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Clic Musique 

! ClicMag n° 40
Votre disquaire classique, jazz, world Juillet/Août 2016

LUDWIG GÜTTLER
Un roi de la trompette

© Kaskara

Retrouvez les 25 000 références de notre catalogue sur www.clicmusique.com !


Sélection Hyperion

C.-V. Alkan : 48 Esquisses pour A.S. Arenski : Concerto pour violon / J.S. Bach : Variations Goldberg J.S. Bach : L’Art de la Fugue J.S. Bach : Cantates, Motets et Airs J.S. Bach : Transcriptions et arran-
piano, op. 63 S. Taneiev : Concerto pour violon Tatiana Nikolayeva Tatiana Nikolayeva His Majestys Consort of Voices; His gements pour piano
Steven Osborne Ilya Gringolts; BBC Scottish Symphony Majestyes Sagbutts and Cornetts; Timothy Angela Hewitt
Orchestra; Ilan Volkov Roberts
CDA67377 - 1 CD Hyperion CDA67642 - 1 CD Hyperion CDA66589 - 1 CD Hyperion CDA66631/2 - 2 CD Hyperion CDA67247 - 1 CD Hyperion CDA67309 - 1 CD Hyperion

J.S. Bach : Sonates et Partitas M. Balakirev, N. Rimski-Korsakov : G. Bantock : Celtic Symphonie; H. von Bingen : Œuvres sacrées J. Brahms : Sextuors à cordes J. Brahms : Les Quatuors pour piano
pour violon Concertos pour piano Hebridean Symphonie; The Witch de Emma Kirkby; Gothic Voices; Christopher The Raphael Ensemble Marc-André Hamelin; Leopold String Trio
Alina Ibragimova Malcolm Binns; English Northern Philhar- Atlas; Sea Reivers Page
monia; David Lloyd-Jones Royal Philharmonic Orchestra; V. Handley
CDA67691/2 - 2 CD Hyperion CDA66640 - 1 CD Hyperion CDA66450 - 1 CD Hyperion CDA66039 - 1 CD Hyperion CDA66276 - 1 CD Hyperion CDA67471/2 - 2 CD Hyperion

A. Bruckner : Réquiem; Psaums G. Catoire : Trio; Quatuor pour D. Chostakovitch : 24 Préludes et S. Coleridge-Taylor, A. Somervell : L.M. Gottschalk : Musique pour C.H. Graun : Der Tod Jesu, cantate
112 et 114 piano; Élégie Fugues pour piano, op. 87 Concertos pour violon piano, vol. 2 de la Passion
Corydon Singers; English Chamber Room-Music Tatiana Nikolayeva Anthony Marwood; BBC Scottish Sym- Philip Martin Ex Tempore; La petite bande; Sigiswald
Orchestra; Matthew Best phony Orchestra; Martyn Brabbins Kuijken
CDA66245 - 1 CD Hyperion CDA67512 - 1 CD Hyperion CDA66441/3 - 3 CD Hyperion CDA67420 - 1 CD Hyperion CDA66697 - 1 CD Hyperion CDA67446 - 2 CD Hyperion

T. Kullak, A. Dreyschock : Concertos F. Liszt : Les transcriptions de Franz Liszt : L’œuvre pour piano et H.C. Litolff : Concertos pour piano N. Medtner : Concerto et quintette F. Mendelssohn : Concertos pour
pour piano Schubert, vol. 3 orchestre, vol. 1 Peter Donohoe; BBC Scottish Symphony pour piano deux pianos
Piers Lane; BBC Scottish Symphony Leslie Howard Leslie Howard; Orchestre Symphonique de Orchestra; Andrew Litton Dimitri Alexeev; BBC Symphony Orches- Stephen Coombs; I. Munro; BBC Scottish
Orchestra; Niklas Willén Budapest; Karl Rickenbacher tra; New Budapest Quartet Symphony Orchestra; Jerzy Maksymiuk
CDA67086 - 1 CD Hyperion CDA66957/9 - 3 CD Hyperion CDA67401/2 - 2 CD Hyperion CDA67210 - 1 CD Hyperion CDA66744 - 1 CD Hyperion CDA66567 - 1 CD Hyperion

G. Pierné : Intégrale de l’œuvre pour S. Prokofiev : Sonates pour violon; M. Rózsa, B. Bartók, T. Serly : C. Saint-Saëns : Musique de F. Schubert : Trios D898 et D28; V. Tormis : Œuvres chorales
piano et orchestre Cinq mélodies pour violon et piano Concertos pour alto chambre Notturno D 897 Holst Singers; Stephen Layton
Stephen Coombs; BBC Scottish Symphony Alina Ibragimova; Steven Osborne Lawrence Power; Andrew Litton The Nash Ensemble The Florestan Trio
Orchestra; Ronald Corp
CDA67348 - 1 CD Hyperion CDA67514 - 1 CD Hyperion CDA67687 - 1 CD Hyperion CDA67431/2 - 2 CD Hyperion CDA67273 - 1 CD Hyperion CDA67601 - 1 CD Hyperion

T.L. de Victoria : Requiem T.L. de Victoria : Tenebrae Res- Exultate Deo : Chefs-d’œuvre de la Vierne, Widor, Dupré : Œuvres Live at Wigmore Hall Kaleïdoscope : Pièces choisies
Westminster Cathedral Choir; David Hill ponsories polyphonies sacrées sacrées pour chœur et orgue Marc-André Hamelin pour piano
Westminster Cathedral Choir; David Hill Westminster Cathedral Choir; James Westminster Cathedral Choir; James Marc-André Hamelin
O’Donnell O’Donnell
CDA66250 - 1 CD Hyperion CDA66304 - 1 CD Hyperion CDA66850 - 1 CD Hyperion CDA66898 - 1 CD Hyperion CDA66765 - 1 CD Hyperion CDA67275 - 1 CD Hyperion

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Artiste du mois / Alphabétique
Saxoniae; Leipziger Bach-Collegium... et son intérêt pour la musique sont sa grande maîtrise des styles demeure.
0300725BC • 20 CD Berlin intacts. Il poursuit son développement Bien bel hommage que Berlin Classic lui
En couverture
artistique, travaillant constamment rends à travers les 20 disques qui com-
E
n 1980, le journal « Die Zeit »
titre  : «  Un roi de la trom-
pette : Le natif de Dresde Ludwig
sur de nouveaux projets, fourmillant
d’idées et se produisant régulièrement
posent cet imposant coffret  : Une très
belle édition qui démontre, à travers une
à guichets fermés sur les plus grandes judicieuse sélection d’enregistrements
Güttler ne connaît pas de fron-
scènes. Virtuose de la trompette, Lud- studios et de concerts réalisés au fil des
tières ». Neuf ans avant la chute
wig Güttler est aussi un interprète ans, l’étendue de la maîtrise des genres
du mur, le quotidien d’Allemagne émérite du cor de chasse, instrument et des styles, et la virtuosité incompa-
de l’ouest décrit ainsi le «  phé- dont il a largement contribué à la redé- rable de Ludwig Güttler. Rares sont les
nomène Güttler  ». L’artiste ne couverte. Fondateur de très nombreux solistes qui peuvent aujourd’hui se tar-
connaît alors pas de limites à ensembles et formations, notamment guer d’une discographie aussi vaste et
bien des égards  : Un passage les remarquables Virtuosi Saxoniae, étoffée. Pourtant, sa curiosité est tou-
d’Est en Ouest pour y chercher il excelle également dans la direction jours insatiable comme il le mentionne
son public et finalement le ren- d’orchestre. Du baroque à la musique lui-même dans le livret qui accompagne
contrer, et un parcours musical contemporaine, son large répertoire le coffret : « Sans curiosité pas de vie,
balisé d’anecdotes sur une per- s’est développé à travers les 40 années pas de questions ! » On pourrait même
Ludwig Güttler Edition sonnalité peu commune. Au- d’une riche carrière. De Schütz à Bach, y ajouter « ... et sans curiosité, pas de
Ludwig Güttler, trompette, cor de chasse; Virtuosi jourd’hui, à 73 ans, son enthousiasme chez Mozart ou du côté d’Hindemith, succès dans la musique ! »

Ludwig Güttler
Ludwig Güttler : Edition du jubilé Ludwig Güttler Edition J.S. Bach : Suites orchestrales J.S. Bach : Passion selon St. Jean F. Fasch : Musique instrumentale J.A. Hasse : Missa ultima en sol
Virtuosi Saxoniae; Blechbläserensemble; Virtuosi Saxoniae; Ludwig Güttler Virtuosi Saxoniae; Ludwig Güttler Genz; Junghamns; Scheibner; Ludwig Virtuosi Saxoniae; Christine Schornsheim; Sächsisches Vocalensemble; Virtuosi
Leipziger Bach Collegium Güttler Ludwig Güttler Saxoniae; Ludwig Güttler

0300549BC - 3 CD Berlin 0300705BC - 25 CD Berlin BRIL95018 - 1 CD Brilliant BRIL95108 - 2 CD Brilliant BRIL94673 - 2 CD Brilliant CAR83240 - 1 CD Carus

G.A. Homilius : Oratorio de Noël / G.A. Homilius : Préludes choraux; G.A. Homilius : Cantates à l’église Musique pour cuivres de Noël G.P. Telemann : Tafelmusik Musique de chambre de Corbett,
C.A. Jacobi : Cantate de Noël Cantates Notre Dame de Dresde Blechbläserensemble; Ludwig Güttler (extraits) Bach, Finger, Vivaldi, Quantz...
Sächsisches Vocalensemble; Virtuosi Sächsisches Vocalensemble; Virtuosi Dresdner Kreuzchor & Barockorchester; Virtuosi Saxoniae; Ludwig Güttler Leipziger Bach-Collegium; Ludwig Güttler,
Saxoniae; Ludwig Güttler Saxoniae; Ludwig Güttler Roderich Kreile; Ludwig Güttler trompette, cor et direction
CAR83235 - 1 CD Carus CAR83236 - 1 CD Carus CAR83268 - 2 CD Carus CAR83241 - 1 CD Carus 0013982BC - 1 CD Berlin CAR83415 - 1 CD Carus

de celui d’un Kuijken, mais ce qu’elle KL1517 • 1 CD Klanglogo plus que « quelques nuances de gris »

B
dit, la façon dont elle fait entendre der- ach, fidèle à la tradition de son (sic) ! ! ! Singulière compréhension de
rière les notes des mots me fait penser temps, a recopié, arrangé, transposé l’alchimie du Cantor  ! Cette entreprise
à Harnoncourt pour qui la musique fut des œuvres d’autres compositeurs, de réfection n’apporte rien à Bach ni à
toujours un discours de l’expression. notamment italiens, en marquant une la musique italienne. Virtuosité gratuite,
Cet archet si ferme, ce son si plein où nette prédilection pour Vivaldi. Repre- roucoulades mécaniques alternent avec
tout se lie dans une vaste ligne rap- nant en quelque sorte cette pratique, les un jeu souvent raide, dur, sans inspi-
pellent qu’elle fut la disciple de Sandor interprètes réunis ici nous proposent ration. Sans parler des accentuations
Vegh. Les Sonates, ainsi détaillées et te- des « réadaptations au carré » en réa- arbitraires, des notes aiguës perçantes
Johann Sebastian Bach (1685-1750) nues, augurent avec bonheur de ce que ménageant pour flûte à bec et ensemble et d’une justesse parfois très approxi-
Sonates pour violon n° 1-3 sera cette nouvelle intégrale une fois des concertos déjà arrangés par Bach, mative dans ce même registre aigu.
Midori Seiler, violon que je tiendrais les Partitas, car c’est là ainsi que le concerto italien BWV 971. (Bertrand Abraham)
finalement qu’est l’enjeu du cahier de S’il existe des transcriptions d’œuvres
0300721BC • 1 CD Berlin Classics
Bach  : faire du violon un théâtre poly- de Bach pour flûte(s) à bec réussies et
I l aura fallu l’énergie d’un Eduard Mel-
kus puis au disque celles de Sigiswald
Kuijken ou de Jaap Schroeder pour
phonique. Prise de son somptueuse.
(Jean-Charles Hoffelé)
intelligentes (le Loeki Stardust Quar-
tet s’est brillamment illustré dans ce
domaine) ce CD nous paraît à la fois
qu’enfin le violon de Bach reprenne prétentieux, raté et inutile. Le cinéma
son vrai visage, assez loin des lectures a connu naguère une mode kitsch qui
ferventes imaginées par Menuhin ou du consistait à «  coloriser  » les films en
geste classique d’un Milstein. Non plus noir et blanc. Mutatis mutandis, c’est ce
une prière, mais des danses. L’affaire qui se passe ici. Bach all’ italiano c’est
est aujourd’hui entendue, chacun va du Bach colorisé. Bach — nous rappelle Johann Sebastian Bach (1685-1750)
coté qui lui plait, au Temple où dans le le livret du CD — a été le seul génie à
L’Art de la Fugue, BWV 1080
jardin secret du compositeur vue avec ne pas faire le voyage en Italie, vade-
Franns-Wilfrid von Promnitz, orgue
l’œil de ce que l’interprétation histori- mecum indispensable à l’époque. Et en
quement informée nous assure être son Johann Sebastian Bach (1685-1750) complexifiant à l’envi les œuvres ita- AS5074 • 2 CD Auris Subtilis
temps. Midori Seiler entend son Bach
en dehors de ses débats : évidemment
son archet joue selon les pratiques
Transcriptions pour flûte à bec et BC des
concertos BWV 593, 971, 973, 974, 975,
976, 978, 986
liennes qu’il réadaptait, il en brisait né-
cessairement l’élan, il en cassait néces-
sairement les rythmes ; ses adaptations
L ’Art de la Fugue, opus ultimum de
Jean-Sébastien Bach et l’un des som-
mets de son œuvre nous est ici donné
d’époque, avec un vocabulaire proche Simon Borutzki, flûte à bec pour clavecin ne produisaient guère à l’orgue, dans un cadre historique,

