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Equilibre des corps flottants

Un flotteur est solide de forme quelconque, généralement fermé en équilibre dans un fluide.
L’équilibre n’est possible que si le poids du flotteur inférieur ou égal au poids du fluide qu’il peut
déplacer.

Théorème d'Archimède
Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci ou traversant sa surface libre, subit une
poussée (force FA) verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids (FP) du volume de fluide déplacé ; cette
force FA est appelée poussée d'Archimède.

Le corps immergé dans un fluide est soumis à une poussée verticale F A égale en valeur et opposée en direction au
poids P= ρgW du liquide déplacé par ce corps (P= FP).

La somme des forces dans ce cas est égale à zéro (0) ou encore  PdS     F dW
S W

La poussée passe par le centre de gravité G du fluide déplacé. Le principe d’Archimède n’est valable que si le corps
est complètement immergé ou flotte.

Les paramètres d’un corps flottant (un solide de forme quelconque généralement fermé en équilibre dans
un fluide et cet équilibre n’est que si le poids du corps est inférieur ou égal au poids du fluide qu’il peut
déplacer) sont :

Plan de flottaison

Ligne de flottaison
Carène
Plan de
La carène est le volume immergé du corps flottant (volume situé au dessous du plan de flottaison).
Le déplacement est le produit de la carène par le volume du corps.
On appelle flottabilité d’un corps sa propriété de rester insubmersible sous une force donnée.
Si le poids du corps ρgW est supérieur à la poussée verticale, le corps se noie. Si le poids est égal à la poussée verticale, le corps
flotte à l’état immergé. Si le poids est inferieur à la poussée verticale le corps émerge jusqu’au moment où à la diminution du
volume du volume immergé (diminution de la poussée verticale F diminue jusqu’à la valeur ρgW.
On appelle stabilité l’aptitude d’un corps flottant déséquilibré de revenir en position d’équilibre initial
après que les forces dues au roulis, tangage et lacet cessent d’agir.
Mouvements de rotations possibles Forces correspondantes

Roulis
Z
OY (Longitudinal)

Tangages OX ( Tranversal)
y X
Lacet OZ (Vertical)

A l’équilibre le Poids P et la poussée F sont égaux et opposés.


En écartant un peu le flotteur de sa position d’équilibre le volume du liquide déplacé bien que
demeurant constant change de forme. Le centre de poussée C devient C’ pour des inclinaisons
α faible. Le déplacement CC’ est un arc de circonférence dont le centre est un point M appelé
métacentre. La poussée passe toujours par le Point M qui est considéré comme son point
d’application.
La condition d’équilibre est stable si le point M est au dessus de G
FA
FA

α
C’ C

FP
FP
P
Idée de calcul
Supposons un cube d'arête a entièrement immergé dans un liquide, sa face du haut étant horizontale et située
à une profondeur z1 > 0 (le sens positif est vers le bas).

Dans le cas d'un liquide incompressible au repos soumis à un champ de pesanteur uniforme,


la pression absolue p vaut

 ,

où po est la pression atmosphérique et p  la pression hydrostatique.


h

À une profondeur z, la pression hydrostatique correspond au poids P d'une colonne de liquide


(que l'on peut imaginer cylindrique) de hauteur z et de base A, divisé par la base. Or

,
où m est la masse de la colonne, zA son volume, ρ la masse volumique (supposée
uniforme) du liquide et g l'accélération de la gravité, ce qui donne

La pression absolue vaut donc

Par symétrie, les forces de pression exercées sur les quatre faces verticales du
cube s'annulent deux à deux.

La force F 1 exercée vers le bas sur la face du haut, d'aire A = a2, vaut

La force F2 exercée vers le haut sur la face du bas, située à la


profondeur z2 = z1 + a, vaut

La résultante F de toutes les forces de pression vaut donc

 ,

où V = a 3 est le volume du cube, c'est-à-dire en l'occurrence le volume immergé, et Mf la masse du fluide
contenu dans un volume V. La grandeur de la force résultante est donc bien égale à celle du poids Mfg du
volume de fluide déplacé ; cette force étant négative, elle est bien orientée verticalement vers le haut.

Il est possible de généraliser la démonstration précédente à un volume de forme quelconque. Il suffit de


décomposer la surface bordant le volume en une infinité d'éléments infinitésimaux dS supposés plans, puis
de faire la somme, à l'aide du calcul intégral, de toutes les forces infinitésimales df exercées sur chaque
élément de surface.
Démonstration plus générale
On peut déduire le théorème d'Archimède de celui du gradient3 : supposons un volume quelconque V,
délimité par une surface fermée S, plongé entièrement dans un fluide de masse volumique ρ soumis à un
champ de pesanteur  , non nécessairement uniforme.

Par définition de la pression p, la résultante des forces de pression exercées sur le volume est

où   est un élément infinitésimal de la surface considérée, orienté

par convention vers l'extérieur de cette surface, et  l'élément infinitésimal de force qui s'y exerce.

Par le théorème du gradient puis la loi fondamentale de l'hydrostatique, cette expression devient

qui est l'opposé du poids du volume de fluide déplacé.


Exemple d'un solide entièrement immergé
Trois solides de densités différentes peuvent subir une poussée d'Archimède inférieure,
égale ou supérieure à leur poids.
Immergeons entièrement un solide de volume V, de masse m et de masse volumiqueρ dans un fluide de
masse volumique ρf uniforme, puis relâchons-le à partir du repos. Au départ, la vitesse étant nulle, deux
forces seulement agissent sur le solide : son poids Fp (vers le bas) et la poussée d'Archimède Fa (vers le
haut).

Fp = ρV g
Fa = ρfV g
Fp / Fa = ρ / ρf
Le rapport des masses volumiques est en l'occurrence équivalent à celui des densités.

 Si la densité du solide est supérieure à celle du fluide, alors Fp > Fa et le solide coule.


 Si la densité du solide est égale à celle du fluide, alors Fp = Fa et le solide demeure immobile ; il est
en équilibre neutre ou indifférent.
 Si la densité du solide est inférieure à celle du fluide, alors Fp < Fa et le solide remonte vers la
surface.

Dans les deux cas où le solide n'est pas en équilibre, son mouvement ultérieur est déterminé par trois forces :
son poids, la poussée d'Archimède (opposée au poids) et une force de frottement visqueux Ff (opposée à la
vitesse).

Selon la deuxième loi du mouvement de Newton, on a alors :

Fp – Fa ± Ff = m a (le sens positif est vers le bas)

où a est l'accélération du solide.

Comme la force de frottement visqueux n'est pas constante, mais qu'elle augmente avec la vitesse,
l'accélération diminue graduellement, de sorte que le solide atteint 4 plus ou moins rapidement une vitesse
limite, lorsque la résultante des forces est nulle.
Exemple d'un solide flottant à la surface d'un liquide
La poussée d'Archimède équilibre le poids du solide.
En réalité, le point d'application5 de la poussée d'Archimède devrait se trouver au centre du volume immergé,
donc plus bas que le centre de gravité du solide.

Considérons un solide de volume V et de masse volumique ρS flottant à la surface d'un liquide de masse
volumique ρL. Si le solide flotte, c'est que son poids est équilibré par la poussée d'Archimède :

Fa = Fp .
La poussée d'Archimède étant égale (en grandeur) au poids du volume de liquide déplacé (équivalent au
volume V i immergé), on peut écrire :

ρLV i g = ρSV g.
Le volume immergé vaut donc

V i = ( ρS / ρL ) V .
Puisque V > V i, il s'en suit que ρS < ρL .
Ascension et dépression capillaire
Ascension capillaire : Un tube de verre de faible diamètre (< 1 mm) est plongé dans un liquide
mouillant.

