
incluses. d'élaboration du projet.

• Assurer au coordonnateur l'autorité et les moyens indispensables à


l'exercice de sa mission.

• Justifier de la compétence du coordonnateur sur demande de l'ins-


pecteur du travail.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

• Lorsque le coordonnateur est un agent du maître d'ouvrage lié à


celui-ci par un contrat de travail, la mission de coordination fait l'objet
d'un document écrit permettant d'individualiser chaque opération.
Contrat, avenant ou document définissent clairement :
- le contenu de la mission, les moyens notamment financiers que
le maître d'ouvrage met à sa disposition ainsi que l'autorité qu'il lui
confère par rapport à l'ensemble des intervenants ;
- les modalités de la présence du coordonnateur sur le chantier
et sa participation aux réunions de chantier.

• Prévoir, dès les études d'avant-projet de l'ouvrage, la coopération


entre les différents intervenants dans l'acte de construire et le coor-
donnateur.

• Veiller à ce que le coordonnateur soit associé pendant toutes les


phases de l'opération à l'élaboration et à la réalisation du projet de l'ou-
vrage, en particulier en lui donnant accès à toutes les réunions orga-
nisées par le maître d'œuvre et en le rendant destinataire, dans un
délai compatible avec l'exercice de sa mission, de toutes les études
réalisées par celui-ci.
Les modalités pratiques de cette coopération font l'objet d'un docu-
ment joint aux contrats conclus entre les différents intervenants.

• Tenir compte, lorsqu'il les estime justifiées, des observations du


coordonnateur ou adopter des mesures d'une efficacité au moins équi-
valente.

• La mission du coordonnateur se fait sous la responsabilité du maître


d'ouvrage.
Type de chantier Obligations

Coordination en Opérations de bâtiment ou de • Le maître d'œuvre peut se voir confier sur délégation du maître
matière de sécurité génie civil entreprises par les d'ouvrage l'application des règles concernant la désignation du(des)
et de santé communes ou les groupements coordonnateur(s) et les autres modalités de mise en œuvre de la
de communes de moins de coordination.
5 000 habitants.

Plan général Opération effectuée par au Cas général • Faire établir par le coordonnateur un PGC rédigé dès la phase de
de coordination moins deux travailleurs indé- conception, d'étude et d'élaboration du projet et tenu à jour pendant
en matière pendants ou entreprises toute la durée des travaux.
de sécurité (entreprises sous-traitantes
et de protection incluses) soumise à déclara- • Mentionner dans les documents remis aux entrepreneurs (entre-
tion préalable ou comportant prises sous-traitantes exclues) que le chantier sur lequel ils seront
des travaux à risques parti- appelés à travailler en cas de conclusion d'un contrat est soumis à
culiers fixés par arrêté. l'obligation de PGC.

• Joindre le PGC aux autres documents remis aux entrepreneurs qui


envisagent de contracter.
Les modifications apportées au PGC sont aussi portées à la connais-
sance des entreprises.

• Adresser le PGC, sur leur demande, à l'inspecteur du travail, à


l'OPPBTP et à la CRAM dès la phase de consultation des entreprises.

• Conserver le PGC tenu sur le chantier 5 ans à compter de la date


de réception de l'ouvrage.

Opérations de bâtiment ou de • Le maître d'œuvre peut se voir confier sur délégation du maître
génie civil entreprises par les d'ouvrage l'application des règles concernant l'établissement du PGC.
communes ou groupements
de communes de moins de
5000 habitants.

Travaux d'extrême urgence • Les obligations d'établissement du PGC ne s'appliquent pas.


dont l'exécution immédiate est
nécesaire.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

155
156
Type de chantier Obligations

Conduite de plusieurs opérations de bâtiment Cas général Se concerter afin de prévenir les risques résultant de l'interférence des
ou de génie civil sur un même site interventions.
par plusieurs maîtres d’ouvrage

Opérations de bâtiment ou de Le maître d'œuvre peut se voir confier sur délégation du maître d'ou-
génie civil entreprises par les vrage l'application des règles concernant la concertation en cas de
communes ou groupement de conduite de plusieurs opérations.
communes de moins de 5000
habitants.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage
Type de chantier Obligations

Collège Chantier devant dépasser un Cas général • Constituer le CISSCT au plus tard 21 jours avant le début des tra-
interentreprises volume de 10 000 hommes- vaux.
de sécurité, de santé jours
et des conditions ET • Y participer.
de travail nombre d'entreprises, tra-
vailleurs indépendants et • Mentionner dans les contrats conclus avec les entreprises l'obliga-
entreprises sous-traitantes tion d'y participer.
inclus
• > 10 si opération de bâtiment • Annexer le projet de règlement du collège élaboré par le coordon-
• > 5 si opération de génie civil nateur aux documents du dossier de consultation adressés aux entre-
preneurs et, en l'absence de consultation, à chaque marché ou contrat
passé.

• Peut demander par écrit au président du CISSCT de porter à l'ordre


du jour toute question relevant de sa compétence dans les huit jours
qui suivent la réception de la convocation aux réunions.

• Peut consulter le registre consignant les procès-verbaux à tout


moment.

• Doit être informé par le président du collège des observations for-


mulées par écrit à celui-ci par les CHSCT au plus tard lors de la
réunion suivante.

• S'assurer de l'envoi aux CHSCT (ou aux délégués du personnel)


des procès-verbaux des réunions.

• L'intervention du CISSCT ne modifie pas les responsabilités incom-


bant aux participants aux opérations.

Opérations de bâtiment ou de • Le maître d'œuvre peut se voir confier sur délégation du maître d'ou-
génie civil entreprises par les vrage l'application des règles concernant le CISSCT.
communes ou groupements de
communes de moins de 5000
habitants.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

157
158
Type de chantier Obligations

Dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage • Faire établir et compléter le DIU par le coordonnateur au fur et à
mesure du déroulement des phases de conception, d'étude et d'éla-
boration du projet puis de la réalisation de l'ouvrage.

• Le conserver : remis au maître d'ouvrage lors de la réception de l'ou-


vrage, il est joint aux actes notariés établis à chaque mutation de l'ou-
vrage. Dans le cas d'une copropriété, un exemplaire du dossier est
aussi remis au syndic de l'immeuble.

• Lors de toute intervention ultérieure, le remettre au coordonnateur


désigné.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

Opérations de bâtiment ou de • Le maître d'œuvre peut se voir confier sur délégation du maître d'ou-
génie civil entreprises par les vrage l'application des règles concernant le DIU.
communes ou groupements
de communes de moins de
5000 habitants.
Type de chantier Obligations

Voies et réseaux divers Opérations de construction de • S'assurer que les mesures suivantes ont été prises avant toute inter-
bâtiments d'un montant supé- vention des entrepreneurs et des sous-traitants sur le chantier :
rieur à cinq millions de francs. - une voie d'accès au chantier doit être construite pour permettre
aux véhicules et aux piétons de parvenir en un point au moins du
périmètre d'emprise du chantier + voies de circulation sur le chantier
pour accéder aux divers locaux ;

- voies convenablement éclairées ;

- eaux pluviales drainées et évacuées ;

- un raccordement à un réseau de distribution d'eau potable et


d'électricité doit être effectué ;

- les matières usées doivent être évacuées conformément aux règle-


ments sanitaires en vigueur.

• Sous réserve de mesures compensatrices d'hygiène et de sécurité


et dans des conditions strictement définies, des dérogations peuvent
être demandées au Directeur départemental du travail et de l'emploi.

Construction et aménagement des ouvrages • Se conformer aux règles édictées par des règlements d'administra-
tion publique.
Annexe 3. Le maître d’ouvrage

159
160
Annexe 4. Le maître d’œuvre

Type de chantier Obligations

Principes généraux de prévention Cas général Mettre en œuvre les principes a, b, c, e, f, g, h tant au cours de la
phase de conception, d'étude et d'élaboration du projet que pendant la
a/ éviter les risques ; réalisation de l'ouvrage.
Annexe 4. Le maître d’œuvre

b/ évaluer les risques inévitables ;

c/ combattre les risques à la source ;

d/ adapter le travail à l'homme ;

e/ tenir compte de l'évolution des techniques ;

f/ remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dan-


gereux ou par ce qui est moins dangereux ;

g/ planifier la prévention ;

h/ prendre des mesures de protection collective en priorité


sur la protection individuelle ;

i/ donner des instructions appropriées.

Opérations de bâtiment ou de En plus des obligations du "cas général" :


génie civil entreprises par les • Peut se voir confier sur délégation du maître d'ouvrage la mission sui-
communes ou groupements de vante : mettre en œuvre les principes a, b, c, e, f, g, h à sa place.
communes de moins de 5 000
habitants.
Type de chantier Obligations

Déclaration préalable Opérations de bâtiment ou de Cas général Peut se voir confier sur délégation du maître d'ouvrage, les missions
génie civil entreprises par les suivantes :
communes ou groupements • adresser la déclaration préalable à :
de communes de moins de - l'inspecteur du travail,
5 000 habitants si - la CRAM,
• volume prévu > 500 - l'OPPBTP,
hommes-jours à la date de dépôt de la demande du permis de construire (si requis)
OU ou au moins trente jours avant le début effectif des travaux pour les tra-
• effectif prévisible > 20 à un vaux non soumis à permis ;
moment quelconque • afficher le texte de cette déclaration sur le chantier.
et
• durée > 30 jours ouvrés

Travaux d'extrême urgence Les obligations concernant la déclaration préalable ne s'appliquent


dont l'exécution immédiate est pas.
nécessaire.
Annexe 4. Le maître d’œuvre

161
162
Type de chantier Obligations

Coordination en matière Opérations de bâtiment ou de Peut se voir confier sur délégation du maître d'ouvrage les missions
de sécurité et de santé génie civil effectuées par au suivantes :
moins deux intervenants (tra-
vailleurs indépendants, entre- • Désigner le(s) coordonnateur(s) répondant aux conditions requises
prises, entreprises sous-trai- pour l'exercice de sa fonction avant le début de la phase de prépara-
tantes incluses) entreprises tion du chantier dans le cas où le coordonnateur, pour la phase de réa-
par les communes ou groupe- lisation, est distinct de celui de la phase de conception, d'étude et
ments de communes de moins d'élaboration du projet.
de 5 000 habitants.
• Justifier de la compétence du coordonnateur sur demande de l'ins-
Annexe 4. Le maître d’œuvre

pecteur du travail.

• Lorsque le coordonnateur est un agent du maître d'ouvrage lié à


celui-ci par un contrat de travail, la mission de coordination fait l'objet
d'un document écrit permettant d'individualiser chaque opération.
Contrat, avenant ou document définissent clairement :
- le contenu de la mission, les moyens notamment financiers que le
maître d'ouvrage met à sa disposition ainsi que l'autorité qu'il lui
confère par rapport à l'ensemble des intervenants ;
- les modalités de la présence du coordonnateur sur le chantier et
de sa participation aux réunions de chantier.

• Prévoir, dès les études d'avant-projet de l'ouvrage, la coopération


entre les différents intervenants dans l'acte de construire et le coor-
donnateur.