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Alphabétique
puisqu’à Gräfenroda nous sommes à
60 kilomètres d’Eisenach, ville natale de
Bach. L’instrument de St. Laurentius, à
montre que ces concertos présentent
parfois des traits d’écriture renvoyant
à la technique de jeu d’un autre ins-
souvent supérieure, enfin, maintenue
dans un registre accessible l’écriture P ourquoi et comment consacrer tout
un enregistrement à cette clarinette
si peu présente dans l’Œuvre de C.P.E.
dont la mélodie accompagnée était
deux claviers et pédalier, a été fabriqué trument ce qui amène à penser qu’ils un fondement alors unanimement ap- Bach ? Dans le dernier tiers du dix-hui-
à l’époque de Bach par Johann Anton pouvaient avoir eu, plus tôt, une autre prouvé. La tension dramatique est chez tième siècle, son intégration définitive
Weisse sur les plans de Johann Peter forme. Arguments qui justifient ces C.P.E. Bach parfois davantage favorisée à l’orchestre et son apparition de plus
Kellner qui a pu les faire valider par le « reconstitutions-restitutions » où haut- par le récitatif qui aura joué un rôle en plus régulière dans la musique de
Cantor. Il est ici joué par Franss-Wilfrid bois et hautbois d’amour, instruments chambre déterminèrent l’avenir d’un
expressif original jusque dans certaines
von Promnitz, habitué des orgues an- de prédilection dans les cantates, mais instrument dont la facture n’en était
de ses œuvres instrumentales. Celui qui
ciennes plus imposantes, St. Jakobi de aussi dans l’entourage du compositeur, encore qu’à ses balbutiements. Cette
introduit le magnifique duo pour mezzo-
Hambourg ou St. Bavo d’Haarlem. L’in- à Leipzig, à la cour etc., se taillent la ère de transition dont le passage du
soprano et contre-ténor « Zerttrümerte clavecin au pianoforte donne une repré-
terprète a choisi de structurer l’œuvre part du lion. On peut trouver pour le
moins paradoxal que ces partitions Städte ! » (« Villes détruites »), déplo- sentation certes encore plus frappante
en 3 parties, disposant les canons sy-
métriquement, au milieu des première « reconstituées » soient interprétées, de ration des misères engendrées par les coïncide avec l’ultime période créatrice
et troisième parties et au début ainsi façon honnête, mais académique, sur guerres, fait entrer l’oratorio dans une du Bach de Berlin devenu Bach de Ham-
qu’à la fin de la partie médiane, avec la instruments modernes dans le CD 8, nouvelle sphère spirituelle délivrant bourg en 1768. Or ce sont Mannheim
fugue terminale complétée par Davitt alors que les œuvres qui sont censées l’auditeur de la rationalité qui dominait et Paris qui jouèrent les rôles princi-
Moroney. C’est un choix original mais découler d’elles sont jouées quant à auparavant. Exact contemporain de paux dans l’affirmation de la clarinette,
qui fait sens. Capté de très près dans elles sur des instruments anciens. Dans Gluck, l’auteur des «  Israélites dans le puis Vienne où Mozart composa le Trio
une église habillée de bois qui ne gé- le CD 9 (sur instruments anciens), le désert  » fut de ceux qui reformulèrent « des quilles » en 1786 et, un an après
nère quasiment aucune réverbération, 1052 avec orgue est curieux mais peu un idéal de vérité à la hauteur de ce la mort de C.P.E. Bach, le premier chef
l’instrument, magnifiquement restauré, convaincant ; les autres concertos sont sujet d’inspiration qu’est la souffrance. d’œuvre magnifiant l’instrument, le
nous donne l’impression d’être assis réussis. Intégrale plutôt inégale, et d’un (Pascal Edeline) Quintette KV 581. Même si l’on ignore
à la tribune, ce qui permet de profiter intérêt qui reste dans l’ensemble limité. tout de la problématique d’attribution
pleinement d’une registration variée (Bertrand Abraham) du divertimento H642; Carl Philipp
qui n’engendre aucune monotonie. Une Emanuel ou Johann Christian  ?; c’est
version un peu rustique qui sort des ce dernier qui vient spontanément à
sentiers battus. (Yves Kerbiriou) l’esprit dès la première audition. Les
Six Sonates « en trio » Wq92 exerçant
sans ambiguïté leur charme « galant »
prouvent néanmoins que l’éloignement
stylistique entre les deux compositeurs
pouvait occasionnellement se réduire
de façon étonnante. L’œuvre essen-
Carl Philipp E. Bach (1714-1788) tielle où l’on retrouve la profondeur et
Divertimento pour clarinette, violon, alto l’originalité distinguant C.P.E. Bach de
Carl Philipp E. Bach (1714-1788)
et violoncelle, H 642; Sonates pour piano, ses contemporains est bien sûr l’un
Oratorio « Hebt an, ihr Chöre der Freu- clarinette et violoncelle H 516-521; Sonate des trois quatuors composés durant la
den »; Sérénade « Der Trommeln Schlag, pour violon, H 542.5; Duo pour 2 clarinette,
der Pfeifen Spiel »
dernière année (1788) et dont la partie
Johann Sebastian Bach (1685-1750) H 636; Quatuor pour piano, clarinette, alto de flûte est ici confiée à la clarinette.
Barockwerk Hamburg; Ira Hochman et violoncelle, H 537
Intégrale des concertos Trahis par de fréquents problèmes de
Amsterdam Bach Soloists; Thomas Zehetmair, CPO555016 • 1 CD CPO Lugi Magsitrelli, clarinette; Italian Classical justesse et dépourvus du caractère vi-

E
violon; Orchestre du Gewandhaus de Leipzig; Kurt n mouvement permanent comme Consort (Instruments d’époque) vant nécessaire à l’unité transcendante,
Masur; Neues Bachiches Collegium Musicum; flux et reflux sensuellement évoqués BRIL95307 • 1 CD Brilliant Classics les louables efforts d’idiomatisme de
Burkhard Glaetzner; Netherlands Bach Ensemble; par Telemann dans sa «  Wassermu-
Krijn Koetsveld; St Christopher Chamber Orches-
tra; Donatas Katkus; Insieme Strumentale di Roma;
sik  » composée pour le centenaire de
l’Amirauté de Hambourg en 1723, la Beethoven par le chef polonais. Au-delà
Giorgio Sasso, violon, alto
musique de son filleul et successeur Sélection ClicMag ! du programme du CD peu original mais
BRIL95303 • 9 CD Brilliant Classics
Carl Philipp Emanuel Bach trouva dans cohérent en regard du projet, la restitu-

C inq des CD de ce coffret (Bran-


debourgeois et concertos pour
clavecin(s) principalement) sont ceux-
la ville hanséatique matière à un renou-
vellement dont la dimension significa-
tion sonore est effectivement bluffante,
même avec un lecteur SACD et un sys-
tive se conçoit aussi aisément que dans tème home vidéo de milieu de gamme.
là mêmes qu’on trouvait dans l’inté- les cas de Mozart à Vienne et de Haydn Clarté de la disposition des pupitres,
grale Brilliant de 2002 (155 cd). Pas à Londres. L’abondance de musique magnificence des timbres (la petite har-
d’interprétations de référence, mais des vocale caractérise la période hambour- monie !), La mariée est si belle qu’on en
versions sur instruments anciens hono- geoise (1768-88) apaisant les tensions oublie l’interprétation du chef et de son
rables. Des solistes comme R. Beaudet et balayant les restrictions subies à la orchestre. Wojciech Rajski s’avère pré-
au violon, P. J. Belder, au clavecin tirent cour de Berlin. Les festives « Kapitäns- cautionneux, attentif à la progression
bien leur épingle du jeu dans les Bran- musiken » de Telemann avaient de 1732 Ludwig van Beethoven (1770-1827) dramatique qui régit l’arche, entrecou-
debourgeois, et le flûtiste W. Hazelzet à 1765 accompagné tous les banquets Symphonie n° 9, op. 125 pant volontiers le discours déjà cyclo-
est, quant à lui, tout à fait remarquable. annuels de la capitainerie de Ham- Orchestre Philharmonique de chambre de Pologne; thymique de la partition, de trous, de
Les Concertos pour violon sont cette bourg qui veillait nuit et jour sur la ville. Wojciech Rajski brefs silences, (comme le ferait un pia-
fois-ci presque tous interprétés par C.P.E. Bach ne fut pas sollicité avant TACET219S • 1 SACD Tacet niste dans les dernières sonates) puis
les Amsterdam Bach Soloists  : ver- 1780 (qu’a-t-on joué; si l’on a joué; les va jusqu’à enfler ses tempi au gré d’un
sion préférable à celle, rigide et plutôt
contrainte de Verhey et de la Camerata
années précédentes  ?) pour prendre
la relève. Le compositeur dont la fan-
M on premier est une prouesse tech-
nologique pour qui possède un
équipement adapté au système sur-
élan subit et passager, avec l’objectif
d’animer le long mouvement intermé-
Antonio Luco retenue dans le coffret taisie et l’étrangeté des œuvres instru- diaire Scherzo. L’Adagio déroule sage-
géant. C’est plus fluide, plus rond, plus round 5.1 (Il s’agit d’un nouveau SACD ment son cantabile, perturbé par les
mentales pouvaient déconcerter ses
animé. La vraie nouveauté de ce coffret contemporains ne rompt pas avec une stéréo multicanal). Mon deuxième est alarmes harmoniques habituelles. En
réside dans les «  reconstitutions  » de certaine tradition incarnée par Telemann une symphonie de Beethoven, pas revanche le chef s’acquitte prestement
concertos qu’offrent les 2 derniers CD dans ces plus ou moins bien nom- n’importe laquelle puisqu’elle constitue du Presto allegro assai final, aidé de sa
(2011-2013)  : il arrive que le maté- mées «  musiques de circonstances  » l’aboutissement de l’œuvre du compo- battue sèche et martelée, entrainant les
riau de certains concertos pour clavier (quelques premières mondiales chez siteur (le chiffre neuf). Mon troisième quatre excellents chanteurs et le chœur
soit dispersé et « pré-utilisé » ailleurs, cpo montrent le niveau qu’elles peuvent est le Philharmonique de Chambre de dans le maelström chaotique final.
notamment dans diverses cantates, atteindre)  : y est à nouveau adoptée Pologne créé en 1982 par le chef Woj- Suit un singulier et ineffable silence
avec une distribution instrumentale la contextuelle succession oratorio ciech Rajski, un chœur bien achalandé où l’auditeur installé dans son canapé
différente. D’autre part, la transcription, sacré – sérénade profane, conservée et quatre solistes polonais. Mon tout attend une houle d’applaudissements
on le sait, est familière à Bach et son la constante alternance récitatifs – airs est cette nouvelle parution Tacet, clô- frénétiques comme s’il était au concert !
époque. Enfin, l’analyse musicologique que ponctuent des chœurs d’une beauté turant l’intégrale des symphonies de (Jérôme Angouillant)

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nos musiciens ne sauraient menacer la
suprématie des versions de Koopman
(Philips), Hogwood (L’Oiseau-Lyre)
Sélection ClicMag ! T émoignage de la vitalité de la « Mis-
sion Voix Alsace » et d’un exemplaire
travail transfrontalier franco-germa-
prononçant le latin à la française selon
l’usage de l’époque, chanteurs et musi-
ciens descendus de leur empyrée nous
et Staier (DHM). La présence d’une no-suisse, ce disque est aussi le der- font quitter le concert pour l’église : dès
pièce ne sollicitant pas la clarinette, la nier enregistrement de Hans Michael l’Introite (sic) voici le cercueil qui passe
sonate pour flûte et clavecin (paternité Beuerle, décédé moins de 3 mois plus devant nous, pompeux mais reflétant
justifiant le BWV 1020 très contestée) tard. La mort... jugement terrifiant ou la lumière descendue des vitraux. Le
jouée ici au violon et au pianoforte, porte radieuse? C’était l’un des grands chœur d’ailleurs ne cesse de le pousser
peut éventuellement évoquer l’entracte débats du temps de Louis XIV, dans le-
et de l’encourager  : «  non timebit  »  !
permettant au clarinettiste de souffler quel Campra avait clairement choisi son
Retour au concert pour finir, avec le De
un peu… hors de l’instrument. Les camp : son Requiem sans Dies irae est
Profundis plus extérieur qui commence
timbres sont un peu verts, les phrasés un « poème de confiance [...proclamant
en pleine lumière...] l’entrée au paradis dans la déploration et parcourt un grand
parfois un peu courts, mais, abstraction André Campra (1660-1774)
faite de l’exigeant Quatuor Wq93 (quel des âmes des justes » (J.F. Labie). D’où arc baroque avant de finir dans la jubi-
Messe de Requiem; De Profundis lation. Comme toujours chez Carus, la
dommage !), la fluidité, la fraîcheur et la vient qu’avec des options sensible-
Salomé Haller, soprano; Sarah Gendrot, soprano; prestation des musiciens est rehaus-
spontanéité ne manquent pas d’attrait. ment différentes de celles de Gardiner
Rolf Ehlers, alto; Benoît Haller, ténor; Philip Nie- sée d’un remarquable travail éditorial  :
(Pascal Edeline) ou d’Herreweghe par exemple, l’inter-
derberger, basse; Ensemble3 vocal et instrumental; prétation d’ensemble3 nous touche si excellente notice, et partitions publiées
Hans Michael Beuerle profondément, si vite? Humains (trop en parallèle. On est captivé de bout en
CAR83391 • 1 CD Carus humains?), moins déliés, plus fragiles, bout... quel régal ! (Olivier Eterradossi)

lent, et un allegro final presque bon- cette sobriété apparente pour faire res- BRIL95231 • 1 CD Brilliant Classics

R
homme. Nos décidément excellents sortir l’élégance de la composition et les econnu comme l’un des plus impor-
interprètes ont la bonne idée de ne pas qualités de ses choristes et musiciens. tants compositeurs des prémices
avancer dans ce grand corpus cham- L’image sonore très naturelle retraduit du baroque espagnol, Juan Bautista
briste par ordre chronologique, mais bien ce choix. De Nicolaus Bruhns, mort Comes (1582-1643) combine habile-
aussi de nous donner en complément à l’âge de trente-deux ans, il ne reste ment dans son œuvre les éléments du
Cyprian Bazylik (?1535-?1600) des variations assez peu jouées. C’était que ces cantates et quelques œuvres style Renaissance avec les techniques
Intégrale de l’œuvre, mélodies de la la mode des morceaux à succès tirés pour orgue. C’est un bel hommage qui
Renaissance polonaise
et les directions artistiques de l’époque
d’opéras populaires (ici Le petit bonnet lui est enfin rendu. (Luc Petitfrère) baroque émergente. Musicien célébré
Chœur Cantilena; Ensemble Subtilior Ensemble; rouge, de Karl Ditters von Dittersdorf),
Ensemble Ars Nova; Jacek Urbaniak en son temps, il occupe la très presti-
très ornés façon XVIIIème siècle. Cet
gieuse position de « Maestro de Capil-
AP0325 • 1 CD Acte Préalable op. 44 fut publié en 1804, quand la
la » à la Cathédrale Santa María de Va-
réputation du compositeur n’était plus
lence, devenant une figure centrale de la
à faire. Mais on pense que son origine
vie musicale de la ville. Ces fonctions,
est plus lointaine. Il fut probablement
et plus précisément le lieu de leur exer-
esquissé dès 1792, et finalement exclu
cice vont avoir un impact considérable
de l’op. 1. On a pu supposer qu’il avait
sur l’œuvre du compositeur  : C’est en
été initialement prévu comme finale du
effet dans les murs de cet édifice réli-
tout premier trio. (Gilles-Daniel Percet)
gieux qu’est alors gardé depuis 1432 le
Hildegard von Bingen (1098-1179) Saint Calice, coupe utilisée par Jésus et
Œuvres sacrées ses douze disciples au cours de la Cène.
Vajra Voices; Karen R. Clark Ainsi, la proximité de cette relique va lui
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
permettre de développer ses thèmes de
MA1291 • 1 CD Music & Arts
Trios pour piano n° 3 et 6; 14 variations prédilection, l’Eucharistie et le Saint-
pour piano, violon et violoncelle, op. 44
Sacrement, donnant matière chez lui à
Swiss Piano Trio
l’écriture de nombreuses pages de mu-
AUD97694 • 1 CD Audite sique sacrée. Outre ces motets sacrés,

A voir proclamé en premier opus des


trios avec piano (dédiés au prince
Lichnowsky) montre combien Beetho-
Nicolaus Bruhns (1665-1697)
le disque propose également une belle
sélection de Villancicos, œuvres vocales
écrites dans la langue vernaculaire, dont
ven en était fier, et surtout du troisième. Intégrale des cantates le style polychoral apporte un caractère
Haydn effarouché conseilla d’en modé- Harmonices Mundi [Marina Bartoli Compostella; théâtral et imposant au texte et à la mu-
rer la publicité, ce qui vexa l’impétrant. Karin Selva; Elena Biscuola; Richard Resch;
sique. Après une magnifique intégrale
Johannes Weiss; Christian Hilz]; Claudio Astronio
Bref, l’oeuvre donna le bourdon au Frédéric Chopin (1810-1849) de la musique vocale de Cabanilles
maître, d’où l’élève pris la mouche. Sur BRIL95138 • 2 CD Brilliant Classics chez le même éditeur (BRIL94781),
Berceuse, op. 57; Sonate pour piano n° 3,
le modèle du concerto de Mozart de
même tonalité, il est dans ce ton dra-
matique de do mineur qui en signe déjà
N icolaus Bruhns est le digne chaînon
manquant entre Buxtehude et Bach.
Les douze cantates que nous proposent
op. 58; Mazurkas n° 1-3, op. 59; Barca-
rolle, op. 60; Polonaise-fantaisie, op. 61;
on retrouve un ensemble Amystis en
grande forme. Le chœur de chambre
Souvenir de Paganini, op. posth. espagnol livre à nouveau ici une per-
la personnalité, parfois la véhémence. Il Claudio Astronio démontrent combien Georgijs Osokins, piano formante éblouissante, dans la droite
étend le domaine de la lutte haydnienne ce compositeur est exceptionnel. Un PCL0109 • 1 CD Piano Classics lignée de derniers enregistrements au
de la majorité en ajoutant un quatrième talent précoce salué par son professeur succès mérité.
mouvement à la tradition tripartite. Il fut Dietrich Buxtehude qui aurait espéré
arrangé en quintette à cordes (op. 104). le voir lui succéder à la cour royale du
Quant à l’allegro de son prestissimo Danemark. On sait aussi que Jean-Sé-
final, il débouche sur une ample mélo- bastien Bach appréciait ses œuvres. Ces
die provenant de l’esquisse de l’Octuor douze cantates sacrées, pour une ou
à vents (op. 103), avant de conclure en plusieurs voix et ensemble instrumen-
do majeur. Le sixième trio, lui, contem- tal, ont été écrites entre 1689 et 1697.
porain de la 5ème symphonie et de la Leur simplicité mélodique, pour porter
Pastorale, fait un peu couple avec celui la parole sacrée, ne peut faire oublier
des Esprits, avec même dédicataire la virtuosité dont doivent faire preuve
femme. Ses proportions s’équilibrent en permanence choristes et instru- Juan Bautista Comes (1582-1643)
avec élégance dans un pur bonheur mentistes, « Jauchzet dem Herren, alle
Arcangelo Corelli (1653-1713)
O Pretiosum, musique pour le Saint-Sa-
lyrique, moins pénétrant qu’intime Welt » restant l’une des parties de ténor crement Sonates pour violon n° 2, 4, 6, 8, 11 et 12
et serein. Ses mouvements sont peu les plus exigeantes dans le genre. Clau- Amaystis Chamber Choir; Musicological Society; Ensemble Imaginarium; Enrico Onofri, violon
contrastés, avec aucun de vraiment dio Astronio joue merveilleusement de José Duce Chenoll PAS1011 • 1 CD Passacaille

