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Chapitre V : Les mutations et leurs conséquences 2eme année

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Chapitre V : Les mutations et leurs conséquences

Introduction : Une mutation est une modification rare, accidentelle ou provoquée, de


l'information génétique. Selon le niveau considéré, on peut classer les mutations en trois
grandes catégories : mutations géniques, mutations chromosomiques et mutations
génomiques.

On distingue deux catégories de mutations :

Les mutations somatiques se produisent dans les tissus somatiques (qui ne produisent pas de
gamètes). Ces mutations ne sont pas transmissibles aux générations issues de reproduction
sexuée.

Les mutations germinales apparaissent dans les cellules sexuelles (qui produisent des
gamètes). Ces mutations peuvent être transmissibles aux générations issues de reproduction
sexuée.

1. Mutations géniques
La mutation génique est un changement dans la séquence d’ADN d’un gène. Elles affectent
un seul gène en provoquant de petites lésions (1 à plusieurs bases).
La mutation est la principale source de la variation génétique.

1.1. L’origine des mutations


Les mutations sont réparties en deux catégories : les mutations induites et les mutations
spontanées. Les mutations induites (provoquées) apparaissent à la suite de l’intervention
d’un traitement délibéré par des substances mutagènes ou des agents de l’environnement
connus pour augmenter le taux de mutations (Rx, R gama…). Les mutations spontanées
sont créées en absence de traitement mutagène connu (erreurs de réplication qui ont
échappées aux mécanismes de réparation…).

1.2. Les types de mutations géniques


1.2.1. Substitution de nucléotide
Elle désigne la modification d’une paire de base (une paire de base est remplacée par une
autre). Le remplacement d’une purine par une autre purine (ou d’une pyrimidine par une
autre pyrimidine) s’appelle une transition. Le remplacement d’une purine par une
pyrimidine (ou vice versa) s’appelle une transversion .

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Figure . Changements de bases pyrimidiques ou puriques par transition ou transversion

Trois types de conséquences peuvent résulter d’une substitution de nucléotide


dans une séquence d’ADN :
1.2.1.1. Mutations silencieuses
La mutation change un codon spécifiant un acide aminé en un autre codon du même acide
aminé, ce qui est souvent le cas si le changement de base concerne la 3ème position du codon.
Ces mutations n’ont pas d’effet sur la protéine codée et ne conduisent pas à un phénotype
mutant.

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1.2.1.2. Mutations « faux sens » ou contre sens


Le codon d’un acide aminé est remplacé par le codon d’un autre acide aminé. La plupart des
protéines tolèrent certaines modifications de sa séquence d’acides aminés. Mais des
modifications d’acides aminés dans des régions de la protéine qui sont importantes pour sa
structure ou sa fonction sont plus susceptibles d’avoir un effet et de produire un phénotype
mutant.

1.2.1.3. Mutations neutres


C’est des mutations faux sens qui remplacent un acide aminé par un autre de nature chimique
similaire ou affectent un acide aminé qui n’a que peu d’effet sur la fonction de la protéine.

1.2.1.4.Mutations « non-sens »
Le codon d’un acide aminé est remplacé par un des trois codons stop (codon de terminaison
de la traduction : UAA, UAG, UGA). Ces mutations conduisent à un arrêt prématuré de la
traduction de l’ARN messager donc à une protéine plus courte qui a perdu une partie de sa
région terminale. Les mutations non sens ont un sérieux effet sur l’activité de la protéine
codée et elles produisent souvent un phénotype mutant.

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1.2.2. Mutations de grande ampleur : mutation par décalage du cadre de lecture


Un second type important de mutations géniques provient de délétions ou d’insertions :

1.2.2.1. Délétions
Elles consistent en la perte d’une portion de séquence d’ADN. La quantité perdue est très
variable. Les délétions peuvent se limiter à une base ou être beaucoup plus grosses, dans
certains cas un gène entier.

1.2.2.2. Insertions
Ce sont des mutations qui résultent de l’insertion de bases surnuméraires. Comme pour les
délétions, la quantité insérée peut être d’un ou deux bases ou beaucoup plus.

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Si le nombre de paires de bases perdues ou insérées n'est pas un multiple de trois, le cadre de
lecture de l'ADN (et donc de l'ARNm) est modifié. La séquence des acides aminés est
différente à partir du point de la délétion ou de l'insertion (exemple : AAT-TGG-CAC devient
ATT-GGC-AC… par perte d'un A). Pour cette raison, les mutations par décalage du cadre de
lecture conduisent en général à une perte complète de la structure et de la fonction normales
de la protéine.