• Veiller à ce que le coordonnateur soit associé pendant toutes les


phases de l'opération à l'élaboration et à la réalisation du projet de l'ou-
vrage, en particulier en lui donnant accès à toutes les réunions orga-
nisées par le maître d'œuvre et en le rendant destinataire, dans un
délai compatible avec l'exercice de sa fonction, de toutes les études
réalisées par celui-ci.
Les modalités pratiques de cette coopération font l'objet d'un docu-
ment joint aux contrats conclus entre les différents intervenants.

• Tenir compte, lorsqu'il les estime justifiées, des observations du


coordonnateur ou adopter des mesures d'une efficacité au moins équi-
valente.

• La mission du coordonnateur s'exerce sous sa responsabilité.


Type de chantier Obligations

Plan général Opérations de bâtiment ou de Cas général Le maître d'œuvre peut se voir confier sur délégation du maître d'ou-
de coordination en génie civil entreprises par les vrage les missions suivantes :
matière de sécurité communes ou groupements
et de protection de communes de moins de • Faire établir par le coordonnateur un PGC rédigé dès la phase de
de la santé 5 000 habitants effectuées par conception, d'étude et d'élaboration du projet et tenu à jour pendant
au moins deux intervenants toute la durée des travaux.
(travailleurs indépendants,
entreprises, entreprises sous- • Mentionner dans les documents remis aux entrepreneurs que le
traitantes incluses) soumises à chantier sur lequel ils seront appelés à travailler en cas de conclusion
déclaration préalable ou com- d'un contrat est soumis à l'obligation de PGC.
portant des travaux à ris-
ques particuliers fixés par • Joindre le PGC aux autres documents remis aux entrepreneurs qui
arrêté. envisagent de contracter.
Les modifications apportées au PGC sont aussi portées à la connais-
sance des entreprises.

• Adresser le PGC, sur leur demande, à l'inspecteur du travail, à


l'OPPBTP et à la CRAM dès la phase de consultation des entreprises.

• Conserver le PGC tenu sur le chantier cinq ans à compter de la date


de réception de l'ouvrage.

Travaux d'extrême urgence • Les obligations d'établissement du PGC ne s'appliquent pas.


dont l'exécution immédiate est
nécessaire.
Annexe 4. Le maître d’œuvre

163
164
Type de chantier Obligations

Conduite de plusieurs opérations de bâtiment ou de Opérations de bâtiment ou de Le maître d'œuvre peut se voir confier sur délégation du maître d'ou-
génie civil sur un même site génie civil entreprises par les vrage la mission suivante :
communes ou groupement de
communes de moins de 5 000 • Se concerter avec les autres maîtres d'ouvrage afin de prévenir les
habitants. risques résultant de l'interférence des interventions.
Annexe 4. Le maître d’œuvre
Type de chantier Obligations

Collège Chantier devant dépasser un Cas général • Assister aux réunions du CISSCT.
interentreprises volume de 10 000 hommes-
de sécurité, jours • Peut demander par écrit au président du CISSCT de porter à l'ordre
de santé du jour toute question relevant de sa compétence dans les 8 jours qui
et des conditions ET suivent la réception de la convocation aux réunions (art. R. 238-50).
de travail
nombre d'entreprises, • Peut consulter le registre consignant les procès-verbaux à tout moment
travailleurs indépendants et (art. R. 238-51).
entreprises sous-traitantes
inclus • Doit être informé par le président du collège des observations for-
• > 10 si opération de bâtiment mulées par écrit à celui-ci par les CHSCT, au plus tard lors de la
• > 5 si opération de génie civil réunion suivante.

• L'intervention du CISSCT ne modifie pas les responsabilités incom-


bant aux participants aux opérations, ni les attributions des institutions
représentatives du personnel compétentes en HSCT.

Opérations de bâtiment ou de En plus des points du "cas général", le maître d'œuvre peut se voir
génie civil entreprises par les confier sur délégation du maître d'ouvrage les missions suivantes :
communes ou groupements de
communes de moins de 5000 • Constituer le CISSCT au plus tard 21 jours avant le début des travaux.
habitants.
• Mentionner dans les contrats conclus avec les entreprises l'obliga-
tion d'y participer.

• Annexer le projet de règlement du collège élaboré par le coordon-


nateur aux documents du dossier de consultation adressés aux entre-
preneurs et, en l'absence de consultation, à chaque marché ou contrat
passé.

• S'assurer de l'envoi au CHSCT (ou aux DP) des procès-verbaux des


réunions.

• L'intervention du CISSCT ne modifie pas les responsabilités incom-


bant aux participants aux opérations.
Annexe 4. Le maître d’œuvre

165
166
Type de chantier Obligations

Dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage Opérations de bâtiment ou de Peut se voir confier, sur délégation du maître d'ouvrage, les missions
génie civil entreprises par les suivantes :
communes ou groupements
de communes de moins de • Faire établir et compléter le DIU par le coordonnateur au fur et à
5 000 habitants et effectuées mesure du déroulement des phases de conception, d'étude et d'éla-
par au moins deux interve- boration du projet puis de la réalisation de l'ouvrage.
nants.
• Le conserver : remis au maître d'ouvrage lors de la réception de l'ou-
vrage, il est joint aux actes notariés établis à chaque mutation de l'ou-
vrage. Dans le cas d'une copropriété, un exemplaire du dossier est
Annexe 4. Le maître d’œuvre

aussi remis au syndic de l'immeuble.

• Lors de toute intervention ultérieure, le remettre au coordonnateur


désigné.
Annexe 5. Le coordonnateur

Type de chantier Obligations

Principes généraux de prévention Cas général Mettre en œuvre les principes a, b, c, e, f, g, h tant au cours de la
phase de conception, d'étude et d'élaboration du projet que pendant la
a/ éviter les risques ; réalisation de l'ouvrage et veiller à ce qu’ils soient mis en œuvre.

b/ évaluer les risques inévitables ;

c/ combattre les risques à la source ;

d/ adapter le travail à l'homme ;

e/ tenir compte de l'évolution des techniques ;

f/ remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dan-


gereux ou par ce qui est moins dangereux ;

g/ planifier la prévention ;

h/ prendre des mesures de protection collective en priorité


sur la protection individuelle ;

i/ donner des instructions appropriées.


Annexe 5. Le coordonnateur

167
168
Type de chantier Obligations

Conditions d’exercice de la mission Cas général • Posséder la compétence requise (expérience professionnelle, forma-
de coordination tion, …).

• La personne morale compétente pour pouvoir être désignée comme


coordonnateur doit pouvoir affecter à la fonction de coordonnateur une
personne physique elle-même compétente.

• La personne physique ne peut pas être chargée dans le cadre d'une


même opération de la fonction de contrôleur technique.
Annexe 5. Le coordonnateur

• Lorsque le coordonnateur est un agent du maître d'ouvrage lié par un


contrat de travail, la mission de coordination fait l'objet d'un document
écrit permettant d'individualiser chaque opération. Il définit le contenu
de la mission, les moyens notamment financiers, l'autorité conférée et
les modalités de présence sur le chantier, sa participation aux réunions
de chantier.
Type de chantier Obligations

Plan général Opération effectuée par au Cas général • Élaborer le PGC dès la phase de conception, d'étude et d'élabora-
de coordination moins deux travailleurs indé- tion du projet.
en matière pendants ou entreprises
de sécurité (entreprises sous-traitantes • Le compléter et l'adapter en fonction de l'évolution du chantier et de
et de protection incluses) soumise à déclara- la durée effective à consacrer aux différents types de travaux ou
de la santé tion préalable ou comportant phases de travail.
des travaux à risques particu- Y intégrer les PPSPS et autres plans de prévention au fur et à mesu-
liers fixés par arrêté. re de leur élaboration et en les harmonisant.

• Veiller à son application.

Travaux d'extrême urgence Les obligations d'établissement de PGC ne s'appliquent pas.


dont l'exécution immédiate est
nécessaire.
Annexe 5. Le coordonnateur

169
170
Type de chantier Obligations

Plan particulier Opérations soumises à PGC Cas général • Communiquer à chacun des entrepreneurs, dès la conclusion du
de sécurité contrat, les noms et adresses des entrepreneurs contractants.
et de protection
de la santé • Transmettre à chaque entrepreneur qui en fait la demande les
PPSPS établis par les autres entrepreneurs.

• Intégrer dans le PGC au fur et à mesure et en les harmonisant les


PPSPS.

Opération de construction de En plus des obligations du "cas général" :


Annexe 5. Le coordonnateur

bâtiment.
• Communiquer obligatoirement aux autres entrepreneurs les PPSPS
des entrepreneurs chargés du gros œuvre ou du lot principal et de
ceux ayant à exécuter des travaux présentant des risques particuliers
fixés par arrêté.

Travaux d'extrême urgence • Les obligations concernant la rédaction du PPSPS ne s'appliquent


dont l'exécution immédiate est pas.
nécessaire.
Type de chantier Obligations

Collège interentreprises de sécurité, de santé Chantier devant dépasser un • Le coordonnateur désigné pour la phase de réalisation doit présider
et des conditions de travail volume de 10 000 hommes- le CISSCT.
jours
• Tenir à jour et afficher sur le chantier la liste nominative des per-
ET sonnes devant ou pouvant assister au CISSCT.

nombre d'entreprises, tra- • Réunir le CISSCT dès que 2 entreprises au moins sont effectivement
vailleurs indépendants et présentes sur le chantier puis au moins tous les trois mois. Des
entreprises sous-traitantes réunions exceptionnelles (fixées réglementairement) peuvent être
incluses mises en place.Les réunions sont précédées par une inspection de
• >10 si opération de bâtiment chantier.
• > 5 si opération de génie civil
• Établir la convocation et l'ordre du jour des séances et les communi-
quer 15 jours au moins avant la date de réunion aux membres du col-
lège, à l'inspecteur du travail, à l'OPPBTP et à la CRAM. Joindre le
procès-verbal de la réunion précédente à cet envoi.

• Conserver le registre consignant les procès-verbaux des réunions


(consultables à tout moment par les membres du collège) pendant une
durée de 5 ans à compter de la date de réception de l'ouvrage.

• Élaborer le projet de règlement pendant la phase de conception,


d'étude et d'élaboration du projet.

• L'annexer aux documents du dossier de consultation adressé aux


entrepreneurs et, en l'absence de consultation, à chaque marché ou
contrat passé pour une opération nécessitant la constitution d'un
CISSCT.

• Réunir le CISSCT en temps utile pour l'adoption du règlement du col-


lège.

• Transmettre le règlement, dès son adoption, à l'inspecteur du travail,


à l'OPPBTP et à la CRAM. Joindre à l'envoi le procès-verbal mention-
nant les résultats du vote.

• Répondre par écrit aux observations formulées par les CHSCT ou


délégués du personnel qui doivent recevoir copie des procès-verbaux.
En informer les membres du collège en temps utile et, au plus tard,
lors de la réunion qui suit leur demande.