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Florissants, Sagittarius). Autant dire «  Lugubre Sarabande  » porte ici bien parisien en ville. Arrivé tôt, il se met au
Sélection ClicMag ! que malgré son jeune âge, il maîtrise son nom. Delage ne varie jamais dans piano, ânonne un thème de son idole El-
parfaitement le répertoire baroque les pièces à reprises (les Amusements, lington. Soudain un invité insoupçonné
français. Il a précédemment enregistré les Petits Ages) et file un tempo plu- se glisse furtif à sa gauche : c’est très
sur le même label deux disques remar- tôt droit dans ses bottes. Les danses bien, continuez, je vous accompagne.
qués : l’oeuvre pour orgue du mésesti- pâtissent ainsi d’une rythmique quasi C’était justement Lui, et tournée du
mé Jean Nicolas Geoffroy (1633; 1694) militaire (Troisième ordre). A l’évidence, grand Duke ! Lequel ne fut jamais qu’un
et une compilation de pièces diverses le claveciniste, amoureux de son ins- génie sapé de toute l’élégance humaine,
des clavecinistes de Louis XIV (Cou- trument, préfère le faire sonner comme par lequel selon Boris Vian la vie valait
perin, D’anglebert, Chambonnières). d’être vécue, n’ayant pour rival non
un bijou aristocratique et rutilant (Les
Delage a fait le choix de consacrer ce ducal qu’un comte encore plus pianiste
langueurs tendres). Les «  baricades
nouveau CD à François Couperin à décisivement laconique que lui, Count
François Couperin (1668-1733) mistérieuses  » se dévident en un seul
travers une sélection de pièces issues Basie. Et qui à la fin se tourna vers la
bloc presque inarticulé, choix pertinent
L’Art de toucher le clavecin; Premier Livre de trois ordres (sur les trois livres de musique religieuse, dans le deuil de sa
de Pièces de clavecin, 3ème ordre; Second qui n’entache en rien la dynamique femme, de son complice Billy Strayhorn,
pièces de clavecin). Le sombre Troi-
Livre de Pièces de clavecin, 6ème et 7ème sième en do mineur qui est une suite et l’harmonie de la pièce. De temps à de son fidèle saxo Johnny Hodges,
ordres autre, le dard de l’idiosynchrasie perce
de danses du XVIIème siècle, le Sixième sans parler de son propre cancer. En
Aurélien Delage, clavecin (Emile Jobin, d’après le vernis instrumental. Le «  Gazouille-
aux accents champêtre et le Septième somme, le maître opérant à l’office, un
Tibaut de Toulouse, 1691) ment  » bégaie en gazouillant. Le beau
qui privilégie la forme du rondeau. Le office mâtiné de la tradition du gospel,
PAS1015 • 1 CD Passacaille claveciniste fait alterner de graves et contrepoint de «  La Bersan  » s’égaie grande messe en si qui aurait le blues,

L e jeune claveciniste français Auré- solennels préludes de l’Art de toucher comme un paon et Le «  Moucheron  » ou cantate autour de la note bleue, avec
lien Delage, par ailleurs organiste et le clavecin avec les pièces de caractère. volète gaiement. Delage joue sur un son récitant évangéliste, et les paroles
flûtiste, participe à de multiples forma- Son jeu est d’une grande homogénéité clavecin Emile Jobin, aux timbres pin- d’une turba chaloupée (non traduites
tions que comptent le paysage baroque penchant plutôt vers l’introspection que cés mais d’une grande noblesse de son. en français dans le présent livret, mala-
français (Le Concert Spirituel, Les Arts vers la fantaisie et le divertissement. La (Jérôme Angouillant) die désormais des labels allemands).
On s’en console notamment (weinen,
klagen...), parmi d’autres interprètes ici
C élèbres depuis leur parution, les 12
sonates op. 5 de Corelli nous ont
déjà valu des dizaines de versions dis-
élève, et a tenu la partie de piano lors
de la création de l’« Empereur ») et les
grands concertos romantiques qui les
Géza Anda, György Cziffra, Georg Solti
seront ses élèves), il laisse un catalogue
d’une soixantaine d’œuvres. Pas de
très inspirés, par l’excellence du saxo
baryton. Oeuvre majeure en tout cas,
cographiques, transcriptions et arran- sonate pour piano, toutefois les Quatre qui fut au compositeur (qui y voyait sa
ont éclipsés dans la faveur des mélo-
gements non compris... Pour exister Rhapsodies (1903) parcourues par un plus belle réussite) comme le fameux
manes. Ainsi le concerto en La mineur
dans ce maquis, il faut à défaut de mar- thème récurrent, noble et épique, pour- God Book à Louis Amstrong, cette fois-
de Czerny exploite un orchestre réduit
quer les esprits marquer les oreilles. ci parfaitement servie (ce swing de Ain’t
avec quelques idées originales, comme raient bien en constituer une : en effet,
Jamais en peine en la matière, Onofri The One, ce purement instrumental The
l’utilisation du cor dans les premières ce cycle ambitieux au geste large et
poursuit sa lecture personnelle : diapa- Shepherd...) par un ensemble allemand
mesures, tandis que la partie de piano au souffle puissant rappelle à bien des
son très bas (390, voisin du diapason survolté, d’autant que capté en plein
accumule les difficultés techniques. égards, notamment par son pianisme et
« baroque français »), continuo présent concert (applaudissements compris).
Seul le début du mouvement lent dans ses dimensions, la Sonate en si de Liszt.
et exotique (dont une guitare, après la Prière d’un grand seigneur à encore
sa simplicité offre un répit au pianiste. Pensée telle une ballade romantique en
harpe du volume 1), choix de l’édition plus Seigneur que lui, musique sacrée
Le style de Viotti, violoniste virtuose, dépit de sa formelle et rigoureuse orga-
«  nue  » de 1700 habillée d’ornements sur rythme de claquettes (tap dance), et
est plus mozartien et davantage cen- nisation, la belle et dense Passacaille
personnels, phrasés théâtraux et même, dont qui voudra fera sa bible. Sachant
tré sur la mélodie. Bien que Czerny (1899) développe de manière habile
après la dédicace parlée du volume 1, toutefois – ce n’est dit nulle part au néo-
fasse preuve d’une écriture plus auda- et inventive trente-six variations tour
de profondes expirations évoquant phyte ! – qu’on ne nous donne là qu’une
cieuse, les œuvres de Viotti apparaitront à tour brillantes, lyriques, éloquentes,
peut-être un « vent de folie ». La même anthologie des deux premiers parmi les
mieux équilibrées. La prise de son très techniques ou chantantes. Sombres,
logique commande-t-elle d’ouvrir le trois concerts sacrés composés entre
rapprochée a tendance à rendre les burlesques et sarcastiques, les Trois
disque sur la célébrissime Follia, ou 1965 et 1975. Textes compris (ils sont
attaques un peu agressives, sauf dans Pièces Singulières (1951) comptent
est-ce un « teasing » éditorial ? Si cette aussi d’Ellington), avec quelque écho
le concerto pour piano quatre mains parmi les plus modernes de leur au-
débauche d’intentions peut agacer, la de la campagne sur les droits civiques
de Czerny enregistré à part. L’œuvre se teur  : rythmes percussifs, harmonies
sonorité assombrie par le diapason est des années soixante (d’où ce mot
révèle plus classique, pleine de bonne instables, chromatismes et disso-
somptueuse et l’ensemble nous force liberté qui déflagre dans It’s Freedom).
humeur et l’orchestre y est en meil- nances dominent ces courtes pages qui
à écouter sans distraction ces œuvres (Gilles-Daniel Percet)
leure forme. Elle se rapproche à maints tranchent tardivement avec le reste de
familières présentées dans une pers- égards du triple concerto de Beethoven. sa production. Narratif et inspiré, Daniel
pective différente... qui ne va tout de (Thomas Herreng) Röhm rend bien attrayant ce réper-
même pas jusqu’à revoir en mi mineur, toire hongrois pourtant peu fréquenté.
comme l’annonce la pochette, la so- (Alexis Brodsky)
nate 11 qui reste bien en mi majeur  !
(Olivier Eterradossi)

Guido Alberto Fano (1875-1961)


Sonate pour piano en mi; Quattro Fantasie
pour piano
Ernö von Dohnányi (1877-1960)
Pietro De Maria, piano
Passacaille, op. 6; 4 Rhapsodies, op. 11; 3 BRIL95353 • 1 CD Brilliant Classics
pièces, op. 44 Duke Ellington (1899-1974)
Carl Czerny (1791-1857)
Concertos pour piano n° 1 et pour piano à 4
Daniel Röhm, piano
CPO777970 • 1 CD CPO
In the Beginning God; Will you Be There;
Ain’t But the One; Come Sunday; David
Danced; Something ‘Bout Believing; The
Q uoique peu présent en France, le
pianiste italien Pietro de Maria a
déjà un parcours impressionnant qui l’a
mains et orchestre / G.B. Viotti : Concerto
pour piano n° 19; Concerto pour violon,
piano et orchestre n° 3
A la différence de son compatriote et
contemporain Bartók qui explore
des voies nouvelles et forge son propre
Lord’s Prayer; Father Forgive; The She-
pherd; It’s Freedom
Claudia Burghard, mezzo-soprano; Joachim
conduit à enregistrer toute l’œuvre pour
piano seul de Chopin. Il y fait preuve
d’un jeu très au fond du clavier et un
David Boldrini, Elena Pinciarolli; Augusto Vismara; langage, Ernö von Dohnányi reste pro- Rust, baryton; Junges Vokalensemble Hannover; souci constant du legato. Aussi est-ce
Rami Musicali Orchestra; Massimo Belli Klaus-Jürgen Etzold; Bigband Fette Hupe; Timo
fondément attaché au post-romantisme, un véritable plaisir qu’un interprète de
BRIL94899 • 2 CD Brilliant Classics Warnecke; Jörn Marcussen-Wulff
promenant jusqu’au milieu du vingtième cette qualité enregistre un répertoire

L es concertos enregistrés ici ont tous siècle un héritage brahmsien parfaite- ROP6112 • 1 CD Rondeau méconnu. En l’occurrence les œuvres
été écrits entre ceux de Beethoven à
qui ils doivent beaucoup (Czerny fut son
ment assumé. Pianiste, chef d’orchestre
et pédagogue renommé (Annie Fischer, N ous ouïmes Sempé (dessinateur en
écoutant du jazz) raconter ce dîner
pour piano de Fano, un des élèves
préférés de Martucci (qui fut lui-même

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un compositeur très respecté dont la mais le choix systématique de l’éditeur de ce grain de voix qui ferait d’elle
musique symphonique a été dirigée de coupler ces inédits à de grandes une séductrice manipulatrice totale-
par Toscanini et Mahler). La Sonate pages célèbres du répertoire implique ment crédible. Le chef, Fabrice Bollon,
est une page complexe et audacieuse, inévitablement des doublons pour les dirige avec conviction un orchestre
très exigeante pour l’interprète mais mélomanes curieux de découvrir la mu- aux vents parfois un peu légers.
qui cherche peu à briller (excepté le sique d’un maître dont la vie endeuillée (Thierry Jacques Collet)
scherzo à la Rachmaninov). La poly- par les tragédies du XX° siècle ne se
phonie de l’écriture (qui culmine en un reflète pas dans la sereine plénitude de
fugato dans le premier mouvement) ses oeuvres. Mais pour qui veut faire la
est toujours équilibrée par un sens de connaissance d’une œuvre rare et d’une Robert Lach (1874-1958)
la mélodie hérité de Chopin. On songe réelle beauté, ce CD s’impose ; à classer Sonates pour viole d’amour et pianon°
fréquemment à Medtner en écoutant sans hésitation à Gal, on l’aura compris. 1-3, op. 25; 9 pièces lyriques pour viole
cette musique. Des quatre Fantaisies, (Richard Wander) d’amour et piano, op. 23
les trois premières présentent un aspect Valerio Losito, viole d’amour; Jiao Chen, piano
mélancolique rappelant tantôt la mu- BRIL95321 • 2 CD Brilliant Classics