CONSTATATIONS :

 Le niveau du liquide dans le tube est supérieur au niveau de la surface libre du


récipient.
 Le ménisque concave dans ce cas est tangent à la paroi du tube.

L’ascension capillaire est due aux tensions superficielles appliquées aux divers points du
contour du ménisque. La résultante F de ces tensions équilibre le poids P du liquide soulevé :
F = 2RA avec : A = tension superficielle en N/m R = rayon du tube en mètre. Le poids du
liquide soulevé vaut : P = R2phg. A l’équilibre, P = F, donc :

Dépression capillaire : L’expérience est identique à la précédente, mais en utilisant un liquide


non mouillant (mercure).

CONSTATATIONS :

 Le niveau du liquide s’abaisse dans le tube au dessous du niveau de la surface libre du


récipient.
 Le ménisque convexe dans ce cas est non tangent à la paroi et forme un angle a avec
celle-ci.
Dans ce cas, les forces de tension superficielle tirent vers le bas un certain poids du liquide. La
résultante F de ces tensions équilibre le poids P du liquide soulevé : F = 2RA cosa Le poids du
liquide soulevé vaut : P = R2 p h g.

A l’équilibre, P = F, donc :

Loi de Jurin : L’ascension et la dépression capillaire sont :

 Proportionnelles à la tension superficielle du liquide.


 Inversement proportionnelles à la masse volumique de ce liquide.
 Inversement proportionnelles au diamètre du tube capillaire utilisé.
 Mouillage (physique)


 Goutte de liquide sur une surface solide idéale (situation de mouillage partiel.
L'angle entre la surface fluide et la surface solide est appelé angle de contact.
 Le mouillage d'un liquide sur un solide désigne d'une part la forme que prend le
liquide à la surface du solide (mouillage statique) et la façon dont il se comporte
lorsqu'on essaie de le faire couler (hystérèse, ancrage, mouillage dynamique). Ces
comportements découlent des interactions intermoléculaire entre les molécules de
liquide, solide et de gaz à la l'interface entre les trois milieux. Ces interactions sont
modélisées à l'échelle macroscopique via la tension superficielle.

On pose θ l'angle de raccordement du liquide avec le verre du tube. Pour les liquides qui
mouillent parfaitement (eau pure sur verre propre ou solvant organique) cet angle est nul.
S'il est inférieur à 90°, le liquide mouille imparfaitement le verre (eau sur verre gras). S'il
est supérieur à 90° le liquide ne mouille pas (mercure). 
Si l'on admet que le ménisque est une calotte sphérique de rayon R et si le rayon du
capillaire est r, on a la relation :
r = R.cosθ . 
D'après la loi de Laplace, la hauteur de l'élévation du liquide dans le tube est donnée par la
relation :
h = 2A.cos(θ)  / r.g.ρ (ρ masse volumique du liquide). 
Cette relation constitue la loi de Jurin.
Loi de Jurin

Effet capillaire.

La loi de Jurin donne la hauteur à laquelle un liquide monte dans un tube capillaire. Cette
loi porte le nom de James Jurin.

Cette loi s'exprime par :

 h est la hauteur du liquide ;


 γ est la tension superficielle du liquide ;
 θ est l'angle de contact entre le liquide et la paroi du tube, aussi appelé angle de
raccordement  ;
 ρ est la masse volumique du liquide ;
 r est le rayon du tube ;
 g est l'accélération de la pesanteur.

Les conditions de validité sont les suivantes : il faut que le diamètre du tube soit petit
devant la longueur capillaire, qui vaut typiquement deux millimètres pour de l'eau à la
température et pression ambiante. Si le tube est tenu oblique alors la loi de Jurin donne la
hauteur verticale (pas la hauteur mesurée le long du tube).
CINEMATIQUE DES FLUIDES
Contrairement à la dynamique des fluides, l'objet de la
cinématique n'est pas l'étude des forces mises en jeu au sein
d'un écoulement mais plutôt d'accéder à une description
qualitative (et dans une certaine mesure quantitative) de
l'écoulement en terme de trajectoires, vitesses et évolutions
spatio-temporelles. Nous verrons dans ce chapitre qu'une
formulation mathématique faisant appel à des fonctions
complexes permet la modélisation d'écoulements types (à deux
dimensions) susceptible de décrire fidèlement des
comportements d'écoulements réels. Bien évidemment, il existe
des approches beaucoup plus évoluées (reposant toutefois sur
les mêmes bases fondamentales) et donc plus réalistes ;
néanmoins, elles s'avèrent beaucoup plus difficiles d'un point de
vue mathématique et ne sont pas l'objet de ce cours.
Puisque la description d'un écoulement requiert nécessairement
l'utilisation d'un certain nombre de grandeurs caractéristiques, il
nous faut commencer par les définir précisément.
La particule fluide :
C'est l'entité élémentaire choisie pour permettre une description
complète des écoulements. Il s'agit d'un « paquet de
molécules » entourant un point M donné de l'espace fluide.
Ces molécules sont alors supposées avoir toutes la même
vitesse à chaque instant.

Description de Lagrange
Il s'agit d'une description de l'écoulement qui consiste à suivre
dans l'espace fluide la position d'une particule choisie en
fonction du temps. Il en découle la définition de la
« trajectoire » d'une particule fluide : c'est l'ensemble des
positions occupées successivement par une même particule
(figure N°1).
Figure N°1
Attention :
Il ne faut pas confondre ligne de courant et trajectoire. Ce sont
deux notions fondamentalement différentes. En effet, si
initialement (à t=t0) une particule occupe un point M0, elle se
dirigera naturellement dans la direction donnée par la ligne de
courant passant par M0 à t0, mais à t1>t0 cette même particule se
trouvera en un point appartenant à une ligne de courant
définie à et qui n'a a priori aucune raison d'être identique à celle
définie à t0. Les deux courbes divergent donc dès que t> t0.
Remarque :
Les deux descriptions, Euler et Lagrange, sont
complémentaires et permettent souvent la conjugaison de deux
approches différentes pour décrire un même écoulement. Pour
faire une analogie avec le domaine de l'image et de la vidéo, il
serait opportun de comparer la description d'Euler à un « arrêt
sur image » d'une vidéo, et d'associer la description de
Lagrange à une photo prise avec un temps de pose très long
(photo de nuit).
Champ de vecteurs vitesse : L’ensemble des vitesses en un
instant donné aux différents points d’un domaine fluide constitue
le champ de vitesses V(M, t).
Description d'Euler
C'est une description de l'écoulement qui consiste à établir à un
instant t donné l'ensemble des vitesses associées à chacun des
points de l'espace fluide. Ainsi, à chaque point M est associé
une vitesse V(M, t) susceptible d'évoluer dans le temps.
L'écoulement du fluide est alors décrit au moyen d'un ensemble
de vecteurs vitesse appelé « champ de vecteurs vitesse ».
C'est donc une image instantanée de l'écoulement qui est
utilisée.
Sur la base de ce champ de vecteurs vitesse, on définit comme
« ligne de courant » la courbe qui en chacun de ses points est
tangente au vecteur vitesse (figure N°2). Au même titre que le
champ de vecteurs vitesse, il s'agit donc d'une représentation
au sein l'espace fluide susceptible d'évoluer dans le temps ; en
conséquence, on prendra soin de dater les lignes de courant
ainsi définies (ligne de courant passant par tel point à l'instant t).

Figure N°2

Ligne de courant : En régime stationnaire, on appelle ligne de courant


la courbe suivant laquelle se déplace un élément de fluide. Une ligne
de courant est tangente en chacun de ses points aux vecteurs vitesses
du fluide en ce point.
Tube de courant : Ensemble de lignes de courant s'appuyant sur une
courbe fermée.
Filet de courant : Tube de courant s'appuyant sur un petit élément de
surface S.
La section de base S du tube ainsi définie est suffisamment petite
pour que la vitesse du fluide soit la même en tous ses points
(répartition uniforme).
 