• L'intervention du CISSCT ne modifie pas les responsabilités incom-


bant aux participants aux opérations, ni les attributions des institutions
représentatives du personnel compétentes en HSCT.
Annexe 5. Le coordonnateur

171
172
Type de chantier Obligations

Dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage • Établir et compléter le DIU au fur et à mesure du déroulement des
phases de conception d'étude et d'élaboration puis de la réalisation de
l'ouvrage.

• Le transmettre au coordonnateur de réalisation (si requis). Cette


transmission fait l'objet d'un procès-verbal.

• Le remettre au maître d'ouvrage lors de la réception de l'ouvrage.


Cette transmission fait l'objet d'un procès-verbal joint au dossier.
Annexe 5. Le coordonnateur

• Lors de toute nouvelle opération pour laquelle un coordonnateur est


requis, apporter au DIU les modifications et compléments éventuels
découlant des nouveaux travaux (les dispositions en matière de trans-
missions s'appliquent au dossier mis à jour).

Registre-journal de la coordination • Ouvrir un registre-journal de la coordination.

• Y consigner les informations définies réglementairement.

• Le présenter, sur leur demande, au maître d'œuvre, à l'inspecteur du


travail, à la CRAM et à l'OPPBTP, aux membres du CISSCT quand il
est constitué.

• Le conserver pendant une durée de cinq ans à compter de la date de


réception de l'ouvrage.

Autres obligations au cours de la phase • Définir les sujétions afférentes à la mise en place et à l'utilisation des
de conception de l’étude protections collectives, des appareils de levage, des accès provisoires
et de l’élaboration du projet et des installations générales (installations électriques, …).

• Mentionner dans les pièces écrites leur répartition entre les différents
corps d'état ou de métier qui auront à intervenir sur le chantier.

• Assurer le passage des consignes et la transmission du PGC, DIU,


registre-journal, … au coordonnateur de la phase de réalisation s'il y a
lieu.
Type de chantier Obligations

Autres obligations au cours Cas général • Organiser entre les différentes entreprises présentes ensemble ou non
de la phase de réalisation sur le chantier (entreprises sous-traitantes incluses) la coordination de
leurs activités simultanées ou successives, les modalités de leur utilisa-
tion en commun des installations, matériels et circulations, leur informa-
tion mutuelle et l'échange entre elles des consignes en matière de sécu-
rité et de protection de la santé.

• Procéder avec chaque entreprise (y compris sous-traitante) préala-


blement à leur intervention à une inspection commune au cours de
laquelle sont précisées les consignes à observer ou à transmettre et
les observations particulières de sécurité et de santé prises pour l'en-
semble de l'opération. Cette inspection doit avoir lieu avant la remise
du PPSPS s'il est requis.

• Veiller à l'application correcte des mesures de coordination définies et


des procédures de travail qui interfèrent.

• Procéder avec le chef d'établissement en activité, préalablement au


commencement des travaux, à une inspection commune visant à déli-
miter le chantier, à matérialiser les zones du secteur dans lequel se
situe le chantier présentant des dangers spécifiques pour les entre-
prises intervenantes, à préciser les voies de circulation que pourront
emprunter le personnel, véhicules et engins, à définir, pour les chan-
tiers non clos et non indépendants, les installations sanitaires, les ves-
tiaires et les locaux de restauration pour le personnel.

• Communiquer aux entreprises intervenantes les consignes de sécu-


rité arrêtées avec le chef d'établissement et celles qu'elles devront
donner à leurs salariés, et pour les chantiers non clos et non indépen-
dants l'organisation prévue pour assurer les premiers secours en cas
d'urgence et la description du dispositif mis en place à cet effet.

• Prendre les dispositions nécessaires pour que seules les personnes


autorisées puissent accéder au chantier.
Annexe 5. Le coordonnateur

173
174
Annexe 6. Entreprises, travailleurs indépendants

Type de chantier Obligations

Principes généraux de prévention • Indépendants :


Mettre en œuvre les principes a, b, c, e, f vis-à-vis des autres per-
a/ éviter les risques ; sonnes intervenant dans les opérations de bâtiment et de génie civil et
d'eux-mêmes.
b/ évaluer les risques inévitables ;
• Employeurs :
c/ combattre les risques à la source ; Mettre en œuvre les principes a, b, c, d, e, f, g, h, i.

d/ adapter le travail à l'homme ;

e/ tenir compte de l'évolution des techniques ;

f/ remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dan-


Annexe 6. Entreprises, travailleurs indépendants

gereux ou par ce qui est moins dangereux ;

g/ planifier la prévention ;

h/ prendre des mesures de protection collective en priorité


sur la protection individuelle ;

i/ donner des instructions appropriées.

Déclaration d’ouverture Chantiers occupant dix per- • Aviser par écrit l'inspecteur du travail de l'ouverture du chantier.
de chantier sonnes au moins pendant plus
d'une semaine • Transmettre copie de cette déclaration au comité régional de
l'OPPBTP (pour chefs d'entreprises adhérents à l'OPPBTP).

• Tenir à la disposition de l'inspecteur du travail, au siège de l'établisse-


ment, une liste des chantiers réalisés.

• Déclarer le chantier à la CRAM huit jours avant l'ouverture. Utiliser


pour cela le formulaire spécifique.
Type de chantier Obligations

Plan général Opération effectuée par au Cas général Les membres du CHSCT ou à défaut les délégués du personnel
de coordination moins deux travailleurs indé- appelés à intervenir sur le chantier ainsi que les représentants de
en matière pendants ou entreprises chaque entreprise au CISSCT peuvent consulter l'exemplaire tenu sur
de sécurité (entreprises sous-traitantes le chantier.
et de protection incluses) soumise à déclara-
de la santé tion préalable ou comportant En cas de sous-traitance En plus des obligations du "cas général" :
des travaux à risques parti-
culiers fixés par arrêté. Entrepreneur principal :

• Mentionner dans les documents remis aux entrepreneurs que le


chantier sur lequel ils seront amenés à travailler en cas de conclusion
d'un contrat est soumis à l'obligation de PGC.

Travaux d'extrême urgence Les obligations d'établissement du PGC ne s'appliquent pas.


dont l'exécution immédiate est
nécessaire.
Annexe 6. Entreprises, travailleurs indépendants

175
176
Type de chantier Obligations

Plan particulier Chantier soumis à PGC Cas général Les entreprises (sous-traitantes incluses) :
de sécurité
et de protection 1. Adresser le PPSPS au coordonnateur avant le début des travaux.
de la santé
2. Peuvent demander les PPSPS établis par les autres entreprises au
coordonnateur.

3. Rédiger le PPSPS selon les modalités définies par la législation


dans les 30 jours à compter de la réception du contrat signé par le
maître d'ouvrage ou par l'entreprise qui sous-traite.

4. Tenir disponible en permanence sur le chantier pour les membres du


CISSCT, du CHSCT, pour le médecin du travail, la CRAM et l'OPPBTP,
un exemplaire à jour du PPSPS avec avis du médecin du travail, des
membres du CHSCT (ou des délégués du personnel)

5. Dans le cas où une mesure de prévention prévue au plan n'a pu être


appliquée, indiquer sur le plan les moyens d'une efficacité au moins
équivalente qui ont été mises en œuvre.
Porter cette substitution à la connaissance du coordonnateur, de l'ins-
Annexe 6. Entreprises, travailleurs indépendants

pecteur du travail, de la CRAM, de l'OPPBTP, du médecin du travail,


des membres du CHSCT (ou DP).

6. Tenir le PPSPS constamment à la disposition de l'inspecteur du tra-


vail. Il peut aussi être consulté pour avis avant toute intervention sur le
chantier, par le médecin du travail, les membres du CHSCT ou à
défaut les délégués du personnel.

7. Conserver le PPSPS tenu sur le chantier pendant 5 ans à compter


de la réception de l'ouvrage.

Entrepreneur chargé du gros œuvre ou du lot principal et entre-


preneur exécutant des travaux présentant des risques particu-
liers fixés par arrêté :

• Adresser à l'inspecteur du travail, à la CRAM, à l'OPPBTP, avant


toute intervention sur le chantier, un exemplaire du PPSPS établi par
ses soins avec les avis du médecin du travail, des membres du
CHSCT (ou des DP) s'ils l'ont donné.
Type de chantier Obligations

Plan particulier Chantier soumis à PGC(suite) Cas de sous-traitance En plus des obligations du "cas général" :
de sécurité
et de protection L'entrepreneur faisant exécuter tout ou partie du contrat conclu
de la santé avec le maître d'ouvrage par un/des sous-traitants :
(suite)
• Remettre aux sous-traitants un exemplaire du PGC et, le cas
échéant un document précisant les mesures d'organisation générales
qu'il a retenues et qui sont de nature à avoir une incidence sur la sécu-
rité et la santé des travailleurs.

Le(s) sous-traitant(s) :
• Tenir compte dans l'élaboration du PPSPS des informations fournies
par l'entrepreneur, notamment de celles du PGC et dans le document
transmis par l'entrepreneur, le cas échéant.

• Établir le PPSPS
- dans les trente jours à compter de la réception du contrat signé par
l'entrepreneur ;
- dans les huit jours pour les travaux du second œuvre dans les opé-
rations de bâtiment ou pour les lots ou travaux accessoires dans une
opération de génie civil s'ils ne font pas partie de la liste des travaux
à risques particuliers fixés par arrêté.

Travaux d'extrême urgence dont • Les obligations concernant la rédaction du PPSPS ne s'appliquent
l'exécution est nécessaire pas.

Entreprise effectuant seule Cas général En plus des points du "cas général" des chantiers soumis à PGC :
des travaux d'une durée pré-
vue supérieure à un an et • Adresser le PPSPS au maître d'ouvrage dans un délai de trente
devant employer à un moment jours à compter de la réception de l'ouvrage.
quelconque des travaux plus
de cinquante salariés plus de Opérations de bâtiment ou de En plus des points 2 à 7 du "cas général" des chantiers soumis à PGC :
dix jours ouvrés consécutifs génie civil entreprises par les
communes ou groupements de • Adresser le PPSPS, en cas de délégation par le maître d'ouvrage de
communes de moins de 5 000 cette mission, au maître d'œuvre dans un délai de trente jours à comp-
habitants. ter de la réception de l'ouvrage.

Travaux d'extrême urgence dont • Les obligations concernant la rédaction du PPSPS ne s'appliquent pas.
l'exécution est nécessaire
Annexe 6. Entreprises, travailleurs indépendants

177
178
Type de chantier Obligations

Collège Chantier devant dépasser un Cas général • Chaque entreprise doit être représentée au CISSCT par :
interentreprises volume de 10000 hommes-
de sécurité, jours - le chef d'établissement ou son représentant habilité à cet effet
de santé et des pendant la durée de son intervention sur le chantier ;
conditions de travail ET - un salarié effectivement employé sur le chantier désigné par le
CHSCT (ou DP) ou, en leur absence, choisi par les membres de
Nombre d'entreprises, tra- l'équipe.
vailleurs indépendants et
entreprises sous-traitantes • Communiquer le nom des deux représentants au président du
incluses CISSCT au plus tard avant la réunion aux fins d'adoption du règlement
• > 10 si opération de bâtiment du collège.
• > 5 si opération de génie civil
• Les salariés, désignés comme membres du CISSCT doivent dispo-
ser du temps nécessaire, rémunéré comme temps de travail, pour
assister aux réunions de ce collège.