C
sique française (Fauré), tantôt Brahms. e double album est une première
Ces pages demandent un pianiste qui qui nous fait découvrir à la fois un
Leos Janácek (1854-1928)
sache contrôler une écriture complexe compositeur et un instrument dans un
sans sacrifier la ligne de chant. De Maria Suite In The Mist; On an Overgrown Path,
livre I; Extraits de « 4 pièces pour piano », répertoire où il est peu présent. Ces
est de ceux-là. Une belle découverte. sonates pour viole d’amour évoquent
op. 11; Méditation sur un motif de Debussy
(Thomas Herreng) / Z. Kodály : Marosszék Dances irrésistiblement, le génie en moins, le
Klára Würtz, piano Schumann des Märchenbilder ou des
Fantasiestücke ou encore le Brahms des
PCL0107 • 1 CD Piano Classics
Karl Goldmark (1830-1915) sonates pour alto, au timbre si proche.
La Reine de Saba, opéra en 4 actes
Karoly Szemerdy; Jin Seok Lee; Irma Mihelic;
K lara Würtz, qui compte parmi les
meilleures pianistes de sa généra-
tion, a composé ce programme avec
Composées entre 1913 et 1923, elles
regardent résolument vers le siècle pas-
Nuttaporn Thammathi; Kevin Moreno; Katerina sé à l’heure où Hindemith fait de la viole
Hebelkova; Kim-Lillian Strebel; Andrei Yvan; une grande intelligence. C’est au ma- un instrument du présent. Certes, la
Choeur du Théâtre de Fribourg; Orchestre Philhar- riage harmonieux de deux esthétiques formation de Robert Lach (1874-1958),
monique de Fribourg; Fabrice Bollon originales qu’elle nous convie. Rien ne universitaire et musicologue autrichien,
CPO555013 • 3 CD CPO se compare en effet au style de Leos Ja- ne le prédisposait guère à inventer la
Hans Gál (1890-1987) nacek. Profondément enraciné dans sa musique de l’avenir. Malgré sa prolixité,
H. Gál : Concerto pour piano et orchestre,
op. 57 / W.A. Mozart : Concerto pour piano
O n connaît Goldmark pour son
concerto pour violon et sa musique
de chambre. Or, il aura aussi composé
Moravie natale, le compositeur Tchèque
s’en est toujours tenu à un langage au-
aucune de ses œuvres ne fut publiée en
dehors de quelques lieder. C’est donc au
n° 22, K. 482 thentique, fait d’une grande liberté ryth- violiste Valerio Losito que l’on doit cette
six opéras dont, le premier, « La Reine
Sarah Beth Briggs, piano; Royal Northern Sinfonia; mique autant qu’harmonique. Ici, Klara découverte. Les positions antisémites
de Saba  », créé en 1875, le rendit de Lach, dans une Vienne prompte à
Kenneth Woods
célèbre. Un grand opéra romantique Würtz n’a pas à faire appel à ses moyens
AVIE2358 • 1 CD AVIE Records considérables pour une démonstration renier la part honteuse de son passé,
typique, de plus de trois heures, avec ne sont peut-être pas étrangères à cet
de virtuosité : dans les brumes comme
C omplément d’une intégrale des
quatre symphonies de Hans Gal
qui a été une véritable révélation, ce
force ballets exquis, grands airs et de
très émouvants duos. Dans le seu-
lement deuxième enregistrement de
sur le chemin recouvert où elle nous
entraine, tout n’est que chuchotements
oubli. Heureusement, sa musique ne
porte aucun message si ce n’est celui
et confidences, sur un ton mélancolique de la beauté. (Yves Kerbiriou)
nouveau CD de Kenneths Woods, cette oeuvre, figurent principalement
infatigable héraut du compositeur vien- de jeunes chanteurs d’Europe Centrale mais auquel le délié de son toucher
nois, révèle en première mondiale son quasi-inconnus. Les deux principaux confère la précision qui sied à l’évoca-
concerto pour piano et orchestre, créé rôles secondaires de Salomon et Sula- tion du climat de chaque pièce. La cou-
en 1949 à Bournemouth. De forme clas- mith sont fort bien tenus par une basse- leur sombre et l’atmosphère feutrée des
sique et d’une écriture irréprochable- baryton imposante (Karoly Szemeredy) œuvres qu’elle a choisies dans le cata-
ment élégante, il nous saisit par l’étrei- et la soprane légère (et ingénue) Irma logue de son compatriote Zoltan Kodaly
gnante beauté de son mouvement lent, Mihelic. Les rôles principaux appellent fait parfaitement écho à la première
un adagio d’une perfection mélodique des remarques. D’abord pour Assad, partie de ce récital. Seules les Danses
absolue. La pianiste anglaise Sarah Beth tenu par le ténor Nuttaporn Tham- de Marosszek, inspirées du folklore de
Briggs délivre de cet inédit captivant mati au timbre et phrasé superbes Transylvanie, viennent y apporter une
une lecture impeccable et d’une tech- touche de frénésie. Au-delà du talent de Franz Lehár (1870-1948)
mais manquant de puissance et par-
nique parfaite. Le complément du 22° fois limite dans le haut du spectre. La l’interprète, les audiophiles seront com- Giuditta, opérette en 5 tableaux
concerto de Mozart resitue certes Gal mezzo Katerina Hebelkova démontre blés par une prise de son superlative. Ralf Eger; Christiane Libor; Laura Scherwitzl;
Nikolai Schukoff; Ralf Simon; Peter Mauro;
dans la lignée du classicisme viennois une technique sans faille mais manque (Yves Kerbiriou)
Christian Eberl; Rupert Bergmann; Chœur de la
radio bavaroise; Orchestre de la radio de Munich;
Ulf Schirmer
moniques saturées, d’une profusion des lectures sombres et héroïques, dont
Sélection ClicMag ! de timbres et de couleurs assez inouïe. le piano règle les amples progressions CPO777749 • 2 CD CPO
Ils entrent dans le Quatuor de Debussy
avec ce ton passionné, cette polyphonie
chromatique, soulignant que l’œuvre
dramatiques. Marc-André Hamelin dès
l’introduction lui donne ce ton de sym- C lassique discussion passe-temps
entre mélomanes  : Franz Lehar,
compositeur d’opera dans la lignée du
phonie élégiaque que les quatre cordes
est celle d’un jeune homme de trente relaient avec des sonorités d’une poi- Singspiel, ou précurseur de la comé-
ans qui écrivait parallèlement le Prélude gnante beauté. Tout du long, un lyrisme die musicale, voire de la musique de
à l’après-midi d’un faune. Le ton pas- s’immisce dans ce vaste poème dont les film ? Pilier de l’univers lyrique viennois
sionné de leur lecture vive et pleine évite depuis des décennies, Ulf Schirmer
gris colorés annoncent le style cyclo-
les prudences ou les gestes esthétisant apporte une réponse sans ambiguité  :
thymique d’un Ernest Chausson, et sor-
encombrés d’un certain symbolisme où il respire large, avec un sens inné du
tant de ce sombre labyrinthe je me dis
tant de formations tombent par confort rubato, et détaille avec gourmandise
César Franck (1822-1890) stylistique. Pour les Takacs, le Quatuor justement qu’il serait de temps pour cet une orchestration luxuriante. Aux pre-
est absolument un opus de la maturité attelage parfait d’enregistrer le Concert miers plans, des voix tout sauf légères,
Quintette pour piano, M 7 / C. Debussy :
qui parle une langue fauviste, résolu- en ré majeur, contemporain sensible à commencer par Nikolaï Schukoff, pur
Quatuor à cordes, L 91
ment tournée vers l’avenir. Et chez du Quintette de Franck, même si les mozartien tôt égaré dans des rôles trop
Marc-André Hamelin, piano; Quatuor Takacs
Franck ? Le vaste Quintette en fa mineur Takacs l’ont gravé voici vingt ans avec lourds pour lui (jusqu’à Siegfried !). Le
CDA68061 • 1 CD Hyperion que Camille Saint-Saëns et le Quatuor Jean-Yves Thibaudet et Joshua Bell. timbre a perdu ses couleurs, la voix sa

L es Takacs ont acquis aujourd’hui


une sonorité débordante, aux har-
Marsick créèrent à la Société Nationale
de Musique le 17 janvier 1880 appelle
Autre temps, autre formation d’ailleurs.
(Jean-Charles Hoffelé)
souplesse. Ce chant déclamatoire donne
à Octavio une vaillante toute militaire,

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mais le lyrisme ? Face à lui en Giuditta, Concertos : ce jeu ardent, cette virtuo-
Christiane Libor démontre une solide sité ravageuse, ce très grand piano me
technique de soprano lyrique, medium transportent à chaque fois que je les re-
de velours, et quelques jolis aigus filés. mets dans la platine. Evidemment on ne
Mais ce couple n’est jamais réellement joue plus Liszt comme cela, en quelque
émouvant, Richard Tauber et Jarmila sorte toutes voiles dehors, mais atten-
Novotna, créateurs des rôles, restent
tion, Rose est incapable de mauvais
inégalés. Giuditta fut représentée pour
gout, il joue simplement avec un plaisir
la première fois en 1934. Quatre ans
physique que le jeune Liszt virtuose de-
encore, et ce sera l’Anschluss. Lehar Franz Liszt (1811-1886) Alonso Lobo (?1555-1617)
met un point final – et triomphal; à son vait également éprouver si l’on en croit
Les Rhapsodies hongroises Maria Magdalene et altera Maria; Missa
œuvre. Es war ein Traum… Sur ces les témoignages de ses contemporains. Maria Magdalene; Lamentations; Regina
D’ailleurs pour Rose, le piano s’incarne Vincenzo Maltempo, piano
mots, scène 5, Octavio s’efface, et avec Caeli; O quam suavis est, Domine
lui une certaine civilisation austro-alle- absolument dans Liszt, au point que PCLD0108 • 2 CD Piano Classics Chœur de la Cathédrale de Westminster; Martin

O
mande. (Olivier Gutierrez) sa discographie lui est quasi intégra- n redonne beaucoup actuellement Baker
lement consacrée – des Ballades de dans les Années de Pélerinage, CDA68106 • 1 CD Hyperion
Chopin tumultueuses, une très expres-
A
moins dans ces Rhapsodies hongroises lonso Lobo est un des éminents
sive Humoresque de Schuman couplée que fouette pourtant la plus haute, la représentants de la tradition de la
avec une Sonate op. 14 orchestrale sont plus noble, la plus patriotiquement sti- «  grande  » polyphonie post-triden-
tout ce que je lui connais en dehors des mulée aussi, des légendaires inspira- tine, si magistralement illustrée par
œuvres du Hongrois. Pourtant, il y avait tions lisztiennes. Quel souffle, et quelles Palestrina. Actif à Tolède et Séville, il est
d’autres disques Liszt enregistrés pour cimes  ! Il y sied moins une posture l’auteur d’un grand nombre d’œuvres
un label dont j’oublie le nom à l’instant qu’une vraie cambrure des sentiments, religieuses, et en particulier d’un cycle
et les voici réunis en un triple album avec une digitalité de Vishnou et un complet de Leçons de Ténèbres pour
qui frôle le délire. Les diableries des sens de l’improvisation sachant toute- le Samedi-Saint (enregistré ici). Une
Franz Liszt (1811-1886) Mephisto Valses sont soufrées à loisir, des particularités de ce type d’écriture
fois rester dans le ton. Dans les éter-
6 études paganini; 5 études de concert; l’élégance hautaine des Polonaises très musicale est la faible influence du texte
nelles approximations de l’imaginaire
4 Valses; 2 Ballades; 2 Polonaises;
grand style, le ton halluciné des Etudes sur la musique. Les compositeurs ne
Berceuse; 3 Liebestraüme; 4 Valses de folkloriste, on va de verbunkos (qui était
cherchent pas à illustrer le sens des
Méphisto; Bénédiction; 2 Légendes; 6 de concerts (Gnomenreigen quasiment une danse de recrutement militaire) en mots, la rhétorique n’y a que peu de
Consolations dantesque), les irisations des Légendes, improvisations moins hongroises que place. Le Westminster Cathedral Choir,
Jerome Rose, piano la folie digitale de La Campanella, tout tziganes (nuance valable aussi pour dirigé par Martin Baker, fait preuve
M40022 • 3 CD Medici Classics cela vient me rappeler à quel point les danses de Brahms...), disons alors d’une grande maîtrise technique et

I l y a parfois des retrouvailles que je une discothèque lisztienne ne peut se magyares, parfois lentes (lassan) et d’une unité impressionnante, surtout
n’espérais plus. Je thésaurisais les passer de Jerome Rose. SI vous ne parfois s’emballant – et même cym- si l’on considère le grand nombre de
Liszt que Jerome Rose avait enregis- le connaissez pas dans ses œuvres, balum  !; en frénétiques friskas (qui ne chanteurs (garçons et hommes). Tou-
trés pour Vox – Années de Pèlerinage, découvrez le toute affaire cessante. sont pas des croquettes pour chien). tefois on pourra regretter une inter-
Etudes d’Exécution transcendante, (Jean-Charles Hoffelé) Avec parfois une profondeur (déjà la prétation pléthorique et indifférenciée,
cinquième, pas si éloignée des susdites qui confine souvent au marmoréen. La
Années) dont le piétinement finit par renaissance espagnole, si colorée et
C’est la Bibliothèque Nationale qui le
Sélection ClicMag ! conserve aujourd’hui et qui permet aux éclater en virtuosité pure, mais jamais
exubérante, semble bien loin. 428 ans
plus tard, Albion joue encore des tours à
mélomanes de se rendre compte à quel gratuite  : toujours en totale magie
l’Invincible Armada ! (Jean-Michel Hey)
point le compositeur s’est montré trop musicale chez ce compositeur. Notre
sévère. Œuvre ambitieuse en quatre interprète ici (aussi spécialiste d’Alkan)
mouvements, elle frappa suffisamment l’a très bien compris, même si le livret
Liszt pour qu’il accepte d’en jouer la n’était pas obligé de le comparer trop
partie d’orchestre. Car l’écriture orches- vite à Horowitz (notre référence su-
trale lyrique et dense y tient une place prême là-dedans, en plus, demeurant
de choix. Le compositeur fait preuve
l’immense Cziffra, puis l’oublié mais
d’un métier très sûr de la sombre intro-
original Setrak). On regrettera peut-être
duction au scherzo brillant qui rappelle
Moritz Moszkowski (1854-1925) Saint-Saëns en passant par un ravissant une célébrissime deuxième rhapsodie
Concerto pour piano, op. 3 / Adolf Schulz- dialogue entre le soliste et la clarinette à l’impro finale trop transgressive, ou
Evler : Rhapsodie russe, op. 14 dans le mouvement lent. L’écriture une emblématique sixième pas toujours Guillaume de Machaut (1300-1377)
Ludmil Angelov, piano; BBC Scottisch Symphony pour piano est inspirée par les roman- assez enlevée, mais on se rattrape sur Œuvres sacrées
Orchestra; Vladimir Kiradjiev tiques, en particulier Schumann. La une parfaite neuvième, et une dixième The Orlando Consort [M. Venner, contre-ténor; M.
CDA68109 • 1 CD Hyperion Rhapsodie de Schulz-Evler (musicien dont la crise de nerfs vous emballe Dobell, ténor; A. Smith, ténor; D. Greig, baryton]
guère connu aujourd’hui que pour sa tout cru. Emouvante, la onzième sonne CDA68103 • 1 CD Hyperion
L ’histoire de ce concerto pourrait
servir de trame à un roman poli-
cer. Le compositeur ayant toujours
transcription du Beau Danube Bleu) est
une rareté. Cette page d’une technique
comme un appel d’oiseaux, la treizième
étant d’une grande noblesse d’allure. O n ne sait ce qui conviendrait le plus
de célébrer dans ce nouvel enregis-
lisztienne transcendante est avant tout A partir de la seizième, c’est le dernier
affiché un certain mépris pour cette trement du Orlando Consort, spécia-
prétexte à déploiements virtuoses. Le
Liszt, ressassant, obsessionnel, lugubre listes confirmés de ce répertoire médié-
œuvre de jeunesse (il a 20 ans lors de travail pianistique d’Angelov est remar-
comme sa gondole, obstiné comme sa val ! L’interprétation de ces 4 chanteurs
sa rédaction), il en laissa le manuscrit quable, et la prise de son très soignée.
czardas ainsi titrée. Relevons enfin le est remplie de ferveur et de musicalité,
à Paris chez le peintre Odilon Redon. (Thomas Herreng)
parfait rendu de la quatorzième, qui de- et cette justesse de ton à laquelle il nous
viendra la Fantaisie hongroise, et pour avait déjà habitués dans de précédents
la quinzième cette illustre Marche de disques est particulièrement propice à
nous immerger dans ce climat intimiste
Rakocsi, un manifeste aussi héroïque
de l’amour courtois chanté par ce grand
que la fameuse polonaise de Chopin.
poète et musicien qu’est Guillaume de
Rappelons que ce chant patriotique de
Machaut. L’ensemble cohérent de 13
la Hongrie (repris aussi par Berlioz pour motets, pour la plupart à 2 ou 3 voix,
la Damnation de Faust) fut, avant d’être illustre très bien l’idéal amoureux de
arrangé en marche au début du siècle cette époque : un désir qui ne réclame
M. Moszkowski : L’œuvre pour M. Moszkowski : L’œuvre pour M. Moszkowski : L’œuvre pour suivant, celui d’un prince hongrois du
piano, vol. 1 piano, vol. 2 piano, vol. 3
pas la réciprocité du sentiment mais qui
Seta Tanyel Seta Tanyel Seta Tanyel 18ème siècle menant l’insurrection l’idéalise et semble procurer à l’aspirant
CDH55141 - 1 CD Hyperion CDH55142 - 1 CD Hyperion CDH55143 - 1 CD Hyperion contre l’Autriche. (Gilles-Daniel Percet) un mélange de joie reconnaissante tein-

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nates de Grieg, allaient-ils renouveler Franziska Pietsch inscrit son discours fugitives, op. 22; Humoresque Scherzo,
Sélection ClicMag ! leur incroyable réussite dans les deux glaçant. Et pour la Seconde, qui n’est op. 12b
opus si dissemblables que Prokofiev Ludwig Chamber Players; Swing Fagottett
en aucun cas le chef d’œuvre qu’est la
réserva à la même formation ? Dés les Première ? Le son s’allège, la violoniste TACET222 • 1 CD Tacet

S
premières mesures de la Sonate en fa erge Prokofiev a composé peu de
chante en rossignol, mais garde tout
mineur l’immense violon noir et froid musique de chambre et ce sur un
– on dirait que Franziska Pietsch joue de même des accents, des inflexions,
laps de temps assez court (entre 1910
avec un archet en plomb; dit tout de une fantaisie un rien inquiète décidé-
et 1920) mis à part le Quatuor à cordes
cette partition tragique où Prokofiev li- ment bien vue dont l’original pour flûte (1930) et quelques sonates isolées.
vra ses musiques les plus désespérées, ne laissait rien paraitre. Et quelle furia Cette partie de l’oeuvre est pourtant ré-
cauchemar sans remède où le piano d’archet dès le second motif. Detlev vélatrice de la diversité d’expressions et
sévère et minimaliste de Detlev Eisinger Eisinger compose un orchestre de son d’humeurs du compositeur. Les pièces
Serge Prokofiev (1891-1953)
fait paraître des spectres. Fascinant, piano. En complément, les 5 mélodies pour ensemble s’inscrivent plutôt dans
Sonates pour violon n° 1 et 2; 5 mélodies, complètement inédit dans cette manière le registre léger, goguenard, ironique
op. 35b op. 35 montrent avec quel art ils savent
spectrale de composer le son comme le ou bouffon, mais dénotant aussi une
Franziska Pietsch, violon; Detlev Eisinger, piano
propos, en tout l’inverse de la lecture animer les miniatures. Quels prochains volonté révolutionnaire subversive
AUD97722 • 1 CD Audite plus extravertie du tout jeune Benjamin opus revisiteront ces aventuriers ? Les (empruntée au mouvement futuriste).