Ligne d'émission :
Toutes les particules étant passées par un même point E sont
situées à l'instant sur une courbe appelée « ligne
d'émission » relative au point E à l'instant t. La figure 39
explicite cette définition qui n'a a priori rien de très intuitif.
Toutefois, il s'agit d'une courbe qu'il est souvent très facile de
mettre en évidence expérimentalement : l'exemple le plus
explicite étant la source colorante au sein d'un écoulement de
fluide translucide, où le filet coloré ainsi produit correspond à
une ligne d'émission.

Figure N°3
Écoulement permanent
Un écoulement est qualifié de permanent (ou stationnaire)
lorsque le champ de vecteurs vitesse de l'espace fluide qu'il
occupe est statique : les vecteurs vitesse n'évoluent pas dans le
temps. Les conséquences sont multiples :
← les lignes de courant sont aussi statiques ;
← les trajectoires coïncident avec les lignes de courant ;

← les lignes d'émission coïncident également avec les

lignes de courant.
Il n'y a donc plus aucune dépendance explicite avec le temps et
les courbes précédemment définies et fondamentalement
différentes coïncident dans l'espace fluide.
Remarque :
Tout écoulement non stationnaire est extrêmement difficile
(voire souvent impossible) à décrire d'un point de vue purement
analytique. Il ne sera donc question dans ce cours que de
descriptions d'écoulements permanents.

Définition de la fonction de courant


Considérons l'écoulement conservatif d'un fluide
incompressible. Dans ce cas, l'équation de continuité se formule
simplement par : . Par ailleurs, quelle que soit la quantité
vectorielle , en tout point de l'espace la relation mathématique
doit être vérifiée. Donc, par identification, on peut
définir en tout point de l'espace le vecteur vitesse comme
résultant de , où peut alors être qualifié de « potentiel
vecteur ». La connaissance de ce potentiel vecteur en tout point
de l'espace permet donc d'en déduire les trois composantes du
vecteur vitesse en ce même point :

Considérons maintenant que l'écoulement est bidimensionnel,


dans le plan , impliquant que et qu'il y ait invariance par
translation suivant , d'où . Il reste alors :

Dans ces conditions, on note que chaque vecteur vitesse est


défini au moyen de seulement deux composantes et que celles-
ci dérivent d'une seule composante parmi les trois du potentiel
vecteur. On peut donc en conclure que le champ de vecteurs
vitesse d'un écoulement plan dérive d'une quantité scalaire, la
fonction de courant . La connaissance de cette seule
fonction de courant permet alors d'en déduire le champ de
vecteurs vitesse en tout point de l'écoulement, par simple
application de :

Remarque :
Dans un système de coordonnées cylindriques, la démarche
reste la même et conduit à définir pour exprimer les
composantes cylindriques du vecteur vitesse comme :

Propriétés de la fonction de courant


Partant de la fonction de courant pour définir le vecteur vitesse,
l'équation de continuité appliquée dans le cadre d'un
écoulement plan et conservatif d'un fluide incompressible
permet d'établir une propriété remarquable de la fonction de
courant :

d'où :

On en déduit par conséquent que est une différentielle


totale exacte et que possède une seule et
unique primitive. En pratique, lorsqu'on intègre d'un point A à
un point B du plan, le résultat de l'intégration ne dépend donc
pas du chemin suivi entre ces deux points :

Dans le plan de l'écoulement, l'ensemble des points pour


lesquels la fonction de courant renvoie une valeur constante
définit une courbe particulière : il s'agit d'une courbe le long de
laquelle , où doit être vérifié : . Or, puisque
et , on peut écrire : , ce qui signifie
qu'en chaque point de cette courbe, doit être vérifié :

Autrement dit, la tangente à la courbe est en tout point identique


à l'orientation du vecteur vitesse (voir figure N°4). Une courbe
qui présente cette propriété est alors une courbe que l'on a déjà
définie comme étant une ligne de courant. Il en résulte que la
fonction de courant est constante le long d'une ligne de
courant.

Figure N°4
Remarque :
A chaque ligne de courant correspond une constante différente
comme valeur de la fonction de courant. On peut ainsi faire
l'analogie avec les lignes de niveau des cartes topographiques :
l'ensemble des lieux se trouvant à la même altitude constitue
une courbe de niveau ; la fonction de courant est ainsi
l'analogue de l'altitude. L'analogie peut être poussée en
considérant que le passage d'une courbe de niveau à une autre
induit une dénivellation qui est indépendante du chemin
emprunté. Il en est de même pour la fonction de courant dont,
on l'a vu, la différentielle est totale exacte.
Débit et lignes de courant

Figure N°5
Considérons, au sein d'un écoulement plan, deux lignes de
courant infiniment voisines (voir figure N°6) et caractérisées par
des fonctions de courant dont les constantes sont infiniment
proches : et . Considérons par ailleurs deux points M et
M' appartenant à chacune de ces deux lignes de courant et
donnons nous pour objectif de calculer le débit volumique de
l'écoulement à travers le segment [MM']. Il s'agit d'un débit
élémentaire qui peut se décomposer en considérant la somme
des débits traversant les projections selon et du segment
MM'. On a ainsi :

où le signe - rend compte du fait que le débit à travers


contribue négativement au débit global. Or, les composantes de
la vitesse peuvent se formuler en fonction des dérivées
partielles de la fonction de courant : et ; on obtient
alors cette nouvelle formulation du débit élémentaire :

On vient ainsi de montrer que .


Évidemment, l'intérêt de cette équivalence est qu'il est possible
de calculer simplement le débit volumique de fluide s'écoulant
entre deux lignes de courant quelconques en intégrant entre
deux points quelconques A et B appartenant à chacune de ces
deux lignes (voir figure N°7) :

Figure N°7

Définitions
Un écoulement est qualifié d'irrotationnel lorsque les particules
fluides ne subissent pas de rotation pure, autrement dit quand le
tenseur des rotations pures est nul (voir « Dynamique des
fluides » A.3). Rappelons que ce tenseur antisymétrique est
constitué des composantes du vecteur tourbillon et qu'en
conséquence ce dernier doit être nul en tout point de
l'écoulement :

Puisque le vecteur tourbillon n'est autre que le rotationnel du


vecteur vitesse , il en résulte qu'un écoulement
irrotationnel doit vérifier :

Or, quelle que soit la fonction scalaire , la relation


mathématique est toujours vraie. Donc, par
identification de avec , on peut définir le champ de vecteurs
vitesse d'un écoulement à partir de la seule fonction scalaire ,
que l'on nommera désormais potentiel des vitesses. Il en
résulte que les composantes du vecteur vitesse s'expriment en
fonction des dérivées partielles du potentiel des vitesses :

Sur la base des mêmes hypothèses que celles posées pour


définir la fonction de courant, supposons que l'écoulement soit
conservatif en plus d'être irrotationnel : dans ces conditions, on
doit vérifier l'équation de continuité sous sa forme : ; ce qui
conduit à :

On en conclut que le potentiel des vitesses doit vérifier


l'équation de Laplace.
Remarque :
Si l'écoulement est irrotationnel, la fonction de courant doit
également vérifier l'équation de Laplace. En effet, on a :