• Les opinions que ces salariés émettent dans l'exercice de leurs fonc-
tions dans le cadre du collège ne peuvent motiver une sanction ou un
licenciement.
Annexe 6. Entreprises, travailleurs indépendants

• L'intervention du CISSCT ne modifie pas la nature et l'étendue des


responsabilités incombant aux participants à l'opération de bâtiments
ou de génie civil, ni les attributions des institutions représentatives du
personnel compétentes en HSCT. Les CHSCT (OU DP) reçoivent
copie des procès-verbaux des réunions.

• Les membres du collège peuvent demander par écrit au président


de porter à l'ordre du jour toute question relevant de sa compétence
dans les huit jours qui suivent la réception de la convocation. Les
membres de CHSCT peuvent s'adresser par écrit au président du col-
lège qui est tenu de répondre et doit informer les membres du collège
des observations au plus tard lors de la réunion suivante.

• Les membres du collège ont le droit de consulter le registre des pro-


cès-verbaux des réunions à tout moment.
Type de chantier Obligations

Collège Entreprises dont il est prévu • Ne sont pas tenues de participer aux travaux du collège.
interentreprises qu'elles n'occuperont pas sur
de sécurité, le chantier au moins dix sala-
de santé et des conditions de travail riés pendant au moins quatre
semaines si elles n'exécutent
pas de travaux inscrits sur la
liste des travaux comportant
des risques particuliers fixés
par arrêté.

Cas de sous-traitance En plus des différents points du "cas général" :

Entrepreneur principal :

• indiquer dans les contrats conclus avec les sous-traitants l'obligation


de participer au collège ;

• communiquer à chacun des sous-traitants le règlement du collège ou


son projet si le règlement n'a pas encore été adopté au moment de la
passation du contrat de sous-traitance.

En plus des différents points du "cas général" :


Différé de l'attribution de cer-
tains lots. Entreprises appelées à intervenir après la constitution du collège :

• participer au collège dès l'intervention sur le chantier ;

• se conformer au règlement du collège.


Annexe 6. Entreprises, travailleurs indépendants

179
Annexe 7. Liste des travaux

Annexe 7. Liste des travaux pour lesquels il ne peut pas être fait appel
aux salariés sous contrat de travail à durée déterminée
ou aux salariés des entreprises de travail temporaire

Il ne peut être fait appel aux salariés sous contrat 2/ Les travaux suivants :
de travail à durée déterminée ni aux salariés des
entreprises de travail temporaire pour les travaux • les travaux exposant à l'inhalation de poussières
énumérés ci-après : de métaux durs ;
• métallurgie et fusion du cadmium ; travaux expo-
1/ Les travaux comportant l'exposition sant aux composés minéraux solubles du cad-
aux agents suivants : mium ;
• polymérisation du chlorure de vinyle ;
• fluor gazeux et acide fluorhydrique ;
• activités de fabrication ou de transformation de
• chlore gazeux, à l'exclusion des composés ; matériaux contenant de l'amiante, opérations
d'entretien ou de maintenance sur des flocages
• brome liquide ou gazeux, à l'exception des com-
ou calorifuges contenant de l'amiante, activités de
posés ;
confinement, de retrait de l'amiante ou de démoli-
• iode solide, vapeur, à l'exception des composés ; tion exposant aux poussières d'amiante ;
• phosphore, pentafluorure de phosphore, phos- • fabrication de l'auramine et du magenta.
phure d'hydrogène (hydrogène phosphoré) ;
• arséniure d'hydrogène (hydrogène arsénié) ;
• sulfure de carbone ;
• oxychlorure de carbone ;
• dioxyde de manganèse (bioxyde de manganèse) ;
• dichlorure de mercure (bichlorure de mercure),
oxycyanure de mercure et dérivés alkylés du
mercure ;
• béryllium et ses sels ;
• tétrachlorométhane (tétrachlorure de carbone) ;
• amines aromatiques suivantes : benzidine, ses
homologues, ses sels et ses dérivés chlorés,
3,3'diméthoxybenzidine (dianisidine), 4-aminobi-
phényle (amino-4 diphényle) ;
• bêta-naphtylamine, N,N-bis (2-chloroéthyl)-2-
naphtylamine (chlornaphazine), o-toluidine (ortho-
toluidine) ;
• chlorométhane (chlorure de méthyle) ;
• tétrachloroéthane.

180
Annexe 8. Liste des travaux ...

Annexe 8. Liste des travaux nécessitant une surveillance médicale spéciale

Pour les travaux énumérés ci-dessous les méde- 2/ Les travaux suivants :
cins chargés de la surveillance médicale du per-
sonnel effectuant d'une façon habituelle les dits • application des peintures et vernis par pulvérisation ;
travaux consacreront à cette surveillance un
temps calculé sur la base d'une heure par mois • travaux effectués dans l'air comprimé ;
pour dix salariés : • emploi d'outils pneumatiques à main, transmet-
tant des vibrations ;
• travaux effectués dans les égouts ;
1/ Les travaux comportant la préparation,
l'emploi, la manipulation ou l'exposition • travaux effectués dans les abattoirs, travaux
d'équarrissage ;
aux agents suivants :
• manipulation, chargement, déchargement,
• fluor et ses composés ; transport soit de peaux brutes, poils, crins, soies
de porcs, laine, os ou autres dépouilles animales,
• chlore ; soit des sacs, enveloppes ou récipients contenant
• brome; ou ayant contenu de telles dépouilles, à l'exclu-
sion des os dégélatinés ou dégraissés et des
• iode ; déchets de tannerie chaulés ;
• phosphore et composés, notamment les esters • collecte et traitement des ordures ;
phosphoriques, pyrophosphoriques, thiophospho-
riques, ainsi que les autres composés organiques • travaux exposant à de hautes températures, à
du phosphore ; des poussières ou émanations toxiques et
concernant le traitement des minerais, la produc-
• arsenic et ses composés ; tion des métaux et les verreries ;
• sulfure de carbone ; • travaux effectués dans les chambres frigorifiques ;
• oxychlorure de carbone ; • travaux exposant aux émanations d'oxyde de
• acide chromique, chromates, bichromates alca- carbone dans les usines à gaz, la conduite des
lins, à l'exception de leurs solutions aqueuses gazogènes, la fabrication synthétique de l'essen-
diluées ; ce ou du méthanol ;

• bioxyde de manganèse ; • travaux exposant aux poussières de silice,


d'amiante et d'ardoise (à l'exclusion des mines,
• plomb et ses composés ; minières et carrières) ;
• mercure et ses composés ; • travaux de polymérisation du chlorure de vinyle ;
• glucine et ses sels ; • travaux exposant au cadmium et composés ;
• benzène et homologues ; • travaux exposant aux poussières de fer ;
• phénols et naphtols ; • travaux exposant aux substances hormonales ;
• dérivés halogénés, nitrés et aminés des hydro- • travaux exposant aux poussières de métaux
carbures et de leurs dérivés ; durs (tantale, titane, tungstène et vanadium) ;
• brais, goudrons et huiles minérales ; • travaux exposant aux poussières d'antimoine ;
• rayons X et substances radioactives. • travaux exposant aux poussières de bois ;

181
Annexe 8. Liste des travaux ...

• travaux en équipes alternantes effectués de nuit • travaux de préparation, de conditionnement, de


en tout ou partie ; conservation et de distribution de denrées alimen-
taires ;
• travaux d'opérateur sur un standard télépho-
nique, sur machines mécanographiques, sur per-
foratrices, sur terminal à écran ou visionneuse en • travaux exposant à un niveau de bruit supérieur
montage électronique ; à 85 décibels.

182
Annexe 9. Postes ...

Annexe 9. Postes nécessitant une formation technique spécifique


liée au poste de travail ou aux matériels utilisés

• Agents biologiques. • Grues de chantier.


• Appareils élévateurs. • Gaz comprimé, liquéfié, dissous.
• Appareils de levage. • Gaz de fumigation.
• Appareils à rayon X. • Manutention manuelle de charge.
• Ascenseurs, monte-charges (examen). • Organes en mouvement (entretien).
• Benzène. • Pistolets de scellement.
• Bruit supérieur à 85 dB sur 8 heures. • Plomb métallique.
• Centrifugeuses (examen). • Rayonnements ionisants.
• Chariots automoteurs. • Scaphandriers.
• Conduite de véhicules. • Surveillance des installations électriques.
• Cuves, bassins et réservoirs (examen). • Surveillance des personnes effectuant des tra-
vaux dangereux.
• Echafaudages (montage).
• Téléphériques (entretien).
• Engins de chantier.
• Transport des personnes.
• Equipements de travail et installation (mainte-
nance, entretien). • Animaux dangereux.
• Equipements de protection individuelle (contrôle). • Travaux en milieu hyperbare.
• Electricité (habilitation). • Vapeur (appareil à pression).
• Explosifs. • Haute pression.

183
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques


et exemples de mesures de prévention

Les listes figurant dans les tableaux ci-après ne Documents complémentaires


sont pas exhaustives. Il ne s'agit que d'exemples (voir pages suivantes)
qui sont tirés d'études de cas.
Annexe 10.1 : Déroulement des travaux de
1/ Réalisations d'investigations et/ou de débroussaillement et de déboisement
travaux lors d'un diagnostic Annexe 10.2 : Déroulement des travaux d’extrac-
tion de déchets
1/ Débroussaillement, élagage, déboisement sur
Annexe 10.3 : Espace confiné - Démarche de
sol sans déchets enfouis
prévention à mettre en œuvre
2/ Débroussaillement, élagage, déboisement sur
Annexe 10.4 : Dégazage de cuves ou réservoirs
sol avec déchets enfouis
d'hydrocarbures
3/ Excavations de faible importance
4/ Forages

2/ Travaux d'identification,
de manipulation, de tri des déchets

1/ Reconnaissance et identification préalable


2/ Manipulation, tri, conditionnement de déchets
stockés en surface
3/ Extraction, manipulation, tri de déchets enfouis
4/ Intervention en espace confiné

3/ Traitement des sols pollués

1/ Reprise des sols pollués sur l'aire de stockage


2/ Criblage, tamisage et concassage
3/ Traitement des sols
4/ Traitement des solvants usés

184
1. Réalisation d’investigations et/ou de travaux lors d’un diagnostic

Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention


phases de travaux

1/ Débroussaillement / • Outils à mains Chutes de branches Port des équipements de protection individuelle suivants :
élagage / déboisement • casque de sécurité,
sur sol sans déchets • Débroussailleuse Heurts, contusions, coupures • visière de protection,
enfouis et tronçonneuse à moteur • gants,
thermique Projection de particules • protection auditive (casque antibruit),
• guêtres.
• Engins de chantiers
Chute de hauteur Réalisation d’un maximum de coupes depuis le sol à l’aide d’un éche-
nilloir à perche.

Recherche d’appuis stables au sol pour l’échelle et arrimage de


l’échelle sur une branche.

Port d’un harnais de sécurité avec dispositif d’assujettissement.