F ranziska Pietsch et Detlev Etinger Beilman que j’aime tant. C’est plutôt Sonates de Bartok leur iraient comme Grand orchestrateur, Prokofiev explore
m’avaient bluffée dans les trois So- dans la lignée de Gidon Kremer que un gant. (Jean-Charles Hoffelé) avec autant de facétie que d’ingénuité
l’idiome de chaque instrument. Les bas-
té d’une douce mélancolie. A l’écoute, Surtout, le rapport entre mouvements sez froidement. Les fans du violoniste sons dans l’Humoresque, la clarinette
on est plongé dans la poésie continue lents et mouvements rapides, basé à la seront comblés par le show. Les autres volontiers Klezmer dans l’Ouverture
de cet amour idéalisé, mêlant délica- fois sur le contraste et la présupposition risquent de friser l’accident cardiaque. sur des thèmes hébreux avec quintette
tesse et foi profonde. La prise de son, réciproque est admirable ici : il y a tou- (Olivier Eterradossi) et piano, toute nimbée d’une chan-
légèrement réverbérée et pourtant très jours une sorte de bondissement sous- tilly légère. Les visions Fugitives (1915
détaillée, ajoute au plaisir d’une écoute jacent dans le rendu des mouvements -1917) sont ici arrangées par M. Ucki
nous transportant rapidement vers cette lents, et comme une espèce de bonheur pour petit orchestre. Partition très plani-
époque musicale si particulière et si tranquille sous les envolées rapides. Un fiée ou chaque bref numéro d’une briè-
complexe. (Pierre Walsdorff) très beau disque. (Bertrand Abraham) veté spectrale donne lieu à un traitement
instrumental quasi chirurgical, particu-
lièrement suggestif. Le Quintette opus
39 est une commande du chorégraphe
Romanov sur le thème du cirque. Les
sept numéros écrits pour hautbois,
clarinette et violon alto et contrebasse
Giovanni B. Pergolesi (1710-1736) illustrent avec autant de fantaisie que
Stabat Mater / A. Vivaldi : Sinfonia « Al d’imagination, la parade (Faux orgue
Santa Sepolcro », RV 169; Nisi Dominus, de barbarie (Adagio pesante), instabilité
RV 608 tonale et pirouettes rythmiques). Les
Silvia Frigato, soprano; Sara Mingardo, contre- deux autres sonates sont de tonalité
Carlo Antonio Marino (1670-1735) Wolfgang A. Mozart (1756-1791) alto; Accademia degli Astrusi; Federico Ferri
sombre et quasi lugubre. L’op. 134 pour
Concerto a cinq; Concerto a cinq avec 2 Concertos pour violon n° 1-5; Rondos K CON2097 • 1 CD Concerto violoncelle, entre ressassement plaintif

E
violons obligés; Sonates n° 2, 4, 8, 10 et 269/261a et 373; Adagio, K 261 nregistrées lors d’un concert donné et chant bridé, est laissé inachevé avec
12, op. 6 Hungarian Chamber Orchestra; Kristóf Baráti, le 21 mai 2010 en l’église «  Santa la mort du compositeur. La sonate pour
Stefano Montanari, violon seul; Ensemble baroque violon Maria delle Vita » de Bologne en Italie, violon (Commande du Comité sovié-
Marino; Natale Arnoldi BRIL95368 • 2 CD Brilliant Classics tique pour les Arts) déploie un chant
ces œuvres bien connues des mélo-
TC671302 • 1 CD Tactus
S i vous ne retournez pas à l’état des manes, réjouiront en particulier celles plus ample, enjolivé par des mélodies

C arlo Antonio Marino peut être consi- enfants, vous ne pourrez entrer dans et ceux qui privilégient l’humilité, à la carrées et d’un lyrisme brut mais la
déré comme le fondateur de l’école le royaume des cieux  ». C’est Olivier virtuosité et à l’emphase. En effet, ici les tonalité implicite en est résignée, maus-
de violon de Bergame. La majeure Messiaen qui citait ainsi l’Évangile de œuvres, spécialement le Stabat Mater sade, grisâtre, rétive à toute couleur.
partie de son œuvre est instrumentale. Matthieu au sujet du concerto (pour de Pergolesi (Pergolèse en français) ne Interprétation plus nuancée (admi-
Publiée à l’époque tant à Venise qu’à piano) KV 491. Ceci vaut aussi pour tirent pas vers l’opéra, mais restent des rable techniquement) qu’engagée des
Amsterdam, elle est évidemment sur- les concertos pour violon, comme œuvres religieuses jouées en églises. musiciens du Ludwig Chamber Players.
tout dédiée au violon. Ce CD offre une démontré merveilleusement par Lena Ce disque, reflet d’un seul et unique (Jérôme Angouillant)
série de concertos et de sonates, genres Neudauer et Bruno Weil chez Hänss- concert, semble-t-il enregistré du début
d’ailleurs encore très proches l’un de ler. Kristof Barati, hélas, n’est plus à la fin, rassemble ferveur, recueille-
l’autre chez ce compositeur, construits un enfant innocent... plutôt un ado ment, recherche d’authenticité. On est
tous deux en quatre mouvements dont narcissique enivré par l’image que lui loin des roucoulades et autres fantaisies
le premier est lent, assez fréquemment. renvoient presse et public (enregistre- venues du bel canto. Certes on pourra
Dans ces pièces, la virtuosité de l’ins- ment « live », ici), et qui dit « je » à la regretter l’absence de dramatisation
trument soliste semble émerger pour place de Mozart. Dès le KV 207, on est dans les œuvres vocales ici présentées,
ainsi dire de l’intérieur des thèmes stupéfait de ce qu’on entend  : tempi mais la pureté du propos et l’ambiance
mélodiques, des ritornelli, qu’elle pressés, mesures « vides » (oh là ! rien recueillie du concert nous font redécou-
creuse, fouille et remplit, par un travail qu’une blanche et une noire ici, on va vrir ces œuvres. (Karim Douedar)
géométrique du détail, des diminutions, s’ennuyer... que faire ?) farcies d’orne- Max Reger (1873-1916)
des expansions soigneusement calcu- ments bizarres qui ruinent la phrase Fantaisies chorals, op. 52/1-3; 12 pièces,
lées, des sortes de petites variations- mozartienne, cadences paganiniennes op. 59; Préludes chorals, WoO IV/13 et
répétitions, des traits brillants mais bourrées d’effets anachroniques. Parti- 16; Romance, WoO IV/11; Introduction et
passacaille, WoO IV/6
parfaitement sertis dans l’ensemble. tion en main, l’adagio est par endroits
Gerhard Weinberger, orgue
C’est de l’orfèvrerie. L’interprétation méconnaissable. Ceci dit, c’est indiscu-
donnée ici est un miracle de précision, table  : voilà un violon (pyro)technique CPO777729 • 2 SACD CPO

C
de finesse. Il y a chez les interprètes et athlétique, un praticien de haut vol. e double CD de Max Reger, ras-
un sens du jeu, dans tous les sens du Pas le temps de diriger vraiment l’or- semble des pièces composées à
terme. Il suffit par exemple d’écouter chestre, qui fait un service standard. l’époque de son mariage (1902) où
l’espèce de chasse, de poursuite qui Les autres concertos sont de la même Serge Prokofiev (1891-1953) il entame une période d’intense acti-
anime les allegros de la sonata quarta eau : pas du Mozart, décidément, mais Ouverture sur des thèmes juifs, op. 34; vité redoutant une mort qu’il pressent.
pour prendre la mesure de ce qu’il y a du Barati. Même le public prend un Quintette, op. 39; Sonates violoncelle(op. Au premier abord, sa musique paraît
d’allant et d’élan chez ces musiciens. temps avant d’applaudir, et parfois as- 134) et violon seul (op. 115); Visions sombre, tortueuse, pleine de méandres

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Alphabétique
harmoniques, mais aussitôt le choc porain, avec qui il a jeté les bases de des chansons françaises, des madri-
absorbé, ce sont des harmonies rares, l’atonalité – et qui dira avoir beaucoup gaux et des motets. La dimension nar-
claires et chatoyantes qui marque- appris de lui, on trouve ici une ambiance rative du jeu du luthiste est ici essen-
ront l’auditeur un peu attentif. Pour le calme et reposante, grâce une parfaite tielle puisqu’elle compense l’absence
connaisseur, l’interprétation donnée par harmonie entre les deux protagonistes de texte. Celui de Gabrielle Palomba
Gerhardt Weinberger est remarquable que sont Sophie Bevan à la voix pure est suffisamment leste et habile pour
par la justesse des registrations et le et généreuse et Malcom Martineau qui animer les longues digressions des
« délié » juste suffisant pour faire res- apporte un soutien autant précis que vif fantaisies tout en respectant les accents
sortir les thèmes et modulations. Après et limpide sans jamais outrepasser son propres au discours musical. Gabrielle
les douze pièces op 80, Weinberger rôle pour laisser filer les méandres de Palomba se montre de plus polyva- Giovanni Maria Sabino (1588-1649)
nous offre ici l’op. 52. Assez courtes, musique. Ce disque redonne une place lent  : pince sans rire dans les chan- Vêpres à 5 voix / A. Sabino : Benedicam
elles évoquent les « 24 Pièces en style significative à Reger qui n’a pas dans sons parfois grivoises, vigoureux dans Dominum / F. Sabino : Ave Virgo gratiosa
libre  » de Louis Vierne, comme par la musique vocale la place qu’il mérite. les danses (gaillardes enjouées), plus Ensemble Baroque Giovanni Maria Sabino
exemple l’Intermezzo. Musique savante A l’écoute de « Glückes Genug » ou de intériorisé dans les pièces religieuses. DCTT50 • 1 CD Digressione
mais enveloppante, voire «  confor- « Mariä Wiegenlied », on se prend dans (Jérôme Angouillant)
table  » où rien ne paraît académique les harmonies savantes du maître bava-
ou excessif. Reger nous communique rois pour ne pas les oublier. A écouter,
grâce au talent de Weinberger, une cha- absolument  ! On regrettera seulement
leureuse expression d’une vie intérieure que le livret ne donne pas de place au
généreuse. Avec un bon fauteuil et deux français. (Jean Bacot)
bonnes enceintes, ce sont trois bonnes
raisons pour écouter sans modération
ce troisième volume du maître bavarois
et sans oublier les deux précédents vo-
lumes par le même organiste. A dégus-
ter sans modération ! (Jean Bacot) Erik Satie (1866-1925)
Albert Roussel (1869-1937)
Pièces choisies
Sonates pour violon et piano n° 1 et 2
Tamar Halperin, piano, clavecin, orgue Hammond,
Anne-Lise durantel, violon; Gaspard Dehaene, piano Wurlitzer, glockenspiel; Guy Sternberg,
piano électronique live, synthétiseur modulaire
POL203112 • 1 CD Polymnie 0300759NM • 1 CD Neue Meister
Albert de Rippe (?1480-1551)
Fantaisies pour luth n° 2, 6, 7, 15, 16 et
18; Ave Sanctissima; Sì come estremo
L e déshonneur d’un Roussel négligé
n’est que celui actuel de ses com-
patriotes. D’abord marin comme Jean
T out comme la musique d’Erik Satie,
visionnaire ou imposteur, c’est
lardore; Douce memoire; 3 Gaillardes; On selon, ce disque est inclassable. Tamar
Cras d’avoir lu Jules Verne (puis un peu Halperin, claviériste dont le répertoire
en dira ce qu’on voudra; Un jour le temps
voyageur à la Pierre Loti), il se perfec- s’étend de la Renaissance au jazz, est
Gabriele Palomba, luth
tionna à Roubaix... avec le grand-père
Max Reger (1873-1916) STR33928 • 1 CD Stradivarius également compositrice et arrangeuse.
d’Henri Dutilleux ! Vincent d’Indy le prit C’est bien de cela qu’il s’agit ici. Celle
A
Mélodies choisies
lbert de Rippe, luthiste italien né à sous son aile, dans cette fameuse Scho- qui est à la ville Madame Andreas Scholl
Sophie Bevan, soprano; Malcolm Martineau, piano
Mantoue fut un temps attaché à la la Cantorum dont lui-même devint pro- s’est posé la question de savoir com-
CDA68057 • 1 CD Hyperion cour de François 1er protecteur des fesseur rigoureux de contrepoint (avec ment sonnerait la musique d’Erik Satie

C et enregistrement de 33 mélo- artistes, aux côtés de Benvenuto Cellini pour élèves Satie, Le Flem, et jusqu’à s’il composait de nos jours. La réponse
dies, s’il n’est pas un hasard, est du Primatice et de Rosso Fiorentino. Edgard Varèse). Sévère pour lui-même, qu’elle propose est un remix des pièces
un bonheur pour découvrir un aspect Son œuvre compte six livres de tabla- il détruisit sa première sonate violon- les plus connues de l’ermite d’Arcueil,
plutôt méconnu et peu joué, à tort, de tures constitué de chansons et danses piano (crée avec Blanche Selva au Gymnopédies et Gnossiennes en tête.
Max Reger dont on célèbre le cente- mais surtout de fantaisies, pièces d’une clavier), et corrigea l’ici donc première Recourant à la technique du re-recor-
naire de la mort cette année (11 mai plus grande densité polyphonique. Ces officielle (dédiée à d’Indy) vingt ans ding, elle répartit les voix en un cocktail
1916). Reger, pilier de l’école d’orgue tablatures sont à l’origine des transcrip- plus tard, suite à une longue période associant subtilement piano, clavecin,
de Vienne, donne ici une autre vision tions d’œuvres vocales pour le luth à loin de la musique de chambre. Extrê- orgue Hammond, piano électrique Wur-
de son immense talent de kolossal six chœurs. Le luthiste italien Gabriele mement ramassée, la dernière (dédiée
litzer et un zeste d’électronique. Qu’on
compositeur qui nous laissera plus de Palomba alterne judicieusement pour à Ropartz) dure moitié moins (un quart
ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’un
300 lieder  ! Entre l’univers brahmsien ne pas lasser l’auditeur, outre les fan- d’heure). Mais surtout, ces sonates sont
détournement : chaque pièce est recon-
et celui de Schoenberg son contem- taisies qui sont de nature improvisées, inhabituellement indiquées pour piano
naissable et le piano domine ce paysage
et violon, ce qui souligne l’importance
à la douce mélancolie. On peut même se
égale des deux parties. On y retrouve le
demander si un Satie contemporain ne
chœurs. Leur complexité polyphonique génie propre à un esprit indépendant,
Sélection ClicMag ! et harmonique est telle que rares sont étranger à toute autopromotion, d’un
serait pas allé bien plus loin dans la pro-
vocation, suivant l’exemple d’un John
ceux qui osent affronter ces monu- anticonformisme harmonique parfois
Cage. Laissez-vous tenter par l’expé-
ments de difficulté. Frieder Bernius ne taxé de raideur, aux fréquentes audaces
rience et si vous n’êtes pas convaincu,
cache pas qu’il s’est rarement préparé rythmiques, dont réserve et pudeur
faites-en une «  Musique d’ameuble-
avec autant de soin pour un programme écartaient toute tentation d’épanche-
ment » ! (Yves Kerbiriou)
a cappella. Le résultat est miraculeux ment sentimental. Loin du pittoresque
tant l’effort disparaît sous une appa- et du folklorisme d’un certain ‘’impres-
rente fluidité, et la musique l’emporte sionnisme’’, et où le volute mélodique
sur le tour de force. Plus immédiate se plie volontiers aux impératifs de la
d’accès, la cantate pour le vendredi construction. Cette logique musicale
saint est un véritable petit joyau ; il suf- mena le dernier Roussel jusqu’à un
Max Reger (1873-1916) fit à Reger d’un orgue, d’un hautbois et certain néoclassicisme. Tout cela, les
Trois Motets pour chœur mixte a cappella, d’un violon pour créer une atmosphère présents interprètes nous le font par-
op. 110; Cantate chorale, WoO V/4 n° 3 de lyrisme délicat te tendre qui entoure faitement sentir, ayant saisi l’essence
Sabine Czinczel, mezzo-soprano; Johannes la prière du choeur et des deux solistes. même d’une musique de chambre au-
Kaleschke, ténor; Natalie Chee, violon; Anne Ange- Un disque admirable, qui récompense jourd’hui passablement ignorée de nos
rer, hautbois; Andreas Rothkopf, orgue; Ensemble jeunes musiciens (hormis le quatuor Léonce de Saint-Martin (1886-1954)
l’auditeur de l’effort nécessaire pour
vocal de la radio de Stuttgart; Frieder Bernius
accéder à cette musique exigeante mais à cordes, et encore). Seul regret, ce Toccata de la Libération, op. 37; Pastorale,
CAR83288 • 1 CD Carus d’une maîtrise et d’une richesse incom- disque est d’une durée bien courte, qui op. 35; Suite cyclique, op. 11; Paraphrase