2. Mutations chromosomiques
Morphologie des chromosomes
Les chromosomes sont classés en quatre types sur la base de la positon du centromère:
- Métacentriques
- Submétacentriques
- Acrocentriques
- Télocentriques

Métacentriques Submétacentriques Acrocentriques Télocentriques

En fonction des remaniements, on distingue les anomalies :


Équilibrées: Dans ce cas, il n'y a ni perte ni addition de matériel chromosomique,
Déséquilibrées: Dans ce cas, il y a perte ou excès de matériel chromosomique,

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Les types des mutations chromosomiques :


Les changements dans la structure des chromosomes, peuvent se présenter sous plusieurs
formes :

1. Les délétions (interstitielles/ terminales)


Une délétion est simplement la perte d’une partie d’un bras chromosomique. Le processus de
délétion interstitielle exige deux cassures chromosomiques pour éliminer le segment
intermédiaire, suivie par une religation des extrémités des pièces flanquantes Alors que la
délétion terminale implique une cassure unique. Le fragment ainsi délété ne possède pas de
centromère ; par conséquent il ne pourra s’attacher au fuseau mitotique et sera perdu à la
division cellulaire. Les délétions ont en général des effets phénotypiques sévères, les grandes
délétions sont souvent mortelles.

2. Les duplications
Un segment chromosomique peut être doublé, ce
qui constitue une duplication. Généralement, les
duplications peuvent survenir à la suite d’un
crossing over inégal. Les duplications entrainent
des conséquences moins graves que ne le font les
délétions.

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3. Les inversions

Un segment chromosomique peut être tourné de 180°, ce


qu’on appelle une inversion. Il existe deux grands types
d’inversion. Si le centromère n’est pas impliqué dans
l’inversion, on dit de celle-ci qu’elle est paracentrique.
Les inversions qui englobent le centromère sont quant à
elles péricentriques. Les inversions sont des
réarrangements équilibrés, elles ne modifient pas la
quantité totale de matériel génétique et ne provoquent donc
pas de déséquilibre de gènes. Les individus présentant des
inversions sont généralement normaux s’il n’y a pas de
cassure à l’intérieur des gènes.

Inversion paracentrique Inversion péricentrique

4. Les Translocations
Une translocation est le transfert (échange)
de matériel entre deux chromosomes non
homologues. On observe trois types :

4.1. Translocations réciproques


Les translocations réciproques surviennent
quand deux chromosomes échangent des
segments non homologues. La descendance
d’un sujet porteur d’une translocation
réciproque peut avoir une trisomie pour
l’un des segments transloqués et, dans le
même temps, une monosomie pour l’autre
segment.

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4.2. Translocations non réciproques


(insertion)
Les translocations non réciproques surviennent
quand un chromosome transmet un segment
vers un autre chromosome non homologue.

4.3. Translocations Robertsoniennes


Les translocations Robertsoniennes impliquent
une translocation entre deux chromosomes
acrocentriques (Chez l’homme : les
chromosomes 13, 14, 15, 21 et 22). Les
cassures surviennent dans la partie proximale
des bras courts, au-dessus du centromère. Une
personne porteuse d’une translocation
Robertsonienne a un risque d’avoir un enfant
présentant une trisomie ou une monosomie
complète.

5. Chromosome en anneau : Délétion


terminale des deux bras et réunion des
extrémités pour former un anneau.

6. Les iso-chromosomes : Ce sont des


chromosomes formés de deux bras longs ou
de deux bras courts identiques, avec perte de
l’autre bras

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6. Chromosomes dicentriques : Ces


chromosomes résultent de la fusion, souvent
dans les régions télomériques, de deux
chromosomes homologues ou non
homologues.

3. Mutations génomiques

Terminologie (Génome, Ploïdie, monoploïdie, diploïdie, haploïdie,


polyploïdie, euploïdie, aneuploïdie) :

Le Génome est le terme utilisé pour décrire l'ensemble des gènes portés par les chromosomes
d'une cellule.

La ploïdie est un terme qui précise et quantifie le nombre de lots de chromosomes dans une
cellule.

Un organisme qui comporte un seul lot de chromosomes dans ses cellules est un monoploïde
(1n). Les cellules sexuelles (ovules et spermatozoïdes) sont dites haploïdes (1n
chromosomes).

Un organisme qui comporte deux lots de chromosomes dans ses cellules est un diploïde (2n
chromosomes).
Il y a aussi des êtres vivants qui ont le degré de ploïdie 3n (triploïde), 4n (tétraploïde), 6n
(hexaploïde) ou même des degrés plus élevés : c’est des polyploïdies.
L’euploïdie est l’état dans lequel le nombre de chromosomes dans le noyau est un multiple
exact du nombre haploïde (1n, 2n, 3n, 4n…). Par contre chez l’aneuploïdie le nombre de
chromosomes n’est pas un multiple exact du nombre haploïde (2n+1, 2n-1, 2n+2…).
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Les mutations génomiques sont des changements du nombre de chromosomes présents