Electrocution ou électrisation Avant le début des travaux et dans le cas d’élagage ou d’utilisation
par contact direct avec des d’échelles, s’assurer de l’absence de réseaux électriques aériens avec
réseaux électriques aériens conducteurs nus ou les faire consigner.

Incendie Avant le début des travaux s’assurer de la possibilité de brûler les


végétaux sur place ou de la nécessité de les évacuer (à préciser dans
le PGC).

Heurts avec un engin Habilitation du personnel à la conduite des engins suivant la recom-
mandation CNAM R 372.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

185
186
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

2/ Débroussaillement / Cf. paragraphe 1 ci-dessus Cf. sans déchets enfouis Cf. sans déchets enfouis.
déboisement / élagage sans déchets enfouis
sur sol avec déchets
enfouis Mise en place de piquets, de Exposition aux Reconnaissance de la zone avec un détecteur de rayonnements ioni-
rubans de balisage pour maté- rayonnements ionisants sants et maillage de la zone.
rialiser les zones d'enfouisse-
ment Application de la procédure jointe en annexe 10.1.

Renversement des engins dû à Interdiction d'accès aux engins dans la zone et interdiction d'essou-
l’instabilité des sols chement des arbres.

Sondage manuel à la perche pour recherche éventuelle de cavités.

Inhalation de gaz toxiques Mise à la disposition des salariés (port à la ceinture) d'un équipement de
protection individuelle des voies respiratoires permettant une évacuation
rapide du chantier (masque auto-sauveteur).

Incendie/explosion (A adapter Interdiction de brûlage sur place.


et à préciser dans le PGC en
fonction de l'historique du site) Intervention éventuelle d'un service de déminage en cas de découver-
te d’un engin explosif.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques
Description des phases Moyens Risques potentiels Mesures de prévention
de travaux employés

3/ Excavations de Pelle à main ou pelle méca- Risque chimique Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
faible importance nique équipée d’un godet par contact, ingestion ou inha- (masque complet ou demi-masque avec cartouche de type ABEK-P3 -
(identification des (sans dents) lation de produits chimiques appareil filtrant à ventilation assistée avec masque complet pour l’utilisation
déchets) ou réalisation Tarière agressifs et/ou toxiques de la pelle à main).
de trous de faible Gants de travail et combinaisons de travail résistants aux produits
profondeur agressifs.
( < 2,50 m) Limitation du nombre de personnes présentes dans la zone de travail.
Atmosphère explosive Respect de la réglementation sur le travail en atmosphère explosive et
sur les matériels à utiliser dans ce cas (décret du 17 juillet 1978 et
arrêté du 31 mars 1980).
Outils anti-étincelles.
Contrôle permanent de la LIE.
Réglage du seuil d’alarme à 10% de la LIE du gaz inflammable le plus
pénalisant parmi ceux qu’il est potentiellement possible de rencontrer
sur le site.
Interdiction de fumer dans la zone de travail.
Explosion par choc sur un réci- Dégagement manuel.
pient sous pression Précautions lors du dégagement.
Explosion par manipulation Formation des intervenants à l’identification des déchets pouvant s’ap-
d’engins explosifs parenter à des explosifs ou à des engins de guerres.
Intervention des services de déminage en cas de découverte d’un
engin explosif.
Asphyxie Contrôle permanent de la teneur en oxygène dans la zone de travail.
Ventilation, utilisation d’un extracteur d’air.
Exposition aux Contrôle de la zone au détecteur de rayonnements ionisants.
rayonnements ionisants Port de films dosimètre.
Incendie Extincteurs dans la zone de travail.
Heurts ou chocs avec Habilitation du personnel à la conduite des engins suivant la recom-
un engin mandation CNAM R 372.

Ensevelissement, instabilité Respect des pentes des talus à 2/1 (2 de base pour 1 de hauteur) ou
des parois des fouilles respect de l’article 66 modifié du décret du 08 janvier 1965.
Chutes, blessures diverses Port d’équipements de sécurité : gants, combinaisons jetables,
casques de sécurité.
Respect des règles de sécurité en vigueur sur les chantiers de terras-
sements.
Risques biologiques Vaccination.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

187
188
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

4/ Forages Sondeuses de reconnaissance Risque d’écrasement ou de Reconnaissance préalable des accès au chantier.
(sur chenilles, sur roues, sur choc lors du renversement de Axe de la machine dans le sens de la plus grande pente.
camion, sur remorque, sur traî- la machine Arrimage et calage de la machine si nécessaire.
neau)
Ecrasement ou choc dû à des Fixation des pièces sur le bâti de la machine.
chutes de pièces lors du dépla- Contrôle permanent et entretien des organes les plus sollicités (pièces
cement, du montage ou du tra- d’attaches ou de levage).
vail Vissage complet des pièces.
Eviter les manœuvres brutales.
Port d’un casque de sécurité.
Equipements de travail conforme à la réglementation :
• équipement de travail mis en service avant le 01 janvier 1995 : cer-
tificat de conformité aux prescriptions techniques de sécurité du décret
n° 93-40 du 11 janvier 1993 (article R.233-14 du code du travail).
• équipement de travail mis en service après le 01 janvier 1995 : équi-
pement de travail disposant du marquage CE prévu par le décret 92-
765 du 29 juillet 1992 (article R.233-83 du code du travail) - Copie de
la déclaration CE de conformité à fournir au coordonnateur SPS.

Risque d’entraînements, de Dispositif d'arrêt d'urgence.


blessures, de mutilations par Arrêt du forage lors du serrage du mandrin pour permettre un serrage
contact volontaire ou involontai- tous azimuts ou utilisation d'un mandrin hydraulique (risque d'entraî-
re avec les systèmes d’entraî- nement pour l'aide sondeur).
nement ou avec les pièces tour- Intervention sur la tige de forage uniquement à l’arrêt.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

nantes ou lors des interventions Habilitation du personnel à la conduite des sondeuses suivant la recom-
aux abords de la sondeuse mandation CNAM R 372 et coordination entre les opérateurs.

Risque de brûlures ou de cou- Port de gants de travail.


pures lors du changement des
tiges de forage

Lésions auditives Port d’un équipement de protection individuelle auditive (casque anti-
bruit).
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

Forages (suite) Troubles respiratoires dus aux Port d’équipements de protection individuelle des voies respiratoires
poussières de forages (masque anti-poussières) - A compléter en fonction des polluants sus-
ceptibles d’être rencontrés.

Risque chimique par contact, Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
ingestion ou inhalation de pro- (masque complet ou demi-masque avec cartouche de type ABEK-P3
duits chimiques agressifs et/ou - appareil filtrant à ventilation assistée pour tous les travaux effectués
toxiques à la main d’une durée supérieure à 1 heure).
Gants de travail et combinaisons de travail résistants aux produits
agressifs.
Limitation du nombre de personnes présentes dans la zone de travail.

Atmosphère Respect de la réglementation sur le travail en atmosphère explosive et


explosive sur les matériels à utiliser dans ce cas (décret du 17 juillet 1978 et
arrêté du 31 mars 1980).
Outils anti-étincelles.
Contrôle permanent de la LIE. Réglage du seuil d’alarme à 10% de la
LIE du gaz inflammable le plus pénalisant parmi ceux qu’il est poten-
tiellement possible de rencontrer sur le site.
Interdiction de fumer dans la zone de travail.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

189
190
2. Travaux d'identification, de manipulation et de tri des déchets

Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention


phases de travaux

1/ Reconnaissance et Flacons, pipettes Exposition aux Recherche préalable au détecteur de rayonnements ionisants si pré-
identification préalable rayonnements ionisants somption de la présence de sources radioactives et intervention de
en vue de déterminer l’ANDRA (à définir suivant l’historique).
les filières
de traitement : Risque d'éclaboussures lors de Port de lunettes de sécurité ou d'un écran facial pour la protection des
• prélèvements de l'ouverture des contenants yeux.
déchets Utilisation d'ouvre-fûts.
• ouverture de
contenants (fûts,...) Risque chimique : par contact, Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
ingestion ou inhalation de produits (masque complet à ventilation assistée avec cartouche de type
chimiques agressifs et/ou toxiques ABEK-P3) - A adapter en fonction des résultats du diagnostic du site,
de la pénibilité et de la durée du travail.
Gants et combinaisons de travail résistants aux produits chimiques.

Atmosphère Contrôle permanent de la LIE.


explosive Réglage du seuil d’alarme à 10% de la LIE du gaz inflammable le plus
pénalisant parmi ceux qu’il est potentiellement possible de rencontrer
sur le site.
Interdiction de fumer dans la zone de travail.
Utilisation d’outils anti-étincelles.

Asphyxie Contrôle permanent de la teneur en oxygène dans la zone de travail.


Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

Ventilation ou utilisation d’un extracteur d’air.

Chute de plain-pied (sols glis- Nettoyage et éclairage des zones de circulation.


sants, encombrés, etc.) Utilisation de produit absorbant pour les fuites de produit.

Risque d’effondrement ou de Vérification préalable de l’état des bâtiments et des superstructures.


chute de matériaux, (structure Etaiement ou renforcement éventuel des structures.
instable, en mauvais état) Port d’un casque de sécurité.

Chute avec dénivellation (prélève- Utilisation de perches munies de flacons pour le prélèvement en
ments dans des cuves) cuves.

Electrocution ou Consigner ou faire consigner les installations et vérifier l’absence de


électrisation tension avant interventiontion CNAM R 372.
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

2/ Manipulation, tri, Tri manuel, utilisation d’engins Risque chimique : par Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
conditionnement de manutention, de bennes, de contact, ingestion ou inhalation (masque complet à ventilation assistée avec cartouche de type ABEK-
de déchets stockés en goulottes d’évacuation, de maté- de produits chimiques agres- P3). A adapter en fonction des résultats du diagnostic du site, de la
surface riels de pompage (combiné sifs et/ou toxiques pénibilité et de la durée du travail.
hydrocureur, pompes de Gants et combinaisons de travail résistants aux produits chimiques.
transfert, etc...), fûts et cuves de Etiquetage des contenants.
reconditionnement, palettes, Stockage séparé par catégorie des déchets.
caisses, outils à mains Aspiration des vapeurs à la source sur les postes fixes de recondition-
nement.
Vérification de l’adéquation entre les déchets et leur contenant.
Utilisation d’ouvre-fûts.

Asphyxie Contrôle permanent de la teneur en oxygène dans la zone de travail.

Atmosphère explosive Interdiction de fumer.


incendie Surveillance continue de la LIE. Réglage du seuil d’alarme à 10% de
la LIE du gaz inflammable le plus pénalisant parmi ceux qu’il est poten-
tiellement possible de rencontrer sur le site.
Respect de la réglementation sur le travail en atmosphère explosive et
les matériels à utiliser dans ce cas (décret du 17 juillet 1978 et arrêté
du 31 mars 1980).
Emploi d’outils à main anti-étincelles.
Extincteurs dans la zone de travail.
Rédaction par l’entreprise d’une procédure à suivre en cas
de mélange accidentel.

Risques biologiques Vaccination.