Propriétés du potentiel des vitesses


Figure N°8
Au sein d'un écoulement plan, l'équation définit une
courbe qu'on nommera « équipotentielle ». Le potentiel des
vitesses étant constant le long d'une telle courbe, on doit vérifier
. Or, et , d'où : devant être
vérifiée en tout point de l'équipotentielle. Autrement formulé, on
a:

ce qui signifie qu'en chacun de ses points, la courbe est


orthogonale au vecteur vitesse (voir figure N°8). Il en résulte
par ailleurs que les équipotentielles sont partout
orthogonales aux lignes de courant. La figure N°9 illustre
cette propriété à partir d'un exemple d'écoulement plan où les
lignes de courant sont représentées en traits pleins et les
équipotentielles en traits pointillés.
Figure N°9

Figure N°10
La signification physique de ces équipotentielles se comprend à
travers le calcul de la longueur d'un élément d'arc le long d'une
ligne de courant entre deux équipotentielles (voir figure N°10).
Si les deux équipotentielles sont infiniment proches, on peut
considérer que leurs deux constantes respectives diffèrent
d'une quantité élémentaire (l'une est de constante , l'autre
de constante ). Si on note la longueur de l'élément d'arc,
il peut se décomposer en .
Par ailleurs, on a déjà établi que , avec

localement le long de la ligne de courant , d'où et

donc . On obtient de même , et

on en déduit que : et . Ainsi, la longueur de


l'élément d'arc se reformule :

Ce résultat permet de statuer sur le fait que la distance entre


deux équipotentielles est inversement proportionnelle à la
vitesse locale de l'écoulement. L'exemple de la figure 44 illustre
bien qu'en choisissant un écart constant entre les
équipotentielles tracées, un resserrement de celles-ci traduit
une accélération de l'écoulement, alors qu'à l'inverse un
espacement traduit une décélération. On comprend alors
l'intérêt de représenter, en plus des lignes de courant, les
équipotentielles qui permettent d'avoir une vision complète de
l'écoulement en terme d'évolution spatiale des vitesses.

Potentiel complexe des vitesses et exemples d'écoulements


plans
Définition et contexte
Lorsqu'un écoulement plan est conservatif et irrotationnel, il
peut être complètement décrit au moyen d'une fonction
analytique complexe appelée « potentiel complexe des
vitesses ». Cette fonction complexe comporte une partie
réelle correspondant au potentiel des vitesses et une
partie imaginaire correspondant à la fonction de courant .
On définit ainsi :
Remarque :
La définition d'une telle fonction analytique est légitime dans la
mesure où le potentiel des vitesses et la fonction de courant
vérifient les relations de Cauchy : et .
L'intérêt de l'utilisation du potentiel complexe des vitesses est
double :
← il réunit en une seule fonction les deux fonctions

descriptives de l'écoulement ;
← il permet la construction d'écoulements évolués par

simple superposition d'écoulements élémentaires :

Écoulement uniforme
Considérons l'écoulement plan dont le potentiel complexe des
vitesses se formule :

où est une constante réelle.


Par identification des parties réelle et imaginaire avec
respectivement le potentiel des vitesses et la fonction de
courant, on obtient :

Les lignes de courant sont alors définies par ,


d'où : il s'agit donc de droites horizontales (toutes
parallèles à l'axe ). Tandis que les équipotentielles sont
définies par , d'où : il s'agit alors de droites
verticales (toutes parallèles à l'axe ). Comme il se doit, on
remarque que les lignes de courant sont de fait orthogonales
aux équipotentielles.
On peut par ailleurs en déduire le champ de vecteurs vitesse en
utilisant soit la fonction de courant, soit le potentiel des
vitesses :
d'où en tout point de l'écoulement, correspondant à un
écoulement uniforme de vitesse selon l'axe , comme le
montre la figure 46.

Figure N°11
Remarque :
L'utilisation d'une constante complexe permet d'orienter
l'écoulement uniforme selon une direction quelconque.
Écoulement plan autour d'une source ou d'un puits
Considérons l'écoulement plan dont le potentiel complexe des
vitesses se formule :

où est une constante réelle.


Pour faciliter le traitement mathématique, il conviendra de
travailler préférentiellement en coordonnées cylindriques ;
ainsi : et , où l'on peut identifier le
potentiel des vitesses (partie réelle) et la fonction de courant
(partie imaginaire) :

Les lignes de courant sont telles que ,


autrement dit il s'agit de droites passant toutes par l'origine du
repère. Les équipotentielles doivent vérifier que
: il s'agit de cercles tous centrés sur
l'origine du repère. On vérifie bien ainsi qu'en tout point de
l'écoulement les équipotentielles sont orthogonales aux lignes
de courant. Par ailleurs, le champ de vecteurs vitesse s'obtient
en calculant :

On a donc un écoulement radial, centré sur l'origine du repère,


où la vitesse est inversement proportionnelle à la distance à
l'origine (voir figure 47). On remarquera que selon le signe de
la constante , l'écoulement peut être divergent ou convergent :
si alors l'écoulement est divergent et correspond à l'effet
d'une source à l'origine ; si , l'écoulement est convergent
et correspond à l'effet d'un puits à l'origine.

Figure N°11
La signification physique de la constante est en rapport avec
le débit généré par cette source ou ce puits. Pour s'en rendre
compte, calculons le débit volumique de l'écoulement radial à
travers un cylindre d'axe (perpendiculaire au plan de
l'écoulement), de rayon , et de hauteur . L'écoulement
ayant lieu à travers la surface latérale du cylindre, on peut
calculer :

où et .
On obtient donc :

Ainsi, indépendamment du cylindre choisi, la constante est


égale, à près, au débit généré par la source ou le puits. C'est
la raison pour laquelle on formule communément l'écoulement
généré par un puits ( ) ou une source ( ) par :

où est le débit volumique par unité de hauteur de l'écoulement


plan (en ).
Remarque :
Cette formulation vaut pour un puits ou une source centré à
l'origine du repère. On peut très bien envisager un écoulement
centré en un point quelconque du plan, de coordonnées
, en formulant simplement .
Vortex ou tourbillon libre
Considérons l'écoulement plan dont le potentiel complexe des
vitesses se formule :

où est une constante réelle.


Une nouvelle fois, il est plus approprié de travailler dans un
système de coordonnées cylindriques.
Développons cette fonction pour identifier le potentiel des
vitesses et la fonction de courant :

d'où :

Les lignes de courant sont telles que ,


autrement dit il s'agit de cercles tous centrés sur l'origine du
repère. Les équipotentielles doivent vérifier que
: il s'agit de droites passant toutes par
l'origine du repère. On vérifie encore qu'en tout point de
l'écoulement les équipotentielles sont orthogonales aux lignes
de courant. Par ailleurs, le champ de vecteurs vitesse s'obtient
en calculant :

Figure N°12
On a donc un écoulement orthoradial, tournant autour de
l'origine du repère, où la vitesse est inversement proportionnelle
à la distance à l'origine (voir figure N°12). On notera la
différence avec l'écoulement radial généré par un puits ou une
source : les lignes de courant et les équipotentielles sont inter-
changées. Par ailleurs, le signe de la constante définit le sens
de rotation : si le vortex tourne dans le sens
trigonométrique ; si , il tourne dans le sens horaire.
La signification physique de la constante est en rapport avec
la circulation du vecteur vitesse autour de l'origine du vortex.
Pour le comprendre, calculons la circulation du vecteur vitesse
le long d'une ligne de courant définie par un cercle de rayon
centré sur l'origine ; on a ainsi :