M algré leur relative brièveté, les trois parables. Certainement l’un des plus aurait pu nous faire entendre (voire re- du Psaume 136, op. 15; Symphonie domi-
motets opus 110 pour chœurs beaux disques de cette année Reger et découvrir?) davantage de Roussel dans nicale, op. 39
mixte a cappella de Max Reger consti- une nouvelle réussite à porter au crédit d’autres configurations instrumentales. Anthony Hammond, orgue
tuent un défi monstrueux pour les de Frieder Bernius. (Richard Wander) (Gilles-Daniel Percet) ORG7258 • 1 CD IFO Classics

10  ClicMag juillet/août 2016  www.clicmusique.com


O rendre justice à ce lyrisme déferlant
rganiste suppléant de la Cathédrale Anaïk Morel, mezzo-soprano; Muza Rubackyte,
d’Albi à 14 ans, Léonce de St Martin Sélection ClicMag ! piano; Quatuor Terpsycordes presque jusqu’à l’étouffement. On salue
s’installe à Paris en 1908, travaille avec BRIL95367 • 1 CD Brilliant Classics l’interprétation de Muza Rubackyte et

L
Adolphe Marty et Louis Vierne. Revenu a vie de Vierne semble un condensé du quatuor Terpsycordes qui se jettent
décoré de la guerre 14-18, il approfon- de la souffrance et de la douleur littéralement dans ces flots bouillon-
dit l’art du contrepoint auprès du prix humaine ; cécité, maladie, divorce dou- nants de chagrin et de révolte. En
de Rome Albert Bertelin. Après une loureux, perte de ses enfants, revers complément, le cycle immédiatement
série de concerts qui fascinent le public professionnels... Pas étonnant donc
à la fin des années trente, il succède à antérieur de mélodies sur des poèmes
que le quintette composé après la mort
Marcel Dupré aux grandes orgues de de Verlaine, «  spleens et détresses  »
de son fils en 1917 soit un poignant
Notre-Dame de Paris jusqu’à sa mort tombeau d’une intensité sans égale. La n’apporte pas de lueur d’espoir, mais
en 1954. Composant pour l’orgue forme s’inspire évidemment de celle on salue l’interprétation d’un goût et
mais aussi pour chœurs, sa musique Louis Vierne (1870-1937) du quintette de Franck mais le modèle d’une lisibilité parfaite d’Anaïk Morel.
attachante et introspective reflète une Cycle « Spleens et détresses », op. 38; paraît presque joyeux à côté ! Il faut des Un disque superbe mais oppressant.
profonde mélancolie consécutive aux Quintette pour piano, op. 42 interprètes engagés sans réserve pour (Richard Wander)
deux conflits majeurs qu’il traversa. Les
œuvres présentées et jouées avec une
admirable maîtrise par le britannique superposent leurs tessitures en de de l’église orthodoxe, dans la lignée du noms des danses — populaires à l’ori-
Anthony Hammond sur l’orgue presti- sublimes enluminures conçues pour précurseur Bortniansky (Tchaïkovski fut gine — dont ils sont chacun la rééla-
gieux de l’église Ste Madeleine (VIIIe) tirer partie d’emblée de l’acoustique l’éditeur de l’ensemble de son œuvre li- boration savante. L’écriture soliste doit
sont caractéristiques du style musical pour laquelle elles étaient conçues. Les turgique). Le style est plutôt monopho- donc s’imposer au cœur même de ce
de Saint-Martin, fait de vastes et puis- deux premières pièces s’inscrivent dans nique basé sur des mélodies simples. qui constitue une sorte de gangue, avec
sants plans sonores accompagnés et la tradition de la musique mariale fort La polyphonie soigneusement élaguée. ses figures et ses rythmes obligés. Le
ponctués de phrasés légers et aériens, en vigueur dans l’Angleterre catholique Ahmann a retenu également quatre concerto devient une joute, et acquiert
spécificité que l’on retrouve dans la des Tudor et utilisent des textes latins numéros de la Liturgie (Saint Jean une dimension véritablement théâtrale.
magnifique suite cyclique et la boule- sacrés. La Western Wynde Mass quant Chrysostome) ainsi qu’une pièce isolée Le génie de Telemann exulte alors  : il
versante paraphrase du psaume 136. à elle marqua une innovation majeure « The Angel Cried », petit chef d’œuvre renforce les contrastes (l’ordre donné
Engouement retenu avec la Toccata de et audacieuse, reposant sur un texte de quarante-sept mesures d’une ver- aux mvts. de danse permet d’opposer
la libération et œuvre contemplative profane en Anglais dont le couplet prin- satilité de caractères étonnante au vu des affects), il joue sur les rapports
avec la pastorale, le récital se termine cipal donne lieu à de nombreuses répé- de l’austérité du reste. Saluons l’inté- entre style français et style italien : dans
avec la symphonie dominicale d’inspira- titions et variations sur quatre lignes grité du chœur de la NDR, la sincérité le TWV 55 : h4, une « bravoure » fran-
tion plus liturgique. Un voyage captivant vocales. Les interprètes sont dans leur de l’expression, simple, sans affèterie çaise solennelle, éclatante et sérieuse,
dans la grande tradition des organistes jardin, maîtrisant parfaitement le genre ainsi qu’un bel équilibre des registres précède une « rodomontade » italienne
de cathédrales. On attend impatiem- sublimé par la superbe acoustique de qui met en valeur la qualité des sopra- qui en constitue la parodie bravache et
ment le volume 2. (Philippe Zanoly) Westminster. Les entrées sont précises, nos. Qualités d’ensemble qui restituent carnavalesque. Verve, précision, fraî-
les voix d’une grande pureté et sûreté la beauté intrinsèque de ces chants cheur du jeu des interprètes donnent
guidées par un chef de chœur sachant sans leur ôter leur portée spirituelle. aux « 2 petits » concertos de ce CD un
éviter toute monotonie et mettant en (Jérôme Angouillant) relief que vient rehausser, par différen-
évidence la sophistication des œuvres. ciation, leur couplage, très ingénieux,
(Thierry Jacques Collet) avec les 2 «  concertos-ouvertures  »,
dont le caractère, complexe, ambiva-
lent, paradoxal et théâtral est magni-
fiquement rendu ici. Il n’y a rien de
trop, c’est sobre, suggestif, malicieux.
(Bertrand Abraham)

Franz Schubert (1797-1828)


Quatuor à cordes en sol, D 887; Mouve-
ment du quatuor à cordes,D 103
Quatuor Diogenes
Georg Philipp Telemann (1681-1767)
Concerto pour 2 violons, alto et violone,
BRIL94467 • 1 CD Brilliant Classics Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893) TWV 40 : 200; Concertos pour violon,
9 chœurs liturgiques; Quatre chœurs, cordes et basse continue, TWV 51 : a1, 55 :
extrait de ‘Liturgie de Saint Jean Chrysos- F13 et 55 : h4
tome », op. 41; Un Ange pleure The Wallfisch Band; Elizabeth Wallfisch, violon
Chœur de la NDR; Philipp Ahmann CPO777701 • 1 CD CPO
Antonio Vivaldi (1678-1741)
A
CAR83338 • 1 CD Carus ucun des concertos enregistrés

P eu préoccupé par la religion, Piotr dans ce vol. 6 ne correspond au mo- Concertos n° 1-12, op. 9
Tchaïkovski composa quand même dèle qui s’est imposé comme dominant L’Arte dell’Arco; Federico Guglielmo, violon
deux cycles importants de musique reli- dans la musique baroque. Les deux BRIL95046 • 2 CD Brilliant Classics
gieuse : les Vêpres (1882) et la Liturgie premiers (d’avant 1715) appartiennent
de Saint Jean Chrysostome (1879) ainsi à la 1re période du compositeur. Très
John Taverner (?1490-1545) que des pièces éparses, composées au brefs, ils relèvent encore du concerto
Mater Christi sanctissima; Missa Mater gré de circonstances diverses. Le pro- da ripieno (sans solistes expressément
Christi sanctissima; Messe « Western gramme de Philipp Ahmann, le chef du désignés). Absente dans le 1er mvt. du
Wynde »
chœur de la NDR, privilégie l’inédit et TWV40  : 200, l’autonomie du solo se
Chœur de l’Abbaye de Westminster; James
une sélection de chants choisis à partir limite souvent à des reprises en écho,
O’Donnell
des textes et de l’intérêt musical plutôt de simples réponses au tutti… Les
CDA68147 • 1 CD Hyperion que l’enregistrement intégral des cycles. deux autres, nettement postérieurs, et

J ohn Taverner marque la première


partie du XVIème siècle comme le
compositeur anglais de référence de
Le recueil des Neuf Chants Sacrés
(1885) provient d’une commande faite
par l’empereur Alexandre III qui sou-
longs, sont des exemples d’une forme
hybride que seul Telemann a porté à
ce degré d’ingéniosité et de perfection.
Otton M. Zukowski (1867-1942)
musique sacrée polyphonique. Les Opera Omnia Religiosa, vol. 1
haitait « quelque chose pour l’église ». On peut parler à ce propos de gageure
trois pièces enregistrées ici donnent Tchaïkovski choisit des textes issus des car le concerto vient s’inscrire, comme Katarzyna Dondalska, soprano; Ewa Marciniec,
alto; Piotr Kusiewicz, ténor; Robert Kaczorowski,
une idée précise de la maestria avec différentes liturgies (St Jean Chrysos- par défi, dans un genre des plus rhé-
baryton; Ewa Rytel, orgue; Art’n’Voices
laquelle il mêla influences françaises et tome, Liturgie des Morts) pour com- toriques, et des plus contraints — la
flamandes avec les traditions chorales poser une musique qui prend sa source suite — appelée parfois, à cause de AP0288 • 1 CD Acte Préalable
anglaises, produisant des partitions où dans les chants traditionnels russes, son mouvement initial, ouverture, et Opera Omnia Religiosa, vol. 2
chœurs d’enfants et chœurs d’hommes tout en respectant les standards stricts dont les autres mouvements portent les AP0343 • 1 CD Acte Préalable

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Récitals
de prédilection (Schubert, une bonne à entendre l’héritage symboliste laissé d’époque dont une remarquable René
moitié du programme est issue de par Debussy, en commençant bien sûr Lacôte, permettant d’être au plus près
la prodigieuse floraison de Lieder de par une sonate pour flûte, alto et harpe de ces délicieuses pièces romantiques.
1815), ou dans leurs marges (Sor, du maître français. On sera aussi heu- Son jeu souple et engagé nous trans-
Viotti, Beethoven) voire oubliés (Gail, reux de trouver un autre grand inspira- porte avec aisance et plaisir à l’époque
Garat). Pas moins de cinq chanteurs teur du symbolisme, en littérature cette
où la guitare faisait les beaux jours des
se partagent ce programme, de façon fois-ci, par l’intermédiaire de Caplet et
salons musicaux. (Philippe Zanoly)
un peu inégale, car il s’agit surtout d’un son Conte fantastique d’après E.A. Poe.
récital Michaël Schade. On retrouve Quant au titre poétique de l’album, il est
Maya Boog avec plaisir le tenor viennois, cette tiré d’une pièce de Pierné pour flûte, trio
A. Berg : 7 lieder de jeunesse / A. mezza voce, cette façon de donner son à cordes et harpe. On appréciera enfin
Schoenberg : Brettl-Lieder / R. Strauss : juste poids à chaque mot, de varier les la diversité d’instrumentation de chaque
Ständchen, op. 17,2; Mädchenblumenlie- atmosphères, tout l’art du Liedersänger pièce. (Charles Romano)
der, op. 22 est là. Il alterne dans Schubert avec Syl-
Maya Boog, soprano; Michael Lakner, piano via Schwartz. Son timbre cristallin, son
CPO777976 • 1 CD CPO émission d’une pureté instrumentale

A près un enregistrement consacré ne sont pas sans rappeler une certaine


à Hindemith (Das Marienleben, Gundula Janowitz. Mais deux minia-
2014), le directeur du Festival Lehar tures de Viotti pour Ann Murray, qui en Paul Kletzki
de Bad Ischl (Autriche) et la soprano fait des merveilles de charme et d’hu-
J. Brahms : Symphonie n° 4, op. 98 / F.
suisse prolongent ici un récital donné mour, et le seul Das Grab pour Florian
Schubert : Symphonie n° 7, D 759 « Ina-
le 16 août 2015. Le programme obéit Boesch, c’est bien trop peu. Malcolm
chevée » / L. van Beethoven : Ouverture
à une réelle cohérence grâce aux trois Martineau est l’accompagnateur super- « Léonore » n° 3, op. 72b
compositeurs présentés ici (œuvres latif de ce voyage, dont nous attendons Pinchas Zuckerman Swiss Festival Orchestra; Paul Kletzki
s’étendant de 1897 à 1908) : aux évoca- les prochaines étapes avec impatience.
L. van Beethoven : Romance, op. 50 / A. AUD95642 • 1 CD Audite
tions d’une sensibilité toute panthéiste (Olivier Gutierrez)
Berg : Concerto pour violon / R. Fuchs :
et nocturne de Berg, succèdent les
femmes-fleurs illustrées par Strauss,
lesquelles cèdent la place aux person-
Neuf fantaisies / J. Joachim : Mélodies
hébraiques, op. 9
Pinchas Zuckermann, violon; Marc Neikrug, piano;
L e 7 septembre 1946, Paul Kletzki
est appelé par le producteur Walter
Legge pour remplacer Wilhelm Fur-
nages des scènes moins innocentes London Philharmonic Orchestra; Zubin Mehta twängler, et diriger l’orchestre suisse de
proposées par Schoenberg (manque BID80251-2 • 2 CD Biddulph Lucerne pour un disque enregistré par
ici, pour des raisons d’instrumenta- la firme Columbia suivi par un concert
rium, Das Nachtwandler) avant un
dans le cadre du festival. C’est pour
retour à Strauss qui vient récapituler
le public festivalier la découverte de
et unifier les différentes atmosphères :
le désir (Verlangen) dans ses princi- ce chef suisse d’origine polonaise qui
pales acceptions. Si l’interprétation live Cornelia Lanz dirigea notamment les orchestres de
restitue l’indéniable engagement des Liverpool, Dallas et Berne. Sa carrière
Airs de Rossini, Schubert, Verdi
interprètes, une plus grande souplesse fit hélas long feu (on le disait timide et
Cornelia Lanz, mezzo-soprano; Stefan Laux, piano
vocale permettrait une meilleure resti- peu communicant) et ne subsistent de
tution des nuances, notamment dans HC16019 • 1 CD Hänssler Classic
son héritage discographique que peu
Berg  : le tempérament de la soprano, d’enregistrements dont celui-ci publié
La guitare au 19ème siècle
qui s’est illustrée dans le répertoire ba- par Audite. Dans les deux symphonies,
roque, l’opérette et les œuvres relevant G. Anelli : Sonatine pour guitare / M.
Giuliani : Rossiniana n° 1, op. 119 / L. Kletski est surtout attentif à la struc-
d’un premier Romantisme, semble la Rinaldo Legnani : Capricci, op. 20 / F. Sor : ture générale de l’œuvre, développant
porter plus aisément ici vers les pièces Introdution et Variations sur un Thème de
écrites par Schönberg pour les « petites chaque mouvement, détail après détail,
Mozart, op. 9; La Despedida, Fantasie n°
planches  » (Brettl) du cabaret de von 6, op. 21 / D. Aguado : Le Fandango Varié, à la manière d’un maçon construisant
Wolzogen que vers la sombre densité op. 16 / N. Coste : Le Tournoi, op. 15 un mur. L’analogie n’est pas gratuite
bergienne ou la virtuosité straussienne. Luigi Attademos, guitares historiques car c’est aux dépends peut-être de la
(Alain Monnier) BRIL95024 • 1 CD Brilliant Classics sensualité des timbres et d’un certain
Ensemble Oxalys
P ar le toujours dynamique label Bril- lyrisme. C’est presque en phénomé-
C. Debussy : Sonate pour flûte, alto et liant Classics, le guitariste italien Lui- nologue que le chef (et compositeur)
harpe / F. Martin : Pavane « Couleur du aborde la matérialité de la partition et
gi Attademo nous présente un florilège
temps » / A. Caplet : Conte fantastique
d’après E.A. Poe, pour harpe et quatuor des meilleurs compositeurs roman- l’objectivité du corps orchestral sans
à cordes / G. Pierné : Variations libre et tiques pour guitare du 19e siècle. On pour autant verser dans un ésotérisme
finale, op. 51; Voyage au pays du tendre, y retrouve donc les Anelli, Giuliani, Le- fumeux. Une démarche manifeste dans
pour flûte, trio à cordes et harpe / J. Jon- gnani, Sor, Aguado et Napoléon Coste. l’exposition et le déroulement de L’Ina-
gen : 2 pièces en trio pour flûte, violoncelle La démarche ne manque pas d’intérêt
et harpe, op. 80
chevée de Schubert, par ailleurs splen-
pédagogique car tout guitariste, lors de
Ensemble Oxalys [A. Lavoisier, harpe, flûte; S. didement incarnée (les grandes libertés
sa formation, est confronté à l’un d’eux.
Decades : Un siècle de mélodies, Laub, violon; F. d’Ursel, violon; E. Smalt, alto; M. de tempo visant à contraster l’ensemble
Ils sont pour la plupart, Sor et Aguado
Vink, violoncelle; K. Hofman, contrebasse] et rehausser certaines parties) la Qua-
vol. 1 (1810-1820) surtout, à l’origine de la technique
PAS1017 • 1 CD Passacaille moderne de la guitare, finalisée un peu trième de Brahms qui suit est plus fluide
Mélodies choisies de Schubert, Sor,