Port d’équipements de protection individuelle : gants, combinaisons
jetables.
Hygiène : lavage des mains et douche en fin d’intervention.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

191
192
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

2/ Manipulation, tri, Risques liés aux Utilisation d’outils de manutention et de systèmes de levage et de bas-
conditionnement de manutentions manuelles culement adaptés aux charges.
déchets stockés en Formation « Gestes et postures » des opérateurs.
surface (suite)
Heurts avec un engin Habilitation du personnel à la conduite des engins de manutention sui-
de manutention vant la recommandation CNAM R 372 pour les engins de TP ou l’ar-
rêté du 30 juillet 1974 et la recommandation CNAM R 369 pour les
chariots élévateurs.
Espace de manœuvre suffisamment dégagé.

Risque d’effondrement ou de Vérification préalable de l’état des bâtiments et des superstructures.


chute de matériaux, (structure Etaiement ou renforcement éventuel des structures avant toute
instable, en mauvais état) intervention du personnel.
Port d’un casque de sécurité.

Chutes de hauteur (accès sur Mise en place de garde-corps avant toute intervention du personnel.
les cuves,...) Port d'un harnais de sécurité avec un système anti-chute.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

3/ Extraction, manipu-
lation, tri, conditionne-
ment de déchets
enfouis (se reporter à la
procédure ci-jointe en
annexe 10.2)

Pelle mécanique ou engin de Exposition aux Reconnaissance et maillage de la zone.


a) Extraction de déchets terrassement polyvalent rayonnements ionisants Contrôle de la zone avec un détecteur de rayonnements ionisants et
enfouis et de sols pol- (godets sans dents) intervention de l’ANDRA si découverte de sources radioactives
lués et opérations de Pelles à main (à définir suivant l’historique).
manipulation, tri, condi- Port de films dosimètre.
tionnement des déchets Limiter le nombre de personnes présentes dans la zone de travail.

Risque chimique par contact, Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
ingestion ou inhalation de pro- (masque complet à ventilation assistée avec cartouche
duits chimiques agressifs et/ou de type ABEK-P3).
toxiques Gants et combinaisons de travail résistants aux produits agressifs.

Mise en contact de produits Eviter le mélange de déchets non mélangés à l’enfouissement.


incompatibles

Atmosphère Respect de la réglementation sur le travail en atmosphère explosive et


explosive sur les matériels à utiliser dans ce cas (décret du 17 juillet 1978 et
arrêté du 31 mars 1980).
Outils anti-étincelles.
Contrôle permanent de la LIE. Réglage du seuil d’alarme à 10 % de la
LIE du gaz inflammable le plus pénalisant parmi ceux qu’il est poten-
tiellement possible de rencontrer sur le site.
Interdiction de fumer dans la zone de travail.

Explosion par manipulation Formation des intervenants à l’identification des déchets pouvant
d’engins explosifs s’apparenter à des explosifs ou à des engins de guerres.
Intervention des services de déminage en cas de découverte suspecte.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

193
194
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux
a) Extraction de Asphyxie Contrôle permanent de la teneur en oxygène dans la zone de travail.
déchets enfouis et Ventilation, utilisation d’un extracteur d’air dans la fouille (voir principes
de sols pollués et définis pour les travaux en espace confiné).
opérations de
manipulation, tri, Explosion par choc sur un réci- Dégagement manuel.
conditionnement des pient sous pression Précautions lors du dégagement.
déchets (suite)
Incendie Extincteurs dans la zone de travail.

Ensevelissement, instabilité Respect des pentes des talus à 2/1 (2 de base pour 1 de hauteur) ou
des parois des fouilles respect de l’article 66 modifié du décret du 08 janvier 1965.

Risques biologiques Vaccination.

Heurts ou chocs avec un engin Habilitation du personnel à la conduite des engins suivant la recom-
mandation CNAM R 372.

Risque de renversement des Portance des engins compatible avec la nature du sol (empattement et
engins (instabilité du sol, des- largeur de voie à définir).
cente en fond de fouille,...) Accès au fond de fouille par une rampe aménagée (pente compatible
avec les caractéristiques des engins utilisés).

Chute en fond de fouille Mise en place d’une clôture en retrait du bord de fouille pour interdire
l’accès.
Accès du personnel en fond de fouille par une rampe ou un escalier
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

provisoire aménagé.
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

b) Transport des sols Bennes étanches Risque chimique par contact, Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
pollués (vers une aire Chariots élévateurs ingestion ou inhalation de pro- (masque complet à ventilation assistée avec cartouche de type
de stockage ou une duits chimiques agressifs et/ou ABEK-P3).
unité de traitement) toxiques Gants et combinaisons de travail résistants aux produits agressifs.

Heurts avec les Habilitation du personnel à la conduite des engins de manutention sui-
engins de manutention vant la recommandation CNAM R 372 pour les engins de TP ou l’ar-
rêté du 30 juillet 1974 et la recommandation CNAM R 369 pour les
chariots élévateurs.
Espace de manœuvre suffisamment dégagé.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

195
196
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

c) Tri, conditionnement Bennes étanches Heurts avec les Habilitation du personnel à la conduite des engins de manutention sui-
et stockage Chariots élévateurs engins de manutention vant la recommandation CNAM R 372 pour les engins de TP ou l’ar-
des déchets Systèmes de levage et rêté du 30 juillet 1974 et la recommandation CNAM R 369 pour les
de basculement chariots élévateurs.
Fûts neufs Espace de manœuvre suffisamment dégagé.
Citernes de stockage
Risque chimique par contact, Aspiration des vapeurs à la source sur les postes de transvasement et
ingestion ou inhalation de pro- reconditionnement.
duits chimiques agressifs et/ou Port d'équipement de protection individuelle des voies respiratoires
toxiques (masque complet à ventilation assistée avec cartouche
de type ABEK-P3).
Gants et combinaisons de travail résistants aux produits agressifs.
Vérification de l’adéquation entre les déchets et leur contenant.
Utilisation d’ouvre-fûts.

Atmosphère explosive Interdiction de fumer.


Incendie Surveillance continue de la LIE. Réglage du seuil d’alarme à 10% de
la LIE du gaz inflammable le plus pénalisant parmi ceux qu’il est poten-
tiellement possible de rencontrer sur le site.
Respect de la réglementation sur le travail en atmosphère explosive et
sur les matériels à utiliser dans ce cas (décret du 17 juillet 1978 et
arrêté du 31 mars 1980).
Emploi de matériel ADF et d’outils à main anti-étincelles.
Extincteurs dans la zone de travail.
Rédaction par l’entreprise d’une procédure à suivre en cas
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

de mélange accidentel.

Réactions chimiques Etiquetage des contenants.


Stockage séparé par catégorie de déchets.

Risques liés aux Utilisation d’outils de manutention et de systèmes de levage et


manutentions manuelles de basculement adaptés aux charges.
Formation « Gestes et postures » des opérateurs.

Risques biologiques Vaccination.


Port d'équipements de protection individuelle : gants, combinaisons
jetables.
Hygiène : lavage des mains et douche en fin d'intervention.
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

4/ Intervention en Pelle mécanique, ou engin de Chutes de hauteur Vérification préalable des conditions d’accès au trou d’homme.
espace confiné : cavité, terrassement. Pelles à main. Mise en place si nécessaire de garde-corps et/ ou d’une passerelle
fosse, puits, tranchée Nettoyeur haute pression, sys- provisoire. (A prévoir dans le PGC).
profonde, réservoir, tème de réchauffage, moyens
citerne, ca-nalisation de pompage. Risque d’effondrement Vérification préalable de l’état des bâtiments et des superstructures,
(Se reporter au guide (structure instable, ou de la stabilité des récipients.
pratique de ventilation en mauvais état) Etaiement ou renforcement éventuel des structures.
n° 8 de l'INRS - ED 703)
Risque chimique Consignation chimique : séparation ou isolement des arrivées de tous
les fluides par pose d’un joint plein ou dépose d’un élément de tuyau-
terie, de façon pleinement apparente ; verrouillage par un dispositif
matériel inviolable des organes de séparation ; vidange ou purge des
produits dangereux ; élimination d’une atmosphère inerte ou appauvrie
en oxygène par ventilation ; vérification de l’absence de pression ou
d’écoulement.

Risque électrique (si l'installa- Consignation électrique (cf. publication UTE C18-510) : isolement plei-
tion est encore en état de fonc- nement apparent de tous les circuits électriques y compris les alimen-
tionnement) tations de secours ; verrouillage des organes de séparation par un dis-
positif matériel inviolable ; mise à la terre et en court-circuit des
conducteurs, décharge des condensateurs ; vérification d’absence de
tension entre tous les conducteurs et mise en place d’une signalisation.

Risque mécanique (si l'installa- Consignation mécanique : coupure pleinement apparente de la trans-
tion est encore en état de fonc- mission de toutes les formes d’énergie, y compris les accumulateurs
tionnement) d’énergie ; verrouillage par un dispositif matériel inviolable des
organes de coupure ; mise au niveau d’énergie le plus bas ou à la
pression atmosphérique ; vérification de l’absence d’énergie et mise
en place d’une signalisation.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

197
198
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

Perforations et coupures par Mise en place d’obstacles matériels résistants au jet ou d’un balisage
action d'un jet haute pression signalant le risque pour les équipements ouverts.
et traumatismes divers par les Lance équipée de commandes bimanuelles ou à ouverture progressive.
flexibles Buses à jet divergent et réglage du couple débit/pression le plus faible
possible.
Port d’équipements de protection individuelle : gants, bottes, casques,
vêtements de protection résistants aux produits chimiques.

Lésions auditives Port de casques anti-bruit.

Asphyxie Utilisation de têtes de nettoyage rotatives sur dispositif de positionne-


ment à déplacement automatique (permet de s’affranchir des risques
Intoxication liés aux espaces confinés en évitant la descente de personnel dans
les cuves).
Incendie
Assainissement de la zone de travail par dilution avec apport d’air
propre (vitesse > 0,3 m/s) et débit permettant de maintenir les concen-
trations < à la VLE, au 1/10 de la LIE du gaz inflammable le plus péna-
lisant parmi ceux qu’il est potentiellement possible de rencontrer sur le
site et de maintenir une teneur en oxygène > à 20,9 % (se reporter à
la procédure de l'annexe 10.3).

Contrôle permanent des valeurs obtenues ci-dessus au moyen de


détecteurs spécifiques.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

Port d’un appareil de protection respiratoire isolant à adduction d’air si


l’assainissement de la zone n’est pas possible.

Surveillance extérieure des intervenants depuis le trou d’homme par


un « garde orifice » pour les travaux en cuves et réservoirs.
3. Traitement des sols pollués

Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention


phases de travaux

1/ Reprise des sols Engins de chantier Inhalation de produits Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
pollués sur l'aire de stoc- et de terrassement chimiques toxiques (masque complet à ventilation assistée avec cartouche de type ABEK-
kage polyvalents P3 ou AX et SX). Niveau de protection à définir en fonction de l’histo-
rique du site.
Mesures de contrôle journalières aux tubes colorimétriques à réactifs
spécifiques ou au photoioniseur pour évaluation de l’évolution du
niveau de pollution au poste de travail (limite d’utilisation : polluants
multiples).