On en déduit que la circulation est une propriété intrinsèque du


vortex. En conséquence, on formulera plus communément le
potentiel complexe des vitesses correspondant à un vortex en
faisant apparaître sa circulation :

où le fait tourner dans le sens trigonométrique et dans le


sens horaire.
Remarque :
Cette formulation vaut pour un vortex tournant autour de
l'origine du repère. On peut très bien envisager un vortex
tournant autour d'un point quelconque du plan, de coordonnées
, en formulant simplement .
Doublet et dipôle
Considérons l'association d'un puits et d'une source au sein
d'un même écoulement plan. Positionnons la source de débit
en et le puits de débit en . Il s'agit alors de
l'écoulement généré par un « doublet ». Puisque la
superposition d'écoulements élémentaires s'opère par simple
addition de leurs potentiels complexes des vitesses,
l'association du puits et de la source se formule par :

Le traitement mathématique de cette fonction est simplifié en


faisant appel à deux systèmes de coordonnées ; définissons
alors deux repères cylindriques tels que :

et reformulons en conséquence :
Par identification de la partie réelle avec le potentiel des
vitesses et de la partie imaginaire avec la fonction de courant,
on obtient :

Par définition, les lignes de courant sont telles que et


conduisent à tracer des courbes vérifiant : . La figure
49 montre alors que de telles courbes sont des cercles passant
par l'origine du puits et l'origine de la source et ayant comme
centre un point de l'axe . Sans faire le calcul du champ de
vecteurs vitesse, on oriente intuitivement le parcours des
particules fluides en constatant logiquement que l'écoulement
diverge depuis la source et converge vers le puits.

Figure
49
Remarque :
Intervertir les positions de la source et du puits ne change que
le sens de parcours des particules le long des lignes de courant,
ces dernières restant inchangées. Par ailleurs, les
équipotentielles étant orthogonales en tout point aux lignes de
courant, on comprend graphiquement (voir figure 49) qu'elles
prennent la forme de cercles centrés sur l'axe .
Faisons tendre à présent vers zéro la distance entre le puits et
la source : . Dans ces conditions, on superpose le puits et
la source à l'origine, en créant ainsi un « dipôle ». Il convient
alors de reformuler la fonction complexe dans un système de
coordonnées unique :

et comme au premier ordre, on approxime :

Posons alors le moment dipolaire caractérisant ce dipôle.


Il en résulte la formulation suivante pour le dipôle :

où est une constante, qui peut être considérée complexe et


permettre ainsi d'orienter à loisir le dipôle dans le plan de
l'écoulement.
Faisons l'hypothèse d'un moment dipolaire réel positif et
étudions l'écoulement qui en résulte. Il convient logiquement de
travailler une fois encore dans un repère cylindrique et de
développer pour identifier la fonction de courant et le
potentiel des vitesses :

d'où :

Une ligne de courant devant vérifier , son équation se


formule : . Montrons alors qu'il s'agit de l'équation d'un
cercle :

Appelons la constante et poursuivons :

où l'on reconnaît l'équation d'un cercle de rayon et de centre


se trouvant à sur l'axe . Ainsi, à chaque valeur différente de
correspond une ligne de courant prenant la forme d'un cercle
passant par l'origine et dont le centre se trouve sur l'axe (voir
figure 50). On remarquera que, logiquement, les
équipotentielles sont aussi des cercles passant par l'origine
mais dont les centres se trouvent sur l'axe .

Figure 50
Remarque :
Les écoulements élémentaires présentés ici peuvent ensuite
être associés pour former des écoulements plus évolués et
susceptibles de décrire des situations concrètes. L'exemple le
plus typique étant la superposition d'un écoulement uniforme
avec un dipôle qui conduit à la description d'un écoulement
autour d'un cylindre. Ce même cylindre peut ensuite être
considéré en rotation autour de son axe en introduisant un
vortex : l'analyse des vitesses au contact de la paroi du cylindre
montre alors que la répartition des pressions (par simple
application l'équation de Bernoulli) est à l'origine d'une force qui
s'exerce perpendiculairement à la direction de l'écoulement
uniforme. Il s'agit de la portance générée par l'effet Magnus.
Cours de Mécanique des Fluides
Expériences de mécanique des fluides
 Généralités
 Dynamique des fluides incompressibles (F1)
 Viscosité (F2)
 Pertes de charge (F3)
 Tension superficielle (F4)

               GÉNÉRALITÉS
 
               DYNAMIQUE DES FLUIDES INCOMPRESSIBLES (F1)
1 - DEFINITIONS

Le débit est le quotient de la quantité de fluide qui traverse une


section droite de la conduite par la durée de cet écoulement.
1.1 - Débit-masse
Si m est la masse de fluide qui a traversé une section droite de la
conduite pendant le temps t, par définition le débit-masse est : unité :
kg·s-1

1.2 - Débit-volume
Si V est le volume de fluide qui a traversé une section droite de la
conduite pendant le temps t, par définition le débit-volume est :
unité : m3·s-1.

1.3 - Relation entre qm et qV

La masse volumique est donnée par la relation :    d'où :  


 Remarques :
Les liquides sont incompressibles et peu dilatables (masse volumique constante) ; on parle alors d'écoulements
isovolumes.
Pour les gaz, la masse volumique dépend de la température et de la pression. Pour des vitesses faibles (variation de
pression limitée) et pour des températures constantes on retrouve le cas d'un écoulement isovolume.
1.4 - Écoulements permanents ou stationnaires
Un régime d'écoulement est dit permanent ou stationnaire si les
paramètres qui le caractérisent (pression, température, vitesse, masse
volumique, ...), ont une valeur constante au cours du temps.
2 - Équation de conservation de la masse ou équation
de continuité
2.1 - Définitions
Ligne de courant : En régime stationnaire, on appelle ligne de
courant la courbe suivant laquelle se déplace un élément de fluide.
Une ligne de courant est tangente en chacun de ses points aux vecteurs vitesses du fluide en ce point.
Tube de courant : Ensemble de lignes de courant s'appuyant sur une courbe fermée.
Filet de courant : Tube de courant s'appuyant sur un petit élément de surface S.
La section de base S du tube ainsi définie est suffisamment petite pour que la vitesse du fluide soit la même en
tous ses points (répartition uniforme).
 
 
 
2.2 - Conservation du débit
Considérons un tube de courant entre deux sections S 1 et S1. Pendant l'intervalle de temps t, infiniment petit, la
masse m1 de fluide ayant traversé la section S 1 est la même que la masse m2 ayant traversé la section S2.

               En régime stationnaire, le débit-masse est le même à travers toutes les sections  droites
d'un même tube de courant.
Dans le cas d'un écoulement isovolume ( = Cte) :

                En régime stationnaire, le débit-volume est le même à travers toutes les sections  droites
d'un même tube de courant
2.3 - Expression du débit en fonction de la vitesse v
Le débit-volume est aussi la quantité de liquide occupant un volume cylindrique de base S et de longueur égale à v,
correspondant à la longueur du trajet effectué pendant l'unité de temps, par une particule de fluide traversant S.

Il en résulte la relation importante :           


2.4 - Vitesse moyenne

En général la vitesse v n'est pas constante sur la section S d'un tube de courant ; on dit qu'il existe un profil de
vitesse (à cause des forces de frottement). Le débit-masse ou le débit-volume s'obtient en intégrant la relation
précédente :
Dans une section droite S de la canalisation, on appelle vitesse moyenne vm la vitesse telle que :  

 
La vitesse moyenne vmoy apparaît comme la vitesse uniforme à travers la section S qui assurerait le même débit que
la répartition réelle des vitesses.
Si l'écoulement est isovolume, cette vitesse moyenne est inversement proportionnelle à l'aire de la section droite.
                        C'est l'équation de continuité.
La vitesse moyenne est d'autant plus grande que la section est faible.