A
Beethoven, Fabry-Garat, Gail, Tomasek, près le succès de leur album dédié plus tard par Tarrega. Attademo, primé et distanciée. Enfin, point culminant du
Viotti et Weber à Ferdinand Ries (5 de Diapason, aux concours de Genève et Cosenza, programme, l’Ouverture Léonore de
Michael Schade, ténor; Lorna Anderson, 2011) et de celui dédié à Max Reger disciple, entre autres, d’Oscar Ghiglia, Beethoven mêle «  … La perfection
soprano; Sylvia Schwartz, soprano; Ann Murray, (Choc de classica, 2009), l’ensemble s’est distingué déjà dans Bach et Scar- portée jusqu’à l’éclat le plus brillant
mezzo-soprano; Florian Boesch, basse; Malcolm Oxalys nous propose encore ici un latti (même label). Les pièces choisies
Martineau, piano une tension intérieure de l’intellect et
enregistrement de haute volée. Au-delà sont connues du répertoire en particu- une plénitude de l’âme telle que l’on
VIVAT112 • 1 CD Vivat Music de leur habituelle qualité d’interpréta- lier la Capricci de Legnani, la fantaisie
ne la ressent que très rarement  ». On
P ortée par le Romantisme, la mélo-
die connut son apogée au XIXème.
Vivat nous en propose un panorama
tion, ce sont la richesse et l’intelligence
du programme qui interpellent : Claude
Debussy, Frank Martin, André Caplet,
chevaleresque de Coste et comme point
d’orgue la virtuose introduction et varia-
tions sur un thème de Mozart de Fer-
ne lésinait pas sur l’hyperbole au Neue
Zürcher Zeitung  ! Kletzki versus Fur-
européen, dix livraisons sont prévues, Gabriel Pierné et Joseph Jongen. Au nando Sor, sans doute le compositeur twängler. Le chef suisse relâche alors
le premier volume couvre la période premier abord éclectique, le choix des et guitariste le plus emblématique de ce nœuds et tension accumulés jusque-là
1810-1820. On y trouve des compo- sept oeuvres présentées est parfaite- 19e siècle. Autre avantage non négli- pour libérer une ardeur jubilatoire et
siteurs célèbres dans leur domaine ment cohérent en ce qu’il nous donne geable, Attademo joue sur des guitares triomphante. (Jérôme Angouillant)

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Musique contemporaine
musicales. Elle poursuit aujourd’hui sa «  photographique  » d’Errolyn Wallen.
Sélection ClicMag ! carrière en Angleterre. Sa musique déjà Le Concerto pour violoncelle réinvestit
abondante (dont bon nombre de com- avec talent un certain esprit néo-ro-
mandes institutionnelles BBC, Prom’s, mantique. Wallen s’approprie le genre
Royal Opera House) s’affranchit des à l’aune des œuvres similaires de com-
modes et des styles. Son style volon-
positeurs anglo-saxons tels que Britten
tiers éclectique combine des influences
ou Walton. La suite en quatre mouve-
multiples et ses emprunts à des com-
positeurs du passé ne sont jamais arti- ments Photographie utilise un pattern
Mark Barden (1980-) ficiels mais témoignent d’une connais- néo baroque (contrepoint et danses)
A tearing of a vision, pour grand orchestre sance remarquable de l’histoire de la en hommage à Bach, référence ultime
de chambre; Chamber, pour 3 voix musique. Sa musique pour piano et de Wallen («  My hero  »). Hunger est
d’homme; Alam, installation de concert Errollyn Wallen (-) pour petites formations puisent presque une fresque tempétueuse (« A ravaged
pour ensemble et électronique; Flesh|veil, Concerto pour violoncelle; Hunger; Photo- naturellement dans le jazz et la pop et landscape ») dont l’intensité motorique
pour octuor; Die Haut Anderer, pour graphy; In Earth elle n’hésite pas non plus à chanter dans
piano seul; Monoliths, pour ensemble et ne faiblit jamais (Ecoutez la citation qua-
Errollyn Wallen, voix; Matthew Sharp, violoncelle; des clubs en s’accompagnant au piano.
électronique Tim Harries, guitare basse; The Continuum
siment littérale du Sacre dans les der-
Son credo  : «  We don’t break down
Ensemble de chambre Neue Musik Berlin; Ensemble; Ensemble X; Nicholas Kok; Philip nières mesures). Enfin In Hearth revisite
Ensemble Intercontemporain; Cornelius Meister; barriers in music, we don’t see any... ».
Headlam le Didon de Purcell à travers la sublime
Klangforum Wien; Andreas Eberle Personnalité singulière et attachante
NMCD221 • 1 CD NMC (Première femme noire à être jouée aux aria When I’m laid in earth accompagnée
WWE40413 • 1 SACD Col Legno
E rrolyn Wallen est née en 1958, au Prom’s), elle a été célébré  : «  Renais- ici d’un quatuor à cordes et d’une basse
Belize, petit territoire situé en Amé- sance woman of contemporary british électrique et chantée divinement par
rique centrale. Enfant, elle déménage à music » par le journal Observer. Quatre la compositrice. Salutaire découverte.
Londres et y entame de solides études pièces au programme de ce portrait (Jérôme Angouillant)

à des influences extra-européennes Andrea Dieci propose ici l’intégrale de sa


(avec l’usage de la polyrythmie et de la musique pour guitare seule, constituée
microtonalité), ces pièces sont surtout de trois cycles «  Les Tentos  » (1958)
issues du substrat dodécaphonique et les deux sonates « on Shakespearean
de la seconde école de Vienne, Berg, Characters  » d’après des personnages
Schoenberg, Webern. La série règne en de Shakespeare regroupées sous le titre
Birke J. Bertelsmeier (1981-)
maitre. Dans les Trois pièces pour vio- de Royal Winter Music (1976-79). L’ins-
Giromaniaco, pour ensemble; Hineidunke,
loncelle est piano, le langage est touffu, piration prolifique de Henze ne saurait
pour quatuor à cordes et verres; Quar-
tettstück, pour quatuor à cordes; Folklich, ramassé et les indications d’une préci- se passer de ce médium (la guitare) à
pour ensemble; WhirliGigue, pour flûte sion d’horloger. Le pianisme lyrique du Christian Mason (1984-)
la fois singulier et complet. Les trois
seule; Amorette I et II, pour 4 pianistes; Trio renvoie probablement aux sonates Clear night, pour orchestre; Learning Self-
pièces des «  Tentos  » sont de brefs
Zimzum, pour orchestre symphonique de Krenek plus qu’aux miniatures de Modulation, pour violon et piano; the Years
instants de méditation profondément of Light, pour 2 voix et ensemble; Isola-
Quatuor Armida; Ensemble Modern; Bamberger Schoenberg. Les Six inventions pour
Symphoniker; Christoph Eschenbach évocateurs. Dédiés à Benjamin Britten, rion, Rituals of Resonance, pour orchestre;
violon et violoncelle voisinent avec
WWE40414 • 1 CD Col Legno celles de Bach. Outre l’absence d’effets ils furent créés par le guitariste Julian Layers of Love, pour 13 instruments
gratuits sur le timbre et l’instrument, Bream. Les mouvements des sonates Bamberger Symphoniker; Christoph Eschenbach;
qui déclinent les personnages de Sha- Klangforum Wien; Clark Rundell; Deutsches
l’ensemble démontre une belle liberté Symphonie-Orchester Berlin; Gergely Madaras
d’inspiration, harmonie éclatée, grande kespeare sont d’ambitieux portraits,
qui utilisent bien des effets figuralistes WWE40415 • 1 CD Col Legno
exubérance rythmique ; un goût évident
pour l’improvisation enrobé d’un gla- et un dodécaphonisme affranchi pour
çage de fantaisie qui confine parfois exprimer plus le caractère de chaque
à l’abstraction pure. Le tout soutenu personnage ainsi que leur contexte dra-
par une structure très maitrisée et maturgique. Tour de force guitaristique
un respect absolu du tempo et de la que le jeune guitariste italien Andrea
polyphonie. Une musique débordante Dieci, auteur par ailleurs d’une belle
Friedrich Cerha (1926-) de verdeur et d’acuité. Interprétation compilation d’oeuvres de Takemitsu,
5 mouvements pour trio avec piano;
tirée au cordeau (merveille d’équilibre) aborde avec une juste circonspection.
Rhapsodie pour violon et piano; 3 pièces des « trois grâces » : Karla Haltenwan- Son jeu allie élégance et brio dans les
pour violoncelle et piano; 6 inventions pour ger (piano) Birgit Erz et Ilona Kindt pièces brèves, et rigueur et pondération
violon et violoncelle; « Nachstück », extrait (violon et violoncelle) du somptueux Gerard Pape (1955-)
dans le contrepoint et la densité des
du trio pour violon, violoncelle et piano trio Boulanger. Qui a décrété que la Harmonies of Form and Time, pour 6
pièces plus élaborées (Mad Lady Mac-
Trio Boulanger musique d’aujourd’hui était barbante  ? solistes et 6 orchestres de chambre;
beth, Oberon). (Jérôme Angouillant) Harmonies of Time and Timbre, pour flûte,
AVI8553347 • 1 CD AVI Music (Jérôme Angouillant)
4 violons, 4 violoncelles et bande enregis-

D e l’autrichien Friedrich Cerha (né


en 1926) on connaissait le musi-
cologue, l’interprète spécialisé dans la
trées à 8 pistes
Gerard Pape, électronique; Orchestre Symphonique
National d’Estonie; Risto Joost
seconde école de Vienne, également MODE279 • 1 CD Mode
chef d’orchestre, qui allait achever le
troisième acte de Lulu d’Alban Berg,
version créée par Boulez et Chéreau en
1979. Mais son œuvre de compositeur
(170 opus !) reste pour ainsi dire inédite.
Son œuvre est orientée principalement
vers l’orchestre et la scène. Aux côtés Hans Werner Henze (1926-2012) York Höller (1944-)
de Berio, Penderecki, Rihm et d’autres, Intégrale de l’œuvre pour guitare seule
5 pièces pour piano; Diaphonie, pour 2
il participe en 1980 au fameux Requiem Andrea Dieci, guitare
pianos; Sonates pour piano n° 1-3; Partita
de la Réconciliation créé par Helmut pour 2 pianos; Doppelspiel, pour 2 pianos;
Rilling en 1980 (Introïtus et Kyrie). Son BRIL95186 • 1 CD Brilliant Classics Monogramme, 14 pièces pour piano;

L
corpus de musique de chambre est plus a musique écrite pour et avec guitare Toccata n° 5 Polish Radio Experimental Studio
récent. En témoignent, ces œuvres pour de Hans Werner Henze (1926-2012) Kristi Becker, piano; Pi-hsien Chen, piano; Fabio E. Rudnik : Birds and People; Homo Ludens
violon, violoncelle et piano composées avait déjà fait l’objet des deux volumes Martino, piano; Tamara Stefanovich, piano; Fabian / K. Penderecki : Basilik Encounter; Glass
entre 2001 et 2013. Même si le peu intéressants parus chez Naxos qui com- Müller, piano; York Höller, piano Enemy; Lef Home; Painters of Gdansk
dogmatique compositeur fait appel prenaient aussi la musique de chambre. EDA041 • 2 CD EDA DUX1261/62 • 2 CD DUX

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Sélection Brilliant Classics

J.S. Bach : Intégrale des transcrip- J.S. Bach : Cantates choisies J.S. Bach : Concertos pour hautbois J.S. Bach : Oratorio de Noël C.P.E. Bach : Musique de chambre C.P.E. Bach : Sonates pour clavecin
tions de Busoni Holland Boys Choir; Netherlands Bach Andrius Puskunigis, hautbois; Donatas A. Augér; A. Burmeister; P. Schreier; T. avec flûte et violon
Sandro Ivo Bartoli, piano Collegium; Pieter Jan Leusnik Katkus Adam; Dresdner Kreuschor & Philharmo- Ensemble Helianthus Roberto Loreggian, clavecin; Federico
nie; M. Flämig Guglielmo, violon
BRIL94867 - 2 CD Brilliant BRIL94947 - 5 CD Brilliant BRIL94991 - 1 CD Brilliant BRIL95019 - 3 CD Brilliant BRIL94884 - 1 CD Brilliant BRIL94902 - 1 CD Brilliant

C.P.E. Bach : Ses plus belles œuvres L.van Beethoven : Léonore Boulez, Tamminga : Œuvres pour Roffredo Caetani : Musique pour Bartolomeo Campagnoli : Quatuors Alfredo Casella : L’œuvre pour piano
Moser; Cassilly; Adam; Donath; Herbert flûte à bec piano à cordes n° 1-6 Michele d’Ambrosio, piano
Blomstedt Erik Bosgraaf, flûte à bec Alessandra Ammara, piano Ensemble Symposium

BRIL94932 - 2 CD Brilliant BRIL94868 - 2 CD Brilliant BRIL94842 - 1 CD Brilliant BRIL94909 - 1 CD Brilliant BRIL95037 - 1 CD Brilliant BRIL9281 - 3 CD Brilliant

A. Dvorak : Intégrale des concertos Hanns Eisler ; Intégrale de l’œuvre Ferenc Erkel : Hunyadi Laszlo, opéra J. Haydn : Intégrale des concertos P. Mascagni : Messa di Gloria F. Mendelssohn : Songe d’une nuit
R. Ricci, violon; Z. Nelsova, violoncelle; R. Pataky; Cser; Fodor; Fekete; Domonkos Guglielmo; Vogler; Holzapfel; Ruf; Ensemble Seicentonovocento; Flavio d’été; Ouvertures
Firkusny, piano; Walter Susskind Héja Thompson; Violante; Wallace Colusso RSO; Walter Weller; Orchestre du Gewand-
haus; Kurt Masur
BRIL94938 - 2 CD Brilliant BRIL9430 - 10 CD Brilliant BRIL94869 - 2 CD Brilliant BRIL94866 - 7 CD Brilliant BRIL94943 - 1 CD Brilliant BRIL94936 - 2 CD Brilliant

W.A.. Mozart : Musique de chambre N. Paganini : Sonates pour alto et A. Piazzolla : Café 1930, musique Manuel Ponce : L’œuvre pour guitare Rodolphe d’Autriche : Musique pour A. Rubinstein : Musique pour piano
Ensemble Pyramide guitare pour violon et guitare Gérard Abiton, guitare clarinette et piano à 4 mains, vol. 1
Simone Gramaglia, alto; Luigi Attademo, Piercarlo Sacco, violon; Andrea Dieci, Luigi Magistrelli, clarinette; Claudia Duo Pianistico di Firenze
guitare guitare Bracco, piano
BRIL94929 - 1 CD Brilliant BRIL94963 - 1 CD Brilliant BRIL94896 - 1 CD Brilliant BRIL94986 - 4 CD Brilliant BRIL94952 - 1 CD Brilliant BRIL95016 - 1 CD Brilliant

