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La matière cristalline et ses propriétés

 1 - Matière cristalline
 2 - Forme des cristaux
 3 - Dureté et déformation
 4 - Température et chaleur
 5 - Conclusions

1 - Matière cristalline
Une partie de la matière solide est sous forme de cristaux, il s'agit essentiellement des métaux,
des céramiques, des roches et minéraux, des sels, de la glace, et de certains produits
organiques comme le sucre cristallisé.
La matière est constituée de briques élémentaires (atomes, molécules) très petites : une brique
fait en environs 1 nanomètre, il faut donc en aligner un million pour faire 1 mm. Dans les
cristaux, ces briques sont empilées de manière ordonnée. La figure suivante donne un
exemple d'empilement ordonné d'atomes ; chaque atome (brique élémentaire) est représenté
par une boule (ce qui ne signifie pas que ce soit sa forme exacte, c'est bien trop petit pour
qu'on puisse le voir même avec un microscope très puissant).

Fig. 1 - Empilement ordonné d'atomes dans un cristal

2 - Forme des cristaux


Cette organisation explique pourquoi les cristaux ont souvent des formes géométriques
déterminées :
 les cristaux de neige ont des branches régulières ;
 les cristaux de sucre et de sel sont brillants, ils ont des faces droites ;
 certains cristaux naturels ont des formes géométriques ;
 on peut tailler les pierres précieuses facilement par clivage (quand on le casse, on
obtient une face bien lisse).
Fig. 2 Symétries extérieures de cristaux de pyrite (Fe2S) naturels, reflétant l'organisation interne de la matière
source : minerals.net

3 - Dureté et déformation
Cette organisation explique aussi pourquoi tous les matériaux cristallins sont durs : comme les
atomes ont une place bien précise, on peut difficilement les bouger ou alors on casse
carrément tout. Donc, les cristaux se déforment en général difficilement, d'où la dureté des
pierres, des céramiques, du diamant... à l'exception de quelques métaux mous comme l'or, le
plomb, l'étain et le cuivre.
En fait, il faut distinguer deux types de déformation. Pour illustrer ceci, vous pouvez prendre
un fil de fer ou une fine lame d'acier, comme par exemple une lame de couteau bas de gamme
ou de scie à métaux -- attention de ne pas vous couper !
 Si on tord légèrement la lame, elle reprend sa forme quand on arrête ; on parle de
déformation élastique. Pendant cette déformation, les atomes restent à leur place dans
le cristal, mais sont écrasés ou étirés.

Fig. 3 Écrasement et étirement des atomes lors de la déformation élastique

l'image des atomes est volontairement grossie : si l'on considère une lame d'acier de
0,1 mm d'épaisseur, de 1 cm de large et de 50 cm de long, il suffit d'environs 30 mg
pour lui donner une flèche de 1 cm, mais la déformation (compression ou extension)
maximale des atomes n'est que d'environs 0,1 %, ce qui ne se verrait pas sur le dessin
(la déformation de chaque atome est très faible, mais cumulé sur des milliards
d'atomes, cela donne une déformation totale visible à l'oeil nu) ;
 Si on tord beaucoup la lame, elle restera tordue définitivement, on parle de
déformation plastique. Là, les atomes sont carrément déplacés, ils ont glissé les uns
sur les autres, la déformation est donc définitive.

Fig. 4 Déformation plastique, les atomes ont été déplacés

En regard de ces deux modes de déformation, il faut définir deux types de qualificatifs pour
caractériser un matériau :
 souplesse et rigidité : il s'agit là de déformation élastique (réversible), un ressort en
acier est rigide alors qu'un élastique en caoutchouc est souple ;
 dureté et ductilité : il s'agit là de déformation plastique (définitive), un matériau est dit
dur lorsqu'il est difficile de le rayer, il est dit ductile lorsqu'il se raye facilement ; en
fait, ductile signifie maléable, "que l'on peut modeler facilement", mais cela revient au
même.