Contact avec des produits chi- Gants et combinaisons de travail résistants aux produits agressifs.
miques agressifs

Atmosphère explosive Surveillance continue de la LIE.


Réglage du seuil d’alarme à 10% de la LIE du gaz inflammable le plus
pénalisant parmi ceux qu’il est potentiellement possible de rencontrer
sur le site.
Respect de la réglementation sur le travail en atmosphère explosive et
sur les matériels à utiliser dans ce cas (décret du 17 juillet 1978 et
arrêté du 31 mars1980).

Heurts avec un engin Habilitation du personnel à la conduite des engins suivant la recom-
mandation CNAM R 372.
Espace de manœuvre suffisamment dégagé.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

199
200
Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

2/ Criblage, tamisage Engins de chantier Risques - dito ci-dessus Mesures de prévention - dito ci-dessus
et concassage et de terrassement polyvalents
Bandes transporteuses Accidents liés aux équipe- Équipements de travail conformes à la réglementation :
ments de travail (machines) en • équipement de travail mis en service avant le 01/01/1995 : certificat
Unités de criblage et de fonctionnement de conformité aux prescriptions techniques de sécurité du décret
concassage 93/40 du 11 janvier 1993 (article R. 233-14 du code du travail) ;
• équipement de travail mis en service après le 01 janvier 1995 : équi-
pement de travail disposant du marquage CE prévu par le décret
92/765 du 29 juillet 1992 (article R. 233-83 du code du travail. Copie
de la déclaration CE de conformité à fournir au coordonnateur SPS.
Consignes de sécurité et procédures d’intervention à rédiger par l’en-
treprise en fonction de la documentation technique constructeur.
Intervention d’entretien et de maintenance sur les équipements
après consignation.

Bruits et vibrations Equipements de travail conformes aux dispositions des articles R. 232-8
et R. 233-84 du code du travail.
Port de protections auditives (casques anti-bruit ou bouchons
d’oreilles).

Troubles respiratoires liés aux Arrosage des installations pour éviter les dispersions de poussières
poussières (si possible).

Inhalation de produits Port d’équipements de protection individuelle des voies respiratoires


chimiques toxiques (masque à ventilation assistée avec cartouche de type ABEKP3).
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

(Niveau de protection à déinir en fonction de l’historique du site).


Description des Moyens employés Risques potentiels Mesures de prévention
phases de travaux

3/ Traitement des sols Unités de lavage des sols aux Intoxication par dégagement Mesures quotidiennes pour évaluation du niveau de pollution au poste de
par des procédés physi- solvants ou aux tensio-actifs de solvants travail à étudier au cas par cas (protocole à définir en début de chantier
co-chimiques et ther- avec le responsable de l'opération et l’entreprise).
miques Unités de désorption thermique Port d'équipements de protection individuelle des voies respiratoires
(chauffage des sols dans des (masque complet à ventilation assistée avec cartouche de type AX).
désorbeurs rotatifs)
Accidents liés aux équipe- Equipements de travail conformes à la réglementation :
ments de travail (machines) en • équipement de travail mis en service avant le 01 janvier 1995 : certificat
fonctionnement de conformité aux prescriptions techniques de sécurité du décret 93/40
du 11 janvier 1993 (article R. 233-14 du code du travail) ;
• équipement de travail mis en service après le 01 janvier 1995 : équi-
pement de travail disposant du marquage CE prévu par le décret
92/765 du 29 juillet 1992 (article R. 233-83 du code du travail) - Copie
de la déclaration CE de conformité à fournir au coordonnateur SPS.
Consignes de sécurité et procédures d’intervention à rédiger par l’en-
treprise en fonction de la documentation technique constructeur.
Intervention d’entretien et de maintenance sur les équipements après
consignation.

4/ Traitement Unité de régénération des Atmosphère explosive Respect de la réglementation sur le travail en atmosphère explosive et
des solvants usés solvants usés par distillation sur les matériels à utiliser dans ce cas (décret du 17 juillet 1978 et
arrêté du 31 mars 1980).
Matériel antidéflagrant (Ex. pour la Commission électrotechnique inter-
nationale ou EEX pour la CENELEC).
Inertage à l’azote de la cuve à résidus.
Mise à la terre des contenants.
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

201
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

Annexe 10.1. Exemple de déroulement de travaux de débroussaillement


et de déboisement sur une zone où des déchets sont enfouis

Maillage
de la zone

Balayage au
détecteur de
rayonnements
ionisants

Détection de Inspection
Non visuelle de Débroussaillement
rayonnements
surface

Oui
Déboisement

Intervention
Détection de déchets
d’un organisme
apparents ou de signes Non
spécialisé
d’instabilité du sol
et agréé Evacuation
des végétaux
hors de la zone
d’enfouissement
Oui des déchets

Balisage
des déchets
détectés Mise en dépôt
définitif des
Oui
végétaux

Déchets pouvant Délivrance d’un


s’apparenter permis de travail
Non
à des explosifs sur la maille
contrôlée

Oui

Intervention
d’un service
de déminage

Déminage
si besoin

202
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

Annexe 10.2. Exemple de déroulement de travaux


d’extraction de déchets enfouis

Matérialisation
de la zone
d’extraction

Dessouchage
de la zone
d’extraction

Contrôle
de la zone
d’extraction

Décapage
Détection mécanique
des déchets
Non de la tranche
sondée
Oui

Déchets Déchets Fût spécial


radioactifs
Non explosifs
Non (différent des fûts
de type pétrolier)

Oui Oui
Oui

Mise en sécurité Mise en sécurité Mise en sécurité


du personnel. du personnel. du personnel.
Information du Information du Information du
responsable sécurité responsable sécurité responsable sécurité Non

Intervention Intervention Intervention


organisme organisme organisme
spécialisé spécialisé spécialisé

Déblaiement
manuel des
déchets

Préparation des
Transfert
déchets pour
des terres
transfert

Déchets vrac
Déchets en vrac Récipients Déchets Déchets
hétérogènes,
homogènes sous pression liquides en fûts solides en fûts
objets

Mise Fût
Observations transportable Non
en bennette

Pompage du Oui
liquide et mise dans
une même bennette
Mise en bennette du nouveau
Conditionnement Mise récipient et de Transfert dans Mise
spécialement l’ancien récipient
en fûts neufs en bennette fût d’origine en bennette
aménagée souillé

203
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

Annexe 10.3. Espace confiné. Démarche de prévention


(d’après le guide INRS Ventilation des espaces confinés ED 703)

Pollution préexistante
défaut d’oxygène

OUI NON

Assainissement Contrôle permanent :


- pollution
- oxygène
Pénétration

Pollution en cours de
travail

NON OUI

Produit inflammable Produit inflammable Produit inflammable


et toxique récidivant ou créé récidivant ou créé

Objectif Objectif Objectif Objectif


O2 = 21% salubrité < VLE 1/10 LIE salubrité < VLE
et et

O2 = 21%

Vérifier Techniquement
maintenir possible

OUI NON

1/10 LIE

Apport Captage Dilutions Captage


Dilution
d’air frais dilution mesures et/ou dilution
compensa-
toires

Et / ou Protection Et / ou Et / ou
protection respiratoire protection protection
respiratoire insuffisante respiratoire respiratoire

204
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

Annexe 10.4. Dégazage de cuves Afin de créer une atmosphère non explosive, il est
ou réservoirs d’hydrocarbures nécessaire de ramener la teneur en vapeurs
explosives à une valeur inférieure à 10% de la LIE
Après vidange de réservoirs ayant contenu des s'il y a présence de personnel, sinon 25%.
combustibles liquides, deux sortes de danger sub- La conduite de cette opération est conditionnée
sistent : par la volatilité du combustible ; des méthodes de
travail différentes doivent être adoptées en fonc-
tion de la volatilité.
Le danger d’explosion
- Le dégazage primaire va permettre de réduire la
La présence de vapeurs ou de gaz combustibles quantité de gaz et de vapeurs combustibles en
nécessaires au déclenchement d’une explosion dessous de ce taux.
est plus que probable. De plus, ce danger peut être Cette opération consiste en une aspiration des
latent car lié à la présence de mélanges d’hydro- vapeurs combustibles.
carbures très inégalement volatils et de boues
Afin de s’assurer de l’efficacité du traitement, l’as-
souillées d’hydrocarbures volatils présentes en
piration des vapeurs doit être obligatoirement sui-
fond de cuve.
vie du sondage à l’explosimètre pendant au moins
une heure.
Le danger d’insalubrité - L’élimination des vapeurs doit être accompa-
gnée de l’élimination de la pollution secondaire
Il est lié à une atmosphère ne renfermant plus une créée par le combustible résiduel souillant les
proportion suffisante d’oxygène ou contenant une parois et les fonds impompables ainsi que par les
proportion anormale de gaz ou vapeurs nocives combustibles laissés, accidentellement dans les
(hydrocarbures, additifs chimiques des essences, tuyaux.
gaz carbonique, oxyde de carbone…).
Plusieurs techniques, toujours mises en œuvre de
Il peut se manifester à l’occasion de l’enlèvement l’extérieur, peuvent être utilisées : lavage des
des boues. parois à la lance à incendie, lessivage à la vapeur,
lessivage avec de l’eau contenant des agents ten-
Les interventions sur cuves ou réservoirs peuvent
sio-actifs, nettoyage aux solvants, enlèvement
exposer les intervenants à des accidents graves
partiel des boues à partir de l’extérieur.
ou mortels : intoxications par inhalation ou par
contact, chute d’échelle, chutes d’échelle suivies Cette opération dépend de la forme du réservoir,
d’asphyxie dans les fonds liquides ou boueux, de l’état des parois, de la présence des rugosités
asphyxie simple en cas d’intervention en fond de ou de gouttières et de boues renfermant du com-
cuve, asphyxie par combustion de restes d’hydro- bustible émulsionné.
carbures dans des réservoirs mal nettoyés lors de
Lors du dégazage, les précautions générales liées
travaux au chalumeau ou à l’arc électrique, acci-
à la prévention du risque d’explosion sont à mettre
dents dus à des explosions ou incendies si le
en œuvre. Parmi celles-ci :
dégazage est seulement en cours ou pendant les
travaux au chalumeau sur tôles grasses … - l’aspiration des vapeurs le plus près possible
du fond ; le gaz carbonique est extrait par la
même occasion ;
1. Eliminer le danger d’explosion
- la conduite de toutes les opérations à l’exté-
Le dégazage est l’opération qui permet de réduire rieur aussi longtemps que l’atmosphère reste
la quantité de gaz et de vapeurs combustibles en- explosive ;
dessous de la limite inférieure d’inflammabilité et
d’éliminer le combustible résiduel (fonds de com- - le balisage de la zone dangereuse ;
bustible) capable de recréer une atmosphère dan- - la cessation de toute activité non indispen-
gereuse. sable à proximité de la zone de dégazage et l’in-