F. Schubert : Intégrale de l’œuvre R. Schumann : Quatuor à cordes n° Manuel de Sica : A life in music, Tchaikovski, Saint-Saëns : G.P. Telemann : Intégrale des Jeroen van Veen : Œuvres pour
3; Quintette pour piano portrait du compositeur Arrangements d’œuvres pour orgue concertos et sonates en trio pour piano
Klara Würtz, piano; Quatuor Daniel Filarmonica Toscanini; Flavio Emilio à 4 mains viole de gambe Jeroen van Veen, piano; Sandra van
Scogna Emanuele Cardi, Gianfranco Nicoletti Ensemble Opera Prima; C. Contadin Veen, piano
BRIL94870 - 69 CD Brilliant BRIL95014 - 1 CD Brilliant BRIL94905 - 1 CD Brilliant BRIL94881 - 1 CD Brilliant BRIL94831 - 5 CD Brilliant BRIL9454 - 5 CD Brilliant

Jacob Ter Veldhuis : Intégrale de la A. Vivaldi : Gloria; Magnificat Musique pour basson et piano de Entartete Musik : Œuvres pour Fantasía Mexicana : Œuvres pour Novecento : Sonates pour guitare
musique pour piano seul Ihle; Wilke; Markert; Ludwig Güttler Schumann, Ravel, Mendelssohn… saxophone et piano de Dessau, guitare de Ponce, Oliva et Ramirez de Baev, Biberian, Cavallone,
Jeroen van Veen, piano; Ronald Brautigam, Massimo data, basson; Piero Barbareschi, Hindemith, Gal, Schulhoff… Rodolfo Pérez, guitare Gilardino, Manén…
piano piano David Brutti; Filippo Farinelli Cristiano Porqueddu, guitare
BRIL94873 - 2 CD Brilliant BRIL95022 - 1 CD Brilliant BRIL95009 - 1 CD Brilliant BRIL94874 - 2 CD Brilliant BRIL94939 - 1 CD Brilliant BRIL9455 - 5 CD Brilliant

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Brahms : Sextuors à cordes. Ensemble Raphael. CDA66276 15,36 € p. 2  Ernö von Dohnányi : Œuvres pour piano. Röhm. CPO777970 10,32 € p. 6 

Brahms : Les quatuors pour piano. Hamelin, Trio Leopo... CDA67471/2 30,72 € p. 2  Duke Ellington : Concertos sacrés. Burghard, Rust, Et... ROP6112 12,48 € p. 6 

Bruckner : Musique vocale sacrée. Rodgers, Denley, Da... CDA66245 15,36 € p. 2  Guido Alberto Fano : Sonate et fantaisies pour piano.... BRIL95353 6,00 € p. 6 
Gyorgy Catoire : Musique de chambre. Ensemble Room-Mu...CDA67512 15,36 € p. 2  Franck, Debussy : Quatuor et quintette pour piano. Ha... CDA68061 15,36 € p. 7 
Chostakovitch : 24 Préludes et Fugues. Nikolayeva. CDA66441/3 37,92 € p. 2  Gál, Mozart : Concertos pour piano et orchestre. Beth... AVIE2358 13,92 € p. 7 
Coleridge-Taylor, Somervell : Concertos pour violon. ... CDA67420 15,36 € p. 2  Karl Goldmark : La Reine de Saba, opéra. Hebelkova, T... CPO555013 28,32 € p. 7 
Louis Moreau Gottschalk : Musique pour piano, vol. 2.... CDA66697 15,36 € p. 2  Janácek, Kodály : Œuvres pour piano. Würtz. PCL0107 8,88 € p. 7 
Carl Heinrich Graun : Der Tod Jesu. Schwabe, van de K... CDA67446 15,36 € p. 2  Robert Lach : Sonates et pièces lyriques pour viole d... BRIL95321 7,57 € p. 7 
Kullak, Dreyschock : Concertos pour piano. Lane, Will... CDA67086 15,36 € p. 2  Lehár : Giuditta, opérette. Libor, Schukoff, Scherwit... CPO777749 26,88 € p. 7 
Liszt : Intégrale de l’œuvre pour piano, vol. 33. How... CDA66957/9 37,92 € p. 2  Jerome Rose joue Liszt : Collection 40ème anniversaire. M40022 26,16 € p. 8 
Liszt : Intégrale de l’œuvre pour piano, vol. 53a. Ho... CDA67401/2 30,72 € p. 2  Liszt : Les Rhapsodies hongroises. Maltempo. PCLD0108 16,08 € p. 8 
Henry Charles Litolff : Concertos pour piano. Donohoe... CDA67210 15,36 € p. 2  Alonso Lobo : Lamentations et autres œuvres sacrées. ... CDA68106 15,36 € p. 8 
Nikolai Medtner : Concerto et quintette pour piano. A... CDA66744 15,36 € p. 2  Machaut : A burning heart. The Orlando Consort. CDA68103 15,36 € p. 8 
Mendelssohn : Les deux concertos pour piano. Coombs, ... CDA66567 15,36 € p. 2  Moritz Moszkowski : Concerto pour piano, op. 3. Angel... CDA68109 15,36 € p. 8 
Gabriel Pierné : Intégrale de l’œuvre pour piano et o... CDA67348 15,36 € p. 2  Moritz Moszkowski : L’œuvre pour piano, vol. 1. Tanyel. CDH55141 9,60 € p. 8 
Prokofiev : Sonates pour violon - 5 Mélodies. Ibragim... CDA67514 15,36 € p. 2  Moritz Moszkowski : L’œuvre pour piano, vol. 2. Tanyel. CDH55142 9,60 € p. 8 
Rózsa, Serly, Bartók : Concertos pour alto. Power, Li... CDA67687 15,36 € p. 2  Moritz Moszkowski : L’œuvre pour piano, vol. 3. Tanyel. CDH55143 9,60 € p. 8 
Saint-Saëns : Musique de chambre. The Nash Ensemble. CDA67431/2 30,72 € p. 2  Carlo Antonio Marino : Concertos et sonates pour cord... TC671302 12,48 € p. 9 
Schubert : Musique de chambre. Trio Florestan. CDA67273 15,36 € p. 2  Mozart : Intégrale des concertos pour violon. Barati. BRIL95368 7,57 € p. 9 
Veljo Tormis : Œuvres chorales. Layton. CDA67601 15,36 € p. 2  Pergolesi : Stabat Mater. Frigato, Mingardo, Ferri. CON2097 13,20 € p. 9 
Tomás Luis de Victoria : Requiem. Hill. CDA66250 15,36 € p. 2  Prokofiev : Œuvres pour violon et piano. Pietsch, Eis... AUD97722 16,08 € p. 9 
Tomás Luis de Victoria : Tenebrae Responsories. Hill. CDA66304 15,36 € p. 2  Prokofiev : Musique de chambre. Ludwig Chamber Players. TACET222 13,92 € p. 9 
Exultate Deo : Chefs-d’œuvre de la polyphonies sacrée... CDA66850 15,36 € p. 2  Reger : L’œuvre pour orgue, vol. 3. Weinberger. CPO777729 31,44 € p. 9 
Vierne, Widor, Dupré : Œuvres sacrées pour chœur et o... CDA66898 15,36 € p. 2  Reger : Mélodies. Bevan, Martineau. CDA68057 15,36 € p. 10 
Marc-André Hamelin : Live at Wigmore Hall CDA66765 15,36 € p. 2  Max Reger : Trois Motets, op. 110. Bernius. CAR83288 15,36 € p. 10 
Kaleïdoscope : Pièces pour piano. Hamelin. CDA67275 15,36 € p. 2  Albert de Rippe : O passi sparsi, œuvres pour luth. STR33928 15,36 € p. 10 
Artiste du mois Albert Roussel : Les deux sonates pour piano et violo... POL203112 13,92 € p. 10 
Ludwig Güttler Edition : Masterpieces. 0300725BC 50,16 € p. 3  Giovanni Maria Sabino : Vêpres à 5 voix. Ensemble Bar... DCTT50 13,92 € p. 10 
Ludwig Güttler Tamar Halperin joue des arrangements d’œuvres de Satie. 0300759NM 14,64 € p. 10 
Ludwig Güttler : Die Jubiläums-Edition 0300549BC 18,24 € p. 3  Léonce de Saint-Martin : Œuvres pour orgue, vol. 1. H... ORG7258 12,84 € p. 10 
Ludwig Güttler Edition 0300705BC 37,20 € p. 3  Schubert : Intégrale des quatuors à cordes, vol. 6. Q... BRIL94467 6,00 € p. 11 
Bach : Suites orchestrales BRIL95018 6,00 € p. 3  John Taverner : Messes. O’Donnell. CDA68147 15,36 € p. 11 
Bach : Passion selon St. Jean BRIL95108 7,57 € p. 3  Tchaikovski : Musique chorale sacrée. Ahmann. CAR83338 15,36 € p. 11 
Friedrich Fasch : Musique instrumentale BRIL94673 7,57 € p. 3  Telemann : Les concertos pour violon, vol. 6. Wallfis... CPO777701 15,36 € p. 11 
Hasse : Missa ultima en sol. Güttler. CAR83240 15,72 € p. 3  Louis Vierne : Mélodies - Quintette pour piano. Morel... BRIL95367 6,00 € p. 11 
Homilius : Oratorio de Noël. Güttler. CAR83235 15,36 € p. 3  Vivaldi : La Cetra, 12 concertos pour violon, op. 9. ... BRIL95046 7,57 € p. 11 
Homilius : Préludes choraux - Cantates. Steude, Jung. CAR83236 15,36 € p. 3  Otton Mieczyslaw Zukowski : Opera Omnia Religiosa, vo... AP0288 12,48 € p. 11 
Homilius : Musique à l’église Notre Dame de Dresde. É... CAR83268 24,00 € p. 3  Otton Mieczyslaw Zukowski : Opera Omnia Religiosa, vo... AP0343 12,48 € p. 11 
Musique pour cuivres de Noël. Güttler. CAR83241 15,36 € p. 3  Récitals
Georg Philipp Telemann : Tafelmusik (Auszüge) 0013982BC 8,16 € p. 3  Berg, Strauss, Schoenberg : Lieder. Boog, Lakner. CPO777976 10,32 € p. 12 
Musique de chambre du 18ème. Güttler. CAR83415 15,72 € p. 3  Decades : A Century of songs, vol. 1 (1810-1820). Sch... VIVAT112 13,92 € p. 12 
Alphabétique Schubert, Rossini, Verdi : Mélodies pour voix et pian... HC16019 13,20 € p. 12 
Midori Seiler joue Bach : Les sonates pour violon BWV... 0300721BC 14,64 € p. 3  Oxalys : Voyage au pays du tendre et de l’effroi. PAS1017 15,36 € p. 12 
Bach all’ italiano : Transcriptions pour flûte à bec ... KL1517 12,48 € p. 3  Pinchas Zukerman joue Berg, Beethoven, Fuchs et Joach... BID80251-2 19,68 € p. 12 
Bach : L’Art de la Fugue. Von Promnitz. AS5074 15,36 € p. 3  La guitare au 19ème siècle. Attademo. BRIL95024 6,00 € p. 12 
Bach : Intégrale des concertos. Belder, Zehetmair, Sc... BRIL95303 26,88 € p. 4  Paul Kletzki dirige Brahms, Schubert et Beethoven. AUD95642 12,48 € p. 12 
C.P.E. Bach : Bürgerkäpitanmusik 1780. Hochman. CPO555016 15,36 € p. 4  Musique contemporaine
C.P.E. Bach : Musique de chambre pour clarinette. Mag... BRIL95307 6,00 € p. 4  Mark Barden : Monoliths, portrait du compositeur. WWE40413 16,44 € p. 13 

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Bon de commande n° 40 / Juillet/Août 2016
Birke J. Bertelsmeier : Folklich, portrait du composi... WWE40414 16,08 € p. 13  Haydn : Intégrale des concertos. Guglielmo, Vogler, H... BRIL94866 21,12 € p. 14 
Friedrich Cerha : Musique de chambre. Trio Boulanger. AVI8553347 15,36 € p. 13  Mascagni : Messa di Gloria. Colusso. BRIL94943 6,00 € p. 14 
Henze : Intégrale de l’œuvre pour guitare seule. Dieci. BRIL95186 6,00 € p. 13  Mendelssohn : Songe d’une nuit d’été - Ouvertures. We... BRIL94936 7,57 € p. 14 
York Höller : Œuvres pour piano. Becker, Chen, Martin... EDA041 19,68 € p. 13  Mozart : Musique de chambre. Ensemble Pyramide. BRIL94929 6,00 € p. 14 
Christian Mason : Unseen Light, portrait du composite... WWE40415 16,08 € p. 13  Paganini: Music for Guitar and Viola BRIL94963 6,00 € p. 14 
Gerard Pape : Harmonies. Joost, Pape. MODE279 14,64 € p. 13  Piazzolla : Café 1930, musique pour violon et guitare... BRIL94896 6,00 € p. 14 
Polish Radio Experimental Studio. Penderecki, Rudnick... DUX1261/62 21,12 € p. 13  Manuel Ponce : L’œuvre pour guitare. Abiton. BRIL94986 12,48 € p. 14 
Errollyn Wallen : Photography, œuvres orchestrales. W... NMCD221 13,20 € p. 13  Rodolphe d’Autriche : Musique pour clarinette et pian... BRIL94952 6,00 € p. 14 
Sélection Brilliant Classics Rubinstein : Musique pour piano à quatre mains, vol. ... BRIL95016 6,00 € p. 14 
Bach : Intégrale des transcriptions de Ferruccio Buso... BRIL94867 7,57 € p. 14  Franz Schubert : Schubert Edition. BRIL94870 83,28 € p. 14 
Bach : Cantates choisies. Leusnik. BRIL94947 15,36 € p. 14  Schumann : Musique de chambre. Würtz, Quatuor Daniel. BRIL95014 6,00 € p. 14 
Bach : Concertos pour hautbois. Puskunigis, Katkus. BRIL94991 6,00 € p. 14  Manuel de Sica : A life in music, portrait du composi... BRIL94905 6,00 € p. 14 
Bach : Oratorio de Noël BRIL95019 9,60 € p. 14  Tchaikovski, Saint-Saëns : Arrangements pour orgue à ... BRIL94881 6,00 € p. 14 
C.P.E. Bach : Musique de chambre avec flûte. Ensemble... BRIL94884 6,00 € p. 14  Telemann: Complete Concertos and Trio Sonatas with vi... BRIL94831 15,36 € p. 14 
C.P.E. Bach : Sonates pour clavecin et violon. Loregg... BRIL94902 6,00 € p. 14  Jeroen van Veen : Musique pour piano. BRIL9454 15,36 € p. 14 
C.P.E. Bach : Ses plus belles œuvres. BRIL94932 7,57 € p. 14  Jacob Ter Veldhuis : Intégrale de la musique pour pia... BRIL94873 7,57 € p. 14 
Beethoven : Léonore. Moser, Cassilly, Adam, Donath, B... BRIL94868 7,57 € p. 14  Vivaldi : Œuvres sacrées. Ihle, Wilke, Markert, Güttl... BRIL95022 6,00 € p. 14 
Boulez/Tamminga: Dialogues BRIL94842 6,00 € p. 14  Vocalise : Musique pour basson et piano. Data, Barbar... BRIL95009 6,00 € p. 14 
Roffredo Caetani : Musique pour piano. Ammara. BRIL94909 6,00 € p. 14  Entartete Music : Musique pour saxophone et piano. Br... BRIL94874 7,57 € p. 14 
Bartolomeo Campagnoli : Quatuor à cordes. Ensemble Sy... BRIL95037 6,00 € p. 14  Fantasía Mexicana : Œuvres pour guitare de Ponce, Oli... BRIL94939 6,00 € p. 14 
Casella : L’œuvre pour piano. D’Ambrosio. BRIL9281 9,60 € p. 14  Novecento : Sonates pour guitare. Porqueddu. BRIL9455 15,36 € p. 14 
Dvorak : Intégrale des concertos. Ricci, Nelsova, Fir... BRIL94938 7,57 € p. 14 
Hanns Eisler : Hanns Eisler Edition. BRIL9430 28,32 € p. 14 
Ferenc Erkel : Hunyadi Laszlo. Fekete, Pataky, Héja. BRIL94869 7,57 € p. 14  TOTAL A €

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