Quant à la fragilité... Le verre est plus dur que le plastique (il se raye moins facilement), mais
est plus fragile (il se casse plus facilement), les porteurs de lunettes le savent. Contrairement à
l'idée générale, les matériaux dur sont fragiles ; pour pouvoir absorber les chocs importants,
un matériau doit être un peu mou, ductile.
Pour les études scientifiques de la déformation, on utilise plus volontier la déformation en
traction, sur des bareaux massifs (éprouvettes cylindriques d'environs 1 cm de diamètre et
10 cm de long) avec des machines très puissantes (elle peuvent tirer plusieurs tonnes).
Fig. 5 Essai de traction : a - déformation élastique (déformation des atomes) ; b - déformation plastique
(glissement des atomes)
Là encore, l'image est caricaturale ; un fil d'acier de 1 m de long et d'une section d'1 mm2
auquel on suspend une masse de 10 kg s'allonge de... 0,1 micron, soit un 10 000ème de
millimètre (0,000 01 %).

4 - Température et chaleur
Le température, c'est la sensation de chaud ou de froid que l'on a en touchant un objet. Cette
sensation correspond à l'agitation désordonnée des atomes dans l'objet. En effet, les atomes
vibrent continuellement de manière faible, mais comme il sont trop petits pour que nous
puissions les sentir individuellement, on a l'impression qu'une surface lisse est au repos ; ou
encore, comme la pulpe de nos doigts est molle, elle joue le rôle d'amortisseur et on ne sent
pas cette vibration. Par contre, l'énergie de vibration de l'objet se transmet aux atomes de nos
doigts et donne cette sensation de chaleur, et si elle est importante, elle peut même provoquer
des brûlures ! Car les atomes du doigt étant moins bien organisés que les atomes du métal,
une agitation importante peut aller jusqu'à détruire l'organisation de la peau -- et causer une
blessure que l'on appelle une brûlure (à partir de 60 oC).
Les atomes bougent autour de leur position moyenne, ils poussent leurs voisins, mais aux
températures modérées, ce mouvement n'est pas suffisant pour qu'un atome chasse un autre.
C'est une peu comme les noeuds d'un sommier (croisement des fils de fer) lorsque l'on saute
sur un lit ; ou bien, imaginez des gens sur un banc qui bougent de gauche à droite en se
poussant gentillement en écoutant un concert, mais sans faire tomber les autres.

Fig. 6 Température : les atomes s'agitent, remuent sur place et se poussent les uns les autres
La température mesure donc l'agitation microscopique des atomes, plus les atomes sont agités,
plus la température est élevée. La chaleur, elle désigne l'énergie qui est échangée entre deux
objets de température différente. Lorsque l'on met en contact deux objets de température
différente, l'objet chaud donne de la chaleur à l'objet froid ; dans l'histoire, l'objet chaud
refroidit et l'objet froid se réchauffe. En fait, la chaleur est à la température ce que l'énergie
cinétique est à la vitesse, le chaleur est l'énergie qu'il faut donner à un objet pour qu'il arrive à
une certaine température.
Mais la chaleur peut se transmettre dans l'objet lui-même par conduction : si vous laissez une
cuillère en métal dans un plat chaud, le manche, bien qu'étant dehors, devient vite brûlant. En
effet, les atomes étant serrés les uns contre les autres, leur agitation se transmet de proche en
proche.

Fig. 7 Conduction de la chaleur dans un cristal ; l'agitation progresse de proche en proche

5 - Conclusions
Certains comportement des matériaux cristallins (principalement les minéraux, métaux,
céramiques, sels) peuvent s'expliquer par leur structure -- atomes empilés de manière
régulière -- qui est très différente d'autres matériaux (plastiques, bois, verres...) :
 facettage ;
 dureté ;
 bonne conduction de la chaleur.

Pour avoir plus de précisions :


 Éléments de cristallographie, une description plus précise de la structure des
cristaux ;
 Déformation plastique et dislocations, une description plus précise du mécanisme de
déformation plastique.