205
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

terdiction de toute allée et venues inutiles ; Pour cela, on procède alors à un dégazage
secondaire éventuel et à une large ventilation.
- la tenue en position fermée des capots ou
panneaux de citernes ; La salubrité ne sera durable qu’après nettoyage et
enlèvement du combustible ayant échappé aux
- l’élimination de toute source d’étincelles ou de
traitements d’évacuation faits de l’extérieur.
feu (allumette, briquet, éclairage non protégé …) ;
- l’évacuation des vapeurs loin de toute source
3. Compléter le nettoyage
d’inflammation ;
La teneur en hydrocarbures et adjuvants peut
- le port de chaussures anti-charges électrosta-
croître très rapidement lorsque les parois ne sont
tiques du personnel intervenant ;
pas nettes ou si le fonds est souillé et ce malgré
- la proscription de tout outil susceptible de le maintien de la ventilation à l’aspiration dans les
donner naissance à des étincelles ; parties basses. On peut ainsi aboutir à un dépas-
sement des limites de sécurité.
- la proscription de la retombée brutale des
couvercles de trous d’homme ; D’autre part, la salubrité complète n’étant pas tou-
jours réalisable de l'extérieur, on peut être amené
- le gainage des lances à incendie de toile
à faire un nettoyage à l'intérieur en atmosphère
débordante ;
insalubre.
- la mise en place de joints pleins sur toutes les
En conséquence, des règles de prévention
tuyauteries desservant les citernes à l’exception
strictes doivent être adoptées pour permettre la
de celles d’évacuation des eaux de lavages ;
descente du personnel :
- la mise à la terre des réservoirs, des lances
- maintenir systématiquement la ventilation à
d’incendies, des manches et des ventilateurs ;
l’aspiration dans les parties basses avant et
- l’utilisation de matériel adapté pour la ventilation ; pendant toute la descente du personnel ;
- l’assurance d’une ventilation permanente tant - faire des contrôles systématiques à l’explosi-
que persiste le risque d’explosion ; mètre pour s’assurer que la teneur en hydrocar-
bures n’excède à aucun moment 10 % de la LIE ;
- la mise en alerte des équipes de secours ;
- s’assurer que la teneur en oxygène est au
- l’assurance de la non-explosivité avant de
moins égale à 20 % en volume.
vérifier la salubrité et la proscription de descen-
te avant ce double contrôle. Dans le cas où cette double condition n’est pas
remplie, il est nécessaire de poursuivre le dégaza-
ge à partir de l’extérieur et d’interdire toute descen-
2. La mise en état de salubrité
te tant que des conditions adéquates ne sont pas
Le danger d’explosion enrayé, il est nécessaire de obtenues.
récréer une atmosphère salubre à l’intérieur du
réservoir et ce, afin de permettre la descente sans Equiper convenablement le personnel appelé à
risque du personnel nécessaire pour compléter le intervenir à l’intérieur des cuves :
nettoyage (grattage des tôles, enlèvement de - Appareil respiratoire autonome ou à alimenta-
boues compactes …) ou pouvoir réaliser des véri- tion d’air forcé (appareil de protection respiratoire
fications. isolant, masque complet à adduction d’air com-
L’atmosphère est considérée comme salubre primé ou à l’air libre à assistance motorisée …) ;
lorsque : le compresseur d’air extérieur utilisé doit être mis
en place éloigné du réservoir et muni d’un pare-
- la concentration de vapeurs de produits dan-
flammes efficace à l’échappement en ayant soin
gereux est en-dessous de la valeur limite d’ex-
de prélever l’air dans une zone saine et à l’abri
position professionnelle ;
d’un rabattement possible des vapeurs d’hydro-
- la concentration en oxygène est supérieure à carbures par le vent. Dans le cas particulier des
20 % en volume. réservoirs ayant contenu des combustibles très

206
Annexe 10. Exemples de travaux occasionnant des risques

peu volatils (gasoil ou mazout) et ayant subi une entouré d’un gaz inerte en suspension. Des pro-
ventilation convenable pour que la teneur en oxy- jecteurs extérieurs protégés seront utilisés.
gène soit supérieure à 20 % en volume, le
Des mesures de préventions et des règles de travail
masque filtrant peut être suffisant sous réserve
spécifiques à la nature des travaux de nettoyage à
de poursuivre la ventilation.Le port du masque fil-
exécuter sont à considérer (nettoyage des parois
trant est également indiqué à l’extérieur pour
nécessitant l’humidification des parois si elles sont
l’évacuation des boues souillées d’hydrocarbures
sèches, le port de lunettes de protection est à pres-
volatils. Les cartouches devront être renouvelées
crire pour les travaux de piquage de rouille…).
en temps utile.
Remarque : les masques filtrants ne sont
4. Elimination des boues, poussières, chiffons
utilisables que dans des atmosphères à
gras
teneur en O2 > à 20%.
Elle doit se faire sans retard au fur et à mesure
- Bottes, gants et couvre tête résistants aux
des travaux et les manipulateurs doivent être
hydrocarbures (chlorure de polyvinyle) ainsi que
équipés en tenant compte des risques présentés
le port de vêtements étanches (surtout dans les
par les déchets.
réservoirs ayant contenu de l’essence éthylée).
Ces vêtements seront régulièrement nettoyés et
remplacés aussi souvent que nécessaire. 5. Travaux par points chauds

- Ceinture de sûreté et encordement (corde Ce type de travaux, qui seront évidemment limités
tenue de l’extérieur et capable de supporter le autant que possible, appellent des mesures pré-
poids d’un homme) pour le travail sur parois ver- ventives spécifiques ainsi que des mesures de
ticales ou dans les hauts. surveillance pendant et après les opérations.

- Casque de protection en prévision de la chute Il sera notamment nécessaire de nettoyer à fond


possible d’outils. par grattage et essuyage les tôles restées grasses
dans un rayon de 1,5 m autour des zones sur les-
Après chaque demi-journée de travail, le person-
quelles l'intervention par points chauds est réali-
nel devra passer à la douche et se savonner lon-
sée et prendre de semblables précautions dans
guement.
les compartiments adjacents qui devront être obli-
Une surveillance médicale doit être envisagée s’il gatoirement vides et dégazés.
travaille de façon permanente dans de telles
D’autre part, une procédure de « permis de feu »
conditions.
est obligatoire.
Mettre en alerte une équipe de sécurité équipée
de protection individuelle adaptée et de matériel
6. Maintien de l’état « dégazé-salubre »
de relevage (gouttière, câble) et de soins d’urgen-
ce (réanimation, traitement des fractures, des brû- L’état « dégazé-salubre » n’est pas immuable et
lures). plusieurs facteurs peuvent modifier l’état de salu-
brité ou l’explosivité (température, restes de com-
Accorder une grande importance à la fréquence de
bustibles dans un réservoir fermé, rétention des
la relève des équipes. Elle peut varier entre une
hydrocarbures par la rouille, apparition de produits
demi heure à une heure respectivement suivant si
d’oxydation dans un réservoir fermé et imparfaite-
le personnel est équipé ou non de vêtements
ment nettoyé…).
étanches.
Dès lors qu’il y a nécessité ou possibilité d’inter-
Le matériel de ramassage devra être obligatoire-
vention dans ces cuves, la lutte contre toutes les
ment constitué de matériaux ne donnant pas
causes de pollution est indispensable tout comme
d’étincelles.
le maintien de la ventilation et il est obligatoire de
L’éclairage devra être suffisant pour éviter la procéder à un contrôle par explosimètre et une
fatigue visuelle et l’éclairage intérieur doit être de analyse de l’air avant descente du personnel et en
sécurité et conforme à la réglementation ou continu pendant les travaux.

207
Annexe 11. Adresses utiles

Annexe 11. Adresses utiles

Ministère de l'aménagement APPA - Association française de


du territoire et de l'environnement prévention de la pollution atmosphérique
Direction de la prévention des pollutions 88, rue de Courcelles
et des risques 75008 Paris
Tél : 01 43 18 23 00
20, avenue de Ségur
Fax : 01 43 18 23 01
75302 Paris 07 SP
Tél : 01 42 19 20 21
Fax : 01 42 19 14 64 CIREA - Commission interministérielle
http://www.environnement.gouv.fr des radio-éléments artificiels
60-68, avenue du Général-Leclerc
BP 90
Ministère chargé du travail 92263 Fontenay-aux-Roses
Tél : 01 46 54 76 70
Direction des relations du travail
Fax : 01 46 54 95 36
1, place de Fontenoy
75007 Paris
Tél : 01 44 38 38 38 CITEPA - Centre interprofessionnel
Fax : 01 44 38 27 11 technique d'études de la pollution
http://www.travail.gouv.fr atmosphérique
10, rue du Faubourg-Poissonnière
75010 Paris
Tél : 01 44 83 68 83
ANACT - Agence nationale pour
Fax : 01 40 22 04 83
l'amélioration des conditions de travail
4, quai des Etroits
69321 Lyon cedex 05 CNPP - Centre national de prévention
Tél : 04 72 56 13 13 et de protection
Fax : 04 78 37 96 90 5, rue Daunou
http://www.anact.fr 75002 Paris
Tél : 01 44 50 57 60
Fax : 01 44 50 57 99
ANDRA - Agence nationale pour la
gestion des déchets radioactifs CSTB - Centre scientifique et technique
Parc de la Croix Blanche du bâtiment
1-7, rue Jean Monnet 4, avenue du Recteur-Poincaré
92298 Chatenay-Malabry cedex 75782 PAaris cedex 16
Tél : 01 46 11 80 00 Tél : 01 40 50 28 28
Fax : 01 46 11 82 50 Fax : 01 45 25 61 51
http://www.andra.fr http://www.cstb.fr

208
Annexe 11. Adresses utiles

DTT-RTMD - Commission OPRI - Office de protection contre


interministérielle pour le transport les rayonnements ionisants
des matières dangereuses
BP 35
Paroi Sud 78110 Le Vésinet
92055 Paris-La Défense cedex Tél : 01 30 15 52 00
Tél : 01 40 81 17 12 Fax : 01 39 76 08 96
Fax : 01 40 81 10 65 http://www.opri.fr

OPPBTP - Organisme professionnel


de prévention du bâtiment et
IPSN - Institut de protection et
des travaux publics
de sécurité nucléaire
Tour Amboise
BP 6
204, rond-point du Pont-de-Sèvres
92265 Fontenay-aux-Roses cedex
92516 Boulogne-Billancourt cedex
Tél : 01 46 54 80 07
Tél : 08 03 03 50 50
Fax : 01 46 54 84 51
Fax : 01 46 09 27 40
http://www.ipsn.fr
http://www.oppbtp.fr

UPDS - Union professionnelle des


INERIS - Institut national de entreprises de dépollution de sites
l'environnement industriel et des risques
c/o HPC Envirotec
Parc technologique ALATA 21, rue des Loges
BP 2 Z.A. des Logettes
60550 Verneuil-en-Halatte BP 78
Tél : 03 44 55 66 77 35572 Chantepie cedex
Fax : 03 44 55 66 99 Tél : 02 99 41 61 68
http://www.ineris.fr Fax : 02 99 41 55 20

209
IMPRESSION, BROCHAGE
I M P R I M E R I E C H I R AT
42540 ST-JUST-LA-PENDUE
JUIN 2002
DÉPÔT LÉGAL 2002 N° 5297

IMPRIMÉ EN FRANCE