           

3 - Théorème de BERNOULLI
3.1 - Le phénomène
Contat : La pression d'un fluide diminue lorsque sa vitesse augmente.
3.2 - Théorème de Bernoulli pour un écoulement permanent d’un fluide parfait incompressible
Un fluide parfait est un fluide dont l'écoulement se fait sans frottement.
On considère un écoulement permanent isovolume d’un fluide parfait, entre les sections S 1 et S2, entre lesquelles il
n’y a aucune machine hydraulique, (pas de pompe, ni de turbine).
Soit m la masse et V le volume du fluide qui passe à travers la section S 1 entre les instants t et t+t. Pendant ce
temps la même masse et le même volume de fluide passe à travers la section S 2. Tout se passe comme si ce fluide
était passé de la position (1) à la position (2).
En appliquant le théorème de l’énergie cinétique à ce fluide entre les instants t et t+ t (la variation d’énergie
cinétique est égale à la somme des travaux des forces extérieures : poids et forces pressantes), on obtient :

                                                                 

p est la pression statique,  est la pression de pesanteur,  est la pression cinétique.


Tous les termes s’expriment en pascal.

En divisant tous les termes de la relation précédente par le produit g, on écrit tous les termes dans la dimension
d'une hauteur (pressions exprimées en mètres de colonne de fluide).

 H est la Hauteur totale,     est la Hauteur de Pression, z est la cote,  est la Hauteur cinétique,   est la
Hauteur piézomètrique.
3.3 - Cas d'un écoulement (1)(2) sans échange de travail
Lorsque, dans un écoulement d’un fluide parfait, il n'y a aucune
machine (ni pompe ni turbine) entre les points (1) et (2) d'une même
ligne de courant, la relation de Bernoulli peut s’écrire sous l'une ou
l'autre des formes suivantes :

    ou       
3.4 - Cas d'un écoulement (1)(2) avec échange d’énergie
Lorsque le fluide traverse une machine hydraulique, il échange de l’énergie avec cette machine sous forme de

travail W pendant une durée t. La puissance P échangée est     


Unités : P en watt (W), W en joule (J),  t en seconde (s).
         P > 0 si l’énergie est reçue par le fluide (ex. : pompe) ;
         P< 0 si l’énergie est fournie par le fluide (ex. : turbine).
Si le débit-volume est qv, la relation de Bernoulli s’écrit alors :   

4 - Application du Théorème de Bernoulli :


4.1 - Tube de pitot
On considère un liquide en écoulement permanent dans une canalisation et deux tubes plongeant dans le liquide,
l'un débouchant en A face au courant, et l'autre en B est le long des lignes de courant, les deux extrémités étant à la
même hauteur. Au point B, le liquide a la même vitesse v que dans la canalisation et la pression est la même que
celle du liquide pB = p.
En A, point d'arrêt, la vitesse est nulle et la pression est p A.
D'après le théorème de Bernoulli,

        
En mesurant la dénivellation h du liquide dans les deux tubes, on peut en déduire la
vitesse v d'écoulement du fluide.
4.2 - Phénomène de Venturi
Un conduit de section principale S A subit un étranglement en B où sa section est S B. La
vitesse d’un fluide augmente dans l’étranglement, donc sa pression y diminue : vB > vA 
pB < pA
Le théorème de Bernoulli s'écrit ici :

D'après l'équation de continuité,  et donc

La différence de pression aux bornes


     
aux extrémités du tube de Venturi est proportionnelle au carré du débit ;
application à la mesure des débits (organes déprimogènes).
On peut citer aussi la trompe à eau, le pulvérisateur...
4.3 - Écoulement d'un liquide contenu dans un réservoir - Théorème de Torricelli
Considérons un réservoir muni d'un petit orifice à sa base, de section s et une ligne de courant partant de la surface
au point (1) et arrivant à l'orifice au point (2). En appliquant le théorème de Bernoulli entre les points (1) et (2),
Or p1 = p2 = pression atmosphérique et v1<<v2 d'où    
La vitesse d'écoulement est la même que la vitesse de chute libre entre la surface libre et l'orifice, quelle que soit la
masse volumique du liquide.
 Application : vase de Mariotte à débit constant.
 
               VISCOSITE (F2)
1 - Le phénomène
1.1 - Observations
         L'eau, l'huile, le miel coulent différemment : l'eau coule vite, mais avec des tourbillons ; le miel coule
lentement, mais de façon bien régulière.
         La chute d'un parachutiste se fait à vitesse constante, contrairement à la loi de la chute libre.
         La pression d'un liquide réel diminue tout au long d'une canalisation dans laquelle il s'écoule, même si elle est
horizontale et de section uniforme, contrairement au théorème de Bernoulli.
1.2 - Conclusion
         Dans un fluide réel, les forces de contact ne sont pas perpendiculaires aux éléments de surface sur lesquelles
elles s'exercent. La viscosité est due à ces frottements qui s'opposent au glissement des couches fluides les unes
sur les autres.
         Les phénomènes dus à la viscosité des fluides ne se produisent que lorsque ces fluides sont en mouvement.
2 - Viscosité dynamique - Viscosité cinématique
2.1 - Profil des vitesses
Sous l'effet des forces d'interaction entre les molécules de fluide et des forces d'interaction entre les molécules de
fluide et celles de la paroi, chaque molécule de fluide ne s'écoule pas à la même vitesse. On dit qu'il existe un
profil de vitesse.

Si on représente par un vecteur, la vitesse de chaque particule située dans une section droite perpendiculaire à l'écoulement
d'ensemble, la courbe lieu des extrémités de ces vecteurs représente le profil de vitesse.
 Le mouvement du fluide peut être considéré comme résultant du glissement des couches de fluide les unes sur les
autres.
La vitesse de chaque couche est une fonction de la distance z de cette courbe au plan fixe : v = v(z).
2.2 - Viscosité dynamique
Considérons deux couches de fluide contiguës distantes de z. La force de frottement F qui s'exerce à la surface de
séparation de ces deux couches s'oppose au glissement d'une couche sur l'autre. Elle est proportionnelle à la
différence de vitesse des couches soit v, à leur surface S et inversement proportionnelle à z :
Le facteur de proportionnalité est le coefficient de viscosité dynamique du fluide.
Dimension :    [] = M·L-1·T-1.
 
Unité : Dans le système international (SI), l'unité de viscosité dynamique est le Pascal seconde (Pas) ou Poiseuille
(Pl) : 1 Pa·s = 1 Pl = 1 kg/m·s
Autres unités (non légales) :
On trouve encore les tables de valeurs numériques le coefficient de viscosité dans un ancien système d'unités
(CGS) : l'unité est le Poise (Po) ;  1 Pl = 10 Po = 1 daPo = 103 cPo.
La viscosité de produits industriels (huiles en particulier) est exprimée au moyen d'unités empiriques :    degré
ENGLER en Europe, degré Redwood en Angleterre, degré Saybolt aux USA.
2.3 - Viscosité cinématique
Dans de nombreuses formules apparaît le rapport de la viscosité dynamique et de la masse volumique .

Ce rapport est appelé viscosité cinématique :              Dimension : [] = L2·T-1.