dans la cellule. Elles sont réparties en deux groupes :
1) Les changements de jeux complets de chromosomes (euploïdie aberrante)
2) Les changements de parties de jeux de chromosomes (aneuploïdie).
3.1. L’euploïdie aberrante
Les organismes qui possèdent un nombre supérieur ou inférieur au nombre normal de jeux de
chromosomes sont des euploïdies aberrantes. 3n (Triploïdes), 4n (Tétraploïdes), 5n
(pentaploïdes) … ect.
3.1.1. L’euploïdie chez l’homme et les
animaux
Dans l’état normal, les gamètes sont haploïdes,
(n=23). Par exemple, si deux spermatozoïdes
fécondent un ovocyte, le zygote produit sera
triploïde (3n=69). Une triploïdie peut aussi
survenir en cas d’échec de la méiose, conduisant
ainsi à la fécondation d’un ovocyte diploïde par
un spermatozoïde haploïde ou le contraire.
Les triploïdies surviennent fréquemment lors de
la conception chez l’homme mais les embryons
ne survivent jamais jusqu’au terme.

3.1.2. L’euploïdie chez les plantes


La polyploïdie est très courante chez les plantes. Il faut distinguer les autopolyploïdies
composées de multiples jeux provenant d’une même espèce, des allopolyploïdes comportant
des jeux de chromosomes issus de deux espèces différentes ou plus. Les allopolyploïdes ne se
forment qu’entre des espèces étroitement apparentées.
3.1.2.1. Autopolypoïdes
Les autopolypoïdes ont deux fois plus de chromosomes que la normale, mais tous leurs
chromosomes viennent d’une espèce unique, souvent du même individu.
Survient quand des accidents à la méiose ou à la mitose produisent des jeux supplémentaires
de chromosomes, tous issus d’une même espèce.

La non disjonction de tous les chromosomes à la mitose chez un embryon (2n) précoce double
le nombre de chromosomes et produit un autotétraploïde (4n)

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Une non disjonction à la méiose produit un gamète diploïde qui fusionne avec un gamète
haploïde normal pour produire un zygote triploïde (3n)

L’autopolyploïdie peut aussi se produire artificiellement (par traitement à la colchicine ou par


croisement entre diploïdes et tétraploïdes: 2n X 4n = descendance 3n (stérile, fruits sans
graine) par dédoublement chromosomique. Elle a lieu au niveau des gamètes non réduites.

Les autopolyploïdies avec un nombre d’homologues impairs sont stériles. Cette


caractéristique a été exploitée en agriculture pour produire des fruits sans pépins.
Exemples :
Banane 3n = 33 chromosomes (triploïde)

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3.1.2.2. Allopolyploïdes

Les Allopolyploïdes Résultent de l’hybridation de deux espèces différentes ou plus (mais


suffisamment apparentées) suivie d’une non disjonction pendant la division mitotique
précoce.

Figure 13. Allopolyploïdes

Figure 14. Exemple d’Allopolyploïdie

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3.2. Aneuploïdie
Un aneuploïde est un organisme dont le nombre de chromosomes diffère du type sauvage par
une partie du jeu de chromosomes.
Généralement, le jeu de chromosomes aneuploïde diffère du type sauvage seulement par un
chromosome ou par un petit nombre de chromosomes

La nomenclature des aneuploïdes est basée sur le nombre de copies du chromosome concerné
dans l’état aneuploïde:
Trisomie 2n + 1
Monosomie 2n - 1
Nullésomie 2n – 2
Tétrasomie 2n + 2

Généralement chez les organismes diploïdes, le déséquilibre chromosomique dû à l’état


trisomique entraîne l’anormalité ou la mort.

Aneuploïdie des chromosomes sexuels : la formule la plus courante d’aneuploïdie concerne


les chromosomes sexuels. Les syndromes de Turner et de Klinefelter résultent de ce type
d’aneuploïdie

Aneuploïdie autosomique : chez l’Homme, les aneuploïdes autosomiques arrivés vivants à la


naissance sont beaucoup moins nombreux que les aneuploïdes sexuels (la plupart des
aneuploïdes avortent spontanément à l’exception de certains)

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Les principaux cas d’aneuploïdies autosomiques sont les suivants :

Références bibliographiques :

Biologie moléculaire de la cellule. Lodish et al, 7° édition publié par W.H.FREEMAN, New york.
Copyright2012.
L’essentiel de la génétique, Benjamin et al, 1° édition publié par W.H.FREEMAN, New york.
Copyright2011.
Génétique, William Klug et al, 8eme édition par Pearson Education. Copyright2006.
Introduction à l’analyse génétique. Griffiths, Wessler, Lewontin, Gelbart, Suzuki, Miller. De boeck, 4ème
édition, 2006.
Génétique médicale (de la biologie à la pratique clinique). Read Donnai. Edition De boeck, 2008.
L’essentiel en génétique. P.C Winter, G.I. Hickey et H.I. Fletcher. Berti éditions. 2002.
Mini manuel de génétique. J-M Petit, S Arico et R Julien. Dunod, 4ème édition, 2015.
Génétique médicale. B Lynn, C John, J Michael et L Raymond. Elsevier. 2003.

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