Unité : Dans le système international (SI), l'unité de viscosité n'a pas de nom particulier : (m2/s).
            Dans le système CGS (non légal), l'unité est le Stokes (St) : 1 m2/s = 104 St
2.4 - Ordre de grandeur ; influence de la température
Fluide  (Pa·s)
eau (0 °C) 1,787 x 10–3
eau (20 °C) 1,002·x 10–3
eau (100 °C) 0,2818·x 10–3
huile d'olive (20 °C)  100·x 10–3
glycérol (20 °C)  1,0
H2 (20 °C) 0,860·x 10–5
O2(20 °C) 1,95·x 10–5
La viscosité des liquides diminue beaucoup lorsque la température augmente.
Il n'existe pas de relation rigoureuse liant et T.
Contrairement à celle des liquides, la viscosité des gaz augmente avec la température.
3 - Mesurage de viscosités
3.1 - Viscosimètre d'Ostwald (voir T.P.)
On mesure la durée d'écoulement t d'un volume V de liquide à travers un tube capillaire. On montre que la
viscosité cinématique  est proportionnelle à la durée t. Si on connaît la constante de l'appareil (K) fournie par le
constructeur :    = K·t
Si on ne connaît pas cette constante, on la détermine préalablement à l'aide de l'eau.
3.2 - Viscosimètre à chute de bille ou viscosimètre d'Hoepler

Une bille sphérique tombe lentement dans un tube bien calibré renfermant le liquide visqueux.
On mesure la durée t que met la bille pour parcourir une certaine distance. On montre que la viscosité dynamique 
est proportionnelle à la durée t :  = K·t
3.3 - Viscosimètre rotatif ou viscosimètre de Couette
 
Un cylindre plein (A) tourne à vitesse constante dans un liquide contenu dans
un récipient cylindrique (B) ; celui-ci, mobile autour de son axe de révolution,
est entraîné par le liquide. Un ressort, exerçant un couple de torsion après avoir
tourné d'un angle , retient (B) en équilibre.
On montre que la viscosité dynamique  est proportionnelle à l'angle  :  =
K·
3.4 - Applications ; conséquences

 
La propulsion par hélice d’un avion ou d’un bateau est possible grâce à la viscosité de l’air ou de l’eau.
A cause de sa viscosité, la pression d’un fluide réel diminue en s’écoulant dans une canalisation  ; cela nécessite
parfois d’introduire des pompes à distance régulière tout au long de la canalisation.
 

               PERTES DE CHARGE (F3)


1 - Le phénomène
Observations
         La pression d'un liquide réel diminue tout au long d'une canalisation dans laquelle il s'écoule, même si elle est
horizontale et de section uniforme, contrairement au théorème de Bernoulli.
         La pression d'un fluide réel diminue après le passage à travers un coude, une vanne ou un rétrécissement.
Conclusion
         Un fluide réel, en mouvement, subit des pertes d'énergie dues aux frottements sur les parois de la
canalisation (pertes de charge systématiques) ou sur les "accidents" de parcours (pertes de charge singulières).
2 - Les différents régimes d'écoulement : nombre de Reynolds

Les expériences réalisées par Reynolds (1883) lors de l'écoulement d'un liquide dans une conduite cylindrique rectiligne dans
laquelle arrive également un filet de liquide coloré, ont montré l'existence de deux régimes d'écoulement : laminaire et
turbulent.
En utilisant des fluides divers (viscosité différente), en faisant varier le débit et le diamètre de la canalisation,
Reynolds a montré que le paramètre qui permettait de déterminer si l'écoulement est laminaire ou turbulent est un
nombre sans dimension appelé nombre de Reynolds et donné par :

                        ou                   avec :


= masse volumique du fluide, v = vitesse moyenne, D = diamètre de la conduite

= viscosité dynamique du fluide,  = viscosité cinématique 


L'expérience montre que :
si Re < 2000           le régime est LAMINAIRE
si 2000 < Re< 3000 le régime est intermédiaire
si Re > 3000 le régime est TURBULENT
Ces valeurs doivent être considérées comme des ordres de grandeur, le passage d'un type d'écoulement à un autre se
faisant progressivement.
3 - Théorème de Bernoulli appliqué à un fluide réel avec pertes de charge
Lors d'un écoulement d'un fluide réel il peut y avoir des pertes de charge entre les points (1) et (2) : dans le cas
d’une installation ne comportant pas de machine hydraulique (pompe ou turbine) on écrira la relation de Bernoulli
sous la forme :
         p représente l’ensemble des pertes de charge entre (1) et (2)  exprimées en Pa.
4 - Expression des pertes de charge
4.1 - Influence des différentes grandeurs
Lorsqu'on considère un fluide réel, les pertes d'énergie spécifiques ou bien comme on les appelle souvent, les pertes
de charge dépendent de la forme, des dimensions et de la rugosité de la canalisation, de la vitesse d'écoulement et
de la viscosité du liquide mais non de la valeur absolue de la pression qui règne dans le liquide.
La différence de pression p = p1 - p2 entre deux points (1) et (2) d'un circuit hydraulique a pour origine :
         Les frottements du fluide sur la paroi interne de la tuyauterie ; on les appelle pertes de charge régulières ou
systématiques.
         La résistance à l'écoulement provoquée par les accidents de parcours (coudes, élargissements ou rétrécissement
de la section, organes de réglage, etc.) ; ce sont les pertes de charge accidentelles ou singulières.
Le problème du calcul de ces pertes de charge met en présence les principales grandeurs suivantes :
Le fluide caractérisé par :           sa masse volumique .
    sa viscosité cinématique .
Un tuyau caractérisée par :         sa section (forme et dimension) en général circulaire (diamètre D),  sa longueur L.
                                                 sa rugosité k (hauteur moyenne des aspérités de la paroi).
Ces éléments sont liés par des grandeurs comme la vitesse moyenne d'écoulement v ou le débit q et le nombre de
Reynolds Re qui joue un rôle primordial dans le calcul des pertes de charge.

4.2 - Pertes de charge systématiques


4.2.1 - Généralités
Ce genre de perte est causé par le frottement intérieur qui se produit dans les liquides ; il
se rencontre dans les tuyaux lisses aussi bien que dans les tuyaux rugueux.
Entre deux points séparés par une longueur L, dans un tuyau de diamètre D apparaît une
perte de pression p. exprimée sous la forme suivante :

  Différence  de pression (Pa)              Perte de charge exprimée en    mètres de colonne de fluide (mCF)
 est un coefficient sans dimension appelé coefficient de perte de charge linéaire.
Le calcul des pertes de charge repose entièrement sur la détermination de ce coefficient .
4.2.2 - Cas de l'écoulement laminaire :      Re  < 2000
Dans ce cas on peut montrer que le coefficient est uniquement fonction du nombre de Reynolds Re ; l'état de la
surface n'intervient pas et donc ne dépend pas de k (hauteur moyenne des aspérités du tuyau), ni de la nature de la
tuyauterie.

       avec          
Il est alors immédiat de voir que h est proportionnel à la vitesse v et donc au débit q, ainsi qu'à la viscosité
cinématique .
 
4.2.3 - Loi de Poiseuille
Pour un écoulement laminaire, dans une conduite cylindrique horizontale, le débit-volume d'un fluide est donné
par :

  avec :
         qv   : débit-volume (m3·s–1),
         r     : rayon intérieur (m),
             : viscosité dynamique du fluide (Pa·s),
            : longueur entre les points (1) et (2) (m),
         p1 et p2 : pression du fluide aux points (1) et (2) (Pa).
4.2.4 - Cas de l'écoulement turbulent :    Re  >  3000
Les phénomènes d'écoulement sont beaucoup plus complexes et la détermination du coefficient de perte de charge
résulte de mesures expérimentales. C'est ce qui explique la diversité des formules anciennes qui ont été proposées
pour sa détermination.
En régime turbulent l'état de la surface devient sensible et son influence est d'autant plus grande que le nombre de
Reynolds Re est grand. Tous les travaux ont montré l'influence de la rugosité et on s'est attaché par la suite à
chercher la variation du coefficient en fonction du nombre de Reynolds Re et de la rugosité k du tuyau.
La formule de Colebrook est actuellement considérée comme celle qui traduit le mieux les phénomènes
d'écoulement en régime turbulent. Elle est présentée sous la forme suivante :

L'utilisation directe de cette formule demanderait, du fait de sa forme implicite, un calcul par approximations
successives ; on emploie aussi en pratique des représentations graphiques (abaques).
Pour simplifier la relation précédente, on peut chercher à savoir si l'écoulement est hydrauliquement lisse ou
rugueux pour évaluer la prédominance des deux termes entre parenthèses dans la relation de Colebrook.
Remarque :
On fait souvent appel à des formules empiriques plus simples valables pour des cas particuliers et dans un certain
domaine du nombre de Reynolds, par exemple :

Formule de Blasius : (pour des tuyaux lisses et Re < 105)          


4.3 - Pertes de charge accidentelles
Ainsi que les expériences le montrent, dans beaucoup de cas, les pertes de charge sont à peu près proportionnelles
au carré de la vitesse et donc on a adopté la forme suivante d'expression :

             
Perte de charge exprimée en de pression (Pa). Perte de charge exprimée en mètres de colonne de fluide (mCF)
 
K est appelé coefficient de perte de charge singulière (sans dimension).
La détermination de ce coefficient est principalement du domaine de l'expérience.
5 - Théorème de Bernoulli généralisé
Lors d'un écoulement d'un fluide réel entre les points (1) et (2) il peut y avoir des échanges d'énergie entre ce fluide
et le milieu extérieur :
         par travail à travers une machine, pompe ou turbine ; la puissance échangée étant P (voir Théorème de
Bernoulli § 3.7)
         par pertes de charge dues aux frottements du fluide sur les parois ou les accidents de parcours ; la différence de
pression étant p (voir ci-dessus § 3.1 et §3.2)
Le théorème de Bernoulli s'écrit alors sous la forme générale :

avec :
         P    : somme des puissances échangées entre le fluide et le milieu extérieur, à travers une machine, entre (1) et
(2) :
P >0 si le fluide reçoit de l'énergie de la machine (pompe),
P <0 si le fluide fournit de l'énergie à la machine (turbine),
P = 0 s'il n'y a pas de machine entre (1) et (2).
         p    : somme des pertes de charge entre (1) et (2) :
 
               TENSION SUPERFICIELLE (F4)
1 - Le phénomène
Observations
         La surface libre de l'eau dans un tube forme un ménisque près des bords.
         Les poils d'un pinceau sec se rassemblent lorsqu'ils sont mouillés.
         Une aiguille fine en acier flotte à la surface de l'eau.
         L'eau monte dans un capillaire alors que le mercure descend.
         Une plaque de verre adhère très fortement à une surface plane lorsque celle-ci
est mouillée.
         Une lame de savon prend une forme telle que sa surface soit minimale.
Conclusion
         La surface libre d’un liquide tend à se contracter spontanément de façon à acquérir une aire minimale.
         La surface d’un liquide se comporte un peu comme la membrane tendue d’un ballon.
2 - La force de tension superficielle
2.1 - Force de tension superficielle appliquée à un solide tiré par une lame liquide
Considérons un cadre ABCD dont le coté AB, de longueur L, peut glisser sur DA et CB. Plongé initialement dans
un liquide (par exemple de l'eau de savon), ce cadre est rempli d'une lame mince liquide. Le liquide tire AB vers DC
par une force f sur chaque face de la lame, proportionnelle à la longueur L, telle que .
Pour maintenir AB en équilibre, il faut lui appliquer une force F (qui ne dépend pas de la position de AB) telle que
F = 2·f ou 
 avec F en N , L en m et   en N·m–1.
2.2 - Définition
Dans la relation précédente, le coefficient  s'appelletension superficielle du liquide.
Dimension :    [] = M. T-2.
Unité : Dans le système international (SI), l'unité de tension superficielle n'a pas de
nom particulier : (N·m–1).
2.3 - Ordres de grandeur (dans le cas d'interface liquide-air)

liquide  (N·m–1) à 20 °C
eau (à 20 °C 73·x 10–3
eau (à 0 °C) 75,6 x 103
huile végétale 32·x 10–3
éthanol 22·x 10–3
éther 17·x 10–3
mercure 480·x 10–3
2.4 - Angle de raccordement liquide/solide
Une goutte de liquide déposée sur une plaque solide plane et horizontale peut :
       soit s'étaler largement (par exemple de l'eau sur du verre propre) ; dans ce cas, on dit que le liquide mouille
parfaitement le solide, et l'angle de raccordement vaut 0°,
      soit former une lentille :
       si  < 90°, le liquide mouille imparfaitement le solide (par exemple l'eau sur du
verre sale)
       si  > 90°, le liquide ne mouille pas le solide (par exemple le mercure sur du
verre).
Le même angle de raccordement se retrouve à la surface libre d'un liquide près des bords du
récipient et provoque la formation d'un ménisque dans les tubes.
3 - Tube capillaire - loi de Jurin
Un tube capillaire (du latin capillus : cheveu) est un tube de petit diamètre intérieur.
Lorsqu'on plonge un tube capillaire, ouvert aux deux extrémités, dans un liquide, celui-ci "monte" (si  < 90 °) ou
"descend" (si  > 90 °) dans le tube d'une hauteur h telle que :

  
r : rayon intérieur du tube
 : masse volumique du liquide
g : intensité de la pesanteur
 : tension superficielle du liquide
 : angle de raccordement liquide/solide
4 - Mesurages de tension superficielle
4.1 - Méthode du capillaire
On applique la loi de Jurin. On mesure la dénivellation h et connaissant les autres
paramètres, on en déduit une valeur de .
4.2 - Méthode de la lame immergée ou de l'anneau immergé
Une lame de platine, parfaitement propre, de longueur L, plongée dans un liquide de tension superficielle , est
soutenue par le levier d'une balance de torsion qui permet de mesurer la force F exercée sur la lame (le zéro est
réglé lorsque la lame est dans l'air). On soulève doucement la lame jusqu'à ce qu'elle affleure le liquide (la poussée
d'Archimède est alors nulle) et on mesure alors la force . On en déduit une valeur de .
 
La lame peut être remplacée par un anneau de rayon R, soutenu par un dynamomètre. On soulève lentement
l'anneau et, au moment de son arrachement de la surface du liquide, on mesure la force . On en déduit
une valeur de .
 
 
 
4.3 - Méthode du stalagmomètre
Lorsqu'un liquide, de masse volumique , s'écoule par un tube fin, le poids des gouttes obtenues est proportionnel  à
la tension superficielle  du liquide et au rayon extérieur R du tube : m·g = k·R·
On compte le nombre N de gouttes qui s'écoulent pour un volume V donné délimité par deux traits de jauge gravés
sur le tube. : N = V··g/(k·R·)
Le stalagmomètre est étalonné avec de l'eau pure à 20 °C : N 0 = V·0·g/(k R·0)

On obtient :      
4.4 - Applications : agents tensioactifs
Le rôle des agents tensioactifs est d'abaisser la valeur de la tension superficielle des liquides dans lesquels ils sont
ajoutés pour les rendre mouillants, moussants, détergents, émulsifiants...
               Annexes

Bibliographie :
Mécanique 2 – AGATI (Dunod)
Mécanique expérimentale des fluides  COMOLET (Masson)
Mécanique des fluides – HANAUER (Breal)
Mesure des débits et vitesses des fluides – LEFEBVRE (Masson)
Mécanique des fluides (cours et exercices résolus) – MEIER (Masson)
Mécanique des fluides appliquée – OUZIAUX (Dunod Universités)
Mécanique / Phénomènes vibratoires – PRUNET (Dunod)
La Mécanique des fluides – SALIN (Natan Universités)
Avertissement :
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N'hésitez pas à contacter les auteurs pour leur communiquer vos remarques, questions, critiques constructives, compléments
d'information :
Jacques CARBONNET   Michel ROQUES     e-mail : michel.roques@ac-nancy-metz.fr
 

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